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Comprendre la Délivrance Spirituelle

Cet article traite de la lutte de l'homme contre le péché et de la nécessité de la délivrance par Christ, le second Adam. Il souligne que la véritable délivrance ne peut être atteinte que par la reconnaissance de notre incapacité à nous sauver nous-mêmes et par la foi en la justice de Dieu révélée dans l'Évangile. La grâce de Dieu, manifestée à travers le sacrifice de Christ, offre la liberté et la vie spirituelle aux croyants.

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Comprendre la Délivrance Spirituelle

Cet article traite de la lutte de l'homme contre le péché et de la nécessité de la délivrance par Christ, le second Adam. Il souligne que la véritable délivrance ne peut être atteinte que par la reconnaissance de notre incapacité à nous sauver nous-mêmes et par la foi en la justice de Dieu révélée dans l'Évangile. La grâce de Dieu, manifestée à travers le sacrifice de Christ, offre la liberté et la vie spirituelle aux croyants.

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La délivrance

par: J.N. Darby

Romains 8, 1-11

Le passage qui est en tête de cet article est au fond la mêmes. D’un côté Dieu qui ne veut pas le péché, de
réponse de l’apôtre à la question du chapitre l’autre le péché attaché à mes membres ! On essaie de
précédent : « Misérable homme que je suis, qui me s’en débarrasser, d’arriver à un point tel qu’on puisse
délivrera de ce corps de mort ? » - Cette question se présenter devant Dieu, et c’est là une lutte dans
suppose un homme troublé par le triste esclavage du laquelle on succombe. Impossible de se décharger de
péché. Le désir de la sainteté une fois réveillé chez lui, ce péché détestable qui sépare de Dieu. On est
il voit le péché à la lumière de la loi, mais, ne pouvant mécontent de soi. Bien plus encore, on trouve ensuite
venir à bout de s’en débarrasser, il se rend compte, par qu’on est soi-même ce péché ; car vous êtes
une pénible expérience, non seulement de l’affreuse moralement ce que vous aimez et désirez : si vous
culpabilité du péché, mais du joug terrible que ce aimez l’argent, vous êtes un avare ; le pouvoir, vous
dernier fait peser sur lui. Son âme ainsi oppressée êtes un ambitieux. Le fruit est mauvais, parce que
soupire ardemment après la délivrance. l’arbre est mauvais. Les luttes se multiplient en vue de
se délivrer. Vains efforts ; on pratique ce qu’on hait, on
Toutes les âmes n’en sont pas là. Il en est de très trouve dans ses membres une loi qui nous rend captifs
indifférentes au fait que le péché est attaché à elles et de la loi du péché. Le cœur soupire : Qui me délivrera ?
les sépare de Dieu. Elles sentent bien, peut-être, qu’il On est sans force. Tout secours qu’on cherche auprès
leur faut avoir à faire avec Lui - et c’est de fait le début de Dieu, ne change pas cette loi du péché et de la mort
de tout travail d’âme - elles ne nient pas qu’il y ait un en nous. On se trouve, de toutes manières, incapable de
compte à régler avec Dieu, mais elles renvoient ce se tenir en Sa présence.
règlement à plus tard : au jour du jugement. C’est à ce
jour-là que, ne voulant pas avoir à faire actuellement L’homme du chap. 7 est enfin forcé de regarder à un
avec le Juge, elles remettent la question de leur autre que lui-même ; il dit : « Qui me délivrera ? » Il a
acceptation ou de leur rejet. Ces personnes peuvent être été amené à la découverte que tout ce qui tient à
heureuses à la pensée que Dieu est bon, mais aussi l’homme, au premier Adam, est entièrement perdu. Il
longtemps que leur conscience n’est pas atteinte, c’est faut un second Adam - Christ. Il a fait l’expérience
un pauvre bonheur, une joie qui passe comme la rosée humiliante de tout ce que nous sommes, il a compris
du matin. Il faut un travail bien autrement profond pour que l’arbre est mauvais, que la pensée de l’homme est
jouir de l’affranchissement. mal en tout temps, et qu’il n’y a qu’un remède : la mort
totale de tout cela. Il prononce lui-même la sentence : il
Lorsque l’Esprit de Dieu agit dans un homme, ce qu’il faut la mort, la fin judiciaire de la nature dans laquelle
éprouve, c’est que Dieu prend connaissance de son état nous nous trouvons devant Dieu. C’est la sentence
maintenant. Sa conscience est obligée d’acquiescer au divine, la mort, salaire du péché... mais c’est aussi le
jugement qu’Il porte, jugement invariable, en tout triomphe de la grâce. Celle-ci rend le témoignage le
temps, à l’égard de quelque âme que ce soit. Il n’est plus frappant - et c’est ce que les anges désirent sonder
pas question pour elle de renvoyer cette comparution à à fond - qu’il faut la sentence de mort exécutée sur le
plus tard ; c’est comme si elle était déjà arrivée à ce péché, que Dieu ne le supporte pas, mais que c’est pour
jour solennel. Qu’est-ce, en effet, que ce jour, sinon la cela que Christ est mort.
manifestation, devant le juste jugement de Dieu, de
l’état de notre âme. Or on le réalise déjà : les péchés Nous voici morts dans nos fautes et dans nos péchés ;
commis se présentent à la mémoire, on se sent la loi aggrave notre terrible position, car elle fait
coupable, et l’on sait d’autre part que Dieu ne saurait abonder l’offense qui entraîne la mort. Cette nature
tolérer le péché. On prend fait et cause pour Dieu rebelle contre Dieu a manifesté jusqu’au bout son vrai
contre soi-même. C’est Pierre disant à Jésus : « Retire- caractère : plus Dieu s’est révélé, plus l’homme s’est
toi de moi, car je suis un homme pécheur ! » Les dressé contre Lui ; sous la loi, il violait la loi ; Christ
constatations se font de plus en plus affligeantes : alors étant venu, il rejette Christ : « Voici l’héritier, tuons-
qu’on désire être délivré du péché, on éprouve que ce le. » Alors le jugement final de Dieu est prononcé sur
dernier est une puissance agissante au-dedans de nous- le premier Adam. Il n’y a plus rien à demander de

La délivrance 1
l’homme naturel ; Dieu présente un autre homme. C’est jusqu’à la mort, elle voulait l’obéissance pour vivre.
là l’Évangile. Loin d’abandonner l’homme à son triste Christ a glorifié Dieu sur la terre en toutes choses, il
sort, Dieu agit, travaille en bonté, et révèle sa puissance s’est soumis à tout, même à mourir. Aussi Dieu, en
à salut. C’est ce dont nous avions besoin : nous étions justice, l’a-t-il fait asseoir à sa droite dans le ciel. C’est
privés de toute force, et Dieu vient à nous en puissance. la justice de Dieu, la justice accomplie ; Christ, second
Pour nous secourir ? non certes, mais pour nous Adam, est dans la gloire de Dieu. Je suis aussi certain
délivrer ! Comment pourrait-on parler de secourir une que le second Adam est dans la gloire céleste que je
nature qui n’est que péché, une nature rebelle à Dieu ? suis sûr que le premier Adam a été chassé du paradis
Aussi longtemps que l’homme nourrit la pensée de terrestre. Désormais je vois l’homme devant Dieu en
chercher en Dieu le secours pour se rendre juste, il n’a vertu de cette œuvre accomplie pour le salut ; la justice
pas trouvé le vrai fondement et se trompe quant au de Dieu s’y révèle. Voudriez-vous tenter d’accomplir la
moyen d’être délivré. Bien des âmes aimeraient avoir justice de Dieu ? C’est chose impossible, mais la foi
plus de force, plus d’énergie ; mais comment l’avoir ? reconnaît que Christ l’a accomplie, et si pleinement
Telle est la question. En nous il n’y en a pas, comment qu’il en a déjà reçu la récompense ; Étienne l’a vu
alors chercher à l’augmenter ? L’Évangile, lui, est la ainsi. Avant que l’Évangile soit annoncé, et pour qu’il
puissance de Dieu à salut, parce que la justice de Dieu le soit, la justice de Dieu est accomplie, et le Fils de
y est révélée sur le principe de la foi pour la foi (Rom. l’homme prend place à la droite de Dieu.
1, 17). Remarquez que c’est la justice de Dieu qui y est
révélée. La force le sera aussi, mais comme résultat de Quand l’âme saisit cela, il n’y a plus de lutte. La justice
la révélation de sa justice : c’est l’Évangile qui est la de Dieu lui est révélée, comme une justice accomplie.
puissance de Dieu à salut. Elle le croit et jouit de la paix faite par le sang de la
croix de Christ. C’est le ministère de la justice, qui est
Nous y apprenons quel accueil Dieu fera au pécheur. aussi celui du Saint Esprit, car Christ, monté en haut, a
Cet accueil sera, non selon ses mérites, mais selon les envoyé le Saint Esprit ici-bas. Je reçois la vie, je reçois
mérites de Christ. Christ lui-même, venu dans ce le Saint Esprit, j’ai la force, une force qui vient à la
monde, y a manifesté la grâce parfaite. Cette grâce a suite de la justice, et non pour l’atteindre. La vie
surabondé, mais envers qui ? Envers une pauvre femme chrétienne possède la puissance de la vie même de
adultère, envers un brigand cloué sur une croix, envers Dieu parce que la justice de Dieu lui appartient, et cette
des pécheurs qui n’avaient aucun espoir quelconque de puissance se montre jusque dans notre résurrection (v.
se délivrer. Christ était venu pour cela. Fatigue, 11). L’Esprit habite dans le croyant ; il est les arrhes de
contradiction, abandon, trahison, colère de Dieu, rien l’héritage ; mais, remarquons-le, il n’est jamais dit
n’a pu arrêter le cours de l’amour divin, mobile de tout qu’il soit les arrhes de l’amour de Dieu, car « l’amour
ce qu’Il faisait. L’amour au milieu du péché, tel est de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui
Jésus. - L’effet d’une telle révélation est d’abord de nous a été donné. »
réveiller la conscience, puis de faire désirer la
délivrance ; car, comment s’accommoder du péché Je suis bien petit pour saisir la portée de ce que je dis
quand on Le connaît, Lui ? La pensée s’arrête sur Lui, là, mais j’en sais la vérité. Je suis dans l’infini ; je ne
et quelle découverte ! C’est ce que l’apôtre exprime ici, puis le mesurer, mais c’est parce que je ne puis le
quand il considère Christ : Il est venu « en mesurer que je sais que j’y suis. Je suis fait justice de
ressemblance de chair de péché et pour le péché. » Dieu en Christ ; mon âme est parfaitement au large
Quelle place pour le Fils même de Dieu ! Je vois ici ce devant Dieu. Si je suis négligent, je faillirai, mais
qu’est le péché aux yeux de Dieu ! Christ vient avec pourrai-je en accuser l’amour divin ? L’amour ne peut
une vie d’homme, dans laquelle il peut prendre sur Lui supporter le joug du péché, joug dont j’ai été délivré
non pas seulement nos péchés, mais le péché. Il est fait pour marcher selon l’Esprit. Il n’est pas dit : « pour
péché, il est crucifié ; la question du péché se règle à marcher droitement », quoique, évidemment, cela soit
notre sujet entre Dieu et son Christ. Puis il meurt, il vrai, mais : « pour marcher selon l’Esprit ». C’est la
quitte la vie à laquelle le péché s’est attaché pour qu’il liberté. Ma nature nouvelle aime les choses que Dieu
le portât, Lui qui était sans péché. « En ce qu’il est aime ; quant à mon corps mortel, « la vivification »
mort, il est mort une fois pour toutes au péché », il en a l’attend. L’apôtre exprime ailleurs la conséquence
fini avec le péché à tout jamais. pratique de cette certitude : Il ne désire pas être
dépouillé, mais il désire que ce qui est mortel soit
C’est là que je vois Christ. La grâce l’a placé où le absorbé par la vie (2 Cor. 5, 4) ; il voit cette puissance
péché m’avait placé. Pour abolir le péché par le de vie en Christ. Tel est l’heureux sentiment de cette
sacrifice de Lui-même, il a quitté la vie à laquelle le vie, le croyant ne reconnaît comme vie que celle de
péché se rattachait. C’est bien plus que si j’avais gardé l’Esprit. Le fondement sur lequel tout repose, c’est
la loi tout entière, car la loi de Dieu ne demandait pas l’Évangile. Il est la puissance de Dieu en salut à
que le Fils de Dieu donnât sa vie pour des pécheurs. quiconque croit, parce que la justice de Dieu y est
Christ l’a fait, et c’est quelque chose d’entièrement révélée.
étranger à la loi. Paul avait saisi cela, lui qui,
irréprochable quant à la loi, ne voulait cependant pas de Connaissez-vous tous, chers lecteurs, dans toute sa
sa justice propre. La loi ne demandait pas l’obéissance portée, une telle délivrance ? Je le répète, il vous faut

La délivrance 2
commencer par connaître votre impuissance. Aussi bien qui vient de Dieu. Il s’agit, en effet, non de votre
longtemps que vous luttez et que vous cherchez de justice, mais de la justice de Dieu. Tant que vous ne
Dieu le secours, vous n’êtes pas arrivé à la découverte l’aurez pas, vous ne serez pas délivré ; et où la trouver
qu’il n’y a pas de bien en vous. Dieu ne peut secourir le si ce n’est en Christ ? En Lui je trouve la vraie liberté,
mal. Il vous faut voir ce que vous êtes devant Lui, et spirituelle et sainte, devant Dieu et devant l’Ennemi.
que tout ce que vous êtes est jugé, condamné.
L’homme a peine à convenir qu’il est totalement ruiné, Je désire que l’œuvre soit profonde on chacun de ceux
sans force, impie ; que la mort et la condamnation sont qui me lisent. Ce n’est que dans la présence de Dieu
désormais prononcées sur lui-même ; que Christ, ayant qu’on peut juger le péché ; Dieu est lumière, et là
porté cette condamnation, en a éternellement fini avec seulement je vois ce que je ne puis discerner hors de
le péché dont nous ne pouvions nous débarrasser. C’est cette présence. Lui-même peut accomplir cette œuvre
le second Adam qui est ma part dans le ciel, comme le réelle, pénétrante : nous faire juger ce que nous
premier était ma ruine sur la terre. Vous ne vous sommes devant Lui, et ce qu’est le péché. Alors nous
connaissez pas, vous aimeriez être meilleur, plus comprendrons l’amour qui a porté Jésus à être fait
content de vous-même ; mais il vous faut être péché pour nous !
définitivement mécontent de vous, pour faire place au

Oorsprong: Le Messager Evangélique 1924-301


Titel: Bevrijding

Oude Sporen 2009

La délivrance 3

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