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Histoire du droit et institutions en Afrique

Le document traite de l'évolution historique des institutions juridiques et politiques en Afrique, soulignant l'importance d'une approche pluridisciplinaire pour comprendre leur genèse et leurs transformations. Il met en avant que le droit, en tant que phénomène social, est intrinsèquement lié à l'organisation politique et à la recherche de justice et d'ordre dans les sociétés humaines. Enfin, il propose une analyse des héritages institutionnels endogènes et exogènes à l'Afrique, en tenant compte des influences des civilisations antiques et des colonisations arabes et européennes.

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Histoire du droit et institutions en Afrique

Le document traite de l'évolution historique des institutions juridiques et politiques en Afrique, soulignant l'importance d'une approche pluridisciplinaire pour comprendre leur genèse et leurs transformations. Il met en avant que le droit, en tant que phénomène social, est intrinsèquement lié à l'organisation politique et à la recherche de justice et d'ordre dans les sociétés humaines. Enfin, il propose une analyse des héritages institutionnels endogènes et exogènes à l'Afrique, en tenant compte des influences des civilisations antiques et des colonisations arabes et européennes.

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Introduction historique au droit et aux institutions

Introduction
L’Etat post-colonial implanté en terre africaine au cours du XXème siècle est le fruit d’une longue
évolution pluridimensionnel que les seules disciplines de droit moderne (droit constitutionnelle et
droit administratif) ne sauraient élucider. Car si les questions liées à sa composition, son fondement
ainsi que ses multiples formes liées aux régimes politiques sont théoriquement résolus, celles liées à
sa genèse, sa gestation, ses mutations et adaptations restent tout de même entières malgré les
nombreuses prouesses d’autres disciplines telles que la sociologie politique ou la science politique. Les
origines lointaines et les racines profondes d’où il tire sa sève nourricière exigent une remonte assez
loin dans le temps que le permet la documentation et que seule une approche pluridisciplinaire
combinant l’apport d’autre sciences et la technique juridique peut prendre en charge. D’où
l’enseignement d’une Introduction historique à l’étude du droit qui, s’il relève d’un luxe pour un
étudiant issu des pays nordiques à la longue pratique de ce type d’Etat, constitue tout de même pour
un africain une nécessité incontournable dans le processus de sa formation.

C’est pourquoi ce cours a pour objet l’enseignement de l’histoire des institutions juridiques et
politiques de l’époque antique et médiévale du fait que toutes les influences qui ont abouti à la
naissance de ce type d’Etat africain trouvent leurs sources dans cet intervalle chronologique qu’il
convient de retracer. En effet, par leurs institutions et par la réflexion sur celles-ci, les sociétés antiques
se présentent comme des exemples pour les Etats actuels dont elles ont largement été la source
d’inspiration. Par ailleurs, la durée de ces institutions, dont plusieurs millénaires pour l’Egypte et plus
d’un millénaire pour la Grèce et la Rome antiques, par exemple, permet de méditer sur l’origine, les
transformations et la disparition des institutions et des règles juridiques. L’importance d’une telle
recherche réside, également, dans le fait qu’il s’agit de sociétés qui se sont développées au sein de
grandes périodes, associés à des Etats, avec de vastes étendues de territoires, une population
nombreuse, empreintes de structures monocratiques et de visées expansionnistes. Justement, le
contact entre les peuples a toujours été l’occasion d’échanges de natures diverses. Ainsi, en est-il de
la richesse matérielle et intellectuelle, les croyances et traditions au double plan juridique et politique.
C’est dans cette optique qu’il faut situer l’arrivée en terre africaine des Arabes, d’abord, et Européens,
ensuite ; ces deux formes de colonisations ont engendré des influences diverses et réciproques.

Mais est-ce à dire que sans ces vagues d’influence on ne saurait parler d’Etat en Afrique traditionnelle ?
Ou plutôt, dans une optique de négationniste, l’Afrique serait-elle une « tabula rasa » avant l’arrivée
des arabes et des occidentaux ? La réponse risque d’être négative compte tenu d’un certain nombre
de considération et de preuves sociologiques dites anthropologiques.

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Introduction historique au droit et aux institutions

En effet les sociétés humaines ont, depuis l’aube des temps, été confrontées à des problèmes qui
tournent au tour de la recherche d’ordre, de paix, de sécurité et de justice. L’atteinte de ces objectifs
passe par la mise en place de règles. D’ailleurs, de Rome, nous tenons la formule « Ubi societas, ibi jus
», bien connue des juristes. Le droit émane, par conséquent de la société. Effectivement, à partir du
moment où les hommes se regroupent et s’organisent en communauté, apparaissent des normes
permissives et/ou prohibitives dont la difficulté varie en fonction de la complexité des groupes mêmes.
Le droit est donc un phénomène social total. Selon le Doyen Duguit, sans le droit, la vie sociale est
inconcevable parce qu’il en forme l’ossature.

Les termes de l’adage devraient d’ailleurs être inversés en « Ubi jus, ibi societas ». C’est que le
phénomène juridique qui organise le social, est inséparable du pouvoir, c’est-à-dire celui de décider,
de commander, d’obliger. En d’autres termes, le pouvoir politique intervient dans la création de l’ordre
juridique et social. Par conséquent, les membres de la société considérée ont tendance à respecter la
règle de droit pour peu que le pouvoir politique qui lui donne naissance soit capable de la formuler
dans un sens favorable au maintien de la cohésion sociale.

Au fond, dans les sociétés de l’époque antique, l’objectif du droit était de permettre la réalisation du
bien commun par l’exigence de justice, gage d’une solution juste, en vue d’assurer l’harmonie dans la
communauté et de garantir la paix sociale. Par conséquent, de nouveaux modes de règlement des
conflits voient le jour, en lieu et place de la vengeance privée. A partir de ce moment, on substitue à la
pratique de la force privée, la contrainte institutionnelle ; des organes spécialisés disposant désormais
d’un pouvoir de sanction de la violation de la règle de droit.

Ainsi donc, la naissance du droit apparait très étroitement liée à la constitution d’un ordre politique.
C’est une des leçons que l’on peut tirer des héritages antiques, à travers l’exemple de l’Egypte
pharaonique et de la Rome d’une part, mais aussi de l’Afrique traditionnel et L’Etat arabo-musulman.
Toutefois la répartition géographique tout comme l’ordre de survenance de ces influences nous
détermine à articuler le cours autour de deux points :

1er Parties : Les héritages institutionnels endogène à l’Afrique.

2ème Partie : les héritages institutionnels exogènes à l’Afrique.

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