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de clarifications, est souvent très polarisant. Certains voient cette technologie comme
regorgeant de possibilités pour un monde et un avenir meilleurs, d’autres y voient la
certitude d’une humanité qui finira en lambeaux, faute de contrôle possible face à une
chimère aussi puissante.
Parmi les arguments défendant le potentiel de l’IA tout en reconnaissant
éventuellement ses biais et possibles discriminations, nous retrouvons cette idée
largement partagée que l’IA ne serait finalement qu’un outil. Cela sous-entend que
l’incidence, la portée et les effets de cette technologie dépendront de ce que nous en
faisons.
Mais est-ce si simple ? Pas tout à fait. En tant que chercheures travaillant sur les
impacts sociétaux de l’intelligence artificielle et particulièrement sur la justice sociale,
nous souhaitons apporter notre éclairage sur cette question.
L’IA est bien plus qu’un outil, car son développement reflète avant tout une
certaine vision du monde et des interactions humaines et sociales. Par exemple, SoftBank
Robotics produit les robots humanoïdes NAO et Pepper, ils sont construits grâce à des
systèmes d’IA développés notamment pour la détection faciale avec port du masque,
investit massivement la sphère de la santé, particulièrement pour assister les personnes
âgées.
Une version plus simple du robot NAO, appelée Zora, garantie par ses
développeurs
« 100 % intelligence humaine », peut stimuler, distraire, informer, entraîner et faire danser
les personnes âgées. En cela, c’est un outil. Cependant, la décision d’introduire ce robot
dans les milieux de vie met potentiellement en lumière l’échec d’une prise en compte
humaine des personnes âgées.
À l’heure des compressions budgétaires dans les hôpitaux et dans les résidences
pour aînés soumises à des logiques de rentabilité, il est difficile de ne pas voir ces robots
comme une réponse technologique face à l’allègement des ressources humaines. C’est en
cela un choix de société.
Sandrine Lambert et Karine Gentelet
sur le site
[Link], le 8
aout 2022