Caractérisation des transferts en RTM
Caractérisation des transferts en RTM
Thèse de DOCTORAT
Version définitive
Damien LECOINTE
le 5 juillet 1999
à l’ISITEM, Nantes
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Remerciements 2
Remerciements
Je remercie vivement tous les membres du jury d'avoir accepté de juger ce travail.
Je souhaite également exprimer ma gratitude aux autres personnes avec qui j'ai travaillé,
notamment, M Christophe LE BOZEC technicien au laboratoire de thermocinétique
pour son efficacité dans la réalisation des dispositifs expérimentaux.
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Résumé 3
Résumé
Ensuite, nous étudierons de près les transferts thermiques durant l'injection et la cuisson.
Pour cela, plusieurs étapes sont nécessaires: caractérisation des propriétés thermiques
(avec notamment le développement d'un montage destiné à mesurer les conductivités
thermiques dans le plan des fibres), étude théorique et étude expérimentale à l'aide d'un
moule instrumenté. Des simulations numériques permettront alors de valider les
modèles développés. Ces travaux devront ensuite servir de base à l'amélioration du
logiciel de simulation LCMFLOT.
Enfin, une première étape vers l'optimisation du remplissage a été réalisée afin de
pouvoir piloter les machines d'injection en imposant une vitesse d'imprégnation
constante pendant le remplissage. Cette optimisation est basée sur l'exploitation des
résultats de simulation.
Mots cl s
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Résumé 4
Abstract
Keywords
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Tables 5
NOMENCLATURE .................................................................................................................................14
INTRODUCTION ....................................................................................................................................17
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Tables 6
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Tables 7
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Tables 8
4. CONCLUSION ....................................................................................................................................194
ANNEXES ...............................................................................................................................................199
ANNEXE 2.1 FEUILLE DE CALCUL DES PERMÉABILITÉS PERPENDICULAIRES ..........................................199
ANNEXE 4.1 SCHÉMA DU MOULE DE MESURE DES CONDUCTIVITÉS PLANES .........................................201
ANNEXE 4.2 DISCRÉTISATION DES ÉQUATIONS .....................................................................................202
ANNEXE 4.3 DESCRIPTION DU PROGRAMME D’IDENTIFICATION DES CONDUCTIVITÉS PLANES ...............210
ANNEXE 4.4 PROTOCOLE D’IDENTIFICATION DES CONDUCTIVITÉS PLANES ............................................211
ANNEXE 6.1 PLAN DU MOULE DE VALIDATION EXPÉRIMENTAL.............................................................213
ANNEXE 6.2 EXEMPLE DE RAPPORT D’ESSAI .........................................................................................214
ANNEXE 8.1 RÉSOLUTION DE L’ÉQUATION DE BRINKMAN ....................................................................218
ANNEXE 9.1 STRUCTURE DU PROGRAMME D’OPTIMISATION .................................................................220
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES..............................................................................................222
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Tables 9
FIGURE 1-1: DESCRIPTION DES DIFFÉRENTES ÉTAPES DU PROCÉDÉ RESIN TRANSFER MOLDING (RTM). ....21
FIGURE 1-2: DESCRIPTION DES ÉCHELLES D’UN RENFORT FIBREUX..............................................................24
FIGURE 1-3: TYPES DE RENFORT FIBREUX UTILISÉS.....................................................................................25
FIGURE 1-4: EXEMPLE DE PIÈCE AVEC UNE STRUCTURE SANDWICH. ...........................................................27
FIGURE 1-5: LES DIFFÉRENTES RÉGIONS DE L’ÉCOULEMENT. .......................................................................31
FIGURE 1-6: INFLUENCE DES EFFETS DE BORD.............................................................................................31
FIGURE 1-7: CHAÎNE CFAO POUR LA MAÎTRISE DE L’INJECTION RTM.........................................................32
FIGURE 1-8:PRÉSENTATION DES CHAPITRES ET DE LEURS INTERACTIONS ....................................................34
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Tables 10
FIGURE 4-1: VUE GÉNÉRALE DU MOULE DE MESURE DES CONDUCTIVITÉS THERMIQUES PLANES.................70
FIGURE 4-2: VUE EN COUPE DU MOULE DE MESURE PLACÉ ENTRE LES PLATEAUX DE LA PRESSE.................70
FIGURE 4-3: MÉTHODE DE POSITIONNEMENT DES THERMOCOUPLES. ..........................................................71
FIGURE 4-4: DISPOSITIF EXPÉRIMENTAL DE MESURE DES CONDUCTIVITÉS THERMIQUES PLANES.................72
FIGURE 4-5: COEFFICIENTS D’ÉCHANGE SUR LES FACES DU MOULE. ............................................................74
FIGURE 4-6: PROFIL DE TEMPÉRATURE EN RÉGIME PERMANENT..................................................................75
FIGURE 4-7: EVOLUTION DES TEMPÉRATURES TC0 POUR L’IDENTIFICATION DU COEFFICIENT D’ÉCHANGE. ..75
FIGURE 4-8: EVOLUTION DU CHAMP DE TEMPÉRATURE DANS LE MOULE.....................................................76
FIGURE 4-9: INFLUENCE DES EFFETS TRIDIMENSIONNELS. ...........................................................................77
FIGURE 4-10: DESCRIPTION DU PROBLÈME PHYSIQUE. ................................................................................77
FIGURE 4-11: MAILLAGE UTILISÉ (73 X 29). ................................................................................................79
FIGURE 4-12: INFLUENCE DU PAS DE TEMPS. ...............................................................................................80
FIGURE 4-13: VALIDATION NUMÉRIQUE DU PROBLÈME DIRECT. ..................................................................80
FIGURE 4-14: SENSIBILITÉS À DIFFÉRENTS PARAMÈTRES. ............................................................................82
FIGURE 4-15: MÉTHODE D’IDENTIFICATION DE λX ET RT. .............................................................................83
FIGURE 4-16: CRITÈRE D’ÉCART ENTRE LE MODÈLE ET LES MESURES..........................................................83
FIGURE 4-17: CYCLE DE RÉALISATION DE LA PIÈCE ET MESURES ASSOCIÉES. ..............................................86
FIGURE 4-18: COMPARAISON ENTRE LES TEMPÉRATURES MESURÉES ET LES TEMPÉRATURES CALCULÉS. ...88
FIGURE 4-19: CONDUCTIVITÉ THERMIQUES PLANES IDENTIFIÉES.................................................................89
FIGURE 4-20: RÉSISTANCES THERMIQUES IDENTIFIÉES. ...............................................................................89
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Tables 11
FIGURE 6-7: MODÈLE DE CONDUCTION UTILISÉ POUR LE CALCUL DES FLUX ET DES TEMPÉRATURES DE
SURFACE. .........................................................................................................................................110
FIGURE 6-8: RÉPONSES ENREGISTRÉES PAR LES CAPTEURS DE PRESSION...................................................110
FIGURE 6-9: INSTRUMENTATION DES THERMOCOUPLES DANS LA PRÉFORME.............................................111
FIGURE 6-10: SCHÉMA DU SYSTÈME D’ACQUISITION DE DONNÉES. ............................................................112
FIGURE 6-11: PRINCIPE DE LA COMPENSATION EN TEMPÉRATURE. ............................................................113
FIGURE 6-12: BRUIT DE MESURE SUR LES TEMPÉRATURES. .......................................................................115
FIGURE 6-13: BRUIT DE MESURE SUR LES DENSITÉS DE FLUX ET RÉSULTAT DU FILTRAGE NUMÉRIQUE......115
FIGURE 6-14: INSTRUMENTATION POUR L’ÉTUDE DES EFFETS TRIDIMENSIONNELS.....................................116
FIGURE 6-15: ETUDE DE EFFETS TRIDIMENSIONNELS PENDANT L’INJECTION. .............................................116
FIGURE 6-16: ETUDE DES GRADIENTS DE TEMPÉRATURE DANS LA DIRECTION Y PENDANT LA CUISSON. ....117
FIGURE 6-17: ETUDE DES GRADIENTS DE TEMPÉRATURE DANS LA DIRECTION X PENDANT LA CUISSON. ....117
FIGURE 6-18: NOTATIONS UTILISÉES POUR LES THERMOCOUPLES ET LES CAPTEURS DE FLUX. ..................118
FIGURE 6-19: TEMPÉRATURES ENREGISTRÉES À CŒUR PENDANT LA PHASE D’INJECTION. .........................119
FIGURE 6-20: PROFIL DE TEMPÉRATURE À CŒUR À LA FIN DU REMPLISSAGE. ............................................119
FIGURE 6-21: TEMPÉRATURES À LA SURFACE DU MOULE PENDANT LA PHASE D’INJECTION. ......................120
FIGURE 6-22: DENSITÉ DE FLUX EN SURFACE PENDANT LA PHASE D’INJECTION. ........................................120
FIGURE 6-23: DISTANCE PARCOURUE PAR LE FRONT DE RÉSINE EN FONCTION DU TEMPS. .........................121
FIGURE 6-24: TEMPÉRATURES DANS LA SECTION 1 PENDANT LA PHASE DE POLYMÉRISATION...................122
FIGURE 6-25: TEMPÉRATURES DANS LA SECTION 3 PENDANT LA PHASE DE POLYMÉRISATION...................122
FIGURE 6-26: DENSITÉ DE FLUX QUI SORT DE LA PIÈCE PENDANT LA PHASE DE POLYMÉRISATION.............123
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Tables 12
FIGURE 8-17: MAILLAGE CARTÉSIEN RETENU POUR LA RÉSOLUTION NUMÉRIQUE (NI=201, NJ=151). .......166
FIGURE 8-18: INFLUENCE DU PAS DE TEMPS SUR LE CALCUL DU NOMBRE DE NUSSELT. ............................167
FIGURE 8-19: COMPARAISON DES PROFILS DE TEMPÉRATURE AU CENTRE DE LA PIÈCE. ............................167
FIGURE 8-20: INFLUENCE DES CONDITIONS D’ENTRÉE SUR LES TRANSFERTS THERMIQUES MOULE/PIÈCE. .168
FIGURE 8-21: INFLUENCE DES CONDITIONS D’ENTRÉE SUR LE PROFIL DE TEMPÉRATURE AU CENTRE DE LA
PIÈCE................................................................................................................................................169
FIGURE 8-22: IDENTIFICATION DU NOMBRE DE NUSSELT NUI À L’ENTRÉE DU MOULE. ...............................169
FIGURE 8-23: CHAMP DE TEMPÉRATURE CALCULÉ DANS LA PIÈCE ............................................................170
FIGURE 8-24: NOMBRE DE NUSSELT - COMPARAISON ENTRE LE CALCUL ANALYTIQUE SIMPLIFIÉ ET LA
SIMULATION NUMÉRIQUE. ................................................................................................................170
FIGURE 8-25: INFLUENCE DU NOMBRE DE DARCY SUR LE PROFIL DE VITESSE. ..........................................171
FIGURE 8-26: INFLUENCE DU NOMBRE DE DARCY SUR LES TRANSFERTS THERMIQUES MOULE/PIÈCE........172
FIGURE 8-27: INFLUENCE DES VARIATIONS DE LA TEMPÉRATURE DE PAROI SUR LES TRANSFERTS ............172
FIGURE 8-28: INFLUENCE DE LA CONDUCTIVITÉ THERMIQUE PLANE SUR LES TRANSFERTS THERMIQUES. .173
FIGURE 8-29: INFLUENCE DE LA DISPERSION THERMIQUE PERPENDICULAIRE. ...........................................174
FIGURE 8-30: INFLUENCE DU RÉGIME TRANSITOIRE...................................................................................174
FIGURE 8-31: COMPARAISON DES RÉSULTATS NUMÉRIQUES ET EXPÉRIMENTAUX .....................................175
FIGURE 8-32: EVOLUTION DES DENSITÉS DE FLUX À L’INTERFACE PIÈCE/MOULE AUX EMPLACEMENTS DES
CAPTEURS - COMPARAISON ENTRE LES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX ET LES RÉSULTATS NUMÉRIQUES.176
FIGURE 8-33: EVOLUTION DES NOMBRES DE NUSSELT NUD AUX EMPLACEMENTS DES CAPTEURS -
COMPARAISON ENTRE LES RÉSULTATS EXPÉRIMENTAUX ET LES RÉSULTATS NUMÉRIQUES. .............176
FIGURE 8-34:SCHÉMATISATION DU PROBLÈME POUR LA SIMULATION 1D DU CYCLE DE CUISSON..............177
FIGURE 8-35:COMPARAISON DES TEMPÉRATURES CALCULÉES ET MESURÉES AU CENTRE DE LA PIÈCE
PENDANT LE CYCLE DE CUISSON (SECTION 1). ..................................................................................178
FIGURE 8-36:COMPARAISON DES TEMPÉRATURES CALCULÉES ET MESURÉES AU CENTRE DE LA PIÈCE
PENDANT LE CYCLE DE CUISSON (SECTION 3). ..................................................................................178
FIGURE 8-37:AVANCEMENT DE LA RÉACTION PENDANT LE CYCLE DE CUISSON (SECTIONS 1 ET 3) ............179
FIGURE 8-38:VITESSE D’AVANCEMENT DE LA RÉACTION PENDANT LE CYCLE DE CUISSON.........................179
FIGURE 8-39:COUPE MICROGRAPHIQUE D’UNE PIÈCE INSTRUMENTÉE OÙ APPARAISSENT LES FILS DES
THERMOCOUPLES.............................................................................................................................180
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Tables 13
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Nomenclature 14
Nomenclature
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Nomenclature 15
N nombre de fibres
Nui nombre de Nusselt à l'entrée
NuD nombre de Nusselt caractérisant les échanges résine/moule
n nombre de plis
&
nrf vecteur normal unitaire
P pression Pa
Pe nombre de Peclet de l'écoulement microscopique
PeD nombre de Peclet de l'écoulement macroscopique
Q débit volumique m3.s-1
ReD nombre de Reynolds de l'écoulement macroscopique
Rt résistance thermique cuivre/composite K.m2.W-1
S surface m2
S terme source W.m-3
T température K
~
T température mesurée K
T0 température initiale K
Ta température ambiante K
Tc température au centre de l'écoulement K
Th température de l'huile K
Ti température d’injection K
Tm température de mélange K
Tp température de paroi K
Tref température de référence utilisée dans la loi cinétique K
t temps s
tc temps caractéristique s
td temps de début de remplissage s
tf temps de fin de remplissage s
tref temps d'inhibition s
u vitesse dans la direction x m.s-1
u0 vitesse moyenne dans la direction x m.s-1
umax, Umax vitesses maximales m.s-1
urr, urf, ufr, uff vitesses de convection m.s-1
V volume m3
Vf taux volumique de fibres
Vi volume total de résine dans la pièce m3
v vecteur vitesse m.s-1
w vitesse dans la direction z m.s-1
X sensibilité
Xr taux massique de résine
x1...x4 position des capteurs m
xf position du front de résine m
xT longueur d'entrée m
x, y, z coordonnées cartésiennes m
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Nomenclature 16
Symboles
indices
x, y, z directions spatiales
i, j, k indices de discrétisation spatiale
r résine
f fibres
A, B, C, D capteurs
exposants
* variable adimensionnelle
′ déviation spatiale
n indice de discrétisation temporelle
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Introduction 17
Introduction
L'Aérospatiale s'intéresse depuis plusieurs années à cette technologie qui permet dans
certains cas de diminuer les coûts et les masses des pièces. C'est pourquoi, une
collaboration avec l'établissement de Nantes a été mise en place afin de contribuer à
l'amélioration de la modélisation du procédé. Nous verrons en effet au cours de cette
étude que la modélisation de l'injection et de la cuisson sont indispensables à la maîtrise,
à l'optimisation et au pilotage du procédé.
Une étude expérimentale sur un moule instrumenté par des capteurs de densité de flux et
des thermocouples va ensuite nous permettre de recueillir des informations sur les
phénomènes thermiques pendant l'injection et la cuisson. Nous développerons en
parallèle une modélisation des transferts thermiques pendant le remplissage en prenant
en compte les particularités des milieux poreux. En s'appuyant également sur des
travaux antérieurs pour la simulation de la phase de cuisson, nous validerons ensuite ces
modèles à l'aide de simulations numériques sur l'ensemble du cycle (Chapitres 6 à 8).
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Introduction 18
Pour terminer cette étude, nous présenterons une méthode qui permet d'améliorer la
régularité du remplissage en optimisant la vitesse d'imprégnation au front de matière. La
qualité des pièces RTM dépend en effet de la qualité de l'imprégnation du renfort par la
résine (Chapitre 9).
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 19
Chapitre 1
Bien que les matériaux composites soient souvent présentés comme nouveaux et
révolutionnaires, il est possible d'en trouver partout dans la nature, que ce soit dans le
monde végétal ou dans le monde animal. Une multitude de matériaux naturels, les uns
rigides mais légers, comme les os (fibres de collagène/apatite), les autres souples mais
résistants, comme le bois (fibres de cellulose/lignine) doivent leurs propriétés
mécaniques à leur structure composite. Ainsi la fabrication et l'utilisation des matériaux
composites sont fondées sur des principes déjà exploités par la nature.
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 20
de ces fibres, et souvent leur faible densité, en les enveloppant dans une matrice pour
constituer une nouvelle classe de matériaux. Des matrices organiques comme les résines
sont souvent utilisées. Par leur caractère organique, les matériaux composites sont alors
peu sensibles à la corrosion. Ils ont un excellent comportement en fatigue, la
propagation des dommages est lente et les possibilités de réparation sont nombreuses.
C'est pourquoi une autre technologie, le procédé Resin Transfer Molding (RTM), est
également utilisée. Ce procédé consiste à injecter à basse pression une résine dans un
moule à l'intérieur duquel un renfort fibreux a été préalablement disposé. La Figure 1-1
présente les différentes étapes de la fabrication. L'origine du RTM en tant que procédé
de fabrication est contrairement aux apparences plus ancienne que la mise en œuvre des
préimprégnés. Le RTM est issu du procédé MARCO qui date des années 1930.
L'utilisation d'une approche RTM pour la réalisation de pièces composites est toutefois
très récente dans l'industrie aéronautique. Depuis une vingtaine d'années, les renforts, les
matrices, les techniques de préformage, les équipements d'injection et la modélisation se
sont améliorés et ont favorisé le développement de ce procédé.
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 21
Figure 1-1: Description des différentes étapes du procédé Resin Transfer Molding (RTM).
Le procédé RTM présente un certain nombre d'avantages par rapport aux autres
procédés de mise en forme de matériaux composites.
• Des pièces très complexes peuvent être réalisées. L'intégration de certaines fonctions
(nervures, raidisseurs...) réduit directement les coûts liés à l'assemblage de ces
composants.
• Les dimensions de la pièce finie ainsi que le taux de fibres sont directement contrôlés
par la cavité du moule.
• Il est possible de produire des pièces qui nécessitent très peu d'opérations de finition.
• Le cycle de cuisson est plus simple que pour les tissus préimprégnés.
• Les coûts de réfrigération pour le stockage des préimprégnés sont supprimés. L'achat
de tissu sec est également plus avantageux. De façon générale, les coûts récurrents
sont plus faibles que pour les pièces réalisées en préimprégnés.
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 22
• Le RTM est un procédé à moule fermé ce qui diminue les émissions de produits
nocifs comme le styrène. Ceci est très avantageux dans le contexte normatif
Européen.
• Une mauvaise maîtrise du procédé conduit à une mauvaise imprégnation du tissu qui
peut être causée par des mécanismes différents qui ne sont pas toujours aisés à
identifier (porosités résiduelles).
• Les coûts fixes sont plus importants que pour la mise en œuvre des préimprégnés, car
les moules sont plus complexes. La rentabilité du procédé nécessite donc un volume
de production minimum.
• Une sous estimation de l'importance de la qualité des outillages est à l'origine d'un
grand nombre de défauts géométrique, de problèmes d'étanchéité...
• Le temps de cycle est trop long pour les cadences très élevées.
La liste des applications présentées ici n'est bien sûre pas exhaustive, mais elle montre la
diversité des secteurs où la technologie RTM est utilisée:
Aéronautique et spatiale
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 23
Les renforts réalisés actuellement sont d'une extrême diversité tant sur le plan du
matériau constitutif que sur la manière dont sont assemblées les fibres. Un renfort
fibreux possède une structure géométrique complexe qui s'étend sur plusieurs échelles
(Figure 1-2):
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 24
• A une échelle plus grande (~1 mm), 1 000 à 10 000 fibres sont regroupées
parallèlement les unes aux autres pour former une mèche (échelle mésoscopique).
• Les mèches sont ensuite généralement entrecroisées entre elles pour constituer un pli
(épaisseur ~1 mm). Il existe un nombre très important d'arrangements différents qui
seront présentés plus loin. La dernière échelle, échelle macroscopique, est celle de la
préforme (épaisseur ~10 mm, longueur ~0.1 à 10 m). Celle-ci est réalisée par
assemblage (drapage, couture, piquage...) des plis.
Les techniques de fabrication des renforts sont basées sur celles déjà utilisées dans
l'industrie textile. On peut classer les assemblages obtenus en différentes familles:
• Les nappes sont des renforts unidirectionnels (1D) constitués de mèches parallèles
entre elles (Figure 1-3). Les nappes sont ensuite cousues par un fil perpendiculaire à
la direction principale des mèches afin de favoriser la cohésion de toutes les mèches.
• Des armures tridimensionnelles peuvent également être tissées (Figure 1-3). Les
tissus 3D ainsi crées présentent des propriétés mécaniques intéressantes: ils offrent
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 25
• Les mats sont constitués de fibres courbes réparties aléatoirement (Figure 1-3).
L'inconvénient des mats est leur faible résistance et leur taux de fibres limité.
• Le tissu 2.5D est constitué de couches interdépendantes qui garantissent une bonne
tenue au délaminage. Le tissu 4.5D est un empilage de couches réalisé par tramage de
fibres dans quatre directions du plan. Les couches sont fixées entre elles par un
piquage perpendiculaire.
Les tissus possèdent souvent un poudrage de résine qui permet de maintenir entre eux
les plis lors de la phase de préformage que nous décrirons plus loin.
Les matrices les plus courantes dans le procédé RTM sont les résines
thermodurcissables. Les résines sont des systèmes très complexes qui sont choisis en
fonction des caractéristiques que l'on attend de la pièce (propriétés mécaniques, non
toxicité, retrait , vieillissement...). Plusieurs classes de résine ont ainsi été développées:
• Les résines de type époxy sont les matrices les plus répandues pour la fabrication des
pièces composites dans l'industrie aéronautique, car elles possèdent d'excellentes
propriétés mécaniques et ont peu de retrait lors de la cuisson.
• Les résines polyesters sont plus fragiles et ont un retrait plus important lors de la
polymérisation. Comme elles sont moins coûteuses, elles ont un grand nombre
d'applications.
• Les résines phénoliques sont appréciées pour leur tenue au feu et leur faible coût.
Elles sont utilisées en particulier pour les aménagements intérieurs des moyens de
transport.
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 26
• Les résines bismaléimides (BMI) offrent une bonne résistance au feu ainsi que des
propriétés mécaniques comparables aux époxy. Toutefois, leur prix est élevé et leur
utilisation par le procédé RTM est difficile.
Pour le procédé RTM, les résines doivent avoir une plage de température à l'intérieur de
laquelle leur viscosité est suffisamment faible pour leur permettre de s'écouler à travers
un renfort faiblement perméable. Pour cette raison, il y a maintenant de plus en plus de
résines qui sont spécialement formulées en vue d'être injectée par le procédé RTM. Ces
résines peuvent se présenter sous deux formes: un monocomposant est constitué d'un
mélange initial de tous les composants de départ (durcisseur, base, catalyseur...), alors
qu'un bicomposant s'utilise de façon différente: on met en présence la base et le
durcisseur juste avant l'injection afin d'obtenir la résine thermodurcissable. Les résines
monocomposant présentent l'avantage de simplifier l'équipement d'injection.
Comme pour les renforts et les résines, les moules peuvent être très divers. Les moules
peuvent ainsi être métalliques (acier, aluminium...), composites, céramiques...Le choix
du matériau dépend des caractéristiques souhaitées (coût, longévité, comportement
thermique (dilatations, température d'utilisation, conductivité), résistance à la pression
d'injection et aux dommages, état de surface de l'empreinte, tolérance géométrique,
facilité de modification et de réparation, compatibilité chimique avec la résine, facilité
de démoulage...
La fonction première d'une machine d'injection est de fournir une force suffisante sur la
résine pour qu'elle puisse remplir le moule. Certaines machines permettent également de
mélanger la résine et le durcisseur. Les pots sous pression sont simples et solides mais
sont limités à des niveaux de pression assez faibles (~5 bars). Les pistons d'injection
sont des appareils plus complexes et plus coûteux. Ils permettent de contrôler de façon
précise le débit pendant l'injection. Il est assez fréquent dans l'industrie aéronautique
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 27
d'utiliser une pompe à vide reliée à la sortie du moule. Ainsi en chassant l'air de la
préforme, on améliore la qualité d'imprégnation des fibres.
Peau carbone
âme
Nous allons décrire de façon plus précise les quatre étapes du procédé qui apparaissent
sur la Figure 1-1.
5.2.1 Préparation
La gamme des résines utilisées et les différences entre les moyens d'injection ne permet
pas de détailler la préparation de la résine. Cependant dans l'industrie aéronautique, les
résines sont la plupart du temps chauffées pour diminuer leur viscosité et dégazées pour
éviter la formation de bulles pendant l'injection.
Lorsque les pièces ont une géométrie complexe, il est très difficile de placer
correctement des renforts souples dans le moule. C'est pourquoi l'objectif du préformage
est d'assembler puis de rigidifier les renforts à la géométrie requise. En général, les
techniques de préformage utilisent des outillages sur lesquels les renforts sont déformés.
Ceux-ci sont ensuite chauffés et maintenus à la température de transformation du
poudrage jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment rigides pour garder la forme qu'on leur a
donnée. La préforme est ensuite placée dans le moule dont la surface en contact avec la
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 28
résine doit être enduite d'un produit démoulant ou d'un gel-coat. Le moule est alors
refermé puis mis en chauffe jusqu'à la température choisie pour l'injection.
5.2.2 Injection
Lorsque toutes les étapes de la préparation sont réalisées, il faut injecter la résine à
l'intérieur du moule. Généralement, dans le procédé RTM, les pressions d'injection sont
inférieurs à 10 bars. Il existe plusieurs stratégies d'injection possibles. L'injection peut se
faire dans le plan du renfort par un ou plusieurs points ou sur une ligne à partir d'un
canal d'injection. Il est également possible d'imprégner le renfort au travers de
l'épaisseur de celui-ci (Liquid Resin Injection). Lorsque la résine a rempli entièrement le
moule, les évents sont fermés et une pression de maintien peut être appliquée afin de
diminuer la taille des éventuelles bulles d'air restant dans la pièce et de compenser le
retrait de la résine pendant la cuisson.
5.2.3 Réticulation
5.2.4 Démoulage
Lorsque le moule est refroidi, le moule est ouvert afin d'extraire la pièce. Des opérations
de finition et de contrôle sont alors nécessaires.
Probablement les porosités résiduelles (inclusions d'air) ou les zones sèches sont-ils les
problèmes les plus communs. Cependant, d'autres problèmes sont fréquemment
rencontrés: mauvaises dimensions de la pièce, zones trop riches en résine,
inhomogénéité dans la cuisson... Plusieurs phénomènes physiques peuvent générer des
zones sèches dans une pièce. On peut citer la mauvaise étanchéité de l'outillage lors
d'une injection sous vide, une vitesse d'imprégnation trop importante, des fronts de
résine qui se referment en emprisonnant de l'air... Lors du développement de nouvelles
pièces, l'objectif est de déterminer une fenêtre pour les paramètres du procédé qui assure
la qualité de la pièce et qui soit compatible avec une fabrication en série. Dans
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 29
l'industrie automobile, cette fenêtre a pour objectif principal la diminution des temps de
cycle, alors que dans l'industrie aéronautique elle vise principalement à améliorer la
qualité de la pièce.
6. Modélisation du procédé
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 30
Par convention, les directions x et y constituent le plan des plis et la direction z est celle
de l'épaisseur. Dans ces conditions, x, y et z sont les axes principaux et le tenseur de
perméabilité s'écrit:
Kx 0 0
K≡0 Ky 0 (1-3)
0 0 Kz
Les renforts étant souvent composés de fibres alignées (nappes, tissus..), les
perméabilités sont souvent très anisotropes.
• L'écoulement est suffisamment lent pour que les forces d'inertie soient négligeables.
• L'écoulement est suffisamment rapide pour que les forces de capillarité soient
négligeables.
• Le comportement de la résine doit pouvoir être assimilé à celui d'un fluide newtonien
incompressible.
• Les milieux ne sont pas déformables et les pièces sont suffisamment petites pour que
les forces de gravité soient négligeables.
• Les effets provoqués par la paroi (adhérence) ne doivent pas perturber l'écoulement.
• Les phénomènes transitoires sont négligeables: la loi de Darcy est valable à chaque
instant.
Lorsque toutes ces conditions sont respectées, la loi de Darcy est applicable et, en
l'associant à l'équation de continuité, elle permet le calcul du champ de vitesse et de
pression. Avec ce champ de vitesse, il est alors possible de construire la forme du front
d'imprégnation de la résine dans le renfort fibreux. Pour cela, il est essentiel de connaître
précisément les perméabilités du renfort et la viscosité de la résine.
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 31
mèche
• Les effets de bord sont crées dans les endroits ou le renfort ne s'ajuste pas exactement
avec la forme du moule. Ces zones sont alors des chemins préférentiels pour la résine
et peuvent modifier considérablement le remplissage (Figure 1-6). Ces effets peuvent
être modélisés par des perméabilités équivalentes mais sont généralement très
difficiles à prédire en raison de déplacements des renforts lors de la fermeture du
moule et éventuellement sous l'effet de la pression d'injection.
Effets de bord
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 32
Ce travail de thèse se situe dans le cadre d'un programme plus général qui consiste à
réaliser une chaîne CFAO complète qui permette de maîtriser le remplissage des
moules. Cette chaîne part de la définition de la pièce pour aboutir à un contrôle et un
pilotage du procédé en passant par des étapes de caractérisations, de simulations et
d'optimisation. Elle est détaillée sur la Figure 1-7.
Définition de la pièce
Matériaux Géométrie
Fibres Résine
Mesure Etude
Mesures Modèle Paramètres d’injection
des rhéologique
de géométrique pression, débit d’injection
et de
perméabilités paramètres Maillage position des zones d’entrée
thermiques cinétique
en x, y et z et des events
chimique
CADRE DE L’ETUDE
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 33
Les études que nous avons réalisées s'intègrent dans cette chaîne en fonction des travaux
déjà effectués et des travaux en cours dans les trois domaines suivants:
6.3 Perméabilités
Pour les mesures de perméabilités planes (x et y), Ferland, Guittard et Trochu [83] ont
mis au point un banc de mesure associé à une procédure de dépouillement. Ce montage
qui existe au Centre de Recherche de l'Aérospatiale n'est par contre pas adapté aux
mesures de la perméabilité dans l'épaisseur du renfort. Nous développerons donc un
dispositif spécifique pour déterminer ce paramètre et adapterons le protocole
expérimental mis au point pour les perméabilités planes.
Pour compléter la caractérisation, d'autres études ont été réalisés [126] ou sont en cours
sur les perméabilités dans les régions saturées et insaturées [127]. Des travaux sont
également nécessaires pour continuer la modélisation ou la détermination expérimentale
des effets de bord [128].
6.4 Thermique
La thermique des moules a déjà été étudiée par Guyonvach [99], la modélisation des
phénomènes de cuisson de résines ont également été traitées par Guyonvach [99] et,
dans le cas des préimprégnés, par Bailleul [110]. Il n'existe par contre pas d'études
fiables qui ont permis de développer un modèle thermique de l'injection. C'est pourquoi,
la plus grande partie de notre étude sera consacrée a ce sujet complexe qui nécessite un
nombre important de caractérisations thermiques. Le plan synoptique que nous avons
suivi pour cette étude est représenté sur la Figure 1-8 page suivante.
6.5 Optimisation
L'optimisation des paramètres du procédé est très récente, car elle nécessite des modèles
fiables et des méthodes de calcul qui peuvent être très complexes. Elle nécessite
également une bonne connaissance des phénomènes physiques et des paramètres
critiques. L'optimisation des cycles de cuisson des pièces préimprégnées a néanmoins
été réalisée par Bailleul [110]. Nous nous intéresserons dans notre étude à l'optimisation
du remplissage en isotherme, sujet qui n'a pas encore été abordé. A la suite de cette
étude, un champ important est ouvert pour l'optimisation en présence de phénomènes
thermiques.
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Chapitre 1. Présentation du procédé Resin Transfer Molding 34
2 Mesures de
perméabilités
perpendiculaires
Caractérisation thermique
5
3 Mesures des 4 Modélisation
Mesures de
paramètres des conductivités
conductivités
thermophysiques thermiques
planes
Paramètres
thermiques
6 Conditions 8 Equations du 7
Etude aux limites Simulation modèle Etude
expérimentale géométrie numérique théorique
Résultats Résultats
expérimentaux numériques
8
Comparaison
des résultats
9
Optimisation
du remplissage
Figure 1-8:Présentation des chapitres et de leurs interactions (les numéros de chapitre apparaissent dans
les carrés en haut à gauche des cadres).
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 35
Chapitre 2
Les techniques de mesure des perméabilités planes (x, y) d'un renfort sont actuellement
bien maîtrisées. L'objectif de cette partie de l'étude est de développer et de mettre au
point un dispositif permettant de mesurer la perméabilité d'un tissu dans la direction z
perpendiculaire aux plis. Ce paramètre est en effet nécessaire pour la modélisation des
pièces épaisses ou possédant de nombreuses singularités de forme. Après une synthèse
bibliographique sur ce sujet, nous décrirons le montage réalisé ainsi que la procédure
d'étalonnage et de dépouillement. Quelques résultats seront ensuite présentés.
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 36
Breard [24, 126] décrit une procédure expérimentale basée sur l’enregistrement d’un
film composé d’images prises par une caméra à rayons X (Figure 2-1). L’objectif étant
de suivre la progression d’un liquide à travers un renfort tridimensionnel opaque. A
partir des vitesses du front, on peut alors calculer les perméabilités. Cependant, une
photographie par rayons X est la projection d’une distribution volumique, il est donc
nécessaire de reconstruire la forme tridimensionnelle du front d’imprégnation.
injection
Ahn, Lee et Springer [70] ont décrit une technique utilisée pour mesurer simultanément
les trois perméabilités principales de préformes. Ici, les directions et les magnitudes des
perméabilités principales sont mesurées par des fibres optiques. Ces fibres sont utilisées
pour suivre l’écoulement de la résine à travers la préforme. Ceci est possible en enlevant
de petits segments de l’habillage de la fibre comme on peut le voir sur la Figure 2-2.
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 37
temps
Notons que les mesures en régime permanent et les mesures en régime transitoire par
suivi du front de matière donnent des résultats différents. La perméabilité mesurée en
régime permanent est toujours supérieure à celle mesurée en régime transitoire [95,
126]. L'existence d'une zone partiellement saturée dont la perméabilité est faible est à
l'origine de cette différence et pose le problème de la pertinence des modèles. Cela
justifie la nécessité des travaux sur ce thème [120, 126, 127].
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 38
Cylindre interne
mobile
Cylindre externe
fixe
Renfort à
caractériser & Grilles de
n maintien ∆P
épaisseur e
surface S
Capteur
de
pression
Entrée du
fluide
débit Q
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 39
Le principe de la mesure est alors simple. Il suffit d'injecter le liquide à travers le renfort
à un débit donné et de noter la différence de pression obtenue lorsque le régime
permanent est atteint. Pour obtenir des résultats fiables, nous effectuons plusieurs
mesures à des débits différents. La Figure 2-6 montre l'évolution de la pression pour
quatre débits différents. On observe que le régime permanent est atteint en quelques
minutes après imprégnation du tissu.
2.0
3
120 cm /mn
1.5
Pression (bar)
3
1.0 60 cm /mn
3
40 cm /mn
0.5
3
20 cm /mn
0.0
0 10 20 30
temps (mn)
3. Détermination de la perméabilité
Puisque nous travaillons ici en régime permanent, nous n'allons mesurer que la
perméabilité saturée du renfort. Le calcul est basé sur la loi de Darcy qui relie la vitesse
d’un fluide à travers un milieu poreux (la préforme) au gradient de pression dans ce
&
milieu. Si dans le renfort l’écoulement est unidirectionnel (direction n (Figure 2-5)), on
a alors :
Kz &
u=− ∇P ⋅ n (2-1)
µ
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 40
Q
u= (2-2)
(1 − V f ) ⋅ S
µe Q
Kz = (2-4)
(1 − V f ) S ∆Pe
4. Etalonnage de la mesure
0.12
0.10
viscosité µ (Pa.s)
0.08
0.06
0.04
mesures
µ(T) = 0.1374 − 0.003291 T
0.02
0.00
15 17 19 21 23 25
o
température ( C)
On observe que pour un intervalle de température de 10°C, les variations sont linéaires.
Nous prendrons donc:
µ (T ) = 01374
. − 0.003291 T pour 15° C < T < 25° C (2-5)
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 41
La différence de pression ∆Pm que nous mesurons, est celle entre le cylindre inférieur et
la surface du liquide en haut du cylindre mobile. Pour calculer la différence de pression
sur les faces de l'échantillon ∆Pe , il est nécessaire de retrancher toutes les pertes de
charges ∆P0 liées au montage (grille, poids du fluide...). Ces pertes de charge sont
obtenues par des mesures à vide (sans renfort) (Figure 2-8).
0.06
0.05 mesures
∆P0 = C.µ.Q
pression ∆P0 (bar)
0.04
0.03
0.02
0.01
0.00
0 50 100 150 200
3
débit (cm /mn)
Figure 2-8: Pertes de charges provoquées par le montage obtenues par des mesures à vide.
Nous observons que les pertes de charges dans le montage sont proportionnelles au
débit du fluide. Nous supposerons que ces pertes de charge sont également
proportionnelles à la viscosité du liquide. Ainsi, nous écrirons:
∆P0 = C ⋅ µ ⋅ Q (2-6)
C = 3110
. 10 m-3 (2-7)
La différence de pression sur les faces de l'échantillon ∆Pe est alors calculée:
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 42
Les équations (2-1) et (2-4) ne sont valables que si l'écoulement est unidirectionnel dans
le renfort. Or deux phénomènes au moins peuvent modifier la forme de l'écoulement et
provoquer alors des erreurs systématiques. Le premier est causé par la présence des
grilles et le second par les effets de bord.
Les grilles sont constituées par des plaques métalliques trouées de 95 mm de diamètre
(Figure 2-9). Le diamètre des trous est de 2.6 mm et l'écart minimum entre les centres de
deux trous est de 5.2 mm.
Cellule
élémentaire
Lorsque les trous d'entrée et de sortie sont en vis-à-vis, l'écoulement dans le renfort, est
représenté sur la Figure 2-10. Les calculs ont été effectués à l'aide du code de mécanique
des fluides FLUENT dans une cellule élémentaire entourant un trou (Figure 2-9). On
remarque que près de l'entrée et de la sortie, l'écoulement n'est pas unidirectionnel.
Figure 2-10: Trajectoires du fluide dans le renfort lorsque les trous sont en vis-à-vis (calcul FLUENT).
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 43
Le champ de pression dans l'épaisseur de l'échantillon est lui aussi perturbé. On observe
sur la Figure 2-11, des pertes de charges supplémentaires en entrée et en sortie liés à
l'écoulement tridimensionnel. Ces pertes de charge dépendent des perméabilités planes
du renfort.
1.0e+05
ecoulement unidirectionnel
8.0e+04 ecoulement avec grille
pression P (Pa)
6.0e+04
4.0e+04
2.0e+04
0.0e+00
0.000 0.002 0.004 0.006
épaisseur (m)
En utilisant l'équation (2-4), nous obtenons alors une valeur de perméabilité différente
de la perméabilité réelle du renfort. Nous avons représenté sur la Figure 2-12, l'erreur
provoquée par ce phénomène en fonction du rapport entre la perméabilité plane (en
supposant K x = K y ) et la perméabilité perpendiculaire. On constate que l'erreur
commise peut dépasser 30 % lorsque le facteur d'anisotropie (rapport Kx / Kz ) est faible.
Pour un facteur d'anisotropie fort, l'erreur est d'environ 10 %. On peut noter que les
résultats obtenus sont identiques lorsque les trous ne sont pas en vis-à-vis.
40
30
erreur (%)
20
10
0
1 10 100 1000
rapport Kx / Kz
Figure 2-12: Erreur relative provoquée par la grille en fonction du facteur d'anisotropie
( So / S = 0.24 , e = 6.3 mm ).
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 44
Il existe deux moyens pour diminuer l’influence des effets tridimensionnels. Le premier
est d'augmenter la surface occupée par les trous en augmentant leur nombre, ou en
augmentant leur diamètre. La Figure 2-13 montre l'amélioration obtenue lorsque la
porosité de la grille (rapport entre la surface occupée par les trous So et la surface totale
S) tend vers 1. Le second facteur qui peut améliorer la mesure est l'augmentation de
l'épaisseur de l'échantillon. En effet, les pertes de charge provoquées par les
phénomènes tridimensionnels restent constantes lorsqu'on augmente l'épaisseur alors
que la différence de pression mesurée augmente. Ainsi, l'erreur relative sur la
perméabilité varie de façon inversement proportionnelle à l'épaisseur de l'échantillon
(Figure 2-14).
15
10
erreur (%)
0
0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
rapport So / S
30
25
20
erreur (%)
15
10
0
0 5 10 15 20
épaisseur e (mm)
Figure 2-14: Erreur relative provoquée par la grille en fonction de l'épaisseur de l'échantillon
( K x / K z = 50 , So / S = 0.24 mm ).
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 45
Les effets de bord sont crées par un mauvais ajustement du renfort avec le cylindre. Des
zones de grandes perméabilités génèrent alors des écoulements préférentiels. Nous
avons simulé une tranche du montage avec un canal préférentiel au bord de l'échantillon
(Figure 2-15).
Partie étudiée
Canal préferentiel
Les trajectoires des particules du fluide dans l'échantillon sont représentées sur la Figure
2-16. On observe alors que les trajectoires sont très déformées en direction du canal
préférentiel. La présence d'un effet de bord se manifeste également sur le champ de
pression (Figure 2-17). Contrairement à l'étude de l'effet des grilles pour lesquelles la
géométrie est bien connue et où la correction est possible, il n'est pas possible ici de
quantifier précisément l'influence des effets de bord, car on ne connaît pas la géométrie
des défauts d'ajustement potentiels. Toutefois, à titre indicatif, l'effet de bord présenté ici
(0.1 mm) provoque une erreur de 20 % sur la mesure de la perméabilité perpendiculaire.
Figure 2-16: Trajectoire du fluide dans l'échantillon en présence d'un effet de bord.
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 46
Figure 2-17: Champ de pression dans l'échantillon en présence d'un effet de bord.
6. Mesures et résultats
Nous avons effectué toutes nos mesures avec un tissu de carbone (Référence G1151)
dont les caractéristiques principales sont données au chapitre 3. Les échantillons
circulaires ont été découpés au jet d'eau dans des préformes planes. La section de
l'échantillon obtenue est ainsi très nette.
Sur la Figure 2-18, nous observons une bonne proportionnalité de la pression mesurée
en fonction du débit. Nous constatons aussi qu'à débit identique les pertes de charges
liées au montage (Figure 2-8) sont cent fois plus faibles que celles créees par
l'échantillon. Notons également qu'aucun effet d'hysterésis n'a été observé lorsqu'on
effectue une mesure en débit croissant puis en débit décroissant.
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 47
0
0 50 100 150
3
débit Q (cm /mn)
Nous avons réalisé des mesures avec quatre échantillons identiques (les caractéristiques
de ces échantillons figurent en annexe 2.1). Le contrôle visuel nous a permis d'observer
un remplissage régulier des trous de la grille, ce qui montre que les effets de bord sont
faibles. Les mesures de vérification effectuées avec un cordon de mastic confirment ce
résultat puisque les différences obtenues sont inférieures à 7 %. Les perméabilités ont
ensuite été calculées à l'aide d'une feuille de calcul Excel conçue pour l'exploitation des
données (Annexe 2.1). La Figure 2-19 présente les perméabilités obtenues en fonction
du débit pour les quatre échantillons. On constate une bonne reproductibilité des
mesures d'un échantillon à l'autre, puisque l'écart maximum est de 12 % . Nous
observons également une légère diminution des valeurs de perméabilité mesurées
lorsque le débit augmente. Des essais sur des renforts de structure différente pourront
déterminer si ce phénomène est lié au montage ou bien s'il est provoqué par la
complexité de l'écoulement dans les différentes échelles de la structure fibreuse. Ceci
sort du cadre de cette étude.
3e−12
perméabilité Kz (m )
2
2e−12
1e−12
0e+00
0 50 100 150 200
3
débit Q (cm /mn)
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 48
La perméabilité perpendiculaire obtenue pour nos échantillons est autour d'une valeur
moyenne de 1.6 10-12 m2. La perméabilité plane a été mesurée à 6.8 10-11 m2. On a donc
le rapport d'anisotropie suivant:
Kx
≈ 40 (2-9)
Kz
La porosité des grilles est actuellement de 0.24 et l'épaisseur de l'échantillon est de 6.2
mm. Avec ces données, l'erreur provoquée par la présence des grilles conduit à une sous
estimation de 13 % de la perméabilité perpendiculaire. Cette correction permet alors
d'estimer une nouvelle valeur de la perméabilité:
. 10−12
Kz = 18 m2 (2-10)
En incluant les effets de bord, les dispersions entre les mesures et les variations en
fonction de la pression, on peut estimer la précision à 15 %.
7. Conclusion
Les résultats obtenus permettent de compléter les caractéristiques des renforts. Il serait
toutefois utile d'augmenter la porosité des grilles afin de diminuer la correction à
apporter à la mesure. Les résultats devront être validés notamment pour vérifier si les
valeurs obtenues en régime saturé ne sont pas trop éloignées des perméabilités en
régime non saturé. Pour les perméabilités planes, un rapport 2 peut être observé [126,
127] entre ces deux valeurs. Lorsque suffisamment de mesures auront été réalisées, il
sera également intéressant de comparer les perméabilités obtenues avec les modèles
développés dans la littérature [27, 60, 69, 73, 74, 100, 102].
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 49
Le panneau est injecté par une technique LRI (Liquid Resin Injection) qui consiste à
placer un grillage sous la préforme pour augmenter la surface de diffusion de la résine.
Pour des raisons pratiques, nous avons réalisé les simulations en 2D à partir de la
géométrie de la Figure 2-21. Nous avons placé des mèches de carbone dans la zone libre
crée au centre du raidisseur. La résine arrive par les côtés de la pièce grâce à un canal
d'injection (non modélisé).
z Axe de symétrie
x
Mèches de carbone
angles
revêtement
injection
Grillage diffuseur
Chaque zone possède des caractéristiques différentes qui sont données dans le Tableau
2-1. Les perméabilités du grillage et des mèches de carbone n'ont pas été mesurées
directement mais estimée approximativement par extrapolation en fonction du taux
volumique de fibres.
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 50
Nous avons simulé une injection à pression constante à l'aide du logiciel LCMFLOT. La
Figure 2-22 représente le remplissage à différents instants. On constate que la présence
du grillage crée un chemin préférentiel pour la résine et accélère l'imprégnation de la
pièce. A cause de la forte anisotropie entre les perméabilités planes et perpendiculaires,
le remplissage ne s'effectue pas uniquement dans l'épaisseur du revêtement mais
également dans le plan. Le front de matière est alors incliné comme pour un effet de
bord classique. Lorsque ce front passe à la base des raidisseurs, il se crée une zone où le
front se referme sur lui-même (Figure 2-23). Les risques d'une mauvaise imprégnation
sont donc plus importants dans ces endroits.
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Chapitre 2. Mesures des perméabilités dans la direction perpendiculaire au renfort 51
Figure 2-23: Régions ou des refermetures de front peuvent être à l'origine d'une mauvaise imprégnation .
Les pièces injectées par le procédé LRI, les pièces épaisses et les pièces constituées de
l'assemblage de plusieurs préformes nécessitent une bonne connaissance de l'anisotropie
de la perméabilité des renforts pour rendre compte de la complexité du remplissage. Les
mesures de perméabilités perpendiculaires permettent donc d'améliorer la précision des
simulations des pièces réelles. Les résultats numériques présentés ici nécessitent une
validation expérimentale qui sera effectuée ultérieurement. En effet, les transferts de
chaleur sont susceptibles de modifier notablement ces résultats. Nous allons donc nous
centrer sur la modélisation de ceux-ci afin d'améliorer le module thermique du logiciel
LCMFLOT. Les étapes ultérieures de validation des transferts couplés sur pièce
complexe devront être réalisées par la suite.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 52
Chapitre 3
Nous aborderons dans ce chapitre les méthodes utilisées pour caractériser les
matériaux employés dans le procédé RTM et nous présenterons les résultats obtenus.
Les propriétés physiques à obtenir sont la viscosité et la cinétique de la résine, les
chaleurs spécifiques de la résine et des fibres de carbone, et les conductivités
thermiques de la résine et du matériau composite. Nous étudierons également les
variations de ces paramètres en fonction de la température et du taux de polymérisation
de la résine. Les résultats obtenus ici sont indispensables à la simulation du procédé.
Référence G986
Fournisseur de l'Aérospatiale Brochier
Type Sergé 2 x 2
Nature mèche de carbone haute résistance HTA (Tenax Fiber)
constituée de 6000 filaments
Masse volumique 1770 kg/m3
Masse surfacique 285 g/m2 non poudré
Tableau 3-1: Caractéristiques du tissu G986.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 53
Référence G1151
Fournisseur de l'Aérospatiale Brochier
Type 3X
Nature mèche de carbone T300 (Torayca) constituée de 6000
filaments
Masse volumique 1770 kg/m3
Masse surfacique 600 g/m2 non poudré
Tableau 3-2: Caractéristiques du tissu G1151.
Ces tissus sont recouverts d'un poudrage (environ 4% en masse de résine époxy) servant
après une opération de préformage, à assurer une certaine rigidité pour la mise en place
dans le moule.
Référence RTM6
Fournisseur de l'Aérospatiale Brochier
Type système époxy monocomposant
Stockage 9 mois à -18 °C, 15 jours à température ambiante
Préchauffage 80°C
Température d'injection 130°C
Masse volumique résine non réticulée: 1117 kg/m3
résine réticulée: 1141 kg/m3
Tableau 3-3: Caractéristiques de la résine RTM6.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 54
0.20
o
T = 80 C
0.15 o
T = 150 C
viscosité µ (Pa.s)
o
o T = 140 C
T = 90 C
0.10
o o
T = 130 C T = 120 C
o
T = 100 C
o
T = 110 C
0.05
0.00
0 60 120 180
temps (min)
Une validation de ce modèle a été effectuée sur un cycle industriel qui comprend un
préchauffage à 80°C, une injection à 130°C et une polymérisation à 150°C.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 55
Les mesures des capacités thermiques des résines ont été effectuées en utilisant un
calorimètre différentiel à balayage (Perkin-Elmer DSC-7) [62, 63]. L’appareil consiste
en deux fours identiques. L’un contient l’échantillon à caractériser et l’autre une
coupelle vide.
échantillon
T,φ1 T,φ2
Si les pertes thermiques et les températures sont identiques pour les deux fours, la
différence entre les flux fournis peut s’écrire:
dT dα
∆φ = φ1 − φ2 = − m. Cp. + m. ∆H . (3-2)
dt dt
avec
α degré d’avancement de la réaction.
m masse de l’échantillon.
Cp chaleur spécifique du matériau
∆H enthalpie totale massique de la réaction.
La chaleur spécifique des résines est une propriété qui varie fortement en fonction de la
température et en fonction du degré d’avancement de la réaction. On peut établir une loi
de mélange qui exprime la chaleur spécifique en fonction des chaleurs spécifiques de la
résine crue et de la résine cuite:
où Cp0 est la chaleur spécifique de la résine crue et Cp1 la capacité thermique massique
de la résine cuite.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 56
Les cycles appliqués lors des mesures sont constitués de paliers successifs (Figure 3-3).
Afin de limiter l’influence de la résistance de contact entre la coupelle et l’échantillon
(cette résistance peut être importante pour les fibres de carbone), on limite les montées à
une vitesse maximum de 10°C/min. De plus pour restreindre l’effet de la dérive
temporelle de l’appareil, l’écart de température entre deux paliers est limité à 20°C.
Température
temps
Deux mesures au minimum ont été réalisées sur la résine et sur les fibres de carbone en
faisant varier les températures entre 100°C et 150°C. Les résultats obtenus sont
présentés sur la Figure 3-4. Ils sont en accord avec ceux présentés dans la littérature
[115] et ceux obtenus au centre commun de recherche de l'Aérospatiale sur la résine
RTM6. On note une légère augmentation de la chaleur spécifique en fonction de la
température: environ 10% sur la plage de température étudiée. On constate surtout que
la réticulation provoque une diminution de la chaleur spécifique (environ 20%).
L'approximation des résultats expérimentaux par des polynômes du second degré donne
avec T en °C:
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 57
3000
1000
fibres
Cp mesures
500 Cp interpoles
0
90 100 110 120 130 140 150 160
o
température ( C)
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 58
dα
= F(α , T ) (3-7)
dt
Une autre grandeur doit être déterminée afin de simuler l’exothermie: il s'agit de
l’enthalpie massique de réaction ∆H.
flux ∆H(t)
∆H
temps
∆H (t )
α (t ) ≡ (3-8)
∆H
Nous avons réalisé trois cuissons isothermes et calculé l'enthalpie dégagée par la
polymérisation. Nous avons également effectué une cuisson à 2°C/mn jusqu'à une
température plus élevée (300°C). On constate (Tableau 3-4) qu'entre 120°C et 140°C,
nous atteignons un taux de réticulation inférieur à 80 %.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 59
∆H (T )
αm (T ) = (3-9)
∆H
0.0003
o
0.000262 140 C
vitesse de réaction (s )
−1
0.0002 o
130 C
0.000169
o
120 C
0.000120
0.0001
0.0000
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
avancement α
On constate que pour les résines époxy, les courbes obtenues sont raisonnablement
homothétiques. On peut donc faire l’hypothèse de séparation des variables et écrire:
dα
= K (T ). G(α ) (3-10)
dt
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 60
où Tref est la température de référence choisie à 140°C à laquelle est associé le paramètre
Kref. A est un coefficient à déterminer.
Tref
Le tracé du logarithme de K en fonction de − 1 donne une droite dont la pente est -A
T
et l’ordonnée à l’origine ln(Kref) (Figure 3-7).
−8.4
ln K(T)
−8.6
−8.8
−9.0
−9.2
−0.01 0.01 0.03 0.05
Tref/T−1
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 61
1.0
G(α)
0.5
résultats expérimentaux
approximation polynomiale
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
avancement α
tind
Tref
t ref = ∫0 T dt
exp − B. − 1 (3-15)
Ce temps d’inhibition dépend de l’histoire thermique du matériau qui doit donc être
parfaitement connue. Toutefois, nous constatons que dans notre cas, il n'y a pas de
décalage sensible (Figure 3-9). Nous ne ferons donc pas intervenir ce paramètre dans
notre modèle. On vérifie sur la figure que la loi cinétique déterminée décrit très bien les
résultats expérimentaux dans une gamme de température voisine de celle du procédé.
1.0
o
140 C
o
130 C o
120 C
avancement α
0.5
résultats expérimentaux
simulation numerique
0.0
0 5000 10000 15000 20000
temps (s)
Figure 3-9: Vérification de la cinétique obtenue par comparaison avec les avancements mesurés.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 62
Des modulations de température sont générées par un courant alternatif qui par effet
Joule chauffe la paroi en contact avec le matériau (Figure 3-10). Une température de
type sinusoïdal de fréquence f est imposée sur une face de l'échantillon. Un balayage en
fréquence est renouvelé en permanence pendant lequel nous relevons le déphasage entre
les températures mesurées de part et d'autre de l'échantillon. Les mesures de ces
températures sont réalisées à l'aide de résistances thermométriques en Nickel déposées
sur un substrat en Pyrex. Lorsque les valeurs du déphasage θ sont connues en fonction
de la fréquence f, la diffusivité thermique a est alors calculée en utilisant la théorie des
milieux semi-infinis:
π
θ=e f (3-17)
a
où e est l'épaisseur de l'échantillon.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 63
Echangeur
Résistance chauffante
Echantillon
Substrat en Pyrex
Nous avons réalisé des mesures sur la résine pendant toute sa phase de transformation.
La résine est tout d'abord versée dans un moule qui se compose d'un cadre en Deltherm
sur lequel est fixé un film plastique A5000. Le moule est ensuite fermé à l'aide d'un
second film déposé sur la surface libre de la résine. La difficulté est de réaliser
l'étanchéité du dispositif et d'éviter l'incorporation de bulles d'air. Nous utilisons des
fréquences allant de 0.02 Hz à 0.05 Hz. Deux cuissons ont été réalisées: la première à
130°C et la seconde à 145°C. Nous obtenons alors l'évolution de la diffusivité de la
résine au cours du temps pour ces deux températures. Connaissant la chaleur spécifique
ainsi que la cinétique de la résine nous pouvons ensuite représenter la conductivité
thermique λr de la résine en fonction de l'avancement de la réaction (Figure 3-11).
0.25
conductivité thermique λr (W/m.K)
0.20
0.15
o
T = 130 C
0.10 o
T = 145 C
0.05
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8
avancement α
Nous avons ainsi la conductivité thermique des états crus et cuits pour un domaine de
température de 130°C à 145°C.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 64
état λr (W/m.K)
résine crue (α = 0) 0.10
résine cuite (α = 1) 0.22
Tableau 3-5: Conductivité thermique de la résine RTM6.
La conductivité thermique est mesurée par une méthode d'estimation développée par
[Link] [112]. Elle consiste à minimiser l'écart quadratique entre des températures
calculées et mesurées à cœur de l'échantillon, lorsqu'on fait subir une sollicitation
thermique à celui-ci. Ceci est réalisé sur une presse expérimentale développée au
laboratoire (Figure 3-12). Elle permet de chauffer un échantillon placé entre deux
plateaux mobiles. Afin que le champ thermique soit le plus homogène possible, les
plateaux sont réalisés dans un matériau très conducteur. La température des fluides
caloporteurs est régulée avec une précision de 0.05°C. La résistance électrique
incorporée dans ces plateaux permet de réaliser toutes les lois de température
souhaitées.
vérin
résistance
électrique
thermocouple
composite
circulation du
fluide caloporteur
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 65
Pour éviter toute perturbation causée par une résistance de contact éventuelle, une
graisse de silicone assure la qualité du contact entre l’échantillon et les plateaux. La
régulation s’effectue à partir de thermocouples situés à la surface des deux plateaux
protégés par un film aluminium. Des thermocouples de 80 µm de diamètre sont placés
sur les faces et à l’intérieur du matériau à caractériser et leurs températures sont relevées
à l’aide d’une chaîne d’acquisition de données. Leurs positions exactes sont mesurées
sous binoculaire après la manipulation en découpant l’échantillon. Des cales en acier ou
en carbone permettent d'obtenir l'épaisseur et donc le taux volumique de fibres souhaité.
Les échantillons utilisés pour mesurer la conductivité thermique sont constitués d’un
empilement équilibré de plis de tissu carbone. L'imprégnation des fibres est réalisée
manuellement au pinceau avec de la résine légèrement préchauffée. Les pertes de
chaleur latérales sont réduites par un cadre isolant entourant l’échantillon. Ce cadre
permet également de limiter l’écoulement de la résine lors de la mise sous pression.
190
170
Température ( C)
thermocouples en surface
o
150
130
thermocouple au coeur
110 de l’échantillon
90
0 200 400 600 800 1000
temps (s)
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 66
5.2.2 Résultats
Les mesures ont été réalisées pour différents taux volumiques de fibres Vf, mais avec
toujours un empilement équilibré des plis [0°/45°]n/2. Les résultats pour les mesures en
préforme sèche sont répertoriés dans le tableau suivant:
où e est l'épaisseur de l'échantillon et n le nombre de plis. Les résultats présentés ici sont
une moyenne des résultats obtenus dans la phase de montée et de ceux obtenus dans la
phase de descente.
Les tableaux 3-7 et 3-8 montrent les conductivités identifiées pour le composite non
réticulé et réticulé respectivement.
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 67
Les résultats concernant le tissu G986 sont représentés sur la Figure 3-14.
1.0
0.6
0.4
0.2
0.0
35 40 45 50 55 60 65
taux volumique de fibre Vf (%)
0.60
composite reticule
0.50
0.40
composite non reticulé
0.30
0.20
préforme sèche
0.10
0.00
50 70 90 110 130 150 170
o
température ( C)
On obtient des résultats pratiquement identiques avec le tissu G1151, car les fibres de
carbone de ces deux tissus ont les mêmes conductivités thermiques
( λ f = 8.4 W / m.K ) [117]. Nous avons effectué des mesures uniquement à un taux de
fibres identique à celui de l'étude expérimentale du chapitre 6. Le tableau suivant
présente les résultats obtenus:
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Chapitre 3. Mesure des paramètres thermophysiques et rhéologiques 68
6. Conclusion
Nous avons présenté la viscosité, la cinétique de la résine et les chaleurs spécifiques des
fibres et de la résine. A l'aide du dernier montage, nous avons obtenu la conductivité
thermique du composite dans la direction perpendiculaire aux plis du tissu. Cependant
les techniques classiques utilisées au laboratoire avant cette étude ne permettent pas
d'identifier les conductivités thermiques planes. Dans le chapitre suivant, nous allons
présenter un montage que nous avons développé dans ce but, afin de caractériser
complètement le matériau.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 69
Chapitre 4
1. Dispositif expérimental
Le principe de la mesure est de créer un échelon de température dans le matériau à
caractériser et de suivre l'évolution de cet échelon dans le plan des fibres. Cette méthode
doit nous permettre d'obtenir les conductivités des préformes sèches, du composite non
réticulé et réticulé. Pour cette raison, le cœur du montage est en réalité un petit moule
RTM constitué de deux parties symétriques. Une de ces partie est représentée sur la
Figure 4-1 (plan détaillé du moule en annexe 4.1) et une vue en coupe sur la Figure 4-2.
Le moule est en teflon (PTFE) car ce matériau est peu conducteur. Les transferts
thermiques auront donc lieu essentiellement à travers le composite. De plus le teflon
permet un démoulage facile de la pièce. Un cadre en aluminium a été ajouté afin
d'obtenir un état initial isotherme. Ce cadre joue le rôle de garde thermique en
uniformisant la température sur les faces du moule.
Les éléments nécessaires à une injection RTM ont été intégrés: canaux d'entrée et de
sortie, joint d'étanchéité. L'échelon de température est réalisé par la circulation d'un
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 70
fluide caloporteur (huile) au sein d'un canal aménagé dans une pièce en cuivre dont la
section apparaît sur la Figure 4-2. Cette huile est régulée en température par un bac
thermostaté de type Lauda.
Canal d’injection
cuivre
Joint
d'étanchéité
teflon
y
Circuit
d’huile
x
Aluminium
Sortie résine
Figure 4-1: Vue générale du moule de mesure des conductivités thermiques planes.
z
x
Figure 4-2: Vue en coupe du moule de mesure placé entre les plateaux de la presse.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 71
TC5
TC4
Préforme
carbone TC3
TC2
TC1
TC0
cuivre thermocouples
Les fils des thermocouples sont introduits à travers le joint d'étanchéité à l'aide de
l'aiguille d'une seringue. Puis, sous binoculaire, on glisse les thermocouples sous les
mèches du tissu afin de les maintenir dans une position fixe. On utilise également le
déplacement de la binoculaire pour relever de façon précise les distances des
thermocouples par rapport à la pièce de cuivre. Un thermocouple servant à mesurer la
température de la pièce en cuivre est fixé sous celle-ci.
Lorsque la mise en place des thermocouples est terminée, le moule est placé entre les
plateaux de la presse ALIS (Figure 4-4). Pour atténuer les pertes thermiques latérales le
moule est entouré d'un matériau isolant (plusieurs centimètres de Kerlane). La
régulation en température du moule est assurée par les plateaux chauffants de la presse.
Ces plateaux fournissent également la pression nécessaire à la fermeture du moule.
Pour l'injection de la pièce, le montage a été équipé d'une pompe à vide. Celle-ci permet
de dégazer la résine et la préforme avant l'injection, puis d'aspirer la résine dans le
moule pendant l'injection.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 72
Air comprimé
Régulateur
Pompe à vide
de pression
Bac
thermostaté
résine Plateaux
huile chauffants thermocouples
Pot d'injection
Presse ALIS
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 73
Nous avons utilisé le code FLUENT pour réaliser ces calculs. Il s'agit de simuler les
transferts thermiques liés à la mise en place d'un écoulement d'huile à 80°C à travers la
pièce de cuivre dans un moule initialement à 130°C.
Les caractéristiques thermiques du téflon, du cuivre et de l'aluminium ont été prises dans
la littérature. Nous avons utilisé les caractéristiques d'un composite non réticulé à 130°C
avec un taux volumique de fibre de 53.3 %. Les calculs de dimensionnement initiaux
ont été effectuées avec une conductivité plane estimée à 1 W/m.K. Les calculs présentés
ici ont été obtenus après une première estimation de la conductivité thermique identifiée
expérimentalement et une résistance thermique Rt (également identifiée) entre le cuivre
et le composite de 5.5 10-3 K.m2/W.
L'identification de ces paramètres est réalisée une fois pour toute. Ces coefficients
d'échange dépendent en effet du dispositif expérimental, mais pas du matériau à
caractériser.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 74
Les coefficients de convection à l'extérieur du moule (Figure 4-5) ont été identifiés en
comparant les températures calculées et expérimentales dans l'échantillon en régime
permanent avant la création de l'échelon.
h1
h3
h4
h2
Figure 4-5: Coefficients d'échange sur les faces du moule.
La comparaison des températures calculées avec les coefficients identifiés et les mesures
est représentée sur la Figure 4-6. Le profil est tracé suivant l'axe central du moule. On
constate que les pertes thermiques sont plus importantes du coté du circuit d'huile
( x = 0 ). L'ensemble des raccords métalliques fait en effet office d'ailette. Cependant les
coefficients d'échange obtenus restent faibles. Ceci est du à l'isolant (Kerlane) qui
enveloppe l'ensemble du moule et qui n'est pas pris en compte dans le modèle.
Ceci est cohérent avec les propriétés de l'huile utilisée et les débits dans les tuyaux.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 75
135
Température ( C)
130
125
températures mesurées
température calculée avec les paramètres identifiés
120
0.00 0.02 0.04 0.06 0.08
abscisse (m)
Figure 4-6: Profil de température en régime permanent - identification des coefficients d'échange
extérieurs.
130
120
Température ( C)
températures mesurées
o
110
température calculée avec le paramètre identifié
100
90
80
0 100 200 300 400 500
temps (s)
Figure 4-7: Evolution des températures TC0 pour l'identification du coefficient d'échange huile/cuivre.
Nous avons réalisé des calculs en deux et trois dimensions. Les calculs en deux
dimensions sont effectués dans le plan perpendiculaire aux plateaux de la presse et
passant par les thermocouples (axe central).
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 76
préférentiellement dans le composite. On constate que les isothermes sont bien plates
dans la partie centrale du moule et donc que les transferts thermiques dans la direction y
sont négligeables. Sur la Figure 4-9, nous avons comparé l'évolution des températures
des cas bidimensionnel et tridimensionnel.
Nous voyons qu'à partir d'un certain temps t, les effets tridimensionnels ne sont plus
négligeables. C'est pourquoi, dans notre méthode d'identification le calcul sera limité
à 500 secondes. On remarque que la température est plus élevée dans le cas 3D. Cela
provient de l'apport de chaleur du à la garde en aluminium qui est en contact avec les
plateaux de la presse à 130°C.
t = 3 mn t = 15 mn
Figure 4-8: Evolution du champ de température dans le moule.
Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 77
135
simulation 3D
simulation 2D
125 TC5
TC4
Température ( C)
o
115 TC3
TC2
105
95
TC1
85
0 500 1000 1500 2000
temps (s)
hh , T h Rt ? φ=0
λx ?
composite
h1, Ta h2, Ta
aluminium
cuivre
Téflon
Tp
2.2.1 Discrétisation
On utilise la méthode des directions alternées (ADI) qui est une méthode de différences
finies [116]. Il s’agit de diviser le pas de temps principal ∆t en deux sous pas de temps
∆t/2. Pour chaque sous pas de temps on effectue une résolution complète du système
dans une direction en utilisant un schéma implicite. Cette méthode nécessite deux
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 78
Comme on peut le constater sur la Figure 4-6, le champ de température initial (obtenu
en régime permanent à la fin du préchauffage du moule) n'est pas entièrement
isotherme. Il n'est pas homogène dans l'épaisseur: la température de plateaux est de 5°C
plus grande que la température au centre du moule. Il existe également un écart de
température (environ 1°C) entre le côté qui correspond à la circulation d'huile et l'autre
extrémité. Pour obtenir un champ de température initial le plus proche possible du
champ de température initial réel, nous utilisons comme condition aux limites sur E2
(voire annexe 4.2) les températures relevées sur les thermocouples au temps t = 0. Les
températures aux noeuds situés entre deux thermocouples sont obtenues par
interpolation linéaire. Le champ de température initial est alors calculé avec ces
conditions aux limites.
Les équations ayant ainsi été discrétisées sur l'ensemble du domaine, nous obtenons un
ensemble de systèmes tridiagonaux. Pour le premier demi pas de temps cet ensemble est
constitué de Nj systèmes comprenant chacun Ni équations. Ces systèmes sont de la forme
suivante (sans tenir compte des frontières intérieures):
n + 1/ 2
1 + Dx1 −1 T1, j Dx1 Ta
− Cx 1 + Cx2 − Cx1 0 ⋅ ⋅
3
⋅ ⋅ ⋅ ⋅ ⋅
n + 1/ 2
⋅ ⋅ ⋅ ⋅ Ti , j = Cy1Ti , j +1 +...
n
⋅ ⋅ ⋅ ⋅ ⋅
0 − Cx3 1 + Cx2 − Cx1 ⋅ ⋅
−1 1 + Dx Ni TNin +, 1j / 2 Dx Ni Ta
Pour le second demi pas de temps, nous avons un ensemble constitué de Ni systèmes
comprenant chacun Nj équations:
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 79
n +1
1 0 Ti ,1 Tp
− Cy 1 + Cy − Cy1 0 ⋅ ⋅
3 2
⋅ ⋅ ⋅ ⋅ ⋅
n +1 n + 1/ 2
⋅ ⋅ ⋅ ⋅ Ti , j = Cx3Ti −1, j +...
⋅ ⋅ ⋅ ⋅ ⋅
0 − Cy3 1 + Cy2 − Cy1 ⋅ ⋅
−1 n +1
1 Ti , Nj 0
Tous ces systèmes sont résolus par une méthode de double balayage (algorithme de
THOMAS)[114]. Un bouclage est nécessaire à chaque pas de temps pour ajuster les
propriétés qui varient en fonction de la température (Cp).
Le maillage retenu est celui représenté sur la Figure 4-11. La région composite, dans
laquelle se propage l'échelon de température, est maillée plus finement. Ce maillage a
été validé en comparant les résultats obtenus avec ceux qu'on obtient à l'aide d'un
maillage trois fois plus fin dans chaque direction (maillage 197x83).
Plusieurs pas de temps ont également été testés. La Figure 4-12 représente les
températures calculées avec des pas de temps de 0.01 s, 0.1 s et 1 s. On remarque une
divergence de la température pour le pas de temps le plus grand (arrêté à 80 s). Ceci est
provoqué par les conditions aux limites qui influencent la stabilité du schéma. En
revanche, les pas de temps de 0.1 s et de 0.01 s donnent des résultats identiques. Pour
limiter le temps de calcul, nous choisirons donc un pas de temps de 0.1 s.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 80
140
dt = 0.01 s
dt = 0.1 s
130 TC4 dt = 1 s
TC3
Température ( C)
120
o
TC2
110
TC1
100
90
TC0
80
0 100 200 300 400 500
temps (s)
130
TC4
TC3
120
Température ( C)
TC2
o
110
TC1
100
code ADI
90 FLUENT
TC0 RTMFLOT
80
0 200 400 600 800 1000
temps (s)
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 81
Sensibilité en h1 Sensibilité en h2
0.03 0.20
0.15
0.02 TC5
sensibilité Xh1 ( C)
sensibilité Xh2 ( C)
TC1
o
0.10
TC4
0.01 TC2
TC3 0.05
TC3
TC4
0.00 TC2
TC5 0.00
TC1
−0.01 −0.05
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
temps (s) temps (s)
3.5 TC1
TC1
15
sensibilité XρCp ( C)
sensibilité Xh ( C)
2.5 TC2
o
o
TC2 10
1.5 TC3
TC3 TC4
5
0.5 TC4 TC5
TC5
−0.5 0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
temps (s) temps (s)
Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 82
Sensibilité en λz Sensibilité en λx
8.0 8.0
TC3
6.0 6.0
TC1 TC4 TC5
TC2
sensibilité Xx ( C)
sensibilité Xz ( C)
o
o
4.0 4.0
TC3
0.0 0.0
TC4 TC5
TC1
−2.0 −2.0
0 100 200 300 400 500 0 100 200 300 400 500
temps (s) temps (s)
Sensibilité en Rt
8.0
6.0 TC1
sensibilité XR ( C)
o
4.0
TC2
2.0 TC3
TC4
0.0 TC5
−2.0
0 100 200 300 400 500
temps (s)
Pour la sensibilité au coefficient h1, on remarque que les amplitudes sont très faibles
(0.02 °C). Cette partie du moule est derrière la circulation d'huile et n'influence pas les
mesures. De l'autre côté (coefficient h2), les sensibilités sont un peu plus fortes,
notamment sur le thermocouple 5 qui ne sera pas retenu. L'augmentation rapide de cette
sensibilité confirme la nécessité de limiter la durée de la manipulation à 500 secondes.
La sensibilité au coefficient hh est maximale au niveau du thermocouple 1 mais décroît
après 100 secondes. Pour les sensibilités aux valeurs de ρCp, on obtient des amplitudes
très importantes. Il est donc nécessaire que ces paramètres soient déterminés avec
précision au préalable. La sensibilité à la conductivité perpendiculaire au plan des fibres
λz est significative uniquement pour le premier thermocouple. Ceci provient de la
configuration géométrique du montage. En revanche, la sensibilité à la conductivité
thermique dans le plan des fibres λx (à identifier) est satisfaisante pour les
thermocouples 2 à 5. Le thermocouple 1 est assez peu sensible à ce paramètre. Il est par
contre indispensable pour l'identification de la résistance thermique Rt entre le cuivre et
le composite comme le montrent les courbes de sensibilités en Rt. L'influence de la
conductivité perpendiculaire et de la résistance thermique est limitée dans la direction x
et donc une erreur sur ces paramètres n'aura pas de conséquence sur l'identification de la
conductivité λx. Nous remarquons pour l'ensemble des paramètres que les sensibilités
sont faibles au début de la mesure. Les premières secondes de la manipulation ne seront
donc pas utilisées lors du calcul du critère d'écart. En conclusion, la sensibilité aux deux
paramètres inconnus est bonne et la sensibilité importante aux valeurs de ρCp
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 83
~
Dispositif Mesures T
expérimental
Calcul du critère Calcul du
d'écart J minimum
de J
Modèle
Réponse du modèle T
La valeur du critère d'écart dépend des deux paramètres à identifier. Sur la Figure 4-16,
on a tracé J = f (λ x , Rt ) . Le couple (λx, Rt) recherché, celui qui correspond au
minimum du critère, Jmin, peut facilement être obtenu.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 84
J (K2)
Rt (K.m2/W)
λx (W/m.K)
Figure 4-16: Critère d'écart entre le modèle et les mesures.
On peut remonter à l'écart sur les paramètres identifiés en utilisant les coefficients de
sensibilité. La matrice de sensibilité X de notre problème possède deux lignes qui
correspondent aux deux paramètres recherchés et NJ colonnes qui correspondent aux
différents points de mesure:
X x1 ⋅ ⋅ ⋅ X xN J
X ≡
X RN J
(4-4)
X R1 ⋅ ⋅ ⋅
Les écarts types σx et σR sur les paramètres identifiés s'obtiennent alors par la relation:
σx
λ
[
x = σ T diag( X T X ) ]
−1 1/ 2
σ (4-5)
R
Rt
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 85
3. Mesures et résultats
Nous présentons les mesures effectuées avec le dispositif décrit dans la première partie,
ainsi que les résultats obtenus avec le programme d'identification développée
précédemment.
Un cycle de mesure permet pour chaque pièce d'obtenir les conductivités de la préforme
sèche, du composite non réticulé et du composite réticulé. Avant chaque mesure, il est
nécessaire d'attendre que le champ de température à l'intérieur du moule soit proche d'un
état isotherme. Le cycle de réalisation de la pièce est présenté sur la Figure 4-17. Il se
décompose en plusieurs phases:
8. Mesure sur la pièce cuite. Cette mesure n'apparaît pas sur la figure car
l'ensemble du cycle ne tient pas sur une journée. La mesure sur pièce cuite est
effectuée de la même façon après un préchauffage et une période
d'homogénéisation de la température.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 86
cuisson
150 préchauffage
injection TC5
TC4
Température ( C)
TC3
o
100 TC2
TC1
mesure cuivre
mesure
préforme sèche pièce crue
50
mesure
pièce cuite
0
0 10000 20000 30000
temps (s)
Comme dans le cas des conductivités thermiques perpendiculaires, nous avons réalisé
des pièces avec différents taux volumique de fibres Vf. Nous avons également fabriqué
une pièce avec un drapage déséquilibré en utilisant un tissu presque unidirectionnel
(ref: GU230). Le tableau suivant montre les caractéristiques de l'ensemble de ces pièces.
* [0°2/45°1/0°2/45°1/0°2/0°1/0°2/45°1/0°2/45°1/0°2/0°1/0°2/45°1/0°2/45°1]sym
où l'indice 1 se réfère au G986 et l'indice 2 au GU230.
On obtient alors: 47 % de fibres à 0°
42 % de fibres à ±45°
11 % de fibres à 90°
** idem mais avec une rotation de 90°.
Les mesures sur les pièces 5 et 6 nous donnent les conductivités thermiques principales
λx et λy pour la même séquence de drapage. Pour les pièces 1, 2, 3 et 4, le drapage étant
équilibré, les conductivités λx et λy sont identiques.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 87
La qualité d'imprégnation des pièces est très bonne sauf pour la pièce N°1 pour laquelle
nous n'avions pas de pression de maintien. Seule la mesure effectuée sur la préforme
sèche sera donc retenue pour cette pièce.
Les résultats de mesures bruts doivent être recalés en temps pour tenir compte de la
commutation. Nous choisissons un pas de temps de 4 secondes, ce qui nous donne 125
points de mesures pour une durée d'exploitation de 500 secondes. Avant de lancer le
programme d'identification, un fichier contenant tous les paramètres relatifs à la mesure
doit être crée (Annexe 4.4).
Les tableaux 4-3 à 4-5 répertorient l'ensemble des résultats pour le tissu sec, le
composite non réticulé et le composite réticulé respectivement.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 88
Nous pouvons constater que l'écart quadratique moyen σT entre les températures
mesurées et les températures calculées sont faibles (entre 0.3°C et 0.6°C) par rapport à
l'amplitude de l'échelon crée (50°C). La Figure 4-18 confirme ce résultat. Les valeurs
obtenues pour les paramètres identifiés sont donnés avec les intervalles de confiance (à
95% de probabilité) liés à l'écart quadratique moyen σT.
140
130 TC4
TC3
120
température ( C)
o
TC2
110
TC1
100
résultats expérimentaux
résultats numériques (λx identifié)
90
cuivre
80
0 100 200 300 400 500
temps (s)
Figure 4-18: Comparaison entre les températures mesurées et les températures calculés à partir des
paramètres identifiés.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 89
5.0
conductivité thermique λx (W/m.K)
4.0
3.0
2.0
préforme sèche
1.0 composite non reticulé
composite reticulé
0.0
35 40 45 50 55 60 65
taux volumique de fibre Vf (%)
Les résistances thermiques obtenues sont tracées sur la Figure 4-20. La résistance
obtenue avec la préforme sèche est très importante. Celle-ci diminue fortement après
l'injection de la résine. La pression de maintien appliquée (0.5 bar en relatif) contribue à
cette diminution. Ensuite, après la polymérisation et l'arrêt de la pression de maintien, la
résistance thermique augmente légèrement. Globalement les résistances identifiées sont
très importantes et sont provoquées par le film de téflon et le mauvais contact entre les
fibres de carbone et le moule.
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Chapitre 4. Mesure des conductivités thermiques planes 90
0.030
2
composite reticulé
0.020
0.010
0.000
1 2 3 4 5 6 7
numéro de pièce
4. Conclusion
Le montage développé nous a permis de caractériser les conductivités thermiques d'un
matériau composite dans les directions planes. Le dispositif expérimental ainsi que le
programme d'identification développé ont fourni des résultats tout à fait satisfaisants. La
méthode pour la mesure sur le composite cru est toutefois limitée à des résines peu
réactives. Il faut en effet un certain temps après l'injection pour retrouver un champ de
température suffisamment homogène pour lancer la mesure. Un programme a été écrit
pour tenir compte des effets exothermiques dus à la réaction de polymérisation. Un
bouclage est alors nécessaire pour prendre en compte le couplage entre conduction et
réaction.
Une autre perspective de travail est d'identifier simultanément les conductivités planes
et perpendiculaire et la chaleur spécifique du matériau en utilisant une méthode
d'identification plus efficace. Ceci a été réalisé avec succès et les résultats obtenus à
l'aide d'un algorithme génétique ont pu être validés par une comparaison avec les
résultats issus des méthodes de mesures classiques [19].
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 91
Chapitre 5
Dans les chapitres précédents, nous avons mesuré les conductivités thermiques des
matériaux que nous utilisons et nous avons pu observer de très fortes anisotropies entre
les conductivités planes et perpendiculaires. Nous allons développer un modèle afin de
calculer le tenseur de conductivité thermique d'un matériau composite à fibres. Nous
pourrons ainsi prévoir l'influence du drapage et du taux volumique de fibres sur les
trois composantes principales de la conductivité. Nous validerons ensuite les résultats
obtenus par une comparaison avec les résultats expérimentaux.
1. Synthèse bibliographique
Les matériaux composites à fibres sont des milieux hétérogènes composés de deux
matériaux (fibres et matrice) et possédant une structure géométrique précise. Il semble
donc évident qu'une modélisation efficace doit prendre en compte les propriétés des
constituants (conductivité des fibres et de la matrice) et les caractéristiques principales
de la géométrie (taux volumique, orientation et forme des fibres ...). Toutefois, les
paramètres qui interviennent dans le modèle doivent être faciles à déterminer pour que
la modélisation garde son intérêt par rapport à une mesure directe des conductivités
thermiques. Nous n'utiliserons donc pas certaines méthodes qui nécessitent une
connaissance très précise de la structure du renfort associée à une résolution numérique
[129, 130].
D’une manière générale, les modèles utilisés pour évaluer la conductivité thermique
efficace λe en régime de conduction pure sont fondés sur l’identification du milieu
poreux à une structure géométrique simple régulière. La conductivité est alors calculée
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 92
par résolution théorique rigoureuse, par calcul numérique ou bien à l’aide d’hypothèses
simplificatrices. Dans ce dernier cas, on aboutit à des formulations où la conductivité
efficace est exprimée en fonction des conductivités thermiques des phases en présence
et du taux volumique de fibres (très rarement en fonction de la résistance thermique
entre phases). Les relations les plus souvent rencontrées sont les suivantes:
Formulation parallèle:
λe = V f λ f + (1 − V f ) λ r (5-1)
Formulation série:
λ f λr
λe = (5-2)
V f λr + (1 − V f ) λ f
λr
1− ∅ 3
2
( )
λ e = λs (5-5)
23 λf
∅ − ∅ +
λr
1− ∅ 3 + ∅
2
( )
où ∅ ≡ 1 − V f est la porosité du milieu
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 93
∆T/∆z
∆z
∆y
∆x
D'autres études ont également été menées sur les milieux hétérogènes pour vérifier
l'hypothèse d'équilibre thermique local entre les phases [51,55,56]. Certaines conditions
doivent en effet être vérifiées afin de pouvoir utiliser l'équation de la chaleur classique
ne faisant intervenir que la température moyenne entre les deux phases. Dans le cas
contraire, un modèle à deux températures est alors nécessaire. Nous reviendrons sur ce
sujet dans le chapitre 7.
Nous avons comparé les résultats donnés par des modèles analytiques simples
(équations (5-1) à (5-6)) avec les mesures réalisées dans les chapitres précédents. Nous
observons sur la Figure 5-2 que les modèles n'évaluent pas correctement les
conductivités expérimentales et qu'ils sont très dispersés. Les modèles simples ne
rendent en effet pas compte de la complexité de l'orientation des fibres dans le
composite.
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 94
10
mesures
0.1 parallèle (5−1)
série (5−2)
géométrique (5−3)
(5−4)
Russel (5−5)
Lin Lee Liou (5−6)
0 20 40 60 80 100
taux volumique de fibre Vf (%)
Figure 5-2: Comparaison entre les modèles simples et les résultats expérimentaux (fibres sèches).
Puisque les modèles simples ne donnent pas de résultats satisfaisants de manière directe,
nous allons reprendre la méthode développée par Kulkarny et Brady [118] qui consiste à
effectuer un calcul en deux étapes. La première est de déterminer les conductivités
thermiques principales d'un pli contenant des fibres alignées. La seconde étape consiste
ensuite à prendre en compte les différentes orientations des fibres dans le renfort pour en
déduire le tenseur de conductivité du matériau. Le modèle que nous proposons ici est
une adaptation de ce principe aux cas de renforts tissés.
λ1
λ2
λ3
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 95
En supposant que les transferts de chaleur par rayonnement sont négligeables, il est
possible de calculer de façon analytique les conductivités thermiques principales de ce
réseau [110]:
λ 1 = V f λ f + (1 − V f ) λ r
(1 + V f ) λ f + (1 − V f ) λ r
λ2 = λr (5-7)
(1 − V f ) λ f + (1 + V f ) λ r
λ =λ
3 2
Pour calculer les conductivités planes, nous devons décomposer notre tissu en une
séquence de plis unidirectionnels. Ainsi un tissu sergé constitué de mèches à 0° et 90°
sera décomposé en deux plis unidirectionnels.
= +
Pour un pli d'orientation θi, les conductivités dans les directions x et y s'écrivent alors:
Le calcul des conductivités globales s'effectue ensuite en empilant les n plis du renfort.
Du point de vue des directions x et y, cet empilement est de type parallèle. On a ainsi:
1 n
x n ∑ λx ,i
λ =
i =1
n
(5-9)
λ =1 λ
y n ∑i =1
y ,i
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 96
D'une façon plus générale, lorsque les plis ne sont pas tous identiques entre eux, il suffit
de recenser les proportions εi, du nombre de fibres dans chaque direction θi:
n
x ∑ εi λx ,i
λ =
i =1
n
(5-10)
λ = ε λ
y ∑i =1
i y ,i
λ x = ∑
i =1
λ1ε i cos2θ i + λ 2ε i sin 2θ i
(5-11)
{ }
n
λ =
y ∑
λ1ε i sin 2θ i + λ 2ε i cos2θ i
i =1
eα
α ≡ tan −1 (5-12)
lα
2 z
lα 1
mèche α
x-y
eα
Figure 5-5: Angle de pincement moyen entre une mèche et le plan x-y.
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 97
Le renfort est ensuite constitué par l'empilement de plis d'épaisseur ei. Pour la
conductivité perpendiculaire, cet empilement est de type série. Nous avons donc:
n
∑e i
λz = i =1
n (5-14)
ei
∑λ
i =1 z ,i
En dehors de leurs orientations planes, les plis sont souvent tous identiques. L'expression
précédente se réduit dans ce cas à:
Nous aurions pu également prendre en compte l'angle de pincement pour le calcul des
conductivités planes mais comme cet angle est faible et que les fibres sont beaucoup plus
conductrices que la matrice, seule la conductivité thermique perpendiculaire est sensible
à ce paramètre. Sur la Figure 5-6, on constate que même un angle de quelques degrés
modifie considérablement la conductivité thermique dans la direction perpendiculaire.
0.5
conductivité thermique (W/m.K)
modele α=4
o
mesures
0.4
o
α=2
0.3 o
1
α=
o
0.5
α=
0.2
o
α=0
0.1
0.0
0.3 0.4 0.5 0.6
taux volumique de fibre Vf
Les données nécessaires au modèle sont les conductivités thermiques des fibres et de la
matrice, l'orientation des fibres dans le plan x-y, l'angle de pincement moyen et le taux
volumique de fibres. Pour les validations, nous utilisons le tissu G986 sur lequel nous
mesurons:
eα = 6.2 mm
(5-16)
lα = 0.11 mm
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 98
on obtient alors:
α = 1° (5-17)
La conductivité de la matrice et l'orientation des fibres varient suivant les différents cas
que nous allons présenter.
Le cas isotrope s'obtient en empilant alternativement des plis à 0° et à 45° afin d'obtenir
une symétrie des directions x et y. Les angles et les proportions à prendre en compte
dans le modèle sont alors donnés dans le Tableau 5-1. Ce drapage correspond aux pièces
1 à 4 du chapitre précédent.
θi εi
0° 0.25
90° 0.25
45° 0.25
-45° 0.25
Tableau 5-1: Orientation des fibres pour le cas isotrope.
Pour le tissu sec, la matrice est de l'air dont la conductivité thermique à 130°C est:
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 99
4.0
conductivité thermique (W/m.K))
2.0 modeles
mesures
1.0
conductivite perpendiculaire
0.0
30 40 50 60 70
taux volumique de fibres Vf (%)
Figure 5-7: Comparaison des conductivités mesurées et calculées pour le tissu sec.
Pour le composite non réticulé, la matrice est constituée de résine crue dont la
conductivité thermique à 130°C est (voire chapitre 3):
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 100
4.0
conductivité thermique (W/m.K))
2.0 modeles
mesures
1.0
conductivite perpendiculaire
0.0
30 40 50 60 70
taux volumique de fibres Vf (%)
Figure 5-8: Comparaison des conductivités mesurées et calculées pour le composite non réticulé.
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 101
4.0
2.0 modeles
mesures
conductivite perpendiculaire
1.0
0.0
30 40 50 60 70
taux volumique de fibres Vf (%)
Figure 5-9: Comparaison des conductivités mesurées et calculées pour le composite réticulé.
Nous constatons que les conductivités planes sont estimées de façon très précise puisque
l'écart moyen avec les mesures est de 5 %, ce qui est l'ordre de grandeur des erreurs de
mesure. C'est donc la meilleure précision que l'on pouvait atteindre. Les conductivités
perpendiculaires sont moins bien estimées puisque l'écart moyen avec les mesures est de
13 %.
θi εi
0° 0.47
90° 0.11
45° 0.21
-45° 0.21
Tableau 5-8: Orientation des fibres pour le cas anisotrope.
Nous reprenons pour la matrice les mêmes conductivités que dans le cas isotrope en x-y.
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 102
Dans les deux tableaux suivants, nous avons donné les résultats pour les directions x et y
respectivement.
4.0
conductivité thermique (W/m.K))
direction x
3.0
direction y
2.0
1.0
modeles
mesures
0.0
30 40 50 60 70
taux volumique de fibres Vf (%)
Figure 5-10: Comparaison des conductivités mesurées et calculées pour le tissu anisotrope sec.
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 103
4.0
3.0
direction y
2.0
1.0
modeles
mesures
0.0
30 40 50 60 70
taux volumique de fibres Vf (%)
Figure 5-11: Comparaison des conductivités mesurées et calculées pour le composite anisotrope non
réticulé.
4.0
conductivité thermique (W/m.K))
direction x
3.0 direction y
2.0
modeles
1.0
mesures
0.0
30 40 50 60 70
taux volumique de fibres Vf (%)
Figure 5-12: Comparaison des conductivités mesurées et calculées pour le composite anisotrope réticulé.
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Chapitre 5. Modélisation des conductivités thermiques 104
Nous observons que l'anisotropie plane du tissu est bien estimée par le modèle. Les
écarts avec les mesures sont de 2.5 % dans la direction x et de 8 % dans la direction y.
On retrouve donc une moyenne de 5 % comme dans le cas isotrope en x-y.
6. Conclusion
Sur l'ensemble des résultats, nous constatons que l'écart entre les mesures et les calculs
est d'autant plus fort que les conductivités thermiques mesurées sont faibles. L'écart
augmente lorsque la contribution de la conductivité perpendiculaire aux fibres augmente
et que la contribution de la conductivité parallèle diminue. La prise en compte du
pincement des mèches est très simplifiée et certains effets comme les points de contact
entre fibres, les résistances thermiques entre les fibres et la résine, les deux échelles de
la structure et les transferts par rayonnement n'ont pas été pris en compte et peuvent
expliquer les différences obtenues. Les résultats du modèle sont toutefois très corrects et
permettent d'estimer de façon satisfaisante les conductivités thermiques des matériaux
composites utilisés dans notre étude. Certains renforts, comme par exemple les mats,
possèdent une structure différente qui nécessiterait une adaptation de notre modèle.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 105
Chapitre 6
Le moule, en acier (XC38), est composé de trois parties: deux identiques (matrices) sur
lesquelles sont usinées les empreintes et un cadre qui donne à la pièce son épaisseur et
qui vient se placer entre les deux matrices (Figure 6-1). Une rainure permet de disposer
un joint d'étanchéité entre les matrices et le cadre. Des canaux ont été percés dans les
deux matrices pour l'alimentation et l'évacuation de la résine. L'épaisseur des matrices
est assez importante (60 mm) car il est nécessaire d'y loger les capteurs de flux et de
pression.
Lorsque le moule est fermé, on dispose sur toutes les faces latérales, des blocs isolants
de 50 mm d'épaisseur (mousse Rohacell®) pour diminuer les déperditions thermiques et
assurer ainsi une température homogène dans le moule.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 106
Cadre
Plaques de fixation
Nous avons utilisé une presse hydraulique à plateaux chauffants (type SATIM) pour
fermer et chauffer le moule. Chaque plateau est régulé en température par neuf
résistances chauffantes. Les cycles de pression, de température et de déplacement sont
programmables. Des plaques permettent de fixer le moule aux plateaux de la presse
(Figure 6-1).
Nous disposons d'un pot d'injection de faible volume (~1 litre) que nous régulons en
température en le plongeant dans un bain thermostaté. Ce pot est relié au réseau d'air
comprimé par l'intermédiaire d'un détendeur équipé d'un manomètre. L'air comprimé
servant à pousser la résine pour l'injection. Une pompe à vide permet de dégazer la
résine et la préforme et de faire le vide pendant l'injection. Un capteur à membrane (type
Pirani) nous indique les niveaux de vide atteints. Le moule, la pompe à vide et le pot
d'injection sont reliés entre eux par des tuyaux en silicone.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 107
Blocs isolants
Air comprimé
Pompe à vide
Régulateur
de pression
Chaîne
Gaine d'acquisition
isolante
moule
résine
Plateaux
Pot d'injection chauffants
Bain thermostaté
Presse hydraulique
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 108
Des effets de bord se produisant généralement même avec une découpe très propre, il est
nécessaire de les réduire en ajoutant une fine bande de mastic sur les bords de la
préforme. On obtient ainsi un remplissage unidirectionnel.
2.1 Introduction
Capteurs de flux
Les capteurs de densité de flux ont été conçus sur un modèle identique à ceux utilisés en
injection plastique [123, 124]. Ils sont parfaitement non-intrusifs car ils sont constitués
de cylindres en matériau identique à celui du moule. De plus, le cylindre est en fait
constitué de deux demi-cylindres dont le plan de coupe est parallèle aux lignes de flux.
Ainsi, on n'ajoute pas de résistance additionnelle. Les capteurs de flux sont équipés de
trois thermocouples de type K (chromel-alumel) très fins (25 µm) soudés sur l'un des
demi-cylindres (Figure 6-5). Les premiers thermocouples sont situés très près de la
surface du capteur (~0.2 mm et ~1.5 mm) et le troisième un peu plus en profondeur (~5
mm). Pour chaque capteur les positions sont repérées de façon précise sous binoculaire.
Les fils des thermocouples implantés doivent avoir une direction normale aux lignes de
flux (c'est à dire que ces fils doivent être placés sur une isotherme) pour qu'il n'y ait pas
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 109
Les capteurs sont introduits dans le moule de façon à ce que leurs surfaces affleurent
celles des matrices et qu'ils ne perturbent ni l'écoulement ni les transferts thermiques.
L'étanchéité de la zone de contact moule/capteur est réalisée à l'aide de joint silicone.
Les capteurs sont placés par paire en vis-à-vis de chaque coté de la pièce. Au total,
quatre emplacements ont été prévus sur chaque matrice. Les emplacements non utilisés
sont comblés avec des bouchons en acier. Sur les faces extérieures des matrices, des
rainures ont été usinées afin d'y passer les fils des capteurs (Figure 6-6).
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 110
thermocouples
φp TC1 TC2
TC3
Tp x3
x1 x2
Figure 6-7: Modèle de conduction utilisé pour le calcul des flux et des températures de surface.
Le thermocouple placé le plus en profondeur Tc3 est utilisé comme condition limite et
les deux autres servent au calcul d'un critère d'écart entre les températures calculées par
un modèle de conduction 1D et les températures mesurées. La minimisation de ce critère
par une méthode séquentielle permet d'identifier le flux et la température de paroi [122].
Il est nécessaire pour résoudre le problème de conduction de connaître la conductivité
thermique et la chaleur spécifique du capteur de flux donc de l'acier constituant le
moule. Par une méthode de plaque chaude gardée nous avons obtenue une conductivité
thermique de 48 W/m.K à 150°C. Nous avons mesuré la chaleur spécifique en fonction
de la température:
Nous avons utilisé deux capteurs de pression à membrane affleurante de type Kistler
destinés au procédé RTM. La pression agit sur l'élément de mesure à quartz qui
engendre alors une charge proportionnelle à la pression. Les résultats obtenus avec ces
capteurs ne nous ont cependant pas donné satisfaction. En effet, le choc thermique
provoqué par le passage de la résine entraîne une dérive du zéro non négligeable aux
basses pressions. Les pressions mesurées étant considérablement perturbées par cette
dérive, nous utiliserons une condition d'entrée en débit. Des capteurs adaptés à nos
conditions d'utilisation ont été définis et seront utilisés dans les études futures.
2e+05
1e+05
canal d’injection
pression absolue (Pa)
pièce
1e+05
dérive thermique
5e+04
pression de compactage
0e+00
−5e+04
début d’injection fin de l’injection
−1e+05
60 160 260 360 460 560
temps (s)
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 111
2.4 Thermocouples
rainure
cadre
thermocouples
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 112
des faibles tensions des thermocouples) ou leur atténuation, et la conversion des signaux
analogiques en signaux numériques à haute résolution.
Modules
Ordinateur et Câble d'interface enfichables
logiciel Unité
d'acquisition
Capteurs
Au cours d'un balayage, le multimètre numérique est relié à chacune des voies
configurées, l'une après l'autre afin d'effectuer une mesure sur chaque voie
(commutation). Il est nécessaire au préalable de programmer une liste contenant les
voies à balayer. Les voies qui ne figurent pas dans la liste seront sautées lors du
balayage.
Deux autres points sont importants pour améliorer la qualité des mesures:
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 113
• Au moment de réaliser les connexions aux bornes à vis du module, les fonctions
apparentées doivent être reliées à des voies adjacentes et les signaux dont les tensions
varient d'un facteur supérieur à 20 doivent être séparés.
T T
150°C
V0 V
3. Mesures et résultats
Pour chaque pièce réalisée, un rapport d'essai (Annexe 6.2) est rédigé afin de noter les
paramètres pour chaque étape. Ceci est indispensable pour s'assurer d'une bonne
reproductibilité des expériences. Les différentes phases de réalisation d'une pièce se
décomposent en:
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 114
Les mesures pendant l'injection et pendant la cuisson sont séparées car les durées de ces
deux phénomènes sont très différentes (~100 s pour l'injection et ~8000 s pour la
cuisson). Entre ces deux phases, il est préférable de modifier la durée entre deux
balayages successifs. Pour avoir suffisamment de points de mesure pendant l'injection,
la durée entre deux balayages est imposée à sa valeur minimale qui correspond à 50
lectures par secondes (fréquence du réseau électrique). Le pas de temps est alors égal au
double du nombre de voies à lire divisé par 50. Le facteur deux provient du fait que pour
chaque voie, le commutateur "lit" deux valeurs: le temps et la valeur mesurée sur la
voie. En revanche, pendant la cuisson où les variations de températures sont faibles, il
est judicieux d'augmenter le temps d'intégration pour diminuer les bruits de mesure. La
durée retenue entre deux balayages est de 10 secondes.
Les bruits de mesure observés sur les températures sont de faible amplitude (~0.02 °C),
comme on peut le constater sur la Figure 6-12. On notera également qu'avant l'injection
(cas de la figure) les bruits de mesure sont du même ordre de grandeur dans la préforme
et à l'intérieur des capteurs de flux. Après imprégnation par la résine qui est un bon
isolant électrique, les bruits de mesure dans la pièce sont encore réduits. Dans le cas des
flux, les bruits sont de l'ordre de 50 W/m2 (Figure 6-13). Dans l'absolu, ce bruit est
faible puisqu'il correspond à un gradient de température de 0.006 °C dans le capteur de
flux. Néanmoins, par rapport aux amplitudes des flux mesurés pendant la cuisson, ce
bruit reste important. Les flux mesurés seront donc filtrés par la méthode de Savitsky-
Golay [125], qui consiste à remplacer chaque donnée fi par une combinaison linéaire gi
de cette donnée avec un certain nombre des données voisines nL + nR:
nR
gi = ∑c
n = − nL
n fi +n (6-2)
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 115
Les coefficients cn étant dans notre cas calculés pour conserver les moments d'ordre 2.
Le résultat de ce calcul est représenté sur la Figure 6-13. On remarque que le filtrage
induit une légère réduction du maximum par rapport aux données brutes.
151.10
151.08
151.06
Température ( C)
151.02
151.00
150.98
150.94
0 60 120 180
temps (s)
250
200
flux brut
flux filtré
densité de flux (W/m )
2
150
100
50
−50
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
Figure 6-13: Bruit de mesure sur les densités de flux et résultat du filtrage numérique.
La forme simple du moule a été choisie pour obtenir une injection "en ligne" sans effets
tridimensionnels. Il convient donc de vérifier cette hypothèse du point de vue du
remplissage et du point de vue des transferts de chaleur. Pour cette étude, nous
instrumentons la préforme dans la direction y (Figure 6-14) avec trois thermocouples. Le
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 116
premier (TC3) est placé au centre du moule, le second (TC6) environ au tiers de la
largeur et le dernier (TC7) à quelques centimètres du bord de la plaque.
TC7
37 mm
TC6
y 101 mm
153 mm TC3
Les résultats obtenus sont représentés sur la Figure 6-15 pour la phase d'injection. On
remarque que le début de la chute de température est pratiquement simultanée pour les
trois thermocouples, ce qui prouve que la résine arrive au même instant sur ces trois
capteurs. Pendant l'injection, on note que les thermocouples 3 et 6 donnent des résultats
assez proches, le thermocouple 7 ayant un refroidissement très légèrement plus faible.
Ceci pourrait s'expliquer par le fait que la résine à un trajet plus important à faire pour
parvenir aux capteurs les plus excentrés puisque le point d'injection est au centre du
canal d'injection (voire Figure 6-1). Le trajet étant plus long la résine a plus de temps
pour s'échauffer et les chutes de températures enregistrées sont alors moins importantes.
On considérera toutefois légitimement que dans l'axe de la pièce, les transferts de
chaleurs sont négligeables dans la direction perpendiculaire à l'écoulement.
153
152
Température ( C)
151
o
150
TC7
149 TC6
TC3
148
147
150 210 270 330 390
temps (s)
Pendant la phase de cuisson, on remarque sur la Figure 6-16 que ce faible gradient de
température dans la direction y est conservé. Ce gradient reste constant pendant toute
cette phase de polymérisation. Néanmoins, on constate que la réticulation reste
synchrone aux différentes ordonnées y.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 117
155
Température ( C)
153
o
152
151
150
149
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
Figure 6-16: Etude des gradients de température dans la direction y pendant la cuisson.
155
TC0
154
Température ( C)
153
o
152
150
149
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
Figure 6-17: Etude des gradients de température dans la direction x pendant la cuisson.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 118
Plusieurs pièces de 6 mm d'épaisseur ont été réalisées dans des conditions semblables.
Les résultats présentés ici correspondent à l'essai dont les paramètres sont décrits dans
l'annexe 6.2. Nous avons choisi des pièces avec un taux volumique de fibres assez bas
(46.4 %) afin que les vitesses de remplissage ne soient pas trop faibles. En effet, les
phénomènes de convection sont alors difficilement mesurables. Le taux volumique de
fibres mesuré a été obtenu par la relation suivante:
−1
ρf m
Vf = − 1 + 1 (6-3)
ρr mf
Les positions des thermocouples et des capteurs de flux sont repérées par rapport au
début de la préforme en carbone (Figure 6-18). Les premiers capteurs sont très près du
canal d'injection (x1 = 15 mm), les deux suivants sont respectivement situés à x2 = 55
mm et x3 = 105 mm. Le dernier thermocouple est placé au milieu de la pièce, soit x4 =
165 mm. Par convention, on notera positivement les flux de chaleur qui entrent dans le
moule.
A D
φA φD
TC0 TC1 TC2 TC3 TC4
φB φC
B C
x1
x2
x3
x4
Figure 6-18: Notations utilisées pour les thermocouples et les capteurs de flux.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 119
Les températures enregistrées à cœur pendant l'injection sont tracées sur la Figure 6-19.
Le temps d'injection pour cette pièce est de 120 s. On observe bien les différences de
temps de passage de la résine sur chaque thermocouple (front de résine). On note
également que l'amplitude de la chute de température est très forte pour le thermocouple
1 et diminue ensuite très rapidement pour devenir très faible (0.2°C) au thermocouple 4.
Le profil de température au centre de la pièce en fin d'injection montre bien que la
région où les échanges thermiques se produisent est limitée à une zone d'entrée proche
du canal d'injection de l'ordre de 15 cm. Ce profil est représenté sur la Figure 6-20.
Lorsque les sorties de résine sont fermées (t = 320 s), l'écoulement est stoppé et la
température augmente rapidement. On remarque que la pression de compactage qui
permet de renvoyer un peu de résine dans la pièce (chute de température dans le canal à t
= 380 s) a peu d'influence sur les températures à l'intérieur de la pièce, alors qu'elle
provoque un pic sur la température de résine à l'entrée du moule par arrivée de résine
froide.
TC4
145 TC3
TC2
Température ( C)
125
o
TC1
105
85
TC0
65
120 240 360 480 600
temps (s)
160
140
Température ( C)
o
120
100
80
60
0.00 0.05 0.10 0.15 0.20 0.25 0.30
distance (m)
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 120
Sur la Figure 6-21 sont représentées les températures de surface du moule obtenues aux
capteurs de flux. On observe que le refroidissement du moule est plus lent que celui de
la préforme. On n'a donc pas atteint une température stable à la fin de l'injection mais la
variation de température du moule est assez faible (10°C) par rapport à l'écart de
température entre la résine qui pénètre dans la pièce et le moule (80°C). Sur les capteurs
C et D la variation de température est inférieure à 1.5 °C. On notera aussi la très bonne
symétrie entre les deux faces de la pièce.
154
152
TpC
150 TpD
Température ( C)
o
148
TpB
146
TpA
144
142
140
120 240 360 480 600
temps (s)
La symétrie est également bien respectée en ce qui concerne les densités de flux
identifiées qui sont représentées sur la Figure 6-22. On observe sur les capteurs A et B
proches de l'entrée du moule que le passage de la résine provoque un échelon de flux de
chaleur qui atteint 10 000 W/m2. Ce flux a tendance à diminuer par la suite à cause du
refroidissement de la surface du moule et donc de l'écart de température entre la résine
et le moule. Pour les deux autres capteurs, le flux mesuré est beaucoup moins important
(500 W/m2) et le passage de la résine ne crée pas un échelon très prononcé.
1000
φC
−1000 φD
densité de flux (W/m )
2
−3000
−5000
φB
−7000
−9000 φA
−11000
120 240 360 480 600
temps (s)
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 121
Les enregistrements sur les figures 6-19 à 6-22 montrent classiquement l'existence de
trois régimes:
En relevant les temps de passage de la résine sur les thermocouples à cœur, on observe
que la vitesse de remplissage est pratiquement constante pendant toute la phase
d'injection (Figure 6-23). En effet, à cette température la résine est très fluide et comme
le taux volumique de fibres dans la préforme n'est pas très élevé, la résistance à
l'écoulement de la résine est faible. On relève une vitesse moyenne de remplissage de
2.73 mm/s, ce qui correspond à un débit constant de 165 cm3/mn. Compte tenu des
difficultés de mesure de pression, ce débit sera utilisé comme condition d'entrée du
fluide.
0.35
0.30
0.25
distance xf (m)
0.20
0.15
0.10
0.05
0.00
0 20 40 60 80 100 120 140
temps (s)
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 122
pièce. Les figures 6-24 et 6-25 représentent les températures mesurées dans les sections
qui correspondent aux abscisses x1 et x3. On observe que la cuisson commence avant
que la pièce ait repris une température complètement homogène après l'injection. On
constate également que l'écart de température entre la surface du moule et le cœur de la
pièce ne dépasse jamais 1°C.
154
TC1
TpA
153
Température ( C)
o
152
TpB
150
149
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
154
TC3
TpC
153
Température ( C)
o
152
TpD
150
149
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
La Figure 6-26 présente les flux qui ont été filtrés par la méthode de Savitsky-Golay.
Les résultats obtenus sont cohérents avec les températures précédentes puisqu'ils
montrent que les quantités de chaleur dégagées s'étalent sur 1 h 40 mn (6000 s). Les
densités de flux mesurées au sommet du pic (3000 s) ne dépassent pas 200 W/m2, les
quatre capteurs donnant des résultats très semblables. Il faut cependant considérer ces
résultats avec précaution car on est en limite de résolution des capteurs. Les extremums
apportent cependant des renseignements précieux sur le déroulement de la réaction.
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Chapitre 6. Etude expérimentale des transferts thermiques dans un moule d'injection 123
200
φB
150
2
100 φC
φA
50
−50
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
Figure 6-26: Densité de flux qui sort de la pièce pendant la phase de polymérisation.
3.6 Conclusion
Les mesures effectuées ont donc permis d'analyser et de quantifier précisément les
évolutions des températures et les flux de chaleur échangés dans la pièce et entre celle-ci
et le moule. Ces résultats seront utilisés par la suite pour valider le modèle thermique de
remplissage et de réticulation. L'étude des transferts thermiques que nous avons réalisée
correspond à un cas précis et l'influence de certains paramètres comme l'épaisseur de la
pièce, la vitesse de remplissage, le type de renfort n'a pas pu être étudiée en détail. C'est
pourquoi il apparaît important de construire un modèle fiable qui puisse être applicable
à des situations plus variées. Le chapitre suivant sera donc consacré à cette étude.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 124
Chapitre 7
1. Position du problème
La modélisation de l’injection RTM repose sur les équations de conservation:
Ces équations ne peuvent généralement pas être résolues indépendamment les unes des
autres car elles sont fortement couplées. La Figure 7-1 montre les interactions entre ces
différentes équations.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 125
Ecoulement
Dans la littérature [2, 3, 4, 6, 7, 9, 13, 18, 19, 22, 25, 28, 29, 31, 33, 35, 36, 49, 50, 66,
69, 70, 71, 73, 74, 76, 92], tous les modèles utilisés sont fondés sur la loi de Darcy pour
le calcul de l’écoulement. Si le tenseur de perméabilité du renfort a été bien déterminé,
les résultats obtenus avec cette loi simple sont alors satisfaisants [1, 31, 37]. En
revanche, pour les équations d’énergie et de conservation des espèces chimiques, on
constate que les modèles diffèrent sensiblement [1-10, 13, 16, 49, 50, 53-57, 66, 76, 87,
92]. Il est donc nécessaire d’établir de façon rigoureuse les équations de conservation.
La principale source de difficulté de la modélisation réside dans le fait que les équations
doivent être écrites pour un milieu hétérogène comprenant une phase solide assimilée à
un milieu poreux (fibres) et une phase fluide (résine). Les équations de conservation
dans leur forme classique sont valables en tout point du fluide dans le milieu poreux
(échelle microscopique). Toutefois, pour la modélisation, nous devons substituer un
milieu continu à ce milieu hétérogène, dans lequel les calculs seraient trop complexes.
Nous nous intéresserons donc uniquement aux valeurs moyennes des grandeurs qui
apparaissent dans ces équations (échelle macroscopique). Ces valeurs moyennes sont
prises dans un élément de volume représentatif du milieu poreux (Figure 7-2).
Fibre, volume Vf
Résine, volume Vr
&
n fr
Surface interfaciale, Arf
&
nrf
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 126
Afin que le modèle macroscopique soit valable, l’échelle de cet élément de volume doit
être suffisamment grande pour que les grandeurs moyennes soient indépendantes de la
taille de cet élément (condition 1), mais suffisamment petite pour que chaque propriété
conserve un caractère local (condition 2). La Figure 7-3 présente un exemple de milieu
poreux constitué par un renfort à tissage sergé. On peut rappeler qu'il existe deux
échelles de pores: celle des pores situés entre les mèches (macropores) et celle des pores
situés entre les milliers de fibres qui constituent ces mèches (micropores). On conçoit
aisément qu'il peut y avoir des interactions entre ces échelles comme nous le verrons par
la suite.
1 à 5 cm
mèche
Le milieu poreux constitué par les renforts est représenté par certaines grandeurs
moyennes qui caractérisent sa géométrie:
• La surface spécifique arf est définie comme le rapport de l'aire totale des interfaces
résine/fibres Arf au volume V du milieu. Il est possible et plus pratique d'exprimer
cette grandeur en fonction du diamètre des fibres et de la porosité. Si dans le volume
V, nous avons N fibres de longueur L et de diamètre df (Figure 7-4), le volume Vf
occupé par les fibres est:
π d 2f L
Vf = N . (7-2)
4
fibre
longueur L
diamètre df
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 127
La porosité s'écrit:
Vf
∅ = 1−
V
(7-3)
π d 2f L
∅ = 1− N.
4V
ce qui donne:
4V
Nπ L = (1 − ∅) (7-4)
d 2f
Arf = N πd f L
4V (7-5)
Arf = (1 − ∅)
df
la surface spécifique s'écrit alors:
Arf 4(1 − ∅)
a rf ≡ = (7-6)
V df
La modélisation des transferts de chaleur dans les milieux hétérogènes pose le problème
du passage de l'échelle locale où les propriétés physiques varient rapidement, à une
échelle macroscopique où ces propriétés peuvent être homogénéisées. Ramon, Gobbé et
Quintard [55] ont montré que le matériau étudié peut être considéré homogénéisable s'il
est composé au minimum d'une vingtaine de cellules élémentaires. Cette approche peut
se faire par la technique de prise de moyenne sur un élément de volume représentatif du
milieu. Cette technique de calcul se rapproche de celle utilisée en mécanique des fluides
pour le calcul des écoulements turbulents. Ici la prise de moyenne se fait non pas dans le
temps mais dans l’espace.
la déviation spatiale:
Gα′ ≡ Gα − 〈Gα 〉 α (7-8)
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 128
1 &
〈∇Gα 〉 α = ∇〈Gα 〉 α +
Vα ∫ Gα nαβ dA
Aβα
(7-9)
&
où nαβ est le vecteur normal unitaire à la surface Aβα orienté de la phase α vers la phase
β (Figure 7-2).
& &
∫ Gα nαβ dA = ∫ Gα′ nαβ dA (7-12)
Aβα Aβα
L’équation d’énergie dans la région occupée par la résine s’écrit dans sa forme générale
à l'échelle microscopique:
∂ T DP
ρr Cpr r + v. ∇Tr = ∇.( λ r∇Tr ) + S + + µφ dans Vr (7-13)
∂t Dt
avec
DP ∂P
= + v. ∇P
Dt ∂ t
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 129
∂ Tf
ρ f Cp f = ∇.( λ f ∇Tf ) dans Vf (7-14)
∂t
∂ 〈Tr 〉 r ∂ 〈 P〉r
ρr Cpr + 〈v. ∇Tr 〉 = 〈∇.( λ r∇Tr ) 〉 + 〈 S 〉 +
r r r
+ 〈 v. ∇P 〉 r (7-15)
∂t ∂t
∂ 〈 Tf 〉 f
ρ f Cp f = 〈∇.( λf ∇Tf ) 〉 f (7-16)
∂t
En supposant que les hypothèses des équations (7-11) et (7-12) sont vérifiées, le calcul
des différents termes donne:
de même:
〈 v. ∇P 〉 r = 〈v 〉 r . ∇〈 P 〉 r + ∇. 〈v ′P ′〉 r (7-18)
λr &
〈∇.(λr ∇Tr ) 〉 r = ∇. 〈 λr ∇Tr 〉 r +
Vr ∫ ∇T . n
A fr
r rf dA (7-19)
λ & λ &
〈∇.( λ r∇Tr ) 〉 r = ∇. λ r∇〈Tr 〉 r + r ∫ r rf + Vr
′ ∫ ∇T . n
r
T n dA r rf dA (7-21)
Vr A fr A fr
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 130
λf & λ &
〈∇.( λ f ∇Tf ) 〉 f = ∇. λ f ∇〈Tf 〉 f + ∫ f fr + V f ∫ ∇T . n
f
T ′n dA f fr dA (7-22)
Vf A fr A fr
∂ 〈Tr 〉r λr &
Vr A∫fr r rf
ρr Cpr + 〈v 〉 . ∇〈 Tr 〉 = ∇. λ r∇〈Tr 〉 +
r r r
T ′n dA
∂t
λr &
+
Vr Afr∫ ∇Tr . nrf dA + 〈 S 〉 r
(7-23)
∂ 〈 P〉r
+ + 〈v 〉 r . ∇〈 P 〉r
∂t
+ ρr Cpr ∇. 〈v ′Tr′〉 r + ∇. 〈 v ′P ′〉 r
∂ 〈T 〉 r λ &
∅ρr Cpr r + 〈v 〉 r . ∇〈Tr 〉 r = ∇. ∅λr ∇〈Tr 〉 r + r
∂t V ∫ r rf
T ′ n dA
A fr
λr &
+
V ∫ ∇T . n
A fr
r rf dA + ∅〈 S 〉 r
(7-25)
∂ 〈 P〉r
+∅ + ∅〈v 〉 r . ∇〈 P 〉 r
∂t
+ ∅ρr Cpr ∇. 〈v’ Tr′〉 r + ∅∇. 〈 v ′P ′〉 r
∂ 〈Tf 〉 f λf &
(1 − ∅) ρ f Cp f
∂t
= ∇. (1 − ∅) λf ∇〈Tf 〉 f +
V ∫ f fr
T ′n dA
A fr (7-26)
λf &
+
V A ∫ ∇Tf . n fr dA
fr
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 131
Ces résultats montrent que le changement d’échelle qui consiste à substituer aux
équations (7-13) et (7-14) décrivant les transferts de chaleur à l’échelle microscopique
dans chacune des phases, les équations macroscopiques locales (7-25) et (7-26)
décrivant les transferts de chaleur moyen au sein d’un volume élémentaire, fait
apparaître des termes supplémentaires:
λ &
• les termes ∇.
V ∫ T ′n dA
A fr
sont les contributions des fluctuations de
λ &
• les termes
V ∫ ∇T ′.n dA
A fr
traduisent les transferts de chaleur d’une phase à
l’autre.
Ce système d’équation fait intervenir les déviations qui sont autant d’inconnues. Comme
dans le cas de la modélisation des écoulements turbulents il convient alors de fermer le
système en déterminant de nouvelles relations entre grandeurs moyennes et déviations
spatiales. On montre alors [16] que les équations (7-25) et (7-26) peuvent s’écrire:
∂ 〈Tr 〉 r
∅ρr Cpr + urr . ∇〈Tr 〉 r + urf . ∇〈Tf 〉 f = ∇. K rr . ∇〈Tr 〉 r + ∇. K rf . ∇〈Tf 〉 f
∂t
[
+ arf hc 〈Tf 〉 f − 〈Tr 〉 r ] (7-27)
∂ 〈 P〉r
+ ∅〈 S 〉 + ∅
r
∂t
+ ∅〈v 〉 r . ∇〈 P 〉 r
∂ 〈Tf 〉 f
(1− ∅) ρ f Cp f + u fr . ∇〈Tr 〉 r + u ff . ∇〈Tf 〉 f = ∇. K fr . ∇〈Tr 〉 r
∂t
+ ∇. K ff . ∇〈Tf 〉 f (7-28)
[
+ arf hc 〈Tr 〉 r − 〈Tf 〉 f ]
Les coefficients urr, urf, ufr, uff, Krr, Krf, Kfr, Kff, hc sont donnés par la solution du
problème de fermeture. Ils dépendent de la géométrie du VER, des propriétés de chaque
phase, de la vitesse du fluide et de la résistance de contact entre phases. Plusieurs de ces
coefficients sont généralement négligés.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 132
urf = u fr = u ff = 0 (7-30)
∂ 〈T 〉 r
[
∅ρr Cpr r + 〈v 〉r . ∇〈Tr 〉 r = ∇. K rr . ∇〈Tr 〉 r + arf hc 〈Tf 〉 f − 〈Tr 〉r
∂t
]
(7-32)
∂ 〈 P〉r
+ ∅〈 S 〉 + ∅
r
+ ∅〈v 〉r . ∇〈 P 〉 r
∂t
∂ 〈Tf 〉 f
(1− ∅) ρ f Cp f
∂t
[
= ∇. K ff . ∇〈Tf 〉 + arf hc 〈Tr 〉 − 〈Tf 〉
f r f
] (7-33)
Les paramètres Krr, Kff et hc sont inconnus. Ils peuvent être calculés numériquement par
résolution du problème de fermeture sur le volume élémentaire [53, 55, 88], où
déterminés par voie expérimentale [16]. Ce modèle est intéressant mais très
difficilement utilisable, car les températures qui sont utilisées sont des moyennes
spatiales prises sur chaque région (fibres ou résine) indépendamment l'une de l'autre ce
qui est expérimentalement très difficiles à mesurer dans le cas du procédé RTM. Les
paramètres de ce modèle sont donc difficiles à obtenir.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 133
λr − λ f 1
[
= ∇. ∅λ r + (1 − ∅) λ f ∇〈T 〉 +
] V ∫
A fr
T ′n
&
r rf dA
V A fr
&
+ ∫ ( λr ∇Tr − λ f ∇Tf ). nrf dA (7-34)
D〈 P 〉 r
+ ∅〈 S 〉 r + ∅ + ∅〈v 〉 r . ∇〈 P 〉 r + ∅ρr Cpr ∇. 〈v ′Tr′〉 r + ∅∇. 〈v ′P ′〉 r
Dt
Afin de faire disparaître les termes contenant des déviations spatiales, il est nécessaire
de les remplacer par des expressions ne contenant que les grandeurs moyennes. On peut
montrer [87] qu’il existe un vecteur b qui relie la déviation à la température moyenne tel
que:
Dd ≡ ∅ 〈v ′b〉 r (7-38)
O d ≡ ρr Cpr Dd (7-39)
λr − λ f & λr − λ f &
V ∫ T ′n
r rf dA = ∇〈T 〉 r .
V ∫ bn rf dA
A fr A fr (7-40)
= ftor (λ r − λ f ). ∇〈T 〉 r
1 &
où ftor ≡
V ∫ bn
A fr
rf dA est un tenseur qui représente le facteur de tortuosité de la structure
du renfort.
On supposera de plus que les variations locales de pression sont suffisamment faibles
pour que:
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 134
∅∇. 〈v ′P ′〉 r ≈ 0 (7-41)
= ∇.{[∅λ + (1 − ∅) λ ] I + f ( λ − λ ) + O }. ∇〈T 〉
r f tor r f d (7-42)
D〈 P 〉 r
+ ∅〈 S 〉 + ∅r
Dt
où I est le tenseur unité.
[ ]
Oa ≡ ∅λ r + (1 − ∅)λ f I + ftor ( λ r − λ f ) + Od (7-43)
Lorsque le fluide est au repos, on retrouve l'équation de la chaleur de type classique avec
le tenseur de conductivité thermique efficace Oe:
[ ]
O e = ∅λ r + (1 − ∅) λ f I + ftor ( λ r − λ f ) (7-44)
Nous écrirons finalement l'équation d'énergie sous une forme ne faisant apparaître
qu'une seule température:
(7-45)
D〈 P 〉r
+ ∅〈 S 〉 + ∅
r
Dt
Nous étudierons plus précisément dans le paragraphe suivant les modèles qui permettent
de quantifier l'influence du terme de dispersion thermique apparaissant dans cette
équation.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 135
Des études numériques et expérimentales ont été réalisées sur ce sujet. Ainsi, Levec et
Carbonell [16] ont étudié la dispersion thermique d’un milieu poreux constitué de
sphères de quelques millimètres de diamètre. Les mesures ont été effectuées pour des
nombres de Peclet allant de 10 à 103. Le dispositif expérimental est constitué d’une
colonne à section carrée dont les parois sont des plaques épaisses transparentes. Six
thermocouples permettent de relever les températures et des débitmètres servent à
relever les vitesses d'écoulement. Les résultats obtenus montrent que la composante
longitudinale (dans le sens x de l'écoulement) de la conductivité croît plus rapidement
avec le nombre de Peclet que la composante perpendiculaire (direction z). Ils ont pu
comparer leurs résultats avec le modèle proposé par Han [121]:
∅ Pe
1.256
∗
D = 0.357
x
1− ∅
pour 10 < Pe < 10 3 (7-47)
∅ Pe
0.683
Dz∗ = 0.39
1− ∅
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 136
Le phénomène de dispersion thermique a également été étudié par calcul numérique par
Kuwahara [88]. La géométrie étudiée est un réseau bidimensionnel de carrés (Figure 7-
5). La méthode utilisée consiste à résoudre les équations de conservation qui régissent
l’écoulement et les transferts de chaleur. En intégrant les résultats obtenus sur
l’ensemble de la cellule élémentaire, il est possible d’évaluer la dispersion thermique et
la diffusion causée par la tortuosité.
direction de l’écoulement
∇T
Cellule élémentaire
D'autres corrélations sont encore disponibles. Ainsi Kaviany [121] propose pour les
composantes longitudinale et perpendiculaire de la dispersion thermique d’un milieu
fibreux:
Dx∗ = 0.8 Pe
(7-51)
Dz∗ = 01
. Pe
D'autres relations empiriques du même style existent mais la plupart correspondent à des
milieux granulaires et désordonnés.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 137
Les différentes corrélations du paragraphe précédent ont été tracées sur la Figure 7-6.
On remarque que les phénomènes de dispersion sont plus importants dans la direction
de l'écoulement que dans la direction perpendiculaire à celui-ci.
3
10
Kaviany longitudinale
Han
2
10 Kuwahara
dispersion thermique D*
1
10
0
10
perpendiculaire
−1
10
0 1 2 3
10 10 10 10
nombre de Peclet Pe
A partir de ces termes de dispersion, nous avons calculé les conductivités apparentes Oa
du milieu par:
λax = λx + Dx∗ λr
(7-52)
λaz = λz + Dz∗ λ r
Nous avons pris le taux volumique de fibres V f = 0.464 qui correspond aux conditions
expérimentales. Aux chapitres 3 et 4, nous avions mesuré en statique:
λx = 2.60 W / m.K
(7-53)
λz = 0.42 W / m.K
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 138
1000
10
1 10 100 1000
nombre de Peclet Pe
100
conductivité apparente λaz (W/m.K)
Kaviany
Han
10 Kuwahara
1 10 100 1000
nombre de Peclet Pe
Pour calculer le nombre de Peclet de notre écoulement, nous avons besoin de déterminer
l'échelle de longueur et la vitesse de celui-ci. Les figures 7-9 et 7-10 représentent des
coupes micrographiques de la structure du tissu utilisé.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 139
Figure 7-9: Coupe micrographique à l'échelle des Figure 7-10: Coupe micrographique à l'échelle des
mèches sur du tissu G1151. fibres sur du tissu G1151.
On constate qu'il existe deux échelles distinctes que nous allons caractériser. Nous
définissons l'échelle des mèches dm par:
dm ≡ ab (7-54)
où a et b sont les diamètres définis sur la figure suivante:
b
a
a = 195
. mm
b = 0.29 mm (7-55)
dm = 0.75 mm
Le diamètre des fibres df a également été mesuré. On a trouvé en moyenne:
d f = 7.5 µ m (7-56)
Des études [120] ont montré que même si l'écoulement à l'intérieur des mèches
(écoulement microscopique) n'est pas complètement négligeable et qu'il est couplé avec
l'écoulement principal (écoulement macroscopique), ce dernier se situe dans les volumes
situés entre les mèches. C'est pourquoi, nous supposerons que l'échelle de l'écoulement
local l correspond essentiellement à la taille des espaces (pores) entre les mèches. La
dimension de ces espaces se mesure de la même manière que celle des mèches. Il est
toutefois nécessaire d'effectuer une moyenne sur un certain nombre de pores, car leurs
dimensions sont plus variables que celles des mèches. En faisant une moyenne sur 12
pores, on obtient alors
l = 0.7 mm (7-57)
avec un écart type important de 0.2 mm.
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 140
Pe = 49.7 (7-58)
en ayant pris
〈v 〉 r = 2.7310−3 m / s
l = 0.7 mm (7-59)
−8
ar = 3.79 10 m2 / s
On obtient finalement pour les conductivités thermiques apparentes provoquées par la
dispersion:
On constate que les conductivités apparentes ainsi obtenues sont plus de deux fois
supérieures aux conductivités mesurées en absence d'écoulement. Il convient toutefois
de rester prudent sur les valeurs exactes obtenues, car les caractéristiques de notre
milieu (très forte anisotropie des conductivités thermiques et hétérogénéités sur
plusieurs échelles) nécessiteraient des perfectionnements du modèle que nous avons
utilisé (corrélations prenant en compte la structure du renfort).
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 141
Nous allons utiliser la même technique de prise de moyenne que précédemment pour
relier le flux I qui traverse la paroi (interface pièce/moule) avec le gradient de
température normal à celle-ci. La région étudiée est représentée sur la Figure 7-12.
&
n Tr
Tf
Af Ar
If Ir
La surface de la paroi est notée A. Elle est la somme de la surface en contact avec la
résine Ar et de la surface en contact avec les fibres Af. Sur ces surfaces, nous pouvons
définir comme précédemment des flux moyens:
1
Ar A∫r r
〈Ir 〉 r ≡ I dA (7-61)
1
〈I f 〉 f ≡
Af Af
∫I f dA (7-62)
1
〈I f 〉 f =
Af ∫ − λ ∇T dA
Af
f f (7-66)
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 142
λf &
〈I f 〉 f = − λ f ∇〈Tf 〉 f −
Af l fr
∫ T′ n
f fr dl (7-68)
〈I 〉 = ∅〈Ir 〉 r + (1 − ∅) 〈I f 〉 f (7-69)
On suppose que l'hypothèse de l'équilibre thermique local est valide, c'est-à-dire que
〈 Tr 〉 r = 〈T f 〉 f = 〈T 〉 et Tr′ = Tf′ . L'équation précédente devient alors:
λr − λ f
[
〈I 〉 = − ∅λ r + (1 − ∅) λ f ∇〈T 〉 − ] A ∫ T ′n
l fr
r
&
rf dl (7-70)
〈I 〉 = − O e. ∇〈T 〉 (7-71)
On peut aussi écrire:
& &
〈I 〉. n = − O e. ∇〈 T 〉. n (7-72)
A l'entrée, la résine arrive avec une température Ti et pénètre dans la pièce par les
endroits non occupés par les fibres Ar (Figure 7-13). Dans les zones occupées par les
fibres Af, les transferts thermiques sont modélisés à l'aide d'un coefficient d'échange hfi.
Ti hfi Tf
Ti Tr
Af
Ar &
n
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 143
A l'échelle locale, on a:
Tr = Ti sur Ar (7-73)
&
− λ f ∇Tf . n = h fi (Ti − Tf ) sur Af (7-74)
Ces deux dernières équations montrent qu'il ne peut pas ici y avoir d'équilibre thermique
local. On se rapproche de l'équilibre lorsque le coefficient d'échange hfi tend vers l'infini.
Comme l'ont déjà noté Tucker [92] et Arquis [32], il est préférable, au niveau
macroscopique, d'utiliser une condition de troisième espèce pour donner une stylisation
correcte de transferts thermiques dans la zone d'entrée:
&
− O e. ∇〈T 〉. n = hi (Ti − 〈T 〉) (7-77)
Nous reprenons ici le calcul de bilan d'énergie effectué par Tucker [92]. Pour
caractériser les échanges de chaleur au front de résine, nous considérons un élément de
volume initialement à une température moyenne T0 et qui se remplit de résine entre les
temps t et t + dt (Figure 7-14).
dx
〈 vr 〉 r
T0
&
n
Front Front à
àt t + dt
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Chapitre 7. Modélisation des transferts thermiques pendant l'injection 144
avec dV = dA dx
&
dU (t ) = (1 − ∅) ρ f Cp f T0 〈v 〉 r . n dAdt (7-80)
[ ] &
dU (t + dt ) = ∅ρr Cpr + (1 − ∅) ρ f Cp f 〈T 〉 〈v 〉 r . n dAdt (7-81)
5. Conclusion
Nous avons pu constater dans cette étude que la modélisation des transferts thermiques
dans les milieux poreux est délicate. La complexité de l'écoulement entre les fibres du
renfort engendre des perturbations qui modifient les transferts de chaleur à l'échelle
macroscopique. Nous ajouterons que nous n'avons pas considéré le cas où la résine ne
remplit que partiellement l'espace entre les fibres. Cette situation se retrouve toutefois
dans une région située entre le front de matière et une zone complètement saturée de
résine. Dans cette région, les transferts thermiques sont encore plus complexes car la
propagation de la résine n'est pas régulière mais varie suivant les différentes échelles du
milieu poreux. On peut bien imaginer qu'une dispersion thermique à l'échelle de
l'écoulement microscopique s'ajoute à celle à l'échelle de l'écoulement macroscopique.
Les effets de dispersion peuvent alors évoluer au fur et à mesure de l'imprégnation des
fibres à l'intérieur des mèches.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 145
Chapitre 8
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 146
z Front de matière
Tp
∂u ∂w
+ =0 (8-3)
∂x ∂z
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 147
∂u ∂u ∂u ∂P µ ∂ 2u ∂ 2u
ρr + ρr u + ρr w =− − u+µ 2 + 2 (8-4)
∂t ∂x ∂z ∂ x Kx ∂ x ∂ z
∂w ∂w ∂w ∂P µ ∂ 2w ∂ 2w
ρr + ρr u + ρr w =− − w+µ 2 + 2 (8-5)
∂t ∂x ∂z ∂ z Kz ∂ x ∂z
∂ 2u 1 1 ∂P
2 − u= (8-7)
∂z Kx µ ∂x
Cette équation permet d’imposer des conditions limites sur les parois du moule
(adhérence) contrairement à la loi de Darcy qui considère qu'il y a glissement du fluide à
la paroi. On peut donc imposer une condition de vitesse nulle à la paroi afin d’obtenir un
profil de vitesse. Nous pouvons alors résoudre l'équation (8-7) analytiquement (Annexe
8.1) et faire apparaître la vitesse moyenne u0:
2z − H
ch Da −1/2 − ch Da −1/ 2
H
u( z ) = u0 −1/ 2 −1/ 2 (8-8)
ch Da − Da sh Da1/ 2
4 Kx
Da ≡ (8-9)
H2
Les résultats fournis par l'équation (8-8) et ceux obtenus par la résolution du système
d'équations (8-3) à (8-5) sont représentés sur la Figure 8-2. Nous pouvons constater que
la condition de vitesse nulle en paroi est respectée. Notons toutefois, que nous avons
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 148
supposé ici que la viscosité est constante (pas de couplage avec les transferts de
chaleur).
1.0
0.4
0.2
0.0
0.80 0.85 0.90 0.95
épaisseur réduite z*
Figure 8-2: Comparaison des profils obtenus analytiquement et par résolution numérique complète
(Da=1.6 10-4).
xf
Figure 8-3: Position du front de matière dans le moule (échelle 1/3).
Nous appelons xf la position du front par rapport au point d’injection. Cette position
s'écrit en fonction du temps:
x f = u0 t (8-10)
Dans la réalité, le front de matière est en fait déformé par deux phénomènes. D'abord, la
condition de vitesse nulle à la paroi ralentit le front dans une région très proche de la
paroi. Ensuite, au centre de l'écoulement, la température est moins importante donc la
viscosité plus grande. Dans cette région, la progression du front est alors moins rapide.
Finalement, la forme du front de matière prenant en compte ces deux effets est
représentée sur la Figure 8-4. L'extension de cette zone étant faible (~10 mm), elle est
négligée. Lorsque la viscosité est constante, le front de matière est représenté sur la
Figure 8-5.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 149
Zone pariétale
Viscosité forte
Viscosité faible
Figure 8-4: Forme du front de matière calculée à l'aide du code FLUENT (viscosité thermodépendante).
Figure 8-5: Forme du front de matière calculée à l'aide du code FLUENT (viscosité constante)
∂ 〈T 〉 ∂ 2 〈T 〉 ∂ 2 〈T 〉
(1 − ∅) ρ f Cp f = λx + λz (8-12)
∂t ∂ x2 ∂ z2
où les conductivités de cette dernière équation sont les conductivités du tissu sec.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 150
∂ 〈T 〉
− λx = hi (Ti (t ) − 〈T 〉) pour x=0 (8-14)
∂x
∂ 〈T 〉
− λx = (1 − ∅) ρ f Cp f u ( 〈T 〉 − 〈T 〉insat ) pour x = x f (8-16)
∂x
où 〈 T 〉 insat est la température de la préforme au moment du passage du front de matière.
∆T ≡ Ti 0 − Tp 0 (8-21)
où Ti0 est la température d'injection de la résine prise par convention en fin d'injection et
Tp0 est la température de paroi à t = 0, qui est aussi la température initiale T0.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 151
Enfin, nous définissons deux paramètres sans dimension liés respectivement à l'inertie
relative des fibres et de la résine et aux effets d'anisotropie. Ces paramètres s'écrivent:
∅ ρr Cpr
f ≡ (8-22)
(1 − ∅) ρ f Cp f
2
λax λaz 2 λax
g≡ 2 = (8-23)
(∅ ρr Cpr u0 H ) PeD λaz
t
t∗ ≡ (8-26)
tc
u
u∗ ≡ (8-27)
u0
〈 T 〉 − Tp 0
T∗ ≡ (8-28)
∆T
xf
x ∗f ≡ (8-29)
lc
t = (1 + f −1 )t ∗
u0 tc ∗
x ∗f = (8-31)
lc
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 152
∂ T∗ ∗ ∂ T∗ ∂ 2T ∗ ∂ 2T ∗
+u = g ∗2 + ∗2 (8-32)
∂ t∗ ∂ x∗ ∂x ∂z
Dans la préforme sèche, on obtient:
1 ∂ T∗ λ x ∂ 2 T ∗ λz ∂ 2 T ∗
= g + (8-33)
1+ f ∂ t∗ λax ∂ x ∗2 λaz ∂ z∗2
∂T∗
− = Nui (Ti ∗ − T ∗ ) pour x ∗ = 0 (8-35)
∂ x∗
hi lc
où Nui = est le nombre de Nusselt à l'injection.
λx
L
T∗ = 0 pour x∗ = (8-36)
lc
la condition au front de matière devient:
∂ T ∗ (1 − ∅) ρ f Cp f u0 lc ∗ ∗ ∗
− = u (T − Tinsat ) pour x ∗ = x ∗f (8-37)
∂ x∗ λx
et la condition initiale:
T∗ = 0 pour t∗ = 0 (8-38)
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 153
L'étude expérimentale n'a pas visé à obtenir le profil de température dans l'épaisseur de
la pièce. Cette forme du champ de température est néanmoins nécessaire pour le calcul
de la température de mélange qui intervient dans la détermination du nombre de Nusselt
caractérisant les échanges thermiques dans l'écoulement. Pour relier la température au
centre de la pièce à la température de mélange, nous allons résoudre l'équation d'énergie
en régime permanent en effectuant quelques simplifications. Nous supposerons d'abord
que les transferts par conduction sont négligeables dans la direction x ( g << 1). Nous
verrons plus tard que cette hypothèse est justifiée. Nous ferons ensuite l'hypothèse que le
nombre de Nusselt à l'entrée Nui tend vers l'infini et que les températures de paroi Tp et
d'injection Ti sont constantes. Enfin, nous supposerons que le profil de vitesse est plat
( u ∗ = 1), c'est-à-dire que l'écoulement est un écoulement de type Darcy. Avec ces
hypothèses, le problème précédent s'écrit:
∂ T ∗ ∂ 2T ∗
= (8-39)
∂ x ∗ ∂ z ∗2
les conditions aux limites deviennent:
T∗ = 0 pour z∗ = 0 et z∗ = 1 (8-40)
Ti ∗ = 1 pour x∗ = 0 (8-41)
Notons qu'en régime permanent, nous n'avons qu'une région saturée en résine. Celle-ci
est supposée infiniment grande dans la direction x. C'est pourquoi, la condition (8-36)
disparaît. La forme très simple (disparition des constantes) de l'équation (8-39) justifie
les choix des variables adimensionnelles.
∞
4 1
∑ 2 k + 1 sin((2 k+1)π z ) e [− ( 2 k +1) π ] x ∗
2
T ∗ ( x ∗ , z∗ ) = ∗
(8-42)
π k =0
Les profils de température sont représentés en fonction de l'épaisseur sur la Figure 8-6:
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 154
1.0
x*=0.001
x*=0.04
0.8 x*=0.007
Température T*
0.6
x*=0.1
0.4
0.2
x*=0.3
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
épaisseur réduite z*
Figure 8-6: Profils de température dans l'épaisseur de la pièce en régime permanent (cas simplifié).
On observe sur les figures 8-6 et 8-7 que les effets thermiques de la paroi pénètrent
graduellement dans l'écoulement à travers une couche limite thermique. L'épaisseur δT
de cette couche limite croît dans la direction de l'écoulement jusqu'à ce que les couches
limites supérieure et inférieure se rejoignent. La distance xT à laquelle la couche limite
n'est plus identifiable sépare l'écoulement en deux régions distinctes: la région
thermique d'entrée pour x < x T , à l'intérieure de laquelle le profil de température se
développe (varie en fonction de x). Puis, pour x > xT , la région thermiquement
développée où la forme du profil de température est préservée à un coefficient
d'amplitude maximum près.
Tp
Ti
δT
x < xT x > xT
Région thermique Région thermiquement
d'entrée développée
Ti Tm
Tp
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 155
1
De l'équation (8-42), on peut tirer la température Tc au centre de l'écoulement ( z ∗ = ):
2
4 ∞
∑ ( −1) k e − [ ( 2 k +1)π ] x
2 ∗
Tc∗ ( x ∗ ) = (8-43)
π k =0
où en variables adimensionnelles:
1
T ( x ) ≡ ∫ u∗ T ∗ dz ∗
m
∗ ∗
(8-45)
0
ce qui donne
∞
8 1
∑ − [ ( 2 k +1) π ] x∗
2
Tm∗ ( x ∗ ) = 2 e (8-46)
π2 k =0 (2 k + 1)
1.0
0.8
Température réduite T*
0.637
0.6
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8
abscisse réduite x*
Figure 8-8: Température au centre de la pièce et température de mélange en régime permanent (cas
simplifié).
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 156
φ p ( x)
h( x ) = (8-48)
Tp ( x ) − Tm ( x )
hDh
NuD ≡ (8-49)
λz
∑e −4 k ( k +1) π 2 x∗
NuD = π 2 ∞
k =0
(8-51)
1
∑ (2 k + 1) 2 e−4 k ( k +1)π x
2 ∗
k =0
La Figure 8-9 confirme que l'écoulement est séparé en deux régions distinctes. Dans la
région d'entrée, le nombre de Nusselt est fonction de x et dans la région où les profils de
températures sont semblables, le nombre de Nusselt reste constant.
100
Nombre de Nusselt NuD
10 9.87
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Figure 8-9: Nombre de Nusselt pour un écoulement de Darcy avec température de paroi constante.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 157
Graphiquement, à partir des figures 8-6, 8-8, 8-9, on obtient également pour la longueur
d'entrée:
xT∗ ≈ 0.04 (8-53)
paramètres géométriques
H 6.2 10-3 m
L 0.331 m
Tableau 8-1: Paramètres géométriques de l'étude expérimentale.
paramètres matériaux
∅ 0.536
Kx 2.2 10-10 m2
µr (à 150°C) 0.022 Pa.s
ρr 1117 kg/m3
ρf 1770 kg/m3
Cpr (à 150°C) 2360 J/kg.K
Cpf (à 150°C) 1160 J/kg.K
λx 2.6 W/m.K
λz 0.42 W/m.K
λax 6.56 W/m.K
λaz 0.915 W/m.K
Tableau 8-2: Propriétés des matériaux utilisés.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 158
conditions d’injection
u0 2.73 10-3 m/s
Ti0 68.6 °C
T0, Tp0 151.5 °C
Tableau 8-3: Conditions d'injection de l'étude expérimentale.
grandeurs caractéristiques
lc 0.162 m
tc 99.4 s
∆T -82.9 °C
f 1.48
g 0.01
xT 0.0065 m
ReD 1.7
PeD 52
Da 2.3 10-5
Tableau 8-4: Grandeurs caractéristiques de l'étude expérimentale.
Nous avons donc pour les abscisses réduites correspondant à la position des capteurs:
∗ x1
x1 ≡ l = 0.093
c
(8-54)
x
x ∗ ≡ 3 = 0.648
3 lc
On remarque que nous sommes ici dans les conditions d'application de l'équation (8-47)
car nos deux capteurs sont bien situés dans la région thermiquement développée. Nous
utiliserons donc cette relation et nous l'utiliserons même pendant le régime transitoire.
Le sens physique des nombres de Nusselt calculés dans cette période étant discutable.
Tous les éléments sont maintenant réunis pour déterminer les nombres de Nusselt
expérimentaux à l'aide de l'expression (8-50). Notons que la conductivité qui apparaît
dans cette expression ne fait pas intervenir la dispersion thermique (cf. les conditions
aux limites dans le chapitre précédent). Les résultats obtenus pour les coefficients
d'échange et les nombres de Nusselt sont tracés sur les figures 8-10 et 8-11. Les résultats
sont donnés à partir de l'instant où la résine atteint le capteur. Les résultats provenant
des capteurs C et D doivent être considérés avec précaution, car les flux mesurés étaient
très faibles. On observe cependant une bonne concordance entre les ordres de grandeur
des nombres de Nusselt obtenus par calcul analytique (Figure 8-9) et ceux issus de
l'étude expérimentale (les valeurs sont bien autour de 10), et cela malgré le nombre
important d'hypothèses que nous avons faites.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 159
600
2
400
300
200
hD hC
100
0
0 20 40 60 80 100 120 140
temps (s)
20
NuA
NuB
Nombre de Nusselt NuD
15
10
5
NuD NuC
0
0 20 40 60 80 100 120 140
temps (s)
On constate donc que cette approche bien que simplifiée permet d'appréhender la nature
des phénomènes physiques en terme de nombres adimensionnels caractéristiques et
qu'elle donne un bon ordre de grandeur des échanges de chaleur. Nous allons maintenant
l'affiner par une méthode numérique plus précise.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 160
Une simulation numérique précise visant à simuler un cas réel, nécessite d'utiliser les
températures de paroi issues des mesures comme conditions aux limites. Seulement, ces
températures ne sont connues dans l'état actuel de l'instrumentation que pour les deux
abscisses x1 et x3 des capteurs de flux. Les calculs analytiques montrent que nous devons
nous attendre à une distribution spatiale de la température de forme exponentielle. Pour
vérification, la température de paroi est également calculée à partir de simulations du
couplage moule/pièce sur FLUENT. La Figure 8-12 montre le champ de température
calculé dans la pièce et dans le moule.
Figure 8-12: Champ de température dans la pièce et dans le moule (calcul FLUENT).
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 161
0.20
Température réduite T*
calcul FLUENT
T = A exp (−B x)
points de calage
0.10
0.00
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
abscisse réduite x*
Nous partirons donc des températures mesurées Tp1(t) et Tp3(t) pour reconstruire une
évolution continue de la température de paroi de la forme:
∗
) x∗
Tp∗ ( x∗ , t ∗ ) = A(t ∗ ) e − B ( t (8-55)
On obtient alors des profils qui varient dans le temps en partant d'une température
constante jusqu'au profil atteint en fin d'injection (Figure 8-14). On peut noter que le
choix d'une température constante dans l'étude analytique n'est pas très éloigné de la
réalité, car même si dans la zone d'entrée, on observe une variation, on a toujours:
Tp∗ ( x ∗ , t ∗ ) < 0.2 ∀ ( x∗ , t ∗ ) (8-56)
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 162
0.20
Température réduite T*
temperatures interpolees
temperatures experimentales
0.10
temps croissant
0.00
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
abscisse réduite x*
Figure 8-14: Profils de température de paroi interpolés à partir des résultats expérimentaux.
Nous avons utilisé une température imposée pour la résolution analytique, mais comme
nous l'avons vu dans l'étude théorique cette hypothèse n'est pas justifiée. C'est pourquoi,
nous emploierons une condition de troisième espèce (équation (8-35)). La température
de résine Ti(t) que nous prendrons, correspond à la température Tc0 mesurée dans le
canal d'injection. En ce qui concerne le nombre de Nusselt Nui, nous n'avons aucune
information susceptible d'en donner une estimation correcte. Pour cette raison, nous
avons choisi de tester plusieurs valeurs de ce paramètre afin de le recaler.
1.00
Température réduite T*
0.80
0.60
0.40
0.20
0.00
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2
temps réduit t*
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 163
Nous allons résoudre le problème sans dimension par une méthode de différences finies
avec directions alternées (ADI). Chaque pas de temps est divisé en deux sous pas de
temps. Nous effectuons d'abord une résolution numérique implicite dans la direction x et
explicite dans la direction z. Puis au demi-pas de temps suivant, la discrétisation devient
explicite dans la direction x et implicite dans la direction z. Ainsi l'équation de la chaleur
adimensionnée devient au premier demi-pas de temps en utilisant des dérivées discrètes
centrées:
Ti ,nj+1/2 − Ti ,nj
dt +
u
2dxi +1 dxi
[ ]
dxi Ti +n1+,1j/ 2 + (dxi +1 − dxi ) Ti ,nj+1/ 2 − dxi +1 Ti −n1+,1j/2 =
2
2g
dxi +1 dxi (dxi +1 + dxi )
[
dxi Ti +n1+,1j/2 − (dxi +1 + dxi ) Ti ,nj+1/2 + dxi +1 Ti −n1+,1j/2 ] (8-57)
+
2
[dz T n − (dz j +1 + dz j ) Ti ,nj + dz j +1 Ti ,nj −1
dz j +1 dz j (dz j +1 + dz j ) j i , j +1
]
où dxi et dzj sont définis par:
dxi ≡ xi − xi −1
(8-58)
dz j ≡ z j − z j −1
Pour plus de clarté, les symboles * des variables sans dimension sont omis.
Cx0 Ti −n1+,1j/ 2 + Cx1 Ti ,nj+1/2 + Cx2 Ti +n1+,1j/2 = Cx3 Ti ,nj −1 + Cx4 Ti ,nj + Cx5 Ti ,nj +1 (8-59)
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 164
−u 2g
Cx0 ≡ 2dx − dx (dx + dx )
i i i +1 i
2 u ( dxi +1 − dx ) 2g
Cx1 ≡ + i
+
dt 2dxi +1 dxi dxi +1 dxi
u 2g
Cx2 ≡ 2dx − dx (dx + dx )
i +1 i +1 i +1 i
2 (8-60)
Cx3 ≡
dz j (dz j +1 + dz j )
Cx ≡ 2 − 2
4
dt dz j +1 dz j
Cx ≡ 2
5
dz j +1 (dz j +1 + dz j )
Ti ,nj+1 − Ti ,nj+1/2
dt +
u
2dxi +1 dxi
[ ]
dxi Ti +n1+,1j/ 2 + (dxi +1 − dxi ) Ti ,nj+1/ 2 − dxi +1 Ti −n1+,1j/ 2 =
2
2g
[
dx T n+1/2 − (dxi +1 + dxi ) Ti ,nj+1/2 + dxi +1 Ti −n1+,1j/2
dxi +1 dxi (dxi +1 + dxi ) i i +1, j
] (8-61)
+
2
dz j +1 dz j (dz j +1 + dz j )
[
dz j Ti ,nj++11 − (dz j +1 + dz j ) Ti ,nj+1 + dz j +1 Ti ,nj+−11]
avec
−2
Cy ≡
0
dz j (dz j +1 + dz j )
2 2
Cy1 ≡ dt + dz dz
j +1 j
−2
Cy2 ≡
dz j +1 (dz j +1 + dz j )
(8-62)
u 2g
Cy3 ≡ 2dxi + dxi (dxi +1 + dxi )
2 u (dxi +1 − dxi ) 2g
Cy 4 ≡ − −
dt 2dxi +1 dxi dxi +1 dxi
−u 2g
Cy ≡ +
5
2dxi +1 dxi +1 (dxi +1 + dxi )
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 165
Ti ,n1 = Tp ( xi , t n )
n (8-63)
Ti , N j = Tp ( xi , t )
n
1 1
+ 1 T1n, j+1/2 − T2n, +j 1/2 = Ti (t n+1/2 ) (8-64)
2 i
dx Nu dx2 Nui
TNni+,1j/2 = 0 (8-65)
−1 1
+ 1 Ti ,nj+1/2 + Ti +n1+,1j/ 2 = Ti +1, j (t n ) (8-66)
dxi +1 F u j dxi +1 F u j
(1 − ∅) ρ f Cp f u0 lc
avec F ≡
λx
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 166
160
140
Température ( C)
o
maillage 301 x 201
120 maillage 201 x 151
maillage 81 x 31
100
80
0 50 100
temps (s)
Les solutions finissent par converger vers des résultats identiques à partir de maillages
201 x 151 (courbes confondues sur la Figure 8-16) et en utilisant un raffinement à
l'entrée et sur les parois à l'aide de polynôme de degrés 4 et 3:
4
i −1 L
xi = ⋅ pour 1 ≤ i ≤ Ni (8-67)
N i − 1 lc
1 j −1
3
N j +1
z j = pour 1≤ j ≤
2 ( N j + 1) / 2 − 1 2
(8-68)
N j +1
z j = 1 − z N j − j +1 pour ≤ j ≤ Nj
2
Le maillage obtenu à l'aide de ces polynômes est représenté sur la Figure 8-17
1.0
0.8
epaisseur reduite z*
0.6
0.4
0.2
0.0
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0
abscisse reduite x*
Figure 8-17: Maillage cartésien retenu pour la résolution numérique (Ni=201, Nj=151).
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 167
Alors que les résultats sont très sensibles au maillage, on constate en revanche, que le
pas de temps peut être choisi assez grand sans qu'on observe des perturbations
significatives si on reste dans une zone assez proche de l'injection. Toutefois, lorsqu'on
s'éloigne de la zone d'entrée, les valeurs des températures et des flux deviennent très
faibles et la moindre imprécision provoquée par un pas de temps trop grand se ressent
alors sur le calcul du nombre de Nusselt (Figure 8-18). Pour cette raison, il est
également souhaitable de travailler en double précision.
Nombre de Nusselt NuD
10
dt* = 0.001
dt* = 0.01
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Pour valider complètement la résolution numérique des équations, nous comparons les
résultats obtenus avec les résultats analytiques en prenant évidemment les mêmes
paramètres. Nous constatons sur la Figure 8-19 que les profils de température au centre
de la pièce et en régime permanent coïncident à 0.5 % près.
1.0
0.8
Température réduite T*
résultat analytique
résultat numérique
0.6
0.4
0.2
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8
abscisse réduite x*
Figure 8-19: Comparaison des profils de température au centre de la pièce obtenus par calcul analytique
et par résolution numérique.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 168
Comme nous l'avons déjà dit, les conditions à l'injection sont caractérisées par un
nombre de Nusselt Nui que nous avons fait varier afin de l'ajuster et d'étudier son
influence. On observe sur la Figure 8-20 que la diminution de ce nombre a tendance à
réduire les échanges thermiques dans la zone d'entrée. Plus précisément, c'est le profil
de température à l'entrée qui est modifié: dans le cas d'un nombre de Nusselt très grand,
la température d'entrée est constante et donc les flux de chaleur près de la paroi sont très
importants. Dans le cas d'un nombre de Nusselt plus faible, il n'y a pas d'échelon brutal
de température près des parois (Figure 8-23), les échanges thermiques sont donc moins
forts. Notons aussi, que même si les nombres de Nusselt deviennent identiques lorsque
la distance augmente, l'influence des modifications du régime d'entrée se répercute sur le
champ de température assez loin à l'intérieur de la pièce comme on peut le constater sur
la Figure 8-21. En faisant varier ce nombre de Nusselt et en calculant un critère d'écart
entre les températures calculées et les températures mesurées, on a identifié ce
paramètre. Les résultats obtenus sur la Figure 8-22 montre qu'on atteint un minimum
pour un nombre de Nusselt de 15. C'est pourquoi cette valeur a été retenue pour
l'ensemble des simulations.
Nombre de Nusselt NuD
10
Nui = 1000
Nui = 15
Nui = 5
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Figure 8-20: Influence des conditions d'entrée sur les transferts thermiques moule/pièce.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 169
150
Température ( C)
130
o
résultats expérimentaux
110
Nui = 1000
Nui = 15
Nui = 5
90
zone d’entree
70
0.00 0.05 0.10 0.15 0.20 0.25 0.30
abscisse (m)
Figure 8-21: Influence des conditions d'entrée sur le profil de température au centre de la pièce.
30000
Critere d’ecart mesures/calculs
20000
10000
0
0 10 20 30 40
Nombre de Nusselt Nui
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 170
Figure 8-23: Champ de température calculé dans la pièce (l'épaisseur de la pièce a été dilatée et la
moitié droite n'a pas été représentée)
Sur la Figure 8-24, nous avons comparé le nombre de Nusselt obtenu par cette
simulation avec celui obtenu par le calcul analytique. Nous observons une forte
diminution du nombre de Nusselt dans la zone d'entrée. Ce qui montre que les échanges
thermiques dans la zone d'entrée sont beaucoup moins importants que ceux que nous
avons calculés analytiquement. Cette zone d'entrée est finalement peu marquée et les
profils de température sont très vite semblables comme le confirme également la Figure
8-23. La légère augmentation du nombre de Nusselt dans la région développée est
provoquée par les variations de la température de paroi comme nous le verrons plus
loin.
100
résultat analytique
Nombre de Nusselt NuD
résultat numerique
10 9.87
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Figure 8-24: Nombre de Nusselt - comparaison entre le calcul analytique simplifié et la simulation
numérique.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 171
1.5
Poiseuille
−1
Da=2.3 10
−3
Da=2.3 10
vitesse réduite u*
1.0 −5
Da=2.3 10
0.5
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
épaisseur réduite z*
Figure 8-25: Influence du nombre de Darcy sur le profil de vitesse dans l'épaisseur de la pièce.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 172
−5
Da=2.3 10 −3
et Da=0 Da=2.3 10 Da=2.3 10
−1
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Figure 8-26: Influence du nombre de Darcy sur les transferts thermiques moule/pièce caractérisés par le
nombre de Nusselt.
Nous avons comparé les résultats obtenus pour une température de paroi qui varie dans
le temps et dans l'espace suivant les résultats expérimentaux, avec ceux obtenus avec
une température de paroi constante. La Figure 8-27 montre qu'en terme de nombre de
Nusselt, les écarts entre ces deux cas sont de l'ordre de 8 %. Par contre, les températures
à cœur et les flux de chaleur dépendent évidemment des conditions sur les parois du
moule.
Nombre de Nusselt NuD
10
Tp* = f (x*,t*)
Tp* = 0
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Figure 8-27: Influence des variations de la température de paroi sur les transferts thermiques
moule/pièce caractérisés par le nombre de Nusselt
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 173
10
g=0
g = 0.01
g = 0.1
1
0.001 0.01 0.1 1
abscisse réduite x*
Figure 8-28: Influence de la conductivité thermique plane sur les transferts thermiques moule/pièce.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 174
160
140
Température ( C)
o
120
Figure 8-29: Influence de la dispersion thermique perpendiculaire sur le profil de température final au
centre de la pièce.
Pour la détermination des nombres de Nusselt expérimentaux, nous avons supposé que
le rapport entre la température au centre de l'écoulement et la température de mélange
est constante. Nous observons sur la Figure 8-30 qu'en régime transitoire, il y a un
intervalle de temps où ce rapport varie. En outre, à cause de la variation spatiale de la
température de paroi, on tend vers des valeurs un peu supérieures à celle obtenue à partir
du calcul analytique (0.637).
1.0
Tm*/Tc* en x3*
0.8
Rapport Tm*/ Tc*
0.4
0.2
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
temps réduit t*
Figure 8-30: Influence du régime transitoire sur le rapport entre la température de mélange et la
température au centre de l'écoulement.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 175
Nous avons tout d'abord comparé les réponses données par les thermocouples placés au
centre de la pièce avec celles obtenues par la simulation. Les résultats de la Figure 8-31
montrent un très bon accord entre les températures mesurées et calculées.
160
TC4
150
TC3
Température ( C)
140
o
TC2
130
simulation numérique
résultats expérimentaux
120
TC1
110
100
0 20 40 60 80 100 120
temps (s)
Figure 8-31: Comparaison des résultats numériques et expérimentaux pour les températures au centre de
la pièce.
Nous avons calculé l'évolution temporelle des densités de flux et des nombres de
Nusselt NuD aux emplacements des capteurs (Figure 8-32 et Figure 8-33). Nous avons
superposé les résultats expérimentaux aux résultats numériques. Une moyenne pour les
capteurs A et B ainsi que pour les capteurs C et D a été réalisée au préalable. On
remarque que les simulations donnent des résultats satisfaisants à 10 % près. Toutefois,
pour le premier capteur, les évolutions temporelles numériques et expérimentales des
nombres de Nusselt ont des pentes différentes qui se retrouvent sur les températures.
Néanmoins, dans une première approche, nous considérerons ces résultats comme
satisfaisants car comme nous allons l'évoquer dans le paragraphe suivant, la relative
simplicité du modèle ne saurait rendre compte des échelles multiples dont l'influence sur
l'écoulement [120] a certainement des conséquences sur les flux de chaleur.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 176
2000
2
−2000
−6000
φAB
−8000
−10000
0 20 40 60 80 100 120
temps (s)
Figure 8-32: Evolution des densités de flux à l'interface pièce/moule aux emplacements des capteurs -
comparaison entre les résultats expérimentaux et les résultats numériques.
20
simulation numérique
Nombre de Nusselt NuD
10
Nu1 NuCD
5 Nu3
0
0 20 40 60 80 100 120
temps (s)
Figure 8-33: Evolution des nombres de Nusselt NuD aux emplacements des capteurs - comparaison entre
les résultats expérimentaux et les résultats numériques.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 177
5.1 Modélisation
Nous supposons ici que les phases d'injection et de cuisson sont découplées car le taux
de réticulation en fin de remplissage est de l'ordre de 0.01. Ainsi, nous commençons la
simulation de la cuisson dès la fin du remplissage. Nous ferons l'hypothèse que les flux
de chaleur sont essentiellement dirigés selon l'épaisseur de la pièce. Cela nous permet
alors d'effectuer une simulation unidirectionnelle (Figure 8-34).
z
Tp,sup
H
Tc pièce 〈T 〉 α
0
Tp,inf
∂ 〈T 〉 ∂ 2 〈T 〉 ∂α
ρ Cp = λz 2 + ρ ∆H X r (8-69)
∂t ∂z ∂t
où Xr est le taux massique de résine.
∂α
= F ( 〈T 〉) ⋅ G (α ) (8-70)
∂t
où les fonctions F et G sont définies dans le chapitre 3.
Pour les conditions aux limites, nous prenons directement les températures de paroi
mesurées expérimentalement sur les deux faces de la pièce:
L'état initial n'est pas tout à fait isotherme, car les températures à cœur sont plus faibles
que sur les parois. Pour simplifier, nous prendrons une température initiale intermédiaire
entre ces deux températures:
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 178
Tp + Tc
〈T 〉 = pour t=0 (8-72)
2
153
Température ( C)
o
152
151
TC1 calculée
TC1 expérimentale
température du moule
150
149
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
Figure 8-35:Comparaison des températures calculées et mesurées au centre de la pièce pendant le cycle
de cuisson (section 1).
154
153
Température ( C)
o
152
151
TC3 calculée
TC3 expérimentale
150 température du moule
149
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
Figure 8-36:Comparaison des températures calculées et mesurées au centre de la pièce pendant le cycle
de cuisson (section 3).
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 179
Sur la Figure 8-37, nous avons représenté l'évolution de l'avancement de la réaction dans
les deux sections au milieu ainsi qu'au quart de la pièce. Nous observons tout d'abord
une excellente homogénéité de la cuisson dans l'épaisseur et dans la longueur puisque
toutes les courbes sont confondues. Nous avons également tracé la vitesse de réaction en
fonction du temps (Figure 8-38). La fin de la réaction se situe à 6000 s et confirme
exactement la durée de la cuisson obtenue à partir des densités de flux mesurées. Il en
est de même pour le maximum de vitesse de réaction vers 3000 s. Les capteurs de flux
confirment ainsi leur capacité à détecter ces événements importants pour la conduite du
procédé
1.0
0.8
avancement α
0.6
0.4
0.2
0.0
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
4e−04
2e−04
0e+00
0 2000 4000 6000 8000
temps (s)
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 180
De tous ces résultats, il ressort que le régime permanent est très bien estimé par les
simulations, que ce soit pour les températures à l'intérieur de la pièce, les densités de
flux de chaleur et le nombre de Nusselt caractérisant les transferts par convection dans
le moule. Néanmoins, même si nous avons vérifié la plupart de nos hypothèses, il reste
des approximations et c'est pourquoi les résultats obtenus pendant la phase transitoire ne
correspondent pas parfaitement à ce qu'on observe expérimentalement.
Un couplage des équations qui régissent les transferts thermiques et l'écoulement par
l'intermédiaire de la viscosité permettrait d'affiner les résultats en améliorant la forme du
front de matière et le profil de vitesse. L'utilisation des codes industriels tels que
FLUENT et LCMFLOT permettent en théorie de réaliser un tel couplage sous réserve
d'affinage des modèles et de la résolution des problèmes numériques. Nous sommes
également limité par les connaissances actuelles sur les profils de vitesse réels à
l'intérieur des pièces et sur l'existence d'une zone partiellement saturée juste derrière le
front de résine. Cette zone qui a des propriétés intermédiaires entre la zone saturée et la
zone insaturée n'est actuellement pas prise en compte dans les modèles.
Un autre point important concerne l'hypothèse d'équilibre thermique local. Une étude
numérique que nous avons réalisée à l'aide d'un modèle à deux températures montre
qu'il y a en réalité toujours un écart de température entre la résine et la fibre. Cette
différence de température est proportionnelle au flux de chaleur entre ces deux phases;
or ces flux peuvent être très importants à l'entrée et au front de matière. Ainsi,
localement, le modèle d'équilibre thermique peut éventuellement être mis en défaut. Il
n'est malheureusement pas possible de quantifier précisément l'importance de ces effets,
car les paramètres qui interviennent dans le modèle à deux températures sont dans notre
cas impossibles à déterminer expérimentalement. En effet, il n'est pas réalisable par une
méthode directe de mesurer les températures moyennes de la résine et des fibres en
raison des dimensions importantes des thermocouples par rapport à l'échelle des fibres
(Figure 8-39). La température mesurée est en fait, une température locale représentative
du champ de température "autour du thermocouple" sans possibilité de discerner les
deux phases. Une instrumentation en micro thermocouples à l'intérieur des mèches est à
envisager.
Les paramètres les plus importants sont finalement le nombre de Nusselt à l'entrée et le
nombre de Peclet. Le nombre de Peclet dépend des propriétés des matériaux, de la
vitesse d'injection et de l'épaisseur du moule. En revanche, nous ne savons pas quels
sont les paramètres qui agissent sur le nombre de Nusselt à l'entrée Nui. Des études plus
poussées méritent d'être réalisées sur ce sujet.
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Chapitre 8. Simulations des transferts thermiques pendant l’injection et la cuisson 181
Figure 8-39:Coupe micrographique d'une pièce instrumentée où apparaissent les fils des thermocouples.
Nous avons pu vérifier de plus que les résultats obtenus par la simulation de la cuisson
sont corrects sur l'amplitude et la durée de la réaction. Ce constat n'est pas surprenant
puisque le modèle et le programme de résolution ont déjà été validés dans des études
antérieures [110]. Ces calculs valident de plus, la loi cinétique que nous avions
déterminée auparavant. Comme pour le modèle de simulation de l'injection, ces travaux
devront servir de base à la construction d'un module de simulation des phénomènes de
cuisson pour le logiciel LCMFLOT qui en est actuellement dépourvu.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 182
Chapitre 9
Optimisation du remplissage
pour le pilotage des machines
d’injection
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 183
cours de l’injection afin d’obtenir un remplissage du moule plus régulier que dans les
cas classiques (pression ou débit constants).
Le calcul est basé sur le principe de conservation du débit: le débit d’entrée dans le
moule est égal au débit au front de résine.
1 &
u≡
SS∫ 〈v 〉 r . n d S (9-2)
On obtient alors une relation simple reliant le débit et la vitesse moyenne du front:
Q = u.S (9-3)
La Figure 9-1 présente la méthode proposée pour obtenir la courbe de débit recherchée.
On choisit une vitesse d'imprégnation qui permet de calculer le débit optimisé pourvu
que la surface du front soit connue. Celle-ci est obtenue de manière itérative grâce à la
simulation du remplissage avec un logiciel adapté (RTMFLOT lorsque cette étude a été
faite). Un bouclage est nécessaire si la simulation prend en compte des phénomènes non
linéaires, comme par exemple les phénomènes thermiques. Pour un volume de résine
injecté donné, le front de résine ne sera alors pas toujours identique à cause des
variations locales de la viscosité. Dans le cas d'un remplissage isotherme où seule la loi
de Darcy est utilisée, la forme du remplissage n'est pas fonction de la pression ou du
débit d'injection (ceci n'est plus vrai quand il y a plusieurs points d'injection dont les
débits varient indépendamment).
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 184
Simulation
RTMFLOT
Calcul du débit
optimisé
Q = u.S
itérations
(prise en compte des
phénomènes non linéaires)
Loi de pilotage de
la machine
à injecter
La loi de pilotage obtenue doit ensuite être intégrée à la machine à injecter. Un schéma
simplifié de la boucle de régulation classique à mettre en place est présenté sur la Figure
9-2.
position du
VERIN vérin
vitesse de volume de
déplacement résine injectée
courbe de débit en
consigne fonction du volume
AUTOMATE de débit de résine injectée
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 185
2.1 Introduction
Le programme source est écrit en langage C (description en annexe 9.1). Le code est
réalisé pour effectuer les tâches suivantes:
S5
S6 S1
S4
Figure 9-3: Elément en forme de prisme.
Les données fournies par RTMFLOT en ce qui concerne le remplissage sont les temps
de début et de fin de remplissage de chaque élément. Pour un élément ei, on a :
0 si t ≤ t d,i
t - t d,i
fi = si t d,i < t < t f,i (9-4)
t f,i - t d,i
1 si t ≥ t f,i
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 186
∑ f ele
f k′ =
j=1 k, j
(9-5)
N e,k
Pour chaque prisme, on obtient alors des taux de remplissage pour les six sommets:
f2
f3
f5
f6 f1
f4
f1 = f 4
f2 = f5 (9-6)
f = f
3 6
Dans cette configuration, on se ramène à une interpolation linéaire dans un triangle. Par
exemple si f1>0.5 et f2, f3<0.5:
S3 (x3, y3, z3)
J (xJ, yJ, zJ)
f1 − 0.5
yI = y1+(y2 − y1 ) (9-7)
f1 − f 2
f1 − 0.5
zI = z1+(z2 − z1 )
f1 − f 2
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 187
f 1 − 0.5
x J = x1+(x3 − x1 ) f − f
1 3
f1 − 0.5
y J = y1+(y3 − y1 ) (9-8)
f1 − f 3
f 1 − 0.5
z J = z1 + (z3 − z1 )
f1 − f 3
Les autres configurations possibles sont traitées de la même façon par permutation des
indices. Lorsqu’on ne peut pas se ramener à un calcul bidimensionnel, on décompose le
prisme en trois tétraèdres:
S2
S3
S5
S6 S1
S4
Figure 9-6: Décomposition du prisme en trois tétraèdres.
Pour chaque tétraèdre, on détermine les faces coupées par le front et pour chaque face
on calcule les deux points d’intersections avec les arêtes de la même manière que dans
le cas bidimensionnel. La Figure 9-7 présente un exemple d’interpolation du front
obtenue.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 188
3. Résultats et validations
La validation du logiciel comprend deux étapes. Il est dans un premier temps nécessaire
de valider les résultats obtenus sur des cas simples isothermes dont on peut obtenir une
solution analytique. Cette étape sert à valider la programmation et la qualité des
interpolations numériques utilisées. La seconde étape qui sera réalisée dans des études
ultérieures consistera à valider l’ensemble logiciel / critères d’optimisation sur des
pièces réelles. Nous présentons d'abord deux cas bidimensionnels: une injection centrale
et une injection en ligne. Nous montrerons ensuite un exemple tridimensionnel
(isotherme).
3.1 Adimensionalisation
Afin de rester dans un cadre général, il est préférable de définir des variables
adimensionnelles :
V
V∗ = volume de résine (9-9)
Vi
u
t∗ = t temps (9-10)
Li
Li
S∗ = S surface du front (9-11)
Vi
L
Q∗ = i Q débit (9-12)
uVi
avec
Vi volume de résine à injecter dans la pièce.
Li longueur d’injection (distance parcourue par la résine pendant
l’injection).
On a également :
dV *
Q∗ = (9-13)
dt *
*
t
dV *
t =∫∗
* (9-14)
0 Q
d’où
1dV *
∫ * =1 (9-15)
0 Q
1
L’adimensionalisation consiste donc à ramener l’intégrale sur le volume de à
Q*
l’unité.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 189
Il s’agit de remplir une plaque carrée de côté 2R à partir d’un point d’injection placé en
son centre (Figure 9-8).
Epaisseur :e
Porosité :Ø
R
On note r le rayon de la zone injectée. Celle-ci est circulaire tant que la résine n’a pas
atteint les parois du moule. On peut ainsi facilement effectuer un calcul analytique du
débit optimisé.
On a :
Vi = 4 ∅ e R
2
(9-16)
Li = 2 R
S = 2 π ∅ er (9-17)
π 2 r
S* = (9-18)
2 R
Pour le volume :
V = π ∅ e r2 (9-19)
π r2
V* = (9-20)
4 R2
r
En éliminant dans les équations (9-18) et (9-20), on obtient :
R
S * = 2πV * (9-21)
d’où
Q* = 2πV * (9-22)
On constate donc dans ce cas que la meilleure injection consiste à imposer un débit
variable qui sert à compenser exactement l'augmentation du rayon de la zone saturée.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 190
L’alimentation en résine s’effectue le long d’un canal qui s'étend sur toute la largeur de
la pièce à réaliser. Le remplissage se fait donc de manière unidirectionnelle (Figure 9-9).
r Epaisseur :e
l Porosité :Ø
Vi = ∅ e R l
(9-23)
Li = R
Dans le cas d'une injection en ligne, on trouve logiquement qu'il faut imposer un débit
constant.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 191
3.4 Résultats
La Figure 9-10 présente les débits obtenus à l’aide du programme (en utilisant les
résultats des simulations avec RTMFLOT) et ceux qui correspondent aux résultats
analytiques. On constate un très bon accord entre les résultats numériques et les résultats
analytiques. La Figure 9-11 montre que l'erreur commise est très faible (<1% lorsqu'il
n'y a pas de discontinuité) pour les maillages suffisamment fins.
2.5
injection centrale
2.0
1.5
débit Q*
injection en ligne
1.0
0.0
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
volume injecté V*
Figure 9-10: Validation du programme par comparaison avec les résultats analytiques.
30
20
Erreur relative (%)
10
−10
0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
volume injecté V*
Figure 9-11: Erreur relative par rapport au résultat analytique pour deux maillages (injection centrale).
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 192
Les figures 9-12 et 9-13 montrent les remplissages obtenus dans le cas d’une injection
centrale. Les fronts successifs sont espacés par des intervalles de temps égaux. La Figure
9-12 représente une injection à débit constant et la Figure 9-13 représente une injection
à débit optimisé. On constate que le remplissage est plus régulier et donc que la vitesse
d’imprégnation des fibres est bien contrôlée. On évite l'imprégnation trop rapide au
début et à la fin du remplissage ainsi que le ralentissement du remplissage pendant la
première partie de l'injection. On a cependant toujours des instants où les vitesses ne
sont pas identiques en chaque point du front de matière. Nous reprendrons ce point dans
la conclusion de ce chapitre.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 193
Nous présentons ici un cas tridimensionnel afin de vérifier le programme sur un cas plus
complexe. A l'aide du logiciel RTMFLOT, nous avons simulé le remplissage d'une pièce
en T à partir d'un coin de la pièce. La Figure 9-14 montre différents instants du
remplissage de cette pièce.
Les résultats de la simulation nous ont permis de calculer la courbe de débit optimale.
Celle-ci est représentée sur la Figure 9-15. On remarque que le débit est très variable et
qu'il y a quatre instants où il y a un changement de pente. Ces instants correspondent
aux quatre niveaux de remplissage de la Figure 9-14. Les changements de pente se
produisent lorsque le front de matière atteint une nouvelle paroi (diminution de la pente)
ou bien lorsqu'il pénètre dans une nouvelle zone à remplir (augmentation de la pente).
Cette courbe de débit constitue la consigne de la machine d'injection et n'est pas du tout
intuitive.
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 194
3e−06
2e−06
débit (m /s)
4
3 3
1e−06
0e+00
0 20 40 60 80
temps (s)
4. Conclusion
raccord de pli
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 195
Pour diminuer les risques de porosité, il peut s’avérer utile d’introduire la vitesse locale
maximale umax tolérée. La boucle de calcul comprend alors à chaque pas de temps une
vérification sur la vitesse locale Umax maximum obtenue avec RTMFLOT. La boucle de
calcul utilisée est alors celle de la Figure 9-17
Simulation
RTMFLOT
respect de la
vitesse locale maxi
U max umax
<
U u
itérations
(prise en compte des
phénomènes non linéaires)
Loi de pilotage de
la machine
à injecter
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Chapitre 9. Optimisation du remplissage pour le pilotage des machines d’injection 196
consignes:
u vitesse moyenne d’imprégnation choisie (consigne)
umax vitesse locale maximale à ne pas dépasser (consigne)
simulation RTMFLOT:
U vitesse moyenne d’imprégnation calculée
Umax vitesse locale maximale
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Conclusion générale 197
Conclusion générale
Les différentes étapes de notre étude nous ont permis dans un premier temps de
présenter le procédé RTM et l'intérêt de la modélisation. Nous avons également montré
comment les travaux effectués dans cette étude complètent certaines études précédentes.
Après avoir, dans le septième chapitre, présenté une modélisation par la technique de
prise de moyenne, des transferts thermiques qui apparaissent dans les milieux poreux,
nous avons établi un modèle simplifié pour lequel une solution analytique existe , ainsi
qu'un modèle plus complexe que nous avons résolu numériquement et comparé aux
résultats expérimentaux (chapitre 8). Nous avons pu constater que le régime permanent
est très bien estimé par le modèle aussi bien pour les températures à l'intérieur de la
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Conclusion générale 198
pièce, les densités de flux de chaleur ou les nombres de Nusselt caractéristiques des
transferts par convection dans le moule. Nous avons obtenu un résultat très important en
montrant que la dispersion thermique ne peut être négligée. Elle conduit à une
augmentation notable (doublement dans notre cas) de la conductivité apparente sous
écoulement. Un modèle la décrivant a pu être validé. De plus, la condition à l'entrée de
la pièce doit prendre en compte la particularité du milieu poreux. Une condition de
température imposée n'est pas valide et doit être remplacée par une condition de
troisième espèce dont des travaux ultérieurs devraient préciser les caractéristiques.
Pendant le régime transitoire, dans la zone proche du front, des différences apparaissent
qui sont dues à certaines approximations (viscosité constante, pas de zone de transition
entre la région saturée et la région insaturée, hypothèse d'équilibre thermique local...).
Nous pouvons finalement penser que les modèles thermiques peuvent être affinés, mais
ceci n'est possible qu'en améliorant également les modèles de remplissage. Cette
amélioration passe notamment par la prise en compte des deux échelles de la structure
géométrique des renforts fibreux. Ces deux échelles sont en effet à l'origine de la
complexité de l'écoulement et de la difficulté à modéliser certains paramètres comme la
perméabilité, la conductivité thermique ou la dispersion thermique. Des études futures
devront également être poursuivies afin de valider un modèle de transport des espèces
chimiques afin de coupler la réticulation de la résine avec l'écoulement et les transferts
de chaleur.
Finalement dans le dernier chapitre, nous avons réalisé une première étape vers le
pilotage des machines d'injection en programmant un débit d'injection variable afin
d'obtenir un remplissage plus régulier en terme de vitesse d'imprégnation des fibres. Le
programme qui se fonde sur des résultats de simulation, a pu être validé sur des cas
simples. Des connaissances supplémentaires sur les paramètres critiques du procédé
permettront par la suite d'enrichir les critères d'optimisation, l'objectif final étant le
pilotage et le contrôle du procédé.
En conclusion, nous pouvons insister sur le fait que les logiciels de simulation du
procédé RTM doivent être fondés sur des modèles fiables et validés. De plus, ils doivent
permettre la simulation de pièces très complexes, car c'est essentiellement sur ce type de
pièce que la simulation et l'optimisation permettent de réaliser des gains importants. De
très nombreux travaux restent donc encore à effectuer sur ce sujet, et, comme nous
l'avons fait dans cette étude, il est nécessaire d'utiliser en parallèle tous les moyens
scientifiques disponibles (études expérimentales, modélisations physiques, simulations
analytiques et numériques).
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Annexes 199
Identification: essai1
Date: 14/01/99
Fluide : DOP
Température: 21,3 °C
Viscosité à 0°C: 0,1374 Pa.s
Coefficient de dépendance à la température: -0,003291 Pa.s/°C
Viscosité: 0,067 Pa.s
Outillage:
Perméabilité:
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Annexes 200
Mesures:
5,00
4,50
4,00
3,50
3,00
P (bars)
mesurée
2,50
interpolée
2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
0 50 100 150 200 250 300
débit (cm3/mn)
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Annexes 201
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Annexes 202
La figure 4-21 indique les interfaces entre les différents matériaux qui sont traités de
façon spécifique.
j v3
v1 h2 h4 E2
Nj
v2 v6
Nj3 v4
Nj2 h5
Nhy2 h’7 h3
v’7 v’8
Nhy1 h’6 v5
Nj1 v9 E4
E3 v8 h1
h6
Nj0
1
E1
Nhx1 Ni2 Ni4 Ni
i
1 Ni0 Ni1 Nhx2Ni3Ni5 Ni6 Ni7
1. Zone courante
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Annexes 203
Ti +n1,+1/j 2 Ti,nj+1/ 2
n + 1/ 2 −
Ti, j − Ti, j
n
(xi +1 − xi )(xi +1 − xi −1 ) (xi +1 − xi )(xi − xi −1 )
= 2a x
∆t Ti −n1,+1/j 2
+
2 (xi − xi −1 )(xi +1 − xi −1 )
(4-4)
Ti,nj +1 Ti,nj
−
(y j +1 − y j )(y j +1 − y j −1 ) (y j +1 − y j )(y j − y j −1 )
+ 2a y
+ Ti,nj −1
(y j − y j −1 )(y j +1 − y j −1 )
et pour le deuxième demi pas de temps:
Ti +n1,+1/j 2 Ti,nj+1/ 2
−
Ti,nj+1 − Ti,n+1/
j
2
(xi +1 − xi )(xi +1 − xi −1 ) (xi +1 − xi )(xi − xi −1 )
= 2a x
∆t Ti −n1,+1/j 2
+
2 (xi − xi −1 )(xi +1 − xi −1 )
(4-5)
Ti,n+1
j +1 Ti,n+1
j
−
(y j +1 − y j )(y j +1 − y j −1 ) (y j +1 − y j )(y j − y j −1 )
+ 2a y
+ Ti,n+1
j −1
(y j − y j −1 )(y j +1 − y j −1 )
On obtient finalement
+1 +1
- Cy 3 Ti,nj-1 + (1+ Cy 2 )Ti,n+1
j − Cy1Ti,nj+1 = Cx 3 Ti-1,
n+1/ 2
j + (1 − Cx 2 )Ti,n+1/
j
2
+ Cx1Ti+1,
n+1/ 2
j (4-8)
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Annexes 204
Pour les noeuds situés sur un interface, nous ne partons pas de l'équation de la chaleur
classique, mais nous effectuons un bilan d'énergie sur un volume contenant le noeud en
question. Cette méthode suppose que les transferts sont perpendiculaires à l'interface et
qu'il n'y a pas de discontinuité de température entre les deux matériaux. Cette dernière
hypothèse est justifiée quand un des deux matériaux en contact est suffisamment isolant
[117]. C'est le cas des interfaces v1, v3, v4, v5, v6, v8, v9, h1, h3, h5 et h6. La figure 4-22
représente un volume de contrôle dans le cas d'un interface vertical:
∆ x1 ∆ x2
Milieu 2
Milieu 1
Qi-1 Qi+1
l
Ti-1 Ti Ti+1
interface
∂T
Qi −1 = − dt . l. λ1
∂ x 1
(4-9)
∂T
Q = dt . l . λ
i +1 2
∂ x2
Qi −1 + Qi +1 ∆ x1 ∆x ∂T
= ρ1Cp1 + 2 ρ2 Cp2 l i (4-10)
dt 2 2 ∂t
∂T ∂T ∆x ∆x ∂T
− λ1 + λ2 = λ1 1 + λ2 2 i (4-11)
∂ x 1 ∂ x 2 2a1 2a2 ∂ t
On pose:
−1
∆x ∆x
Γ ≡ λ1 1 + λ2 2 (4-12)
2a1 2 a2
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Annexes 205
Pour les zones de contact entre le matériau composite et la pièce en cuivre (v2, h2 et h4),
il est indispensable de tenir compte d'une résistance thermique car les deux matériaux
sont bons conducteurs de la chaleur. De plus le contact des fibres sur le cuivre est très
mauvais. Nous supposons une continuité des densités de flux ϕ, mais une discontinuité
entre les températures extrapolées à droite et à gauche de l'interface (Figure 4-23). Cette
discontinuité est supposée proportionnelle à la densité de flux. Le coefficient de
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Annexes 206
Rt
interface
Ti1 − Ti 2 = Rt ϕ
∂T ∂T (4-21)
ϕ = − λ = − λ
1
∂ x 1 2
∂ x 2
Ti1 = Ti 2 + Rt ϕ
Ti1 − Ti −1 T −T (4-22)
ϕ = − λ1 ∆x = − λ 2 i +1 i 2
1 ∆x2
Pour ne pas alourdir les calculs et garder le même nombre de noeuds, on décide de
substituer la première équation dans la seconde. La température Ti calculée à l'interface
sera donc la température Ti2. L'équation obtenue est finalement:
− d 1 Ti −1 + ( d 1 + f 1 d 2 ) Ti + f 1 Ti + 1 = 0 (4-23)
avec
λ1
d1 ≡
x i − x i −1
λ2
d2 ≡ (4-24)
x i +1 − x i
f 1 ≡ 1 + Rt d 1
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Annexes 207
Comme dans le cas présenté ici la température au noeud i (Ti) est en fait la température
Ti2, il est nécessaire de corriger l'équation au noeud i-1 pour prendre en compte cette
modification. Cette opération s'effectue en introduisant l'équation (4-22) dans les
équations (4-7) et (4-8).On obtient alors des équations corrigées qui s'écrivent:
+1 +1
- Cy 3 Ti,nj-1 + (1+ Cy 2 )Ti,n+1
j − Cy1 Ti,nj+1 = Cx 3 Ti-1,
n+1/ 2
j
(4-28)
+ (1 − Cx 2 + Cx 1 Ex1 Ex 2 )Ti,n+1/
j
2
+ Cx1 Ex 2 Ti+1,
n+1/ 2
j
avec
Rt λ
Ex1 ≡
x i +1 − x i (4-29)
Ex 2 ≡ (1 + Ex1 )
−1
+1 +1
- Cy3 Ti,nj-1 + (1+ Cy2 - Cy1 Ey1 Ey2 )Ti,n+1
j − Cy1 Ey2Ti,nj+1 = Cx3Ti n+1/
-1, j
2
(4-31)
+ (1 − Cx2 )Ti,n+1/
j
2
+ Cx1Ti+1,
n+1/ 2
j
avec
Rt λ
Ey1 ≡
y j +1 − y j (4-32)
Ey 2 ≡ (1 + Ey1 )
−1
Les différentes conditions aux limites sont représentées sur la Figure 4-10 et les
notations des frontières extérieures sur la Figure 4-21.
• sur E1:
T = Tp (4-33)
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Annexes 208
Ti n, j+1/ 2 = Tp
(4-34)
Ti n, j+1 = Tp
• sur E2:
∂T
φ = −λ =0 (4-35)
∂y
Ti ,nj+1/ 2 = Ti ,nj −1
(4-36)
− Ti ,nj+−11 + Ti ,nj+1 = 0
• sur E3:
∂T
λ = h1 (T − Ta ) (4-37)
∂x
en discrétisant pour les deux demis pas de temps:
avec
h2
Dx Ni ≡ (x − x ) (4-42)
λ i i −1
∂T
−λ = hh (T − Th ) (4-43)
∂n
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Annexes 209
sur v'8:
(1 + Dx Nhx 2 )Ti ,nj+1/ 2 − Ti +n 1+,1j/ 2 = Dx Nhx 2 Th
(4-45)
(1 + Dx Nhx 2 )Ti ,nj+1 = Dx Nhx 2 Th + Ti n++1,1j/ 2
sur h'6:
(1 + Dy Nhy1 )Ti ,nj+1/ 2 = Dy Nhy1Th + Ti ,nj −1
(4-46)
− Ti ,nj+−11 + (1 + Dy Nhy1 )Ti ,nj+1 = Dy Nhy1Th
sur h'7:
(1 + Dy Nhy 2 )Ti ,nj+1/ 2 = Dy Nhy 2Th + Ti ,nj +1
(4-47)
(1 + Dy Nhy 2 )Ti ,nj+1 − Ti ,nj++11 = Dy Nhy 2Th
avec
hh hh
Dx Nhx1 ≡ (x − x ) Dx Nhx 2 ≡ (x − x )
λ i i −1 λ i +1 i (4-48)
h h
Dy Nhy1 ≡ h ( y j − y j −1 ) Dy Nhy 2 ≡ h ( y j +1 − y j )
λ λ
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Annexes 210
¸ declaration.h
¸ conduc.c
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Annexes 211
¸ paramètres de calcul:
• nombre maxi d'itérations
• temps de préchauffage (sert au calcul du champ de température initial)
• temps maxi de simulation (limité à 500 s)
• pas de temps
• période d'enregistrement en nombre de pas de temps (le pas de temps
d'enregistrement doit être égal à celui du fichier qui contient les résultats
expérimentaux)
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Annexes 212
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Annexes 213
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Annexes 214
Spécifications Pièce
MATIÈRE
GÉOMÉTRIE
Préparation
DRAPAGE DU TISSU
nombre de plis: 8
séquence de drapage: [0°/45°]4
PRÉFORMAGE DU TISSU
PRÉPARATION DU MOULE
ÉTANCHÉITÉ DU MOULE
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Annexes 215
DÉGAZAGE DE LA PRÉFORME
PRÉPARATION DE LA RÉSINE
Instrumentation
ACQUISITION
THERMOCOUPLES
nombre de thermocouples: 8
emplacement des thermocouples: voir plan
température de la boîte froide (°C): 16.8
CAPTEURS DE FLUX
CAPTEURS DE PRESSION
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Annexes 216
Injection
MATERIEL D’INJECTION
CONFIGURATION D’INJECTION
PARAMÈTRES D'INJECTION
REMPLISSAGE
POLYMÉRISATION
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Annexes 217
Contrôles et Observations
CONTRÔLE
OBSERVATIONS
REMARQUES
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Annexes 218
L’objectif est de déterminer le profil de vitesse u(y) régi par l’équation différentielle
suivante:
1
u ′′ − u = C (8-49)
K
K , C étant des constantes.
u(0) = 0
(8-50)
u′(e) = 0
y
e
u(y)
u
0
Afin de pouvoir utiliser les transformées de Laplace, il est nécessaire de calculer u ′(0) .
e 1 e e
0 ∫ u′′dy −
K ∫0
udy = ∫0Cdy (8-51)
1 e
u′(e) − u′(o) − ∫ udy = eC (8-52)
K 0
1 e
En introduisant la vitesse moyenne u0 = ∫ udy et comme u ′(e) = 0 , on peut écrire:
e 0
e
u ′(0) = − eC − u0 (8-53)
K
u C
p 2 u − pu(0) − u ′(0) − = (8-54)
K p
avec
u ( p) ≡ L[u( y)] (8-55)
Ce qui donne:
C u ′( 0 )
u= + (8-56)
p p 2 −
1 1
p2 −
K K
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Annexes 219
−y
y
−2 + e K + e K
C
y
u( y) = + u ′(0) K sh (8-57)
2 K
K
y −e y
u( y) = − KC 1 − ch + u0 − eC K sh (8-58)
K K K
e −e e =0
u ′(e) = C K sh + u0 − eC ch (8-59)
K K K
K e
u0 = − KC 1 − th
K
(8-60)
e
Cette dernière équation va nous permettre d’écrire l’équation (8-58) sous deux formes
différentes:
e − y
ch K
u( y) = − KC 1 − (8-61)
e
ch
K
e e − y
ch − ch
K K
u( y ) = u 0 (8-62)
e K e
ch − sh
K e K
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Annexes 220
Declar.h
Déclaration des variables
globales.
Procédure de lecture et
d’écriture de fichiers.
Surf.h Visu.h
Calcul de la surface du front Affichage des contours, des
de résine. éléments, des taux de
Calcul du débit optimisé. remplissage, du front et de la
Calcul du champ de vitesse. vitesse d’imprégnation.
Dialog.x
Interface de dialogue avec
l’utilisateur :gestion des
menus, rotations 3D de
l’image.
¸ declar.h
• déclaration des types de variable.
• déclaration des variables globales.
• lecture de la géométrie:
→ lecture des coordonnées des nœuds sommets.
→ lecture des nœuds constituant les prismes.
→ lecture des contours d’injection.
→ lecture des contours de la géométrie.
• lecture du fichier résultat de simulation:
→ lecture des pas de temps.
→ lecture des temps de début et de fin de remplissage.
→ lecture des coordonnées des nœuds milieux des faces des prismes.
• écriture dans un fichier du débit optimisé en fonction du débit injecté.
• écriture dans un fichier du débit optimisé en fonction du temps.
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Annexes 221
¸ surf.h
• création d’une table contenant pour chaque sommet la liste des prismes
auxquels il appartient.
• tri des éléments par ordre de fin de remplissage.
• calcul du débit pour chaque élément.
• calcul du volume de résine injecté.
• calcul du débit instantané
• calcul des taux de remplissage pour les éléments (temps donné).
• calcul des taux de remplissage pour les sommets (temps donné).
• calcul de la position du front.
• calcul de la section du front.
• calcul du débit optimisé.
¸ visu.h
• affichage des contours de la géométrie.
• affichage des éléments.
• affichage du remplissage.
• affichage du front de résine.
¸ dialog.x
• déclaration des variables globales.
• calcul des matrices de rotation.
• programme principal:
→ déclaration des variables locales.
→ initialisation de l’application.
→ création de la fenêtre principale.
→ création de la barre de menu.
→ création des menus déroulants:
- menu fichier.
- menu affichage.
- menu temps.
- menu calcul.
- menu aide.
• commandes associées au menu fichier.
• commandes associées au menu affichage.
• commandes associées au menu temps.
• commandes associées au menu calcul.
• commandes associées au menu aide.
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