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Évolution humaine et hominisation

Le document traite de l'évolution humaine, en commençant par l'origine des Primates en Afrique il y a 60 millions d'années et en détaillant les différentes espèces, notamment Australopithèques, Homo habilis, Homo erectus et Homo sapiens. Il met en lumière les caractéristiques morphologiques, culturelles et linguistiques qui ont émergé au cours de cette évolution, ainsi que les données chromosomiques et moléculaires qui montrent la parenté entre l'Homme et les chimpanzés. L'hominisation est présentée comme un processus complexe impliquant la bipédie, le développement du cerveau et l'acquisition du langage articulé.

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Le document traite de l'évolution humaine, en commençant par l'origine des Primates en Afrique il y a 60 millions d'années et en détaillant les différentes espèces, notamment Australopithèques, Homo habilis, Homo erectus et Homo sapiens. Il met en lumière les caractéristiques morphologiques, culturelles et linguistiques qui ont émergé au cours de cette évolution, ainsi que les données chromosomiques et moléculaires qui montrent la parenté entre l'Homme et les chimpanzés. L'hominisation est présentée comme un processus complexe impliquant la bipédie, le développement du cerveau et l'acquisition du langage articulé.

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langage articulé. Son industrie lithique s’enrichit d’objets variés :


Chap 18 : L’évolution humaine bifaces parfaitement taillés et retouchés, perçoirs, burins, lances,
… outils caractérisant l’industrie acheuléenne. Il maîtrise le feu,
construit des campements, fabrique des vêtements. Homo erectus
Introduction est le premier grand voyageur de l’histoire de l’humanité. Très
L’Homme est un Vertébré de la classe des Mammifères vite, il quitte le berceau africain. Les premières vagues
et de l’ordre des Primates, taxon proche des Insectivores, qui migratoires atteignent l’Asie (-1,7 Ma) et donnent naissance à des
trouve son origine en Afrique, il y a 60 millions d’années environ. Hommes robustes (crânes et os des membres très épais) trouvés
L’ordre des Primates regroupe des animaux, généralement en chine (Homme de Pékin). Une deuxième vague migratoire
arboricoles, à pouce opposable aux autres doigts de la main et colonise le Moyen Orient et l’Europe. Le plus ancien fossile
aux yeux situés dans le même plan. De nombreuses espèces de européen, une mandibule, date de -1,5 Ma. Il est associé aux
Primates ont des relations intra-spécifiques riches et complexes à bifaces.
l’origine d’une vie sociale importante. On distingue 3 - La naissance de l’Homme moderne
essentiellement deux groupes : les Prosimiens, représentés
surtout par les lémuriens très diversifiés il y a 50 millions A partir de -120 000 ans, en Europe, puis sur le reste du
d’années, subsistent actuellement à Madagascar ; les globe, on rencontre des fossiles humains présentant les
Anthropoïdes regroupent les singes et les Hominidés (bipèdes caractéristiques de l’homme moderne : Homo sapiens (homme
permanents). sage) est présent et remplace Homo erectus.
Cependant on retrouve deux types de fossiles :
I - Etude des fossiles de la lignée humaine - Homo sapiens sapiens, ayant une capacité crânienne de 1400
La lignée humaine est l’ensemble des fossiles cm3 et une morphologie identique à la nôtre.
conduisant de l’ancêtre commun aux chimpanzés et à l’Homme à - Homo sapiens neandertalensis différent de Homo sapiens
l’Homme moderne. sapiens par :
Leur capacité crânienne (1600 cm3)
1 - L’aube de l’humanité La forme de leur crâne (présence d’un bourrelet sus-
Les plus anciens fossiles connus (-6 à -1 millions orbitaire, front fuyant, occipital en chignon)
d’années) qui se rattachent aux Hominidés sont les Le développement de leur cerveau (lobes frontaux moins
Australopithèques découverts en bordure du Rift Est-Africain. développés)
De ce fait, cette région de l’Afrique est considérée actuellement La configuration de leur larynx qui ne semble pas les
comme le berceau de l’humanité. autoriser à émettre certains sons
La découverte du squelette de Lucy (Australopithecus Les dents plus petites qui suggèrent un régime carnivore.
afarensis) daté d’environ -3 millions d’années prouve que les Homo sapiens sapiens coexiste au Proche Orient entre -
Australopithèques avaient acquis la station verticale et la 80 000 et -40 000 ans environ, avec l’Homme de Néanderthal qui
marche bipède, première étape de l’hominisation. En effet, constitue le seul Hominidé rencontré en Europe jusqu’à 35 000
l’angle que forme le fémur avec une ligne horizontale passant au ans, époque à laquelle il disparaît. Il est alors remplacé, sur
niveau du genou est une condition capitale de la locomotion l’ensemble du globe, par Homo sapiens sapiens. Une découverte
bipède. Le squelette de Lucy présentait déjà ce caractère. La récente en Espagne montre que les Hominidés, datant de 300 000
découverte des pierres et des os intentionnellement brisés, parfois ans au moins, qui ne sont plus des Homo erectus et ne sont encore
retouchés dans les sites où les Australopithèques ont été ni des Homo sapiens sapiens, ni des Homo sapiens
découverts laisse penser qu’Australopithecus ait confectionné neandertalensis, précèdent Homo sapiens.
quelques outils rudimentaires. Avec Homo sapiens, les outils deviennent
Cependant par la face très prognathe (projetée vers progressivement plus variés, plus spécialisés ; il travaille l’os, le
l’avant) et la faible capacité de leur crâne (400 cm3) ainsi que bois, commence à enterrer les morts, à confectionner les bijoux,
leur denture (forte mâchoire et grosses molaires suggérant un …
régime herbivore), les Australopithèques présentent de nombreux Homo sapiens sapiens développera par la suite tous ces
caractères de singes anthropomorphes (c'est-à-dire des singes à aspects de son activité à un rythme qui semble aller en
l’allure humaine comme le gorille, l’orang-outang et le s’accroissant. Ils sont les principaux acteurs de l’évolution
chimpanzé). C’est ce qui fait qualifier les Australopithèques de « technologique.
singes débouts ». II - Critères de l’hominisation
2 - L’émergence du genre Homo L’hominisation correspond à l’évolution des Hominidés
Entre -2,5 et -1,6 Ma (millions d’années) en Afrique de se caractérisant par l’acquisition progressive des caractères
l’Est, un autre Hominidé coexiste avec les Australopithèques : il morphologiques, des caractéristiques culturelles et du langage
s’agit de l’Homme habile (Homo habilis). Il diffère des articulé.
Australopithèques par une taille légèrement plus grande, la face Les différents critères de l’hominisation sont : la
moins prognathique, une dentition suggérant un régime omnivore, bipédie, le développement du cerveau, l’acquisition du
une posture plus droite et capacité crânienne nettement supérieure langage articulé, des techniques et de la culture.
(650 à 800 cm3). Leur pharynx montre la possibilité des prémices 1 - La bipédie
d’un langage articulé. La nouveauté essentielle est l’utilisation
systématique des outils en pierres d’où le nom d’Homo habilis. C’est la première étape de l’hominisation. Elle est
Ces outils sont des galets de roches dures taillés de façon acquise par les Australopithèques. L’adaptation à la marche
rudimentaire de manière à obtenir un tranchant (choppers à une bipède entraîne chez l’Homme des modifications anatomiques :
face), puis deux tranchants (choppers à deux faces). Ils servent à - Quatre courbures de la colonne vertébrale chez les Hominiens
dépecer des proies. Une telle industrie définit la culture et non plus une comme chez les Simiens
Oldowayenne. - Elargissement et raccourcissement des os du bassin (os
Vers -1,8 Ma apparaît Homo erectus (homme dressé). iliaque surtout) qui assurent une surface d’attache efficace aux
Son squelette lui permet de marcher totalement redressé : la muscles qui interviennent dans le maintien de la station debout
station debout est définitivement acquise. Son cerveau est plus - Allongement des membres inférieurs, pied servant de plate-
développé (800 à 1200 cm3), son pharynx lui permet d’émettre un forme, gros orteil non opposable
« Il n’y a qu’une seule chose qui rend un rêve impossible à réaliser : la peur de l’échec » Page 128
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- La main, totalement libérée de la locomotion, sert d’outil pour Les analyses portant sur les séquences d’ADN ou de
la préhension et parallèlement, les mâchoires perdent leur rôle polypeptides homologues montre que le groupe frère des
préhensile et deviennent moins volumineuses Hommes est celui des chimpanzés avec lequel ils constituent le
- Trou occipital situé en avant et non en arrière comme chez les groupe des Homininés.
Simiens ; le crâne est alors en arrière de la colonne vertébrale et
3 - Explication possible de l’origine de la lignée humaine
non en avant
a) Une mutation possible d’un gène de développement
2 - Le développement du cerveau
ancestral
L’anatomie du cerveau des Hommes fossiles est connue
La comparaison des développements embryonnaires de
grâce à la mesure du volume de la boîte crânienne et aux
l’Homme et des autres primates laisse supposer le maintien chez
moulages endocrâniens. Sur ces dernières, les circonvolutions
l’Homme adulte d’un certain nombre de caractères juvéniles (le
cérébrales sont repérées par des traces laissées à la surface interne
bassin, le crâne, …). Des altérations des gènes de régulation
de la boîte crânienne.
seraient à l’origine du maintien de ces caractères juvéniles et du
Le volume du cerveau a triplé en trois millions
recul de la maturité sexuel de l’Homme. Les périodes de
d’années, passant de 400 cm3 chez les Australopithèques à 1400
croissance et d’apprentissage s’en trouvent allongées. Les
cm3 chez l’Homme moderne. On appelle céphalisation
innovations embryologiques et le décalage chronologique du
l’accroissement du volume du cerveau au fil du temps.
développement de la forme ancestrale pourraient être à l’origine
La vascularisation assez simple chez les
de la lignée humaine. Ainsi, de très faibles modifications
Australopithèques devient complexe chez l’Homme moderne.
génétiques du programme de développement auraient entraîné des
Elle fournit indirectement de précieuses informations sur
variations morphologiques importantes.
l’importance relative des différents lobes du cerveau. On appelle
encéphalisation le développement des différents lobes du b) Une sélection des « caractères adaptatifs »
cerveau au cours du temps.
Les modifications subies par les gènes de régulation ont
Il y a donc un lien étroit entre le volume cérébral, la
pu être sélectionnées lors des changements climatiques qui ont
vascularisation et le développement des aires corticales du
affectés l’Afrique de l’Est il y a 10 millions d’années. En effet, la
cerveau chez les Hommes fossiles et actuels.
formation du Rift Est-Africain entraîne un soulèvement de la
3 - Acquisition du langage articulé région, faisant ainsi obstacle aux pluies. La dégradation de la
forêt tropicale, suite à cet évènement, laisse alors place à des
Le larynx permet de produire différents sons en fonction
milieux ouverts de type steppe, dans lesquels, les innovations
de la tension des cordes vocales. Ces sons sont plus ou moins
responsables de la bipédie confèrent à ces individus un avantage
amplifiés et modulés par le pharynx.
sélectif. Cette hypothèse expliquerait pourquoi on ne rencontre
Chez l’Homme, la position basse du larynx augmente
jamais dans les mêmes régions des fossiles de grands singes
l’espace disponible pour le pharynx qui devient alors une
(adaptés au milieu forestier) et des fossiles d’hominidés (adaptés
véritable caisse de résonance qui module et amplifie les sons
aux milieux ouverts).
émis. Chez les singes, la position haute du larynx laisse peu
d’espace au pharynx, ce qui ne permet pas de moduler les sons CONCLUSION
émis.
L’hominisation est l’ensemble des processus évolutifs
Les Australopithèques avaient sans doute un appareil
par lesquels les Hommes ont acquis les caractères qui les
vocal proche de celui des singes. Le larynx de
distinguent des autres Primates. Elles concernent l’acquisition de
Homo erectus a commencé à descendre et avec Homo sapiens,
la bipédie, la céphalisation, l’encéphalisation, l’acquisition du
apparaissent les premiers individus au langage articulé. Cette
langage articulé, d’activité industrielle et culturelle, ainsi que
évolution met en jeu des centres cérébraux moteurs (pour
du sens métaphysique.
l’émission du langage) et sensoriels (pour la réception du
langage). Ces centres sont localisés dans les lobes frontaux et
pariétaux du cerveau.
III - Données chromosomiques et moléculaires
1 - Informations fournies par l’étude comparée des
caryotypes
La comparaison du caryotype de l’Homme et celui du
chimpanzé montre que :
- 13 paires de chromosomes ont une morphologie exactement
identique
- le chromosome № 2 de l’Homme est issu de la fusion de deux
chromosomes restés séparés chez les chimpanzés : c’est ce qui
explique la différence du nombre de chromosomes entre le
chimpanzé (48) et l’Homme (46)
- les chromosomes non identiques entre les deux espèces ne se
distinguent que par une disposition différente de certains
segments : ainsi, les chromosomes 2, 4, 5, 12, 15 et 17 ne
diffèrent que par l’inversion d’un segment autour du centromère ;
les chromosomes 1, 13 et 18 diffèrent par l’adjonction d’un
segment ; les chromosomes 9 et 15 présentent des modifications
complexes.
La grande similitude entre le caryotype du chimpanzé et
celui de l’Homme indique une parenté entre ces deux espèces :
elles ont un ancêtre commun récent.
2 - Informations fournies par les données moléculaires
« Il n’y a qu’une seule chose qui rend un rêve impossible à réaliser : la peur de l’échec » Page 129

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