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PME en Haïti : Défis et Stratégies

Le document traite des défis et des opportunités des petites et moyennes entreprises (PME) en Haïti, soulignant l'importance de la jeunesse de la population et la nécessité d'investissements dans l'éducation et l'entrepreneuriat pour stimuler le développement économique. Il met en lumière les contraintes auxquelles les PME font face, notamment l'instabilité économique, le manque de formation et d'infrastructures, ainsi que la nécessité d'un cadre stratégique pour renforcer leur compétitivité. Enfin, il identifie des secteurs porteurs comme le tourisme, l'agro-industrie et l'industrie d'assemblage, qui pourraient favoriser la création d'entreprises et la croissance économique.

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PME en Haïti : Défis et Stratégies

Le document traite des défis et des opportunités des petites et moyennes entreprises (PME) en Haïti, soulignant l'importance de la jeunesse de la population et la nécessité d'investissements dans l'éducation et l'entrepreneuriat pour stimuler le développement économique. Il met en lumière les contraintes auxquelles les PME font face, notamment l'instabilité économique, le manque de formation et d'infrastructures, ainsi que la nécessité d'un cadre stratégique pour renforcer leur compétitivité. Enfin, il identifie des secteurs porteurs comme le tourisme, l'agro-industrie et l'industrie d'assemblage, qui pourraient favoriser la création d'entreprises et la croissance économique.

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La Petite et Moyenne Entreprise

(PME) en Haïti : quelques


considérations stratégiques

Par Jacques ABRAHAM, [Link]. Professeur à la FDSE


16 juin 2006 | Lecture: 16 min.
[Link]

A l'instar de la plupart des pays en développement, Haïti vit, en ce début de siècle, une pression
démographique énorme, compte tenu des ressources disponibles. La population s'établit à 7.96
millions. Le taux moyen annuel de croissance de 2.1% est l'un des plus élevés de l'hémisphère et,
si la tendance se maintient, le doublement de la population actuelle devrait intervenir en 2032.
Haïti a l'une des populations les plus jeunes au monde, avec 40% de la population de moins de
quinze (15) ans d'âge. Les jeunes de moins de 20 ans représentent plus de la moitié de la
population, soit 52% environ, et ceux de moins de 25 ans près de 62%. Le tableau suivant
(tableau 1) présente la structure d'âge de la population haïtienne. Tableau 1 : Structure d'âge de la
population haïtienne Groupes d'âge % de la population % cumulé 0-14 39.9 39.9 15-20 11.8 51.7
21-25 10 61.7 26-30 8 69.7 31-35 5.8 75.5 36-64 20.7 96.2 65 et + 3.8 100 Source : tableau
construit à partir de l'enquête EBCM 99-00 de l'IHSI Cette structure met en exergue la grande
jeunesse de la population haïtienne. Elle permet déjà de voir l'impact qu'aura le facteur
démographique sur l'effort à consentir pour le développement économique et social lorsqu'on
tient compte de la charge énorme que représentent les jeunes de 0-14 ans (40% de la population)
pour les pouvoirs publics et la société civile. L'indice de dépendance démographique, calculé en
tenant compte des jeunes seulement, s'établit à 0.70, soit 70 inactifs pour chaque 100 actifs. Ce
même indice était 0.55 en Amérique Latine en 1995. Ce rapide survol de la situation
démographique met en évidence non seulement la richesse potentielle du pays que constitue sa
jeunesse, mais également les menaces pour le développement économique et social dans le cas
du maintien du statu quo -caractérisé par le chômage, le sous-emploi [1], la faiblesse des
revenus, la pauvreté et le manque criant d'opportunités économiques- lequel risque d'affecter
irrémédiablement la capacité de la société haïtienne de se reproduire et de croître. Il indique
surtout les défis à relever, dès maintenant, quant aux investissements publics à consentir dans
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l'éducation du groupe d'âge de 0-14 ans, quant à l'initiation d'une politique économique
opportune d'augmentation du revenu national par la création de nouvelles richesses,
d'opportunités économiques et d'emplois productifs en vue de faire face à ces investissements
publics et d'absorber ces jeunes sur le marché du travail, au cours des prochaines décennies.
Dans l'Haïti des années 2000, en contexte de ressources rares, la création de nouvelles richesses
est un impératif national. Elle réside dans l'intensification de la production nationale en même
temps que dans l'élargissement de la base économique agricole, industrielle et commerciale du
pays. Avec le nécessaire désengagement de l'Etat du secteur productif, cette intensification et cet
élargissement sont eux-mêmes fonction de la dynamisation de l'initiative privée c'est-à-dire de la
dynamisation de l'entreprenariat individuel ou collectif en vue du démarrage de nouvelles et/ou
du développement de PME existantes, ainsi que l'accès des entrepreneurs aux ressources
financières, techniques et gestionnelles. Au rythme où les jeunes arrivent et continueront
d'arriver sur le marché du travail au cours de la prochaine décennie, face au déficit important
d'emploi à créer [2], et à l'analyse de la structure socio-économique du pays, l'emphase, au
niveau stratégie, doit donc être mise sur la création et le développement d'entreprises, en général,
et sur les initiatives nouvelles des entrepreneurs régionaux, en particulier, dans une perspective
de déconcentration du pouvoir économique à rechercher et une valorisation des potentialités
existantes dans les collectivités locales. Cette vision donne à l'entrepreneur un rôle de premier
plan et la place au coeur des stratégies à promouvoir pour le développement socio-économique
d'Haïti. Dans ce modèle, l'Etat ne saurait être absent et doit jouer sa partition. L'entrepreneur
créateur ne doit plus être empêché par le manque de moyens financiers personnels, tout comme il
ne doit plus l'être par un manque de structures, d'initiatives, de mesures administratives et
réglementaires cohérentes, bref, par manque d'un cadre de politique publique de soutien et de
promotion de l'entreprenariat. A cet égard, il est opportun que l'Etat fasse du soutien à
l'entreprenariat la pierre angulaire de sa politique économique. Il le fera à partir d'une approche
résolument volontariste, innovatrice et globale, sur la base d'une connaissance des
caractéristiques des entreprises, des problèmes rencontrés par les entrepreneurs et des
potentialités économiques à exploiter. I. Le secteur des PME En Haïti, la structure économique
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est dominée par les PME. Il est difficile de donner une définition ou classification exacte des
PME. Cela dépend de nombreux facteurs, dont le degré de développement économique et social
du pays, la branche d'activité, la technologie. Parmi les critères généralement utilisés pour cerner
le concept de la PME, l'on compte : le nombre d'employés, le chiffre d'affaires, le capital investi.
Aux fins de cet article, ces critères sont retenus pour définir la PME haïtienne. Sur la base
d'analyse et d'estimations à partir des textes sur les PME, le tableau 2 présente la classification
retenue. Tableau 2 : Classification des PME en Haïti Taille Nombre d'employés Chiffre d'affaires
('000Gdes) Capital investi('000Gdes) Petite entreprise de 5 à 25 de 501 à 5,000 de 100 à 500
Petite supérieure de 26 à 50 de 5,000 à 20,000 de 500 à 2,000 Moyenne entreprise de 51 à 300 de
20,000 à 100,000 de 2,000 à 10,000 Grande entreprise plus de 300 plus de 100,000 plus de
10,000 Environ 9 entreprises privées sur 10 du secteur formel en Haïti sont des PME, selon cette
classification. Ces entreprises évoluent dans des secteurs aussi variés que les meubles, la
chaussure, le cuir, la couture, les minerais non métalliques, la construction, la ferronnerie,
l'artisanat, l'agro-industrie, l'assemblage, etc. Même dans le secteur de l'assemblage, il y a des
moyennes et non des grandes. Les PME comptent environ 70% de l'emploi industriel formel [3]
(Ref. : Tableau 2), ce qui justifie que l'on se penche sur les contraintes affectant ces entités et
leurs faiblesses ainsi que les caractéristiques des secteurs industriels où elles évoluent. Tableau
3 : Répartition des entreprises selon la taille et l'effectif Taille % % des emplois Grande 7 30
Moyenne 35 53 petite 58 17 1.1 Contraintes, opportunités et défis La crise économique multi-
dimensionnelle qui a sévi en Haïti, au cours des vingt dernières années, a fait passer beaucoup de
PME formelles dans l'informel. En fait, des centaines se trouvent à la limite du formel et de
l'informel. Les grands problèmes nationaux d'environnement de base se posent à toutes les PME :
instabilité, insécurité, légalité, confiance, contrebande, infrastructure, électricité, eau, téléphone
etc. Cependant, chaque catégorie confronte ses problèmes spécifiques qui peuvent varier
dépendamment du secteur industriel considéré (agro-industrie, sous-traitance, industrie
desservant la marché local etc.) et de sa localisation (à Port-au-Prince ou en province) et qui
constituent autant de défis à relever. En général, les problèmes relèvent de l'environnement
interne et externe à l'entreprise. Les principaux problèmes relevés sont les suivants : 1. Au niveau
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de l'environnement interne - l'insuffisance d'information technique sur le marché, surtout en
province ; - la faible qualification des ressources humaines en ce qui a trait aux capacités
techniques et gestionnelles. Les bons contremaîtres et les bons techniciens pour l'entretien
(maintenance) des équipements, et les techniciens spécialisés sont les employés qualifiés qui
manquent le plus à la PME. L'insuffisance majeure réside dans le manque de centres de
formation technique et professionnelle collaborant étroitement avec les entreprises ; - la gestion
rationnelle des opérations de production est inexistante et les besoins sont tout aussi importants
pour la normalisation, le contrôle de la qualité, la comptabilité de prix de revient, la gestion
commerciale ; - l'incapacité de fabriquer en masse pour de grosses commandes à l'exportation,
notamment dans le cas de l'artisanat industriel ; - le manque de matériel de production moderne.
Dans certaines entreprises d'artisanat, la vétusté des équipements handicape sérieusement la
production ; - l'approvisionnement en matières premières et en intrants. Les groupements
d'achats sont demandés par plusieurs entreprises ; - l'emballage, le conditionnement, les mesures
phito-sanitaires, et le transport. Haïti pourrait exporter des légumes vers les îles de la Caraïbe
(qui sont obligées d'importer des légumes des Etats-Unis), avec des normes phyto-sanitaires très
sévères. De 30% à 40 % des récoltes sont perdues faute de moyens de conservation, de
conditionnement et de transport adéquats. Des zones agricoles avec une production excédentaire
laissent pourrir leur production à cause de manque de voies de pénétration et à cause de retards
dans le transport ; - le passage difficile de la catégorie petite entreprise supérieure à la moyenne
entreprise, quand il faut investir environ 100,000 USD en équipement ou quand on doit
s'organiser pour répondre à de grosses commandes ou commencer à exporter dans des pays
voisins ; - le type de propriété individuelle ou familiale de PME, leur gestion fermée et non
transparente ne facilitent pas leur financement par appel public de ressources (financement par
émission d'actions et obligations). Une évolution vers un type de propriété plus collective basée
sur l'actionnariat, également une évolution vers une gestion plus professionnelle axée sur la
séparation de la gestion de l'entreprise de sa propriété, contribueraient à drainer de telles
ressources. Au niveau de l'environnement externe - les mutations technologiques en cours et la
libéralisation des échanges mondiaux font apparaître de nouveaux déterminants de la
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compétitivité alors que les institutions publiques et l'industrie éprouvent des difficultés à
s'adapter. Si la main-d'oeuvre bon marché apparaît encore aujourd'hui pour Haïti comme un
avantage, les déterminants de la compétitivité aujourd'hui sont la qualification des ressources
humaines, l'environnement macro-économique et institutionnel, l'existence d'infrastructure
spécialisée et de services d'appui à l'industrie et leur efficacité ; - la faiblesse de l'appareil
administratif qui a pour conséquence une grande incapacité à faire respecter les lois et les
règlements dans les domaines tels que la douane ou le fisc, ce qui entraîne une concurrence
déloyale de produits importés. - l'absence de programmes d'accompagnement et d'appui aux
PME, et quand ils existent, il y a un biais vers les programmes de financement seulement. Tout
en reconnaissant que les entreprises ont de pressants besoins de ressources financières, il est
nécessaire d'approcher l'aide aux MPME de façon globale et considérer aussi bien les problèmes
d'argent que les problèmes aigus de gestion, de capacité technique et de qualification de
ressources humaines et autres ; - le peu de provisions incitatives dans le code des investissements
pour la petite entreprise ; - les petites entreprises sont très faiblement représentées par des
associations patronales. Renforcées, ces associations pourraient être des vecteurs de transfert de
savoir-faire, de recherche de technologies appropriées, de renforcement des capacités et de
diffusion des informations auprès des PME ; - les échanges entre les grandes, les moyennes et les
petites entreprises sont limités, tant pour les échanges inter-sectoriels que pour ceux intra-
sectoriels. La création des liens entre les entreprises dans le circuit productif est souhaitable et
permet de maximiser les impacts dans l'économie ; - L'intermédiaire financière très limitée
caractérisée par une concentration des crédits bancaires sur un petit nombre de clients, par
l'absence de produits financiers de long terme et de crédits spécialisés ou de mécanisme de
garantie pour la clientèle des PME ; - Les procédures d'attribution irrationnelle des marchés
publics en Haïti qui ont peu servi de levier pour renforcer l'expertise haïtienne et les PME. En
exigeant un contenu haïtien et un niveau de sous-traitance des compagnies étrangères
adjudicataires des contrats de travaux, les PME apprendraient à mieux gérer des contrats d'une
certaine taille et à améliorer la qualité de leurs produits ; - La concentration des activités à Port-
au-Prince. Une cohérence d'action spatiale est nécessaire pour appuyer les PME en province. Il
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sera nécessaire d'atténuer ou d'éliminer ces faiblesses et contraintes si les PME doivent fournir
leur plein potentiel dans le processus d'industrialisation du pays. Cela suppose des stratégies
visant le renforcement des petites et le développement des moyennes entreprises en jouant tant
sur l'amélioration de leurs capacités opérationnelles que sur le renforcement de la compétitivité
et de l'environnement des affaires. [4] Compte tenu des arguments soulevés ci haut, il est urgent
d'établir un tel cadre stratégique qui non seulement permettra de relancer le secteur industriel,
mais surtout servira, peu importe le secteur, de fondement à toute initiative d'envergure de
création d'entreprises. II. Les secteurs porteurs Pour le lancement d'une telle initiative de
promotion de la création d'entreprises, il faut considérer les secteurs qui pourraient être priorisés
en raison du potentiel qu'ils recèlent. Une évaluation sommaire indique de porter une attention
particulière aux secteurs suivants : i) Le tourisme ii) L'agro-industrie et l'agriculture iii)
L'industrie d'assemblage pour l'exportation iv) L'artisanat v) Les industries manufacturières
tournées vers le marché intérieur vi) La construction i) Le tourisme Les potentialités pour les
PME, dans l'éventualité d'une reprise de ce secteur, sont dans la liaison tourisme - artisanat -
agro-alimentaire et dans les emplois de services. Ces potentialités pourraient vite se réaliser, si
sont mises en oeuvre les stratégies et activités prévues dans le Plan Directeur du Tourisme et si
est voté le nouveau Code des Investissements. Les besoins en capital du secteur touristique sont
énormes. Avec le développement du tourisme caraïbeen, Haïti a un très grand potentiel qui reste
à être exploité. Les investisseurs étrangers peuvent se positionner favorablement pour développer
des complexes touristiques. Il y a donc lieu de promouvoir agressivement en ciblant des capitaux
étrangers à la recherche d'opportunités dans la Caraïbe. ii) L'agro-industrie et l'agriculture Des
possibilités évidentes de dynamisation du secteur agro-industriel, moyennant restructuration
importante, dégageront des installations existantes des perspectives de développements
nouveaux. Il suffira d'une stratégie d'ensemble intégrant tous les acteurs gravitant autour de la
transformation industrielle sous forme de grappes ou de réseau d'entreprise avec un leadership
avisé (recherche, services techniques d'appui) du Ministère de l'agriculture. L'exemple du
traitement de la mangue constitue, à cet égard, un ''best practice'' qu'il convient de reproduire. Le
Gouvernement, de manière générale, peut concevoir des politiques incitatives de développement
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agricole en matière de fiscalité, de douanes, d'infrastructures (notamment les voies de
pénétration) et de financement, susceptibles d'attirer dans l'agriculture les entrepreneurs privés
qui opéreraient des unités industrielles constituant des débouchés à la production agricole. La
relance de l'agro-industrie d'exportation devrait être une priorité dans la promotion de la création
et du développement des PME. L'action pourrait porter sur les mesures indirectes suivantes :
l'amélioration de l'accès au financement, à la formation et à l'assistance technique, le
renforcement des systèmes d'approvisionnement en intrants agricoles et en matériels agricoles, la
création d'un cadre incitatif pour l'investissement privé, la construction de voies de pénétration
dans les zones agricoles. iii) L'industrie d'assemblage pour l'exportation En 1991, l'assemblage
comptait pour environ deux tiers des emplois des industries manufacturières du secteur moderne.
Cette industrie peut retrouver son lustre moyennant une stratégie intelligente visant, dans le
contexte de la mondialisation, à augmenter la compétitivité d'Haïti dans la Caraïbe pour
l'exécution des commandes et à attirer les investissements étrangers et ceux des compatriotes de
la diaspora. Ils peuvent constituer une opportunité majeure pour Haïti, très proche
géographiquement des marches nord-américains. Au cours des 10 dernières années, ces
investissements ont augmenté de façon spectaculaire, surtout dans les économies en transition de
l'Amérique Latine où ils ont eu un effet multiplicateur en termes directs et indirects (impact sur
les transferts de technologie, échanges inter et intra-branches), et renforcé leur compétitivité sur
les marchés d'exportation, permettant à ces pays d'accéder au cercle vertueux de la croissance.
Une telle stratégie appelle des mesures indirectes qui chercheraient à agir sur les paramètres
déterminant la compétitivité et redonneraient au pays l'avantage comparatif sur la main-d'oeuvre.
A cet égard, la création d'un cadre incitatif promouvant les zones franches et ciblant des
investissements privés étrangers dans des domaines spécifiques tels que le textile et la
confection, l'électronique, le cuir, pourrait atténuer le handicap des infrastructures. Les dernières
dispositions du CBI sur le textile, et de l'Union Européenne (à travers la Convention de Cotonou)
au bénéfice des pays ACP, sont autant de raisons pour la mise en valeur de ce secteur. iv)
L'artisanat L'artisanat haïtien a acquis ses lettres de noblesse dans le monde. Nos artisans et nos
dirigeants, cependant, ne peuvent se permettre d'être complaisants et de rester assis sur leurs
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lauriers. Jean-Julien & Valmé [5] ont estimé à environ 400,000 le nombre de personnes engagées
dans la production artisanale dans le pays. Il va sans dire que le renforcement de la compétitivité
des entreprises existantes et la création de nouvelles entreprises dans le secteur sont susceptibles
d'avoir un impact considérable sur l'emploi. Les artisans sont menacés par la mécanisation des
processus de production et la concurrence croissante de produits étrangers bon marché. Les
mesures doivent porter principalement sur l'approvisionnement, l'organisation du secteur,
l'organisation de la production, les délais de livraison, la qualité, le design, la mise en marche, le
financement et la formation. A l'instar de la chaussure italienne, de la mécanique allemande, du
secteur pharmaceutique suisse ou des appareils haute fidélité japonais, il est possible que le
secteur de l'artisanat porte bien haut les couleurs nationales. Par exemple, il existe d'intéressantes
possibilités dans le secteur des meubles pour enfants. Avec la relativité haïtienne reconnue et un
design original, des méthodes de production de masse, d'emballage et d'expédition en pièces
détachées pour l'exportation, il est possible pour Haïti de se faire un nom au niveau international
dans ce secteur. L'artisanat peut jouer le rôle de locomotive de tête pour le secteur touristique. v)
Les industries manufacturières tournées vers le marché intérieur Les industries traditionnelles
d'Haïti ne doivent pas être laissées pour compte. En raison de l'étroitesse du marché, il faudra se
concentrer sur les aspects renforcement et développement de ces entreprises, les amener à
consentir des investissements dans des technologies appropriées pour améliorer leur
compétitivité, la qualité de leurs produits, renforcer leur position sur le marché intérieur et se
préparer pour concurrencer, à terme, les marchés extérieurs. A cet égard, ces industries, compte
tenu qu'elles ont une certaine taille, peuvent se positionner pour des accords de fabrication sous
licence, des maillages porteurs qui amélioreraient leur portefeuille de technologies appropriées
en attendant de pouvoir jouer un rôle sur les marchés d'exportation. vi) La construction Le
secteur de la construction en Haïti recèle un certain intérêt à cause de la possibilité de valoriser
des ressources locales et les minerais non-métalliques de notre sous-sol potentiel en termes de
personnes occupées. Même en situation économique difficile, il s'est maintenu. En cas de reprise
de l'activité économique en Haïti et de maintien de l'économie à l'étranger [6], d'augmentation de
revenus des ménages, avec le nombre de logements nécessaires pour combler la demande de
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logements, les Haïtiens continueront à être actifs sur ce marché. Le Gouvernement peut lui-
même intervenir en favorisant des projets de construction de logements en coopérative, de
travaux d'infrastructure à haute intensité de main-d'oeuvre, ce qui pourrait créer des entreprises
de construction formelles en région et renforcer le génie national. Conclusion Ce sont là
quelques considérations d'ordre stratégique sur la PME vue comme le vecteur du développement
économique d'Haïti. L'objectif ici n'est pas de les imposer mais plutôt de susciter, face aux défis
de ce début de 21ème siècle, la réflexion sur les avenues à emprunter pour la promotion de la
création et du développement d'entreprises formelles. Le maintien du statu quo signifie : i) un
secteur formel qui se réduit comme une peau de chagrin, ii) un secteur informel qui continuerai
de battre des records de taille avec son lot de problèmes en fait d'emplois précaires, de faiblesse
des revenus, de sous-emplois ; bref, le maintien du pays au statut de concurrent ayant les salaires
les plus bas des deux Amériques, avec ce que cela suppose pour la capacité de la société de faire
face aux dépenses d'éducation, de santé et de sécurité sociale, de se reproduire et de croître.
________________________ 1 En Haïti, près de 2 millions de personnes sont touchées par le
chômage et le sous-emploi. La situation s'aggrave du fait que, de ce nombre, 1.5 millions sont
des jeunes de 18 à 35 ans, soit trois (3) chômeurs sur quatre (4) et près de 40% de la population
en âge de travailler, ce qui constitue une pesanteur socio-économique insupportable et un coût
humain extrêmement élevé pour la société. 2 Le projet MPCE/PNUD/BIT HAI/99/001 estime
qu'il faudrait une moyenne d'au moins 200,000 nouveaux emplois par année, au cours de la
prochaine décennie, pour faire face à la demande d'emplois structurés et éponger une partie du
déficit accumulé dans le temps, 3 Mission Inter-Agences PNUD/ONUDI/CNUCED/CCI sur les
secteurs industriel et commercial : « Redémarrage et transformation : un défi pour le secteur
industriel et commercial », Octobre 1996. 4 A cet égard, au-delà du vote par le parlement d'un
nouveau code des investissements, l'idée d'un régime privilégiée spécifique à la petite entreprise
mérite d'être explorée. 5 Jeoelle Jean-Julien et Gilbert Valmé : « étude pour la création d'un
réseau d'approvisionnement en matières premières pour l'artisanat en Haïti », 1992. 6 La capacité
d'épargne et de revenus des émigrés haïtiens est maintenue ainsi que les investissements dans la
construction.

Common questions

Alimenté par l’IA

Pour intégrer efficacement la jeune population haïtienne dans le marché du travail, il est nécessaire d'accroître massivement la création d’emplois structurés, notamment dans les PME. Le développement de secteurs comme l'industrie légère, l'agro-industrie et le tourisme pourrait offrir des opportunités diverses. De plus, un système éducatif aligné sur les besoins économiques pourrait former une main-d’œuvre qualifiée correspondant aux secteurs clés identifiés, tels que les technologies de l’information et l’industrie manufacturière .

Le secteur de la construction est crucial pour le développement économique d’Haïti, car il permet d'utiliser les ressources locales et offre un potentiel significatif en termes d'emploi, même en situation économique difficile. La construction de logements et d'infrastructures vitales peut stimuler d'autres industries locales et créer un enviro-nement favorable pour les entrepreneurs, en augmentant la capacité de production et la mobilité des biens. De plus, des projets de construction de logements en coopérative favoriseraient une plus grande inclusion économique .

La population haïtienne est très jeune, avec 40% de la population ayant moins de 15 ans et plus de la moitié ayant moins de 20 ans. Cette structure, avec un indice de dépendance démographique de 0.70, représente un défi majeur pour le développement économique et social. L'impact est significatif sur les pouvoirs publics et la société civile, car ils doivent supporter une charge énorme due aux jeunes inactifs. Pour répondre à ces défis, il est crucial d'investir dans l'éducation et de créer des opportunités économiques pour absorber la jeune population active, afin de prévenir les effets négatifs du chômage et de la pauvreté .

L'État haïtien pourrait adopter des stratégies visant à organiser l'approvisionnement et la production, améliorer les délais de livraison, la qualité et le design, tout en facilitant le financement et la formation. À la manière de la mode italienne ou des produits allemands, l'artisanat haïtien pourrait être positionné sur le marché international via un renforcement de la compétitivité. L'État pourrait également encourager la synergie avec le secteur touristique pour développer le potentiel commercial .

La revitalisation de l'industrie d'assemblage pour l'exportation en Haïti pourrait générer d'importants impacts économiques, notamment par la création de nombreux emplois, l'augmentation des exportations, et la stimulation des investissements étrangers, particulièrement de la diaspora. Ce secteur permettrait de tirer parti de sa proximité géographique avec les marchés nord-américains. De plus, il pourrait servir de vecteur pour le transfert de technologie et renforcer la compétitivité internationale d'Haïti .

Développer des liens entre PME et grandes entreprises est crucial car cela permet la création de synergies économiques, facilitant le transfert de savoir-faire, de technologie et d'expertise. Ces liens renforcent les capacités compétitives des PME, augmentent leur portée sur le marché et améliorent les économies d'échelle. De plus, une intégration au sein de chaînes de valeur internationales peut stimuler les exportations et solidifier la place des PME au sein de l'économie nationale .

Les secteurs prioritaires identifiés pour le développement économique en Haïti via les PME comprennent le tourisme, l'agro-industrie, l'industrie d'assemblage pour exportation, l'artisanat, les industries manufacturières tournées vers le marché intérieur et la construction. Ces secteurs sont stratégiques en raison de leur potentiel à générer des emplois, à intégrer des chaînes de valeur internationales, et à capter des investissements étrangers. Le tourisme et l'artisanat, par exemple, pourraient s'appuyer sur la culture unique d'Haïti, tandis que l'industrie agroalimentaire pourrait optimiser la transformation de ressources locales .

Les obstacles limitant le développement des PME en Haïti comprennent le manque de liens entre grandes, moyennes et petites entreprises, le secteur financier peu développé, la centralisation des activités économiques à Port-au-Prince, et les procédures irrationnelles des marchés publics. Ces problèmes pourraient être surmontés par le renforcement des associations patronales, l'amélioration de l'accès à des produits financiers adaptés, la déconcentration économique, et l'instauration de politiques encourageant le contenu local et le sous-traitement par des entreprises étrangères .

L'agro-industrie et l'agriculture pourraient être des moteurs de création de richesse en Haïti en optimisant les circuits de production et de transformation, et en intégrant les réseaux d'entreprises pour améliorer la compétitivité des produits agricoles. Elles peuvent attirer des investissements agricoles grâce à des politiques incitatives, à l'élimination des obstacles financiers et à l’amélioration des infrastructures logistiques. La relance de l'agro-industrie pour l'exportation pourrait aussi démultiplier la valeur ajoutée locale .

Le désengagement de l'État du secteur productif nécessite un renforcement de l'initiative privée et du dynamisme entrepreneurial, encore plus crucial en Haïti où les PME dominent la structure économique. En absence de soutiens de l'État, les PME devront accéder elles-mêmes aux ressources financières, techniques et de gestion. L'État pourrait néanmoins jouer un rôle en créant une politique publique soutenant l'entreprenariat, en améliorant l'accès au crédit, et en facilitant la liaison entre les segments économiques .

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