Nouveau Manuel de Cotation Rorschach
Nouveau Manuel de Cotation Rorschach
Michèle Emmanuelli
Denis Corroyer
Nouveau Manuel
de cotation des formes
au Rorschach
Préface de Catherine Chabert
ISBN 978-2-10-080818-2
Préface
Que l’on ne se méprenne pas : l’entreprise engagée depuis plusieurs années par les
deux auteures, qui se sont entourées d’une équipe de psychologues cliniciennes formées
à l’École de Paris, s’inscrit dans une claire filiation clinique et psychodynamique. En effet,
la passation du Rorschach proposée à des sujets tout-venant appartenant à des catégories
d’âges et de niveaux socio-culturels différents et préalablement rigoureusement définis, ne
s’est pas moins effectuée dans le respect des principes essentiels d’une démarche clinique
au sens que Daniel Lagache et Juliette Favez-Boutonnier ont pu lui donner au moment
même où Nina Rausch de Traubenberg introduisait en France la méthode psychanalytique
au Rorschach, développée aux États-Unis par nombre d’auteurs. La procédure de passation
est donc celle classiquement utilisée par les cliniciens formés à l’École de Paris, ce qui mérite
d’être souligné car cette méthode ne se soumet pas aux impératifs d’une formalisation
excessive qui aurait entravé l’authenticité des productions psychiques.
C’est dire, rapidement il est vrai, que cette méthode se caractérise à la fois par un
cadre fermement établi, qui ne se confond pas - Didier Anzieu l’a déclaré avec vigueur et
nous sommes toujours preneurs de cette position - avec celui de l’entretien ou encore d’une
séance de psychothérapie. La situation projective en effet comprend trois termes si l’on peut
dire : le sujet, le clinicien et le matériel projectif qui est proposé à l’un par l’autre. On peut
faire l’hypothèse que les deux partenaires et l’objet-prétexte de leur rencontre se situent dans
un système d’interactions subtil, complexe mais présent de toutes manières. Ne pas en tenir
compte relève, de mon point de vue, d’un fourvoiement épistémologique regrettable.
Les objectifs de la passation des épreuves projectives se situent à deux niveaux, cela est
bien connu. D’une part, dans le champ clinique et psychopathologique, sur le terrain, elles
contribuent à une procédure d’investigation du fonctionnement psychique du sujet afin d’en
2
Préface
Dans ces deux voies, la singularité du Rorschach est mobilisée. Comme toutes les
méthodes projectives, il fait appel à deux grands axes de conduites psychiques : la perception et
la projection, mobilisation d’autant plus massive que le Rorschach n’est pas un matériel figuratif.
Les protocoles de Rorschach expriment et traduisent, à travers le langage, des formes discursives
particulières, les réseaux associatifs déterminés par la vision des planches et qui doivent obéir à
un double principe de fonctionnement, paradoxal pour certains, contradictoire ou conflictuel
pour d’autres ou enfin totalement aporétique dans certaines situations psychopathologiques.
Il s’agit en effet de respecter les limites imposées par les configurations perceptives des planches
- et cela en dépit de leur ambiguïté - et en même temps de leur donner forme et sens du fait
de la mobilisation subjective que le matériel détermine chez chacun. Or, dans la construction
psychique d’un individu et dans son fonctionnement, il est sûr que ces deux types de conduites
n’appartiennent pas à des systèmes clivés : sauf dans certaines situations spécifiques, et
parfaitement repérables dans le cours d’une passation, on assiste à un mixte de ces deux
grands types de sollicitations. Ne retrouve-t-on pas là l’analogon de la vie de tout être humain
pris dans la double confrontation au monde externe et à son monde interne, et à l’obligation
de les faire exister ensemble tantôt en donnant le privilège à l’un ou à l’autre, tantôt en les
rassemblant vigoureusement pour faire face à une situation particulièrement impliquante ?
Dans un texte paru en 1911, « Formulations sur les deux principes de l’advenir
psychique » (1998), Freud a bien montré cette double exigence auquel l’homme doit répondre :
obéir au principe de réalité - sous peine de risques graves pour son fonctionnement psychique et
pour sa vie - mais satisfaire aussi au minimum les exigences de son monde interne, c’est‑à‑dire
ses désirs et ses fantasmes, afin de donner une chance à sa vie intérieure, privée, créatrice, et
survivre. La force de l’argumentation de Freud revient à la proposition suivante : après avoir
opposé le plaisir et la réalité, il montre de quelle manière le détour par la réalité peut se mettre
au service d’un plaisir à venir. Je n’irai pas plus loin dans cette référence, sauf pour signaler que
la capacité de détour est inhérente à l’intelligence et à la pensée humaine.
Dans cette perspective, la mise en place du Nouveau manuel de cotations des formes
au Rorschach permet, mieux que jamais, de tenir compte des éléments présidant au principe
de réalité, en défaisant le risque d’un jugement partial qui pourrait décider, de son propre
chef, que telle ou telle réponse respecte le principe de réalité ou pas. La réalité, en son
3
Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach
C’est dire, sans en prolonger l’argumentation, que la démarche des auteurs permet à
tous les praticiens, cliniciens du Rorschach, de respecter, avec la plus grande rigueur, ces deux
caractéristiques fondamentales qui régissent le fonctionnement psychique et notamment les
processus de pensée mais aussi le processus associatif dans la dynamique de la passation du
Rorschach.
Chacun pourra trouver dans ce Manuel des éléments utiles et précieux à la fois dans
le cours de la formation, et plus tard, dans l’exercice du métier de psychologue clinicien, © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
chercheur de toutes manières, car telle est notre vocation : notre objet d’étude demeure en
partie inconnu, non seulement parce que l’appareil psychique conserve sa part inconsciente
et énigmatique mais aussi parce que la vie, le monde, les changements qui leur sont inhérents
continuent de produire leurs effets, mettant ainsi à l’épreuve à la fois la solidité des fondements
et les potentialités de création, au sein desquelles le rapport à la réalité, puisqu’il condense
celle de l’extérieur et celle du monde intérieur, occupe une place et une fonction essentielle.
1. Fondements épistémologiques
La démarche d’analyse et d’interprétation du Rorschach telle qu’elle a été développée
par l’École de Paris s’est déployée sur le terreau de la théorie psychanalytique. Catherine
Chabert et Nina Rausch de Traubenberg l’ont rappelé de façon très claire dans les pages
qui précèdent. C’est ainsi que, de la première rencontre avec le sujet vu en test jusqu’à
l’entretien de restitution qui clôt la démarche de passation, l’engagement théorique du
praticien du Rorschach est fondamental car c’est toute l’approche projective de la clinique
et de la psychopathologie qui en découle nécessairement. L’appropriation du modèle
psychanalytique par le praticien suppose que la cotation d’un protocole de Rorschach soit
englobée dans le processus de compréhension du fonctionnement psychique du sujet au
même titre que chacune des étapes de la passation. En référence à la théorie psychanalytique
de la perception et de la projection, la cotation du Rorschach acquiert une dimension qui
articule la relation sujet/test/clinicien et dont l’interprétation révèle le sens.
La mise en œuvre de ce Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach s’est
appuyée sur le recueil d’environ trois cents protocoles de Rorschach, recueil réalisé par une
équipe de psychologues cliniciennes formées à la passation et à l’analyse du Rorschach par
notre École et, ce faisant, sensibilisées à l’approche psychodynamique qu’elle promeut.
Cette approche implique, dès la rencontre avec le sujet, une attitude et une écoute
particulières, instaurant, à partir de la consigne proposée (« Je vais vous montrer des images,
et vous allez me dire tout ce à quoi elles vous font penser, tout ce que vous pouvez y voir »),
un cadre soutenu par une relation particulière, offrant une invite à associer librement à partir
de ce matériel ambigu.
statistique des données, cette recherche s’inscrit dans le cadre du Laboratoire de psychologie
clinique et de psychopathologie de l’Institut de psychologie de l’université Paris Descartes.
L’ensemble aboutit au recueil et au traitement de 700 protocoles de sujets de 13 à 65 ans.
Nous avons constitué une équipe de jeunes chercheurs qui ont contribué à la recherche
des sujets et au recueil des données, à la cotation, puis à la saisie informatique.
Les cotations des protocoles ont été effectuées à partir de l’ouvrage La pratique du
Rorschach de N. Rausch de Traubenberg (1970). Toute l’équipe de recherche a procédé
à un travail préalable d’harmonisation des cotations sur une cinquantaine de protocoles
afin d’éviter les biais dus à d’éventuelles divergences de cotations. Les cotations posant
problème ont été revues en groupe élargi et certaines ont fait l’objet d’un guide de cotation
(cf. Annexe 2 de l’article Azoulay et al., 2007).
Par la suite, les cotations ont toutes été réalisées par des tandems de deux psychologues,
cotant chacune de son côté en aveugle et confrontant leurs résultats.
Les résultats rapportés ici concernent 278 sujets (cf. Tableau) non consultants, adolescents
et jeunes adultes, répartis de manière relativement équilibrée selon trois groupes d’âge
(13‑15 ans : n = 98 ; 16-18 ans : n = 87 ; 19-24 ans ; n = 93), trois groupes de catégorie
socio-professionnelle1 (Favorisé : n = 88, Intermédiaire : n = 82, Défavorisé : n = 108) et
deux groupes de sexe (H : n = 136 ; F : n = 142).
Notre échantillon étant constitué de différents groupes selon l’âge, la CSP et le sexe,
il est intéressant de noter les différences, ou absences de différence, entre ces différents sous-
groupes. Or, c'est principalement, à une exception près (un plus faible nombre de réponses
pour la CSP Défavorisé et un plus grand nombre pour la CSP Favorisé), une grande stabilité
entre ces groupes qui apparaît.
Rorschach
Cet ouvrage a pour visée d’offrir à tous les utilisateurs du test de Rorschach,
psychologues et étudiants, une base actualisée de données essentielles, issues de la
population française non consultante, sur lesquelles reposent un certain nombre de cotations
des réponses proposées par les sujets : les déterminants formels et à dominante formelle,
les localisations, essentiellement les G, les D, les Dd et les Dbl et les Ddbl et les contenus.
Il s’inscrit, sur ce point, dans une visée semblable à celle du Livret de cotation des formes
publié en 1966 par Cécile Beizmann, lequel reposait, selon son auteur, sur une compilation
1. C’est la CSP des parents qui a été prise en compte pour les sujets mineurs.
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Introduction
de réponses cotées F+ et F- par H. Rorschach (1920), Beck (1961), Bohm (1961), Loosli-Usteri
(1958), et était préfacé alors par Didier Anzieu.
Plus précisément, il présente, pour chaque planche, les contenus des réponses formelles
(F+, F+/-, F-) apparues dans cette population, dans l’ensemble de la planche (G), et dans les
localisations en détail (D et Dd, Dbl et Ddbl) spécifiques à chaque planche. La dimension
formelle des réponses étant, par ailleurs, consubstantielle à nombre de réponses dominées
par la forme mais prenant la voie, plus personnelle, plus projective, de la projection d’un
mouvement sur l’image perçue (K, kan) ou celle de l’intégration des affects par la prise en
compte de la couleur, de l’estompage ou de l’effet anxiogène du matériel dans ses aspects
sombres et massifs (FC, FE, Fclob), ce manuel de cotation des formes permet également de
statuer sur leur qualité formelle. Une réponse K, FC, FE, ou Fclob est, en effet, une réponse
F+ ou F- transposée en Kinesthésie ou réponse Couleur, Estompage, Clob.
L’utilité de cet ouvrage est de soutenir le travail de cotation préalable à l’interprétation
clinique des protocoles. Deux logiques conjointes président, en effet, à l’utilisation proposée
par Hermann Rorschach (1920) de son test, logiques qui se retrouvent jusqu’à nos jours dans
la pratique et les travaux actuels, la première, la cotation, servant d’armature à la seconde,
l’interprétation. L’interprétation clinique, aboutissement du processus, est essentielle :
c’est elle qui permet d’appréhender finement les modalités de fonctionnement psychique
du sujet rencontré, dans ses aspects normatifs et ses dérives psychopathologiques, et de
le décrire selon les dimensions retenues par la méthode d’analyse choisie. Elle exige du
psychologue clinicien la référence à une théorie du fonctionnement psychique : les plus
utilisées aujourd’hui pour l’interprétation du Rorschach sont la théorie psychanalytique,
dont l’École de Paris à laquelle appartiennent Catherine Azoulay et Michèle Emmanuelli,
est la représentante actuelle en France, la théorie phénoménologique, développée dans le
Rorschach à partir des travaux de Françoise Minkowska (1956), et le modèle proposé par
John Exner (1974) dans son Système Intégré, issu d’une conception intégrative.
2. Nous renvoyons pour les détails de cotation à l’ouvrage de Nina Rausch de Traubenberg (1970).
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Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach
5.1. La cotation F+ et F-
Ces cotations, pour être utiles, doivent être rigoureuses : si, pour le statut des réponses
en D ou Dd, Dbl ou Ddbl, le critère statistique suffit, cette rigueur repose sur deux éléments
en ce qui concerne la qualité formelle des réponses : le facteur quantitatif et l’expérience
clinique approfondie en la matière.
Pour le premier facteur, des critères ont été établis, permettant de statuer, à partir
du traitement statistique des données, sur ce statut en F+ ou F-. Nous reprenons le critère
retenu par John Exner (1974) selon lequel une réponse dont la fréquence s’élève au moins
à 2 % des sujets correspond à une réponse F+. Notre population comprenant 278 sujets,
6 sujets correspondent à 2,16 %3 de population. Une catégorie sémantique donnée doit
donc apparaître dans une proportion d’au moins 2,16 % de l’ensemble des sujets pour être
identifié comme F+. Nous avons procédé de la façon suivante : à la suite de la saisie des
données de la cotation, nous avons tout d’abord dégagé une liste de réponses dominées
par la forme, comprenant des réponses uniquement formelles, et des réponses dominées
par la forme, incluant d’autres déterminants tels que Kinesthésie, Couleur, Estompage et
Clob (F, FC, K, kan, FE, Fclob). Puis, nous avons établi, à partir de cette première liste,
un regroupement selon les catégories sémantiques sur-ordonnées (d’après le modèle de
Collins et Quillian, 1969) : par exemple planche V en G : « Chauve-souris, oiseau, oiseau
préhistorique, oiseau de BD, papillon, goéland, mouette, aigle, paon, deux oiseaux »,
s’inscrivent dans la même catégorie sémantique de réponses formelles « Oiseau, papillon,
chauve-souris, deux oiseaux ». Ces catégories sémantiques sur-ordonnées se rangent ensuite
sous des cotations telle que A dans le cas évoqué.
Pour le second facteur, qualitatif, le travail d’un groupe d’expert reprenant les réponses
formelles données par les sujets et statuant sur leur adéquation qualitative au matériel apporte,
dans un certain nombre de cas, infirmation au calcul statistique. Cette dimension qualitative était
déjà importante aux yeux de Rorschach, qui cotait ces réponses en Orig + (réponses originales de
bonne qualité formelle) : elle implique en effet pour lui la possibilité, pour un sujet, de trouver de
manière éloignée des modalités partagées par une majorité de sujets, une approche perceptive
du matériel qui rend compte de sa créativité. Nous avons rigoureusement systématisé cette
approche dans notre recherche : ces quatre experts ont examiné pour chaque réponse formelle,
au delà du résultat quantitatif, sa dimension qualitative. Lorsque le critère qualitatif et le critère © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
quantitatif sont concordants, une seule cotation est proposée (F+, F- ou F+/-).
Lorsqu’il y a écart entre le critère quantitatif et le point de vue des juges, deux cotations
apparaissent, avec la spécification (quant) et (qual).
3. En effet, 2 % de 278 sujets font 5,56 sujets. Arrondir au nombre de sujets inférieur, c’est-à-dire à 5 sujets reviendrait
à utiliser un pourcentage inférieur au critère de 2 %. Nous avons donc opté pour l’arrondi au nombre de sujets supérieur,
c’est‑à-dire à 6 sujets, correspondant alors au critère de 2,16 % des sujets.
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Introduction
indéterminées (nuage, fumée) ou insuffisamment spécifiée pour que l’on sache s’il s’agit
d’une forme adéquate ou non (animal) ; ou encore de réponses marquées par le doute,
passant par des hésitations sur le contenu. La plupart de ces réponses, de ce fait, aboutissent
à un F- quantitatif, que nous n’avons pas signalé car il s’agit d’une information sans
pertinence. Il arrive toutefois que le calcul statistique de telles réponses aboutisse à un F+
quantitatif, du fait de leur emploi particulièrement fréquent dans la population : nombre de
réponses « Animal » sont, par exemple, données à la planche IV : nous avons donc maintenu
dans ce cas, pour information, ce F+ (quant) et explicité le F+/- par la notation (qual).
4. A. Jacquemin présente un tableau des résultats comparatifs du nombre de D selon divers auteurs mettant en évidence de
grandes variations entre les listes.
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Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach
appuyés sur la numérotation des détails et petits détails issus de ces travaux. Nous avons
identifié et numéroté à leur suite les localisations données par nos sujets et non recensées, y
compris les associations de plusieurs D, cotées traditionnellement D. Certains D sont devenus
des Dd, d’autres ont disparu et la recherche en a révélé de nouveaux.
Ce travail de numérotation des D a été réalisé pour chacune des 10 planches
séparément.
Toutes les localisations recensées, anciennes et nouvelles, ont été ensuite traitées
statistiquement afin de se voir attribuer le statut de D ou de Dd d’après les critères de
fréquence usuels. La mise à l’épreuve des D en référence au critère de fréquence nous amène
à remettre en question un présupposé jusque-là non vérifié, selon lequel toute association
de D constitue un D. Ceci ne se trouve confirmé que dans quelques cas qui sont indiqués
dans la liste de D constituée à partir de notre population (cf. Annexe 5 de l’article Azoulay
et al., 2007).
Nous avons produit également une liste de D devenus Dd afin de montrer la proximité
de fréquence entre les D les moins habituels et des Dd les plus utilisés et de les distinguer
des Dd rares.
Le critère de un sujet sur 22, soit 4,5 %, a été utilisé également pour rendre compte
de la fréquence des Détails Blancs (Dbl).
Conclusion
Le sens que le praticien attribue à la cotation du Rorschach est fonction de son
orientation théorique. Pour l’école de Paris, la cotation, que ce soit celle des réponses
formelles comme des réponses non formelles, constitue une étape, indispensable mais
en aucun cas suffisante, vers la compréhension du fonctionnement psychique du sujet.
Cette étape amène à établir un psychogramme qui récapitule l’ensemble des données de la
cotation et permet la mise en évidence de pourcentages et de formules à partir desquelles
peuvent être proposées un certain nombre de réflexions cliniques. C’est de cet ensemble de
données quantitatives rassemblées dans le psychogramme ainsi que d’éléments qualitatifs
repérés au cours de la passation que se formulent des hypothèses cliniques, lesquelles servent
de base au déploiement de l’interprétation du Rorschach proprement dite.
La méthode d’interprétation du Rorschach, élaborée initialement par Nina Rausch de
Traubenberg, a été réactualisée par l’équipe de chercheurs projectivistes de l’Institut de
Psychologie de l’Université Paris Descartes, en 2001 (Emmanuelli et al., 2001). Par ailleurs, © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
la complémentarité du Rorschach et du TAT, théorisée par Catherine Chabert en 1987 nous
a permis d’associer dans un même document, la méthode d’interprétation du Rorschach
et celle du TAT. Ce document appelé « Schéma d’interprétation des données projectives »
est présenté en annexe de cet ouvrage et constitue le document de référence de l’actuelle
méthodologie d’interprétation des méthodes projectives utilisée dans notre enseignement.
Nous espérons que cet ouvrage facilitera la démarche de cotation pour tous nos
collègues praticiens du Rorschach et contribuera à leur faire encore davantage apprécier
cet irremplaçable outil clinique.
Remerciements
Nous remercions très sincèrement toutes les collègues psychologues cliniciennes qui ont
participé au recueil des données :
Christiane Biaggi-Delettrez,Valérie Bongers, Anne-Elodie Boyer, Maxime Hélène Calvet,
Sarah Ichaï-Cohen, Esther Daniel, Valérie Lanos, Marie-Laurence Lantenois, Estelle Louët,
Agnès Mazet, Karine Nastat, Laurence Nicolet, Lise Parant, Rita Piredda, Zoé Piveteau,
Sonia Tagourti, Caroline Richard, Hélène Robert, Adélaïde Russel, Tiffany Vervelle,
et Teresa Rebelo qui a assuré la coordination des différentes équipes.
Nous remercions également, Paulette Rozencwajg et Yannick Savina pour leur contribution
à la partie étalonnage et statistique.
Nous souhaitons aussi témoigner notre profonde gratitude au Professeur Nina Rausch de
Traubenberg pour son aide et son soutien précieux tout au long de la conception de cet ouvrage.
Lecture du manuel
Pour chaque planche et chaque localisation citée par le sujet, on trouvera les informations
suivantes :
• la représentation graphique de la localisation évoquée par le sujet,
• le type de localisation, selon que le sujet appréhende la globalité de la planche (G) ou un détail
(fréquent et noté D ou peu fréquent et noté Dd) ou encore une « lacune » ou un dessin en
creux dans la planche (noté Dbl pour détail blanc),
• la description de la localisation,
• l’orientation de la planche, selon que le sujet n’a pas changé l’orientation de la planche, vers
le haut (/\), ou l’a retournée de 180° (\/), ou tournée de 90° vers la gauche (<), ou tournée de
90° vers la droite (>),
• à l’intérieur de chaque mode d’orientation, la cotation du contenu de la réponse, selon qu’elle
désigne un être humain - H -, un animal - A -, un objet - Obj -, etc. en suivant l’ordre de la liste
des contenus telle que présentée ci dessous. Celle-ci reprend la liste classiquement retenue
par C. Beizmann,
A : animal entier Pays : paysage
Ad : partie du corps d’un animal Élém : élément
(A) : animal entier irréel Frag : fragment
(Ad) : partie du corps d’un animal irréel Bot : botanique
Anat : anatomie
H : être humain entier
Sang : sang
Hd : partie du corps humain © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
Radio : radio
(H) : personnage irréel
Arch : architecture
(Hd) : partie du corps d’un personnage
Sc : sciences et techniques
irréel
Sex : sexuel
Obj : objet Symb : symbole
Géo : géographie Abstr : abstraction
G ∧ A
Planche I
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Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach
Contenu F+ F- F+/-
Abeille F-
Aigle F+ (qual.) F- (quant.)
Animal F+
Araignée F-
Araignée écrasée F-
Chauve-souris F+
Chien F-
Chien de dos avec ombre sur les côtés F-
Coléoptère F+
Crabe F-
Crabe avec ailes de papillon F-
Deux aigles avec personnage F+ (qual.) F- (quant.)
Deux corbeaux F+ (qual.) F- (quant.)
Deux oiseaux F+ (qual.) F- (quant.)
Deux oiseaux tenant une femme F+ (qual.) F- (quant.)
Deux ours F-
Hanneton F+
Insecte F+ (quant.) F+/- (qual.)
Insecte sous feuille F+ (quant.) F+/- (qual.)
Loup F+ (qual.) F- (quant.) © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
Mouche F-
Oiseau F+
Oiseau blessé F+
Oiseau préhistorique F+
Papillon F+
Papillon abîmé F+ (qual.) F- (quant.)
Peau d’animal déchiquetée F-
Peau de vache F-
16
Planche I
G (suite) ∧
Ad
(A)
(Ad)
Planche I
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Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach
Contenu F+ F- F+/-
Raie F-
Rapace F+
Renard F-
Scarabée F+
Scarabée sur feuille F+
Scorpion F-
Squelette de chauve-souris F-
Tête de renard F+
Tortue écrasée F-
Tête d’animal F+/-
Tête de chat F+ (qual.) F- (quant.)
Tête de chauve-souris F+ (qual.) F- (quant.)
Tête de chien F+
Tête de cochon F-
Tête de coyote F+
Tête de loup F+
Tête de renard F+
Tête de sanglier F-
Tête de vache F-
Tête d’éléphant F- © Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
G (suite) ∧ H
Hd
(H)
(Hd)
Obj
Planche I
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Contenu F+ F- F+/-
Deux danseurs F+
Deux personnages F+
Deux personnages avec leur ombre F+
Deux personnages hybrides F+ (qual.) F- (quant.)
Femme F-
Femme en robe F+
Personnage F-
Personnage avec deux oiseaux F+
Personnage déguisé F+
Personnage hybride F+/-
Personnage retenant deux femmes F+
Tête humaine F-
Ange F+
Batman F+
Deux anges F+
Deux anges sur cloche F+
Diable F-
Personnage imaginaire F+/-
Vampire F+ (qual.) F- (quant.)
Tête de diable F+ (qual.) F- (quant.)
Tête de monstre humain F+ (qual.) F- (quant.)
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
G (suite) ∧
Géo
Élém
Frag
Bot
Anat
Arch
Sex
Symb
∨ A
Planche I
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Nouveau Manuel de cotation des formes au Rorschach
Contenu F+ F- F+/-
Gargouille F-
Masque F+
Objet F+/-
Robe dans la brume F-
Tête de mort F-
Totem F+ (qual.) F- (quant.)
Vaisseau spatial F+ (qual.) F- (quant.)
Carte géographique F+ (quant.) F+/- (qual.)
Carte géographique avec étendue d’eau F+/-
USA F-
Nuage F+/-
Tache F+ (quant.) F+/- (qual.)
Arbre imaginaire F+/-
Feuille F+ (quant.) F+/- (qual.)
Feuille de platane F+ (qual.) F- (qual.)
Feuille trouée F+ (quant.) F+/- (qual.)
Bassin F+
Crâne F-
Os F-
Temple F-
Sexe de femme F-
© Dunod – La photocopie non autorisée est un délit
Lettre V F-
Chauve-souris F+ (qual.) F- (quant.)
Insecte F+/-
Mouche F-
Oiseau F+ (qual.) F- (quant.)
Papillon F+ (qual.) F- (quant.)
Peau d’animal F-
Raie F-
22
Planche I
G (suite) ∨ Ad
(A)
(Ad)
Hd
(H)
(Hd)
Obj
Frag
Arch