Dépréciations et Provisions en Comptabilité
Dépréciations et Provisions en Comptabilité
M. Adama FAYE
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR
RISQUES ET CHARGES
A/ LES DEPRECIATIONS
I. Principes
La comptabilité doit satisfaire, dans le respect de la convention de prudence, aux obligations de
régularité, de sincérité et de transparence inhérentes à la tenue, au contrôle, à la présentation et à la
communication des informations qu'elle a traitées (article 3 de l’Acte uniforme relatif au droit
comptable et à l’information financière du SYSCOHADA).
La prudence est l'appréciation raisonnable des faits dans des conditions d’incertitude afin d'éviter le
risque de transfert, sur l'avenir, d'incertitudes présentes susceptibles de grever le patrimoine ou le
résultat de l'entité. Les actifs et les produits ne doivent pas être surévalués, et les passifs et les charges
ne doivent pas être sous-évalués.
- les gains probables ou latents ne sont pas comptabilisés ;
- les pertes probables sont comptabilisées sous forme d’une dépréciation.
La détermination de la valeur actuelle des biens est indispensable à l’inventaire, en vue de
l’application de la convention de prudence. La valeur actuelle est la valeur d’estimation du moment
qui s’apprécie en fonction du marché et de l’utilité de l’élément pour l’entité.
À la fin de chaque exercice, l'entité doit procéder au recensement et à l'évaluation de ses biens, créances
et dettes, à la valeur effective du moment, dite valeur actuelle ou valeur d’inventaire qui est comparée
à la valeur nette comptable figurant au bilan.
Si la valeur actuelle est inférieure à la valeur comptable, l’amoindrissement de la valeur est constaté
de façon distincte sous la forme d’une dépréciation lors que cette perte de valeur est jugée non
définitive. La dépréciation permet donc de constater la perte non définitive (probable) et non
irréversible de valeur d’un élément d’actif.
Exemple : le 05/06/2017 le client DIALLO a réglé seulement une somme de 4 720 000 F.
Au 31/12/2017, la société BPW SA décide de porter la dépréciation à 50% du solde.
DE = 1 800 000;
Solde TTC = 7 080 000 F – 4 720 000 = 2 360 000; Solde HT 2 000 000
DN = 2 000 000 x 0.5 = 1000 000
DN < DE Ajustement à la baisse de (1 800 000 - 1 000 000) = 800 000
Ecritures comptables :
491 Dépréciation des comptes clients 800 000
759 Reprise de charges pour dépréciation d’exploitation 800 000
Ajustement à la baisse
NB : Afin de justifier l’évolution des dépréciations propre à chaque client, l’entité doit constituer un
état de ses créances douteuses et irrécouvrables.
Application 1 : On extrait de la balance avant inventaire de l’entreprise « WAGANE SAS » au
31/12/2014 les soldes suivants :
411 Clients 4 897 000
416 Créances douteuses 6 490 000
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491 Dépréciation des comptes client 2 630 000
Travail à Faire
1) Présenter le tableau d’analyse des créances douteuses et irrécouvrables au 31/12/2014
2) Passer toutes les écritures de régularisation au 31/12/2014
Solution :
1) Le tableau d’analyse des créances douteuses et irrécouvrables 31/12/2014
DIA 2 124 000 354 000 1 770 000 630 000 0 630 000 1 500 000 270 000
SOW 5 900 000 1 180 000 4 720 000 2 000 000 2 400 000 400 000
ND 1 652 000 1 652 000 0 420 000 420 000 1 652 000
TOTAL 2 630 000 820 000 630 000 2 250 000 405 000 1 652 000
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Travail à Faire
1) Présenter le tableau d’analyse des créances douteuses et irrécouvrables au 31/12/2015
2) Passer toutes les écritures de régularisation au 31/12/2015
BA
DER
DIA
SOW
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…
A l’inventaire, lorsque les titres ont une valeur actuelle (valeur d’inventaire) inferieure à leur valeur
comptable, il y a une dépréciation qu’il convient de constater, en application du principe de prudence.
A l’inventaire, les titres cotés en bourse sont évalués au cours moyen du dernier mois et les titres
non cotés sont estimés à leur valeur probable de négociation.
Dépréciation = (Coût d’achat unitaire – Cours moyen du dernier mois) x Nombre de titres
Dépréciation = Coût d’achat unitaire – Valeur probable de négociation x Nombre de titres
NB: Les titres doivent être évalués catégorie par catégorie. Il n’est pas admis de compensation entre
les plus-values et les moins-values portant sur des titres de nature différente.
c) Constatation de la dépréciation
- Si la nouvelle dépréciation est inférieure à l’ancienne (DN < DE) ; Il convient alors de procéder à
un ajustement à la baisse de la dépréciation existante
590 Dépréciation des titres de placement DE- DN
779 Reprises de charges pour dépréciations financières DE- DN
réajustement à la baisse
- S’il n’y a plus de dépréciation probable : il faut reprendre la dépréciation existante en passant les
mêmes écritures que celles qui constatent une diminution de dépréciation.
Application 1 : Soit l’état des titres de placement l’entreprise SENTELEC
Titres Nombre Coût Cours au Cours au
31/12 2012 d’achat 31/12/2011 31/12/2012
A 20 35 000 28 000 30 000
B 25 74 000 75 000 68 500
C 10 51 000 48 000 55 000
D 15 25 000 24 000 23 000
Travail à faire : Présenter l’état des titres et passer les écritures d’ajustement des dépréciations
Résolution :
Calcul des dépréciations
Titres A : DE = (35 000 – 28 000) x 20 = 140 000
DN = (35 000 – 30 000) x 20 = 100 000
Titres B : DE = 0 car 75 000 > 74 000
DN = (74 000 – 68 500) x 25 = 137 500
- Ecritures comptables :
679 Charges pour dépréciations financières 152 500
590 Dépréciation des titres de placements 152 500
Réajustement à la hausse
590 Dépréciation des titres de placements 70 000
779 Reprises Charges pour dépréciations financières 70 000
Réajustement à la baisse
S’il s’agit d’une vente à crédit le compte 4721 Créances sur cessions de titres de placement est utilisé
à la place du compte banque.
N.B : Les dépréciations antérieurement constituées sur les titres cédés doivent être reprise.
590 Dépréciation des titres de placement DE
779 Reprise de charges pour dépréciations financières DE
Ajustement à la baisse
Exemple :
521 Banque 8 000 000
826 Produits des cessions d'immobilisations financières 8 000 000
cession de titres de participation
816 Valeurs comptables des cessions d'immobilisations financières 6 000 000
26 Titres de participation 6 000 000
sortie
296 Dépréciations des titres de participation 400 000
797 Reprises de dépréciations financières. 400 000
Ajustement à la baisse
Dépréciation produits finis = Coût de production du stock final réel de produits finis
– (prix de vente possible – frais de vente)
- Stocks d’en-cours de production : ils sont aussi destinés à être vendus mais n’ont pas encore atteint
leur stade d’achèvement.
La valeur de réalisation nette est égale au prix de vente probable moins les frais de vente et les coûts
d’achèvement.
- Stocks de matières premières et d’approvisionnements : ils sont par définition destinés à être
consommés et intégrés dans les produits finis. La dépréciation est égale à la différence entre la valeur
d’entrée des stocks et le coût de remplacement.
Dépréciation = Coût d’achat du stock final réel - Coût de remplacement
Dépréciation = Coût d’achat du stock final réel - (Prix d’achat probable + frais d’achat éventuels)
NB : Les matières premières ne doivent être dépréciées à la clôture de l’exercice que s’il s’avère que
le coût de revient du produit fini auquel ces matières sont incorporées (coût des stocks de matières
premières augmenté des coûts d’achèvement et des frais de commercialisation) est supérieur à son
prix de vente probable.
b) Constatation de la dépréciation
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659 Charges pour dépréciations d’exploitation DN
39. Dépréciations des stocks de…. DN
perte probable
Les dépréciations constituées à la clôture d’un exercice donné doivent être soldées à la clôture de
l’exercice suivant.
39. Dépréciation des stocks de…… DE
759 Reprise de charges pour dépréciations d’exploitation DE
Solde de la provision existante
Solution :
1) Calculs
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2) Ecritures comptables 31/12/2014
6031 Variation de stock de marchandises 30 000 000
311 Marchandises 30 000 000
Pour solde stock initial
6032 Variation de stock de MP 16 500 000
32 Matières premières 16 500 000
Pour solde stock initial
736 Variation de stock de P F 75 000 000
36 Produits finis 75 000 000
Pour solde stock initial
311 Marchandises 18 600 000
6031 Variation de stock de marchandises 18 600 000
Stock final
32 Matières premières 60 000 000
6032 Variation de stock de MP 60 000 000
Stock final
36 Produits finis 104 000 000
736 Variation de stock de P F 104 000 000
Stock final
659 Charges pour dépréciations d’exploitation 16 900 000
391 Dépréciation des stocks de m/ses 2 600 000
392 Dépréciation des stocks de M P 3 900 000
396 Dépréciation des stocks de P F 10 400 000
Dépréciation stock final
391 Dépréciation des stocks de m/ses 1 600 000
392 Dépréciation des stocks de M P 2 600 000
396 Dépréciation des stocks de P F 10 800 000
759 Reprises de charges pour dépréc. d’expl.
Pour solde des comptes débités 15 350 000
M. Adama FAYE 18
COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
Une entité doit apprécier à chaque fin d'exercice, s'il existe un indice qu'un actif (immobilisation corporelle ou
incorporelle) peut avoir subi une perte de valeur.
Par exemple il existe un indice interne de perte de valeur lorsque les performances d’un matériel sont inférieures
à celles initialement prévues.
- s'il n'existe pas d'indice de perte de valeur, aucun test de dépréciation n'est requis ;
- s'il existe un tel indice, l'entité doit estimer la valeur actuelle de l'immobilisation et la comparer à sa valeur
nette comptable (VNC).
Si la valeur actuelle de l'immobilisation est inférieure à sa valeur nette comptable, une dotation aux
dépréciations doit être comptabilisée.
Les dotations aux dépréciations sont afférentes à des immobilisations, il s'agit généralement d'immobilisations
non amortissables, telles que les terrains nus, brevets, licences et fonds commercial et les immobilisations
financières.
Les immobilisations amortissables peuvent exceptionnellement faire l’objet d’une dotation pour dépréciation à
condition que la dépréciation fortuite ne soit pas jugée irréversible et que le montant de la dépréciation soit
significative.
a) Calcul de la dépréciation
Une dotation pour dépréciation est constatée lorsque la valeur actuelle de l’immobilisation est inférieure à sa
valeur nette comptable.
Immobilisations non amortissables
Dépréciation = Valeur d’entrée (VE) – Valeur actuelle (VA) (VNC = VE)
Immobilisations amortissables
Dépréciation = Valeur nette comptable (VNC) – Valeur actuelle (VA)
NB : A la clôture d’un exercice, lorsqu’une dépréciation relative à une immobilisation amortissable est
constatée l’entreprise doit modifier la base amortissable pour l’exercice suivant et réviser le plan
d’amortissement en conséquence de manière prospective.
b) Comptabilisation
La dépréciation est ici constatée par des dotations aux dépréciations (compte 69).
Selon leur caractère, les dotations sont enregistrées au débit des comptes :
691 « Dotations aux dépréciations d’exploitation », s’il s’agit d’une immobilisation incorporelle ou corporelle.
697 « Dotations aux dépréciations financières », s’il s’agit d’une immobilisation financière.
853 « Dotations aux dépréciations H.A.O », si la dépréciation est due à un évènement extraordinaire ou à la
restructuration de l’entité.
M. Adama FAYE 19
COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
En contrepartie, la diminution de valeur de l’immobilisation est comptabilisée au crédit des comptes 291 à 297
« Dépréciation d’actif immobilisé» dont les soldes créditeurs figurent à l’actif du bilan, en soustraction au
même titre que les amortissements.
Ecritures comptables :
691 Dotation aux dépréciations d’exploitation x
697 Dotation aux dépréciations financières
853 Dotation aux dépréciations HAO
29. Dépréciation d’actif immobilisé x
Dépréciation de l’exercice
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COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
Données d’inventaire
Le fonds de commerce est estimé à 45 000 000
Valeur actuelle des terrains nus 6 500 000
Valeur probable de réalisation des bâtiments 35 000 000
Valeur de remplacement du MOIC 22 000 000
Valeur d’utilité titres de participation 50 000 000
NB : Les bâtiments amortissables au taux de 5% ont été gravement endommagés par une inondation et le
matériel et outillage est amortissable linéairement sur 5 ans.
Travail à faire : Procéder aux travaux de régularisation au 31/12/2016
Solution :
- La valeur actuelle du fonds de commerce est supérieure à la valeur d’entrée, la dépréciation existante est
devenue sans objet, il convient donc de l’annuler.
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Ecritures comptables :
2915 Dépréciation du fonds de commerce 9 000 000
791 Reprises de dépréciations d’exploitation 9 000 000
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COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
Client
Titres de placement
Les provisions pour risques et charges dont le montant correspond au solde créditeur des comptes 19.., 499
et 599 sont portées au passif du bilan.
2. Au compte de résultat
Dans les charges de l’exercice le solde des comptes 691, 697, 659, 679, 839 et 853 est pris en compte.
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COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
Dans les produits de l’exercice, ce sont les diminutions de dépréciations correspondant aux soldes
créditeurs des comptes 791, 797, 759, 779, 849 et 863 qui sont prises en compte.
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COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
Application : Les provisions pour litiges : Elles sont à constituer lorsque l’entreprise, engagée dans un
procès, risque d’être condamnée au versement de dommages et intérêts ou autres indemnités.
Exemple : La société anonyme BPW, après avoir licencié 3 salariés, s’est rendu compte au vu du rapport produit
par son avocat conseil en matière du droit du travail que les droits versés aux travailleurs licenciés n’ont pas
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COMPTABILITE GENERALE 2
Séquence 3 : LES DEPRECIATIONS ET PROVISIONS POUR RISQUES ET CHARGES
été correctement calculés. Or les licenciés ont saisi le Tribunal du Travail. Un procès est donc en cours. L’avocat
demande la constitution d’une provision pour litige de F CFA 10 000 000 au 31/12/N
Au cours de l’exercice N, la société a été condamnée à payer :
9 500 000 F CFA au titre de complément d’indemnités de licenciement ;
4 000 000 F CFA au titre des dommages-intérêts.
31/12/N
691 Dotation aux provisions d’exploitation pour risques 10 000 000
191 Provision pour litiges 10 000 000
N+1
6614 Indemnités de licenciement 9 500 000
6618 Autres rémunérations directes (dommages et intérêts) 4 000 000
422 Personnel, rémunérations dues 13 500 000
N+1
422 Personnel, rémunérations dues 13 500 000
521 Banque 13 500 000
Règlement
31/12/N+1
191 Provision pour litiges 10 000 000
7911 Reprises de provisions d’exploitation pour risques 10 000 000
Reprise
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