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Cours d'Analyse pour Ingénieurs IT1

Le cours 'Compléments d'Analyse' pour les ingénieurs des télécommunications vise à fournir des outils théoriques sur les intégrales et les signaux numériques. Il est structuré en cinq chapitres, abordant des concepts tels que les fonctions de plusieurs variables, l'intégrale de Riemann, l'intégrale de Lebesgue, et les transformations de Fourier et de Laplace. Les modalités d'enseignement incluent des cours magistraux interactifs et des travaux dirigés, avec une évaluation par contrôle continu et interrogations orales.

Transféré par

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Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
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Le cours 'Compléments d'Analyse' pour les ingénieurs des télécommunications vise à fournir des outils théoriques sur les intégrales et les signaux numériques. Il est structuré en cinq chapitres, abordant des concepts tels que les fonctions de plusieurs variables, l'intégrale de Riemann, l'intégrale de Lebesgue, et les transformations de Fourier et de Laplace. Les modalités d'enseignement incluent des cours magistraux interactifs et des travaux dirigés, avec une évaluation par contrôle continu et interrogations orales.

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Intitulé du cours : Compléments d'Analyse

Classe : Ingénieurs des Télécommunications première année (IT1)


C.M. 15h T.D. 15h Semestre 1
Enseignant : Pr Tegankong David
e-mail : [Link]@[Link] ou dtegankong@[Link]

Objectifs : La notion d'intégrale est omniprésente dans les estimations des grandeurs physiques aussi
bien dans la théorie que dans la pratique des outils de mesure. Par ailleurs, les signaux numériques sont de
plus en plus gourmands en approche théorique de notions relatives aux Diracs. Il s'agit dans ce cours de
donner et de consolider à l'élève ingénieur de télécommunications les outils théoriques lui permettant d'abor-
der de manière sereine les matières liées aux signaux analogiques et numériques telles que le traitement du
signal, de l'image, de la voix, les radars, les antennes, · · ·
Ce cours est découpé en cinq chapitres accompagné d'une série d'exercices devant faire objet de travaux
dirigés.
Modalités d'enseignement : cours magistral interactif, travaux dirigés.
Modalités d'évaluation : contrôle continu, interrogation orale.

Quelques Références bibliographiques :


1- Méthodes Mathématiques pour l'ingénieur. Ecole polytechnique Universitaire. L. Mazliak, 16 Mars 2008.
2- Cours : Méthodes Mathématiques pour l'ingénieur 2. Ionel Sorin Ciuperca.

1
Table des matières
1 Fonctions de plusieurs variables 3
1.1 Dénition et exemples. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Domaine de dénition et représentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Dérivées partielles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Diérentielle d'un champ scalaireplan tangent à une surface . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

2 Intégrale de Riemann 5
2.1 Intégrale de Riemann d'une fonction continue bornée sur un segment . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Méthode des rectangles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.4 Intégrale de Riemann impropre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6

3 Intégrale de Lebesgue 8
3.1 Mesure de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Intégrale de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3 Espaces de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Transformation de Fourier 11
4.1 Intégrales dépendant d'un paramètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Transformation de Fourier inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.4 Résolution des équations diérentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

5 Transformation de Laplace 13
5.1 Dénition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.2 Transformation de Laplace inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3 Résolution des équations diérentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14

2
Chapitre 1

Fonctions de plusieurs variables



− →−
L'espace ane R2 est rapporté au repère orthonormé direct (O, i , j ). Les coordonnées cartésiennes
sont notées (x, y).

− → − →−
L'espace ane R3 est rapporté au repère orthonormé direct (O, i , j , k ). Les coordonnées cartésiennes sont
notées (x, y, z).

− → − →

Rn est rapporté au repère orthonormé direct (O, i1 , i2 , · · · , in ). Les coordonnées cartésiennes sont notées
(x1 , x2 , · · · , xn ).

1.1 Dénition et exemples.


Une fonction de n variables réelles x1 , x2 , · · · , xn (encore appelée un champ de scalaires) est une fonction
f : (x1 , x2 , · · · , xn ) 7−→ f (x1 , x2 , · · · , xn ) dénie sur l'espace ane Rn à valeurs dans R.
On dit que f est continue au point M0 = (a1 , a2 , · · · , an ) de Rn si
limf (a1 + l1 , a2 + l2 , · · · , an + ln ) = f (a1 , a2 , · · · , an ) lorsque (l1 , l2 , · · · , ln ) −→ (0, 0, · · · , 0).
Lorsqu'on xe x2 , · · · , xn , la fonction x 7−→ g(x) = f (x, x2 , · · · , xn ) est une fonction numérique de la seule
variable réelle x. De même lorsqu'on xe xn , la fonction
(x1 , · · · , xn−1 ) 7−→ g(x1 , x2 , · · · , xn−1 ) = f (x1 , x2 , · · · , xn ) est une fonction numérique de n − 1 variables
réelles x1 , · · · , xn−1 .

1.2 Domaine de dénition et représentation


Si f : R2 −→ R alors Df = {(x, y) ∈ R2 ; f (x, y) existe}.
Si f : R3 −→ R alors Df = {(x, y, z) ∈ R3 ; f (x, y, z) existe}.

Exemple 1.1. Donner le domaine√de dénition et le représenter si possible. √


f (x, y, z) = −8xz 3 + x + y 2 − 4xyz 1√ + x2 ; h(x, y, z) = ln(x2 + z 2 ) + 2xy − 4 1 − yz ;

g(x, y, z) = xz ey +5xy 2 ; k(x, y, z) = ; m(x, y) = x2 − y2 ; t(x, y, z) = ln(x +z +1) −4 1 − xy ;
3 x +y −z 2 2 p z
3xy 2 2

v(x, y) = x2 + y 2 − 4 ; u(x, y, z) = ln 3 − x2 − y 2 − z 2 + 2x + 2y ; s(x, y) = ln(x2 + y 2 ) + 4 1 − xy .
p p

1.3 Dérivées partielles.


On suppose f continue en (a1 , a2 , · · · , an ).

Dénition 1.1. On appelle dérivée partielle de f par rapport à x1 au point (a1 , a2 , · · · , an ), la dérivée
(usuelle) de la fonction x1 7−→ g(x1 ) = f (x1 , a2 , · · · , an ) en x1 i.e la limite quand x1 −→ a1 , (si elle existe)
du rapport g(xx )−g(a
1
−a
1 )
. Dans ce cas cette limite est notée ∂x∂f
(a1 , a2 , · · · , an ) ou ∂x f (a1 , a2 , · · · , an ) ou
1
fx (a1 , a2 , · · · , an ) ou · · ·
1 1 1

1
On dénit de même la dérivée partielle de f par rapport à xk , 2 ≤ k ≤ n. On les appelle dérivées partielles
ou dérivées partielles premières.

3
Propriétés : Soit f : Rn −→ R ; pour tout 1 ≤ k ≤ n, on a ∂xk (f + g) = ∂xk f + ∂xk g ;
g∂ f −f ∂ g
∂xk (f g) = g∂xk f + f ∂xk g ; ∂xk (αf ) = α∂xk f ; ∂xk ( fg ) = xk g2 xk .
Exemple 1.2. Donner le domaine de dénition et calculer les dérivées partielles. √
f (x, y, z) = −8xz 3 + x + y 2 ; g(x, y, z) = xz ey + 5xy 2 ; h(x, y, z) = ln(x2 + z 2 ) + xy ; k(x, y, z) = .
3 x2 +y 2 −z
3xy

Dénition 1.2. Soit f : Rn −→ R ; pour tout 1 ≤ k, l ≤ n, on appelle dérivée partielle seconde, toute
dérivée partielle d'une dérivée partielle. On note ∂x ou ∂x f ; ∂x∂ ∂x ;
2 2
∂ f f
2 2
k k k l

Théorème 1.1. (théorème de Shwarz) Soit f : Rn −→ R ; pour tout 1 ≤ k, l ≤ n. Si les dérivées partielles
secondes de f par rapport à xk et xl sont continues alors ∂x∂ ∂x .
2 2
f
= ∂x∂ ∂x
f
k l l k

Propriété 1.1. Soit f : R −→ R une fonction de n variables (x1 , x2 , · · · , xn ). Pour tout 1 ≤ k, l ≤ n,


n

supposons que x soit fonction des variables u1 , u2 , · · · , un dans l'expression f (x1 , x2 , · · · , xn ), alors on a
Pl=n ∂f k∂xl
l=1 ∂xl ∂uk .
∂f
∂uk =
Cas de trois variables, si par exemple, (x, y, z) = (x(u, v, w), y(u, v, w), z(u, v, w) alors ∂u ∂f
= ∂f ∂x
∂x ∂u +
∂y ∂u + ∂z ∂u et des relations analogues pour ∂v et ∂w .
∂f ∂y ∂f ∂z ∂f ∂f

En particulier si x, y et z sont chacune fonction d'une seule variable t alors on a


∂y dt + ∂z dt .
df ∂f dx ∂f dy ∂f dz
dt = ∂x dt +

1.4 Diérentielle d'un champ scalaireplan tangent à une surface


Soit
Pnf : R∂f −→ R une fonction de n variables (x1 , x∂f
n
2 , · · · , xn ). On appelle diérentielle de f , le scalaire
df = k=1 ∂xk dxk . Cas de trois variables : df = ∂x dx + ∂f ∂y dy + ∂z dz .
∂f

L'équation d'une surface (S) de R est de la forme f (x, y, z) = 0. On en déduit que df = 0 i.e
3
−−−→
∂x f dx + ∂y f dy + ∂z f dz = 0 i.e le champ de vecteur gradf est normal à la surface (S) en chaque point de
(S).
Soit M0 un point de (S). On en déduit que le plan tangent en M0 à (S) est l'ensemble des points M tels que
−−−→ −−−→
M0 M .gradf (M0 ) = 0.

Propriétés : d(f + g) = df + dg ; d(f g) = f dg + gdf ; d(αf ) = αdf ; d( fg ) = gdf −f dg


g2 .

Exercice : 1) On donne x(r, θ, φ) = rsinθcosφ, y(r, θ, φ) = rsinθsinφ et z(r, θ, φ) = rcosθ.


Calculer dx, dy , dz et vérier que xdx + ydy + zdz = rdr. Déduire de deux manières ∂x r, ∂y r et ∂z r.
2) En posant v(r, θ) = u(rcosθ, rsinθ), montrer que
∆u(rcosθ, rsinθ) = ∂rr2
v(r, θ) + 1r ∂r v(r, θ) + r12 ∂θθ
2
v(r, θ).
3) Montrer que la fonction f dénie par f (x, y, z) = r(x,y,z) est harmonique pour r(x, y, z) = x2 + y 2 + z 2 .
1
p

4
Chapitre 2

Intégrale de Riemann
2.1 Intégrale de Riemann d'une fonction continue bornée sur un
segment
Soit f une fonction dénie et bornée sur [a, b].
Dénition 2.1. On appelle partition P du segment [a, b], tout ensemble ni de points
a = x0 < x1 < · · · < xn = b. On note P = {x0 , x1 , · · · , xn }.
On pose αi = inf {f (x); xi ≤ x ≤ xi+1 } et βi =Psup{f (x); xi ≤ x ≤ xi+1 } ;
On calcule les sommes de Darboux : L(P, f ) = n−1 i=0 αi (xi+1 − xi ), U (P, f ) = i=0 βi (xi+1 − xi ).
Pn−1
L(P, f ) est appelée somme de Riemann inférieure de f et U (P, f ) est appelée somme de Riemann supérieure
de f .
On remarque que L(P, f ) ≤ U (P, f ). Plus le nombre de points de la partition sera grand, plus L(P, f ) se
rapproche de U (P, f ).
Dénition 2.2. Soit P l'ensemble des partitions du segment [a, b]. On dit que f est Riemann intégrable si
sup{L(P, f ); P ∈ P} = inf {U (P, f ); P ∈ P}. Lorsque f est Riemann intégrable, cette valeur commune est
appelée intégrale (ou somme) de Riemann de f sur [a, b]. On la note ab f (x)dx.
R

on dit qu'on calcule l'intégrale en piles.


| a f (x)dx| représente par dénition l'aire géométrique de la partie du plan limitée par la courbe de f , l'axe
Rb

des abscisses et les droites d'équations respectives x = a et x = b.


Exemple 2.1. 1) f (x) = k =Rconstante. P = {a, b}. L(P, f ) = U (P, f ) = k(b − a).
D'où par dénition k(b − a) = ab f (x)dx.
2) f (x) = x2 sur [0, 1]. P = {a = x0 , x1 , · · · , xn = b} ; xi = ni .

2.2 Propriétés
1. Si f est en escalier ou étagée sur [a, b] alors f est Riemann intégrable sur [a, b].
2. Si f est continue sur [a, b] alors f est Riemann intégrable sur [a, b].
Rb Rb Rb
3. a (αf (x) + βg(x))dx = α a f (x)dx + β a f (x)dx. α, β ∈ R.
Rb Rb
4. | a f (x)dx| ≤ a |f (x)|dx.
Rb Rb
5. Si ∀x ∈ [a, b], f (x) ≤ g(x) alors a f (x)dx ≤ a g(x)dx.
Rb
6. Si ∀x ∈ [a, b], f (x) ≥ 0 alors a f (x)dx ≥ 0.
Rb Rc Rb
7. Relation de Chasles : a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x)dx.
Rb Rb Rb
8. Inégalité de Cauchy-Schwarz : | a f (x)g(x)dx| ≤ [ a (f (x))2 dx]1/2 [ a (g(x))2 dx]1/2 .
Rb Rb Rb
9. Inégalité de Minkowski : [ a (f (x) + g(x))2 dx]1/2 ≤ [ a (f (x))2 dx]1/2 + [ a (g(x))2 dx]1/2 .

5
Remarque 2.1. (Intégrale de Riemann d'une fonction discontinue) Si f n'est pas continue sur [a, b], alors
f n'est pas forcément Riemann intégrable sur [a, b].
Considère par exemple f dénie sur [0, 1] par f (x) = 0 si x ∈ Q et f (x) = 1 si x ∈ R − Q. On montre que
les intégrales de Riemann inférieure et supérieure ne sont pas égales.
Propriété 2.1. (Lemme de Riemann) : Soit f une fonction Riemann intégrable sur [a, b]. Alors
f (x)cos(λx)dx et a f (x)sin(λx)dx tendent vers zéro quand | λ |−→ +∞.
Rb Rb
a
On en déduit que les coecients de Fourier ak = T2 0T f (x)cos( 2πkT x)dx et bk = T 0 f (x)sin( T x)dx
2 T 2πk
R R

d'une fonction f T −périodique tendent vers 0.

2.3 Méthode des rectangles


Soit f une fonction numérique monotone sur [a, b]. Sans nuire à la généralité, on suppose f croissante.
Soit n un entier naturel non nul xé. On pose h = b−a n et on considère la subdivision ou partition
P = {x0 , x1 , · · · , xn }, avec xk = a + kh, 1 ≤ k ≤ n.
R a+kh
On a hf (a + (k − 1)h) ≤ a+(k−1)h f (x)dx ≤ hf (a + kh) et par conséquent (cf gure)
Pn−1 Rb Pn
h k=0 f (a + (k − 1)h) ≤ a f (x)dx ≤ h k=1 f (a + kh).
Pn−1 Pn
En posant C = h k=0 f (a + (k − 1)h) et D = h k=1 f (a + kh), on a
Rb Rb
C ≤ a f (x)dx ≤ D avec D − C = b−a n [f (b) − f (a)]. On obtient ainsi une valeur de a f (x)dx avec une
erreur au plus égale à b−a n [f (b) − f (a)]. La précision est de l'ordre de n . Il sut de prendre n assez grand
1

pour avoir une meilleure précision.


Rb Pn
Lorsque n → +∞, D − C → 0. On en déduit que a f (x)dx = limn→+∞ b−a n k=1 f (a + k n ).
b−a

Dénition 2.3. Rn (f ) = b−a k=1 f (a + k n ) est appelée somme de Riemann de f associée à la partition
Pn b−a
n
P.

Exemple 2.2. 1) En considérant la fonction f dénie sur [0, 1] par f (x) = 1+x
1
,
montrer que n→+∞ .
Pn 1
lim k=1 n+k = ln2
2) Utiliser la fonction g dénie sur [0, π] par g(x) = eix pour montrer que n→+∞
lim nπ k=1 eikπ/n = 2i.
Pn

En déduire que limn→+∞ nπ nk=1 sin kπ n = 2 et limn→+∞ n k=1 cos n = 0.


P π
Pn kπ

2.4 Intégrale de Riemann impropre


Etendre la notion de l'intégrale de Riemann à des fonctions non bornées sur un intervalle borné et à des
fonctions bornées sur des intervalles non bornés.

Dénition 2.4. Soit f une fonction continue et non bornée sur ]a, b], a ∈ R ∪ {−∞} . Si la limite de
f (x)dx existe et est nie lorsque δ → a+ alors cette limite est appelée intégrale impropre ou généralisée de
Rb
δ
f sur ]a, b]. On note a f (x)dx = lim δ f (x)dx. On dit que cette intégrale converge. Dans le cas contraire,
Rb Rb
δ→a +

elle diverge.
Remarque 2.2. Cette dénition s'étend aux fonctions continues et non bornées sur [a, b[, b ∈ R ∪ {+∞}
ou ]a, b[ avec a ∈ R ∪ {−∞} et b ∈ R ∪ {+∞}.
Théorème 2.1. RSoit la fonction f (x) = xα dénie sur ]0, 1] avec α ∈ R.
i) Pour α ≥ 0, 01 xα dx = 1+α
1
.
ii) Pour −1 < α < 0, 0 x dx = 1+α .
R1 α 1

iii) Pour α ≤ −1, 0 x dx est divergente.


R1 α

R1
Exercice : 1) Nature de 0 x1β dx avec β ∈ R.
Rb
2) Nature de a (x − a)α dx avec α ∈ R.
Rb 1
3) Nature de a (x−a) α dx avec α ∈ R.

6
Théorème 2.2. Soient f et gRdénies, continues, nonR bornées et positives sur ]a, b], a ∈ R ∪ {−∞}.
i) Supposons f (x) ≤ g(x). Si ab f (x)dx diverge alors ab g(x)dx diverge.
Si ab g(x)dx converge alors ab f (x)dx converge.
R R

ii) Si lim fg(x) = 1 alors a f (x)dx et a g(x)dx sont de même nature.


b
(x) R Rb
x→a+

Théorème 2.3. RSoit la fonction f (x) = x1 dénie sur [1, +∞[ avec α ∈ R.
α

i) Pour α > 1, 1+∞ x1 dx = α−1


α
1
.
ii) Pour α ≤ 1, 1 x dx est divergente.
R +∞ 1
α

Exercice 1. Nature de avec α ∈ R.


Rb 1
a (x−b)α
dx

Théorème 2.4. Soient f et gR dénies, continues, non bornées et positives sur [a, +∞[.
i) Supposons f (x) ≤ g(x). Si a+∞ f (x)dx diverge alors a+∞ g(x)dx diverge. Si a+∞ g(x)dx converge alors
R R

f (x)dx converge.
R +∞
a
ii) Si x→+∞ = 1 alors a f (x)dx et a g(x)dx sont de même nature.
R +∞ R +∞
lim fg(x)
(x)

Remarque 2.3. a) Le fait que x→+∞ lim f (x) = 0 n'implique pas que a f (x)dx soit convergente. Par
+∞
R

exemple x→+∞
lim x1 = 0 et a f (x)dx diverge.
R +∞

b) Le fait que a+∞ f (x)dx converge n'implique pas que x→+∞


lim f (x) = 0, ni que cette limite existe, ni même
R

que f soit bornée au voisinage de l'inni. Par exemple 0 1+x xsin x dx converge alors que la fonction n'est
R +∞
7 2

pas bornée (f (nπ) = nπ)) . √


On montre aussi que 0 cos(x2 )dx = 42π = 0+∞ sin(x2 )dx. Pourtant ces deux fonctions n'ont pas de
R +∞ R

limite en +∞.

7
Chapitre 3

Intégrale de Lebesgue
Cette notion généralise celle de l'intégrale de Riemann.

3.1 Mesure de Lebesgue


Dénition 3.1. Soient E un ensemble et µ : P(E) −→ R+ ∪ {+∞}. On dit que µ est une mesure sur E
si :
a) µ(∅) = 0.
b) Pour toute suite (An ) de sous-ens de E disjoints deux à deux, on µ( An ) = n∈N µ(An ).
S P

Conséquences : 1) Pour tout A, B ⊂ E avec A ∩ B = ∅, on a µ(A ∪ B) = µ(A) + µ(B).


2) Pour tout A, B ⊂ E avec A ⊂ B , on a µ(A) ≤ µ(B).

Proposition 3.1. Il existe sur Rn une mesure notée λn telle que pour tout ensemble P = k=m
Q
k=1 (ak , bk )
(pavé ouvert ou fermé), on a λn (P ) = k=1 (bk − ak ).
Qk=m
Cette mesure s'appelle mesure de Lebesgue (ou de Borel) sur Rn .
Remarque 3.1. Si n = 1, P = (a, b) et λ1 (P ) = b − a est la longueur du segment [a, b].
Si n = 2, λ2 (P ) est l'aire du rectangle P .
Si n = 3, λ3 (P ) est le volume du parallélipipède P .
Pour calculer la mesure de Lebesgue d'un sous-ens quelconque de Rn , il faut le décomposer en une union de
pavés disjoints et faire la somme des mesures de chaque pavé. Ce n'est pas toujours possible en général.
Propriétés
1. λn ({x}) = 0. Tout ensemble de mesure nulle est dit négligeable.
2. λ1 ([a, b]) = λ1 (]a, b]) = λ1 ([a, b[) = λ1 ([a, b]) = λ1 (]a, b[) = b − a.
3. Si A est un sous-ensemble ni ou dénombrable de Rn alors λn (A) = 0.
4. Si A = (a, b) × {c} alors λ2 (A) = 0.

Dénition 3.2. Soit A ⊂ Rn . On dit qu'une propriété a lieu presque partout sur A (noter p.p. x ∈ A) si
l'ensemble des x ∈ A sur lequel la propriété n'a pas lieu est de mesure nulle.
Exemple 3.1. Soit f, g : R −→ R dénie par

 1 si x = −1 
0 si x ∈ [0, 1] ∩ Q
f (x) = 2 si x = 1 g(x) =
1 si x ∈ [0, 1] ∩ (R − Q)
0 sinon

On a f (x) = 0 p.p. x ∈ R et g(x) = 1 p.p. x ∈ [0, 1].


Remarque 3.2. Il existe d'autres types de mesures telles que la mesure de comptage et la mesure de Dirac.

8
3.2 Intégrale de Lebesgue
On note R̄ = R ∪ {+∞, −∞} = [−∞, +∞].
Dénition 3.3. Soit A une partie de Rn et fR : A −→ R̄ uneRapplication. L'intégrale de Lebesgue de f sur A
(quand R elle existe) est un élément de R̄ noté A f (x)dλn ou A f (x)dx qui satisfait les propriétés suivantes :
P1) A dx = λn (A) R , c ∈ R.
P2) Linéarité : A (c1 f (x) + c2 g(x))dx = c1 A fR(x)dx + c2 A g(x)dx R .
R R

P3) Relation de Chasles : Si A1 ∩ AR2 = ∅ alors A ∪A f (x)dx = A f (x)dx + A f (x)dx.


R
1 2 1 2
P4) Si B est de mesure nulle alors B f (x)dx = 0.
P5) Si f estRLebesgue intégrable sur A et f (x) = g(x) p.p. x ∈ A, alors
R g est intégrable sur A et
. Par conséquent si p.p. alors f (x)dx = 0.
R
A
f (x)dx = A
g(x)dx f (x) = 0 x ∈ A A
P6) Si f (x) ≤ g(x) p.p. x ∈ A Ralors A f (x)dx ≤ A g(x)dx.
R R

P7) SiR f (x) ≥ 0 p.p. R x ∈ A et A f (x)dx = 0 alors f (x) = 0 p.p. x ∈ A.


P8) | A f (x)dx| ≤ A |f (x)|dx.
P9) Soit Ω un ouvert R de R , P =R {A1 , ·, Am }P
n
uneRpartition de Ω et f : Ω −→ R continue sur chaque Ak ,
(1 ≤ k ≤ m) ; alors Ω f (x)dλn = Ω f (x)dx = m 1 A f (x)dx (intégrale de Riemann).
P10) Théorème de convergence dominée : Soient (fk ) une suite de fonctions Lebesgue intégrables sur
k

A et f une fonction de A vers R. On suppose (fk ) converge simplement vers f p.p. sur A et qu'il existe
g : A −→ R Lebesgue intégrable avec g(x) R ≥ 0 p.p. x ∈ RA telle que |fk (x)| ≤ g(x) p.p. x ∈ A et ∀k ∈ N.
Alors f est Lebesgue intégrable sur A et A fk (x)dx −→ A f (x)dx pour k −→ +∞.
Remarque 3.3. Soit A ⊂ Rn , A f (x)dx = R 1A f (x)dx.
R R
n

Si f est Riemann intégrable sur A alors f est Lebesgue intégrable sur A et les deux intégrales coincident.
L'ensemble des applications Lebesgue intégrables sur un ouvert Ω de Rn est un espace vectoriel sur R noté
L1 (Ω).
La notion d'intégrale de Lebesgue sétend de manière naturelle aux fonctions à valeurs complexes.
On peut dire que Lebesgue est mieux que Riemann parce que les théorèmes qu'on obtient avec Lebesgue
sont plus ecaces. Il sut de penser aux théorèmes de convergence monotone et dominée ou aux intégrales
dépendant d'un paramètre pour en être convaincu. Mais ce qu'on peut se demander c'est, pourquoi peut-on
obtenir ces théorèmes avec la méthode de Lebesgue (le découpage en tranches) et pas avec celle de Riemann
(le découpage en piles) ?

3.3 Espaces de Lebesgue


Soit Ω un ouvert de Rn et p ∈ R tel que 1 ≤ p ≤ +∞.
a) 1 ≤ p < +∞. On dénit l'ensemble Lp (Ω) = {u : Ω −→ C, Ω |u(x)|p dx < +∞}.
R

"On ne distingue pas deux fonctions égales presqueR partout."


On dénit une norme sur Lp (Ω) par ∥ u ∥Lp (Ω) = [ Ω |u(x)|p dx]1/p .
Muni de cette norme, Lp (Ω) est un espace de Banach.

b) p = +∞. On dénit l'ensemble des fonctions essentiellement bornées sur Ω par


L∞ (Ω) = {u : Ω −→ C, ∃a ≥ 0, |u(x)| ≤ a, p.p.x ∈ Ω}. "On ne distingue pas deux fonctions égales presque
partout."
On dénit une norme sur L∞ (Ω) par ∥ u ∥L∞ (Ω) = inf {a ≥ 0, |u(x)| ≤ a, p.p.x ∈ Ω}. Ceci s'appelle le
supremum essentiel de | u | et est le plus souvent égale à la borne supérieure de | u | sur Ω. Muni de cette
norme, L∞ (Ω) est un espace de Banach.
Exemple 3.2. 1) Toute fonction bornée sur Ω est élément de L∞ (Ω).
2) Soit u : R −→ R dénie par u(x) = 0 si x ∈ R − N et u(x) = x si x ∈ N∗ . Alors u ∈ L∞ (Ω).
Remarque 3.4. L2 (Ω) ,→ L1 (Ω).
Théorème 3.1. (Fubini) Ω1 Ret Ω2 sont deux ouverts de Rn . Soit f ∈ L1 (Ω1 × Ω2 ), alors pour presque tout
x ∈ Ω1 , f (x, y) ∈ L1y (Ω2 ) et Ω f (x, y)dy ∈ L1x (Ω1 ).
2
De mêmeR pour presque tout yR∈ ΩR2 , f (x, y) ∈ L1x (Ω1R) etR Ω f (x, y)dx ∈ L1y (Ω2 ).
R
1
De plus Ω ×Ω f (x, y)dxdy = Ω [ Ω f (x, y)dy]dx = Ω [ Ω f (x, y)dx]dy.
1 2 1 2 2 1

9
Exemple 3.3. Calculer
π
sin(x + y)dxdy .
R 2

0 0

Exercice 2. Montrer que et f (a + b − x)dx.


Rb R b−a Rb Rb
a
f (x)dx = 0 f (x + a)dx a
f (x)dx = a

Remarque 3.5. Dans son calcul symbolique, Heaviside a introduit en 1894 la fonction qu'il appela "l'échelon
unité" et qu'on appelle couramment aujourd'hui fonction de Heaviside. Il s'agit tout simplement de la fonction
indicatrice de l'intervalle [0 ;1[, notée par H . Si l'on cherche la dérivée de cette fonction, on voit qu'elle n'en
possède pas à l'origine. Cela n'empêche pas  Heaviside de dénir la dérivée H de H , qu'il appela "impulsion

unité", en tout point de R par H ′ (x) = 0∞sisixx̸==0,0


L'objet H' déni ci-dessus ne peut pas être une fonction usuelle. D'un coté, comme H' est nulle presque
Rpartout, on devrait avoir pour tout
R a a ∈]0, ∞[,
a
−a
H ′
(x)dx = 0. D'autre part −a
H ′
(x)dx = H(a) − H(−a) = 1.
La "fonction" H' a été réintroduite par Dirac en 1926 pour les besoins de la physique quantique et on l'a
appelée couramment fonction de Dirac, en la notant par δ . Le fait que cette fonction n'ait pas une dénition
mathématique rigoureuse n'a pas empêché Heaviside, Dirac et d'autres d'obtenir de résultats corrects en
manipulant la "fonction" δ ainsi que ses dérivées. La théorie de Laurent Schwartz donne un cadre permettant
de rendre ce type d'opérations rigoureux en introduisant de nouveaux objets, qui généralise la notion de
fonction. Il s'agit de distributions. Dans cette théorie la "fonction" de Dirac devient une distribution appelée
masse de Dirac.

10
Chapitre 4

Transformation de Fourier
Elle permet entre autres de résoudre explicitement une classe assez large d'équations diérentielles dans
l'espace entier R.

4.1 Intégrales dépendant d'un paramètre


Dénition 4.1. SoitR f : R × R −→ R continue.
La fonction x 7−→ f (t, x)dt est une intégrale dépendant du paramètre t.
On dit que f est dominée sur [a, b] s'il existe g : R −→ R telle que −∞ g(t)dt < ∞ et |f (t, x)| ≤ g(t), ∀x ∈
+
R +∞

[a, b].

Proposition 4.1. Soit f : R × R −→ R continue et dominée sur [a, b]. On pose h(x) = −∞ +∞
f (t, x)dt pour
R

tout x ∈ [a, b]. Alors


i) h est dénie et continue sur [a, b].
ii) Si pour tout (t, x) ∈ R × [a, b], ∂f existe, soit continue en (t, x) et soit dominée sur [a, b], alors h est
R +∞ ∂f∂x
dérivable sur [a, b] et h′ (x) = −∞ ∂x (t, x)dt .
Exemple
2 R +∞ 2
: f (t, x) = e−t x , t, x ∈ R et 0 < a < x < b. Pose F (x) = −∞
e−t x dt. F est continue et
R +∞ 2
dérivable sur [a, b]. F ′ (x) = −∞ (−t2 )e−t x dt
Dénition 4.2. Soient f et g deux fonctions intégrables sur R. On appelle convolée ou produit de
convolution de f et g la fonction
Z +∞
(f ⋆ g)(t) = f (t − s)g(s)ds = (g ⋆ f )(t)
−∞

Exo Montrer que si f est paire alors f ⋆ f est paire.


Propriété 4.1. Le produit de convolution est une application linéaire et une opération symétrique.
Si f est dérivable alors (f ⋆ g)′ = f ′ ⋆ g.
Remarque 4.1. Une des caractéristiques de la convolution est un eet régularisant. Par exemple le produit
de convolution de deux fonctions discontinues peut être continue.
Exemple : 1) (1[0,1] ⋆ 1[0,1] )(x) = R−∞+∞
1[0,1] (x − t)1[0,1] (t)dt = longueur ([x − 1, x] ∩ [0, 1]). Cette fonction
est continue alors que 1[0,1] n'est pas continue.
2) 2h (x)dx = 1, pour tout h > 0.
1
Rh
1
−h [−h,h]
3) Soit f intégrable, alors (f ⋆ 2h f (x + t)dt. Si h est petit et f
1 1
Rh 1
Rh
1[−h,h] )(x) = 2h −h
f (x − t)dt = 2h −h
continue alors (f ⋆ 2h
1
1[−h,h] )(x) est proche de f (x) i.e lim (f ⋆ 2h 1
1[−h,h] ) = f .
h→0

Dénition 4.3. La masse (ou impulsion ou distribution) de Dirac en 0 notée δ0 est la "fonction" qui vérie
la propriété suivante : −∞ δ0 (x)f (x)dx = f (0) pourvu que f soit continue.
R +∞

Par conséquence −∞ δ0 (x)dx = 1 et δ0 ⋆ f = f pourvu que f soit continue.


R +∞

11
Par translation, la masse de Dirac en un point est dénie par δx (t) = δ0 (x − t).
La masse de Dirac est la dérivée (au sens des distributionsR i.e de l'intégrale) de la fonction de Heaviside
H(x) = 0 si x < 0 et H(x) = 1 si x ≥ 0. En eet H(x) = −∞ δ0 (t)dt.
x

Dénition 4.4. Si f : Rn −→ C est une fonction intégrale sur Rn , alors la transformée de Fourier de
f en u ∈ Rn est dénie par Z
(Ff )(u) = e−2iπut f (t)dt
Rn

L'application f 7−→ F(f ) est appelée la transformation de Fourier.


L'application Ff : R −→ C est appelée la transformée de Fourier de f .
La courbe représentative de |Ff | est appelée spectre de f .

4.2 Propriétés
1. L'application Ff est continue sur Rn .
2. (Ff )(u) → 0 lorsque |u| → ∞.
3. Linéarité : F(c1 f + c2 g) = c1 Ff + c2 Fg .
4. Changement d'échelle : (Ff ( at ))(u) = |a|(Ff )(au).
5. Translation : (Ff (t + a))(u) = ei2πau (Ff )(u).
6. Modulation : (Fei2πat f (t))(u) = (Ff (t))(u − a).
7. Conjugaison : (F f¯)(u) = (Ff )(−u).
8. Convolution du produit : F(f ⋆ g) = (Ff )(Fg) et F(f g) = (Ff ) ⋆ (Fg).
9. Réciprocité : (F(Ff )(u) = f (−u).
R +∞ R +∞
10. Conservation du produit scalaire : −∞ (Ff )(u)(Ff )(u)du = −∞ f (t)g(t)dt.
R +∞ R +∞
11. Parseval : −∞ |(Ff )(u)|2 du = −∞ |f (t)|2 dt.

4.3 Transformation de Fourier inverse


Etant donnée une fonction G : Rn −→ C, on cherche à déterminer f : Rn −→ C telle que Ff = G.

Théorème 4.1. F est injective. On en déduit que F admet une inverse notée F −1 .
Proposition 4.2. Si Ff est intégrable alors ei2πut (Ff (t))(u)du.
R
f (t) = Rn

4.4 Résolution des équations diérentielles


Equation diérentielle −→ Equation plus simple −→ solution −→ solution Equation initiale.
Pour résoudre les équations diérentielles linéares, on utilise les propriétés suivantes :

Autres Propriétés
dt )(u) = 2iπu(Ff )(u).
1. (F df
k
2. (F ddtkf )(u) = (2iπu)k (Ff )(u).
3. (F(tf ))(u) = i d
2π du (Ff )(u) .
i k dk
4. (F(t f ))(u) =
k
( 2π ) duk (Ff )(u) .

Exemple 4.1. Trouver une fonction f intégrable sur R telle que −f ”(t) + f (t) = e−t .
2
: R −→ C

12
Chapitre 5

Transformation de Laplace
Elle permet entre autres de résoudre explicitement une classe assez large d'équations diérentielles ordi-
naires avec données initiales dans l'espace R+ .

5.1 Dénition et propriétés


Dénition 5.1. Une fonction f :]0, ∞[−→ R ou C est dite à croissance au plus exponentielle s'il existe des
constantes réelles af et Cf telles que |f (t)| ≤ Cf eaf t .
Si f est intégrable et à croissance au plus exponentielle alors la tranformée de Laplace de f en p ∈ R ou C
avec |p| > af est dénie par Z ∞
(Lf )(p) = e−pt f (t)dt
0
L'application f 7−→ L(f ) est appelée la transformation de Laplace.
L'application Lf : {p ∈ R; p > af } −→ R est appelée la transformée de Laplace de f .
Remarque 5.1. On dénit pour f :]0, ∞[−→ C et z ∈ C, (Lf )(z) = 0∞ e−zt f (t)dt.
R

Exemple 5.1. Calculer (Lu)(p), (L(eat u))(p) et (L(eat u(t − 2)))(p) où u est la fonction d'Heaviside.
Propriété 5.1. 1. Lf est une fonction régulière.
2. (Lf )(p) −→ 0 lorque |p| −→ ∞.
3. Linéarité : L(c1 f + c2 g) = c1 Lf + c2 Lg.
4. Modulation : (L(eat f (t)))(p) = (L(f (t)))(p − a).
5. Convolution du produit : L(f ⋆ g) = (Lf )(Lg).
Exemple fondamental : Si n ∈ N et c ∈ R alors pour tout p ∈ R ou C tel que |p| > c,
n+1 .
n!
(L(tn ect ))(p) = (p−c)
Exercice : Regarder le cas où n n'est pas dans N.
Exemple 5.2. Calculer les transformées de Laplace des fonctions suivantes : 1, t, t2 , et , eit , sint, cost,
sht, cht, sin2 t.

5.2 Transformation de Laplace inverse


Etant donnée une fonction H : R −→ R, on cherche à déterminer f :]0, t[−→ R telle que Lf = H .
Théorème 5.1. L est injective. On en déduit que L admet une inverse notée L−1 .
Il n'y a pas de formule d'inversion dans le cas général de la transformée de Laplace. On s'interesse
particulièrement au cas spécique des fractions rationnelles.
F (p)
Soit H = G F
où F et G sont des polynômes. Nécessairement degF < degG. On décompose G(p) en une
combinaison linéaire des fractions rationnelles simples de la forme (p−c
Ak
k)
k . Puis on utilise la transformation
 
inverse L −1 k!
(p−c)k+1
(t) = t e . La linéarité de L permet enn de calculer L−1 ( G
k ct −1 F
).

13
Exemple 5.3. Déterminer la transformation inverse de H(p) = 14p2 −p−12
(p−1)(p+1)(2p+1) .

5.3 Résolution des équations diérentielles


Equation diérentielle −→ Equation plus simple −→ solution −→ solution Equation initiale.
La transformée de Laplace est particulièrement ecace pour résoudre une équation diérentielle (posée sur
[0, +∞[) avec conditions initiales. Pour cela, on utilise les propriétés suivantes :

Autres Propriétés
dt )(p) = p(Lf )(p) − f (0).
1. (L df
2
2. (L ddt2f )(u) = p2 (Lf )(p) − pf (0) − dt (0).
df

3. (L(tf ))(p) = − dp
d
(Lf )(p) .
k
4. (L(tk f ))(p) = (−1)k dp
d
k (Lf )(p) .

Exemple 5.4. Trouver une fonction deux fois dérivable f : [0, ∞[−→ C telle que 2f ”(t)+3f ′ (t)+f (t) = et
avec f (0) = 7 et f ′ (0) = −4.

14
Exercices de travaux dirigés
eax eax
1. Montrer que eax sinbxdx = − bcosbx) et eax cosbxdx = + bsinbx).
R R
a2 +b2 (asinbx a2 +b2 (acosbx
2. A l'aide des changements de variable, établir les relations suivantes (f est continue) :
Rb Rb Rπ Rπ
a
f (x)dx = a f (a + b − x)dx ; ; 02 f (cosx)dx = 02 f (sinx)dx ;
R π2 Rπ R π xsinx
−π
f (sinx)dx = 0 f (cosx)dx. Calculer 0 1+cos 2 x dx.
2

3. a) Soit f : [1; +∞[−→ R une fonction


Rn croissante et continue. Montrer qu'on a
f (1) + f (2) + · · · + f (n − 1) ≤ 1 f (x)dx ≤ f (2) + f (3) + · · · + f (n).
n n+1 √
n
b) En déduire que en−1
n
< n! < (n+1) et que la suite de terme général un = nn! est convergente.
√ en
Calculer lim n n!.
R 2π P+∞ R 2π P+∞
4. Calculer 0 n=0 (an cosnt + bn sinnt)dt, 0 n=0 (an cosntcospt + bn sinntcospt)dt,
R 2π P+∞
0 n=0 n(a cosntsinpt + b n sinntsinpt)dt ; p ∈ N .
5. (i) Déterminer la série de Fourier de chacune des fonctions
 1 2 f , 2π−périodique et dénie sur [−π, π]
− 2 (x + πx), −π ≤ x ≤ 0
par : f (x) = x2 ; f (x) = x3 ; f (x) = e2x ; f (x) = 1 2
2 (x − πx), 0 ≤ x ≤ π 
x, 0 < x < π
(ii) Déterminer la série de Fourier de la fonction g , 2π−périodique et dénie par g(x) =
π, π < x < 2π
Rx 2 R 1 −x2 (1+t2 )
6. On pose f (x) = ( 0 e−t dt)2 et g(x) = 0 e 1+t2 dt.
a) Calculer f ′ (x) + g ′ (x) et en déduire f + g .
R +∞ 2
b) Déduire la valeur de 0 e−t dt.
R sinx √ R sinx √
7. Soit k(x) = −sinx 1 − t2 dt, h(x) = cos2x 1 − t2 dt.
Montrer que chacune de ces fonctions est 2π−périodique. Calculer k ′ (x) et h′ (x) et en déduire k(x)
et h(x).
8. On donne f (t) = e−|t| , g(t) = sint, h = 1[−a,a] . Peut-on calculer f ∗ g , f ∗ f , g ∗ g , g ∗ h, h ∗ h ?
R +∞
9. Montrer que f paire alors (Ff )(u) = 2 0 f (t)cos(2πut)dt et
R +∞
f impaire alors (Ff )(u) = −2i 0 f (t)sin(2πut)dt.
10. Calculer les transformées de Fourier de : f (t) = e−αt u(t) ; g(t) = eαt u(−t) ;
2 2 2π
h(t) = e−α|t| ; w(t) = sign(t)e−α|t| ; s(t) = e−πt ; fλ (t) = e−λt ; gn (t) = e− n |t| ;
k k
mk (t) = tk! e−αt u(t) ; vk (t) = tk! eαt u(−t) ; α ∈ C, Re(α) > 0, λ > 0 et u est la fonction d'Heaviside.
t2 2
11. Pour a > 0 et λ > 0, on donne fa (t) = a√12π e− 2a2 et gλ (x) = e−λx ; avec t, x ∈ R.
Calculer la transformée de Fourier de gλ et en déduire celle de fa .
Calculer fa ∗ fb et montrer que fa ∗ fb = f√a2 +b2 .
12. Montrer que : F(b1]−a,a[ )(u) = 2ab sin(2πau) sin(πu) 2
2πau , F((1 − |t|)1]−1,1[ )(u) = ( πu ) ,
−πt2 2
F(e )(u) = 1+(2πu)2 , F(t e 1]0,∞[ )(u) = (1+i2πu)n+1 , F(e
−|t| 2 n −t n!
)(u) = e−πu ,
F(e−a|t| )(u) = a2 +(2πu)2 , a réel strictement positif.
2a

13. Utiliser la formule de réciprocité pour montrer que :


sin2 t
t )(u) = π1]− 2π , 2π [ (u), F( t2 )(u) = π(1 − |πu|)1]− π , π [ (u), F( 1+t2 )(u) = πe ,
−|2πu|
F( sint 1 1 1 1
1

F( (1+it)n+1 )(u) = 2π(−2πu) e 1]−∞,0[ (u).


n! n 2πu

15
14. Une fonction f : Rn −→ C est dite homogène de degré α ∈ Z si ∀x ∈ Rn , ∀t ∈ R, f (tx) = tα f (x).
Montrer que si f est homogène de degré α alors la transformée de Fourier de f est homogène de degré
−α − n.
15. On donne F( sin(πax)πx )(u) = 1]− a2 , a2 [ (u), a > 0. Utiliser la formule de Parseval pour montrer que
R sin2 t
R t2
dt = π . Montrer que sin(πat)
πt ∗ sin(πbt)
πt = sin(πct)
πt , avec c = min(a, b).
τ
x+
16. On pose f¯(x) = τ1 x− τ2 f (t)dt ; h(t) = 1τ [− τ2 , τ2 ](t) (fonction carrée).
R
2

Montrer que f¯ = h ∗ f et que (F f¯)(ν) = sin(2πντ ) (Ff )(ν). (Fh) est appelée fonction transfert.
πντ
17. a) Calculer les transformées de Fourier : f (t) = (1 − |t|)1]−1,1[ (t) (représenter f ) ;
h(t) = t2 e−t 1]0,∞[ (t) ; g(t) = b1]−a,a[ ; fn (t) = tn e−t 1]0,∞[ (t).
b) En prenant a = n1 et b = n2 dans g(t), montrer que Fδ0 = 1 et en déduire que F1 = δ0 .
c) Montrer que Fδ1 (ν) = e−2iπν .
(t−m)2
18. fm,σ (t) = √ 1 e− 2σ2 . Montrer que fm,σ ∗ fn,τ = fm+n,√σ2 +τ 2 et
2πσ
−2πν 2 σ 2 −2iπmν
(Ffm,σ )(ν) = e e .
2
19. Trouver une fonction f : R −→ C intégrable sur R et vériant −f ”(t) + f (t) − e−t = 0.
20. Calculer la transformée de Fourier de t 7−→ e−a|t| . Utiliser la formule d'inversion ou de réciprocité
pour calculer la transformée de Fourier de u 7−→ α2 +u
1
2 , ( α réel non nul) ; de u 7−→ (1+u
u
2 )2 et de

u 7−→ 2−2u+u2 .
1

21. En utilisant le fait que la transformée de Fourier de t 7−→ e−a|t| est a2 +4π 2 ν 2 ,
2a
trouver une solution
de l'équation
R∞ intégro-diérentielle
y(t) + −∞ y(t − x)e−a|x| dx = e−a|t| .
22. Déterminer la transformée de Laplace de t 7−→ eat , t 7−→ tn eat , t 7−→ sinwt,
t 7−→ e−4t sin(5t), t 7−→ t2 cost, t 7−→ sint1]3,∞[ (t), t −
7 → t1[0,1[ (t) + (2 − t)1[1,2[ (t).
23. Utiliser la formule des dérivées pour donner les originaux de p 7−→ (p+a)2 ,
1
p 7−→ (p+a)3 ,
1
p 7−→ 1
(p+a)n
à partir de l'original de p 7−→ p+a
1
.
p2
24. Déterminer les originaux de p 7−→ p2 −a2 ,
a
p 7−→ (p+3)3 .
25. Résoudre les équations diérentielles suivantes :
a) x′ (t) + 3x(t) = 0, b) x′ (t) + 3x(t) = cos(3t) avec x(0) = 0 ;
c) x”(t) + x(t) = t avec x(0) = 1 et x′ (0) = 0.
26. Résoudre les systèmes diérentiels suivants :
 ′
x′1 = −6x1 + 2x2 ; x1 (0) = 1

x1 = 2x1 − 3x2 ; x1 (0) = 8
x′2 = −2x1 + x2 ; x2 (0) = 3 x′2 = 6x1 − 5x2 ; x2 (0) = 0
R∞
27. Exprimer φ en fonction de f si on a pour tout x > 0, φ(x) − λ 0 ex−y φ(y)dy = f (x).
 t 
e si t ≤ 0 1 si 0 ≤ t ≤ 1
28. Soient les deux signaux : x(t) = et h(t) =
e−t si t ≥ 0 0 sinon
(a) Représenter chaque signal.
(b) Calculer y(t) = x(t) ∗ h(t).
(c) Représenter y .
(d) Calculer la transformée de Fourier de y .

Contrôle continu 2022-2023


Exercice 1 (6pts)
1. On donne u(t) = e−|t| et v = 1[−a,a] . Calculer u ∗ v et v ∗ v .
2
2. Calculer les transformées de Fourier de : g(t) = e−πt , ; h(t) = e−αt 1]0,∞[ (t) ;
s(t) = e−|t| ; (α est un complexe de partie réelle positive).

16
4
3. Trouver une fonction f : R −→ C intégrable sur R et vériant f ”(t) − f (t) − e−t = 0.

Exercice 2 (5pts)
Rx
1. On pose lnx = t , avec x ≥ 1. Montrer que ln(x ) = nlnx pour tout entier naturel
dt
1
n
n.
2. On donne F (x) = 1 − µλ e(λ−µ)x et G(x) = 1 − e(λ−µ)x pour tout x ∈ R+ .
R +∞ Rx
Montrer que F (0) = λ 0 e−λt G(t)dt et que F (x) = eλx F (0) − λeλx 0 e−λt G(t)dt.
3. Soient a, b deux réels non nuls avec a > 0. Calculer la transformée de Fourier de
t 7−→ b1[−a,a] (t). En déduire la transformée de Fourier de x 7−→ sin(πax)
πx .
R +∞ 2 t
Calculer −∞ sin t2 dt.

Exercice 3 (2,5pts)
1. Soit f une fonction intégrable sur R. Exprimer la transformée de Fourier de f en fonction de la
transformée de Laplace.
2. Utiliser la transformée de Laplace pour calculer la transformée de Fourier de t 7−→ f (t) = e−a|t| avec
a > 0.

Exercice 4 (6,5pts)
1. Résoudre le système diérentiel suivant :
 ′
x1 (t) = −6x1 + 2x2 ; x1 (0) = 1
x′2 (t) = 6x1 − 5x2 ; x2 (0) = 0
R +∞ −t
2. On dénit la fonction réelle f par f (x) = 0
e√
t
eitx dt.
−x
(a) On donne pour x réel supérieur à 1, a(x) = 1
x2 et b(x) = e√
x
. Comparer a(x) et b(x).
R +∞ e−x
En déduire la nature de 1 √ dx.
x
(b) Calculer f ′ (x).
(c) Montrer à l'aide d'une intégration par parties que f ′ (x) = 2(x2 +1) f (x).
x+i

(d) Calcuer f (0).


(e) Déterminer l'expression de f (x).

Contrôle continu 2023-2024


Exercice 1 (6pts)
A-
1. Soit g : 0, π2 → R une fonction de C 1 0, π2 telle que g′ garde un signe constant et g (0) = 0.
   

A l'aide d'une intégration par parties suivie d'une majoration, montrer que
R π2 |g( π2 )|
0
g (t) sin [(2n + 1) t] dt ≤ 2n+1 .

2. En déduire la limite lorsque n → +∞ de 02 g (t) sin [(2n + 1) t] dt.

3. Déduire de ce qui précède limn→+∞ a2 sin[(2n+1)t] t dt, a réel strictement positf.
R π2 sin[(2n+1)t] R (2n+1) π2 sin t
4. Montrer que 0 t dt = 0 t dt.
R∞
5. A l'aide de ce qui précède, étudier la convergence et déterminer la valeur de a sint t dt, a réel
strictement positf.
B-
R ∞ −t −2t R 2ε e−t
1. Pour ε strictement positif, établir la relation ε e −et dt = ε t dt.
R ∞ −t −2t
2. En déduire la valeur et la nature de I = 0 e −e t dt.

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Exercice 2 (6pts)
1. Enoncer les propriétés de changement d'échelle, de translation, de Parseval et de réciprocité pour la
transformée de Fourier.
2. Calculer la transformée de Laplace de t 7−→ sint, t 7−→ et cost.
3. Résoudre l'équation x”(t) + x(t) = et cost, x(0) = x′ (0) = 0, t > 0.
4. Lorsque x est solution de l'équation précédente, en déduire une relation entre Lx(p) et L(sint)(p) ×
L(et cost)(p).
5. En déduire l'expression de sint ∗ et cost.

Exercice 3 (5pts)
|t|
Soit le semi-groupe de Poisson f : R −→ R déni par f (t) = e− T , T > 0.
1. Calculer la transformée de Fourier de f .
2. En déduire la transformée de Fourier de t 7−→ e−2π|t| .
3. En déduire la transformée de Fourier de t 7−→ 1+t2 .
1

4. En déduire la solution g de l'équation intégrale de Fredholm 1+x2 .


1
R
R
g(x − s)g(s)ds =

Exercice 4 (3pts)
(t−m)2
Soient les réels positifs m, n, τ , σ et la fonction réelle fm,σ dénie par fm,σ (t) = √ 1 e− 2σ 2 . Montrer
2πσ
que fm,σ ∗ fn,τ = fm+n,√σ2 +τ 2 et calculer (Ffm,σ )(ν).

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