Cours d'Analyse pour Ingénieurs IT1
Cours d'Analyse pour Ingénieurs IT1
Objectifs : La notion d'intégrale est omniprésente dans les estimations des grandeurs physiques aussi
bien dans la théorie que dans la pratique des outils de mesure. Par ailleurs, les signaux numériques sont de
plus en plus gourmands en approche théorique de notions relatives aux Diracs. Il s'agit dans ce cours de
donner et de consolider à l'élève ingénieur de télécommunications les outils théoriques lui permettant d'abor-
der de manière sereine les matières liées aux signaux analogiques et numériques telles que le traitement du
signal, de l'image, de la voix, les radars, les antennes, · · ·
Ce cours est découpé en cinq chapitres accompagné d'une série d'exercices devant faire objet de travaux
dirigés.
Modalités d'enseignement : cours magistral interactif, travaux dirigés.
Modalités d'évaluation : contrôle continu, interrogation orale.
1
Table des matières
1 Fonctions de plusieurs variables 3
1.1 Dénition et exemples. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Domaine de dénition et représentation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.3 Dérivées partielles. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.4 Diérentielle d'un champ scalaireplan tangent à une surface . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2 Intégrale de Riemann 5
2.1 Intégrale de Riemann d'une fonction continue bornée sur un segment . . . . . . . . . . . . . . 5
2.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Méthode des rectangles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.4 Intégrale de Riemann impropre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Intégrale de Lebesgue 8
3.1 Mesure de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Intégrale de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.3 Espaces de Lebesgue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4 Transformation de Fourier 11
4.1 Intégrales dépendant d'un paramètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.3 Transformation de Fourier inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
4.4 Résolution des équations diérentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
5 Transformation de Laplace 13
5.1 Dénition et propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.2 Transformation de Laplace inverse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
5.3 Résolution des équations diérentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2
Chapitre 1
Dénition 1.1. On appelle dérivée partielle de f par rapport à x1 au point (a1 , a2 , · · · , an ), la dérivée
(usuelle) de la fonction x1 7−→ g(x1 ) = f (x1 , a2 , · · · , an ) en x1 i.e la limite quand x1 −→ a1 , (si elle existe)
du rapport g(xx )−g(a
1
−a
1 )
. Dans ce cas cette limite est notée ∂x∂f
(a1 , a2 , · · · , an ) ou ∂x f (a1 , a2 , · · · , an ) ou
1
fx (a1 , a2 , · · · , an ) ou · · ·
1 1 1
1
On dénit de même la dérivée partielle de f par rapport à xk , 2 ≤ k ≤ n. On les appelle dérivées partielles
ou dérivées partielles premières.
3
Propriétés : Soit f : Rn −→ R ; pour tout 1 ≤ k ≤ n, on a ∂xk (f + g) = ∂xk f + ∂xk g ;
g∂ f −f ∂ g
∂xk (f g) = g∂xk f + f ∂xk g ; ∂xk (αf ) = α∂xk f ; ∂xk ( fg ) = xk g2 xk .
Exemple 1.2. Donner le domaine de dénition et calculer les dérivées partielles. √
f (x, y, z) = −8xz 3 + x + y 2 ; g(x, y, z) = xz ey + 5xy 2 ; h(x, y, z) = ln(x2 + z 2 ) + xy ; k(x, y, z) = .
3 x2 +y 2 −z
3xy
Dénition 1.2. Soit f : Rn −→ R ; pour tout 1 ≤ k, l ≤ n, on appelle dérivée partielle seconde, toute
dérivée partielle d'une dérivée partielle. On note ∂x ou ∂x f ; ∂x∂ ∂x ;
2 2
∂ f f
2 2
k k k l
Théorème 1.1. (théorème de Shwarz) Soit f : Rn −→ R ; pour tout 1 ≤ k, l ≤ n. Si les dérivées partielles
secondes de f par rapport à xk et xl sont continues alors ∂x∂ ∂x .
2 2
f
= ∂x∂ ∂x
f
k l l k
supposons que x soit fonction des variables u1 , u2 , · · · , un dans l'expression f (x1 , x2 , · · · , xn ), alors on a
Pl=n ∂f k∂xl
l=1 ∂xl ∂uk .
∂f
∂uk =
Cas de trois variables, si par exemple, (x, y, z) = (x(u, v, w), y(u, v, w), z(u, v, w) alors ∂u ∂f
= ∂f ∂x
∂x ∂u +
∂y ∂u + ∂z ∂u et des relations analogues pour ∂v et ∂w .
∂f ∂y ∂f ∂z ∂f ∂f
L'équation d'une surface (S) de R est de la forme f (x, y, z) = 0. On en déduit que df = 0 i.e
3
−−−→
∂x f dx + ∂y f dy + ∂z f dz = 0 i.e le champ de vecteur gradf est normal à la surface (S) en chaque point de
(S).
Soit M0 un point de (S). On en déduit que le plan tangent en M0 à (S) est l'ensemble des points M tels que
−−−→ −−−→
M0 M .gradf (M0 ) = 0.
4
Chapitre 2
Intégrale de Riemann
2.1 Intégrale de Riemann d'une fonction continue bornée sur un
segment
Soit f une fonction dénie et bornée sur [a, b].
Dénition 2.1. On appelle partition P du segment [a, b], tout ensemble ni de points
a = x0 < x1 < · · · < xn = b. On note P = {x0 , x1 , · · · , xn }.
On pose αi = inf {f (x); xi ≤ x ≤ xi+1 } et βi =Psup{f (x); xi ≤ x ≤ xi+1 } ;
On calcule les sommes de Darboux : L(P, f ) = n−1 i=0 αi (xi+1 − xi ), U (P, f ) = i=0 βi (xi+1 − xi ).
Pn−1
L(P, f ) est appelée somme de Riemann inférieure de f et U (P, f ) est appelée somme de Riemann supérieure
de f .
On remarque que L(P, f ) ≤ U (P, f ). Plus le nombre de points de la partition sera grand, plus L(P, f ) se
rapproche de U (P, f ).
Dénition 2.2. Soit P l'ensemble des partitions du segment [a, b]. On dit que f est Riemann intégrable si
sup{L(P, f ); P ∈ P} = inf {U (P, f ); P ∈ P}. Lorsque f est Riemann intégrable, cette valeur commune est
appelée intégrale (ou somme) de Riemann de f sur [a, b]. On la note ab f (x)dx.
R
2.2 Propriétés
1. Si f est en escalier ou étagée sur [a, b] alors f est Riemann intégrable sur [a, b].
2. Si f est continue sur [a, b] alors f est Riemann intégrable sur [a, b].
Rb Rb Rb
3. a (αf (x) + βg(x))dx = α a f (x)dx + β a f (x)dx. α, β ∈ R.
Rb Rb
4. | a f (x)dx| ≤ a |f (x)|dx.
Rb Rb
5. Si ∀x ∈ [a, b], f (x) ≤ g(x) alors a f (x)dx ≤ a g(x)dx.
Rb
6. Si ∀x ∈ [a, b], f (x) ≥ 0 alors a f (x)dx ≥ 0.
Rb Rc Rb
7. Relation de Chasles : a f (x)dx = a f (x)dx + c f (x)dx.
Rb Rb Rb
8. Inégalité de Cauchy-Schwarz : | a f (x)g(x)dx| ≤ [ a (f (x))2 dx]1/2 [ a (g(x))2 dx]1/2 .
Rb Rb Rb
9. Inégalité de Minkowski : [ a (f (x) + g(x))2 dx]1/2 ≤ [ a (f (x))2 dx]1/2 + [ a (g(x))2 dx]1/2 .
5
Remarque 2.1. (Intégrale de Riemann d'une fonction discontinue) Si f n'est pas continue sur [a, b], alors
f n'est pas forcément Riemann intégrable sur [a, b].
Considère par exemple f dénie sur [0, 1] par f (x) = 0 si x ∈ Q et f (x) = 1 si x ∈ R − Q. On montre que
les intégrales de Riemann inférieure et supérieure ne sont pas égales.
Propriété 2.1. (Lemme de Riemann) : Soit f une fonction Riemann intégrable sur [a, b]. Alors
f (x)cos(λx)dx et a f (x)sin(λx)dx tendent vers zéro quand | λ |−→ +∞.
Rb Rb
a
On en déduit que les coecients de Fourier ak = T2 0T f (x)cos( 2πkT x)dx et bk = T 0 f (x)sin( T x)dx
2 T 2πk
R R
Dénition 2.3. Rn (f ) = b−a k=1 f (a + k n ) est appelée somme de Riemann de f associée à la partition
Pn b−a
n
P.
Exemple 2.2. 1) En considérant la fonction f dénie sur [0, 1] par f (x) = 1+x
1
,
montrer que n→+∞ .
Pn 1
lim k=1 n+k = ln2
2) Utiliser la fonction g dénie sur [0, π] par g(x) = eix pour montrer que n→+∞
lim nπ k=1 eikπ/n = 2i.
Pn
Dénition 2.4. Soit f une fonction continue et non bornée sur ]a, b], a ∈ R ∪ {−∞} . Si la limite de
f (x)dx existe et est nie lorsque δ → a+ alors cette limite est appelée intégrale impropre ou généralisée de
Rb
δ
f sur ]a, b]. On note a f (x)dx = lim δ f (x)dx. On dit que cette intégrale converge. Dans le cas contraire,
Rb Rb
δ→a +
elle diverge.
Remarque 2.2. Cette dénition s'étend aux fonctions continues et non bornées sur [a, b[, b ∈ R ∪ {+∞}
ou ]a, b[ avec a ∈ R ∪ {−∞} et b ∈ R ∪ {+∞}.
Théorème 2.1. RSoit la fonction f (x) = xα dénie sur ]0, 1] avec α ∈ R.
i) Pour α ≥ 0, 01 xα dx = 1+α
1
.
ii) Pour −1 < α < 0, 0 x dx = 1+α .
R1 α 1
R1
Exercice : 1) Nature de 0 x1β dx avec β ∈ R.
Rb
2) Nature de a (x − a)α dx avec α ∈ R.
Rb 1
3) Nature de a (x−a) α dx avec α ∈ R.
6
Théorème 2.2. Soient f et gRdénies, continues, nonR bornées et positives sur ]a, b], a ∈ R ∪ {−∞}.
i) Supposons f (x) ≤ g(x). Si ab f (x)dx diverge alors ab g(x)dx diverge.
Si ab g(x)dx converge alors ab f (x)dx converge.
R R
Théorème 2.3. RSoit la fonction f (x) = x1 dénie sur [1, +∞[ avec α ∈ R.
α
Théorème 2.4. Soient f et gR dénies, continues, non bornées et positives sur [a, +∞[.
i) Supposons f (x) ≤ g(x). Si a+∞ f (x)dx diverge alors a+∞ g(x)dx diverge. Si a+∞ g(x)dx converge alors
R R
f (x)dx converge.
R +∞
a
ii) Si x→+∞ = 1 alors a f (x)dx et a g(x)dx sont de même nature.
R +∞ R +∞
lim fg(x)
(x)
Remarque 2.3. a) Le fait que x→+∞ lim f (x) = 0 n'implique pas que a f (x)dx soit convergente. Par
+∞
R
exemple x→+∞
lim x1 = 0 et a f (x)dx diverge.
R +∞
que f soit bornée au voisinage de l'inni. Par exemple 0 1+x xsin x dx converge alors que la fonction n'est
R +∞
7 2
limite en +∞.
7
Chapitre 3
Intégrale de Lebesgue
Cette notion généralise celle de l'intégrale de Riemann.
Proposition 3.1. Il existe sur Rn une mesure notée λn telle que pour tout ensemble P = k=m
Q
k=1 (ak , bk )
(pavé ouvert ou fermé), on a λn (P ) = k=1 (bk − ak ).
Qk=m
Cette mesure s'appelle mesure de Lebesgue (ou de Borel) sur Rn .
Remarque 3.1. Si n = 1, P = (a, b) et λ1 (P ) = b − a est la longueur du segment [a, b].
Si n = 2, λ2 (P ) est l'aire du rectangle P .
Si n = 3, λ3 (P ) est le volume du parallélipipède P .
Pour calculer la mesure de Lebesgue d'un sous-ens quelconque de Rn , il faut le décomposer en une union de
pavés disjoints et faire la somme des mesures de chaque pavé. Ce n'est pas toujours possible en général.
Propriétés
1. λn ({x}) = 0. Tout ensemble de mesure nulle est dit négligeable.
2. λ1 ([a, b]) = λ1 (]a, b]) = λ1 ([a, b[) = λ1 ([a, b]) = λ1 (]a, b[) = b − a.
3. Si A est un sous-ensemble ni ou dénombrable de Rn alors λn (A) = 0.
4. Si A = (a, b) × {c} alors λ2 (A) = 0.
Dénition 3.2. Soit A ⊂ Rn . On dit qu'une propriété a lieu presque partout sur A (noter p.p. x ∈ A) si
l'ensemble des x ∈ A sur lequel la propriété n'a pas lieu est de mesure nulle.
Exemple 3.1. Soit f, g : R −→ R dénie par
1 si x = −1
0 si x ∈ [0, 1] ∩ Q
f (x) = 2 si x = 1 g(x) =
1 si x ∈ [0, 1] ∩ (R − Q)
0 sinon
8
3.2 Intégrale de Lebesgue
On note R̄ = R ∪ {+∞, −∞} = [−∞, +∞].
Dénition 3.3. Soit A une partie de Rn et fR : A −→ R̄ uneRapplication. L'intégrale de Lebesgue de f sur A
(quand R elle existe) est un élément de R̄ noté A f (x)dλn ou A f (x)dx qui satisfait les propriétés suivantes :
P1) A dx = λn (A) R , c ∈ R.
P2) Linéarité : A (c1 f (x) + c2 g(x))dx = c1 A fR(x)dx + c2 A g(x)dx R .
R R
A et f une fonction de A vers R. On suppose (fk ) converge simplement vers f p.p. sur A et qu'il existe
g : A −→ R Lebesgue intégrable avec g(x) R ≥ 0 p.p. x ∈ RA telle que |fk (x)| ≤ g(x) p.p. x ∈ A et ∀k ∈ N.
Alors f est Lebesgue intégrable sur A et A fk (x)dx −→ A f (x)dx pour k −→ +∞.
Remarque 3.3. Soit A ⊂ Rn , A f (x)dx = R 1A f (x)dx.
R R
n
Si f est Riemann intégrable sur A alors f est Lebesgue intégrable sur A et les deux intégrales coincident.
L'ensemble des applications Lebesgue intégrables sur un ouvert Ω de Rn est un espace vectoriel sur R noté
L1 (Ω).
La notion d'intégrale de Lebesgue sétend de manière naturelle aux fonctions à valeurs complexes.
On peut dire que Lebesgue est mieux que Riemann parce que les théorèmes qu'on obtient avec Lebesgue
sont plus ecaces. Il sut de penser aux théorèmes de convergence monotone et dominée ou aux intégrales
dépendant d'un paramètre pour en être convaincu. Mais ce qu'on peut se demander c'est, pourquoi peut-on
obtenir ces théorèmes avec la méthode de Lebesgue (le découpage en tranches) et pas avec celle de Riemann
(le découpage en piles) ?
9
Exemple 3.3. Calculer
π
sin(x + y)dxdy .
R 2
Rπ
0 0
Remarque 3.5. Dans son calcul symbolique, Heaviside a introduit en 1894 la fonction qu'il appela "l'échelon
unité" et qu'on appelle couramment aujourd'hui fonction de Heaviside. Il s'agit tout simplement de la fonction
indicatrice de l'intervalle [0 ;1[, notée par H . Si l'on cherche la dérivée de cette fonction, on voit qu'elle n'en
possède pas à l'origine. Cela n'empêche pas Heaviside de dénir la dérivée H de H , qu'il appela "impulsion
′
10
Chapitre 4
Transformation de Fourier
Elle permet entre autres de résoudre explicitement une classe assez large d'équations diérentielles dans
l'espace entier R.
[a, b].
Proposition 4.1. Soit f : R × R −→ R continue et dominée sur [a, b]. On pose h(x) = −∞ +∞
f (t, x)dt pour
R
Dénition 4.3. La masse (ou impulsion ou distribution) de Dirac en 0 notée δ0 est la "fonction" qui vérie
la propriété suivante : −∞ δ0 (x)f (x)dx = f (0) pourvu que f soit continue.
R +∞
11
Par translation, la masse de Dirac en un point est dénie par δx (t) = δ0 (x − t).
La masse de Dirac est la dérivée (au sens des distributionsR i.e de l'intégrale) de la fonction de Heaviside
H(x) = 0 si x < 0 et H(x) = 1 si x ≥ 0. En eet H(x) = −∞ δ0 (t)dt.
x
Dénition 4.4. Si f : Rn −→ C est une fonction intégrale sur Rn , alors la transformée de Fourier de
f en u ∈ Rn est dénie par Z
(Ff )(u) = e−2iπut f (t)dt
Rn
4.2 Propriétés
1. L'application Ff est continue sur Rn .
2. (Ff )(u) → 0 lorsque |u| → ∞.
3. Linéarité : F(c1 f + c2 g) = c1 Ff + c2 Fg .
4. Changement d'échelle : (Ff ( at ))(u) = |a|(Ff )(au).
5. Translation : (Ff (t + a))(u) = ei2πau (Ff )(u).
6. Modulation : (Fei2πat f (t))(u) = (Ff (t))(u − a).
7. Conjugaison : (F f¯)(u) = (Ff )(−u).
8. Convolution du produit : F(f ⋆ g) = (Ff )(Fg) et F(f g) = (Ff ) ⋆ (Fg).
9. Réciprocité : (F(Ff )(u) = f (−u).
R +∞ R +∞
10. Conservation du produit scalaire : −∞ (Ff )(u)(Ff )(u)du = −∞ f (t)g(t)dt.
R +∞ R +∞
11. Parseval : −∞ |(Ff )(u)|2 du = −∞ |f (t)|2 dt.
Théorème 4.1. F est injective. On en déduit que F admet une inverse notée F −1 .
Proposition 4.2. Si Ff est intégrable alors ei2πut (Ff (t))(u)du.
R
f (t) = Rn
Autres Propriétés
dt )(u) = 2iπu(Ff )(u).
1. (F df
k
2. (F ddtkf )(u) = (2iπu)k (Ff )(u).
3. (F(tf ))(u) = i d
2π du (Ff )(u) .
i k dk
4. (F(t f ))(u) =
k
( 2π ) duk (Ff )(u) .
Exemple 4.1. Trouver une fonction f intégrable sur R telle que −f ”(t) + f (t) = e−t .
2
: R −→ C
12
Chapitre 5
Transformation de Laplace
Elle permet entre autres de résoudre explicitement une classe assez large d'équations diérentielles ordi-
naires avec données initiales dans l'espace R+ .
Exemple 5.1. Calculer (Lu)(p), (L(eat u))(p) et (L(eat u(t − 2)))(p) où u est la fonction d'Heaviside.
Propriété 5.1. 1. Lf est une fonction régulière.
2. (Lf )(p) −→ 0 lorque |p| −→ ∞.
3. Linéarité : L(c1 f + c2 g) = c1 Lf + c2 Lg.
4. Modulation : (L(eat f (t)))(p) = (L(f (t)))(p − a).
5. Convolution du produit : L(f ⋆ g) = (Lf )(Lg).
Exemple fondamental : Si n ∈ N et c ∈ R alors pour tout p ∈ R ou C tel que |p| > c,
n+1 .
n!
(L(tn ect ))(p) = (p−c)
Exercice : Regarder le cas où n n'est pas dans N.
Exemple 5.2. Calculer les transformées de Laplace des fonctions suivantes : 1, t, t2 , et , eit , sint, cost,
sht, cht, sin2 t.
13
Exemple 5.3. Déterminer la transformation inverse de H(p) = 14p2 −p−12
(p−1)(p+1)(2p+1) .
Autres Propriétés
dt )(p) = p(Lf )(p) − f (0).
1. (L df
2
2. (L ddt2f )(u) = p2 (Lf )(p) − pf (0) − dt (0).
df
3. (L(tf ))(p) = − dp
d
(Lf )(p) .
k
4. (L(tk f ))(p) = (−1)k dp
d
k (Lf )(p) .
Exemple 5.4. Trouver une fonction deux fois dérivable f : [0, ∞[−→ C telle que 2f ”(t)+3f ′ (t)+f (t) = et
avec f (0) = 7 et f ′ (0) = −4.
14
Exercices de travaux dirigés
eax eax
1. Montrer que eax sinbxdx = − bcosbx) et eax cosbxdx = + bsinbx).
R R
a2 +b2 (asinbx a2 +b2 (acosbx
2. A l'aide des changements de variable, établir les relations suivantes (f est continue) :
Rb Rb Rπ Rπ
a
f (x)dx = a f (a + b − x)dx ; ; 02 f (cosx)dx = 02 f (sinx)dx ;
R π2 Rπ R π xsinx
−π
f (sinx)dx = 0 f (cosx)dx. Calculer 0 1+cos 2 x dx.
2
15
14. Une fonction f : Rn −→ C est dite homogène de degré α ∈ Z si ∀x ∈ Rn , ∀t ∈ R, f (tx) = tα f (x).
Montrer que si f est homogène de degré α alors la transformée de Fourier de f est homogène de degré
−α − n.
15. On donne F( sin(πax)πx )(u) = 1]− a2 , a2 [ (u), a > 0. Utiliser la formule de Parseval pour montrer que
R sin2 t
R t2
dt = π . Montrer que sin(πat)
πt ∗ sin(πbt)
πt = sin(πct)
πt , avec c = min(a, b).
τ
x+
16. On pose f¯(x) = τ1 x− τ2 f (t)dt ; h(t) = 1τ [− τ2 , τ2 ](t) (fonction carrée).
R
2
Montrer que f¯ = h ∗ f et que (F f¯)(ν) = sin(2πντ ) (Ff )(ν). (Fh) est appelée fonction transfert.
πντ
17. a) Calculer les transformées de Fourier : f (t) = (1 − |t|)1]−1,1[ (t) (représenter f ) ;
h(t) = t2 e−t 1]0,∞[ (t) ; g(t) = b1]−a,a[ ; fn (t) = tn e−t 1]0,∞[ (t).
b) En prenant a = n1 et b = n2 dans g(t), montrer que Fδ0 = 1 et en déduire que F1 = δ0 .
c) Montrer que Fδ1 (ν) = e−2iπν .
(t−m)2
18. fm,σ (t) = √ 1 e− 2σ2 . Montrer que fm,σ ∗ fn,τ = fm+n,√σ2 +τ 2 et
2πσ
−2πν 2 σ 2 −2iπmν
(Ffm,σ )(ν) = e e .
2
19. Trouver une fonction f : R −→ C intégrable sur R et vériant −f ”(t) + f (t) − e−t = 0.
20. Calculer la transformée de Fourier de t 7−→ e−a|t| . Utiliser la formule d'inversion ou de réciprocité
pour calculer la transformée de Fourier de u 7−→ α2 +u
1
2 , ( α réel non nul) ; de u 7−→ (1+u
u
2 )2 et de
u 7−→ 2−2u+u2 .
1
21. En utilisant le fait que la transformée de Fourier de t 7−→ e−a|t| est a2 +4π 2 ν 2 ,
2a
trouver une solution
de l'équation
R∞ intégro-diérentielle
y(t) + −∞ y(t − x)e−a|x| dx = e−a|t| .
22. Déterminer la transformée de Laplace de t 7−→ eat , t 7−→ tn eat , t 7−→ sinwt,
t 7−→ e−4t sin(5t), t 7−→ t2 cost, t 7−→ sint1]3,∞[ (t), t −
7 → t1[0,1[ (t) + (2 − t)1[1,2[ (t).
23. Utiliser la formule des dérivées pour donner les originaux de p 7−→ (p+a)2 ,
1
p 7−→ (p+a)3 ,
1
p 7−→ 1
(p+a)n
à partir de l'original de p 7−→ p+a
1
.
p2
24. Déterminer les originaux de p 7−→ p2 −a2 ,
a
p 7−→ (p+3)3 .
25. Résoudre les équations diérentielles suivantes :
a) x′ (t) + 3x(t) = 0, b) x′ (t) + 3x(t) = cos(3t) avec x(0) = 0 ;
c) x”(t) + x(t) = t avec x(0) = 1 et x′ (0) = 0.
26. Résoudre les systèmes diérentiels suivants :
′
x′1 = −6x1 + 2x2 ; x1 (0) = 1
x1 = 2x1 − 3x2 ; x1 (0) = 8
x′2 = −2x1 + x2 ; x2 (0) = 3 x′2 = 6x1 − 5x2 ; x2 (0) = 0
R∞
27. Exprimer φ en fonction de f si on a pour tout x > 0, φ(x) − λ 0 ex−y φ(y)dy = f (x).
t
e si t ≤ 0 1 si 0 ≤ t ≤ 1
28. Soient les deux signaux : x(t) = et h(t) =
e−t si t ≥ 0 0 sinon
(a) Représenter chaque signal.
(b) Calculer y(t) = x(t) ∗ h(t).
(c) Représenter y .
(d) Calculer la transformée de Fourier de y .
16
4
3. Trouver une fonction f : R −→ C intégrable sur R et vériant f ”(t) − f (t) − e−t = 0.
Exercice 2 (5pts)
Rx
1. On pose lnx = t , avec x ≥ 1. Montrer que ln(x ) = nlnx pour tout entier naturel
dt
1
n
n.
2. On donne F (x) = 1 − µλ e(λ−µ)x et G(x) = 1 − e(λ−µ)x pour tout x ∈ R+ .
R +∞ Rx
Montrer que F (0) = λ 0 e−λt G(t)dt et que F (x) = eλx F (0) − λeλx 0 e−λt G(t)dt.
3. Soient a, b deux réels non nuls avec a > 0. Calculer la transformée de Fourier de
t 7−→ b1[−a,a] (t). En déduire la transformée de Fourier de x 7−→ sin(πax)
πx .
R +∞ 2 t
Calculer −∞ sin t2 dt.
Exercice 3 (2,5pts)
1. Soit f une fonction intégrable sur R. Exprimer la transformée de Fourier de f en fonction de la
transformée de Laplace.
2. Utiliser la transformée de Laplace pour calculer la transformée de Fourier de t 7−→ f (t) = e−a|t| avec
a > 0.
Exercice 4 (6,5pts)
1. Résoudre le système diérentiel suivant :
′
x1 (t) = −6x1 + 2x2 ; x1 (0) = 1
x′2 (t) = 6x1 − 5x2 ; x2 (0) = 0
R +∞ −t
2. On dénit la fonction réelle f par f (x) = 0
e√
t
eitx dt.
−x
(a) On donne pour x réel supérieur à 1, a(x) = 1
x2 et b(x) = e√
x
. Comparer a(x) et b(x).
R +∞ e−x
En déduire la nature de 1 √ dx.
x
(b) Calculer f ′ (x).
(c) Montrer à l'aide d'une intégration par parties que f ′ (x) = 2(x2 +1) f (x).
x+i
A l'aide d'une intégration par parties suivie d'une majoration, montrer que
R π2 |g( π2 )|
0
g (t) sin [(2n + 1) t] dt ≤ 2n+1 .
Rπ
2. En déduire la limite lorsque n → +∞ de 02 g (t) sin [(2n + 1) t] dt.
Rπ
3. Déduire de ce qui précède limn→+∞ a2 sin[(2n+1)t] t dt, a réel strictement positf.
R π2 sin[(2n+1)t] R (2n+1) π2 sin t
4. Montrer que 0 t dt = 0 t dt.
R∞
5. A l'aide de ce qui précède, étudier la convergence et déterminer la valeur de a sint t dt, a réel
strictement positf.
B-
R ∞ −t −2t R 2ε e−t
1. Pour ε strictement positif, établir la relation ε e −et dt = ε t dt.
R ∞ −t −2t
2. En déduire la valeur et la nature de I = 0 e −e t dt.
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Exercice 2 (6pts)
1. Enoncer les propriétés de changement d'échelle, de translation, de Parseval et de réciprocité pour la
transformée de Fourier.
2. Calculer la transformée de Laplace de t 7−→ sint, t 7−→ et cost.
3. Résoudre l'équation x”(t) + x(t) = et cost, x(0) = x′ (0) = 0, t > 0.
4. Lorsque x est solution de l'équation précédente, en déduire une relation entre Lx(p) et L(sint)(p) ×
L(et cost)(p).
5. En déduire l'expression de sint ∗ et cost.
Exercice 3 (5pts)
|t|
Soit le semi-groupe de Poisson f : R −→ R déni par f (t) = e− T , T > 0.
1. Calculer la transformée de Fourier de f .
2. En déduire la transformée de Fourier de t 7−→ e−2π|t| .
3. En déduire la transformée de Fourier de t 7−→ 1+t2 .
1
Exercice 4 (3pts)
(t−m)2
Soient les réels positifs m, n, τ , σ et la fonction réelle fm,σ dénie par fm,σ (t) = √ 1 e− 2σ 2 . Montrer
2πσ
que fm,σ ∗ fn,τ = fm+n,√σ2 +τ 2 et calculer (Ffm,σ )(ν).
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