Enseigner la langue seconde efficacement
Enseigner la langue seconde efficacement
été 2019
Table des matières
II
Chapitre 3 – La compétence communicative ou langagière
• L’introduction 33
• La définition de la compétence communicative ou langagière 33
• Les six compétences dont la compétence communicative est formée 33
• Un modèle de compétence communicative (Le Bouthillier, 2016) 33
o La compétence discursive 34
o La compétence linguistique 36
o La compétence formulaïque 37
o La compétence socioculturelle 37
o La compétence interactionnelle 38
o La compétence stratégique 38
o Les structures des savoirs 38
• Enjeux liés à la compétence langagière (Roy et Galiev, 2011) 39
• La conclusion 40
III
• Activer les connaissances antérieures 50
• Visualiser 50
o Les facteurs pouvant influencer la difficulté de la tâche 50
• L’écriture 51
o La définition de l’écriture 51
o Les volets de l’écriture 51
§ La production écrite 51
§ L’écriture interactive 51
o Les éléments à enseigner de l’écriture 52
§ Le genre et le type de texte 52
§ Le processus de l’écrit 53
• La planification 54
• La rédaction 55
• La révision et la correction 55
• La publication et la présentation 55
§ Les éléments d’un bon texte (traits d’écriture) 55
• La description des traits 55
• Les éléments à enseigner pour chacun des traits 56
o Les facteurs pouvant influencer la difficulté de la tâche 58
• La conclusion 58
IV
Chapitre 6 – Les approches liées à l’enseignement de la langue
seconde
• L’introduction 80
• La littératie équilibrée (Bingham et Hall-Kenyon, 2013; Louden, 81
Rohl, Barratt-Pugh, Brown, Cairney, Elderfield, House, Meiers,
Rivalland & Rowe, 2005)
• La communication authentique (Zwiers, 2019) 82
• l’approche actionnelle (Conseil de l’Europe, 2001) 86
• l’approche neurolinguistique (Netten et Germain, 2004) 90
• l’approche par le projet (Krajcik et Blumenfeld, 2015) 95
• La conclusion 103
Chapitre 8 – L’évaluation
• L’introduction 115
• Les types d’évaluation 115
o sommative 115
o formative 115
§ L’évaluation au service de l’apprentissage 116
§ L’évaluation en tant qu’apprentissage 118
• La façon de procéder pour évaluer 119
• La conclusion 121
V
Chapitre 9 – La planification de leçons en langue seconde
• L’introduction 122
• Le modèle ternaire d’une leçon 123
• Les différentes parties du plan de leçon 124
o La mise en situation d’apprentissage 125
o L’approfondissement des connaissances 125
o Le réinvestissement et la réflexion 125
• La conclusion 141
VI
• L’écriture indépendante 203
• L’écriture guidée 208
VII
Chapitre 1
L’approche de l’interaction
1
Tous les chercheurs s’entendent qu’il est crucial de fournir des occasions d’interagir
aux élèves, et cela dans toutes les matières scolaires.
L’interaction à l’œuvre
1. Pendant une première discussion avec ses élèves, quelle que soit la matière,
l’enseignant crée un mur de thème avec ses élèves. Ainsi, dans la discussion,
l’enseignant fait ressortir le vocabulaire important lié au thème (les noms,
les verbes, les adjectifs, les adverbes, les marqueurs de liaison) et il les
affiche au mur de sa classe. Pendant son enseignement futur, l’enseignant
propose plusieurs activités de communication à ses élèves où ceux-ci ont
l’occasion d’interagir pour utiliser le vocabulaire important et l’intégrer dans
leur répertoire quotidien. En connaissant ce vocabulaire important, les
élèves seront en mesure de le reconnaitre dans leurs lectures, ce qui
améliorera leur compréhension, et ils seront en mesure de l’utiliser à l’écrit.
Ainsi, quel que soit l’âge des élèves, leur niveau de compétence en langue et leur
niveau scolaire, et la matière enseignée, l’enseignant doit trouver des moyens de
faire interagir ses élèves le plus souvent possible.
La négociation du sens
Krashen (1981) a représenté cet input légèrement plus avancé par la formule : i + 1.
Le « i » représente le vocabulaire et les expressions que les élèves connaissent déjà
et le « +1 » indique le vocabulaire et les expressions légèrement plus avancés et
nécessaires pour progresser dans leur apprentissage.
Ainsi, pour rendre l’input compréhensible, l’enseignant doit négocier le sens avec
ses élèves pour arriver à se comprendre et les élèves doivent aussi négocier le sens
entre eux.
Il existe plusieurs techniques que l’enseignant peut utiliser pour rendre l’input
compréhensible. En voici quelques-unes :
1. Utiliser des aides visuelles comme des photos, des images, des dessins, des
cartes conceptuelles, des objets, des clips vidéo, des gestes et des expressions
faciales.
Bien sûr, l’enseignant veut aussi que ses élèves soient en mesure de négocier le sens
et de s’assurer qu’ils comprennent l’input. Voici quelques techniques que
2
l’enseignant peut partager avec ses élèves pour leur permettre de négocier le sens
soit avec lui ou entre eux :
3. Répéter tout ce qui a été dit ou une partie pour s’assurer d’avoir bien
compris.
Nos recherches ont démontré que les enseignants avaient tendance à penser
principalement aux noms et à oublier de relever les verbes, les adjectifs, les
adverbes et les marqueurs de transitions nécessaires à la compréhension de la leçon
et nécessaires pour permettre aux élèves de s’exprimer au sujet de cette notion. À
partir de ce langage obligatoire, l’enseignant fournit des modèles de différentes
structures de phrase pour illustrer la façon de former des phrases.
Voici deux exemples du langage obligatoire nécessaire pour comprendre une notion
et pour s’exprimer à son sujet, l’une dans le cours de français pour de jeunes élèves
et l’autre dans un cours de matière (les sciences humaines) pour des élèves plus
âgés.
3
La date
Les
Les noms Les verbes Les adjectifs Les adverbes marqueurs de
liaison
un calendrier être un aujourd’hui et
un jour avoir deux demain mais
une journée célébrer trois hier ou
un congé se reposer quatre, etc. avant-hier etc.
un anniversaire Aujourd’hui, férié avant
un lendemain
janvier
c’est le ________. prochain(e) après
février, etc. J’ai _______ ans etc. etc.
aujourd’hui.
C’est mon
anniversaire.
etc.
La colonisation
Les
Les noms Les verbes Les adjectifs Les adverbes marqueurs de
liaison
une coloniser difficile anciennement malgré que
colonisation labourer long(ue) progressivement parce que
un colon défricher froid(e) préalablement pendant que
une seigneurie vivre administré(e) d’abord par conséquent
une terre se nourrir situé(e) directement en effet
un champ survivre premier(ière) principalement etc.
une condition etc. important(e) etc.
de vie etc.
une traite des
fourrures
etc.
4
comprendre que d’autres pour les élèves. Pour conscientiser l’enseignant au fait
que le sens des mots n’est pas toujours concret et que tous les mots ne font pas
partie du vocabulaire courant de la vie quotidienne, Cummins (1984) a établi une
distinction entre les BICS et le CALP.
5
L’enseignant peut utiliser les techniques suivantes pour rendre le CALP
compréhensible et pour en négocier le sens :
1. S’appuyer sur les connaissances antérieures des élèves pour faire des liens
avec leur vécu.
Aussi, les techniques que nous avons proposées dans la section « Comment
l’enseignant peut-il négocier le sens et rendre l’input compréhensible? » servent à
rendre le CALP plus compréhensible.
Comme nos propos l’ont illustré au sujet des BICS et du CALP, de l’input
compréhensible et de la négociation du sens, tout enseignant dans un contexte de
langue seconde, même s’il enseigne les mathématiques, les sciences ou les sciences
humaines, est aussi un enseignant de langue. Ainsi, il est essentiel que, dans la
planification de sa leçon, l’enseignant tienne compte non seulement de ses résultats
d’apprentissage de matière, mais aussi du langage. En effet, il doit s’assurer que ses
élèves sont capables de comprendre et d’utiliser la langue orale et écrite. Voici un
exemple de résultats d’apprentissage de langue et de matière provenant d’une leçon
de mathématiques pour une classe combinée de 6e et de 7e année :
Résultats d’apprentissage
Langue Mathématiques
L’élève sera capable de :
oral
- Je peux expliquer la définition des 7e :
termes appris : un quadrant, un plan SS4. Repérer et placer des points dans
cartésien, l’axe des x, l’axe des y, les quatre quadrants d'un plan
coordonnées, paire ordonnée, l’origine, cartésien en utilisant des paires
etc. à l’oral. ordonnées composées de nombres
-Je peux bien utiliser les termes appris entiers.
en contexte mathématique à l’oral.
6
lecture 6e :
- Je peux lire et comprendre des SS8. Identifier et tracer des points dans
questions concernant la matière le premier quadrant d’un plan cartésien
apprise. dont les paires ordonnées sont
composées de nombres entiers positifs.
écriture
-Je peux bien utiliser les termes appris
en contexte mathématique à l’écrit
- Je peux expliquer l’utilité de la leçon
avec des phrases complètes à l’écrit en
utilisant des structures de phrases
telles que : « Je pense que_______ est
utile parce que ____ », « Il me semble
que_______ peut être utilisée pour
_______ »
L’hypothèse de l’output
7
s’exprimer de façon étendue pousse l’élève à prendre conscience de cet écart
langagier.
Exemples
Dans les deux exemples, les élèves constatent qu’il y a un écart langagier
entre ce qu’ils aimeraient dire et ce qu’ils peuvent dire. Ils en deviennent
conscients en tentant de s’exprimer à l’oral ou à l’écrit. En notant cet égard,
les élèves peuvent donc se pousser à modifier leur production langagière
pour rendre leur output compréhensible.
Exemples :
a. L’élève de la troisième année qui s’aperçoit qu’il ne sait pas conjuguer
les verbes en « er » de la 3e personne du présent de l’indicatif teste
l’une de ses hypothèses : « Le sol absorbent l’eau. » Il prononce le
« ent » final. (absorbant) Son partenaire lui répond : « Absorbent.
(absorbant) Non. Je ne crois pas que c’est correct. Monsieur a dit de
ne jamais prononcer le « ent » final. » Le premier élève essaie à
nouveau : « Le sol absorbe l’eau. » Son partenaire réagit : « Je crois
que c’est bien. »
b. L’élève de la dixième année qui s’aperçoit qu’il ne se souvient plus de
la façon d’exprimer la conséquence consulte le mur de thème : « Ah!
8
J’ai plusieurs choix. Je pourrais dire ‘par conséquent’ ou même
‘ainsi’. »
3. Sensibilisation métalinguistique :
En produisant le langage à l’oral et à l’écrit, les élèves ont l’occasion de
réfléchir au langage appris et cela leur permet de mieux contrôler et
d’apprendre le savoir linguistique comme l’ont démontré les exemples
fournis précédemment.
9
• Comment?
• Comment sais-tu cela?
• Pourquoi est-ce la réponse?
• Qu’est-ce qui t’a amené à penser cela?
• Pourquoi est-ce le cas?
Ces deux chercheuses ont aussi suggéré aux enseignants d’utiliser certaines
techniques d’enseignement pour soutenir la production orale et écrite des
élèves. Elles ont proposé entre autres de :
• fournir plusieurs modèles de tâches orales et écrites;
• utiliser des organisateurs graphiques pour soutenir la production orale et
écrite;
• créer et afficher des appuis linguistiques dans la classe;
• offrir aux apprenants des stratégies de planification à utiliser avant de
commencer une tâche.
La négociation de la forme
10
grammaticales, à la syntaxe, au vocabulaire et à la morphologie (la façon de former
les mots).
Dans les exemples présentés dans la section Qu’est-ce que l’output?, les élèves se
sont aperçus de leur écart langagier et ils ont dû négocier la forme pour produire un
message compréhensible. L’élève de la 3e année a dû négocier l’emploi de la 3e
personne du présent de l’indicatif, tandis que l’élève de la 10e année a négocié
l’emploi des marqueurs de transition. Il faut noter ici l’importance de la production
étendue pour fournir des occasions de négociation de la forme, en plus de la
négociation du sens.
La rétroaction corrective
Dans un article intitulé Speaking Immersion en 1997, Lyster a fait le constat que, si
les élèves de l’immersion française parlaient et écrivaient assez couramment, leurs
productions orales et écrites étaient cousues de fautes et étaient incompréhensibles
pour des personnes autres que les enseignants d’immersion. Souvent, si
l’enseignant comprenait le sens du message, il ignorait l’énoncé fautif d’un élève. En
fait, plusieurs enseignants tendent à croire que les élèves n’aiment pas être corrigés
et que cela les embarrasse. Pourtant, dans une étude menée auprès de 2 321 élèves
du secondaire, les chercheurs Jean et Simard (2011) ont rapporté que la majorité
des élèves exprimaient vouloir recevoir de la rétroaction corrective. Lyster (1997,
1998, 2001, 2002) a proposé des moyens d’encourager les élèves à négocier la
forme en proposant aux enseignants d’utiliser des techniques de rétroaction
corrective.
11
efficace, car, la plupart du temps, les élèves ne s’apercevaient même pas que leur
enseignant tentait de corriger leur énoncé fautif. Ce chercheur a souligné
l’importance de conscientiser les élèves au fait qu’ils ont commis une erreur et de
les pousser à se corriger eux-mêmes.
Les types de rétroaction corrective qui incitent l’élève à se corriger en lui donnant
des indices sont la demande de clarification, la répétition de l’erreur, l’indice
métalinguistique et la sollicitation.
12
La rétroaction corrective du contenu réfère aux suggestions, aux questions ou aux
demandes de clarification et d’élaboration de l’enseignant quant aux idées, à
l’organisation et au style du texte. La rétroaction corrective de la forme se définit
par les commentaires de l’enseignant sur la forme ou la syntaxe dans le texte.
- articles (A)
- ponctuation (P)
- orthographe (O)
- structure de la phrase (SP)
- accords (sujet/verbe, article/nom, nom/adjectif) (ASV, AAN, ANA)
etc.
Une autre façon de pousser les élèves à se corriger est lors d’entretien de correction
d’un texte avec l’enseignant. Chaque élève rencontre individuellement l’enseignant
et ce dernier utilise les différents types de rétroaction corrective à l’oral pour
indiquer à l’élève qu’il y a une erreur dans son texte. L’enseignant ne fournit pas la
bonne forme ou structure à l’élève, mais il le pousse à corriger son écrit à partir de
son questionnement.
13
• Quel est le degré de difficulté de cette erreur?
Un aspect important dont l’enseignant doit tenir compte est le nombre d’élèves dans
sa classe. Il est important d’organiser sa classe de façon à ce que l’enseignant et les
élèves aient assez de place pour circuler de façon sécuritaire et efficace.
14
amis chez toi pendant la fin de semaine. Demande aux partenaires de ton groupe
leur numéro de téléphone. » Si ses élèves sont à l’école secondaire et que
l’enseignant veut qu’ils apprennent à calculer les taxes sur les produits, il pourrait
leur fournir le contexte suivant : « Tu vas magasiner avec quelques amis pendant la
fin de semaine et vous ferez des achats communs en prévision d’une fête pour
laquelle vous avez un budget de 60$. Décidez des produits dont vous avez besoin et
vérifiez leur prix en ligne. N’oubliez pas d’ajouter la taxe sur ces produits pour ne
pas dépasser votre budget commun de 60$. »
En dernier lieu, l’enseignant ne doit pas s’attendre que ses élèves apprennent
certains connaissances, habiletés, stratégies, mots, règles de grammaire ou
structures, si ces derniers n’ont l’occasion de les mettre en pratique qu’une seule
fois. Il doit s’assurer de proposer des activités où ses élèves auront l’occasion
d’entendre et de produire ces différentes notions à plusieurs reprises, dans
différents contextes d’emploi.
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Chapitre 2
Pour que les élèves soient en mesure d’interagir, de négocier le sens et la forme et
que l’enseignant soit capable de transmettre l’input compréhensible et de pousser
ses apprenants à corriger leurs énoncés fautifs, l’environnement de la salle de classe
doit être propice à l’apprentissage de la langue seconde.
Le filtre affectif est une notion théorique tentant d’expliquer le rôle des émotions
dans la réussite ou l’échec de l’acquisition d’une langue seconde. Ce filtre affectif est
donc un filtre psychologique invisible qui peut soit faciliter ou entraver
l’apprentissage d’un élève. Quand le filtre affectif est élevé, l’élève vit de l’anxiété,
du stress et un manque de confiance en soi qui réduit sa capacité à apprendre sa
langue seconde. Au contraire, quand le filtre affectif est bas, l’élève est confiant et
16
prêt à prendre des risques. Ainsi, l’enseignant veut fournir un environnement
d’apprentissage où le filtre affectif de ses élèves est bas. Comme nous l’avons
indiqué dans l’introduction à ce chapitre, pour ce faire, l’enseignant doit tenir
compte des facteurs socioculturels, affectifs et académiques en plus d’autres
facteurs.
Le domaine socioaffectif
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a. Les activités brise-glace :
Au début de l’année, l’enseignant présente différentes activités brise-glace
pour apprendre à connaitre ses élèves et pour que ceux-ci apprennent à se
connaitre entre eux. Ces activités ont aussi pour but d’encourager l’esprit
d’équipe dans la salle de classe. Généralement, les activités brise-glace
représentent peu de danger pour les élèves. Ils partagent de l’information
personnelle, mais pas nécessairement très importante ou intime.
Exemple :
Le bingo
L’enseignant invite les élèves à circuler dans la salle de classe en posant des
questions à leurs camarades de classe à partir de l’information dans chaque
case du Bingo. Si sa ou son camarade de classe répond “oui” à sa question,
l’élève lui demande de signer son nom. Une personne ne peut signer qu’une
fois sa feuille. Quand la ligne d’un élève est complète, il crie “Bingo”.
18
b. Les activités inclusives : Elles visent l’acceptation de soi et des autres ainsi
que la valorisation de la différence. L’enseignant doit fournir des activités
inclusives tout au long de l’année scolaire. Certaines activités peuvent
demander un degré de confiance plus élevé envers ses camarades de classe,
donc il est important que l’enseignant les choisisse soigneusement et s’assure
de ne pas présenter une activité inclusive quelconque avant que le climat de
la classe soit propice à une activité représentant un certain risque
socioaffectif pour les élèves.
Exemples :
Après avoir discuté de l’inclusion avec ses élèves, l’enseignant pourrait créer
avec eux une liste de comportements à observer dans une salle de classe
inclusive.
etc.
Quoi dire
- Je n’ai jamais travaillé avec toi avant. Je suis content(e) d’avoir cette
occasion.
- C’est une bonne idée, mais as-tu pensé à …?
19
lequel de leurs dessins ils préfèrent et la raison de cette préférence. Il fait
une analogie entre les différentes couleurs et les différents attributs de
chaque individu. Un monde où toutes les personnes seraient pareilles serait
ennuyeux.
Le domaine affectif
Ce domaine englobe tout ce qui touche à l’affect, c’est-à-dire les émotions, les
attitudes, les croyances par rapport à l’apprentissage ainsi que la motivation.
Pour tenir compte de l’affectif des élèves, l’enseignant propose et modélise : a. des
stratégies de nature affective liées à la gestion de ses émotions et b. des activités
visant le bienêtre émotionnel de chaque élève.
20
dialogue intérieur positif respiration profonde
Aider l’élève a composé un mantra Enseigner à l’élève comme respirer
comme « Je suis capable! » qu’il profondément en inspirant par le
pourra se répéter dans sa tête nez et en expirant par la bouche
quand il sentira un manque de quand il se sent nerveux ou anxieux.
confiance.
méditation guidée Assurer le succès
À l’aide d’une application ou d’un Diviser une tâche en plusieurs
scénario composé par l’enseignant, étapes plus petites pour assurer que
l’enseignant invite ses élèves à chaque élève réussit.
méditer pendant une courte
période. Cette pratique est de plus
en plus commune dans les écoles.
21
il est important d’employer ces pratiques et ces techniques efficaces de façon
constante.
La motivation
Avant d’expliquer les notions proposées par Schuman, il est important de bien
définir le contexte d’apprentissage dans lequel une langue peut se faire. Dans cette
section, nous définirons GD comme étant le groupe dominant et GND comme étant
le groupe non-dominant durant une interaction langagière. Dans plusieurs villes au
Nouveau-Brunswick, comme à Fredericton par exemple, les francophones ainsi que
les Syriens, les Coréens, les Russes et autres groupes sont minoritaires (GND) et les
anglophones sont majoritaires (GD). Un francophone, par exemple, qui essaie
d’obtenir du service en français dans un supermarché se retrouve donc dans une
situation où sa langue est non dominante, mais où celle des employés du
supermarché est dominante. D’une manière inverse, un employé de ce même
supermarché qui arrive dans une ville francophone de la même province, comme
Edmundston, se retrouve dans une situation où sa langue est non dominante dans
un contexte où le français domine.
1. Distance sociale
Schumann définit la distance sociale (1976) comme étant l’écart ou la distance qui
sépare le GD et le GND. L’idée ici est que plus le GD se rapproche (physiquement,
socialement et culturellement) du GND, plus l’apprentissage de la langue se fera
facilement. En d’autres mots, un Canadien qui souhaiterait apprendre le chinois aura
de meilleures chances de réussite s’il/elle se rapproche du GD de la langue
d’apprentissage visée et déménage en Chine, que s’il/elle reste au Canada. Il est
22
important de souligner que ce rapprochement se fait en grande partie par
l’intégration socioculturelle à l’intérieur du GD. Pour apprendre le chinois, par
exemple, un apprenant doit faire l’effort d’explorer la culture du GD afin de
s’intégrer. Ceci peut se faire en surface, comme par exemple en explorant le cinéma,
la danse, la musique, ou l’art du GD. Il est aussi possible d’explorer une culture plus
en profondeur, en essayant de comprendre les traditions, les modes de pensée et les
coutumes de celle-ci. Tous ces exemples sont des facteurs qui peuvent servir à
réduire la distance sociale qui existe entre le GD et le GND.
Selon Schumann, les trois niveaux d’intégration sociale sont les suivants :
assimilation, acculturation et préservation. Ces niveaux représentent le degré selon
lequel l’apprenant s’intégrera dans le GD. L’assimilation est définie comme une
intégration complète des valeurs et du style de vie du GD, tandis que l’impossibilité
d’intégrer ceux-ci représenteraient la préservation. L’acculturation se situe dans le
milieu et représenterait donc un une intégration modérée dans les valeurs et le style
de vie du GD.
Dans son modèle socio-éducatif, Gardner (2001) identifie 4 éléments qui ont une
grande influence sur la motivation intégrative d’un apprenant. Ces éléments sont les
suivants : attitudes envers la langue seconde (ALS), intégrativité (INT), histoire
(HIS), et motivateurs (MOT).
ALS fait référence aux attitudes que l’apprenant démontre envers n’importe quel
aspect de la situation qui entourent l’apprentissage de la L2. Essentiellement, ces
23
attitudes peuvent être positives, négatives ou même un mélange des deux. Il y a
plusieurs situations possibles de la vie de tous les jours qui peuvent faire en sorte
qu’un apprenant entretienne des attitudes complexes envers la situation
d’apprentissage. Le bilinguisme au Canada, par exemple, n’a pas toujours fait
l’unanimité et représente encore un sujet parfois controversé dans la société
canadienne d’aujourd’hui. À Ottawa, par exemple, où on retrouve plus de 150 000
locuteurs du français, plusieurs francophones trouvent injuste que la capitale
nationale ne soit pas officiellement bilingue. Bien que la loi sur le bilinguisme stipule
que les services dans les deux langues ne doivent être offerts qu’au niveau fédéral,
plusieurs croient que celle-ci devrait faire exception et s’assurer que des services
municipaux en français soient aussi offerts aux francophones de la ville étant donné
leur importance démographique. Une situation comme celle-ci peut créer de la
discorde entre les anglophones et francophones d’une province. Par exemple, un
fonctionnaire unilingue anglophone qui travaille au gouvernement à Ottawa peut
entretenir des attitudes négatives envers les francophones de son département,
dans lequel on parle plus français qu’anglais. Quand on requerra éventuellement de
cette personne de suivre des cours de français L2 dans le cadre de son travail, il se
peut qu’elle approche cette situation avec mépris étant donnée l’élément de
discorde entre francophones et anglophones. Ceci est un exemple parmi tant
d’autres qui est représentatif de la situation sociolinguistique de plusieurs
personnes sur la terre qui résistent l’apprentissage d’une langue pour cause d’ALS
négatives. Il faut noter, par contre, que ces ALS peuvent aussi souvent être positives
et menées dans un environnement bilingue positif, donc bénéfique à l’apprentissage
de la L2.
INT fait référence à l’intérêt que l’apprenant démontre dans l’apprentissage de la L2,
dans le but de se rapprocher psychologiquement de la communauté langagière
visée. En gros, il s’agit un peu de ce que Schumann nomme l’acculturation, ou le
désir de l’apprenant d’intégrer certaines valeurs et certains aspects du style de vie
du GD. Dans cet âge de globalisation dans lequel nous vivons, il est de plus en plus
commun pour un enseignant canadien d’aller enseigner une langue ou une matière à
l’étranger. Certains enseignants partent pour une courte durée de contrat dans le
but unique d’aller à la découverte d’un monde nouveau et exotique sans aller trop
loin dans leur expérience de la culture. D’autres, pour qui la culture vient davantage
piquer la curiosité, s’investiront dans celle-ci, resteront plusieurs années,
apprendront la langue, et se retrouveront dans des situations culturelles uniques où
il devient nécessaire d’opérer en dehors de sa zone de confort. L’apprentissage de et
l’intérêt qu’ils démontreront dans la langue risque d’être étroitement liés à leur
expérience de la culture. Ils iront au-delà de l’expérience traditionnelle culinaire ou
24
artistique et tenteront d’examiner le pourquoi (et non seulement le quoi) des
coutumes, traditions et modes de pensées du GD. Ils pourront comprendre, par
exemple, la manière dont l’idée du conflit est abordée et résolue dans cette culture,
et pourront en faire ressortir les paradoxes et subtilités, souvent en lien avec les
particularités de la langue et du lexique du GD.
Finalement, MOT représente l’effort, ainsi que le désir et le plaisir d’apprendre la L2.
En tant qu’apprenant, si l’apprentissage de la langue du GD est une expérience qui
est plaisante en soi, il se peut fort bien que le désir d’améliorer ses compétences
dans celle-ci vienne naturellement et que qu’il ne soit pas difficile de consacrer
d’effort à celle-ci.
Tous ces éléments interagissent les uns avec les autres durant l’apprentissage de la
langue, comme le démontre le tableau ci-dessous. Par exemple, un apprenant
francophone qui a de la difficulté en anglais et qui s’est fait intimider pour ceci par
des anglophones durant son parcours scolaires peut entretenir des ALS négatives
envers le GD et donc avoir encore plus de difficulté à apprendre l’anglais et
s’intégrer (INT) à cause de son passé (HIS). En retour, ceci peut avoir un effet
néfaste sur ses motivateurs (MOT), et donc il ou elle ressent peu de plaisir à
apprendre ou de désir d’apprendre la langue du GD.
25
Importance d’une perspective identitaire
26
s’immerger dans une langue et une culture si on est pris entre quatre murs à raison
d’une heure par jour dans une école? Au Canada, le français existe en salle de classe
pour les étudiants en ‘’immersion’’, mais il existe très peu à l’extérieur de celle-ci.
Pourtant, il existe bel et bien des communautés francophones un peu partout au
Canada. Il s’agit, alors, de trouver une façon de rapprocher les deux communautés
francophones, c’est-à-dire celle de la salle de classe et celle/ à l’extérieur de celle-ci,
et de les faire coexister dans le but de donner une raison motivante à l’apprenant de
s’investir dans son apprentissage du français.
1. Globalisation et technologies
27
manière que nous enseignons ou le sujet que nous présentons à nos apprenants.
Point de grammaire, enrichissement culturel, vidéo ludique, quel que soit l’objet à
l’étude, les liens entre culture, société et langue auxquels nous avons maintenant
accès permettent une ouverture d’esprit de quoi satisfaire les plus curieux d’entre
nous, et à laquelle n’avons jamais eu accès jusqu’à maintenant.
Ces occasions ont changé notre constitution culturelle, nos façons de percevoir le
monde et d’interagir avec les autres. Nous apprécions, par ce fait, d’autant plus la
complexité par laquelle il est maintenant possible d’expliquer le fonctionnement des
pratiques et des orientations culturelles, sociales, et linguistiques de l’être humain et
des communautés dans lesquelles il existe. Avec cette ouverture sur le monde, nous
comprenons de plus en plus comment l’être humain et les communautés dans
lesquelles il existe sont complexes, variées et difficiles à définir. Notre enseignement
ne se limite plus seulement à l’accès limitée que nous avons aux ressources qui nous
entourent (p. ex. livres et manuels) et expériences (personnelles et venant de nos
apprenants) du lieu et moment présent. Bien qu’il importe de faire attention à la
façon dont nous traitons l’information à laquelle le web nous donne accès, il n’en est
pas moins que notre accès au domaine global de la connaissance augmente de façon
infatigable et à rythme sans précédent.
2. Investissement
Norton (1995) prône, plus spécifiquement, que nous devons en tant qu’enseignant
examiner les liens entre ce qui est possible et ce qui est désirable en ce qui a trait à
aux situations d’apprentissage dans lesquelles nous apprenants peuvent se
retrouver, qu’il s’agisse de situations où ils doivent/veulent parler, écouter, lire ou
écrire. Un apprenant du français langue seconde qui se voit comme étant peu doué
dans l’apprentissage des langues, par exemple, mais qui veut s’intégrer à la culture
acadienne francophone, apprendre à bien parler le français et participer à la vie
culturelle et linguistique acadienne fait face à des défis de taille entre ce qui est
possible et désirable. Son désir est clair et bien identifié, mais il doit surmonter les
barrières de ce qu’il voit comme étant possible (ou impossible) et il se peut qu’il se
retrouve en négociation constante avec lui-même. Il se peut que son désir de
participation ne soit que de vouloir participer à la culture francophone pour parler
et écouter. Un étudiant étranger qui est doué en langues et qui doit apprendre le
français pour rédiger une thèse de maîtrise, mais qui résiste cet apprentissage, se
retrouve dans une situation de négociation semblable, mais qui diffère néanmoins.
Ces situations exemplifient la notion de position identitaire. En d’autres termes,
comment l’apprenant se positionne ou se situe.
Norton est d’avis qu’un apprenant doit pouvoir avoir la chance d’aller à la
découverte de sa propre identité à travers les situations d’apprentissage dans
lesquelles il ou elle se retrouve et donc explorer les situations d’apprentissage qui
offrent les possibilités les plus intéressantes pour s’engager socialement et interagir
avec les autres. Il ne s’agit pas ici d’une simple méthodologie sur laquelle nous
28
pouvons nous appuyer, mais plutôt une philosophie éducative qui peut guider nos
pratiques.
1. Niveau de la langue
29
de la langue avec un accent sur l’expérience vécu de celle-ci et la culture qui
l’entoure. Il peut aussi être intéressant d’organiser des voyages scolaires ou des
programmes d’échange dans la communauté L2. Ou, plus simplement, il est aussi
plutôt facile d’organiser un projet de correspondance ou les apprenants s’échangent
des lettres ou des courriels.
2. Niveau de l’apprenant
L’enseignant doit aussi pouvoir encourager les apprenants à se voir comme étant
compétents, confiant, et qui n’ont pas peur de commettre des erreurs dans la langue
cible. Ici, il est important de mettre l’accent sur ce que les apprenants sont capables
de faire, au lieu de ce qu’ils ne sont pas capables de faire. Il y a plus à l’apprentissage
d’une L2 que de ne pas faire d’erreur ou ne pas trouver les bons mots ou
expressions, par exemple. Puisque l’apprentissage d’une L2 est un travail de longue
haleine qui n’a théoriquement aucune finalité, il faut encourager l’idée que
commettre une erreur dans la langue est plus important que de viser la perfection.
Pour se faire, il importe de créer un climat d’apprentissage dans la classe qui se veut
sécurisant et où le respect pour autrui règne.
30
lire durant le semestre, pourquoi ne pas donner ce choix à la classe et encourager
les apprenants à prendre charge de leur propre apprentissage en les encourageant à
rechercher et proposer des titres qui s’inséreraient bien à l’intérieur des thèmes et
objectifs du programme d’études? Celui qui adopte le rôle de facilitateur doit
pouvoir être en mesure de faire confiance à la classe et partager les responsabilités
de façon équitable. L’approche actionnelle, par exemple, encourage les apprenants à
prendre charge de leur apprentissage sans avoir à toujours compter sur l’enseignant
pour prendre des décisions. En laissant les apprenants investiguer et explorer les
options qu’ils ont, le processus d’apprentissage devient plus collaboratif et
responsabilisant. Petit à petit, il peut être bénéfique pour l’enseignant de déléguer
les responsabilités et l’autorité. Au lieu de répéter l’explication de certains points de
grammaire pour la énième fois, par exemple, pourquoi ne pas laisser les apprenants,
en petits groupes, rechercher et expliquer au reste de la classe les règles, difficultés
et exemples de ceux-ci? En gros, l’enseignant doit pouvoir travailler ‘’moins fort’’
pour que le reste de la classe travaille plus fort elle-même.
31
Chapitre 3
32
Modèle de la compétence communicative
Adapté des modèles de Canale et Swain (1983), Bachman (1990) et de Celce-Murcia (2007)
1. La compétence discursive
I. cohésion : pour qu’un message oral ou écrit ait du sens, il faut lier les
différentes phrases entre elles. Pour marquer explicitement les relations
sémantiques, l’élève aura besoin de connaitre :
a. Des noms, des pronoms ou des adverbes servant à effectuer
des liens pour éviter la répétition ou la confusion.
exemples :
- J’ai vu une ancienne connaissance; elle avait mal
vieilli.
- Qui a oublié son livre de math? C’est le sien.
33
- Ma sœur a accouché d’une fille. Cette enfant est
si mignonne.
- Allan et Juliette se sont acheté une fermette. Là,
ils sont assurés d’être très occupés.
II. cohérence : Pour qu’un message oral et écrit ait du sens, il faut lier les
différentes parties du message (paragraphes dans un texte) ensemble en
utilisant des marqueurs de transitions comme : premièrement, de plus,
aussi, ainsi, parce que, par exemple, en conclusion.
34
Aussi, il faut tenir compte de la raison pour laquelle on parle, on écoute,
on lit ou on écrit. Est-ce pour convaincre, pour informer, pour amuser,
pour donner des directives?
III. contexte : Pour qu’un message oral ou écrit ait du sens, il faut établir son
contexte situationnel (Qui? Où? Quand?) en utilisant des pronoms
personnels (je, tu, il, on, elle, nous, vous, ils, elles), des termes spatiaux
(ici, là, ceci, cela), termes temporels (maintenant, par le passé) et des
références textuelles (ci-dessus, dans le tableau suivant).
IV. structure générique : Pour qu’un message ait du sens, il faut respecter
sa structure « textuelle ». Chaque type de messages oraux ou de textes
écrits possède une structure permettant de l’identifier.
exemples pour l’oral :
- reportage télévisé ou radio
- discours oratoire
- conversation
exemples pour l’écrit :
- une histoire
- un article
- une recette (marche à suivre)
2. La compétence linguistique
35
IV. syntaxique : constituants (les règles de la phrase de base – Elle
commence toujours par une lettre majuscule et se termine toujours par
un signe de ponctuation; elle est composée d’au moins un sujet et un
verbe, etc.), structure de phrase, ordre des mots (la phrase de base - sujet
+ verbe + complément), types de phrase de base (déclarative, négative,
interrogative), coordination, subordination
3. La compétence formulaïque
I. routine : formules toutes faites comme : Bien sûr, tout à coup, Comment
ça va?
4. La compétence socioculturelle
36
5. La compétence interactionnelle
6. La compétence stratégique
Ce sont des comportements spécifiques ou des processus de pensées utilisés par les
élèves pour améliorer leur propre apprentissage de la langue seconde.
I. stratégies d’apprentissage :
Voir la section « le quoi enseigner » pour des stratégies pour chacune des habiletés.
La compétence stratégique entoure les autres compétences, car les élèves utilisent
différentes stratégies pour être capables d’employer efficacement les autres
compétences.
37
pour être en mesure de transmettre un message au sujet des chiens dans sa langue
seconde, cet élève fait appel à des savoirs qu’il possède déjà dans sa langue
première.
Au Canada, parce que les deux groupes représentant les langues officielles, l’anglais
et le français se sont battus pour le pouvoir et pour la légitimité de leurs cultures
respectives, les Francophones ont voulu garder la langue française séparée de la
langue anglaise afin de préserver leur langue, leur culture et leur pouvoir. Cela a eu
pour effet de construire des normes par rapport à la langue – certaines formes du
français sont considérées meilleures que d’autres. Une autre conséquence a été le
développement de la notion du bilinguisme comme deux monolinguismes. Ainsi, les
apprenants de langue seconde sont confrontés à un idéal du locuteur quasi-natif, un
idéal presque impossible à atteindre. Selon cette idéologie, les deux langues
officielles seraient deux systèmes parallèles sans points de convergence et les
personnes bilingues devraient parler l’anglais et le français avec la même
compétence langagière que des unilingues. Cela cause souvent de l’insécurité
linguistique auprès des élèves. Selon l’étude de Roy et Galiev (2011), beaucoup
d’élèves du programme d’immersion française pensent qu’ils ne sont pas et ne
seront jamais bilingues, même après plusieurs années dans le programme. Selon les
idées véhiculées par plusieurs dans la société canadienne, être bilingue veut dire
parler français comme un locuteur natif. Plusieurs élèves ne se considèrent pas
compétents et ils ont l’impression d’échouer en matière de bilinguisme.
En réalité, la compétence langagière des apprenants est très variée. Elle dépend
grandement de l’individu, de ses buts et ses besoins, de sa motivation et son
aptitude. Bien sûr, certains facteurs socioaffectifs peuvent influencer la compétence
langagière des élèves :
1. Une attitude négative envers la langue cible
2. Une perception continuelle d’absence de progrès
3. Un grand écart social et psychologique entre les apprenants et la culture cible
4. Un manque de motivation intégrative et instrumentale pour l’apprentissage
(Myles, 2004)
38
Comme enseignants, il faut donc contrecarrer le discours dominant sur la
compétence langagière et valoriser ce que les élèves peuvent faire. Les enseignants
doivent inviter les apprenants à se fixer des buts d’apprentissages langagier et à
fournir des occasions aux élèves de s’autoévaluer et de consigner leurs progrès. La
rétroaction doit se faire de façon positive et les enseignants doivent valoriser ce que
les élèves peuvent faire.
39
Chapitre 4
40
o Les volets de l’écriture
§ La production écrite
§ L’écriture interactive
o Les éléments à enseigner de l’écriture
§ Le genre et le type de texte
§ Le processus de l’écrit
• La planification
• La rédaction
• La révision et la correction
• La publication et la présentation
§ Les éléments d’un bon texte (traits d’écriture)
• La description des traits
• Les éléments à enseigner pour chacun des traits
o Les facteurs pouvant influencer la difficulté de la tâche
L’oral
Soucy (2016, p. 1) a défini l’oral comme « l’ensemble des interactions ayant lieu en
milieu scolaire ou extrascolaire, incluant la production et la compréhension orales,
l’interprétation critique de messages, de même que les capacités d’écoute et
d’échange ainsi que l’importance de la prise en compte de soi, de l’autre et du
contexte pour se dire et se construire. »
Un aspect très important de l’oral est l’écart d’information. Dans les situations de
communication authentiques, les interlocuteurs transmettent et écoutent des
informations inconnues les uns des autres. En d’autres mots, un ou des locuteurs
possèdent certaines informations que l’autre ou les autres locuteurs ne possèdent
pas. Les êtres humains transmettent et écoutent des messages dans certaines
intentions comme pour s’informer du bienêtre d’une personne, pour s’informer au
sujet d’un évènement, pour convaincre et pour amuser. Pour la transmission d’un
message, cette intention s’appelle « l’intention de parole » et pour l’écoute d’un
message, elle se nomme « l’intention d’écoute ». L’enseignant doit toujours fournir
une intention de parole ou d’écoute à ses élèves.
41
comme outil pour communiquer leurs apprentissages, exprimer leurs
besoins, leurs sentiments et ainsi de suite.
a. L’écoute :
Les élèves doivent être capables d’interpréter le sens du message transmis
oralement en tenant compte du contexte dans lequel ce message est produit.
Le contexte se rapporte à qui parle à qui, quand, où et dans quel but; aux
relations entre les interlocuteurs; ce qui a précédé la conversation et ce qui a
provoqué le discours. De plus, les élèves doivent tenir compte de toute
l’information à leur disposition comme les sons individuels (phonèmes), les
mots, la syntaxe et le rythme.
b. L’interaction orale :
Dans l’interaction, au moins deux interlocuteurs participent à un échange
oral et alternent les moments de production et d’écoute. Ainsi, transmettre
un message est important dans l’interaction, mais, aussi, comprendre le
message et d’être ensuite capable d’y réagir.
c. La production orale :
Dans la production orale, un interlocuteur produit un message assez long
pour un auditoire, dans des situations formelles ou informelles.
42
Un autre élément dont l’enseignant doit tenir compte dans les situations de
communication orale est le degré de planification qu’il offre à ses élèves.
Il existe, bien sûr, différents degrés de planification et il est important d’exposer les
élèves à diverses situations de communication orale ne demandant parfois aucune
préparation et, parfois, demandant divers degrés de préparation. L’interaction
verbale avec des pairs est située au bout du continuum de situations de
communication orale non planifiées, alors qu’une présentation orale se retrouverait
au bout du continuum de situations de communication orale planifiées.
43
contenu/idées vocabulaire et expressions interaction
Ø Exprimer des idées liées à Ø Utiliser du vocabulaire lié à Ø Utiliser des stratégies
un sujet ou à un thème un thème ou une matière d’interaction
Ø Utiliser des actes de • Noms, verbes, adjectifs, • Donner des exemples
parole adverbes, etc. • Confirmer la
• Demander : la permission, Ø Utiliser des mots puissants compréhension de l’autre
de l’aide, des et évocateurs • Confirmer sa
clarifications, etc. • mots liés aux 5 sens et aux compréhension
• Exprimer : son accord, son sentiments, synonymes et • Répéter
désaccord, des souhaits, antonymes, préfixes et • Demander des
des remerciements, etc. suffixes clarifications, des
• Expliquer : les raisons, les Ø Utiliser un langage imagé répétitions, des exemples
buts, les étapes, les • Onomatopées, expressions et de l’aide
causes, les effets, etc. idiomatiques Ø Utiliser des stratégies
• Donner : des ordres, des Ø Utiliser des formules d’écoute active
directives, des toutes faites 1. interpréter le langage
explications, des • Cadres lexicaux et non verbal
directions, etc. expressions communes 2. relever les idées
• Offrir : des conseils, des essentielles
suggestions, des 3. vérifier sa
condoléances, des compréhension
options, etc. 4. prendre des notes
• Décrire : des personnes, 5. réagir au message
des lieux, des objets, des Éléments à 6. construire des repères
sentiments, des 7. comparer des
évènements, etc. enseigner pour la informations
communication 8. repérer les idées
principales
orale et l’écoute Ø Utiliser des stratégies
pour gérer l’interaction
• Commencer, maintenir et
terminer des
conversations
• Offrir le tour de parole
• Diriger la conversation
• Changer de sujets
• Reconnaitre et utiliser des
indices verbaux et non
verbaux
fluidité précision linguistique cohérence
44
Les facteurs pouvant influencer la difficulté de la tâche
Après avoir choisi les éléments à enseigner, l’enseignant doit tenir compte de
certains facteurs qui influencent la difficulté de la tâche.
4. Les accents, les registres et la rapidité : Si l’élève n’est pas habitué à l’accent
du ou des locuteurs, cela augmente le degré de difficulté de la tâche d’écoute
ou d’interaction. La même chose est vraie pour le registre de la langue
(familier, courant, recherché). La rapidité avec laquelle le ou les locuteurs
parlent affecte aussi le niveau de difficulté. Il est important d’exposer vos
élèves à différents accents et, aussi, les amener progressivement à pouvoir
écouter un document ou à participer à une interaction où le ou les locuteurs
parlent à une vitesse typique.
La lecture
Savoir lire est d’être capable de donner un sens à des signes graphiques. La
quintessence de la lecture est la compréhension de textes de tous genres. Cette
compréhension provient d’une interaction entre un texte et son ou ses lecteurs. Les
élèves découvrent le sens du texte en le regardant par le filtre de leurs expériences
de vie ou d’autres textes, de leurs émotions, de leurs souvenirs et de leurs
antécédents.
45
Quelles sont les fonctions de la lecture?
Les lecteurs efficaces lisent habituellement dans un but précis. Ce but de lecture est
appelé « l’intention de lecture ».
Ainsi, l’enseignant doit tenir compte des deux fonctions générales de la lecture et
donner une intention de lecture précise à ses élèves :
2. la phonétique : Consiste en l’habileté d’établir des liens entre les lettres – les
graphèmes – de l’écrit et les sons – les phonèmes – de l’oral.
46
Voici les stratégies de décodage à enseigner aux élèves :
§ correspondance phonème-graphème
§ sons des lettres
§ formes des lettres
§ séquençage des mots
§ fusion des mots
§ déchiffrage des mots (énoncer à voix haute)
§ ajustement de la vitesse de lecture
§ respect de la ponctuation
§ retour en arrière
§ relecture du mot ou de la phrase
4. le vocabulaire : Ce sont les mots que les élèves arrivent à reconnaitre à l’oral
et à l’écrit.
47
suivantes de compréhension. Des recherches ont évalué l’efficacité des
stratégies de compréhension de lecture. Voici les huit stratégies les plus
efficaces pour les apprenants de langue seconde.
Souvent, les élèves lisent un texte complet sans s’arrêter. Si l’enseignant leur
demande : « Qu’avez-vous compris? », certains élèves le regarderont l’air confus.
L’élève doit apprendre à se questionner par rapport à sa compréhension PENDANT
sa lecture et, en cas d’incompréhension, d’être capable de relever le problème ainsi
que d’utiliser la stratégie appropriée pour remédier à ce problème. Par exemple, à
la fin d’un paragraphe, l’élève devrait s’arrêter et réfléchir à sa lecture en se posant
une question comme : « Quelle était l’idée principale de ce texte? »
iv. Poser des questions – Les élèves doivent être en mesure de répondre
à des questions de divers types, mais ils doivent aussi être capables de
poser ce même genre de questions de façon à refléter la variété des
types de questions.
48
compréhension. En plus de la structure textuelle, les différents
modèles structuraux sont aussi très utiles pour soutenir la
compréhension du lecteur. Ces modèles structuraux incluent, par
exemple, l’ordre chronologique, les comparaisons et les contrastes, la
cause et l’effet, le problème et la solution ainsi que la progression
d’idées aussi appelée description et détails.
vii. Activer les connaissances antérieures – effectuer des liens avec ses
propres expériences, avec des évènements dans le monde ou avec
d’autres textes
Après avoir choisi les éléments à enseigner, l’enseignant doit tenir compte de
certains facteurs qui influencent la difficulté de compréhension d’un texte.
49
plus d’exposition aux textes narratifs qu’aux textes informatifs. Ils ont donc
plus de difficulté avec les textes informatifs. Cependant, il ne faut pas éviter
les types de textes moins connus des élèves. Au contraire, il faut développer
leur compréhension de différents types de textes. Néanmoins, il faut être
conscient que les élèves ont besoin de plus de soutien avec les types de textes
moins connus.
2. Le support contextuel : Dans la « vraie » vie, le lecteur a tout le contexte
nécessaire quand il lit un texte. Par exemple, un article apparait dans un
journal. Dans la classe, les indices visuels et contextuels sont très importants.
Il faut présenter le contexte aux élèves.
3. La longueur des textes : Généralement, les textes plus courts sont plus faciles
à lire que les textes plus longs. Par contre, ce n’est pas toujours le cas. Un
texte court peut être très complexe à cause de la complexité du langage. Il
pourrait contenir beaucoup de vocabulaire spécialisé et de structures
syntaxiques difficiles.
4. La complexité du langage : Plus les structures sont complexes, plus le texte
est compliqué à comprendre. Le vocabulaire technique peut aussi rendre un
texte très complexe.
L’écriture
L’écriture est un moyen de communication qui permet d’exprimer ses pensées, ses
opinions, ses sentiments et ses apprentissages par le biais de signes. Même si l’on
perçoit souvent l’écriture comme une activité solitaire, l’apprentissage de l’écriture
est un phénomène fondamentalement social. Les élèves doivent avoir l’occasion
d’échanger oralement avec leurs pairs au sujet de l’écriture ainsi que d’interagir
avec des textes d’autres auteurs pour développer leurs habiletés d’écriture.
a. La production écrite :
Dans la production écrite, un auteur produit un texte pour un auditoire imaginé,
dans des situations formelles ou informelles.
b. L’écriture interactive:
Dans l’écriture interactive, au moins deux auteurs participent à un échange écrit
et alternent les moments de production écrite et de lecture. Cette interaction se
fait par le biais de la technologie comme l’appareil cellulaire, Facebook,
Instagram, etc. Ainsi, transmettre un message est important dans l’échange à
l’écrit, mais, aussi, comprendre le message et d’être ensuite capable d’y réagir.
50
Les éléments à enseigner pour l’écriture
L’écriture tient compte d’un genre et d’un type de textes en particulier, fournissant
aux élèves une intention et un format d’écriture. Un genre est une « famille » de
textes possédant des caractéristiques communes. Pour pousser plus loin la
comparaison, les types de textes seraient chacun des membres de la famille d’un
genre en particulier. Tout en possédant des caractéristiques communes avec les
autres types de textes d’un même genre, chaque type de textes possède des
caractéristiques qui lui sont propres. Voici une description des genres fréquemment
étudiés en milieu scolaire.
51
persuasif • L’affiche publicitaire
• Le texte d’opinion
• La lettre à l’éditeur ou l’éditrice
(journal)
• La lettre de commentaires
(journal)
• La lettre ouverte pour
commenter un évènement de
l’actualité
• Un message publicitaire
• Une petite annonce
informatif • L’autobiographie
• L’article (d’encyclopédie, de
journal, de magazine)
• Le compte rendu d’un
évènement ou résumé
• Le compte rendu d’une
expérience scientifique
• La consigne
• La critique
• Les directives
• L’entrevue
• Les faits divers
• La mini-recherche
• Le reportage
personnel/poétique • La blague
• La devinette
• La chanson
• Le jeu-questionnaire
• Le journal personnel
• Le poème
• Le texte humoristique
b. Le processus de l’écrit
Le processus de l’écrit est les étapes que suivent les auteurs pour produire un texte.
Il consiste de quatre étapes : i. la planification, ii. la rédaction, iii. la révision et la
correction et iv. la publication et la présentation.
52
i. La planification: L’étape de la planification est la plus importante du
processus de l’écrit et les élèves devraient y consacrer plus de 2/3 du temps
d’écriture. À cette étape du processus de l’écrit, afin de générer des idées, les
élèves font des remue-méninges de groupes et individuels, remplissent des
organisateurs graphiques, font des scénarimages, sélectionnent des idées et
discutent entre eux lors de conférences « idées ».
ii. La rédaction: Les élèves rédigent une ébauche. Ils mettent leurs idées sur
papier.
iii. La révision et la correction: Les élèves révisent leur texte et se corrigent. Tout
d’abord, ils révisent individuellement à l’aide d’une liste de vérification, puis
ils font des entretiens au sujet des idées, de leur clarté, de leur fluidité et de
leur organisation avec leurs pairs ainsi qu’avec l’enseignante, lors d’un
entretien individuel. Les élèves utilisent aussi les nombreux outils
linguistiques à leur disposition comme le mur de mots, l’organisateur
graphique, les affiches avec les mots fréquents en français et les différents
dictionnaires pour effectuer les corrections. Il est à noter qu’il est essentiel
de diriger les élèves dans cette révision et correction. Les élèves ne peuvent
tenir compte que d’un à trois éléments à la fois lors de cette étape.
L’enseignant doit donc proposer certains éléments particuliers pour chaque
révision et correction. Par exemple, l’enseignant pourrait indiquer aux
élèves de vérifier l’accord des verbes avec leur sujet lors de la lecture en
question. Souvent, l’enseignant divise l’étape « révision et correction » en
53
deux grandes catégories avant de la rediviser en éléments distincts. Ces deux
grandes catégories sont : la révision et correction des idées et la révision et
correction linguistiques.
Le processus de l’écrit n’est pas un processus linéaire. Par exemple, des élèves
rendus à la révision et la correction pourraient retourner à l’étape de la
planification. De plus, il est très important de souligner l’apport des pairs et de
l’enseignant dans l’écriture indépendante par le biais, entre autres, d’entretiens axés
sur les idées et les conventions linguistiques. L’enseignant profite des entretiens
pour différencier son enseignement et le cibler selon les besoins de l’élève avec
lequel il effectue un entretien.
L’enseignement de l’écriture doit aussi intégrer les éléments d’un bon texte, plus
communément appelés les traits d’écriture. Ces éléments représentent les
caractéristiques d’un texte de haute qualité.
54
Le tableau suivant présente en détail les éléments à enseigner pour chacun des
traits d’écriture.
55
d. Les stratégies d’écriture
Les stratégies d’écritures sont des actions que les élèves emploient et choisissent
pour écrire de la façon la plus efficace possible ou pour surmonter une difficulté.
Les stratégies d’écriture sont nombreuses donc la liste suivante n’est pas complète.
Par contre, cette dernière fournit des pistes à l’enseignement de stratégies
d’écriture.
56
Les facteurs pouvant influencer la difficulté de la tâche
Après avoir choisi les éléments à enseigner, l’enseignant doit tenir compte de
certains facteurs qui influencent la difficulté de la tâche d’écriture :
1. Le sujet d’écriture : Les connaissances des élèves et leurs expériences par rapport
au sujet d’écriture peuvent influencer la difficulté de la tâche d’écriture. Plus les
élèves ont de connaissances et d’expériences, plus il leur est facile d’écrire. De plus,
l’intérêt des élèves quant au sujet influence la difficulté de la tâche. Il est important
d’offrir plusieurs choix d’écriture.
3. La longueur des textes : Généralement, les textes plus courts sont plus faciles à
écrire que les textes plus longs. Par contre, ce n’est pas toujours le cas. Un texte
court pourrait être très complexe à cause de la complexité du langage. Il pourrait
contenir beaucoup de vocabulaire spécialisé et de structures syntaxiques difficiles.
Dans ce chapitre, nous avons précisé les éléments à enseigner pour les différentes
habiletés langagières et nous les avons expliqués. Dans le prochain chapitre, nous
présenterons différentes approches importantes pour intégrer le contenu à
enseigner. Ainsi, après avoir décrit le « quoi » enseigner, nous décrirons des
approches générales du « comment » enseigner.
57
Chapitre 5
La multilittératie et le multilinguisme
Ce qu’est la multilittératie?
Selon le New London Group, la mission fondamentale de l’éducation est d’assurer
que tous les élèves profitent de l’apprentissage de façon à pouvoir participer
pleinement à la vie publique, communautaire et économique. Ils ont déclaré que la
didactique de la littératie avait un rôle particulièrement important dans l’atteinte de
cet idéal. À l’approche traditionnelle et normative de l’enseignement de la littératie
58
- enseigner et apprendre à lire et à écrire dans la langue officielle (ou les langues
officielles en ce qui concerne le Canada), il opposait une vision plus large de la
littératie et de son enseignement en soulignant l’importance de la construction du
sens et en intégrant la notion de multiplicité. Le tableau suivant présente quelques
exemples des différences entre les perspectives :
Dans un sens, l’approche de la multilittératie est plus qu’une approche. C’est aussi
une philosophie, une vision pour l’avenir. Cette approche vise à éliminer les
barrières à l’éducation pour les Autochtones, les femmes, les immigrants, pour les
locuteurs de dialectes non standards, pour les gens de diverses orientations
59
sexuelles et pour tout autre groupe marginalisé. Elle vise à donner l’accès à
l’éducation à tous les élèves. Dans l’approche de la multilittératie, les enseignants de
littératie et les apprenants sont perçus comme participant activement à la
transformation sociale. Les enseignants de littératie et leurs apprenants doivent
être des créateurs de futurs sociaux. L’approche de la multilittératie se préoccupe
donc de la justice sociale.
1. Construits existants
Les construits existants consistent des ressources disponibles pour la
construction de sens. Ces ressources disponibles pour la construction de
sens couvrent un très grand nombre d’éléments : les formes textuelles, le
choix de mots, l’intonation, les différents accents, les paragraphes, les règles
grammaticales, la syntaxe, les figures de style, la cohérence, les couleurs, les
effets sonores, les photos, le langage corporel, les différents outils fournis par
les technologies de l’information et multimédias, les conventions associées à
la construction du sens de divers groupes culturels, le rôle social joué par la
langue et les différents discours véhiculés, etc. Les enseignants doivent donc
préparer les élèves en leur fournissant des occasions d’apprendre les
connaissances, les stratégies, les enjeux, les différentes façons de faire dont
ils auront besoin lors du construit. À cette étape, les enseignants et les élèves
ont besoin d’un langage commun pour parler du langage et des différentes
façons de créer du sens. Le langage pour parler du langage est appelé le
métalangage. Ce métalangage doit être assez sophistiqué pour pouvoir
analyser et comparer de façon critique le langage et les autres modes de
représentation ainsi que les différentes formes de textes. Il faut préciser que
tout enseignant est aussi un enseignant de littératie. Chaque domaine de
spécialisation a son propre langage, ses propres conventions et façons de
faire. Pour être un mathématicien, par exemple, il faut parler le métalangage
des mathématiques.
2. Construit
Le construit est le travail effectué sur et avec les construits existants pour
créer du sens, qu’importe la matière scolaire. Créer du sens, comme son sens
l’indique, est un acte créateur. Ainsi, même si la création du sens peut
ressembler aux construits existants, les élèves ne reproduisent jamais
simplement les construits existants. La création de sens implique trois
fonctions : idéationnelle, interpersonnelle et textuelle. La fonction
60
idéationnelle renvoie au savoir; celle interpersonnelle aux relations sociales
et, finalement, la fonction textuelle aux formes textuelles. Pendant l’étape du
construit, les élèves effectuent automatiquement un travail sur et avec ces
trois fonctions. La création de sens transforme le savoir, les relations entre
les élèves, les relations entre l’enseignant et les élèves et les élèves passent
par une transformation eux-mêmes. L’acte de création du sens produit de
nouvelles constructions et de nouvelles représentations de la réalité.
3. Reconstruit
Le résultat du processus de création du sens à l’étape du construit est appelé
le reconstruit. C’est donc un nouveau sens où les constructeurs de sens se
reconstruisent. Le reconstruit n’est jamais une simple reproduction des
construits existants, ni simplement créatif. Le reconstruit repose sur des
construits existants qui représentent une longue tradition historique et
culturelle. Aussi, le reconstruit est le produit unique de l’action humaine et il
devient un nouveau construit existant.
De plus, le reconstruit est lié à l’identité dont nous avons parlé au chapitre 4.
Pendant les processus mis en œuvre lors du construit, les constructeurs de
sens reconstruisent et renégocient leurs identités.
Dans les activités de construction de sens, les enseignants et les élèves explorent les
conventions de toute discipline en se posant les questions ouvertes suivantes au
sujet du sens :
• À quoi le sens donné réfère-t-il?
• Comment le sens donné connecte-t-il les personnes impliquées?
• Comment le sens est-il organisé?
• Comment le sens donné fait-il partie du domaine plus large du sens?
• Le sens donné est biaisé pour servir les intérêts de qui?
61
2. langue orale : l’interaction orale (créer du sens pour et avec d’autres), la
présentation orale (créer du sens pour d’autres) et l’écoute (créer du sens
pour d’autres) – en direct ou enregistré
Bien sûr, l’emploi de différents modes pour construire du sens est d’importance
dans tous contextes d’enseignement et d’apprentissage, mais il est d’autant plus
important dans des contextes de langues secondes. Plus le contenu est abstrait, plus
il est important que les enseignants emploient différents modes et offrent des
occasions aux élèves d’utiliser différents modes pour fournir l’accès à
l’apprentissage du contenu par tous les élèves.
À peu près tous nos contextes scolaires actuels sont des contextes de langues
secondes, car le français et l’anglais sont des langues additionnelles pour plusieurs
élèves. Les allophones sont les élèves dont la L1 n’est pas la ou les langues officielles
d’un pays.
1. Expérimentation
La pédagogie adoptée envers la multilittératie doit découler de pratiques
signifiantes dans une communauté d’apprenants qui sont capables de jouer des
rôles multiples et différents selon leurs antécédents et leurs expériences. Des
62
données probantes démontrent que l’apprentissage s’effectue quand les gens sont
motivés à apprendre et qu’ils croient pouvoir utiliser et fonctionner avec ce qu’ils
ont appris dans des domaines d’intérêt. L’approche de la multilittératie considère
donc les besoins socioaffectifs et identitaires des apprenants comme des aspects
cruciaux de la pédagogie. De plus, les enseignants doivent se servir des expériences
antérieures et actuelles des apprenants ainsi que de leurs communautés et discours
à l’extérieur de l’école comme tremplins à l’apprentissage. Ils doivent aussi tirer
profit des expertises des membres des communautés pour accompagner dans et
servir de modèles aux élèves à la construction de sens. Les apprenants doivent
expérimenter à la fois sur le connu et sur le nouveau.
• Expérimentation du connu : Réfléchir à ses propres expériences,
intérêts, points de vue, formes d’expression et de représentations du
monde familières
• Expérimentation du nouveau : observer ou lire ce qui est inconnu,
s’immerger dans de nouvelles situations et de nouveaux textes, lire de
nouveaux textes ou recueillir de nouvelles données. Il faut exposer les
apprenants à de nouvelles informations, expériences et à de nouveaux
textes, mais tout en restant dans une zone de compréhension et de
sécurité.
2. Conceptualisation
Les apprenants doivent développer des connaissances spécialisées et spécifiques à
des disciplines de façon approfondie au sujet des concepts et des théories. Pendant
ce traitement des connaissances, les apprenants doivent être des conceptualiseurs
actifs capables d’expliciter leurs savoirs et de généraliser du particulier. Afin de
soutenir le processus de traitement des connaissances, les enseignants ou autres
experts étayent les activités d’apprentissage pour attirer l’attention des apprenants
sur les aspects importants de leurs expériences et de leurs activités dans leur
communauté d’apprentissage. Pour ce faire, les enseignants modélisent certains
savoirs, savoir-faire, savoir-être et stratégies. Ils font de la pratique guidée avec les
élèves. Les enseignants fournissent aussi des occasions aux élèves de se pratiquer
avec leurs pairs. Ainsi, les élèves accomplissent des tâches plus complexes qu’ils
pourraient accomplir indépendamment en ayant le soutien de leur enseignant et de
leurs pairs. L’étayage est donc un processus par lequel les élèves se conscientisent
par rapport à l’objet d’apprentissage et par lequel ils gagnent en contrôle sur ce
qu’ils apprennent en étant d’abord encadrés et soutenus étroitement par leur
enseignant. Au cours du processus, l’enseignant donne de plus en plus d’autonomie
aux élèves. Le but ultime de ce processus est d’amener les élèves à s’approprier
l’objet d’apprentissage et de l’utiliser de façon autonome. Les structures de soutien
fournies par l’enseignant ou les pairs pendant l’étayage sont temporaires et
adaptées aux besoins de chacun des élèves. Pour certains élèves, les structures de
soutien devront demeurer en place plus longuement; pour d’autres, elles
disparaitront plus rapidement. Nous décrirons l’étayage plus en détail au chapitre 6
avec le modèle de transfert progressif de la responsabilité.
63
Les apprenants doivent apprendre à conceptualiser de deux façons : conceptualiser
en nommant et conceptualiser en théorisant :
• Conceptualiser en nommant : Donner des noms abstraits aux choses
et développer des concepts. Cela implique d’établir des similarités et
des différences, de catégoriser et de nommer.
• Conceptualiser en théorisant : Faire des généralisations et grouper
les termes clés dans des cadres mentaux interprétatifs. Les
apprenants construisent des modèles mentaux, des encadrements
abstraits et des schémas disciplinaires transférables. Ils doivent tisser
des liens entre la théorie et l’expérience.
3. Analyse
L’analyse a pour but d’aider les élèves à situer leur maitrise, compréhension et
contrôle grandissants dans les contextes historiques, culturels, sociaux, politiques et
idéologiques de systèmes de savoirs et de pratiques sociales spécifiques. Lors de
leur analyse, les apprenants ont l’occasion de se distancier par rapport à leur objet
d’apprentissage afin de pouvoir le critiquer, le positionner culturellement,
l’appliquer, l’approfondir et, ultimement innover. On distingue entre deux formes
d’analyse : l’analyse fonctionnelle et l’analyse critique :
• Analyse fonctionnelle : L’analyse fonctionnelle inclut les processus
de raisonnement, de tirer des conclusions déductives, établir des liens
fonctionnels comme la cause et l’effet, analyser les liens logiques et
textuels
• Analyse critique : L’analyse critique implique l’évaluation de ses
propres points de vue, motifs, intérêts et l’évaluation de ceux des
autres. Les apprenants remettent en question les motifs se cachant
derrière un sens ou une action, et leurs propres processus de pensée.
4. Application
L’application ou, en d’autres mots, la mise en œuvre des connaissances, prend deux
formes : l’application convenable et l’application créative.
• Application convenable : L’application convenable implique la mise
en œuvre de ses connaissances et de ses interprétations dans
diverses situations de la vie quotidienne ainsi que la vérification de la
validité des connaissances et interprétations. Dans cette forme
d’application, les apprenants font quelque chose de façon prévisible
et attendue dans des situations de vie réelle ou dans des simulations
de la vie réelle.
• Application créative : L’application créative consiste d’une
intervention qui est véritablement innovatrice et créative, et qui
porte en elle les intérêts, les expériences et les aspirations de
l’apprenant. C’est le processus de refaire le monde à neuf avec des
formes d’action et de perception créatives et nouvelles.
64
Depuis des années, les experts débattent des avantages de la théorie
(l’enseignement explicite) et de la pratique/de l’expérimentation (la pédagogie par
projet, la pédagogie par enquête) comme étant des opposés. L’approche de la
multilittératie reconnaît l’importance des deux et elle les perçoit comme
complémentaires. Il s’agit de trouver un équilibre entre les deux. Nous parlerons
davantage de la transmission de savoirs de façon explicite et des occasions fournies
aux élèves pour explorer et expérimenter dans le prochain chapitre.
Ce qu’est le multilinguisme
Le multilinguisme est une composante de l’approche de la multilittératie et il en fait
partie intégrante. L’un des buts visés par la multilittératie est de transformer la
perspective monolingue que notre société se fait de la littératie. Le multilinguisme
est donc l’habileté de parler plusieurs langues et d’alterner entre les codes
linguistiques dépendant du contexte et des besoins de communication. Une
pédagogie du multilinguisme vise donc à donner des occasions aux élèves
d’apprendre et d’utiliser plusieurs langues pour participer pleinement à la vie
sociale et économique dans un monde globalisé et se globalisant de plus en plus. La
mondialisation permet des échanges entre des personnes de langues et de cultures
différentes. Cette habileté à parler plusieurs langues et à alterner entre les codes
linguistiques est de plus en plus perçue comme un énorme avantage. De plus, le
multilinguisme élargit les répertoires linguistiques des apprenants. Cela leur
permet de créer du sens et de faire des choix linguistiques en puisant dans ces
répertoires. Les élèves peuvent donc déployer leurs ressources linguistiques
éclectiques de façon créative pour créer, parodier, contester, évaluer, mettre au défi,
donner leur accord et négocier leurs mondes sociaux.
65
où la langue cible est la langue de la minorité apprise par des locuteurs de la langue
majoritaire. Il existe donc plusieurs perspectives à l’alternance codique (aussi
appelée le translanguaging.)
66
Évidemment, les transferts ne sont pas toujours possibles et cela peut poser
problème aux apprenants de langue seconde. Par exemple, la place du pronom objet
varie de l’anglais au français. Les élèves ont tendance à dire « Je comprends toi » au
lieu de « Je te comprends. » Ainsi, les enseignants doivent non seulement relever les
similarités entre les langues, mais aussi les différences quand elles causent des
transferts dits négatifs (incorrects).
Selon nous, dans le contexte de l’immersion française, quand les élèves ont tous
l’anglais comme langue première, il est important d’adopter une pédagogie où les
enseignants tiennent compte des similarités et des différences entre le français et
l’anglais. Des chercheurs comme Susan Ballinger (2009, 2013, 2015) et Roy Lyster
(2009, 2013) encouragent les enseignants à adopter cette pédagogie
translinguistique. Ballinger et Roy démontrent aussi dans leurs recherches des
exemples où des enseignants des arts langagiers en français et en anglais
collaborent entre eux pour favoriser les transferts translinguistiques.
Les enseignants doivent encourager l’emploi fréquent de la langue cible (le français
ici) sans néanmoins adopter des attitudes négatives ou des mesures punitives si les
élèves s’expriment dans leur langue première. Les élèves utilisent déjà l’alternance
codique pendant leurs échanges et il n’y a pas lieu, à notre avis, de les encourager à
en faire plus entre l’anglais et le français, mais plutôt de leur fournir un étayage
solide pour qu’ils puissent comprendre et s’exprimer dans leur L2 dans différentes
situations y compris dans les cours de matière.
Par contre, les enseignants doivent adopter une perspective et une approche
différente dans les contextes de langue seconde où des allophones sont présents
dans la classe (dans les contextes de langue première aussi bien sûr). Dans
certaines régions et écoles, plusieurs allophones participent aux programmes
d’immersion. Ils sont aussi très nombreux dans les cours de français intensif et de
post-intensif ainsi que dans les programmes de français cadre dans les provinces
autres que le Nouveau-Brunswick.
Dans les contextes scolaires où certains élèves sont allophones, en plus des
transferts translinguistiques, les enseignants doivent valoriser la langue parlée à la
maison. Ils doivent construire sur les forces linguistiques, de littératie et culturelles
de tous les enfants. Les recherches démontrent clairement que pour leur
développement langagier et cognitif dans la langue additionnelle, les allophones
doivent avoir l’occasion de construire et de maintenir leurs habiletés de littératie
dans la langue parlée à la maison (Chumak-Horbatsch, 2019). Que font les
enseignants alors qui ne parlent pas les langues parlées à la maison de tous ses
élèves? Voici quelques suggestions :
67
ü rendent les langues parlées à la maison visibles (affiches multilingues, murs
de mots multilingues, livres bilingues – langue cible et langue parlée à la
maison, etc.)
ü s’assurent que les élèves entendent les langues parlées à la maison à l’école
(les annonces du matin, les parents qui lisent à haute voix des livres
bilingues, les élèves partageant la même langue parlée à la maison échangent
entre eux et ils enseignent aux autres élèves
ü demandent aux élèves qui partagent la langue parlée à la maison et qui ont
de plus grandes compétences dans les langues officielles de servir de
médiateur langagier
ü se préparent et préparent leurs élèves à l’arrivée du nouvel arrivant en
apprenant à prononcer son nom correctement, à localiser le pays sur une
carte, quelques mots dans la langue parlée à la maison, en créant une affiche
de bienvenue, etc.
ü invitent les élèves à partager leur histoire personnelle par le biais de textes
identitaires
ü réfléchissent à leurs pratiques pédagogiques et l’environnement pour voir
s’ils favorisent le groupe dominant et servent à marginaliser davantage les
identités de l’apprenant
ü signalent les célébrations (le Nouvel An chinois, Diwali, Ramadan, etc.)
Quel que soit votre contexte d’enseignement, il est crucial de développer les
compétences interculturelles et de citoyenneté mondiale de vos élèves. Ces
compétences sont constituées des savoirs, habiletés, attitudes et valeurs qui
permettent aux apprenants de contribuer à un monde plus inclusif, juste et
pacifique (UNESCO, 2015). Tout d’abord, en tant qu’enseignant, vous devez vous
tourner vers l’intérieur et vous engager dans une réflexion profonde afin
d’augmenter vos capacités en matière de questions d’équité, de diversité et de
justice sociale. Avant de pouvoir agir, vous devez prendre conscience des iniquités
dans le système scolaire. Il vous faut comprendre la façon dont la culture, la race et
la langue interagissent avec l’éducation, et le rôle que vous pouvez jouer dans le
maintien de ces iniquités dans votre salle de classe, si vous acceptez sans question
les normes sociétales et systémiques.
La culture
Le terme culture est un construit social dont les définitions varient. Nous proposons
la définition de Youth For Understanding Educational Goals (2015) : “Les cultures
68
sont des réseaux reliant des individus et leur offrant un sentiment d’appartenance;
elles constituent des traditions d’un groupe et des patrons de positionnement des
individus dans leur environnement partagé collectivement; elles incluent des
éléments concrets et immatériels innombrables ainsi des façons habituelles que les
gens pensent, ressentent, agissent, interagissent, prennent des décisions et
partagent des valeurs; les cultures sont à la fois constantes et dynamiques ainsi que
définies de façon claire et floue. »
L’AFS Canada (n.d.) fournit une représentation visuelle de la culture sous la forme
d’un iceberg. Cet iceberg de la culture rappelle aux enseignants qu’intégrer et que
respecter les différentes cultures et langues dans la salle de classe vont bien au-delà
de la nourriture, de la musique et des vêtements. Les activités proposées par les
enseignants doivent intégrer des éléments culturels approfondis.
69
ü flexible (peut changer en fonction du contexte)
ü temporelle (peut changer avec le temps)
ü plurielle (peut en avoir plus d’une)
ü individuelle (peut être liée à l’identité)
ü linguistique (peut se rapporter aux langues)
ü transmise (peut se transmettre de génération en génération).
Aussi, le terme culture ne renvoie pas nécessairement à des pays ou à des frontières
nationales. Holliday (1999) propose le concept de larges et petites cultures. Les
larges cultures renvoient à des groupes ethniques, nationaux ou des entités
internationales tandis que les petites cultures décrivent des groupes sociaux comme
la famille, l’école, équipes, membres d’un club, etc. Selon ce point de vue sur la
culture, toute rencontre entre deux personnes peut être perçue comme un échange
interculturel. Par exemple, comme étudiant à cette faculté d’éducation, tu fais partie
d’une culture universitaire précise, mais comme stagiaire dans ton école, tu fais
partie d’une autre culture, une culture scolaire bien précise à ton école.
D’un point de vue extérieur, la culture d’un autre groupe peut sembler homogène.
Cependant, chaque membre d’un groupe est un individu à part entière et il est
unique. Pour construire du sens de notre monde, nous avons tendance à catégoriser
les gens dans divers groupes (cultures). Cette catégorisation se nomme
« stéréotype ». Les stéréotypes sont les images mentales que nous nous formons ou
une façon de penser au sujet du monde qui nous entoure. Ces stéréotypes sont
souvent partagés par les membres du groupe sociétal auquel nous appartenons.
Tout le monde possède des stéréotypes, donc personne ne doit pas oublier que ses
stéréotypes sont des généralisations. Il faut toujours remettre en question et mettre
au défi nos stéréotypes, car ils peuvent constituer des obstacles et nous aveugler par
rapport aux besoins de l’autre, de ses sentiments, de ses problèmes et aux
circonstances.
L’identité
Il est essentiel de reconnaître les différentes identités culturelles et linguistiques des
élèves pour qu’ils ressentent un sentiment d’appartenance. L’affirmation de ses
identités culturelles et linguistiques constitue un facteur déterminant à la réussite
scolaire des élèves.
Tout comme la culture, l’identité est un concept fluide. L’identité est la façon dont
l’être humain fait du sens de lui-même ainsi que du monde qui l’entoure. L’identité
nous aide à nous définir, à nous orienter et à nous positionner dans notre monde
social par rapport aux autres. Notre identité est donc constituée de nos traits et nos
caractéristiques, des rôles que nous jouons, de nos rapports sociaux et des groupes
sociaux auxquels nous adhérons. Chaque personne fait partie de plusieurs groupes
sociaux et joue différents rôles dépendant du groupe et des situations. Ainsi, même
si nous parlons de l’identité au singulier, nous possédons tous plusieurs identités.
Notre identité est très malléable et dynamique. Dépendant des situations, une de
nos identités sera activée et nous agirons d’une façon donnée. Dans un autre
contexte, une autre de nos identités sera activée et cela influencera notre
70
comportement d’une autre façon. Le sentiment d’appartenance avec une identité
précise fluctue constamment et change avec le temps et les situations.
Nous nous évaluons à partir de notre estime de soi, c’est-à-dire le respect que nous
ressentons envers nous-mêmes, et de notre sentiment d’autoefficacité, la croyance
que nous avons envers notre capacité à accomplir une tâche. L’estime de soi et
l’autoefficacité dépendent de notre performance dans l’accomplissement de nos
rôles et du regard des autres sur le succès de notre performance. Des sentiments
positifs envers notre estime de soi et notre sentiment d’autoefficacité sont de fortes
motivations pour accomplir certains rôles ou certaines tâches. Nous voulons tous
nous sentir bien dans notre peau et, afin de bien nous sentir, nous sommes prêts à
poser certaines actions. La réussite scolaire de nos élèves dépend de notre capacité
à favoriser un sentiment positif par rapport à leur identité.
Les tableaux suivants fourniront des détails concernant : 1. les savoirs et la
compréhension critique de ceux-ci; 2. les valeurs; 3. les attitudes et 4. les habiletés.
71
Histoire, Comprendre la nature fluide et la façon dont les
économie, interprétations du passé varient avec le temps et les cultures;
privilège et connaissance et compréhension des économies et des
relations de processus économiques et financiers qui affectent le
pouvoir fonctionnement de la société; connaissance et
compréhension de l’interdépendance économique de la
communauté mondiale et l’effet que les choix personnels et
les habitudes de consommation peuvent avoir sur les autres
parties du monde; comprendre que la marginalisation et
l’exclusion systématiques des processus démocratiques et
des échanges culturels peuvent mener au désengagement
civique et à l’aliénation des citoyens.
Le monde Connaissances étendues et complexes ainsi qu’une
compréhension critique dans une variété de domaines
comme la politique, la loi, les droits de la personne, la culture,
les cultures, les religions, l’histoire, les médias, les
économies, l’environnement et la durabilité.
Le rôle et les Utiliser les connaissances que tous les individus partagent
impacts des l’humanité en commun et qu’ils ont des droits égaux
droits de la indépendamment de leurs affiliations culturelles, leur statut,
personne leurs capacités ou leurs circonstances dans leur vie
quotidienne et dans des circonstances extraordinaires.
72
Équité Disponibilité, accessibilité, acceptabilité et qualité
Intégration et Accepter et respecter tous les êtres humains et leurs idées
inclusion comme étant égaux; bâtir sur la diversité
Dignité humaine Croyance générale que tout être humain est de valeur et de
et droits de la dignité égales, qu’il a droit à un respect égal, qu’il a droit aux
personne mêmes droits de la personne et libertés fondamentales et
qu’il doit être traité en conséquence.
durabilité Croyance qu’il y a des liens entre les processus économiques,
sociaux, politiques et environnementaux, notamment quand
on les voit d’une perspective globale.
73
Respect Considérer les autres ou quelque chose positivement et les
respecter, juger qu’ils ont une valeur et une importance
intrinsèques. Avoir du respect pour les autres qui sont
perçus comme ayant des affiliations culturelles différentes ou
des croyances, des opinions ou des pratiques différentes des
siennes est vital pour un dialogue interculturel et une culture
de démocratie.
74
Apprentissage Être capable d’entreprendre, d’organiser et d’évaluer ses
autonome propres apprentissages par soi-même selon ses besoins, sans
que quelqu’un d’autre ait à le dire.
Communication Être capable de communiquer efficacement et
convenablement.
Résolution de Être capable d’aborder, de gérer et de résoudre des conflits
conflit de façon paisible en guidant les parties en conflit vers des
solutions optimales que toutes les parties jugent acceptables.
Flexibilité et Être capable de s’ajuster et de réguler ses propres pensées,
adaptabilité sentiments ou comportements de façon à pouvoir répondre
efficacement et convenablement dans de nouveaux contextes
et dans de nouvelles situations.
1. Le colloque international
Cette activité vise à fournir une expérience qui transmet la complexité de la
communication interculturelle en utilisant différents moyens et styles de
communication. Les élèves apprendront que la frustration est une
composante inhérente à l’apprentissage et que cette frustration peut être le
tremplin à la communication avec une personne d’une autre culture. Cette
activité vise aussi à encourager une attitude positive et une volonté à mieux
communiquer avec une personne d’une autre culture.
75
• Poser les questions suivantes aux élèves à la fin de l’activité : Qu’est-il
arrivé? Comment vous êtes-vous sentis quand vous avez rencontré des
membres d’autres groupes? Pouvez-vous identifier certaines règles de
socialisation d’autres groupes? Y avait-il des problèmes / malentendus?
Lesquels et pourquoi? Avez-vous changé votre comportement pendant
la simulation? Pourquoi ou pourquoi pas?
• Poursuivre la discussion en posant les questions suivantes aux élèves :
Avez-vous déjà fait l’expérience d’une situation similaire auparavant?
Comment s’est déroulé cet échange interculturel? Comment pouvez-
vous agir dans une situation similaire pour vous sentir mieux?
Comment peut-on connaître les autres cultures ou leurs règles
culturelles?
Groupe A Groupe B
Il vous est important de maintenir un Vous établissez une distinction entre
contact constant, mais superficiel. Pour les gens portant des jeans et ceux n’en
maintenir le flot de la conversation en portant pas. Les gens portant des
tout temps, vous amenez des sujets non jeans peuvent seulement parler à
controversés comme la météo ou les ceux n’en portant pas quand une des
derniers potins au sujet des célébrités, personnes ne portant pas de jeans les
mais jamais des sujets relevant de la présente. Sinon, ils doivent éviter le
sphère privée. Vous pouvez inviter contact visuel par respect pour les
quelqu’un, mais l’invitation ne compte gens ne portant pas de jeans. Les
vraiment que lorsqu’elle a été répétée sujets de conversation typiques sont
une troisième fois. l’histoire familiale (de toutes les
personnes participant à la
conversation) et les espoirs pour les
générations futures.
Groupe C Groupe D
Vous honorez la personne que vous Vous provenez d’une communauté
rencontrez en disant : « Je vous salue et très sociale. Vous faites
je salue l’énergie qui est en vous. » automatiquement un câlin aux
Puisque vous évitez toute forme de étrangers et vous les appelez « mon
contact physique avec les gens, vous les cœur » ou « mon petit chou ». Vous
tenez à distance en vous croisant les dites aux autres ce qu’ils aimeraient
bras et en vous inclinant devant eux. Si entendre afin de maintenir une
vous connaissez une personne un peu conversation enjouée et relaxe.
mieux, vous pouvez la toucher sur
l’épaule. Dans la conversation, vous
évitez le pronom personnel « Je » et
vous évitez les sujets de la sphère
privée. Pour vous, tout le monde est
censé faire partie de la communauté.
Vous ne regardez pas les gens qui sont
plus grands que vous.
76
2. La balle dans la poubelle
Cette activité vise à conscientiser les élèves et à les sensibiliser aux inégalités
et à la discrimination. Elle fournit une expérience qui reflète en partie la
société en ce qui a trait aux privilèges et aux relations de pouvoir inégales
pour favoriser la compréhension des conséquences de la discrimination sur
certains groupes ou certains individus.
77
chacune des questions : Qu’est-il arrivé? Pourquoi pensez-vous que
vous étiez dans votre rangée? Était-ce votre choix? Comment vous
êtes-vous sentis? Comment vous sentiez-vous d’avoir la chance de
vous reprendre ou seulement une chance de vous reprendre?
Comment était-ce d’être traité ainsi? Comment vous sentiez-vous par
rapport aux personnes des autres groupes? Avez-vous considéré les
personnes des autres groupes? Comment avez-vous géré vos
émotions? Avez-vous interagi avec les autres? Si oui, comment?
Avez-vous exprimé des réticences ou essayé de changer la situation?
Avez-vous cherché des solutions?
• L’enseignant pose des questions suivantes pour lier le jeu à la vie
réelle : Pourquoi avons-nous joué ce jeu? Connaissez-vous des
situations dans la vie réelle où les gens sont traités de la même façon
que dans le jeu? Que pourriez-vous faire pour vous opposer à cela?
Avez-vous déjà eu une expérience similaire dans la vraie vie?
Comment avez-vous agi dans cette situation? Que pensez-vous
pouvoir faire pour plus d’égalité?
78
Chapitre 6
79
Dans ce chapitre, nous traiterons donc de :
ü L’approche de la littératie équilibrée (Bingham et Hall-Kenyon, 2013;
Louden, Rohl, Barratt-Pugh, Brown, Cairney, Elderfield, House, Meiers,
Rivalland & Rowe, 2005)
ü La communication authentique (Zwiers, 2019)
ü L’approche intégrée en immersion (Lyster, 2016)
ü L’approche actionnelle (Conseil de l’Europe, 2001)
ü L’approche neurolinguistique (Netten et Germain, 2004)
ü L’approche par le projet (Krajcik et Blumenfeld, 2015)
80
Exemple de pratiques exemplaires
variées: la lecture
En Étude des
Activités collaboration mots
Écriture
langagières
Partagée Indépendante
Les enseignants doivent faire place à toutes les autres pratiques exemplaires
pour assurer le meilleur enseignement de la littératie. Il faut qu’ils utilisent
des pratiques exemplaires variées.
La communication authentique
Tout comme l’approche de la multilittératie, les approches préconisées en langue
seconde mettent beaucoup d’accent sur les situations de vie réelle et sur la
communication authentique. Par contre, il est très rare que le terme
« communication authentique » soit défini explicitement.
Selon Zwiers, 2019, pour qu’une communication soit considérée authentique, elle
doit répondre à trois critères :
1. Une construction intentionnelle d’idées
2. Un écart d’information
3. Une attention accordée à la langue au service de la communication
81
1. Une construction intentionnelle d’idées
Pour construire des idées, les élèves doivent être capable de les a. soutenir et
b. clarifier. Les élèves soutiennent leurs idées quand ils fournissent des
éléments de preuve et les meilleurs exemples possibles. Ils clarifient leurs
idées en posant des questions, en définissant, en paraphrasant, en négociant,
en faisant des analogies et en faisant une synthèse.
En sciences humaines, les élèves pourraient analyser une toile avec un thème
historique comme celle du Canadien Robert Harris Une rencontre des
commissaires d’école en répondant aux questions suivantes : « Dans quel état
d’esprit se trouve ces personnages? Qu’est-ce qui vous le fait dire? Selon
vous, que disent-ils? À quoi pensent-ils? »
82
2. Un écart d’information
Nous communiquons afin de maintenir nos rapports sociaux ou dans le but
d’échanger de l’information nouvelle. Pour qu’un réel échange se produise,
les élèves doivent partager de nouvelles idées, informations, expériences, etc.
Ainsi, une activité d’écart d’information est une activité où les apprenants
manquent l’information nécessaire pour accomplir la tâche et qu’ils doivent
échanger avec les uns et les autres pour trouver l’information nécessaire à
l’accomplissement de la tâche. Une façon de créer cet écart d’information est
de remettre de l’information différente aux élèves au sujet d’une même
notion et de les faire partager ces informations avec leurs camarades de
classe à l’oral ou à l’écrit.
83
compréhension aux dépens de la production. Aussi, on a maintenu la
séparation entre la langue et le contenu des matières scolaires. De plus, le
langage employé lors de l’enseignement du contenu disciplinaire manque de
richesse linguistique.
84
L’approche actionnelle
85
Le tableau suivant aide à mieux saisir les différences entre l’approche
communicative et l’approche actionnelle.
À partir de tâches ou de projets liés au vécu et au quotidien des élèves et situés dans
un contexte précis, les élèves sont amenés à agir en utilisant une variété de savoirs
et d’habiletés. Dans ce contexte, la tâche est toute activité mettant les élèves en
action. L’accent est mis sur la pertinence des tâches proposées et celles-ci ont un
but précis. Ces tâches sont basées sur des actes de parole qui permettent aux élèves
de communiquer dans un but précis dans une situation authentique. Voici une liste
d’actes de parole :
Les exemples suivants servent à montrer les liens entre le résultat d’apprentissage
formulé sous la forme d’un acte de parole, la situation authentique et la tâche
orientée vers l’action.
86
Shédiac en lisant des construction d’un Les structures vous que
articles de journaux. immense terrain de de phrases l’aménagement d’un
camping à Shédiac. nécessaires à grand terrain de
Vous êtes à la fois l’expression camping serait une
heureux et inquiets. d’opinions bonne idée?
Heureux, car il est Les marqueurs Pourquoi ou
souvent difficile de de relation Pourquoi pas?
réserver un terrain Remplir un
de camping à Shédiac organisateur Lecture : Les élèves,
à moins de s’y graphique pour en petits groupes, se
prendre des mois à organiser ses partagent plusieurs
Je peux m’informer l’avance. Inquiets, idées. articles de journaux
(ou informer les car la qualité de l’eau au sujet de la
autres) au sujet d’un à la plage Parlee est construction du
projet qui aura des souvent remise en camping. Avant leur
impacts sur la question et cela est lecture, l’enseignant
communauté. dû à la pollution. modélise une
Vous décidez donc de stratégie de lecture
vous informer au permettant de
sujet de ce projet distinguer entre les
pour en connaitre les faits et les opinions.
avantages et les
désavantages. Post-lecture : Les
élèves partagent les
opinions retrouvées
dans les articles.
Ensemble, ils
catégorisent les
opinions « pour » et
« contre » dans un
organisateur
graphique.
87
Conjugaison encore? Quelles
des verbes avec questions aimeriez-
le pronom vous posez au
« vous » président du comité
des citoyens de la
ville de Shédiac?
Oral : Le président du
comité des citoyens
de Shédiac est
présent par Skype.
Posez-lui des
questions pour vous
informer des
avantages et des
désavantages de ce
camping.
88
Canada désirent
- sont, à votre avis, les
recevoir de arguments les plus
l’information interpellant?
pertinente et exacte Choisissez les
au sujet des arguments « pour » et
avantages et des « contre » que vous
désavantages de la désirez intégrer à
construction du votre article de
terrain de camping à journal.
Shédiac.
Écriture : Rédaction
de la première
ébauche du texte.
Post-écriture :
Entretien « idées »
avec un pair.
Les exemples offerts dans ce tableau démontrent aussi la façon dont l’enseignant
peut intégrer les différentes habiletés de communication (oral, écoute, lecture,
écriture) et, ainsi, utiliser l’approche de la littératie équilibrée avec l’approche
actionnelle.
L’approche neurolinguistique
89
1. L’apprentissage d’une langue seconde doit avoir pour but la communication
et, ainsi, le développement d’habiletés en littératie. La langue, elle-même, ne
doit pas être l’objet de l’étude. Cela veut dire que l’enseignant ne doit pas
enseigner explicitement les règles de grammaire, la structure des phrases, la
morphologie et le vocabulaire.
1. l'oral
3. 2.
l'écriture la lecture
Dans cette approche, l’input, l’output et l’interaction sont très contrôlés afin
d’assurer la précision linguistique en plus de la fluidité. De plus, pour la
correction des erreurs, il faut utiliser la reformulation. L’enseignant propose
une phrase modèle que l’élève doit répéter en l’adaptant à son vécu. Si
90
l’élève répète en commentant une erreur, l’enseignant le corrige en répétant
la phrase modèle jusqu’à ce que l’élève l’emploie correctement.
Exemple :
Exemple :
Enseignant : Ma saison préférée est l’automne, parce que
j’aime les feuilles multicolores. Et toi
Kathy, quelle est ta saison préférée et
pourquoi?
91
Kathy : Ma saison préférée est l’hiver, parce que
j’aime la neige.
Pré-lecture
92
même.) Pendant cette étape, il fait des liens avec le vécu et
les expériences des élèves. Pendant la discussion,
l’enseignant présente aussi quelques mots nouveaux aux
élèves qu’ils rencontreront lors de leur lecture.
2. L’enseignant présente le livre aux élèves. Il leur montre le
titre et l’illustration de la couverture de ce livre. Il pose des
questions sur ce que les élèves pensent qui peut arriver dans
le livre. L’enseignant note les principales prédictions des
élèves sur un grand papier. Par la suite, l’enseignant montre
les principales illustrations du livre en faisant dégager le
sens aux élèves.
Lecture
Post-lecture
93
Pré-écriture
Écriture
Post-écriture
L’approche par projet est une méthode d’enseignement par laquelle les élèves
apprennent leur langue seconde et le contenu de la matière enseignée (les arts
langagiers, les sciences humaines, les sciences, les mathématiques) par le biais d’un
projet final. Ils travaillent à ce projet pendant une période étendue pour accomplir
le projet final, pour enquêter sur un sujet ou pour résoudre un problème dans une
situation qui est authentique, engageante et qui représente un défi cognitif.
Reprenons ici les exemples de la construction d’un camping géant à Shédiac et
l’achat d’un animal de compagnie pour la classe de Mme Renée.
94
possibles pour la région de Shédiac, 3. Informer au sujet des impacts écologiques sur
la région de Shédiac, particulièrement pour la plage Parlee, 4. Informer au sujet des
réactions de la population du Nouveau-Brunswick à l’annonce de ce projet, etc.
Chaque groupe produira un reportage télévisé et un article à partir d’un sous-thème
différent. »
Dans le cas de l’achat d’un animal de compagnie, Mme Renée pourrait proposer le
projet final suivant : « D’ici deux semaines, nous accueillerons un animal de
compagnie dans notre classe. Après avoir choisi l’animal, il faudra préparer son
habitat dans la classe. Ensemble, nous devrons donc choisir l’animal idéal, nous
informer au sujet de la nourriture qu’il mange, de ce dont il a besoin dans sa cage,
des jouets dont il a besoin, etc. et, organiser et préparer la salle de classe pour
l’arrivée de cet animal dans deux semaines. »
Le Buck Institute for Education (BIE), un organisme à but non lucratif dont la
mission est de démontrer aux enseignants la façon d’utiliser l’approche par projet
dans leur classe, explique que, pour utiliser l’approche par projet de façon efficace,
l’enseignant doit inclure les huit caractéristiques essentielles suivantes ([Link]) :
95
6. Offrir des occasions de réflexion au sujet de l’apprentissage.
Les élèves et l’enseignant réfléchissent à l’apprentissage, à l’efficacité de leur
travail et de leurs stratégies, à la qualité de leur travail, aux obstacles et aux
façons de les surmonter
Planifier l'enseignement
et les expériences
d'apprentissage.
Ainsi, l’enseignant commence par choisir les résultats d’apprentissage qu’il désire
couvrir pendant l’unité d’enseignement. Il choisit ensuite un projet final qui lui
permet d’intégrer ces résultats d’apprentissage et qui permet aux élèves de
démontrer leurs apprentissages. L’enseignant des arts langagiers inclura des
résultats d’apprentissage de l’oral, de l’écoute, de lecture et d’écriture dans son
96
unité en tenant compte des différentes compétences de la compétence
communicative pour assurer la littératie équilibrée. L’enseignant d’une matière
donnée fera la même chose, mais il inclura aussi des résultats d’apprentissage de
contenu comme le démontre l’exemple suivant où le projet final était de créer une
carte postale représentant et décrivant une écozone :
Écrit
L’élève sera capable :
• D’écrire des phrases complètes afin de communiquer les informations
importantes de son écozone
• D’utiliser un vocabulaire propre à son niveau scolaire
• D’utiliser le nouveau vocabulaire appris en classe et le rechercher dans la
trousse d’information de façon correcte
• D’utiliser différentes stratégies d’écriture :
o L’emploi d’un organisateur graphique
o S’autogérer et s’autoévaluer
97
Lecture
L’élève sera capable :
• De lire plusieurs textes informatifs et de dégager l’information la plus
pertinente à l’aide d’un organisateur graphique
• De reconnaitre et de comprendre le nouveau vocabulaire et les nouvelles
structures appris en classe retrouvés dans les fiches d’information
Après avoir choisi ses résultats d’apprentissage et son projet final, l’enseignant
réfléchira au langage obligatoire nécessaire à la compréhension et à
l’accomplissement du projet final. Il relèvera aussi les savoirs langagiers et de
contenu, les habiletés et les stratégies essentiels nécessaires à la réalisation du
projet final. Il organisera ceux-ci en plusieurs étapes pour mener à une exécution
réussie du projet final par les élèves.
98
a) Lire pour comprendre et dégager les idées principales.
b) Lire pour dégager la structure textuelle des articles.
c) Lire pour dégager les caractéristiques linguistiques (les traits
d’écriture).
Ø Pour b et c, les élèves inscrivent les différentes parties de la
structure de l’article et ses caractéristiques dans un
organisateur graphique.
99
équipe et ils tentent de trouver la bonne piste pour arriver au
point d’arrivée. Ils inscrivent les coordonnées sur cette carte.
Chaque élève doit prétendre qu’il est un biologiste connu qui a récemment
découvert une espèce presque disparue. Il doit présenter un rapport aux experts,
qui sont ses camarades de classe. Le rapport doit décrire la nouvelle espèce et son
habitat. L’élève peut transmettre son rapport de la façon de son choix : p. ex., un
diaporama, une chanson, une saynète. Les experts porteront un jugement final pour
chaque présentation et décideront si on peut sauver l’espèce ou non. La
présentation devrait inclure :
- Une description de l’espèce
- L’écosystème, les facteurs biotiques et abiotiques et les interactions
- L’habitat (l’endroit précis dans l’écosystème)
- La niche (l’emploi de l’espèce)
- Le réseau alimentaire
- Le transfert d’énergie (une pyramide des nombres)
- La raison pour laquelle l’espèce est menacée.
Étapes à suivre :
1. Prendre connaissance du thème de l’unité, des résultats d’apprentissage, des
critères de réussite et du projet final.
2. Présentations des notions clés du contenu (les écosystèmes, les facteurs
biotiques et abiotiques, les interactions, les habitats et les niches)et du
vocabulaire obligatoire à l’aide de plusieurs activités comme des
laboratoires, des démonstrations (un écosystème portatif) et des jeux.
3. Présentation et mise en pratique de différentes stratégies pour effectuer une
recherche à l’Internet à partir de sources crédibles. Ces stratégies incluent : la
lecture sélective, dégager les idées principales et la prise de notes.
4. Choix de chacun des élèves d’une espèce qui l’intéresse et recherche sur son
habitat, la niche et les facteurs biotiques et abiotiques de l’écosystème en
utilisant les différentes stratégies de recherche apprises à l’étape 3.
100
5. Présentation de la notion des réseaux alimentaires et des concepts qui y sont
reliés : les producteurs, les consommateurs, les décomposeurs et le transfert
d’énergie et la création d’un réseau alimentaire en dyade.
6. Présentation et mise en pratique de stratégies pour convaincre les gens (p.
ex. citer des experts, faire appel aux sentiments). Les élèves, en dyades,
tenteront ensuite de convaincre son partenaire que son réseau alimentaire
est bon.
7. Présentation de la notion des facteurs limitants (les facteurs entrainant
l’extinction des espèces) et recherche en employant les stratégies de
recherche de l’étape 3 des facteurs limitants de l’espèce choisie.
8. Travail et recherche individuels
9. Entretien avec un pair et, par la suite, avec l’enseignant pour évaluer et
critiquer de façon constructive les idées à intégrer dans sa présentation, à
l’aide des critères de réussite.
10. Création de la présentation en adoptant un format de son choix et en utilisant
les différentes stratégies pour convaincre (voir étape 6).
11. Présentation de l’espèce menacée devant le panel d’experts.
L’adoption de l’approche par projet dans une classe de langue seconde comporte
plusieurs avantages et permet d’intégrer plusieurs notions, théories, hypothèses et
principes dont nous traitons dans ce manuel :
101
9. Elle favorise la motivation intrinsèque des élèves.
102
Chapitre 7
L’enseignement ciblé
• Avant toute chose, l’enseignant doit connaitre ses élèves. Par le biais
d’activités et de l’évaluation dont nous parlerons dans le prochain chapitre, il
développe des connaissances au sujet de la maturité scolaire des élèves, de
leurs façons d’apprendre, de leurs forces, de leurs besoins et de leurs
préférences.
• L’enseignant choisit un ou des éléments précis à enseigner explicitement. Le
chapitre 4 présente ces éléments à enseigner pour l’oral, l’écoute, la lecture
103
et l’écriture. L’enseignant d’une matière scolaire choisit aussi des éléments
précis de littératie à enseigner, selon la notion de contenu choisie.
• Après avoir décidé du ou des éléments à enseigner pour la littératie et pour
sa matière, l’enseignant décide de la façon la plus efficace de l’enseigner. Il
reconnait que chaque élève est différent et il adapte son enseignement pour
s’assurer que chaque élève dans sa classe apprend. Pour ce faire, il utilise les
données recueillies lors des activités et de l’évaluation pour prendre ses
décisions. Il continue à recueillir de l’information quant à l’apprentissage de
ses élèves pendant chaque leçon par le biais de l’évaluation pour informer
ses leçons futures et le soutien à apporter à chaque élève.
De nos jours, la plupart des chercheurs s’entendent pour dire que les deux types
d’enseignement et d’apprentissage ont un rôle à jouer (Ellis, 2005). Cependant,
certains chercheurs demeurent convaincus que seuls l’enseignement et
l’apprentissage implicite est efficace, comme Netten et Germain (2004). C’est
104
pourquoi l’approche neurolinguistique, que nous avons décrite au chapitre 6,
préconise un enseignement et un apprentissage implicite.
Ainsi, sans nier l’importance des savoirs implicites, dans les programmes
d’immersion et de français cadre, on préconise un enseignement explicite.
De plus, les élèves possèdent déjà une langue qui, dans certains cas, aide
l’apprentissage de la langue seconde, mais, dans d’autres cas, interfère avec celui-ci.
Par exemple, « sensible » en français ne signifie pas la même chose que « sensible »
en anglais ou on n’utilise pas le même verbe pour exprimer que l’on a faim : « J’ai
faim. I’m hungry. » L’enseignant doit donc souligner les ressemblances et les
différences entre les deux langues pour soutenir l’apprentissage de ses élèves.
Aussi, les élèves doivent avoir de multiples occasions de mettre en pratique leurs
savoirs explicites, à l’oral et à l’écrit, dans des conditions réelles d’emploi. Il est
important de varier ces occasions pour que les élèves aient la chance d’utiliser et de
réutiliser leurs savoirs dans différents contextes. Par exemple, l’emploi du passé
105
composé et de l’imparfait n’est pas simplement essentiel pour raconter ou pour
écrire une histoire. Ces temps de verbes servent aussi à décrire des souvenirs, des
évènements, etc., dans le passé.
106
Le transfert progressif de la responsabilité (Pearson et Gallagher, 1983; Fisher et
Frey, 2010)
Comme nous l’avons déjà expliqué dans ce chapitre, l’enseignant doit planifier et
réfléchir à son enseignement pour fournir des activités d’apprentissage qui
conviennent à ses élèves et pour les soutenir. Il doit aussi utiliser l’approche de
l’enseignement explicitement qui suit une certaine démarche d’enseignement. Cette
démarche est présentée sous forme de modèle, le modèle du transfert progressif de
la responsabilité.
Exemple :
En tenant compte du thème « les animaux », l’enseignant montre une photo de son
chien. Voici des exemples de pistes de discussion : quel est cet animal? Quelle
semble être sa personnalité? Peux-tu décrire ton animal domestique?
107
L’enseignant présente la notion, l’habileté ou la stratégie à l’étude explicitement. Il
fournit des modèles à l’élève en verbalisant à voix haute la façon d’utiliser cette
notion, habileté ou stratégie.
Exemple :
« Aujourd’hui, nous travaillerons à la précision du vocabulaire. À l’oral et à l’écrit,
nous utilisons souvent des mots passepartouts comme « chose » et « faire ». Ces
mots ne sont pas assez précis. Il faut enrichir notre vocabulaire. Par exemple, j’ai
dit que « Je mange souvent des choses sucrées. » Je vais donc regarder sur le mur de
mots thématique pour préciser mon vocabulaire. Hum… Je vois deux options. Je
pourrais dire : ‘Je mange souvent de la nourriture sucrée.’ Mieux encore, je pourrais
dire : ‘Je mange souvent des sucreries.’
3. Pratique guidée :
L’enseignant invite les élèves à participer à une leçon guidée afin de pratiquer la
notion, l’habileté ou la stratégie à l’étude. L’enseignant pose des questions aux
élèves et leur fournit du soutien afin qu’ils puissent développer davantage la notion,
l’habileté ou la stratégie. L’enseignant et les élèves travaillent donc ensemble.
Exemple :
« Je vous ai fourni le modèle pour la formation des verbes réguliers en er au présent
de l’indicatif. D’accord. Je veux utiliser le verbe parler avec Juliette. Juliette est mon
amie et elle n’arrête pas de parler. Je dis donc ‘Juliette’ et j’utilise l’infinitif du verbe,
donc parler. Qu’est-ce que je fais avec cet infinitif? Justin? Oui, tu as raison, j’enlève
la terminaison er et je conserve la racine du verbe ‘ Juliette parl…’ Qu’est-ce que je
dois faire ensuite? Sophie? Oui, je regarde mon modèle pour la terminaison à la
troisième personne du pluriel et je l’ajoute à la racine de mon verbe ‘Juliette parl…’ »
4. Pratique coopérative :
Les élèves ont l’occasion de mettre en pratique leur nouveau savoir, leur nouvelle
habileté ou leur nouvelle stratégie avec le soutien de leurs pairs. L’enseignant, ici,
joue le rôle de facilitateur.
Exemple :
« Carolyn passe l’après-midi avec Kevin. En dyades, écrivez quatre activités que font
Carolyn et Kevin en utilisant le sujet ‘Carolyn et Kevin’, un verbe régulier en er au
présent de l’indicatif. »
L’enseignant profite encore de l’occasion pour observer ses élèves et leur degré de
compréhension de la notion, de l’habileté ou de la stratégie. Si deux ou trois élèves
ont de la difficulté, l’enseignant les soutient en leur enseignant la notion à nouveau
et en fournissant d’autres modèles.
108
5. pratique autonome :
L’élève, ayant bien été soutenu, est maintenant prêt à mettre en pratique ses
nouvelles connaissances, habiletés ou stratégies de façon autonome.
109
Objectif : Lire une comptine avec fluidité
2. L’enseignant invite les élèves à lire le texte avec lui en faisant une
lecture en chœur.
110
2. L’enseignant fait une pratique guidée en invitant les élèves à l’aider à
corriger le deuxième paragraphe du texte.
111
Lors de la construction d’un nouvel édifice ou la rénovation d’un ancien édifice, pour
soutenir l’édifice, les travailleurs montent des échafaudages. Quand la construction
ou la rénovation est terminée, ces travailleurs enlèvent les échafaudages qui
n’étaient que temporaires.
112
Si les élèves ont un niveau de compétence faible, que plusieurs d’entre eux
éprouvent des difficultés, que la tâche proposée est nouvelle ou complexe et que le
temps disponible est limité, l’enseignant devrait alors utiliser la démarche de
l’enseignement explicite, à savoir les différentes étapes du transfert progressif de la
responsabilité. Par contre, si les élèves possèdent un niveau de compétence élevé,
que la tâche proposée est connue ou simple et que le temps le permet, l’enseignant
peut choisir l’approche par découverte. Comme les concepts clés du programme
d’études sont les éléments centraux, les plus importants du programme,
l’enseignant doit absolument les enseigner explicitement.
113
Chapitre 8
L’évaluation
a. L’évaluation sommative :
L’évaluation sommative sert à poser un jugement final par rapport au contenu
enseigné. Ainsi, elle est justement le type d’évaluation que nous avons mentionnée
ci-dessus. Elle sert à accorder une note pour les bulletins scolaires. L’enseignant
doit utiliser ce type d’évaluation à la fin d’une séquence d’enseignement, par
exemple à la fin d’une unité ou de l’année scolaire, et non, pendant que les élèves
sont dans le processus d’apprentissage.
b. L’évaluation formative :
Dans le quotidien de l’enseignant et des élèves, l’évaluation formative occupe une
place beaucoup plus importante. En fait, ce type d’évaluation est essentiel à
l’apprentissage comme le démontre la figure suivante.
évaluation
enseignement apprentissage
formative
114
L’évaluation formative est composée de deux sous-catégories : i. l’évaluation au
service de l’apprentissage et ii. l’évaluation en tant qu’apprentissage.
Nom : Date :
Avance la discussion
115
En changeant les descripteurs de rendement par une échelle, l’enseignant peut
transformer la grille d’observation en une grille d’évaluation sommative. À ce
moment, la grille d’observation qui était du type d’évaluation au service de
l’apprentissage devient une grille d’évaluation du type d’évaluation sommative.
Ainsi, au lieu d’utiliser les descripteurs de rendement « facilement »,
« partiellement » et « avec soutien », l’enseignant pourrait utiliser une échelle sur 5
points, par exemple : 5 points pour toujours, 4 pour souvent, 3 pour parfois, 2 pour
rarement et 1 pour jamais.
§ Le rapport anecdotique
Ce type d’évaluation donne de la rétroaction à l’élève sous forme écrite et lui donne
des renseignements additionnels liés à son apprentissage. On indique les forces de
l’élève ainsi que les points à améliorer.
b. Elle est utile. L’élève peut en tenir compte pour favoriser ses
apprentissages et améliorer sa performance.
116
ii. L’évaluation en tant qu’apprentissage
L’évaluation en tant qu’apprentissage se produit quand les élèves deviennent leur
propre évaluateur. Ils surveillent leur apprentissage, posent des questions et
utilisent une variété de stratégies pour décider ce qu’ils savent et peuvent faire, et la
façon dont ils peuvent utiliser l’évaluation pour effectuer de nouveaux
apprentissages.
En plus des deux exemples d’évaluation en tant qu’apprentissage suivants, les élèves
peuvent utiliser une liste de vérification ou une rubrique à partir des résultats
d’apprentissage de la leçon pour s’autoévaluer :
§ Les questions métacognitives
Les élèves peuvent se poser certaines des questions suivantes tout au long du
processus d’apprentissage, lors de l’accomplissement d’une tâche ou d’un
projet final.
117
Questions Amorces
- Qu’est-ce que j’ai appris - Ma force aujourd’hui
aujourd’hui? était…
- Qu’est-ce que j’ai bien - Aujourd’hui, j’ai fait le
fait? plus de progrès…
- Qu’est-ce que j’ai trouvé - Je suis fier de ___, parce
difficile? que…
- Avec quoi ai-je besoin - Je me sens frustré
d’aide? quand…
- J’ai besoin d’en
apprendre plus au sujet
de…
Au chapitre 5, nous avons décrit l’approche par projet et nous avons établi les
conditions essentielles à intégrer dans cette approche. La sixième condition traite
de l’importance d’offrir des occasions de réflexion au sujet de l’apprentissage à
l’enseignant et aux élèves. L’évaluation formative joue un grand rôle pour faciliter
ces occasions de réfléchir à l’apprentissage et elle doit être intégrée au quotidien
dans ce processus d’apprentissage.
118
L’enseignant doit d’abord clarifier le résultat d’apprentissage pour lui-
même. Il doit isoler et décortiquer les différents éléments
d’apprentissage contenus dans le résultat comme le démontre l’exemple :
119
Dans sa formulation de résultats d’apprentissage clairs et précis,
l’enseignant doit tenir compte de deux critères :
120
Chapitre 9
Il faut aussi, après la tâche principale, donner l’occasion aux élèves de réinvestir
leurs nouvelles connaissances, habiletés ou stratégies dans un autre contexte et,
aussi, leur permettre de réfléchir à leur apprentissage. Cette partie finale de la leçon
a pour but de solidifier les apprentissages des élèves et de s’assurer que ceux-ci sont
durables.
121
propose un prolongement et une réflexion. Pour illustrer ce fait, nous présentons
les exemples suivants pour chacune des habiletés :
L’oral
pré-oral •présentation
•entrevue
•saynète
post-oral
•remue-méninges
La lecture
pré-lecture post-lecture
122
L’écriture
•présenter et discuter
écriture
d'une amorce visuelle •correction et révision
•visionner un clip •entretien avec
•écriture modelée l'enseignant
•faire ressortir le
vocabulaire lors d'un •écriture partagée •entretien avec un pair
remue-méninges •écriture guidée •autoévaluation
•activer les •écriture individuelle •partager le texte
connaissances
antérieures
post-écriture
pré-écriture
L’enseignant doit donc réfléchir à la façon dont il prépare ses élèves avant de
travailler à une habileté langagière précise et à la façon dont il leur permet de
solidifier leur apprentissage après avoir travaillé à une habileté. Par conséquent, si
l’enseignant choisit l’écriture comme l’habileté à développer, il s’assure de faire une
pré-écriture dans la partie « mise en situation », une écriture dans la partie
« approfondissement des connaissances » et une post-écriture dans
« réinvestissement et réflexion ».
Leçon: Date :
Durée :
Matériel nécessaire : Ressources utilisées :
Tout ce dont vous avez besoin, vos élèves et vous, Ce sont les ressources consultées pour planifier la
pendant la leçon. Ex. boîte en carton, colle, feuille leçon. Dans cette colonne, le programme d’études
de travail, etc. ou les programmes d’études pour l’intégration des
matières devraient être nommés.
123
Résultats d’apprentissage : L’élève devrait être capable de…
Arts langagiers Autre(s) matière(s)
Tirés de la section du guide présentant les Dans certains cas, lors de l’intégration d’une ou
résultats d’apprentissage pour les arts langagiers plusieurs autres matières, les résultats
en immersion, mais précisés et adaptés. d’apprentissage de cette colonne seront tirés des
programmes d’études d’autres matières à l’étude.
Techniques d’évaluation :
Dépendant de la leçon, l’enseignant peut ou ne peut pas évaluer pour l’apprentissage. Cependant, il est
important que l’enseignant utilise, dans chaque leçon, des techniques d’évaluation au service de
l’apprentissage et en tant qu’apprentissage.
MISE EN SITUATION D’APPRENTISSAGE : (activation des connaissances, Différenciation
personnalisation, mise en contexte, anticipation, motivation) (doués et appui
additionnel)
Cette étape a pour but de susciter l’intérêt des élèves, de piquer leur curiosité
pour le sujet abordé et d’activer leurs connaissances antérieures afin que les Dans cette section,
élèves puissent les utiliser comme fondements à l’apprentissage de nouveaux on indique les
concepts et de nouvelles habiletés. On tente de faire des liens entre le sujet à adaptations ou les
l’étude et la vie des élèves. Lors de cette étape, l’enseignant et les élèves modifications
s’entendent sur la tâche à accomplir et sur les moyens d’y arriver. On y présente nécessaires pour les
souvent, par le biais d’activités comme le remue-méninge, le vocabulaire ou les élèves doués et
structures linguistiques nécessaires à la leçon. En d’autres mots, l’enseignant ayant besoin de
prépare les élèves à participer pleinement à la leçon. soutien additionnel.
124
• L’enseignant guide l’élève, lui fournit des pistes et l’aide à prendre
conscience de son apprentissage.
• L’enseignant intervient explicitement sur les connaissances spécifiques
ou les stratégies cognitives ou métacognitives à acquérir.
• L’enseignant observe la démarche, les stratégies et les préférences des
élèves. Il utilise l’évaluation au service de l’apprentissage.
Lors de la réflexion, les élèves réfléchissent sur ce qu’ils ont appris en matière de
contenu (concept, nouveau mot, expression) ou en matière de processus
(stratégies d’apprentissage ou de communication). Le mot « réflexion » est clé.
Les élèves s’arrêtent pour prendre conscience de leur apprentissage. Ils
n’apprennent rien de nouveau à ce moment-ci. Les élèves pourraient, par
exemple, utiliser une grille d’autoévaluation, un journal d’apprentissage ou une
carte de sortie.
Notes/commentaires :
Cet endroit permet à l’enseignant de faire un retour sur la leçon, sur son enseignement
et sur l’apprentissage de ses élèves.
125
Leçon: Présentation du projet final Date : 1er décembre
Durée :
Matériel nécessaire : Ressources utilisées
§ Photos apportées par les élèves (optionnel) § Programme d’études
§ Photos démontrant des exemples du projet final « Pratiques exemplaires en
§ Section d’un mur ou papiers grand format pour la immersion » et résultats
création du mur de thème d’apprentissages des arts
§ Feuille : liste d’étapes en désordre langagiers
§ Dossier/chemise d’écriture § p. 4 du document de
§ Livre lié à la leçon (optionnel) sciences, section
« Connaissances
préalables »
Techniques d’évaluation :
• Auto-évaluation à l’aide des énoncés « je peux » et grilles d’observation
126
1. Présenter le sujet de discussion - notre province et les autres provinces (doués et
des Maritimes. Avoir une carte de notre région, demander aux élèves de soutien
situer notre province et les provinces environnantes ainsi que certaines additionnel)
structures physiques et naturelles.
2. Mener une discussion sur le vécu des élèves (voyages, activités,
connaissances antérieures du sujet, etc.) en y intégrant des concepts clés
de l’unité. Par exemple :
o Où es-tu allé en voyage? As-tu déjà traversé des ponts? As-
tu vu la mer, une rivière? Es-tu déjà allé à l’Île-du-Prince-
Édouard, comment as-tu voyagé, sur l’eau, etc.? Quelle était
la température?
L’appui de photos est important ici. On pourrait demander aux élèves
d’apporter une photo d’un endroit visité dans les Maritimes. Celles-ci
aident à soutenir la discussion.
3. Aussi voir p. 4 du document de sciences, section « Connaissances
préalables »
4. Commencer à développer un mur de thème lié à la discussion.
127
1. Distribuer à chaque groupe une liste en désordre des étapes que les
élèves devront suivre, lors de la création d’une maquette. Les élèves, avec
l’appui de l’enseignant(e), lisent les étapes en les plaçant en ordre. Selon
le niveau de compétences des élèves, lire les étapes à haute voix ou
donner l’occasion aux élèves de lire en petits groupes.
• Assurer un enseignement ciblé d’une ou plusieurs stratégies de
compréhension de lecture lors de cette étape (ex : B.3.14. se
questionner tout au long de la lecture pour soutenir sa
compréhension).
2. Donner l’occasion aux différents groupes d’élèves de présenter l’ordre de
la liste des étapes qu’ils ont créée.
3. Suivre d’une discussion de classe à partir de l’ordre établi par les
différents groupes par laquelle on détermine l’ordre correct des étapes à
être réalisées pour pouvoir faire la maquette.
4. Afficher au mur une courte description de chacune des étapes à suivre.
5. Présenter et discuter des deux autres parties du projet final – la
présentation orale et l’écriture d’un texte informatif et d’un texte
procédural– avec les élèves.
Notes/commentaires :
• Activités de prolongement :
o faire une lecture d’un petit livre avec les élèves liés à la leçon.
128
Exemple d’un plan de leçon de sciences humaines à l’intermédiaire
Résultats d’apprentissage
Arts langagiers Autre(s) matière(s)
L’élève sera capable de : L’élève sera capable de :
oral 7.2.2
- Utiliser des soutiens visuels - analyser le rô le de l’argent dans la ré ponse aux
pour comprendre l’histoire besoins fondamentaux
du Canadien Kyle MacDonald. - expliquer en quoi les ressources financiè res
- Discuter au sujet du troc et favorisent l’autonomisation
du capitalisme pour -examiner les difficulté s associé es au cycle de la
distinguer les deux concepts à pauvreté
l’aide de leurs pairs et de leur
enseignante. 7.2.3
- Discuter au sujet du troc et - relever les tendances économiques actuelles
du capitalisme pour relever le
vocabulaire important que
l’enseignante inscrira au mur
de thème : échanger, un
besoin, s’entraider, un
système, économique,
financier, habituellement.
lecture
- Utiliser les mots du mur de
thème pour participer à une
129
discussion sur le capitalisme
et le troc.
- Identifier les
caractéristiques du
capitalisme et du troc.
écriture
- Utiliser un diagramme de
Venn pour comparer le
capitalisme et le troc.
Évaluation :
Formative (au service de l’apprentissage)
130
- Pendant la discussion, l’enseignante ajoute des mots ou des expressions
liées aux deux systèmes économiques au mur de thème.
- L’enseignante indique aux élèves qu’ils participeront à deux simulations
tirées de la vie quotidienne où ils expérimenteront les deux systèmes
économiques : le troc et le capitalisme.
- L’enseignante partage les « Je peux » :
• Je peux identifier les caractéristiques du système capitalisme et du
système de troc.
• Je peux dégager les avantages et les désavantages des deux systèmes.
Simulation 1
- À l’extérieur de la classe, l’enseignante remet un sac de biscuits à un
groupe de trois élèves en leur indiquant que, même si leurs camarades de
classe demandent pour des biscuits, ils doivent les garder pour eux, sans
les partager.
- L’enseignante fait entrer le groupe de trois élèves dans la classe. Ceux-ci
s’assoient devant leurs camarades de classe et ils commencent à manger
des biscuits en refusant de partager quand les autres élèves demandent
des biscuits.
- L’enseignante pose des questions aux élèves pour faire l’analogie entre le
capitalisme et la simulation. Elle fait aussi ressortir les sentiments
ressentis par « les riches » et par « les pauvres ». L’enseignante pose aussi
des questions pour dégager les avantages et les désavantages du
capitalisme. Elle indique aux élèves de se servir du mur de thème pour
utiliser un vocabulaire juste et précis. Si certains mots manquent,
l’enseignante les ajoute pendant la discussion.
- L’enseignante présente le système du troc (échange d’un bien pour un autre, pas
d’argent, système utilisé par les Premières Nations, mais aussi, lors de pénuries,
de guerres où l’argent devient rare) et ajoute les mots importants liés à ce concept
au mur de thème.
Simulation 2
- L’enseignante explique aux élèves qu’ils devront se faire chacun une coupe
glacée en faisant le troc. Elle divise les élèves en différentes familles et elle
remet à chacune des familles 1 ingrédient nécessaire pour faire la coupe
glacée.
131
- Les élèves font des échanges d’ingrédients pour effectuer leur coupe
glacée.
- L’enseignante pose des questions aux élèves pour faire l’analogie entre le
troc et la simulation. Elle fait aussi ressortir les sentiments ressentis par
les élèves. L’enseignante pose aussi des questions pour dégager les
avantages et les désavantages du troc. Elle indique aux élèves de se servir
du mur de thème pour utiliser un vocabulaire juste et précis. Si certains
mots manquent, l’enseignante les ajoute pendant la discussion.
RÉINVESTISSEMENT ET RÉFLEXION
M. Fitzpatrick
Leçon: Rapport d’enquête Date : Le mercredi 16 mars
Durée : 4 classes (120 heures)
Matériel nécessaire : Ressources utilisées :
Ø Ordinateurs Ø Laboratoire d’ordinateurs
Ø Tableau SMART Ø Rubrique
Ø Rubrique Ø Modèle de la structure d’un rapport
d’enquête
[Link]
_tous_genres.pdf
Ø Modèle de brochure, pancarte et vidéo
d’enquête
132
Résultats d’apprentissage : L’élève devrait être capable de…
Arts langagiers Sciences
Écriture : l’élève sera capable de : Ø Communiquer des questions, des idées et des
ü utiliser une stratégie d’écriture : intentions ; recevoir, interpréter,
utiliser un organisateur comprendre et appuyer les idées des autres
graphique pour prendre des et y réagir en ce qui concerne les attitudes
notes. face à l’environnement.
ü prendre des notes essentielles à Ø Sélectionner des renseignements provenant
la matière vue en classe. de différentes sources, les compiler et les
ü rédiger un rapport d’enquête afficher sous différents formats, pour
Oral : l’élève sera capable : appuyer un point de vue donné dans un
ü utiliser le vocabulaire propre au exposé sur le changement subi par
sujet des l’écosystème.
écosystèmes…paradigme, Ø Communiquer des questions, des idées et des
abiotiques/biotiques, intentions, et recevoir, interpréter,
producteur, consommateur, comprendre et soutenir les idées d’autrui; y
produire, consommer, répondre dans la préparation de rapports sur
accumuler, bioaccumulation, le changement subi par l’écosystème.
etc.
ü participer à des conférences
avec l’enseignant et avec des
pairs, et d`offrir sa perspective
au sujet de leur rapport.
Lecture : l’élève sera capable :
ü utiliser des stratégies de
lecture : - relecture,
identification des idées
essentielles et identification des
mots inconnus.
ü faire la lecture des articles pour
recueillir l’information.
Techniques d’évaluation possibles :
Ø Faire l’évaluation formative des ébauches.
Ø Carte de sortie (formative).
MISE EN SITUATION D’APPRENTISSAGE : (activation des Différenciation
connaissances, personnalisation, contextualisation, (doués et soutien additionnel)
anticipation, motivation) Ø Circuler autour de la classe.
1. Demande aux élèves s’ils ont déjà fait la lecture ou ont Ø Afficher les questions au
vu un rapport d’enquête. tableau SMART pour un
2. Demande aux élèves, de quelle forme étaient ces soutien visuel.
rapports d’enquête ? (brochure, pancarte, vidéo…) et Ø Écris les réponses des
quelles caractéristiques avaient-ils ? élèves au tableau pour un
3. Pense-Paire-Partage soutien visuel.
4. Écris les réponses des élèves au tableau.
133
5. Explique aux élèves que les scientifiques ont souvent à
rédiger un rapport d’enquête. Les cinq (5) différents
écosystèmes de la péninsule acadienne comme les
tourbières, les dunes, les estuaires, les terres basses et
marécages, et la forêt, etc., sont en danger. Les élèves
formeront des groupes de scientifiques et chacun de ces
groupes étudiera un des écosystèmes en profondeur.
6. Les « Je peux » des prochains cours sont :
- Lire des textes en utilisant les stratégies de lecture :
relire, relever les mots inconnus et dégager
l’information essentielle.
- Prendre des notes à partir d’un organigramme.
- Rédiger un rapport d’enquête en respectant les
caractéristiques de ce type de texte.
7. Montre une vidéo présentant la péninsule acadienne et
ses écosystèmes.
8. Discute de la péninsule acadienne et de ses écosystèmes
avec les élèves.
9. Inscris les mots importants liés aux écosystèmes
ressortant pendant la discussion.
APPROFONDISSEMENT DES CONNAISSANCES Différenciation
10. Rappelle aux élèves des bonnes stratégies de lecture. (doués et soutien additionnel)
(Relire, surligner ou noter des mots inconnus et dégager Ø Modélise
l’information essentielle). Ø Lecture partagée
11. Modélise la façon de lire un texte rapportant une Ø Prise de notes en vue de
enquête au sujet d’un écosystème en relisant les parties l’apprentissage
difficiles, en relevant les mots inconnus et en dégageant Ø Circuler autour de la classe.
l’information essentielle. Ø Afficher les questions au
12. Modélise la façon de prendre des notes à l’aide d’un tableau SMART pour un
organigramme à partir du texte rapportant une enquête soutien visuel.
sur un écosystème. Ø Écris les réponses des
13. Ensuite, l’enseignant discute des ressources disponibles élèves au tableau pour un
et valides pour guider les élèves pendant leur recherche. soutien visuel.
14. L’enseignant forme les groupes qu’il a déjà préétablis. Ø Pouce haut ou bas pour
15. Les élèves commencent leur recherche dans leur groupe vérifier la compréhension.
et prennent des notes à l’aide leur organisateur
graphique.
16. Les élèves choisissent les idées essentielles et les
organisent pour rédiger leur rapport de recherche.
17. L’enseignant rappelle aux élèves les caractéristiques
d’un rapport d’enquête.
18. Les élèves rédigent leur rapport d’enquête.
134
RÉFLEXION ET RÉINVESTISSEMENT (oral, lecture et/ou Différenciation
écriture) (doués et soutien additionnel)
19. Ensuite, les élèves participent à des conférences avec Ø Circuler autour de la classe.
leurs collègues de classe et l’enseignant. Ø Afficher le modèle au
20. Les élèves rédigent leur copie finale. tableau SMART pour un
21. Sur une carte de sortie, chaque élève donne une soutien visuel.
caractéristique de l’écosystème de la péninsule Ø Pouce haut ou bas pour
acadienne qui l’a particulièrement intéressé. vérifier la compréhension.
Mme Culligan
Programme : immersion Date : 14 novembre
Sujet : Mathématiques Niveau : 9e année
135
ü je peux exprimer mon opinion (par ex., « je pense
que », « à mon avis », « selon moi », « on devrait »)
Écriture :
ü je peux décrire, en utilisant le vocabulaire approprié
au sujet, les caractéristiques des relations, des
diagrammes de dispersion, des droites mieux
ajustées
Évaluation (formative)
- L’enseignant pose des questions pour vérifier la compréhension des élèves.
- L’enseignant circule et observe la représentation des données dans le diagramme de
dispersion.
- Les élèves remplissent l’organisateur graphique de retour sur leur apprentissage.
ACTIVATION DES CONNAISSANCES (contextualisation, anticipation, motivation)
Ce que fera l’enseignant(e) Ce que feront les apprenants
- L’enseignante questionne les élèves et les élèves
participent au pense-paire-partage. « Pouvez-vous - Les élèves écoutent
penser à une situation où il y a une relation cause à l’enseignant(e).
effet? » - Les élèves répondent aux
- L’enseignante questionne les élèves. « Quelles questions posées oralement
sortes d’activités physiques aimez-vous faire? par l’enseignant(e).
Pensez-vous
qu’il y a une relation cause à effet entre le nombre de
minutes d’activité physique et le battement du pouls?
Qu’est-ce qu’est cette relation? »
- L’enseignante inscrit le langage important sur le mur
de thème.
- L’enseignante explique aux élèves qu’ils vont vérifier
leur prédiction en faisant une simulation. Ils
effectueront une activité physique et ils représenteront
leurs résultats sous la forme d’un diagramme de
dispersion.
- Elle partage les critères de réussite avec les élèves.
• Je peux représenter des données
recueillies lors d’une activité physique
dans un diagramme de dispersion.
• Je peux tracer des droites les mieux
ajustées et déterminer les équations
correspondantes.
- L’enseignant(e) aide les élèves à faire une simulation - Les élèves participent dans
pendant laquelle les élèves découvriront la relation une simulation. En groupes
136
entre le nombre de minutes d’activité physique et le de 4, ils font une activité
battement du pouls. physique (par ex., courir sur
- Une fois terminée, l’enseignant(e) demande aux place, danser) pendant 5
élèves de partager leurs réponses et pose des minutes. Chaque élève
questions de compréhension. mesure son pouls pendant 10
sec, après chaque minute
d’activité. Guidés par
l’enseignant(e), les élèves
représentent leurs résultats
sous forme de graphique
(diagramme de dispersion) et
dessinent la droite mieux
ajustée.
- Les élèves lisent et répondent
aux questions à propos de la
simulation et leurs résultats.
- Les élèves répondent aux
questions de compréhension
posées par l’enseignant(e).
RÉINVESTISSEMENT ET RÉFLEXION
Ce que fera l’enseignant(e) Ce que feront les apprenants
- L’enseignant(e) demande aux élèves d’ajouter le - Les élèves ajoutent les mots
vocabulaire (une relation, un diagramme de de vocabulaire dans le
dispersion, une droite mieux ajustée, représenter, journal de vocabulaire.
établir, tracer) dans le journal de vocabulaire - Ils complètent l’organisateur
(modèle Frayer). de dispersion « Le retour sur
- L’enseignant(e) leur demande ensuite de compléter la leçon ». Ils écrivent sur
l’organisateur graphique « Le retour sur la leçon ». une carte les deux ou trois
choses les plus importantes
qu’ils ont apprises durant la
leçon, ainsi que deux ou trois
questions qu’ils souhaitent
explorer.
137
Résultats d’apprentissage : L’élève devrait être capable de…
Arts langagiers
Oral
- Discuter avec un pair pour comparer deux textes d’opinion, l’un
écrit par un élève et l’autre reformulé par l’enseignant, afin d’en
dégager les formes linguistiques appropriées.
- Discuter en groupe classe pour partager les différences au niveau
des formes linguistiques relevées entre le texte d’opinion écrit par
un élève et un autre reformulé par l’enseignant.
Écriture
- Réviser et corriger son ébauche du texte d’opinion en utilisant les
connaissances apprises lors de l’activité de reformulation.
138
7. L’enseignant accorde un temps de réflexion individuelle aux élèves. L’enseignant vérifie
8. L’enseignant explique aux élèves qu’ils formeront des dyades et qu’ils que les élèves x, y
discuteront d’abord en pairs les changements remarqués au texte et z comprennent la
reformulé. Il précise que le but est d’expliquer pourquoi ces tâche.
changements ont été apportés.
9. L’enseignant ajoute qu’à la suite de cette discussion en dyades, les
élèves discuteront en groupe classe.
10. L’enseignant précise qu’il vérifiera la compréhension des élèves en
circulant et que, par la suite, il observera comment les élèves peuvent
mettre ce qu’ils ont appris dans la révision et la correction de leur
propre ébauche.
APPROFONDISSEMENT DES CONNAISSANCES Différenciation
(doués et soutien
additionnel)
11. Les élèves forment des dyades selon les directives de l’enseignant. L’enseignant crée
12. Les élèves discutent du pourquoi des changements remarqués avec des dyades
leur partenaire. hétérogènes –
13. Les élèves reviennent en groupe classe et ils discutent en grand groupe faible/moyen,
du pourquoi des changements remarqués. moyen/fort.
14. L’enseignant reprend les copies des deux textes.
Notes/commentaires :
139
Ébauche de l’élève
Le virus H1N1
Le virus H1N1 est un grande désastre dans des pays. C’est dangereux, mais tu peux
eu un vaccin pur ne pas eu infecter. Ci tout le monde avoir une piqure, est-ce que ils
vont être d’accord? Le public exagéré un petit peux, les réactions des élèves ici à
MMSH on exagéré aussi. Ci tout le monde consentré sur just un virus, ils vont
oublier à propos les autres virus.
Le virus de la grippe A (H1N1) est sur toutes les lèvres! Ce virus affecte un grand
nombre de gens dans de nombreux pays et il est dangereux. Par contre, il existe un
vaccin prévenant la contagion. Est-ce que tous les habitants du Canada devraient se
faire vacciner? À mon avis, les réactions du public, de même que celles des élèves de
notre école, sont un peu exagérées. Dans le texte suivant, je vous expliquerai
pourquoi en traitant des personnes les plus à risques, de l’exagération des risques
de décès et des précautions à prendre autre que se faire vacciner.
Dans ce chapitre, nous avons présenté le plan de leçon et ses différentes parties en
soulignant que, lors de la planification d’une leçon, l’enseignant doit utiliser toutes
ses connaissances liées aux théories de la langue seconde, à la compétence
communicative et aux éléments à enseigner pour chacune des habiletés langagières,
aux différentes approches et méthodes d’enseignement et de l’évaluation.
Dans les trois chapitres suivants, nous traiterons plus précisément des pratiques
exemplaires de l’enseignement de l’oral, de l’écoute, de la lecture et de l’écriture. Le
prochain chapitre aura donc pour but de présenter ces pratiques pour l’oral et
l’écoute.
140
Chapitre 10
Après avoir choisi son ou ses résultats d’apprentissage, l’enseignant doit décider de
la façon dont il aimerait présenter celui-ci ou ceux-ci. Il veut choisir la façon la plus
efficace possible de présenter ce ou ces résultats d’apprentissage. Selon le ou les
éléments à enseigner, il décidera d’utiliser la pratique qui conviendra le mieux.
Dans ce chapitre, nous traiterons des pratiques à utiliser pour l’enseignement de
l’oral :
ü Les activités d’écoute
ü Les discussions
ü Les périodes de questionnement
ü Les situations d’échanges d’opinions et les débats
ü Les présentations orales
ü Les arts dramatiques
ü La musique
ü Les jeux de communication orale
141
1. Activités d’écoute
Les activités d’écoute sont des moments d’apprentissage où les élèves travaillent
activement au développement de l’écoute. Afin de devenir de bons
communicateurs à l’oral, les élèves d’immersion doivent avoir de fortes habiletés
de compréhension orale. La compréhension orale est directement liée à la
production orale.
Afin d’intégrer les activités orales dans son enseignement, l’enseignant choisit
d’abord un « texte oral ou fichier sonore » qui est approprié au niveau cognitif et
langagier des élèves. Voici des exemples de ce que les élèves peuvent écouter :
142
Dans un deuxième temps, l’enseignant fournit une intention d’écoute aux
élèves. Il doit leur donner un but précis d’écoute pour qu’ils puissent cibler leur
écoute. En d’autres mots, l’intention d’écoute est la raison pour laquelle l’élève
écoute.
143
2. Discussions
Les discussions en salle de classe doivent cibler des interactions qui permettent
l’échange d’idées, d’information, de sentiments et d’expériences. Le terme
« échange » est très important.
Ces échanges sont très encadrés par l’enseignant qui devra fournir
plusieurs modèles linguistiques. Les échanges seront, au début, plutôt
robotiques. Il n’y aura pas nécessairement un réel échange d’idées,
d’information, d’expériences ou de sentiments nouveaux. Toutefois, ces
échanges permettent aux élèves de s’exercer à s’exprimer en français de
façon à se faire comprendre – un élément fondamental au début de
l’apprentissage d’une langue seconde.
144
Exemples de discussions en salle de classe
Le but des discussions est de faire en sorte que les élèves mettent en pratique le
vocabulaire et les structures langagières liés aux thèmes et au contenu appris en
classe. Lors des discussions, les élèves devraient aussi travailler sur (1) les actes
de parole (2) le langage nécessaire pour gérer une discussion et (3) les stratégies
liées à la production orale. Voici des exemples :
145
• décrire des objets, des que… • vérifier si l’autre
personnes, des lieux • Par exemple… personne comprend
• exprimer son accord • Qu’en penses-tu, X? • répéter
ou son désaccord • Dans un autre ordre • demander des
• donner des opinions d’idées… clarifications
• paraphraser
146
3. Périodes de questionnement
Les périodes de questionnement et
les discussions en salle de classe
présentent plusieurs différences. Ces
deux types d’activités permettent de
travailler sur différents éléments de
la communication orale.
Même si nous devons donner plus de place à la discussion en classe, les périodes
de questionnement sont tout de même importantes. Elles donnent l’occasion à
l’enseignant :
147
• de prendre note des connaissances antérieures des élèves
• de faire de l’évaluation formative en évaluant à l’oral les connaissances
des élèves
• de faire une révision sur du contenu déjà enseigné
4. entrevues simulées
o un élève incarne un intervieweur ou un journaliste célèbre (Céline
Galipeau, un journaliste sportif célèbre) et pose des questions à un
de ses pairs
148
4. Situations d’échanges d’opinions
et débats
Comme les discussions et les situations d’échanges d’opinions permettent les
échanges. Toutefois, dans ce contexte, l’enseignant crée des activités ou des
situations orales où les élèves doivent exprimer leurs opinions et justifier leurs
points de vue. En participant à des situations d’échanges d’opinions et à des
débats, les élèves peuvent :
149
représente « Je ne suis pas certain(e). » L’enseignant présente un énoncé,
p. ex. : « L’école devrait avoir des uniformes », « Les athlètes professionnels
sont trop payés » ou « La mascotte de l’école devrait être un lion ». Les élèves
se rendent à l’endroit de la classe qui représente le mieux leur opinion. Dans
leur petit groupe, ils discutent de leurs opinions et de leur raisonnement. En
terminant, chaque groupe partage un résumé des discussions.
Débats
Pour les élèves plus avancés, l’enseignant voudra peut-être organiser un débat.
Les débats permettent aussi d’exprimer son opinion, mais ce sont des situations
formelles d’échange d’idées dans le but de convaincre. Ils ont des règles à
150
suivre. Les élèves doivent formuler des arguments et des réfutations. Une
langue plus soutenue y est utilisée. Voici les procédures et les règles à suivre
dans un débat :
151
5. Présentations orales
La présentation orale est un contexte de l’oral dans lequel un ou quelques élèves
présentent des informations sur un sujet, tandis que d’autres élèves écoutent.
C’est un type de communication orale planifiée, c’est-à-dire que les élèves ont eu
l’occasion de développer et organiser leurs idées au préalable.
152
de s’exprimer en français. Puisqu’ils ont le temps de planifier leur texte oral, ils
peuvent travailler sur la précision linguistique. C’est aussi une bonne occasion de
mettre l’accent sur la prononciation, l’expression, le débit et l’intonation étant
donné qu’ils ont l’occasion de se préparer.
153
6. Arts dramatiques
Les arts dramatiques permettent aux élèves de communiquer en français dans
le cadre d’une situation dramatique. Lors d’une activité d’arts dramatiques, les
élèves travaillent ensemble dans le but d’interpréter une scène ou une situation,
tout en incarnant un personnage.
b. l’apprentissage d’un concept. Dans ce cas, les élèves utilisent les arts
dramatiques pour approfondir leurs connaissances d’un thème ou d’une
matière (p. ex. : sciences humaines, Toi et ton monde). Par exemple :
154
Dans les classes d’immersion, il importe de ne pas consacrer trop de temps à la
création de la mise en scène et du décor. Le but des arts dramatiques est la
production orale de la part des élèves.
2. Marionnettes : C’est une forme d’art dramatique dont les personnages sont
des objets ou des figurines que l’on fait bouger avec la main. Les
marionnettes se prêtent bien à être utilisées dans un centre d’apprentissage.
3. Jeux symboliques : C’est une situation dans laquelle les élèves incarnent un
adulte ou un métier (p. ex. : une maman, un cuisinier, un pompier, une
policière, une enseignante). Souvent, l’enseignant possède une boîte dans sa
classe contenant des chapeaux et des objets liés à ces métiers que les élèves
peuvent utiliser pour les aider à développer leur imagination.
5. Pièces de théâtre : Ce sont des mises en scène plus longues où les élèves
incarnent des personnages pour raconter une histoire.
Les élèves se créent des identités fictives et jouent le rôle de ces personnages.
Les élèves font semblant de vivre dans ce monde ou cet endroit. Ils se
155
parlent, font des activités et participent à des évènements qui pourraient
faire partie de cet univers. Dans les premières leçons, l’enseignant fournit le
langage requis et les informations nécessaires aux élèves. Quand les élèves
ont les connaissances requises, ils entrent dans la simulation globale.
156
7. Musique
L’importance de la musique dans l’apprentissage d’une langue seconde est bien
documentée. Écouter de la musique et chanter des comptines et des chansons
favorisent le développement des capacités d’écoute et de la production orale.
La musique joue aussi un rôle très important pour intégrer la culture dans la
salle de classe. Les chansons sont donc une excellente façon de présenter et
d’explorer certains thèmes culturels.
157
8. Jeux de communication orale
Les jeux de communication orale apportent un élément ludique à
l’apprentissage de la langue. Souvent, les jeux cachent leurs caractères
éducatifs – les élèves ne réalisent pas toujours qu’ils sont en train d’apprendre
et de se servir de la langue lorsqu’ils jouent des jeux.
Les jeux de communication orale permettent de motiver les élèves en les faisant
jouer avec la langue et contiennent souvent des éléments visuels, sensoriels et
kinesthésiques.
Les jeux à l’oral offrent l’élément de répétition, donc ils ont beaucoup
d’avantages pour l’apprentissage de la langue seconde. Les élèves réutilisent le
nouveau vocabulaire et les nouvelles structures langagières à l’étude.
Nous voulons aussi éviter les jeux éliminatoires. Lorsqu’un élève est éliminé, il
ne participe plus activement à l’activité d’apprentissage et ne se sert plus de la
langue.
158
Exemples de jeux de communication orale
3. Jeux télévisés : Ces types de jeux peuvent souvent être adaptés pour la salle
de classe. Pour réviser la matière, les élèves pourraient jouer à « Jeopardy »
par exemple.
4. Jeux de mémoire : Un jeu où l’élève examine une scène ou une image pour
se souvenir de l’information. Ensuite, il doit répondre à des questions; de
préférence des questions ouvertes. Voici quelques exemples :
159
Chapitre 11
160
1. Lecture à voix haute
La lecture à voix haute se produit lorsque l’enseignant lit aux élèves. Elle peut se
faire en groupe classe, avec un petit groupe d’élèves ou avec un seul élève.
L’enseignant choisit le texte qu’il lira en fonction des intérêts de l’élève, ainsi
que de son niveau linguistique – le texte choisi devrait dépasser légèrement le
niveau linguistique des élèves pour les exposer à d’autres mots de vocabulaire
et d’autres structures langagières.
La lecture à voix haute comporte trois composantes :
Les textes enregistrés servent aussi de lecture à voix haute. Ces textes
permettent aux élèves d’entendre différents accents du français, ainsi que
différents débits de lecture.
161
Comment cette pratique soutient-elle l’élève en immersion?
En écoutant un autre lui lire des textes, l’élève en immersion :
162
• Anticiper le contenu/faire des prédictions
• Ressortir le vocabulaire clé du texte
• Poser des questions aux élèves dont la réponse se trouve dans le texte
• Commencer à remplir un organisateur graphique (p. ex. : tableau S-V-A)
• Faire un retour à l’oral d’un chapitre ou d’une section lue auparavant
(dans le cas d’une lecture d’un texte plus long)
• Regarder et discuter des éléments textuels (p. ex. : la table des matières)
5. Lisez le texte à voix haute comme lecteur expert (p. ex. : bonne fluidité et
prononciation exacte des mots). Arrêtez-vous de lire à des moments
stratégiques pour expliquer ou faire ressortir un mot ou un concept
important, résumer le contenu, faire des liens ou confirmer une prédiction. Il
importe d’éviter de s’arrêter trop souvent pour ne pas entraver la fluidité de
lecture du texte.
163
2. Lecture partagée
La lecture partagée est un contexte de lecture
où l’enseignant enseigne ou modélise
explicitement les compétences, les habiletés et
les stratégies de lecture.
Pour les élèves plus avancés, les textes suivants se prêtent bien à l’enseignement
explicite en lecture partagée : affiches, articles courts de journaux ou de
magazines, textes tirés d’un manuel scolaire, brochures publicitaires et courts
extraits d’un roman.
La classe se réunit pour lire un texte de grand format (p. ex. : livre grand
format, texte projeté à l’écran). L’enseignant présente le texte aux élèves
dans le cadre d’une activité de prélecture (voir la section précédente pour
trouver des idées). Ensuite, il lit le texte aux élèves.
Note au sujet des élèves plus jeunes : Pendant les jours suivants,
l’enseignant relit le texte à maintes reprises pour familiariser davantage les
élèves au contenu du texte, modéliser davantage une lecture fluide, ainsi
qu’une bonne prononciation des mots. Quand l’enseignant aura lu le texte
quelques fois, il ajoutera l’étape de la lecture à l’unisson. Il invite alors les
élèves qui sont prêts à lire le texte avec lui à l’unisson. Le but de cette
approche est de faire participer activement les élèves dans le processus de
lecture, et ce, dans un environnement sécurisant. La relecture de textes
familiers est une activité essentielle pour le développement des processus de
lecture.
164
Partie 2 : Enseignement explicite d’un objectif relatif à une composante de
lecture
Objectifs de lecture pour les élèves Objectifs de lecture pour les élèves plus
plus jeunes âgés
(stratégies de compréhension)
C’est dans le cadre de cet enseignement explicite que les élèves apprennent
une ou quelques compétences, stratégies, ou habiletés en contexte à l’aide
d’un texte qui leur est familier.
165
Comment cette pratique soutient-elle l’élève en immersion?
166
4. Lisez le texte aux élèves.
5. Pour les plus jeunes élèves, invitez ceux qui sont prêts à lire à l’unisson (voir
le tableau ci-dessous).
167
Types suggérés de lecture à l’unisson
Ø Lecture en écho* : L’enseignant (ou un élève) lit une ligne d’un texte et les
élèves la répètent par la suite.
168
3. Étude de mots
Afin de progresser en lecture, les élèves doivent avoir une bonne connaissance
des mots français, être capables de reconnaître ces mots à l’écrit et comprendre
leur sens.
• Il est essentiel que les élèves reconnaissent avec automatisme les mots
les plus fréquents du français pour faciliter le développement de la
lecture. Il est donc nécessaire de créer un mur de mots fréquents dans
les classes d’immersion.
Afin de maximiser les avantages des murs de mots fréquents et thématiques, les
élèves doivent s’en servir quotidiennement par l’entremise de mini-leçons, de
centres d’apprentissage ou de jeux leur permettant de travailler et de
retravailler (1) sur les mots du mur de mots fréquents et (2) sur les mots
thématiques. L’enseignant doit aussi modéliser l’usage des murs de mots et des
mots thématiques en tant qu’outil de soutien à la lecture et à l’écriture.
L’élève qui reconnaît facilement ces mots et les lit avec automaticité libère ses
processus mentaux pour être en mesure de se concentrer sur la compréhension.
Un élève qui travaille laborieusement à décoder plusieurs mots d’un texte ne
peut pas arriver à le comprendre. C’est en enseignant et en affichant les mots
fréquents au mur de mots que les élèves créeront l’habitude de lire et d’épeler
les mots fréquents avec facilité. Le mur de mots a pour but de soutenir l’élève
quand il lit ou écrit.
169
Mur de thèmes
170
• est exposé à plusieurs reprises au nouveau vocabulaire, ce qui favorise
l’acquisition de la langue.
3. Présentez ces mots aux élèves à l’aide de cartes. Chaque carte contient un
mot. Expliquez la signification de chacun des mots et, avec l’aide des élèves,
créez des phrases à l’oral pour en faciliter la compréhension.
5. Tout au long de la semaine, prenez du temps chaque jour pour faire des
mini-leçons qui serviront à maîtriser la compréhension des mots, ainsi que
leur épellation. Créez un centre « étude de mots » lors de la lecture guidée,
par exemple. Il importe que les élèves voient l’enseignant utiliser cette
ressource afin qu’ils comprennent la façon de l’utiliser à leur tour.
171
Mur de mots thématiques
2. Choisissez les mots clés qui feront l’objet de votre enseignement dans une
leçon donnée. Note : n’enseignez pas seulement les noms communs.
Présentez aussi les adjectifs, les adverbes, les structures langagières et les
mots de transition dont auront besoin les élèves (p. ex. : pour le thème de la
famille : une maman, le papa, un fils, la fille, ma famille, grande et petite
famille, nombreuse, étendue, et, aussi, je n’ai pas de sœur, deux).
3. Présentez ces mots en début de leçon ou à toutes les occasions où les élèves
en ont besoin. Discutez de la signification des mots et assurez-vous que les
élèves en comprennent le sens : en écrivant le mot dans une phrase ou en
faisant des phrases à l’oral, en vous servant d’images, en invitant les élèves à
dessiner le mot, en associant un geste avec le mot ou en donnant des
exemples, ainsi que des contre-exemples du mot.
4. Affichez les mots sur le mur de mots. Veuillez noter que les murs de thème se
bâtissent pendant l’unité.
5. Tout au long de l’unité, prenez le temps de faire des mini-leçons qui serviront
à travailler davantage sur l’usage et la compréhension de mots. Il importe
aussi de s’assurer que les élèves vous voient utiliser cette ressource afin
qu’ils comprennent la façon de l’utiliser à leur tour.
172
4. Activités de conscience
phonologique
La conscience phonologique est la capacité d’entendre, d’identifier et de
manipuler les unités sonores du français, p. ex. : mots, syllabes, rimes et
phonèmes. La conscience phonologique est cruciale pour apprendre à lire, et les
activités de conscience phonologique sont habituellement réservées aux élèves
les moins avancés, ainsi que les débutants dans la langue seconde. La conscience
phonologique comporte plusieurs habiletés différentes qui sont interreliées.
Afin de lire et de bien décoder les mots, l’élève doit savoir comment découper la
chaîne sonore et reconnaître qu’une phrase entendue est composée de mots et
qu’un mot est composé de phonèmes (sons à l’oral).
173
Certaines habiletés dans le tableau de la page précédente se développent avant
d’autres. Par exemple, les élèves développeront l’habileté de découper un mot
en syllabes avant de pouvoir le découper en phonèmes. Il est donc important de
faire des activités en salle de classe dans lesquelles les élèves travaillent sur
toutes les habiletés trouvées dans le tableau ci-dessus, mais en reconnaissant
que certaines habiletés se développent avant d’autres.
Afin de travailler sur les habiletés en lecture, les élèves doivent être capables de
discerner les phonèmes dans un mot, c’est-à-dire chaque son. Le français est
composé de 36 phonèmes.
174
• saisit plus rapidement les concepts de l’écrit
• se prépare davantage à la lecture et à l’écrit en développant sa connaissance
des phonèmes
• fait le pont plus rapidement entre la relation phonème-graphème
• enrichit sa connaissance du français
• est exposé à plusieurs reprises au vocabulaire, ce qui favorise l’acquisition de
la langue
N’oubliez pas que le but ultime est de faire en sorte que l’élève travaille sur la
conscience phonémique.
175
5. Étude des graphèmes
Les recherches indiquent clairement que
l’enseignement de la phonétique (les sons à
l’écrit) est essentiel pour le développement
des habiletés de lecture et d’écriture. En
enseignant la phonétique, les élèves lisent,
épellent, décodent et comprennent mieux.
L’enseignement des graphèmes est plus efficace, s’il est donné en fonction d’une
structure progressive. Certains sons devraient être enseignés avant d’autres.
1. graphies de base (voyelles)
2. consonnes qui s’allongent (p. ex. : j, m, s, f)
3. consonnes courtes (p. ex. : t, p, k, b)
4. graphies plus complexes (p. ex. : on, ch, eau, in, ou)
5. graphies plus difficiles ou que l’on voit moins fréquemment (p. ex. : ille,
oeu, ail)
Même si les élèves plus avancés connaissent déjà les graphèmes de base et les
consonnes, il importe de continuer d’enseigner explicitement les graphies les
plus complexes et celles plus complexes et moins fréquentes.
176
Comment cette pratique soutient-elle l’élève en immersion?
En apprenant les différents graphèmes du français de façon progressive et
systématique, l’élève en immersion :
• lit mieux et de façon plus fluide puisqu’il reconnaît les différents graphèmes à
l’intérieur d’un mot.
• est davantage en mesure de bien décoder les mots.
• éprouve moins de difficulté à lire les mots, et peut donc se concentrer sur la
compréhension du texte.
• épelle mieux les mots quand il écrit, puisqu’il a recours à ses connaissances
des différents sons à l’écrit.
177
6. Lecture guidée
La lecture guidée se définit comme étant une séance d’enseignement au cours
de laquelle l’enseignant travaille avec un petit groupe d’élèves qui lisent à un
même niveau de lecture. La lecture guidée dure environ vingt minutes.
L’enseignant détermine un but précis pour la séance de lecture guidée en
fonction de ses analyses des Fiches d’observation individualisée en lecture.
L’enseignant choisit un texte de niveau
instructif et le présente aux élèves. Il
s’assure d’attirer l’attention de l’élève
au texte en lui présentant le contenu
général, ainsi que le vocabulaire clé en
faisant une revue stratégique de
certaines images du texte.
Pour les lecteurs moins avancés, le soutien se fera à l’aide d’une lecture à voix
haute par l’enseignant et d’une lecture à l’unisson, où les élèves du petit
groupe lisent en même temps. Ensuite, l’enseignant les écoute pendant qu’ils
lisent le texte individuellement à voix basse. Pendant que chaque élève lit un
texte à son propre rythme, l’enseignant observe, encourage et évalue les
besoins qui émergent lors de la lecture.
Pour les lecteurs plus avancés : Un lecteur qui lit avec fluidité et précision,
et qui a une bonne compréhension de textes plus complexes, est de toute
évidence capable d’intégrer plusieurs sources d’informations pour les
comprendre. Il est capable de gérer sa compréhension en utilisant
simultanément plusieurs stratégies et peut s’autocorriger au besoin.
Ces lecteurs doivent donc être poussés davantage lorsque l’enseignant
travaille avec eux en petits groupes. Pour ces lecteurs, le temps consacré à la
lecture guidée se transformera en séances où l’accent sera mis sur la
compréhension plus approfondie des textes.
178
À ces niveaux, nous voulons que l’élève puisse :
Quel que soit le niveau de lecture de vos élèves, le but ultime d’une séance de
lecture guidée est de les aider à développer davantage leurs stratégies de lecture
afin qu’ils progressent en lecture à l’aide de textes de plus en plus complexes.
179
aux élèves de se familiariser avec le contenu et les mots qu’ils rencontreront
pendant la lecture.
6. Invitez les élèves à lire le texte avec vous, en lisant le texte tous ensemble ou
en faisant répéter aux élèves une phrase (ou une page) que vous avez lue.
• Note : il est déconseillé de faire de la lecture à voix haute à tour de rôle –
consultez la section de la lecture partagée pour plus de renseignements à
ce sujet.
9. À l’aide de vos observations, discutez avec les élèves des stratégies qu’ils ont
utilisées. Au besoin, offrir une mini-leçon de quelques minutes pour faire le
point sur certaines stratégies de lecture.
180
Pistes d’exploration
5. Invitez les élèves à lire le texte ou un extrait d’un texte et à effectuer la tâche
proposée dans la liste d’exploration. Observez les élèves et fournissez le
soutien nécessaire au besoin.
181
7. Lecture interactive entre pairs
La lecture interactive entre pairs donne l’occasion aux élèves de travailler
ensemble afin d’approfondir leurs compétences en lecture. Pendant la lecture
interactive entre pairs, ils lisent un texte avec le soutien de leurs pairs et
mettent en pratique les stratégies de lecture apprises au préalable. Cette activité
permet de travailler sur la compréhension, l’aisance et la fluidité.
1. Théâtres de lecture
Les élèves lisent un texte en utilisant leur voix, des gestes et des expressions
faciales pour interpréter différents personnages. Ils s’exercent en tenant
compte de la diction, de la projection de la voix, de la ponctuation et de leur
intonation.
2. Reconstitution de texte
L’enseignant divise un texte en parties. Les élèves forment autant de groupes
qu’il y a de parties dans le texte. En groupe, ils sont responsables de dégager
les idées essentielles de leur partie du texte. L’enseignant reforme les
groupes de manière à ce qu’il y ait un élève de chacun des premiers groupes
dans les nouveaux groupes formés. Dans leur nouveau groupe, les élèves
partagent, à tour de rôle, les idées principales de la partie qu’ils ont lue,
pendant que les autres élèves de leur groupe prennent ces idées en note.
3. Lecture en tandem
Un élève lit à son partenaire pendant que celui-ci l’écoute, et vice-versa. Le
lecteur peut lire le texte en entier ou les partenaires peuvent alterner d’une
phrase ou d’un paragraphe à l’autre.
4. Amis lecteurs
Chaque élève est jumelé avec un lecteur compétent d’un niveau scolaire plus
élevé. Cet élève plus âgé sert de modèle à son partenaire. Les deux amis
lecteurs lisent à tour de rôle ou ensemble.
5. Cercles de lecture
Les cercles de lecture permettent à un petit groupe d’élèves de lire un texte
et de mettre en pratique les stratégies de lecture. Chaque groupe d’élèves lit
un texte différent et se rencontre régulièrement pour discuter de leur lecture.
Les textes assignés à chaque groupe doivent tenir compte du niveau de
lecture de l’élève.
182
Précision au sujet des rôles : Pour initier les élèves aux cercles de
lecture, l’enseignant peut utiliser des fiches de rôle, adaptées au niveau de
langue et à l’âge des élèves, pour guider les élèves dans l’utilisation des
stratégies de lecture. Par exemple, le responsable du résumé met en
pratique la stratégie « se rappeler »; le responsable des liens utilise la
stratégie « lier »; le responsable des illustrations se sert de la stratégie
« visualiser », etc.
183
8. Lecture indépendante et lecture
autonome
La lecture indépendante et la lecture autonome sont utilisées pendant des
plages de temps au cours desquelles les élèves lisent individuellement des
textes.
Lecture indépendante
Il est préférable que l’élève lise des textes à son niveau pour qu’il puisse
travailler sur la fluidité, la précision et la compréhension. Ce niveau de
lecture est généralement déterminé à l’aide des Fiches d’observations
individualisées en lecture.
Lecture autonome
184
• de guides, de marches à suivre, de recettes
• de bandes dessinées, de blagues, de devinettes, etc.
• Lire un texte pour ensuite discuter avec un partenaire des nouveaux faits
appris
• Lire un texte pour ensuite en faire un résumé
• Lire un texte pour faire un dessin représentant la partie préférée
• Lire un texte pour en ressortir les idées principales et les écrire dans un
organisateur graphique
• Lire un texte et identifier de nouveaux mots
3. Invitez les élèves à choisir leur texte et expliquer l’intention de lecture pour
ce temps de lecture
4. Donnez du temps aux élèves afin qu’ils puissent lire de façon continue
pendant un certain temps
185
5. Invitez les élèves à faire un retour sur l’intention de lecture. Par exemple, si
l’intention de lecture était de lire pour partager de nouvelles informations
avec un partenaire, donnez quelques minutes afin que les élèves puissent
finir la tâche de lecture.
186
Chapitre 12
Comme pour la lecture, les chercheurs ont mené des recherches et ils ont relevé les
pratiques d’enseignement de l’écriture les plus efficaces. Étant donné le degré élevé
de difficulté de l’habileté de l’écriture, Kristmanson, Dicks, Le Bouthillier et
Bourgoin (2008) ont recommandé aux enseignants d’utiliser ces pratiques, que nous
décrirons dans ce chapitre, dans un ordre précis et de façon systématique : 1.
analyse de modèles d’écriture, 2. écriture modelée, 3. écriture partagée et 4. écriture
indépendante. Les mini-leçons d’écriture et l’écriture guidée sont intégrées à
l’enseignement à n’importe quel moment, selon les besoins des élèves.
187
1. Mini-leçons d’écriture
Pour enseigner l’écriture, il faut intégrer les éléments d’écriture d’un texte de
qualité. Ces éléments sont plus communément appelés traits d’écriture (voir le
chapitre 4). Afin de travailler sur les traits d’écriture, il est nécessaire que
l’enseignant fasse des mini-leçons ciblant différents aspects spécifiques liés aux
traits d’écriture. Ces mini-leçons doivent être choisies en fonction des besoins
des élèves.
• peut intégrer à son texte les éléments essentiels d’un texte de haute qualité
• enrichit sa connaissance du français
• voit les traits en contexte
• découvre la façon dont les traits sont utilisés selon le type de phrases ou de
texte à l’étude
2. En fonction des besoins des élèves, choisissez un élément précis qui fera
l’objet d’une mini-leçon. Le tableau ci-dessous fournit plusieurs éléments que
l’enseignant voudra enseigner en fonction du niveau scolaire de l’élève.
188
Mini-leçons d’écriture : Éléments à cibler
Choix de mots
Structure du texte
Idées/contenu
Ø Présenter des idées liées à une situation/thème
Ø Exprimer des idées originales
Ø Préciser son sujet
Ø Présenter une idée principale claire
Ø Ajouter des idées secondaires et des détails pertinents
Ø Éliminer les éléments superflus
Ø Ajouter des figures de style (p. ex. : comparaison, contraste, énumération,
métaphore)
Conventions linguistiques
189
3. Enseignez de façon explicite l’élément choisi. Par exemple, montrez aux
élèves la façon de construire des phrases simples; comment préciser leur
sujet, comment rédiger une introduction; comment ponctuer correctement.
4. Trouvez ou créez une activité dans laquelle les élèves mettront en pratique
l’élément ciblé. Plusieurs ressources proposent différentes activités
d’enseignement des traits d’écriture. Voici un ouvrage spécialement conçu
pour les élèves en immersion : Dicks, J., Bourgoin, R., Le Bouthillier, J., Roy, A.
et Lafargue, C. (2015). 70 activités motivantes de communication écrite.
Montréal, QC : Chenelière Éducation.
Exemples de mini-leçons
• Remettez des mots découpés qui forment une phrase à vos élèves
et invitez-les à former la phrase (structure de phrase).
190
2. Analyse de modèles d’écriture
L’analyse de textes modèles est une pratique au cours de laquelle l’enseignant
présente des textes ou, dans le cas des plus jeunes, des phrases modèles à ses
élèves. Avec l’appui de l’enseignant, les élèves analysent et comparent ces
modèles pour identifier les forces de ces textes/phrases exemplaires.
Quand les élèves dégagent un des éléments qui rend ces modèles des textes de
qualité, l’enseignant l’inscrit dans un organisateur graphique.
191
• Exemples pour les élèves plus avancés : « Il y a des mots de transition
entre les paragraphes » ou « L’introduction contient le sujet amené, le
sujet posé et le sujet divisé ».
192
Comment cette pratique soutient-elle l’élève en immersion?
En analysant des textes modèles, l’élève en immersion :
193
3. Présentez et lisez les deux textes modèles aux élèves. Faites une ou des
activité(s) de compréhension avant de faire l’analyse des textes.
194
7. Discutez avec les élèves de la façon dont l’analyse de textes exemplaires et
l’organisateur graphique pourront servir d’outils lorsqu’ils écriront un texte
de même type.
195
3. Écriture modelée
Lors de l’écriture modelée, l’enseignant peut inviter ses élèves à lui faire des
suggestions. Par contre, le texte demeure celui de l’enseignant. L’enseignant
peut choisir d’accepter certaines suggestions, mais demeure en contrôle de son
texte.
196
• Façon d’utiliser certaines ressources linguistiques (p. ex. :
ressources linguistiques (p. ex. : mur de thèmes, dictionnaire de
mur de mots, mur de thèmes, cooccurrences, dictionnaire de
dictionnaire visuel) verbes)
• Façon de planifier en faisant
une tempête d’idées.
197
2. Choisissez ce qui sera modélisé pour les élèves (p. ex. : Aujourd’hui, pour le
1er paragraphe, je veux modéliser la façon dont...).
4. Invitez vos élèves à vous offrir des suggestions pour améliorer votre texte. À
voix haute, tenez compte de ces suggestions. Expliquez pourquoi vous
acceptez ou rejetez certaines suggestions. Gardez toujours le contrôle de
votre texte.
198
4. Écriture partagée
L’écriture partagée donne l’occasion aux élèves de mettre en pratique ce qu’ils
ont appris pendant les dernières leçons d’écriture (p. ex. : lors des mini-leçons
d’écriture, lors de l’écriture modelée).
199
Comment cette pratique soutient-elle l’élève en immersion?
En participant à l’écriture partagée, l’élève en immersion :
3. Révisez les critères de réussite, ainsi que des outils dont les élèves peuvent
se servir pour accomplir la tâche d’écriture (p. ex. : mur de mots, affiches,
dictionnaires, grilles de vérification, dictionnaires de verbes).
200
changements ou des corrections. révisent et corrigent leur texte.
201
5. Écriture indépendante
Quel que soit l’âge des élèves, ils doivent travailler sur le processus d’écriture. Il
faut donc qu’ils apprennent la façon de : (1) planifier leurs écrits (2) rédiger des
ébauches (3) réviser et corriger leurs écrits et (5) publier et partager leurs
écrits.
202
Étapes du processus d’écriture
Correction
• font la correction de leur texte, surtout au niveau des conventions
linguistiques, mais aussi, au niveau du choix de mots et des structures
langagières
• s’entretiennent avec l'enseignant ou avec leurs pairs
• se servent des ressources linguistiques à leur disposition
• se servent des critères de réussite (à déterminer en groupe classe au
préalable) pour évaluer leur texte
203
4. Publication et partage – Lors de la publication et du partage, les élèves :
• rédigent une bonne copie de leur texte en tenant compte de leurs
révisions et de leurs corrections
• peuvent ajouter des illustrations, des schémas, des tableaux pour
embellir le texte ou ajouter des précisions
• peuvent choisir divers moyens de présenter leur texte, y compris de
façon orale, visuelle, technologique, artistique ou dramatique
• partagent leur texte avec leurs camarades de classe, en petits groupes,
avec un partenaire, à l’école, dans la famille, sur Internet, etc.
Entretien
• écoute l’élève
• paraphrase ce que l’élève dit
• pose des questions de clarification
• émet des suggestions
• prend des notes
• souligne l’endroit où l’élève a pris un
risque
• offre de l’appui (des indices et des
pistes) au besoin
• demande à l’élève d’expliquer ce
qu’il/elle aimerait traiter davantage
• pousse l’élève à faire des suggestions
pour améliorer son texte
204
Comment cette pratique soutient-elle l’élève en immersion?
En participant à l’écriture indépendante, l’élève en immersion :
205
trouver des idées, à les clarifier ou à y ajouter des détails. Il importe de se
concentrer sur les idées et non sur les autres traits d’écriture. Parfois, il est
plus utile de ne pas regarder l’ébauche de l’élève.
206
6. Écriture guidée
L’écriture guidée est une pratique exemplaire permettant à l’enseignant
d’individualiser son enseignement de l’écriture en regroupant quelques élèves
ayant les mêmes besoins d’écriture.
207
• développe et approfondit sa compréhension de connaissances,
d’habiletés et de stratégies d’écriture particulières.
• voit la façon d’utiliser le processus d’écriture (ou une partie du
processus) en contexte réel d’emploi.
208