Cours sur Distributions et Fourier
Cours sur Distributions et Fourier
Master 1
Mathématiques
MAT 418
Distributions et Transformée de
Fourier
HANS FOTSING T.
hansfotsing@[Link]
Fevrier 2023
OBJECTIFS GÉNÉRAUX
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
[1] Jean-Michel Bony. Théorie des distributions et analyse de Fourier. École polytechnique,
Département de mathématiques, 1996.
[2] Claude Gasquet and Patrick Witomski. Analyse de Fourier et applications : filtrage, calcul
numérique, ondelettes. Dunod, 2000.
[3] Michel Hervé. Transformation de Fourier et distributions. Presses Universitaires de France-
PUF, 1986.
[4] Arthur Leclaire. Distributions Tempérées.
[5] Ahmed Lesfari. Distributions, analyse de Fourier et transformation de Laplace : cours et
exercices. Ellipses, 2012.
[6] François Roddier. Distributions et transformation de fourier à l’usage des physiciens et des
ingénieurs. Paris : McGraw-Hill, 1984.
Fiche de Progression ii
Introduction Générale 7
0.1 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
k
1.4.2 Topologie de DK (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4.3 Espace vectoriel topologique Dk (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4.4 Les bornés et la convergence dans Dk (Ω). . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.5 Applications linéaires continues sur Dk (Ω). . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5 Quelques Applications Linéaires Continues Particulières . . . . . . . . . . . . 16
1.5.1 Multiplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5.2 Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5.3 Transformation ∆ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.4 Coupe d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.5 Opérateur de translation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.6 Théorèmes de Densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5.7 Régularisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5.8 Densité de D(Ω) dans Dk (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.5.9 Densité de D(Ω) dans E k (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.6 Espace de Schwartz S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.1 Définition et Topologie de S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.2 Autre caractéristique de S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.3 Comparaison de la topologie de S(Rn ) avec les autres . . . . . . . . . 25
0.1 Notations
Les notations suivantes sont utilisées dans ce document.
☞ C (Ω) := {f : Ω −→ C ; f continue}.
☞ E k (Ω) := {f : Ω −→ C ; Dα f continue, ∀|α| ≤ k}.
☞ E(Ω) := {f : Ω −→ C ; Dα f continue, ∀|α|}.
☞ C0 (Ω) := {f ∈ C (Ω) ; f nulle à l’infini d’Alexandrov}.
☞ CK (Ω) = KK (Ω) := {f ∈ C0 (Ω) ; supp(f ) ⊆ K}, Ω ⊃ K compact.
☞ K(Ω) := {f ∈ C0 (Ω) ; supp(f ) compact}.
k
☞ DK (Ω) := CK (Ω) ∩ E k (Ω) = {f ∈ E k (Ω) ; supp(f ) ⊆ K}, Ω ⊃ K compact.
☞ Dk (Ω) := k
S
DK (Ω).
K⊆Ω
compact
Sommaire
1.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Espaces E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞} . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Espaces E k (Ω), k ̸= 0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Espaces Dk (Ω), k ∈ N. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Quelques Applications Linéaires Continues Particulières . . . . . . . . . . . 16
1.6 Espace de Schwartz S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
Dans ce chapitre nous révisons les espaces de fonctions de bases utiles pour la théorie de
Distributions.
1.1 Préliminaires
☞ Nous désignons par Ω un ouvert non vide de Rn .
☞ x ∈ Ω s’écrit x = (x1 ,x2 , . . . ,xn ).
☞ La mesure de Lebesgue dans Rn sera notée "dx".
∂
☞ On utilisera souvent ∂i pour désigner
∂xi
☞ Pour un multi-indice α = (α1 ,α2 , . . . , αn ) ∈ Nn , on pose
∂ |α|
|α| = α1 +α2 +· · ·+αn , xα = xα1 1 ×· · · xαnn , α! = α1 !α2 ! . . . αn ! et Dα =
∂xα1 1 ∂xα2 2 . . . ∂xαnn
α ≤ β si et seulement αi ≤ βi , ∀i.
On peut alors faire l’addition et la soustraction des multi-indices termes à termes. On a alors les
formules multi-nomiales de Newton :
X
☞ (x + y)α = Cαβ xβ y α−β ∀x, y ∈ Rn , ∀α ∈ Nn , avec Cαβ = (α−β)!β!
α!
.
β<α
X m!
☞ (x1 + x2 + · · · + xn )m = xβ .
β!
|β|=m
Par exemple :
X 2!
(x1 + x2 + x3 )2 = xβ , β ∈ {(2,0,0), (1,1,0), (1,0,1), (0,2,0), (0,1,1), (0,0,2)}
β!
|β|=2
Ce qui donne
X y α Dα f (x) X yα ˆ 1
f (x + y) = + (k + 1) (1 − t)k Dα f (x + ty)dt.
α! α! 0
|α|≤k |α|=k+1
Formule de Leibniz
Preuve.
(a) si Ω = Rn alors on prend Ωj = B(0,j)
(b) si Ω ̸= Rn .
1 −1 1
Posons Θj = {x ∈ R, d(x,CRΩn > j
} On a f (x) = d(x,CRΩn ) continue, Θj =f ,+∞
j
et de plus Θj ⊂ Θj+1 . En effet f étant continue, f −1 (A) ⊆ f −1 (Ā). Par suite,
1 −1 1 −1 1
Θj = f −1 ,+∞ ⊆f ,+∞ ⊆f ,+∞ = Θj+1 . Po-
j j j+1
sons alors Ωj = B(0,j) ∩ Θj on a : Ωj ⊂ B(0,j) ∩ Θj ⊂ B(0,j + 1) ∩ Θj+1 = Ωj+1 .
Ωj est compact car Ωj ⊂ B(0,j) compact. Aussi, Ωj = Ω car CRΩn étant fermé,
S
" # " #
[ [ [ [
Ωj = B(0,j) ∩ Θj = B(0,j) ∩ Θj = Rn ∩ Ω = Ω
j∈N∗ j∈N∗ j∈N∗ j∈N∗
PK (f ) := sup |f (x)|.
x∈Ω
Les PK sont des semi-normes sur C (Ω) et lorsque K parcourt l’ensemble des compacts de
Ω, la famille (PK ) est une famille filtrante de semi-normes sur C (Ω).
Définition 1.3
La topologie naturelle de C (Ω) est la topologie définie par la famille filtrante de semi-
normes (PK ). On l’appelle topologie de la convergence compacte sur Ω, ou la topologie de
convergence uniforme sur chaque compact. (C (Ω) est localement compacte.)
Remarque 1.1. D’après le Lemme 1.1, pour cette topologie il existe une base dénombrable de
S
semi-normes continue formée par les (PKj ) où Kj = Ωj , avec Ω = Ωj et Ωj ⊂ Ωj+1 . De
plus on vérifie que C (Ω) est complet (exercice) et donc un espace de Frechet.
K
f nulle à l’infini ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃K ⊂ X, K compact, tel que x ∈ CX =⇒ |f (x)| < ε.
On munit C◦ (Ω) de la norme ∥f ∥∞ = sup |f (x)|. Ce qui fait de C◦ (Ω) un espace de Banach.
x∈X
Définition 1.4
La topologie naturelle de C◦ (Ω) est la topologie induite par la norme ∥ ∥∞ . On l’appelle
topologie de la convergence uniforme sur Ω.
Définition 1.5
Soit f une fonction continue sur Ω. On rappelle que l’ouvert d’accumulation Uf de f est
U
le plus grand ouvert sur lequel f s’annulle. Le support de f est suppf := CXf .
Soit K ⊂ Ω un compact de Ω. On désigne par KK (Ω) le sous-ensemble de C◦ (Ω) des
fonctions à support dans K. L’ensemble KK (Ω) est souvent noté CK (Ω). Muni de la topologie
induite par C◦ (Ω), l’espace CK (Ω) est un Banach.
Lorsque K parcourt l’ensemble des compact de Ω et m l’ensemble des entiers m ≤ k les PK,m
forment une famille de semi-normes sur E k (Ω).
Définition 1.6
La topologie naturelle de E k (Ω) est la topologie définie par la famille de semi-normes
(PK,m ).
L’espace E k (Ω) est séparé. En effet, si f ∈ E k (Ω).f ̸= 0 =⇒ ∃x0 ∈ Ω, f (x0 ) ̸= 0 Pour
K = {x0 }, m = 0,
P{0},0 (f ) = sup |f (x)| = |f (x0 )| =
̸ 0.
x∈{0}
Comme on l’a vu pour C (Ω) nous allons montrer que E k (Ω) est un Frechet.
Proposition 1.1. Soit (Ωj )j∈N∗ une famille dénombrable d’ouverts de Ω, recouvrant Ω et telle
que Ωj compact ⊂ Ωj+1 .
(ii) Si Kj = Ωj . Alors, la famille (PKj ,m )j∈N∗ ,m≤k est une base dénombrable de semi-normes
continues sur l’espace vectoriel topologique E k (Ω)
Preuve. Montrons que (PKj ,m ) est une base dénombrable de semi-normes continues.
Id
ie (X,PKj ,m ) −→ (X,PKj ,m ) est continue. X = E k (Ω). Il suffit de montrer que ∀K compact de
j0
S [
Ω, ∃Kj0 tel que PK,m ≤ PKj0 ,m . K ⊂ Ωj Ωj ouvert. ∃Ω1 ,Ω2 , . . . ,Ωj tel que K ⊂ Ωj ⊂
j j=1
Ωj0
K ⊂ Ωj0 ⊂ Ωj0 = Kj0 =⇒ PK,m ≤ PKj0 ,m
Théorème 1 –
∀k ∈ N, l’espace localement convexe E k (Ω) est un espace de Frechet ie (E k (Ω), (PKj0 ,m )j,m )
est complet.
Preuve.
a) si k = 0 E 0 (Ω) = C (Ω) qui est complet muni de sa topologie de convergence compacte.
b) k ̸= 0E k (Ω) ayant une base dénombrable de semi-norme continue, il suffit de monter
qu’il est séquentiellement complet.
Soit donc (fn )n∈N une suite de cauchy dans E k (Ω) cela signifie que ∀α, |α| ≤ k, (D)α fn
est une suite de cauchy dans C (Ω) donc converge vers g α . Posons g ◦ = f alors on a
∂
nécessairement g α = Dα f car dans C (Ω) l’opérateur ∂i = est à graphe fermé.
∂xi
Ceci est le résultat classique qui s’énonce ainsi
(i) si (fn ) converge uniformément sur tout compact de Ω vers f
(ii) si la suite (∂i fn )n∈N converge uniformément sur tout compact de Ω vers une fonction
fi alors f est dérivable par rapport à xi et ∂i f = fi donc g i = ∂i f
On passe de g i = ∂i f à g α = Dα f par induction
Dire que (Dα fn )n∈N converge vers Dα f pour la topologie de C (Ω) pour tout |α| ≤ k signifie
que (fn ) converge vers f pour la topologie de E k (Ω).(E k (Ω) : est un Frechet qui n’est pas
normable ie n’est pas de Banach)
1.4.1 Préliminaires
Définition 1.7
Soit K un compact de Ω. On pose :
k
DK (Ω) := {f ∈ E k (Ω), supp(f ) ⊂ K}, DK (Ω) := {f ∈ E(Ω), supp(f ) ⊂ K}.
On désigne aussi par Dk (Ω) l’ensemble des fonctions f ∈ E k (Ω) telles que supp(f ) soit un
compact contenu dans Ω. On a donc Dk (Ω) = ∪K⊂Ω DK k
(Ω). On pose enfin
Remarque 1.3. Dk (Ω) est une algèbre et en même temps un module sur l’algèbre E(Ω) car
supp(f g) ⊂ supp(f ) ∩ supp(g).
−1
( )
en x = (xi ) par e 1−x2 . Ces dérivées tendent vers 0 quand ||x|| → 1. Ceci implique, d’après
le théorème des accroissements finis que chaque dérivée partielle de θ existe en tout a ∈ S et
∂f
∂xi
(a) = 0.
∂θγ
∂xi
(a) = lim θγ (a1 ,...,ai +hhii,...an )−θγ (a) = lim θ′ (a1 ,...,ai + thi ,...an ) = 0,t ∈ [0,1].
hi →0 hi →0
´
Remarque 1.4. On peut choisir γ tel que Rn
θγ (x)dx = 1. L’élément correspondant, noté θ,
est appelé élément standard de D(Ω).
k
1.4.2 Topologie de DK (Ω)
Définition 1.8
k
Soit K un compact de Ω et k ∈ N. On munit DK (Ω) de la topologie induite par celle de
k k
E (Ω). c’est la topologie naturelle de DK (Ω).
k
Proposition 1.2. Muni de la topologie ainsi définie, DK (Ω) est un espace de Fréchet.
k
Preuve. Il suffit de montrer que DK (Ω) est fermé dans l’espace de Fréchet E k (Ω). Soit (fn )n∈N
k
une suite d’éléments de DK (Ω) convergeant vers f ∈ E k (Ω) alors f ∈ DK k
(Ω) i.e. f a son
K
support contenu dans K. En effet si x0 ∈ CΩ , alors fn (x0 ) = 0, ∀n ∈ N et par conséquent
(continuité) f (x0 ) = 0. Ce qui prouve que supp(f ) ⊂ K.
Remarque 1.5. On en déduit de la définition et ce qui est vu plus haut que Dk (Ω) est un L.F.
et donc complet (car tout L.F. est complet).
Comme tout compact K de Ω est contenu dans un des Kj et que la topologie de DKj (Ω) est
induite par celle de Dk (Ω), on déduit que la topologie de DK
k
(Ω) est identique à celle induite
k
par D (Ω).
b) Pour qu’une suite (ρn )n∈N d’éléments de Dk (Ω) converge vers un ρ ∈ Dk (Ω), il faut et il
suffit que :
(i) Il existe un compact K ⊂ Ω tel que supp(ρn ) ⊂ K et supp(ρ) ⊂ K
(ii) Pour tout α ∈ Nn tel que |α| ≤ k, la suite (Dα ρn ) converge uniformément sur K vers
Dα ρ.
preuve : (i) ⇐⇒ (ii) résulte de ce que dans un L.F. continue et séquentiellement conti-
nue sont équivalents.
(i) ⇐⇒ (iii) résulte des propriétés d’applications linéaires continues dans un espace limite
inductive strict.
Exemple Si k = +∞, Y = C. Toute forme linéaire continue sur D(Ω) est appelée distribution
sur Ω. L’ensemble de telles distributions est noté D′ (Ω) et sera étudié au Chapitre 2.
Preuve. TPE.
´
Lemme 1.2. (ψ = θ′ , avec θ ∈ D(R)) ⇐⇒
ψ ∈ D(R) et R
ψ(x)dx = 0 .
1.5.1 Multiplication
Proposition 1.5. Pour tout k ∈ N, l’application bilinéaire (f,g) 7→ f g de E k (Ω) × E k (Ω) vers
E k (Ω) est continue et séparément continue de E k (Ω) × Dk (Ω) vers Dk (Ω).
α!
Avec la formule Dα (f g) = (Dα−β f )Dβ g
P
(α−β)!
pour |α| ≤ m, on vérifie par majoration
β≤α
que
sup sup |Dα (f g)(x)| ≤ M sup |Dγ f (x)| sup |Dβ g(x)|,
x∈K |α≤m| x∈K,|γ|≤m x∈K,|β|≤m
1.5.2 Dérivation
Proposition 1.6. Soit k ∈ N. Pour tout α ∈ Nn avec |α| ≤ k, l’application Dα est linéaire
continue de E k (Ω) dans E k−|α| (Ω) et de Dk (Ω) dans Dk−|α| (Ω). Et en particulier Dα est un
endomorphisme continu de E(Ω) et de D(Ω).
Preuve. Il suffit de montrer que ∂x∂ i est continue de E k (Ω) dans E k−1 (Ω). Pour chaque compact
K de Ω, m ≤ k − 1 et f ∈ E k (Ω),
∂f ∂f
PK,m = sup Dα (x) ≤ sup |Dγ f (x)| ≤ PK,m+1 (f ).
∂xi x∈K,|α|≤m ∂xi x∈K,|γ|≤m+1
Ce qui montre que ∂x∂ i est continue de E k (Ω) dans E k−1 (Ω) et de même de Dk (Ω) dans Dk−1 (Ω).
On passe de la continuité des ∂x∂ i à celle de Dα par composition successive.
1.5.3 Transformation ∆
∀ρ ∈ C (Rn ) on pose ρ∆ (x,y) = ρ(x + y), ∀x,y ∈ Rn et K ∆ = {(x,y) ∈ Rn , x + y ∈ K}.
On a alors supp(ρ∆ ) = (suppρ)∆ .
Proposition 1.7. L’application ρ 7→ ρ∆ est liniéaire et continue de E k (Rn ) dans E k (R2n ) et
donc de Dk (Rn ) dans E k (R2n ).
Pour la preuve de la continuité, on vérifiera que PK,m (ρ∆ ) ≤ PK1 +K2 ,m (ρ) où K ⊂ K1 ×
K2 , des compacts.
1.5.7 Régularisation
A-Suites Régularisantes
Définition 1.11
On appelle suite régularisante, une suite de fonctions (θj )j∈N dans D(Rn ) possèdant les
propriétés suivantes :
(i) θj (x) ≥ 0, ∀x ∈ Rn
´
(ii) θ (x)dx = 1
Rn j
(iii) Le support de θj est contenu dans B(Ej ), avec lim Ej = 0.
j→+∞
Une telle suite existe toujours. En effet, soit θ l’élément fondamental de D(Ω) considéré
−1
plus haut i.e. θ(x) = γe 1−||x|| si ||x|| < 1 et θ(x) = 0 si ||x|| ≥ 1, avec γ choisi tel que
´
Rn
θ(x)dx = 1. On a supp(θ) ⊂ B(0,1). Soit (Ej ) une suite de réels strictement positifs
convergeant vers 0. On pose alors θj (x) = E1j θ( Exj ). la suite (θj ) ainsi fabriquée est une suite
régularisante.
Théorème 3 – Régularisation
Soit f ∈ L1loc (Rn ), ∀j ∈ N, on pose fj = θj ∗ f (régularisé de f), i.e.
´ ´
fj (x) = θj ∗ f (x) = Rn θj (y)f (x − y)dy = Rn θj (x − t)f (t)dt = f ∗ θj (x). Alors :
(i) ∀j ∈ N, fj est de classe C ∞ sur Rn et le support de fj est contenu dans le voisinage fermé
d’ordre Ej du support de f .
(ii) La suite (fj ) converge vers f :
a) Pour la topologie de E k (Rn ) si f ∈ E k (Rn )
b) Pour la topologie de Dk (Rn ) si f ∈ Dk (Rn ).
´
Preuve. ∀i,j ∈ N, | ∂x∂ i θj (x − t)f (t)| ≤ Cj |f (t)| et f ∈ L1loc , donc on peut dériver Rn θj (x −
´
t)f (t)dt sous le signe :
ˆ
∂ ∂ ∂θj
(θj ∗ f )(x) = θj (x − t)f (t)dt = ( ∗ f )(x).
∂xi Rn ∂xi ∂xi
On repète le procédé pour obtenir Dxα (θj ∗ f ) = Dxα θj ∗ f De même on démontre que si
f ∈ E k (Rn ) alors Dxα (θj ∗ f ) = θj ∗ Dα f, ∀|α| ≤ k.
D’autre part on a
qui est un voisinage fermé d’ordre εj de supp(f ). En effet supp(f ) + B(0,εj ) est fermé comme
somme de deux fermés. et si a ∈ / supp(f ) + B(0,εj ) = supp(f ) + supp(θj ),alors ∀x ∈
´
supp(θj ), a − x ∈/ supp(f ) et fj (a) = Rn θj (x)f (a − x)dx = 0 i.e. a ∈ / supp(fj ) ce qui
implique supp(fj ) ⊂ supp(f ) + supp(θj ).
(ii)-a) Supposons f ∈ E k (Rn ) et montrons que (fj ) converge vers f dans E k (Rn ). i.e.
PK,m (fj − f ) → 0, pour tout compact K et tout m ≤ k. Il suffit pour cela de démontrer que
PK,0 (Dα fj − Dα f ) → 0, ∀|α| ≤ k. On a Dα fj = θj ∗ Dα f et par suite
ˆ ˆ ˆ
Daα fj (a) − Daα f (a) = θj (x)Daα f (a − x)dx − Daα f (a) θj (x)dx, car θj (x)dx = 1
ˆR
n Rn Rn
Soit K un compact,
´
PK,0 (Daα fj −Daα f ) = sup |Daα fj (a)−Daα f (a)| ≤ sup |Daα f (a−x)−Daα f (x)| Rn
θj (x)dx.
a∈K a∈K,|x|≤εj
La fonction Dα f est uniformément continue sur K donc ∀ε > 0, ∃αε > 0 tel que ||a−x−a|| <
αε =⇒ |Daα f (a − x) − Daα f (a)| < ε
(Ei ) → 0 implique ∃j0 ∈ N, ∀j ≥ j0 , Ej < αε .
Donc, si j ≥ j0 alors ||x|| ≤ εj =⇒ ||x|| < αε par suite |Daα f (a − x) − Daα f (a)| < ε et
sup |Daα f (a − x) − Daα f (x)| < ε
a∈K,|x|≤εj
i.e. j ≥ j0 =⇒ PK,0 (Daα fj − Daα f ) < ε, donc (fj ) converge vers f dans E k (R) .
b) Supposons que f ∈ Dk (Rn ). Il existe K ⊂ Rn compact tel que f ∈ DK k
(Rn ). Posons K0 =
K +B(0, α) où α = supj εj . On a alors supp(fj ) ⊂ supp(f )+B(0, εj ) ⊂ K0 ; supp(f ) ⊂ K0 .
k
Par suite fj ,f ∈ DK 0
(Rn ). On raisonne comme en a) pour montrer que (fj ) converge vers f
k
dans DK 0
(Rn ). Ce qui prouve que (fj ) converge vers f dans le L.F Dk (Rn ).
Théorème 4 –
L’espace D(Ω) est dense dans Dk (Ω) pour la topologie de Dk (Ω).
Corollaire 1.1. D(Ω) est dense dans D0 (Ω) = K(Ω) = Cc (Ω). Par ailleurs on sait aussi que
K(Ω) est dense dans Lp (Ω) et par suite D(Ω) est dense dans Lp (Ω) ( ou Lp (Ω)).
Lemme 1.3 (Lemme de séparation d’Urysohn). Soient K,F ⊂ Rn , K compact , F fermé tels
que K ∩ F = ∅. Alors ∃ψ ∈ D(Ω) vérifiant
(i) 0 ≤ ψ(x) ≤ 1, ∀x ∈ Rn
(ii) ψ = 0 sur un voisinage de F ,
(iii) ψ = 1 sur un voisinage de K.
´ ´ ´
Enfin, si a ∈ K + U alors ψ(a)) = a−U −U −K θ(y)dy = U θ(y)dy = Rn θ(x)dx = 1
´ ´
a−U −U −K
θ(y)dy = U
θ(y)dy, car supp(θ) = U ⊂ a − U − U − K. En effet a ∈ K + U =⇒
0 ∈ −a + K + U soit 0 ∈ a − K − U et donc U = −U ⊂ a − K − U − U.
Théorème 5 –
Soit k ∈ N, l’espace D(Ω) est dense dans E k (Ω).
Définition 1.13
Soit (Uλ )λ∈Λ un recouvrement ouvert de Ω. On appelle partition de l’unité de classe C ∞
subordonnée au recouvrement (Uλ )λ∈Λ , une famille de fonctions (gλ )λ∈Λ indexée par le même
ensemble d’indices Λ, possédant les propriétés suivantes :
(i) Pour tout λ ∈ Λ, gλ ∈ E(Ω), gλ est à support contenu dans Uλ et gλ ≥ 0 sur Ω.
(ii) Sur tout compact K de Ω, un nombre fini seulement des gλ ne sont pas identiquement nulles,
P
(iii) ∀x ∈ Ω, gλ (x) = 1
λ∈Λ
On montre que pour tout recouvrement ouvert {Uλ }λ∈Λ d’un ouvert Ω de Rn , il existe
toujours au moins une partition de l’unité de classe C ∞ subordonnée à {Uλ }λ∈Λ . .
Alors S(Rn ) est le sous-ensemble de E(Rn ) formé des fonctions f telles que qα,β (f ) < +∞, ∀ α,β ∈
Nn
Définition 1.15
La topologie naturelle de S(Rn ) est définie par la famille de semi-normes {qα,β ; α,β ∈
Nn }. Cette topologie est également définit par la famille dénombrable de semi-normes {ql,m (f ), (l,m) ∈
N × N} où
ql,m (f ) = sup|α|≤l,|β|≤m qα,β (f ) (1.3)
et
Proposition 1.12. (a) Pour tout f ∈ S(Rn ) les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) f ∈ S(Rn )
(ii) qα,β (f ) < +∞, ∀ α,β ∈ Nn
∗
{qα,β , ∀ (α,β) ∈ Nn × Nn } et {pk,m , ∀k,m ∈ N × N}.
Lemme 1.4. Soit k ∈ N, il existe une constante positive C > 0 dépendant seulement de k et de
n telle que ∀λ ∈ Cn
C(1 + |λ|2 )k ≤ sup |λ2β | ≤ (1 + |λ|2 )k .
|β|≤k
Ainsi pour tout |β| ≤ 2k on a |λ2β | ≤ 1 + |λ|4k ≤ (1 + |λ|2 )2k . On en déduit que
Pour l’autre inégalité C(1 + |λ|2 )k ≤ sup|β|≤k |λ2β |, en appliquant la formule binomiale de
Newton on a
X
(1 + |λ|2 )k = Ckm |λ|2m .
m≤k
1 k!
Ckα α!(k−|α|)!
P
En prenant C
= |α|≤k on a bien
∗ ∗
Preuve de la Proposition 1.12 Si on pose ∀l,m ∈ N, ql,m (f ) = sup sup qα,β (f ) alors la
|α|≤l |β|≤m
Proposition 1.12 résulte des inégalités suivantes :
(a) C|f |k,m ≤ q2k,m (f ) ≤ |f |k,m ;
α
(f ) ≤ n |f |n+ l ,m ;
Q
(b) ql,m
2
∗
(c) ql,m (f ) ≤ ql,m+n (f ).
Pour avoir (a) on multiplie les inégalités du Lemme 1.4 par Dα f et on passe au sup. Pour (b) :
ˆ n ˆ
2 n 1 dx Y dxi
f (x) = (1 + |x| ) .f (x). et ≤ = πn.
(1 + |x|2 )n Rn (1 + |x2 |)n i=1 R 1 + x2i
ˆ ˆ
α
∗
ql,0)(f ) = sup |x f (x)|dx ≤ sup |xα ||f (x)|dx
|α|≤l Rn ˆ Rn |α|≤l
l
≤ (1 + |x|2 ) 2 |f (x)|dx
ˆ Rn .
n+ 2l dx
≤ (1 + |x|2 ) |f (x)|
Rn (1 + |x|2 )n
∗
ql,0)(f ) ≤ |f |n+ l ,0
2
On en déduit que
ˆ
∗
ql,m)(f ) = sup sup |xα Dβ f (x)|dx = ∗
sup ql,0 (Dβ f )
|β|≤m |α|≤l Rn |β|≤m
sup n |Dβ f |n+ l ,0
Q
≤
2
|β|≤m
Qn Qn
≤ sup (1 + |x| )n+ l |Dβ f (x)| =
2
|f |n+ l ,m
2 2
|β|≤m
∗
ql,0)(f ) ≤ |f |n+ l ,0
2
D’où (b). Pour la Preuve de (c) il suffit d’établir pour l = 0, m = 0 les autres s’en déduisent.
D’abord,
q0,0 (f ) = sup qα,β (f ) = sup |f (x)| = ∥f ∥∞ .
|α|≤0|β|≤0 x∈Rn
Aussi, ˆ
∗ ∗
q0,n (f ) = sup q0,β (f ) = sup |Dβ f |dx.
|β|≤n |β|≤n Rn
ˆ x1 ˆ x2 ˆ xn
∂ n f (a)
On a f (x) − f (a) = ... dx et lim f (x) = 0. Donc quand ai →
a1 a2 an ∂x1 x2 ....x
ˆ ˆ
n |a|→+∞
ˆ xn
x1 x2
∂ n f (a)
−∞, |a| → +∞, et f (a) → 0 par suite f (x) = ... dx. En fin,
−∞ −∞ −∞ ∂x1 x2 ....xn
ˆ ˆ
∂ n f (x)
sup |f (x)| ≤ dx ≤ sup |Dβ f (x)|dx.
x∈Rn x∈Rn ∂x1 x2 ....xn |β|≤m x∈Rn
Proposition 1.13. (i) L’espace S(Rn ) est une sous-algèbre de E(Rn ) et (f,g) 7→ f.g est
continue
(ii) la dérivation Dα et la multiplication par Mα sont linéaires continues de S(Rn ) dans lui
même.
(iii) (S(Rn ),∗) est une algèbre et (f,g) 7→ f ∗ gest continue de S(Rn ) × S(Rn ) → S(Rn )
Preuve.
(i) soit f,g ∈ S(Rn )
X β!
Dβ (f.g) = Dβ−γ f.Dγ g
γ≤β
(β − γ)!γ!
X β!
xβ Dβ (f.g) ≤ |xα Dβ−γ f |.|Dγ g|
γ≤β
(β − γ)!γ!
X β!
qα,m (f.g) ≤ Cqα,m (f )q0,m (g) C =
γ≤β
(β − γ)!γ!
(ii) qγ,β (Dγ f ) = sup |xα Dβ+γ f | = qα,β+γ (f )
x∈Rn
α
=⇒ D estcntinue.
X β!
Dβ (M α f ) = (Dbeta−γ ).(Dδ f )
γ≤β
(β − γ)!γ!
=⇒
ql,m = sup qα,β (M α f )
|α|≤l|β|≤m X β!
Cm =
≤ sup sup |x Dα β−γ γ γ
x ||D f (x)| γ≤β
(β − γ)!γ!
|α|≤l|β|≤m x∈Rn
ql,m (M α f ) ≤ Cm ql+|γ|,m (f )
donc f 7→ M α f est continue.
X α!
(iii) On vérifie que M α (f ∗ g) = (M α−δ f ) ∗ M δ g d’où ∃Cl > 0 telle que
δ≤α
(α − δ)!δ!
∗ ∗ ∗
ql,β (f ∗ g) ≤ Cl ql,β (f )ql,0 (g) qui prouve la continuité de (f,g) 7→ f ∗ g et bien sur
f ∗ g ∈ S(Rn )
Remarque 1.7. On étend le définition de décroissance rapide à L1loc (Rn ).g ∈ L1loc (Rn ) est à
décroisance rapide si q ∗ l,0(g) < +∞ dès lors ∀f ∈ S(Rn ) on a f ∗ g ∈ S(Rn ) d’après la
Preuve (iii) et f 7→ f ∗ g envoie continument S(Rn ) dans lui-même.
Preuve.
(i) ⋄ si p = +∞, f ∈ S(Rn )
q0,0 (f ) = sup |f (x)| < +∞ donc f ∈ L∞ (Rn ) et ∥f ∥∞ = q0,0 (f )
x∈Rn
⋄ si p = 1, ˆ∀f ∈ S(Rn ),
∗
q0,0 (f ) = |f (x)|dx < +∞ f ∈ L1 donc ∥f ∥L1 = q0,0
∗
(f )
x∈Rn
1
⋄ si p ∈]1, + ∞[, f (x) = (1 + |x|2 )n f (x). et
(1 + |x|2 )n
1 1 n
|f (x)|p ≤ (1 + |x|2 )np |f (x)|p . 2 np
≤ |f |pn,0 2 n
≤ |f |pn,0 π p .
(1 + |x| ) (1 + |x| )
(ii) Tout élément de C◦ (Rn ) est nul à l’infini ∀ε > 0, ∃K Compact, tel que ∀x ∈ CRKn ,
|f (x) < ε| et ∥f ∥∞ = sup |f (x)|, définit la topologie de C◦ (Rn )
x∈Rn
∀f ∈ S(R ) lim |f (x)| = 0 donc f ∈ C◦ (Rn ) et ∥f ∥∞ = q0,0 (f ) d’où S(Rn ) ,→
n
∥x∥→∞
C◦ (Rn )
ql,m (f ) = sup sup |xα Dβ f (x)| ≤ sup |xα | sup |Dβ f (x)| ≤ CK,l .pK,m (f ).
|α|≤l|β|≤m x∈Rn x∈K |α|≤l|β|≤m
(a) Ψj ∈ D(Rn )
(b) Ψj − 1 = 0 sur B(0,1)
(c) sup sup |Dβ Ψj (x)| ≤ sup |Dβ f (x)|∀β ∈ Rn
j∈N x∈Rn x∈Rn
X β!
d’où qα,β (gj ) ≤ M sup avec M = C × quand j → +∞, |x| → +∞
|x|≤j |γ|≤β γ≤β
(β − γ)!γ!
dans cette relation et |x D | → 0 ∀α,γ car x D ∈ S(Rn ) d’où qα,β (gj → 0 quand j → +∞
α γ α γ
ie fj → f.
Produit Tensoriel
Proposition 1.15. Soit f ∈ S(Rl ) et g ∈ S(Rn ) alors f g ∈ S(Rn+l ) et l’application
N
Preuve. ∀α ∈ Nl , β ∈ Nn , D(α,β) (f g) = Dα f
N N β
D g par suite ∀m,k ∈ N ∀(x,y) ∈
l n l+n l
R × R , ∀γ ∈ N , α ∈ N
(1 + |x|2 + |y|2 )k |Dγ (f g)(x,y)| ≤ (1 + |x|2 )k |Dα f (x)|(1 + |x|2 )k |Dγ−α g(y)|
N
⇒ sup sup (x,y) ∈ Rl+n (1+|x|2 +|y|2 )k |Dγ (f g)(x,y)| ≤ sup (1+|x|2 )k |Dα f (x)| sup
N
(1+
|γ|≤m |α|≤mx∈Rl |β|≤my∈Rn
2 k β
|y| ) |D g(y)|
N N
ie |f g|m,k ≤ |f |m,k × |g|m,k ce qui prouve que f g est continue.
(2) On suppose Ω borné. Montrer qu’il existe une constante C > 0 telle que :
ˆ n ˆ 2
2
X ∂φ
|φ(x)| dx ≤ C (x) dx, ∀φ ∈ D(Ω).
Rn i=1 Rn ∂xi
Exercice 1.8
Construire une suite (φn )n∈Z d’éléments de D(R) telle que :
(a) ∀x ∈ R, {n ∈ Z; φn (x) ̸= 0} est fini ;
+∞
X
(b) φn (x) = 1, ∀x ∈ R.
n=−∞
Exercice 1.9
(1) Justifier que si (ϕk ) est une suite de D(Rd ) qui converge dans D(Rn ) vers ϕ ∈ D(Rn ), alors la
convergence a aussi lieu dans S(Rn ).
(2) Donner une suite de fonctions (fn ) de D(R), qui converge vers 0 dans S(R), mais pas dans
D(R).
Sommaire
2.1 Définition et Exemples de Distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2 Opérations sur les distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.3 Dérivation des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.4 Distributions Tempérées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
Théorème 6 –
Soit T une forme linéaire sur D(Ω). Il y a équivalence entre les assertions suivantes :
1) T est une distribution sur Ω,
2) ∀Kcompact, K ⊂ Ω, la restriction de T à DK (Ω) est continue.
3) ∀K, compact, K ⊂ Ω, ∃C > 0, m ∈ N tel que | < T,ϕ > | ≤ CPK,m (ϕ), ∀ϕ ∈ DK (Ω).
On montre qu’il n’existe pas de fonction f ∈ L1loc (Ω) telle que δa = Tf . En effet, s’il en
existait, en fixant un compact K ⊆ Ω on aurait
ˆ
∀φ ∈ D(Ω), supp(φ) ⊆ Kn φ(a) = f (x)φ(x)dx.
K
´ ´
Alors, si a ∈
/ supp(φ), K f (x)φ(x)dx = 0. Donc, pour tout φ ∈ D(Ω∖{a}), K f (x)φ(x)dx =
0. Ainsi, f = 0 pp sur Ω ∖ {a}, donc sur Ω. Mais alors,
ˆ ˆ
∀φ ∈ D(Ω), φ(a) = f (x)φ(x)dx = 0 · φ(x)dx = 0.
K K
Preuve. Si T peut être prolongée en une forme linéaire continue T̃ sur Dk (Ω) alors la restriction
de T̃ à D(Ω) qui est T est continue pour la topologie de Dk (Ω), donc T est d’ordre ≤ k.
Réciproquement, si T est d’ordre ≤ k, alors T est continue sur D(Ω) pour la topologie
de Dk (Ω). D’autre part T se prolonge de façon unique sur D(Ω) qui est égal à Dk (Ω) (car le
premier espace, D(Ω) est dense dans le second). D’où la résultat.
Définition 2.3 Ordre d’une distribution
′
On appelle ordre d’une distribution T ∈ D (Ω), le plus petit k ∈ N tel que T soit d’ordre
≤ k.
∂ϕ
Exemple 2.2. 1) Soit a ∈ Rn . La distribution T définie sur Rn par < T, ϕ >= ∂xi
(a) est
d’ordre ≤ 1. Car | < T, ϕ > | ≤ PK,1 , ∀ϕ ∈ DK (Rn ).
2) Les distributions δ0 , δx0 , Tf pour f ∈ L1loc sont d’ordre 0.
Les distributions d’ordre 0 sont appelées mesures de Radon.
⟨T, φ⟩ := Dα φ(a).
Montrer que vp x1 est une distribution d’ordre 1. On l’appelle distribution valeur principale.
+∞
X
⟨T, φ⟩ := φ(j) (j).
j=0
Exemple 2.3. La suite de distribution (Tn )n≥1 , avec Tn = n δ 1 − δ− 1converge dans D′ (R)
´1 n n
vers −2δ0′ . En effet, tout φ ∈ D(R) s’écrit φ(x) = φ(0) + xψ(x), avec ψ(x) = 0 φ′ (tx)dt.
Ainsi,
1 1 1 1
⟨Tn , φ⟩ = n φ −φ − = ψ −ψ − → 2ψ(0) = 2φ′ (0).
n n n n
Théorème 7 –
Soit (Tn )n une suite de distributions telle que pour toute fonction φ ∈ D(Ω), la suite
(⟨Tn , φ⟩)n admet une limite dans C. Alors, la forme linéaire T définie sur D(Ω) par
est une distribution sur Ω. De plus, pour tout compact K ⊆ Ω, il existe m ∈ N et C > 0 tels
que
sup |⟨Tn , φ⟩| ≤ CPK,m (φ), ∀φ ∈ D(Ω) avec supp(φ) ⊆ K.
n∈N
Corollaire 2.1. Soit (Tn )n une suite de distributions qui converge vers T dans D′ (Ω) et (φn )n
une suite de fonctions qui converge vers φ dans D(Ω). Alors, ⟨Tn , φn ⟩ → ⟨T, φ⟩.
Proposition 2.3. Soit (fn )n une suite de fonctions positives dans L1 (Rn ) dont les supports sont
contenus dans des boules centrée à l’origine et de rayon tendent vers 0. Alors,
fn
´ → δ0 dans D′ (Ω).
f
Rn n
Preuve. TPE.
Définition 2.6
Soit T ∈ D′ (Ω), On dit que T est nulle sur un ouvert U ⊂ Ω si T |U = 0.
Théorème 8 –
Soit Ω un ouvert de Rn et (Uj )j∈J une famille d’ouverts de Ω. Posons U = ∪j∈J Uj . Soit
T ∈ D(Ω) telle que T |Uj = 0, ∀j. Alors T |U = 0.
Lemme 2.1. Il existe sur U = ∪j∈J Uj une famille de fonctions (gj ) qu’on appelle partition de
l’unité subordonnée au recouvrement (Uj )j∈J de U qui vérifie les propriétés suivantes :
☞ ∀j, gj ∈ E(U ) on a gj ≥ 0 et supp(gj ) ⊂ Uj ;
☞ Sur tout compact K ⊂ U un nombre fini seulement des gj ne s’annulent pas sur K ;
P
☞ ∀x ∈ K, j∈J gj (x) = 1.
Preuve du théorème Soit donc une distribution T telle que T |Uj = 0, ∀j. Soit une partition de
l’unité (gj ) subordonnée au recouvrement (Uj )j∈J . Soit ϕ ∈ D(Ω) et K = supp(ϕ). Alors, un
P
nombre fini seulement des gj ne s’annulent pas sur K et on a ϕ = gj ϕ. En posant ϕj = gj ϕ
j
on a supp(ϕj ) ⊂ Uj et
X
⟨T, ϕ⟩ = ⟨T, ϕj ⟩ = 0.
j∈J
supp(T ) = CΩOT .
Remarque 2.1. Comme complémentaire d’un ouvert, supp(T ) est toujours un fermé.
Proposition 2.4. Soient T ∈ D′ (Ω) et soit ϕ ∈ D(Ω) telles que supp(T ) ∩ supp(ϕ) = ∅. Alors,
⟨T, ϕ⟩ = 0.
Preuve. Soit K = supp(ϕ) ⊂ OT . Soit une partition de l’unité (gj ) subordonnée au recouvre-
ment ouvert (Uj )j∈J de K. Alors, un nombre fini seulement des gj ne s’annulent pas sur K et
P
on a ϕ = gj ϕ. En posant ϕj = gj ϕ on a supp(ϕj ) ⊂ Uj ⊂ OT et
j
X X
⟨T, ϕ⟩ = ⟨T, ϕj ⟩ = ⟨T |Uj , ϕj ⟩0.
j∈J j∈J
Preuve. En effet, comme ∪x∈Ω Vx = Ω, on peut choisir pour tout x ∈ Ω, fx ∈ C k (Vx ) telle
que T |Vx = Tfx . Or, sur Vx ∩ Vy , fx = fy car Tfx |Vx ∩Vy = T |Vx ∩Vy = Tfy |Vx ∩Vy on utilise la
continuité de fx et fy pour en déduire fx = fy partout.
Preuve. Pour l’unicité, on suppose que deux distributions T et T ′ vérifie les hypothèses, alors
(T − T ′ )|Ωj = 0 pour chaque j et par le Théorème 8, T = T ′ sur Ω.
Existence : Soit une partition de l’unité (gj ) subordonnée au recouvrement (Uj )j∈J . Pour tout
ϕ ∈ D(Ω) on pose :
X
< T ; ϕ >= < Tj : gj ϕ > .
j
T est linéaire car la somme ci-dessus est finie. Il reste à montrer que T est continue. Soit
ϕ ∈ DK (Ω), supp(gj ϕ) = Kj compact. L’application ϕ 7→ gj ϕ est continue de DK (Ω) vers
DKj (Ωj ) (redémontrer encore) :
Comme DKj (Ωj ) s’injecte continûment dans D(Ωj ) on déduit que ϕ 7→ gj ϕ est continue de
DK (Ω) vers D(Ωj ) et par suite ϕ 7→< Tj ; gj ϕ > est continue comme composée de deux
applications continues.
P
Par suite ϕ 7→< T ; ϕ >= < Tj ; gj ϕ > est continue comme somme d’applications continues.
j
Il reste à montrer que T /Ωj = Tj ;
Soit ϕ ∈ D(Ωi ). Alors Suppϕ ⊂ Ωi . Aussi ∀j, on a : Supp(gj ϕ) ⊂ Supp(gj ) ∩ Supp(ϕ) ⊂
Ωj ∩ Ωi .
Or Ti /Ωi ∩ Ωj = Tj /Ωi ∩ Ωj par suite < Ti ; gj ϕ >=< Tj ; gj ϕ >. On a alors :
X X X
< T ; ϕ >= < Tj ,gj ϕ >= < Ti ,gj ϕ >=< Ti ; gj ϕ >=< Ti ; ϕ >
j j j
Preuve. En cours.
Proposition 2.7. Une distribution T ∈ D′ (Ω) est à support compact si et seulement si T peut
se prolonger de façon unique en un élémenet T̃ ∈ E ′ (Ω).
On identifiera alors l’ensemble des distributions à support compact à E ′ (Ω).
Preuve. Soit T ∈ D′ (Ω) telle qu’il existe T̃ ∈ E ′ (Ω) vérifiant T = T̃ /D(Ω). Alors dire
que T̃ ∈ E ′ (Ω) signifie que ∃K compact dans Ω et ∃C > 0, m ∈ N∗ tels que pour tout
ϕ ∈ E(Omega) ;
| < T ; ϕ > | ≤ CPK,m (ϕ). (2.3)
Par suite, si suppϕ ⊂ CΩK alors (2.3) implique < T ; ϕ >= 0. Ce qui signifie que T /CΩK = 0.
Donc supp(T ) ⊂ K ; donc supp(T ) est compact.
Réciproquement, supposons que supp(T ) = K compact. On veut prolonger T en T̃ ∈ E ′ (Ω).
Soit θ ∈ D(Ω) tel que θ = 1 sur un voisinage O du compact K (cf Théorème d’Urysohn).
Posons alors pour tout ϕ ∈ E(Ω) :
(i) T̃ ne dépend pas de θ, car si β ∈ D(Ω) est aussi une autre fonction telle que β = 1 sur un
voisinage O′ du compact K, alors θϕ et βϕ sont dans D(Ω) et
(ii) L’application T̃ est linéaire. Justifions qu’elle est continue sur E(Ω). On sait (cf EVT)
que l’application M : E(Ω) × D(Ω) → D(Ω) ; (ρ,θ) 7→ ρθ est continue, donc partiellement
continue. Dès lors Mθ : ϕ 7→ θϕ est continue de E(Ω) vers D(Ω). Par suite T̃ = T ◦ Mθ est
continue comme composée de deux applications continues.
(iii) L’unicité de ce prolongement (par continuité) vient du fait que D(Ω) est dense dans E(Ω).
Exemple 2.7. T = δ a pour support K = {0}. Donc < δ; ex > a un sens qui est celui de
< δ; θ(x)ex > où θ ∈ D(R) est une fonction qui vaut 1 sur un voisinage de {0}. Par suite
< δ; ex >=< δ; θ(x)ex >= θ(0)e0 = 1.
Notons qu’on a utilisé le fait que si une fonction est à support compact, alors ses limites à
l’infini sont nulles. De même pour xi quelconque, on aurait :
∂f ∂ϕ
< ,ϕ >= − < f, > (2.6)
∂xi ∂xi
∂T ∂ϕ
⟨ , ϕ⟩ := −⟨T, ⟩. (2.7)
∂xi ∂xi
∂T
Cette égalité définit une distribution ∂xi
appelée dérivée de la distribution T par rapport à la
variable xi .
∂ϕ
En effet si on pose Di : D(Ω) → D(Ω), ϕ 7→ − ∂x i
qui est linéaire continue, alors on jus-
∂T
tifie que ∂xi
qui est linéaire est aussi continue comme composée de deux applications linéaires
∂T
continues : ∂xi = T ◦ Di .
Proposition 2.8. Tout T ∈ D′ (Ω) est indéfiniment dérivable et pour tout multi-indice α =
(α1 ,..., αn ) ∈ Nn , pour tous T ∈ D′ (Ω), ϕ ∈ D(Ω).
Notons que Dα T est linéaire continue comme composée d’applications linéaires continues
que sont les dérivées successives.
Donc H ′ = δ.
2) Soit la fonction f définie sur R par f (x) = |x|. On a f ∈ L1loc (R). Soit T = Tf Calculons
T ′ ,T ′′ , T 3 .
ˆ +∞
′ ′
< T ; ϕ >= − < T ; ϕ > = − |x|ϕ′ (x)dx
−∞
ˆ 0 ˆ +∞
′
= xϕ (x)dx − xϕ′ (x)dx
−∞ 0
ˆ 0 ˆ +∞
0 +∞
= [xϕ]−∞ − ϕ(x)dx − [xϕ]0 + ϕ(x)dx
−∞ 0
ˆ 0 ˆ +∞
= (−1)ϕ(x)dx + (1)ϕ(x)dx
−∞ 0
Remarque 2.2. La dérivée au sens des distributions est aussi appelée dérivée au sens faible.
´ ´
C’est à dire f ′ = g faible ⇔ − f ϕ′ = gϕ, ∀ϕ ∈ D(Ω).
Exercice de cours2.6
log |x| si x ̸= 0
Soit f (x) = . Montrer que la dérivée de f au sens faible est la valeur
0 sinon
principale vp x1 .
´
Alors ψ ∈ D(R) et R ψ(t)dt = 0. D’après le Lemme 1.2, il existe θ ∈ D(R) tel que ψ = θ′ .
Ainsi, ⟨T, ψ⟩ = 0. Par suite,
ˆ
⟨T, φ⟩ = ⟨T, χ⟩ φ(x)dx = ⟨C, φ⟩, avec C = ⟨T, χ⟩.
R
Théorème 11 –
Soit T ∈ D′ (Ω). On suppose qu’il existe f1 , . . . ,fn des fonctions continues sur Ω telles
que, pour tout i ∈ {1, . . . , d}, ∂xi T = fi . Alors il existe f de classe C 1 sur Ω telle que T = f .
Corollaire 2.2. Soit T ∈ D′ (Ω). Supposons que l’ouvert Ω est connexe. Supposons que, pour
tout i ∈ {1, . . . , d}, ∂xi T = 0. Alors T est constante.
Preuve. Exercice facile.
Théorème 12 –
Toute distribution T sur Rn dont le support est {0} est une combinaison linéaire finie des
Cα Dα δ.
P
dérivées de la distribution de Dirac δ. i.e. T =
f inie
P xγ Dγ f (tx)
avec 0 < t < 1. Posons alors Rm (x) = γ!
. On vérifie alors aisément que
|γ|=m+1
Dα Rm (0) = 0, ∀|α| ≤ m. D’après le lemme on a alors < T ; Rm >= 0, ce qui implique
que
X xα α X xα X
< T ; f >= < T; D f (0) > + < T,Rm >= < T ; Dα f (0) >= Cα Dα f (0)
α! α!
|α|≤m |α|≤m |α|≤m
Cα (−1)|α| Dα δ.
P
On en déduit que T =
|α|≤m
Cα (−1)|α| Dα δx0 .
P
Remarquons que si support de T était {x0 }, on aurait T =
|α|≤m
Proposition 2.10. Soit f ∈ E(Ω) et T ∈ D′ (Ω). On définit une distribution f T en posant pour
tout φ ∈ D(Ω)
⟨f T, φ⟩ = ⟨T, f φ⟩ (2.9)
De plus l’application T 7→ f T est continue pour les topologies duale faible et duale forte.
Preuve. Puisque f φ ∈ D(Ω) alors le membre droit de (2.9) est bien défini. Soit un compact
K ⊆ Ω. Il existe m ∈ N et C > 0 tels que
Par suite,
|⟨f T, φ⟩| = |⟨T, f φ⟩| = CPK,m (f φ).
Ainsi,
X
PK,m (f φ) ≤ 2|α| sup sup Dβ1 f (x) sup sup Dβ2 φ(x) =: C̃PK,m (φ).
|β1 |≤|α| x∈K |β2 |≤|α| x∈K
|α|≤m
Finalement,
|⟨f T, φ⟩| ≤ C C̃PK,m (φ).
∂ ∂f ∂T
(f T ) = T +f (2.10)
∂xi ∂xi ∂xi
∂ ∂ϕ ∂ϕ
< (f T ); ϕ >=< f T ; − > = < T ; −f >
∂xi ∂xi ∂xi
∂(f ϕ) ∂f
= − < T; − ϕ>
∂xi ∂xi
∂T ∂f
= < ; fϕ > + < T; ϕ>
∂xi ∂xi
∂T ∂f
= <f + T;ϕ >
∂xi ∂xi
Théorème 13 –
La distribution (Tf )′ est donnée, à partir de Tf ′ et des sauts de f en chaque ai , par
n+1
X
′ −
f (a+
(Tf ) = Tf ′ + i ) − f (ai+1 ) δai ,
i=0
Proposition 2.12. Soit u une fonction C 1 définie sur un intervalle [a, b]. On la prolonge par 0
à l’extérieur de [a, b] et on note ce prolongement ũ. De même, on note ũ′ le prolongement de la
fonction u, définie par u′ sur ]a, b[ et par 0 à l’extérieur. Alors
Remarque 2.3. Comme D(Rn ) ,→ S(Rn ) ie la topologie naturelle de D(Rn ) est plus fine que
celle de S(Rn ). Toute distribution tempérée est une distribution.
Proposition 2.13. Une distribution tempérée T est prolongeable de façon unique en une forme
linéaire continue sur S(Rn ). L’ensemble des distributions tempérées est alors identifiable à
l’ensemble S ′ (Rn ) des formes linéaires continues sur S(Rn )
Preuve.
(i) f 7→ M α f est continue de S(Rn ) → S(Rn )
T 7→ M α T est sa transposée donc continue.
Exemple 2.10. Tout polynôme est un multiplicateur pour S(Rn ) (et même pour S ′ (Rn ).
Définition 2.11
∀g ∈ OM (Rn ) l’application T 7→ gT de D′ (Rn ) → D′ (Rn ) est continue de S ′ (Rn ) dans
S ′ (Rn ) ie g est un multiplicateur dans S ′ (Rn )
1
➄ f (x) = ln |x| ➈ f (x) = x2
Exercice 2.2
´x
Soient u ∈ L1loc (R), et pour x ∈ R posons v(x) := 0 u(t)dt.
(1) Montrer que v est continue sur R.
(2) Montrer que v ′ = u au sens faible.
Exercice 2.3
Montrer que l’application L1loc (Ω) → D′ (Ω), f 7→ Tf (distribution associée à f ) est injec-
tive.
Exercice 2.4 Masse de Dirac
(1) Montrer que la masse de Dirac δa : D(Ω) → R est bien une distribution.
(2) Calculer les dérivées de δa dans le cas de la dimension 1.
(3) Montrer que les masses de Dirac ne sont pas des fonctions.
Exercice 2.5
(1) Soit T une distribution réelle. Montrer que
xT = 0 ⇐⇒ (∃c ∈ R ; T = cδ).
δh −δ−h
(2) Déterminer dans D′ (R) la limite lim 2h
.
h→0
Exercice 2.7
d
Calculer au sens des distributions x dx ln |x|.
Exercice 2.8 Combinaisons de masses de Dirac
Soit x1 , x2 , . . . , xk ∈ Ω.
(1) Montrer l’existence de θ1 , θ2 , . . . , θk ∈ D(Ω) tels que θi (xj ) = δij .
(2) Soit T ∈ D′ (Ω) telle que ∀φ ∈ D(Ω), (φ(xi ) = 0, ∀i ∈ {1, 2, . . . , k}) =⇒ (T (φ) = 0).
Montrer que T ∈ V ect(δx1 , δx2 , . . . , δxk ).
Exercice 2.9 Deux équations
(k) n
Résoudre les équations xT = δ0 et x T = δ0 .
Exercice 2.10 Limites de combinaisons linéaires de masses de Dirac
′
Déterminer les limites dans D (R) des suites (Tn ) de distributions suivantes :
Exercice 2.13
Soit T l’application linéaire de D(R2 ) sur R définie par
ˆ
⟨T,φ⟩ := φ(x, − x)dx.
R
Exercice 2.14
Pour quelles valeurs du réel α, f (x) = xα−1 e−x pour x > 0, et 0 pour x < 0, définit-elle
une distribution ? Calculer sa dérivée.
Exercice 2.15
Calculer
lim λe−λx H(x) et lim λe−λx H(x).
λ→+∞ λ→0+
distributions.
´x
(1) On pose g(x) := a a(t)dt . Montrer que (gT )′ = f g.
➀ T′ = 0 ➂ 2xT ′ − T = δ0 ➄ T′ + T = H
➁ T ′ − aT = 0, où a ∈ R ➃ xT ′ + T = 0 ➅ T ′ + e−x T = δ0′
Exercice 2.19
(1) Trouver les limites au sens des distributions de cos(nx), sin(nx) et einx .
(2) En déduire que lim π1 sin(λx)
x
= δ0 .
λ→+∞
si et seulement s’il existe p ≥ 1 et C ≥ 0 tel que |ak | ≤ C(1 + k)p . On pourra appliquer T à la
fonction τk ϕ où ϕ ∈ D(] − 1,1[) satisfait ϕ(0) = 1.
Exercice 2.21 Fonctions à croissance lente
Soit f : R → C une fonction localement intégrable. On désigne par S la distribution
associée à la fonction f .
(1) On suppose qu’il existe un entier p ≥ 0 tel que
ˆ
|f (x)|
< +∞.
R (1 + |x|)p
Montrer que S est tempérée. Calculer g ′ (x), où g est la fonction g(x) = xm sin(exp x).
(2) Montrer que si S est la distribution associée à la fonction f (x) = xm exp(x) cos(exp x), m ≥ 1,
alors S est tempérée. Que pensez-vous de la réciproque à la question précédente ?
(3) Soit ψ ∈ D(R) telle que ψ = 1 sur [−1,1], 0 hors de [−2,2], 0 ≤ ψ ≤ 1. Pour r ≥ 1, on pose
ϕr (x) = ψ(x/r). Montrer que pour tous α,k ≥ 0 il existe une constante C > 0 telle que, pour
tout x ∈ R, pour tout r ≥ 1, on ait
(1 + |x|)k |ϕ(α) k
r (x)| ≤ C(1 + r) .
(4) On suppose désormais que f est positive, et que S est une distribution tempérée. Montrer que
la réciproque à la question (1) est vraie.
Exercice 2.22 Une distribution pas d’ordre finie
Montrer que les formules suivantes définissent des distributions sur R :
+∞
X
⟨S, φ⟩ := φ(0) + 3φ′′ (4) − φ′′′ (π) et ⟨T,φ⟩ = φ(n) (n), ∀φ ∈ D(R).
n=0
T = xp δ (q) .
Sommaire
3.1 Produit Tensoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.2 Produit de Convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
Soit Ω un ouvert de R . n
On pose ( )
P
D(X) ⊗ D(Y ) = λi fi ⊗ gi , ∀fi ∈ D(X), gi ∈ D(Y ) . (3.2)
f inie
ˆ ˆ ˆ
⟨f ⊗ g; ϕ⟩ = f (x)g(y)ϕ(x,y)dxdy = f (x) g(y)ϕ(x,y)dy dx.
Rl+n Rl Rn
´
Si on pose I(x) = Rn
g(y)ϕ(x,y)dy = ⟨g; ϕx (y)⟩ alors on a :
⟨f ⊗ g; ϕ⟩ = ⟨f ; I(x)⟩.
Théorème 14 –
Soient Sx ∈ D′ (X) et Ty ∈ D′ (Y ) deux distributions. Alors il existe une unique distribu-
tion Wxy ∈ D′ (X × Y ) telle que :
➀ ⟨Wxy ; ϕx ⊗ ϕy ⟩ = ⟨Sx ; ϕx ⟩⟨Ty ; ϕy ⟩ ;
➁ pour ϕ ∈ D(X × Y ) quelconque on ait
|I(x + h) − I(x)| = |⟨Ty ; ϕ(x + h; y) − ϕ(x,y)⟩| ≤ C sup |Dyβ ϕ(x + h,y) − Dyβ ϕ(x,y)|.
y∈K,|β|≤m
Pour α = M in|β|≤m αβ on a :
∂ϕ
ϕ(x + h,y) − ϕ(x,y) = hi (x + th,y)
∂xi
et par suite
ϕ(x + h,y) − ϕ(x,y) ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ
− = (x + th,y) − (x,y) (3.4)
hi ∂xi (x,y) ∂ xi ∂ xi
On raisonne comme plus haut en utilisant l’uniforme continuité de ∂∂ϕ
xi
(x,y) pour montrer que
∂ϕ ∂ϕ
|h| → 0 implique ∂x (x + th,y) − ∂x (x,y) tend vers 0. Par suite les équations (3.3) et (3.3)
i i
Ce qui prouve que I ∈ D(X) et par suite ⟨Sx ; I(x)⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕx (y)⟩⟩ est bien défini. La
linéarité de S ⊗ T étant triviale, il reste à montrer que cette application est continue. Il suffit pou
cela de montrer que l’application θ : D(X × Y ) → D(X), ϕ 7→ I est continue, ainsi S ⊗ T
sera continue comme composée d’applications continues. La linéarité de θ est facile à établir.
Pour la Continuité, il suffit que pour tout compact H ⊂ X et m ∈ N qu’on majore PH,m (I) par
CPH×K,m′ (ρ), où K et m′ sont à déterminer.
|⟨Ty ; Dxα ϕ(x,y)⟩| ≤ CPK,m′ (Dxα ϕ(x,.)) ≤ C sup |Dyβ Dxα ϕ(x,y)|.
y∈K,|β|≤m′
Par suite on a :
PH,m (I) ≤ C sup sup |Dyβ Dxα ϕ(x,y)| ≤ C sup |Dγ ϕ(x,y)|
x∈H,|α|≤m y∈K,|β|≤m′ (x,y)∈H×K,|γ|≤m+m′
C’est à dire
PH,m (θ(ϕ)) ≤ PH×K,m+m′ (ϕ).
Preuve. On va d’abord montrer que supp(S ⊗ T ) ⊂ supp(S) × supp(T ) en passant par les
suppS×suppT
ouverts d’annulation. Soit ϕ ∈ D(X × Y ) tel que suppϕ ⊂ CX×Y . On veut montrer
que ⟨S ⊗ T ; ϕ⟩ = 0. Par définition, ⟨S ⊗ T ; ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕx (y)⟩⟩ . Si (x,y) ∈ suppS × suppT
suppS×suppT suppS suppT
alors ϕ(x,y) = 0. Remarquons aussi que CX×Y = (CX × Y ) ∪ (X × CY ).
suppS
Supposons que suppϕ ⊂ (CX × Y ), alors ∀y ∈ Y , la coupe ϕ(.,y) est à support dans
suppS
CX et par suite ⟨S; ϕ(.,y)⟩ = 0. Ce qui implique que ⟨S ⊗ T, ϕ⟩ = ⟨T ; ⟨S; ϕ(.,y)⟩⟩ = 0.
suppT suppT
De même si suppϕ ⊂ X × CY alors ∀x ∈ X, ϕ(x,.) est à support dans CY alors
⟨T ; ϕ(x,.)⟩ = 0 par suite ⟨S ⊗ T, ϕ⟩ = ⟨S; ⟨T ; ϕ(x,.)⟩⟩ = ⟨S; 0⟩ = 0. On conclut alors dans
supp(S)×supp(T )
cette première étape que CX×Y ⊂ OS⊗T .
d’où supp(S ⊗ T ) ⊂ suppS × suppT .
Réciproque, montrer que suppS × suppT ⊂ supp(S ⊗ T ). Montrer que (a,b) ∈ suppS ×
suppT implique (a,b) ∈ supp(S ⊗ T ). C’est à dire on va montrer que S ⊗ T ne s’annule sur
aucun ouvert contenant (a,b). Soient A un ouvert de Rl contenant a et B un ouvert de Rn
contenant b. ∃ϕ ∈ D(A) tel que ⟨S; ϕ⟩ = ̸ 0.
supp
En effet si S s’annule sur D(A) alors on aurait A ⊂ OS c’est à dire a ∈ A ⊂ OS = CX ,
ce qui est absurde car a ∈ suppS. De même ∃ψ ∈ D(B) tel que ⟨T ; ψ⟩ = ̸ 0, par suite,
⟨S ⊗ T ; ϕ × ψ⟩ = ⟨S; ϕ⟩⟨T, ψ⟩ = ̸ 0 qui implique (a,b) ∈ supp(S ⊗ T ). Donc suppS × suppT ⊂
supp(S ⊗ T ) et par suite on a en fait l’égalité suppS × suppT = supp(S ⊗ T ).
∂ |α|+|β| ϕ
Preuve. Soit ϕ ∈ D(X × Y ). On a Dxα Dyβ = ∂xα1 ···∂xαl ∂ β1 ···∂ β
. Par suite,
1 l y1 ynn
∆ := ⟨Dxα Dyβ (Sx ⊗Ty ); ϕ⟩ = (−1)|α|+|β| ⟨Sx ⊗Ty ; Dyβ D−xα ϕ⟩ = (−1)|α|+|β| ⟨Sx ; ⟨Ty ; Dxα Dyβ ϕ(x,y)⟩⟩.
Or on a vu que pour I(x) = ⟨Ty ; ϕx (y)⟩ on a Dxα I(x) = ⟨Ty ; Dxα ϕx (y)⟩. Si on remplace
ϕx (y) par Dyβ ϕx (y) alors on obtient
∆ = (−1)|α|+|β| ⟨Sx ; Dxα ⟨Ty ; Dyβ ϕ(x,y)⟩⟩ = (−1)|β| ⟨Dxα Sx ; ⟨Ty ; Dyβ ϕx (y)⟩⟩ = ⟨Dxα Sx ⊗Dyβ Ty ; ϕ⟩.
En effet
ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ
|f ⋆g(x)|dx = |f (x−t)g(t)dt|dx ≤ |f (x−t)g(t)|dtdx ≤ |f (y)|dy |g(t)|dt.
Rn Rn Rn Rn Rn Rn
Mais ceci n’aurait pas de sens puisque la fonction (y,z) 7→ ϕ(y + z) n’est pas à support
compact. Pour illustrer cette assertion , supposons par exemple dans R que suppϕ ⊂ [a,b] = K,
On voit alors que supp(ψ) est la bande du plan comprise entre les droites d’équations x + y = a
et x + y = b qui n’est pas compacte dans R2 car non bornée. Remarquons que :
☞ Si supp(f ⊗ g) = suppf × suppg rencontre supp(ψ) en un compact K ′ alors la formule
(3.7) aurait un sens car l’intégrale se ferait sur K ′ .
☞ Dans R si suppf et suppg sont bornés à gauche (ou à droite) alors l’intégrale (3.7) a
encore un sens car dans ces conditions, on vérifie que suppψ ∩ (suppf × suppg) sera
compact.
La généralisation de la formule (3.7) aux distributions donne la définition suivante :
Définition 3.4 Produit de convolution de distributions
′ n
Soient S,T D (R ). On définit le produit de convolution S ⋆ T ( lorsqu’il a un sens) par
Théorème 15 –
Si S, T ∈ D′ (Rn ) vérifient la condition (CS) suivante dite condition de support, alors (3.9)
a un sens et S ⋆ T ∈ D′ (Rn ) :
et cette formule est bien définie et prouve en meme temps que le membre de droite est continu
sur DK (Rn ). Par suite S ⋆ T est une distribution.
En effet si supp(S) compact, il existe M ⟩0 tel que ||x|| ≤ M, ∀x ∈ supp(S). Par suite
sous l’hypothèse (x ∈ supp(S) et y ∈ supp(T ) et x+y borné ) il existe aussi M ′ ⟩0 tel que
||x + y|| ≤ M ′ et par suite on a ||y|| = ||y + x − x|| ≤ ||x + y|| + ||x|| ≤ M + M ′ . C’est a dire
x et y bornés.
Proposition 3.7. Si on est dans R et supp(S) et supp(T ) sont bornés à gauche (ou à droite),
alors la condition de support est vérifiée.
En effet, supposons que supp(S) ⊂ [a, +∞[ et supp(T ) ⊂ [b, +∞[ alors sous l’hypothèse
(x ∈ supp(S) et y ∈ supp(T ) et ||x + y|| ≤ M ) On vérifie aisément que a ≤ x ≤ M − b et
b ≤ y ≤ M − a.
Pour la preuve, nous allons prouver que l’ouvert d’annulation OS⋆T de S ⋆ T contient
supp(S)+supp(T )
CRn .
supp(S)+supp(T )
Soit donc ϕ ∈ D(Rn ) tel que supp(ϕ) ⊂ CRn . Rappelons que ⟨S ⋆ T, ϕ⟩ =
⟨Sx ⊗ Ty ; ϕ(x + y)⟩ et supp(S ⊗ T ) = supp(S) × supp(T ). Mais on a aussi supp(ϕ(x + y)) =
{(x,y); x + y ∈ supp(ϕ)}
supp(S)+supp(T )
Si (x,y) ∈ supp(ϕ(x + y)) alors x + y ∈ supp(ϕ) et par suite x + y ∈ CRn .
D’autre part on a (x,y) ∈ supp(Sx ⊗ Ty ) implique x ∈ supp(S), y ∈ supp(T ) donc x + y ∈
supp(S) + supp(T ) ⊂ supp(S) + supp(T ).
Il s’en suit que supp(ϕ(x + y)) ∩ supp(Sx ⊗ Ty ) = ∅ et donc ⟨S ⋆ T, ϕ⟩ = 0.
Dans la proposition qui suit, on vérifie que la distribution de Dirac est neutre pour le produit
de convolution.
⟨δ ⋆ T, ϕ⟩ = ⟨δx ; ⟨Ty ; ϕ(x + y)⟩ = ⟨Ty ; ⟨δx ; ϕ(x + y)⟩ = ⟨Ty ; ϕ(0 + y)⟩ = ⟨T ; ϕ⟩.
Dα (S ⋆ T ) = Dα S ⋆ T = S ⋆ Dα T = Dγ S ⋆ Dβ T, γ + β = α. (3.12)
Preuve. On la fait pour α = (0,0,...,1; ...0) et donc Dα = Di . On a alors pour tout ϕ ∈ D(Rn )
⟨Di (S⋆T ), ϕ⟩ = −⟨(S⋆T ), Di ϕ⟩ = −⟨Sx ; ⟨Ty ; Di ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Di Ty ; ϕ⟩ = ⟨Sx ⋆Di Ty ; ϕ⟩ = −⟨Ty ; ⟨Sx ; Di ϕ⟩ =
dont on cherche les solution sous forme de distributions, on voit qu’on peut écrire cette équation
(D) sous forme
X
aα D α δ ⋆ T = f
|α|≤m
3.2.5 Régularisation
Proposition 3.12. Soeint T ∈ D′ (Rn ) et f ∈ E(Rn ) vérifiant les conditions du support pour
T ⋆ f . Alors T ⋆ f est une fonction C ∞ et on a ∀x ∈ Rn
où β est un élément de D(R2n ) qui vaut 1 sur un voisinage de supp(Tε ⊗ fη ) ∩ supp(ϕ(ε + η)).
Par suite on a
ˆ
⟨T ⋆ f ; ϕ⟩ = ⟨Tε ; ⟨fη ; β(ε; η)ϕ(ε + η)⟩⟩ = ⟨Tε ; f (η)β(ε; η)ϕ(ε + η)dη⟩
ˆ Rn
Pour déduire enfin que cette fonction est C ∞ , il suffit de remarquer que
Dα (T ⋆ f ) = T ⋆ Dα f.
Lemme 3.1. Si (Sj )j est une suite de distributions convergeant vers S dans D′ (Rn ) faible et
telle que supp(Sj ) ⊂ A, ∀j, alors pour tout T ∈ D′ (Rn ) tel que suppT ⊂ B et A, B, supp(S)
vérifient les conditions de support on a Sj ⋆ T qui converge vers S ⋆ T dans D′ (Rn ) faible.
En effet soit T ∈ D′ (Rn ). Et soit (θj ) une suite régularisante avec suppθj ⊂ B(0; εj ) et
lim εj = 0.
On pose δεj = θj ⋆ δ. D’après le Théorè me de régularisation, δεj ∈ E(Rn ).
On va montrer que la suite (δεj )j converge vers δ dans D′ (Rn ).
En effet ∀ϕ ∈ D(Rn ) on a ϕ(x) = ϕ(0) + xϕ′ (cx), et donc
ˆ ˆ ˆ
⟨δεj , ϕ⟩ = δεj (x)ϕ(x)dx = ϕ(0) δεj (x)dx + δεj (x)xϕ′ (cx)dx
´
Remarquons que quand j → +∞, εj → 0 et l’expression δεj (x)xϕ′ (cx)dx tend vers
zéro. Si bien que ⟨δεj , ϕ⟩ va tendre vers ϕ(0) = ⟨δ, ϕ⟩. C’est à dire en d’autres termes que (δεj )j
converge vers δ dans D′ (Rn ) faible.
Si on applique alors le lemme précédent, on obtient que T ⋆ δεj converge vers T ⋆ δ = T . Mais
T ⋆ δεj ∈ E(Rn ) et converge vers T donc E(Rn ) est dense dans D′ (Rn ) faible.
Preuve : On sait d’une par que D(Rn ) est dense dans E(Rn ). D’autre part, la topologie
induite sur E(Rn ) par D′ (Rn ) faible est moins fine que la topologie naturelle de E(Rn ). Or être
dense pour une topologie plus fine implique qu’on l’est pour une topologie moins fine, donc
D(Rn ) est dense dans E(Rn ) pour la topologie de D′ (Rn ) faible. Et par transitivité de densité
pour la même topologie on a D(Rn ) est dense dans D′ (Rn ) faible.
Remarque 3.1. Le produit de convolution T1 ⋆T2 ⋆T3 n’est associatif que lorsque la composition
a un sens.
Par exemple, si H désigne la fonction d’Heaviside, alors T = (1 ⋆ δ ′ ) ⋆ H = 1 ⋆ (δ ′ ⋆ H) n’a
pas de sens :
En effet on aurait T = (1′ ⋆ δ) ⋆ H = 1 ⋆ (δ ⋆ H ′ ) et par suite 0 = 1 ⋆ δ ⋆ δ = δ ce qui est
absurde.
Définition 3.5
Une famille Ac de distributions est appelé algèbre de convolution si (Ac , + ,⋆) est une
algèbre.
Exercice de cours 3.1
Lδ ⋆ X = B
(4) Soit T ∈ D′ (R). Montrer qu’il existe une distribution E à support compact telle que E ⋆ T =
T (k) .
(5) Montrer que δa ⋆ T = τa T , où τa T est la distribution définie par (τa T )(ϕ) = T (ϕ(. + a)).
(6) Soient S et T deux distributions convolables. Montrer que Supp(S ⋆ T ) ⊂ Supp(S) + Supp(T).
(7) Soient f1 ,f2 ∈ L1loc (R), Y la fonction d’Heaviside. Montrez que TY f1 et TY f2 sont convolables
´x
et que TY f1 ⋆ TY f2 = TY f1 ⋆Y f2 = TF avec F (x) = Y (x) 0 f1 (t)f2 (x − t)dt.
Exercice 3.2 Support, produit tensoriel et convolution
(1) Calculer δa′ ⊗ δb′ .
(2) Soient S,T ∈ D′ (Rd ), et θ ∈ D(Rd × Rd ) tels que
(b) Démontrer que l’application ψ → S(ψ) est une distribution sur Rn−1 et que T = 1 ⊗ S.
ak T (k) + · · · + a0 T = S.
Montrer qu’il existe une distribution E que l’on explicitera telle que l’équation différentielle est
équivalente à
E ⋆ T = S.
′
(4) On suppose désormais que S est dans D+ . Montrer que l’équation différentielle admet toujours
′
une solution T dans D+ .
Exercice 3.7 Équation de Volterra
′ ′
On considère l’algèbre de convolution D+ = {T ∈ D (R); supp(T ) ⊂ [0, + ∞[}.
′ ′
(1) Soit (Tj ) une suite de D+ , qui convergent vers T , et soit S ∈ D+ . Montrer que S ⋆ Tj converge
vers S ⋆ T .
xn−1
|Kn (x)| ≤ M (a)n ,
(n − 1)!
(δ + Heλx ) ⋆ f = g,
4 Transformée de Fourier
Sommaire
4.1 Transformation de Fourier de fonctions L1 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . 63
4.2 Transformation de Fourier de Distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.3 Transformée de Fourier dans L2 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.4 Opérateurs de multiplications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.5 Opérateur de convolution dans S ′ (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.6 Théorèmes d’Échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
Soit Ω un ouvert de R . n
Preuve.
(i) Vient de l’inégalité triangulaire.
(ii) Comme |e2πiξx f (x)| ≤ |f (x)| ∈ L1 et ξ 7→ e−2πiξx f (x) est continue, alors d’après le
théorème de Lebesgue Ff est continue.
(iii) Démontrons pour n = 1. Si f ∈ C0∞ (R) alors, par intégration par partie :
ˆ
|f ′ (x)| 1
|fˆ(ξ) ≤ dx ≤ ∥f ′ ∥L1 (R) −→ 0.
R ξ ξ ξ→0
Maintenant, pour f ∈ L1 (Rn ) quelconque, pour ε > 0, il existe ginC0∞ (R) tel que
∥f − g∥1 ≤ ε. Il s’en suit que
Remarque 4.1. Le point (iii) de la Proposition 4.2 précédente est appelé lemme de Riemann-
Lebesgue.
pour montrer que ceci est nul, il suffit de montrer que f (±∞) = 0. Dire que f est intégrable
entraîne que lim f (x) = 0. On a donc
x→±∞
∂f
2πiξ1 Ff (ξ) = F (ξ).
∂x1
Proposition 4.4. Si f est C m et si toutes ses dérivées jusqu’à l’ordre m sont intégrables alors :
ie
F(Dα f ) = (2πiξ)α fˆ(ξ) = (2πi)|α| (ξ1 )α1 (ξ2 )α2 ...(ξn )αn fˆ(ξ) (4.3)
ˆ ˆ
∂ fˆ(ξ)
= −2πixj e −2πiξx
f (x)dx, et D fˆ(ξ) =
α
(2πiM )α e−2πiξx f (x)dx = F[(−2πiξM )ξ f ].
∂ξj Rn Rn
Mais ces résultats sont vrais si les hypothèses du théorème sur la dérivation des intégrales para-
métrées sont vérifiées on a donc la proposition suivante
D
d α f = (2πiM )α fˆ, et Dα fˆ = (2πiM
\)α f .
Td ˆ
a f = Ψ−a f et Ψ
d ˆ
a f = T−a f ,
Preuve.
(i) f,g ∈ L(Rn ) ⇒ fˆ,ĝ ∈ L∞ (Rn ) donc fˆ.ĝ,f.g
ˆ ∈ L1 (Rn ). D’autre part f N g est in-
tégrable sur Rn × Rn , par suite (x,ξ) 7→ f (x)g(ξ)e−2πixξ est intégrable et d’après le
théorème de Fubini on a :
ˆ ˆ ˆ
−2πiξx −2πiξx
f (x)g(ξ)e dxdξ = f (x) g(ξ)e dξ dx
Rn ×Rn
ˆRn Rn
= f (x)ĝ(x)dx
Rn
ˆ ˆ
−2πiξx
= g(ξ) f (x)e dx dξ
ˆR
n Rn
= g(ξ)fˆ(ξ)dξ
Rn
(ii) il est facile de vérifier (ii) cela résulte de l’invariante de la mesure de Lebesgue par trans-
lation.
1
F(f ◦ J ) = (Ff ◦ (J t )−1 ).
|detJ |
Ainsi :
1 ξ
☞ Si g(x) = f (kx) alors (Fg)(ξ) = n Ff .
|k| k
☞ Si J est une rotation de matrice unitaire u alors F(f ◦ u) = (Ff ) ◦ u.
−1 −1
En posant y = J x on a (J −1 y)ξ = y(J t ξ), i.e. xξ = y(J t )ξ. Maintenant,
ˆ
dy 1
(4.4) ⇐⇒ F(f ◦J )(ξ) = e−πiy (J t )−1 ξf (y) , dy = | det J |dx = (Ff )((J t )−1 ξ).
Rn | det J | | det J |
2
Exemple 4.1. Si f (x) = e−π|x| ∀x ∈ Rn alors Ff = f .
2 2 2
Preuve de l’Exemple 4.1 Avec, f (x) = e−πx1 x2 ...xn il suffit de vérifier la propriété pour n = 1
ˆ ˆ
−πx2 −2πiξx 2 2
fˆ = e dx = e−πξ e−π(x+iξ) .
R R
2
Considérons la fonction Ψ : z 7→ e−πz z = x + iy. Cette fonction est entière, par conséquent,
son intégrale le long du rectangle de sommet −a, a, a + iξ, −a + iξ (a > 0) est nulle
ˆ a+iξ ˆ a ˆ −a+iξ ˆ a+iξ
Ψ− Ψ+ Ψ− Ψ = 0.
−a+iξ −a −a a
On vérifie que les intégrales sur les côtés verticaux sont nulles quand a → +∞, donc
ˆ a+iξ ˆ a
lim Ψ = lim Ψ.
a→+∞ −a+iξ a→+∞ −a
D’où ˆ ˆ
−πξ 2 −π(x+iξ)2 −πξ 2 2 2
fˆ(ξ) = e e dx = e e−π(x+iξ) dxfˆ(ξ) = e−πξ .
R R
Proposition
ˆ 4.9. (Formule
ˆ préparatoire de RIEZ)
fˆ(ξ)g(ξ)e2πiaξ dξ = f (x + a)ĝ(x)dx
Rn Rn
T[
−a f = Ψa f ,
b et Ψ
da f = Ta f ).
b
ˆ ˆ ˆ ˆ
g(ξ)χa fˆ(ξ)dξ = g(ξ)T[
−a f (ξ)dξ = ĝ(x)T−a f (x)dx = f (x + a)ĝ(x)dx.
Définition 4.4
S ′ (Rn ) est l’ensemble des distributions tempérées ou distribution à croissance lente.
• Les fonctions mesurables à croissance lente sont des distributions tempérées. Soit f une
telle fonction. Alors, ∀φ ∈ S (Rn )
ˆ
1 + |x|k |φ(x)|dx
|< f,φ >| ≤ c
Rn
ˆ
1 + |x|k
≤ cPk+n+1,0 (φ) n+k+1
dx
Rn 1 + |x|
Théorème 16 –
∀φ ∈ S (Rn ), l’égalité
Preuve.
• Ft T = T ◦ Fs est continue car Fs : S (Rn ) → S (Rn ) est continue.
• Ft = transposée de Fs : S (Rn ) → S (Rn ) , f 7→ fˆ donc Ft est continue.
Exemple 4.3.
1) F (δ) = 1. En effet ∀φ ∈ S (Rn )
ˆ ˆ
0
⟨F δ,φ⟩ = ⟨δ,F φ⟩ = (F φ) (0) = φ(x)e dx = 1.φ(x)dx = ⟨1,φ⟩,
Rn Rn
d’où F δ = 1
2) ˆ
⟨F δa ,φ⟩ = ⟨δa ,F φ⟩ = (F φ) (a) = φ(x)e−2πia.x dx = ⟨e−2πia.x ,φ(x)⟩dx,
Rn
d’où F δa = e−2πia.x
3) Soit 1 ∈ S ′ (Rn ). Montrer que F 1 = δ. On le fera sur R. (Dans Rn , 1x = 1x1 ⊗ · · · ⊗ 1xn
et δx = δx1 ⊗ · · · ⊗ δxn ) On montre que si U ∈ S ′ (Rn ), V ∈ S ′ (Rp ), U ⊗ V ∈ S ′ (Rn+p ) et
F (U ⊗ V ) = F U ⊗ F V .
Posons U = 1, on a U ′ = 0. Posons T = F U et montrons que T = δ
F (U ′ ) = 2πiEF (U ) = 0 ⇒ ξ.T = 0 ⇒ suppT = 0. En effet ∀φ ∈ D(R∗ ), φ(E) =
φ(0) + Eψ(E) avec ψ ∈ D(R∗ ),⟨T,φ⟩ = ⟨T,Eψ⟩ = ⟨ET,ψ⟩ = 0 donc T |R∗ = 0 ce qui implique
suppT = 0 i.e
p
X
F1 = Ck δ (k) = C0 δ + C1 δ ′ + C2 δ ′′ + · · · + Cp δ (p) .
k=0
Théorème 17 –
∀φ ∈ S(Rn )
1. F̄ F φ = φ et F F̄ φ = φ.
2. ∀T ∈ S ′ (Rn ), F̄ F T = T,F F̄ T = T .
ce qui implique
F̄ ψ(a) = ⟨1ξ ,F (φ(y + a)) (ξ)⟩ = ⟨F 1ξ ,φ(y + a)(ξ)⟩ = ⟨δ,φ(y + a)⟩ = φ(a).
Application
a) Fδa = e−2πiax , F̄δa = e2πiax ce qui implique que F (e2πiax ) = δa
b) Considérons x 7→ x ∈ S ′ (Rn ), (F(1))′ = F (−2πix.1) i.e δ ′ = −2πiF(x) ⇒ F(x) =
δ′
−
2πi
Théorème 18 – de Paley-Weiner
La transformée de Fourier d’une distribution T à support compact est une fonction. Cette
fonction est C ∞ et sa valeur au point ξ est
d’ où F T est la fonction
F T (ξ) = ⟨Tx ,e−2πiξ.x ⟩
Comme T est à support compact, (−2πix)α T est aussi à support compact et d’après la preuve
précédente, le nombre de droite de 4.5 est une fonction. Donc F T est une fonction C ∞ . Pour
montrer que F T (ξ) est une fonction à croissante lente i.e |F T (ξ)| ≤ c 1 + |ξ|k il faudra
utiliser le fait que Tx ∈ E ′ (Rn )
Mais
ˆ ˆ
1 + |x|2k
∥φ∥2L2 = φ(x) dx = 2
φ(x)2 dx
1 + |x|2k
Rn
ˆ Rn
1 k 2 k 2
≤ (|φ|k,0 )2 2
2k
dx , car 1 + |x| ≤ 1 + |x|
n 1 + |x|
|R {z }
converge si 2k>n
≤ c2 |φ|2k,0 ,
ce qui implique
Théorème 19 –
La transformée de Fourier est isomorphisme isométrique de l’espace de Hilbert L2 (Rn )
dans lui-même i.e ∀f ∈ L2 (Rn ), F f ∈ L2 (Rn ) et de plus on a
∥f ∥L2 = ∥F f ∥L2
Preuve.
1. Montrons que ∀φ, ψ ∈ S(Rn ), ⟨φ,ψ⟩L2 = ⟨F φ,F ψ⟩L2 . Puisque S(Rn ) ⊂ S ′ (Rn ), on a
ˆ
⟨φ,ψ⟩L2 = φψ̄dx = ⟨φ,ψ̄⟩ = ⟨φ,F F̄ ψ̄⟩ = ⟨F φ,F̄ ψ̄⟩.
Rn
¯ n ) = L( Rn ).
2. S(Rn ) est dense dans L2 (Rn ) car D(Rn ) ,→ S(Rn ) ,→ L2 (Rn ) et D(R
Donc ∀f ∈ L2 (Rn ), il existe une suite (φn ) telle que
Montrons que g = F f
La topologie induite pas S ′ (Rn ) (faible) sur L2 (Rn ) est moins fine que celle de L2 (Rn ).
En effet ∀f ∈ L2 (Rn ), ∀φ ∈ S(Rn )
Par suite F φn converge aussi vers g dans S ′ (Rn ) faible. Or φn → f dans L2 (Rn ) donc
φn → f dans S ′ (Rn ) faible, par suite F φn → F f dans S ′ (Rn ) car F est continue.
Comme S ′ (Rn ) est séparée, on a g = F f .
3. Enfin montrons que ⟨f,g⟩L2 = ⟨F f,F g⟩L2 . Soient (φn ) et (ψn ) dans S(Rn ) telles que
φn → f et ψn → g dans L2 (Rn ), on a F φn → F f et F ψn → F g dans L2 (Rn ). La conti-
nuité du produit scalaire implique ⟨φn ,ψn ⟩L2 → ⟨f,g⟩L2 et ⟨F φn ,F ψn ⟩L2 → ⟨F f,F g⟩L2
or ⟨φn ,ψn ⟩L2 = ⟨F φn ,F ψn ⟩L2 . Par suite ⟨f,g⟩L2 = ⟨F f,F g⟩L2 et f = g, ∥f ∥L2 =
∥F f ∥L2 .
Proposition 4.11. OM (Rn ) est l’espace des fonctions f, C ∞ à croissance lente ainsi que toutes
les dérivées de f .
De plus ∀α ∈ OM (Rn ) et P polynôme, P α ∈ OM (Rn ).
Théorème 20 –
S(Rn ) est une algèbre pour le produit de convolution et l’application
est continue.
Posons x = ξ ˆ ˆ
α(x)φ(x)dx = α(−ξ)φ(y − ξ)dξ = α̌ ∗ φ(y).
Rn Rn
Par suite,
⟨α ∗ T,φ⟩ = ⟨T,α̌ ∗ φ⟩.
Théorème 21 –
L’égalité ⟨α ∗ T,φ⟩ = ⟨T,α̌ ∗ φ⟩, ∀φ ∈ S(Rn ) définit une distribution tempérée notée α ∗ T
et appelée produit de convolution de α par T .
Dα (α ∗ f ) = Dα ∗ f (x)
d’où
⟨S ∗ T,φ⟩ = ⟨T,Š ∗ φ⟩. (4.6)
Montrons que si T ∈ S ′ (Rn ) et S ∈ Oc′ (Rn ) le deuxième membre de [4.6] a encore un sens
même si T et S ne vérifient par les conditions de support, car m : φ 7→ Š ∗ φ est continue et le
deuxième membre de [4.6] est T ◦ m
Théorème 22 –
(Définition) ∀T ∈ S ′ (Rn ), ∀S ∈ Oc′ (Rn ) l’égalité
⟨S ∗ T,φ⟩ = ⟨T,Š ∗ φ⟩
avec ⟨Š,φ⟩ = ⟨S,φ̌⟩ définit une distribution notée S ∗ T et est appelée produit de convolution
de S et T .
Proposition 4.15. 1. ∀S ∈ Oc′ (Rn ) l’application S ′ (Rn → S ′ (Rn )), T 7→ S ∗ T est linéaire
continue.
2. Dα (S ∗ T ) = Dα S ∗ T = S ∗ Dα T
Preuve. Exercice.
F (φ ∗ ψ) = F φ.F ψ
F (φ.ψ) = F φ ∗ F ψ
Théorème 23 –
∀φ ∈ S(Rn ), ∀T ∈ S ′ (Rn )
F (φ ∗ T ) = F φ.F T
F (φ.T ) = F φ ∗ F T
Preuve. ∀φ ∈ S(Rn )
⟨F (φ∗T ), T ⟩ = ⟨φ∗T,F ψ⟩ = ⟨T,φ̌∗F φ⟩ = ⟨T,F F̄ (φ̌∗F φ)⟩ = ⟨T,F (F̄ φ̌.F̄ F φ)⟩ = ⟨T,F (F φ.ψ) ,
car F̄ φ̌ = F φ = ⟨F T,F φ.φ⟩ = ⟨F φ.F T,ψ⟩. Ce qui implique que F (φ∗T ) = F φ.F T . Ensuite
on a
F φ ∗ F T = F F̄ (F φ ∗ F T ) = F F̄ F φ.F̄ F T = F (φ.T ).
Théorème 24 –
φ 7→ φ.F S est donc continue de S(Rn ) → S(Rn ) comme composée des trois applications
continues suivantes : φ 7→ F̄ φ, ψ 7→ ψ∗ car S ′ ∈ Oc′ (Rn ) et χ 7→ F χ. D’où S ∈ Oc′ (Rn ) ⇒
F S ∈ OM (Rn ).
F échange les sous-espaces OM (Rn ) et Oc′ (Rn ) de S ′ (Rn ).
⟨F (S ∗ T ),φ⟩ = ⟨S ∗ T,F φ⟩
= ⟨T,Š ∗ F φ⟩
= ⟨T,F F̄ Š ∗ F φ ⟩
= ⟨T,F F̄ Š.φ ⟩
= ⟨T,F (F S.φ)⟩ car F̄ Š = F S
= ⟨F S.F T,φ⟩
f.T = F̄ (F f ∗ F T ) .
On applique F
X
aα F (Dα u) = F f
|α|≤m
aα (2πix)α F u = F f , d’où
P
d’où |α|≤m
Ff
Fu = P α. (4.7)
|α|≤m aα (2πix)
∂ 2u
∂u
On a F = (−2πiξi ) F u, F = −4π 2 ξi2 F u, par sommation
∂xi ∂x2i
n n
!
∂ 2u
X X X
−4π 2 ξi2 2
ξi2 F u = −4π 2 |ξ|2 F u
F (∆u) = F = F u = −4π
i=1
∂x2i i=1 i=1
ce qui implique
1
∆u = δ ⇒ F (∆u) = F δ = 1 ⇒ −4π 2 |ξ| F u = 1 ⇒ F u = −
.
4π 2 |ξ|2
1
Mais ∈ S ′ (Rn ) i.e au moins localement intégrable. En effet en coordonnée polaire r = |ξ|.
|ξ|2
´ 1
Le jacobien de l’application (r,θ1 , . . . ,θn−1 ) 7→ ξ est J = rn−1 f (θ1 , . . . ,θn−1 ), dξ =
|ξ|2
´ rn−1 ´ n−3 Kn
f (θ1 , . . . ,θn−1 ) = r f (θ1 , . . . ,θn−1 ). On montre que u = (Kn est le volume
r2 rn−2
de la boule B̄(0,1) dans Rn ) converge en 0 si n − 2 < 0.
pour tout φ ∈ S(Rn ) et tout t > 0, où φt (x) = φ(tx). Montrer que T̂ est homogène d’un degré
que l’on précisera.
Exercice 4.2 Transformée de Fourier de la distribution valeur principale
Définition : Une distribution T est dite paire (resp. impaire) lorsque
⟨T, φ⟩
e = ⟨T, φ⟩ (resp. ⟨T, φ⟩
e = ⟨T, φ⟩) pour toute fonction teste φ, avec φ(x)
e := φ(−x).
On remarque rapidement que T est paire (resp. impaire) ssi pour toute fonction teste φ impaire
(resp. paire) on a ⟨T, φ⟩ = 0.
(1) Soit T une distribution tempérée. Montrer que si T est paire (resp. impaire) alors sa transformée
de Fourier FT est paire (resp. impaire).
(2) Montrer que la distribution vp(1/x) est une distribution tempérée. On pourra remarquer que,
pour tout ϕ de D(R), on a
ˆ 1 ˆ
ϕ(x) − ϕ(0) ϕ(x)
⟨vp(1/x),ϕ⟩ = dx + dx.
−1 x |x|≥1 x
(3) Calculer sa transformée de Fourier. On pourra utiliser que, pour tout ϕ de S(R), on a
ˆ R
1 ϕ(ω) − ϕ(−ω)
⟨vp(1/x),ϕ⟩ = lim dω.
R→+∞ −R 2 ω
(2) On considère de plus T ∈ E ′ (R). Démontrer que la fonction F (y) = ⟨Tx ,f (x,y)⟩ est C ∞ .
Calculer F (n) (y).
(3) On suppose que ⟨T,xn ⟩ = 0 et soit G tel que T̂ = TG . Que vaut G(n) (0) ? En déduire que T est
nulle.
5
Résolution d’Équations aux Dérivées
partielles
Sommaire
5.1 Solutions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.2 Exemples de solutions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
D′ (Ω) → D′ (Ω)
P (∂) : .
7→ P (∂)T = |α|≤m aα ∂ α T
P
T
lorsque F = 0.
Proposition 5.1. L’ensemble des solutions de l’équation aux dérivées partielles linéaire à co-
efficients constants P (∂)T = F est soit l’ensemble vide, soit le sous-espace affine de D′ (Ω),
T ′ + KerP (∂) où T ′ est une solution particulière de P (∂)T = F .
Preuve. En effet, il s’agit du résultat général valable pour toute équation linéaire de la forme
u(x) = y où u est une application linéaire d’un espace vectoriel V dans un espace vectoriel W .
On remarque que KerP (∂) n’est autre que l’ensemble des solutions de l’équation homogène
associée à P (∂)T = F . Compte tenu du théorème de Malgrange-Ehrenpreis énoncé plus loin,
le cas où l’ensemble des solutions est vide ne peut se produire que lorsque P = 0 et F ̸= 0.
Définition 5.3 Solution élémentaire
′
On dit qu’une distribution E ∈ D (Ω) est une solution élémentaire ou solution fonda-
mentale ou fonction de Green de l’opérateur différentiel élémentaire P (∂) lorsque P (∂)E =
δ0 .
Nous admettons le résultat suivant.
Remarque 5.1. On montre que si le degré de l’EDP est au moins égal à 1, alors la solution
élémentaire ne peut être à support compact.
Preuve.
P (∂)(E ∗ F ) = (P (∂)E) ∗ F = δ0 ∗ F = F.
où Sn−1 désigne l’aire de la sphère unité S n−1 de Rn . Ces trois fonctions sont C ∞ sur Rn ∖ {0}
donc toute solution de ∆u = f avec f ∈ C ∞ est de classe C ∞ . Il en résulte par exemple que
les distributions harmoniques (i.e. les T ∈ D′ (Rn ) telles que ∆T = 0) sont des fonctions C ∞ .
Soit F : Rn → R une fonction radiale. Il existe alors f : R+ → R telle que pour tout
x ∈ Rn , F (x) = f (|x|). On remarque que le Laplacien en coordonnées sphériques pour une
fonction radiale est égal à
d2 f n − 1 df
∆F = 2 + .
dr r dr
Exercice 5.1
1 si t > |x|
2
Montrer que E(t, x) := est une solution fondamentale de l’opérateur des
0 si t ≤ |x|
ondes P (∂) = ∂tt2 − ∂xx
2
.
1
f (x, y) = .
x + iy
H(t) − x2
E(x, t) = √ e 4t .
4πt
➁ Montrer que E est une solution fondamentale de l’pérateur de la chaleur défini par
∂ ∂2
P (∂) := − 2.
∂t ∂x