0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
338 vues85 pages

Cours sur Distributions et Fourier

Le document présente le cours de Master 1 en Mathématiques sur les Distributions et Transformée de Fourier à l'Université de Douala. Il vise à familiariser les étudiants avec les concepts de distributions et leurs applications, ainsi que les transformées de Fourier. Le cours est structuré en plusieurs séquences abordant des thèmes tels que les espaces de fonctions, les dérivées de distributions, et la résolution d'équations aux dérivées partielles.

Transféré par

hantsing01
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
338 vues85 pages

Cours sur Distributions et Fourier

Le document présente le cours de Master 1 en Mathématiques sur les Distributions et Transformée de Fourier à l'Université de Douala. Il vise à familiariser les étudiants avec les concepts de distributions et leurs applications, ainsi que les transformées de Fourier. Le cours est structuré en plusieurs séquences abordant des thèmes tels que les espaces de fonctions, les dérivées de distributions, et la résolution d'équations aux dérivées partielles.

Transféré par

hantsing01
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Université de Douala

Faculté des Sciences

Département de Mathématiques et Informatique

Master 1
Mathématiques
MAT 418

Distributions et Transformée de Fourier


Version β

Distributions et Transformée de
Fourier

HANS FOTSING T.
hansfotsing@[Link]

Fevrier 2023

Tout est logique


Page i sur 85

MAT 418 : Distributions et Transformée de Fourier DURÉE : 60 HEURES

OBJECTIFS GÉNÉRAUX

☞ Familiariser l’étudiant à la généralisation de la notion de fonction (distributions).


☞ Familiariser l’étudiant aux transformées de Fourier et à leurs applications.

OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

☞ Rappels sur les espaces vectoriels topologiques de fonctions.


☞ Distributions
☞ Dérivées, ordre, support, d’une distribution.
☞ Distributions à support compact.
☞ Distributions tempérées
☞ Rappels sur l’espaces S(Rn ).
☞ Transformée de Fourier des fonctions.
☞ Transformée des distributions.
☞ Dérivées, produits tensoriels et de convolutions, théorèmes d’échanges, applications.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Fiche de Progression
Chaque séance de cours se déroulera plus ou moins comme suit.
1. Rappels de la séance précédente.
2. Présentation de l’objet de la séance.
3. Déroulement du nouveau cours.
4. Un exercice durant le CM pour mieux illustrer le cours.

Dans le tableau suivant, nous subdivisons le cours en sept séquences.


Séquence Thèmes développés Durée
1 Rappel sur les Espaces de Fonction CM : 5h
TD : 3h
TPE : 2h
5 Espace de Schwartz S(Rn ) CM : 2h
TD : 2h
TPE : 2h
2 Généralité sur les Distributions CM : 5h
TD : 3h
6 Dérivation d’une distribution et distribution tempérée CM : 3h
TD : 2h
TPE : 2h
3 Produit Tensoriel et Produit de Convolution CM : 5h
TD : 3h
TPE : 2h
4 Transformée de Fourier CM : 5h
TD : 3h
7 Résolution d’Équations aux Dérivées partielles CM : 3h
TD : 2h
TPE : 2h

© Université de Douala 2020-2021


ii
Sources Documentaires

[1] Jean-Michel Bony. Théorie des distributions et analyse de Fourier. École polytechnique,
Département de mathématiques, 1996.
[2] Claude Gasquet and Patrick Witomski. Analyse de Fourier et applications : filtrage, calcul
numérique, ondelettes. Dunod, 2000.
[3] Michel Hervé. Transformation de Fourier et distributions. Presses Universitaires de France-
PUF, 1986.
[4] Arthur Leclaire. Distributions Tempérées.
[5] Ahmed Lesfari. Distributions, analyse de Fourier et transformation de Laplace : cours et
exercices. Ellipses, 2012.
[6] François Roddier. Distributions et transformation de fourier à l’usage des physiciens et des
ingénieurs. Paris : McGraw-Hill, 1984.

Table des matières

Présentation des Objectifs du Cours i

Fiche de Progression ii

Table des matières v

Introduction Générale 7
0.1 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

Chapitre 1 : Rappel sur les Espaces de Fonction 8


1.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Espaces E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞} . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Topologie de la convergence compacte sur C (Ω) . . . . . . . . . . . . 10
1.2.2 L’espace C◦ (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.3 L’espace K(Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.3 Espaces E k (Ω), k ̸= 0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3.1 Espace localement convexe E k (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Espaces Dk (Ω), k ∈ N. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

© Université de Douala 2020-2021


iii
TABLE DES MATIÈRES Page iv sur 85

1.4.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
k
1.4.2 Topologie de DK (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4.3 Espace vectoriel topologique Dk (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.4.4 Les bornés et la convergence dans Dk (Ω). . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.5 Applications linéaires continues sur Dk (Ω). . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.5 Quelques Applications Linéaires Continues Particulières . . . . . . . . . . . . 16
1.5.1 Multiplication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5.2 Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.5.3 Transformation ∆ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.4 Coupe d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.5 Opérateur de translation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
1.5.6 Théorèmes de Densité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5.7 Régularisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.5.8 Densité de D(Ω) dans Dk (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1.5.9 Densité de D(Ω) dans E k (Ω) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.6 Espace de Schwartz S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.1 Définition et Topologie de S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.2 Autre caractéristique de S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6.3 Comparaison de la topologie de S(Rn ) avec les autres . . . . . . . . . 25

Fiche de Travaux Dirigés sur les Espaces de Fonctions 28

Chapitre 2 : Généralité sur les Distributions 30


2.1 Définition et Exemples de Distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2 Opérations sur les distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.1 Ordre d’une distribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.2.2 Convergence des suites de distribution . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2.2.3 Support d’une Distribution, Principes de Recollement et de Localisation 34
2.2.4 Distributions à support compact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
2.3 Dérivation des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.3.1 Structure des distributions à support ponctuel . . . . . . . . . . . . . . 40
2.3.2 Multiplication d’une distribution par une fonction C ∞ . . . . . . . . . 41
2.3.3 Formule des sauts en dimension 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
2.4 Distributions Tempérées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

Fiche de Travaux Dirigés sur les Généralités sur les Distributions 45

Chapitre 3 : Produit Tensoriel et Produit de Convolution 49


3.1 Produit Tensoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.2 Produit de Convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


TABLE DES MATIÈRES Page v sur 85

3.2.1 Convolution de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53


3.2.2 Convolution de distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
3.2.3 Quelques cas usuels où S ⋆ T est bien défini . . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2.4 Quelques propriétés du produit de convolution . . . . . . . . . . . . . . 55
3.2.5 Régularisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.2.6 Équation de convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58

Fiche de Travaux Dirigés sur les Produits Tensoriel et de Convolution 60

Chapitre 4 : Transformée de Fourier 63


4.1 Transformation de Fourier de fonctions L1 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
4.1.1 Transformation de Fourier des dérivées . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
4.1.2 Dérivée de la Transformation de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.2 Transformation de Fourier de Distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.2.1 Transformée de Fourier des distributions tempérées . . . . . . . . . . . 68
4.2.2 Transformée de Fourier d’une distribution à support compact . . . . . . 70
4.3 Transformée de Fourier dans L2 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.4 Opérateurs de multiplications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.5 Opérateur de convolution dans S ′ (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.5.1 Première extension du produit de convolution . . . . . . . . . . . . . . 73
4.5.2 Espaces des convoleurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.5.3 Deuxième extension du produit de convolution . . . . . . . . . . . . . 75
4.6 Théorèmes d’Échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4.6.1 Théorème d’échange pour la première extension du produit de convolution 76
4.6.2 Cas général . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
4.6.3 Formule d’Échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77

Fiche de Travaux Dirigés sur la Transformée de Fourier 80

Chapitre 5 : Résolution d’Équations aux Dérivées partielles 82


5.1 Solutions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.2 Exemples de solutions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.2.1 problème de Poisson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
5.2.2 L’équation des ondes en dimension 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84

Fiche de Travaux Dirigés sur la résolution des EDP 85

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Introduction Générale
Dans ce document Ω, sauf mention exprès du contraire, est un ouvert de R n
avec n ≥ 1.

0.1 Notations
Les notations suivantes sont utilisées dans ce document.

☞ C (Ω) := {f : Ω −→ C ; f continue}.
☞ E k (Ω) := {f : Ω −→ C ; Dα f continue, ∀|α| ≤ k}.
☞ E(Ω) := {f : Ω −→ C ; Dα f continue, ∀|α|}.
☞ C0 (Ω) := {f ∈ C (Ω) ; f nulle à l’infini d’Alexandrov}.
☞ CK (Ω) = KK (Ω) := {f ∈ C0 (Ω) ; supp(f ) ⊆ K}, Ω ⊃ K compact.
☞ K(Ω) := {f ∈ C0 (Ω) ; supp(f ) compact}.
k
☞ DK (Ω) := CK (Ω) ∩ E k (Ω) = {f ∈ E k (Ω) ; supp(f ) ⊆ K}, Ω ⊃ K compact.
☞ Dk (Ω) := k
S
DK (Ω).
K⊆Ω
compact

Dk (Ω) : espace des fonctions tests.


T
☞ D(Ω) :=
k∈N

☞ S(R ) := {f ∈ E(Rn ) ; sup |xα Dβ f (x)| < ∞, ∀α,β ∈ Nn } : espace de Schwartz.


n
x∈Rn

© Université de Douala 2020-2021


7
Chapitre

1 Rappel sur les Espaces de Fonction

Sommaire
1.1 Préliminaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Espaces E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞} . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.3 Espaces E k (Ω), k ̸= 0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 Espaces Dk (Ω), k ∈ N. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.5 Quelques Applications Linéaires Continues Particulières . . . . . . . . . . . 16
1.6 Espace de Schwartz S(Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

Dans ce chapitre nous révisons les espaces de fonctions de bases utiles pour la théorie de
Distributions.

1.1 Préliminaires
☞ Nous désignons par Ω un ouvert non vide de Rn .
☞ x ∈ Ω s’écrit x = (x1 ,x2 , . . . ,xn ).
☞ La mesure de Lebesgue dans Rn sera notée "dx".

☞ On utilisera souvent ∂i pour désigner
∂xi
☞ Pour un multi-indice α = (α1 ,α2 , . . . , αn ) ∈ Nn , on pose

∂ |α|
|α| = α1 +α2 +· · ·+αn , xα = xα1 1 ×· · · xαnn , α! = α1 !α2 ! . . . αn ! et Dα =
∂xα1 1 ∂xα2 2 . . . ∂xαnn

On muni Nn de la relation d’ordre partielle

α ≤ β si et seulement αi ≤ βi , ∀i.

On peut alors faire l’addition et la soustraction des multi-indices termes à termes. On a alors les
formules multi-nomiales de Newton :
X
☞ (x + y)α = Cαβ xβ y α−β ∀x, y ∈ Rn , ∀α ∈ Nn , avec Cαβ = (α−β)!β!
α!
.
β<α

© Université de Douala 2020-2021


8
1.2. ESPACES E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞} Page 9 sur 85

X m!
☞ (x1 + x2 + · · · + xn )m = xβ .
β!
|β|=m

Par exemple :
X 2!
(x1 + x2 + x3 )2 = xβ , β ∈ {(2,0,0), (1,1,0), (1,0,1), (0,2,0), (0,1,1), (0,0,2)}
β!
|β|=2

Ce qui donne

(x1 + x2 + x3 )2 = x21 + 2x1 x2 + 2x1 x3 + x22 + 2x2 x3 + x23 .

Définition 1.1 Fonction de classe C k


On dit qu’une fonction f définie sur Ω est de classe C k si Dα f existe et est continue
pour tout α tel que |α| ≤ k. f est dite indéfiniment différentiable ou C ∞ si elle est de classe
C k , ∀k ∈ N.

Formule de Taylor avec reste intégral

Pour f de classe C k+1 sur Ω, et [x,y] ⊂ Ω on a :

X y α Dα f (x) X yα ˆ 1
f (x + y) = + (k + 1) (1 − t)k Dα f (x + ty)dt.
α! α! 0
|α|≤k |α|=k+1

Formule de Leibniz

Si f et g sont de classe C k alors f.g est aussi de classe C k et on a :


X α!
Dα (f.g) = Dβ f Dα−β g, ∀α ∈ Nn ,; |α| ≤ k.
β≤α
(α − β!)β!

1.2 Espaces E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞}


Lemme 1.1. Il existe une famille dénombrable (Ωj )j∈N∗ d’ouvert de Ω, recouvrant Ω et telle
que Ωj compact ⊂ Ωj+1 .

Preuve.
(a) si Ω = Rn alors on prend Ωj = B(0,j)
(b) si Ω ̸= Rn .  
1 −1 1
Posons Θj = {x ∈ R, d(x,CRΩn > j
} On a f (x) = d(x,CRΩn ) continue, Θj =f ,+∞
j
et de plus Θj ⊂ Θj+1 . En effet f étant continue, f −1 (A) ⊆ f −1 (Ā). Par suite,

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.2. ESPACES E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞} Page 10 sur 85

     
1 −1 1 −1 1
Θj = f −1 ,+∞ ⊆f ,+∞ ⊆f ,+∞ = Θj+1 . Po-
j j j+1
sons alors Ωj = B(0,j) ∩ Θj on a : Ωj ⊂ B(0,j) ∩ Θj ⊂ B(0,j + 1) ∩ Θj+1 = Ωj+1 .
Ωj est compact car Ωj ⊂ B(0,j) compact. Aussi, Ωj = Ω car CRΩn étant fermé,
S

x ∈ Ω =⇒ d(x, CRΩn ) = αx > 0 d’où ∃j0 ∈ N, αn > j10 , ie x ∈ Θj0 x ∈


S
Θj
S j∈N
donc Θj = Ω. Mais
j∈N

" # " #
[ [ [ [
Ωj = B(0,j) ∩ Θj = B(0,j) ∩ Θj = Rn ∩ Ω = Ω
j∈N∗ j∈N∗ j∈N∗ j∈N∗

Définition 1.2 Espace des fonctions de classe C k


On désigne par E k (Ω), k ∈ N, l’espace des fonctions numériques (ou complexes) de classe
C k définies sur Ω
Il est à noter que E k (Ω) est une algèbre unitaire dont l’élément unitaire est la fonction
constante 1.
☞ si k = +∞ on note E(Ω)
☞ si k = 0 on note C (Ω)

1.2.1 Topologie de la convergence compacte sur C (Ω)


Soient K un compact de Ω, et

PK (f ) := sup |f (x)|.
x∈Ω

Les PK sont des semi-normes sur C (Ω) et lorsque K parcourt l’ensemble des compacts de
Ω, la famille (PK ) est une famille filtrante de semi-normes sur C (Ω).
Définition 1.3
La topologie naturelle de C (Ω) est la topologie définie par la famille filtrante de semi-
normes (PK ). On l’appelle topologie de la convergence compacte sur Ω, ou la topologie de
convergence uniforme sur chaque compact. (C (Ω) est localement compacte.)

Remarque 1.1. D’après le Lemme 1.1, pour cette topologie il existe une base dénombrable de
S
semi-normes continue formée par les (PKj ) où Kj = Ωj , avec Ω = Ωj et Ωj ⊂ Ωj+1 . De
plus on vérifie que C (Ω) est complet (exercice) et donc un espace de Frechet.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.2. ESPACES E k (Ω), k ∈ N = N ∪ {+∞} Page 11 sur 85

1.2.2 L’espace C◦ (Ω)


On désigne par C◦ (Ω) le sous-ensemble de C (Ω) formé par des fonctions nulles à l’infini.
Le point à l’infini est celui du compactifié d’Alexandrov.

K
f nulle à l’infini ⇐⇒ ∀ε > 0, ∃K ⊂ X, K compact, tel que x ∈ CX =⇒ |f (x)| < ε.

On munit C◦ (Ω) de la norme ∥f ∥∞ = sup |f (x)|. Ce qui fait de C◦ (Ω) un espace de Banach.
x∈X
Définition 1.4
La topologie naturelle de C◦ (Ω) est la topologie induite par la norme ∥ ∥∞ . On l’appelle
topologie de la convergence uniforme sur Ω.
Définition 1.5
Soit f une fonction continue sur Ω. On rappelle que l’ouvert d’accumulation Uf de f est
U
le plus grand ouvert sur lequel f s’annulle. Le support de f est suppf := CXf .
Soit K ⊂ Ω un compact de Ω. On désigne par KK (Ω) le sous-ensemble de C◦ (Ω) des
fonctions à support dans K. L’ensemble KK (Ω) est souvent noté CK (Ω). Muni de la topologie
induite par C◦ (Ω), l’espace CK (Ω) est un Banach.

1.2.3 L’espace K(Ω)


On désigne par K(Ω) l’ensemble des fonctions continues à support compact dans Ω. Si on
S
considère les compacts Kj = Ωj tel que Ω = Ωj alors la topologie naturelle de K(Ω) est la
topologie limite inductive stricte des topologies CKj (Ω). Cette topologie sur K(Ω) ne dépend
pas du recouvrement Ωj de Ω

Remarque 1.2. K(Ω) ⊂ C◦ (Ω) ⊂ C (Ω).


☞ La topologie K(Ω) est plus fine que celle induite par C◦ (Ω).
☞ La topologie C◦ (Ω) est plus fine que celle induite par C (Ω)
K(Ω) ,→ C◦ (Ω) ,→ C (Ω).
☞ Sur CK (Ω) les topologies sur K(Ω), C◦ (Ω), C (Ω) sont identiques (CK (Ω) ⊂ K(Ω).

Nous avons les résultats de densité suivants :


K(Ω) considéré comme sous-espace de l’espace vectoriel topologique C◦ (Ω) est dense dans
C◦ (Ω) ie K(Ω) = C◦ (Ω) de même K(Ω) = C (Ω) on déduit que C◦ (Ω) = C (Ω)

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.3. ESPACES E k (Ω), k ̸= 0 Page 12 sur 85

1.3 Espaces E k (Ω), k ̸= 0

1.3.1 Espace localement convexe E k (Ω)


Soit K un compact de Ω ; On pose ∀f ∈ E k (Ω), m ∈ N

PK,m (f ) = sup sup |Dα f (x)|.


|α|≤m x∈K

Lorsque K parcourt l’ensemble des compact de Ω et m l’ensemble des entiers m ≤ k les PK,m
forment une famille de semi-normes sur E k (Ω).
Définition 1.6
La topologie naturelle de E k (Ω) est la topologie définie par la famille de semi-normes
(PK,m ).
L’espace E k (Ω) est séparé. En effet, si f ∈ E k (Ω).f ̸= 0 =⇒ ∃x0 ∈ Ω, f (x0 ) ̸= 0 Pour
K = {x0 }, m = 0,
P{0},0 (f ) = sup |f (x)| = |f (x0 )| =
̸ 0.
x∈{0}

Comme on l’a vu pour C (Ω) nous allons montrer que E k (Ω) est un Frechet.

Proposition 1.1. Soit (Ωj )j∈N∗ une famille dénombrable d’ouverts de Ω, recouvrant Ω et telle
que Ωj compact ⊂ Ωj+1 .
(ii) Si Kj = Ωj . Alors, la famille (PKj ,m )j∈N∗ ,m≤k est une base dénombrable de semi-normes
continues sur l’espace vectoriel topologique E k (Ω)

Preuve. Montrons que (PKj ,m ) est une base dénombrable de semi-normes continues.
Id
ie (X,PKj ,m ) −→ (X,PKj ,m ) est continue. X = E k (Ω). Il suffit de montrer que ∀K compact de
j0
S [
Ω, ∃Kj0 tel que PK,m ≤ PKj0 ,m . K ⊂ Ωj Ωj ouvert. ∃Ω1 ,Ω2 , . . . ,Ωj tel que K ⊂ Ωj ⊂
j j=1
Ωj0
K ⊂ Ωj0 ⊂ Ωj0 = Kj0 =⇒ PK,m ≤ PKj0 ,m

Théorème 1 –
∀k ∈ N, l’espace localement convexe E k (Ω) est un espace de Frechet ie (E k (Ω), (PKj0 ,m )j,m )
est complet.

Preuve.
a) si k = 0 E 0 (Ω) = C (Ω) qui est complet muni de sa topologie de convergence compacte.
b) k ̸= 0E k (Ω) ayant une base dénombrable de semi-norme continue, il suffit de monter
qu’il est séquentiellement complet.
Soit donc (fn )n∈N une suite de cauchy dans E k (Ω) cela signifie que ∀α, |α| ≤ k, (D)α fn
est une suite de cauchy dans C (Ω) donc converge vers g α . Posons g ◦ = f alors on a

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.4. ESPACES Dk (Ω), k ∈ N. Page 13 sur 85


nécessairement g α = Dα f car dans C (Ω) l’opérateur ∂i = est à graphe fermé.
∂xi
Ceci est le résultat classique qui s’énonce ainsi
(i) si (fn ) converge uniformément sur tout compact de Ω vers f
(ii) si la suite (∂i fn )n∈N converge uniformément sur tout compact de Ω vers une fonction
fi alors f est dérivable par rapport à xi et ∂i f = fi donc g i = ∂i f
On passe de g i = ∂i f à g α = Dα f par induction
Dire que (Dα fn )n∈N converge vers Dα f pour la topologie de C (Ω) pour tout |α| ≤ k signifie
que (fn ) converge vers f pour la topologie de E k (Ω).(E k (Ω) : est un Frechet qui n’est pas
normable ie n’est pas de Banach)

1.4 Espaces Dk (Ω), k ∈ N.

1.4.1 Préliminaires
Définition 1.7
Soit K un compact de Ω. On pose :

k
DK (Ω) := {f ∈ E k (Ω), supp(f ) ⊂ K}, DK (Ω) := {f ∈ E(Ω), supp(f ) ⊂ K}.

On désigne aussi par Dk (Ω) l’ensemble des fonctions f ∈ E k (Ω) telles que supp(f ) soit un
compact contenu dans Ω. On a donc Dk (Ω) = ∪K⊂Ω DK k
(Ω). On pose enfin

K(Ω) = D0 (Ω) et D(Ω) = D∞ (Ω),

ensemble des fonctions C ∞ à support compact dans Ω.

Remarque 1.3. Dk (Ω) est une algèbre et en même temps un module sur l’algèbre E(Ω) car
supp(f g) ⊂ supp(f ) ∩ supp(g).

Exemple 1.1 (Exemple Fondamental). La fonction θγ : Rn → R définie par



−1
 γexp(
1−||x||2
) si ||x|| < 1
θγ (x) := , γ ̸= 0,
0 si ||x|| ≥ 1

est un élément de D(Rn ).


( −1 )
Pour n = 1 : θγ (x) = γ.e 1−x2 si ∀x ∈] − 1,1[ et θ(x) = 0 sinon.
−1
−1 ′ ( 1−x2 ) ( −1 )
On a θ′ (x) = γ.( 1−x 2) e → 0 quand x → 1− . Par récurrence on montre que (γ.e 1−x2 )(n) →
0,∀n ∈ N quand x → 1− . Ainsi θγ est C ∞ en tout point de R.
Cas général, n > 1 : On a supp(θ) = B(0,1) compact, θγ est C ∞ sur Rn ∩ S, où S=sphère
unité. Pour ||x|| < 1, les dérivées partielles de θ sont des produits des fractions rationnelles

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.4. ESPACES Dk (Ω), k ∈ N. Page 14 sur 85

−1
( )
en x = (xi ) par e 1−x2 . Ces dérivées tendent vers 0 quand ||x|| → 1. Ceci implique, d’après
le théorème des accroissements finis que chaque dérivée partielle de θ existe en tout a ∈ S et
∂f
∂xi
(a) = 0.
∂θγ
∂xi
(a) = lim θγ (a1 ,...,ai +hhii,...an )−θγ (a) = lim θ′ (a1 ,...,ai + thi ,...an ) = 0,t ∈ [0,1].
hi →0 hi →0
´
Remarque 1.4. On peut choisir γ tel que Rn
θγ (x)dx = 1. L’élément correspondant, noté θ,
est appelé élément standard de D(Ω).

k
1.4.2 Topologie de DK (Ω)
Définition 1.8
k
Soit K un compact de Ω et k ∈ N. On munit DK (Ω) de la topologie induite par celle de
k k
E (Ω). c’est la topologie naturelle de DK (Ω).

k
Proposition 1.2. Muni de la topologie ainsi définie, DK (Ω) est un espace de Fréchet.
k
Preuve. Il suffit de montrer que DK (Ω) est fermé dans l’espace de Fréchet E k (Ω). Soit (fn )n∈N
k
une suite d’éléments de DK (Ω) convergeant vers f ∈ E k (Ω) alors f ∈ DK k
(Ω) i.e. f a son
K
support contenu dans K. En effet si x0 ∈ CΩ , alors fn (x0 ) = 0, ∀n ∈ N et par conséquent
(continuité) f (x0 ) = 0. Ce qui prouve que supp(f ) ⊂ K.

1.4.3 Espace vectoriel topologique Dk (Ω)


On considère une suite croissante (Ωj )j∈N d’ouverts relativement compacts, recouvrant Ω,
tel que Ωj ⊂ Ωj+1 . Posant Kj = Ωj , on a de façon évidente :
(i) Dk (Ω) =
S k
DKj (Ω)
j∈N
k k
(ii) DK j
(Ω) ⊂ DK j+1
(Ω)
k k
(iii) La topologie de DK j
(Ω) est identique à celle induite par la topologie de DK j+1
(Ω), car les
k
deux sont identiques à celle induite par E (Ω). On peut alors définir la limite inductive stricte
k
des DK j
(Ω) :
Définition 1.9
On appelle topologie naturelle sur Dk (Ω) la topologie limite inductive stricte des topolo-
k
gies de DK j
(Ω).

Remarque 1.5. On en déduit de la définition et ce qui est vu plus haut que Dk (Ω) est un L.F.
et donc complet (car tout L.F. est complet).
Comme tout compact K de Ω est contenu dans un des Kj et que la topologie de DKj (Ω) est
induite par celle de Dk (Ω), on déduit que la topologie de DK
k
(Ω) est identique à celle induite
k
par D (Ω).

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.4. ESPACES Dk (Ω), k ∈ N. Page 15 sur 85

1.4.4 Les bornés et la convergence dans Dk (Ω).


Proposition 1.3. a) Pour qu’une partie B de Dk (Ω) soit bornée, il faut et il suffit qu’ il existe
k k
un compact K de Ω tel que B ⊂ DK (Ω) et B est borné dans DK (Ω) i.e.

∀ρ ∈ B, supp(ρ) ⊂ K et ∀m ≤ k, sup PK,m (ρ) < +∞.


ρ∈B

b) Pour qu’une suite (ρn )n∈N d’éléments de Dk (Ω) converge vers un ρ ∈ Dk (Ω), il faut et il
suffit que :
(i) Il existe un compact K ⊂ Ω tel que supp(ρn ) ⊂ K et supp(ρ) ⊂ K
(ii) Pour tout α ∈ Nn tel que |α| ≤ k, la suite (Dα ρn ) converge uniformément sur K vers
Dα ρ.

preuve : Ceci est une conséquence du théorème de Dieudonné-Schwartz vu plus haut,


qui donne la caractérisation des bornés dans un L.F.

1.4.5 Applications linéaires continues sur Dk (Ω).


Proposition 1.4. Soit u une application linéaire de Dk (Ω) dans un e.l.c. Y . Alors les assertions
suivantes sont équivalentes.
(i) u est conitnue
(ii) u est séquentiellement continue
k
(iii) Pour tout K compact de Ω, la restriction de u à DK (Ω) est continue.

preuve : (i) ⇐⇒ (ii) résulte de ce que dans un L.F. continue et séquentiellement conti-
nue sont équivalents.
(i) ⇐⇒ (iii) résulte des propriétés d’applications linéaires continues dans un espace limite
inductive strict.
Exemple Si k = +∞, Y = C. Toute forme linéaire continue sur D(Ω) est appelée distribution
sur Ω. L’ensemble de telles distributions est noté D′ (Ω) et sera étudié au Chapitre 2.

Théorème 2 – Lemme de Dubois-Reymond


´
Soit f ∈ L1loc (Ω). Si pour tout φ ∈ D(Ω) on a Ω f (x)φ(x)dx = 0 alors, f = 0 presque
partout.

Preuve. TPE.
´
Lemme 1.2. (ψ = θ′ , avec θ ∈ D(R)) ⇐⇒

ψ ∈ D(R) et R
ψ(x)dx = 0 .

Preuve. =⇒ ) Ce sens est évident puisque θ est à support compact.


´x
⇐) Posons theta(x) = −∞ ψ(t)dt, avec supp(ψ) ⊆ [−M, M ]. Si x < −M alors θ(x) = 0. Si
´
θ > M alors θ(x) = R ψ(t)dt = 0 par hypothèse. Donc supp(θ) ⊆ [−M, M ] et θ ∈ D(R). En
fin, on a bien ψ = θ′ .

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Page 16 sur 85
1.5. QUELQUES APPLICATIONS LINÉAIRES CONTINUES PARTICULIÈRES

1.5 Quelques Applications Linéaires Continues Particulières

1.5.1 Multiplication
Proposition 1.5. Pour tout k ∈ N, l’application bilinéaire (f,g) 7→ f g de E k (Ω) × E k (Ω) vers
E k (Ω) est continue et séparément continue de E k (Ω) × Dk (Ω) vers Dk (Ω).

Preuve. a) Soit K un compact, m ≤ k. Il faut montrer qu’il existe K1 ,K2 compacts et


m1 ,m2 ≤ k et c > 0 tels que

PK,m (f g) ≤ c.PK1 ,m1 (f )PK2 ,m2 (g), ∀f,g ∈ E k (Ω).

α!
Avec la formule Dα (f g) = (Dα−β f )Dβ g
P
(α−β)!
pour |α| ≤ m, on vérifie par majoration
β≤α
que
sup sup |Dα (f g)(x)| ≤ M sup |Dγ f (x)| sup |Dβ g(x)|,
x∈K |α≤m| x∈K,|γ|≤m x∈K,|β|≤m

où M ne dépend que de m. Donc

PK,m (f g) ≤ M PK,m (f )PK,m (g) (1.1)

b) Si f ∈ Dk (Ω) et f ∈ DK0 (Ω). L’application ψf : E(Ω) → DK k


0
(Ω), g 7→ f g est linéaire
k
continue car d’après (1.1), PK0 ,m (f g) ≤ c.PK0 ,m (g). Comme la topologie de DK 0
(Ω) est encore
k k
celle de D (Ω) restreinte, on a ψf continue de E(Ω) vers D (Ω).
c) Soit g ∈ E k (Ω), l’application ψg : Dk (Ω) → Dk (Ω), ψg (f ) = gf est continue car sa
k
restriction à chaque DK (Ω) est continue, toujours d’après (1.1).

1.5.2 Dérivation
Proposition 1.6. Soit k ∈ N. Pour tout α ∈ Nn avec |α| ≤ k, l’application Dα est linéaire
continue de E k (Ω) dans E k−|α| (Ω) et de Dk (Ω) dans Dk−|α| (Ω). Et en particulier Dα est un
endomorphisme continu de E(Ω) et de D(Ω).

Preuve. Il suffit de montrer que ∂x∂ i est continue de E k (Ω) dans E k−1 (Ω). Pour chaque compact
K de Ω, m ≤ k − 1 et f ∈ E k (Ω),
 
∂f ∂f
PK,m = sup Dα (x) ≤ sup |Dγ f (x)| ≤ PK,m+1 (f ).
∂xi x∈K,|α|≤m ∂xi x∈K,|γ|≤m+1

Ce qui montre que ∂x∂ i est continue de E k (Ω) dans E k−1 (Ω) et de même de Dk (Ω) dans Dk−1 (Ω).
On passe de la continuité des ∂x∂ i à celle de Dα par composition successive.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Page 17 sur 85
1.5. QUELQUES APPLICATIONS LINÉAIRES CONTINUES PARTICULIÈRES

1.5.3 Transformation ∆
∀ρ ∈ C (Rn ) on pose ρ∆ (x,y) = ρ(x + y), ∀x,y ∈ Rn et K ∆ = {(x,y) ∈ Rn , x + y ∈ K}.
On a alors supp(ρ∆ ) = (suppρ)∆ .
Proposition 1.7. L’application ρ 7→ ρ∆ est liniéaire et continue de E k (Rn ) dans E k (R2n ) et
donc de Dk (Rn ) dans E k (R2n ).
Pour la preuve de la continuité, on vérifiera que PK,m (ρ∆ ) ≤ PK1 +K2 ,m (ρ) où K ⊂ K1 ×
K2 , des compacts.

1.5.4 Coupe d’une fonction


Définition 1.10
Soient X et Y deux ouverts respectivement de Rl et Rn et θ : X × Y → R(ouC). Soit
y ∈ Y . On définit la coupe θy de θ par y comme suit : θy (x) = θ(x,y),∀x ∈ X.

Proposition 1.8. On vérifie les résultats suivants :


Soit θ ∈ E k (X,Y ). Alors ∀s ∈ N, s ≤ k, l’application y 7→ θy est s fois continûment différen-
tiable de Y dans E k−s (Ω) et on a :
(Dyβ θy )(x) = Dyβ θ(x,y), ∀β ∈ Nn , |β| ≤ s
en particulier, si θ ∈ C (X × Y ), alors y 7→ θy envoie continûment Y sur C (Ω), et si
θ ∈ E(X × Y ) alors y 7→ θy est indéfiniment différentiable de Y dans E(Ω).

On en déduit aussi la proposition suivante :


Proposition 1.9. Si θ est un élément de Dk (X × Y ) alors pour tout s ∈ N avec s ≤ k,
l’application y 7→ θy est à support compact et s fois continûment différentiable de Y dans
Dk−s (Ω).
N.B. : suppθ ⊂ H0 × K0 , H0 ,K0 compacts =⇒ supp(θy ) ⊂ H0 .

1.5.5 Opérateur de translation


Soit ρ une fonction définie sur Rn . ∀y ∈ Rn . On pose τy ρ(x) = ρ(x − y), ∀x ∈ Rn .
Proposition 1.10. Pour tout k ∈ N et a ∈ N, l’application ρ 7→ τa ρ envoie continûment E k (Rn )
dans lui-même et Dk (Rn ) dans lui-même.
Preuve. PK,m (τa (ρ)) = PH,m (ρ) où H = A − a.
Proposition 1.11 (Différentiabilité de y 7→ τy ρ.). Soient k ∈ N, s ∈ N et s ≤ k.
a) Soit ρ ∈ E k (Rn ). Alors l’application y 7→ τy ρ est s fois continûment différentiable de
Y = Rn dans E k−s (Rn ) et pour tout β ∈ Nn , |β| ≤ s, on a :

Dyβ (τy ρ) = (−1)|β| Dβ (τy ρ) = (−1)|β| τy (Dβ ρ).

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Page 18 sur 85
1.5. QUELQUES APPLICATIONS LINÉAIRES CONTINUES PARTICULIÈRES

b) Si ρ ∈ Dk (Rn ) alors y → τy ρ est à support compact et s fois continûment différentiable de


Y dans Dk−s (Rn ).

NB. Si supp(ρ) ⊂ K, alors supp(τy ρ) ⊂ y − K.


Preuve de la Proposition 1.11 Pour la preuve de a), on pose θ(x,y) = ρ(x − y) et on a : la
coupe θy est égale à τy ρ et en plus Dyβ θ(x,y) = (−1)|β| (Dβ ρ)(x − y).

1.5.6 Théorèmes de Densité

1.5.7 Régularisation
A-Suites Régularisantes
Définition 1.11
On appelle suite régularisante, une suite de fonctions (θj )j∈N dans D(Rn ) possèdant les
propriétés suivantes :
(i) θj (x) ≥ 0, ∀x ∈ Rn
´
(ii) θ (x)dx = 1
Rn j
(iii) Le support de θj est contenu dans B(Ej ), avec lim Ej = 0.
j→+∞

Une telle suite existe toujours. En effet, soit θ l’élément fondamental de D(Ω) considéré
−1
plus haut i.e. θ(x) = γe 1−||x|| si ||x|| < 1 et θ(x) = 0 si ||x|| ≥ 1, avec γ choisi tel que
´
Rn
θ(x)dx = 1. On a supp(θ) ⊂ B(0,1). Soit (Ej ) une suite de réels strictement positifs
convergeant vers 0. On pose alors θj (x) = E1j θ( Exj ). la suite (θj ) ainsi fabriquée est une suite
régularisante.

Théorème 3 – Régularisation
Soit f ∈ L1loc (Rn ), ∀j ∈ N, on pose fj = θj ∗ f (régularisé de f), i.e.
´ ´
fj (x) = θj ∗ f (x) = Rn θj (y)f (x − y)dy = Rn θj (x − t)f (t)dt = f ∗ θj (x). Alors :
(i) ∀j ∈ N, fj est de classe C ∞ sur Rn et le support de fj est contenu dans le voisinage fermé
d’ordre Ej du support de f .
(ii) La suite (fj ) converge vers f :
a) Pour la topologie de E k (Rn ) si f ∈ E k (Rn )
b) Pour la topologie de Dk (Rn ) si f ∈ Dk (Rn ).
´
Preuve. ∀i,j ∈ N, | ∂x∂ i θj (x − t)f (t)| ≤ Cj |f (t)| et f ∈ L1loc , donc on peut dériver Rn θj (x −
´
t)f (t)dt sous le signe :
ˆ
∂ ∂ ∂θj
(θj ∗ f )(x) = θj (x − t)f (t)dt = ( ∗ f )(x).
∂xi Rn ∂xi ∂xi

On repète le procédé pour obtenir Dxα (θj ∗ f ) = Dxα θj ∗ f De même on démontre que si
f ∈ E k (Rn ) alors Dxα (θj ∗ f ) = θj ∗ Dα f, ∀|α| ≤ k.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Page 19 sur 85
1.5. QUELQUES APPLICATIONS LINÉAIRES CONTINUES PARTICULIÈRES

D’autre part on a

supp(f ∗ θj ) ⊂ supp(f ) + supp(θj ) = supp(f ) + B(0,εj ) = {x ∈ Rn , d(x,suup(f )) ≤ εj }

qui est un voisinage fermé d’ordre εj de supp(f ). En effet supp(f ) + B(0,εj ) est fermé comme
somme de deux fermés. et si a ∈ / supp(f ) + B(0,εj ) = supp(f ) + supp(θj ),alors ∀x ∈
´
supp(θj ), a − x ∈/ supp(f ) et fj (a) = Rn θj (x)f (a − x)dx = 0 i.e. a ∈ / supp(fj ) ce qui
implique supp(fj ) ⊂ supp(f ) + supp(θj ).

(ii)-a) Supposons f ∈ E k (Rn ) et montrons que (fj ) converge vers f dans E k (Rn ). i.e.
PK,m (fj − f ) → 0, pour tout compact K et tout m ≤ k. Il suffit pour cela de démontrer que
PK,0 (Dα fj − Dα f ) → 0, ∀|α| ≤ k. On a Dα fj = θj ∗ Dα f et par suite
ˆ ˆ ˆ
Daα fj (a) − Daα f (a) = θj (x)Daα f (a − x)dx − Daα f (a) θj (x)dx, car θj (x)dx = 1
ˆR
n Rn Rn

= (Daα f (a − x) − Daα f (a))θj (x)dx


||x||≤Ej

Soit K un compact,
´
PK,0 (Daα fj −Daα f ) = sup |Daα fj (a)−Daα f (a)| ≤ sup |Daα f (a−x)−Daα f (x)| Rn
θj (x)dx.
a∈K a∈K,|x|≤εj
La fonction Dα f est uniformément continue sur K donc ∀ε > 0, ∃αε > 0 tel que ||a−x−a|| <
αε =⇒ |Daα f (a − x) − Daα f (a)| < ε
(Ei ) → 0 implique ∃j0 ∈ N, ∀j ≥ j0 , Ej < αε .
Donc, si j ≥ j0 alors ||x|| ≤ εj =⇒ ||x|| < αε par suite |Daα f (a − x) − Daα f (a)| < ε et
sup |Daα f (a − x) − Daα f (x)| < ε
a∈K,|x|≤εj
i.e. j ≥ j0 =⇒ PK,0 (Daα fj − Daα f ) < ε, donc (fj ) converge vers f dans E k (R) .
b) Supposons que f ∈ Dk (Rn ). Il existe K ⊂ Rn compact tel que f ∈ DK k
(Rn ). Posons K0 =
K +B(0, α) où α = supj εj . On a alors supp(fj ) ⊂ supp(f )+B(0, εj ) ⊂ K0 ; supp(f ) ⊂ K0 .
k
Par suite fj ,f ∈ DK 0
(Rn ). On raisonne comme en a) pour montrer que (fj ) converge vers f
k
dans DK 0
(Rn ). Ce qui prouve que (fj ) converge vers f dans le L.F Dk (Rn ).

Remarque : On montre aussi (exercice) que si f ∈ Lp (Rn ), 1 ≤ p < +∞ alors (fj )


converge vers f dans Lp (Rn ).

1.5.8 Densité de D(Ω) dans Dk (Ω)

Théorème 4 –
L’espace D(Ω) est dense dans Dk (Ω) pour la topologie de Dk (Ω).

Preuve. Si Ω = Rn et f ∈ Dk (Rn ), f = lim θj ∗ f et θj ∗ f ∈ D(Ω).


j→+∞

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Page 20 sur 85
1.5. QUELQUES APPLICATIONS LINÉAIRES CONTINUES PARTICULIÈRES

Si Ω ̸= Rn , on se ramène au cas précédent en remarquant qu’une fonction de Dk (Ω)


peut être considérée comme élément de Dk (RN ) dont le support est contenu dans Ω. Soit donc
f ∈ Dk (Ω) et K = supp(f ). On prolonge f par 0 sur Rn et on obtient g ∈ Dk (Rn ) et en posant
gj = θj ∗ g on a gj qui converge vers g dans Dk (Rn ).
On a supp(θj ) = B(0,εj ). Soit εj tel que εj < 21 d(K,CRΩn )
supp(gj ) ⊂ supp(g) + B(0, εj ) ⊂ K + B(0,α) := K0 ⊂ Ω. (α est une petite largeur d’une
couronne entourant K et contenue toujours dans Ω.)
Soit fj = gj /Ω, fj est C +∞ et supp(fj ) = suppgj =compact contenu dans Ω. D’où fj ∈ D(Ω).
De plus ∀α ∈ Nn , |α| ≤ k, sup |Dα fj (a) − f (a)| ≤ sup |Dα gj (a) − Dα f (a)| → 0 ce qui
a∈Ω a∈Rn
k
prouve que fj converge vers f dans D (Ω).

Corollaire 1.1. D(Ω) est dense dans D0 (Ω) = K(Ω) = Cc (Ω). Par ailleurs on sait aussi que
K(Ω) est dense dans Lp (Ω) et par suite D(Ω) est dense dans Lp (Ω) ( ou Lp (Ω)).

1.5.9 Densité de D(Ω) dans E k (Ω)


a) Notion de suites tronquantes

Lemme 1.3 (Lemme de séparation d’Urysohn). Soient K,F ⊂ Rn , K compact , F fermé tels
que K ∩ F = ∅. Alors ∃ψ ∈ D(Ω) vérifiant
(i) 0 ≤ ψ(x) ≤ 1, ∀x ∈ Rn
(ii) ψ = 0 sur un voisinage de F ,
(iii) ψ = 1 sur un voisinage de K.

Preuve. (K compact, F fermé et K ∩F = ∅ implique (cf TD) ∃V ∈ V(0), (K +V )∩(F +V ) =


∅)
Soit V ′ ∈ V(0) tel que V ′ + V ′ ⊂ V et comme Rn est localement compact, soit U ∈ V(0),
compact équilibré tel que U + U ⊂ V ′
Soit χ la fonction caractéristique de K + U + U . Soit θ ∈ E ∞ (Rn ) tel que θ ≥ 0, supp(θ) ⊂
´
U, Rn θ(x)dx = 1 (il suffit de prendre un élément convenable d’une suite régularisante). Po-
´
sons ψ(x) = (χ ∗ θ)(x) = Rn θ(x − y)χ(y)dy . On a ψ qui est C ∞ et ψ ≥ 0. De plus
supp(ψ) ⊂ supp(χ) + supp(θ) ⊂ K + U + U + U = compact donc ψ ∈ D(Rn ).
U + U ⊂ V ′ =⇒ U ⊂ V ′ et par suite K + U + U + U ⊂ K + V ′ + U ⊂ K + V ′ + V ′ ⊂ K + V
d’où supp(ψ) ⊂ K + V et par suite supp(ψ) ∩ (F + U ) = ∅ ce qui prouve que ψ s’annule sur
un voisisnage de F .
´ ´
Ensuite supp(χ) ⊂ K + U + U, ψ(a) = Rn χ(x)χ(a − x)dx = K+U +U θ(a − x) =
´ ´
a−U −U −K
θ(y)dy ≤ Rn θ(y)dy = 1. Ce qui prouve que ∀a ∈ Rn , 0 ≤ ψ(a) ≤ 1.

´ ´ ´
Enfin, si a ∈ K + U alors ψ(a)) = a−U −U −K θ(y)dy = U θ(y)dy = Rn θ(x)dx = 1
´ ´
a−U −U −K
θ(y)dy = U
θ(y)dy, car supp(θ) = U ⊂ a − U − U − K. En effet a ∈ K + U =⇒
0 ∈ −a + K + U soit 0 ∈ a − K − U et donc U = −U ⊂ a − K − U − U.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


Page 21 sur 85
1.5. QUELQUES APPLICATIONS LINÉAIRES CONTINUES PARTICULIÈRES

Corollaire 1.2. Soit Ω un ouvert de Rn , K ⊂ Ω un compact. Alors ∃ψ ∈ D(Ω) tel que 0 ≤


ψ ≤ 1 et ψ = 1 sur un voisinage de K.

Preuve. Prendre F = CRΩn dans le théorème précédent.


Définition 1.12
Soit (Ωj ) une suite croissante d’ouverts relativement compacts recouvrant Ω telle que Ωj ⊂
Ωj+1 . On appelle suite tronquante sur Ω (associée à (Ωj )), une suite (ψj ) d’éléments de D(Ω)
possèdant les propriétés suivantes :
(i) 0 ≤ ψj ≤ 1, ∀j
(ii) ψj = 1 sur un voisinage de Ωj

Théorème 5 –
Soit k ∈ N, l’espace D(Ω) est dense dans E k (Ω).

Preuve. Par troncature et régularisation.


a) Soit f ∈ E k (Ω) et ψj une suite tronquante. Posons fj = f.ψj (suite tronquée de f). On a
fj ∈ Dk (Ω) car supp(fj ) ⊂ supp(f ) ∩ supp(ψj ) ⊂ (ψj ).
Par définition de ψj , on a fj = f sur Ωj . Soit alors K un compact de Ω, ∃j0 ∈ N tel que
K ⊂ Ωj0 par suite K ⊂ Ωj ,∀j ≥ j0 .
Donc pour tout j ≥ j0 , fj = f sur Ωj donc sur K et par suite ∀m ≤ k, PK,m (fj − f ) = 0 donc
fj converge vers f dans E k (Ω).
Ceci prouve que Dk (Ω) est dense dans E k (Ω).
b) On sait que D(Ω) est dense dans Dk (Ω) (vu dans la régularisation). Mais la topologie de
Dk (Ω) est plus fine que celle induite par E k (Ω) donc D(Ω) ,→ Dk (Ω) ,→ E k (Ω)
La densité des deux flèches implique par transitivité que D(Ω) est dense dans E k (Ω).
Notes sur la partition de l’unité.

Définition 1.13
Soit (Uλ )λ∈Λ un recouvrement ouvert de Ω. On appelle partition de l’unité de classe C ∞
subordonnée au recouvrement (Uλ )λ∈Λ , une famille de fonctions (gλ )λ∈Λ indexée par le même
ensemble d’indices Λ, possédant les propriétés suivantes :
(i) Pour tout λ ∈ Λ, gλ ∈ E(Ω), gλ est à support contenu dans Uλ et gλ ≥ 0 sur Ω.
(ii) Sur tout compact K de Ω, un nombre fini seulement des gλ ne sont pas identiquement nulles,
P
(iii) ∀x ∈ Ω, gλ (x) = 1
λ∈Λ

On montre que pour tout recouvrement ouvert {Uλ }λ∈Λ d’un ouvert Ω de Rn , il existe
toujours au moins une partition de l’unité de classe C ∞ subordonnée à {Uλ }λ∈Λ . .

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.6. ESPACE DE SCHWARTZ S(Rn ) Page 22 sur 85

1.6 Espace de Schwartz S(Rn)

1.6.1 Définition et Topologie de S(Rn )


Définition 1.14
On désigne par S(Rn ) l’espace des fonctions f définies sur Rn indéfiniment différentiables
et telles que pour tout α ∈ Nn , Dα f est à décroissance rapide ie ∀ k ∈ N ,|x|k Dα f (x) → 0
quand |x| → +∞
si on désigne par M α la fonction monômiale x 7→ xα et on pose ∀ f ∈ E(Rn )

qα,β (f ) := ∥M α Dβ f ∥∞ = supx∈Rn |xα Dβ f (x)| (1.2)

Alors S(Rn ) est le sous-ensemble de E(Rn ) formé des fonctions f telles que qα,β (f ) < +∞, ∀ α,β ∈
Nn
Définition 1.15
La topologie naturelle de S(Rn ) est définie par la famille de semi-normes {qα,β ; α,β ∈
Nn }. Cette topologie est également définit par la famille dénombrable de semi-normes {ql,m (f ), (l,m) ∈
N × N} où
ql,m (f ) = sup|α|≤l,|β|≤m qα,β (f ) (1.3)

Cette topologie fait de S(Rn ) un espace de Fréchet. NB : les familles de semi-normes


{qα,β ; α,β ∈ Nn } et {ql,m (f ), (l,m) ∈ N × N} forment aussi deux bases de semi-normes
continues pour la topologie de S(Rn )

Exemple 1.2. ☞ tout élément de D(Rn ) est un élément de S(Rn )


Xn
−|x|2
☞ x 7→ e n 2
est un élément de S(R ) avec |x| = x2i
i=1

1.6.2 Autre caractéristique de S(Rn )


Pour tout f ∈ E(Rn ), α β ∈ Nn , m ∈ N, on pose par |M |2 : x 7→ |x|2 = ∥x∥2 et

´
qα,β (f ) := ∥M α Dβ f ∥1 = Rn |xα Dβ f (x)|dx (1.4)

et

pk,m (f ) = |f |k m := sup|β|≤m ∥(1 + |M |2 )k Dβ f ∥ = sup|β|≤m supx ∈ Rn ∥(1 + |x|2 )k Dβ f ∥


(1.5)
Alors,

Proposition 1.12. (a) Pour tout f ∈ S(Rn ) les assertions suivantes sont équivalentes :
(i) f ∈ S(Rn )
(ii) qα,β (f ) < +∞, ∀ α,β ∈ Nn

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.6. ESPACE DE SCHWARTZ S(Rn ) Page 23 sur 85

(iii) |f |k m < +∞ ∀ k,m ∈ N


(b) La topologie naturelle de S(Rn ) est égale à celle définie par l’une des familles de semi-
normes :


{qα,β , ∀ (α,β) ∈ Nn × Nn } et {pk,m , ∀k,m ∈ N × N}.

Lemme 1.4. Soit k ∈ N, il existe une constante positive C > 0 dépendant seulement de k et de
n telle que ∀λ ∈ Cn
C(1 + |λ|2 )k ≤ sup |λ2β | ≤ (1 + |λ|2 )k .
|β|≤k

Preuve. pour β ∈ Nn et λ = (λ1 , λ2 , . . . , λn ) on a :

|λ2β | = |λ2β 2β2 2βn


1 | × |λ2 | × ... × |λn | ≤ |λ|
1 2|β|
.

Ainsi pour tout |β| ≤ 2k on a |λ2β | ≤ 1 + |λ|4k ≤ (1 + |λ|2 )2k . On en déduit que

sup |λ2β | ≤ (1 + |λ|2 )k .


|β|≤k

Pour l’autre inégalité C(1 + |λ|2 )k ≤ sup|β|≤k |λ2β |, en appliquant la formule binomiale de
Newton on a
X
(1 + |λ|2 )k = Ckm |λ|2m .
m≤k

Par suite, la formule multinomiale de Newton permet d’avoir


X m!
|λ|2m = (|λ1 |2 + |λ2 |2 + ... + |λn |2 )m = |λ2α |.
α!
|α|=m

Ainsi, en utilisant les deux dernières équations :


X k! X k!
(1 + |x|2 )k = Ckα |λ2α | ≤ Ckα sup |λ2β |.
α!(k − |α|)! α!(k − |α|)! |β|≤k
|α|≤k |α|≤k

1 k!
Ckα α!(k−|α|)!
P
En prenant C
= |α|≤k on a bien

C(1 + |λ|2 )k ≤ sup |λ2β |.


|β|≤k

∗ ∗
Preuve de la Proposition 1.12 Si on pose ∀l,m ∈ N, ql,m (f ) = sup sup qα,β (f ) alors la
|α|≤l |β|≤m
Proposition 1.12 résulte des inégalités suivantes :
(a) C|f |k,m ≤ q2k,m (f ) ≤ |f |k,m ;
α
(f ) ≤ n |f |n+ l ,m ;
Q
(b) ql,m
2

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.6. ESPACE DE SCHWARTZ S(Rn ) Page 24 sur 85


(c) ql,m (f ) ≤ ql,m+n (f ).
Pour avoir (a) on multiplie les inégalités du Lemme 1.4 par Dα f et on passe au sup. Pour (b) :
ˆ n ˆ
2 n 1 dx Y dxi
f (x) = (1 + |x| ) .f (x). et ≤ = πn.
(1 + |x|2 )n Rn (1 + |x2 |)n i=1 R 1 + x2i

Il s’en suit que


ˆ ˆ
∗ 2 n dx
q0,0 (f ) = |f (x)|dx ≤ sup (1 + |x| ) |f (x)| 2 n
≤ |f |n,0 .π n .
Rn x∈Rn Rn (1 + |x| )
l
Ensuite, toujours d’après le Lemme 1.4 sup |xα | ≤ (1 + |x|2 ) 2 . Ce qui permet d’écrire
|α|≤l

ˆ ˆ
α

ql,0)(f ) = sup |x f (x)|dx ≤ sup |xα ||f (x)|dx
|α|≤l Rn ˆ Rn |α|≤l
l
≤ (1 + |x|2 ) 2 |f (x)|dx
ˆ Rn .
n+ 2l dx
≤ (1 + |x|2 ) |f (x)|
Rn (1 + |x|2 )n

ql,0)(f ) ≤ |f |n+ l ,0
2

On en déduit que
ˆ

ql,m)(f ) = sup sup |xα Dβ f (x)|dx = ∗
sup ql,0 (Dβ f )
|β|≤m |α|≤l Rn |β|≤m
sup n |Dβ f |n+ l ,0
Q

2
|β|≤m
Qn Qn
≤ sup (1 + |x| )n+ l |Dβ f (x)| =
2
|f |n+ l ,m
2 2
|β|≤m

ql,0)(f ) ≤ |f |n+ l ,0
2

D’où (b). Pour la Preuve de (c) il suffit d’établir pour l = 0, m = 0 les autres s’en déduisent.
D’abord,
q0,0 (f ) = sup qα,β (f ) = sup |f (x)| = ∥f ∥∞ .
|α|≤0|β|≤0 x∈Rn

Aussi, ˆ
∗ ∗
q0,n (f ) = sup q0,β (f ) = sup |Dβ f |dx.
|β|≤n |β|≤n Rn
ˆ x1 ˆ x2 ˆ xn
∂ n f (a)
On a f (x) − f (a) = ... dx et lim f (x) = 0. Donc quand ai →
a1 a2 an ∂x1 x2 ....x
ˆ ˆ
n |a|→+∞
ˆ xn
x1 x2
∂ n f (a)
−∞, |a| → +∞, et f (a) → 0 par suite f (x) = ... dx. En fin,
−∞ −∞ −∞ ∂x1 x2 ....xn
ˆ ˆ
∂ n f (x)
sup |f (x)| ≤ dx ≤ sup |Dβ f (x)|dx.
x∈Rn x∈Rn ∂x1 x2 ....xn |β|≤m x∈Rn

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.6. ESPACE DE SCHWARTZ S(Rn ) Page 25 sur 85

Remarque 1.6. En manipulant la topologie de S(Rn ) on se sert indifféremment de l’une quel-



conque des bases de semi-normes continues (ql,m ),(|f |k,m ),(ql,m )

Proposition 1.13. (i) L’espace S(Rn ) est une sous-algèbre de E(Rn ) et (f,g) 7→ f.g est
continue
(ii) la dérivation Dα et la multiplication par Mα sont linéaires continues de S(Rn ) dans lui
même.
(iii) (S(Rn ),∗) est une algèbre et (f,g) 7→ f ∗ gest continue de S(Rn ) × S(Rn ) → S(Rn )

Preuve.
(i) soit f,g ∈ S(Rn )
X β!
Dβ (f.g) = Dβ−γ f.Dγ g
γ≤β
(β − γ)!γ!
X β!
xβ Dβ (f.g) ≤ |xα Dβ−γ f |.|Dγ g|
γ≤β
(β − γ)!γ!
X β!
qα,m (f.g) ≤ Cqα,m (f )q0,m (g) C =
γ≤β
(β − γ)!γ!
(ii) qγ,β (Dγ f ) = sup |xα Dβ+γ f | = qα,β+γ (f )
x∈Rn
α
=⇒ D estcntinue.
X β!
Dβ (M α f ) = (Dbeta−γ ).(Dδ f )
γ≤β
(β − γ)!γ!
=⇒
ql,m = sup qα,β (M α f )
|α|≤l|β|≤m X β!
Cm =
≤ sup sup |x Dα β−γ γ γ
x ||D f (x)| γ≤β
(β − γ)!γ!
|α|≤l|β|≤m x∈Rn

ql,m (M α f ) ≤ Cm ql+|γ|,m (f )
donc f 7→ M α f est continue.
X α!
(iii) On vérifie que M α (f ∗ g) = (M α−δ f ) ∗ M δ g d’où ∃Cl > 0 telle que
δ≤α
(α − δ)!δ!
∗ ∗ ∗
ql,β (f ∗ g) ≤ Cl ql,β (f )ql,0 (g) qui prouve la continuité de (f,g) 7→ f ∗ g et bien sur
f ∗ g ∈ S(Rn )

Remarque 1.7. On étend le définition de décroissance rapide à L1loc (Rn ).g ∈ L1loc (Rn ) est à
décroisance rapide si q ∗ l,0(g) < +∞ dès lors ∀f ∈ S(Rn ) on a f ∗ g ∈ S(Rn ) d’après la
Preuve (iii) et f 7→ f ∗ g envoie continument S(Rn ) dans lui-même.

1.6.3 Comparaison de la topologie de S(Rn ) avec les autres


Proposition 1.14. (i) On a l’injection continue S(Rn ) ,→ Lp (Rn ) ∀p ∈ [1, + ∞[

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.6. ESPACE DE SCHWARTZ S(Rn ) Page 26 sur 85

(ii) S(Rn ) ,→ C◦ (Rn )


(iii) S(Rn ) ,→ E(Rn )
(iv) D(Rn ) ,→ S(Rn )
(v) D(Rn ) est dense dans S(Rn )

Preuve.
(i) ⋄ si p = +∞, f ∈ S(Rn )
q0,0 (f ) = sup |f (x)| < +∞ donc f ∈ L∞ (Rn ) et ∥f ∥∞ = q0,0 (f )
x∈Rn
⋄ si p = 1, ˆ∀f ∈ S(Rn ),

q0,0 (f ) = |f (x)|dx < +∞ f ∈ L1 donc ∥f ∥L1 = q0,0

(f )
x∈Rn
1
⋄ si p ∈]1, + ∞[, f (x) = (1 + |x|2 )n f (x). et
(1 + |x|2 )n

1 1 n
|f (x)|p ≤ (1 + |x|2 )np |f (x)|p . 2 np
≤ |f |pn,0 2 n
≤ |f |pn,0 π p .
(1 + |x| ) (1 + |x| )

(ii) Tout élément de C◦ (Rn ) est nul à l’infini ∀ε > 0, ∃K Compact, tel que ∀x ∈ CRKn ,
|f (x) < ε| et ∥f ∥∞ = sup |f (x)|, définit la topologie de C◦ (Rn )
x∈Rn
∀f ∈ S(R ) lim |f (x)| = 0 donc f ∈ C◦ (Rn ) et ∥f ∥∞ = q0,0 (f ) d’où S(Rn ) ,→
n
∥x∥→∞
C◦ (Rn )

(iii) Soit K un compact, m ∈ N pK,m (f ) = sup |Dβ f (x)| = q0,m (f )


x∈K |β|≤m
donc S(Rn ) ,→ E(Rn )
iv D(Rn ) ,→ S(Rn )
Soit K un compact de Rn , vérifions que DK (Rn ) ,→ S(Rn ) est continue. Soit f ∈
DK (Rn ).

ql,m (f ) = sup sup |xα Dβ f (x)| ≤ sup |xα | sup |Dβ f (x)| ≤ CK,l .pK,m (f ).
|α|≤l|β|≤m x∈Rn x∈K |α|≤l|β|≤m

(v) D(Rn ) est dense dans S(Rn )


on le démontre par troncature soit Ψ ∈ D(Rn ) telle que Ψ = 1 sur B(0,1)
x
∀j ∈ N∗ on pose Ψj (x) = Ψ( ) on obtient une suite troncante (Ψj ) vérifiant :
j

(a) Ψj ∈ D(Rn )
(b) Ψj − 1 = 0 sur B(0,1)
(c) sup sup |Dβ Ψj (x)| ≤ sup |Dβ f (x)|∀β ∈ Rn
j∈N x∈Rn x∈Rn

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


1.6. ESPACE DE SCHWARTZ S(Rn ) Page 27 sur 85

Soit f ∈ S(Rn ) posons fj = Ψj f où fj ∈ D(Rn ). Montrons que fj → f dans S(Rn )


posons gj = f − fj = (1 − Ψj )f . On va monter que ∀α,β ∈ Nn qα,β (gj ) → 0
X β!
Dβ gj = Dβ−α (1 − Ψj )Dγ
α≤β
(β − α)!α!
comme Dβ−γ (1 − Ψj ) s’annulant sur B(0,1
qα,β (gj ) = sup |xα Dβ gj (x)|
x∈Rn
X β!
≤ sup |xγ Dβ−γ (1 − Ψj )|.|Dγ f (x)|
γ≤β
(β − γ)!γ! x∈Rn
X β!
≤ sup |Dβ−γ (1 − Ψj )|.|xγ Dγ f (x)|
γ≤β
(β − γ)!γ! |x|≥j
X β!
≤ C × sup |xα Dγ f (x)|
γ≤β
(β − γ)!γ! |x|≥j
!
C = max sup |1 − Ψ|, sup |Dγ Ψ(x)|
x∈Rn |γ|≤γ x∈Rn
!
C ≥ max sup |1 − Ψ|, sup |Dγ Ψj (x)|
x∈Rn j∈R∗ x∈Rn

X β!
d’où qα,β (gj ) ≤ M sup avec M = C × quand j → +∞, |x| → +∞
|x|≤j |γ|≤β γ≤β
(β − γ)!γ!
dans cette relation et |x D | → 0 ∀α,γ car x D ∈ S(Rn ) d’où qα,β (gj → 0 quand j → +∞
α γ α γ

ie fj → f.

Produit Tensoriel
Proposition 1.15. Soit f ∈ S(Rl ) et g ∈ S(Rn ) alors f g ∈ S(Rn+l ) et l’application
N

g est continue de S(Rn ) × S(Rn ) dans S(Rn )


N
(f,g) 7→ f

Preuve. ∀α ∈ Nl , β ∈ Nn , D(α,β) (f g) = Dα f
N N β
D g par suite ∀m,k ∈ N ∀(x,y) ∈
l n l+n l
R × R , ∀γ ∈ N , α ∈ N
(1 + |x|2 + |y|2 )k |Dγ (f g)(x,y)| ≤ (1 + |x|2 )k |Dα f (x)|(1 + |x|2 )k |Dγ−α g(y)|
N

⇒ sup sup (x,y) ∈ Rl+n (1+|x|2 +|y|2 )k |Dγ (f g)(x,y)| ≤ sup (1+|x|2 )k |Dα f (x)| sup
N
(1+
|γ|≤m |α|≤mx∈Rl |β|≤my∈Rn
2 k β
|y| ) |D g(y)|
N N
ie |f g|m,k ≤ |f |m,k × |g|m,k ce qui prouve que f g est continue.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR LES ESPACES DE FONCTIONS
Faculté des Sciences - DMI MAT 418
Mathématiques Master 1
Année Académique 2020-2021
On notera Ω un ouvert non vide de Rn .
Exercice 1.1
(1) Montrer que l’espace C (Ω) est complet.
(2) Montrer que dans C (Ω) l’opérateur de dérivation ∂i est fermé.
(3) Montrer que ∀k ∈ N∗ , E(Ω) est de Fréchet.
Exercice 1.2
Soit A un opérateur borné de Dk (Ω).
k
(1) Montrer qu’il existe j0 ∈ N tel que A ⊂ DK j0
(Ω).
(2) Soit (φj ) une suite d’éléments de D(Ω). Montrer que φj → 0 dans D(Ω) si et seulement s’il
existe K compact de Ω tel que supp(φj ) ⊆ K, ∀j ∈ N∗ et (Dα φj ) converge uniformément vers
0, ∀α ∈ Nn .
Exercice 1.3
Soit (Cα )α∈Nn une famille finie de fonctions de classe C ∞ sur Ω. On définit l’opérateur L
par L(f ) := α Cα Dα f . Montrer que :
P

(1) L envoie E(Ω) sur E(Ω) ;


(2) L envoie D(Ω) sur D(Ω).
Exercice 1.4 E k (Ω) n’est pas normable
Soit k ∈ N.
(1) Soient BH,m et BK,m les boules unités des semi-normes PH,m et PK,m . Montrer que si H et K
sont deux compacts disjoints alors l’une des deux boules n’absorbe pas l’autre.
(2) En déduire que E k (Ω) n’est pas normable.
Exercice 1.5
Soient f ∈ L1loc (Rn ) et (θj ) une suite régularisante. Pour j ∈ N∗ , fj = θj ∗ f . Montrer
que :
(1) Si f ∈ C0 (Rn ) alors fj → f .
(2) Si f ∈ Lp (Rn ) alors fj → f .
Exercice 1.6
une suite régularisante. Pour j ∈ N∗ , fj = θj ∗ f . On définie une
Soient f ∈ Dk (Ω) et (θj ) 
 f (x) si x ∈ Ω
fonction g sur Rn par g(x) := .
0 sinon
(1) Montrer que g ∈ Dk (Rn ).
(2) On pose gj := g ∗ θj et fj = gj |Ω .
(a) Montrer que fj ∈ D(Rn ).
(b) Montrer que fj → f dans Dk (Ω).

© Université de Douala 2020-2021


28
(c) En déduire que

∀f ∈ Dk (Ω), ∃g ∈ Dk (Rn ); f = g|Ω et supp(g) ⊂ Ω.

(3) Montrer que D(Ω) est dense dans Dk (Ω).


(4) On admettra que K(Ω) est dense dans Lp (Ω). Montrer que pour 1 ≤ p < +∞, D(Ω) est dense
dans Lp (Ω).
Exercice 1.7
Soit φ ∈ D(Rn ).
(1) Montrer que ∀i = 1, . . . ,n on a :
ˆ ˆ 
2 ∂ φ̄
|φ(x)| dx = −2Re xi φ(x) (x)dx .
Rn R ∂xi

(2) On suppose Ω borné. Montrer qu’il existe une constante C > 0 telle que :
ˆ n ˆ 2
2
X ∂φ
|φ(x)| dx ≤ C (x) dx, ∀φ ∈ D(Ω).
Rn i=1 Rn ∂xi

Exercice 1.8
Construire une suite (φn )n∈Z d’éléments de D(R) telle que :
(a) ∀x ∈ R, {n ∈ Z; φn (x) ̸= 0} est fini ;
+∞
X
(b) φn (x) = 1, ∀x ∈ R.
n=−∞

Exercice 1.9
(1) Justifier que si (ϕk ) est une suite de D(Rd ) qui converge dans D(Rn ) vers ϕ ∈ D(Rn ), alors la
convergence a aussi lieu dans S(Rn ).
(2) Donner une suite de fonctions (fn ) de D(R), qui converge vers 0 dans S(R), mais pas dans
D(R).

© Université de Douala 2020-2021


29
Chapitre

2 Généralité sur les Distributions

Sommaire
2.1 Définition et Exemples de Distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2.2 Opérations sur les distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
2.3 Dérivation des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
2.4 Distributions Tempérées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

Dans ce chapitre Ω désigne un ouvert de R . n

2.1 Définition et Exemples de Distributions


Définition 2.1 Distribution
Une distribution sur Ω est une forme linéaire continue sur l’éspace vectoriel D(Ω) muni
de sa topologie limite inductive stricte des espaces DKj (Ω).
ici Ωj est une famille croissante d’ouverts de Ω telle que Ωj ⊂ Ωj+1 , Kj = Ωj est compact.
L’ensemble des distributions sur Ω est noté D′ (Ω) qu’on appelle aussi dual topologique de
D(Ω).
Rappelons que d’après le formalisme sur la dualité et la transposition vu dans les espaces
vectoriels topologiques, D′ (Ω) est un EVT lorsqu’on le munit de la topologie dual faible ou
la topologie duale forte. Rappelons aussi que pour la topologie duale faible la base de semi-
normes continues est formée des (pϕ )ϕ∈D(Ω) avec pϕ (T ) = | < T,ϕ > |, T ∈ D′ (Ω).
En application de la caractérisation des formes linéaires continues pour la topologie limite in-
ductive stricte, nous avons la caractérisation suivante des disributions :

Théorème 6 –
Soit T une forme linéaire sur D(Ω). Il y a équivalence entre les assertions suivantes :
1) T est une distribution sur Ω,
2) ∀Kcompact, K ⊂ Ω, la restriction de T à DK (Ω) est continue.
3) ∀K, compact, K ⊂ Ω, ∃C > 0, m ∈ N tel que | < T,ϕ > | ≤ CPK,m (ϕ), ∀ϕ ∈ DK (Ω).

© Université de Douala 2020-2021


30
2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 31 sur 85

Exemple 2.1. 1) Distribution de Dirac en a ∈ Ω : c’est l’application δa de D(Ω) vers R


qui à tout ϕ associe ϕ(a).
Il est simple de prouver que δa est linéaire. Soit K ⊂ Ω et soit ϕ ∈ DK (Ω),
| < δa ,ϕ > | = |ϕ(a)| ≤ Supx∈K |ϕ(x)| ≤ PK,0 (ϕ).
Ce qui prouve que δa ∈ D′ (Ω).
´
2) f ∈ L1loc (Ω). La forme linéaire Tf : D(Ω) → R, Tf (ϕ) = Ω f (x)ϕ(x)dx.
La linéarité de Tf est aussi facile. Vérifions la continuité. Soit ϕ ∈ DK (Ω).
´ ´
| < Tf ,ϕ > | ≤ K |f (x)||ϕx (x)|dx ≤ Supx∈K |ϕ(x)|. K |f (x)|dx ≤ CPK,0 (ϕ),
´
C = K |f (x)|dx, donc Tf ∈ D′ (Ω).
3) De façon similaire, on vérifie que si f ∈ Lploc (Ω) alors Tf ∈ D′ (Ω).

On montre qu’il n’existe pas de fonction f ∈ L1loc (Ω) telle que δa = Tf . En effet, s’il en
existait, en fixant un compact K ⊆ Ω on aurait
ˆ
∀φ ∈ D(Ω), supp(φ) ⊆ Kn φ(a) = f (x)φ(x)dx.
K
´ ´
Alors, si a ∈
/ supp(φ), K f (x)φ(x)dx = 0. Donc, pour tout φ ∈ D(Ω∖{a}), K f (x)φ(x)dx =
0. Ainsi, f = 0 pp sur Ω ∖ {a}, donc sur Ω. Mais alors,
ˆ ˆ
∀φ ∈ D(Ω), φ(a) = f (x)φ(x)dx = 0 · φ(x)dx = 0.
K K

En choisissant φ telle que φ(a) ̸= 0 on aboutit a une contradiction.

2.2 Opérations sur les distributions

2.2.1 Ordre d’une distribution


Définition 2.2
Soit k ∈ N. On appelle distribution d’ordre inférieur ou égal à k sur Ω, toute forme linéaire
continue T sur D(Ω) pour la topologie induite par Dk (Ω). C’est à dire T : D(Ω) → R est
linéaire tel que ∀K ⊂ Ω, compact ∃C > 0; ∃m ≤ k, tel que | < T,ϕ > | ≤ CPK,m (ϕ).

Proposition 2.1. Un élément T ∈ D′ (Ω) est d’ordre ≤ k si on peut le prolonger en un unique


élément de (Dk (Ω))′ . On identifiera donc ce dernier espace à l’espace des distributions d’ordre
≤ k.

Preuve. Si T peut être prolongée en une forme linéaire continue T̃ sur Dk (Ω) alors la restriction
de T̃ à D(Ω) qui est T est continue pour la topologie de Dk (Ω), donc T est d’ordre ≤ k.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 32 sur 85

Réciproquement, si T est d’ordre ≤ k, alors T est continue sur D(Ω) pour la topologie
de Dk (Ω). D’autre part T se prolonge de façon unique sur D(Ω) qui est égal à Dk (Ω) (car le
premier espace, D(Ω) est dense dans le second). D’où la résultat.
Définition 2.3 Ordre d’une distribution

On appelle ordre d’une distribution T ∈ D (Ω), le plus petit k ∈ N tel que T soit d’ordre
≤ k.

∂ϕ
Exemple 2.2. 1) Soit a ∈ Rn . La distribution T définie sur Rn par < T, ϕ >= ∂xi
(a) est
d’ordre ≤ 1. Car | < T, ϕ > | ≤ PK,1 , ∀ϕ ∈ DK (Rn ).
2) Les distributions δ0 , δx0 , Tf pour f ∈ L1loc sont d’ordre 0.
Les distributions d’ordre 0 sont appelées mesures de Radon.

Exercice de cours 2.1 TPE


Soient a ∈ Ω et α ∈ Nn . On définie la distribution T par

⟨T, φ⟩ := Dα φ(a).

Montrer que T est d’ordre |α|.


Exercice de cours 2.2 TPE : valeur principale
1

On définie la forme linéaire vp x
: D(Ω) → R par
 
1
⟨vp , φ⟩ := Dα φ(a).
x

Montrer que vp x1 est une distribution d’ordre 1. On l’appelle distribution valeur principale.


Exercice de cours 2.3 TPE : distribution d’ordre infini


On définie la forme linéaire T : D(R) → R par

+∞
X
⟨T, φ⟩ := φ(j) (j).
j=0

Montrer que T est une distribution d’ordre infini

2.2.2 Convergence des suites de distribution


Définition 2.4 Convergence d’une suite de distributions
On dit qu’une suite (Tn )n de distributions converge vers T ∈ D(Ω) lorsque pour toute
fonction test φ ∈ D(Ω),
lim ⟨Tn , φ⟩ = ⟨T, φ⟩.
n→+∞

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 33 sur 85

 
Exemple 2.3. La suite de distribution (Tn )n≥1 , avec Tn = n δ 1 − δ− 1converge dans D′ (R)
´1 n n

vers −2δ0′ . En effet, tout φ ∈ D(R) s’écrit φ(x) = φ(0) + xψ(x), avec ψ(x) = 0 φ′ (tx)dt.
Ainsi,
         
1 1 1 1
⟨Tn , φ⟩ = n φ −φ − = ψ −ψ − → 2ψ(0) = 2φ′ (0).
n n n n

Exercice de cours 2.4 Lemme de Riemann-Lebesgue


Montrer que la suite (Tein· )n≥0 converge vers la fonction nulle dans D′ (R).
La convergence presque partout n’implique pas la convergence D′ (R). Considérons par
√ 2
exemple la suite de L1loc (R) définie par fn (x) := ne−nx . Alors, pour tout x ̸= 0, fn (x) → 0,

mais la suite (Tfn )n≥1 converge dans D′ (R) vers πδ0 et non pas vers la distribution nulle. En
effet pour tout φ ∈ D(R), on a par le théorème de convergence dominée
ˆ ˆ
√ √
 
−nx2 −y 2 y
⟨fn , φ⟩ = n e φ(x)dx = e φ √ dy → πφ(0)
R R n

Proposition 2.2. La convergence dans Lploc (Ω), 1 ≤ p ≤ +∞ implique la convergence dans


D′ (Ω).
Preuve. TPE.
Nous admettons le résultat suivant.

Théorème 7 –
Soit (Tn )n une suite de distributions telle que pour toute fonction φ ∈ D(Ω), la suite
(⟨Tn , φ⟩)n admet une limite dans C. Alors, la forme linéaire T définie sur D(Ω) par

⟨T, φ⟩ := lim ⟨Tn , φ⟩, ∀φ ∈ D(Ω)


n→+∞

est une distribution sur Ω. De plus, pour tout compact K ⊆ Ω, il existe m ∈ N et C > 0 tels
que
sup |⟨Tn , φ⟩| ≤ CPK,m (φ), ∀φ ∈ D(Ω) avec supp(φ) ⊆ K.
n∈N

Corollaire 2.1. Soit (Tn )n une suite de distributions qui converge vers T dans D′ (Ω) et (φn )n
une suite de fonctions qui converge vers φ dans D(Ω). Alors, ⟨Tn , φn ⟩ → ⟨T, φ⟩.
Proposition 2.3. Soit (fn )n une suite de fonctions positives dans L1 (Rn ) dont les supports sont
contenus dans des boules centrée à l’origine et de rayon tendent vers 0. Alors,

fn
´ → δ0 dans D′ (Ω).
f
Rn n

Preuve. TPE.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 34 sur 85

2.2.3 Support d’une Distribution, Principes de Recollement et de Locali-


sation
Soient Ω un ouvert de Rn , U un ouvert contenu dans Ω. On pose

Dk (U ) := {ϕ ∈ Dk (Ω), supp(ϕ) ⊂ U }. (2.1)

Définition 2.5 Restriction d’une distribution



Soit T ∈ D (Ω), on appelle restriction de T à U la distribution T |U définie sur D(U ) par :

⟨T |U , ϕ⟩ = ⟨T, ϕ⟩, ∀ϕ ∈ D(U ). (2.2)

Exemple 2.4. Ω = Rn , U = (Rn )∗ , pour T = δ sur Ω = Rn on a : T |U = 0.

Définition 2.6
Soit T ∈ D′ (Ω), On dit que T est nulle sur un ouvert U ⊂ Ω si T |U = 0.

Théorème 8 –
Soit Ω un ouvert de Rn et (Uj )j∈J une famille d’ouverts de Ω. Posons U = ∪j∈J Uj . Soit
T ∈ D(Ω) telle que T |Uj = 0, ∀j. Alors T |U = 0.

La preuve utilise le lemme de partition de l’unité que nous rappelons.

Lemme 2.1. Il existe sur U = ∪j∈J Uj une famille de fonctions (gj ) qu’on appelle partition de
l’unité subordonnée au recouvrement (Uj )j∈J de U qui vérifie les propriétés suivantes :
☞ ∀j, gj ∈ E(U ) on a gj ≥ 0 et supp(gj ) ⊂ Uj ;
☞ Sur tout compact K ⊂ U un nombre fini seulement des gj ne s’annulent pas sur K ;
P
☞ ∀x ∈ K, j∈J gj (x) = 1.

Preuve du théorème Soit donc une distribution T telle que T |Uj = 0, ∀j. Soit une partition de
l’unité (gj ) subordonnée au recouvrement (Uj )j∈J . Soit ϕ ∈ D(Ω) et K = supp(ϕ). Alors, un
P
nombre fini seulement des gj ne s’annulent pas sur K et on a ϕ = gj ϕ. En posant ϕj = gj ϕ
j
on a supp(ϕj ) ⊂ Uj et
X
⟨T, ϕ⟩ = ⟨T, ϕj ⟩ = 0.
j∈J

Définition 2.7 Ouvert d’annulation et support d’une distribution


On appelle ouvert d’annulation de T le plus grand ouvert sur lequel T est null. On le note
OT . Le support de T est le complémentaire de son ouvert d’annulation :

supp(T ) = CΩOT .

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 35 sur 85

Exemple 2.5. Soit Ω = Rn , T = δ ∈ D′ (Rn ). On a supp(δ) = {0}. En effet on a δ|(Rn )∗ = 0


par suite OT = (Rn )∗ . Donc supp(δ) = {0}.

Remarque 2.1. Comme complémentaire d’un ouvert, supp(T ) est toujours un fermé.

En traduisant la définition, on peut écrire les assertions suivantes :


☞ x0 ∈
/ supp(T ) ⇐⇒ ∃Vx0 , un voisinage ouvert de x0 tel que : ∀ϕ ∈ D(Vx0 ), ⟨T, ϕ⟩ = 0.
☞ supp(T ) = {x ∈ Ω ; T nulle près de x}c .
☞ x0 ∈ supp(T ) ⇐⇒ ∀Vx0 ∃ϕ ∈ D(Vx0 ) ; ⟨T, ϕ⟩ =
̸ 0.
☞ supp(T ) ⊆ F ⇐⇒ T = 0 dans F c .

Proposition 2.4. Soient T ∈ D′ (Ω) et soit ϕ ∈ D(Ω) telles que supp(T ) ∩ supp(ϕ) = ∅. Alors,
⟨T, ϕ⟩ = 0.

Preuve. Soit K = supp(ϕ) ⊂ OT . Soit une partition de l’unité (gj ) subordonnée au recouvre-
ment ouvert (Uj )j∈J de K. Alors, un nombre fini seulement des gj ne s’annulent pas sur K et
P
on a ϕ = gj ϕ. En posant ϕj = gj ϕ on a supp(ϕj ) ⊂ Uj ⊂ OT et
j

X X
⟨T, ϕ⟩ = ⟨T, ϕj ⟩ = ⟨T |Uj , ϕj ⟩0.
j∈J j∈J

Proposition 2.5. Pour toute distribution T ∈ D′ (Ω), supp(T ) = ∅ ⇐⇒ T = 0.

Preuve. Si T = 0 il est clair par définition que supp(T ) = ∅. Réciproquement, si supp(T ) = ∅,


alors pour tout x ∈ Ω, il existe un ouvert Vx ⊂ Ω contenant x tel que T |Vx = 0. Par le
Théorème 8, T = 0 car ∪x∈Ω Vx = Ω.
Le théorème suivant, qui est une conséquence de la Proposition 2.5, nous dit que si distri-
bution est localement une fonction alors, elle est globalement une fonction.

Théorème 9 – Principe de Localisation


Soit T ∈ D′ (Ω). On suppose que T est localement une fonction de classe C k pour 0 ≤
k ≤ +∞, i.e.

∀x ∈ Ω, ∃Vx ouvert contenant x, ∃fx ∈ C k (Vx ) ; T |Vx = Tfx .

Alors, il existe f ∈ C k (Ω) telle que T = Tf .

Preuve. En effet, comme ∪x∈Ω Vx = Ω, on peut choisir pour tout x ∈ Ω, fx ∈ C k (Vx ) telle
que T |Vx = Tfx . Or, sur Vx ∩ Vy , fx = fy car Tfx |Vx ∩Vy = T |Vx ∩Vy = Tfy |Vx ∩Vy on utilise la
continuité de fx et fy pour en déduire fx = fy partout.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 36 sur 85

Alors, on peut poser légitimement f : Ω → C définie par f (z) = f x(z) si z ∈ Vx . La


fonction f est de classe C k sur Ω car elle est C k au voisinage de tout x ∈ Ω et on a : ∀x ∈
Ω, (T − Tf )|Vx = 0. Par définition du support, supp(T − Tf ) = ∅, donc par la Proposition 2.5,
T = Tf .

Exemple 2.6. Pour f ∈ L1loc (Rn ), on a supp(Tf ) = supp(f ).


En effet, si x0 ∈ supp(T ), il existe Vx0 voisinage ouvert de x0 tel que f (x) = 0 pour
´
x ∈ Vx0 x. Alors, si ϕ ∈ D(Vx ), ϕ(x)f (x) = 0 dans Ω, donc ⟨Tf , ϕ⟩ = ω f (x)ϕ(x)dx = 0.
Donc, x0 ∈/ supp(Tf ). D’où supp(Tf ) ⊆ supp(f ). Réciproquement, si x0 ∈ / supp(Tf ), il existe
´
Vx0 voisinage ouvert de x0 tel que ∀ϕ ∈ D(Vx0 ), Ω f (x)ϕ(x)dx = 0. Par le lemme de Dubois-
Reymond, f est nulle presque partout (donc partout puisque f est continue) dans Vx0 . Donc,
x0 ∈
/ supp(f ). D’où la seconde inclusion.

Exercice de cours 2.5


1

Montrer que suppvp x
= R.

Théorème 10 – Principe de Recollement


Soit Ω un ouvert de Rn et (Ωj )j∈J un recouvrement ouvert de Ω. Soit (Tj ) une famille de
distributions telle que si Uij = Ωi ∩ Ωj ̸= ∅ alors Ti |Uij = Tj |Uij , alors il existe un unique
T ∈ D′ (Ω) telle que T |Ωj = Tj .

Preuve. Pour l’unicité, on suppose que deux distributions T et T ′ vérifie les hypothèses, alors
(T − T ′ )|Ωj = 0 pour chaque j et par le Théorème 8, T = T ′ sur Ω.
Existence : Soit une partition de l’unité (gj ) subordonnée au recouvrement (Uj )j∈J . Pour tout
ϕ ∈ D(Ω) on pose :
X
< T ; ϕ >= < Tj : gj ϕ > .
j

T est linéaire car la somme ci-dessus est finie. Il reste à montrer que T est continue. Soit
ϕ ∈ DK (Ω), supp(gj ϕ) = Kj compact. L’application ϕ 7→ gj ϕ est continue de DK (Ω) vers
DKj (Ωj ) (redémontrer encore) :
Comme DKj (Ωj ) s’injecte continûment dans D(Ωj ) on déduit que ϕ 7→ gj ϕ est continue de
DK (Ω) vers D(Ωj ) et par suite ϕ 7→< Tj ; gj ϕ > est continue comme composée de deux
applications continues.
P
Par suite ϕ 7→< T ; ϕ >= < Tj ; gj ϕ > est continue comme somme d’applications continues.
j
Il reste à montrer que T /Ωj = Tj ;
Soit ϕ ∈ D(Ωi ). Alors Suppϕ ⊂ Ωi . Aussi ∀j, on a : Supp(gj ϕ) ⊂ Supp(gj ) ∩ Supp(ϕ) ⊂
Ωj ∩ Ωi .
Or Ti /Ωi ∩ Ωj = Tj /Ωi ∩ Ωj par suite < Ti ; gj ϕ >=< Tj ; gj ϕ >. On a alors :
X X X
< T ; ϕ >= < Tj ,gj ϕ >= < Ti ,gj ϕ >=< Ti ; gj ϕ >=< Ti ; ϕ >
j j j

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.2. OPÉRATIONS SUR LES DISTRIBUTIONS Page 37 sur 85

C’est à dire que T = Ti sur Ωi .

Proposition 2.6. Toute distribution à support compact est d’ordre fini.

Preuve. En cours.

2.2.4 Distributions à support compact


Soit T ∈ D′ (Ω). Si supp(T ) est compact dans Ω, on dit évidemment que T est une distri-
bution à support compact.

Proposition 2.7. Une distribution T ∈ D′ (Ω) est à support compact si et seulement si T peut
se prolonger de façon unique en un élémenet T̃ ∈ E ′ (Ω).
On identifiera alors l’ensemble des distributions à support compact à E ′ (Ω).

Preuve. Soit T ∈ D′ (Ω) telle qu’il existe T̃ ∈ E ′ (Ω) vérifiant T = T̃ /D(Ω). Alors dire
que T̃ ∈ E ′ (Ω) signifie que ∃K compact dans Ω et ∃C > 0, m ∈ N∗ tels que pour tout
ϕ ∈ E(Omega) ;
| < T ; ϕ > | ≤ CPK,m (ϕ). (2.3)

Par suite, si suppϕ ⊂ CΩK alors (2.3) implique < T ; ϕ >= 0. Ce qui signifie que T /CΩK = 0.
Donc supp(T ) ⊂ K ; donc supp(T ) est compact.
Réciproquement, supposons que supp(T ) = K compact. On veut prolonger T en T̃ ∈ E ′ (Ω).
Soit θ ∈ D(Ω) tel que θ = 1 sur un voisinage O du compact K (cf Théorème d’Urysohn).
Posons alors pour tout ϕ ∈ E(Ω) :

< T̃ ; ϕ >=< T ; θϕ > (2.4)

(i) T̃ ne dépend pas de θ, car si β ∈ D(Ω) est aussi une autre fonction telle que β = 1 sur un
voisinage O′ du compact K, alors θϕ et βϕ sont dans D(Ω) et

< T ; θϕ > − < T ; βϕ >=< T ; (θ − β)ϕ >= 0 (2.5)

car θ − β vaut 0 sur le voisinage O ∩ O′ de K = Supp(T ).

(ii) L’application T̃ est linéaire. Justifions qu’elle est continue sur E(Ω). On sait (cf EVT)
que l’application M : E(Ω) × D(Ω) → D(Ω) ; (ρ,θ) 7→ ρθ est continue, donc partiellement
continue. Dès lors Mθ : ϕ 7→ θϕ est continue de E(Ω) vers D(Ω). Par suite T̃ = T ◦ Mθ est
continue comme composée de deux applications continues.
(iii) L’unicité de ce prolongement (par continuité) vient du fait que D(Ω) est dense dans E(Ω).

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.3. DÉRIVATION DES DISTRIBUTIONS Page 38 sur 85

Exemple 2.7. T = δ a pour support K = {0}. Donc < δ; ex > a un sens qui est celui de
< δ; θ(x)ex > où θ ∈ D(R) est une fonction qui vaut 1 sur un voisinage de {0}. Par suite
< δ; ex >=< δ; θ(x)ex >= θ(0)e0 = 1.

2.3 Dérivation des distributions


Nous voyons dans cette section dans quel sens les distributions généralisent les fonctions
dérivables. Plus précisément nous montrons que chaque distribution T admet une dérivée T ′ qui
serait la dérivée de fonction si T est une fonction dérivable.
∂f
En effet soit f ∈ L1loc (Rn ) une fonction dérivable telle que ∂x 1
∈ L1loc (Rn ). Pour tout
ϕ ∈ D(Rn ) on a :
ˆ
∂f ∂f
< ,ϕ > = ϕdx
∂x1 n ∂x1
ˆR+∞ ˆ +∞ 
∂f
= dx2 dx3 ...dxn ϕdx1
−∞ −∞ ∂x1
ˆ +∞ ˆ +∞ 
∂(f ϕ) ∂ϕ
= dx2 dx3 ...dxn ( −f )dx1
−∞ −∞ ∂x1 ∂x1
ˆ +∞  ˆ +∞ 
+∞ ∂ϕ
= dx2 dx3 ...dxn [f ϕ]−∞ − (f )dx1
−∞ −∞ ∂x1
ˆ  
∂ϕ
= − f dx
Rn ∂x1
∂ϕ
= − < f, >
∂x1

Notons qu’on a utilisé le fait que si une fonction est à support compact, alors ses limites à
l’infini sont nulles. De même pour xi quelconque, on aurait :

∂f ∂ϕ
< ,ϕ >= − < f, > (2.6)
∂xi ∂xi

C’est cette relation qu’on va généraliser aux distributions.


Définition 2.8 Dérivée d’une distribution
Soit T ∈ D′ (Ω). Pour tout ϕ ∈ D(Ω) on pose

∂T ∂ϕ
⟨ , ϕ⟩ := −⟨T, ⟩. (2.7)
∂xi ∂xi
∂T
Cette égalité définit une distribution ∂xi
appelée dérivée de la distribution T par rapport à la
variable xi .
∂ϕ
En effet si on pose Di : D(Ω) → D(Ω), ϕ 7→ − ∂x i
qui est linéaire continue, alors on jus-
∂T
tifie que ∂xi
qui est linéaire est aussi continue comme composée de deux applications linéaires
∂T
continues : ∂xi = T ◦ Di .

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.3. DÉRIVATION DES DISTRIBUTIONS Page 39 sur 85

Proposition 2.8. Tout T ∈ D′ (Ω) est indéfiniment dérivable et pour tout multi-indice α =
(α1 ,..., αn ) ∈ Nn , pour tous T ∈ D′ (Ω), ϕ ∈ D(Ω).

⟨Dα T, ϕ⟩ = (−)|α| ⟨T, Dα ϕ⟩ (2.8)

Notons que Dα T est linéaire continue comme composée d’applications linéaires continues
que sont les dérivées successives.

Exemple 2.8. 1) Soit la fonction de Heaviside définie par : H(x) = 1 si x ≥ 0 et H(x) = 0


si x < 0. Pour tout ϕ ∈ D(R) on a :
ˆ +∞
′ ′
⟨H , ϕ⟩ = −⟨H, ϕ ⟩ = − ϕ′ (t)dt = −[ϕ(t)]+∞
0 = ϕ(0) =< δ; ϕ > .
0

Donc H ′ = δ.
2) Soit la fonction f définie sur R par f (x) = |x|. On a f ∈ L1loc (R). Soit T = Tf Calculons
T ′ ,T ′′ , T 3 .
ˆ +∞
′ ′
< T ; ϕ >= − < T ; ϕ > = − |x|ϕ′ (x)dx
−∞
ˆ 0 ˆ +∞

= xϕ (x)dx − xϕ′ (x)dx
−∞ 0
ˆ 0 ˆ +∞
0 +∞
= [xϕ]−∞ − ϕ(x)dx − [xϕ]0 + ϕ(x)dx
−∞ 0
ˆ 0 ˆ +∞
= (−1)ϕ(x)dx + (1)ϕ(x)dx
−∞ 0

Par suite, on a T ′ = g, avec g(x) = H(x) − H(−x).


De façon similaire, un calcul direct donne T ′′ = 2δ et donc T (3) = 2δ ′ .

Remarque 2.2. La dérivée au sens des distributions est aussi appelée dérivée au sens faible.
´ ´
C’est à dire f ′ = g faible ⇔ − f ϕ′ = gϕ, ∀ϕ ∈ D(Ω).

Exercice de cours2.6
 log |x| si x ̸= 0
Soit f (x) = . Montrer que la dérivée de f au sens faible est la valeur
0 sinon
principale vp x1 .


Exercice de cours 2.7


Les topologies duales faible et forte sur D′ (Ω) sont définies par des semi-normes. Montrer
en utilisant ces semi-normes que l’application Di : D′ (Ω) → D′ (Ω) ; T 7→ ∂x ∂T
i
est continue
pour ces 2 topologies.
Noter qu’on peut aussi utiliser (ce n’est pas ce qui est demandé ici) le fait que cette appli-
cation est transposée d’application continue.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.3. DÉRIVATION DES DISTRIBUTIONS Page 40 sur 85

Proposition 2.9. Soit T ∈ D′ (R). Alors, T ′ = 0 ⇐⇒ T est constante


´
Preuve. ⇐) Si T est constante alors T ′ = 0 puisque R φ′ (x)dx = 0 pour tout φ ∈ D(R).
=⇒ ) Supposons T ′ = 0 alors T s’annule sur toute fonction φ ∈ D(R) telle que φ = θ′ avec
´
θ ∈ D(R). Soit χ ∈ D(R) avec R χ(x)dx = 1. Soit φ ∈ D(R), posons
ˆ 
ψ(x) = φ(x) − φ(t)dt χ(x).
R

´
Alors ψ ∈ D(R) et R ψ(t)dt = 0. D’après le Lemme 1.2, il existe θ ∈ D(R) tel que ψ = θ′ .
Ainsi, ⟨T, ψ⟩ = 0. Par suite,
ˆ
⟨T, φ⟩ = ⟨T, χ⟩ φ(x)dx = ⟨C, φ⟩, avec C = ⟨T, χ⟩.
R

Donc T est constante.


Nous admettons le résultat suivant.

Théorème 11 –
Soit T ∈ D′ (Ω). On suppose qu’il existe f1 , . . . ,fn des fonctions continues sur Ω telles
que, pour tout i ∈ {1, . . . , d}, ∂xi T = fi . Alors il existe f de classe C 1 sur Ω telle que T = f .

Corollaire 2.2. Soit T ∈ D′ (Ω). Supposons que l’ouvert Ω est connexe. Supposons que, pour
tout i ∈ {1, . . . , d}, ∂xi T = 0. Alors T est constante.
Preuve. Exercice facile.

2.3.1 Structure des distributions à support ponctuel

Théorème 12 –
Toute distribution T sur Rn dont le support est {0} est une combinaison linéaire finie des
Cα Dα δ.
P
dérivées de la distribution de Dirac δ. i.e. T =
f inie

La preuve utilise le lemme suivant :


Lemme 2.2. Soit m l’ordre de T . Si f ∈ E(Rn ) vérifie Dα f (0) = 0, ∀|α| ≤ m alors <
T,f >= 0
On doit noter en passant que toute distribution à support compact est d’ordre fini.
Preuve du Théorème 12 Soit f ∈ E(Rn ). La formule de Taylor de f à l’ordre m + 1 en 0 est
donnée par :
X xα X xγ Dγ f (tx)
f (x) = Dα f (0) + ,
α! γ!
|α|≤m |γ|=m+1

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.3. DÉRIVATION DES DISTRIBUTIONS Page 41 sur 85

P xγ Dγ f (tx)
avec 0 < t < 1. Posons alors Rm (x) = γ!
. On vérifie alors aisément que
|γ|=m+1
Dα Rm (0) = 0, ∀|α| ≤ m. D’après le lemme on a alors < T ; Rm >= 0, ce qui implique
que
X xα α X xα X
< T ; f >= < T; D f (0) > + < T,Rm >= < T ; Dα f (0) >= Cα Dα f (0)
α! α!
|α|≤m |α|≤m |α|≤m

D’autre part on a : < Dα δ; f >= (−1)|α| Dα f (0) d’où


X
< T;f > = Cα (−1)|α| < Dα δ; f >
|α|≤m

Cα (−1)|α| Dα δ.
P
On en déduit que T =
|α|≤m

Cα (−1)|α| Dα δx0 .
P
Remarquons que si support de T était {x0 }, on aurait T =
|α|≤m

2.3.2 Multiplication d’une distribution par une fonction C ∞


Dans la proposition suivante, on définit le produit d’une distribution par une fonction lisse.
On verra en travaux dirigés qu’il n’est pas possible de prolonger ce produit sur D′ (R), i.e. pas
possible de définir la multiplication de deux distributions.

Proposition 2.10. Soit f ∈ E(Ω) et T ∈ D′ (Ω). On définit une distribution f T en posant pour
tout φ ∈ D(Ω)
⟨f T, φ⟩ = ⟨T, f φ⟩ (2.9)

De plus l’application T 7→ f T est continue pour les topologies duale faible et duale forte.

Preuve. Puisque f φ ∈ D(Ω) alors le membre droit de (2.9) est bien défini. Soit un compact
K ⊆ Ω. Il existe m ∈ N et C > 0 tels que

|⟨T, φ⟩| ≤ CPK,m (φ), ∀φ ∈ D(Ω).

Par suite,
|⟨f T, φ⟩| = |⟨T, f φ⟩| = CPK,m (f φ).

Par la formule de Leibniz,


X
Dα (f φ) = Cαβ Dβ f Dα−β φ.
|β|≤|α|

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.3. DÉRIVATION DES DISTRIBUTIONS Page 42 sur 85

Ainsi,
X
PK,m (f φ) ≤ 2|α| sup sup Dβ1 f (x) sup sup Dβ2 φ(x) =: C̃PK,m (φ).
|β1 |≤|α| x∈K |β2 |≤|α| x∈K
|α|≤m

Finalement,
|⟨f T, φ⟩| ≤ C C̃PK,m (φ).

Nous avons la règle de Leibniz suivante :

Proposition 2.11. ∀f ∈ E(Ω) et T ∈ D′ (Ω)

∂ ∂f ∂T
(f T ) = T +f (2.10)
∂xi ∂xi ∂xi

Preuve. En effet pour tout ϕ ∈ D(Ω),

∂ ∂ϕ ∂ϕ
< (f T ); ϕ >=< f T ; − > = < T ; −f >
∂xi ∂xi ∂xi
∂(f ϕ) ∂f
= − < T; − ϕ>
∂xi ∂xi
∂T ∂f
= < ; fϕ > + < T; ϕ>
∂xi ∂xi
∂T ∂f
= <f + T;ϕ >
∂xi ∂xi

2.3.3 Formule des sauts en dimension 1


On se donne une fonction f , qui est de classe C 1 par morceaux dans [a, b], et qui admet,
en tout point où elle n’est pas continue, une limite à droite et une limite à gauche. Il existe ainsi
une subdivision de [a, b] en intervalles [a, a1 [, . . . , ]ai , ai+1 [, . . . , ]an , b] telle que f soit de classe

C 1 sur chaque ]ai , ai+1 [. On note f (a+
i ) et f (ai ) les limites respectives à droite et à gauche
au point ai . Par convention, les points intérieurs à [a, b] sont a1 , . . . , an et on note a0 = a,
an+1 = b. La fonction f définit une distribution, dont on calcule la dérivée, que nous calculons
pour φ ∈ D(R) par
ˆ b n ˆ
X ai+1
′ ′
⟨(Tf ) , φ⟩ = − f (x)φ (x)dx = − f (x)φ′ (x)dx
a i=0 ai

En intégrant par parties nous arrivons à


n ˆ
X ai+1 n
X
′ ′ −
f (a+

⟨(Tf ) , φ⟩ = f (x)φ(x)dx + i )φ(ai ) − f (ai+1 )φ(ai+1 )
i=0 ai i=0

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.4. DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES Page 43 sur 85

Théorème 13 –
La distribution (Tf )′ est donnée, à partir de Tf ′ et des sauts de f en chaque ai , par

n+1
X
′ −
f (a+

(Tf ) = Tf ′ + i ) − f (ai+1 ) δai ,
i=0

avec la convention f (a− ) = 0 = f (b+ ).

Proposition 2.12. Soit u une fonction C 1 définie sur un intervalle [a, b]. On la prolonge par 0
à l’extérieur de [a, b] et on note ce prolongement ũ. De même, on note ũ′ le prolongement de la
fonction u, définie par u′ sur ]a, b[ et par 0 à l’extérieur. Alors

(Tũ )′ = Tũ′ + u(a)δa − u(b)δb .

2.4 Distributions Tempérées


Définition 2.9
On appelle Distribution Tempérée toute forme linéaire continue sur D(Rn ) pour la topolo-
gie induite par celle de S(Rn )

Remarque 2.3. Comme D(Rn ) ,→ S(Rn ) ie la topologie naturelle de D(Rn ) est plus fine que
celle de S(Rn ). Toute distribution tempérée est une distribution.

Proposition 2.13. Une distribution tempérée T est prolongeable de façon unique en une forme
linéaire continue sur S(Rn ). L’ensemble des distributions tempérées est alors identifiable à
l’ensemble S ′ (Rn ) des formes linéaires continues sur S(Rn )

Preuve. découle de la densité de D(Rn ) dans S(Rn )

Proposition 2.14. Soit T une distribution tempérée alors :


(i) ∀α ∈ Nn , M α T est une distribution tempérée et T 7→ M α T est continue sur S ′ (Rn )
muni des topologies ∗−faible et forte.
(ii) ∀β ∈ Nn , la dérivée Dβ T est une distribution tempérée te l’application Dβ est continue
dans S ′ (Rn )
(iii) ∀S ∈ S ′ (Rl ), T ∈ S ′ (Rn ) S T ∈ S ′ (Rn+l )
N

Preuve.
(i) f 7→ M α f est continue de S(Rn ) → S(Rn )
T 7→ M α T est sa transposée donc continue.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.4. DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES Page 44 sur 85

(ii) de même ∀β ∈ Nn , f 7→ (−1)|β| Dβ est continue dans S(Rn ). Sa transposée est T 7→


Dβ T donc continue.
< Dβ T,ψ >=< T,(−1)β Dβ ψ >
(iii) ∀θ ∈ D(Rl+n ), on pose Ψ(y) =< S,θ(x,y) >, S étant tempérée ∃C ≥ 0 (k0 ,m0 ) ∈ NN
tel que | < S,ψ > | ≤ Cqk0 ,m0 (ψ) ∀ψ ∈ D(Rn )
on en déduit que qk,m (Ψ) ≤ Cqk+k0 ,m+m0 ie
θ 7→ Ψ est continue de D(Rl+n ) dans D(Rn ) lorsque D(Rl+n ) est muni de la topologie
de S(Rl+n ) et D(Rn ) de celle de D(Rn ). Par composition θ 7→< T,Ψ > est continue sur
D(Rl+n ) pour la topologie de D(Rl+n ) ie
T, θ >=< T, Ψ > est continue sur D(Rl+n ) pour la topologie de S(Rl+n )
N
θ 7→< S

Exemple 2.9. ⋆ S(Rn ) ,→ E(Rn )


⋆ E ′ (Rn ) ,→ S ′ (Rn )

MULTIPLICATEUR Pour S(Rn )


Définition 2.10
Soit g ∈ E(Rn ). On dit que g est un multiplicateur pour S(Rn ) si l’application f 7→ gf est
continue de S(Rn ) → S(Rn ). L’ensemble des multiplicateurs sera noté OM (Rn )

Exemple 2.10. Tout polynôme est un multiplicateur pour S(Rn ) (et même pour S ′ (Rn ).

Définition 2.11
∀g ∈ OM (Rn ) l’application T 7→ gT de D′ (Rn ) → D′ (Rn ) est continue de S ′ (Rn ) dans
S ′ (Rn ) ie g est un multiplicateur dans S ′ (Rn )

Proposition 2.15. On vérifie aisément que si g ∈ OM (Rn ) alors ğ, Ta g, Dβ g, M β g ∈ O(Rn ),


avec ğ(ε) = g(−ε)

Définition 2.12 Croissance Lente


Une fonction continue est dite à croissance lente s’il existe une constante k ≥ 0 telle que :
g
soit bornée sur Rn .
(1 + |M |2 )k
Une telle application est une distribution tempérée.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR LES GÉNÉRALITÉS SUR LES DISTRIBUTIONS
Faculté des Sciences - DMI MAT 418
Mathématiques Master 1
Année Académique 2020-2021
On désignera par Ω un ouvert de Rn .
Exercice 2.1
Dans chaque cas (1) dire si la fonction f permet de définit une distribution sur R ; (2) si oui,
déterminer les dérivées successives de la distribution correspondante, ainsi que les primitives
successives dans le cas de |x|.

➀ f (x) = ex ➅ f (x) = x−1/3


➁ f (x) = |x|
p ➆ f (x) = |x|1/2
➂ f (x) = |x|
1
➇ f (x) =
➃ f (x) = sin x1 x

1
➄ f (x) = ln |x| ➈ f (x) = x2

Exercice 2.2
´x
Soient u ∈ L1loc (R), et pour x ∈ R posons v(x) := 0 u(t)dt.
(1) Montrer que v est continue sur R.
(2) Montrer que v ′ = u au sens faible.
Exercice 2.3
Montrer que l’application L1loc (Ω) → D′ (Ω), f 7→ Tf (distribution associée à f ) est injec-
tive.
Exercice 2.4 Masse de Dirac
(1) Montrer que la masse de Dirac δa : D(Ω) → R est bien une distribution.
(2) Calculer les dérivées de δa dans le cas de la dimension 1.
(3) Montrer que les masses de Dirac ne sont pas des fonctions.
Exercice 2.5
(1) Soit T une distribution réelle. Montrer que

xT = 0 ⇐⇒ (∃c ∈ R ; T = cδ).

δh −δ−h
(2) Déterminer dans D′ (R) la limite lim 2h
.
h→0

Exercice 2.6 Valeur principale


´ φ(x)
(1) Montrer que la fonction vp( x1 ) : D(R) → R, φ 7→ lim dx est bien définie et est une
ε→0 |x|≥ε x
1
distribution. C’est la valeur principale de x
.
(2) Montrer que vp( x1 ) est d’ordre 1.
(3) Calculer xvp( x1 ).
(4) Montrer qu’il est impossible de définir un produit sur D′ (R) qui soit associatif et prolonge le
produit déjà défini d’une distribution par un élément de E(R).

© Université de Douala 2020-2021


45
2.4. DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES Page 46 sur 85

Exercice 2.7
d
Calculer au sens des distributions x dx ln |x|.
Exercice 2.8 Combinaisons de masses de Dirac
Soit x1 , x2 , . . . , xk ∈ Ω.
(1) Montrer l’existence de θ1 , θ2 , . . . , θk ∈ D(Ω) tels que θi (xj ) = δij .
(2) Soit T ∈ D′ (Ω) telle que ∀φ ∈ D(Ω), (φ(xi ) = 0, ∀i ∈ {1, 2, . . . , k}) =⇒ (T (φ) = 0).
Montrer que T ∈ V ect(δx1 , δx2 , . . . , δxk ).
Exercice 2.9 Deux équations
(k) n
Résoudre les équations xT = δ0 et x T = δ0 .
Exercice 2.10 Limites de combinaisons linéaires de masses de Dirac

Déterminer les limites dans D (R) des suites (Tn ) de distributions suivantes :

➀ Tn = n(δ1/n − δ−1/n ) ; ➁ Tn = n2 (δ1/n + δ−1/n − 2δ0 ).

Exercice 2.11 Saut


Soit fn la fonction définie sur R par fn = n sur [0, 1/n] et fn = 0 sinon. On note Tn la
distribution associée à fn . Étudier la convergence de la suite (Tn ).
Exercice 2.12 Partie finie de Hadamard

On note P f x12 := − vp x1 .
 

(1) Montrer que   ˆ +∞


1
⟨P f 2
, φ⟩ = − ln |x|φ′′ (x)dx.
x −∞

(2) Montrer que x2 P f x12 = 1.




Exercice 2.13
Soit T l’application linéaire de D(R2 ) sur R définie par
ˆ
⟨T,φ⟩ := φ(x, − x)dx.
R

(1) Montrer que T ∈ D′ (R2 ). Quel est son ordre ?


(2) Déterminer le support de T . En déduire qu’il n’existe pas de fonctions continues sur R2 telle
que T soit la distribution associée à cette fonction.
(3) Calculer au sens des distributions
∂T ∂T

∂x ∂y.

Exercice 2.14
Pour quelles valeurs du réel α, f (x) = xα−1 e−x pour x > 0, et 0 pour x < 0, définit-elle
une distribution ? Calculer sa dérivée.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


2.4. DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES Page 47 sur 85

Exercice 2.15
Calculer
lim λe−λx H(x) et lim λe−λx H(x).
λ→+∞ λ→0+

Exercice 2.16 Distributions homogènes


′ n
Définition : Une distribution T ∈ D (R ) est dite homogène de degré p ∈ R si pour tout
λ > 0 et tout φ ∈ D(Rn ) on a
⟨T, φλ ⟩ = λ−n−p ⟨T, φ⟩,

où φλ ∈ D(Rn ) est définie par φλ (x) = φ(λx), ∀x ∈ Rn .


(1) Montrer que la masse de Dirac en 0 est homogène de degré −n. Montrer que sur R, la distribu-
tion vp(1/x) est homogène de degré −1.
(2) Déterminer les distributions homogènes de degré −1 sur R dont le support est {0}.
(3) Dans le cas où T est une distribution associée à une fonction f de classe C ∞ , quelle propriété
vérifie f lorsque T est homogène de degré p ?
(4) Montrer que la dérivée d’une distribution homogène est encore homogène.
(5) Montrer qu’une distribution est homogène de degré p si et seulement si
n
X ∂T
xj = pT.
j=1
∂xj

(6) En déduire toutes les distributions homogènes sur R de degré 2.


Exercice 2.17 Solutions faibles
Soit a ∈ E(R) T ∈ D (R) et f ∈ C (R). On suppose que l’on a T + aT = f au sens des
′ ′

distributions.
´x
(1) On pose g(x) := a a(t)dt . Montrer que (gT )′ = f g.


(2) En déduire que gT ∈ C 1 (R) et ∈ C 1 (R).


(3) En déduire finalement que l’équation est vérifiée au sens usuel.
Exercice 2.18 Equations différentielles et distributions
Résoudre dans D′ (R) les équations :

➀ T′ = 0 ➂ 2xT ′ − T = δ0 ➄ T′ + T = H
➁ T ′ − aT = 0, où a ∈ R ➃ xT ′ + T = 0 ➅ T ′ + e−x T = δ0′

Exercice 2.19
(1) Trouver les limites au sens des distributions de cos(nx), sin(nx) et einx .
(2) En déduire que lim π1 sin(λx)
x
= δ0 .
λ→+∞

Exercice 2.20 Tempérée ou pas tempérée ?

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


(1) Démontrer que la distribution associée à et n’est pas tempérée. On pourra l’appliquer à τa ϕ où
ϕ ∈ D(] − 1,1[) est positive, non identiquement nulle, et τa ϕ(x) = ϕ(x − a).
(2) Soit (ak ) une suite de nombres complexes et T = k∈N ak δk ∈ D′ (R). Montrer que T ∈ S ′ (R)
P

si et seulement s’il existe p ≥ 1 et C ≥ 0 tel que |ak | ≤ C(1 + k)p . On pourra appliquer T à la
fonction τk ϕ où ϕ ∈ D(] − 1,1[) satisfait ϕ(0) = 1.
Exercice 2.21 Fonctions à croissance lente
Soit f : R → C une fonction localement intégrable. On désigne par S la distribution
associée à la fonction f .
(1) On suppose qu’il existe un entier p ≥ 0 tel que
ˆ
|f (x)|
< +∞.
R (1 + |x|)p

Montrer que S est tempérée. Calculer g ′ (x), où g est la fonction g(x) = xm sin(exp x).
(2) Montrer que si S est la distribution associée à la fonction f (x) = xm exp(x) cos(exp x), m ≥ 1,
alors S est tempérée. Que pensez-vous de la réciproque à la question précédente ?
(3) Soit ψ ∈ D(R) telle que ψ = 1 sur [−1,1], 0 hors de [−2,2], 0 ≤ ψ ≤ 1. Pour r ≥ 1, on pose
ϕr (x) = ψ(x/r). Montrer que pour tous α,k ≥ 0 il existe une constante C > 0 telle que, pour
tout x ∈ R, pour tout r ≥ 1, on ait

(1 + |x|)k |ϕ(α) k
r (x)| ≤ C(1 + r) .

(4) On suppose désormais que f est positive, et que S est une distribution tempérée. Montrer que
la réciproque à la question (1) est vraie.
Exercice 2.22 Une distribution pas d’ordre finie
Montrer que les formules suivantes définissent des distributions sur R :

+∞
X
⟨S, φ⟩ := φ(0) + 3φ′′ (4) − φ′′′ (π) et ⟨T,φ⟩ = φ(n) (n), ∀φ ∈ D(R).
n=0

Montrer que la distribution T n’est pas d’ordre finie.


Exercice 2.23
Soient p et q deux entiers naturels. Calculer la distribution

T = xp δ (q) .

© Université de Douala 2020-2021


48
Chapitre

3 Produit Tensoriel et Produit de


Convolution

Sommaire
3.1 Produit Tensoriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.2 Produit de Convolution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

Soit Ω un ouvert de R . n

3.1 Produit Tensoriel


Soient X ⊂ Rl et Y ⊂ Rn deux ouverts, et f et g deux fonctions réelles définies respecti-
vement sur X et Y .
Définition 3.1
Le produit tensoriel de f et g noté f ⊗ g est défini sur X × Y par :

(f ⊗ g)(x,y) = f (x)g(y), ∀(x,y) ∈ X × Y. (3.1)

On pose ( )
P
D(X) ⊗ D(Y ) = λi fi ⊗ gi , ∀fi ∈ D(X), gi ∈ D(Y ) . (3.2)
f inie

On prouve que D(X) ⊗ D(Y ) est dense dans D(X × Y ).


On va introduire le produit tensoriel de deux distributions en regardant le produit tensoriel de
deux fonctions comme distribution. Soient alors f ∈ L1loc (X),g ∈ L1loc (Y ) et ϕ ∈ D(X × Y ) :
☞ Si ϕ est sous la forme ϕ = ψ ⊗ χ alors on a
ˆ ˆ ˆ
⟨f ⊗g; ϕ⟩ = f (x)g(y)ψ(x)χ(y)dxdy = f (x)ψ(x)dx g(y)χ(y)dy = ⟨f ; ψ⟩⟨g; χ⟩
Rl+n Rl Rn

☞ Considérons maintenant que ϕ est quelconque. On a alors

© Université de Douala 2020-2021


49
3.1. PRODUIT TENSORIEL Page 50 sur 85

ˆ ˆ ˆ 
⟨f ⊗ g; ϕ⟩ = f (x)g(y)ϕ(x,y)dxdy = f (x) g(y)ϕ(x,y)dy dx.
Rl+n Rl Rn
´
Si on pose I(x) = Rn
g(y)ϕ(x,y)dy = ⟨g; ϕx (y)⟩ alors on a :

⟨f ⊗ g; ϕ⟩ = ⟨f ; I(x)⟩.

On peut alors écrire


⟨f ⊗ g; ϕ⟩ = ⟨f ; ⟨g; ϕ⟩⟩.

Cette formule peut se généraliser aisément aux distributions comme suit :

Théorème 14 –
Soient Sx ∈ D′ (X) et Ty ∈ D′ (Y ) deux distributions. Alors il existe une unique distribu-
tion Wxy ∈ D′ (X × Y ) telle que :
➀ ⟨Wxy ; ϕx ⊗ ϕy ⟩ = ⟨Sx ; ϕx ⟩⟨Ty ; ϕy ⟩ ;
➁ pour ϕ ∈ D(X × Y ) quelconque on ait

⟨Wxy ; ϕ(x,y)⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕx (y)⟩⟩ = ⟨Ty ; ⟨Sx ; ϕy (x)⟩⟩.

Définition 3.2 Produit tensoriel


Cette distribution W est appelée produit tensoriel de S et T et noée W = S ⊗ T .
Preuve du Théorème 14 L’unicité du produit tensoriel vient du fait que s’il y a deux distribu-
tions qui vérifient ➀, alors elle coïncident sur D(X) ⊗ D(Y ) et par densité de D(X) ⊗ D(Y )
dans D(X,Y ) elles doivent coïncider sur D(X,Y ).
Pour l’existence, on pose ⟨W ; ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕx (y)⟩⟩. Il faut alors prouver que W est bien
définie et est linéaire continue. Être bien définie ici signifie que I : x 7→ ⟨Ty ; ϕx (y)⟩ est dans
D(X). En effet supposons que suppϕ ⊂ H ×K où H et K sont compacts. Mais pour tout x fixé
dans H, y 7→ ϕx (y) = ϕ(x,y) est à support dans K et est C ∞ , par suite I(x) est bien définie et
supp(I) ⊂ H.
La continuité uniforme de ϕ sur H × Ket de toutes ses dérivées montre que l’application
x 7→ ϕ(x; .) est continue de X vers D(Y )

|I(x + h) − I(x)| = |⟨Ty ; ϕ(x + h; y) − ϕ(x,y)⟩| ≤ C sup |Dyβ ϕ(x + h,y) − Dyβ ϕ(x,y)|.
y∈K,|β|≤m

La continuité uniforme de Dβ ϕ implique

∀ϵ⟩0, ∃αβ ⟩0, ||h|| ≤ αβ =⇒ |Dyβ ϕ(x + h,y) − Dyβ ϕ(x,y)|⟨ϵ.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.1. PRODUIT TENSORIEL Page 51 sur 85

Pour α = M in|β|≤m αβ on a :

||h||⟨α =⇒ |I(x + h) − I(x)|⟨ϵ,

ce qui prouve la continuité de I. Ensuite pour h = (0,...,hi ,...0) on a

I(x + h) − I(x) ϕ(x + h,y) − ϕ(x,y)


= ⟨Ty ; ⟩ (3.3)
hi hi

D’après le théorè me des accroissements finis

∂ϕ
ϕ(x + h,y) − ϕ(x,y) = hi (x + th,y)
∂xi
et par suite
ϕ(x + h,y) − ϕ(x,y) ∂ϕ ∂ϕ ∂ϕ
− = (x + th,y) − (x,y) (3.4)
hi ∂xi (x,y) ∂ xi ∂ xi
On raisonne comme plus haut en utilisant l’uniforme continuité de ∂∂ϕ
xi
(x,y) pour montrer que
∂ϕ ∂ϕ
|h| → 0 implique ∂x (x + th,y) − ∂x (x,y) tend vers 0. Par suite les équations (3.3) et (3.3)
i i

montrent que quand h → 0 on a I(x+h)−I(x)


hi
tend vers ⟨Ty ; ∂∂ϕ
xi
∂I
(x,y)⟩ c’est à dire ∂xi
= ⟨Ty ; ∂∂ϕ
xi
(x,y)⟩.
En répétant le processus pour i ̸= j on a pour tout α ∈ Nn

Dxα I(x) = ⟨Ty ; Dxα ϕ(x,y)⟩.

Ce qui prouve que I ∈ D(X) et par suite ⟨Sx ; I(x)⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕx (y)⟩⟩ est bien défini. La
linéarité de S ⊗ T étant triviale, il reste à montrer que cette application est continue. Il suffit pou
cela de montrer que l’application θ : D(X × Y ) → D(X), ϕ 7→ I est continue, ainsi S ⊗ T
sera continue comme composée d’applications continues. La linéarité de θ est facile à établir.
Pour la Continuité, il suffit que pour tout compact H ⊂ X et m ∈ N qu’on majore PH,m (I) par
CPH×K,m′ (ρ), où K et m′ sont à déterminer.

PH,m (I) = sup |Dxα I(x)| = sup |⟨Ty ; Dxα ϕ(x,y)⟩|.


x∈H,|α|≤m x∈H,|α|≤m

Ty étant continue, il existe K ⊂ Y compact, m′ ∈ N et une constante C tels que

|⟨Ty ; Dxα ϕ(x,y)⟩| ≤ CPK,m′ (Dxα ϕ(x,.)) ≤ C sup |Dyβ Dxα ϕ(x,y)|.
y∈K,|β|≤m′

Par suite on a :

PH,m (I) ≤ C sup sup |Dyβ Dxα ϕ(x,y)| ≤ C sup |Dγ ϕ(x,y)|
x∈H,|α|≤m y∈K,|β|≤m′ (x,y)∈H×K,|γ|≤m+m′

C’est à dire
PH,m (θ(ϕ)) ≤ PH×K,m+m′ (ϕ).

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.1. PRODUIT TENSORIEL Page 52 sur 85

Ce qui prouve que θ est continue.


Un exemple simple de produit tensoriel est donné par δx ⊗ δy = δ(x,y) .

Proposition 3.1. Pour tous S ∈ D′ (X) et T ∈ D′ (Y ) on a :

supp(S ⊗ T ) = supp(S) × supp(T ).

Preuve. On va d’abord montrer que supp(S ⊗ T ) ⊂ supp(S) × supp(T ) en passant par les
suppS×suppT
ouverts d’annulation. Soit ϕ ∈ D(X × Y ) tel que suppϕ ⊂ CX×Y . On veut montrer
que ⟨S ⊗ T ; ϕ⟩ = 0. Par définition, ⟨S ⊗ T ; ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕx (y)⟩⟩ . Si (x,y) ∈ suppS × suppT
suppS×suppT suppS suppT
alors ϕ(x,y) = 0. Remarquons aussi que CX×Y = (CX × Y ) ∪ (X × CY ).
suppS
Supposons que suppϕ ⊂ (CX × Y ), alors ∀y ∈ Y , la coupe ϕ(.,y) est à support dans
suppS
CX et par suite ⟨S; ϕ(.,y)⟩ = 0. Ce qui implique que ⟨S ⊗ T, ϕ⟩ = ⟨T ; ⟨S; ϕ(.,y)⟩⟩ = 0.
suppT suppT
De même si suppϕ ⊂ X × CY alors ∀x ∈ X, ϕ(x,.) est à support dans CY alors
⟨T ; ϕ(x,.)⟩ = 0 par suite ⟨S ⊗ T, ϕ⟩ = ⟨S; ⟨T ; ϕ(x,.)⟩⟩ = ⟨S; 0⟩ = 0. On conclut alors dans
supp(S)×supp(T )
cette première étape que CX×Y ⊂ OS⊗T .
d’où supp(S ⊗ T ) ⊂ suppS × suppT .
Réciproque, montrer que suppS × suppT ⊂ supp(S ⊗ T ). Montrer que (a,b) ∈ suppS ×
suppT implique (a,b) ∈ supp(S ⊗ T ). C’est à dire on va montrer que S ⊗ T ne s’annule sur
aucun ouvert contenant (a,b). Soient A un ouvert de Rl contenant a et B un ouvert de Rn
contenant b. ∃ϕ ∈ D(A) tel que ⟨S; ϕ⟩ = ̸ 0.
supp
En effet si S s’annule sur D(A) alors on aurait A ⊂ OS c’est à dire a ∈ A ⊂ OS = CX ,
ce qui est absurde car a ∈ suppS. De même ∃ψ ∈ D(B) tel que ⟨T ; ψ⟩ = ̸ 0, par suite,
⟨S ⊗ T ; ϕ × ψ⟩ = ⟨S; ϕ⟩⟨T, ψ⟩ = ̸ 0 qui implique (a,b) ∈ supp(S ⊗ T ). Donc suppS × suppT ⊂
supp(S ⊗ T ) et par suite on a en fait l’égalité suppS × suppT = supp(S ⊗ T ).

Proposition 3.2. Soient Sx ∈ D′ (X), Ty ∈ D′ (Y ), alors

Dxα Dyβ (Sx ⊗ Ty ) = Dxα Sx ⊗ Dyβ Ty , ∀α ∈ N l , β ∈ Nn .

∂ |α|+|β| ϕ
Preuve. Soit ϕ ∈ D(X × Y ). On a Dxα Dyβ = ∂xα1 ···∂xαl ∂ β1 ···∂ β
. Par suite,
1 l y1 ynn

∆ := ⟨Dxα Dyβ (Sx ⊗Ty ); ϕ⟩ = (−1)|α|+|β| ⟨Sx ⊗Ty ; Dyβ D−xα ϕ⟩ = (−1)|α|+|β| ⟨Sx ; ⟨Ty ; Dxα Dyβ ϕ(x,y)⟩⟩.

Or on a vu que pour I(x) = ⟨Ty ; ϕx (y)⟩ on a Dxα I(x) = ⟨Ty ; Dxα ϕx (y)⟩. Si on remplace
ϕx (y) par Dyβ ϕx (y) alors on obtient

∆ = (−1)|α|+|β| ⟨Sx ; Dxα ⟨Ty ; Dyβ ϕ(x,y)⟩⟩ = (−1)|β| ⟨Dxα Sx ; ⟨Ty ; Dyβ ϕx (y)⟩⟩ = ⟨Dxα Sx ⊗Dyβ Ty ; ϕ⟩.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 53 sur 85

3.2 Produit de Convolution

3.2.1 Convolution de fonctions


Définition 3.3 Produit de Convolution
Soient f, g : Rn → R deux fonctions. On appelle produit de convolution de f et g la
fonction h, si elle existe, définie par
ˆ
h(x) = f (x − t)g(t)dt. (3.5)
Rn

Notation 3.1. On notera le produit de convolution de f et g par f ⋆ g.

Remarquons que si f,g sont à support compact alors f ⋆ g existe.

Proposition 3.3 (Associativité et Commutativité). f ⋆ (g ⋆ h) = (f ⋆ g) ⋆ h, f ⋆ g = g ⋆ f.

Proposition 3.4. supp(f ⋆ g) ⊂ suppf + suppg

Proposition 3.5. Si f, g ∈ L1 (Rn ) alors f ⋆ g est définie presque partout et f ⋆ g ∈ L1 et de


plus

||f ⋆ g||L1 ≤ ||f ||L1 .||g||L1 (3.6)

En effet
ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ ˆ
|f ⋆g(x)|dx = |f (x−t)g(t)dt|dx ≤ |f (x−t)g(t)|dtdx ≤ |f (y)|dy |g(t)|dt.
Rn Rn Rn Rn Rn Rn

3.2.2 Convolution de distributions


Pour commencer, remarquons que le produit de convolution des fonctions concerne les
fonctions définies sur Rn tout entier et non sur un ouvert strictement contenu dans Rn . Soient
donc f, g ∈ L1 et ϕ ∈ D(Rn ). On a f ⋆ g ∈ L1 donc f ⋆ g ∈ D′ (Rn ) et on a
ˆ ˆ  ˆ ˆ
⟨f ⋆ g, ϕ⟩ == f (x − t)g(t)dt ϕ(x)dx = f (y)g(z)ϕ(y + z)dydz, (3.7)
Rn Rn Rn

nous avons utilisé y = x − t, z = t. On peut donc être tenté d’écrire

⟨f ⋆ g, ϕ⟩ = ⟨f ; ⟨g; ϕy (z)⟩ = ⟨f ⊗ g; ϕ(y + z)⟩. (3.8)

Mais ceci n’aurait pas de sens puisque la fonction (y,z) 7→ ϕ(y + z) n’est pas à support
compact. Pour illustrer cette assertion , supposons par exemple dans R que suppϕ ⊂ [a,b] = K,

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 54 sur 85

alors si on pose ψ(x,y) = ϕ(x + y) alors on a :

supp(ψ) = K ∆ = {(x,y) ∈ R2 , x + y ∈ K} = {(x,y)R2 , a ≤ x + y ≤ b}.

On voit alors que supp(ψ) est la bande du plan comprise entre les droites d’équations x + y = a
et x + y = b qui n’est pas compacte dans R2 car non bornée. Remarquons que :
☞ Si supp(f ⊗ g) = suppf × suppg rencontre supp(ψ) en un compact K ′ alors la formule
(3.7) aurait un sens car l’intégrale se ferait sur K ′ .
☞ Dans R si suppf et suppg sont bornés à gauche (ou à droite) alors l’intégrale (3.7) a
encore un sens car dans ces conditions, on vérifie que suppψ ∩ (suppf × suppg) sera
compact.
La généralisation de la formule (3.7) aux distributions donne la définition suivante :
Définition 3.4 Produit de convolution de distributions
′ n
Soient S,T D (R ). On définit le produit de convolution S ⋆ T ( lorsqu’il a un sens) par

⟨S ⋆ T, ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕ(x + y)⟩, ∀ϕ ∈ D(Rn ). (3.9)

Théorème 15 –
Si S, T ∈ D′ (Rn ) vérifient la condition (CS) suivante dite condition de support, alors (3.9)
a un sens et S ⋆ T ∈ D′ (Rn ) :

(x ∈ supp(S) et y ∈ supp(T ) et x + y borné) =⇒ (x borné et y borné). (CS)

Preuve. Soit ϕ ∈ D(Rn ) et suppϕ ⊂ K. On pose K ∆ = {(x,y) ∈ Rn , x + y ∈ K}.


L’hypothèse implique que (supp(S) × supp(T )) ∩ K ∆ est borné dans R2n .
Soit θ ∈ D(R2n ) qui vaut 1 sur un voisinage de (supp(S) × supp(T )) ∩ K ∆ .
Alors l’équation (3.9) devient

⟨S ⋆ T, ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Ty ; ϕ(x + y)⟩,


= ⟨Sx ; ⟨Ty ; θ(x,y)ϕ(x + y)⟩ (3.10)
(3.11)

et cette formule est bien définie et prouve en meme temps que le membre de droite est continu
sur DK (Rn ). Par suite S ⋆ T est une distribution.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 55 sur 85

3.2.3 Quelques cas usuels où S ⋆ T est bien défini


Proposition 3.6. Si supp(S) ou supp(T ) est compact, alors la condition de support est vérifiée.

En effet si supp(S) compact, il existe M ⟩0 tel que ||x|| ≤ M, ∀x ∈ supp(S). Par suite
sous l’hypothèse (x ∈ supp(S) et y ∈ supp(T ) et x+y borné ) il existe aussi M ′ ⟩0 tel que
||x + y|| ≤ M ′ et par suite on a ||y|| = ||y + x − x|| ≤ ||x + y|| + ||x|| ≤ M + M ′ . C’est a dire
x et y bornés.

Proposition 3.7. Si on est dans R et supp(S) et supp(T ) sont bornés à gauche (ou à droite),
alors la condition de support est vérifiée.

En effet, supposons que supp(S) ⊂ [a, +∞[ et supp(T ) ⊂ [b, +∞[ alors sous l’hypothèse
(x ∈ supp(S) et y ∈ supp(T ) et ||x + y|| ≤ M ) On vérifie aisément que a ≤ x ≤ M − b et
b ≤ y ≤ M − a.

Proposition 3.8. Si on est dans Rn et supp(S) ⊂ {X = (xi ), xn ≥ 0} et supp(T ) ⊂ C + =


{X = (xi ), x2n − x2i ≥ 0 et xn ≥ 0}, alors la condition de support est vérifiée.
P
i

En effet sous ces hypothèses, si (x ∈ supp(S) et y ∈ supp(T ) et ||x + y|| ≤ M ) alors on


vérifie que 0 ≤ xn ,yn ≤ M et |yi | ≤ M et |xi | ≤ |yi | + M ≤ 2M.

3.2.4 Quelques propriétés du produit de convolution


Proposition 3.9. Soient S,T ∈ D′ (Rn ) tels que S ⋆ T soit défini. Alors supp(S ⋆ T ) ⊂
supp(S) + supp(T )

Pour la preuve, nous allons prouver que l’ouvert d’annulation OS⋆T de S ⋆ T contient
supp(S)+supp(T )
CRn .
supp(S)+supp(T )
Soit donc ϕ ∈ D(Rn ) tel que supp(ϕ) ⊂ CRn . Rappelons que ⟨S ⋆ T, ϕ⟩ =
⟨Sx ⊗ Ty ; ϕ(x + y)⟩ et supp(S ⊗ T ) = supp(S) × supp(T ). Mais on a aussi supp(ϕ(x + y)) =
{(x,y); x + y ∈ supp(ϕ)}
supp(S)+supp(T )
Si (x,y) ∈ supp(ϕ(x + y)) alors x + y ∈ supp(ϕ) et par suite x + y ∈ CRn .
D’autre part on a (x,y) ∈ supp(Sx ⊗ Ty ) implique x ∈ supp(S), y ∈ supp(T ) donc x + y ∈
supp(S) + supp(T ) ⊂ supp(S) + supp(T ).
Il s’en suit que supp(ϕ(x + y)) ∩ supp(Sx ⊗ Ty ) = ∅ et donc ⟨S ⋆ T, ϕ⟩ = 0.

Exemples : (1) : Dans R si on a supp(S) ⊂ [a, + ∞[ et supp(T ) ⊂ [b, +∞[ alors on a


supp(S ⋆ T ) ⊂ [a + b, + ∞[
(2) : Dans Rn si supp(S) ⊂ {X = (xi ), xn ≥ 0} et supp(T ) ⊂ C + = {X = (xi ), x2n −
P 2
xi ≥ 0 et xn ≥ 0}, alors supp(S ⋆ T ) ⊂ {X = (xi ), xn ≥ 0}.
i

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 56 sur 85

Dans la proposition qui suit, on vérifie que la distribution de Dirac est neutre pour le produit
de convolution.

Proposition 3.10. Soit T ∈ D′ (Rn ). Alors S ⋆ T = T

En effet pour tout ϕ ∈ D(Rn ),

⟨δ ⋆ T, ϕ⟩ = ⟨δx ; ⟨Ty ; ϕ(x + y)⟩ = ⟨Ty ; ⟨δx ; ϕ(x + y)⟩ = ⟨Ty ; ϕ(0 + y)⟩ = ⟨T ; ϕ⟩.

Proposition 3.11. (Dérivation du produit de convolution)


Soient S,T ∈ D′ (Rn ) et α ∈ Nn . Alors on a :

Dα (S ⋆ T ) = Dα S ⋆ T = S ⋆ Dα T = Dγ S ⋆ Dβ T, γ + β = α. (3.12)

Preuve. On la fait pour α = (0,0,...,1; ...0) et donc Dα = Di . On a alors pour tout ϕ ∈ D(Rn )

⟨Di (S⋆T ), ϕ⟩ = −⟨(S⋆T ), Di ϕ⟩ = −⟨Sx ; ⟨Ty ; Di ϕ⟩ = ⟨Sx ; ⟨Di Ty ; ϕ⟩ = ⟨Sx ⋆Di Ty ; ϕ⟩ = −⟨Ty ; ⟨Sx ; Di ϕ⟩ =

Étant donné que T = δ ⋆ T , on a Dα T = Dα δ ⋆ T . Ainsi dans une EDP du type


X
aα D α T = f (D)
|α|≤m

dont on cherche les solution sous forme de distributions, on voit qu’on peut écrire cette équation
(D) sous forme  
X
 aα D α δ  ⋆ T = f
|α|≤m

C’est à dire finalement


X
S ⋆ T = f, S= aα D α δ
|α|≤m

Si S admet un inverse S −1 alors on a T = S −1 ⋆ f .

3.2.5 Régularisation
Proposition 3.12. Soeint T ∈ D′ (Rn ) et f ∈ E(Rn ) vérifiant les conditions du support pour
T ⋆ f . Alors T ⋆ f est une fonction C ∞ et on a ∀x ∈ Rn

T ⋆ f (x) = ⟨Tϵ , f (x − ϵ)⟩ (3.13)

On dit alors que la convolution de T avec f est une régularisation de T .

Preuve. Soit ϕ ∈ D(Rn )

⟨T ⋆ f ; ϕ⟩ = ⟨Tε ⊗ fη ; ϕ(ε + η)⟩ = ⟨Tε ⊗ fη ; β(ε; η)ϕ(ε + η)⟩

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 57 sur 85

où β est un élément de D(R2n ) qui vaut 1 sur un voisinage de supp(Tε ⊗ fη ) ∩ supp(ϕ(ε + η)).
Par suite on a
ˆ
⟨T ⋆ f ; ϕ⟩ = ⟨Tε ; ⟨fη ; β(ε; η)ϕ(ε + η)⟩⟩ = ⟨Tε ; f (η)β(ε; η)ϕ(ε + η)dη⟩
ˆ Rn

= ⟨Tε ; f (x − ε)β(ε; x − ε)ϕ(x)dx⟩ = ⟨Tε ; ⟨ϕ(x); f (x − ε)β(ε; x − ε)⟩


x

= ⟨Tε ⋆ ϕ(x); f (x − ε)β(ε; x − ε)⟩ = ⟨ϕ; ⟨Tε ,f (x − ε)β(ε; x − ε)⟩⟩


ˆ
= ⟨ϕ; ⟨Tε ,f (x − ε)⟩⟩ = ϕ(x)⟨Tε ; f (x − ε)⟩dx

Ce qui montre que T ⋆ f est une fonction définie par

T ⋆ f (x) = ⟨Tε , f (x − ε)⟩

Pour déduire enfin que cette fonction est C ∞ , il suffit de remarquer que

Dα (T ⋆ f ) = T ⋆ Dα f.

On démontre aussi le lemme suivant que nous admettons ici :

Lemme 3.1. Si (Sj )j est une suite de distributions convergeant vers S dans D′ (Rn ) faible et
telle que supp(Sj ) ⊂ A, ∀j, alors pour tout T ∈ D′ (Rn ) tel que suppT ⊂ B et A, B, supp(S)
vérifient les conditions de support on a Sj ⋆ T qui converge vers S ⋆ T dans D′ (Rn ) faible.

On en déduit le corollaire suivant

Corollaire 3.1. E(Rn ) est dense dans D′ (Rn ) faible.

En effet soit T ∈ D′ (Rn ). Et soit (θj ) une suite régularisante avec suppθj ⊂ B(0; εj ) et
lim εj = 0.
On pose δεj = θj ⋆ δ. D’après le Théorè me de régularisation, δεj ∈ E(Rn ).
On va montrer que la suite (δεj )j converge vers δ dans D′ (Rn ).
En effet ∀ϕ ∈ D(Rn ) on a ϕ(x) = ϕ(0) + xϕ′ (cx), et donc
ˆ ˆ ˆ
⟨δεj , ϕ⟩ = δεj (x)ϕ(x)dx = ϕ(0) δεj (x)dx + δεj (x)xϕ′ (cx)dx
´
Remarquons que quand j → +∞, εj → 0 et l’expression δεj (x)xϕ′ (cx)dx tend vers
zéro. Si bien que ⟨δεj , ϕ⟩ va tendre vers ϕ(0) = ⟨δ, ϕ⟩. C’est à dire en d’autres termes que (δεj )j
converge vers δ dans D′ (Rn ) faible.
Si on applique alors le lemme précédent, on obtient que T ⋆ δεj converge vers T ⋆ δ = T . Mais
T ⋆ δεj ∈ E(Rn ) et converge vers T donc E(Rn ) est dense dans D′ (Rn ) faible.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 58 sur 85

Corollaire 3.2. D(Rn ) est dense dans D′ (Rn ) faible.

Preuve : On sait d’une par que D(Rn ) est dense dans E(Rn ). D’autre part, la topologie
induite sur E(Rn ) par D′ (Rn ) faible est moins fine que la topologie naturelle de E(Rn ). Or être
dense pour une topologie plus fine implique qu’on l’est pour une topologie moins fine, donc
D(Rn ) est dense dans E(Rn ) pour la topologie de D′ (Rn ) faible. Et par transitivité de densité
pour la même topologie on a D(Rn ) est dense dans D′ (Rn ) faible.

Remarque 3.1. Le produit de convolution T1 ⋆T2 ⋆T3 n’est associatif que lorsque la composition
a un sens.
Par exemple, si H désigne la fonction d’Heaviside, alors T = (1 ⋆ δ ′ ) ⋆ H = 1 ⋆ (δ ′ ⋆ H) n’a
pas de sens :
En effet on aurait T = (1′ ⋆ δ) ⋆ H = 1 ⋆ (δ ⋆ H ′ ) et par suite 0 = 1 ⋆ δ ⋆ δ = δ ce qui est
absurde.

Définition 3.5
Une famille Ac de distributions est appelé algèbre de convolution si (Ac , + ,⋆) est une
algèbre.
Exercice de cours 3.1

➀ Les distributions à supports compacts forment une algèbre de convolution.


➁ Dans R les distributions à supports bornés à gauche forme une algèbre de convolution.
➂ Dans Rn les distributions à supports contenu dans le demi-cône du futur {x = (xi ), xn ≥
0, x2n ≥ xi 2 } forment une algèbre de convolution.
P
i≤n−1

3.2.6 Équation de convolution


Définition 3.6
On appelle équation de convolution, toute équation de la forme T ⋆X = S, où X ∈ D′ (Rn )
est inconnue et S,T sont donnés.
Définition 3.7
Soit L : D′ (Rn ) → D′ (Rn ) un opérateur lineaire. On appelle noyau de L ou solution
élémentaire, toute distribution E telle que LE = δ.
Par exemple, une EDP à coefficients constants s’écrit sous la forme
X
aα Dα X = B, B ∈ D′ (Rn ), aα ∈ R.
|α|≤m

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 59 sur 85

aα Dα alors cette équation devient


P
Si on pose L =
|α|≤m

Lδ ⋆ X = B

Soit X = (Lδ)−1 ⋆ B si (Lδ)−1 existe.


Notons que si E = (Lδ)−1 existe alors Lδ ⋆ E = δ et donc δ ⋆ LE = δ et par suite LE = δ
c’est à dire E est dans le noyau (ou solution élémentaire) de L.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR LES PRODUITS TENSORIEL ET DE CONVOLUTION
Faculté des Sciences - DMI MAT 418
Mathématiques Master 1
Année Académique 2020-2021
Exercice 3.1 Premiers calculs - premières propriétés
(1) Calculer δa′ ⊗ δb′ .
(2) Calculer δ0′ ⋆ δ0′ .
(3) Soient T et S deux distributions sur R, S étant à support compact ; X n désigne la fonction
x 7→ xn . Démontrer la formule suivante :
n  
n
X n
X (T ⋆ S) = (X k T ) ⋆ (X n−k S).
k=0
k

(4) Soit T ∈ D′ (R). Montrer qu’il existe une distribution E à support compact telle que E ⋆ T =
T (k) .
(5) Montrer que δa ⋆ T = τa T , où τa T est la distribution définie par (τa T )(ϕ) = T (ϕ(. + a)).
(6) Soient S et T deux distributions convolables. Montrer que Supp(S ⋆ T ) ⊂ Supp(S) + Supp(T).
(7) Soient f1 ,f2 ∈ L1loc (R), Y la fonction d’Heaviside. Montrez que TY f1 et TY f2 sont convolables
´x
et que TY f1 ⋆ TY f2 = TY f1 ⋆Y f2 = TF avec F (x) = Y (x) 0 f1 (t)f2 (x − t)dt.
Exercice 3.2 Support, produit tensoriel et convolution
(1) Calculer δa′ ⊗ δb′ .
(2) Soient S,T ∈ D′ (Rd ), et θ ∈ D(Rd × Rd ) tels que

supp(θ) ∩ (supp(S) × supp(T )) = ∅.

Pour x ∈ Rd , on note θx la fonction définie par θx (y) = θ(x,y), membre de D(Rd ).


(3) Montrer qu’il existe un voisinage V de supp(S) tel que, si x ∈ V , ⟨T,θx ⟩ = 0.
(4) En déduire que supp(S ⊗ T ) = supp(S) × supp(T ).
(5) Soient S et T deux distributions telles que, pour tout compact K de R2d , l’ensemble

L = (ξ,η) ∈ Rd × Rd ; ξ + η ∈ K ∩ (suppS × suppT )




est compact. Montrer que l’on peut définir S ⋆ T .


Exercice 3.3
(α )
Pour α ∈ Nn , et a ∈ Rn que vaut ⊗ni=1 δai i ?
Exercice 3.4 Opérateur différentiel
(1) Trouver deux distributions H1 et H2 de D′ (R) telles que Hk′ = δ0 (k = 1,2), supp(H1 ) ⊂
] − ∞,0], supp(H2 ) ⊂ [0, + ∞[.
(2) Soit ϕ1 ,ϕ2 une partition de l’unité subordonnée au recouvrement R =] − ∞,1[∪] − 1, + ∞[, et
soit T ∈ D′ (R). Montrer que ϕ1 T est convolable avec H1 et ϕ2 T est convolable avec H2 .

© Université de Douala 2020-2021


60
3.2. PRODUIT DE CONVOLUTION Page 61 sur 85

(3) Démontrer que l’opérateur V : T 7→ H ⋆ ϕ1 T + H2 ⋆ ϕ2 T est un inverse à droite de l’opérateur


D := dx d
dans D′ (R), i.e. D ◦ V = ID′ (R) . En déduire en particulier que D est surjectif dans
D′ (R).
(4) Déduire de la question précédente que l’opérateur D − λI admet un inverse à droite dans D′ (R)
quel que soit λ ∈ C.
(5) Soit P un polynôme à coefficients complexes, P ̸= 0. Montrer que l’opérateur P (D) admet un
inverse à droite dans D′ (R).
Exercice 3.5 Distribution ne dépendant pas d’une variable
′ n
Soit T ∈ D (R ).
(1) Démontrer que, s’il existe S ∈ D′ (Rn−1 ) tel que T = 1 ⊗ S, alors ∂1 T = 0.
(2) Réciproquement on suppose que ∂1 T = 0.
(a) Démontrer que, pour tout ψ ∈ D(Rn−1 ) il existe une unique constante S(ψ) telle que
ˆ
∀φ ∈ D(R), ⟨T, φ ⊗ ψ⟩ = S(ψ) φ(x)dx.
R

(b) Démontrer que l’application ψ → S(ψ) est une distribution sur Rn−1 et que T = 1 ⊗ S.

Exercice 3.6 Distributions causalesl


′ ′
On note D+ = {T ∈ D (R); supp(T ) ⊂ [0, + ∞[}.

(1) Montrer que D+ est une algèbre de convolution.
(2) Montrer que pour tout λ ∈ C, la distribution δ ′ − λδ est inversible dans cette algèbre, et que
l’on a
(δ ′ − λδ)⋆−1 = H(t)eλt ,
tn−1 eλt
(δ ′ − λδ)⋆−n = H(t) .
(n − 1)!
(3) On considère une équation différentielle à coefficients constants (non tous nuls), où l’inconnue
est la distribution T et où S est une distribution

ak T (k) + · · · + a0 T = S.

Montrer qu’il existe une distribution E que l’on explicitera telle que l’équation différentielle est
équivalente à
E ⋆ T = S.

(4) On suppose désormais que S est dans D+ . Montrer que l’équation différentielle admet toujours

une solution T dans D+ .
Exercice 3.7 Équation de Volterra
′ ′
On considère l’algèbre de convolution D+ = {T ∈ D (R); supp(T ) ⊂ [0, + ∞[}.
′ ′
(1) Soit (Tj ) une suite de D+ , qui convergent vers T , et soit S ∈ D+ . Montrer que S ⋆ Tj converge
vers S ⋆ T .

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


(2) Soit K ∈ L∞ loc (R+ ). Pour n ∈ N, on note Kn = K
⋆n
= K ⋆ · · · ⋆ K (n facteurs). Montrer que
pour tout a > 0, tout x ∈ [0,a], tout n ∈ N∗ , on a

xn−1
|Kn (x)| ≤ M (a)n ,
(n − 1)!

où M (a) = supx∈[0,a] |K(x)|.


(3) Montrer que la série
+∞
X
(−1)n Kn = δ − K + K ⋆2 − . . .
n=0

converge dans D+ . En déduire que la distribution δ +K est inversible, et que l’on a (δ +K)−1 =
δ + L, où L est une fonction localement bornée.
(4) Soient f et g deux fonctions de L1loc (R+ ) telles que
ˆ x
f (x) + eλ(x−y) f (y)dy = g(x), x ≥ 0
0

(λ ∈ C). Montrer que ceci est équivalent au fait que

(δ + Heλx ) ⋆ f = g,

où H est la fonction de Heaviside.


(5) En déduire que l’équation intégrale précédente admet toujours une solution.

© Université de Douala 2020-2021


62
Chapitre

4 Transformée de Fourier

Sommaire
4.1 Transformation de Fourier de fonctions L1 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . 63
4.2 Transformation de Fourier de Distributions . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.3 Transformée de Fourier dans L2 (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.4 Opérateurs de multiplications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.5 Opérateur de convolution dans S ′ (Rn ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.6 Théorèmes d’Échange . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75

Soit Ω un ouvert de R . n

4.1 Transformation de Fourier de fonctions L1(Rn)


Définition 4.1 Transformée de Fourier d’une fonction
Soit f ∈ L (R ). On appelle transformation de Fourier de f notée Ff ou fˆ, la fonction
1 n

définie sur Rn par :


´ −2πiξx
n
X
(Ff )(ξ) = Rn
e f (x)dx, avec ξx = ξi xi . (4.1)
i=1

Définition 4.2 Cotransformée de Fourier d’une fonction


Soit f ∈ L1 (Rn ). On définie la Cotransformation de Fourier de f notée F ou f˘ par :
ˆ
(Ff )(ξ) = e2πiξx f (x)dx. (4.2)
Rn

Proposition 4.1. Dès lors on a : Ff (ξ) = Ff (−ξ).

Proposition 4.2. F : L1 (Rn ) → L∞ (Rn ) est une application linéaire continue et ∀f ∈


L1 (Rn ) :

© Université de Douala 2020-2021


63
4.1. TRANSFORMATION DE FOURIER DE FONCTIONS L1 (Rn ) Page 64 sur 85

(i) |Ff (ξ)| ≤ ∥f ∥L1 (R) .


(ii) Ff : ξ 7→ fˆ(ξ) est continue.
(iii) lim fˆ(ξ) = 0.
|ξ|→+∞

Preuve.
(i) Vient de l’inégalité triangulaire.
(ii) Comme |e2πiξx f (x)| ≤ |f (x)| ∈ L1 et ξ 7→ e−2πiξx f (x) est continue, alors d’après le
théorème de Lebesgue Ff est continue.
(iii) Démontrons pour n = 1. Si f ∈ C0∞ (R) alors, par intégration par partie :
ˆ
|f ′ (x)| 1
|fˆ(ξ) ≤ dx ≤ ∥f ′ ∥L1 (R) −→ 0.
R ξ ξ ξ→0

Maintenant, pour f ∈ L1 (Rn ) quelconque, pour ε > 0, il existe ginC0∞ (R) tel que
∥f − g∥1 ≤ ε. Il s’en suit que

|fˆ(ξ)| ≤ |fˆ(ξ) − ĝ(ξ)| + |ĝ(ξ)| ≤ ∥f − g∥1 + |ĝ(ξ)|.

Ainsi, |fˆ(ξ)| < 2ε pour |ξ| assez grand.

Remarque 4.1. Le point (iii) de la Proposition 4.2 précédente est appelé lemme de Riemann-
Lebesgue.

4.1.1 Transformation de Fourier des dérivées


Proposition 4.3. Si f est intégrable et admet des dérivées continues qui sont des fonctions
intégrables alors  
∂f
F = 2πiξj (Ff )
∂xj
Preuve. Il suffit de le faire sur la variable x1 on veut donc établir que
ˆ  
∂f
(x)e −2πiξx
− 2πiξ1 fˆ(ξ) dx = 0.
Rn ∂x1
ˆ

f (x)e−2πiξx dx, soit

Mais le premier membre est
Rn ∂x1
ˆ ˆ +∞  ˆ
∂ 2πiξx
+∞
f (x)e2πiξx −∞ dx1 dx2 ...dxn
 
f (x)e dx1 dx2 ...dxn =
Rn−1 −∞ ∂x1 Rn−1

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.1. TRANSFORMATION DE FOURIER DE FONCTIONS L1 (Rn ) Page 65 sur 85

pour montrer que ceci est nul, il suffit de montrer que f (±∞) = 0. Dire que f est intégrable
entraîne que lim f (x) = 0. On a donc
x→±∞

 
∂f
2πiξ1 Ff (ξ) = F (ξ).
∂x1

Par induction de la formule précédente nous obtenons.

Proposition 4.4. Si f est C m et si toutes ses dérivées jusqu’à l’ordre m sont intégrables alors :

∀|α| ≤ m, F(Dα f ) = (2πiM )α Ff.

ie
F(Dα f ) = (2πiξ)α fˆ(ξ) = (2πi)|α| (ξ1 )α1 (ξ2 )α2 ...(ξn )αn fˆ(ξ) (4.3)

4.1.2 Dérivée de la Transformation de Fourier


ˆ
On a : fˆ(ξ) = f (x)e2πiξx . si on dérive formellement on a :
Rn

ˆ ˆ
∂ fˆ(ξ)
= −2πixj e −2πiξx
f (x)dx, et D fˆ(ξ) =
α
(2πiM )α e−2πiξx f (x)dx = F[(−2πiξM )ξ f ].
∂ξj Rn Rn

Mais ces résultats sont vrais si les hypothèses du théorème sur la dérivation des intégrales para-
métrées sont vérifiées on a donc la proposition suivante

Proposition 4.5. Si M α f ∈ L1 (Rn ) ∀α ∈ Nn tel que |α| ≤ k alors Ff est de classe C k et on


a:
Dα (Ff ) = F((−2πiM )α f ).

La Proposition 4.4 et la Proposition 4.5 présument que

D
d α f = (2πiM )α fˆ, et Dα fˆ = (2πiM
\)α f .

Proposition 4.6. (i) soit f, g ∈ L1 (Rn ) on a le théorème de transfert :


ˆ ˆ
fˆ(ξ)g(ξ)dξ = f (x)ĝ(x)dx.
Rn Rn

(ii) La transformation de Fourier échange la translation et la multiplication exponentielle in


on a les formules (de retard) :

Td ˆ
a f = Ψ−a f et Ψ
d ˆ
a f = T−a f ,

où Ψa (x) = e2πiax et Ta f (x) = f (x − a)

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.1. TRANSFORMATION DE FOURIER DE FONCTIONS L1 (Rn ) Page 66 sur 85

Preuve.
(i) f,g ∈ L(Rn ) ⇒ fˆ,ĝ ∈ L∞ (Rn ) donc fˆ.ĝ,f.g
ˆ ∈ L1 (Rn ). D’autre part f N g est in-
tégrable sur Rn × Rn , par suite (x,ξ) 7→ f (x)g(ξ)e−2πixξ est intégrable et d’après le
théorème de Fubini on a :

ˆ ˆ ˆ 
−2πiξx −2πiξx
f (x)g(ξ)e dxdξ = f (x) g(ξ)e dξ dx
Rn ×Rn
ˆRn Rn

= f (x)ĝ(x)dx
Rn
ˆ ˆ 
−2πiξx
= g(ξ) f (x)e dx dξ
ˆR
n Rn

= g(ξ)fˆ(ξ)dξ
Rn

(ii) il est facile de vérifier (ii) cela résulte de l’invariante de la mesure de Lebesgue par trans-
lation.

On vérifie aussi de façon immédiate les propriétés suivantes :


n
O
Proposition 4.7. (i) si f = fi avec fi ∈ L1 (R) alors
i=1
n
O
F(f ) = F(fi ) (séparation des variables) ;
i=1

(ii) F(f ) = Ff ; FFf = f .

Proposition 4.8. si J est un isomorphisme de Rn → Rn , f ∈ L1 (Rn ) alors on a :

1
F(f ◦ J ) = (Ff ◦ (J t )−1 ).
|detJ |

Ainsi :  
1 ξ
☞ Si g(x) = f (kx) alors (Fg)(ξ) = n Ff .
|k| k
☞ Si J est une rotation de matrice unitaire u alors F(f ◦ u) = (Ff ) ◦ u.

Preuve. On commence par écrire


ˆ
F(f ◦ J )(ξ) = e−2πiξx f (J x)dx. (4.4)
Rn

−1 −1
En posant y = J x on a (J −1 y)ξ = y(J t ξ), i.e. xξ = y(J t )ξ. Maintenant,
ˆ
dy 1
(4.4) ⇐⇒ F(f ◦J )(ξ) = e−πiy (J t )−1 ξf (y) , dy = | det J |dx = (Ff )((J t )−1 ξ).
Rn | det J | | det J |

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.1. TRANSFORMATION DE FOURIER DE FONCTIONS L1 (Rn ) Page 67 sur 85

2
Exemple 4.1. Si f (x) = e−π|x| ∀x ∈ Rn alors Ff = f .
2 2 2
Preuve de l’Exemple 4.1 Avec, f (x) = e−πx1 x2 ...xn il suffit de vérifier la propriété pour n = 1
ˆ ˆ
−πx2 −2πiξx 2 2
fˆ = e dx = e−πξ e−π(x+iξ) .
R R

2
Considérons la fonction Ψ : z 7→ e−πz z = x + iy. Cette fonction est entière, par conséquent,
son intégrale le long du rectangle de sommet −a, a, a + iξ, −a + iξ (a > 0) est nulle
ˆ a+iξ ˆ a ˆ −a+iξ ˆ a+iξ
Ψ− Ψ+ Ψ− Ψ = 0.
−a+iξ −a −a a

On vérifie que les intégrales sur les côtés verticaux sont nulles quand a → +∞, donc
ˆ a+iξ ˆ a
lim Ψ = lim Ψ.
a→+∞ −a+iξ a→+∞ −a

Montrons que les intégrales sur les côtés sont nulles


si x =constante= a, z = a + iy, z 2 = a2 − y 2 + 2iay
ˆ a+iξ ˆ ξ ˆ ξ
−πz 2 −π(a2 −y 2 ) −2πiy 2 −y 2 2 −y 2 )
|e dz| ≤ |i e e dy| ≤ e−π(a dy ≤ |ξ|e−π(a → 0,
a a 0

quand a → +∞. Par suite on a


ˆ +∞ ˆ a+iξ ˆ a ˆ +∞
−π(x+iξ) −πz 2 −πz 2 2
e dx = lim e = lim e dz = e−πx dx = 1.
−∞ a→+∞ −a+iξ a→+∞ −a −∞

D’où ˆ ˆ
−πξ 2 −π(x+iξ)2 −πξ 2 2 2
fˆ(ξ) = e e dx = e e−π(x+iξ) dxfˆ(ξ) = e−πξ .
R R

Proposition
ˆ 4.9. (Formule
ˆ préparatoire de RIEZ)
fˆ(ξ)g(ξ)e2πiaξ dξ = f (x + a)ĝ(x)dx
Rn Rn

Preuve. Appliquer le théorème de transfert aux fonctions T−a f et g et utiliser la formule du


retard pour calculer l’image de Fourier de T−a f , i.e

T[
−a f = Ψa f ,
b et Ψ
da f = Ta f ).
b
ˆ ˆ ˆ ˆ
g(ξ)χa fˆ(ξ)dξ = g(ξ)T[
−a f (ξ)dξ = ĝ(x)T−a f (x)dx = f (x + a)ĝ(x)dx.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.2. TRANSFORMATION DE FOURIER DE DISTRIBUTIONS Page 68 sur 85

4.2 Transformation de Fourier de Distributions


Définition 4.3
Une fonction f est dite à croissance lente si

∃c > 0 et ∃k ∈ N ; |f (x)| ≤ c 1 + |x|k , ∀x ∈ Rn .




Définition 4.4
S ′ (Rn ) est l’ensemble des distributions tempérées ou distribution à croissance lente.

Exemple 4.2. Les distributions à support compact sont tempérées.



S (Rn ) ,→ E (Rn ) ⇒ E ′ (Rn ) ,→ S ′ (Rn )

• Les fonctions mesurables à croissance lente sont des distributions tempérées. Soit f une
telle fonction. Alors, ∀φ ∈ S (Rn )
ˆ
1 + |x|k |φ(x)|dx

|< f,φ >| ≤ c
Rn

1 + |x|k

≤ cPk+n+1,0 (φ) n+k+1
dx
Rn 1 + |x|

≤ c′ Pk+n+1,0 (φ) < +∞.

• La dérivée d’une distribution est une distribution tempérée

< T ′ ,φ >= − < T,φ′ >= −T ◦ D(φ), ∀φ ∈ S (Rn ) où D(φ) = φ′ .

T et D sont continues sur S (Rn ) d’où T ′ l’est.


• Le produit d’une distribution tempérée par un polynôme est une distribution tempérée.

4.2.1 Transformée de Fourier des distributions tempérées

Théorème 16 –
∀φ ∈ S (Rn ), l’égalité

< Ft T, φ >=< T, Fs φ > ∀T ∈ S ′ (Rn )

définit une distribution tempérée Ft T appelée transformée de Fourier de T . De plus l’applica-


tion l’application Ft : S ′ (Rn ) → S ′ (Rn ) ,T 7→ Ft T est linéaire continue pour les topologies
duale forte et faible.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.2. TRANSFORMATION DE FOURIER DE DISTRIBUTIONS Page 69 sur 85

Preuve.
• Ft T = T ◦ Fs est continue car Fs : S (Rn ) → S (Rn ) est continue.
• Ft = transposée de Fs : S (Rn ) → S (Rn ) , f 7→ fˆ donc Ft est continue.

Proposition 4.10. ∀T ∈ S (Rn ) , F (Dα T ) = (2πiE)α F T et Dα (F T ) = F [(−2πix)α T ]

Preuve. ∀φ ∈ S (Rn ) , ∀T ∈ S ′ (Rn )

⟨F (Dxα T ) ,φE ⟩ = ⟨Dxα T, (F φE )x ⟩ = (−1)|α| ⟨T,Dxα (F φE ) (x)⟩


= (−1)|α| ⟨Tx , F [(−2πiE)α φE ]x ⟩ = (−1)|α| ⟨(F T )E , (−2πiE)α φE ⟩
= (−1)|α| ⟨(−2πiE) (F T )E ,φE ⟩ = ⟨(2πiE) F T,φE ⟩

Idem, on établit Dα (F T ) = F [(−2πix)α T ]

Exemple 4.3.
1) F (δ) = 1. En effet ∀φ ∈ S (Rn )
ˆ ˆ
0
⟨F δ,φ⟩ = ⟨δ,F φ⟩ = (F φ) (0) = φ(x)e dx = 1.φ(x)dx = ⟨1,φ⟩,
Rn Rn

d’où F δ = 1
2) ˆ
⟨F δa ,φ⟩ = ⟨δa ,F φ⟩ = (F φ) (a) = φ(x)e−2πia.x dx = ⟨e−2πia.x ,φ(x)⟩dx,
Rn

d’où F δa = e−2πia.x
3) Soit 1 ∈ S ′ (Rn ). Montrer que F 1 = δ. On le fera sur R. (Dans Rn , 1x = 1x1 ⊗ · · · ⊗ 1xn
et δx = δx1 ⊗ · · · ⊗ δxn ) On montre que si U ∈ S ′ (Rn ), V ∈ S ′ (Rp ), U ⊗ V ∈ S ′ (Rn+p ) et
F (U ⊗ V ) = F U ⊗ F V .
Posons U = 1, on a U ′ = 0. Posons T = F U et montrons que T = δ
F (U ′ ) = 2πiEF (U ) = 0 ⇒ ξ.T = 0 ⇒ suppT = 0. En effet ∀φ ∈ D(R∗ ), φ(E) =
φ(0) + Eψ(E) avec ψ ∈ D(R∗ ),⟨T,φ⟩ = ⟨T,Eψ⟩ = ⟨ET,ψ⟩ = 0 donc T |R∗ = 0 ce qui implique
suppT = 0 i.e
p
X
F1 = Ck δ (k) = C0 δ + C1 δ ′ + C2 δ ′′ + · · · + Cp δ (p) .
k=0

En utilisant la parité de 1 (i.e ⟨1,φ⟩ = ⟨1,φ̌,∀φ ∈ D(Rn ), φ̌ = φ(−E) ) on prouve que F 1 =


2 ´ 2
C0 δ et pour φ0 = eπx , F φ0 = φ0 ainsi ⟨F 1,φ0 ⟩ = ⟨1,F φ0 ⟩ = ⟨1,φ0 ⟩ = R e−πx = 1 or
⟨F 1,φ0 ⟩ = ⟨C0 ,φ0 ⟩ = C0 φ(0) = C0 donc C0 = 1 et F 1 = δ

Théorème 17 –
∀φ ∈ S(Rn )

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.2. TRANSFORMATION DE FOURIER DE DISTRIBUTIONS Page 70 sur 85

1. F̄ F φ = φ et F F̄ φ = φ.
2. ∀T ∈ S ′ (Rn ), F̄ F T = T,F F̄ T = T .

Preuve. 1. Dans S(Rn ) posons ψ = F φ = φ̂ on veut montrer que F̄ ψ = φ i.e ∀a ∈


´
Rn , F̄ ψ(a) = a on a F̄ ψ(a) = Rn e2πiaξ ψ(ξ)dξ = ⟨1ξ , e2πiaξ ψ(ξ)⟩ or
ˆ ˆ ˆ
2πiaξ 2πiaξ 2πixξ 2πi(x−a)ξ
e =e e φ(x)dx = e φ(x)dx = e2πiyξ φ(y+a)dy = F (φ(y + a)) (ξ)
Rn Rn Rn

ce qui implique

F̄ ψ(a) = ⟨1ξ ,F (φ(y + a)) (ξ)⟩ = ⟨F 1ξ ,φ(y + a)(ξ)⟩ = ⟨δ,φ(y + a)⟩ = φ(a).

Ainsi, F̄ F φ = φ. Raisonnement similaire pour F F̄ φ = φ.


2. ∀T ∈ S ′ (Rn ), ∀φ ∈ S(Rn )

⟨F̄ F T, φ⟩ = ⟨F T,F̄ φ⟩ = ⟨T,F F̄ φ⟩ = ⟨T,φ⟩.

Application
a) Fδa = e−2πiax , F̄δa = e2πiax ce qui implique que F (e2πiax ) = δa
b) Considérons x 7→ x ∈ S ′ (Rn ), (F(1))′ = F (−2πix.1) i.e δ ′ = −2πiF(x) ⇒ F(x) =
δ′

2πi

4.2.2 Transformée de Fourier d’une distribution à support compact

Théorème 18 – de Paley-Weiner
La transformée de Fourier d’une distribution T à support compact est une fonction. Cette
fonction est C ∞ et sa valeur au point ξ est

F(T )(ξ) = ⟨Tx ,e−2πix.ξ ⟩.

En plus, elle est à croissance lente.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.3. TRANSFORMÉE DE FOURIER DANS L2 (Rn ) Page 71 sur 85

Preuve. Soit T ∈ E ′ (Rn ) alors T ∈ S ′ (Rn ). Par suite F T ∈ S ′ (Rn ), ∀φ ∈ D(Rn ),


ˆ
⟨F T,φ⟩ = ⟨Tx ,(F φ)x ⟩ = ⟨Tx , e−2πiξ.x φ(ξ)dξ⟩
Rn

= ⟨Tx ,⟨φ(ξ),e−2πiξ.x ⟩⟩ = ⟨Tx ⊗ φ(ξ),e−2πiξ.x ⟩


= ⟨φ(ξ) ⊗ Tx ,e−2πiξ.x ⟩ = ⟨φ(ξ),⟨Tx ,e−2πiξ.x ⟩⟩
ˆ
= φ(ξ)⟨Tx ,e−2πiξ.x ⟩dξ
Rn

d’ où F T est la fonction
F T (ξ) = ⟨Tx ,e−2πiξ.x ⟩

F T est une fonction C ∞ car

Dα (F T )(ξ) = F ((−2πix)α Tx ) (ξ) (4.5)

Comme T est à support compact, (−2πix)α T est aussi à support compact et d’après la preuve
précédente, le nombre de droite de 4.5 est une fonction. Donc F T est une fonction C ∞ . Pour

montrer que F T (ξ) est une fonction à croissante lente i.e |F T (ξ)| ≤ c 1 + |ξ|k il faudra
utiliser le fait que Tx ∈ E ′ (Rn )

4.3 Transformée de Fourier dans L2(Rn)


Notons que L2 (Rn ) ,→ S ′ (Rn ) car S(Rn ) ,→ L2 (Rn ) et ∀f ∈ L2 (Rn ),∀φ ∈ S(Rn )
ˆ
⟨f,φ⟩ = f (x)φ(x)dx
Rn

|⟨f,φ⟩| ≤ ∥f ∥L2 .∥φ∥L2 .

Mais
ˆ ˆ
1 + |x|2k
∥φ∥2L2 = φ(x) dx = 2
φ(x)2 dx
1 + |x|2k
Rn
ˆ Rn
1 k 2 k 2
≤ (|φ|k,0 )2 2
 
2k
dx , car 1 + |x| ≤ 1 + |x|
n 1 + |x|
|R {z }
converge si 2k>n

≤ c2 |φ|2k,0 ,

ce qui implique

|⟨f,φ⟩| ≤ c|φ|k,0 ∥f ∥L2 ≤ cf .|φ|k,0 .

Par suite f ∈ S ′ (Rn ).

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.3. TRANSFORMÉE DE FOURIER DANS L2 (Rn ) Page 72 sur 85

Théorème 19 –
La transformée de Fourier est isomorphisme isométrique de l’espace de Hilbert L2 (Rn )
dans lui-même i.e ∀f ∈ L2 (Rn ), F f ∈ L2 (Rn ) et de plus on a

⟨f,g⟩L2 = ⟨F f,F g⟩L2

on en déduit la formule de Parseval Plancherel

∥f ∥L2 = ∥F f ∥L2

Preuve.
1. Montrons que ∀φ, ψ ∈ S(Rn ), ⟨φ,ψ⟩L2 = ⟨F φ,F ψ⟩L2 . Puisque S(Rn ) ⊂ S ′ (Rn ), on a
ˆ
⟨φ,ψ⟩L2 = φψ̄dx = ⟨φ,ψ̄⟩ = ⟨φ,F F̄ ψ̄⟩ = ⟨F φ,F̄ ψ̄⟩.
Rn

Montrons que F̄ ψ̄ = F¯ψ.


ˆ ˆ ¯
F̄ ψ̄(ξ) = e 2πiξ.x
ψ̄(x)dx = e−2πiξ.x ψ(x)dx = F¯ψ

On a alors ⟨φ,ψ⟩L2 = ⟨F φ,F¯ψ⟩ = ⟨F φ,F ψ⟩L2

¯ n ) = L( Rn ).
2. S(Rn ) est dense dans L2 (Rn ) car D(Rn ) ,→ S(Rn ) ,→ L2 (Rn ) et D(R
Donc ∀f ∈ L2 (Rn ), il existe une suite (φn ) telle que

φn → f dans L2 (Rn ) ⇒ (φn ) est de Cauchy dans L2 (Rn )


⇒ ∀ξ⟩0, ∃n0 , ∀p,q ≥ n0 ∥φp − φq ∥L2 ≤ ξ
⇒ ∀p,q ≥ n0 ∥F φp − F φq ∥L2 ≤ ξ
⇒ (F φn )n converge dans L2 (Rn ) vers un certain g

Montrons que g = F f
La topologie induite pas S ′ (Rn ) (faible) sur L2 (Rn ) est moins fine que celle de L2 (Rn ).
En effet ∀f ∈ L2 (Rn ), ∀φ ∈ S(Rn )

|⟨f,φ⟩| ≤ ∥f ∥L2 ∥φ∥L2 ⇒ L2 (Rn ) ⇒ S ′ (Rn ) faible.

Par suite F φn converge aussi vers g dans S ′ (Rn ) faible. Or φn → f dans L2 (Rn ) donc
φn → f dans S ′ (Rn ) faible, par suite F φn → F f dans S ′ (Rn ) car F est continue.
Comme S ′ (Rn ) est séparée, on a g = F f .

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.4. OPÉRATEURS DE MULTIPLICATIONS Page 73 sur 85

3. Enfin montrons que ⟨f,g⟩L2 = ⟨F f,F g⟩L2 . Soient (φn ) et (ψn ) dans S(Rn ) telles que
φn → f et ψn → g dans L2 (Rn ), on a F φn → F f et F ψn → F g dans L2 (Rn ). La conti-
nuité du produit scalaire implique ⟨φn ,ψn ⟩L2 → ⟨f,g⟩L2 et ⟨F φn ,F ψn ⟩L2 → ⟨F f,F g⟩L2
or ⟨φn ,ψn ⟩L2 = ⟨F φn ,F ψn ⟩L2 . Par suite ⟨f,g⟩L2 = ⟨F f,F g⟩L2 et f = g, ∥f ∥L2 =
∥F f ∥L2 .

4.4 Opérateurs de multiplications


Définition 4.5
On désigne par OM (Rn ) l’espace des fonctions C ∞ g sur Rn telles que l’application définie
dans S(Rn ) par φ 7→ gφ soit linéaire continue.
N.B : La multiplication de S(Rn )×S(Rn ) → S(Rn ) est continue donc S(Rn ) ,→ OM (Rn )

Proposition 4.11. OM (Rn ) est l’espace des fonctions f, C ∞ à croissance lente ainsi que toutes
les dérivées de f .
De plus ∀α ∈ OM (Rn ) et P polynôme, P α ∈ OM (Rn ).

Proposition 4.12. ∀T ∈ S ′ (Rn ), ∀α ∈ OM (Rn ), αT ∈ S ′ (Rn ) et T 7→ αT est linéaire conti-


nue.

Preuve. C’est la transposée de φ 7→ αφ de S(Rn ) vers S(Rn ).

4.5 Opérateur de convolution dans S ′(Rn)

Théorème 20 –
S(Rn ) est une algèbre pour le produit de convolution et l’application

S(Rn ) × S(Rn ) → S(Rn ), (φ,ψ) 7→ φ ∗ ψ

est continue.

4.5.1 Première extension du produit de convolution


Si T ∈ D′ (Rn ) et α ∈ E vérifiant les conditions de support alors ∀φ ∈ D(Rn )
ˆ
⟨α ∗ T,φ⟩ = ⟨αx ⊗ Ty ,φ(x + y)⟩ = ⟨Ty ,⟨αx ,φ(x + y)⟩⟩ = ⟨Ty , α(x + y)φ(x)dx⟩.
Rn

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.5. OPÉRATEUR DE CONVOLUTION DANS S ′ (Rn ) Page 74 sur 85

Posons x = ξ ˆ ˆ
α(x)φ(x)dx = α(−ξ)φ(y − ξ)dξ = α̌ ∗ φ(y).
Rn Rn

Par suite,
⟨α ∗ T,φ⟩ = ⟨T,α̌ ∗ φ⟩.

Si T ∈ S ′ (Rn ) et α ∈ S(Rn ) sous condition de support, on a :

Théorème 21 –
L’égalité ⟨α ∗ T,φ⟩ = ⟨T,α̌ ∗ φ⟩, ∀φ ∈ S(Rn ) définit une distribution tempérée notée α ∗ T
et appelée produit de convolution de α par T .

Preuve. ∀α ∈ S(Rn ), l’application de S(Rn ) → S(Rn ), φ 7→ α̌ ∗ φ est linéaire continue et


T : D(Rn ) → R est continue et α ∗ T n’est que la composée de ces deux applications.
Proposition 4.13. 1. Dβ (α ∗ T ) = Dβ (α) ∗ T = α ∗ Dβ T
2. L’application S ′ (Rn ) → S ′ (Rn ), T 7→ α ∗ T est continue (transposée de φ 7→ α̌ ∗ φ)

4.5.2 Espaces des convoleurs


On a vu que si φ ∈ S(Rn ) et T ∈ S ′ (Rn ) alors α ∗ T est une fonction C ∞ (confère
Théorème de régularisation). On veut les T tels que α ∗ T ∈ S ′ (Rn ) et φ 7→ φ ∗ T continue.
Définition 4.6
On désigne par Oc′ (Rn ) le sous-espace de S ′ (Rn ) formé des distributions T telles que
l’application φ 7→ α ∗ T soit une application linéaire continue de S(Rn ) → S(Rn ). Oc′ (Rn )
s’appelle espace des distributions à décroissance rapide ou espace des convoleurs.

Proposition 4.14. 1. ∀T ∈ Oc′ (Rn ), Dβ T ∈ Oc′ (Rn ).


2. Les fonctions localement intégrables à décroissance rapide sont dans Oc′ (Rn ).
3. Les distributions à support compacts sont dans Oc′ (Rn ).
4. ∀T ∈ Oc′ (Rn ), P pôlynome, P T ∈ Oc′ (Rn )
Preuve.
2.
Remarque 4.2. f localement intégrable à décroissance rapide ⇒ f ∈ L1 (Rn ). En effet
1
pour α⟩n + 1, il existe une boule B̄(0,l) = K telle qu’à l’extérieur de K on ait |f | ≤ α
x
´ 1 n
´ 1
à l’intérieur B |f |⟨+∞ car f ∈ Lloc (R ) et à l’extérieur est intégrable donc f
|x|α ´
aussi, par suite φ ∈ S(Rn ), f ∗ φ a un sens, de plus (φ ∗ f )(x) = Rn φ(x − ξ)f (ξ)dξ

Dα (α ∗ f ) = Dα ∗ f (x)

et φ 7→ φ ∗ f est linéaire de S(Rn ) → S(Rn ), Pk,m (φ ∗ f ) ≤ Pk′ ,m (φ)Pk′ ,0 (f )

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.6. THÉORÈMES D’ÉCHANGE Page 75 sur 85

4.5.3 Deuxième extension du produit de convolution


Supposons T ∈ S ′ (Rn ) et S ∈ Oc′ (Rn ) et vérifiant les conditions du support. S ∗ T est
alors défini au sens usuel. ∀φ ∈ S(Rn )

⟨S ∗ T,φ⟩ = ⟨Sx ⊗ Ty ,φ(x + y)⟩


= ⟨Ty ,⟨Sx ,φ(x + y)⟩⟩.

Définissons ⟨Š,φ⟩ = ⟨S,φ̌⟩∀φ ∈ S(Rn )

⟨Sx ,φ(x + y)⟩ = ⟨Sˇx ,φ(y − x)⟩


= Š ∗ φ(y)

d’où
⟨S ∗ T,φ⟩ = ⟨T,Š ∗ φ⟩. (4.6)

Montrons que si T ∈ S ′ (Rn ) et S ∈ Oc′ (Rn ) le deuxième membre de [4.6] a encore un sens
même si T et S ne vérifient par les conditions de support, car m : φ 7→ Š ∗ φ est continue et le
deuxième membre de [4.6] est T ◦ m

Théorème 22 –
(Définition) ∀T ∈ S ′ (Rn ), ∀S ∈ Oc′ (Rn ) l’égalité

⟨S ∗ T,φ⟩ = ⟨T,Š ∗ φ⟩

avec ⟨Š,φ⟩ = ⟨S,φ̌⟩ définit une distribution notée S ∗ T et est appelée produit de convolution
de S et T .

Proposition 4.15. 1. ∀S ∈ Oc′ (Rn ) l’application S ′ (Rn → S ′ (Rn )), T 7→ S ∗ T est linéaire
continue.
2. Dα (S ∗ T ) = Dα S ∗ T = S ∗ Dα T

Preuve. Exercice.

4.6 Théorèmes d’Échange


Rappel 4.1. Nous avons vu (e.v.t) que ∀φ,ψ ∈ S(Rn )

F (φ ∗ ψ) = F φ.F ψ

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.6. THÉORÈMES D’ÉCHANGE Page 76 sur 85

F (φ.ψ) = F φ ∗ F ψ

même résultat pour F̄ .

4.6.1 Théorème d’échange pour la première extension du produit de convo-


lution
∀α ∈ S(Rn ), T ∈ S ′ (Rn ), α ∗ T ∈ S ′ (Rn )

⟨α ∗ T,α⟩ = ⟨T,α̌ ∗ φ⟩, ∀φ ∈ S(Rn )

Théorème 23 –
∀φ ∈ S(Rn ), ∀T ∈ S ′ (Rn )
F (φ ∗ T ) = F φ.F T

F (φ.T ) = F φ ∗ F T

on a les mêmes résultats avec F̄ .

Preuve. ∀φ ∈ S(Rn )

⟨F (φ∗T ), T ⟩ = ⟨φ∗T,F ψ⟩ = ⟨T,φ̌∗F φ⟩ = ⟨T,F F̄ (φ̌∗F φ)⟩ = ⟨T,F (F̄ φ̌.F̄ F φ)⟩ = ⟨T,F (F φ.ψ) ,

car F̄ φ̌ = F φ = ⟨F T,F φ.φ⟩ = ⟨F φ.F T,ψ⟩. Ce qui implique que F (φ∗T ) = F φ.F T . Ensuite
on a

F φ ∗ F T = F F̄ (F φ ∗ F T ) = F F̄ F φ.F̄ F T = F (φ.T ).

4.6.2 Cas général

Théorème 24 –

1. ∀f ∈ OM (Rn ), F f ∈ Oc′ (Rn ) et ∀S ∈ Oc′ (Rn ), F S ∈ OM (Rn ).


2. ∀f ∈ OM (Rn ), ∀T ∈ S ′ (Rn )
a) F (S ∗ T ) = F S.F T
b) F (f T ) = F f ∗ F T
Idem en remplaçcant F par F̄

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.6. THÉORÈMES D’ÉCHANGE Page 77 sur 85

Preuve. f ∈ OM (Rn ) ⇒ f ∈ S ′ (Rn ) donc F f au sens de distribution. Soit φ ∈ S(Rn ), φ 7→


´
f φ est continue de S(Rn ) → S(Rn ). On a ⟨f,φ⟩ = Rn f (x)φ(x)dx ainsi
ˆ 
1 + ∥x∥k |f (x)||φ(x)|
|⟨f,φ⟩| ≤
1 + ∥x∥k
Rn
ˆ
k
 1
≤ sup 1 + ∥x∥ |f (x)||φ(x)|
x∈Rn Rn 1 + ∥x∥k
≤ cPk,0 (f φ) pour k ≥ m
≤ cf Pk′ ,m (φ) car φ 7→ f φ est continue.

Donc OM (Rn ) ⊂ S ′ (Rn ).


Montrons que ∀f ∈ OM (Rn ), F f ∈ Oc′ (Rn ).

On a φ ∗ F f = F F̄ φ.f , φ 7→ φ ∗ F f est linéaire continue de S(Rn ) → S(Rn ) comme
composée de 3 applications linéaires continues suivantes : φ 7→ F̄ φ, ψ 7→ ψf car f ∈ Oc′ (Rn )
et χ 7→ F χ. D’où f ∈ OM (Rn ) ⇒ F f ∈ Oc′ (Rn ).
Soit S ∈ Oc′ (Rn ) a-t-on F S ∈ OM (Rn ) ?
On a : Oc′ (Rn ) ,→ S(Rn ), F S ∈ S ′ (Rn ). A-t-on φ 7→ φ.F S continue de S(Rn ) → S(Rn ) ?
D’après le théorème d’échange

φ.F S = F F̄ φ ∗ S

φ 7→ φ.F S est donc continue de S(Rn ) → S(Rn ) comme composée des trois applications
continues suivantes : φ 7→ F̄ φ, ψ 7→ ψ∗ car S ′ ∈ Oc′ (Rn ) et χ 7→ F χ. D’où S ∈ Oc′ (Rn ) ⇒
F S ∈ OM (Rn ).
F échange les sous-espaces OM (Rn ) et Oc′ (Rn ) de S ′ (Rn ).

4.6.3 Formule d’Échange


1. ∀S ∈ Oc′ (Rn ), T ∈ S ′ (Rn ), ∀φ ∈ S(Rn )

⟨F (S ∗ T ),φ⟩ = ⟨S ∗ T,F φ⟩
= ⟨T,Š ∗ F φ⟩

= ⟨T,F F̄ Š ∗ F φ ⟩

= ⟨T,F F̄ Š.φ ⟩
= ⟨T,F (F S.φ)⟩ car F̄ Š = F S
= ⟨F S.F T,φ⟩

Ce qui implique F (S ∗ T ) = F S.F T . Même résultat pour F̄ .


2. ∀f ∈ OM (Rn ), T ∈ S ′ (Rn )
F (f.T ) = F f ∗ F T.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.6. THÉORÈMES D’ÉCHANGE Page 78 sur 85

On utilise le résultat précédent pour F̄

f.T = F̄ (F f ∗ F T ) .

En appliquant F on a : F (f.T ) = F f ∗ F T . D’où le théorm̀e d’échange dans le cas


général.

On retrouve la formule de la transformée de Fourier des dérivées.

Exemple 4.4. T ∈ S ′ (Rn ), Dα T = Dα (δ ∗ T ) = Dα δ ∗ T.Dα δ ∈ E ′ (Rn ) ⊂ Oc′ (Rn ) donc


Dα δ est un convoleur.
F (Dα T ) = F (Dα δ).F T

⟨F Dα δ,φ⟩ = ⟨Dα δ,F φ⟩ = (−1)|α| ⟨δ,Dα (F φ)⟩ = (−1)|α| Dα (F φ)(0).


ˆ
F φ(E) = e−2πiξ.x φ(x)dx
Rn
ˆ
Dα F φ(E) = (−2πix)α φ(x)dxe−2πiξ.x
Rn
ˆ
Dα (F φ)(0) = (−2πix)α φ(x)dx = ⟨(−2πix)α ,φ⟩.
Rn

⟨F Dα δ,φ⟩ = (−1)|α| ⟨(−2πix)α ,φ⟩ = ⟨(2πix)α ,φ⟩.

Donc F Dα δ = (2πix)α . D’où F (Dα T ) = (2πix)α F T

Si on a une E.D.P linéaire d’ordre m à coefficients constants.


X
aα Dα u = f, aα = cte, f ∈ S(Rn ).
|α|≤m

On applique F
X
aα F (Dα u) = F f
|α|≤m

aα (2πix)α F u = F f , d’où
P
d’où |α|≤m

Ff
Fu = P α. (4.7)
|α|≤m aα (2πix)

La recherche de u se ramène alors la recherche de la transformée de Fourier inverse du nombre


de droite de [4.7].
Pn ∂ 2u
Exemple 4.5. Solution élémentaire de ∆ dans Rn , ∆u = δ. où ∆u = i=1 .
∂x2i

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


4.6. THÉORÈMES D’ÉCHANGE Page 79 sur 85

∂ 2u
   
∂u
On a F = (−2πiξi ) F u, F = −4π 2 ξi2 F u, par sommation
∂xi ∂x2i

n n
!
∂ 2u
X   X X
−4π 2 ξi2 2
ξi2 F u = −4π 2 |ξ|2 F u
 
F (∆u) = F = F u = −4π
i=1
∂x2i i=1 i=1

ce qui implique

1
∆u = δ ⇒ F (∆u) = F δ = 1 ⇒ −4π 2 |ξ| F u = 1 ⇒ F u = −

.
4π 2 |ξ|2

NB : F̄ δ̌ = F δ donc si f est paire F̄ f = F f . D’où


   
1 1
u = F̄ − =F − 2 2 .
4π |ξ|2
2 4π |ξ|

1
Mais ∈ S ′ (Rn ) i.e au moins localement intégrable. En effet en coordonnée polaire r = |ξ|.
|ξ|2
´ 1
Le jacobien de l’application (r,θ1 , . . . ,θn−1 ) 7→ ξ est J = rn−1 f (θ1 , . . . ,θn−1 ), dξ =
|ξ|2
´ rn−1 ´ n−3 Kn
f (θ1 , . . . ,θn−1 ) = r f (θ1 , . . . ,θn−1 ). On montre que u = (Kn est le volume
r2 rn−2
de la boule B̄(0,1) dans Rn ) converge en 0 si n − 2 < 0.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR LA TRANSFORMÉE DE FOURIER
Faculté des Sciences - DMI MAT 418
Mathématiques Master 1
Année Académique 2020-2021
Exercice 4.1 Transformée de Fourier d’une distribution homogène
′ n
Soit T ∈ S (R ) homogène de degré λ ∈ R, ie

⟨T,φt ⟩ = t−(n+λ) ⟨T,φ⟩

pour tout φ ∈ S(Rn ) et tout t > 0, où φt (x) = φ(tx). Montrer que T̂ est homogène d’un degré
que l’on précisera.
Exercice 4.2 Transformée de Fourier de la distribution valeur principale
Définition : Une distribution T est dite paire (resp. impaire) lorsque

⟨T, φ⟩
e = ⟨T, φ⟩ (resp. ⟨T, φ⟩
e = ⟨T, φ⟩) pour toute fonction teste φ, avec φ(x)
e := φ(−x).

On remarque rapidement que T est paire (resp. impaire) ssi pour toute fonction teste φ impaire
(resp. paire) on a ⟨T, φ⟩ = 0.
(1) Soit T une distribution tempérée. Montrer que si T est paire (resp. impaire) alors sa transformée
de Fourier FT est paire (resp. impaire).
(2) Montrer que la distribution vp(1/x) est une distribution tempérée. On pourra remarquer que,
pour tout ϕ de D(R), on a
ˆ 1 ˆ
ϕ(x) − ϕ(0) ϕ(x)
⟨vp(1/x),ϕ⟩ = dx + dx.
−1 x |x|≥1 x

(3) Calculer sa transformée de Fourier. On pourra utiliser que, pour tout ϕ de S(R), on a
ˆ R
1 ϕ(ω) − ϕ(−ω)
⟨vp(1/x),ϕ⟩ = lim dω.
R→+∞ −R 2 ω

(4) En déduire une distribution T telle que T̂ = H, où H est la fonction de Heaviside.


Exercice 4.3 Transformée de Fourier de la fonction de Heaviside
(1) Soit α > 0. Calculer la limite dans S ′ (R) de la distribution x+iαε
1
quand ε → 0+ .
(2) Déterminer la transformée de Fourier de la fonction H(x)e−λx , où λ > 0 et H est la fonction
de Heaviside.
(3) En déduire la transformée de Fourier de H.
(4) Retrouver la transformée de Fourier de vp(1/x).
Exercice 4.4 Peigne de Dirac
Dans cet exercice, on prendra pour simplifier les énoncés la normalisation suivante pour la
transformée de Fourier : ˆ
ϕ̂(x) = e−2iπxy ϕ(y)dy.
R

© Université de Douala 2020-2021


80
On considère la distribution P = j∈Z δj ∈ D′ (R), où δj représente la masse de Dirac au point
P

j ∈ Z. On l’appelle le peigne de Dirac.


(1) Montrer que P est périodique de période 1, i.e. montrer que

∀ϕ ∈ D(R), ⟨P,τ1 ϕ⟩ = ⟨P,ϕ⟩ où τ1 ϕ(x) = ϕ(x + 1).


P
(2) Montrer que P est la dérivée, au sens des distributions, de la distribution E := j∈Z Fj , où
Fj (x) = j1[j,j+1[ (x). En déduire que P est une distribution tempérée.
(3) Montrer que la transformée de Fourier P̂ de P est également périodique de période 1.
(4) On pose u(x) = e2iπx . Montrer que ϕ ∈ D(R) =⇒ ⟨uP̂ ,ϕ⟩ = ⟨P̂ ,ϕ⟩.
(5) Soit T ∈ D′ (R) une distribution telle que (u − 1)T = 0. Montrer que T = j∈Z aj δj .
P
P
(6) Déduire des questions précédentes que P̂ = j∈Z aj δj , puis que ∀j ∈ Z, aj = a.
2
(7) Appliquant P̂ à la fonction ϕ(y) = e−πy , montrer que a = 1, donc que P̂ = P (on pourra
utiliser que ϕ̂ = ϕ).
(8) En déduire la formule sommatoire de Poisson : pour tout ϕ ∈ S(R),
X X
ϕ(j) = ϕ̂(j).
j∈Z j∈Z

Exercice 4.5 Distribution nulle


(1) Soit f ∈ C (R ) et y ∈ R fixé. Pour h ̸= 0, on pose gh (x) =
∞ 2 f (x,y+h)−f (x,y)
h
Prouver que g
.
converge dans C (R ) vers ∂y .
∞ 2 ∂f

(2) On considère de plus T ∈ E ′ (R). Démontrer que la fonction F (y) = ⟨Tx ,f (x,y)⟩ est C ∞ .
Calculer F (n) (y).
(3) On suppose que ⟨T,xn ⟩ = 0 et soit G tel que T̂ = TG . Que vaut G(n) (0) ? En déduire que T est
nulle.

© Université de Douala 2020-2021


81
Chapitre

5
Résolution d’Équations aux Dérivées
partielles

Sommaire
5.1 Solutions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
5.2 Exemples de solutions élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84

5.1 Solutions élémentaires


Soient Ω un ouvert de Rn et P un polynôme de C[X1 , . . . , Xn ]. On décompose P dans la
base canonique de C[X1 , . . . , Xn ] par
X
P (x) = aα x α .
|α|≤m

Définition 5.1 Opérateur différentiel linéaire


On appelle opérateur différentiel linéaire à coefficients constants sur D′ (Ω) associé à
P , l’application linéaire P (∂) défini par

D′ (Ω) → D′ (Ω)
P (∂) : .
7→ P (∂)T = |α|≤m aα ∂ α T
P
T

Définition 5.2 EDP sur D′ (Ω)


On appelle Équation aux Dérivées Partielles (EDP) linéaire à coefficients constants, toute
équation de la forme P (∂)T = F où P (∂) est un opérateur différentiel sur D′ (Ω), F ∈ D′ (Ω)
est donnée et T ∈ D′ (ω) est l’inconnue. Le degré m du polynôme P est appelé l’ordre de
l’EDP.
Dans cette écriture, F est appelé second membre de l’EDP. L’EDP est dit homogène

© Université de Douala 2020-2021


82
5.1. SOLUTIONS ÉLÉMENTAIRES Page 83 sur 85

lorsque F = 0.

Exemple 5.1. Quelques EDPs d’ordre 2 à coefficients constants.


☞ L’équation de Poisson en électrostatique : ∆T = F dans D′ (Rn ) associée au polynôme
P = x21 + · + x2n . Lorsque F = 0, on obtient l’équation de Laplace.
☞ L’équation des ondes : ∂tt2 T − ∆T = F dans D′ (Rn+1 ) pour P = x20 − x21 − · · · − x2n .
☞ L’équation de la chaleur : ∂t T − ∆T = F dans D′ (Rn+1 ) pour P = x20 − x21 − · · · − x2n .
☞ L’équation de Schrödinger : i∂t T −∆T = F dans D′ (Rn+1 ) pour P = ix0 −x21 −· · ·−x2n .

Proposition 5.1. L’ensemble des solutions de l’équation aux dérivées partielles linéaire à co-
efficients constants P (∂)T = F est soit l’ensemble vide, soit le sous-espace affine de D′ (Ω),
T ′ + KerP (∂) où T ′ est une solution particulière de P (∂)T = F .

Preuve. En effet, il s’agit du résultat général valable pour toute équation linéaire de la forme
u(x) = y où u est une application linéaire d’un espace vectoriel V dans un espace vectoriel W .
On remarque que KerP (∂) n’est autre que l’ensemble des solutions de l’équation homogène
associée à P (∂)T = F . Compte tenu du théorème de Malgrange-Ehrenpreis énoncé plus loin,
le cas où l’ensemble des solutions est vide ne peut se produire que lorsque P = 0 et F ̸= 0.
Définition 5.3 Solution élémentaire

On dit qu’une distribution E ∈ D (Ω) est une solution élémentaire ou solution fonda-
mentale ou fonction de Green de l’opérateur différentiel élémentaire P (∂) lorsque P (∂)E =
δ0 .
Nous admettons le résultat suivant.

Théorème 25 – Malgrange-Ehrenpreis (1955)


Tout opérateur aux dérivée partielles à coefficients constants non nul admet une solution
élémentaire.

Remarque 5.1. On montre que si le degré de l’EDP est au moins égal à 1, alors la solution
élémentaire ne peut être à support compact.

Proposition 5.2. Soit E une solution élémentaire de P (∂).


☞ Pour toute F ∈ D′ (Ω) à support compact, il existe au moins une solution de P (∂)T = F
appartenant à D′ (Ω) et T = E ∗ F en est une.
☞ Pour toute F ∈ D′ (Ω) à support compact, il existe au plus une solution de P (∂)T = F
appartenant à D′ (Ω) et à support compact et, s’il en existe une, c’est E ∗ F .

Preuve.
P (∂)(E ∗ F ) = (P (∂)E) ∗ F = δ0 ∗ F = F.

La réciproque est aussi simple.


Nous admettons le résultat suivant.

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


5.2. EXEMPLES DE SOLUTIONS ÉLÉMENTAIRES Page 84 sur 85

Théorème 26 – Théorème de régularité


Si P (∂) possède une solution élémentaire dans C ∞ (Rn ∖ {0}) alors, pour tout ouvert
Ω ⊆ Rn et pour toute f ∈ C ∞ (Ω), si T ∈ D′ (Ω) est une solution de P (∂)T = Tf , il existe
u ∈ C ∞ (Ω) telle que T = Tu .

5.2 Exemples de solutions élémentaires

5.2.1 problème de Poisson


Pn
Dans Rn , le laplacien ∆ = i=1 ∂x2i xi a pour solution élémentaire



 xH si n = 1

E = 2π1
ln(|x|) si n = 2 ,


− 1 1
· si n ≥ 3

(n−2)Sn−1 |x|n−2

où Sn−1 désigne l’aire de la sphère unité S n−1 de Rn . Ces trois fonctions sont C ∞ sur Rn ∖ {0}
donc toute solution de ∆u = f avec f ∈ C ∞ est de classe C ∞ . Il en résulte par exemple que
les distributions harmoniques (i.e. les T ∈ D′ (Rn ) telles que ∆T = 0) sont des fonctions C ∞ .
Soit F : Rn → R une fonction radiale. Il existe alors f : R+ → R telle que pour tout
x ∈ Rn , F (x) = f (|x|). On remarque que le Laplacien en coordonnées sphériques pour une
fonction radiale est égal à
d2 f n − 1 df
∆F = 2 + .
dr r dr

5.2.2 L’équation des ondes en dimension 1


On montre qu’une solution élémentaire de l’opérateur des ondes en 1D P (∂) = ∂tt2 − ∂xx
2

est donné par la fonction localement intégrable



1 si t > |x|
2
E(t, x) = .
0 si t ≤ |x|

(La preuve en TD.)

Dico, 2020-2021 . Distributions et Transformée de Fourier


FICHE DE TRAVAUX DIRIGÉS SUR LA RÉSOLUTION DES EDP
Faculté des Sciences - DMI MAT 418
Mathématiques Master 1
Année Académique 2020-2021

Exercice 5.1 
1 si t > |x|
2
Montrer que E(t, x) := est une solution fondamentale de l’opérateur des
0 si t ≤ |x|
ondes P (∂) = ∂tt2 − ∂xx
2
.

Exercice 5.2 Opérateur de Cauchy-Riemann

➀ Montrer que la fonction suivante définit un élément de D′ (R2 ) :

1
f (x, y) = .
x + iy

➁ Montrer que π1 f est une solution fondamentale de l’pérateur de Cauchy-Riemann suivant :


 
1 ∂ ∂
∂¯ := − .
2 ∂xx ∂y

Exercice 5.3 Opérateur de la chaleur

➀ Montrer que la fonction suivante définit un élément de D′ (R2 ) :

H(t) − x2
E(x, t) = √ e 4t .
4πt

➁ Montrer que E est une solution fondamentale de l’pérateur de la chaleur défini par

∂ ∂2
P (∂) := − 2.
∂t ∂x

© Université de Douala 2020-2021


85

Vous aimerez peut-être aussi