Gouvernance des ONG à Madagascar
Gouvernance des ONG à Madagascar
… « Certains y verront l'expression la plus pure de la solidarité entre êtres humains quand
d’autres le taxeront d’avatar néocolonial ou de soutien à l’ennemi dans un conflit armé » 1…
Cette observation paradoxale de Philippe RYFMAN, dans son introduction, nous invite à
analyser le contexte de ladite solidarité humanitaire. Plus précisément, nous étudierons un
sujet concernant les entraides humanitaires par le biais des Organisations non
Gouvernementales (ONG). Les ONG sont des organismes à vocation humanitaire. Ainsi,
quand un sujet concerne les ONG, ceci implique des aides humanitaires que ce soit sur le
domaine médical, social, économique, ou relié au développement d’un pays. Sur le plan
historique, selon l'encyclopédiste Pierre LAROUSSE2, ONG est apparue, en 1945, suivant
l’article 71 de la Charte de l’Organisation International des Nations unies (ONU) 3 et a
remplacé l’expression
d’« Association Internationale »4 (AI). Ce bref rappel du début du terme ONG nous conduit à
analyser un sujet sur la « Gouvernance et gestion des dons attribués aux ONG humanitaires à
Madagascar ». Selon toujours le même auteur, Pierre LAROUSSE, il n’existe pas de
définition unanime du mot ONG, mais son pays d’origine, là où elle appartient juridiquement
en donne sa qualification. C’est ainsi que selon la disposition de l’article 2 de la Loi 96-030
du 14 août 1997 portant régime particulier des ONG à Madagascar, « L’ONG au sens de la
présente loi est un groupement de personnes physiques ou morales, autonomes, privé,
structuré, légalement déclaré et agréé, à but non lucratif, à vocation humanitaire, exerçant de
façon professionnelle et permanente des activités à caractère caritatif, socio-économique,
socio-éducatif et culturel sous forme de prestations de services en vue du développement
humain durable, de l’autopromotion de la communauté ainsi que de la protection de
l’environnement. Elle exerce ses activités suivant le principe du bénévolat, avec impartialité,
sans discrimination de race, de religion ou d’appartenance politique. Elle dispose de
ressources humaines, matérielles et financières pour ses interventions ». D’après cette loi,
1
Philippe RYFMAN, Histoire de l’humanitaire, éd. La découverte, 2008, 2016, p.3
2
Suivant article publié et faisant partie du dossier consacré au développement [Link]
3
Charte des Nations Unies et Statut de la Cour Internationale de justice, San Francisco 1945.
4
Un terme utilisé dans les années 30 pour désigner les organismes des aides humanitaires selon le même
auteur.
nous pouvons déduire que l’ONG est un organisme privé, accueillant des aides privées, en
général5, pour des aides humanitaires à caractère professionnel et durable.
Or, la situation au niveau des ONG au niveau de la gouvernance et la gestion des dons pose
aussi une problématique car les dons attribués n’arrivent pas à leur finalité à cause de la
gouvernance non appropriée au niveau de chaque ONG. Face à cette situation, nous
proposons quelques stratégies de gouvernance et de gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires à Madagascar afin de remédier à cette situation. La première stratégie consiste à
la diminution des dépenses de fonctionnement de l’ONG qui utilise les dons pour dépenses en
interne et le reste pour les personnes vulnérables. Ensuite, certains ONG applique le système
de 90% des dons reçus pour les vulnérables et 10% pour les dépenses de fonctionnement. De
plus, il est préférable de mettre aussi en place une nouvelle stratégie par laquelle les donateurs
qui choisissent leur projet par rapport à la situation de la population cible afin que les dons
puissent arriver totalement à leur destination. Outre ces stratégies citées, il est envisageable
aussi de mettre en place un système de suivi des dons, c’est-à-dire un moyen pour que les
donateurs puissent suivre la circulation des dons et savoir si ceux-ci arrivent à la population
vulnérable. Enfin, concernant une bonne gouvernance des ONG et une gestion efficace des
dons reçus, les ONG doivent recruter les gérants qui respectent l’éthique et la moralité, des
gérants intègres pour gérer les dons attribués.
La mise en place de ces stratégies permet de réaliser les objectifs de l’étude dont la gestion
des dons attribués pour aider suffisamment les personnes vulnérables, la remise en place de la
confiance entre les ONG et les donateurs et la lutte contre l’abus de confiance et que cette
confiance permet aux ONG de trouver des donateurs nationales et internationales. Ces
objectifs entraînent à l’amélioration de la gouvernance et la bonne gestion des ONG car
actuellement, même si les donateurs attribuent des dons destinés aux vulnérables, le taux de
5
Parfois, l’Etat prête main-forte pour le financement des ONG afin de trouver une stratégie efficace au
développement.
pauvreté ne cesse de s’accroître car les dons n’arrivent pas à leur destination à cause des
ONG.
En analysant cette question principale, moteur de l’étude, notre démarche de méthode dans la
partie empirique est caractérisée par des questionnements mixtes basées sur des études à la
fois qualitatives et quantitatives dressés à l’avance afin de trouver des réponses via des
entretiens semi-directifs effectués auprès de quelques ONG.
D’où, l’objectif principal de ce mémoire est de pouvoir trouver, voire proposer des
recommandations auprès des ONG afin de remédier aux problèmes de gouvernance et de
mauvaise gestion des dons. Aussi, en tant qu’organisme servant pour le bien de la population,
et en général d’utilité publique6, cette population a le droit de savoir la transparence sur les
gestions des dons reçus par les ONG.
Dans le cadre de notre plan d'analyse approfondie, nous débuterons par une exploration
minutieuse de l'organisation des ONG humanitaires à Madagascar, mettant particulièrement
l'accent sur l'identification des sources de financement. En second lieu, notre attention se
portera sur la gouvernance et la gestion des dons recueillis par ces organisations, examinant
de près les mécanismes en place. Enfin, en troisième lieu, nous formulerons des
recommandations étayées visant à améliorer la gouvernance et la gestion des dons,
contribuant ainsi à renforcer l'impact positif des actions humanitaires dans cette région.
6
En général car la reconnaissance d’utilité public de chaque ONG est faite par l’Etat selon l’accomplissement
des critères pour être « ONG d’utilité public ».
Première partie – L'organisation des ONG humanitaires
à Madagascar
La réflexion approfondie sur l'organisation des ONG humanitaires à Madagascar revêt une
importance capitale dans la mesure où elle permet de comprendre et d'optimiser les
mécanismes de financement qui soutiennent leurs activités. En analysant de près cette
organisation, on peut identifier les sources de dons, évaluer la stabilité financière et
déterminer les leviers pour renforcer la capacité d'intervention. Une telle introspection offre
également l'opportunité d'appréhender les défis opérationnels auxquels ces organisations
pourraient être confrontées, et par conséquent, elle éclaire la voie vers des recommandations
pertinentes pour améliorer l'efficacité de leurs actions humanitaires à Madagascar.
Dans cette démarche, nous débuterons par une exploration globale de la structure des ONG
humanitaires à Madagascar, préalable à l'analyse des différentes sources de dons.
Premièrement, la Charte fournit une base normative pour l'action humanitaire en énonçant une
liste de droits que toutes les personnes doivent jouir sans discrimination. Les ONG
humanitaires se réfèrent fréquemment à ces droits pour orienter leur mission, affirmer la
dignité humaine et insister sur la nécessité de fournir une assistance aux populations en
détresse. La conception de leur mandat, souvent axée sur des droits spécifiques tels que le
droit à la santé, à l'alimentation, à l'eau propre et à un logement sûr, s’inspire directement des
droits énoncés dans la Charte.
Deuxièmement, ces textes aident à établir la légitimité des ONG humanitaires auprès de
divers acteurs, y compris les gouvernements, les autorités locales et la communauté
internationale. En effet, en alignant leurs objectifs sur ceux de la Charte internationale des
droits de l'homme, les ONG humanitaires peuvent renforcer leur positionnement en tant
qu’acteurs neutres et indépendants dont le seul objectif est de promouvoir et protéger les
droits humains.
Quatrièmement, la Charte internationale des droits de l'homme exhorte les États et autres
acteurs à collaborer en vue de réaliser ces droits. Par conséquent, elle favorise un
environnement multilatéral où les ONG humanitaires peuvent s'engager dans un dialogue
constructif avec les gouvernements et les institutions internationales pour la mise en œuvre de
programmes et projets. Cette dynamique collaborative est crucial pour les interventions
d'urgence et les efforts de reconstruction post-crise.
Enfin, la Charte met l'accent sur la responsabilité. Elle implique une obligation pour les États
de respecter, protéger et réaliser les droits de l'homme, mais également pour les ONG de
veiller à ce que leurs activités ne violent pas les droits humains. Les mécanismes de
responsabilité nationaux et internationaux peuvent aussi inclure les contributions des ONG
sous forme de rapportage, de plaidoyer et de veille.
Loi 96-030 du 14 août 1993 portant régime particulier des ONG à Madagascar –
Décret n° 98-711 du 2 septembre 1998 fixant les modalités d’application de cette
loi.
Les ONG, à Madagascar, sont définies par l’article 2 de cette loi, dont nous avons vu dans
l’introduction. Cette loi régit les ONG dès leur création, leur fonctionnement, jusqu’à leur
dissolution. En ce qui concerne la légalité d’une ONG à Madagascar, prévue à l’article 6, elle
doit être déclarée par ses fondateurs auprès des bureaux du département ou de la Région de
son siège social, pour demande d’agrément. La demande est, par la suite, transmise au comité
départemental ou régional bipartite. Ce comité réunit les représentants des ONG et de l’État et
dont sa composition et son fonctionnement seront fixés par décret. Ainsi, la création d’une
ONG de droit Malagasy se fait en trois étapes qui sont le dépôt de déclaration d’existence, la
demande d’agrément et l’attribution de l’immatriculation et publicité.
Du côté de fonctionnement, il est possible qu’en cas des irrégularités graves constatées dans la
gestion de ses projets ou de ses programmes, ou autres causes prévues à l’article 9 de la
présente loi, un retrait d’agrément pourrait être prononcé par arrêté du représentant de l’État
auprès du département ou de la région après consultation de l’avis du comité départemental
ou régional bipartite. Pour les organes composant l’ONG, elle est dotée d’un organe de
décision et de délibération : une assemblée générale. Ensuite, elle est dotée d’un organe
d’orientation et de suivi : le conseil d’administration. Aussi, un organe d’exécution doit être
présent dans les ONG : un comité directeur ou direction. Enfin, un organe de contrôle qui est
le commissariat au compte est très important au niveau des ONG, selon l’article 13.
Par ailleurs, dans les limites définies par ses statuts et règlement intérieur, l’ONG peut gérer
ses propres fonds ainsi que leurs utilisations, agir en bon père de famille, concernant le
paiement des salaires, différentes indemnités et primes du personnel travaillant afin
d’atteindre les objectifs du groupement. De plus, elle est tenue aussi au règlement des charges
permanentes et des frais divers de gestion. Elle est autorisée à la constitution d’une dotation
pour réserves suivant l’article 16.
En matière de mode de gestion, prévue à l’article 17, la loi dispose que l’ONG est tenue de
dresser chaque année un rapport moral et financier. Une synthèse dudit rapport dont sa forme
est fixée par une disposition réglementaire, est adressée au comité départemental ou régional
bipartite, au représentant de l’État auprès du département ou de la région, et au ministère
chargé des relations avec les ONG. À l'issue de chaque exercice, l’ONG est tenue à
l’établissement d’un plan d’opérations détaillé pour l’exercice suivant. Copie de ce plan est
adressée aux autorités citées ci-dessus.
Pour les obligations fiscales, en matière de droits et taxes sur les marchandises et matériaux
importés, sauf jouissance des avantages fiscaux et douaniers par demande de l’ONG prévue à
l’article 20, ces droits et taxes sont applicables suivant la loi de finances en vigueur, article 19.
Il est possible qu’une association, dont nous allons présenter ci-dessous, se transforme en
ONG, selon la disposition de l’article 33. Une association poursuivant les mêmes objectifs
que les ONG, visant à l’article 2. En se conformant aux dispositions statutaires ou sur décision
prise en assemblée générale extraordinaire et en respectant la procédure prévue par les articles
6 et 8. Le patrimoine de l’ex-association est dévolu à l’ONG.
Pour les ONG étrangères militantes sur le territoire national, leur formation doit être sous
l’autorisation préalable du ministre de l’intérieur et après avis du ministre des affaires
étrangères pour un « accord de siège » (Annexe 2), sauf dispositions contraires prévues par
les conventions internationales, suivant l’article 37 et 38 de la présente loi. C’est la direction
de la promotion du partenariat pour le développement au niveau du ministère des Affaires
étrangères qui est mandatée pour la mission du suivi de partenariat avec Les ONG étrangères.
En matière de partage, d’échange d’informations et du renforcement de collaboration, les
ONG étrangères ont créé la plateforme « PINGO ». La création de cette plateforme a pour
objectifs de l’accroissement de l’efficacité de l’aide humanitaire et au développement, de
facilitation de l’accès pour les ONG étrangères voulant contribuer sur le territoire.
Les ONG étrangères sont celles qui ont leur siège à l’étranger ou ayant leur siège à
Madagascar, mais qui sont dirigées par un ou plusieurs étrangers, ou composées soit
d’administrateurs en majorité étrangers, soit du quart au moins des membres étrangers. La
présente loi régit les ONG de droit Malagasy et les ONG étrangères militantes sur le territoire
national.
Par définition, en article 2 de cet Ordonnance, « l’Association est la convention par laquelle
deux ou plusieurs personnes mettent en commun, d’une façon permanente, leurs
connaissances ou leurs activités dans un but autre que de partager des bénéfices. Elle est régie,
quant à sa validité, par les principes généraux du droit applicable aux contrats et obligations ».
La liberté de formation est mise en exergue selon la disposition de cet Ordonnance en son
article 3. Ainsi, sous réserve des dispositions relatives aux associations étrangères
mentionnant la nécessité de l’autorisation du ministre de l’Intérieur avant sa mise en place sur
le territoire, la formation d’une Association est libre même sans autorisation ni déclaration
préalable, mais elle ne jouira pas de la capacité juridique que si elles se sont conformées aux
dispositions de l’article 6 de la loi 96-030.
Pour l’association, ses sources financières sont, en général, les dons et les cotisations de ses
membres, les fonds de l’association ne sont pas mentionnés dans le texte. Cependant,
l’association a l’obligation de tenue d’un livre de caisse et d’un rapport financier pour les
associations subventionnées par l’État. Ce qui fait la distinction avec l’ONG, car comme son
nom l’indique, l’organisation non gouvernementale est indépendante politiquement et
financièrement, sans demander la subvention de l’État sauf pour des projets spécifiques dont
la collaboration entre l’État et l’ONG est requise. L’association a aussi l’obligation de tenue
d’une comptabilité de fonds et autres documents suivant le contrôle exercé par le ministère de
l’intérieur en général. Toutefois, à la différence à l’ONG, l’association n’est pas obligée de
dresser les rapports financiers et rapports d’activité annuelles et à chaque fin d’exercice. En ce
qui concerne les taxes et droits pour les matériaux importés, l’association ne bénéficie pas les
avantages fiscaux et douaniers par la demande comme l’ONG, sauf pour les activités
concernant l’action humanitaire.
A- La qualification juridique :
Sur le plan juridique, l’Association et l’ONG sont distinguées par les lois qui régissent.
légales, pourrait être considérée comme des ONG en mettant en valeur les objectifs sur la
Le problème de qualification se pose sur les obligations de redevabilité concernant les tenues
des documents requis, en général, chaque année et à chaque fin d’exercice. Si l’association
exerce des actions humanitaires visant évidemment à aider les personnes vulnérables, est-ce
qu’elles sont tenues de dresser les rapports annuels et rapports d’activité ?
Dans ce cas, l’association n’a pas le choix de se transformer ou non en ONG, mais elle est
obligée d’être une ONG à cause des activités exercées pour servir le public et/ou les
personnes ciblées notamment les vulnérables.
Dans ce cas, nous allons prendre l’exemple de l’Association Akamasoa. Une association qui a
sauvé plus de 500 000 Malagasy. Créée par le Père Pedro OPEKA, en 1989, afin de venir en
aide des personnes vulnérables qui ont vécu dans les décharges d’Andralanitra. Le Père a fait
appel à ses amis pour pouvoir enlever ces gens de la misère, des gens qui n’ont plus leurs
dignités humaines à cause de la pauvreté qu’ils vivent. Cette association, reconnue d’utilité
publique par l’État en 2004, est par la suite transformée en ONG.
Elle tend à :
Ainsi, l’ « Association Akamasoa » a été reconnue d’utilité publique par l’État Malagasy en
respectant les dispositions légales à Madagascar et ayant ses objectifs sur la réduction et la
lutte contre la pauvreté.
Une association, dans le contexte juridique et social, est une entité formée par un
regroupement de personnes partageant des intérêts, des objectifs ou des activités communs. Ces
regroupements peuvent avoir des finalités diverses, qu'elles soient sociales, culturelles, sportives, ou
autre. D'un point de vue juridique, les associations sont souvent constituées conformément aux lois
locales qui les régissent. Elles opèrent généralement en tant qu'entités à but non lucratif, mobilisant
des membres adhérents ou bénévoles pour atteindre des objectifs collectifs. Les associations
peuvent être soumises à des réglementations spécifiques selon la juridiction dans laquelle elles
fonctionnent, définissant leur structure, leurs responsabilités et leurs droits.
Le terme "organisation" est plus vaste et englobe une variété d'entités, dont les entreprises à but
lucratif, les organisations non gouvernementales (ONG), les institutions publiques, etc.
Contrairement aux associations, une organisation peut avoir des objectifs tant lucratifs que non
lucratifs, et sa structure peut impliquer une hiérarchie plus complexe. Une organisation peut prendre
différentes formes en fonction de ses finalités et du cadre juridique qui la régit. Elle peut être
caractérisée par une structure plus formelle, des procédures administratives plus élaborées et une
diversité de missions ou de services qu'elle fournit.
La distinction fondamentale entre association et organisation réside dans la nature de l'entité et ses
objectifs. Les associations ont souvent une connotation plus communautaire et axée sur des intérêts
partagés, alors que le terme "organisation" est plus générique et englobe un éventail d'entités
structurées. Bien que la terminologie puisse varier selon les régions et les contextes culturels,
comprendre ces nuances offre une clarté sur le type d'entité, ses missions et son mode de
fonctionnement.
Dans les pays étrangers, il n’existe pas vraiment de distinction entre ONG humanitaire et
Association humanitaire. L’association est une sorte d’ONG tant que celle-ci a vocation à
l’action humanitaire.
Par conséquent, en France, les ONG sont régies par la loi du 1 e juillet 1901 sur les
Associations. D’après Marcel MERLE, spécialiste du Droit international, toute association
constituée de façon durable par des particuliers appartenant à différents pays, ayant objectif
non lucratif sont des ONG.
A Madagascar, l’association et l’ONG ont leur différence et leur ressemblance (Annexe 1).
Il nous est nécessaire de présenter au préalable quelques indicateurs concernant le pays afin
de déduire l’importance et la place des ONG à Madagascar, à quel point le pays a besoin
d’aides humanitaires.
Par conséquent, malgré sa richesse en ressources naturelles, Madagascar est un pays en voie
de développement avec un taux de pauvreté très élevé. Situé dans l’Océan Indien, dans le
continent Africain et en Afrique de l'Est, sous la colonisation française pendant soixante-
quatre ans (1896-1960), le pays est jusqu’à ce jour loin d’être indépendant pour plusieurs
causes.
7
[Link] , la dernière mise à jour était en 07 octobre 2022.
8
Chiffre de l’UNFPA, [Link]
9
[Link]
10
Suivant l’IPC publié par le BIANCO, [Link]
De l’autre côté, pour les données nationales, nous nous sommes basés sur les chiffres publiés
par l’Institut Nationale de la Statistique (INSTAT)11 :
Par ailleurs, le terme ONG est parfois confondu avec association. Toutefois, à Madagascar, à
la différence d’autres pays, les ONG et les Associations ont leurs points communs et leurs
différences notamment en matière de création et de fonctionnement, aussi en ce qui concerne
l'obligation de redevabilité et de communication vis-à-vis de la population.
Un organe de contrôle qui est le commissaire aux comptes afin de contrôler les recettes et
dépenses financières. Par conséquent, suivant l’article 17 de la même loi, les ONG sont tenues
de dresser annuellement un rapport moral et financier adressé au Comité départemental ou
régional bipartite du lieu du siège de ladite ONG.
11
[Link]
De plus, ces ONG sont obligées de dresser un rapport vis-à-vis des donateurs afin de leur
communiquer le montant/évaluation des dons reçus, l’utilisation de ces dons, les résultats
obtenus par rapport aux objectifs fixés et/ou la suffisance ou l’insuffisance de dons octroyés.
Nous prenons exemple de l’Association humanitaire Akamasoa de Père Pedro OPEKA. Selon
les stratégies de gestion des dons humanitaires attribués, « La totalité des dons vont aux plus
pauvres (…) aucun retrait de bénéfice (…), pour 25 euros un enfant peut manger durant un
mois, pour 50 euros on plante 300 arbres, pour 70 euros on permet à une sage-femme de
travailler, pour 75 euros on fait vivre une personne âgée toute une année, pour 100 euros un
enfant peut aller à l’école pendant un an, pour 5000 euros on peut construire une maison en
dur de 60 m2 »12. Les rapports d’activités annuels de cette association humanitaire sont tous
disponibles pour le public via son site (cf. Note ci-dessous).
Ainsi, il est nécessaire d’étudier d’abord les caractéristiques de ces dons humanitaires et
ensuite, le territoire d’intervention des ONG.
D’abord, en ce qui concerne les missions des ONG, en tant qu’organisme ayant pour vocation
humanitaire et développement, leurs rôles sont nombreux.
D’un côté, vis-à-vis de la population, les ONG sont tenues d’accomplir leur mission sur
plusieurs secteurs d’activités choisies selon leur statut.
Leur mission dépend beaucoup du contexte existant dans le pays. A vrai dire, chaque ONG,
ayant vocation à l’action humanitaire et développement notamment la lutte contre la pauvreté,
est orientée surtout vers les secours aux populations vulnérables, en danger, sinistrées,
victimes de catastrophes ou de conflits armés 13, à la protection, l’assistance, l’éducation 14, la
sensibilisation, ou aussi l’alerte auprès de la population.
12
[Link]
13
A Madagascar, ce sont les conflits pendant les manifestations populaires, mais après l’indépendance, on n’a
pas encore rencontré des conflits armés.
14
L’éducation ici ne concerne par le secteur scolaire mais éducation de la population dans tous les domaines en
général.
De l’autre côté, vis-à-vis de l’État, malgré des organisations non gouvernementales, certaines
ONG ont une collaboration étroite avec le gouvernement afin d’atteindre les objectifs au
développement et à l’aide humanitaire. Cependant, les ONG ont le pouvoir de lancer d’alerte 15
pour les injustices ou les actions qui semblent injustes faites par le gouvernement vis-à-vis de
la population. Ainsi, une des fonctions indispensables des ONG est la communication et
courroie de transmission entre la population, les institutions internationales et les États. Elles
sont des actrices de terrain importantes.
Par ailleurs, certaines ONG tiennent le rôle consultatif auprès des Nations unies comme
amnistie internationale, Médecin sans frontières … etc. En effet, elles ont le pouvoir à
l’influence auprès des négociateurs, à l’exemple de la création de la Cour pénale
Internationale en 1998.
Les ONG internationales sont financées par la banque mondiale sur le programme de lutte
contre la pauvreté, elles sont parfois des interlocutrices privilégiées de l’Union Européenne.
Ensuite, leur attribution dans plusieurs secteurs et dans plusieurs régions du pays aide l’État
qui ne peut couvrir qu'environ 5,5%16 des personnes extrêmement pauvres dans la protection
sociale. Ces secteurs concernent :
15
Mission de la société civile.
16
Chiffres publiée par la Banque Mondiale, Ibid.
- Appui Conseils Études expertise
- Coordination et renforcement de la société civile
- Culture Sport Artisanat Tourisme
- Droits de l’Homme Citoyenneté Genre
- Développement rural – développement agricole
- Eau Assainissement Hygiène
- Échanges Nord-Sud Volontariat
- Éducation
- Formation professionnelle – Réinsertion des familles
- Gouvernance foncière
- Handicap
- Microfinance – Entreprenariat social
- Milieu carcéral
- NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) Média
- Protection de l’enfance
- Santé
- Sécurité alimentaire – Cantine scolaire
- Sécurité civile logistique
- Urgences – Gestion des risques
-
B- Caractéristiques des ONG
Par sa définition, les ONG sont caractérisées, d’abord, par l’origine privée de sa constitution.
Ce sont des organisations créées par une ou plusieurs personne(s) physique(s) ou morale(s) de
droit privé qui ne relèvent ainsi, ni de l’État ni de l’institution publique nationale ou
internationale.
Ensuite, elles sont caractérisées par le but non lucratif de leur action. En effet, en tant
qu’organisme visant à aider prioritairement la population vulnérable, elles ne peuvent pas tirer
profit de leur activité. Ces ONG ont déjà leurs sources financières nationales et/ou
internationales. De plus, l’indépendance financière et politique marque les caractéristiques
spécifiques des ONG. Cette indépendance est la confirmation de l’aspect « non
gouvernementale ». Toutefois, ce concept n’est pas accepté par certains auteurs comme
Patrice MEYER-BISCH « le vice est dans les traductions même de cette notion définie en
termes négatifs comme Organisation non gouvernementales (ONG) ou acteurs non étatique
(ANE) »17. Les sources financières des ONG à laquelle nous étudierons dans la partie suivante
(II) ne dépendent pas de l’État où elles s’installent pour effectuer leur mission. Néanmoins,
certaines ONG internationales sont financées par les États étrangers qui prennent en compte
l’aide humanitaire dans les pays en voie de développement par le biais des bailleurs de fonds.
Du côté de l’indépendance politique, les ONG ont leur politique de gestion et de
fonctionnement qui ne dépend pas de l’État. Malgré le fait qu’aucune ONG ne peut être créée
sans l’agrément délivré par les institutions publiques concernées, elles ont leurs propres objets
et raison d’existence selon leur statut validé par lesdites institutions.
Aussi, une autre caractéristique des ONG est l’utilité publique. Les ONG travaillent pour la
population, sans distinction de race, ni religion, ni de sexe, ni d’origine … De ce fait, malgré
les catégories d’intervention comme les enfants, les handicapés, les plus pauvres 18, etc.…
Elles s’adressent généralement pour le public. C’est ainsi que l’État où elles interviennent
pourrait les accorder une « reconnaissance d’utilité publique » quand les critères sont remplis
et les objectifs sont atteints19, suivant le plan annuel dressé à l’année précédant (N-1)
l’exercice et déposé auprès de l’institution concernée.
Après avoir étudié le contexte des ONG nationales et internationales travaillant au
Madagascar, nous allons analyser de plus près l’origine des ressources de financement des
dons attribués aux ONG humanitaires à Madagascar.
17
Patrice MEYER-BISCH, Monde en développement, éd. De Boeck Supérieur, 2012, p.106
18
Catégorisés par plusieurs critères selon la Banque Mondiale : revenu journalier, habitation, alimentation…
19
Cf. Loi 96-030 du 14 août 1997 relative au régime particulier des ONG.
Chapitre II- Origine des sources de financement des dons20
Suivant l’étude faite par cinq équipes analystes de l'INSTAT et sept équipes de
la direction chargée des relations Internationales au niveau de la Banque Centrale de
Madagascar, en année 2006, 2007 et 2008, il existe deux types d’ONG, il s’agit des ONG
nationales et des ONG internationales. Leurs sources de financement sont différentes, force
est ici de les appréhender. Ainsi, comme les ONG, leurs sources sont aussi nationales
qu’internationales. Par conséquent, identifier les entités qui mettent en œuvre leur effort pour
l’atteinte des objectifs avec ces ONG et savoir les façons dont elles disposent leur
financement dans leur activité fait l’objet de la présente partie.
Nous étudions dans ce cas, en premier lieu, les sources nationales pour le financement des
ONG (A) et ensuite nous verrons les sources internationales (B).
20
Dans un manuel de collaboration annuelle entre la Banque Centrale de Madagascar (BCM) et l’INSTAT,
« Étude sur les ONG à Madagascar », juillet 2009, p.22.
21
Exemple de présentation sur la répartition de source de financement des ONG à Madagascar en 2008.
Graphique 1 : Sources de financement des ONG à Madagascar
6,1%
2,2%
6,1%
33,0
%
11,8
%
11,0
%
Le graphique ci-dessus répartit et démontre les différentes sources de financement pour les
ONG humanitaires à Madagascar.
Ainsi, ces sources sont :
- Excédent de gestion de l’année précédente (N-1) : 33,0%
- ONG internationales résidentes : 0,8%
- ONG mère non résidentes : 5,0%
- ONG internationale : 6,1%
- Autres fonds propres : 14,4%
22
«Étude sur les ONG à Madagascar », 2009, p. 23.
- Institution de microfinance : 0,1%
- Gouvernements étrangers : 11,0%
- Autres non résidents : 2,2%
- Etat malagasy : 8,2%
- Autres résidents : 1,2%
- Bailleurs de fonds : 11,8%
- Dons : 6,1%
Ce sont des dons qui ne proviennent ni ayant correspondance aux personnes morales de droits
publics qui sont l’État ou autre administration publique.
23
Support de cours sur l’action humanitaire de Docteur Kouassi, USIG, 2022.
Les dons attribués aux ONG humanitaires sont le transfert émanant de ces derniers sous forme
de dons en nature ou en numéraire. Toutefois, il existe aussi des dons en abandon de créance ;
c’est-à-dire en supprimant les dettes de l’ONG concerné. Les donateurs s’agissent dans le cas
des dons privés, des particuliers qui sont des personnes physiques appartenant ou non par des
organismes de bienfaisance. En matière d’aide humanitaire, tout le monde est responsable
quelle que soit sa personnalité juridique. Les donateurs pourraient être aussi des personnes
morales de droit privé comme des entreprises, des sociétés, des fondations ou aussi des
associations militantes ou non à l’action humanitaire.
Remarque : « Une fondation est un organisme de mécénat créé par un ou plusieurs
donateurs, issus du secteur privé, au service d'une cause d'intérêt général et à but non
lucratif. Ainsi, la fondation agit pour des bénéficiaires en mettant à disposition des biens, des
droits et des ressources pour la réalisation d'un projet d'utilité publique »24.
À Madagascar, les dons destinés à des aides humanitaires pourraient bénéficier des divers
droits et taxes fiscales, suivant demande des dirigeants des organisations ou par une
convention particulière.
L’État joue un double rôle dans la matière de financement des ONG. Malgré l’une des
caractéristiques spécifiques des ONG concernant l’indépendance financière, nous avons
présenté suivant le graphique 1 que L’État malagasy a contribué 8,2% de la totalité de
financement des ONG pour leurs projets respectifs en cette année. Par conséquent, l’État est
le premier responsable de son peuple, il est ainsi obligé de tenir compte pendant le projet
budgétaire sur le fonds de financement des ONG afin qu’elles puissent exécuter leur mission
auprès de la population.
Par ailleurs, pour l’action sociale et concernant notamment la sécurité sociale, « Madagascar
dispose de programmes de couverture de sécurité sociale. Mais leurs domaines d’intervention
n’incluent pas l’assurance-chômage et ne couvrent qu’une partie de la population du secteur
formel. Les personnes du secteur informel sont exclues de ce système. La vision de la
protection sociale pour Madagascar en 2024 est d’établir un système efficace de filets social
de sécurité réduisant considérablement la pauvreté »25.
24
[Link]
25
YEARBOOK – Rapport économique, Madagascar 2021, L’Émergence Malagasy, une publication édité par
Media Développent en partenariat avec l’EDBM, P.60, [Link]
En ce qui concerne, d’un côté, le rôle du gouvernement Malagasy, en tant que pouvoir
exécutif de l’État, il est tenu de chercher tous les moyens et stratégies à faire sortir la
population dans la pauvreté. De l’autre côté, les ONG sont les organisations ayant vocation à
l’aide humanitaire. Ainsi, étant donné que le gouvernement n’a pas les moyens possibles
pouvant couvrir la totalité du territoire sur cette aide humanitaire, il est indispensable de jouer
la complémentarité avec les ONG. Parfois, la collaboration est due à un manque de ressources
humaines, de stratégies efficaces ou de ressources financières, le gouvernement fait ainsi
appel aux ONG pour exécuter les travaux et atteindre ses objectifs.
Concernant l’attribution du MAE, auparavant, la gestion des relations de partenariat avec les
ONG a été assurée par un service au sein du Ministère des Affaires Étrangères (MAE).
Dorénavant, une direction est créée avec une politique à part entière afin de permettre le
partenariat.
Le MAE a engagé une réforme dans le but de faciliter le travail des ONG 26. Cette réforme a
pour objectif de réduire les démarches administratives, surtout pour l’obtention de l’accord de
siège. Actuellement, cet accord de siège ne peut excéder deux ans pour des raisons fiscales.
Parmi cette réforme, envisager un alignement entre la durée du visa et de l’accord de siège est
possible. Aussi, les plateformes des ONG internationales militantes à Madagascar notamment
le PINGO sont associées à ladite réforme. De plus, une opération de recensement des ONG
est engagée et les acteurs sont demandés à la déclaration de leurs zones et leur thématique
d’intervention. L’objectif est d’identifier les populations qui ne sont pas encore couvertes par
un acteur associatif ou une coopération décentralisée en vue d’une meilleure coordination de
tous ces acteurs.
Le gouvernement a envisagé de créer un service de secrétariat Technique Permanent à la
coordination de l’aide (STPCA) qui est un organisme rattaché à la primature chargé de la
coordination de l’aide27. Par ce service, un travail de confrontation de toutes les données est
réalisé pour l’analyse de l’aide notamment l’aide humanitaire, la coordination des actions et
l’alimentation du rapport sur la coopération au développement édité annuellement par le
Ministère en charge de l’économie et du plan.
Une analyse est réalisée sur cette base de données par zone géographique ou par thématique.
Il est également possible d’isoler de l’aide qui vient de l’étranger en recroisant les différents
acteurs. Les ONG seront invitées à se rapprocher du STPCA afin de la déclaration de leurs
actions, mais ce service n’est pas encore opérationnel jusqu’à maintenant.
26
Manuel sur « Rencontre des ONG française ay, Institut français, 2018, p.3
27
[Link]
Section 2- Les sources internationales :
Suivant la répartition de financement des ONG dans le graphique 1 ci-dessus, les sources
internationles sont :
- Les grandes ONG internationales, partenaire ou non ;
- Les ONG mères non résidentes ;
- Le gouvernement étranger ;
- Les Bailleurs de fonds ;
- Les particuliers non résidents.
Les financements venant des ONG internationales dépendent beaucoup du projet de l’ONG
demandeur, de ses stratégies de mise en œuvre dudit projet, ainsi que leur efficacité de
traitement.
Ceux-ci dépendent aussi de la confiance des donateurs
Nous présentons dans le tableau ci-dessous les pays étrangers, partenaires et sources de
financement des dons attribués aux ONG humanitaires à Madagascar à l’époque.
Tableau 1 : Pays partenaires, sources de financement des dons pour les ONG
humanitaires à Madagascar
L’action humanitaire internationale relève des ONG internationales afin d’aider les personnes
victimes de guerre, conflits armés, des catastrophes naturelles (cyclone, sécheresse,
inondation…) et de changement climatique. C’était la façon dont a été créée la Croix-rouge
française.
Créée par Henry DUNANT, lors de la bataille de Solférino 28 en 1859, la Croix-Rouge est
caractérisée comme un mouvement international d’aide et d’assistance constantes en faveur
des victimes. Elle contribue ainsi à la prévention des conflits et des tensions par cette action
constante en faveur des victimes et la diffusion de son éthique de tolérance et de dialogue.
Henry DUNANT, citoyen Suisse, témoin de la bataille de Solférino a improvisé des secours
avec l’aide des populations civiles locales. L’aide humanitaire apportée aux soldats des deux
camps sans discrimination est l’acte fondateur de la Croix-Rouge le 22 août 1864.
- La première convention de Genève
Cette Convention a été signée par seize nations, créée dans chaque pays des comités de
secours dont son emblème universel est une croix de couleur rouge sur un fond blanc. Ladite
convention intérne les règles internationales qui définissent le sort des personnes entre les
mains de l’ennemi ne participant pas au combat.
28
La bataille de Solferino a eu lieu le 24 juin 1859 pendant la campagne d’Italie. Cette bataille s’est déroulée en
Lombardie, dans la province de Mantoue.
Les conventions de Genève marquent l’évolution du Droit International Humanitaire (DIH) en
fonction de l’évolution de la guerre moderne. Ainsi, le DIH est placé sous l’égide du Comité
International de la Croix-Rouge (CICR).
De nos jours, l’action humanitaire internationale continue à militer pour aider les personnes
en situation vulnérables.
Les dons attribués aux ONG humanitaires se caractérisent par la mise en place de projet à
court, à moyen ou à long terme ou à l’aide d’urgence humanitaire. Le premier concerne en
général, de projet de mise en place d’une stratégie plus complexe ou des infrastructures à
bâtir. Ce projet dépend beaucoup du temps suffisant pour la réalisation. L’aide d’urgence
humanitaire, comme son nom l’indique, concerne de l’aide qui demande de traitement très
urgent selon le contexte. L’aide d’urgence humanitaire intervient en cas des personnes
victimes de guerre par exemple qui suscite des soins immédiats, des personnes vivant dans la
famine qui n’a rien à se nourrir, des personnes victimes de catastrophes naturelles, ainsi sans
habitation ni nourriture … Ainsi, l’attribution des dons dépend de la réalité de demande, de
l’état urgent ou non de la situation, et du professionnalisme des dirigeants demandeurs aussi
car au cas où ils ne sont pas compétents pour la direction du projet, le risque de projet fantôme
ou fictif ou bien impossible à se réaliser est possible. C’est pour cela que les donateurs
demandent de manuel de projet afin d’identifier sa nécessité pour la population, son efficacité
pendant la réalisation ainsi que son importance pour la lutte contre la pauvreté et le
développement durable.
Il est possible qu’un projet malmené ne puisse pas être réalisé car l’ONG concerné n’a pas
bien mis en place les moyens nécessaires pour l’avant-réalisation. Ces moyens peuvent être
des ressources humaines, des ressources matérielles, des ressources financières …
32
Op. Cit., P.19
Graphique 2 : Taux de croissance du PIB à Madagascar
Le graphique ci-dessus nous montre que le taux de croissance de PIB marque une très grande
inflation en 2020 par rapport aux années précédentes. Cette inflation peut être due aux
résultats financiers en baisse à cause de la pandémie du COVID-19 et les différentes crises
mondiales ayant impacts négatifs pour Madagascar.
Afin de mieux comprendre les différents modes de gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires à Madagascar, il est important d’avoir étudié les sources de ces financements, le
contexte des ONG ainsi que la situation de Madagascar vis-à-vis des relations internationales
sur le sujet. Nous avons pu déduire que suivant le niveau du pays face à la pauvreté et
l’objectif de développement encore loin, il est nécessaire de faire appel aux ONG
humanitaires afin que celles-ci puissent aider la population à sortir dans la misère, à apaiser la
situation que vit la plupart de la population actuelle.
Nous analyserons, par la suite, la gestion des dons attribués aux ONG humanitaires à
Madagascar.
33
[Link]
Deuxième partie – Stratégies de gouvernance et de
gestion des dons attribués aux ONG humanitaires à
Madagascar
En général, et suivant ses caractéristiques, les ONG en tant qu’Organisations non
gouvernementales essayent34 d’avoir leur indépendance tant politique que financière. De ce
fait, chaque ONG est tenue d’avoir leur politique et leur stratégie pour atteindre les objectifs
fixés au préalable. Elle est ainsi indépendante de gérer ses ressources financières, humaines et
matérielles en respectant les dispositions légales en vigueur sur le territoire.
Nous allons voir en premier temps le mode de gestion au niveau de chaque ONG humanitaire
et en second temps nous allons voir le problème de gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires.
Adopter une école malgache, c’est développer toute une communauté : favoriser la scolarité,
l’éducation, le domaine alimentaire, la santé ainsi que les formations parentales.
En général, la gestion des dons attribués pour les ONG humanitaires à Madagascar est comme
ce qui suit : grâce à un don de 25 euros par mois, 8,5 euros après déduction fiscale, vous
offrez un avenir à une quinzaine d’enfants.
Parrainer une école, c’est développer toute une communauté. C’est aussi la joie de partager
ses moments de vie importante au travers de textes, de photos et de vidéos en ligne.
Dans la présente partie, le mode de gestion des dons dépend de la politique interne de chaque
organisation. À Madagascar, en cette matière, les ONG sont tenues de respecter des
dispositions légales et réglementaires en vigueur. Suivant la disposition de l’article 16 de la
loi 96-030, les ONG peuvent gérer leurs propres fonds, les utiliser en bon père de famille dans
les limites définies par leur statut et règlement intérieur. Néanmoins, les ONG sont obligées
de constituer un organe de contrôle qui est le commissaire aux comptes afin de contrôler les
recettes et dépenses financières. Par conséquent, suivant l’article 17 de la même loi, les ONG
sont tenues de dresser annuellement un rapport moral et financier adressé au Comité
départemental ou régional bipartite du lieu du siège de ladite ONG.
34
Certaines ONG reçoivent des fonds provenant des institutions publiques ou de l’Etat de son siège social ou
l’Etat où se trouvent leurs organismes, cf. graphique 1.
De plus, ces ONG sont obligées de dresser un rapport vis-à-vis des donateurs afin de leur
communiquer le montant/évaluation des dons reçus, l’utilisation de ces dons, les résultats
obtenus par rapport aux objectifs fixés et/ou la suffisance ou l’insuffisance de dons octroyés.
Nous prenons exemple de l’Association humanitaire Akamasoa de Père Pedro OPEKA. Selon
les stratégies de gestion des dons humanitaires attribués, « La totalité des dons vont aux plus
pauvres (…) aucun retrait de bénéfice (…), pour 25 euros un enfant peut manger durant un
mois, pour 50 euros on plante 300 arbres, pour 70 euros on permet à une sage-femme de
travailler, pour 75 euros on fait vivre une personne âgée toute une année, pour 100 euros un
enfant peut aller à l’école pendant un an, pour 5000 euros on peut construire une maison en
dur de 60 m2 »35. Les rapports d’activités annuels de cette association humanitaire sont tous
disponibles pour le public via son site (cf. Note ci-dessous).
Ainsi, il est nécessaire d’étudier d’abord les caractéristiques de ces dons humanitaires et
ensuite, le territoire d’intervention des ONG.
« L’aide alimentaire est sûrement la plus ancienne des formes de solidarité. Qui pourrait en
effet laisser son « prochain » mourir de faim s’il a de quoi nourrir ? Aujourd’hui comme hier,
les images de personnes qui ont faim restent parmi les plus choquantes… »36. Depuis les
années 1970, on a marqué la multiplication des programmes internationaux d’aide alimentaire
afin d’apaiser ce problème.
Les dons humanitaires sont tenus par quelques conditions afin de leur donner le caractère de
« don ». De ce fait, le don est quelque chose qu’on donne à quelqu’un sans attendre ni
demander de retour venant du bénéficiaire. Caractérisé par une transaction, en général, c’est-
à-dire le fait de remettre la chose à la main du bénéficiaire 37. Aussi, ils doivent être
caractérisés par la volonté claire et non équivoque du donateur. A vrai dire, les donateurs sont
libres d’accorder ou non des dons, ils donnent sans contrainte ni erreurs afin d’aider les
humains.
Ainsi, en général, les dons humanitaires se sont catégorisés en numéraire ou en nature.
35
[Link]
36
Sandrine CHASTANG, « Toutes les manières de rater un don humanitaire », dans Revue de Mauss 2008/1
(n°31), éd. Le Bord de l’eau, [Link]
37
Guide pratique des dons et du mécénat, éd. In Extenso, Janvier 2011, P.1
A- Dons en numéraire
B- Dons en nature
Les dons en nature se définissent comme une remise matérielle d’un objet, d’un service ou
d’un immeuble à un bénéficiaire sans contrepartie. Leur valeur dépend du type de bien ou de
la prestation objet du don. Plus précisément, les dons en nature pour les ONG humanitaires
sont pour l’urgence des denrées alimentaires, des couvertures, des savons et tous les besoins
quotidiens des humains. Pour la réalisation de projets, tous les matériaux visant à cette
réalisation sont des dons en nature. Concernant le service, il s’agit d’aider les ONG à servir
38
Editorial, mot du Père Pedro-Akamasoa, « Les pouvoirs publics sont responsables », [Link]
[Link]
les personnes vulnérables pour tous les travaux sur terrain ou tout endroit où elles effectuent
leur mission, les dons de service pourrait être accordé par la valorisation des ressources
humaines, les compétences des salariés … De plus, ces dons pourraient être aussi la mise à
disposition des locaux pour servir à l’aide humanitaire ou pour les personnes militant au sein
des ONG. Ainsi, ces dons, s’il s’agit des objets pour l’urgence, pourraient être envoyés, si
importés, par voie aéronautique ou aérienne. S’il s’agit des dons venant des donateurs
nationaux, les collectes pourraient être faites à un endroit communiqué au préalable ou auprès
des locaux de l’ONG.
En sachant les différentes catégories de dons attribués aux ONG humanitaires qui sont les
dons en numéraire et en nature, nous pouvons voir les lieux où interviennent ces ONG sur le
territoire national.
Le territoire d’intervention dépend de l’objet social de chaque ONG suivant son statut.
Concernant le territoire de son siège, la plupart des ONG s’installent dans le capital afin de
faciliter les processus à des raisons administratives. Le territoire d’intervention dépend
également de la facilitation de l’accès des ONG à la population cible.
Dans un premier lieu, nous allons étudier le territoire d’intervention des ONG pour le pays
tout entier. En second lieu, l’intervention dans les zones sensibles.
Plus de 683 ONG, selon les chiffres de l’INSTAT, œuvrant à Madagascar en 2008.
Actuellement, à cause de la pauvreté qui ne cesse de s’accroître, les ONG sont de plus en plus
nombreuses39.
Pour le pays tout entier, l’intervention des ONG humanitaires dépend des urgences et des
besoins pour les personnes vulnérables dans le pays. Par ailleurs, l’aide humanitaire, dans le
monde, vise à apaiser voire réduire ou lutter contre la pauvreté des pays en voie de
développement. Ainsi, pour le cas de Madagascar dont nous avons vu dans la première partie
- situation actuelle de Madagascar (3), le pays est encore dans les conditions de vulnérabilité,
la plupart de la population vit encore sous le seuil de la pauvreté, qualité de l’éducation
39
Cf. listes des ONG pour chaque secteur. [Link]
insuffisante, l’accès à la santé difficile surtout pour la population dans les milieux ruraux, …
etc.
Par conséquent, le besoin d’aides humanitaires est indispensable et incontournable pour
Madagascar. Concernant l’intervention, la majorité des ONG est située dans la capitale de
Madagascar pour cause, d’un côté, de raison administrative, et de l’autre côté la majorité de la
population vivant dans la vulnérabilité s’installe dans la capitale.
Nous présentons dans le graphique ci-dessous un exemple 40 de répartition des ONG à
Madagascar pour chaque province.
40
C’est un exemple car les données actuelles ne sont pas encore disponibles au niveau de la banque centrale
de Madagascar et l’INSTAT.
Graphique 3 : Répartition des ONG pour chaque province à Madagascar
Toliary
7,8% An-
Toamasina
17,0% tana-
narivo
47,1%
Mahajanga
4,6%
Fia-
narantsoa
17,8%
Antsiranana
5,6%
D’après ce graphique, nous venons de voir que 47,1% des ONG s’implantent dans la capitale
tandis que dans la province de Mahajanga, seulement 5,6% des ONG sont présentes.
Cependant, la plupart des ONG, pendant les années d’études 41 faites par l’INSTAT et la
banque centrale de Madagascar, ont œuvré plutôt dans le milieu rural et s’est concentrée dans
les secteurs « Formations/Conseils », « Protection sociale » et « Santé »42. Malgré leur
implantation dans la capitale de Madagascar, les ONG oeuvrent plutôt dans les zones
sensibles notamment dans les milieux ruraux.
41
Études faites pendant quelques années avant l’apparition de ce manuel en 2009.
42
«Étude sur les ONG à Madagascar », 2009, P.6
B- Pour les zones sensibles
En matière de l’action humanitaire, les zones sensibles sont les régions qui ont le plus besoin
d’aides humanitaires à cause de leur situation spécifique comme la sécheresse, la KERE à
cause de cette sécheresse, les régions victimes de catastrophes naturelles répétitives
notamment les cyclones , les régions rurales sans accès aux hôpitaux ou à l’éducation des
enfants, les régions qui ont la majorité de la population sans abri …etc.
Le changement climatique vécu par le pays depuis plusieurs années est la première cause de la
sécheresse dans la région Sud de Madagascar. Le problème de l’eau à cause de manque de
pluie d’un côté, donc sans récoltes, les bovidés meurent, la population est dans une situation
de vulnérabilité notamment dans la famine, plusieurs maladies provoquées par la malnutrition
ou la dénutrition, plusieurs enfants qui subissent de maladie à cause de la famine sont dans un
état critique, voire la mort. De l’autre côté, le problème est dû au manque d’infrastructure afin
de distribuer de l’eau suffisante pour toute la population dans cette région. Le projet de
pipeline n’arrive pas à servir tout le monde pour les besoins quotidiens et aussi pour les
besoins d’eau dans le domaine de l’agriculture et l’élevage afin que la région soit
indépendante à l’alimentation. Ce manque d’infrastructure touche plusieurs domaines
notamment la santé à laquelle même un centre de santé de base (CSB) n’est pas trouvé. Dans
ce cas, les habitants sont obligés de faire plusieurs kilomètres pour trouver un CSB dans le cas
d’urgence. De plus, l’infrastructure pour l’éducation, les formations professionnelles etc…
aussi sont en manque. Les régions les plus touchées de ce problème sont la région d’Androy
et Atsimo andrefana dans la province de Toliary. En plus de la sécheresse, l’insécurité
subsiste aussi dans ces régions, les « dahalo », voleurs de bovidés arrive à détruire le village
pour arriver à leurs fins. La population vit dans la peur, les femmes et les enfants s’enfuient
loin du domicile pour survivre.
Par conséquent, l’intervention des ONG dans ces régions qualifiées de « zones sensibles » est
ainsi plus massive que dans d’autres régions. Au cours de l’année 2008, 80% des ONG
entreprenaient des actions dans les milieux ruraux contre 20% dans les milieux urbains 43,
48,6% oeuvraient à la fois dans les milieux ruraux et urbains.
En plus de la région du Sud de Madagascar, il existe plusieurs cas de vulnérabilité aussi même
dans la capitale de Madagascar. C’est la raison de la création de l’Association humanitaire de
Père Pedro OPEKA en 1989, par laquelle il n’a pas pu supporter de voir plusieurs familles,
43
«Étude sur les ONG à Madagascar », 2009, P.9
des enfants vivant dans la décharge de la capitale et dont la perte totale de la dignité humaine
à cause de la pauvreté44.
Dans le milieu rural, le problème semble être le même, à savoir l’insécurité à cause des
voleurs de bovidés, le manque d’infrastructures comme les hôpitaux, les écoles, les routes,
l’accès à l’eau potable… etc.
Ainsi, les habitants ont besoin des ONG pour la facilitation de l’accès à leurs besoins. Les
ONG descendent sur le terrain, se rapprochent de la population dans le but d’alléger leur
souci, d’aider face à leur problème de santé, d’alimentation, d’éducation …etc.
Dans cette première partie, nous avons vu que la gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires dépend de stratégie interne de chaque ONG sous réserve du respect des
dispositions légales et réglementaires. Cependant, la gestion de ces dons humanitaires pourrait
rencontrer de problèmes. Nous allons étudier dans la partie suivante, les problèmes de gestion
des dons attribués aux ONG humanitaires.
Plusieurs problèmes rencontrés en matière de gestion des dons attribués au niveau de chaque
ONG, nous allons analyser d’abord le problème sur le déséquilibre des ressources et du
champ d’application, et ensuite nous montrerons que l’ingérence de l’État en matière de
gestion des dons attribués aux ONG humanitaires aussi présente de problème.
Le déséquilibre est l’insuffisance des dons par rapport à la population ciblée ou bien l’excès
des dons par rapport à cette dernière.
Le déséquilibre est dû, d’un côté, à l’accroissement du taux de la pauvreté et du changement
climatique que subit le pays. Le nombre de personnes qui ont besoin d’aide humanitaire est
augmenté, ou bien ce déséquilibre est dû à une erreur de gestion des dons reçus au niveau de
l’ONG. Plusieurs contextes marquent ce déséquilibre. De l’autre côté, ceci est dû à la situation
actuelle sur la crise mondiale.
Ainsi, nous allons analyser les causes (1) et les conséquences (2) du déséquilibre.
§2- Immixtion de l’État pour la gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires
À titre de rappel et afin de mieux déterminer la place de l’État dans la présente étude, il est
important de préciser que les ONG sont des organisations non gouvernementales, créées par
des personnes physiques ou morales de droits privés, exerçant des activités durables selon leur
statut et ne reçoivent aucun bénéfice de ces activités à vocation humanitaire. Les ONG sont en
général45indépendantes politiquement et financièrement. C’est ainsi que certaines ONG
humanitaires n’acceptent pas de subventions publiques et surtout de financement venant de
l’État comme Médecin sans Frontières. Ceci étant dit, plus l’aide est privé, plus l’ONG est
indépendante. Les caractéristiques des ONG concernant leur personnalité privée et leur
indépendance marquent leur puissance dans l’espace mondial et leur répartition géographique
dans le monde.
Actuellement, les ONG sont de plus en plus importantes et indispensables dans les pays en
voie de développement. C’est-à-dire, la confiance de l’opinion publique repose plus aux ONG
qu’au gouvernement, aux presses46 ou aux différentes institutions publiques…
L’immixtion de l’État ou du gouvernement ou de leur agent dans certains domaines posent de
problèmes pour la population. En effet, si nous prenions exemple dans le domaine des droits
de l’homme à Madagascar, selon le rapport de l’ambassade des États-Unis à Madagascar47,
en matière du respect de l’intégrité de la personne, on a constaté la privation arbitraire de la
vie et les autres exécutions illégales ou motivées par des raisons politiques, les tortures 48
malgré l’interdiction de cette pratique prévue dans la Constitution de la République en son
article 8 alinéa 1, les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. De plus,
les conditions dans les prisons et les centres de détention, les arrestations ou détentions
arbitraires, ou encore le déni d’un procès public équitable … Toutes ces atteintes aux droits de
l’homme et à la vie de la personne humaine qui sont les facteurs de pertes de crédibilité de
l’État, du gouvernement et des institutions publiques à Madagascar.
De ce fait, on peut déduire que les ONG sont des auteurs de tranquillité pour la population
aussi à Madagascar que dans l’espace mondial.
Grâce à leur véritable force financière, pour les grandes ONG, elles sont devenues des héros
pour la population.
Les rôles du gouvernement et des ONG doivent être complémentaires en matière de lutte
contre la pauvreté et du développement durable. Nous allons présenter dans les deux parties
suivantes la place du Gouvernement Malagasy (1) et la place des ONG humanitaires (2).
45
En général car certaines ONG reçoivent des subventions venant de l’Etat.
46
Surtout à cause des « fake news » publiées pour déranger le public.
47
Rapport sur la situation des droits de l’homme à Madagascar en 2021, publié par le département d’Etat des
Etats-Unis le 10 Mai 2022, [Link]
48
Selon le rapport de la CNIDH en 2019, Cf. section 1.a. cas de Nasandratra.
Comme nous avons mentionné ci-dessus, le gouvernement doit collaborer avec les ONG en
matière de développement du pays. Cependant, leurs missions doivent être complémentaires
et ceci ne signifie pas que l’État doit ingérer aux affaires des ONG en matière de gestion
financière ou à la politique d’administration. L’article 16 et 17 de la loi 96-030 prévoit la
gérance indépendante des ONG en matière financière et de son côté, l’État par le biais de ses
représentants contrôle la légalité de leur gestion par la présentation des rapports annuels
financiers et moraux.
D’un côté, pour les ONG étrangères, l’octroi de l’autorisation de s’installer sur le territoire est
à la charge du gouvernement par le biais du ministère des Affaires Étrangères et du ministère
de l’Intérieur et de la Décentralisation. De l’autre côté, pour toutes les ONG nationales ou
étrangères, le ministère de la population, en tant qu’institution chargée de la population,
collabore sur les actions et les activités des ONG humanitaires sur le territoire.
De plus, selon les missions et attributions du ministère de la population, de la protection
sociale et de la promotion de la femme, ceci est chargé à l’amélioration des conditions socio-
économiques de la population, à la mise en place d’un dispositif de protection pour la
promotion de la femme, à la mise en place d’un plan d’action efficace pour la protection
sociale.
En matière de demande d’exonération des droits et taxes fiscales lors de l’importation des
divers matériaux servant aux aides humanitaires, le gouvernement accorde cet allègement
fiscal par le biais du Ministère des finances et du budget.
À titre comparatif, les ONG sont de véritables forces financières dans les pays développés
comme la Grande-Bretagne. Le budget des ONG en Grande-Bretagne s’élève au-delà de cinq
milliards d’euros par an, tandis que pour la France, un milliard d’euros par an. Cette force
financière des ONG dans les pays développés est grâce aux allègements de législation fiscale
pour les dons attribués aux ONG. Ainsi, ces dernières ont l’aptitude très élevée à agir dans
l’espace mondial. Pour les particuliers, ces avantages fiscaux sont la défiscalisation des dons à
partir d’un certain montant. Pour les ONG, il y a exemption de l’impôt foncier, de la taxe
d’habitation, des droits de succession et de l’impôt sur les profits mais sans TVA (Income
And Corporation Taxes Act, 1988)49.
A Madagascar, l’exonération des diverses taxes et droits en matière fiscale doit, en général,
faire l’objet d’une demande par l’intéressé à l’exception de certaines ONG ou associations
humanitaires reconnues d’utilité publique et bénéficiant de l’exonération sur divers droits et
49
Présentation du mouvement humanitaire au Royaume-Uni, [Link]
taxes fiscales comme l’Association humanitaire Akamasoa reconnue d'utilité publique en
2004, exonérée pour toute importation des aides alimentaires ou dons humanitaires.
L’impuissance du gouvernement malagasy surtout du ministère de la population qui est
chargé d’adopter un plan d’action efficace pour aider les ménages à sortir de la pauvreté.
Cette impuissance est marquée par plusieurs facteurs50. En 2019, le gouvernement a validé sa
SNPS pour la période 2019-2023 qui est axée sur le plan d’action suivant :
- les transferts sociaux ;
- accès aux services sociaux de base ;
- appui au moyen d’existence ;
- renforcement du régime contributif
En matière de protection sociale qui est une réponse immédiate et de relèvement pour faire
face à la détresse sociale et économique post catastrophes naturelles de plus en plus aigües
avec le changement climatique. Entre avril et décembre 2020, plus de 368 000 ménages plus
vulnérables ont bénéficié de deux transferts monétaires inconditionnels afin de soutenir leur
consommation lors du confinement à cause de la pandémie du COVID-19. En 2021, au moins
1,3 million de personnes étaient en détresse dont 30 000 en situation de famine dans le Sud de
l’île. Cependant, les moyens financiers mis à la disposition du MPPSPF sont très limités, soit
0,5% du budget général de l’État51, ainsi seul 5,5% de la population est couverte de la
protection sociale.
Le MPPSPF a décidé de créer un groupe thématique de la protection sociale (GTPS) présidé
par le ministère regroupant les ministères, les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et
les ONG concernées. Toutefois, cette création de GTPS est marquée par les faibles moyens
techniques, financiers et institutionnels du ministère et l’empêche d’y assurer le rôle de leader
de stratège qui devrait lui incomber.
Les problèmes au niveau du ministère sont52 :
- Assignations budgétaires insuffisantes ;
- Plans organisationnels, structures et fonctionnement du ministère se caractérisent par
une bureaucratie verticale lourde mal adaptée à la nature de ses activités ;
- Manque de système formel de coordination des activités de Direction générale du
ministère ;
50
Act for performance, Revue organisationnelle et institutionnelle du MPPSPF avec les autres organes de
protection sociale à Madagascar, Note d’information, Mars 2022, Revue commandée par l’UNICEF en 2020.
51
Selon le MPPSPF – Direction Générale du Budget (février 2018), Analyse budgétaire.
52
Act for performance, Revue organisationnelle et institutionnelle du MPPSPF avec les autres organes de
protection sociale à Madagascar, Note d’information, Mars 2022, Revue commandée par l’UNICEF en 2020.
- Le ministère n’a pas l’autonomie et la souplesse de gestion nécessaire à la
coordination et au suivi-évaluation de projets ;
- Sur le plan informatique, la Direction des Systèmes d’Information (DSI) n’a pas les
moyens techniques et matériels pour engager les mesures nécessaires au bon
fonctionnement de l’informatique et de bureautique du ministère ;
- Le système d’information dans son ensemble est mal sécurisé parce que la quasi-
totalité des courriers électroniques du ministère utilisent des adresses personnelles ;
- La gestion du personnel du MPPSPF est largement dépendante, voire contrainte par la
règlementation de l’administration malagasy ;
- Il y a d’important déficits de compétences techniques, le peu d’attention portée à la
mémoire institutionnelle et au transfert de connaissances ;
- Le système de rémunération en vigueur dans l’administration malagasy ne stimule pas
la performance ;
En ce qui concerne la loi 2022-015 du 22 décembre 2022 portant loi de Finances pour 2023,
ci-dessous le budget prévu pour le MPPSPF (en millier d’Ariary) :
- Solde : 9 957 068
- Indemnités : 26 625
- Biens et services : 20 984 490
- Transfert : 3 166 560
- Le total pour le budget de fonctionnement est ainsi de 24 177 675
Pour le budget d’investissement :
- Externe : 162 203 123
- Interne : 25 944 820
- Total : 188 147 943
La somme totale pour le MPPSPF pour l’année 2023 est prévue à 222 282 686.
En 2020, « conformément aux engagements de l’État malagasy relatifs au renforcement du
Capital Humain, un crédit complémentaire de 11,5 milliards d’Ariary équivalant à 2,56
millions USD sera inscrit dans le budget du Ministère de la Population, de la Protection
Sociale et de la Promotion de la femme »53. Le budget de fonctionnement en 2020 pour ce
ministère s’élevait à 24 177 675, le budget d’investissement à 58 062 720, pour une totalité de
89 874 238.
Nous constatons ainsi qu’une hausse de budget au MPPSPF pour l’année 2023. Certaines
ONG humanitaires de droit Malagasy sont aidées ainsi par l’État en matière de ressources
53
Budget de fonctionnement, Loi de Finance Rectificative 2022-012 du 21 juillet 2022.
humaines ou matérielles ou encore financières (Cf. résultats des entretiens effectués). C’est
pour cela que les ONG sont en étroite collaboration avec l’État et le gouvernement en matière
de lutte contre la pauvreté.
Par ailleurs, pour les cas de sinistres causés par les catastrophes naturelles, l’État par le biais
du BNGRC évalue les dégâts et distribue les aides d’urgence humanitaire. Les attributions et
la stratégie nationale du BNGRC sont prévues par la loi 2003-010 du 05 septembre 2003
relative à la politique nationale de gestion des risques et des catastrophes ainsi que ses textes
subséquents. Au niveau du BNGRC, il existe quatre comités ainsi que le bureau national. Ces
comités sont le Comité Régional des Gestions des Risques et des Catastrophes (CRGRC), le
Comité de District de Gestion des Risques et des Catastrophes (CDGRC), le Comité
Communal de Gestion des Risques et des Catastrophes (CCGRC) et le Comité Local de GRC
(CLGRC).
Le BNGRC est présidé par le Ministre de l’Intérieur, et est chargé à :
- L’élaboration et la mise en œuvre des plans opérationnels de GRC ;
- La coordination de toutes les activités à l’échelon national et/ou avec les partenaires
intervenant en GRC ;
- L’appui des autres Comités des structures territoriales d’intervention ;
- L’assurance du suivi et de l’évaluation de leurs activités ;
- La contribution financière aux actions de prévention et de l’intervention dans la
mesure de ses possibilités ;
- La coordination des activités d’intervention dans le cas où plusieurs régions sont
affectées par un sinistre ;
- La centralisation des informations émanant des régions ;
- Rendre compte de ses activités, pour chaque type d’intervention, par un rapport
périodique aux échelons supérieurs respectifs54.
Rattaché au Ministère chargé de l’Intérieur, le BNGRC est l’organe habilité à la gestion, à la
coordination, au suivi et à l’appui du Conseil National de GRC.
Le BNGRC a pour objectif à assurer la protection de la population et de ses biens en toutes
circonstances notamment pendant le passage des catastrophes naturelles. De manière
spécifique, ses objectifs sont protéger les installations nécessaires à défendre et à sauvegarder
la vie de la population, de ses biens et de l’environnement ; entretenir et affermir la solidarité
et la volonté de résistance de la population aux impacts négatifs des risques et des
catastrophes ; ainsi que de développer les aptitudes et réduire la vulnérabilité de la population.
En ce qui concerne les ressources financières et matérielles de cet organisme, l’État Malagasy,
institutions et particuliers nationaux et étrangers, les Nations-Unies par le biais des
organisations comme l’UNICEF ainsi que d’autres organismes internationaux octroient des
fonds pour des aides humanitaires.
Un des problèmes des dons attribués pour les organismes publics est la méfiance des
donateurs concernant les aides humanitaires passées par l’État ou de ses organismes rattachés.
Par conséquent, suivant un audit entrepris en 2019, pour la période 2014-2019, un soupçon de
détournement de fonds environ 3 milliards d’ariary provenant de l’UNICEF destinés à l’aide
humanitaire est constaté. Plusieurs ministères ainsi que le BNGRC ont été concernés par ce
détournement de fonds suivant le conseil des ministres effectué le mercredi 4 janvier 2023.
Dans son communiqué, l’UNICEF a précisé que la procédure standard consiste à retourner
54
BNGRC, Les attributions respectives des différents comités au niveau des structures d’intervention en GRC,
P. 14
ces fonds à l’Unicef pour être réalloués. À l’issue de ce Conseil des ministres, le Président de
la République a ordonné une enquête urgente sur cette affaire au niveau du BIANCO et de
l’Inspection Générale de l’État.
De son côté, l’ancien représentant de l’UNICEF à Madagascar, avant son départ en 2021, a
communiqué qu’une telle situation pourrait freiner les éventuels financements que le
gouvernement malagasy pourrait bénéficier des donateurs.
Face aux difficultés rencontrées au niveau du ministère en charge de la population citée ci-
dessus, les ONG prennent leur place. Ainsi, que ce soit d’origine nationale ou internationale,
les ONG doivent se conformer à la législation nationale.
Plus de 84755 ONG militantes à Madagascar dans les divers secteurs dont plus de 118 ONG
sur la santé ; plus de 51 pour la formation professionnelle, la réinsertion sociale et
l’accompagnement des familles ; plus de 67 pour la protection de l’enfant ; plus de 17 pour
l’urgence et plus de 62 pour la sécurité alimentaire. La liste des ONG est non exhaustive, les
ONG étrangères sont plus faciles à répertorier que les ONG de droit Malagasy parce que ces
ONG étrangères sont appelées à s’intégrer dans la plateforme PINGO et aussi parce qu’au
moment de demande d’octroi de l’accord de siège, celles-ci sont identifiables au niveau de
MAE et du ministère de l’intérieur. Le renforcement du partenariat entre Madagascar et les
ONG étrangères est parmi les réformes engagées par le gouvernement malagasy afin de
faciliter cette relation partenariale, notamment dans les démarches administratives pour
l’octroi de l’accord de siège. Madagascar, par le biais du Ministère des Affaires étrangères,
mets un plan d’action efficace et efficiente afin d’inciter les ONG étrangères à la
collaboration. Grâce à la plateforme « PINGO », ces ONG sont identifiables facilement
notamment leurs dénominations, secteurs d’activité, leurs objectifs, leurs sources de
financement … Actuellement, plus de cinquante ONG étrangères sont enregistrées dans cette
plateforme. Le rassemblement dans cette plateforme facilite l’échange entre elles, partage de
compétences, communication des informations, ou encore recherche des dons …
La collaboration des ONG humanitaires avec l’État et le gouvernement est indispensable.
Parfois, les ONG ont besoin des ressources venant de l’État pour la continuation de leur
activité et parfois l’inverse est constatée.
55
Chiffres selon le site de l’ambassade de France à Madagascar, [Link] , 30 juin 2021.
Toutefois, en matière de crédibilité, la population tend plus vers les ONG que vers l’État pour
confier leurs problèmes quotidiens sur la pauvreté. Ceci peut être parce qu’au moment du
besoin, les ONG grâce à leur nombre élevé travaillant sur le territoire sont plus faciles à
l’accessibilité. Cependant, ces personnes vulnérables demandeurs ne peuvent pas tout d’un
coup se rapprocher de l’État pour demander de l’aide. Au niveau de l’État, les procédures sont
plus compliquées et lentes pour pouvoir octroyer aux personnes vulnérables les aides
humanitaires.
Les ONG peuvent aussi tenir le rôle d’intermédiaire entre l’État et les communautés
internationales en matière de respect de l’État de droit, de la lutte contre la corruption et de
bonnes gouvernances. Les ONG aussi, par leurs représentants, peuvent alerter les grandes
ONG internationales face aux problèmes que subissent une partie de la population sur la
famine et la sécheresse, la gravité de la situation ainsi que les risques qui pourraient survenir
au cas où l’État n’arrive pas à résoudre ces problèmes.
Dans le cas de périls post catastrophes naturelles, les ONG pourraient, dans l’urgence, aider la
population touchée en distribuant les aides d’urgence et soigner les malades.
Or, le problème pour la population c’est que ces aides ne sont que temporaires. En ce qui
concerne les donateurs, les ONG ne savent pas et ne sauront jusqu’à quand les donateurs
continue à les financer. C’est ainsi une situation précaire que l’on vit chaque jour. Il n’y a
aucune garantie que ces donateurs continuent d’entretenir la population vulnérable par le biais
des ONG.
Dans la deuxième partie, nous avons pu savoir la gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires à Madagascar en précisant que chaque ONG peut gérer selon sa façon les dons
humanitaires à condition que celle-ci respecte la loi en vigueur et présenter à l’administration
concernée le rapport annuel financier et moral à chaque fin d’exercice. Les problèmes
rencontrés au niveau de l’ONG en matière de gestion financière, d’un côté sur l’insuffisance
des dons attribués à cause de retard de traitement de la demande au niveau des donateurs ou
encore de l’insuffisance due à la crise mondiale actuelle. Une crise qui, en conséquence,
provoque une diminution des dons octroyés mais une augmentation de nombre de personnes
vulnérables, une hausse de prix de tous produits surtout les produits de première nécessité
comme le riz, l’huile, sucre … De l’autre côté, l’immixtion de l’État dans la gestion des dons
attribués aux ONG ou l’ingérence de l’État dans en tant qu’intermédiaire entre les donateurs
et la population aussi est un problème. C’est cette situation d’ingérence qui conduit au
détournement de fonds destinés aux aides humanitaires. C’est ainsi que les ONG travaillent
directement auprès de la population afin d’y remédier, et aussi à cause de manque de
ressources humaines de l’État.
Actuellement, comme nous avons mentionné ci-dessus, la population fait plus confiance dans
les ONG qu’à d’autres institutions ou médias ou encore des organismes publics.
Dans la dernière partie ci-dessous, nous proposerons des recommandations face à ces
problèmes en présentant des résultats recueillis à l’aide d’un questionnaire préétabli et suivant
les entretiens semi-directifs effectués auprès de cinq ONG humanitaires tranvaillant à
Madagascar.
Troisième partie – La recommandation sur la
gouvernance et gestion des dons attribués aux ONG
humanitaires à Madagascar
Les objectifs généraux de l’étude sont de pouvoir identifier les ONG humanitaires de droit
Malagasy ou de droit étranger militant sur le territoire national grâce aux recherches faites
malgré la liste non exhaustive, savoir leurs sources financières, ainsi que leur mode de
gouvernance et gestion des dons humanitaires. En ce qui concerne les objectifs spéciaux, les
objectifs sont de pouvoir analyser de plus près les problèmes de gouvernance et gestion au
niveau de chaque ONG afin de trouver de proposition de solution pour l’avenir.
C’est ainsi que nous allons aborder en premier lieu une proposition de projets durables pour
les ONG humanitaires (I) et en second lieu la recommandation est basée sur l’augmentation
des ressources.
Avant d’apporter des recommandations sur l’étude, nous allons présenter des résultats
accueillis auprès de cinq ONG humanitaires qui voudraient rester anonymement, d’abord pour
leur image, ensuite à cause du mal qu’elles auraient pu dire à propos de l’État ou d’autres
organismes lors des réponses aux questions posées, et enfin en détaillant leur situation
financière dans le cadre de l’entretien.
Nous avons choisi la méthode d’entretiens mixtes avec les responsables suivant des
questionnaires que nous avons préparé au préalable, à répondre lors de l’entretien. (en annexe)
Nous avons essayé de passer les entretiens auprès des ONG travaillant dans différents
secteurs. Les personnes à qui nous avons demandé à faire les entretiens et à répondre les
questions préparées occupent différents postes au sein de leur ONG, et elles sont des salariées,
bénévoles et volontaires. Nous avons choisi ces personnes pour mieux comprendre la position
de chacun dans leur mission.
Nous avons vu que les missions confiées aux personnes travailleuses auprès des ONG
humanitaires ne sont pas faciles, c’est fatigant mais l’aide humanitaire est caractérisée par les
bienfaisances pour les autres en n’attendant pas de retour.
En matière de gestion des dons attribués aux ONG, nous déduisons à partir les résultats
accueillis que ce qui ressemble les ONG avec les sociétés commerciales, celles-ci respectent
les règles sur les recettes et les dépenses. Bien catégoriser les dépenses de fonctionnement et
les dépenses d’investissement en tenant compte la priorisation des aides sur les personnes plus
vulnérables.
Concernant le respect des dispositions édictées par la loi en vigueur, certaine ONG n’est pas
connue par l’État malagasy et suivant recensement effectué à Madagascar. Le problème c’est
que le pays ne fait pas de recensement régulier par le biais du service concerné qui est
l’INSTAT pour pouvoir identifier toutes les ONG nationales et internationales qui travaillent
sur le territoire. C’est la raison pour laquelle, parfois, l’État ne connaît même pas les sommes
d’argent qui rentrent sur le territoire à titre de dons attribués aux ONG concernées.
En matière de gestion, nous pouvons déduire que la mise en place d’une transparence de
gestion des dons attribués dépend de la mise en place d’un service d’audit que ce soit interne
ou externe afin de trouver à quel point l’ONG est-elle transparente en matière de gestion des
dons. Le feedback auprès des donateurs c’est aussi une marque de transparence des ONG et
aussi pour gagner la confiance de ces donateurs.
Les zones sensibles sont toutes les parties du territoire qui présentent de chiffre important de
personnes vulnérables. Ces zones sont situées en premier rang dans la partie Sud et Sud-Ouest
de Madagascar notamment à Ambovombe et Androy à cause de la sécheresse depuis quelques
années, impact du changement climatique.
Une des zones sensibles se trouve aussi dans la capitale à cause de la surpopulation, plusieurs
personnes n’ont pas de travail à faire pour survivre, elles sont devenues des personnes de rue.
Ces personnes attendent les passants pour demander de l’aide comme une somme d'argent,
des vêtements ou des nourritures. Le risque dans cette situation c’est qu’en général, ce sont
ces personnes qui font des vols à la tire aux passants même pour les passages dans les
transports communs. Quand ces personnes n’ont pas de travail à faire ou ne s’efforcent pas à
chercher de travail pour nourrir, elles font des bandits la nuit. C’est une des causes
d’insécurité majeures dans la capitale. Le problème c’est que « l’habitude est une seconde
nature », il est difficile d’offrir de nouvelles vies ay ces personnes car elles ont l’habitude de
demander sans travailler ou de commettre des infractions. Néanmoins, ils existent certains de
ces personnes de rue qui ont soif de changement et de développement pour pouvoir sortir de
leur pauvreté.
Les autres parties de ces zones sensibles sont situées dans les zones rurales de Madagascar qui
ont de difficultés sur les besoins quotidiens à cause de manques d’infrastructures comme les
hôpitaux, eau potable, écoles, …
Dans le grand Sud de Madagascar, l’aide aux personnes vulnérables à cause de la famine et de
sécheresse semble ne plus être temporaire. C’est-à-dire, la population dans le Sud a besoin
d’aide en permanence à cause de plusieurs facteurs que nous avons développé ci-dessus 56. À
cause de sécheresse due au changement climatique, la population a baissé les bras car il n’y a
rien à faire, tout dépend en grande partie de l'eau.
Pour les ONG qui ont choisi de travailler dans le Sud et faire face à cette situation, nous avons
quelques recommandations afin de trouver de solutions efficaces et efficientes pour ce
problème. Le PAM et l’UNICEF travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement
Malagasy ainsi que leurs partenaires pour la lutte contre la famine dans le Sud. Les Nations
Unies requièrent une riposte de nutrition d’urgence dans le Sud57.
La distribution pour les aides d’urgence humanitaires doit être effectuée dans le temps imparti
afin d’éviter d’autres dégâts causés par les catastrophes naturelles. La distribution concerne
les aides alimentaires et toutes autres aides d’urgence comme les vêtements, couverture,
savon, … C’est ainsi que la distribution doit être à temps pour subvenir aux besoins
quotidiens des humains. Toutefois, il y a des cas où des aides alimentaires transportées par
camion vers les régions sinistrées n’arrivent que plusieurs jours voire quelques mois après le
56
Cf. 2e partie – I- B/2
57
UNICEF, « Programme de nutrition des enfants et adolescents, [Link]
passage de catastrophe naturelle parce que la demande d’aides humanitaires pourrait être en
retard surtout si cette demande est destinée aux donateurs étrangers. De plus, le retard de
distribution pourrait être à cause de la route non entretenue, c’est ainsi que les véhicules ne
peuvent pas être arrivés au moment opportun à leur destination.
De l’autre côté, concernant le domaine de la santé, l’intervention à temps est importante aussi
étant donné qu’il y a mise en jeu de la vie des humains. Les ONG ainsi se sont rapprochées de
la population concernée afin de leur soigner pour les maladies causées par la situation de
vulnérabilité qu’elle subit ou des sinistres passagers. Ainsi donc, dans les zones difficiles à
l’accessibilité, les ONG s’installent au préalable dans ces zones afin d’éviter le temps perdu à
cause de la difficulté de déplacement.
Pour la distribution à temps, il est nécessaire pour chaque ONG de prévoir des ressources
spécifiques pour les aides humanitaires post catastrophes naturelles. C’est-à-dire, ces ONG
notamment les petites ONG militantes dans les zones sensibles, doivent collecter des fonds au
préalable suivant la communication sur les catastrophes naturelles qui pourraient toucher le
pays pour l’année N+1. Une évaluation sur la probabilité de sinistres doit être faite pour
prévoir la valeur de fonds à épargner pour prévoir l’urgence humanitaire. Cette proposition
afin d’éviter qu’au moment du passage des catastrophes que les ONG se précipitent de
collecter de fonds publics ainsi que des dons privés pour pouvoir aider la population sinistrée
et que ces fonds pourraient être insuffisants à couvrir le nombre de la population ciblée. Ainsi,
la situation est instable et précaire. La présente partie est consacrée seulement sur les besoins
quotidiens de la population ciblée. Pour des projets classés « non urgents », la distribution à
temps n’est pas obligatoire. Cependant, nous voulons préciser qu’en matière d’aide
humanitaire, tout est urgent car tout dépend de la vie des personnes.
La collaboration avec l’État est dans ce cas importante, afin d’accélérer les démarches à
suivre pour recevoir à temps les aides tant financières que matérielles. C’est ainsi que nous
sollicitons la reconnaissance d’utilité publique.
Par la reconnaissance d’utilité publique accordée par l’État pour les ONG ou associations
humanitaires, ces dernières pourraient bénéficier l’exonération de tous droits et taxes fiscales
concernant l’importation des aides humanitaires notamment les dons alimentaires. À noter
qu’à Madagascar, l’allégement fiscal est accordé aux ONG reconnues d’utilité publique ou
suivant demande adressée à l’administration concernée. Ainsi, l’exonération de divers droits
et taxes fiscales n’est pas systématique pour l’importation des aides humanitaires comme dans
les autres pays étrangers comme la Grande-Bretagne qui a fixé un règlement au préalable afin
d’aider les ONG à la facilitation des procédures à faire concernant l’action humanitaire.
Cependant, malgré les concertations du gouvernement avec les ONG humanitaires concernant
le renforcement du partenariat, la facilitation de procédure pour la demande d’octroi de
l’accord de siège pour les ONG étrangères, les droits et taxes fiscales sont de recettes
importantes de l’État Malagasy. Ainsi, si toutes les ONG humanitaires qui, actuellement,
devenues très nombreuses à Madagascar, sont toutes reconnues d’utilité publique et
bénéficiant l’exonération, les recettes fiscales diminuent et cette situation met en jeu la
situation financière du pays.
De ce fait, l’exonération de ces droits et taxes fiscales est accordée seulement pour certaines
ONG ou associations humanitaires, les critères d’octroi de cette reconnaissance n’ont pas été
précisés. La collaboration avec l’État est constatée pour certaines ONG ou associations
humanitaires, certaines sont aidées par l’État sur les ressources financières, humaines, ou
matérielles, certaines aident l’État ou le gouvernement par le biais du ministère concerné dans
le cas de réalisation de projets de développement étant donné que le budget accordé pour
chaque ministère est limité, alors que le nombre de personnes vulnérables ne cesse pas
d’augmenter, surtout actuellement à cause des facteurs à la fois internes et externes. Cette
collaboration État-ONG doit être efficace à condition que ni l’une ni l’autre ne doit pas
enfreindre les règles à respecter notamment sur l’indépendance et la non-ingérence.
A part la considération des zones sensibles sur la distribution à temps des dons humanitaires
et la reconnaissance d’utilité publique, une proposition de solution durable est développée
dans la partie ci-dessous.
À partir de cette étude, nous pouvons déduire que la mission la plus importante c’est de ne
pas dépendre infiniment des ONG pour subvenir aux besoins au moins les besoins quotidiens.
Si les objectifs sont le développement durable et la lutte contre la pauvreté, les stratégies
utilisées doivent être aussi durables excepté les aides d’urgence post catastrophes naturelles.
La priorisation des infrastructures est une solution durable, surtout pour la population habitant
dans les milieux ruraux. Sachant que la surpopulation dans la capitale ne permet plus pour
toute la population de trouver du travail afin de subvenir aux besoins, l’État et le
gouvernement doivent mettre un plan d’action pour inciter la population à s’évacuer de la
capitale pour habiter les milieux ruraux qui sont encore vastes à faire des activités, notamment
l’agriculture et l’élevage. À Madagascar, il y avait une période où les personnes vulnérables
se sont transportées dans des milieux hors de la capitale pour habiter dans les milieux ruraux,
faire des activités agricoles afin de trouver de quoi survivre. Ce projet a été mis en œuvre par
l’État Malagasy mais à cause de manque de ressources financières et matérielles pendant la
période où ces personnes commencent à y habiter jusqu’à ce qu’elles recueillent les produits
de leur travail, ces personnes reviennent dans les rues de la capitale pour continuer leur
ancienne habitude.
C’est ainsi qu’il est important de construire des infrastructures durables dans les milieux
ruraux pour permettre aux personnes vulnérables d’avoir accès aux besoins quotidiens
notamment les routes, les hôpitaux, les écoles, l’eau potable et l’électricité. Ce sont les
principales difficultés de la population habitant dans les milieux ruraux. Le problème de l'eau
potable et de l’électricité subsiste à Madagascar même dans les milieux urbains à cause de
manque de ressources. Le manque d’infrastructures pour l’eau potable est aussi le problème
majeur de la population dans le grand Sud malgré plusieurs projets des ONG et de l’État sur
l’eau potable comme le projet pipeline, diorano, … Dans les milieux ruraux, le manque
d’hôpitaux est un grand risque pour la perte de vie des femmes et des enfants. Ce sont ces
infrastructures manquantes qui empêchent la population de vivre dans les milieux ruraux.
Dans les milieux ruraux qui sont encore vastes à Madagascar, les personnes vulnérables
peuvent mettre en valeur les terrains sans occupant et sans propriétaire afin de demander des
certificats d’occupation à l’État et pouvoir y rester pour faire des activités professionnelles.
L’incitation de ces personnes peut être faite par les ONG humanitaires. Ces dernières peuvent
aussi aider ces personnes à l’acquisition de ces terrains. Ainsi, la capitale n’est pas surpeuplée,
l’administration concernée pourrait procéder au plan d’action pour la propreté de la ville car
actuellement, les habitants de la ville vivent dans la pollution, les ordures, les
embouteillages…
La création de nouvelles villes a été déjà entamée par le projet présidentiel pendant son
mandat actuel 2019 – 2023, mais ça reste encore sans suite jusqu’à maintenant, la plupart de
la population reste encore dans la vulnérabilité et la lutte contre la pauvreté continue toujours.
C’est ainsi que nous incitons les ONG à construire des infrastructures durables et n’attendent
pas l’État pour aider la population.
Ainsi donc, habiter dans les milieux ruraux permet à la population ciblée de trouver de
nouveaux commencements de leur vie, faire des activités professionnelles pour pouvoir
subvenir aux besoins, la capitale sera moins peuplée, donc il y aura réduction de la pollution.
La pollution, qui est un des facteurs de changement climatique. La mise en œuvre de ce projet
demande beaucoup d’investissements et de sources financières importantes, mais nous
prenons exemple de l’Association Akamasoa que lorsque le Père Pedro a décidé d’enlever les
gens dans la misère, il n’avait rien, il ne savait même pas par quels moyens il va falloir pour y
arriver, mais il y arrive maintenant.
C’est ainsi l’action humanitaire : la bataille n’est pas facile mais baisser les bras devant la
vulnérabilité de la population n’est pas envisageable. Par ailleurs, la lutte contre la pauvreté
ne dépend pas seulement des ONG humanitaires ou de l’État, ça dépend aussi et surtout de la
conscience personnelle de chacun, la volonté de se développer psychologiquement,
socialement et financièrement dépend de l’effort de tous. Un pays ne peut être développé tant
que la population n’a pas la volonté d’y arriver. Nous proposons de construire des
infrastructures durables y compris les écoles dans les zones rurales car l’éducation de la
population débute à l’école. Pour un pays développé, c’est la bonne éducation qui est la base
du développement de chacun, puis de tous.
C’est pour cela qu’il est recommandé d’inciter la population vulnérable d’habiter dans les
milieux ruraux et s’efforcer de travailler pour se développer car demander de l’aide aux ONG
humanitaires incessamment n’est pas une solution stable, l’aide des donateurs est précaire, on
ne sait même pas quand ces donateurs vont cesser de donner de l’aide, il est nécessaire d’avoir
de solution durable.
§2- Privilégier l'agriculture et l’élevage
L’agriculture et l’élevage sont des activités que les ancêtres Malagasy ont pratiquées depuis
toujours. Des activités pour pouvoir subvenir aux besoins quotidiens étant donné que les
Malagasy privilégient la consommation des aliments bio. Jusqu’à maintenant, c’est seulement
l’autosuffisance est constatée. Les ONG peuvent aider la population à augmenter la qualité et
la quantité des produits pour pouvoir en exporter.
Plusieurs actions sociales lancées par le projet présidentiel sont déjà en cours et que l’on a
constaté des résultats positifs comme le « projet fihariana ». Ce projet consiste à offrir des
terrains pour les jeunes actifs dans les zones rurales définies, les matériaux nécessaires pour
pouvoir faire l’exploitation, des animaux pour l’élevage comme des vaches … Ces jeunes font
leurs activités pendant une durée déterminée et après cette durée, le président de la
république, étant donné que c’est un projet présidentiel mentionné dans son plan sur
l’émergence de Madagascar, revient pour observer les résultats et distribuer des primes pour
les jeunes ayant les meilleures notes pour les activités grâce à leur volonté et leur
enthousiasme de se développer. Les ONG doivent exercer ce même projet pour inciter la
population à avoir leur volonté d’indépendance mais ne pas dépendre toujours des aides
humanitaires. C’est seulement l’indépendance financière qui pourrait être la route vers le
développement et la lutte contre la pauvreté. Nous estimons que la totalité des aides
humanitaires provenant des donateurs pour chaque ONG humanitaires pourraient servir à ce
projet. Ainsi, peut-être que ce sont les aides d’urgence post catastrophes naturelles seulement
qu’on demandera aux donateurs.
Mais afin de réaliser ce projet, il est nécessaire que chaque ONG humanitaire augmente leurs
sources de financement étant donné que c’est un grand projet méritant beaucoup
d’investissement. Dans la partie suivante, nous proposons ainsi l’augmentation des ressources.
Chapitre II- Augmentation des ressources
L’augmentation des ressources implique d’un côté, collecter des fonds externes pour une
augmentation financière. De l’autre côté, augmenter les ressources signifie aussi diminuer les
dépenses de fonctionnement qui s’avèrent inutiles. Ce dernier cas requiert la compétence des
responsables comptabilité et finance au sein de l’ONG.
Nous proposons en premier temps le renforcement du partenariat entre ONG ou entre ONG et
donateurs (A) et en second temps, nous incitons toutes les ONG humanitaires qui s’installent
à Madagascar à mettre en place des stratégies efficaces sur la transparence de gestion des dons
attribués aux ONG humanitaires (B).
Le gouvernement Malagasy a déjà entamé des réformes au niveau du ministère des Affaires
étrangères pour le renforcement du partenariat entre l’État et les ONG étrangères afin d’avoir
une meilleure collaboration sur les objectifs communs du développement durable et de la lutte
contre la pauvreté de Madagascar. Le partenariat consiste à la facilitation de procédures
administratives accordée aux ONG étrangères pour l’octroi de l’autre d’exercice sur le
territoire. Il consiste aussi à la volonté des ONG à s’inscrire dans la plateforme PINGO pour
pouvoir les identifier et les contrôler sur le respect de la loi en vigueur. Plusieurs ONG tant
nationales qu'internationales sont encore non identifiables à Madagascar, c’est ainsi que la
liste des ONG est non exhaustive. Plusieurs millions de dollars entrent sur le territoire, ces
sommes proviennent de l’étranger, mais l’État ne sait pas d’où vient ce financement et pour
quelle ONG est-il destiné et pour quels projets. Le problème c’est ce que nous avons déjà
développé avant, certaines ONG ne font pas confiance à l’État et au gouvernement à cause de
soupçon de détournement de fonds, c’est ainsi que l’État n’est pas au courant de la circulation
d’argent vers le territoire que normalement le trésor public doit le savoir.
Par ailleurs, le renforcement de partenariat consiste, dans la présente étude à l’incitation des
donateurs nationaux et étrangers (1) et à la recherche de moyens de facilitation de
transaction (2).
§1- Incitation des donateurs nationaux et étrangers
L’aide humanitaire est l’approche fondamentale de la solidarité entre humains et l’image
universelle de l’entraide. C’est ainsi qu’au niveau de chaque ONG, il y plusieurs bénévoles et
volontaires pour apporter leur contribution par le biais de services qu’ils apportent pour la
population par l’intermédiaire de l’ONG qui les recrute.
L’adaptation des ONG étrangères venues s’implanter à Madagascar est déjà une marque de
solidarité humaine, le respect de la loi, de la coutume Malagasy étant donné que chaque
région possède sa coutume différente des autres. Cette adaptation est confirmée par Sonia
que : « Lorsqu’on envisage l’implantation internationale des ONG indispensables à leur
fonctionnement, on s’aperçoit que celles-ci sont soumises aux mêmes impératifs que les
entreprises multinationales en termes d’efficacité, de professionnalisme et d’adaptation aux
différents contextes économiques, politiques, législatifs et culturels des pays dans lesquels
elles interviennent »58.
Pour chaque ONG, grâce aux nouvelles technologies, il y a la plateforme en ligne pour faire
de collecte de dons, cette démarche facilite le processus pour le donateur et rapide pour le
demandeur.
L’incitation des donateurs tant nationaux qu’étrangers doit faire l’objet d’une explication de la
vraie situation existante parce que la confiance des donateurs se repose au préalable par la
gravité ou non de la situation et après à la bonne gestion des dons attribués par la présentation
d’un rapport financier et rapport d’activité aux donateurs. Ainsi, lorsqu’on incite les donateurs
à accorder des dons, il faut leur prouver que les fonds récoltés sont utilisés par l’ONG
demanderesse en bon père de famille.
La transaction de somme d’argent à titre de dons ou l’importation des aides matérielles prend
de temps jusqu’à ce que le demandeur les reçoive. C’est ainsi une question de temps. Au
niveau du demandeur et du donateur, cette demande est annexée du projet détaillé à réaliser
pour une durée déterminée, le donateur prend de temps pour le traitement et faire de retour
quand nécessaire est faite, la réponse pourrait être oui, non ou à modifier selon le cas. Pour
58
Sonia COUPIE, « Le management stratégique des ONG ou la quête de légitimité », 2012, 50 ans de mondes en
développement, p.59
des aides d’urgence, la facilitation de procédure pour recevoir en urgence les aides est
appliquée. Dans ce cas, le traitement se fait en urgence car il s’agit en général des sinistres
post catastrophes naturelles. Cependant, concernant les actions humanitaires, tout semble
urgent. Notre proposition pour les donateurs, c’est que toutes les demandes doivent être
traitées de manière urgente pour éviter l’écart de prix entre le temps de la demande et la
réception des fonds.
Par ailleurs, la distance aussi joue un rôle important dans l’importation des aides alimentaires
ainsi que les autres matériaux servant à l’action humanitaire. Étant donné qu’en transport
maritime, il y a beaucoup de temps à passer avant que les conteneurs arrivent sur le territoire,
il est nécessaire ainsi de faire de traitement urgent aussi pour ne pas dépenser plus de temps.
C’est pour cette facilitation de transaction que les ONG mettent des plateformes en ligne pour
pouvoir participer à l’action humanitaire en donnant pour les personnes vulnérables.
Chapitre II- Transparence de gestion des dons attribués
Une bonne gestion des dons attribués aux ONG humanitaires consiste à la transparence au
niveau de chaque ONG en matière de gestion de recettes et dépenses financières ainsi que
l’utilisation des matériaux et aides alimentaires importés.
Cette transparence doit être présente pour toute activité faite par les ONG, les recrutements
des bénévoles, volontaires, stagiaires ou salariés ; le manuel rédigé de manière très détaillé
pour que le donateur puisse savoir la situation réelle. Ce manuel doit contenir évidemment la
dénomination de l’ONG demanderesse, le projet à faire dans la catégorie urgente ou à long
terme, un récapitulatif de recettes à demander, des dépenses à pourvoir en mentionnant les
matériaux nécessaires pour engager ces dépenses, la somme des dons déjà collectés au
moment de la rédaction par les autres donateurs, le reste à collecter … Pendant le déroulement
du projet, communiquer aux donateurs comment se déroule le projet, à l’issue du projet,
envoyer un rapport d’activité et un rapport financier ainsi que toutes pièces justificatives de
toutes les dépenses engagées pendant la réalisation du projet.
Le suivi et l’évaluation doivent être effectués par des auditeurs internes ou externes de l’ONG
afin de savoir s’il y a présence de transparence de gestion ou non. Ainsi, les ONG sont tenues
d’avoir au moins un commissaire aux comptes selon la disposition de la loi. Nous proposons
aussi qu’elles doivent faire l’objet d’audits, c’est une question d’éthique étant donné qu’elles
travaillent pour le public, pour la population, et ce n’est pas la population en général, c’est la
population vulnérable. Donc, si aider cette population vulnérable présente de blocage
financier à cause d’une gestion qui s’avère incorrecte aux services responsables au sein de
l’ONG, c’est un désastre, car nous savons comment la population dans le grand Sud vit la
famine à cause de sécheresse.
CONCLUSION
En choisissant notre démarche de recherche par des entretiens mixtes suivant un questionnaire
préparé au préalable, effectués auprès des ONG humanitaires qui s’implantent à Madagascar,
nous avons pu avoir des nouvelles connaissances et les apporter à travers ce mémoire de
recherche. Nous avons choisi le type de recherche qualitative dont les détails sont ci-dessus
dans la partie transcription des entretiens, étant donné que la recherche quantitative n’est pas
possible à cause des ONG très nombreux mais le temps limité.
Ainsi, à l’issue de ces entretiens, nous pouvons déduire que la transparence de gestion au
niveau de chaque ONG doit être d’abord commencée par l’identification de toutes les ONG
nationales et internationales qui font des activités humanitaires sur le territoire. Quand on peut
les identifier, leur dénomination, leur secteur d’activité, ainsi que leur territoire d’intervention,
nous pouvons savoir d’où proviennent leurs sources de financement, dans quels pays, par
quelles institutions … Force est donc de préciser qu’en sachant identifier ces ONG par le biais
du recensement, on peut leur faire respecter les dispositions légales et réglementaires en
vigueur notamment la présentation des rapports annuels financiers et moraux, et la publication
des rapports d’activité pour les résultats obtenus et les projets à venir. En matière de stratégie
efficace de gouvernance et de gestion des dons attribués, il est important que les ONG
requièrent une opération d’audit tous les six mois ou au moins tous les ans pour faire un suivi
et une évaluation des activités effectuée.
Les résultats obtenus lors des recherches effectuées nous conduisent à de multiples
interprétations. C’est ainsi que nous avons proposé les recommandations de l’étude ci-dessus
après avoir obtenu ces résultats.
La lutte contre la pauvreté et le désir au développement durable reste encore une bataille à
long terme pour Madagascar. C’est ainsi que nous avons évoqué que les dons attribués ne sont
que temporaires. La situation reste précaire, car les donateurs pourraient s’arrêter du jour au
lendemain. La solution est de privilégier les infrastructures pour subvenir aux besoins de la
population. Néanmoins une gestion efficace des dons attribués au niveau des ONG
humanitaires, l’argent et les dons alimentaires peuvent être finis alors que les infrastructures
restent pour toujours.
Bref, les ONG doivent mettre en place des stratégies pour mettre en place des infrastructures
nécessaires pour la population en demandant l’augmentation des dons auprès de donateurs.
Cependant, nous proposons ces recommandations en ne sachant pas si ces dons sont vraiment
sans contrepartie ou s’il en existe étant donné que le pays possède nombreuses ressources
naturelles.
BIBLIOGRAPHIE
Textes internationaux :
Textes nationaux :
Ouvrage :
Revues
Les informations relatives à chaque village sont mises à jour régulièrement et enrichies trois fois par
an par le Vozamagazine (papier et numérique, selon choix du donateur).
VOZAMA soutient une école et non pas un enfant en particulier, favorisant ainsi une dynamique de
partage pour éviter toute inégalité de traitement entre les bénéficiaires.
Bien sûr. Si les parrains viennent à Madagascar, nous nous ferons un plaisir de les faire découvrir le
village qu’ils parrainent.
25 euros par mois, soit 8,50 euros après déduction fiscale (66% de don est déductible si vous êtes
imposable). A Madagascar, 25 euros permet d’impulser une dynamique de développement à tout un
village.
TABLE DES MATIERES
SOMMAIRE
INTRODUCTION...................................................................................................................................................1
PREMIÈRE PARTIE – L'ORGANISATION DES ONG HUMANITAIRES À MADAGASCAR...............4
CHAPITRE I- APERÇU GLOBAL DE L'ORGANISATION DES ONG HUMANITAIRES À MADAGASCAR..............................................4
L'ÉTUDE APPROFONDIE DE L'ORGANISATION DES ONG HUMANITAIRES À MADAGASCAR NÉCESSITE UNE
PREMIÈRE EXPLORATION DES CADRES JURIDIQUES RÉGISSANT LEURS ACTIVITÉS, SUIVIE D'UNE ANALYSE
CONTEXTUALISÉE DES SPÉCIFICITÉS SOCIO-ÉCONOMIQUES ET CULTURELLES DU PAYS. CETTE APPROCHE
SÉQUENTIELLE VISE À OFFRIR UNE COMPRÉHENSION EXHAUSTIVE DU FONCTIONNEMENT DES ONG DANS LE
CONTEXTE MALGACHE........................................................................................................................................4
Section I - Cadres juridiques et réglementaires :............................................................................................4
§1- Cadres juridiques :.................................................................................................................................................4
LA CHARTE INTERNATIONALE DES DROITS DE L'HOMME POSE UN CADRE JURIDIQUE ESSENTIEL QUI INFLUENCE
LES OPÉRATIONS DES ORGANISATIONS NON GOUVERNEMENTALES (ONG) HUMANITAIRES. CELLE-CI EST
COMPOSÉE DE TROIS TEXTES FONDAMENTAUX QUI SONT : LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE
L'HOMME (1948), LE PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS
(1966), ET LE PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS CIVILS ET POLITIQUES (1966). BIEN QUE NON
CONTRAIGNANTS SUR LE PLAN JURIDIQUE, CES TEXTES ONT UNE FORCE MORALE ET POLITIQUE IMPORTANTE
ET ORIENTENT LES PRINCIPES DES ONG HUMANITAIRES....................................................................................5
. LA CHARTE COMME BASE NORMATIVE :........................................................................................................5
PREMIÈREMENT, LA CHARTE FOURNIT UNE BASE NORMATIVE POUR L'ACTION HUMANITAIRE EN ÉNONÇANT
UNE LISTE DE DROITS QUE TOUTES LES PERSONNES DOIVENT JOUIR SANS DISCRIMINATION. LES ONG
HUMANITAIRES SE RÉFÈRENT FRÉQUEMMENT À CES DROITS POUR ORIENTER LEUR MISSION, AFFIRMER LA
DIGNITÉ HUMAINE ET INSISTER SUR LA NÉCESSITÉ DE FOURNIR UNE ASSISTANCE AUX POPULATIONS EN
DÉTRESSE. LA CONCEPTION DE LEUR MANDAT, SOUVENT AXÉE SUR DES DROITS SPÉCIFIQUES TELS QUE LE
DROIT À LA SANTÉ, À L'ALIMENTATION, À L'EAU PROPRE ET À UN LOGEMENT SÛR, S’INSPIRE DIRECTEMENT
DES DROITS ÉNONCÉS DANS LA CHARTE............................................................................................................5
. LA CHARTE COMME CADRE DE LA LÉGITIMITÉ DES ACTIONS......................................................................5
DEUXIÈMEMENT, CES TEXTES AIDENT À ÉTABLIR LA LÉGITIMITÉ DES ONG HUMANITAIRES AUPRÈS DE DIVERS
ACTEURS, Y COMPRIS LES GOUVERNEMENTS, LES AUTORITÉS LOCALES ET LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE.
EN EFFET, EN ALIGNANT LEURS OBJECTIFS SUR CEUX DE LA CHARTE INTERNATIONALE DES DROITS DE
L'HOMME, LES ONG HUMANITAIRES PEUVENT RENFORCER LEUR POSITIONNEMENT EN TANT QU’ACTEURS
NEUTRES ET INDÉPENDANTS DONT LE SEUL OBJECTIF EST DE PROMOUVOIR ET PROTÉGER LES DROITS
HUMAINS............................................................................................................................................................ 5
. LA CHARTE COMME UNE CONSTITUTION DE RÉFÉRENCE AUX TEXTES LÉGISLATIVES................................5
TROISIÈMEMENT, LA CHARTE SERT DE RÉFÉRENTIEL POUR L'ÉLABORATION DES NORMES INTERNATIONALES
HUMANITAIRES. PAR EXEMPLE, LES PRINCIPES HUMANITAIRES FONDAMENTAUX QUE SONT L'HUMANITÉ, LA
NEUTRALITÉ, L'IMPARTIALITÉ ET L'INDÉPENDANCE S’ANCRENT DANS LES DISPOSITIONS DE CES TEXTES DE
DROITS HUMAINS. L’ADHÉSION À CES PRINCIPES PERMET AUX ONG DE FONCTIONNER DANS DES CONTEXTES
POLITIQUES COMPLEXES ET PARFOIS HOSTILES, EN OFFRANT UNE PROTECTION AUX ÉQUIPES SUR LE TERRAIN
ET EN ASSURANT L'ACCÈS À CEUX QUI ONT BESOIN D'AIDE................................................................................5
QUATRIÈMEMENT, LA CHARTE INTERNATIONALE DES DROITS DE L'HOMME EXHORTE LES ÉTATS ET AUTRES
ACTEURS À COLLABORER EN VUE DE RÉALISER CES DROITS. PAR CONSÉQUENT, ELLE FAVORISE UN
ENVIRONNEMENT MULTILATÉRAL OÙ LES ONG HUMANITAIRES PEUVENT S'ENGAGER DANS UN DIALOGUE
CONSTRUCTIF AVEC LES GOUVERNEMENTS ET LES INSTITUTIONS INTERNATIONALES POUR LA MISE EN ŒUVRE
DE PROGRAMMES ET PROJETS. CETTE DYNAMIQUE COLLABORATIVE EST CRUCIAL POUR LES INTERVENTIONS
D'URGENCE ET LES EFFORTS DE RECONSTRUCTION POST-CRISE..........................................................................5
ENFIN, LA CHARTE MET L'ACCENT SUR LA RESPONSABILITÉ. ELLE IMPLIQUE UNE OBLIGATION POUR LES
ÉTATS DE RESPECTER, PROTÉGER ET RÉALISER LES DROITS DE L'HOMME, MAIS ÉGALEMENT POUR LES ONG DE
VEILLER À CE QUE LEURS ACTIVITÉS NE VIOLENT PAS LES DROITS HUMAINS. LES MÉCANISMES DE
RESPONSABILITÉ NATIONAUX ET INTERNATIONAUX PEUVENT AUSSI INCLURE LES CONTRIBUTIONS DES ONG
SOUS FORME DE RAPPORTAGE, DE PLAIDOYER ET DE VEILLE.............................................................................6
§2- Les problèmes de qualification :............................................................................................................................9
A- La qualification juridique :..............................................................................................................................9
Sur le plan juridique, l’Association et l’ONG sont distinguées par les lois qui régissent. Cependant, toute association
exerçant l’action humanitaire et respectant les dispositions légales, pourrait être considérée comme des ONG en
mettant en valeur les objectifs sur la lutte contre la pauvreté et le développement durable.........................................9
SECTION 2- STRUCTURE ET FONCTIONNEMENT :..........................................................................................11
§1- INDICATEURS ÉCONOMIQUES ET SOCIAUX :............................................................................................11
IL NOUS EST NÉCESSAIRE DE PRÉSENTER AU PRÉALABLE QUELQUES INDICATEURS CONCERNANT LE PAYS AFIN
DE DÉDUIRE L’IMPORTANCE ET LA PLACE DES ONG À MADAGASCAR, À QUEL POINT LE PAYS A BESOIN
D’AIDES HUMANITAIRES...................................................................................................................................12
A- Missions et attributions des ONG...............................................................................................................14
B- Caractéristiques des ONG..........................................................................................................................16
CHAPITRE II- ORIGINE DES SOURCES DE FINANCEMENT DES DONS.............................................................18
B- Distinction entre action humanitaire et action sociale..............................................................................20
A- Les dons privés............................................................................................................................................21
B- Le rôle de l’Etat et du Gouvernement........................................................................................................21
A- L’action humanitaire internationale..........................................................................................................24
1- Critères d’attribution des dons...................................................................................................................25
2- Situation actuelle de Madagascar...............................................................................................................26
CONCLUSION......................................................................................................................................................61
BIBLIOGRAPHIE................................................................................................................................................63
ANNEXE................................................................................................................................................................64
TABLE DES MATIERES....................................................................................................................................65