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Pèlerinage à Rome : Histoire et Monuments

Le document présente un programme de pèlerinage à Rome, mettant en avant la garde suisse pontificale, la ville de Rome et son histoire, ainsi que les principales basiliques et monuments. Il décrit également la basilique Saint-Pierre, son importance historique et religieuse, ainsi que des éléments architecturaux et artistiques du Vatican. Enfin, le texte évoque des événements marquants de l'histoire de l'Église et de Rome, soulignant la continuité de l'Église catholique à travers les siècles.

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Pèlerinage à Rome : Histoire et Monuments

Le document présente un programme de pèlerinage à Rome, mettant en avant la garde suisse pontificale, la ville de Rome et son histoire, ainsi que les principales basiliques et monuments. Il décrit également la basilique Saint-Pierre, son importance historique et religieuse, ainsi que des éléments architecturaux et artistiques du Vatican. Enfin, le texte évoque des événements marquants de l'histoire de l'Église et de Rome, soulignant la continuité de l'Église catholique à travers les siècles.

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Ce carnet appartient :

……………………………………

Rome

1 Pèlerinage
Programme :

La garde suisse :
La garde suisse pontificale (en latin : Cohors Helvetica Pontificia)
est une force militaire chargée de veiller à la sécurité du pape et
du Vatican. Elle est la dernière Garde suisse encore existante
(des détachements de mercenaires suisses servaient de garde
rapprochée et protocolaire dans différentes cours européennes
à partir du XVe siècle). Créée le 22 janvier 1506 sur l'ordre du
pape Jules II, elle est la plus petite armée du monde avec 110 mi-
litaires contre 113 à la Compagnie des Carabiniers du Prince de
Monaco, ainsi que la plus vieille existant aujourd'hui1.

Rome 2 49 Pèlerinage
Tél en cas d’urgence :
Adresse de l’hôtel et de la pension
.

Rome 48 © Abbé Bernard Schubiger 2014


3 Pèlerinage
Rome (it. "Roma"), capitale de l'Italie, est située dans la région du La-

ROME tium, sur le Tibre. Désignée par "Urbs" au temps de l'Empire romain,
elle reçut plus tard le nom de "Ville éternelle".
Construite sur ces 7 collines : Le Pincio, le Janicule, l'Esquilin, le Pa- D'après la légende, Rome aurait été fondée par Romulus et Rémus, al-
latin, le Capitole, l'Aventin, le Quirinal. laité par une louve, en 753 av. J.-C.

Tables des matières :


Programme ......................................................... 2-3
Rome : les 4 basiliques ...................................... 4
Une page historique sur le Vatican et l’Eglise..... 5
Plan cité du Vatican .......................................... 6-7
Basilique Saint Pierre : .................................... 8-13
Plan de Saint Pierre ................................................................. 13
Les grottes du Vatican............................................................. 8-9

Musée du Vatican : ........................................... 14-25


Pinacothèque .......................................................................... 14-17
Les chambres de Raphaël ....................................................... 18-20
Chapelle Sixtine ..................................................................... 20-25

Basilique saint Marie Majeure ........................ 25-28


Plan ........................................................................................ 27
Arc triomphal et tympan ......................................................... 28
Dictionnaire de quelques monuments principaux 29
-31
Forum romain et Colisée ................................. 32-33
Les 4 basiliques sont les églises principales de Rome faisant
partie de tout pèlerinage : Basilique Saint Clément ................................... 34-45
Saint-Pierre construit sur la tombe de Saint-Pierre, est Monuments romains et Mîtraenum .......................................... 34
l'illustration de "sur cette pierre je bâtirai mon Eglise" Basilique inférieure (4e-8es) ................................................... 34-35
Sainte-Marie-Majeure première basilique consacrée à Marie Basilique supérieure (12es) .................................................... 35-45
avec de magnifiques mosaïques de l'enfance de Jésus La croix source de vie (mosaïque 12e s) ................................. 38-45
Saint Jean-de-Latran première cathédrale de l'évêque de
Rome, donc du pape jusqu'au 15e s. Petite histoire de Rome et du Vatican ................. 46
Saint-Paul-hors-les-murs la plus grande église après Saint- Table des matières ............................................. 47
Pierre. Tombeau de Saint-Paul. Sur les murs de la nef : Plan de Rome ...................................................... 48
médaillons des papes de Saint-Pierre à Benoît XVI. © Abbé Bernard Schubiger septembre 2009

Rome 4 47 Pèlerinage
Petite histoire de Rome et du Vatican Une page historique sur le Vatican
753 av. J.C. Le 31 avril, fondation de Rome, Romulus 1er roi. et l'Église
510 av. J.C. Pendant 223 ans, le Royaume, 7 rois régneront.
30 av. J.C. Pendant 480 ans, la République. De la tombe de Pierre sur laquelle se dresse la Basilique Saint-
476 ap. J.C. Pendant 506 ans, l'Empire, 25 empereurs. Pierre, au successeur de Pierre dont la résidence a été érigée à
58 av. J.C. Les campagnes militaires de Jules César. proximité, deux milles ans d'histoire sont inscrits. Le Vatican est
44 av. J.C. Le 15 mars, Jules César est assassiné par son fils Brutus devenu le symbole de la continuité de l'Église et le point de
dans le sénat.
ralliement de tous les chrétiens à l'Église catholique. Ce petit
42 av. J.C. Auguste, 1er empereur (30-14) après J.C. Sous son
règne : naissance à Bethléem.
État de 44 ha aujourd’hui est le résultat tangible d'une longue
33 ap. J.C. Tibère (14-37) : mort et résurrection de Jésus. évolution de notre Église qui n'a pas été sans encombre. En voici
64 ap. J.C. Incendie de Rome. les épisode essentiels:
67 ap. J.C. Néron (54-68) : mort de Pierre et Paul à Rome. 0-325 : L'Église en lutte dans l'Empire romain (persécution-
70 ap. J.C. Titus : la ville de Jérusalem est rasée par les armées de martyrs)
l'Empereur. 325-476 : L'Église est reconnue par l'empereur Constantin.
72 ap. J.C. Vespasien : construction du Collisée. Construction des premières basiliques.
312 ap. J.C. Constantin : la croix du Christ est mise sur les 476-800 : Rome tombe. L'Église reste la seule institution avant
étendards. Baptême de l'empereur, de sa mère, de sa Charlemagne.
femme. les chrétiens respirent, on voit venir la fin des 800-1300 : Période glorieuse. Croisade. Théocratie. Rupture
persécutions.
avec les Orthodoxes. (art roman et gothique)
476 ap J.C. Fin de l'empire romain.
800 ap. J.C. A Noël, Charlemagne, empereur d'occident est 1400-1800: Renaissance. Inquisition. Réformes. (art renaissance
couronné par le Pape Léon III. et baroque)
1305 ap. J.C. Siège d'Avignon. 1900-2000: Humanisme. Oecuménisme. Concile Vatican II (1962-
1377 ap. J.C. Retour des Papes à Rome, au Vatican. 1965).
1503-1513 ap. J.C. Jules II entreprend la construction de St-Pierre, Aujourd'hui, environ 800 millions de catholiques dont plus de
architecte Bramante. 3000 évêques dans le
1527 ap. J.C. Sac de Rome, les soldats suisses meurent au service du monde entier; les
Pape. musulmans sont à peu
1870 ap. J.C. Le 20 septembre, les troupes italiennes entrent près le même nombre.
dans la ville, unification de l'Italie. La cité du Vatican
1929 ap. J.C. Le 11 février, accord entre l'Italie et l'Etat pontifical compte 358 citoyens
du Vatican. dont 100 gardes suisses,
Aujourd'hui, Rome a 3 millions d'habitants qui vivent dans l'enceinte et une radio et un journal,
en dehors de l'enceinte de Rome sur 1507 km2. A titre de comparai- une police civile, un
son, la Suisse 6'700'900 habitants. L'ancienne enceinte autour des sept hôpital, une banque, un
collines historiques (Le Pincio, le Janicule, l'Esquilin, le Palatin, le Ca-
magasin, une gare, un
pitole, l'Aventin, le Quirinal) ne couvre que 4% de cette superficie.
héliport.
Elle compte 300 palais et 280 églises.

Rome 46 5 Pèlerinage
Casina de Pie IV :
cette résidence fut
7. Les prophètes et les colonnes de l’Église :
Jardin du Vatican : ils présentent
presque intactes toutes les caractéris- construite pour Paul IV
en 1558. A l’intérieur
S. Paul S. Pierre
tiques des jardins à l’italienne du 16e s. enseigne à instruit S.
elle conserve des
fresques de Federico S. Clément:
Zucari et Santi di Tito. Laurent à « regarde
suivre la le Christ
croix du que je t’ai
Fontaine de l’aigle : réalisée par Gio- Christ. Il promis ». Il
vanni Vasanzio, cette fontaine de rocaille tient sous tient une
est coiffée d’un aigle si grand qu’on lui a ses pieds ancre, jeté
donné le nom de « aquilone » le grill de en mer
son mar- comme un
tyr. martyr.
Isaïe : Jérémie :
Radio Vatican : La première « je vis le C’est lui
station de radio Vatican fut ins- Seigneur assis notre Dieu :
tallée par Guglielmo Marconi en sur son aucun autre ne
1931. Elle émet à partir d’un an- trône. » (Is lui est compa-
cien donjon du mur Léonin qui 6,1) rable (Ba
abrita quelques temps l’obser- 3,36).
vatoire astronomique

Cité du
8. La main du Père et le Pax
Vatican du Christ:Au sommet le mono-
gramme du Christ. En éventail au
-dessous un demi-cercle ondulé
marque la limite du ciel. La main
du Père offre à son Fils une cou-
ronne, symbole de victoire.

9. Le che-
min du
Christ et du
Chrétien de
Palais du gouvernement : Santo Stefano degli Abis-
construit vers 1930 il abrite sini : fondée par LéonII,
Bethléem à
les bureaux de l’Etat de la cette église fut cédée par Jérusalem.
cité du Vatican. Sixte IV aux coptes.

Rome 6 45 Pèlerinage
Entrée du musée du
Vatican : Palais du Vatican :

Chapelle Sixtine :
voir p. 20

Chambres de Ra-
phaël : voir p. 18
Augustin Jérôme Ambroise

Via della Concilia-


zione : ouverte vers
1930 offre une incom-
parable perspective
sur la basilique et la
coupole de Michel-
Ange
Mathieu (visage d'homme), Jean (aigle) Grégoire

Place St
Pierre : 2 bras
nous accueille

Grottes du Vatican :
fouilles archéologiques
sous la basilique
Salle des audiences pontificales :
inaugurée en 1971, architecte Pier
Luigi Nervi.

Sacristie : Dessinée au 18e s. elle est reliée Collège et cimetière teuton : du 8e


par 2 passages. Visite du trésor de St s. pour les allemands, fondé avec de
Marc (lion), Luc (boeuf), Pierre : Crux vaticana, la sainte colonne,... la terre du Golgotha !

Rome 44 7 Pèlerinage
Basilique Saint Pierre
Les fondements sur lesquels reposent la basilique, est la tombe de St
Pierre sur laquelle a été construit à partir du règne de Constantin le
Grand la première église.
Au début il s'agissait d'un petit monument (cf. dessin) : appelée la
mémoire de saint Pierre. Il s'agit d'une reconstitution
du petit monument construit peu après le milieu du 2e
siècle afin de rappeler l'emplacement de la sépulture
de saint Pierre (une fosse creusée dans la terre) et
dont on trouve trace vers l'an 200 dans une lettre de
Caïus, un important prêtre romain.
II y avait aussi un petit baldaquin pour l'exalter qui
surmontait un autel pour l'orner. Puis le tout a été
surmonté de la grande Basilique élevée en
l'honneur de l'apôtre et dont la coupole se trouve
précisément juste au-dessus de la tombe.
Au point de départ, la colline du Vatican émerge de
l'histoire. Le nom Vaticinia est d'origine étrusque.
On y pratiquait des célébrations avec rites
sanglants, des mystères de Cybile.
Du temps de l'Empire romain, il y avait un cirque pour des courses de
chars et ensuite sous forme de spectacle, on y chassait des bêtes
fauves. Celui-ci fut commencé par Caligula pour être achevé par
Néron. De sinistres mémoires Néron y faisait brûler des êtres humains
telles des torches ou faisait immoler les victimes à la lueur des
flambeaux. Ceci est précisé par le philosophe Sénèque, un
contemporain de Néron.
Que nous dit l’histoire ?
Des textes affirment la présence de Pierre à Rome comme l'épître de
St Clément de Rome aux Corinthiens et celle de St Ignace d' Antioche
aux Romains.
Témoignage de Clément de Rome
L'évêque Clément écrit ceci: A la fin du 1er siècle, après avoir évoqué
les martyres pour Néron :
« Jetons les yeux sur nos excellents apôtres: Pierre qui, victime
d'une injuste jalousie, souffrit non pas une ou deux, mais de
nombreuses fatigues et qui, après avoir rendu son témoignage
s'en est allé au séjour de gloire qui lui était dû. C'est par suite de la
jalousie et de la discorde que Paul a montré le prix de la patience,

Rome 8 43 Pèlerinage
et, ayant rendu son témoignage devant ceux qui gouvernent il a
quitté ce monde et s'en est allé au Saint Lieu. Nous rappelons que
Clément a peut-être personnellement connu les apôtres. Des
allusions de sa lettre, on peut légitimement déduire que c'est
Rome qu'il évoque, cette ville dont il est l'évêque et d'où il écrit. »
Témoignage de l'évangéliste Jean sur le martyre de Pierre
Écrit à la fin du 1er siècle: « En vérité, je te le dis, (annonce le Christ
Ressuscité à Pierre), quand tu étais jeune, tu mettais toi-même ta
ceinture et tu allais où tu voulais, mais quand tu seras devenu vieux, tu
étendras les mains, un autre te nouera la ceinture et te mènera où tu ne
voudras pas aller. » Jean précise: « II indiquait par là le genre de mort
par laquelle Pierre devait glorifier Dieu. Sur cette parole, il ajoute: Suis-
moi ! » (Jean 21,18-19). C'est au 3e siècle qu'on écrit que Pierre aurait
été crucifié la tête en bas.
C’est Pie XII qui fit entreprendre des travaux gigantesques à l'
occasion de la sépulture de son prédécesseur le pape Pie XI et permit
aux archéologues de chercher cette tombe : ils cherchèrent et ils
trouvèrent au-delà de leurs espérances.
Ainsi est apparu, tout d'abord le pavement de l'ancienne basilique
constantinienne puis sous le pavement un grand nombre de sépultures
chrétiennes. Les travaux furent effectués de 1939 à 1949 puis de 1953 à
1958. C'est ainsi qu'on découvrit la tombe de St Pierre, située juste en
dessous de l' autel du pape.
Sur le mur de la tombe de Pierre: un monogramme du Christ, avec
souhait de vie dans le Christ.

Visite de la basilique
La 1ère basilique constantinienne .
C’est Constantin qui se convertit au christianisme en 320 commença
les travaux de construction de cette basilique.
Celle-ci fut consacrée par le pape Silvestre 1er en 326.
L'immense vaisseau, auquel le pèlerin abordait par des marches de
porphyre et de marbre, devait au cours de douze siècles s'enrichir de
trésors considérables, malgré les invasions, les pillages et les
incendies. Dépouillée de ses précieux ornements par les Wisigoths et
les Vandales, la basilique fut chaque fois restaurée par la piété des
pontifes, en particulier Pélage II à la fin du 6ème siècle, Grégoire le
Grand, puis Léon IV vers 850, après le pillage des Sarrasins. Les
derniers embellissements lui furent apportés par Callixte Il (1119-
1124) et Innocent III (1198-1216).
Rome 42 9 Pèlerinage
6. Les docteurs de
l'Église : ont prêché le mys-
tère dela croix, nouvel arbre
de vie, avec le Christ nouvel
Adam.
Les 4 premiers pères de
l’Église qui ont médité ce
mystère de la croix et déve-
loppé le sens de la comparai-
son entre le jardin de la Ge-

nèse (Gn 2,4-17) et celui de Geth-


sémani (Jn 18,1). 6. Les 4 évan-
gélistes :

Basilique actuelle : La Renaissance


Avec Nicolas V (1447-1455), la solidité de l'édifice, après tant d’année
donnait de sérieuses inquiétudes. Et l'idée se fit jour, dans le climat de
la Renaissance, de construire une nouvelle basilique, en un geste
d'hommage renouvelé au prince des apôtres. Il fallut l'impétueux Jules
Il pour prendre la décision, et cinq papes pour en mener à bien la
réalisation, avec le concours de cinq architectes : Bramante, Michel-
Ange, Giacomo della Porta, Maderno, Le Bernin. Urbain VIII. consacra
la nouvelle basilique vaticane, le 18 novembre 1626, treize siècles,
jour pour jour après la première.
Aperçu de la basilique -Façade
La façade est 115 mètres de long et 45 mètres de haut. Le diamètre de
ses énormes colonnes est de 2,65 mètres. Les statues du Christ et des
apôtres: 5,70 rn Sous l'horloge gauche, le bourdon mesure 7,50 rn de
circonférence et pèse 9,3 tonnes.
La place appelée Vestibule : 2 bras nous accueillent :
Celle-ci est l’œuvre du Bernin qui remania le dessin de Michel-Ange,
le rendant plus harmonieux. Elle a 340 mètres de long et 240 de large.
Elle fut construite de 1657 à 1667. II y a plus de 284 colonnades avec
plus de 140 statues de saints en marbre de 5 mètres de hauteur. Les
colonnades de la place ont 18,6 rn de haut. La mère Eglise accueille
tous ses fils et filles à bras ouverts.
L'Obélisque : C'est en l'an 39 que Caligula le fit ramener d'Egypte; il
fut mis au centre de la place en 1586. Sa hauteur est de 41,23 rn, son

Rome 10 41 Pèlerinage
(voir image page 38) poids est de 312 tonnes. Il rappelle le cirque dans lequel beaucoup de
2. La comparaison de la Vigne : chrétiens moururent.
L'inscription en bas en latin signifie : Fontaines : Elles déversent chaque minute 3800,4 litres d'eau dont le
« Nous comparons l'Église du Christ à cette vigne, que la loi ruissellement emplit la place d'une douce musique.
dessèche, mais que la croix vivifie. Un fragment de la croix, une Façade et Portique : Il a 140 mètres et est flanqué de deux statues
dent de S. Jacques et une autre de S. Ignace d'Antioche, sont équestres: Constantin à droite, (Bernini 1670) et Charlemagne à
conservées dans (l'autel) où se trouve le Corps du Christ, au- gauche (Cornacchia 1725). Au-dessus de l' entrée principale, a été
dessous de l'inscription». En effet dans l’autel de l’église sont mise en l'année sainte 1675, une mosaïque de 1290 de Giotto où Jésus
conservé les reliques de S. Jacques et S. Ignace d’Antioche. La étendant les mains affermit Pierre saisi de peur : « N'aie pas peur».
vigne est représentée par une grande touffe d'acanthe au Echo reprit par Jean-Paul II.
centre au pied de la croix, irriguée par le sang du Christ. Dans Les portes : Il y en a 5. Seule jusqu'à ces dernières
les amples volutes de cet arbre de vigne, sont représenté des années, la centrale était décorée par Antonio Filarète
scènes de la vie quotidienne, pour signifier que tout le genre hu- (1445) avec des scènes du Sauveur et de la Vierge puis
main et toute la création reçoivent de au milieu St Paul avec le glaive et St Pierre remettant les
cette vigne du Christ la vie et la clés au pape Eugène IV. En bas, le martyre de Pierre et
nourriture, réalisée dans l'eucharis- Paul et le concile de Florence plus le couronnement de l'
tie. empereur Sigismond.
3. «Comme un cerf altéré Porte sainte : l’ouverture officielle de la porte sainte a
cherche l'eau vive, ainsi mon âme te lieu la veille de Noël de l’année jubilaire. Le reste du temps elle est
cherche, toi mon Dieu». (Ps 41,2) murée.
«Dieu tu es mon Dieu, je te cherche Dans chacune des 4 basiliques jubilaires: Saint Pierre, Saint Jean de
dès l'aube : mon âme a soif de toi; Latran, Ste Marie majeure et Saint Paul hors les murs, il y a une porte
après toi languit ma chair, terre aride sainte ouverte pour le jubilé.
altérée, sans eau.» (Ps 62,2) Intérieur de la basilique : Dessiné par Michel-Ange. Orné
4. 2 paons symbole de l'immortali- essentiellement par Bernin.
té. La chapelle de la Pietà : La première chapelle que l’on trouve sur la
Ils signifient l’immortalité de l’âme et droite est la chapelle de la Pietà qui s’appelait à l’origine chapelle du
la résurrection de la chair crucifix. Son appellation actuelle est due à la présence sur l’autel du
5. Scènes de la vie quotidienne célèbre groupe en marbre de Michel-Ange qui s’appuie sur un socle
Femme nourrissant les poules, en forme d’ellipse et représente Marie, portant le Christ mort sur ses
hommes avec chèvres, moutons,... genoux. C'est, sans conteste, le chef d’œuvre de la basilique. Michel-
Ange avait 23 ans quand il l'a sculptée. Elle fut Abîmée par Lazlo Toth,
le 21. mai 1972, elle fut restaurée à la perfection et c'est à cette
occasion qu'on découvrit la signature de l'auteur sous la paume de la
main de la vierge. On peut lire sur le ruban qui tombe de l’épaule
gauche de la Vierge : Angelus Bonarotus Florentinus faciebat (Oeuvre
d’Angelo Bonaroto de Florence).
Nef : Dans la nef des statues des saints fondateurs d’ordre religieux et
sur le pavement des étoiles indiquent la taille des plus grandes églises
du monde. Admirez l’équilibre des dimensions et la beauté des pla-
fonds et du pavement.
Rome 40 11 Pèlerinage
La chapelle du Saint Sacrement : Histoire :
Au temps du pape Paul III (1534- 1549) certains travaux furent réalisés La magnifique mosaïque qui surmonte la fresque du 12es. repré-
(1542-1548). Sur la voûte sont représentés l’Apocalypse avec le feu sentant le Christ, la vierge Marie et les 12 apôtres, est certai-
ardent ainsi que des saints en adoration. Devant l’autel frontal se nement une reproduction et un remaniement de la mosaïque de
trouve le tabernacle en bronze doré, oeuvre du Bernin (1674), qui est la basilique antérieure du 4e-5e s.
flanqué par deux anges agenouillés en prière; derrière se trouve la La manière typique du 6e s. de représenter la croix comme le
Trinité, peinture de Pietro da Cortona. La chapelle est fermée par un nouvel arbre de Vie, planté par le Christ sur la colline du Para-
portail en fer forgé dessiné par Francesco Borromini (1629-1630). dis, d'où jaillit le fleuve qui se divise en quatre bras (Phision,
La coupole : est inondée de lumière, repose sur 4 arcs portés par Gehon, Tigre, et Euphrate) et qui arrose le jardin originel
d’énormes piliers à section pentagonale dont le périmètre est de 71 (Genèse 2,10-14) et le monde entier.
mètres. Dans les niches à la base des piliers de la coupole sont pla- La mosaïque du 12es. a été réalisée par un groupe d’artistes sous la di-
cées 4 statues colossales commandées par le pape Urbain VIII saint rection d’un maître unique, dans une fraîcheur et une vitalité qui ex-
priment une inspiration théologique profonde rare pour l’époque. Elle
Longin (avec la lance qui transperça le flanc de Jésus) du Bernin
représente toute l’histoire du salut centrée sur l’Incarnation du Fils
(1639); sainte Hélène, impératrice et mère de Constantin d’Andréa de Dieu et son sacrifice rédempteur sur la Croix (Rédemption)
Bolgi (1646); saint André (avec sa croix) de Duquesnoy (1640). Au- Le Verbe de Dieu, annoncé par les prophètes, est prêché par les
dessus d’elles se trouvent 4 balcons, du Bernin, utilisés pour exposer évêques et les docteurs de l'Église (partie moyenne de l'ab-
les plus illustres reliques : la Sainte Lance (donnée au pape Innocent side). Nourris par la doctrine, le Sacrifice et les sacrements de
VIII par le sultan Bajazet II), le Visage du Saint, le plus grand des mor- la croix, les fidèles peuvent rejoindre les sommets de la vie spi-
ceaux de la croix, la tête de saint André. rituelle représentés symboliquement dans la partie supérieure
Baldaquin : Avec au centre le baldaquin haut de 30 mètres, fait avec de l'abside. Ainsi ils se préparent à la mort, à la rencontre avec
les bronzes du Panthéon. L’autel de la confession, droit au-dessus de la le Christ Juge et à l'entrée dans la vie éternelle où les saints
tombe de S. Pierre, seul le pape peut y célébrer. les ont précédés. Leurs actions seront jugées à la lumière de la
Chaire de saint Pierre : Au centre de l’abside est située l’impo- vérité révélée par Dieu, comme la rappellent les quatre évangé-
sante Chaire de saint Pierre. L’actuelle chaire est en réalité un reli- listes (arc triomphal). La rencontre entre le ciel (arc triomphal)
quaire grandiose. Le siège, protégé par une grille de bronze, contient et la terre (abside) se fait dans la main de Dieu le Père qui di-
un autre siège considéré justement comme la chaire du haut de la- rige le cours de l'histoire et offre la couronne de la victoire à
quelle l’Apôtre prêchait aux fidèles. Le 18 janvier chaque année est son Fils Jésus-Christ et à tous ceux qui le suivent comme « Lu-
célébrée la fête de la Chaire de Saint-Pierre, en souvenir de l’aposto- mière de la vie ». Le symbolisme, profond et riche, et l'harmo-
lat mené dans la ville. Le siège était décoré de motifs en ivoire repré- nieuse disposition des cubes de marbre coloré et de verre font
sentant les travaux d’hercule. Dès le milieu du 13e siècle il fut objet de de cette mosaïque un des chefs-d’œuvre de l'art chrétien.
vénération. 1. Le centre = le cœur : la croix, Marie et S. Jean:
En 1442, Bernin enchâssa la chaire dite de St Pierre dans une chaire de La croix est la figure centrale de notre mosaïque. Elle est le
bronze , soutenue par quatre pères de l’Eglise, docteurs de l’Eglise : trône sur lequel le Roi-Rédempteur règne et attire à lui toutes
latine : St Augustin et St Ambroise, grecque : St Athanase et St choses (Jn 12,32). Le sauveur du monde est fixé à la croix avec
Chrysosthome. Puis il y a la fameuse gloire du Bernin, avec son envol 4 clous et de son côté transpercé jaillit l’eau et le sang ( Jn
d'anges adorateurs autour du St Esprit, symbolisé par la colombe du 19,34).
vitrail. A ses côtés se tiennent sa mère, Marie et le disciple bien-aimé,
La réalisation d’un nouveau reliquaire en bronze fut demandée au Ber- S. Jean. (Jn 19,25-27). Les douze colombes blanches symboli-
nin. Il fut utilisé vers l’année 1645 puis disparut par la suite. Le pape sant les 12 apôtres ayant apporté la Bonne Nouvelle de la Ré-
Alexandre VII (1655-1667) souhaita cependant que la chaire fût digne- demption aux 4 coins du monde, ornent les bras de la croix.

Rome 12 39 Pèlerinage
La croix : nouvel ment placée dans l’abside.
arbre de vie

Porte sainte

mosaïque du 12e s. de l’église S. Clément de Rome


Rome 38 13 Pèlerinage
Musée du Vatican
Le noyau initial des Musées du Vatican était constitué par la collection
de sculptures commencée par Jules II (1503-1513). Les Papes furent
les premiers souverains à mettre à la disposition de la culture et du
public leurs collections d’art privées. Clément XIV (1769-1774) et Pie
VI (1775-1799) sont les premiers et leur Musée s’appelle Pio-
Clementino.
Grégoire XVI (1831-1846) fonda le Musée Etrusque (1837) avec les
pièces provenant des fouilles de l’Étrurie méridionale réalisées à par-
tir de 1828, le Musée Egyptien (1839), le Musée Profane du Latran
(1844) avec des statues, des bas-reliefs et des mosaïques d'époque ro-
maine. Pie IX (1846-1878) ajouta en 1854 le Musée Chrétien, compre-
nant la statuaire antique chrétienne, en particulier des sarcophages et
des inscriptions. Ces dernières collections (Musée Grégorien Profane,
Musée Pie Chrétien et Lapidaire Juif) ont été transportées, sous Jean
XXIII (1958-1963), du Latran à un nouveau bâtiment spécialement
construit au Vatican; en 1970 ces collections ont été réouvertes au pu-
blic.
Font également partie des Musées: la Galerie des Tapisseries, avec
une collection de tapisseries de diverses manufactures des XVIème et
XVIIème siècles; la Galerie des Cartes géographiques, décorée par
Grégoire XIII (1572-1585) et restaurée par Urbain VIII (1623-1644); les
L’intérieur de la basilique supérieur, avec
salles Sobieski et de l'Immaculée Conception; les Stanze et la Loge de
l’élégant pavement et la schola cantorum;
Raphaël, faites décorées par Jules II et Léon X (1513-1503); la chapelle derrière le ciborium et la mosaïque croix =
du Beato Angelico, peinte sous le pontificat de Nicolò Borgia (1447- arbre de vie ( 12e s.)
1455) ; la Chapelle Sixtine, qui prend le nom de son fondateur Sixte IV
(1471-1484), l’appartement Borgia, habitation d’Alexandre VI (1492-
1503), la Pinacothèque du Vatican, placée dans un édifice spécial près
de la nouvelle entrée des Musées par Pie XI en 1932; le Musée Missio-
naire-Ethnologique fondé par Pie XI en 1926, La collection d’art reli-
gieux moderne et contemporain fut ajoutée en 1973 et inaugurée par
Paul VI (1963-1978) dans l’appartement Borgia. La section des car-
rosses et voitures papales est restée au Vatican. Depuis le début de
l'an 2000, les Musées du Vatican accueillent les visiteurs dans la nou-
velle et spacieuse entrée où ils trouvent les services d’accueil, enri- Visite online : en italien seulement
chie par diverses œuvres d'art dont deux ont été réalisées à cette in- [Link]
tention. Tour des 3 étages de la basilique :
La pinacothèque [Link]
Salle 2 : Giotto di Bondone et assistants (Colle di Vespignano 1267 environ-
Florence 1337) Triptyque Stefaneschi, 1320 environ

Rome 14 37 Pèlerinage
beaux panneaux de marbre dont certains datent du 12e siècle Ce triptyque (tableau à trois panneaux) doit son
nom au cardinal Jacopo Caetani degli Stefanes-
chi, qui en fit la commande pour l'ancienne basi-
lique Saint-Pierre. Peint des deux côtés, il devait
être vu aussi bien par le prêtre que par les fi-
dèles. Sur la face avant sont représentés le Christ
en chaire au milieu des Anges et le cardinal Ste-
faneschi, entre la Crucifixion de Saint Pierre à
gauche et le Martyre de Saint Paul à droite. Au-
dessous, sur la prédelle, la Vierge à l'Enfant en
chaire entre deux anges et les douze apôtres.
Sur la face arrière, le panneau latéral représente Saint Pierre en chaire avec
le cardinal Stefaneschi tenant dans ses mains la maquette du triptyque et le
pape Célestin Ier; et sur les panneaux latéraux, Saint Jacques et Saint Paul à
gauche, Saint Jean l'Evangéliste et Saint André à droite. Il ne reste qu'un pan-
neau de la prédelle, avec trois Saints. Cette œuvre fut réalisée par Giot-
to, avec la collaboration de son atelier, entre
1315 et 1320.
1. Cloître du 12e s. 2. Mosaïque de l’abside du 12e s. 3. chapelle Ste Catherine Salle 8 : Raffaello Sanzio
4. La schola cantorum 5. La Madonne avec l’enfant et St jean-Baptiste de Jacopo (Urbino 1483 – Rome
Zucchi (1580) 6. Chapelle St Jean 7. Madonne de G.B. Salvi Sassoferato (1605- 1520)Couronnement de la
1685) Vierge (dit Retable Oddi),[Link] la partie su-
périeure de la composition, entre des anges musi-
alors que d’autres proviennent de la basilique inférieure. Ici, ce ciens, le Christ Couronne la Vierge. Dans la partie in-
ne sont pas les fresques qui ont la vedette mais les mosaïques férieure, les Apôtres, dont Saint Thomas avec sa cein-
ture reçue en don de la Vierge, font cercle autour de la
cosmatesques: dans le beau pavement, dans le candélabre tor-
tombe. Des fleurs ont pris la place de la Vierge mon-
sadé, dans les ambons, dans le ciborium et dans l’édicule du
tée au ciel. Cette peinture, généralement datée entre
maître-autel (de 1299). Mais l’oeuvre des Cosmati est surtout 1502 et 1504, est une œuvre de jeunesse de Raphaël. On la considère
présente dans l’abside (2) qui est restée pratiquement intacte comme étant l'œuvre la plus proche du style de son maître Le Pérugin.
depuis le 12e siècle et où le siège épiscopal rehaussé de mo- La prédelle illustre trois épisodes de l'enfance du Christ : l'Annoncia-
saïques vient interrompre un long banc de marbre. Dans la tion, l'Adoration des Mages et la Présentation au
conque, au-dessus d’une belle fresque calotte, on admire une Temple.
mosaïque représentant l’Agneau mystique avec les douze brebis
et le Triomphe de la Croix. Salle 9 : Léonard de Vinci (Vinci 1452 - Amboise, 1519) Saint
Jérôme, 1482 environ
Superbe témoignage des travaux menés à la Renaissance, la Cette œuvre, encore à l'état d'ébauche, est l'une des plus
Chapelle Sainte-Catherine (3) recèle de magnifiques fresques énigmatique de ce grand peintre, sculpteur, architecte, ingé-
datant d’après 1420 que les critiques attribuent à Masolino da nieur et philosophe toscan.
Panicale, maître de Masaccio (qui y collabora peut-être). Les
Salle 10 : Tiziano Vecellio (Pieve di Cadore 1490 environ –
scènes majeures sont celle de la Crucifixion et les Histoires de la Venise 1576) Madona à l'Enfant avec Saints
vie de sainte Catherine. (dite Madonna dei Frari), 1533-35

Rome 36 15 Pèlerinage
Le grand retable de la Madone à l'Enfant avec
Saints fut réalisé entre 1533 et 1535 pour
l'église San Niccolò della Lattuga à Campo dei
Frari du Lido de Venise, plus connue sous le
nom de San Niccolò dei Frari. Le pape Clément
XIV l'acheta pour le palais pontifical du Quiri-
nal (1770 environ) à Rome, où il ne fut appa-
remment jamais exposé, mais alla à San Pietro
in Montorio puis en 1797 à Paris. En 1820 Pie
VII racheta le retable pour la Pinacothèque du
Vatican. Le tableau, cintré à l'origine (c'est-à-
dire recourbé dans la partie supérieure, où
était représentée la colombe du Saint Esprit)
représente la Vierge avec l'Enfant et des anges
sur des nuages ; en bas, Sainte Catherine, Saint
Nicolas, Saint Pierre, Saint Antoine, Saint Fran-
çois et Saint Sébastien recueillis. Ce chef-
d'œuvre a été réalisé à l'époque de la maturité
de l'artiste qui avait dépassé les enseignements de Bellini et Giorgione et ré-
vélait sa personnalité autonome et pleinement affermie,
au point d'être considéré comme le meilleur peintre de
Venise. 1. La légende de St Alexis 2. L’histoire de St Clément 3. Mosaïque et tombe de St
Cyrille 4. La descente du Christ au séjour des morts 5. Madonne à l’enfant 8e s
Salle 12 : Caravaggio Michelangelo Merisi, dit le (Milan
1571 - Porto Ercole 1610) Déposition de Croix, 1600-1604 la Translation du corps de saint Cyrille et Saint Méthode en
environ. La Déposition, considérée comme l’un des plus gloire. Les fresques des nefs de l’église sont de la même
grands chefs-d'œuvre du Caravage, fut commandée par
Girolamo Vittrice pour sa chapelle de famille à Santa Ma-
époque. Dans la nef centrale, l’une d’elles narre la Légende de
ria in Vallicella (Chiesa Nuova) à Rome. En 1797 elle finit saint Alexis (1)qui, après avoir choisi la vie d’ermite, serait reve-
au milieu du group d'œuvres transférées à Paris en appli- nu chez lui pour y servir et, ne se faisant reconnaître qu’avant de
cation aux normes du Traité de Tolentino. A sa restitution mourir, aurait dormi des années durant sous un escalier. Une
en 1817, elle entra dans la Pinacothèque de Pie VII. En autre peinture de valeur illustre la Légende de saint Clément (2)
réalité le Caravage ne représente pas la Mise au tombeau, ni la Déposition
selon la représentation traditionnelle dans la mesure où le Christ n'est pas re-
et nous le montre disant la messe dans les catacombes. Les sol-
présenté au moment où on le met dans le tombeau mais quand, à la présence dats venus l’arrêter sont aveuglés et, croyant le saisir, enserrent
des femmes pieuses, il est allongé par Nicodème et Saint Jean sur la Pierre de une colonne.
l'Onction, c'est-à-dire la pierre tombale qui fermera le sépulcre. Autour du
corps du Christ, la Vierge, Marie Madeleine, Jean, Nicodème et Marie de Clo- La basilique supérieure fut construite au 12e siècle, sous Pascal
pas qui lève les bras et les yeux au ciel dans un geste dramatique d'une ex- II, au-dessus de la première qui, détruite par les Normands en
trême intensité. Le Caravage arriva à Rome vers 1592-93. Sa venue marquera 1084, s’était enfouie. Cette seconde église, qui contraste beau-
un véritable tournant dans l’évolution artistique i nouvelle manière d’appro- coup avec l’autre, fut richement décorée par Carlo Stefano Fon-
cher les sujets, nouvelle conception de la couleur et de la lumière. Il fut sans
tana dans le style baroque le plus somptueux du 18e siècle. Elle
nul doute l’un des grands chefs de file du courant "réaliste" dans la peinture
du XVIIe siècle. conserve pourtant son architecture d’origine en de nombreux
endroits. La schola cantorum, par exemple, présente encore de

Rome 16 35 Pèlerinage
Salle 13 : Pierre de Cortone Pietro Berrettini, dit (Cortona 1596 – Rome 1669)
SAINT-CLEMENT Vision de Saint François, 1641 ca.
La Vision de Saint François est une copie du retable d'autel que Pierre de
Cette église, une des plus anciennes de Rome, se compose de Cortone peint en 1640-1641 pour la Chapelle Montauto de l'église de l'Annon-
deux sanctuaires superposés sous lesquels s’étendent de grands ciation à Arezzo. Ses dimensions sont légèrement inférieures à l'original.
Cette œuvre provient de la Villa Pontificale de Castelgandolfo et fut exposée
souterrains où ont été découverts les vestiges de constructions
dans la Pinacothèque en 1932. L'apparition de la vierge en train d'offrir l'En-
romaines de l’époque impériale et un Temple de Mitra (dieu fant à Saint François est un sujet particulièrement diffus au XVIIe siècle. Ici le
Perse) (mitraenum) datant du 3e siècle. thème religieux est exprimé avec une remarquable vitalité et liberté, caracté-
risé par un modelé très fluide et par une riche gamme
de tons. La grande personnalité de cet artiste, qui fut
un des personnages centraux de l'art baroque, est ici
confir-
mée.
Salle 16 : Wenzel Peter (Karlsbad
1745 – Rome 1829) Adam et Eve
au Paradis Terrestre.
Cette grande toile marque le mo-
ment culminant de la carrière de
Wenzel Peter, peintre animalier,
spécialisé dans un genre très
particulier qui le porta à repro-
duire des animaux de toutes es-
pèces, avec un naturel extraordi-
1. Mitraenum = temple à Mitra 2. Ecole de Mitra [Link] avec blocs de tuff naire, comme "photographiés"
dans des attitudes de repos ou de
lutte. Le Paradis Terrestre relève d’un grande virtuosité, de l'artiste qui a réu-
Une de ces constructions était sans nit autour d'Adam et Eve plus de deux cents animaux du monde entier, dont
doute la demeure de Clément, la représentation est signe d’un grand talent artistique
mais aussi d’une précision scientifique témoignant
saint martyrisé sous Dioclétien et d'une connaissance approfondie des animaux.
dont les reliques furent conservées
dans l’église construite à cet effet Salle 17 : Gian Lorenzo Bernini (Naples 1598 – Rome
1680) Modèles pour la Chaire de Saint Pierre argile et
au 4e siècle. Il s’agit de l’actuelle paille sur armature en fer et osier
basilique inférieure, un lieu de Ces modèles sont en argile mêlée à de la paille, mon-
1. mitraeum (3e siècle) découvert culte important pendant tout le tés sur des armatures en fer et osier. Des modèles qui
sous la basilique primitive
Moyen Age qui vit se dérouler de ont valeur de documents. Ils comprennent les têtes de
nombreux conciles ecclésiastiques. Elle se présente comme une Saint Athanase et de Saint Jean Chrysostome ainsi que
des Anges. Le grandiose monument en marbre, stuc et
église à trois nefs précédées d’un atrium et d’un narthex, tous bronze doré, qui décore l'abside de la Basilique Saint-
deux décorés de fresques. Dans le narthex, les peintures mu- Pierre fut exécuté par le Bernin et ses collaborateurs
rales du 11e siècle représentent le Miracle de saint Clément (les dans les années 1658-1666, sous le pontificat d’Alexandre VII (1655 à 1667).
créatures marines sont impressionnantes malgré leur naïveté), Le grand trône en bronze qui abrite la chaire en bois apparaît dans les
nuages, entouré d'Anges et de quatre Docteurs de l'Eglise (Saint Ambroise,

Rome 34 17 Pèlerinage
Les chambres de Raphaël :
Ces chambres des appartements de Jules II furent peintes à fresque
par Raphaël à compter de 1509 et complétées au cours des années sui-
vantes, y compris sous le pontificat de Léon X, sur des thèmes célé-
brant la puissance de la Foi et de l’Eglise.
La première fut la Chambre de la Signature, ainsi nommée parce que
c’est là que le souverain pontife parafait les actes officiels. Raphaël y
déploya tout son art en peignant la Dispute du Saint-Sacrement, une
fresque représentant la glorification de l’Eucharistie;
l’Ecole d’Athènes, où il réunit autour de Platon et d’Aristote, dans une

9. David 21. Bramante


DISPUTE DU SACRE- 10. St. Laurent 22. Francesco Maria Della Rovere
MENT 11. Jérémie (?) 23. St. Grégoire
A — ZONE HAUTE 12. Anges avec les Evangiles (sous les traits de Jules II
1. Le Père Eternel 13. L’Esprit Saint 24. St. Jérôme
2. Le Verbe Incarné 14. Judas Macchabée (?) 25. St. Ambroise
3. Anges 15. St. Etienne 26, St. Augustin
4. La Vierge 16. Moïse 27. St. Thomas d’Aquin
5. St. Jean-Baptiste 17. St. Jacques Mineur 28. Innocent III
B — ZONE CENTRALE 18. Abraham 29. St. Bonaventure
6. St. Pierre 19. St. Paul 30. Sixte IV
7. Adam C -- ZONE INFERIEURE 31. Dante
8. St. Jean l’Evangéliste 20. Beato Angelico 32. Girolamo Savonarola

Rome 18 33 Pèlerinage
grande composition architecturale, savants et philosophes de l’Anti-
quité, et artistes et seigneurs de la Renaissance;
et le Parnasse, une célébration allégorique des arts que personnifient

ECOLE D’ATHENES 10. Averroès


1. Platon (Leonardo da Vinci) 11. Pythagore
2. Aristote 12. Francesco Maria Della Rovere
3. Socrate 13. Eraclite (Michel-Ange)
4. Xénophon 14. Diogène
5. Eschine (ou Alcibjade) 15. Euclide (Bramante)
6. Alcibiade (ou Alexandre) 16. Zoroastre (Pietro Bembo?)
7. Zénon 17. Ptolémée
8. Epicure 18. Autoportrait de Raphaël
9. Federico Gonzaga 19. Portrait de Sodome
des figures mythologiques, muses et divinités.
Dans les grands médaillons des voûtes et les cadres avec lesquels ils
alternent, comme pour offrir un résumé symbolique des fresques sous-
jacentes, l’artiste d’Urbino peignit quelques représentations allégo-
riques des Sciences et des Arts (Théologie, Justice, Philosophie, Poé-
sie, Astronomie), ainsi que des épisodes emblématiques s’y rappor-
tant (Péché originel, Jugement de Salomon, Apollon et Marsyas).
Entre 1512 et 1514, Raphaël oeuvra à la décoration de la Chambre
d’Héliodore en illustrant dans les fresques des épisodes historiques

Rome 32 19 Pèlerinage
selon un programme iconographique dicté par Jules II lui-même.  PIAZZA NAVONA : C’est une des places les
Les thèmes traités se rapportent à la fois aux interventions de Dieu plus harmonieuses de la Rome baroque, bor-
pour protéger l’Eglise et à la glorification des moments forts du ponti- dée par les édifices construits sur les ves-
ficat de Jules II: Léon 1er le Grand arrêtant Attila renvoie à la bataille tiges du stade de Domitien dont elle a gardé
de Ravenne (1512) où le futur Léon X repoussa l’armée française; la la forme et les dimensions. Au centre s’élève
Messe de Bolsena, qui illustre l’institution du Corpus Domini par Ur- la fontaine des fleuves du Bernin (Rio Plata,
bain IV, se rapporte aussi au voeu de Jules II avant le siège de Bo- Nil, Gange, Danube), au nord la fontaine del Moro et au sud la fon-
logne; enfin, l’épisode biblique d’Héliodore chassé du temple évoque taine de Neptune.
la lutte du souverain pontife contre les ennemis de l’Eglise. Quant à la  PIAZZA VENEZIA : centre très connu de
Délivrance de saint Pierre, elle célèbre la libération de Léon X fait Rome, dominé par le majestueux palais de Ve-
capturé après la bataille de Ravenne. Durant les deux années qui sui- nise à tour carrée et façade crénelée.
virent, et jusqu’en 1517, Raphaël peignit la Chambre de l’Incendie.
Celle-ci tire son nom de la fresque principale, l’incendie du Borgo, où  THERMES DE CARACALLA : commencés
l’on voit Léon IV arrêter les flammes en faisant le signe de la croix. par Septime Sévère et inau-
Cette fresque, comme les autres (Victoire de Léon IV sur les Sarrasins, gurés par son fils Caracalla en 217, ils furent uti-
Serment de Léon III, Couronnement de Charlemagne par Léon III) lisés jusqu’à leur destruction au 4e siècle par les
presque toutes réalisées par des élèves soigneusement guidés par goths. Ils pouvaient contenir jusqu’à 1600 per-
Raphaël, célèbrent les illustres prédécesseurs homonymes de Léon X sonnes. En été s’y déroule le festival d’opéra.
pour qui la salle fut décorée. La Salle des Palefreniers contenait, elle  VIA APPIA : voie romaine
aussi, des peintures murales raphaélesques, mais elles furent détruites qui conduisit jusqu’à Brindisi. Elle fut appelée
et remplacées par d’autres vers la fin du 15e siècle sur ordre de Gré- « Regina viarum » à cause des splendides monu-
goire XIII. C’est à l’un des plus grands élèves de Raphaël, Giulio Ro- ments qui la bordaient. On peut y voir : la petite
mano, que l’on doit la décoration de la Chambre de Constantin à la- église «Domine quo vadis», les catacombes de
quelle il travailla avec des aides après la mort du maître. Y sont pré- Saint Callixte et de Saint Sébastien, les restes du
sentés des épisodes de la vie de l’empereur chrétien: le Baptême de cirque de Maxence et la tombe de Cecilia Metella.
Constantin, la Victoire de Constantin sur Maxence près du pont Mil- Non loin, les Fosses Ardéatines où sont ensevelis
vius, la Vision de la Croix, la Donation de Constantin. 320 Italiens tués par représailles par les Nazis du-
rant la 2e Guerre Mondiale.
LA CHAPELLE SIXTINE  VILLA BORGHESE : Le Cardinal Scipione Borghese fit aménager
Entre 1475 et 1481, le pape Sixte IV chargea Baccio Pontelli du projet ce parc, le plus beau et le plus grand de Rome au XVII e (environ 6
d’une nouvelle chapelle privée. L’architecte dessina une grande salle km de périmètre). Galerie Borghese, jardin du lac, place de
rectangulaire sous une voûte en berceau dont la réalisation occupa Sienne,
Giovannino de’ Dolci. Puis, Mino da Fiesole, Giovanni Dalmata et An-
drea Bregno divisèrent cette chapelle en deux par une transenne en
marbre et y réalisèrent une cantoria. Quant à la décoration, qui mobili-
sa une véritable armée d’artistes de 1481 à 1483, elle est due à des
peintres aussi talentueux et renommés que Botticelli, Ghirlandaio, le
Pérugin, Luca Signorelli, Cosimo Rosselli.
En 1506, Jules II décida de faire peintre la voûte de la chapelle qui ne
s’ornait alors que d’un ciel étoilé, Il confia cette tâche au génie de Mi-

Rome 20 31 Pèlerinage
COLISÉE : L’amphithéâtre Flavius, dit le
Colisée, fut édifié sous les empereurs Ves-
pasien et Tite. Il accueillait jusqu’à 50000
personnes pour les spectacles populaires
de combats de gladiateurs et lutte contre
des bêtes féroces. Le Colisée était doté des
moyens techniques les plus avancés :
l’arène pouvait être transformée en un lac
artificiel, par mauvais temps elle pouvait être couverte. Un grand
nombre de martyrs chrétiens y périrent. Le Vendredi Saint s’y dé-
roule un solennel Chemin de Croix, présidé par le Pape.
 FORUMS : Ils étaient le centre de la vie CHAPELLE SIXTINE 14. Le Prophète Jonas. mère. Dans le fond, Salo-
publique, religieuse, politique, judi- 1. Dieu sépare la lumière 15. Le Prophète Jérémie. mon.
ciaire et commerciale de la Rome an- des ténèbres. 16. La Sibylle de Libye. 29. L’enfant Asa avec son
tique. Le plus ancien est le Forum ro- 2. Création du soleil et de la 17. La Sibylle de Perse. père et sa mère, celle-ci
lune. 18. Le Prophète Daniel. endormie.
main. Il est traversé dans le sens de la 3. Dieu sépare la terre 19. Le Prophète Ezéchiel. 30. Ozias enfant avec sa
longueur par la voie sacrée qui menait ferme des eaux. 20. La Sibylle de Cumes. mère et son père Joram et
au Capitole. S’y trouvent les Arcs de 4. La création de l’homme. 21. La Sibylle d’Erythrée. un de ses frères.
Titus et de Septime Sévère. 5. La création de la femme. 22. Le Prophète Isaïe. 31. Ezéchias enfant avec
6. Le péché originel. 23. Le Prophète Joël. son père Achaz et sa mère.
Plus tard se construisirent les Forums Impériaux dont celui de Tra- 7. Le sacrifice de Noé. 24. La Sibylle de Delphes. 32. Zorobabel enfant avec
jan avec la colonne dédiée à l’empereur. 8. Le déluge universel. 25. Le Prophète Zacharie. sa mère et son père Sala-
 FONTAINE de TREVI : C’est la plus 9. L’ivresse de Noé. 26. Salomon enfant avec sa thiel.
10. La punition d’Aman. mère. 33. Josias enfant avec sa
grande fontaine de Rome, construite au XVIIIe 11. Le serpent de bronze. 27. Les parents du futur roi mère et son père Amon.
s. Elle représente l’Abondance, la Salubrité et 12. David et Goliath. Jessé.
l’Océan. La tradition veut que le touriste y jette 13. Judith et Holopherne. 28. Roboam enfant avec sa
une pièce de monnaie pour être assuré de
revenir à Rome. chel-Ange alors occupé au chantier de reconstruction de la Basilique
 PANTHEON : Erigé en Saint-Pierre. Le maître toscan commença à peintre cette immense sur-
27 [Link] par Agrippa, re- face - près de 800 mètres carrés - en mai 1508. Il la terminera quatre
construit au temps de Hadrien, il fut consacré au ans plus tard.
culte chrétien en 606. Il abrite les tombes de Le projet décoratif s’articule en une série de scènes inspirées de l’An-
Raphaël et des rois d’Italie. cien Testament dont la continuité est confiée à des éléments architec-
toniques, plastiques et picturaux. Ce sont ainsi des figures embléma-
 PIAZZA DI SPAGNA : au tiques et symboliques qui servent de charnière narrative et de raccord
cœur de la Rome antique, on iconographique entre les divers épisodes que Michel-Ange traita dans
découvre la place dans toute sa beauté avec sa un langage chromatique brillant et innovant comme l’a montré une
fameuse fontaine de la Barcaccia (barque) au restauration récente.
pied des escaliers conduisant à l’église de la Tri-
nité-des-Monts qui fut élevée par Louis XII, roi de
France.

Rome 30 21 Pèlerinage
Quelques autres monuments
 ARC de CONSTANTIN : arc de triomphe éri-
gé en 315 par le Sénat pour commémorer la
victoire de l’empereur Constantin sur
Maxence. Décoré de bas-reliefs qui provien-
nent d’autres monuments.
 BASILIQ UE ST - J EAN de LA-
TRAN :Première grande halle de rassemble-
ment chrétien, construite sous Constantin le
Grand en 313-319. C’est la
cathédrale du pape. L’édifice
actuel date du 17ème siècle.
 CAPITOLE : La colline
sacrée de la Rome antique a
DERNIERS ACTES DE LA VIE DE MOISE toujours été le centre de la vie citadine. La place est
Le tableau porte le titre: «Répétition de la Loi écrite, faite par Moïse ».
l’œuvre de Michel-Ange. Au centre s’élève la statue
Parvenu près de sa fin, le Prophète, assis sur un trône (A), avec le Volume de la Loi,
la répète pour le peuple attentif et la lui recommande (B). équestre de Marc-Aurèle. Du Capitole, on a une
A ses pieds, dans un écrin, les Tables du Sinaï et la corbeille de la manne (C). belle vue sur le forum romain.
Au centre, un jeune homme (D) représente peut-être la Tribu de Lévi, exclue de la
division de la Terre Promise, parce que destinée d vivre seulement des revenus du
 CATACOMBES :Lieux de
culte. En haut, sur le Mont Nebo, Moïse regarde la Terre Promise (E) que ses pieds sépultures et de refuge des pre-
ne fouleront pas. Puis, descendant de la montagne (F), il remet d Josué le bâton du miers chrétiens pendant les per-
commandement (G) sécutions. A remarquer : la joie
exprimée par les fresques.
 CHÂTEAU ST-ANGE : en 135
ap. J-C, l’empereur Hadrien fit
édifier cette imposante construc-
tion qui devait être son propre

mausolée et celui de sa fa-


mille. Par la suite, il fut trans-
formé en forteresse. Au XVe
siècle les Papes s’emparèrent
du château et le relièrent au
Vatican par un long corridor.
Actuellement, il abrite une cé-
lèbre collection d’armes.

Rome 22 29 Pèlerinage
LE BAPTEME DU CHRIST.
La fresque porte en haut le titre d’origine, découvert récemment, et le
4 évangélistes nom de l’auteur: «Institution de la nouvelle régénération au moyen du
Baptême, faite par le Christ »
« Oeuvre de Pietro Perugino, de Citta della Pieve ». En haut, le groupe

S. Pierre
Annonce à Marie Trône du Présentation au Temple

S. Paul
et à Joseph Christ Songe de Joseph de l’Eternel (A). Au premier plan, le Baptême du Christ (B) qui a une
colombe sur la tête (Matthieu 3,13).
Sixte évêque du peuple de Dieu Au second plan, le sermon du Précurseur (C), Jean-Baptiste descen-
Ciel dant vers le Jourdain (D) et sermon du Christ (E). L’identification des
Adoration des Sainte Famille en personnes qui assistent à la scène centrale est incertaine.

S. Jean-Baptiste
mages Egypte
Couronnement

S. Antoine
Rois mages
S. Pierre

de la Vierge
S. François

devant Hé-

S. Jean
Marie
S. Paul

anges ange rode

Nativité Dormition de
Marie Rois
JERUSALEM et songe mages BETHLEEM
Joseph
Présentation au
Annonciation
temple

Arc triomphal et tympan de la


basilique Sainte Marie majeure

LA REMISE DES CLES A ST PIERRE


En haut le titre: « Rébellion contre Jésus-Christ, Législateur ».
Le Christ, au premier plan, confère d Pierre la puissance des clés (Mt 16,19) (A). Der-
rière, sur le grand dallage de marbres polychromes, se déroule l’épisode de la pièce
de monnaie de l’impôt (Matthieu 22,17 ss) (B) et la tentative de lapidation (Jean 8,59 -
10,31 ss) (C). Au fond domine le Temple de Jérusalem en style Renaissance (D) avec
sur les côtés deux arcs imitant celui de Constantin (E), avec une inscription qui exalte
Sixte IV comme émule de Salomon pour avoir construit la Sixtine, l’affirmant même
supérieur, sinon par les richesses, au moins pour l’esprit religieux.
Parmi les personnages qui assistent à la scène, ont été identifiés: Alphonse de Calabre
(1), le Pérugin (2), Pinturicchio (3), l’aide Bartolomeo della Gatta (selon d’autres Bac-
cio Pontelli) (4) et l’architecte de la Chapelle Giovannino del Dolci (5).

Rome 28 23 Pèlerinage
Au nombre de douze, ces figures sont des prophètes et des sibylles
ayant annoncé la venue du Messie sur Terre: Jérémie, la Sibylle de
Perse, Ezéchiel, la Sibylle érythréenne, Joél, Zacharie, la Sibylle de
Delphes, Isaïe, la Sibylle de Cumes, Daniel, la Sibylle libyenne et, en-
fin, Jonas (tout droit sorti du ventre de la baleine).
Avec les ignudi, ces jeunes gens vigoureux placés deux par deux pour
soutenir des festons et des médaillons, les douze personnages enca-
drent neuf tableaux figurant des épisodes de la Genèse: Dieu sépare
la lumière des ténèbres, Dieu crée le Soleil, la Lune et les plantes sur
la terre, Dieu divise les eaux et crée les poissons et les oiseaux; puis,
au centre, la Création d’Adam et la Création d’Eve de la côte d’Adam.
Viennent ensuite le Péché originel et l’Expulsion du Paradis Terrestre,
le Sacrifice de Noé, le Déluge et l’ivresse de Noé. En outre, les es-
paces triangulaires aux quatre coins de la voûte accueillent d’autres
épisodes bibliques: Judith et Holopherne, David et Goliath, Assuérus,
Esther et Amman, le Serpent d’airain. Alors que dans les lunettes et les
calottes près des fenêtres sont portraiturés les Ancêtres du Christ.
Vingt-cinq ans plus tard, Michel-Ange fut rappelé par Paul III qui le
chargea de par achever son oeuvre. Il s’agissait cette fois de peintre le
mur du fond de la chapelle.

médiévale. La belle Vierge de facture byzantine qui orne l’autel est


censée avoir été peinte par saint Luc.
Autre merveille parmi les nombreux chefs-d'œuvre de cette église, la
Chapelle Sforza fut dessinée par Michel-Ange en 1546, l’année de sa
mort, et réalisée par un de ses élèves, Giacomo Della Porta.
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Dans la visite de Ste Marie Majeure, quel lieu t’a le plus marqué ?
Tu peux faire une prière dans ce lieu : le chapelet par exemple

Rome 24 27 Pèlerinage
perbes mosaïques. C’est ainsi que, de 1536 à 1541, le maître toscan exécuta ce qui appa-
Sur les murs de la nef médiane, ce sont trente-six panneaux raît comme son chef- d’oeuvre absolu aux yeux d’un grand nombre, le
(d’origine mais très retouchés) qui représentent des Scènes de l’An- Jugement dernier; une composition superbe et innovante où la foule
cien Testament; tandis que dans l’abside, les mosaïques originelles des élus et des damnés semble prise dans un mouvement tourbillon-
de l’arc triomphal figurent des épisodes de la vie de Jésus. Celles qui nant autour de la figure sévère du Christ Juge. Sa réalisation entraîna
décorent la calotte de l’abside reproduisent le couronnement de la la destruction de certaines fresques du Pérugin.
Vierge et furent réalisées en 1295 par Jacopo Torriti, auteur des mo- Visite online : [Link]
saïques qui décoraient à l’origine l’abside de Saint-Jean-de-Latran.
D’un grand intérêt également, le baldaquin réalisé par Ferdinando
Fuga, et la confession, refaite au 19e siècle par Vespignani pour rece- Basilique Sainte Marie Majeure
voir la relique du berceau de l’Enfant Jésus. Une profusion
d’oeuvres d’art de toutes les époques ornent les nefs collatérales et La légende raconte que dans la nuit du 5 août 336, les ayant visités
leurs chapelles; trop peut-être pour qu’on puisse les apprécier en une en songe, la Vierge demanda au pape saint Libère et à un noble ro-
seule visite. main de lui ériger un sanctuaire en haut de l’Esquilin (l’ancien mont
A l’entrée de la nef droite on remarque le Baptistère construit par Fla- Cispius) qu’ils rêvèrent couvert de neige. Au matin, ayant constaté
minio Ponzio en 1605; il est orné de fresques par Passignano et de qu’il avait vraiment neigé, le pape ordonna de construire une église
sculptures d’une grande valeur. Le fond de la nef ouvre sur la Cha- qui couvrît toute la surface du sol enneigé. On l’appela la basilica Li-
pelle Sixtine, commandée à Domenico Fontana par Sixte Quint en beriana en honneur du pape, et Santa Maria ad Nives en souvenir du
1585 pour y placer son monument funéraire près duquel se tient le prodigieux événement. En réalité, cette fondation ne correspond pas
tombeau d’un autre pape, saint Pie V. Cette chapelle, construite dans historiquement parlant à celle de la basilique Sainte-Marie-Majeure
l’esprit de la Contre-Réforme et décorée de marbres provenant du qui aurait été consacrée à la mère de Dieu après le Concile d’Ephèse
Septizodium sur le Palatin, est surmontée d’une coupole et comprend (en 431) par le pape Sixte III.
deux petites chapelles latérales. De là on peut descendre dans l’Ora- Objet d’innombrables remaniements au fil des siècles, l’église ne
toire de la Sainte Crèche qui, initialement, abritait les reliques du conserve pas moins son aménagement de basilique paléochrétienne
berceau de l’Enfant Jésus et accueille aujourd’hui une belle crèche et offre en raccourci une histoire de l’art et de l’architecture, de la
dont les statues de Saint Joseph, des mages, du boeuf et de l’âne sont période romane jusqu’au baroque finissant.
d’Arnolfo di Cambio. Celles de la Sainte Vierge et du Petit Jésus sont Dès la façade, cette association d’éléments disparates est spectacu-
de Valsoldo. C’est ici, dans la tombe de sa famille, derrière une laire: le portique de Ferdinando Fuga (18e siècle) cache en effet la
simple inscription, que repose Gian Lorenzo Bernini, le Bernin. façade de la basilique médiévale, caractérisée par de splendides
Parfaitement symétrique à la Chapelle Sixtine, la Chapelle Pauline se mosaïques polychromes du 13e siècle relatant le Miracle de Sainte
dresse dans la nef gauche. Commandée par le pape Paul V pour rece- Marie de la Neige. Le contraste se retrouve dans la juxtaposition des
voir son tombeau, elle fut achevée en 1611 par Flaminio Ponzio qui re- deux bâtiments du 17e siècle qui cernent la façade avec le haut cam-
prit le modèle de la Chapelle Sixtine sa jumelle. Mais elle contient des panile qui, malgré sa forme romane, date du 14e siècle. Du 17e
oeuvres d’une plus grande valeur encore car sa décoration fut exécu- siècle également, la façade postérieure est une oeuvre pleine d’har-
tée par des maîtres du maniérisme finissant et du baroque. Ainsi la monie où Carlo Rainaldi sut unir, avec une architecture à la fois élé-
coupole fut-elle peinte à fresque par Cigoli et les pendentifs par le Ca- gante et simple, les deux coupoles symétriques fin Renaissance qui
valier d’Arpin, tandis que les peintures qui agrémentent la partie infé- coiffent, l’une la Chapelle Sixtine, l’autre la Chapelle Pauline.
rieure de la chapelle sont de Guido Reni et Passignano. L’autel du au Quand on entre dans la basilique on est frappé par l’agencement qui,
génie de Rainaldi, s’orne quant à lui de superbes décors en pierres malgré le plafond à caissons, exécuté par Guliano da Sangallo (qui
dures et d’un bas- relief, le Pape Libère traçant le périmètre de la ba- l’aurait décoré avec le premier or apporté d’Amérique, révèle dans
silique, pour lequel Maderno s’inspira d’une mosaïque de la façade ses grandes lignes l’édifice initial du 5e siècle que soulignent de su-

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