Menaces et recommandations en cloud computing
Menaces et recommandations en cloud computing
Version : 1.0
Nombre de pages : 46
CLOUD COMPUTING
ÉTAT DE LA MENACE INFORMATIQUE
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2 Introduction 4
2.1 Qu’est-ce que le cloud Computing ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.2 Champ d’étude et surface d’attaque dans le cloud . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.3 Enjeux de protection face à l’application de lois-extraterritoriales . . . . . . . . . . . . . . 6
7 Recommandations 21
7.1 Recommandations à destination des clients de CSP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
7.1.1 Mesures générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
7.1.2 Maîtriser sa surface d’exposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
7.1.3 Assurer une continuité d’activité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
7.1.4 Protéger les identités, les accès et les données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
7.1.5 Superviser, détecter et investiguer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
7.2 Recommandations à destination des CSP . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
7.2.1 Mesures générales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
7.2.2 Maîtriser sa surface d’exposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
7.2.3 Assurer une continuité d’activité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
7.2.4 Protéger les identités, les accès et les données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
7.2.5 Superviser, détecter et investiguer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
8 Annexes 36
8.1 Glossaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
8.2 Inventaire des scénarios . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
8.3 Inventaire des recommandations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
9 Références 41
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1 SYNTHÈSE
Le cloud computing est une technologie particulièrement structurante pour nos usages numé-
riques, à laquelle les secteurs privés et publics ont de plus en plus recours. Ce constat s’explique
notamment par les opportunités et l’effet levier apportés par cette technologie dans la trans-
formation numérique. Le cloud offre cependant de nouvelles opportunités d’attaques et problé-
matiques de sécurité pour les organisations qui l’utilisent, qu’elles disposent de leurs propres
environnements Cloud, ou fassent appel à des fournisseurs de services (Cloud service provider,
CSP). Ces derniers représentent à la fois une cible d’intérêt pour les données qu’ils traitent au
quotidien, mais aussi et surtout pour les accès qu’ils peuvent offrir vers leur client.
Les attaquants poursuivant des finalités lucratives, d’espionnage et de déstabilisation ont in-
tégré le ciblage et la compromission des environnement cloud dans leur mode opératoire. Cer-
tains ont notamment développé des compétences spécifiques à la compromission de ces envi-
ronnements. Par exemple, les modes opératoires d’attaque (MOA) Mango Sandstorm, Scattered
Spider, Nobelium, Storm-0558 ou encore Storm-0501, sont employés à des fins lucratives, d’es-
pionnage ou de déstabilisation, pour compromettre ce type d’environnements.
La maîtrise des environnements cloud, par certains opérateurs de MOA se traduit notamment
par la multiplication des tentatives de latéralisation depuis des environnements on-premise com-
promis, vers le cloud et parfois même réciproquement. Un savoir-faire également utilisé pour
exploiter les mauvaises configurations ou défauts de sécurisation (permissions excessives, ap-
plications obsolètes, API mal sécurisée, espace de stockage exposés etc.).
L’exploitation de vulnérabilités dans des équipements de bordure (tels que des équipements
VPN) constitue un point d’entrée privilégié par une vaste gamme d’acteurs malveillants. Dans
une moindre mesure, les attaquants réputés liés à des États et disposant de ressources plus
importantes utilisent également des vulnérabilités jour-0 (0-day) pour compromettre les envi-
ronnements ciblés.
Enfin, une des tendances grandissantes identifiée par l’ANSSI est l’utilisation des services de
cloud comme infrastructures d’attaques, qu’il s’agisse de louer de l’infrastructure d’attaque chez
des opérateurs de cloud, ou d’utiliser des plateformes grand public comme lieu de stockage,
d’accès à des codes malveillants ou d’exfiltration de données volées. Ces nouvelles pratiques
complexifient la détection en dissimulant les activités malveillantes au sein du trafic légitime
des utilisateurs de ces plateformes.
Afin d’assurer la sécurité des environnements cloud, il est important de souligner que, selon les
principes de la responsabilité partagée, les clients de services cloud sont en partie dépendants du
fournisseur pour leur sécurité mais disposent également de responsabilités importantes concer-
nant la gestion des données et des identités. Ainsi, des compromissions facilitées par un faible
cloisonnement entre systèmes d’information dû à l’hybridation générée par l’usage du cloud
ou les manquements dans la supervision des systèmes d’informations (SI) sont fréquemment
constatées.
A ce titre, cet état de la menace sur le cloud Computing comprend un volet dédié aux recomman-
dations de l’ANSSI adressées aux clients de fournisseurs de services cloud, ainsi qu’aux fournis-
seurs de services cloud eux-mêmes. Ces recommandations sont des bonnes pratiques de cybersé-
curité à adopter afin de se prémunir contre les menaces abordées. Elles ne sont pas exhaustives
et doivent être adaptées et complétées dans le cadre du contexte opérationnel et fonctionnel des
systèmes d’information considérés.
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2 INTRODUCTION
La responsabilité partagée
La responsabilité partagée sur le cloud désigne la répartition des tâches de sécurité et de gestion
entre le fournisseur de services cloud et le client.
Les différents modèles de services cloud présentent des niveaux de menace variés en fonction de
leur nature et des responsabilités partagées entre le fournisseur de services cloud et l’utilisateur.
Dans le cas d’une offre de service IaaS, le fournisseur gère l’infrastructure (serveurs, réseaux, sto-
ckage), tandis que l’utilisateur est responsable des systèmes d’exploitation, des applications et
des données. Pour une offre de service PaaS, le fournisseur gère la plateforme et l’infrastructure
sous-jacente, l’utilisateur est responsable des applications développées et des données. Enfin,
un fournisseur de SaaS prend en charge l’ensemble de l’infrastructure, de la plateforme et des
applications, tandis que l’utilisateur est responsable de la gestion de ses données et des utili-
sateurs. Le fournisseur met néanmoins à disposition les outils et mécanismes nécessaires pour
gérer ces accès de manière sécurisée.
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Du fait de la diversité des services cloud proposés, ce cadre théorique est en pratique souvent
complexifié. En effet, il est possible depuis plusieurs années de bâtir un système d’information
ou une application en « kit », reposant sur l’empilement et l’assemblage de briques disponibles
sur étagère, où chacunes d’entre elles fournissent un service spécialisé « clé en main » en fonc-
tion du niveau de délégation recherché (par ex. base de données, front-end, back-end, pipeline
de traitements, stockage, lacs de données, tableaux de bords, gestion des identités, etc). Selon
les besoins, ces briques peuvent être fournies par un même CSP ou issues de la combinaison
de services proposés par plusieurs CSP. Un défaut de configuration unitaire ou une mauvaise
sécurisation de leur interfaçage sont susceptibles de créer de nouvelles opportunités pour les
attaquants.
Données
Applications
Contrôles réseau
Systèmes d’exploitation
Infrastructure d’hébergement
Sécurité physique
En s’appuyant sur les principes de la responsabilité partagée, cet état de la menace distingue
la menace ciblant les opérateurs de services cloud, de la menace ciblant leurs clients.
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D’une manière générale, l’ANSSI constate un intérêt grandissant des attaquants pour la compro-
mission des environnements cloud. En premier lieu, cette augmentation est le résultat de la mul-
tiplication des environnements hybrides, basés sur des infrastructures on-premise et cloud, of-
frant davantage d’opportunités de latéralisation aux attaquants. En second lieu, c’est également
la conséquence d’un attrait grandissant des attaquants pour des environnements cloud avec les-
quels ils semblent gagner en expertise, qui présenteraient davantage de failles de configurations
et sur lesquels les défenseurs pourraient manquer de visibilité [6, 7]. La compromission des en-
vironnements cloud semble accessible à des MOA disposant de capacités variables. Au contraire
des infrastructures on-premise qui diffèrent selon les organisations, la relative standardisation
des environnements cloud faciliterait notamment les campagnes d’attaques des opérateurs de
MOA disposant d’une bonne connaissance de la documentation publique sur le cloud, mise à
disposition par les fournisseurs de services cloud eux-mêmes.
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la confidentialité des données hébergées dans le cloud. Le seul chiffrement des données n’offre
d’ailleurs pas une protection adéquate contre ces risques, dès lors que les clés de chiffrement
sont également dans le cloud (ce qui est généralement le cas lorsque les données chiffrées font
l’objet de traitement dans le cloud, et non d’un simple stockage).
Ainsi, certains hébergeurs sont soumis à des législations spécifiques telles que le Cloud Act
(Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act) et le FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act)
américains, ou encore à la loi sur le renseignement chinois, permettant aux autorités de ces pays
d’accéder aux données conservées dans le cloud, y compris en dehors de leurs territoires [9, 10].
Pour répondre à cette menace, la version 3.2 du référentiel d’exigences pour les prestataires de
services d’informatique en nuage SecNumCloud intègre des exigences assurant une protection
face à l’application de ces lois extraterritoriales [11].
L’usage de services cloud étrangers peut également présenter des difficultés en matière de sécu-
rité des données hébergées. Des différences de normes de sécurité, de transparence, ou l’absence
de contrôle direct sur les infrastructures, peuvent en effet complexifier la gestion de la sécurité
des infrastructures et des données. Par ailleurs, une telle situation peut également soulever des
risques sur la disponibilité des données et applications hébergées dans le cloud, la fourniture de
la prestation cloud étant dans ce cas potentiellement soumise à des restrictions à l’exportation
ou à d’éventuelles sanctions, qui peuvent évoluer dans le temps. Il est indispensable d’évaluer
ces risques au cas par cas.
En cohérence avec les recommandations de l’ANSSI pour l’hébergement de systèmes d’informa-
tion sensibles dans le cloud, les clients de fournisseurs de services cloud doivent évaluer, selon la
nature des données qu’ils souhaitent héberger et la typologie de menaces à laquelle ils peuvent
être confrontées, quels sont les types de services cloud qu’ils peuvent envisager d’utiliser [1].
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Incident ANSSI
En 2024, l’ANSSI a traité la compromission et le chiffrement du SI d’un opérateur de
communications électroniques proposant différents services dont une solution PaaS. La
compromission d’un équipement de sécurité de bordure PaloAlto vulnérable à la CVE-
2024-3400, connu publiquement depuis le mois d’avril 2024, puis la latéralisation et les
actions malveillantes qui s’en sont suivies ont entraîné l’indisponibilité des ressources
du bénéficiaire et de ses clients durant plusieurs semaines.
En mai 2023, les systèmes d’information de SCANSOURCE, une société américaine spécialisée
dans les services de migration sur le cloud et propriétaire du fournisseur de service cloud INTELI-
SYS, auraient été compromis par les opérateurs du rançongiciel Cactus [12]. Les données volées
ont ensuite été mises en vente sur le site de divulgation de données du groupe cybercriminel.
Dans un registre similaire, en août 2023, tous les serveurs, systèmes de sauvegardes inclus, de
l’hébergeur danois CLOUDNORDIC auraient été compromis puis chiffrés, menant à la perte de la
totalité des données clientes de l’entreprise. Pour compromettre l’intégralité des SI de CLOUD-
NORDIC, les attaquants auraient tiré profit d’une migration de serveurs effectuée par les équipes
de la société durant l’été 2023. En effet, pendant cet intervalle de temps, les systèmes de gestion
et de sauvegarde du prestataire auraient été temporairement installés sur un réseau partagé
composé de serveurs potentiellement déjà compromis. La société AZEROCLOUD, liée à CLOUD-
NORDIC par la même maison mère CERTQA HOLDINGS, aurait également été compromise. À
la suite de cet incident, les sociétés CLOUDNORDIC et AZEROCLOUD ont été contraintes de
déposer le bilan [13, 14].
Incident ANSSI
En 2024, un opérateur de solution SaaS à destination de professionnels de santé a été
ciblé par une attaque par rançongiciel contraignant ses clients à travailler dans un mode
de fonctionnement dégradé pendant plusieurs jours. Le prestataire a été compromis au
moyen du rançongiciel Lockbit 3.0 qui a causé l’indisponibilité de sa plateforme SaaS.
Cette compromission était liée à l’exploitation d’un équipement de sécurité de bordure
CITRIX NetScaler vulnérable à la CVE-2023-4966, qui a permis à l’attaquant de récupérer
les informations d’authentification d’un compte utilisateur.
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28/09/2023 1 2 3 4 17/10/2023
FIGURE 2 – MOA employé contre OKTA entre les mois de septembre et octobre 2023 (produc-
tion : ANSSI)
La compromission d’OKTA en octobre 2023 aurait permis aux attaquants de se latéraliser vers
les SI de CLOUDFLARE, un autre fournisseur de services cloud également client de OKTA 1 .
Au-delà du vol de données d’authentification, la compromission d’un prestataire de service cloud
rend également possibles les attaques sur la chaîne d’approvisionnement logicielle. En juin 2023,
la société JUMPCLOUD, un prestataire de cloud en SaaS spécialisé en service de gestion d’iden-
tités et d’accès, aurait été ciblé puis compromis par les opérateurs du MOA réputé nord-coréen
UNC4899. Après une campagne d’hameçonnage leur ayant octroyé un accès de niveau dévelop-
peur, les opérateurs du MOA seraient parvenus à se latéraliser avant de diffuser une applica-
tion JUMPCLOUD piégée vers certains clients de l’entité. D’après JUMPCLOUD, 10 machines
dans 5 sociétés différentes auraient reçu la charge malveillante. Les attaquants, motivés par
des objectifs lucratifs, cherchaient à compromettre des entités spécialisées dans le secteur des
cryptomonnaies [20, 21, 22].
1. Grâce à la récupération de fichiers « .HAR », les opérateurs du MOA employé auraient utilisé un jeton d’accès
et les identifiants de trois comptes de service pour accéder au wiki interne de l’entreprise et à une base de donnée de
débogage. Cinq jours plus tard, ils auraient utilisé l’application ScriptRunner pour obtenir des moyens de persistance
sur le cloud de l’entreprise, avant de s’introduire dans ses systèmes de gestion de code source et d’essayer, sans succès,
d’accéder à un serveur de console [18]. Un autre client aurait observé une tentative de connexion à son tenant OKTA
moins de trente minutes après le téléversement d’un fichier « .HAR » sur la plateforme d’OKTA compromise [19].
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FIGURE 3 – Emploi du MOA Storm-0558 contre MICROSOFT entre 2021 et 2023 (production :
ANSSI)
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Exploitation de vulnérabilités
L’exploitation de vulnérabilités constitue un levier couramment utilisé par des MOA réputés
liés à des États pour cibler le secteur du cloud computing. En septembre 2022, des médias japo-
nais ont rapporté le ciblage et la compromission de l’entreprise japonaise FUJITSU, qui fournit
notamment des services cloud, à la suite de l’exploitation d’une vulnérabilité touchant l’équili-
breur de charge (load balancer) de la société. D’après des médias japonais, le délai d’une semaine
entre la publication de la vulnérabilité et l’application d’un correctif a rendu possible l’exploi-
tation de la vulnérabilité et la compromission de FUJITSU [28]. Le nom du MOA employé lors
de cette attaque n’a pas été partagé publiquement.
Ces compromissions peuvent également impliquer l’usage de vulnérabilités jour-0 4 . En 2024,
le fournisseur de services cloud RACKSPACE aurait fait l’objet d’une compromission causée par
l’exploitation d’une vulnérabilité sur un programme hébergé sur les serveurs Web internes mais
vendu par le fournisseur de logiciels et de services SCIENCELOGIC. Ce programme servait à la
surveillance des systèmes et à la fourniture d’un tableau de bord aux clients de RACKSPACE.
Après l’exploitation de la vulnérabilité, les attaquants seraient parvenus à s’introduire sur trois
serveurs Web de la société et auraient exfiltré des informations sur les clients de l’entreprise,
incluant : les noms et numéros de compte client, les identifiants de clientèle, les adresse IP des
appareils clients et des identifiants de connexion chiffrés 5 [29].
Commentaire : l’ANSSI n’a pas connaissance du nom et des objectifs du mode opératoire utilisé lors
la compromission de RACKSPACE mais les données exfiltrées et l’utilisation d’une vulnérabilité jour-0
pourrait indiquer l’emploi d’un MOA lié aux intérêts stratégiques d’un État à des fins d’espionnage ciblé.
Le vol de secrets clients depuis les systèmes d’information de l’entreprise aurait pu permettre à l’attaquant
de se latéraliser sur les environnements des clients de RACKSPACE.
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cours de cette année des retours d’expérience permettant d’apprécier leur ampleur et leurs spé-
cificités.
A titre d’exemple au niveau réseau (couche 3-4 du modèle OSI), OVH a mis en avant le rôle
joué par certains équipements de cœur de réseau détournés à des fins de saturation [30]. De son
côté, Cloudflare a décrit une attaque impliquant plus d’une dizaine de millier d’équipements de
type internet des objets (IoT) compromis [31]. Ces deux CSP rappellent ainsi que ces attaques
peuvent être volumétriques tant par leur taille de trafic que par leur nombre très important de
paquets réseau à traiter.
L’ANSSI constate que les attaques DDoS ciblant la couche applicative (couche 7 du modèle OSI)
sont fréquentes, celles-ci sont décrites plus bas.
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Les secrets d’authentification de ces interfaces sur le cloud peuvent ensuite servir à des attaques
de plus grande ampleur. En juin 2024, l’éditeur MANDIANT a rapporté le ciblage systématique
d’instances clientes SNOWFLAKE, une plateforme de stockage de données dans le cloud, par
les opérateurs du MOA UNC5537 [34]. Plusieurs intrusions sur des instances SNOWFLAKE au-
raient été observées sans que les SI de SNOWFLAKE n’aient été compromis au préalable. D’après
MANDIANT, les opérateurs de UNC5537 auraient obtenu des identifiants d’accès d’utilisateurs
de SNOWFLAKE, volés suite à l’usage de plusieurs infostealers 7 . Plus de 165 organisations au-
raient été exposées à un risque de compromission lié à ces vols de données d’authentification.
D’après l’éditeur, la majorité des comptes compromis n’utilisaient pas de mécanisme d’authen-
tification multifacteur tandis que les données récupérées par les infostealers dataient parfois de
2020. Dans certains cas, les utilisateurs des infostealers seraient parvenus à voler des identifiants
de connexion suite à des usages personnels d’un ordinateur professionnel [34].
Commentaire : cette chaîne de compromission met en lumière le rôle des infostealers comme outils privi-
légiés de la menace cybercriminelle et l’importance de la supervision de toute potentielle fuite de données
d’authentification, même après plusieurs années. Au moins une société française a indiqué à l’ANSSI
avoir détecté des activités malveillantes sur une de ses instances SNOWFLAKE.
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Incident ANSSI
Le dépôt d’un cryptomineur a été observé dans le cadre de plusieurs compromissions
récentes dont celle d’une machine appartenant à une entreprise française d’infogérance
proposant des services cloud. Le ralentissement des machines virtuelles des clients a été
à l’origine de la détection du code malveillant.
Les opérateurs du MOA TeamTNT seraient spécialisés dans ce domaine et ciblent de manière
opportuniste des solutions de virtualisation exposées sur Internet. En octobre 2024, l’éditeur
AQUASEC a rapporté l’utilisation par les opérateurs du MOA de serveurs Web et de registres
Docker Hub (service de gestion d’images docker) compromis pour distribuer l’outil d’intrusion
Sliver ainsi que des cryptomineurs [38].
Incident ANSSI
En janvier 2023, les opérateurs du MOA TeamTNT auraient compromis une partie de
l’environnement cloud d’une entreprise française du secteur de la santé dans l’objectif
d’y déposer des cryptomineurs. Après un premier accès initial depuis un serveur hôte de
conteneur docker exposé sur Internet, les opérateurs du MOA se sont latéralisés sur l’in-
frastructure cloud de la victime et ont créé quatre nouvelles machines virtuelles dédiées
au minage de cryptomonnaies.
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cloud, souvent via des identifiants volés, pour exploiter ses ressources à des fins malveillantes,
entraînant des coûts élevés et des risques pour la sécurité des entités compromises.
Les coûts associés au LLM Hijacking sont élevés car les attaquants utilisent des modèles de
langage basés sur des services cloud. Ces derniers génèrent des frais liés à l’utilisation des res-
sources (calculs, stockage, etc.), ils peuvent dépasser les 100 000$ par jour avec des modèles
avancés comme Claude 3 Opus. La société SYSDIG a observé une augmentation du nombre et
du niveau de sophistication de ce type d’attaques [39].
Incident ANSSI
Au cours d’investigations sur des cas de compromission de comptes de messagerie OF-
FICE 365, l’ANSSI a pu observer à plusieurs reprises que les attaquants, pour maintenir
le plus longtemps possible leurs accès frauduleux, avaient ajouté des adresses courriels
de secours, généré de jetons de secours à usage unique, enregistré des identifiants ou des
équipements de confiance additionnels, voire activé des règles de transfert automatique
de courriels. Ces actions rendent de fait inopérante l’éviction de l’acteur malveillant via
la seule mise en place d’une politique d’authentification multi-facteurs.
Plus récemment, en octobre 2023, l’agence spatiale japonaise, la JAPAN AEROSPACE EXPLORA-
TION AGENCY (JAXA), aurait été touchée par une campagne d’attaques ayant mené à la compro-
mission de ses services cloud O365. Les opérateurs du MOA employé auraient d’abord exploité
une vulnérabilité contre le VPN de la JAXA avant de se latéraliser pour compromettre son en-
vironnement O365. Des informations personnelles appartenant à des employés de la société
10. ADFS est une fonctionnalité permettant aux ordinateurs clients d’un réseau d’accèder à travers Internet et via
un partage d’identité, aux applications et services situés en dehors du réseau de l’entité.
11. Azure RunCommand couplé à Azure admin-on-behalf-of (AOBO).
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pourraient avoir été compromises ainsi que certaines données ayant trait aux activités de l’en-
tité avec des organisations externes et dont les noms n’ont pas été divulgués [41, 42]. L’ANSSI
n’a pas connaissance du nom du MOA utilisé lors de cette campagne d’attaques.
Les attaquants s’emploient à rechercher la furtivité lors de leurs tentatives d’intrusion sur le
cloud. L’utilisation de réseaux d’anonymisation et d’outils de tunnelisation de trafic disponibles
en sources ouvertes, sont de nouveaux facteurs complexifiant la détection d’intrusion sur le
cloud. Les équipes de GOOGLE CLOUD auraient observé des opérateurs de MOA réputés liées
à la Chine s’introduire dans des environnements cloud en utilisant des techniques pour se dis-
simuler dans le trafic réseau légitime et ainsi complexifier la détection [6].
Commentaire : l’ANSSI constate également un intérêt grandissant des opérateurs de MOA réputés liés
aux intérêts chinois pour les environnements cloud, notamment par l’usage d’outils disponibles en sources
ouvertes adaptés à des opérations de reconnaissance et de compromission des environnements cloud.
Incident ANSSI
L’ANSSI a récemment traité des cas de compromission d’environnement cloud servant
d’une part, à compromettre les informations de l’entité ciblée et d’autre part, à at-
teindre des entités d’intérêt notamment via l’envoi de courriels d’hameçonnage depuis
les comptes de messagerie électronique compromis.
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Menaces internes
Les menaces internes, opérées par des employés mécontents ou motivés par des objectifs lu-
cratifs, sont également susceptibles de cibler les infrastructures cloud de leurs organisations.
Celles-ci sont souvent accessibles à distance et un employé ou sous-traitant peut donc causer
des dégâts considérables. En 2023, un employé de la banque américaine FIRST REPUBLIC a
ainsi été condamné à 24 mois de prison pour avoir porté atteinte à l’environnement cloud de son
entreprise ainsi que pour avoir volé du code source de valeur. Il aurait notamment supprimé
des répertoires de code source internes, exécuté un script malveillant pour effacer les journaux,
laissé des moqueries à l’intention de ses anciens collègues dans le code source de la banque et
usurpé l’identité d’autres employés en ouvrant des sessions à leur nom [44].
5.1 Définitions
La plupart des services cloud repose sur la mise en œuvre de technologies de virtualisation.
Ces technologies permettent la cohabitation des usages en créant une couche d’abstraction au
dessus des ressources matérielles tout en dynamisant et en optimisant leur utilisation. Il existe
différents types et technologies de virtualisation selon les niveaux d’abstraction souhaités (fonc-
tion, applicatif, service, conteneur, micro machine virtuelle, machine virtuelle, etc). Ils n’offrent
pas nécessairement les mêmes niveaux et garanties de sécurité, notamment en matière de cloi-
sonnement. Certaines compétitions de recherche de vulnérabilités, comme le PWN2OWN, ont
déjà mis en évidence le ciblage de ces technologies [45]. Elles mettent régulièrement en lumière
des cas d’exploitation réussies de vulnérabilités. En outre, des vulnérabilités sur ce type de tech-
nologie sont parfois exploitées : le patch Tuesday de janvier 2025 a mis en évidence la correction
de vulnérabilités activement exploitées affectant des hyperviseurs Hyper-v [46].
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Par ailleurs, les ressources matérielles, notamment les serveurs, sont généralement équipés de
composants de gestion matérielle permettant de les piloter à distance (gestion de l’alimenta-
tion, surveillance des capteurs, mises à jour des micrologiciels, mode de démarrage, etc.). La
compromission de ces équipements ou des infrastructures les pilotant peut générer des pro-
blèmes en matière d’indisponibilité et d’intégrité des services hébergés, et dans certains cas,
des atteintes significatives sur la confidentialité. En 2023, des attaquants motivés par des objec-
tifs de déstabilisation, auraient ciblé puis détruit les serveurs iDRAC 12 (Integrated Dell Remote
Access Controller) d’un hébergeur israélien [47].
Ces technologies sont donc des cibles de choix du fait de la cohabitation des activités, données
et clients. Les scénarios les plus couramment redoutés sont :
• qu’une ressource virtualisée malveillante puisse nuire à d’autres ressources virtualisées
mitoyennes ;
• que le système assurant la virtualisation soit compromis, mettant à mal les ressources
virtualisées hébergées ;
• que le système d’orchestration puisse être compromis, mettant à mal un ensemble de sys-
tèmes assurant la virtualisation.
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opérateurs de ce MOA auraient utilisé de services d’hébergement cloud pour leurs activités de
commande et de contrôle (C2) [50].
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Lors d’un cas récent de compromission affectant une société de services numériques, un
développeur travaillant au sein de l’entité a notamment été contacté via une plateforme
de travail free-lance et incité à télécharger du code malveillant en dissimulant les flux via
l’API GitHub à destination d’un compte créé par l’attaquant.
L’API Microsoft Graph, utilisée de manière légitime pour accéder aux ressources de Microsoft
Cloud, est également employée par plusieurs attaquants à des fins de C2 et d’exfiltration. Ainsi,
la porte dérobée GoGra, utilisée en novembre 2023 contre une organisation sud-asiatique à des
fins d’espionnage, utiliserait l’API Microsoft Graph pour interagir avec son serveur C2 hébergé
sur des services Microsoft Mail. Une autre porte dérobée, baptisée Onedrivetools, utiliserait
l’API Microsoft Graph pour télécharger une seconde charge utile hébergée sur OneDrive. Selon
SYMANTEC, Onedrivetools aurait été utilisée pour cibler des entreprises des services numé-
riques en Europe et aux États-Unis. Enfin, les opérateurs du MOA FireFly, réputé lié à la Chine,
auraient employé cette API à des fins d’exfiltration en utilisant un outil accessible publiquement
et chargé de déposer les données récoltées sur un serveur d’hébergement GoogleDrive [53].
D’autres infrastructures cloud sont régulièrement utilisées pour des opérations d’exfiltration.
Selon KASPERSKY, depuis 2019, les opérateurs du MOA TheMask, motivés par la récolte de
renseignements stratégiques, se serviraient de l’API OneDrive pour exfiltrer les données récu-
pérées au cours de leurs campagnes d’attaques [54].
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Incident ANSSI
Les investigations menées par l’ANSSI lors d’une compromission ont mis en évidence
l’utilisation d’un outil d’accès à distance (Remote access tool) afin d’exfiltrer des données
en dissimulant les flux dans du trafic vers l’API de GITHUB à destination d’un compte
créé par l’attaquant.
Les attaquants peuvent également usurper l’identité de certains services cloud dans leur infra-
structure. En 2023, un MOA associé à la Chine par l’éditeur de sécurité UNIT42 aurait été utilisé
pour créer une infrastructure de noms de domaine usurpant l’identité de fournisseurs de ser-
vice cloud. Au moins 24 entités gouvernementales compromises par les opérateurs de ce MOA
auraient communiqué avec cette infrastructure malveillante [55]. Le cybersquattage impliquant
l’usurpation de l’identité de services cloud est répandu. Outre un usage potentiel en tant qu’in-
frastructure de C2, les noms de domaine créés peuvent être utilisés pour distribuer des codes
malveillants ou récolter des identifiants de connexion [34].
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7 RECOMMANDATIONS
Ces recommandations sont adressées aux clients de fournisseurs de services cloud et aux four-
nisseurs de services cloud eux-mêmes. Ces recommandations sont destinées à éclairer les entités
évoquées en matière de bonnes pratiques de cybersécurité à adopter afin de se prémunir contre
les menaces abordées. Elles ne sont pas exhaustives, ne se substituent pas aux réglementations
spécifiques et doivent être adaptées et complétées dans le cadre du contexte opérationnel et
fonctionnel des systèmes d’information considérés.
Pour aller plus loin : ANSSI, Guide d’hygiène informatique, septembre 2017 [56].
Pour aller plus loin, si des informations détaillées peuvent être spécifiées, la
RFC2350 liste les options pertinentes pour un contact de sécurité : IETF, Expec-
tations for Computer Security Incident Response, juin 1998 [57].
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Ces audits devraient avoir pour objectif de s’assurer que la surface des services
exposés soit réduite au strict nécessaire, que les comptes et délégations de droits
soient cohérents, que les règles de contrôles d’accès aux ressources soient bien
configurées et que les secrets employés soient protégés de façon efficace.
Ces audits devraient également s’assurer que l’ensemble des mécanismes de tra-
çabilité permettant une supervision et une investigation sur incident soit activé.
Pour aller plus loin s’appuyer sur la partie 1 du guide : ANSSI, Crise Cyber, les clés
d’une gestion opérationnelle et stratégique), décembre 2021 [58].
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Pour aller plus loin : ANSSI, Prestataires de services d’informatique en nuage (SecNum-
Cloud), 2022 [11].
Ces éléments peuvent être formalisés au travers d’un plan de continuité (PCA) et
de reprise d’activité (PRA) associé à un bilan d’impact sur l’activité. Ce plan devrait
être révisé et testé régulièrement afin de s’assurer qu’il est pertinent et actionnable
en situation de crise.
Enfin, un plan de communication devrait être prévu et testé afin de permettre une
communication efficace en cas de crise, celui-ci devrait notamment :
• identifier la liste des parties prenantes à alerter, par exemple : les autorités,
partenaires, clients, prestataires, etc. ;
• identifier les informations attendues, ainsi que la forme, les moyens et les
relais pour alerter les parties prenantes ;
• sur la base de l’appréciation des risques et des scénarios identifiés, des cane-
vas de communication à adapter peuvent être établis pour faciliter la gestion
de crise le jour venu ;
• identifier les éléments devant être disponibles hors ligne.
Pour aller plus loin :
• voir le Chapitre 10 Continuité d’activité : ANSSI, Prestataires de services d’in-
formatique en nuage (SecNumCloud), 2022 [11] ;
• voir la partie 1 du guide : ANSSI, Crise Cyber, les clés d’une gestion opération-
nelle et stratégique, décembre 2021 [58].
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Une vigilance particulière doit être portée sur le plafonnement des coûts aussi
bien contractuellement que techniquement.
Le principe du moindre privilège devrait être appliqué pour assigner les accès
strictement nécessaires à chacun. De plus, des politiques d’accès conditionnel et
de l’authentification multifacteur (MFA) devraient être appliqués le plus large-
ment possible..
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lement sur les services proposés par son CSP. Par conséquent, les équipements en
charge de gérer l’hybridation côté client sont sensibles, car embarquant souvent
des secrets de comptes privilégiés pour le SI local et le SI hébergé dans cloud.
Lorsque cela n’est pas possible, mais que le service cloud offre des fonctions de
chiffrement, celles permettant au client de maîtriser et contrôler les clés de chif-
frement doivent alors être privilégiées.
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La politique de gestion des secrets devrait tenir compte des cas d’échanges néces-
saires avec un CSP lors d’une demande d’assistance technique.
La période de temps d’exposition de ces secrets devrait alors être la plus courte
possible. Les personnes autorisées à réaliser de telles transmissions devraient être
identifiées et les actions de support tracées.
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Ils devraient donc faire l’objet d’un suivi en version, d’une traçabilité et idéalement
de signature électronique avant mise en production. Ces mesures sont particuliè-
rement efficaces quand elles sont automatisées dans une chaîne de production de
code intégrée (CI/CD). Cette chaîne devrait aussi être protégée contre les accès
illégitimes.
Cependant, dans de nombreux cas, la tenue d’un inventaire maîtrisé, à jour et his-
torisé des applicatifs employés a permis d’identifier les instances vulnérables ou
compromises et de circonscrire les conséquences d’une attaque.
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Pour aller plus loin : ANSSI, Les essentiels DEVSECOPS, février 2024 [63].
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Pour aller plus loin voir le Chapitre 9.7 Restriction des accès à l’information : ANSSI,
Prestataires de services d’informatique en nuage (SecNumCloud), 2022 [11].
À ce titre, ils doivent faire l’objet de protections telles que décrites dans le guide
d’hygiène de l’ANSSI. Cette recommandation couvre les rôles de SRE, de DevOPS,
d’ingénieur d’infrastructure, ou les rôles de support amenés à pratiquer des diag-
nostics donnant accès à des informations sensibles sur la production.
Pour aller plus loin : ANSSI, Les essentiels DEVSECOPS, février 2024 [63].
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Pour les prestataires de service cloud, ce référentiel couvre en particulier sur les
thématiques de sécurité suivantes :
• l’usage de moyens d’administration dédiés et sécurisés ;
• la maîtrise des entrants/sortants sur la plateforme ;
• le cloisonnement du système d’information SecNumCloud des autres SI ;
• l’organisation de revue et audits réguliers pour identification des vulnérabi-
lités.
Pour aller plus loin : ANSSI, Prestataires de services d’informatique en nuage (SecNum-
Cloud), 2022 [11].
Par ailleurs, le prestataire devrait aussi mettre à disposition de ses clients un ser-
vice de sauvegardes sécurisée de leurs données. Celle-ci devrait être documentée
dans une politique de sauvegarde et de restauration des données. Cette politique
devrait prévoir des sauvegardes régulières de l’ensemble des données (informa-
tions, logiciels, configurations, etc.) ainsi que la protection de ces sauvegardes.
Pour aller plus loin voir le chapitre 12.5 « Sauvegarde des informations » : ANSSI,
Prestataires de services d’informatique en nuage (SecNumCloud), 2022 [11].
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Enfin, un plan de communication devrait être prévu et testé afin de permettre une
communication efficace en cas de crise, celui-ci devrait notamment :
• identifier la liste des parties prenantes à alerter, par exemple : les autorités,
partenaires, clients, prestataires, etc. ;
• identifier les informations attendues, ainsi que la forme, les moyens et les
relais pour alerter les parties prenantes ;
• sur la base de l’appréciation des risques et des scénarios identifiés, des cane-
vas de communication à adapter peuvent être établis pour faciliter la gestion
de crise le jour venu ;
• identifier les éléments devant être disponibles hors ligne.
L’intégration avec des services tiers devrait être communiquée au client afin que
celui-ci puisse en comprendre les éventuels impacts sur la circulation de données
personnelles.
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Pour chacun d’eux, leur niveau de criticité devrait être documenté. Dès que pos-
sibles les clés privées et secrètes devraient être protégées dans des enclaves maté-
rielles (Hardware Security Modules ou HSM, TPM, secure-element, enclave pro-
cesseur) et les applicatifs susceptibles de faire appel à ces éléments adaptés en
conséquence.
Dès que cela est possible, il est recommandé d’offrir des options permettant aux
clients de générer et gérer leurs propres clés, si possible en les hébergeant en de-
hors du service cloud.
Dans le cadre du support client, cette politique de gestion des secrets devrait pré-
voir une minimisation du risque de transmission des secrets par les clients. Si cette
minimisation ne peut être effectuée côté client, le CSP devrait prévoir systémati-
quement le nettoyage des secrets à la réception, leur invalidation et régénération.
Toute offre de CSP incluant de la gestion d’identité et accès devrait intégrer par
défaut les configurations suivantes :
• possibilité de mise en place du MFA sur tous les comptes clients ;
• possibilité de mise en place de politiques d’accès conditionnel avec du fil-
trage par adresses IP et par pays ;
• possibilité de configurer des accès à des ressources sur des plages de temps
limitées ;
• possibilité de soumettre les actions les plus structurantes sur l’environne-
ment (création/destruction de certaines ressources ou comptes) à l’approba-
tion de plusieurs comptes ;
• possibilité de configurer des notifications quand des comptes sont utilisés,
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Ces options ne devraient pas être réservées à un palier haut de coût de service, qui
les rendraient inaccessibles à des organisations de petite ou moyenne taille.
Pour aller plus loin : ANSSI, Recommandations relatives à l’authentification multifac-
teur et aux mots de passe, octobre 2021 [61].
Les accès des opérateurs de support devraient donc être configurés en suivant
le principe du moindre privilège. Leurs actions devraient être particulièrement
supervisées et le nombre de clients sur lesquels des actions de support sont menées
par jour devrait être limité.
Enfin, un contact DSI client devrait être notifié si un membre du support client
accède à des informations de son SI local ou de son environnement cloud, en par-
ticulier des secrets tels que des mots de passe ou clés privées.
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Le niveau de traçabilité activé par défaut devrait permettre des levées de doutes
sur les évènements de sécurité les plus communs. Ces journaux devraient être
horodatés précisément avec mention du fuseau horaire, et permettre de tracer
les adresses sources des opérations ainsi que les identités associées. Les durées
de rétention proposées devraient permettre de diagnostiquer des événements au
moins antérieurs au mois courant.
Il devrait être permis au client d’accéder aux journaux de ces événements dans des
niveaux de contrats ordinaires.
Il devrait être aussi permis au client de paramétrer des notifications sur des évé-
nements spécifiques, des dépassements de seuils ou des détections d’anomalies
(connexions depuis des zones géographiques nouvelles, création/destruction de
ressources en masse, usage élevé de ces ressources mémoire/CPU/bande passante,
etc.).
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8 ANNEXES
8.1 Glossaire
• Application Programming Interface (API): une interface de programmation d’application
permet de définir l’ensemble des éléments nécessaires et utiles pour interagir avec une
application ou un service.
• Authentification multifacteur (Multi-Factor Authentication, MFA) : processus de sécurité
qui exige deux ou plusieurs facteurs (comme un mot de passe et un code envoyé par SMS)
pour vérifier l’identité d’un utilisateur.
• Cloud dit application en « hybride » : infrastructure incluant à la fois des ressources hé-
bergées en propre (on-premise) et des ressources hébergées dans le cloud
• Content Delivery Network (CDN): un réseau de diffusion de contenu correspond à un en-
semble de serveurs placés au plus proche des consommateurs afin d’être en mesure de leur
partager rapidement et efficacement du contenu ou des données issues d’un serveur d’ori-
gine, facilitant ainsi la répartition de la charge de travail tout en réduisant les risques de
congestion réseau.
• Conteneur (Docker) sur le cloud : permet d’exécuter des applications de manière isolée et
portable, en emballant l’application et ses dépendances dans un conteneur léger, qui peut
être déployé sur n’importe quelle infrastructure cloud.
• Common vulnerability and exposure (CVE): dictionnaire des informations publiques rela-
tives aux vulnérabilités de sécurité.
• Déni de Service Distribué/Réparti (DDoS): attaque consistant à saturer une ressource en
la sollicitant intensivement depuis plusieurs sources.
• Fournisseur de service cloud (Cloud Service Provider, CSP) : entreprise qui propose des res-
sources informatiques (serveurs, stockage, réseaux, applications etc.) via Internet, souvent
sous forme d’abonnement.
• Hyperviseur : logiciel qui permet de créer et gérer des machines virtuelles (virtual machine,
VM) en virtualisant les ressources matérielles d’un système physique.
• Gestion des accès et des identités (Identity and Access Management, IAM) : cadre de gestion
qui permet de contrôler l’accès aux ressources d’une organisation en vérifiant l’identité des
utilisateurs et en gérant leurs permissions.
• Mode opératoire d’attaque (MOA) : il s’agit de l’ensemble des techniques, tactiques et
procédures (TTP) spécifiques mises en oeuvre par un acteur offensif, dans le but de réa-
liser des attaques. Il intègre des outils, des infrastructures, des manières de procéder etc.
qui sont cohérents entre eux et permettent de relier différentes activités offensives en
s’appuyant sur ces similarités.
• on-premise : désigne des solutions informatiques déployées et gérées localement plutôt que
dans le cloud. Cela inclut des serveurs, des logiciels et des données hébergées sur place.
• Request For Comments (RFC) : série numérotée de documents décrivant les aspects et
spécifications techniques, dont certains d’entre eux sont devenus de standards au sens
normatif terme. Les documentations émises par l’Internet Engineering Task Force (IETF)
sont sous la forme de RFC.
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• Réseau privé virtuel (VPN) : mécanisme permettant d’établir une connexion réseau sécu-
risée entre deux ressources, afin de protéger en intégrité et confidentialité l’ensemble des
données qui seront échangées.
• Tenant ou locataire sur le cloud : désigne une entité ou une organisation qui utilise des
ressources cloud partagées, où ses données et applications sont isolées des autres tenants.
• Virtualisation : la virtualisation consiste à créer des ressources informatiques virtuelles,
comme des machines ou des réseaux, qui peuvent notamment être gérées et utilisées à
distance sur le cloud.
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