Filière : Soins infirmiers
Premier semestre – année
2021/2022
Module : Introduction à l’étude du droit
Encadré par le prof : MAZZINE
Mohammed
3azzi Edition
LE DROIT ET LES DROITS ?
On distingue principalement entre deux acceptions du
droit : le droit objectif et le droit subjectif.
LE DROIT OBJECTIF
Le droit est défini sous l'angle de son objet à savoir
l’organisation de la vie en société des personnes. Le
droit c’est l'ensemble des règles, définies et
acceptées par les personnes, afin de régir les rapports
sociaux, et garanties, sanctionnées, par l'intervention
de la puissance publique, c'est-à-dire de l'État.
LE DROIT SUBJECTIF
Le mot droit à une seconde signification qui est
rattachée au sujet du droit et non à la règle de droit
elle-même. En effet, le droit objectif reconnaît aux
personnes, qui sont des sujets de droit, des
prérogatives à l'égard d'autres personne ou sur
certains biens.
DROIT POSITIF ET DROIT NATUREL
Le « droit positif » par opposition au « droit naturel »
il est défini comme l’ensemble des règles en vigueur
dans un État à un moment déterminé.
PREMIERE PARTIE
LE DROIT OBJECTIF
CHAPITRE I
DEFINITION DE LA REGLE DE DROIT
1- Définition et finalité de la règle de droit.
2- les caractères de la règle de droit
LE DROIT OBJECTIF
Le droit objectif est l'ensemble des règles de
Conduite sociale qui régissent les rapports entre les personnes et qui
bénéficient de la contrainte étatique.
Il s'articule autour de la notion de règle de droit qu'il convient de
définir avant d'envisager ses sources et ses diverses classifications
c’est à dire les branches du droit.
1- DEFINITION DE LA REGLE DE DROIT
La règle de droit est une règle de conduite qui régit les rapports entre
les personnes. La vie en société est encadrée également par la règle
morale et la règle religieuse, Cependant, la règle de droit s’en
distingue aussi bien par sa finalité que par ses caractères spécifiques.
LA FINALITE DE LA REGLE DE DROIT
On peut présenter la relation entre le Droit, la Morale et la Religion
comme trois cercles concentriques ayant des domaines communs et
des domaines distincts.
2- LES CARACTERES DE LA REGLE
DE DROIT
La règle de droit présente à la fois des caractères généraux et un
caractère spécifique qui la distingue des règles morales et religieuses.
2-1 LA REGLE DE DROIT
EST GENERALE ET ABSTRAITE
La règle de droit est générale c’est à dire qu’elle s'applique, sans
distinction, à toutes les personnes ou une catégorie spécifique de
personnes.
La règle de droit est abstraite et vise une situation spécifique définie
abstraitement. Elle ne vise pas les personnes mais les situations dans
lesquelles elles se trouvent.
C’est pour cette raison que la règle de droit est toujours formulée de
manière générale et impersonnelle.
Ce caractère général de la règle de droit est une garantie contre
l'arbitraire et la discrimination individuelle et répond ainsi au principe
d’égalité des citoyens devant le droit.
2-2 LA REGLE DE DROIT
EST OBLIGATOIRE ET COERCITIVE
La finalité de la règle de droit est d'assurer la sécurité et l'ordre
social, elle se doit donc d’être obligatoire et s'imposer sous peine de
sanctions.
L’obligation qu’elle impose est sanctionnée par l’autorité publique
contrairement aux autres règles.
2-2-1 RÈGLE IMPÉRATIVE ET RÈGLE
SUPPLÉTIVE
les règles de droit sont obligatoires, toutes ne le sont pas au même
degré. Selon la fonction considérée, les règles de droit s’imposent de
manière absolue ou seulement relative. Il y a lieu donc d'apprécier la
force obligatoire de la règle de droit à travers la distinction entre
règle impérative et règle supplétive.
RÈGLE IMPÉRATIVE
La règle impérative est celle qui s'impose aux personnes dans leurs
rapports et ne peuvent l’écarter car elle est d'ordre public. Elle
s’impose de manière absolue en ce sens qu’il n’est pas possible aux
intéressés de se soustraire à son application, même par un accord
exprès.
RÈGLE SUPPLÉTIVE
La règle supplétive est une règle de droit mais qui peut être écartée
par les personnes en prévoyant une autre règle qui s'appliquera à
leurs rapports juridiques. En fait, la règle supplétive ne s’applique que
si les parties n'ont rien prévu, elle vient alors suppléer l’absence de
volonté exprimée par les intéressés.
2-2-2 LES DIVERSES SANCTIONS
L'inobservation de la règle de droit expose son auteur à une sanction
qui peut être civile, pénale ou administrative
. LES SANCTIONS CIVILES
On distingue plusieurs sanctions civiles qui peuvent parfois se
cumuler.
1) La nullité de l'acte
2) Le versement de dommages intérêts
3) L’exécution par contrainte
LA NULLITÉ DE L'ACTE
Lorsqu’un acte juridique (contrat) a été conclu sans respecter les
règles relatives à sa conclusion, la meilleure manière de réparer ce
non-respect est d’anéantir ce contrat et le déclarer nul et de nul effet
par le jeu de la déclaration de nullité.
LE VERSEMENT DE DOMMAGES
INTÉRÊTS
Toute personne qui viole une règle de droit et cause un dommage à
autrui est tenue de réparer ce dommage en versant à la victime une
somme d'argent à titre de dommages intérêts.
L’EXÉCUTION PAR CONTRAINTE
L’autorité chargée de faire respecter la règle en demande
directement l’exécution en ayant recours si nécessaire à la force
publique
LES SANCTIONS PÉNALES
La sanction pénale consiste en des condamnations corporelles
privatives de liberté ou pécuniaires et qui sont prévues par le code
pénal. Ces sanctions sont assez variées selon la gravité de l'infraction.
Cet effet, le code pénal regroupe les infractions en trois catégories :
les crimes, les délits et les contraventions.
1) les crimes
2) les délits
3) Les contraventions
LES CRIMES
Les peines criminelles principales sont selon l’article 16 du code pénal
: la peine de mort (capitale) ; la réclusion perpétuelle ; la réclusion à
temps pour une durée de 5 à 30 ans ; la résidence forcée ; la
dégradation civique.
LES DÉLITS
Ce sont des infractions de gravité moyenne. Leur sanction est
précisée par l’article 17, en ces termes : « les peines délictuelles
principales sont
:
1) l’emprisonnement ; (La durée de la peine d’emprisonnement
est d’un mois au moins et cinq années au plus, sauf le cas de récidive
ou autres où la loi détermine d’autres limites).
2) l’amende de plus de 1200 dirhams. »
- Les délits correctionnels
Comme le précise l’article 111 al. 2 du CP, est considérée délit
correctionnel : « toute infraction que la loi punit d’une peine
d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à plus de deux ans… ».
C’est le cas des articles 401, 505, et 520 du Code pénal.
- Les délits de police
Moins grave que le délit correctionnel, le délit de police est comme le
précise l’article 111 alinéa 3 du C.P. toute : « infraction que la loi
punit d’une peine d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à
deux ans, ou moins de deux, ou d’une amende de plus de 1200
dirhams ». Exp. articles 386 et 400 du C.P.
LES CONTRAVENTIONS
Selon l’article 18 du C.P. : « les peines
contraventionnelles principales sont :
1. la détention de moins d’un mois ;
2. l’amende de 30 à 1200 dirhams.
LES SANCTIONS ADMINISTRATIVES
Il s'agit de sanctions relevant du droit administratif et prise par
l'autorité administrative.
CHAPITRE II :
LES SOURCES DU DROIT OBJECTIF
La règle de droit est issue de deux catégories de sources : les sources
traditionnelles (droit musulman et du droit coutumier) et les sources
modernes (le droit international, la loi, la doctrine et la
jurisprudence).
SECTION 1- LES SOURCES ORIGINELLES SECTION 2- LES SOURCES
PRINCIPALES SECTION 3- LES SOURCES INTERPRETATIVES
SECTION I : LES SOURCES ORIGINELLES
1- Le Coran
2- La Sunna
3- L’Idjmaa
4- Le Qiyas
1- LE CORAN
Le Coran est la parole de Dieu révélée au prophète (Muhammad)
dont le texte écrit nous a été rapporté par des témoignages
multiples.
2- LA SUNNA
La Sunna signifie la conduite du Prophète constituée par ses paroles
(hadiths), ses pratiques (la manière de prier ou de faire le pèlerinage)
et ses approbations tacites ou expresses.
L’IDJMAA
L’Idjmaa signifie l’accord unanime des Ulémas d’une même époque
sur l’une des questions de la religion ou plus généralement sur une
question déterminée.
LE QIYAS
Le Qiyas ou raisonnement par analogie est une méthode selon
laquelle une règle posée par un texte (verset coranique, hadith,
solution d’Idjmaa) se trouve appliquée à des cas non compris dans
ses termes mais commandés par la même raison.
SECTION II- LES SOURCES PRINCIPALES
1.1- La constitution
1.2- La loi
1.3- Les règlements
1.4- La coutume
1.4- le droit international
LA CONSTITUTION
La constitution est le texte fondamental qui fixe l'ossature
organisationnelle et fonctionnelle de l'Etat. Elle détermine la forme
de l'Etat (Monarchie constitutionnelle), la forme du régime politique
(le régime parlementaire, les rapports entre le Roi, le parlement et le
gouvernement…) et les droits fondamentaux (droit au travail, liberté
d'opinion, droits politiques…).
LA LOI
Source fondamentale de la règle de droit, la loi dans son sens large,
désigne toutes les règles émanant de l’autorité publique, et qui
présentent un caractère général, impersonnel et obligatoire.
LES REGLEMENTS
Le règlement relève du pouvoir exécutif et des autorités
administrative. Le pouvoir réglementaire appartient au chef de
gouvernement qui l'exerce par décret. Il peut également déléguer ce
pouvoir à un ou plusieurs ministres qui l'exercent par le biais des
arrêtés.
LA COUTUME
La coutume est une source de droit non écrite qui 'est établie avec le
temps, par la pratique et la répétition qui finit par devenir
obligatoire.
Deux conditions :
1er condition : Un élément matériel
Un élément matériel: L'adage "une fois n'est pas coutume" exprime
bien que la coutume est une règle issue d'une pratique constante et
prolongée lui assurant une certaine notoriété c'est-à-dire qu'elle est
largement connue est admise dans son milieu au point ou la majorité
la connaît.
2eme condition : Un élément psychologique
Un élément psychologique: L'usage habituel doit être ressenti
comme étant obligatoire et les individus doivent s'y conformer en
ayant la conviction que s'ils ne le font pas ils encourent une sanction.
La sanction n'est pas d'ordre moral mais une sanction juridique.
Le droit international
Le droit international public, est le droit des relations interétatiques.
Il englobe l’ensemble des règles et des principes qui régissent les
relations entre les États souverains et qui les engagent de manière
réciproque (es traités et les conventions internationales, la coutume
internationale, les principes généraux de droit, et l’équité).
SECTION III- LES SOURCES
INTERPRETATIVES
2.1- La jurisprudence
2.2- La doctrine
La jurisprudence
Produit de l’activité judiciaire, la jurisprudence désigne l’ensemble
des décisions rendues par les juridictions nationales (Tribunaux et
Cours d’appel).
« L’article 290 du code pénal dispose que : tout magistrat ou tout
fonctionnaire public investi d'attributions juridictionnelles ne peut
refuser de rendre la justice même en cas de silence ou d'obscurité de
la loi. »
LA DOCTRINE
La doctrine représente l’ensemble des opinions émises (écrits,
commentaires, théories…) sur le droit positif par les juristes
(professeurs de droit, avocats, notaires, juges etc.) La doctrine n'est
pas une source directe du droit, mais elle est importante pour
analyser et comprendre la norme juridique. Ses critiques peuvent
également inspirer le législateur et la jurisprudence.
CHAPITRE III : LES DIVISIONS DU DROIT
OBJECTIF
Grande distinction entre le droit public et le droit privé.
LE DROIT PRIVÉ
Le droit privé est celui qui régit les rapports entre particuliers ou avec
les collectivités privées, telles que les associations, les sociétés et qui
assure prioritairement la sauvegarde des intérêts individuels.
Le droit privé comprend principalement le droit civil et le droit
commercial.
LE DROIT PUBLIC
Le droit public est celui qui régit les rapports de droit dans lesquels
interviennent l'Etat (ou une autre collectivité publique) et ses agents.
Le droit public régit l'organisation de l'Etat et des collectivités
publiques ainsi que leurs rapports avec les particuliers. Ainsi, il
contient les règles d'organisation de l'Etat et celles qui régissent les
rapport entre les particuliers et l'Administration. Le droit public se
subdivise aussi en plusieurs branches. Il comprend principalement le
droit constitutionnel, les finances publiques et le droit fiscal, les
libertés publiques.
Le droit public diffère du droit privé par :
une finalité différente : il vise à satisfaire l'intérêt de la
collectivité. Il est au service de l'intérêt public alors que le droit
privé est au service des individus.
un caractère impératif : le plus souvent le droit public s'impose
aux administrés alors que le droit civil est le plus souvent, un
droit d'autonomie
les privilèges reconnus à l'Administration : Par exemple, en
droit privé, il est un principe selon lequel "nul ne peut se faire
justice à soi-même". Le droit subjectif ne peut être sanctionné
qu'après avoir été reconnu par l'autorité judiciaire.
L'Administration, au contraire, jouit du privilège de l'exécution
d'office.
par les contraintes possibles pour faire exécuter les décisions de
Justice. En droit privé, il existe des mesures de contrainte, c'est-
à- dire des voies d'exécution pour obliger les particuliers à
respecter la décision de Justice (saisies des biens, par ex.). En
droit public, il n'existe en principe aucune exécution forcée des
décisions de Justice à l'encontre de l'Administration.
Des juridictions différentes : l'Administration est soumise à un
ordre juridictionnel particulier, celui de la juridiction
administrative chargée d'appliquer les règles de droit public.
L’OPPOSITION DU DROIT INTERNE AU
DROIT INTERNATIONAL
La distinction entre droit interne et droit international est
moins nette que celle du droit privé et du doit public. On
peut dire que quand un élément étranger se rencontre
dans un rapport de droit, il s'agit de droit international. On
distingue le droit international privé du droit international
public.
LE DROIT INTERNATIONAL PRIVE
Le droit international privé est celui qui
régit les rapports des particuliers entre eux
lorsqu'il existe un élément étranger. Ex. :
un divorce entre un français et une
irlandaise, mariés en Allemagne et
domiciliés en France.
LE DROIT INTERNATIONAL PUBLIC
Le droit international public, appelé aussi le droit des
gens, contient les règles applicables dans les rapports des
Etats entre eux et définit l'organisation, le fonctionnement,
la compétence et les pouvoirs des organisations
internationales (Ex. : O.N.U.).
CHAPITRE III:
L’ORGANISATION JUDICIAIRE AU MAROC
Régie par la loi n°1-74-338 du 15 juillet 1974 ; l’organisation judiciaire
marocaine comprend des juridictions de droit commun, des
juridictions spécialisées et une juridiction d'exception.
SECTION I :
LES JURIDICTIONS DE DROIT COMMUN
Sont compétentes pour tout litige qui n’est pas spécialement attribué
par la loi à une autre juridiction. Elles sont constituées : des
juridictions de proximité, des Tribunaux de première instance, des
Cours d'appel et de la Cour de Cassation.
SECTION I :
LES JURIDICTIONS SPÉCIALISÉES
Sont constituées des juridictions administratives et des juridictions de
commerce.
1) Les juridictions administratives comprennent les tribunaux
administratifs et cours d’appel administratives.
2) Les juridictions de commerce comprennent les tribunaux de
commerce et les cours d'appel de commerce.
SECTION I :
LES JURIDICTIONS D'EXCEPTION
Suite à l’annulation de la cour spéciale de justice, les tribunaux
d'exception qui fonctionne réellement au Maroc se réduisent au
tribunal militaire. La cour des comptes est considérée comme une
juridiction comptable supérieure non rattachée à l’organisation
judiciaire. La Cour des comptes a été instituée par la loi n° 62-99 du
31juin 2002 formant code des juridictions financières.
L’ORGANISATION JUDICIAIRE AU
MAROC
DEUXIEME PARTIE
LE DROIT SUBJECTIF
Il convient, en premier lieu d’identifier les
Titulaires des droits subjectifs et de déterminer leurs
sources avant de présenter les différentes catégories des
droits subjectifs.
SECTION I : LES TITULAIRES DES
DROITS SUBJECTIFS
Ce sont les personnes qui sont des sujets de droit et
jouissent de droits et d'obligations par opposition aux
choses. On distingue les personnes physiques et les
personnes morales.
LA PERSONNE PHYSIQUE
Depuis l'abolition de l'esclavage, tout être humain jouit de
la personnalité juridique, c'est à dire l'aptitude à être
titulaire de droits et d’obligations.
L'ACQUISITION DE LA PERSONNALITE
JURIDIQUE
Le principe :
Le principe est que la personne physique acquiert la personnalité
juridique dés la naissance et la perd à la mort.
l'enfant est né vivant suite aux premiers vagissements, à l’allaitement
ou à d’autres indices analogues il acquiert la personnalité juridique.
(Article 331 du code de la famille.)
Les exceptions :
Le principe de l'acquisition de la personnalité juridique à la naissance
et sa perte à la mort connaît deux exceptions liées à des situations
particulières.
1 - L'attribution de la personnalité avant la naissance
2- La présomption de décès
L'IDENTIFICATION DE LA PERSONNE
PHYSIQUE
La personne physique est identifiée par plusieurs éléments dont
principalement le nom et le prénom, la nationalité et le domicile. Ces
éléments d'identification sont constatés dans les actes de l’état civil.
LE NOM ET LE PRÉNOM
Le nom est une institution de police civile née de la
nécessité d'individualisation des personnes physiques dans
un intérêt public. C'est un emblème de rattachement
familial auquel est associé un prénom en vue d'une
véritable individualisation
LE DOMICILE
Le domicile équivaut à une localisation géographique stable et
permanente de la personne. C'est le lieu où la personne est située
pour les actes juridiques la concernant.
le domicile réel
Le domicile réel de toute personne physique et au lieu où elle a son
habitation habituelle et le centre de ses affaires et de ses intérêts.
Lorsque la personne a son habitation habituelle en un lieu, et le
centre de ses affaires dans un autre elle est domiciliée à l'égard de
ses droits de famille et de son patrimoine personnel là où elle a son
habitation habituelle, e t à l'égard des droits ressortissant à son
activité professionnelle là où elle a le centre de ses occupations et de
ses intérêts.
Le domicile légal
C'est la loi qui détermine le domicile de certaines
personnes sans se préoccuper du lieu de leur résidence et
sans qu'elles aient le choix de leur domicile. Exemple : le
domicile légal de l'incapable et au lieu du domicile de son
tuteur et le domicile d'un fonctionnaire public et au lieu
où il exerce ses fonctions.
Le domicile élu
A l’occasion d’une opération juridique la personne peut faire élection
d'un domicile autre que son domicile réel. Par exemple, à l'occasion
du contrat de vente, le vendeur et l’acheteur peuvent élire domicile
chez le notaire pour que le courrier s’achemine chez ce dernier. Il en
est de même de l'élection de domicile auprès d'un avocat
Les intérêts du domicile
En droit public, l'exercice des droits politiques est rattaché au
domicile. Ainsi, la participation aux consultations électorales se fait
dans la circonscription électorale du lieu du domicile de la personne.
En droit privé, le domicile constitue le lieu où les tiers peuvent
valablement adresser du courrier, notifier des actes de procédure
sans se préoccuper de savoir si la personne s'y trouve effectivement
ou qu'elle est en déplacement. De même, en cas de litige, le différend
est porté devant le tribunal du lieu du domicile du défendeur.
LA NATIONALITE :
La nationalité est le lien qui unit la personne à un Etat et lui reconnaît
tous les droits civils et politiques reconnus aux citoyens (seul un
marocain peut être fonctionnaire dans l'administration publique,
participer aux élections…),
Le régime juridique de la nationalité marocaine fait l'objet du Dahir
du 6 septembre 1958 portant code de la nationalité marocaine tel
qu'il a été modifié et complété par le dahir dumars23 2007.
La nationalité d'origine
La nationalité marocaine d'origine se transmet automatiquement par
filiation (droit du sang) ou par naissance au Maroc (droit du sol).
Par filiation (établie durant la minorité):
- paternelle, l'enfant né d'un père marocain est marocain.
- - maternelle, l'enfant né d'une mère marocaine est
marocain.
Par la naissance au Maroc pour l'enfant né au Maroc de parents
inconnus. Le nouveau-né trouvé au Maroc est présumé, jusqu'à
preuve du contraire, né au Maroc
L'acquisition de la
nationalité par
le bien fait de la loi
La nationalité marocaine est acquise sur demande
présentée par l'intéressé, sauf opposition du ministre de la
justice.
1) La personne née au Maroc de parents étrangers eux-
mêmes nés au Maroc avant le 6 septembre 1958
lorsqu'elle justifie d'une résidence habituelle et
régulière au Maroc.
2) La personne néeau Maroc de parents étrangers, et
ayant une résidence habituelle et régulière au Maroc,
dont lepère lui-même est né au Maroc, lorsque ce
dernier se rattache à un pays dont la fraction
majoritaire de la population est constituée par une
communauté ayant pour langue l'arabe et pour
religion l'Islam et appartenant à cette communauté.
3) Par la Kafala : Sauf opposition du ministre de la justice,
toute personne de nationalité marocaine ayant
pendant plus de cinq années, la kafala (la prise en
charge) d'un enfantné en dehors du Maroc de parents
inconnus, peut présenter une déclaration aux fins
d'acquisition de la nationalité marocaine parl'enfant.
4) Par le mariage : la femme étrangère qui a épousé un
marocain, peut demander l’acquisition de la
nationalité marocaine après cinq ans de résidence
habituelle et régulière au Maroc du ménage.
LA NATURALISATION
Tout étranger peut formuler une demande pour être naturalisé
marocain s'il rempli les conditions suivantes :
1° - avoir une résidence habituelle et régulière au Maroc pendant les
cinq années précédant le dépôt de sa demande, et résider au Maroc
jusqu'à ce qu'il soit statué sur cette demande ;
2° - être majeur au moment du dépôt de la demande ;
3° - être sain de corps et d'esprit ;
4° - être de bonne conduite et de bonnes mœurs et ne pas avoir fait
l'objet de condamnation, non effacée par la réhabilitation, pour :
crime, délit infamant, actes constituant une infraction de terrorisme,
actes contraires aux lois de la résidence légale au Maroc, ou actes
entraînant la déchéance de la capacité commerciale.
5° - justifier d'une connaissance suffisante de la langue arabe ; 6° -
justifier de moyens d'existence suffisants.
LE REGIME DE LA CAPACITE
JURIDIQUE
La capacité juridique est l'aptitude de la personne à jouir des droits et
des obligations (capacité de jouissance) d'une part, et d'exercer ses
droits et assumer les obligations résultant de ses actes (capacité
d'exercice) d'autre part
Ainsi, il y a deux sortes de capacités :
- La capacité de jouissance c'est la faculté d’acquérir des
droits et d’assumer des devoirs et qui est attachée à la
personne dès sa naissance et jusqu'à sa mort.
- La capacité d’exercice c'est la faculté qu’a une personne
d’exercer ses droits personnels et patrimoniaux et qui rend
ses actes valides. Cette capacité est reconnue à toute
personne ayant atteint l’âge de la majorité à moins qu’un
motif quelconque ne lui limite ou ne lui fasse perdre cette
capacité.
LA CAPACITÉ D'EXERCICE :
La pleine capacité d'exercice s'acquiert par toute personne ayant
atteint l'âge de la majorité fixé à 18 années grégoriennes révolues,
sauf pour le dément, le prodigue et le faible d'esprit (handicapé
mental).
La déclaration d'émancipation : L'émancipation est une
reconnaissance anticipée de la pleine capacité d'exercice au mineur
ayant atteint l'âge de 16 ans et qui montre des signes de maturité. Le
mineur émancipé entre en possession de tous ses biens et acquiert la
pleine capacité de les gérer et d'en disposer.
L'autorisation d'administrer une partie des biens : Le mineur ayant
atteint l'âge de 12 années révolues et doué de discernement, peut
recevoir de son représentant légal une partie de ses biens à
administrer, à titre d'essai. Le mineur est autorisé à cet effet par son
tuteur légal ou par une décision du juge chargé des affaires des
mineurs, cette capacité d'exercice concerne uniquement le domaine
d'autorisation
L'INCAPACITÉ
D'EXERCICE
On distingue entre deux catégories d'incapables qui sont
soumis au régime de la tutelle : ceux qui n'ont aucune
capacité d'exercice et ceux dont la capacité d'exercice est
simplement limitée.
Les personnes incapables et les personnes non pleinement
capables sont soumises au régime de la tutelle car elles ne
peuvent exercer leurs droits personnellement mais par
l'intermédiaire d'un représentant légal.
LES PERSONNES NE JOUISSANT
D'AUCUNE CAPACITÉ D’EXERCICE
sont :
a - L’enfant qui n’a pas atteint l’âge de discernement fixé à 12 ans;
b - Le dément, c'est à dire la personne majeure qui a perdu la raison.
Par contre, la personne qui perd la raison de manière discontinue a
pleine capacité durant ses moments de lucidité alors que la perte
volontaire de la raison ne dégage pas la responsabilité.
Les actes passés par ces personnes sont nuls et de nul effet.
LES PERSONNES DONT LA CAPACITÉ
D'EXERCICE ET LIMITÉE
sont :
a - L’enfant ayant atteint l’âge de discernement fixé à 12 ans
grégoriens révolus et qui n’a pas atteint celui dela majorité;
b - Le prodigue : le prodigue est la personne qui dilapide ses biens par
des dépenses sans utilité ou futiles, d’une manière qui porte
préjudice à lui- même ou à sa famille. c - Le faible d’esprit : le faible
d’esprit est celui qui est atteint d’u n handicap mental l’empêchant
de maîtriser sa pensée t ses actes.
Les actes passés par l'une de ces personnes sont
: - valables, s’ils sont pleinement profitables à
l'incapable, c'est-à-dire dans son intérêt. (Exemple :
recevoir une donation); - nuls, s’ils lui sont
préjudiciables. (Exemple : faire une donation); - s’ils
ont un caractère à la fois profitable et préjudiciable,
leur validité est subordonnée à l’approbation du
représentant légal. (Exemple contrat de vente).
LA REPRÉSENTATION LÉGALE
Les personnes incapables et les personnes non pleinement
capables sont soumises au régime de la tutelle car elles ne
peuvent exercer leurs droits personnellement mais par
l'intermédiaire d'un représentant légal. La représentation
légale est assurée au titre de la tutelle légale, la tutelle
testamentaire ou la tutelle dative.
• Le tuteur légal: le père, la mère à défaut du père ou
par suite ed la perte de la capacité de ce dernier ou le
juge.
• Le tuteur testamentaire : c'est la personne désignée
par le père ou par la mère dans leur testament.
• Le tuteur datif : en l’absence du père, de la mère ou
du tuteur testamentaire, le tribunal désigne un
tuteur datif pour l’incapable, qu’il doit choisir parmi
les plus aptes des proches parents (âsaba) . A défaut,
le tuteur datif doit être choisi parmiles autres
proches parents, sinon parmi des tiers. Le
représentant légal exerce la tutelle sous un contrôle
juridictionnel.
LA PERSONNE MORALE
A coté des personnes physiques, les personnes morales sont
également des sujets de droit. La personne morale est un
groupement de personnes ou de biens (fondation) constitué
en vue de réaliser un but déterminé et douée par le droit
d'une personnalité juridique distincte de celle de ses
membres.
De la même façon qu'une personne physique, la personne
morale a des droits et des obligation et un patrimoine distinct
de ceux de ses membres.
On regroupe les personnes morales selon deux grandes
catégories :
Les personnes morales de droit public qui sont des
organismes publics régis par les règles du droit
constitutionnel et du droit administratif : l'Etat, les
collectivités locales, les établissements publics, l'université…
Les personnes morales de droit privé sont principalement les
sociétés civiles et commerciales, les syndicats et les
associations.
La catégorie des personnes morales de droit privé
Les groupements à but non lucratif comme les
associations, les mutuelles et les syndicats.
Les groupements à but lucratif comme les sociétés
L'ACQUISITION DE LA PERSONNALITE
MORALE ET SES EFFETS
• Conformément à la loi 17-95 et la loi 5-96, les sociétés
commerciales n'acquirent pas la personnalité morale dès la
signature du contrat de société (les statuts) maisà compter de
leur immatriculation au registre du commerce. La
sociétéconserve la personnalité morale jusqu'à sa dissolution
(Ex en cas de fusion ou scission). Toutefois, lorsque la
dissolution et suivie de la liquidation de la société, par
exemple en cas de dissolution décidée par l'assemblée
générale extraordinaire ou par la ustice,j la personnalité
morale survie pour les besoins de liquidation.
LES EFFETS DE LA PERSONNALITÉ
MORALE
Avec la personnalité morale, la société acquiert une
individualité propre et une capacité juridique.
L'identification de la société. Comme toute personne
physique, la société a un nom, un domicile et une
nationalité.
La dénomination sociale :c'est un signe
d'individualisation de la société qui doit être
déterminé dans les statuts et c’est le nom sous lequel
la société est connue.
• Le siège social : c'est le domicile de la société et qui doit
être indiqué dans les statuts. Le siège social détermine la
nationalité de la société, la compétence territoriale du
tribunal de commerce et le lieu où doivent être faites les
formalités d’immatriculation.
• La nationalité : au Maroc, la nationalité de la société est
déterminée selon le critère du siège social : les sociétés dont
le siège social est situé au Maroc sont marocaines et
soumises au droit marocain.
LA CAPACITÉ DE LA SOCIÉTÉ
La capacité juridique de la société est limitée par le principe
de la spécialité des personnes morales. Alors que les
personnes physiques vont organiser leur vie juridique comme
elles l'entendent, les sociétés sont créées pour l’exercice
d’une activité déterminée. La personnalité juridique ne leur
est reconnue que dans ce but particulier. En conséquence,
une société commercial ne peut effectuer des actes
juridiques qui n'ont aucun rapport avec son objet prévu dans
les statuts.
LA CLASSIFICATION DES DROITS
SUBJECTIFS
Les droits subjectifs se caractérisent par l'opposition entre les
droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux.
Les droits patrimoniaux sont ceux qui représentent un
élément de richesse pour leurs titulaires, c'est-à- dire qu'ils
ont une valeur estimable en argent, alors que les droits
extrapatrimoniaux ne sont pas susceptibles d'une valeur
pécuniaire.
LES DROITS EXTRAPATRIMONIAUX
Les droits extrapatrimoniaux sont des droits non susceptibles
d'une évaluation pécuniaire et restent hors du patrimoine du
titulaire.
LES CATEGORIES DES DROITS
EXTRAPATRIMONIAUX
Les droits extrapatrimoniaux peuvent être regroupés en
quatre catégories :
1- Les droits politiques : le droit de vote, droit
d’association…
2- Les droits de l'homme, particulièrement le droit à la vie
et à la justice.
3- Les droits de la famille, c'est-à-dire l'ensemble des droits
résultant de l'organisation juridique de la famille: mariage,
pension alimentaire, autorité parentale …
4- Les droits de la personnalité : le droit à l'intégrité
corporelle, le droit à l'honneur, le droit au respect de sa vie
privée…
LE REGIME DES DROITS
EXTRAPATRIMONIAUX
Le régime juridique des droits extrapatrimoniaux s'affirme à
travers
quatre principales caractéristiques. Ils sont :
1) incessibles : on ne peut pas les céder ni y renonce.
(Exemple : le droit de vote)
2) intransmissible : on ne peut pas les transmettre à ses
héritiers. Ils sont attachés à la personne et s'éteignent avec
son décès. Toutefois, les héritiers conservent le droit de
protéger la mémoire et la réputation du défunt, car toute
atteinte qui est faite au défunt peut rejaillir sur les héritiers.
3) imprescriptibles : c'est à dire l'écoulement du temps est
sans effet sur les droits. Ils ne s'éteignent pas par le non
usage (Ex le droit au nom).
4) non évaluables en argent, mais ils peuvent produire des
conséquences pécuniaires. Les atteintes qui sont faites à un
droit extrapatrimonial peuvent donner droit à un
dédommagement (Ex l'atteinte à l'image).
LES DROITS PATRIMONIAUX.
Les droits patrimoniaux sont les droits qui ont eux même une
valeur pécuniaire et sont directement appréciables en argent.
Les droits patrimoniaux ont une valeur d'échange et sont
cessibles, transmissibles aux héritiers et saisissables par les
créanciers.
Les droits patrimoniaux peuvent être classés selon l'objet sur
lequel porte ce droit, c'est-à-dire la chose, ou selon la nature
du rapport juridique qu'ils engagent (droits réels, droits
personnels et droits intellectuels).
LES DROITS RÉELS
Le droit réel confère à une personne un pouvoir direct et
immédiat sur une chose sans l'intermédiaire d'une autre
personne et qui s’impose au respect de tous. Le plus complet
de ces droits et le droit de propriété auquel s’ajoutent les
démembrements de la propriété et les sûretés réelles.
LES DROITS RÉELS PRINCIPAUX ET
ACCESSOIRES
1- Les droits réels principaux sont des droits réels qui
existent indépendamment de tout droit de créance. Ils
donnent à leur titulaire le pouvoir de tirer directement d'une
chose tout ou partie de son utilité économique. La propriété
est le droit réel principal le plus complet. Mais à côté du droit
de propriété, figurent parmi les droits réels principaux :
l'usufruit, droits d’usage et d’habitation, la superficie
(propriété sur les plantations et constructions), les servitudes
(charge d’exploitation d’un fond par un autre).
2- Les droits réels accessoires sont des droits liés à
l'existence d'une créance dont ils garantissent le
recouvrement. Ce sont essentiellement les sûretés. (Ex
l'hypothèque, le age)
LES DROITS PERSONNELS
Le droit personnel ou droit de créance est une relation
personnelle entre deux personnes dont l'une peut exiger de
l'autre l'exécution d'une prestation. Celui qui peut exiger
l'exécution d'une prestation est le créancier, et celui qui est
tenu de l'exécution de la prestation est le débiteur. La
prestation constitue l'objet de ce qu'on appelle l'obligation.
LES TYPES D'OBLIGATION
Il y a trois types d'obligations :
1) obligation de donner : L'obligation de livrer, par
exemple, constitue une obligation de donner.
2) obligation de faire : Le débiteur est tenu d'accomplir un
acte positif ou fournir une prestation. Ex : le salarié est tenu
d'exécuter un travail.
3) obligation de ne pas faire : Le débiteur s'engage à
s'abstenir de certains actes. C'est une obligation négative. Ex :
l’employeur est tenu de ne pas divulguer les renseignements
professionnels de la société.
LES DROITS INTELLECTUELS
Le droit intellectuel est le droit reconnu aux personnes sur
leurs créations intellectuelles. Il s’agit, d’une part, des
créations littéraires ou artistiques sur lesquelles l’auteur jouit
d’un d roit moral exclusif et un monopole d’exploitation dont
les héritiers peuvent bénéficier même après son décès, et,
d’autre part, les créations industrielles tels les brevets,
marques, dessins, modèles et logiciels informatiques.