L’entreprise est comme le corps
humain lorsqu’elle tombe malade plus
que le soin est tardif plus leur
rétablissement devient compliqué. De
la même façon lorsque l’entreprise
connaît des difficultés et tarde à
consulter le tribunal la solution devient
difficile c’est pour cette raison le
législateur a mis en place de nouveaux
mécanisme du traitement des
difficultés il s’agit de la loi 73-17.
Résumé du
droit des
entreprises en
difficultés s5
Réaliser par : Anass NDAM
Généralités :
Le droit des difficultés de l'entreprise peut se définir comme étant l'ensemble de règle ayant
pour objet de restaurer le déséquilibre qui peut influencer négativement l'exploitation d'une
entreprise et permettre à l'entreprise de dépasser ses difficultés dans l'objectif de
poursuivre ses activités tel que le maintien des emplois occupés et régler ses créanciers =
règles de prévention et d'organiser judiciairement son redressement lorsqu'elle est en
situation de cessation de paiement en enfin de procéder à sa liquidation judiciaire lorsqu'il
s'avère que sa situation est irrémédiablement compromise.
Dans la mesure où le droit des entreprises en difficultés est régi par la loi 73-17 ; On ne peut
pas procéder au désintéressement des créanciers d’un débiteur dont l’entreprise n’est pas in
bonis, sans faire référence à toute une panoplie de textes législatifs.
Le paiement des créanciers en droit des procédures collectives nous emmène ;
inexorablement ; à consulter :
-le dahir des obligations et des contrats ;
-le code du travail, la loi 65-99 ;
-le droit des sûretés ;
-le code pénal ;
-le code de recouvrement des créances publiques,
-le droit cambiaire ou le livre III de la loi 15-95 du 1er aout 1996.
Le droit des procédures collectives tend essentiellement :
-A préserver l’entreprise : Cette cessation de paiement quand elle persistante et non pas
passagère, elle pourra entrainer ; immanquablement ; la liquidation de l’entreprise et sa
disparition et par conséquent la perte des emplois ;
-le maintien de l’emploi : quand l’entreprise est menacée de disparition cela pourra donner
lieu à des licenciements abusifs, et qui dit licenciement dit toute une cascade de problèmes
car la créance salariale équivaut à une créance alimentaire de subsistance super privilégiée
qui correspond à une dextérité manuelle, physique du salarié.
-Apurer le passif et désintéresser des créanciers : le droit des entreprises en difficulté tend à
assurer le paiement des créanciers sur le même pied d’égalité.
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L’éligibilité aux procédures de difficulté de l’entreprise :
L’article 545 al.5 de la loi 73-17 stipule que « le débiteur, personne physique ou morale, est
en droit de demander au tribunal l’ouverture de l’une des procédures de prévention, de
sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire dans les conditions
prévues par le présent livre »
L’article 546 al.2 « on entend par le chef d’entreprise au sens du présent livre, la personne
physique débitrice ou le représentant légal de la personne morale débitrice »
Le DDE est un Droit à refaire ou à parfaire?
A notre sens, le DDE est un droit ni à refaire ni à parfaire, car il ne suffit pas de créer des lois
ou bannir d’autres, il faut plutôt un changement dans la mentalité de l’agent économique
marocain, La culture entrepreneuriale ou managerielle marocaine n’est pas prédisposée, à
anticiper les difficultés, à agir le plus en amont possible avant la détérioration de la situation
financière de l’entreprise.
Partie I : les procédures de résolution amiable des difficultés de l’entreprise :
Titre 1 : Les techniques de prévention des risques de défaillance des entreprises :
Afin de préserver des entités viables et saines et leur éviter tout dépôt de bilan et cessation
de leur activités pour défaut d’actifs suffisants, le législateur a adopté la procédure de
prévention qui vise comme son nom l’indique, à prévenir, à prévoir ou à pronostiquer les
signes pressureurs des difficultés avant leur aggravation.
Le législateur marocain a opté pour un processus de prévention interne et confidentiel initié
par le chef l’entreprise et à défaut par le commissaire aux comptes et les associés. Par
ailleurs, il a institué une prévention externe sous le contrôle de président du tribunal de
commerce.
Chapitre 1 : la prévention interne :
Le vocable interne signifie à notre sens l’éradication du problème à l’intérieur même de
l’entreprise en évitant que les problèmes dits passagers ne prennent des proportions
beaucoup plus importantes, en essayant d’aplanir cette difficulté qui pourra dans un court,
moyen ou long terme basculer l’entreprise dans la cessation de paiement.
Selon l’article 547, le chef d’entreprise(auteur d’alerte) doit lui-même régulariser sa
situation ou corriger les irrégularités, s’il a omis de le faire, le Commissaire aux comptes ou
l’associé (auteurs d’alerte) sont tenus d’informer le chef d’entreprises des faits et des
difficultés de nature juridique, économique, financière ou sociale (faits générateurs)
susceptibles de compromettre la continuité de l’exploitation de l’entreprise dans un délai de
8 jours de la découverte de ces difficultés par lettre RAR l’invitant à redresser à la situation.
2
Selon l’article 547 al.2 ; faute d »exécution par le chef d’entreprise dans un délai de 15 jours
de la réception ou s’il n’arrive pas personnellement ou après délibération du conseil
d’administration ou du conseil de surveillance, selon le cas, à un résultats positif, il est tenu
de faire délibérer, dans un délai de 15 jours, l’assemblée générale pour y statuer sur rapport
du commissaire aux comptes, s’il en existe.
Selon Article 548 ; Si la continuité de l’exploitation demeure toujours compromise malgré la
tenue d’AG ou en cas de non tenue d’AG, l’intervention du président du tribunal de
commerce s’impose, ce dernier est informé par CAC ou associé ou chef d’entreprise.
Chapitre 2 : la prévention externe :
Le nouveau livre 5 du C.C à déterminé limitativement les personnes qui ont l’initiative de
déclencher la procédure de la prévention externe et a défini la mission du président du
tribunal. La prévention externe peut être déclenchée soit par les organes liés à l’entreprise
soit par le président du tribunal de commerce dans le cadre d’une saisie d’office.
Selon Article 549 et en préservant toujours la discrétion et la confidentialité sans divulgation
des difficultés, le président du tribunal de commerce( PTC) convoque dans son bureau le
chef d’entreprise soit d’office ou à la demande de ce dernier lorsqu’il constate à travers tout
acte ou procédure que l’entreprise souffre de difficultés juridiques, économiques,
financières ou sociales.
Faits justificatifs :
Condition négative : absence de la cessation des paiements
Condition positive : difficultés juridiques, économiques, financières ou sociales15, ou des
besoins qui ne pouvaient être couverts par un financement adapté aux possibilités de
l’entreprise.
Auteur de la procédure :
Président du tribunal de commerce (PTC), informé par le CAC, le chef d’entreprise ou
l’associé.
Le président du tribunal peut, selon l'écart, soit nommer un mandataire spécial en le
chargeant de la mission de réduire les oppositions qui affecte l'entreprise soit un
conciliateur dont la mission est de faciliter la conclusion d'un accord avec les créanciers.
Un mandataire spécial : Il est nommé par le président du tribunal de commerce avec une
mission déterminé dans un délai précis. Cette nomination intervient s'il apparait que les
difficultés de l'entreprise peuvent être aplanies grâce à l'intervention d'un tiers qui peut :
-Alléger les oppositions éventuelles de nature sociale ou résultantes d'un conflit entre les
associés,
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-Ou celles qui découlent des relations entre les partenaires habituels de l'entreprise
(fournisseurs, clients)
-Ou toute difficulté de nature à affecter la continuité de l'exploitation.
En cas d'échec dans sa mission, le mandataire spécial présente immédiatement un rapport
à cet effet au président du tribunal. S'il ressort du rapport du mandataire spécial que la
réussite de la mission est tributaire de l'allongement du délai ou de changement de ce
mandataire, le président du tribunal peut après accord du chef d'entreprise soit prolongé le
délai ou procéder au changement du mandataire selon les cas.
Un conciliateur : son objectif réside dans la volonté de rechercher un accord entre
l’entreprise et ses principaux créanciers avant l’ouverture de la procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire.
Titre 2 : la procédure de conciliation
Chapitre 1 : déroulement de la procédure
Cette procédure son objectif réside dans la volonté de recherche un accord entre
l’entreprise et ses principaux créanciers avant l’ouverture de la procédure de redressement
ou de liquidation judiciaire.
Pour bénéficier de la conciliation, la loi prévoit une condition négative et une autre condition
positive cumulatives et non pas alternatives.
La condition négative suppose que l’entreprise ne doive pas être en cessation de paiement ;
La condition positive signifie que l’entreprise doit éprouver des difficultés économiques et
financières ou des besoins qui ne peuvent être couverts par un financement adapté aux
possibilités de l’entreprise.
Demande de conciliation par le chef d’entreprise :
Doit contenir l’énoncé des difficultés rencontrées par le chef d’entreprise dont la nature est
économique, financière, et sociale, ainsi que les moyens de financement pour empêcher leur
développement.
Les investigations du PTC :
Avant de décider si la conciliation sera ouverte ou non en faveur du chef d’entreprise, le PTC
doit procéder à une enquête préalable avant toute prise de décision à mauvais escient
exemple : C’est le cas d’ouverture d’une conciliation alors que le chef d’entreprise est
déclaré déjà en cessation de paiement.
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Le PTC pourra valablement obtenir information susceptible de lui donner une image claire
sur la situation économique et financière de l’entreprise ; de la part des collaborateurs
suivants :
Collaborateurs avec PTC :
-l’expert à travers une expertise ;
-commissaire aux comptes ;
-représentant des salariés ;
-administrations publiques (CNSS-FISC) ;
-institutions financières (banques)
La loi lui confère à travers l’article 552 le droit de solliciter la désignation d’un expert qui va
établir un rapport exhaustif sur l’état de santé financière de l’entreprise, sa situation,
économique, sociale et financière pour avoir une image limpide sur sa trésorerie, ses actifs
et ses passifs.
Chapitre 2 : nomination d’un conciliateur (6 mois : durée de mission maximale)
La nomination d’un conciliateur ad hoc, est indéniablement importante, dans la mesure où
cet intermédiaire joue un rôle pionnier en rapprochant les parties en conflit, et en essayant
de trouver un commun accord, un terrain d’entente pour favoriser le dialogue, assurer le
remboursement des créances, et faire bénéficier le débiteur d’un temps de répits pour
régulariser sa situation financière et réorganiser sa solvabilité.
Chapitre 3 : le procédé de la suspension provisoire des poursuites individuelles
Principe :
Cet accord suspend pendant la durée de son exécution toute procédure individuelle et toute
action judiciaire tant sur les meubles que sur les immeubles de l'entreprise débitrice qui ont
pour but le règlement des dettes objet de l'accord.
Sous peine de nullité des paiements, la SPP contient :
-interdiction pour les créanciers de déclencher la machine judiciaire (action en justice) ainsi
que toutes les (voies d’exécution) sur les biens meubles et immeubles du débiteur ;
-il est interdit au créancier de déclencher toute action en justice qui tend au paiement d’une
somme d’argent ou visant la résolution d’un contrat pour défaut de paiement d’une somme
d’argent ;
-les délais impartis sont suspendus également, à peine de déchéance ou de résolution des
droits ;
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-interdiction pour les créanciers d’exiger le paiement des cautions qui acquitteraient leurs
créances, ils leur sont interdit de demander d’exécuter un cautionnement contre le débiteur
pendant toute la durée de la suspension ;
-interdiction également de consentir une hypothèque ou nantissement sauf autorisation
donnée par le président du tribunal de commerce.
-Le non-paiement touche les créances nées antérieurement à la décision de suspension.
Dérogation au principe de l’article 555 ou le privilège de l’article 558 :
1) Les créanciers ayant consentis dans le cadre d’un accord de conciliation, un apport
nouveau en trésorerie ;
2) Les personnes qui ont accepté de continuer à fournir des marchandises ou services à
l’entreprise en difficulté, ou ceux qui financent toujours l’entreprise par l’argent frais (octroi
des concours financiers ou lignes de crédit), Puisqu’elles ont eu le courage de ne pas rompre
avec un débiteur en gêne financière, malgré le risque persistant de ne pas être payé par la
suite ; cette catégorie a « privilège du new money ».
3) les créances nées postérieurement26 à la décision de suspension peuvent être réglées
sans aucun inconvénient,
4) La SPP ne s’applique pas sur les créances résultantes d’un contrat de travail, qui
demeurent à l’abri de cette interdiction de paiement.
Ne sont pas concernées par la SPP les actions suivantes :
-action en exécution d’une obligation de faire (livraison de marchandises), ou de ne pas faire
(cesser un trouble comme la concurrence déloyale)
-action en résolution d’un contrat pour cause autre que le défaut de paiement
(marchandises périssable ou obsolescence des produits – non-respect des clauses
contractuelles).
Finalité de SPP :
Permettre au débiteur d’organiser sa solvabilité et de réorganiser sa trésorerie à travers un
gel momentané du passif patrimonial de l’entreprise, pour éviter l’appauvrissement et
l’épuisement de l’actif patrimonial de l’entreprise.
Car les créanciers soucieux de récupérer leur dus seront amenés à ester en justice avant
l’aggravation éventuelle de la situation de l’entreprise, vont alors exercer une pression sur le
débiteur ce qui pourra être contraire à l’esprit de la conciliation et perturber la mission du
conciliateur qui tend à rapprocher les positions des parties.
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Conclusion d’un accord de conciliation :
Les créanciers du chef d’entreprise peuvent soit accepter les termes de l’accord de
conciliation en accordant un rééchelonnement des dettes au débiteur et en acceptant les
nouveaux délais de paiement, soit refuser en bloc les termes de l’accord de conciliation, et
personne ne peut les obliger d’y participer.
L’homologation est facultative quand l’accord est conclu avec les principaux créanciers
seulement, elle est obligatoire si tous les créanciers acceptent de participer au règlement
amiable de leurs créances.
Titre 3 : la nouvelle procédure de sauvegarde
Cette procédure constitue une innovation majeure de la loi 73-17 du 19 Avril 2018 qui lui a
consacré les articles 560 à 574 du nouveau Livre V du code de commerce. Elle a pour objectif
de permettre à l'entreprise de dépasser ses difficultés en poursuivant son activité, en
conservant ses emplois et en réglant ses dettes.
La nouvelle procédure de sauvegarde tend essentiellement :
-à surmonter les difficultés de l’entreprise ;
-à assurer la poursuite de son activité ;
-à apurer le passif (les dettes) ;
-à maintenir les emplois.
Chapitre 1 : les faits justificatifs d’ouverture de la sauvegarde
1) Les conditions d’ouverture
a) Les conditions de fond :
Elles sont en nombre de deux, une négative et l’autre positive. La condition négative résulte
dans le fait que l’entreprise ne doit pas être en état de cessation de paiement, compte à la
condition positive, elle consiste dans le fait que l’entreprise souffre de difficultés qu’elle est
dans l’incapacité de surmonter et qui est de nature à la conduire à la cessation de paiement
dans un court délai.
b) Les conditions de forme :
A- le dépôt d’une demande accompagnée d’un document ;
Le chef d'entreprise doit déposer sa demande au secrétariat greffe compétant, cette
demande doit préciser les difficultés de nature à compromettre la poursuite de l'activité de
l'entreprise, elle doit être accompagnée des documents suivants :
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1- Les états de synthèse de la dernière année comptable visée par le commissaire aux
comptes s'il en existe ;
2- L'inventaire et l'évaluation de tous les biens meubles et immeubles de l'entreprise ;
3- La liste des créanciers avec la précision de leurs adresses, le montant de leurs
créances, les garanties accordées ;
4- La liste des débiteurs avec la précision de leurs adresses, le montant de leurs dettes,
les garanties accordées ;
5- Le tableau des charges ;
6- La liste des salariés et de leur représentant le cas échéant ;
7- Extrait du modèle 7 du registre de commerce ;
8- La situation de la balance de l'entreprise pour les trois derniers mois ;
B- Le règlement et frais de la procédure.
Le chef d'entreprise doit déposer sans délai à la caisse du tribunal le montant nécessaire à la
couverture des frais de publicités et du déroulement de la procédure, le montant de ces frais
est fixé par le président du tribunal.
C- Le projet de plan de sauvegarde.
Sous peine d'irrecevabilité, le chef d'entreprise doit joindre à sa demande un projet de plan
de sauvegarde, ce projet doit déterminer toutes les obligations nécessaires afin de
sauvegarder l'entreprise et les modalités de conserver son activité ainsi que les moyens de
son financement, il doit également préciser les modalités de règlement des dettes et des
garanties accordées pour l'exécution du plan de redressement.
2) Décision du tribunal :
L’acceptation ou le refus d’adoption d’un plan de sauvegarde revient au tribunal de
commerce qui avant de trancher pourra valablement consulter toutes les entités (CNSS-
service de fiscalité-trésorerie du royaume-les banques…) qui peuvent lui fournir des
informations plus amples sur la situation économique, financière et sociale de l’entreprise
boiteuse comme il peut mener une expertise dans ce sens en faisant appel à un expert.
Le tribunal toujours ; à qui revient le dernier mot, est tenu de convoquer personnellement le
chef d’entreprise à huit clos (en chambre de conseil) afin d’écouter ses propos et ce dans un
délai de 15 jours à partir du dépôt de la demande d’ouverture de la sauvegarde.
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3) Circonstances de conversion de la sauvegarde à une procédure de traitement
(redressement-liquidation)
Article 564 prévoit la conversion de la procédure de sauvegarde en une procédure de
traitement des difficultés de l’entreprise, s’il s’est avéré que le jour du jugement d’ouverture
de la procédure, l’entreprise était déjà sombré dans la cessation de paiement. Devant cette
hypothèse le tribunal doit fixer la date de cessation de paiement qui ne peut être antérieure
à 18 mois de la date du jugement d’ouverture. Article 713 de la nouvelle loi.
4) Le sort des créances nées après l’ouverture de la procédure de sauvegarde :
Les créances légalement nées postérieurement au jugement d’ouverture de la sauvegarde,
relativement aux besoins de déroulement de la procédure ou à l’activité de l’entreprise sont
réglées en priorité par rapport à toute autre créance assortie ou non de privilège ou de
garantie.
5) Pouvoirs du chef d’entreprise et du syndic dans le cadre de la sauvegarde :
Chef d’entreprise en difficulté :
Le chef d’entreprise a seul la qualité pour assurer le fonctionnement de l'entreprise, habilité
à exercer des actes de gestion seulement, il ne peut agir que sur le contrôle du syndic et du
juge-commissaire pour tous les actes d’exécution du plan de sauvegarde. Dès l'ouverture de
la procédure de sauvegarde, le chef d'entreprise doit préparer un inventaire sur les actifs de
l'entreprise et les garanties y afférentes mise à la disposition du juge commissaire et du
syndic.
Chapitre 2 : préparation et choix de la solution
Dans le cadre de la préparation de la solution : le syndic en collaboration avec le chef
d’entreprise est tenu de présenter au tribunal un rapport détaillé sur la situation
économique, financière et sociale de l’entreprise. Ce bilan lui permettra de proposer au
tribunal soit l’approbation du projet de plan de sauvegarde, ou sa modification, soit
l’ouverture d’un redressement ou liquidation judiciaire.
L’homologation du plan de sauvegarde. La résolution du plan de sauvegarde.
Le tribunal ordonne l'homologation du plan Le tribunal peut ordonner la résolution du
de sauvegarde s'il constate que les plan de sauvegarde et décider en
conditions sérieuses de la sauvegarde sont conséquence le redressement ou la
réunies à la lumière du rapport du syndic et liquidation judiciaire du fait de
après audition du chef de l'entreprise. l'inexécution des obligations déterminées
A cet effet, le tribunal détermine la durée dans le plan de sauvegarde Cette décision
d'exécution du plan de sauvegarde dans la peut intervenir d'office ou à la demande de
limite de 5ans. l'un des créanciers et ce après audition du
chef de l'entreprise ou du syndic.
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L’arrêt des poursuites individuelles :
Principe :
Article 686 de la loi 73-17 interdit après ouverture d’une procédure de sauvegarde, toute
poursuite en justice de la part des créanciers dont la créance a pris naissance
(antérieurement) au dit jugement.
Exception :
Le créancier privilégié titulaire d’une sûreté mobilière pourra demander au juge-commissaire
au visa de l’article du dernier alinéa de l’article 686 la vente du bien objet de la sûreté,
quand ce dernier est de nature périssable ou pourra tomber après un laps de temps dans
l’obsolescence.
Suspension des instances en cours :
Il se peut que le créancier ait déjà déclenché la machine judiciaire avant la prononciation du
jugement d’ouverture de la sauvegarde, dans ce cas de figure, la dite action en justice sera
suspendue, jusqu’à ce que le créancier ait déclaré sa créance auprès du syndic.
Une fois la créance déclarée, l’instance pourra être reprise, mais seulement pour constater
la dite créance ou bien pour déterminer son montant exacte, mais aucun paiement ne
pourra être effectué sous peine de nullité du dit règlement.
Paiement des créances antérieures au jugement d’ouverture de la sauvegarde :
Principe et dérogation :
Mentionnée noir sur blanc dans l’article 690, l’interdiction de payer les créances antérieures
au jugement d’ouverture de la sauvegarde mais le deuxième alinéa du même article permet
au syndic ; sur autorisation du juge commissaire ; de procéder au règlement des créances
antérieures afin de retirer un gage utile et nécessaire à la poursuite de l’activité de
l’entreprise débitrice.
Tout paiement effectué en dehors de ces conditions, pourra être frappé de nullité par tout
intéressé dans un délai de 3 ans à compter du paiement de la créance, ou de la conclusion
de l’acte.
Le sort de la caution :
Comme dans l’accord de conciliation, La caution qui a garanti la créance incluse dans le plan
de sauvegarde, pourra se prévaloir des dispositions du plan de sauvegarde et de l’arrêt du
cours des intérêts légaux et conventionnels qui doivent s’arrêter de s’accumuler , ainsi que
tous les intérêts de retard ou de majoration.
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Le procédé de déclaration des créances dans le cadre de la sauvegarde : Article de
719-723
Déclaration des créances : article 719
La déclaration des créances est un devoir qui doit être accomplie par les créanciers toute
catégorie confondue (chirographaires ou privilégiés) pendant la période d’observation et ce
auprès du syndic.
Sont exemptés par disposition expresse, les salariés qui détiennent une créance résultante
de leur contrat de travail, ainsi que les créanciers postérieurs au jugement d’ouverture.
Le déroulement du procédé de déclaration des créances :
Nature de créance et des créanciers :
L’article 719 dispose : sont tenus de déclarer leur créance au syndic tous les créanciers dont
la créance a son origine antérieurement au jugement d’ouverture, à l’exception des salariés.
Nuance :
-Les créanciers connus du syndic, ou ceux dont les noms figurent sur la liste fournie par le
débiteur au syndic, sont avertis par ce dernier.
-Les Créanciers privilégiés (titulaires d’une sûreté publiée) sont avertis personnellement à
leur domicile élu par le syndic.
Créanciers ordinaires doivent le faire soit en personne soit par le truchement d’un préposé
ou mandataire.
Délais impartis pour déclarer :
Deux mois à partir de la publication du jugement d’ouverture au Bulletin Officiel, prorogé de
deux mois supplémentaires pour les créanciers résidents hors du royaume du Maroc.
Déchéance du droit de créance : la Forclusion :
Principe :
Tout créancier qui ne procède pas à déclarer sa créance dans les délais susmentionnés sera
évincé pour inaction ou négligence, et par conséquent sa créance sera éteinte. En d’autres
termes le créancier sera frappé de forclusion.
Entorse :
-Ne peuvent être frappés de forclusion, ni déchus de leur droit de créance, les créanciers
privilégiés qui n’ont pas été avisés personnellement par le syndic.
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-ne peuvent être frappés de forclusion non plus les créanciers qui ont pu parvenir à prouver
que le défaut de déclaration de leur créance est dû à une force majeure.
Action en relevé de forclusion :
Cette action peut être déclenchée par le créancier négligent dans un délai d’une année à
compter de la date de décision de jugement d’ouverture.
L’action en relevé de forclusion peut donner lieu soit à son acceptation soit à son rejet qui
dépend du pouvoir discrétionnaire du juge-commissaire selon les faits.
La demande de relevée de forclusion ne suffit pas. Le créancier doit établir que la défaillance
n’est pas de son fait ; pis encore ; le motif invoqué relève du pouvoir discrétionnaire du
tribunal qui peut le « gober » ou le réfuter. Le législateur en instituant le procédé de
publicité au BO et au tableau d’affichage du tribunal ; malgré leur portée supposée et non
réelle ; considérait que le créancier doit prendre connaissance car nul n’est censé ignorer la
loi.
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