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EHCVM 2021 : Rapport sur les ménages

L'Institut national de la statistique et de la démographie du Burkina Faso a réalisé en 2021 la deuxième enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, avec l'appui de la Banque Mondiale et de l'UEMOA. Cette enquête vise à fournir des données actualisées pour évaluer les conditions de vie, orienter la planification et suivre les progrès des politiques publiques. Les résultats, couvrant tout le territoire national, permettront des comparaisons entre les pays membres de l'UEMOA et contribueront à la mise en œuvre de la politique nationale de développement.

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EHCVM 2021 : Rapport sur les ménages

L'Institut national de la statistique et de la démographie du Burkina Faso a réalisé en 2021 la deuxième enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages, avec l'appui de la Banque Mondiale et de l'UEMOA. Cette enquête vise à fournir des données actualisées pour évaluer les conditions de vie, orienter la planification et suivre les progrès des politiques publiques. Les résultats, couvrant tout le territoire national, permettront des comparaisons entre les pays membres de l'UEMOA et contribueront à la mise en œuvre de la politique nationale de développement.

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Institut national de la statistique

et de la démographie (INSD)

Enquête harmonisée sur


les conditions de vie des
ménages (EHCVM) 2021

Juillet 2024
Ministère de l’économie, des BURKINA FASO
finances et de la Prospective Unité – Progrès - Justice
----------
Secrétariat général
----------
Institut national de la
statistique et de la
démographie

Enquête harmonisée sur les


conditions de vie des ménages
(EHCVM) de 2021

Réalisé avec l’appui de la Banque Mondiale et de l’Union économique et monétaire Ouest Africaine

2024
AVANT-PROPOS
Le Burkina Faso à travers l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD) a réalisé en
2021, la deuxième enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM-2) après celle
de 2018-2019. Cette enquête est réalisée simultanément dans les huit pays membres de l’Union
économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) avec l’appui technique et financier de l’UEMOA,
dans le cadre du Programme d’harmonisation et de modernisation des enquêtes sur les conditions de
vie des ménages (PHMECV).
L’EHCVM répond au besoin d’adoption d’une méthodologie harmonisée pour faciliter les comparaisons
des indicateurs clés de suivi des politiques publiques, notamment les Objectifs du développement
durable (ODD) entre les pays de l’Union. De plus, elle répond aux besoins de disposer des informations
actualisées pour orienter la planification et pour évaluer les progrès dans le cadre de la mise en œuvre
de la politique nationale de développement (PND). Par ailleurs, les résultats de cette enquête
constituent des évidences pour évaluer l’état actuel des conditions de vie de la population burkinabè et
mesurer les progrès réalisés.
L’enquête a couvert tout le territoire national burkinabè malgré le contexte sécuritaire. Le niveau de
représentativité des données collectées est le milieu de résidence (urbaine et rurale) et la région (les
13 régions administratives du pays). L'EHCVM-2 est conçue suivant la méthodologie de la première
édition dans la perspective de consolider l’harmonisation des statistiques sur les conditions vie des
ménages dans les pays de l’UEMOA et de permettre une analyse dynamique.
L’analyse des données a été assurée par une équipe multidisciplinaire de l’INSD et du Centre National
pour la Recherche Scientifique et Technique (CNRST) et a bénéficié de l’appui d’experts internationaux
commis par l’UEMOA, la Banque mondiale et l’Observatoire économique et statistique d’Afrique
subsaharienne (AFRISTAT).
Le présent rapport est le fruit d’un engagement du Gouvernement burkinabè pour le développement de
la statistique et d’un appui technique et financier de l’UEMOA.
Je saisis l’occasion pour remercier le Gouvernement burkinabè qui déploie des efforts considérables
pour le développement de la statistique. Je remercie également l’UEMOA pour son appui technique et
financier sans oublier l’ensemble des acteurs qui ont contribué à la production du présent rapport.

Le Directeur Général

Boureima OUEDRAOGO
Chevalier de l’Ordre du Mérite de
l’Economie et des Finances

Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages i
SOMMAIRE
Liste des tableaux ...................................................................................................................................... V
Liste des
graphique…………………………………………………………………………………………………………………
……………………………….iiERREUR ! SIGNET NON DEFINI.
Liste des cartes ........................................................................................................................................ VII
LISTE DES ACRONYMES, SIGLES ET ABREVIATIONS ......................................................................... vii
RESUME .................................................................................................................................................. XIII
INTRODUCTION ......................................................................................................................................... 1
CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PAYS, OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE
L’ENQUÊTE ................................................................................................................................................ 3
1.1 PRESENTATION GENERALE DU PAYS ................................................................................................... 3
CHAPITRE 2 : CARACTERISTIQUES SOCIO-DEMOGRAPHIQUES DES MENAGES ET DE LA
POPULATION ........................................................................................................................................... 11
2.1 CARACTERISTIQUES DES MENAGES .................................................................................................. 11
2.2 CARACTERISTIQUES DE LA POPULATION ............................................................................................ 17
CHAPITRE 3 : EDUCATION, ALPHABETISATION ET SCOLARISATION................................................ 27
3.1 CONCEPTS ET DEFINITIONS ............................................................................................................. 27
3.2 ALPHABETISATION ET SA DYNAMIQUE ................................................................................................ 29
3.3 DEPENSES D’EDUCATION ................................................................................................................. 41
CHAPITRE 4 : EMPLOI ET CHOMAGE .................................................................................................... 45
4.1 DEFINITIONS DES CONCEPTS ........................................................................................................... 45
4.2 EMPLOI DU TEMPS DES PERSONNES AGEES DE 15 ANS OU PLUS .......................................................... 46
4.3 POPULATION EN AGE DE TRAVAILLER ................................................................................................ 48
4.4 SITUATION D'ACTIVITES DES PERSONNES EN AGE DE TRAVAILLER ......................................................... 49
4.5 SITUATION D'ACTIVITES DES PERSONNES OCCUPEES .......................................................................... 53
4.6 EMPLOI ET TYPE D’EMPLOYEUR ........................................................................................................ 55
4.7 EMPLOI ET BRANCHE D'ACTIVITES ..................................................................................................... 56
4.8 EMPLOIS VULNERABLES, PLURIACTIVITES ET SALARISATION ................................................................. 57
4.9 SOUS-UTILISATION DE LA MAIN D'ŒUVRE ........................................................................................... 59
4.10 CHOMAGE DU MOMENT ................................................................................................................... 61
4.11 PRIMO-DEMANDEURS D’EMPLOI ET ANCIENS ACTIFS OCCUPES ............................................................. 63
4.12 ASPIRATIONS DES DEMANDEURS D’EMPLOI ........................................................................................ 64
4.13 DUREE MOYENNE DU CHOMAGE ....................................................................................................... 66
CHAPITRE 5 : SANTÉ GÉNÉRALE .......................................................................................................... 69
5.1 CONCEPTS ET DEFINITIONS ............................................................................................................. 69
5.2 MORBIDITE DE LA POPULATION ......................................................................................................... 70
5.3 MORBIDITE SEVERE ........................................................................................................................ 71
5.4 PRINCIPAUX PROBLEMES DE SANTE .................................................................................................. 73
5.5 CONSULTATION DANS LES FORMATIONS SANITAIRES ........................................................................... 73
5.6 PERSONNES MORBIDES AYANT CONSULTE ......................................................................................... 74
5.7 PRINCIPALES RAISONS DE NON-CONSULTATION DANS LES FORMATIONS SANITAIRES .............................. 75
5.8 RAISONS DE NON CONSULTATION DES CENTRES DE SANTE SELON LE TYPE DE MALADIE .......................... 76
5.9 REPARTITION DES CONSULTATIONS SELON LE TYPE DE FORMATIONS SANITAIRES .................................. 77
5.10 PERSONNEL DE SANTE CONSULTE .................................................................................................... 78
5.11 SATISFACTION DES USAGERS DES FORMATIONS SANITAIRES ............................................................... 80
5.12 NIVEAU DE SATISFACTION DES USAGERS DES FORMATIONS SANITAIRES SELON LE PROBLEME DE SANTE .. 81
5.13 PRINCIPAUX PROBLEMES RENCONTRES LORS DE LA CONSULTATION ..................................................... 81
5.14 DISTANCE PARCOURUE POUR LA PREMIERE CONSULTATION ................................................................ 82

Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages iii
5.15 PERSONNES HANDICAPEES ............................................................................................................. 83
5.16 COUVERTURE PAR UNE ASSURANCE MALADIE .................................................................................... 84
CHAPITRE 6 : EPARGNE ET CRÉDIT ...................................................................................................... 85
6.1 DEFINITIONS DES CONCEPTS ........................................................................................................... 85
6.2 POSSESSION DE COMPTE ET D’EPARGNE ........................................................................................... 85
CHAPITRE 7 : ENTREPRISES FAMILIALES NON AGRICOLES.............................................................. 99
7.1 CONCEPTS ET DEFINITIONS ............................................................................................................. 99
7.2 MENAGES POSSEDANT AU MOINS UNE ENTREPRISE FAMILIALE NON AGRICOLE ....................................... 99
CHAPITRE 8 : TRANSFERTS MONETAIRES REÇUS PAR LES MENAGES ......................................... 113
8.1 DEFINITION DE QUELQUES CONCEPTS ............................................................................................. 113
8.2 MENAGES ET TRANSFERTS REÇUS ................................................................................................. 113
CHAPITRE 9 : CHOCS ET STRATEGIES DE SURVIE DES MENAGES ................................................. 117
9.1 CHOCS AU COURS DES 3 DERNIERES ANNEES .................................................................................. 117
CHAPITRE 10 : AGRICULTURE ............................................................................................................. 123
10.1 CONCEPTS ET DEFINITIONS ........................................................................................................... 123
10.2 PRATIQUE DE L’AGRICULTURE ........................................................................................................ 124
10.3 QUALITE DES SOLS ....................................................................................................................... 128
CHAPITRE 11: ELEVAGE ....................................................................................................................... 147
11.1 PRATIQUE DE L’ELEVAGE ............................................................................................................... 148
CHAPITRE 12 : LOGEMENT, EAU ET ASSAINISSEMENT .................................................................... 161
12.1 DEFINITION DE QUELQUES CONCEPTS : ........................................................................................... 161
12.2 SITUATION DU LOGEMENT .............................................................................................................. 162
12.3 LA PROMISCUITE .......................................................................................................................... 164
12.4 STATUT D’OCCUPATION DES LOGEMENTS ........................................................................................ 165
12.5 COUVERTURE EN EAU POTABLE ..................................................................................................... 166
12.6 ASSAINISSEMENT ......................................................................................................................... 167
12.7 MODE D’ECLAIRAGE DES MENAGES ................................................................................................. 171
12.8 ACCES DES MENAGES AUX TECHNOLOGIES DE L ’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION .................... 172
CHAPITRE 13: FILETS SOCIAUX DE SÉCRITÉ ..................................................................................... 175
13.1 COUVERTURE DES PROGRAMMES DE FILETS SOCIAUX ...................................................................... 175
CHAPITRE 14 : GOUVERNANCE, PAIX ET SÉCURITÉ ......................................................................... 179
14.1 OPINION SUR LE FONCTIONNEMENT DE LA DEMOCRATIE .................................................................... 179
14.2 OPINION SUR LES TYPES DE SYSTEME POLITIQUE DE GOUVERNANCE .................................................. 180
14.3 OPINION SUR L’EXISTENCE DE DISCRIMINATION ENVERS LES PERSONNES ............................................ 181
14.4 OPINION SUR L’EGALITE DES CHANCES ENTRE FEMMES ET HOMMES ................................................... 182
14.5 OPINION SUR L’IMPORTANCE DE LA CORRUPTION ............................................................................. 183
14.6 OPINION SUR LE SENTIMENT DE SECURITE ....................................................................................... 184
CONCLUSION GENERALE .................................................................................................................... 187

Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
iv
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1- 1: Structure de l'échantillon par région administrative de résidence ................................... 7
Tableau 1- 2: Structure de l'échantillon par milieu de résidence .......................................................... 8
Tableau 1- 3: Résultat global du taux de réponse de l’EHCVM-2021 .................................................. 9
Tableau 2- 1: Répartition (en %) des ménages selon le niveau de vie, le statut de pauvreté et le groupe
de taille du ménage par sexe du CM ................................................................................................ 13
Tableau 2- 2: Répartition (%) des ménages selon le groupe d'âge et par sexe du chef de ménage ... 14
Tableau 2- 3: Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage selon sa situation de famille
et sa catégorie socioprofessionnelle ................................................................................................. 14
Tableau 2- 4: Âges moyens des chefs de ménages par région et milieu de résidence selon le sexe du
CM ................................................................................................................................................... 15
Tableau 2- 5: Âge moyen du chef de ménage par niveau de vie, statut de pauvreté et taille de ménage
selon le sexe du CM......................................................................................................................... 16
Tableau 2- 6: Taille moyenne du ménage selon le secteur institutionnel du CM et son sexe ............. 17
Tableau 2- 7: Répartition (%) de la population par sexe selon la région et le milieu de résidence ...... 17
Tableau 2- 8: Répartition (%) de la population selon le statut de pauvreté du ménage et le niveau
d’instruction du CM par sexe ............................................................................................................ 20
Tableau 3- 1: Taux d'alphabétisation (%) en 2021 ............................................................................ 31
Tableau 3- 2: Proportion (%) des individus des 25 ans ou plus ayant fréquenté dans les structures
formelles ou non formelles par milieu région, le sexe et groupe d’âge ............................................... 32
Tableau 3- 3: Répartition (%) de la population de 25 ans et plus selon le niveau d'instruction ........... 33
Tableau 3- 4: Taux brut (%) de fréquentation scolaire (TBFS) et Nombre d'étudiants /100 000 habitants
en 2021............................................................................................................................................ 35
Tableau 3- 5: Taux net (%) de fréquentation scolaire (TNFS) selon certaines caractéristiques
sociodémographiques des individus et du chef de ménage en 2021 ................................................. 36
Tableau 3- 6: Taux d’achèvement (%) dans les cycles d’enseignement en 2021............................... 37
Tableau 3- 7: Répartition (%) des élèves selon le type d'école fréquentée ........................................ 38
Tableau 3- 8: Répartition (%) des personnes ayant fréquenté dans une structure non formelle selon
quelques caractéristiques ................................................................................................................. 41
Tableau 3- 9: Les dépenses d’éducation des ménages et sa part dans les dépenses totales des
ménages .......................................................................................................................................... 42
Tableau 3- 10: Structure des dépenses d’éducation ......................................................................... 43
Tableau 4- 1: Temps moyen consacré aux différentes activités au cours des 7 derniers jours selon les
caractéristiques socio- démographique ............................................................................................ 47
Tableau 4- 2: Proportion (en %) des populations en âge de travailler (15 ans ou plus) et des 15-64 ans
........................................................................................................................................................ 48
Tableau 4- 3: Répartition (%) des populations hors de la main d’œuvre ............................................ 49
Tableau 4- 3: Répartition (%) des populations hors de la main d’œuvre (suite) ................................. 50
Graphique 4- 2: Répartition (%) des populations selon la raison de non recherche de travail ............ 50
Tableau 4- 4: Emploi vulnérable, pluriactivité et salarisation des actifs occupés ................................ 58
Tableau 4- 5: Taux (%) de sous-emploi visible et invisible par région, sexe, milieu de résidence, quintile
de niveau de vie ............................................................................................................................... 60
Graphique 4- 17: Aspirations des chercheurs d'emplois .................................................................... 65
Tableau 5- 1: Taux de morbidité (%) selon certaines caractéristiques ............................................... 70
Tableau 5- 2: Proportion (%) des personnes morbides dont l'activité est affectée et temps de l’activité
affecté par la maladie selon certaines caractéristiques ..................................................................... 72
Tableau 5- 3: Proportion (%) des personnes ayant consulté un service de santé ou un guérisseur (30
derniers jours) selon certaines caractéristiques sociodémographiques ............................................. 75
Tableau 5- 4: Proportion (%) des personnes malades n'ayant pas consulté selon les six principaux motifs
de la non consultation des centre de santé selon le type de maladie ................................................ 77
Tableau 5- 5: Personnel de santé consulté selon les caractéristiques sociodémographique .............. 79
Tableau 5- 6: Niveau de satisfaction des personnes ayant consulté un service de santé................... 80
Tableau 5- 6: Niveau de satisfaction des personnes ayant consulté un service de santé (suite) ........ 81

v
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 7: Proportion (%) des personnes ayant consulté un service de santé par type de maladie
selon le niveau de satisfaction .......................................................................................................... 81
Tableau 5- 8: Pourcentage des personnes ayant consulté au premier lieu de consultation selon la
distance parcourue........................................................................................................................... 83
Tableau 5- 9: Répartition (%) des personnes par niveau de difficultés vécues selon le handicap ...... 83
Tableau 7- 1: Nombre d'entreprises non agricoles par région, milieu de résidence selon le Statut de
pauvreté......................................................................................................................................... 101
Tableau 7- 3: Proportion (%) d'entreprises familiales non agricoles disposant des éléments
d'identification par milieu de résidence, par région, par sexe et niveau d’instruction du chef de ménage
...................................................................................................................................................... 106
Tableau 7- 4: proportion (%) de la main d’œuvre familiale dans la main d’œuvre des entreprises non
agricole par milieu de résidence, région de résidence et sexe......................................................... 108
Tableau 7- 5: Salaire mensuel moyen dans les entreprises non agricole par région et selon le milieu de
résidence ....................................................................................................................................... 109
Tableau 7- 6: volume des charges, recettes et EBE des entreprises familiales non agricole par région
...................................................................................................................................................... 110
Tableau 7- 7: Volume des charges, recettes et EBE des entreprises familiales non agricole par région
...................................................................................................................................................... 111
Tableau 8- 1: Proportion des ménages ayant reçu un transfert monétaire ....................................... 114
Tableau 8- 2: Répartition (%) des ménages selon la provenance des transferts monétaires reçus .. 115
Tableau 8- 3: Répartition (%) des transferts reçus selon le principal motif ....................................... 115
Tableau 8- 4: Répartition (%) des ménages selon le principal canal de transferts reçus .................. 116
Tableau10- 1: Proportion (%) des ménages agricoles selon la principale source d'eau utilisée dans la
parcelle .......................................................................................................................................... 127
Tableau10- 1: Proportion (%) des ménages agricoles selon la principale source d'eau utilisée dans la
parcelle (suite) ............................................................................................................................... 128
Tableau10- 2: Proportion (%) des parcelles agricoles selon le type de sol et le degré de fertilité ..... 128
Tableau10- 3: Répartition (%) du nombre de parcelles agricoles selon le relief ............................... 130
Tableau10- 4: Proportion (%) des parcelles agricoles selon le mode de labour du sol ..................... 131
Tableau10- 5: Opinion sur le risque de perdre les droits associés à la parcelle au cours des cinq
prochaines années ......................................................................................................................... 132
Tableau10- 6: Principale source de préoccupation liée à la parcelle agricole .................................. 133
Tableau10- 7: Proportion (%) de ménages utilisant les engrais ....................................................... 134
Tableau10- 8: Proportion (%) de ménages utilisant les semences améliorées ................................ 137
Tableau10- 10: Proportion (%) des ménages selon la principale culture pratiquée au cours de la
campagne 2018-2019 .................................................................................................................... 139
Tableau10- 11: Proportion (%) des ménages selon la principale culture pratiquée au cours de la
campagne 2018-2019 .................................................................................................................... 141
Tableau10- 12: Type de clients ayant acheté les produits agricoles ................................................ 143
Tableau10- 13: Principale méthode de stockage des produits agricoles .......................................... 144
Tableau10- 14: Utilisation de la main d’œuvre familiale et non familiale par type d’activité durant la
campagne agricole 2020/2021 ....................................................................................................... 145
Tableau 11- 2: Proportion (%) des ménages éleveurs selon le nombre d'espèces animales possédées
selon les caractéristiques du ménage ............................................................................................. 152
Tableau 11- 3: Effectif du cheptel par espèce animale possédée par les ménages selon caractéristiques
socio-démographiques ................................................................................................................... 153
Tableau 11- 4: Proportion (%) des ménages éleveurs produisant de la viande, du lait et des œufs selon
caractéristiques socio-démographiques .......................................................................................... 154
Tableau 11- 5: Proportion (%) des ménages éleveurs soignant leurs troupeaux selon caractéristiques
socio-démographiques ................................................................................................................... 157
Tableau 11- 6: Charge de l’élevage selon certains caractéristiques socio-démographiques ............ 158
Tableau 12- 1: proportion (%) des ménages vivant dans un logement précaire selon le milieu de
résidence ....................................................................................................................................... 162
Tableau 12- 2: Proportion (%) des ménages vivant dans la promiscuité selon certaines caractéristiques
socio-économiques ........................................................................................................................ 164
Tableau 12- 3: Répartition (%) des ménages selon le statut d’occupation du logement ................... 166

vi
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 12- 4: Proportion (%) des ménages qui ont accès à l'eau potable selon le milieu de résidence
et selon le niveau d’instruction du CM ............................................................................................ 167
Tableau 12- 5: Proportion (%) des ménages ayant accès à des toilettes améliorées selon certaines
caractéristiques socio-économiques ............................................................................................... 168
Tableau 12- 6: Répartition (%) des ménages selon le mode d’évacuation des eaux usées dans chaque
région de résidence ........................................................................................................................ 169
Tableau 12- 7: Répartition (%) des ménages selon le mode d’évacuation des ordures et selon le niveau
d’instruction du chef de ménage ..................................................................................................... 170
Tableau 12- 8: Proportion (%) des ménages accès aux chaines de télévision via câble, satellite, ADSL
selon le milieu de résidence ........................................................................................................... 172
Tableau 12- 9: Proportion (%) des ménages connectés à internet à travers la fibre optique, l’ADSL, un
modem, une clé internet ou le WIFI selon le milieu de résidence .................................................... 173
Tableau 13- 1: Effectifs des ménages ayant bénéficié d'un programme de filets sociaux selon le milieu
de résidence, la région de résidence et le niveau de vie ................................................................. 176
Tableau 14- 1: Proportion de personnes souhaitant les types de systèmes politiques de gouvernance,
en pourcentage .............................................................................................................................. 181
Tableau 14- 2: Proportion (en %) de personnes ayant affirmé l'existence de discrimination envers les
personnes selon le type de discrimination. ..................................................................................... 182

Liste des graphiques


Graphique 2- 1: Résultat global du taux de réponse de l’EHCVM-2021Répartition (%) des ménages
selon la région, le milieu de résidence et le sexe du chef de ménage................................................ 12
Graphique 2- 2: Répartition (%) des ménages selon le sexe du chef de ménage par région et milieu de
résidence ......................................................................................................................................... 12
Graphique 2- 3: Taille moyenne du ménage selon le niveau d’instruction du chef de ménage et son sexe
........................................................................................................................................................ 16
Graphique 2- 4: Pyramide des âges de la population totale résidente ............................................... 19
Graphique 2- 5: Rapport de masculinité (%) par groupe d’âge selon le milieu de résidence .............. 20
Graphique 2- 6: Rapport de masculinité selon la région .................................................................... 21
Graphique 2- 7: Age moyen et âge médian de la population ............................................................. 22
Graphique 2- 8: Répartition de la population selon le lien de parenté avec le chef de ménage .......... 23
Graphique 2- 9: Etat matrimonial selon le sexe ................................................................................. 23
Graphique 2- 10: Age moyen au premier mariage selon le sexe et le milieu de résidence ................. 24
Graphique 2- 11: Age moyen au 1er mariage selon le sexe, la région et le statut de pauvreté du ménage
........................................................................................................................................................ 25
Graphique 2- 12: Rapport de dépendance démographique (en %) selon le milieu de résidence et le
statut de pauvreté du ménage .......................................................................................................... 26
Graphique 2- 13: Rapport de dépendance démographique (en %) selon la région de résidence ....... 26
Graphique 3- 1: Rapport de dépendance démographique (en %) selon la région de résidence, Evolution
du taux d’alphabétisation (%) des adultes de 1961 à 2021................................................................ 29
Graphique 3- 2: Raisons de non fréquentation au sein de la population (%) ...................................... 38
........................................................................................................................................................ 38
Graphique 3- 4: Proportion des élèves par type de problème rencontrées au cours de la scolarité .... 40
Graphique 4- 1:Répartition (%) des populations selon la raison de non travail .................................. 50
Graphique 4- 3: Répartition (%) de la population au chômage selon le canal de recherche d’emploi . 51
Graphique 4- 4: Répartition (%) de la main d'œuvre selon la région de résidence ............................. 52
Graphique 4- 5: Répartition (%) de la main d'œuvre selon le milieu de résidence, le sexe, le groupe
d’âge et le quintile de bien être ......................................................................................................... 52
Graphique 4- 6: Répartition (%) des actifs occupés selon le sexe, quintile de bien être, le milieu de
résidence et le groupe d’âge ............................................................................................................ 53
Graphique 4- 7: Répartition (%) des actifs occupés selon le milieu de résidence............................... 54
Graphique 4- 8: Répartition (%) des actifs occupés selon le milieu de résidence............................... 54
Graphique 4- 9: Taux (%) d’activités selon le sexe, le milieu de résidence, le quintile de bien être et
selon le groupe d’âge ....................................................................................................................... 55

vii
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 11: Répartition (%) de la population occupée selon le secteur institutionnel de l'emploi
principal (%) ..................................................................................................................................... 56
Graphique 4- 12: Répartition (%) de la population occupée selon la branche d'activités .................... 57
Graphique 4- 13: Taux de chômage par région ................................................................................. 62
Graphique 4- 14: Taux chômage (%) selon le sexe, le milieu de résidence, le niveau d’instruction, le
quintile de bien-être et selon le groupe d’âge .................................................................................... 62
Graphique 4- 15: Répartition (%) des demandeurs d'emploi selon leur statut par région, milieu de
résidence ......................................................................................................................................... 64
Graphique 4- 16: Répartition (%) des demandeurs d'emploi selon leur statut par sexe, niveau
d’instruction et la tranche d’âge en 2021........................................................................................... 64
Graphique 4- 18: Durée moyenne du chômage (en mois) par région et milieu de résidence en 2021 66
Graphique 4- 19: Durée moyenne du chômage (en mois) par région et milieu de résidence en 2021 67
Graphique 5- 1: Proportion (%) de malades par type de maladie déclarée ........................................ 73
Graphique 5- 2: Proportion (%) des personnes ayant consulté un service de santé ou un guérisseur (30
derniers jours) selon la région de résidence...................................................................................... 74
Graphique 5- 3: Proportion (%) des personnes malades n'ayant pas consulté selon le motif de la non-
consultation des centres de santé .................................................................................................... 76
Graphique 5- 4: Proportion des personnes ayant consulté un centre de santé selon le type de services
de santé consultés ........................................................................................................................... 78
Graphique 5- 5: Problèmes de visites (en %) dans les centres de santé ........................................... 82
Graphique 5- 6 : Couverture des personnes par une assurance maladie et parrainage ..................... 84
Graphique 6- 1: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant d'au moins
un compte par type de compte ......................................................................................................... 86
Graphique 6- 2: Taux de bancarisation par milieu de résidence et par sexe ...................................... 86
Graphique 6- 3: Taux global d’utilisation des services financiers par région ...................................... 87
Graphique 6- 4: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant d’une
épargne formelle .............................................................................................................................. 88
Graphique 6- 5 : Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant d’une
épargne formelle par sexe et par niveau d’instruction ....................................................................... 89
Graphique 6- 6: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans et plus ayant sollicité un crédit
dans une institution par région et par milieu de résidence et par sexe............................................... 89
Graphique 6- 7 : Répartition (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus selon la raison de non
demande de crédit par milieu de résidence....................................................................................... 91
Graphique 6- 8: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus ayant accès au crédit
selon le milieu de résidence et le sexe ............................................................................................. 92
Graphique 6- 1: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus ayant accès au crédit
selon la région de résidence………………………………………………………………………92

Graphique 6- 10: Répartition (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus selon la raison de
non accès aux crédits par milieu de résidence .................................................................................. 93
Graphique 6- 11: Répartition (%) de la population ayant contractée un prêt selon la source du dernier
emprunt par milieu de résidence....................................................................................................... 94
Graphique 6- 12: Répartition (en pourcentage) de la population ayant contractée un prêt selon la source
du dernier emprunt par sexe............................................................................................................. 94
Graphique 6- 13: Répartition (en pourcentage) de la population selon la principale utilisation du crédit
obtenu par milieu de résidence par milieu de résidence .................................................................... 95
Graphique 6- 14: Répartition (en pourcentage) de la population selon la principale utilisation du crédit
obtenu par sexe ............................................................................................................................... 96
Graphique 6- 15: Répartition du montant nominal moyen (en FCFA) du dernier prêt selon le niveau de
vie .................................................................................................................................................... 96
Graphique 6- 16: Montant nominal moyen (en milliers de FCFA) du dernier prêt par région et par milieu
de résidence .................................................................................................................................... 97
Graphique 6- 17: Montant nominal moyen (en milliers de FCFA) du dernier prêt par sexe et par niveau
d’instruction...................................................................................................................................... 97
Graphique 7- 2: Nombre d'entreprises non agricoles (en millions) par milieu de résidence .............. 102

viii
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 7- 4: Nombre d'entreprises familiales non agricoles par sexe, niveau d’instruction et quintile
de niveau de vie ............................................................................................................................. 103
Graphique 7- 6: Nombre moyen d'employés dans les entreprises familiales non agricoles par région et
par milieu de résidence .................................................................................................................. 104
Graphique 7- 7: Répartition (en %) des entreprises familiales selon la principale source de ............ 105
financement de .............................................................................................................................. 105
Graphique 7- 8: les raisons de non- fonctionnement continu des entreprises familiales ................... 107
Graphique 7- 9: Proportion (%) des entreprises familiales non agricoles selon le type de................ 108
difficultés vécues............................................................................................................................ 108
Graphique 9- 1: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières années selon le
milieu de résidence des ménages .................................................................................................. 118
Graphique 9- 2: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières années selon la
région de résidence des ménages .................................................................................................. 118
Graphique 9- 3: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières années selon le
statut de pauvreté et les quintiles de dépense des ménages .......................................................... 119
Graphique 9- 4: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières années selon le
sexe du chef de ménage ................................................................................................................ 119
Graphique 9- 5: Prévalence d’avoir subi le choc relatif aux conflit armé, à la violence et à l’insécurité au
cours des 3 dernières années ........................................................................................................ 120
Graphique 10- 1: Proportion (en %) de ménages pratiquant l’agriculture selon certaines caractéristiques
...................................................................................................................................................... 124
Graphique 10- 2: Pourcentage de superficie cultivée selon le milieu et la région de résidence ........ 125
Graphique 10- 3: Pourcentage de superficie cultivée selon le niveau de vie et le sexe du chef de ménage
...................................................................................................................................................... 125
Graphique 10- 4: Mode de gestion et mode d’occupation des parcelles agricoles selon certaines
caractéristiques socio-professionnelles .......................................................................................... 126
Graphique 10- 5: Mode d’acquisition des parcelles agricoles selon certaines caractéristiques socio-
professionnelles ............................................................................................................................. 126
Graphique 10- 6: Proportion de ménage selon la possession d’un document officiel ....................... 127
Graphique 10- 7: Mode de stockage des récoltes ........................................................................... 144
Graphique 11- 1: Proportion (%) des ménages pratiquant l'élevage selon certaines caractéristiques
sociodémographiques .................................................................................................................... 149
Graphique 11- 2: Proportion (%) des ménages éleveurs selon le nombre d'espèces animales possédées
par région et par milieu de résidence .............................................................................................. 151
Graphique 11- 3: Proportion (%) des ménages éleveurs soignant leurs troupeaux selon la zone de
résidence ....................................................................................................................................... 156
Graphique 11- 4: Charges supportées pour l’élevage des animaux................................................. 158
Graphique 12- 1: proportion (%) des ménages vivant dans un logement précaire selon la région de
résidence ....................................................................................................................................... 163
Graphique 12- 2: Répartition des ménages par type de logement selon le milieu de résidence ....... 163
Graphique 12- 3: Répartition (%) des ménages selon le statut d'occupation du logement ............... 165
Graphique 12- 4: Proportion (%) des ménages qui ont accès à l'eau potable selon la région de résidence
...................................................................................................................................................... 167
Graphique 12- 5: Proportion (%) des ménages selon le mode d’évacuation des eaux usées et selon le
milieu de résidence ........................................................................................................................ 169
Graphique 12- 6: Proportion (%) des ménages selon le mode d’évacuation des ordures et selon le milieu
de résidence .................................................................................................................................. 170
Graphique 12- 7: Proportion (%) des ménages selon la source d’éclairage utilisée ......................... 171
Graphique 12- 8: Proportion des ménages selon le principal combustible utilisé pour la cuisine ...... 172
Graphique 13- 1: Effectif des ménages bénéficiaires (en milliers) de programme de filets sociaux
selon le type................................................................................................................................... 177
Graphique 14- 2: Proportion (en %) de personnes ayant exprimé une opinion positive sur l'égalité des
chances entre femmes et hommes pour être élu à des postes politiques ........................................ 183
Graphique 14- 3: Proportion (en %) de personnes ayant affirmé que la corruption est un................ 184
problème pour le pays .................................................................................................................... 184

ix
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 14- 4: Proportion (en %) de personnes ayant affirmé se sentir en sécurité en marchant seul
dans la rue après la tombée de la nuit ............................................................................................ 185

Liste des cartes


Carte 6- 1: Taux global d’utilisation des services financiers par région .............................................. 87
Carte 6- 2: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant d’une épargne
formelle ............................................................................................................................................ 88
Carte 6- 3: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans et plus ayant sollicitée un crédit dans
une institution par région .................................................................................................................. 90

x
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
LISTE DES ACRONYMES, SIGLES ET ABREVIATIONS
AFRISTAT : Observatoire économique et statistique d’afrique subsaharienne

ANPE : Agence nationale pour l’emploi

BIT : Bureau international du travail

BM : Banque mondiale

CAPI : Computer assisted personal interviewing (collecte de données assisté par ordinateur)

CFA : Communauté financière africaine

CIST : Conférence internationale des statisticiens du travail

CM : Chef de ménage

CNSS : Caisse nationale de sécurité sociale

CNRST : Centre national pour la recherche scientifique et technique

CSLP : Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté

CSP : Catégorie socio professionnelle

CSPS : Centre de santé et de promotion social

DMS : Durée moyenne de scolarisation

EHCVM : Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages

EICVM : Enquête intégrale sur les conditions de vie des ménages

EMC : Enquête multisectorielle continue

ENEC : Enquête nationale sur l’effectif du cheptel

ENESI : Enquête national sur l’emploi et le secteur informel

ENP : Etude nationale prospective

ERI-ESI : Enquête régionale intégrée sur l’emploi et le secteur informel

EVS : Espérance de vie scolaire

INS : Institut national de statistique

INSD : Institut national de la statistique et de la démographie

MAEP : Mécanisme africain d’évaluation par les pairs

NEPAD : Nouveau partenariat pour le développement de l’afrique

ODD : Objectifs du développement durable

OMD : Objectifs du millénaire pour le développement

ONG : Organisation non gouvernementale

PAP : Programme d’action prioritaire

PDDEB : Programme décennal de développement de l’éducation de base

PDDSEB : Programme décennal de développement stratégique de l’éducation de base

xi
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
PHMECV : Programme d’harmonisation et de modernisation des enquête sur les conditions de vie

PNDES : Plan national pour le développement économique et social

PNDS : Politique nationale de développement sanitaire

PNUD : Programme des nations unies pour le développement

PN-EAP : Programme national d’approvisionnement en eau potable

RAF : Réorganisation agraire et foncière

RGPH : Recensement général de la population et de l’habitation

SCADD : Stratégie de croissance accélérée et du développement durable

SNAT : Schéma national d'aménagement du territoire

SFD : Systèmes financiers décentralisés

TA : Taux d’achèvement

TBFS : Taux brut de fréquentation scolaire

TBS : Taux brut de scolarisation

TIC : Technologie de l’information et de la communication

TNFS : Taux net de fréquentation scolaire

UA : Union africaine

UEMOA : Union économique et monétaire ouest africain

UNESCO : Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture

ZD : Zone de dénombrement

xii
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
RESUME
Les pays de l’UEMOA organisent de manière régulière des enquêtes sur les conditions de vie des ménages.
Les données issues de ces enquêtes permettent d’apprécier les conditions de vie des populations à l’intérieur
des Etats, mais ne permettent pas des comparaisons entre eux, du fait d’un ensemble d’éléments liés aux
méthodes et conditions de collecte de ces données. Pour pallier cette insuffisance, la Commission de l'UEMOA
met en œuvre un Programme d’harmonisation et de modernisation des enquêtes sur les conditions de vie des
ménages (PHMECV). Ce programme a bénéficié de l’appui technique et financier de la Banque mondiale et a
pour objectif d’améliorer la disponibilité, la qualité et la comparabilité des indicateurs de suivi de la pauvreté et
des conditions de vie des ménages dans ses Etats membres. Ainsi, l’EHCVM a été lancée dans chacun des
pays membres de l’UEMOA en 2018.
Au Burkina Faso, la deuxième édition de l’étude a été réalisée par l’Institut National de la Statistique et de la
Démographie (INSD) en 2021. Elle a porté sur un échantillon de 7 176 ménages et a mobilisé d’importantes
ressources financières et matérielles. La collecte des données s’est déroulée en deux vagues portant chacune
sur une moitié de l’échantillon. Débutée en juillet 2021, elle a pris fin en juillet 2022. La mise en place d’une
équipe de veille et l’usage des supports électroniques a permis de contrôler la cohérence des données durant
tout le processus. Les informations collectées sont traitées et analysées à travers des thématiques sur 13
secteurs clés, à même de rendre compte des conditions de vie des ménages burkinabè.
Globalement, dans les différents domaines analysés, le niveau des indicateurs est meilleur pour le milieu
urbain, pour les régions du Centre et des Hauts-Bassins et pour les ménages dirigés par des chefs instruits et
non pauvres. La région du Sahel et dans une moindre mesure celle de l’Est accusent de nombreux retards
par rapport aux autres.
Dans le domaine de l’éducation, les défis sont énormes, car la population adulte est majoritairement
analphabète (58,0%). Les inégalités dans la fréquentation scolaire entre garçon et fille sont persistantes selon
la zone ou la région de résidence. Ainsi, le taux de fréquentation scolaire des garçons (32,6%) est quasiment
le double de celui des filles (18,5%) en 2021. Par ailleurs, la qualité de l’enseignement dans les différents
cycles reste critique. En effet, dans tous les cycles moins de la moitié des jeunes ont atteint le niveau terminal.
Bien que le taux de chômage soit faible (1,4%), le sous-emploi (estimé à 22,0%) demeure une contrainte
majeure. Par ailleurs, le chômage au sens large touche 3,9% des personnes de 15 ans ou plus.
L’Etat global de la santé de la population reste préoccupante. En effet, 28,0% des burkinabè ont souffert d’une
maladie ou ont subi une blessure ou un accident. Parmi ces personnes morbides six personnes sur dix (61%)
ont été empêchées de mener leurs activités quotidiennes normales du fait de la maladie. Environ 22% des
personnes morbides ayant consulté un centre de santé ont parcouru plus de 5 km. La principale cause de
cette morbidité est le paludisme.
A ces difficultés d’ordre sanitaire s’ajoutent les problèmes d’accès aux logements décents. Trois ménages sur
cinq (59%) vivent dans des logements en matériaux précaires et 28,8% dans la promiscuité. Seulement 16%
sont connectés au réseau national interconnecté et 46,4% utilisent l’énergie solaire. Aussi, l’accès à l’eau et
à l’assainissement reste limité.
Les entreprises familiales occupent une place importante dans l’économie burkinabè. Elles sont
majoritairement informelles (98,9%). De plus, seulement 2,4% tiennent une comptabilité écrite, 1,8%
disposent d’un numéro IFU et 0,6% ont déclaré leurs employés à la Caisse nationale de sécurité sociale
(CNSS). Ces entreprises exercent dans un contexte national marqué par un faible taux de bancarisation
(10,0%). Toutefois, l’utilisation des services financiers (25,2%) s’améliore grâce à l’avènement du mobile
banking. Outre les revenus tirés des activités conduites par les populations, les transferts monétaires
constituent une importante source de revenu pour les ménages burkinabè. Environ 30% des ménages ont reçu
au moins un transfert monétaire au cours des 12 mois précédents l’enquête.
Les ménages burkinabè subissent assez régulièrement des chocs qui ont des impacts négatifs sur leurs
revenus, leurs avoirs, leur production, leurs stocks et les achats alimentaires, etc. Ainsi, environ huit
ménages sur dix déclarent avoir subi au moins un choc durant les trois dernières années précédant
l’enquête. Face à ces chocs, plusieurs stratégies sont développées parmi lesquelles l’utilisation de sa
propre épargne (42,0%), le recours à l’aide des parents ou d’amis (6,0%) et la vente du bétail (8%).
L’Agriculture regroupe plusieurs branches dont la production végétale, l’élevage, la pêche et la sylviculture.
Elle occupe 80% de la population Burkinabé. La principale forme de production agricole demeure
l’agriculture familiale qui se caractérise par une gestion collective des parcelles agricoles (68,3 %). De plus,
le principal mode d’acquisition des terres agricoles demeure l’héritage (81,2%) et ces terres agricoles sont

xiii
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
exploitées par des ménages qui ne disposent d’aucun document légal (95,2%). Aussi la majorité des
agriculteurs (97,0%) utilisent une source d’eau pluviale pour leurs activités agricoles et une grande partie
des parcelles agricoles exploitées (54,8%) ont un sol sableux. Par ailleurs, le labour attelé (59,4%) demeure
le principal mode utilisé. Dans un contexte sécuritaire difficile, 3,1% des ménages pensent qu’il y a des
risques de perdre les droits associés à leurs parcelles agricoles au cours des cinq prochaines années.
L’activité d’élevage est pratiquée par 63,2% des ménages. Parmi ces ménages éleveurs, 74,4% élèvent
des poulets, 65,0% des chèvres et 57,7% des moutons. En termes d’effectif, le pays compte également
5,6 millions de têtes de bœufs, 9,9 millions de têtes de moutons, 10,1 millions de têtes de chèvres, 1 million
de porcs et 36,5 millions de têtes de volaille. La moitié des ménages éleveurs produit de la viande, et un
ménage sur cinq, produit des œufs. La production de lait reste faible (7,4% des ménages éleveurs) et sa
transformation concerne peu de ménages (4,9% des ménages éleveurs). L’ensemble des dépenses
consenties par les ménages éleveurs s’élèvent à plus de 340 milliards de FCFA.
Parmi les programmes de filets sociaux de sécurité étudiés, don de fournitures scolaires pour les élèves à
l’école et la gratuité des soins pour enfants de moins de 5 ans enregistrent les meilleures performances
avec respectivement 50,9% et 47,8% comme proportion des ménages bénéficiaires.

xiv
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Introduction
Les pays de l’UEMOA organisent de manière régulière des enquêtes sur les conditions de vie des ménages.
Les données issues de ces enquêtes permettent d’apprécier les conditions de vie des populations à l’intérieur
des Etats. Cependant avant 2018, elles ne permettaient pas des comparaisons entre Etats du fait d’un
ensemble d’éléments liés aux méthodes et conditions de collecte de ces données. Pour pallier cette
insuffisance, l’institution (UEMOA) met en œuvre un Programme d’harmonisation et de modernisation des
enquêtes sur les conditions de vie des ménages (PHMECV). Dans ce cadre, elle a bénéficié de l’appui
technique et financier de la Banque mondiale. Cet appui vise à améliorer la disponibilité, la qualité et la
comparabilité des indicateurs de suivi de la pauvreté et des conditions de vie des ménages dans ses Etats
membres. Ainsi, l’EHCVM a été lancée dans chacun des pays membres de l’UEMOA en 2018.
Au Burkina Faso, la première édition de l’étude a permis de procéder à des analyses sur des thématiques qui
abordent quatorze secteurs clés, à même de rendre compte des conditions de vie des ménages burkinabè.
Les résultats de cette enquête ont permis de mettre à jour les indicateurs du développement et l’évaluation
des politiques publiques, notamment le PNDES et des ODD. Ils ont été également utilisés dans le cadre de
l’élaboration du PNDES-II 2021-2025. Pour répondre à l’impératif international de pertinence, de fiabilité et
d’actualité de ses statistiques, l’INSD a entrepris de conduire la deuxième édition de l’EHCVM sur la période
2021/2022. Pour cette édition, les concepts et définitions, les questionnaires, les méthodologies de collecte
de données utilisés sont identiques à ceux de l’édition 2018/2019. Les périodes de l’année retenues pour les
enquêtes sont également les mêmes.
L’EHCVM présente une similarité avec les enquêtes passées dans la mesure où l’ensemble des indicateurs
issus des enquêtes précédentes ont été pris en compte. Toutefois, l’EHCVM constitue une rupture profonde
en ce qui concerne l’estimation de la consommation et du niveau de vie des ménages. En effet, lors des
enquêtes antérieures les données de consommation alimentaire étaient collectées en valeur monétaire. Dans
le cas de l’autoconsommation, les ménages valorisaient leur propre consommation. Au niveau de l’EHCVM,
ce sont les quantités qui sont collectées et la valorisation est faite pendant le traitement. Pour faciliter la
valorisation, deux collectes communautaires ont été menées avant la collecte des données auprès des
ménages. Ainsi, les unités non standard et les prix au niveau des marchés dans les zones de dénombrement
ont été collectées. Cela a permis de convertir en unité standard, les quantités consommées mesurées en
unités non standard.
L’objectif de l’EHCVM-2021 est de produire des indicateurs pour le suivi de la pauvreté et des conditions de
vie des ménages et de fournir des données pour l’évaluation des politiques publiques.
Le présent rapport est organisé autour de 13 chapitres comme suit :
7. Entreprises familiales non agricoles
1. Présentation générale du pays, objectifs et
8. Transferts monétaires reçus par les ménages
méthodologie de l’enquête
9. Chocs et stratégies de survie des ménages
2. Caractéristiques socio-démographiques des
10. Agriculture
ménages et de la population
11. Élevage
3. Éducation, alphabétisation et scolarisation
12. Logement, eau et assainissements
4. Emploi et chômage
13. Filets sociaux de sécurité
5. Santé générale
14. Gouvernance, paix et sécurité
6. Épargne et crédit

1
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 1 : PRÉSENTATION GÉNÉRALE DU PAYS,
OBJECTIFS ET MÉTHODOLOGIE DE L’ENQUÊTE

Points clés

Objectif général : L’objectif général de l’EHCVM-2021 est de produire des indicateurs pour le suivi et
l’évaluation de la pauvreté et des conditions de vie des ménages. Cette enquête vise aussi à fournir des
données pour l'évaluation des politiques publiques.
Objectifs spécifiques : produire des indicateurs relatifs à la pauvreté, à l’éducation, à la santé, à l’emploi,
aux entreprises familiales non-agricoles, à la consommation, aux dépenses alimentaires et non
alimentaires, aux revenus, à l’épargne et au crédit, aux logements, l’eau et l’assainissement, aux chocs et
stratégies de survie, à l’agriculture et à l’élevage.

Méthode de sondage : sondage stratifié à deux degrés avec au premier degré, 600 ZD tirées avec des
probabilités proportionnelles à la taille de la population issue du fichier des ZD du RGPH-2019 mis à jour.
Au second degré, 12 ménages tirés à probabilité égale et de façon systématique dans chaque ZD.

Taille de l’échantillon : au total, 7 200 ménages ont été tirés et repartis entre les treize (13) régions. Les
régions du Centre et des Hauts-Bassins détiennent les parts les plus importantes de cet échantillon avec
respectivement 816 et 720 ménages. La part la plus faible est détenue par la région du Plateau Central
(372 ménages). Parmi ces 7 200 ménages, 7 176 ont été effectivement enquêtés, soit un taux de
participation de 99,7%.

Personnel de dénombrement : 66 agents enquêteurs, 22 contrôleurs répartis en vingt (20) équipes ont
effectué les travaux de cartographie et de mise à jour de la liste des ménages des ZD sélectionnées pour
l’enquête.

Personnel de la collecte : au total 22 équipes composées chacune de trois enquêteurs et d’un contrôleur
ont été déployées pour la collecte sur l’ensemble du territoire.

Ce chapitre présente le contexte socio-démographique et économique du Burkina Faso ainsi que ses
différentes politiques de réduction de la pauvreté. Cela permettra de comprendre certains résultats mis en
lumière dans les autres chapitres. Le présent chapitre aborde également la méthodologie de l’enquête en
faisant un focus sur les innovations majeures par rapport aux enquêtes similaires antérieures.

1.1 Présentation générale du pays

1.1.1 Contexte géographique et socio-politique

[Link] Situation géographique

Le Burkina Faso est un pays sahélien enclavé situé dans la boucle du Niger avec une superficie de 274 200
km2. Il comprend 13 régions administratives et 45 provinces.

Le pays dispose d’un climat tropical de type soudano-sahélien qui alterne deux saisons inégalement
réparties dans le temps et dans l’espace : une saison sèche et une saison pluvieuse. Les précipitations
moyennes annuelles sont très faibles, de courtes durées et réparties de façon disparate sur le territoire
national. Elles varient entre 300 mm au Nord et 1 200 mm au Sud du pays.

[Link] Situation socio-politique

Ces dernières années, l’Afrique de l’ouest est en proie à l’insécurité marquée par une série d’attaques
terroristes et de conflits intercommunautaires. Au Burkina Faso, les premières attaques terroristes ont lieu

3
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
en 2016 et se sont multipliées par la suite. Elles ont principalement pour cibles les populations civiles, les
Forces de défense et de sécurité (FDS), et les symboles de l’Etat (les écoles, mairies, centres de santé,
etc.). Cinq régions sont principalement touchées par ces fléaux : la Boucle du Mouhoun, l’Est, le Centre
Nord, le Nord et le Sahel.

La dégradation du climat sécuritaire a pour conséquences la détérioration de la situation sanitaire et socio-


économique dans ces régions et le déplacement des populations en proie à la famine, aux maladies et aux
problèmes de logement. Elle a engendré une pauvreté soutenue ainsi qu’un accès limité aux services
sociaux de base, occasionnant des besoins importants en santé, en éducation, en eau, en hygiène et en
assainissement.

1.1.2 Contexte socio-démographique


La population totale du Burkina Faso est de 20 505 155 habitants avec 51,72% de femmes et 77,90% vivant
en milieu rural (INSD, RGPH-2019) . Le taux de croissance démographique qui est l’un des plus élevés de
l’Afrique de l’Ouest, est estimé à 2,94%.
La population est majoritairement jeune. Plus de la moitié (55,77%) de la population a moins de 20 ans en
2019. Cette situation donne sans doute au pays de bonnes perspectives pour son développement en termes
de dividendes démographiques à condition, que cette population soit bien éduquée et en bonne santé. Le
contexte actuel du pays est marqué par des difficultés pour satisfaire ces préalables au développement. En
vue d’articuler les ressources du pays et les besoins des populations, plusieurs actions sont entreprises pour
une meilleure maîtrise de la natalité et de la fécondité. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la Politique
nationale de population (PNP).
De façon globale, le secteur de l’éducation au Burkina Faso se caractérise par une réduction des inégalités
d’éducation entre filles et garçons au primaire. Cependant, elles se renforcent entre les régions du pays. En
effet, les régions confrontées aux défis sécuritaires se caractérisent par des taux de scolarisation assez bas.
Pour le primaire dans le Sahel, il est de 20,4 % pour les garçons et 20,1% pour les filles pour l’année scolaire
2020/2021 (DGESS/MENAPLN, 2021). Dans l’une de ses provinces, notamment le Yagha, le Taux brut de
scolarisation (TBS) est encore très bas soit 5,3% (soit 5,6 % pour les garçons et 5,1% pour les filles), au
cours de la même période. Ces indicateurs montrent que les défis de l’éducation se renouvellent avec de
nouvelles problématiques telles que la scolarisation dans les zones à forts défis sécuritaires. Pour y remédier,
le gouvernement a créé un Secrétariat technique de l’éducation en situation d’urgence (ST-ESU) qui met en
œuvre la Stratégie nationale de l’éducation en situation d’urgence (SN-ESU) adopté en 2020.
Par ailleurs, un grand nombre d’indicateurs de santé ont connu une amélioration au cours de la dernière
décennie grâce à la mise en œuvre des différentes politiques notamment, la Politique nationale de
développement sanitaire (PNSD). Ainsi, le taux de mortalité infantile est passé de 105,0‰ en 1998 à 30‰
en 2021 (INSD et ICF, 2023) et la létalité due au paludisme chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes
enceintes est passée respectivement de 2% et 0,1% en 2014 à 1,3% et 0,08% en 2021 (Annuaire statistique
du Ministère de santé 2021).
L’accès des ménages aux services d’eau potable, d’assainissement et d’hygiène constitue aussi une
préoccupation majeure pour les populations. Le taux d’accès à ces services, bien qu’en augmentation depuis
quelques années, reste faible. En effet, en 2021, 16 ménages sur 100 n’ont pas accès à une source
améliorée d’eau de boisson (15,6%) ; seulement 64,3% utilisent des toilettes améliorées (INSD et ICF, 2023).
Prenant la pleine mesure de la situation au plan national, le Burkina Faso a élaboré des politiques nationales
et sectorielles pour promouvoir l’accès à ces différents biens et services. Il s’agit de la Politique sectorielle
environnement, eau et assainissement (PS-EEA) et de la Politique sectorielle de l’énergie (PSE) 2014-2025
qui symbolisent l’engagement des plus hautes autorités du pays. De même, le pays met en œuvre une
politique du logement à travers le développement de programmes d’accès aux logements sociaux dans les
différentes communes du pays. Ces programmes se traduisent par de nombreux progrès, mais les défis
restent énormes.

1.1.3 Contexte économique


L’économie du pays repose principalement sur l’agriculture et la production minière. En effet, l’agriculture
contribue à hauteur de 16,2% au PIB (Comptes Nationaux 2021) et occupe 75% de la population active
(ERI-ESI, 2018). Le pays est le deuxième exportateur de coton en Afrique de l’Ouest derrière le Mali. Cette
activité était la principale source de devises, mais depuis 2008, l’économie est orientée vers le

4
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
développement de la production minière, notamment celle de l’or. Ainsi, plusieurs mines industrielles ont
été mises en exploitation sous licences octroyées à des entreprises privées. L’or est ainsi devenu le premier
produit d’exportation, donc la première source d’entrée de devises dans le pays. Sa part représente plus
de 16 % du PIB et contribue à 80 % des exportations en 2021 (INSD, Annuaire statistique 2021).
Malgré, les performances enregistrées par le pays, les perspectives de croissance économique restent
compromises par le climat sécuritaire. La pauvreté recule faiblement. En 2018, 36,2% des burkinabé
vivaient avec moins de 164 955 FCFA considéré comme seuil de pauvreté (EMC, 2018). Ils étaient 40,1%
en 2014 (EMC, 2014). Elle touche plus le milieu rural avec un indice de 44,6% (10,0% pour le milieu urbain).
Pour lutter contre la pauvreté et réaliser les Objectifs du développement durable (ODD), le Burkina Faso a
adopté en 2021 le PNDES-II 2021-2025.

1.1.4 Objectifs et méthodologie de l’enquête

[Link] Cadre institutionnel


L’EHCVM a été instituée par le conseil des ministres de l’UEMOA et adoptée par le Burkina Faso. Le projet
est mis en œuvre par l’INSD avec l’appui technique et financier de la Banque mondiale et de la Commission
de l’UEMOA.
Le suivi du déroulement des travaux de l’enquête est assuré par un comité de pilotage composé de
représentants de différents ministères. L’UEMOA et la banque mondiale participent au comité en tant
qu’observateurs représentant les Partenaires techniques et financiers. Un comité technique est chargé de
la supervision de l’enquête.

[Link] Objectifs de l’enquête


L’EHCVM a pour principal objectif de produire des indicateurs pour le suivi et l’évaluation de la pauvreté et
des conditions de vie des ménages. Elle vise aussi à fournir des données pour l'évaluation des politiques
publiques.
Plus spécifiquement, elle vise à produire des indicateurs relatifs à la pauvreté, à l’éducation, à la santé, à
l’emploi, aux entreprises familiales non-agricoles, à la consommation, aux dépenses alimentaires et non
alimentaires, aux revenus, à l’épargne et au crédit, à l’habitat, l’eau et l’assainissement, aux chocs et
stratégies de survie, à l’agriculture et à l’élevage.

[Link] Présentation des outils de collecte


L’EHCVM comporte un questionnaire ménage, administré à chaque ménage échantillon et un
questionnaire communautaire ayant un volet sur les prix, administré au niveau de chaque unité primaire
de sondage (ZD).
Questionnaire ménage
Le questionnaire comporte 17 sections. Les sections 1 à 4 traitent des caractéristiques individuelles des
membres du ménage : démographie, éducation, santé et emploi.
Les sections 5, 11, 12, 16 et 17 du questionnaire ménage sont toutes consacrées aux différentes sources
de revenus, complétant ainsi les revenus tirés de l’emploi. La section 5 traite des entreprises familiales
non-agricoles ; les sections 16 et 17 des entreprises agricoles (agriculture et élevage) et les sections 11 et
12 traitent des revenus ne provenant pas de l’exercice d’un emploi.
Les sections 8 à 10 qui abordent les consommations alimentaires et non-alimentaires, servent de modules
de base pour le calcul des indicateurs de pauvreté. Afin de les cerner avec le plus d’exactitude possible,
certaines consommations figurent dans des modules spécifiques. C’est le cas notamment des dépenses
en éducation et en santé qui sont plutôt consignées dans ces modules.
Les autres sections sont relatives aux caractéristiques du logement (section 6), aux avoirs du ménage
(section 7), à l’épargne (section 13), aux chocs et stratégies de survie (section 14) et aux filets sociaux
(Section 15). Le module sur les caractéristiques du logement contient aussi les informations relatives aux
dépenses en logement (loyer, eau, électricité, etc.).

5
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tous ces modules sont suffisamment détaillés afin de faire des analyses approfondies de différents
phénomènes en relation avec la pauvreté.
Questionnaire communautaire
Le questionnaire communautaire renseigne sur les caractéristiques de la communauté devant aider à
mieux comprendre les conditions de vie des ménages. Parmi ces caractéristiques, il y a notamment les
questions d’accès aux infrastructures socioéconomiques de base.
Application de collecte
Sur la base des différents questionnaires conçus, une application CAPI a été développée à l’aide du logiciel
Survey Solution et déployée sur des tablettes pour la collecte.
Champ de l’EHCVM
Pour des besoins de conformité au principe de comptabilité nationale, le champ social est constitué de
l’ensemble des ménages, toutes catégories réunies, nationaux ou africains, résidant sur le territoire
national. Sont exclus de ce champ, les ménages collectifs (camps militaires, casernes, hôpitaux, etc.), les
ménages ayant un statut diplomatique et les sans domiciles fixes.
Le champ géographique de l’EHCVM est le territoire national burkinabè. Le niveau de représentativité des
données collectées est le milieu de résidence (urbaine et rurale) et la région (les 13 régions administratives
du pays).
Le champ des biens et services est constitué de l’ensemble des biens, quel que soit leur état à l’acquisition
(neuf ou usagé) et des services consommés par les ménages. Ces biens et services concernent aussi bien
les achats, les transferts (cadeaux versés ou reçus) que l’autoconsommation.
Le champ temporel de l’enquête a couvert une période de 12 mois. La première vague s’est déroulée entre
octobre 2021 et janvier 2022 et la deuxième vague d’Avril à Juillet 2022.

[Link] Plan de sondage


Le plan de sondage adopté est celui d’un sondage aréolaire stratifié à deux degrés. La stratification est
faite avant le tirage des unités primaires et basée sur l’urbanisation des agglomérations (urbain, rural). Le
premier degré est le tirage des Zones de dénombrement (ZD) échantillons, et le second degré, le tirage
des ménages échantillons dans ces ZD tirées.
Description de la base de sondage
La base de sondage des unités primaires ou Zones de dénombrement (ZD) de l’enquête harmonisée sur
les conditions de vie des ménages est constituée de la liste des zones de dénombrement définies lors de
la cartographie préalable du RGPH-2019.
Le dispositif de l’enquête harmonisée a prévu une répartition aléatoire de l’échantillon des ZD en deux
sous-échantillons représentatifs au niveau national, en milieu urbain, en milieu rural et dans chacune des
13 régions administratives. Une opération de dénombrement a été réalisée sur l’ensemble des ZD tirées
au premier degré pour constituer la base de sondage des unités secondaires ou ménages.
Méthode de sondage
La technique de sondage utilisée dans le cadre de cette enquête est un sondage stratifié à deux degrés :
Au premier degré, 600 zones de dénombrement sont tirées avec des probabilités proportionnelles à la taille
de la population issue du fichier des ZD du RGPH-2019 mis à jour ;
Au second degré, un échantillon de 12 ménages est tiré à probabilité égale et de façon systématique dans
chacune des Zones de dénombrement. Ces ménages sont tirés à partir de la liste des ménages recensés
lors de l’opération de dénombrement réalisée dans les 600 ZD échantillons.
L’enquête devant se dérouler par vague, l’échantillon des ZD est réparti de façon aléatoire en deux sous-
échantillons. Chaque sous-échantillon est déployé pour une vague de collecte.
Détermination de la taille
La méthodologie de détermination de la taille de l’échantillon s’est basée sur les renseignements fournis
par les données de l’EHCVM-2018 et du Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-
2019).

6
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
La dépense totale des ménages est la variable d’intérêt et le coefficient de variation est le critère
d’appréciation du niveau de précision au niveau national, en milieu urbain, en milieu rural et au niveau
régional.
Les hypothèses de base qui ont permis la fixation de la taille de l’échantillon portent essentiellement sur la
nécessité de disposer d’indicateurs significatifs au niveau national, par milieu de résidence et régional ainsi
que de groupes socio-économiques. Le coefficient de variation ne devrait pas excéder 2% au niveau
national, 5% en milieu urbain et en zone rural et 10% dans chacune des treize régions administratives du
pays. Tenant compte de toutes ces contraintes, la taille totale de l’échantillon a été estimée à 7200
ménages répartis de la façon suivante :

Tableau 1- 1: Structure de l'échantillon par région administrative de résidence


REGION Nombre de ménages Nombre de ZD Erreur relative (%)
Boucle du Mouhoun 600 5 6,0
0 %
Cascades 540 4 5,7
5 %
Centre 780 6 5,2
5 %
Centre Est 660 5 5,8
5 %
Centre Nord 516 4 6,0
3 %
Centre Ouest 576 4 5,8
8 %
Centre Sud 480 4 6,1
0 %
Est 516 4 6,4
3 %
Hauts Bassins 732 6 6,7
1 %
Nord 456 3 6,2
8 %
Plateau central 372 3 8,3
1 %
Sahel 444 3 6,9
7 %
Sud-Ouest 528 4 8,8
4 %
Burkina Faso 7 6 1 ,5
200 0
0

7
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 1- 2: Structure de l'échantillon par milieu de résidence
Milieu Nombre ménages Nombre ZD Erreur relative (%)

Urbain 3 936 328 1,9%

Rural 3 264 272 3,4%

[Link] Personnel et activités de l’EHCVM


Pour assurer une bonne exécution de l’enquête, un comité technique a été mis en place sous la
responsabilité du Directeur Général de l’INSD et du Directeur des statistiques sur les conditions de vie des
ménages. En outre, des cadres de l’INSD, des personnes ressources et des représentants de l’UEMOA,
de la Banque mondiale et d’AFRISTAT ont assuré l’adaptation du plan de sondage, la conception des
questionnaires, la formation du personnel d’enquête, le traitement et l’analyse des données.
L’EHCVM est une enquête à un seul passage car chaque ménage a été enquêté une seule fois mais en
deux vagues dus au fait que l’échantillon a été divisé en deux sous échantillons de taille comparable. Pour
la première vague, l’enquête s’est déroulée en trois étapes principales : le dénombrement des ménages
des zones échantillonnées, le pré-test et l’enquête principale. La deuxième vague n’a été concernée que
par le pré-test et l’enquête principale. Pour chacune de ces étapes, une formation a été dispensée aux
agents de collecte à cet effet.
Le dénombrement s’est déroulé du 23 juillet au 29 août 2021. Soixante-six (66) agents enquêteurs et vingt-
deux (22) contrôleurs répartis en vingt équipes ont effectué les travaux de cartographie et de mise à jour
de la liste des ménages des ZD sélectionnées pour l’enquête.
L’enquête pilote de l’EHCVM-2021 a été réalisée au deuxième trimestre de 2021. Il y avait au total 22
équipes composées de trois enquêteurs et d’un contrôleur. Les contrôleurs sont les chefs d’équipe de
l’enquête. Au total 12 ménages ont été enquêtées par grappe et par équipe pendant 7 jours. La collecte
des données a eu lieu du 21 au 28 mai et a concerné quatre régions : le Plateau-central, le Sahel, l’Est et
les Hauts Bassins. La collecte des données a été précédée par une formation qui a duré deux semaines
du 5 au 19 mai.
La collecte des données de l’enquête principale a duré six (6) mois, subdivisée en deux vagues
correspondants chacune à une durée de 3 mois de collecte. Ces deux vagues sont espacées de trois mois.
La première vague s’est déroulée sur la période d’octobre 2021 à janvier 2022 et la deuxième vague d’avril
à juillet 2022. Pendant chaque vague, 50% de l’échantillon est enquêté. Pour cette enquête, soixante-six
(66) agents enquêteurs ont été mobilisés pour la vague 1 et la vague 2. Ils ont tous reçu une formation
complète sur tous les volets de l’enquête. Ces agents ont une expérience en matière de collecte des
données et ont au moins le BAC. La formation qui a duré 30 jours, a comporté une phase théorique et une
phase pratique.
Au terme de la formation, quatre-vingt-huit (88) agents de collectes et contrôleurs ont été retenus repartis
en vingt-deux (22) équipes. Les chefs d’équipes ont reçu une formation complémentaire axée sur le
contrôle technique, l’organisation et la logistique, le contact avec les autorités et les populations. Vingt (22)
équipes ont été constituées pour la collecte des données. Chaque équipe est composée d’un chef d’équipe
et de trois agents de collecte. Des superviseurs ayant une expérience en matière de collecte de données
ont assuré le suivi des équipes sur le terrain. La collecte des données a été réalisée en utilisant une
application CAPI.

[Link] Traitement des données


Les données collectées ont été éditées en vue de vérifier la cohérence interne des réponses. Cette
vérification finale a été réalisée par l’INSD avec l’appui de la Banque mondiale, de l’UEMOA et
d’AFRISTAT.

[Link] Bilan de la collecte des données


Pour une taille initiale de 7 200 ménages visés, 7176 ont été effectivement enquêtés, soit un taux de
participation de 99,7%. Ceci est lié à l’utilisation de ménages de remplacement. Ce taux très élevé indique
que le biais de non-réponses est minime, ce qui permet ainsi de valider tous les indicateurs calculés à

8
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
partir des données de l’EHCVM avec une significativité statistique acceptable.

Tableau 1- 3: Résultat global du taux de réponse de l’EHCVM-2021


Résultat de l'interview Effectifs Fréquence (%)

Accepté, ménage sélectionné 6 657 92,7


7
Accepté, ménage de remplacement 519 7,23
A refusé 00 0,00
Total 7 176 100

Conclusion

Cette enquête s’est réalisée dans un contexte difficile lié à la crise sécuritaire que traverse le pays. Malgré ce
contexte, le taux de couverture de l’enquête est élevé et favorise une meilleure estimation des indicateurs clés
ciblés par l’enquête.

Le contexte socio-démographique est marqué par une forte prédominance des jeunes, un faible accès aux
services sociaux de base comme l’éducation, la santé, l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement. Cette faible
accessibilité reste encore plus prononcée dans les zones à fort défi sécuritaire. Cependant, un effort est fait
au niveau des premières autorités du pays à travers l’adoption et la mise en œuvre de politiques de
développement afin de favoriser le plein épanouissement de tous les citoyens. En plus de ces efforts, les
bonnes performances économiques comme mentionnées dans ce chapitre permettent à l’ensemble de la
population d’espérer un meilleur développement économique et social.

9
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 2 : CARACTÉRISTIQUES SOCIO-
DÉMOGRAPHIQUES DES MÉNAGES ET DE LA POPULATION

Points clés

Volumes des ménages et de la population : Les ménages ordinaires sont estimés à 3 233 016 selon
l’EHCVM-2021 dont 14,2% dirigés par les femmes. Ces ménages accueillent 21 922 814 habitants dont
52,1% de femmes. Les personnes âgées de moins de 20 ans représentent plus de la moitié de la population
(12 523 846 personnes). La population résidant en milieu rural représente 73,9% de la population totale.
Taille moyenne des ménages : un ménage burkinabè en 2021 compte en moyenne 6 membres. Par
ailleurs, plus d’un ménage sur 6 (17,3%) compte 17 membres ou plus en 2021.
Age médian et âge moyen au premier mariage : la moitié de la population burkinabè a moins de 16 ans
et l’âge moyen d’entrée en première union est estimé à 24,7 ans pour les hommes et 19 ans pour les
femmes.
Statut matrimonial : il concerne uniquement les individus âgés de 10 ans ou plus. Dans l’ensemble, 62,3%
est célibataire tandis qu’un tiers (33%) est mariée (marié monogame ou marié polygame).
Population en âge de travailler et population dépendante : Economiquement, il y a moins de personnes
en âge de travailler que de personnes dépendantes (moins de 15 ans et plus de 64 ans) au Burkina Faso
en 2021. En effet, il y a 103 personnes dépendantes (0-15 ans et 65 ans ou plus) pour 100 personnes en
âge de travailler (15-64 ans).
Catégorie socioprofessionnelle : la répartition des chefs de ménages selon la catégorie
socioprofessionnelle présente une prépondérance des « Travailleurs pour compte propre » (79,3%, soit
près de 4 chefs de ménages sur 5.

2.1 Caractéristiques des ménages


Les ménages sont inégalement répartis à travers les régions du pays. Deux régions particulièrement
concentrent plus de ménages que les autres. Il s’agit des régions du Centre (17,6%) et des Hauts-Bassins
(10,9%) qui abritent les deux plus grands centres urbains. En revanche, les régions des Cascades (3,9%)
et du Centre-Sud (4,2%) ont moins de ménages que les autres.
Aussi, les ménages se répartissent inégalement selon le milieu de résidence et le sexe du chef de ménage.
Ainsi, 70,0% des ménages résidant en milieu rural et 14,2% des ménages sont dirigés par des femmes.

11
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 1: Résultat global du taux de réponse de l’EHCVM-2021Répartition (%)
des ménages selon la région, le milieu de résidence et le sexe du chef de ménage
de Sexe
Féminin 14,2
nce CM
réside du
Masculin 85,8
Milieu

Rural 70
Urbain 30
Centre 17,6
Hauts-Bassins 10,9
Centre-Est 9,2
Région de résidence

Centre-Ouest 8,7
Centre-Nord 8,5
Est 8,2
Boucle du Mouhoun 8,1
Nord 6,8
Sahel 5
Sud-Ouest 4,4
Plateau-Central 4,4
Centre-Sud 4,2
Cascades 3,9
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

Au plan national, 14,2% des ménages sont dirigés par des femmes. Ce qui traduit une forte inégalité de la
répartition des ménages selon le sexe du chef de ménage. Cette inégalité se reflète au niveau des régions.
Toutefois, dans les régions du Centre-Ouest (25,1%), du Centre-Est (22,8%) et du Nord (20,6%), plus d’un
cinquième des ménages sont dirigés par des femmes.
L’analyse de la répartition des ménages selon le sexe du chef de ménage et le milieu de résidence montre
que les ménages dirigés par les femmes sont minoritaires. En effet, seulement 13,8 % des ménages sont
dirigés par les femmes en milieu rural et cette proportion est de 15,3 % en milieu urbain.

Graphique 2- 2: Répartition (%) des ménages selon le sexe du chef de ménage par région et
milieu de résidence

Ménage dirigé par un homme Ménage dirigé par une femme

NATIONAL 85,8 14,2


NCE
RÉS
MILI

RURAL 86,2 13,8


IDE
EU
DE

URBAIN 84,7 15,3


SUD-OUEST 82,4 17,6
SAHEL 91,3 8,7
RÉGION DE RÉSIDENCE

PLATEAU-CENTRAL 85,7 14,3


NORD 79,4 20,6
HAUTS-BASSINS 90,2 9,8
EST 90,8 9,2
CENTRE-SUD 85,6 14,4
CENTRE-OUEST 74,9 25,1
CENTRE-NORD 85,6 14,4
CENTRE-EST 77,2 22,8
CENTRE 87,1 12,9
CASCADES 92,7 7,3
BOUCLE DU MOUHOUN 93,8 6,2

En 2021, plus de deux ménages sur cinq (40,8%) comptent 4 à 6 membres au niveau national. Cette
12
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
proportion est plus élevée dans les ménages dirigés par des femmes (45,9%) que dans ceux dirigés par
des hommes (39,9%). Les ménages de grande taille (12 membres ou plus) sont minoritairement dirigés
par des femmes (3,9%). Il en est de même des ménages de petite taille (1 à 3 personnes) dirigés par des
hommes (14,4%).
Aussi, la proportion des ménages augmente avec le niveau de vie du ménage au niveau national. En effet,
de 15,6% pour les ménages de niveau de vie le plus faible, la proportion des ménages croît continuellement
et atteint 28,0% pour les ménages ayant le niveau de vie le plus élevé. Au sein des ménages dirigés par
des hommes, la proportion des ménages ayant un niveau de vie donné croît également avec le niveau de
vie du ménage. En revanche, parmi les ménages dirigés par des femmes, ce sont les ménages de niveaux
de vie extrêmes qui sont les plus représentés.
Les ménages non pauvres sont majoritaires au niveau national (65,4%) quel que soit le sexe du chef de
ménage. Cette proportion est de 66,0% chez les ménages dirigés par des hommes et de 61,7% pour les
ménages dirigés par des femmes.

Tableau 2- 1: Répartition (en %) des ménages selon le niveau de vie, le statut de pauvreté et le
groupe de taille du ménage par sexe du CM
Masculin Féminin Ensemble
Groupe de taille
de ménage
1 - 3 personnes 14,4 36,4 17,5
4 - 6 personnes 39,9 45,9 40,8
7 - 9 personnes 26,2 13,8 24,4
12 personnes et 19,5 3,9 17,3
plus
Niveau de vie du
ménage
Le plus faible 14,6 22,1 15,6
Faible 16,9 14,3 16,6
Moyen 19,3 14,3 18,5
Elevé 21,6 19,5 21,3
Le plus élevé 27,7 29,8 28,0
Statut de
pauvreté du
ménage
Non pauvre 66,0 61,7 65,4
Pauvre 34,0 38,3 34,6
National 100,0 100,0 100,0

Les données du tableau ci-dessous indiquent que les ménages sont dirigés par des hommes ou des
femmes d’au moins quinze ans. Aussi, la proportion des ménages varie selon la tranche d’âge du chef de
ménage. Elle est très faible pour les ménages dirigés par des jeunes (15-19 ans), et augmente avec l’âge
du chef de ménage pour atteindre son niveau le plus élevé (14,3%) dans la tranche d’âge 35-39 ans. Aussi
bien au sein des ménages dirigés par des hommes qu’au sein de ceux dirigés par des femmes, les
proportions des ménages suivent globalement la même évolution selon les groupes d’âges des chefs de
ménage.

13
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 2- 2: Répartition (%) des ménages selon le groupe d'âge et par sexe du chef de
ménage
Groupes d'âge Masculin Féminin Ensemble
quinquennaux
15-19 0,3 0,9 0,4
20-24 3,0 3,0 3,0
25-29 8,4 8,1 8,4
30-34 13,1 9,7 12,6
35-39 14,8 11,1 14,3
40-44 14,4 10,8 13,9
45-49 10,6 13,9 11,1
50-54 9,1 10,8 9,3
55-59 8,1 9,6 8,3
60-64 6,5 8,7 6,8
65-69 4,5 5,0 4,6
70-74 3,3 4,7 3,5
75-79 1,8 2,3 1,8
80+ 2,0 1,5 1,9
National 100,0 100,0 100,0
La majorité des chefs de ménages sont mariés (85%). C’est le cas pour les chefs de ménages hommes
(91,9%). Quant aux chefs de ménage femmes, elles sont plus veuves (45,9%) que mariées (43,8%).
Sur cinq ménages, quatre sont dirigés par des travailleurs pour compte propre (79,3%). Cette proportion
est encore plus élevée chez les ménages dirigés par les femmes (89,1%) que chez ceux dirigés par les
hommes (77,8%). En revanche, seulement 5% des ménages sont dirigés par des cadres supérieurs ou
moyens.

Tableau 2- 3: Répartition (en %) des ménages par sexe du chef de ménage selon sa situation
de famille et sa catégorie socioprofessionnelle
Masculin Féminin Ensemble
Situation de famille
Célibataire 3,1 5,8 3,4
Marié (e) monogame 66,6 22,5 60,3
Marié(e) polygame 25,3 21,3 24,7
Union libre 3,0 0,6 2,7
Veuf (ve) 1,0 45,9 7,4
Divorcé (e) ou séparé (e) 1,0 4,1 1,5
Catégorie
socioprofessionnelle
Cadre supérieur 1,0 0,3 0,9
Cadre moyen/agent de 4,3 2,8 4,1
maîtrise
Ouvrier ou employé 4,7 1,9 4,3
qualifié
Ouvrier ou employé non 8,0 2,6 7,3
qualifié
Manœuvre, aide- 1,5 2,5 1,7
ménagère
Stagiaire ou Apprenti 1,1 0,1 1,0
rémunéré
Stagiaire ou Apprenti 0,2 0,3 0,2
non rémunéré

14
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Masculin Féminin Ensemble
Travailleur Familial 0,1 0,0 0,1
contribuant pour une
entreprise familiale
Travailleur pour compte 77,8 89,1 79,3
propre
Patron 1,4 0,4 1,3
National 100,0 100,0 100,0

L’âge moyen des chefs de ménage (CM) femmes est de 47,5 ans. Pour les hommes, il est de 45,6 ans. Il
est plus élevé chez les femmes CM que chez les hommes CM dans la plupart des régions. En moyenne,
les femmes CM les plus âgées sont dans la région du Sud-Ouest (52,7 ans) et les moins âgées à l’Est
(41,1 ans), Pour les CM hommes, en moyenne les plus âgés sont dans la région du Nord (50,5 ans) et les
moins âgés au Sahel (43,6 ans).
En moyenne, les femmes CM ont le même âge en milieu urbain (47,5 ans) qu’en milieu rural (47,4 ans),
Par contre, la différence d’âges moyens est relativement marquée entre les hommes CM du milieu urbain
(44,2 ans) et ceux du milieu rural (46,1 ans).

Tableau 2- 4: Âges moyens des chefs de ménages par région et milieu de résidence selon le
sexe du CM
Masculin Féminin Ensemble
Région de résidence
Boucle du 44,7 51,6 45,2
Mouhoun
Cascades 44,0 48,4 44,3
Centre 44,6 46,6 44,9
Centre-Est 45,7 44,7 45,4
Centre-Nord 45,7 47,0 45,9
Centre-Ouest 46,4 46,7 46,4
Centre-Sud 47,8 47,2 47,7
Est 44,9 41,1 44,6
Hauts-Bassins 44,2 49,2 44,7
Nord 50,5 51,5 50,7
Plateau-Central 49,6 47,9 49,4
Sahel 43,6 49,6 44,2
Sud-Ouest 44,8 52,7 46,2
Milieu de résidence
Urbain 44,2 47,5 44,7
Rural 46,1 47,4 46,3
National 45,6 47,5 45,8

Au plan national, l’âge moyen des CM diminue quand le niveau de vie du ménage augmente. En effet, l’âge
moyen des CM des ménages de niveau de vie plus faible (48,6) décroît et s’établit à 42,7 ans chez les
ménages qui ont le niveau de vie le plus élevé. La variation de l’âge moyen suit la même tendance chez
les CM hommes. La moyenne d’âge des hommes CM est de 49,1 ans dans les ménages de plus faible
niveau de vie et baisse continuellement jusqu’à 41,9 ans chez les CM dans les ménages de niveau de vie
le plus élevé.
En moyenne, les CM des ménages non pauvres (44,6 ans) sont moins âgés que ceux des CM des
ménages pauvres (48,3 ans). C’est le cas pour les CM hommes et les CM femmes mais l’écart est très
faible pour les dernières.
L’âge moyen du CM augmente avec la taille du ménage. En effet, il passe de 40,1 ans chez les CM des
ménages de petite taille (1 à 3 personnes) à 51,9 ans chez ceux des ménages de grande taille (12
personnes ou plus). C’est la même tendance pour les ménages dirigés par des hommes, contrairement à
ceux dirigés par des femmes.

15
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 2- 5: Âge moyen du chef de ménage par niveau de vie, statut de pauvreté et taille de
ménage selon le sexe du CM
Masculin Féminin Ensemble
Niveau de vie du ménage
Plus faible 49,1 46,8 48,6
Faible 48,0 47,2 47,9
Moyen 46,8 47,0 46,9
Elevé 44,8 48,9 45,4
Plus élevé 41,9 47,3 42,7
Statut de pauvreté du ménage
Non pauvre 44,1 47,7 44,6
Pauvre 48,5 47,1 48,3
Groupe de taille de ménages
1 - 3 personnes 38,0 47,2 40,7
4 - 6 personnes 43,4 46,7 44,0
7 - 9 personnes 48,4 48,5 48,4
12 personnes et plus 51,8 54,7 51,9
National 45,6 47,5 45,8

La taille moyenne du ménage est de 7 personnes au niveau national. Elle est très voisine de celle des
ménages dirigés par des hommes peu importe leur niveau d’éducation. Quel que soit le sexe du chef de
ménage, la taille du ménage baisse considérablement quand le niveau d’instruction du CM augmente. Elle
est plus élevée dans les ménages dirigés par des CM sans niveau d’instruction et baisse chez les ménages
des CM mieux instruits. Par ailleurs, la taille moyenne des ménages dirigés par des hommes est supérieure
à celle des ménages dirigés par des femmes quel que soit le niveau d’instruction du chef de ménage.

Graphique 2- 3: Taille moyenne du ménage selon le niveau d’instruction du chef de ménage et


son sexe
8 7,6
7 6,3
7,2 5,6
6
4,8 6,1
5 4,4 4,4
4,1 5,3
3,6
4 3,3 3,2
4,3 4,3
3
2
1
0
Aucun Primaire Post-primaire Secondaire Supérieur
Taille moyenne ménage CM homme Taille moyenne ménage CM femme
Taille moyenne ménage ensemble

La taille moyenne du ménage varie peu avec le secteur institutionnel du chef de ménage en emploi principal,
est volatile. Elle se situe entre 5 et 7 personnes.

16
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 2- 6: Taille moyenne du ménage selon le secteur institutionnel du CM et son sexe
Masculin Féminin Ensemble
Secteur institutionnel dans l’emploi principal
Etat/Collectivités locales 4,9 4,4 4,9
Entreprise publique/ 5,2 3,6 5,0
parapublique
Entreprise Privée 7,1 4,4 6,7
Entreprise associative 5,8 6,7 5,8
Ménage comme employeur 6,7 4,3 6,0
de personnel domestique
Organisme international 5,6 4,0 5,6
/Ambassade
National 6,9 4,4 6,6

La population burkinabè est inégalement répartie selon les régions. Elle est plus concentrée dans deux
régions. Il s’agit des régions du Centre (15%) et des Hauts Bassins (11%) qui constituent les deux pôles
urbains les plus importants du pays. En revanche, les régions du Centre-Sud (3,8%) et des Cascades (4%)
concentrent moins de population en 2021.
L’inégale répartition de la population concerne également le milieu de résidence (tableau 2.7). En effet, au
niveau national et quel que soit le sexe de l’individu, le milieu rural accueille trois quart (au moins 73 %) de
la population burkinabè.

Tableau 2- 7: Répartition (%) de la population par sexe selon la région et le milieu de résidence
Masculin Féminin Ensemble
Région de
résidence
Boucle du 9,3 8,9 9,1
Mouhoun
Cascades 4,1 3,9 4,0
Centre 15,1 14,9 15,0
Centre-Est 7,3 8,1 7,7
Centre-Nord 9,1 9,3 9,2
Centre-Ouest 7,9 8,1 8,0
Centre-Sud 3,8 3,8 3,8
Est 9,5 9,3 9,4
Hauts-Bassins 11,3 10,8 11,0
Nord 8,3 8,5 8,4
Plateau-Central 4,5 4,9 4,7
Sahel 5,6 5,1 5,4
Sud-Ouest 4,2 4,4 4,3
Milieu de
résidence
Urbain 26,0 26,2 26,1
Rural 74,0 73,8 73,9
National 100,0 100,0 100,0

2.2 Caractéristiques de la population

2.2.1 Structure de la population par âge et par sexe


L’enquête estime à 21,9 millions d’habitants la population burkinabè en 2021 dont 11, 4 millions de femmes.
Cette population est inégalement répartie selon les tranches d’âges quinquennaux. En outre, elle se
17
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
caractérise par sa forte jeunesse à travers sa structure par âge. Les grands effectifs de population se
situent dans les groupes d’âge jeunes, notamment les âges en dessous de 40 ans. Particulièrement, les
moins de 20 ans représentent plus de la moitié de la population (12,5 millions personnes) et les personnes
de moins de 35 ans, 76,5% de la population.
La forte jeunesse de la population burkinabè apparait clairement à travers la base très large de la pyramide
des âges qui résume graphiquement la structure par âge et par sexe de cette population. Par la forme de
la pyramide, il ressort une légère dominance des femmes. Par ailleurs, le rétrécissement du sommet de la
pyramide traduit une faible représentativité des personnes aux âges avancés au sein de la population.

18
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 4: Pyramide des âges de la population totale résidente

Homme
Femme

Homme
80+

70-74

60-64

50-54

40-44
0

1200000

1600000

2000000
400000

800000
30-34

20-24

10-14

0-4
0
2500000

2000000

1500000

1000000

500000

La proportion de personnes vivant dans les ménages non pauvres est restée presque identique (autour de
57,4%) quel que soit le sexe de la personne et au niveau national.
La proportion de la population varie selon le niveau d’éducation de la population. . Les personnes sans
aucun niveau d’instruction sont les plus représentées (61,7%). Il en est de même dans les sous-populations
d’hommes (58,1%) et de femmes (65,0%). Ces proportions baissent au fur et à mesure que le niveau
d’éducation augmente. Ainsi, seulement 1,2% de la population a un niveau d’éducation supérieur.

19
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 2- 8: Répartition (%) de la population selon le statut de pauvreté du ménage et le
niveau d’instruction du CM par sexe
Masculin Féminin Ensemble
Statut de pauvreté du ménage
Non pauvre 57.3 52,5 56,8
Pauvre 42,7 47,5 43,2
Niveau d'éducation
Aucun 58,1 65,0 61,7
Primaire 28,0 22,2 25,0
Post primaire 9,4 9,9 9,7
Secondaire 2,9 2,0 2,5
Supérieur 1,6 0,8 1,2
National 100,0 100,0 100,0

[Link] Rapport de masculinité


Le rapport de masculinité, souvent appelé sexe-ratio est le rapport de l’effectif de la population masculine
sur celui de la population féminine. Il représente le nombre d’hommes pour 100 femmes.
Le rapport de masculinité est de 92% pour l’ensemble du pays, ce qui signifie qu’il y a 92 hommes pour
100 femmes. Des variations existent au sein des différents groupes d’âge. Dans les groupes d’âges 0-4
ans, 5-9 ans et 10-14 ans, il y a globalement plus d’hommes que de femmes. Pour les groupes d’âges 15-
19 ans et 20-24 ans, il y a plus de femmes que d’hommes. Aux âges avancés (70-74 ans, 75-79 ans), il y
a davantage plus de femmes que d’hommes.
Entre 30 et 64 ans, la courbe du rapport de masculinité en milieu urbain se place au-dessus de celle du
milieu rural traduisant le fait qu’à ces âges, il y a plus d’hommes pour 100 femmes en ville que d’hommes
pour 100 femmes en milieu rural. Ce résultat pourrait s’expliquer en partie par l’exode rural (Graphique
2.5).

Graphique 2- 5: Rapport de masculinité (%) par groupe d’âge selon le milieu de résidence
140,0
120,0 102,6 111,4
96,1
100,0 84,1 82,8
103,2 75,3
90,6 76,4 77,7 77,0 79,2 79,5 98,6
80,0
%

60,0 77,7 73,8 71,2


40,0
20,0
0,0

Groupes d'âge

RM_ Ensemble RM_Urbain RM_Rural

Le rapport de masculinité présente des disparités selon la région. A l’exception de la région du Sahel,
toutes les autres régions comptent plus de femmes que d’hommes. Dans la région du Sahel, le rapport de
masculinité est de 100,7 %. Les rapports de masculinité les plus faibles sont enregistrés dans les régions
du Sud-Ouest, du Plateau central et du Centre-Est où ils sont respectivement de 86,1%, 83,5% et 83,3%
(Graphique 2.6).
Le rapport de masculinité de la population Burkinabè a été estimé à 93,1% à l’EHCVM 2018, 92,4% au
RGPH 2019 et à 92,0% à l’EHCVM 2021.

20
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 6: Rapport de masculinité selon la région
Sahel 100,7
Cascades 97,2
Boucle du Mouhoun 96,7
Hauts-Bassins 95,9
Est 93,7
Centre 93,5
Burkina Faso 92,0
Centre-Sud 91,6
Centre-Nord 90,4
Nord 90,2
Centre-Ouest 89,7
Sud-Ouest 86,1
Plateau-Central 83,5
Centre-Est 83,3
0,0 20,0 40,0 60,0 80,0 100,0 120,0
%

[Link] Age moyen et âge médian de la population


L’âge moyen de la population burkinabè est de 22 ans en 2021 contre 21,8 ans en 2018 et 21,7 ans en
2019. Il est plus élevé chez les femmes (22,9 ans) que chez les hommes (21, 0 ans). La population urbaine
est en moyenne légèrement plus âgée (22,9 ans) que celle du milieu rural dont l’âge moyen est de 21,7
ans.
Quant à l’âge médian de la population, il est de 16,0 ans signifiant que la moitié de la population a moins
de 16 ans. Comme l’âge moyen, l’âge médian est plus élevé chez les femmes (17 ans) que chez les
hommes (14 ans). En milieu urbain, l’âge médian de la population est de 19,0 ans tandis qu’en en milieu
rural, il est égal à 15 ans. Ces deux indicateurs confirment la forte jeunesse de la population burkinabè.
En considérant les régions de résidence, l’âge moyen de la population varie entre 23,4 ans dans la région
du Centre-Sud et 19,8 ans dans la région du Sahel. En plus du Sahel, les deux régions ayant les
populations les plus jeunes sont les régions de l’Est et des Cascades où l’âge moyen de la population est
respectivement de 20,3 ans et de 21,5 ans (Graphique 2.7).
L’âge moyen des personnes vivant dans des ménages pauvres est de 21 ans. Il est de 22,7 ans pour
l’ensemble des personnes vivant dans des ménages non pauvres.

21
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 7: Age moyen et âge médian de la population
Nat
ion 16,0
al
22
Centre-Sud 16,0 23,4
Plateau-Central 15,0 23,1
Centre 19,0 23,1
Nord 15,0 22,6
Sud-Ouest 16,0 22,3
Centre-Ouest 16,0 22,3
Région

Hauts-Bassins 17,0 22,1


Centre-Est 15,0 21,9
Centre-Nord 15,0 21,7
Boucle du Mouhoun 16,0 21,6
Cascades 16,0 21,5
Est 14,0 20,3
Sahel 14,0 19,8
15,0
réside
Milieu

Rural 21,7
Sexe nce
de

Urbain 19,0 22,9


Féminin 17,0 22,9
Masculin 14,0 21
pauvre

14,0
Statut

Pauvre 21
de

Non pauvre 17,0 22,7


0 5 10 15 20 25
Age en années

Age médian Age moyen

[Link] Lien de parenté avec le chef de ménage


Le lien de parenté avec le chef de ménage permet de préciser la relation de parenté qui le lie à chaque membre
du ménage. Dans l’ensemble, les ménages sont caractérisés par une structure de parenté dominée par les
descendants directs du chef de ménage (fils/fille) qui représentent 48,7% des membres. Les conjoints (es) et
les petits enfants suivent respectivement avec 15,3% et 14,7%. Les parents biologiques du chef de ménage
(père, mère) représentent 2,3% tandis que les personnes non apparentées au chef de ménage ou à son
conjoint (e) représentent 3,4% de l’ensemble de la population.

22
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 8: Répartition de la population selon le lien de parenté avec le chef de ménage

60
48,7
50
% 40
30
20 15,3 14,7
10 6,3 3,9 3,4 2,7 2,5 2,3 0,3 0,1
0

[Link] Situation matrimoniale de la population

La répartition de la population résidente de 10 ans ou plus par situation matrimoniale révèle que dans
l’ensemble, 62,3% de cette population est célibataire tandis qu’un tiers (33%) est mariée (marié monogame
ou marié polygame). Chez les femmes, 36,7% sont mariées contre 28,8% chez les hommes. La proportion
des mariés polygames parmi les hommes est de 7,1% contre 14,9% chez les femmes. Quant à la situation
d’union libre, elle concerne 1% des femmes et 0,9% des hommes (Graphique 2.9).

La répartition par sexe selon l’état matrimonial donne 30,4% d’hommes mariés polygames contre 69,6% des
femmes. Quant au veuvage, il a un visage beaucoup plus féminin car 94,1% sont de sexe féminin.

Graphique 2- 9: Etat matrimonial


Graphique 2. 9 : Répartition par sexe selon
selon le sexe
l’état matrimonial
0,4 0,5
0,6 Masculin Féminin
7,1 0,9 1 11,2
1
21,7 14,9
21,8
21,8 46,6
%

52,3 54,8
69,6 62,7
%

69,5 94,1
55,7 62,3
53,4 47,7 45,2
30,4 37,3
Masculin Féminin Ensemble 5,9

Divorcé (e) ou séparé (e)


veuf (ve)
Union libre
Marié(e) polygame
Marié (e) monogame
Célibataire

23
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
[Link] Age moyen au premier mariage

L’âge d’entrée au premier mariage varie en fonction du sexe et du milieu de résidence. Dans l’ensemble, les
filles contractent leur premier mariage un peu plus tôt comparativement aux garçons. En effet, l’âge moyen
d’entrée en première union est de 24,7 ans chez les hommes contre 19 ans chez les femmes, soit un écart
de 5,7 ans (Graphique 2.11).

Des différences existent également entre le milieu urbain et le milieu rural quel que soit le sexe. Les hommes
résidant en milieu rural contractent en moyenne leur premier mariage à l’âge de 23,9 ans contre 26,6 ans chez
leurs homologues du milieu urbain. Chez les femmes rurales, l’âge moyen au premier mariage est de 18,6
ans contre 20,1 ans chez les citadines. Le premier mariage intervient donc en moyenne à un âge plus jeune
en milieu rural comparativement au milieu urbain (Graphique 2.11).

Graphique 2- 10: Age moyen au premier mariage selon le sexe et le milieu de résidence
30 26,6
23,9 24,7
25
Age (en années)

20,1 19
20 18,6

15

10

0
Urbain Rural Ensemble

Masculin Féminin

Des différences existent entre les régions administratives relativement à l’âge d’entrée en première union.
Chez les hommes, l’âge moyen au premier mariage varie entre une valeur minimale de 21,7 ans enregistrée
au Sahel et une valeur maximale de 27,2 ans dans la région du Centre. Chez les femmes, les variations de
l’âge moyen au premier mariage entre régions montrent qu’il passe d’un minimum de 17,2 ans atteint dans la
région du Sahel à une valeur maximale de 20,3 ans dans la région du Centre. La région du Sahel s’illustre
donc comme étant celle des premières unions les plus précoces tandis que celle du Centre enregistre les
unions les plus tardives (Graphique 2.12).

24
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 11: Age moyen au 1er mariage selon le sexe, la région et le statut de pauvreté du
ménage
Centre 20,3 27,2
Plateau-Central 18,4 25,4
Nord 18 25,1
Cascades 19,3 24,9
Région de résidence

Hauts-Bassins 19,1 24,8


Centre-Ouest 19,3 24,8
Centre-Sud 19,2 24,5
Centre-Est 19,2 24,5
Centre-Nord 18 24,1
Boucle du Mouhoun 19,5 23,9
Est 18,8 23,1
Sud-Ouest 19,2 22,7
Sahel 17,2 21,7
pauvret

18,5
Statut

Pauvre 23,8
de

Non pauvre 19,3 25,2


0 5 10 15 20 25 30
Age (en années)

Féminin Masculin

[Link] Rapport de dépendance démographique

Le rapport ou ratio de dépendance démographique est le rapport de la somme des effectifs des personnes de
moins de 15 ans et de celle de personnes de 65 ans ou plus, et l’effectif des individus de 15 à 64 ans. Les
personnes au numérateur (0-15 ans et 65 ans ou plus) sont supposées dépendre du revenu économique des
personnes au dénominateur c’est-à-dire, les personnes en âge de produire des richesses (15-64 ans).

Le rapport de dépendance démographique est de 102,8% c’est-à-dire qu’il y a 103 personnes dépendantes
pour 100 personnes d’âge actif. Des différences existent selon le milieu de résidence et le statut de pauvreté
du ménage d’appartenance des individus.

En milieu urbain, il y a 78 personnes dépendantes pour 100 personnes d’âge actif tandis qu’en milieu rural,
ce rapport est d’environ 114 personnes pour 100 personnes d’âge actif. Le rapport de dépendance
démographique est de 123,1% chez les personnes vivant dans des ménages pauvres tandis qu’il n’est que
de 90% pour celles vivant dans des ménages non pauvres (Graphique 2.13a).

25
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 2- 12: Rapport de dépendance démographique (en %) selon le milieu de
résidence et le statut de pauvreté du ménage
140 123,1
113,6
120 102,8
100 90
77,5
80
%

60
40
20
0
Urbain Rural Non pauvre Pauvre
Milieu de résidence Statut de pauvreté Ensemble

Le rapport de dépendance démographique présente des disparités selon le milieu de résidence. La région de
l’Est présente la plus forte dépendance (127%) tandis que la région du Centre a une dépendance de 76,4%
(Graphique 2.13b).

Graphique 2- 13: Rapport de dépendance démographique (en %) selon la région de résidence

Est 127
Plateau-Central 119,7
Centre-Nord 119,3
Centre-Est 114
Sahel 113,8
Nord 113,7
Centre-Ouest 105,1
Boucle du Mouhoun 103,5
Centre-Sud 102,9
Cascades 98,8
Sud-Ouest 97,8
Hauts-Bassins 88,2
Centre 76,4
0 20 40 60 80 100 120 140
%

Conclusion

Ce chapitre a analysé les caractéristiques sociodémographiques de la population et des ménages. La


population burkinabè est à majorité féminine (52,1%) et trois personnes sur quatre (73,9%) vivent en milieu
rural. Les régions du Centre et des Hauts bassins concentrent les plus grands effectifs de population avec
respectivement 15,0% et 11,0% de la population totale. Le Centre-Sud et les Cascades sont les régions les
moins peuplées. Dans toutes les régions, les ménages sont dans leur majorité, dirigés par des hommes. Les
régions du Centre-Ouest et du Centre-Est ont les proportions les plus élevées de ménages dirigés par des
femmes.

L’ensemble de la population réside dans 3 233 016 ménages qui sont majoritairement installés en milieu rural
(70%). Dans chacun de ces ménages vivent en moyenne 6 personnes.

La structure par âge de la population révèle la jeunesse de la population burkinabè. En effet, la moitié de la
population a moins de 16 ans et l’âge moyen de la population est de 22 ans.

L’analyse de la situation matrimoniale montre qu’un tier de la population de 10 ans ou plus est mariée. Les
femmes entrent en première union en moyenne, un peu plus tôt que les hommes.

26
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 3 : EDUCATION, ALPHABETISATION ET
SCOLARISATION

Points clés
Alphabétisation : la proportion des adultes sachant lire et écrire dans une langue quelconque est
estimée en 2021 à 42,0 %. Ce chiffre est en hausse moyenne annuelle de 1,2 point de pourcentage sur
la période de 2003 à 2021. Un peu plus de la moitié des hommes adultes (51,4%) sont alphabétisés
contre un peu plus du tiers chez les femmes (34,4%).
Scolarisation et fréquentation scolaire : la proportion de la population de 25 ans et plus ayant fréquenté
une structure formelle1 est de 24,8% en 2021 contre 23,6% en 2018. Pour les structures non formelles2,
la proportion est de 11,0%. Le taux de fréquentation dans les structures formelles pour les hommes
(32,6%) est quasiment le double de celui des femmes (18,5%) en 2021.
Niveau d’instruction atteint : Il concerne la population de 25 ans et plus, sensée ne plus se trouver dans
le système scolaire. En 2021, un peu plus de quatre personnes sur cinq n’ont aucun niveau d'instruction
(79,0%). La proportion des personnes ayant le niveau d’instruction primaire est de 12,3%. Celles des
niveaux secondaire et supérieur sont respectivement de 1,4% et 1,0%.
Taux brut et taux net de fréquentation scolaire : En 2021, la fréquentation au préscolaire demeure
faible pour l’ensemble du pays avec seulement un taux brut de fréquentation scolaire (TBFS) au
préscolaire égale à 3,7 % et un taux net de fréquentation scolaire (TNFS) estimé à 2,4%. Le TBFS et le
TNFS les plus élevés sont ceux du primaire (82,7% et 54,0% respectivement).
Raisons de la non fréquentation scolaire : Les trois principales raisons sont « l’échec ou l’abandon de
la scolarité » (35,3%), la « préférence pour un emploi » (18,6 %) et le « manque de moyens financiers »
(15,1 %).
Fréquentation dans les structures non formelles : le type d’éducation non formelle le plus suivi est
l’école coranique (71,7%). En seconde position se trouve les cours d’alphabétisation avec seulement
9,1%.
Dépenses d’éducation : Au cours de l’année scolaire 2020/2021, les dépenses totales d’éducation des
enfants par les ménages sont évaluées à 189 milliards de FCFA soit une dépense moyenne par élève
estimée à 37 640 FCFA. La dépense totale d’éducation est en baisse de 34 milliards de FCFA par rapport
à l’année scolaire 2017/2018.

L’éducation est importante pour le développement des pays. Ainsi, il est nécessaire de disposer d’indicateurs
clés pour un meilleur suivi et évaluation du système éducatif. C’est dans cette optique que ce chapitre aborde
les indicateurs relatifs à l’éducation. Il analyse le niveau d’éducation globale de la population burkinabè. Ces
analyses portent sur plusieurs aspects du secteur de l’éducation dont le niveau de fréquentation scolaire et
d’alphabétisation, l’achèvement, la durée moyenne de la scolarisation, l’âge moyen d’entrée à l’école et les
dépenses d’éducation effectuées par les ménages. Ces informations sont traitées de sorte à mettre en relief
l’état de l’éducation au niveau national et les disparités qu’il présente selon le sexe, la région, le milieu de
résidence et les caractéristiques socio-économiques du chef de ménage. L’ensemble de ces informations
permet de rendre compte de la situation de l’éducation au niveau préscolaire, primaire, post-primaire,
secondaire et supérieur.

3.1 Concepts et définitions

Pour une bonne compréhension du contenu de ce chapitre, il est utile et nécessaire de définir un certain
nombre de concepts, de termes ou d’expressions relatives à la scolarisation et à l’alphabétisation. Les
définitions suivantes sont tirées du manuel « recueil des concepts, définitions, indicateurs et méthodologies
utilisées dans le système statistique national ».

1
Les structures formelles : elles regroupent les structures préscolaires, les écoles primaires et les établissements
posprimaires et sécondaires.
2
Les structures non formelles régroupent les écoles coraniques, les écoles de formation profesionnelles, les
centres d’alphabétisation et autres (cours de langues, autres, etc).

27
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Niveau d’instruction/éducation : le niveau d’instruction ou d’éducation correspond à la dernière classe du cycle
d’enseignement suivi avec ou sans succès par une personne. Il s’agit du niveau acquis dans une structure
formelle de l’éducation

Taux d’instruction : le taux d’instruction est défini comme étant le rapport du nombre de personnes instruites
âgées de 10 ans et plus sur l’effectif de la population totale du même groupe d’âge.

Population scolaire : c’est l’ensemble des personnes qui fréquentent toujours une structure formelle de
l’éducation.

Population scolarisable : la population scolarisable est l’ensemble des enfants ayant l’âge de fréquenter un
cycle d’enseignement donné.

Taux d’alphabétisation des jeunes : pourcentage de la population âgée de 15 à 24 ans sachant lire et écrire
dans une langue quelconque.

Taux d’alphabétisation des adultes : pourcentage de la population âgée de 15 ans ou plus sachant lire et écrire
dans une langue quelconque.

Taux Brut de Fréquentation Scolaire au Primaire : rapport entre le nombre d’enfants scolaires au primaire et
le nombre d’enfants scolarisables au primaire (c’est-à-dire âgés de 6 à 11 ans) exprimé en pourcentage.

Taux Net de Fréquentation Scolaire au Primaire : rapport entre le nombre d’enfants scolarisables au primaire
(c’est-à-dire âgés de 6 à 11 ans) et effectivement scolarisés et le nombre d’enfants scolarisables (de 6 à 11
ans) au primaire exprimé en pourcentage.

Taux Brut de Fréquentation Scolaire au Post-primaire : rapport entre le nombre d’enfants scolaires au post-
primaire et le nombre d’enfants scolarisables au post-primaire (c’est-à-dire âgés de 12 à 15 ans) exprimé en
pourcentage.

Taux Net de Fréquentation Scolaire au Post-primaire : rapport entre le nombre d'enfants âgés de 12 à 15 ans
effectivement scolarisés et le nombre total d'enfants du même groupe d'âge exprimé en pourcentage.

Taux Brut de Fréquentation Scolaire au Secondaire : rapport entre le nombre d'enfants effectivement
scolarisés au secondaire et le nombre total d'enfants de 16 à 18 ans, exprimé en pourcentage.

Taux Net de Fréquentation Scolaire au Secondaire : rapport entre le nombre d’enfants scolarisables au
secondaire (c’est-à-dire ayant entre 16 et 18 ans) et effectivement scolarisés et le nombre d’enfants
scolarisables au secondaire second cycle du même groupe d’âge, exprimé en pourcentage.

Taux Brut de Fréquentation Scolaire Tous niveaux confondus : le rapport entre le nombre de personnes
effectivement scolarisées et le nombre total de personnes âgées de 6 à 23 ans, exprimé en pourcentage.

Taux d’achèvement au primaire : Le taux d’achèvement (TA) au primaire est le pourcentage d’enfants ou de
jeunes, appartenant au groupe d’âge 14-17 ans qui ont terminé le primaire.

Taux d’achèvement au post-primaire : est le rapport entre le nombre d’élèves nouvellement admis (non
redoublants) en classe de 3ème et la population d’enfants scolarisables de (15) ans.

Taux d’achèvement au secondaire : est le rapport entre le nombre d’élèves nouvellement admis (non
redoublants) en classe de terminale et la population d’enfants scolarisables de (18) ans.

L’espérance de vie scolaire (EVS) ou durée attendue de scolarisation : nombre d’années qu’une personne qui
entre à l’école peut espérer passer dans le système scolaire. Elle est calculée selon les différentes tranches

28
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
d’âges comprises entre 3 et 25 ans. Elle est égale à la somme des taux de fréquentation scolaires aux
différents âges de 3 à 25 ans.

3.2 Alphabétisation et sa dynamique

L’alphabétisation renvoie à la capacité d’un individu à lire et à écrire un petit texte dans une langue quelconque.
En 2021, l’EHCVM situe le taux d’alphabétisation des adultes à 42,0 %. La proportion des adultes sachant lire
et écrire dans une langue quelconque est en hausse moyenne annuelle de 1,2 point de pourcentage sur la
période de 2003 à 2021. Nonobstant cette progression, le niveau d’alphabétisation demeure faible.

Graphique 3- 1: Rapport de dépendance démographique (en %) selon la région de résidence,


Evolution du taux d’alphabétisation (%) des adultes de 1961 à 2021
45
39,3 42,0
40 34,5
35
28,3
30
21,8 28,2
25
18,919,5 23,6
20 15,5
20,7
15 10,6
10 6,4
2,6
5
0
1961 1966 1971 1976 1981 1986 1991 1996 2001 2006 2011 2016 2021

3.2.1 Alphabétisation selon certaines caractéristiques socio-démographiques

Le niveau d’alphabétisation varie selon le milieu de résidence. Il est plus élevé en milieu urbain qu’en milieu
rural, aussi chez les jeunes plus que chez les adultes (tableau 3.1). En effet, chez les adultes, le taux
d’alphabétisation du milieu urbain (64,2 %) est près de deux fois celui du milieu rural (32,7 %). Pour les jeunes
de 15 à 24 ans et pour ceux âgés de 15 à 34 ans, il y a également une disparité spatiale au profit du milieu
urbain. Dans le premier groupe, alors que le taux d’alphabétisation est de 82,6% en milieu urbain, il est de 25
points moins élevés en milieu rural (58,1%). Pour ce qui est du deuxième groupe, le taux d’alphabétisation est
de 75,5% en milieu urbain et 46,4% en milieu rural.

Avec un taux d’alphabétisation des adultes de 65,2 %, la région du Centre se distingue nettement des douze
autres régions. Elle est suivie de loin par la région des Hauts Bassins (49,5%). Le Sahel possède la population
la moins alphabétisée des treize régions du Burkina Faso (19,9%). A l’exception des régions du Centre et des
Hauts-Bassins, toutes les autres régions ont un taux d’alphabétisation inférieur au taux national, ce qui veut
dire que ce sont ces deux régions qui tirent le taux d’alphabétisation vers le haut.

Les disparités au niveau régional existe également chez les jeunes de 15 à 24 ans. En effet, dans cette
tranche d’âge, le taux d’alphabétisation varie entre 26,6 % pour le Sahel et 84,0 % pour la région du Centre.

Les hommes sont plus alphabétisés que les femmes, quelle que soit la catégorie d’âge. Au sein de la
population adulte, plus de la moitié des hommes (51,4 %) et le tiers des femmes (34,4 %) sont alphabétisés.
Toutefois, ces disparités liées au genre se réduisent au sein des jeunes. En effet, le taux d’alphabétisation est
de 69, 7 % pour les jeunes garçons de 15 à 24 ans et de 62,8 % pour les jeunes filles du même groupe d’âge,
soit un écart de seulement 7 points de pourcentage.

En somme, cette section révèle des disparités en termes d'alphabétisation en faveur du milieu urbain, des
régions abritant les grands centres urbains que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et des personnes de
sexe masculin, quel que soit le groupe d’âge.

29
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
3.2.2 Alphabétisation dans les langues

Dans le cadre de l’EHCVM, les langues d’alphabétisation considérées sont le français, les langues nationales
et les autres langues. L’analyse selon ces langues révèle de fortes disparités.

En tant que langue officielle du Burkina Faso, le français est de loin la première langue d’alphabétisation, avec
un taux de 36,7 % en 2021 (tableau 3.1). En milieu urbain, quatre personnes sur sept (60,6 %) savent lire et
écrire en français contre une personne sur quatre en milieu rural (26,7 %).

Des disparités existent entre les régions. En effet, le taux d’alphabétisation en français varie entre 61,6 % pour
le Centre et 12,6 % pour le Sahel.

En dehors du français, les autres langues étrangères occupent la deuxième position avec un taux
d’alphabétisation estimé à 14,5 % en 2021. Ce taux est de deux fois plus élevé en milieu urbain (24,9 %),
qu’en milieu rural (10,2 %). C’est essentiellement dans les régions du Centre (23,7 %), de la Boucle du
Mouhoun (16,1 %) et des Hauts Bassins (21,0 %) que l’on rencontre relativement plus de personnes
alphabétisées dans d’autres langues étrangères.

L’alphabétisation dans les langues nationales reste faible, le taux d’alphabétisation des adultes dans ces
langues n’étant que de 6,2 % au plan national. Le constat est le même quel que soit le milieu de résidence.
En effet, ce taux est aussi bas en milieu rural (5,4 %) qu’en milieu urbain (8,3 %).

Selon la région, l’alphabétisation en langues nationales est élevée dans les régions de l’Est (11,7 %), du
Centre Nord (10,3 %), du Centre (9,3 %), des Cascades (7,8 %) et du Centre-Sud (6,5%). Cette situation
pourrait être mise en relation avec la présence et le dynamisme des ONG et associations intervenant dans le
domaine de l’alphabétisation dans ces régions. C’est le cas de la région de l’Est avec l’Association Tin Tua
qui met en œuvre des programmes d’alphabétisation en langues locales dans les villages depuis plus de 20
ans. Dans les autres régions, le taux d’alphabétisation en langues nationales est en dessous de la moyenne
nationale (6,2 %).

30
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 3- 1: Taux d'alphabétisation (%) en 2021
Taux d'alphabétisation par catégorie Taux d'alphabétisation par langue (15 ans
d'âge ou plus)

Adultes Jeunes Jeunes Français Langues Autres


toute de 15-24 de 15-34 nationales langues
langue ans ans étrangère
s

National 42,0 65,9 55,6 36,7 6,2 14,5

Selon le milieu de résidence

Urbain 64,2 82,6 75,5 60,6 8,3 24,9

Rural 32,7 58,1 46,4 26,7 5,4 10,2

Selon la région administrative de résidence

Boucle du Mouhoun 36,3 59,0 45,9 27,9 3,8 16,1

Cascades 36,8 57,6 49,4 34,0 7,8 14,3

Centre 65,2 84,0 74,9 61,6 9,3 23,7

Centre-Est 35,7 64,6 52,3 31,6 4,5 10,3

Centre-Nord 39,3 67,1 55,2 31,8 10,3 11,4

Centre-Ouest 39,7 70,3 57,3 36,7 4,4 11,0

Centre-Sud 40,9 75,2 59,4 33,5 6,5 12,8

Est 32,9 56,4 46,9 25,1 11,7 10,2

Hauts Bassins 49,5 68,5 60,8 44,2 2,9 21,0

Nord 38,4 69,6 57,5 33,6 3,6 11,6

Plateau-Central 30,9 63,8 51,0 26,5 4,0 9,1

Sahel 19,9 26,6 24,3 12,6 3,9 8,3

Sud-Ouest 29,9 53,4 43,8 28,0 3,9 6,2

Selon le sexe de l'individu

Hommes 51,4 69,7 62,1 43,2 7,9 19,6

Femmes 34,4 62,8 50,5 31,4 4,9 10,5

3.2.3 Scolarisation, fréquentation scolaire et alphabétisation

Cette section aborde la scolarisation et la fréquentation scolaire dans les cycles d’éducation
formelle (préscolaire, primaire, post-primaire, secondaire et supérieur) et non formelle. Les variables de
désagrégation mises en jeu dans l’analyse sont le milieu de résidence, la région administrative, le sexe et le
nombre de personnes dans le ménage.

3.2.4 Fréquentation scolaire de la population de 25 ans et plus

La proportion de la population de 25 ans et plus ayant fréquenté dans une structure formelle est de 24,8% en
2021 contre 23,6% en 2018. Pour les structures non formelles, la proportion est de 11,0%. Selon le milieu de
résidence, cette proportion pour les structures formelles est trois fois plus élevée en milieu urbain qu’en milieu
rural. En effet, 49,2% de la population urbaine de 25 ans ou plus a fréquenté dans une structure formelle alors

31
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
que cette proportion est de 15,0% en milieu rural. Par ailleurs, dans la région du Centre, un peu plus de la
moitié (51,1%) de leur population de 25 ans ou plus a fréquenté dans une structure formelle.

Selon le sexe, il y a deux fois plus d’hommes que de femmes de 25 ans ou plus ayant fréquenté dans les
structures formelles. Le taux de fréquentation est de 32,6% pour les hommes et de 18,5% pour les femmes.
Il est en légère hausse par rapport à 2018 où l’indicateur était de 30,7% pour les hommes et de 17,7 % pour
les femmes.

Plus la taille du ménage est grande, moins les individus de 25 ans ou plus ont fréquenté dans les structures
formelles. En effet, dans les ménages de taille variant entre une et quatre personnes, cette proportion est de
37,3 % alors qu’elle est moins de 20% dans les ménages de plus de 9 personnes.

Tableau 3- 2: Proportion (%) des individus des 25 ans ou plus ayant fréquenté dans les
structures formelles ou non formelles par milieu région, le sexe et groupe d’âge
Niveau de désagrégation Structure formelle (%) Structur
e non
formelle
(%)
National 24,8 11,0

Selon le milieu de résidence


Urbain 49,2 8,5
Rural 15,0 12,0
Selon la région administrative de résidence
Boucle du Mouhoun 17,5 14,3
Cascades 23,4 9,5
Centre 51,1 7,8
Centre-Est 20,0 8,3
Centre-Nord 16,9 17,5
Centre-Ouest 23,2 8,6
Centre-Sud 20,1 11,1
Est 11,6 11,6
Hauts Bassins 33,4 12,4
Nord 18,6 14,6
Plateau-Central 14,3 11,8
Sahel 7,8 7,6
Sud-Ouest 16,4 5,9
Selon le sexe de l'individu
Masculin 32,6 17,0
Féminin 18,5 6,3
Selon le nombre de personnes dans le ménage
1-4 personnes 37,3 8,0
5-6 personnes 29,9 11,3
7-8 personnes 21,6 11,8
9-11 personnes 18,1 12,4
12 personnes et plus 16,2 11,5

3.2.5 Niveau d’instruction atteint

L’analyse du niveau d’instruction est faite sur la population de 25 ans et plus, c’est-à-dire ceux qui sont
susceptibles de ne plus se trouver dans le système scolaire. En 2021, quatre personnes sur cinq n’ont aucun

32
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
niveau d'instruction (tableau 3.3). La proportion des personnes ayant le niveau d’instruction primaire est de
12,3%. Celles des niveaux secondaire et supérieur sont respectivement de 1,4% et 1,0%.

La proportion de la population qui n’a aucun niveau d’instruction est élevée aussi bien en milieu urbain qu’en
milieu rural. Toutefois, elle est plus élevée en milieu rural (84,6%) qu’en milieu urbain (61,3%). Cependant, la
proportion pour ceux de niveau supérieur est très faible quel que soit le milieu de résidence. En effet, elle est
seulement de 3,4% pour ceux du milieu urbain et de 0,2% pour ceux du milieu rural. Dans les régions de l’Est,
et du Sahel, 90% de la population n’a aucun niveau d’instruction et la région du Centre a la plus faible
proportion (59,1%).

Selon le sexe, la proportion de la population n’ayant aucun niveau d’instruction reste élevée aussi bien chez
les femmes (82,3%) que chez les hommes (75,4%).

Tableau 3- 3: Répartition (%) de la population de 25 ans et plus selon le niveau d'instruction


Aucun Primaire Post Secondaire Supérieur Total
niveau primaire
Burkina Faso 79,0 12,3 6,3 1,4 1,0 100
Selon le milieu de résidence
Urbain 61,3 17,4 13,7 4,3 3,4 100
Rural 84,6 10,7 4,0 0,5 0,2 100
Selon les régions administrative
Boucle du Mouhoun 84,1 10,6 4,6 0,4 0,2 100
Cascades 82,5 10,3 5,2 1,6 0,5 100
Centre 59,1 17,3 15,5 3,6 4,5 100
Centre-est 81,5 12,4 4,5 1,3 0,4 100
Centre-nord 82,1 11,7 5,1 1,0 0,2 100
Centre-ouest 77,6 14,7 5,4 1,4 0,9 100
Centre-sud 80,2 13,1 5,1 1,2 0,5 100
Est 88,7 7,6 3,0 0,6 0,2 100
Hauts-Bassins 73,7 15,0 7,8 2,4 1,1 100
Nord 78,3 14,5 6,1 1,1 0,2 100
Plateau-central 84,0 11,3 3,8 0,6 0,3 100
Sahel 92,8 5,4 1,4 0,3 0,1 100
Sud-ouest 83,0 10,0 5,6 1,1 0,4 100
Selon le sexe
Homme 75,4 15,2 6,2 1,8 1,4 100
Femme 82,3 9,7 6,4 1,1 0,6 100
Selon le sexe du chef de ménage
Homme 79,4 12,2 6,1 1,4 0,9 100
Femme 75,3 13,6 8,2 1,7 1,2 100

3.2.6 Taux brut de fréquentation scolaire

La fréquentation au préscolaire est faible dans l’ensemble du pays. En effet, le taux brut de fréquentation
scolaire (TBFS) au préscolaire est seulement de 3,7 %. Cet indicateur est plus élevé en milieu urbain (12,3
%) qu’en milieu rural (1,2 %).

Il existe des disparités régionales dans la fréquentation au préscolaire. Tandis que le taux dans ce cycle est
de 17,2 % dans la région du Centre, il est de moins de 5 % dans les douze autres régions. Ces disparités
s’observent également selon le sexe ou le niveau d’instruction du chef de ménage. Dans les ménages dont le
chef est une femme le taux est plus élevé (6,7 %) que dans les ménages dirigés par des hommes (3,4 %).
Par ailleurs, le taux brut de fréquentation du préscolaire le plus élevé est celui des ménages dont le chef a
atteint le supérieur (52,2 %).

33
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Dans tous les cycles d’enseignement, la fréquentation au primaire reste la plus élevée (tableau 3.4). Le taux
brut de fréquentation scolaire dans ce cycle d’enseignement atteint 82,7 %. La fréquentation dans ce cycle
reste surtout empreinte de disparités spatiales. En effet, le TBFS à ce niveau est de 103,3 % en milieu urbain
et de 76,9 % en milieu rural. Alors que les régions du Centre (106,4 %) et du Centre Ouest (100,4%) présentent
un TBFS au primaire supérieur à 100 %, cet indicateur reste en deçà de la moyenne nationale surtout dans
les régions du Centre-Nord (73 %), de l’Est (66,3 %) et du Sahel (17,1 %). Selon le sexe, la fréquentation chez
les filles est plus importante (85,6 %) que chez les garçons (80,1 %). Le niveau de fréquentation est également
élevé dans les ménages dirigés par des personnes instruites.

Avec un taux brut de fréquentation de 46,2%, la scolarisation au post-primaire est la plus importante après
celle du primaire (tableau 3.4). Les disparités spatiales observées au primaire semblent se répercuter au post-
primaire. En effet, les zones où les régions disposent d’une scolarisation importante au primaire sont celles
qui possèdent un niveau élevé de fréquentation au post-primaire. Comme au niveau du primaire, la
scolarisation au post-primaire est en faveur des filles.

La fréquentation au secondaire reste faible (tableau 3,4). Dans ce cycle, les disparités socio-économiques et
spatiales se creusent davantage en faveur des centres urbains et des ménages dirigés par des personnes
instruites. Contrairement aux deux cycles précédents, ce sont les hommes qui ont un niveau de fréquentation
élevé au secondaire (27,1%).

Au niveau supérieur, le Burkina Faso compte pour l’année scolaire 2020/2021, 5 738 étudiants pour 100 000
habitants. Selon le genre, il y a relativement deux fois plus d’étudiants que d’étudiantes. En effet, on compte
pour l’année scolaire 2020/2021, 8 340 étudiants pour 100 000 hommes et 3 888 étudiantes pour 100 000
femmes.

34
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 3- 4: Taux brut (%) de fréquentation scolaire (TBFS) et Nombre d'étudiants /100 000
habitants en 2021
Niveau de Préscolaire Primaire Post primaire Secondaire Nombre
désagrégation d'étudiants /100
000 habitants
National 3,7 82,7 46,2 24,2 5 738
Selon le milieu de résidence
Urbain 12,3 103,3 75,0 54,9 14 662
Rural 1,2 76,9 36,4 11,4 1 037
Selon la région administrative de résidence
Boucle du 0,6 79,0 45,2 16,1 994
Mouhoun
Cascades 2,0 77,2 35,3 24,4 980
Centre 17,2 106,4 78,3 49,4 15 533
Centre-Est 1,2 79,4 39,6 15,9 1 170
Centre-Nord 4,0 73,0 40,5 9,2 740
Centre-Ouest 1,6 100,4 45,8 28,1 8 650
Centre-Sud 1,6 97,8 59,6 16,9 2 755
Est 0,6 66,3 36,3 22,3 1 259
Hauts Bassins 3,0 90,9 57,4 32,4 10 239
Nord 1,7 99,4 34,0 18,4 1 550
Plateau-Central 2,3 90,7 41,6 15,8 2 944
Sahel 0,3 17,1 7,5 3,1 60
Sud-Ouest 3,5 75,1 36,7 14,7 961
Selon le sexe de l'individu
Hommes 4,0 80,1 43,2 27,1 8 340
Femmes 3,3 85,6 49,1 21,4 3 888
Selon le sexe du chef de ménage
Hommes 3,4 81,5 44,5 22,8
Femmes 6,7 93,1 58,0 33,6
Selon le niveau d'instruction du chef de ménage
Aucun niveau 1,8 77,4 41,0 15,9 2 207
Primaire 3,6 103,6 53,6 30,8 3 708
Post primaire 12,4 100,4 69,4 45,7 7 942
Secondaire 18,4 109,4 91,5 127,3 15 316
Supérieur 52,2 96,0 90,7 71,1 69 696

3.2.7 Taux net de fréquentation scolaire


Le taux net de fréquentation scolaire permet d’affiner l’analyse de la scolarisation par le fait qu’il prend en
compte les âges officiels des cycles d’enseignement au sein de la population scolarisée et de la population
globale concernée. Ce taux rend plus compte de la réalité de la scolarisation dans les différents cycles
d’enseignement. Comme on peut le constater au tableau 3.5, les taux nets sont inférieurs aux taux bruts de
fréquentation dans tous les niveaux d’enseignement. Au préscolaire, le taux net de fréquentation scolaire
(TNFS) est très faible (2,4 %) en 2021. Les disparités spatiales et sociales de la fréquentation au préscolaire,
sont également présentes lorsque que le taux net est utilisé comme indicateur d’analyse.
Au primaire le TNFS est de 54,0 % indiquant ainsi que l’accès à l’enseignement à ce niveau reste toujours
préoccupant. Si ce niveau d’accès est élevé en milieu urbain (71,6 %), il est en deçà de la moyenne nationale
en milieu rural. Le taux est plus élevé dans la région du Centre (75,5 %) et plus faible dans le Sahel (11,1
%). Il est le même chez les hommes (54,4 %) que chez les femmes (53,6 %). Aussi, le TNFS est plus élevé
dans les ménages dirigés par des chefs de ménage avec un niveau d’instruction plus élevé.
Au post-primaire comme au secondaire, les taux nets de fréquentation révèlent un faible accès à ces niveaux
d’enseignement. La situation reste critique au secondaire où moins de 5% des jeunes en âge de fréquenter
une école formelle de ce cycle y fréquente effectivement. Les disparités révélées dans la section précédente
sur les taux bruts s’observent également avec les taux nets.

35
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 3- 5: Taux net (%) de fréquentation scolaire (TNFS) selon certaines caractéristiques
sociodémographiques des individus et du chef de ménage en 2021
Préscolaire Primaire Post- Secondaire
primaire
National 2,4 54,0 19,0 4,4
Selon le milieu de résidence
Urbain 8,5 71,6 34,7 10,2
Rural 0,7 49,1 13,6 2,0
Selon la région administrative de résidence
Boucle du Mouhoun 0,5 52,2 17,2 2,0
Cascades 1,7 45,0 12,3 2,6
Centre 10,4 75,5 38,7 10,2
Centre-Est 1,2 53,8 20,1 4,6
Centre-Nord 2,0 47,0 11,1 0,7
Centre-Ouest 0,9 62,5 17,3 6,9
Centre-Sud 1,5 62,5 23,5 1,9
Est 0,0 42,9 14,8 2,9
Hauts Bassins 3,0 60,3 22,3 4,5
Nord 1,5 61,7 13,2 4,0
Plateau-Central 1,6 54,1 13,5 3,1
Sahel 0,3 11,1 2,2 0,7
Sud-Ouest 2,6 50,6 16,3 2,2
Selon le sexe de l'individu
Hommes 2,6 54,4 18,8 5,4
Femmes 2,2 53,6 19,2 3,4
Selon le sexe du chef de ménage
Hommes 2,1 53,4 18,4 4,4
Femmes 5,5 59,2 22,8 4,5
Selon le niveau d'instruction du chef de ménage
Aucun niveau 1,2 49,5 15,5 2,4
Primaire 2,5 67,8 25,2 7,1
Post primaire 8,7 71,7 28,9 13,3
Secondaire 15,6 82,5 51,1 12,6
Supérieur 30,3 80,0 53,9 18,4

3.2.8 Taux d’achèvement


Le taux d’achèvement est un indicateur d’efficacité du système éducatif. La qualité de l’enseignement dans
les différents cycles est critique (tableau 3.6). En effet dans tous les cycles moins de la moitié des jeunes
ont atteint le niveau terminal. Le taux d’achèvement est de 45,7 % au primaire, 15,3 % au post-primaire et
encore plus bas au secondaire (7,0 %). L’achèvement est plus important en milieu urbain qu’en milieu rural
quel que soit le niveau d’enseignement considéré. De même, il est plus élevé dans la région du Centre et
est plus faible dans le Sahel dans tous les cycles. Il est aussi plus élevé chez les garçons que chez les filles
à partir du post-primaire.

36
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 3- 6: Taux d’achèvement (%) dans les cycles d’enseignement en 2021
Primaire Post- Secondaire
Primaire
National 45,7 15,3 7,0
Selon le milieu de résidence
Urbain 64,4 29,6 17,8
Rural 38,5 8,4 1,3
Selon la région administrative de résidence
Boucle du Mouhoun 40,4 7,4 0,7
Cascades 38,4 7,2 4,2
Centre 66,4 28,4 20,1
Centre-Est 47,0 13,6 2,1
Centre-Nord 31,7 10,5 0,6
Centre-Ouest 48,1 20,9 8,3
Centre-Sud 56,5 14,2 6,0
Est 38,2 15,9 2,8
Hauts Bassins 53,6 20,0 9,8
Nord 43,4 8,6 2,2
Plateau-Central 51,0 9,5 2,4
Sahel 7,5 1,4 0,4
Sud-Ouest 35,9 12,6 0,2
Selon le sexe de l'individu
Masculin 43,7 18,6 9,9
Féminin 47,7 12,7 5,0
Selon le sexe du chef de ménage
Masculin 44,4 13,7 6,4
Féminin 55,0 26,8 12,0
Selon le niveau d'instruction du chef de ménage
Aucun 41,3 11,7 3,7
Primaire 56,5 18,1 8,1
Post primaire 65,1 28,1 11,3
Secondaire 72,0 42,5 26,2
Supérieur 64,6 31,1 40,6
Selon le nombre de personnes dans le ménage
1-4 personnes 53,4 16,1 6,6
5-6 personnes 50,7 19,2 11,4
7-8 personnes 52,8 16,6 9,8
9-11 personnes 41,7 13,7 3,0
12 personnes et plus 36,7 12,1 4,7

3.2.9 Raisons de la non fréquentation scolaire


Plusieurs raisons sont avancées pour justifier la non-fréquentation de certains élèves au cours de l’année
scolaire 2020/2021. La principale raison est « l’échec ou l’abandon de la scolarité » (35,3 %). Elle est suivie
par la « préférence pour un emploi » (18,6 %) et le « manque de moyens financiers » (15,1 %).

37
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 3- 2: Raisons de non fréquentation au sein de la population (%)

Abandon, échec scolaire 35,3


Préférence pour un emploi 18,6
Manque de moyens financiers 15,1
Trop jeune/trop âgé 5,1
Veut se marier 3,8
Refus de la famille 3,1
Etudes achevées 2,6
Etudes peu utiles 2,5
Travaux champêtres/pastoralisme 2,3
Violence ecole fermée 2,1
Etudes non adaptées 1,6
Grossesse 1,6
Malade/infirme 1,6
Travaux domestiques 1,4
Pas d'école, école trop éloignée 1,1
Autre (à préciser) 1,1
Problème d'extrait de naissance 0,4
Frais de scolarité élevés 0,3
Orpaillage 0,2
C'est une fille 0,1
- 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,0 40,0

3.2.10 Statut d’école fréquentée


L‘enseignement est essentiellement assuré par l’Etat à travers les établissements d’enseignement publics.
En effet, 73,5 % des scolaires en 2020/2021 ont fréquenté dans des établissements d’enseignement publics
(tableau 3.7). Toutefois, une proportion importante de scolaires (15,3 %) a eu recours aux services des
établissements privés non religieux. La proportion des scolaires ayant fréquenté un établissement
d’enseignement public est la plus élevée quel que soit le milieu de résidence. Elle est plus élevée en milieu
rural (85,8 %) qu’en milieu urbain (62,3 %). Le milieu urbain enregistre la plus forte proportion d’élèves
fréquentant des établissements privés non religieux (23,0 %), comparé au milieu rural (6,9 %).

Tableau 3- 7: Répartition (%) des élèves selon le type d'école fréquentée


Public Privé Privé non Privé La Communauté Autre Total
religieux religieux international
Burkina Faso 73,5 10,8 15,3 0,2 0,2 0,0 100

Selon le milieu de résidence


Urbain 62,3 14,3 23,0 0,3 0,2 0,0 100
Rural 85,8 6,9 6,9 0,1 0,3 0,0 100
Selon les régions administrative
Boucle du Mouhoun 81,0 10,8 8,0 0,1 - - 100
Cascades 82,0 10,7 7,0 0,1 0,2 - 100
Centre 41,9 15,1 42,2 0,6 0,2 - 100
Centre-est 81,7 10,8 7,3 - 0,1 - 100
Centre-nord 74,5 11,2 13,2 0,8 0,1 0,3 100
Centre-ouest 74,1 10,2 15,4 - 0,3 - 100
Centre-sud 80,3 7,9 11,5 0,1 0,1 - 100
Est 76,3 9,0 14,6 - - - 100
Hauts-Bassins 61,4 12,4 25,8 0,2 0,1 - 100
Nord 82,4 10,5 6,3 - 0,7 0,1 100
Plateau-central 84,2 6,3 9,2 0,1 0,1 - 100
Sahel 83,1 11,3 5,7 - - - 100
Sud-ouest 83,3 9,8 6,0 - 0,9 - 100

38
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Public Privé Privé non Privé La Communauté Autre Total
religieux religieux international
Selon le sexe
Homme 73,6 10,6 15,3 0,2 0,3 - 100
Femme 73,4 11,0 15,3 0,2 0,2 0,1 100
Selon le niveau d'instruction du chef de ménage

Aucun 79,7 9,0 10,9 0,1 0,3 0,0 100


Primaire 68,4 11,7 19,9 - - - 100
Post-primaire 62,6 12,4 24,5 0,1 0,4 - 100
Secondaire 55,8 15,9 27,3 0,6 0,4 - 100
Supérieur 48,7 22,2 28,1 1,1 - - 100

3.2.11 Niveau de satisfaction des apprenants


Les scolaires sont en grande majorité satisfaits de l'enseignement reçu à l'école aussi bien en milieu urbain
qu’en milieu rural. En effet, le degré de satisfaction (très satisfait et satisfait) exprimé par ces derniers
dépasse 85% quel que soit le milieu de résidence. Toutefois, 11,8% des scolaires ont déclaré être peu
satisfait ou pas du tout satisfait.

Graphique 3- 3: Satisfaction de l'enseignement reçu à l'école selon le milieu de résidence


80,0 Très satisfait Satisfait Peu satisfait Pas du tout satisfait

70,3 71,7 71,0


70,0

60,0

50,0

40,0

30,0

20,0 16,5 18,1 17,3

9,8 8,6
10,0 7,3
3,4 2,9 3,2
-
Urbain Rural BFA

3.2.12 Age moyen d’entrée à l’école


Depuis 2008, l’âge officiel d’entrée à l’école a été ramené à 6 ans contre 7 ans auparavant. Les âges moyen
et médian d’entrée à l’école n’ont pas évolué entre 2018 et 2021. En 2021, la moyenne d’âges d’entrée à
l’école des scolaires et des personnes ayant fréquenté l’école et qui n’y sont plus au moment de l’enquête
est de 6,6 ans. La médiane est de 7 ans. On avait presque les mêmes statistiques en 2018.
L’écart est relativement faible entre le milieu urbain et le milieu rural. L’âge moyen d’entrée à l’école en milieu
urbain est de 6,4 ans contre 6,8 ans en milieu rural.
Dans la région du Centre, les enfants vont à l’école plus jeunes (6,3 ans en moyenne) relativement aux
autres régions. L’âge moyen d’entrée à l’école est plus élevé dans la région du Sahel (7 ans).
Les filles et les garçons entrent à l’école pratiquement aux mêmes âges. En effet, les garçons entrent en
moyenne à l’école à 6,7 ans et les filles à 6,6 ans.

39
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
L’âge moyen d’entrée à l’école des enfants varie selon le niveau d’instruction du chef de ménage. Les chefs
de ménage ayant un niveau d’instruction élevé ont tendance à scolariser leurs enfants plus jeunes. En effet,
l’âge moyen est de 6,2 ans dans les ménages dont le chef a le niveau supérieur, alors qu’il est de 6,7 ans
dans les ménages dont le chef n’a aucun niveau d’instruction ou a le niveau primaire.

3.2.13 Problèmes rencontrés pendant la scolarité


Au cours de leur cursus scolaire, les élèves rencontrent des problèmes multiples et variés. Ainsi, les
problèmes majeurs sont la distanciation non respectée entre les élèves dans les salles de classe (40,4%
des élèves), les effectifs pléthoriques (39,4% des élèves), le port non obligatoire de masque dû à l’expansion
de la COVID 19 (36,0% des élèves), l’insuffisance de livres ou de fournitures (28,5% des élèves), l’absence
d’un dispositif de lavage des mains du fait de la COVID 19 (26,6% des élèves) et l’insuffisance de tables
bancs et d’équipements (15,0% des élèves).

Graphique 3- 4: Proportion des élèves par type de problème rencontrées au cours de la


scolarité
45,0 40,4
39,4
40,0 36,0
35,0
28,5
30,0 26,6
25,0
20,0 15,0
15,0
8,3 9,9
10,0 5,6 5,7
4,5
5,0 2,9
-
lavage de main avec de…
Cotisations excessives

Manque de toilettes

enseignants/grève

Port non-obligatoire de
Absence de dispositif de
Insuffisance d'enseignants
Enseignement pas satisfaisant

Effectifs pléthoriques
Insuffisance de tables bancs et
Absentéisme des

Salle de classe en mauvais

Distanciation non-respectée
livres/fournitures
Insuffisance de

dans les salles de classe


masques
d'équipements
état

3.2.14 Fréquentation dans les structures non formelles


Les indicateurs de l’éducation non formelle traités dans cette sous-section concernent uniquement la
population de 6 à 24 ans.
L’école coranique est prépondérante dans tous les sous-groupes des individus concernés. En effet, à
l’échelle nationale, sur 100 individus ayant fréquenté une structure non formelle, 72 l’ont fait dans une école
coranique.
Bien que le taux de fréquentation scolaire reste faible, il y a peu d’enfants qui suivent une éducation non
formelle. En effet, la proportion des individus de 6 à 24 ans ayant suivi une éducation non formelle est de
4,6 %.

40
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 3- 8: Répartition (%) des personnes ayant fréquenté dans une structure non formelle
selon quelques caractéristiques
Ecole coranique Formation Cours Autre Personnes de 6-24
professionnel d'alphabéti ans ayant suivi une
le sation école non formelle
Burkina Faso 71,7 1,7 20,6 6,0 4,6
Selon le milieu de résidence
Urbain 73,9 5,7 14,6 5,8 2,5
Rural 71,2 0,8 22,0 6,0 5,4
Selon les régions administrative
Boucle du Mouhoun 87,5 0,0 9,1 3,4 9,5
Cascades 66,2 3,7 20,0 10,1 3,3
Centre 68,7 7,7 16,4 7,1 2,2
Centre-est 75,7 1,1 13,1 10,1 4,7
Centre-nord 70,4 0,2 29,2 0,2 8,5
Centre-ouest 69,9 1,7 21,6 6,8 4,0
Centre-sud 64,6 0,9 16,6 17,9 3,5
Est 38,2 0,3 45,1 16,4 3,7
Hauts-Bassins 80,5 1,5 14,8 3,2 4,2
Nord 74,9 1,3 20,9 2,9 3,4
Plateau-central 69,8 - 22,3 8,0 3,6
Sahel 88,8 0,9 10,1 0,3 7,5
Sud-ouest 32,9 11,8 41,5 13,8 1,2
Selon le sexe
Homme 77,9 1,2 16,6 4,3 5,2
Femme 60,7 2,7 27,7 8,9 4,1
Selon le niveau d'instruction du chef de ménage
Aucun 73,3 1,2 19,5 6,1 5,4
Primaire 56,9 2,5 34,8 2,3
5,9
Post-primaire 60,2 5,4 33,2 1,3 1,2
Secondaire 20,4 32,9 45,3 1,3 2,2
Supérieur 23,4 70,1 6,5 - 1,5

3.3 Dépenses d’éducation

3.3.1 Volume des dépenses d’éducation


Au cours de l’année scolaire 2020/2021, les ménages burkinabè ont dépensé 189 milliards de FCFA pour
l’éducation de leurs enfants soit en moyenne 37 642 F CFA par élève. Cette somme est en baisse de 34
milliards de FCFA par rapport l’année scolaire 2017/2018. Ces dépenses d’éducation se décomposent en
frais de scolarité (123 milliards de FCFA), en fournitures scolaires (58 milliards de Francs CFA) et en d’autres
frais (7,7 milliards de FCFA).
La répartition du volume des dépenses, par cycle d’enseignement se présente comme suit :
Primaire et préscolaire : 66,0 milliards de francs CFA ;
Post-primaire : 68,2 milliards de francs CFA ;
Secondaire : 30,6 milliards de francs CFA ;
Supérieur : 24,3 milliards de francs CFA.

41
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Ainsi, 36,1% des dépenses d’éducation sont consacrées au post-primaire, 34,9% au primaire, 16,2% au
secondaire et 12,9% au supérieur.
La dépense moyenne par élève selon le cycle d’enseignement est de 18 712 FCFA pour le primaire, 63 172
FCFA pour le post-primaire, 100 056 FCFA pour le secondaire et 219 600 FCFA pour le supérieur.
La ventilation de la dépense totale d’éducation des ménages par milieu de résidence montre que les
ménages urbains ont dépensé 128 milliards de FCFA (67,7%) et les ménages ruraux 61 milliards de FCFA
(32,3%). Le milieu urbain qui n’abrite que le quart de la population du pays dispose cependant des deux tiers
de la dépense totale d’éducation effectuée par les ménages.
La dépense moyenne par élève est de 73 065 FCFA en milieu urbain, soit quatre fois celle du milieu rural
(18 650 francs CFA).
Les ménages de la région du Centre ont effectué 48,9% de la dépense totale d’éducation. Ils sont suivis de
ceux des régions des Hauts-Bassins (14,7%) et du Centre-Ouest (5,8%). Les ménages des régions du Sahel
(0,5%), du Sud-ouest (1,7%), du Centre-sud (2,3%) et des Cascades (2,4%), sont ceux qui ont moins
dépensé en termes de volume.
En termes de dépense par élève, la région du Centre vient en tête avec une moyenne de 89 570 francs CFA
par élève. Elle est suivie des Hauts-Bassins (46 990 Francs CFA) et des Cascades (27 730 francs CFA). La
dépense par élève est relativement faible dans les régions du Nord (15 930 Francs CFA), du Sud-Ouest (16
415 francs CFA) et de la Boucle du Mouhoun (16 600 Francs CFA).
Sur les 189 milliards de francs CFA dépensés pour l’année scolaire 2020/2021 par les ménages pour la
scolarisation de leurs enfants, 88 milliards (46,6%) sont destinés à l’éducation des filles et 101 milliards
(53,4%) à celle des garçons. La dépense moyenne en éducation est de 35 500 francs CFA pour les filles et
de 39 750 francs CFA pour les garçons.

Tableau 3- 9: Les dépenses d’éducation des ménages et sa part dans les dépenses totales des
ménages
Niveau de désagrégation Dépense totale Dépense Structure de la
moyenne dépense (%)

National 189 000 000 000 37 642 100,0

Selon le milieu de résidence

Urbain 128 000 000 000 73 065 67,7

Rural 61 000 000 000 18 647 32,3

Selon la région administrative de résidence

Boucle du Mouhoun 7 040 000 000 16 596 3,7

Cascades 4 580 000 000 27 727 2,4

Centre 92 400 000 000 89 568 48,9

Centre-Est 7 640 000 000 21 684 4,0

Centre-Nord 7 780 000 000 19 613 4,1

Centre-Ouest 11 000 000 000 23 424 5,8

Centre-Sud 4 440 000 000 20 198 2,3

Est 9 850 000 000 23 524 5,2

42
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 3. 1 : Les dépenses d’éducation des ménages et sa part dans les dépenses totales des
ménages (suite)
Niveau de désagrégation Dépense totale Dépense Structure de la
moyenne dépense (%)

Hauts Bassins 27 800 000 000 46 989 14,7

Nord 7 360 000 000 15 931 3,9

Plateau-Central 5 030 000 000 20 629 2,7

Sahel 996 000 000 18 876 0,5

Sud-Ouest 3 190 000 000 16 416 1,7

Selon le sexe de l'individu

Garçons 101 000 000 000 39 742 53,4

Filles 88 000 000 000 35 487 46,6

Selon le cycle d'étude

Primaire 66 000 000 000 18 712 34,9

Postprimaire 68 200 000 000 63 172 36,1

Secondaire 30 600 000 000 100 056 16,2

Supérieur 24 300 000 000 219 598 12,9

3.3.2 Structure des dépenses d’éducation


Les dépenses d’éducation des ménages se décomposent en frais de scolarité, frais de fournitures et autres
frais. De ces trois rubriques, les frais de scolarité représentent la majorité des dépenses, soit 65,1%.

Tableau 3- 10: Structure des dépenses d’éducation


Structure
de la
Niveau de désagrégation Dépense totale
dépense
(%)
Frais de scolarité 123 000 000 000
65,1
Frais de fourniture 58 000 000 000
30,7
Autres frais (tenue, transport,
7 700 000 000
etc.) 4,1

Conclusion
Le Burkina Faso a réalisé des progrès significatifs en matière d’éducation de la population au cours des dix
dernières années. La fréquentation scolaire s’est améliorée à tous les niveaux du système éducatif au regard
du niveau des indicateurs présentés dans le présent rapport. Ainsi, en 2021, la fréquentation au préscolaire
demeure faible pour l’ensemble du pays avec seulement un taux brut de fréquentation (TBFS) au préscolaire
égale à 3,7 % et un taux net de fréquentation scolaire (TNFS) estimé à 2,4%. Le TBFS et le TNFS les plus
élevés sont ceux du primaire et du post-primaire (82,7% et 54,0% respectivement). L’alphabétisation a connu
un réel progrès au cours des dix dernières années. Ainsi, la proportion des adultes sachant lire et écrire dans
une langue quelconque est estimé en 2021 à 42 %, soit une hausse moyenne annuelle de 1,2 points de

43
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
pourcentage sur la période de 2003 à 2021. Le taux d’alphabétisation des adultes est plus de deux fois
plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural. Les femmes sont en retard par rapport aux hommes. Elles
présentent un taux d’alphabétisation inférieur de 20 points de pourcentage à celui des hommes.
S’agissant du niveau d’instruction atteinte pour la population de 25 ans et plus, sensée ne plus se trouver
dans le système scolaire, quatre personnes sur cinq n’ont aucun niveau d'instruction. La proportion des
personnes ayant le niveau primaire est de 12,3%. Celles des niveaux secondaire et supérieur sont
respectivement de 1,4% et 1%.
Les dépenses totales d’éducation des enfants au cours de l’année scolaire 2020/2021, est évaluées à 189
milliards de Francs et en baisse de 34 milliards de F CFA par rapport l’année scolaire 2017/2018. La dépense
moyenne par élevée est de 37 640 FCFA.

44
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 4 : EMPLOI ET CHOMAGE

Points clés
Population en âge de travailler : en 2021, plus de la moitié (53,1%) de la population est en âge de
travailler (population âgée de 15 ans ou plus). Sa proportion est plus élevée en milieu urbain (59,6%)
qu’en milieu rural (50,9%).
Population hors de la main d’œuvre : 47% des personnes en âge de travailler ne sont ni dans
l’emploi, ni dans le chômage (au sens du BIT). Cette proportion est plus élevée chez les hommes
(50%) que chez les femmes (44%).
Main d'œuvre : en 2021, 54,4% de la population en âge de travailler (15 ans ou plus) est en situation
d’emploi (au sens du BIT) ou en situation de chômage.
Salarisation : le salaire mensuel moyen est de 72 034 Francs CFA au Burkina Faso et est deux fois
plus élevé en milieu urbain qu’en milieu rural. Une part importante des travailleurs (44,4%) dispose
d’une rémunération inférieure au SMIG.
Chômage au sens du BIT : le taux chômage est de 1,4% pour la population de 15 ans ou plus. Les
personnes du milieu urbain sont les plus concernées par le chômage au sens du BIT.
Chômage au sens large : il se différencie de celui du BIT par la prise en compte de la main d’œuvre
potentielle (les chômeurs découragés et les chômeurs non disponibles dans la période de référence).
Il touche 3,9% des personnes de 15 ans ou plus en 2021.
Sous-emploi : 22,0% des actifs sont sous-employés de manière visible en 2021 tandis que 10,1%
ont un salaire inférieur au SMIG
Durée moyenne du chômage : elle est de 14 mois pour les personnes en quête d’emploi. Elle est
plus longue en ville (15 mois) qu’en zone rurale (12 mois).
Emploi : le taux d’emploi est de 53,0% en 2021. Ce taux d’occupation est plus élevé en milieu urbain
(55,8%) qu’en milieu rural (51,9%).
Emploi vulnérable : En 2021, la proportion des travailleurs qui exercent dans des emplois vulnérables
parmi les actifs occupés, est de 74,4% avec une proportion plus élevée en milieu rural (80,5%) qu’en
milieu urbain (50,6%)
Salarisation : le taux de bas salaire est de 44,4% au niveau national en 2021

L’emploi constitue un pilier important du développement. L’EHCVM-2 a permis de mesurer et d’analyser


ce phénomène à partir des activités économiques réalisées par la population au cours des sept (07)
derniers jours. Ce chapitre fournit des informations sur l’emploi et le chômage conformément à la
résolution adoptée en octobre 2018 par la 19ème Conférence internationale des statisticiens du travail
(CIST), aux pratiques nationales et sous régionales d’AFRISTAT. Les indicateurs analysés dans ce
chapitre sont calculés sur la population de 15 ans ou plus pour s’aligner sur ces normes, même si la
législation nationale fixe l’âge minimum au travail à seize (16) ans.

4.1 Définitions des concepts


Population en âge de travailler : il s’agit de la population âgée de 15 ans ou plus.
Emploi : est considérée en situation d’emploi (ou actif occupé) une personne en âge de travailler qui, au
cours d’une semaine de référence ou des sept (07) derniers jours s’est engagée ne serait–ce qu’une
heure dans une activité visant à produire des biens ou des services en échange d’une rémunération ou
d’un profit.
Chômage au sens du BIT : est considérée en situation de chômage (ou actif inoccupé) au sens du BIT,
une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :
✓ Être sans emploi, c'est-à-dire ne pas avoir travaillé au moins une heure durant une semaine de
référence pour produire des biens ou des services en échange d’une rémunération ou d’un profit ;
✓ Avoir cherché activement un emploi au cours des trente derniers jours ;
✓ Être disponible pour prendre un emploi dans les quinze (15) prochains jours.
Main d’œuvre : elle est constituée de l’ensemble des personnes en âge de travailler (15 ans ou plus)
qui sont en situation d’emploi (au sens du BIT) ou en situation de chômage. Anciennement, la main-

45
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
d'œuvre était appelée population active.
Personnes hors de la main d’œuvre (au sens du BIT) : il s’agit des personnes en âge de travailler
qui ne sont ni dans l’emploi ni dans le chômage (au sens du BIT). Anciennement, ils étaient qualifiés de
population inactive.
Taux d’activité : c’est le rapport (en pourcentage) entre l’ensemble de la main-d’œuvre et la population
en âge de travailler.
Taux d’emploi : c’est le rapport (en pourcentage) entre la main-d’œuvre occupée et la population en
âge de travailler.
Taux de chômage au sens du BIT : c’est le rapport (en pourcentage) de la population en situation de
chômage au sens du BIT et de la main d’œuvre.
Main d’œuvre potentielle : elle est constituée des personnes en âge de travailler qui ne sont ni dans
l’emploi ni dans le chômage et qui sont soit :
✓ Des demandeurs d’emplois non disponibles : c’est-à-dire des personnes ayant
recherché activement de l’emploi au cours des 30 derniers jours mais qui ne sont pas disponibles pour
travailler dans les 15 jours ;
✓ Des demandeurs potentiels disponibles : c’est-à-dire des personnes n’ayant pas
recherché activement de l’emploi au cours des 30 derniers jours mais qui sont disponibles pour travailler
dans les 15 jours ; c’est par exemple un chômeur découragé qui ne fait plus de démarches mais qui est
prêt à travailler tout de suite si on lui proposait un emploi.
Main d’œuvre élargie : elle est la somme de la main d’œuvre et de la main d’œuvre potentielle.
Taux de sous-emploi lié à la durée du travail ou sous-emploi visible : le sous-emploi lié à la durée
du travail caractérise une personne en emploi qui remplit les trois critères suivants : i) travaille
involontairement moins que le nombre d’heures légal de travail par semaine (40h) ii) disponible pour
travailler plus et/ou iii) à la recherche d'un travail supplémentaire. Le taux de sous-emploi visible
s’obtient en rapportant le sous- emploi visible à la main d’œuvre active occupée.
Taux de sous-emploi invisible : Le sous-emploi invisible est la situation de l’actif occupé dont le revenu
horaire issu de l’emploi principal au cours du mois de référence est inférieur à la norme fixée par la
réglementation en vigueur. La valeur de cette norme est égale au rapport du SMIG (30 684 FCFA) au
nombre d’heures de travail par mois calculé sur la base de 40 heures de travail par semaine (177,02
FCFA/heure). Le niveau du revenu issu de l’emploi et le nombre d’heures consacrées à l’emploi principal
sont les éléments qui déterminent la situation de sous-emploi invisible. Le taux de sous-emploi invisible
s’obtient en rapportant le nombre d’actifs occupés dont le revenu horaire issu de l’emploi principal au
cours du mois de référence est inférieur au SMIG horaire (177,02 FCFA) à la main d’œuvre active
occupée.
Taux d’emploi vulnérable : l’emploi vulnérable caractérise les emplois des travailleurs indépendants
et des travailleurs familiaux collaborant à l’entreprise familiale. Le taux d’emploi vulnérable est égal à la
part des travailleurs pour leur propre compte et des travailleurs familiaux non rémunérés dans le total
des emplois.
Taux de pluriactivité : c'est le rapport du nombre de personnes exerçant une ou plusieurs activités
secondaires, à la population active occupée.
Taux de salarisation : c'est le rapport du nombre d'actifs salariés, à la population active occupée.
Autrement dit, il désigne le nombre d’emplois salariés sur le nombre total d’emplois.

4.2 Emploi du temps des personnes âgées de 15 ans ou plus


Dans les travaux domestiques, le temps moyen consacré aux courses pour le marché au cours de la
semaine est de 3,0 heures. Au niveau national, les femmes passent le même temps dans les courses
au marché (3,0 heures) que les hommes (3,0 heures).
Cependant, des disparités existent selon la région, le milieu de résidence et le sexe. Les femmes
consacrent plus de temps que les hommes pour cette activité en milieu urbain (3,5 heures en moyenne
contre 2,9 heures).

46
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Les femmes allouent 8,6 heures par semaine pour faire la cuisine et la vaisselle. Ce temps est de 4,6
heures pour les hommes.. Les femmes du milieu rural consacrent plus de temps à la cuisine et la
vaisselle (8,6 heures) que celles résidant en milieu urbain (4,3 heures).
Le temps consacré à la lessive pour son propre ménage sans rémunération ne diffère pas selon le sexe
ou le milieu de résidence. Ce temps est de 3,3 heures en milieu urbain et de 3,4 heures en milieu rural.
Le temps alloué par semaine aux travaux domestiques de la maison est en moyenne plus chez les
femmes (4,7 heures) que chez les hommes (3,6 heures), Il ne varie pas selon le milieu de résidence.
Les femmes (7,7 heures) allouent plus de temps à la garde des enfants ou des personnes âgées
que les hommes (4,0 heures). Selon le milieu de résidence, les femmes et les hommes consacrent
presque le même temps à la garde des enfants ou des personnes âgées.
La recherche de l’eau est essentiellement une activité menée par les femmes qui y allouent 4,5 heures
de temps par semaine contre 3,0 heures pour les hommes. Selon le milieu de résidence, les femmes du
milieu rural consacrent presque le même temps à la recherche de l’eau (4,6 heures en milieu urbain et
4,3 heures en milieu rural).
Les femmes allouent plus de temps (3,3 heures) à la recherche de bois que les hommes (3,0 heures).
En moyenne, dans les travaux domestiques le temps consacré pour aider les enfants à réviser leurs
leçons sans rémunération au cours des 7 derniers jours précédant l’enquête est de 4,6 heures. Au
niveau national, les femmes passent pratiquement le même temps à aider les enfants à réviser
leurs leçons sans rémunération (4,7 heures) que les hommes (4,6 heures).
Cependant, des disparités existent selon la région et le milieu de résidence.
C’est dans les régions des Hauts-Bassins (8,8 heures) , du Centre-Est (5,9 heures), du Centre (5,2
heures) et du Sud-Ouest (4,6 heures) que l’on consacre le plus de temps hebdomadaire à aider les
enfants à réviser leurs leçons sans rémunération.

Tableau 4- 1: Temps moyen consacré aux différentes activités au cours des 7 derniers
jours selon les caractéristiques socio- démographique
Autres Aller Aller
Courses Cuisine Faire la travaux Garde des chercher Aider les
cherc
pour le et la lessive domesti enfants ou du bois enfants à
her de
marché vaisselle ques des l’eau réviser leurs
l’eau
personnes leçons
du
âgées
ménage

Ensemble 3,0 8,4 3,4 7,1 4,3 3,3 4,6


4,5

Milieu de résidence

Urbain 3,3 8,4 3,3 7,4 4,0 2,7 5,7


4,4

Rural 2,9 8,4 3,4 7,0 4,3 3,3 3,6


4,5

Régions des résidence

Boucle du 2,2 7,9 2,6 3,1 6,0 2,9 2,7 3,1


Mouhoun

Cascades 3,8 8,9 3,0 4,7 7,1 5,1 3,1 4,4

Centre 3,2 7,8 3,4 4,7 7,3 3,9 3,3 5,2

Centre-Est 3,7 7,5 3,0 3,6 7,3 4,0 3,2 3,6

Centre-Nord 2,7 6,7 3,6 3,1 6,6 4,2 3,5 3,0

Centre-Ouest 2,5 11,5 3,5 6,2 8,6 4,1 3,3 3,8

Centre-Sud 2,6 7,4 2,4 3,6 6,1 3,5 2,2 3,7

Est 2,9 8,3 4,5 4,7 6,8 4,7 3,5 3,5

Hauts Bassins 3,4 9,2 3,3 3,6 7,3 4,8 3,5 8,8

Nord 2,8 9,3 3,4 4,7 7,2 3,9 3,2 4,0

47
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Autres Aller Aller
Courses Cuisine Faire la travaux Garde des chercher Aider les
cherc
pour le et la lessive domesti enfants ou du bois enfants à
her de
marché vaisselle ques des l’eau réviser leurs
l’eau
personnes leçons
du
âgées
ménage

Plateau-Central 3,0 7,9 3,3 5,5 7,3 4,3 3,8 4,6

Sahel 3,6 9,0 3,6 5,2 6,7 5,8 3,3 5,9

Sud-Ouest 3,6 8,0 3,2 6,4 8,0 4,9 2,7 3,6

Sexe du CM

Masculin 3,0 4,2 2,2 3,6 4,0 3,0 3,0 4,6

Féminin 3,0 8,6 3,6 4,7 7,7 4,5 3,3 4,7

Niveau de vie

Très faible 2,6 8,6 3,0 4,0 6,9 4,3 3,0 4,7

Faible 2,8 8,5 3,2 4,5 7,3 4,3 3,3 3,2

Moyen 2,8 8,2 3,3 4,5 7,2 4,3 3,2 4,1

Elevé 3,0 8,6 3,5 4,6 7,1 4,3 3,5 4,6

Très élevé 3,6 8,4 3,4 4,5 7,1 4,3 3,3 4,6

4.3 Population en âge de travailler


Au Burkina Faso, la proportion de la population en âge de travailler (15 ans ou plus) est estimée à 53,1%
soit un peu plus de la moitié de la population. Cette proportion est plus importante s en milieu urbain
(59,2%) et au sein de la population féminine (56,2%).
59,2% de la population urbaine a plus de 15 ans.
Les régions du Centre (59,6%) et des Hauts Hauts-Bassins (56,1%) qui abritent les deux plus grandes
villes du Burkina Faso ont les plus fortes proportions des personnes en âge de travailler, tandis que les
plus faibles proportions sont enregistrées les régions de l’Est (47,5%) et du Sahel (49,3%).

Tableau 4- 2: Proportion (en %) des populations en âge de travailler (15 ans ou plus) et
des 15-64 ans
Population de 15 ans et Population de 15 à 64
plus ans
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 52,5 49,1
Cascades 53,3 50,3
Centre 59,6 56,7
Centre-Est 51,0 46,7
Centre-Nord 50,1 45,6
Centre-Ouest 53,2 48,8
Centre-Sud 54,2 49,3
Est 47,5 44,1
Hauts-Bassins 56,1 53,1
Nord 52,0 46,8
Plateau-Central 51,1 45,5
Sahel 49,3 46,8
Sud-Ouest 53,4 50,6

48
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Population de 15 ans et Population de 15 à 64
plus ans
Genre
Masculin 49,6 46,1
Féminin 56,2 52,3
Quantile de niveau de
vie
Très faible 46,3 42,6
Faible 50,6 46,7
Moyen 51,6 47,8
Elevé 54,4 50,5
Très élevé 62,3 58,9
Milieu de résidence
Urbain 59,2 56,3
Rural 50,9 46,8
National 53,1 49,3

4.4 Situation d'activités des personnes en âge de travailler


• Population hors de la main d’œuvre
Les inactifs sont des personnes en âge de travailler qui ne sont ni dans l’emploi, ni dans le chômage
(au sens du BIT). Depuis la 19eme CIST, ces personnes sont appelées : la population hors de la main
d’œuvre. Au Burkina Faso, 47% des personnes de plus de 15 ans sont hors de la main d’œuvre. Au
sein de la population féminine, cet indicateur est de 43,8%. La part de la population hors de la main
d’œuvre reste importante en milieu rural (49,1%) comparativement au milieu urbain. Les régions de
l’Est (52,4%) et du Sahel (50,7%) enregistrent les plus fortes proportions d’inactifs.

Tableau 4- 3: Répartition (%) des populations hors de la main d’œuvre


Région Proportion (%)
Boucle du Mouhoun 47,6
Cascades 46,7
Centre 40,4
Centre-Est 49,0
Centre-Nord 49,9
Centre-Ouest 46,8
Centre-Sud 45,9
Est 52,5
Hauts-Bassins 43,9
Nord 48,0
Plateau-Central 48,9
Sahel 50,7
Sud-Ouest 46,7
National 47,6
Sexe
Masculin 50,4
Féminin 43,8
Milieu de résidence
Urbain 40,8
Rural 49,1

49
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 4- 4: Répartition (%) des populations hors de la main d’œuvre (suite)

Niveau de vie Proportion (%)


Le plus faible 53,7
2e quintile 49,4
e
3 quintile 48,4
4e quintile 45,6
Le plus élevé 37,7

• Raison de non travail et de non recherche de travail


Les personnes qui n’ont pas travaillé au cours des 7 derniers jours ayant précédés l’enquête, évoquent
plusieurs raisons pour lesquelles elles n’ont pas cherché de travail (graphique 4.1). Parmi ces raisons,
les suspensions temporaires ou les arrêts provisoires de travail sont prédominants. une faible proportion
de personnes n’ont pas cherché du travail parce qu’elles sont en congé (1,3%), en formation ou en
stage (1,3%).

Graphique 4- 1:Répartition (%) des populations selon la raison de non travail

En formation ou en stage 1,3


Congé, Vacances 1,3
Congé de maternité/paternité 2,7
Fermeture ou suspension du fait de la COVID-19 6,6
Congé maladie 7,2
Autre 9,7
Arrêt provisoire pour son propre compte 25,8
Autre suspension temporaire 45,3

Lorsque la période de référence s’étend à 30 jours, le fait d’être trop jeune (37,2%) ou de poursuivre
toujours les études (34,4%) deviennent prépondérants parmi les raisons de non recherche d’emploi.
Les personnes qui pensent être trop âgées pour travailler ou celles qui ne cherchent pas d’emploi parce
qu’elles doivent s’occuper des travaux domestiques ne sont pas non plus négligeables. En effet jusqu’à
11% de personnes déclarent les tâches ménagères comme raison principale de non recherche
d’emploi.

Graphique 4- 2: Répartition (%) des populations selon la raison de non recherche de


travail
Maladie (Contaminé par la COVID-19) 0,0
0,1
Autre 0,2
0,4
Handicap 0,4
0,5
Ne sait pas comment chercher 0,5
1,0
Autre maladie 1,7
2,9
Manque d'emploi 3,3
6,3
Ménagère 11,0
34,4
Etudiant/Elève 37,2
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,0 40,0
Pourcentage

• Canaux de recherche d’emploi


50
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Au Burkina Faso, le canal de recherche d’emploi le plus utilisé pour la plupart des chômeurs est la
relation personnelle ou des parents. En effet, la recherche de l’emploi s’effectue soit à travers les
relations personnelles ou familiales (82,6%), soit par voie de concours ou des démarches auprès des
employeurs (14,7%) qui sont des démarches informelles. Quant aux démarches formelles, seulement
0,7% passe par des petites annonces à travers la radio, la télévision, les Jjourneaux ainsi que par
internet ; 0,3% par des cabinets de placement et 0,1% par l’Agence nationale pour la promotion de
l’emploi.

Graphique 4- 3: Répartition (%) de la population au chômage selon le canal de recherche


d’emploi

ANPE 0,1

Cabinet de placement 0,3

Petites annonces,Internet 0,7

Autre 1,7

Concours,Auprès des employeurs 3,9

Démarche personnelle(créer sa propre


10,8
affaire)

Relations personnelles,Parents 82,6

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0
Pourcentage

• Main d'œuvre
La main d’œuvre encore appelée population active est constituée de l’ensemble des personnes en âge
de travailler (15 ans ou plus) qui sont en situation d’emploi (au sens du BIT) ou en situation de chômage.
Elle représente 54,4% de la population de 15 ans ou plus et reste plus importante dans les régions du
Centre-Est, du Centre, du Centre-Sud, du Centre Nord et du Plateau Central.
La main d’œuvre est plus importante chez les hommes (65,7%) que chez les femmes (45,2%) et est
abondante parmi les personnes âgées de 35 à 44 ans (75,8%). Elle semble augmenter avec le niveau
de vie du ménage. En effet, la part de la main d’œuvre est de 42,8% pour le quintile de niveau de vie le
plus faible, et atteint de 61,7% pour le quintile le plus élevé.

51
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 4: Répartition (%) de la main d'œuvre selon la région de résidence
63,8 66,1
61,5 62,0
54,4 55,9 56,8
52,4 53,0
49,4 49,4
45,6 46,5

31,5

Graphique 4- 5: Répartition (%) de la main d'œuvre selon le milieu de résidence, le sexe,


le groupe d’âge et le quintile de bien être
Répartition (%) de la main d'œuvre selon le Répartition (%) de la main d'œuvre selon le
sexe milieu de résidence

65,7
45,2 58,5 52,7

Masculin Féminin Urbain Rural

Répartition (%) de la main d'œuvre selon le Répartition (%) de la main d'œuvre selon le
groupe d’âge quintile de bien-être

75,8 69,7
65,2 59,44 61,66
56,03
49,00
42,76
30,2

15-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-64 ans 65+ ans Le plus 2e 3e 4e Le plus
faible quintile quintile quintile élevé

52
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
4.5 Situation d'activités des personnes occupées
✓ Actifs occupés

Au Burkina Faso, les personnes occupées représentent 53,0% de la population en âge de travailler. Ce
taux d’emploi est plus élevé en milieu urbain (55,8%) qu’en milieu rural (51,9%).

Des disparités existent entre les régions le genre et le groupe d’âge. En effet, les régions du Centre-Est,
du Centre et du Centre-Ouest ont les taux d’occupation les plus élevés (respectivement 65,4%, 61,6% et
61,6%) tandis que les régions du Sahel et de la Boucle du Mouhoun enregistrent les plus faibles taux
d’occupation (respectivement 30,8% et 44,6%). Le taux est en dessous de la moyenne nationale (57,1%)
dans les régions du Sahel, de la Boucle du Mouhoun, du Nord, des Hauts-Bassins, du Sud-Ouest, de
l’Est, des Cascades. Le taux est plus élevé chez les hommes (64,2%) que chez les femmes (44,0%). Il
est faible pour les groupes d’âges de 14-24 ans et 65 ans et plus.

Graphique 4- 6: Répartition (%) des actifs occupés selon le sexe, quintile de bien être, le
milieu de résidence et le groupe d’âge
Répartition (%) des actifs occupés selon Répartition (%) des actifs occupés selon
le sexe quintile de bien être
65,7 55,8
51,9

45,2

Masculin Féminin Urbain Rural

Répartition (%) des actifs occupés Rrépartition (%) des actifs occupés selon
d'œuvre selon le quintile de bien être le groupe d’âge

58,1 59,9 74,6


55,2 69,2
47,7 63,5
41,3
37,7
28,2

Le plus 2e quintile 3e quintile 4e quintile Le plus 15-24 ans 25-34 ans 35-44 ans 45-64 ans 65+ ans
faible élevé

53
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 7: Répartition (%) des actifs occupés selon le milieu de résidence

65,4
60,9 61,6 61,6
52,5 53,0 53,7 54,5
49,0 51,4
45,0 47,8
44,6

30,8

✓ Taux d’activité

Au niveau national, le taux d’activité est de 54,4% en 2021. Il est de 58,5% en milieu urbain et de 52,7%
en milieu rural. Ce potentiel productif est plus important dans les régions du Centre-Est (66,1%), du Centre
(63,76) et du Centre-Sud (61,51%) que dans les autres régions. Il est très faible dans la région du Sahel
(31,5%) comparativement aux autres régions. Selon le sexe, la participation des hommes aux activités
économiques (65,7%) est plus importante que celle des femmes (45,2%).

Le taux d’activité augmente avec le quintile de niveau de vie. Elle est de 42,7% pour le quintile le plus
faible et de 61,7% pour le quintile le plus élevé.

Graphique 4- 8: Répartition (%) des actifs occupés selon le milieu de résidence

65,4
60,9 61,6 61,6
51,4 52,5 53,0 53,7 54,5
47,8 49,0
44,6 45,0

30,8

54
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 9: Taux (%) d’activités selon le sexe, le milieu de résidence, le quintile de
bien être et selon le groupe d’âge
Taux (%) d’activités selon le sexe Taux (%) d’activités le milieu de
résidence
65,7

58,5
45,2 52,7

Masculin Féminin
Urbain Rural

Taux (%) d’activités selon le quintile de Taux (%) d’activités selon le groupe
bien être d’âge

75,8
69,7
65,2
59,4 61,7
56,0
49,0
42,8
37,8
30,2

Le plus 2e 3e 4e Le plus
faible quintile quintile quintile élevé 15-24 ans25-34 ans35-44 ans45-64 ans 65+ ans

4.6 Emploi et type d’employeur


• Catégorie socio-professionnelle de l'emploi principal
La plupart des actifs occupés travaillent pour leur propre compte (72,1%). Cette catégorie de travailleurs
est suivie de loin de la catégorie d’ouvriers ou employés non qualifiés (7,7%) et des stagiaires ou
apprentis non rénumérés (5,9%). Les cadres supérieurs ne répesentent que 0,5% de la population
occupée.

55
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 10: Répartition (%) de la population occupée selon la catégorie socio-
professionnelle de l'emploi principal

Cadre supérieur 0,5

Patron 0,8

Stagiaire ou Apprenti rénuméré 2,0

Travailleur Familial contribuant pour une… 2,3

Cadre moyen/agent de maîtrise 2,5

Ouvrier ou employé qualifié 2,9

Manœuvre, aide ménagère 3,4

Stagiaire ou Apprenti non rénuméré 5,9

Ouvrier ou employé non qualifié 7,7

Travailleur pour compte propre 72,1

Les entreprises privées sont les principales employeures. En effet, elles emploient 95% de la population
occupée. L’Etat et les Collectivités locales ainsi que les Entreprises publiques ou parapubliques, tous
réunis n’emploient que 3,7% de cette population (graphique 4.8).

Graphique 4- 11: Répartition (%) de la population occupée selon le secteur institutionnel


de l'emploi principal (%)

Entreprise Privée 94,7

Etat/Collectivités locales 2,6

Entreprise publique/ parapublique 1,1

Entreprise associative 1,0


Ménage comme employeur de personnel
0,5
domestique

Organisme international /Ambassade 0,2

0,0 20,0 40,0 60,0 80,0 100,0


Pourcentage

4.7 Emploi et branche d'activités


Au Burkina Faso le secteur agricole emploie 53,5% des personnes occupées. Le commerce (13,0%),
les autres industries (8,5%) et les services personnels (4,6%) occupent également une part importante
de la population.

56
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 12: Répartition (%) de la population occupée selon la branche d'activités

60,0 53,5
50,0
POURECENTAGE
40,0

30,0

20,0 13,0
8,5
10,0 4,6 4,2 4,1 3,5 3,2 2,5 1,5 1,4
0,0

BRANCHES D'ACTIVITES

4.8 Emplois vulnérables, pluriactivités et salarisation


La catégorisation des personnes employées selon la situation dans la profession peut aider à comprendre
à la fois la dynamique du marché du travail et le niveau de développement du pays. Dans ce contexte,
l'OIT établit une distinction entre deux catégories de population active : (a) les travailleurs salariés et (b)
les travailleurs indépendants subdivisés en travailleurs autonomes (employeurs) ayant des employés, en
travailleurs autonomes n’ayant pas des employés (travailleurs à leur propre compte), en membres de
coopératives de producteurs et en travailleurs familiaux. Les travailleurs pour compte propre et les
travailleurs familiaux ensemble représentent la situation d'emploi vulnérable.

L'emploi vulnérable reflète le travail dans des conditions inappropriées et les personnes dans un emploi
vulnérable ont un accès limité à la sécurité sociale ou à un salaire stable. En 2021, la proportion des
travailleurs qui exercent dans des emplois vulnérables parmi les actifs occupés, est de 74,4% avec une
proportion plus élevée en milieu rural (80,5%) qu’en milieu urbain (50,6%). La région du Centre-
Sudenregistre la plus forte proportion d’emplois vulnérables (tableau 4.4). La proportion des emplois
vulnérables croit avec les groupes d’âge et décroit avec le niveau d’instruction.
✓ Pluriactivités

La pluriactivité est le fait pour une personne occupée d’exercer une ou plusieurs activités secondaires. Au
niveau national, le taux de pluriactivité est de 30,5% (tableau 4.4). Il est plus de trois fois en milieu rural
(38,8%) qu’en milieu urbain (11,8%). La pluriactivité est plus fréquente chez les hommes (34,2%) et chez
les personnes occupées qui n’ont aucun niveau d’instruction (33,7%). Au niveau des régions du Centre-
Ouest et du Plateau Centrale, plus de la moitié des actifs occupés mènent au moins deux activités. Les
régions du Centre et des Cascades sont les moins concernées par la pluriactivité.
✓ Salarisation

Le taux de salarisation est le rapport du nombre d'actifs salariés, et de la population active occupée. En
2021, 20,2% des actifs occupés sont des salariés (tableau 4.4). Le taux de salarisation est plus élevé chez
les hommes (26,1%) que chez les femmes (13,2%). Le taux augmente avec le niveau d’instruction et
atteint 82,5% pour les actifs de niveau supérieur. En outre, il est plus élevé dans les régions du Centre
(44,8%), des Hauts-Bassins (22,7%) et est plus faible dans les régions du Centre-Sud (7,2%) et de l’Est
(7,6%).

Le salaire mensuel moyen est de 72 034 FCFA au Burkina Faso et est deux fois plus élevé en milieu
urbain qu’en milieu rural. Il est plus élevé dans les régions du Centre-Ouest (98 596 FCFA), des Hauts-
Bassins (87 379 FCFA), du Sud-Ouest (83 967 FCFA) et du Centre (82 510 FCFA) et plus faible dans les
régions de l’Est (29 999 FCFA) et du Plateau Central (30 703 FCFA). Le salaire moyen atteint 179 414
FCFA chez les individus de niveau supérieur tandis qu’il est de 39 695 FCFA pour ceux qui n’ont aucun
57
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
niveau. Le salaire moyen croit avec le niveau d’éducation et avec le niveau de vie.

Le taux de bas salaire est la proportion des salariés dont le salaire est inférieur au 2/3 du salaire médian.
Il est de 44,4% au niveau national. Il est plus élevé chez les actifs occupés en milieu rural (59,8%) que
chez ceux du milieu urbain (35,9%). En outre, les régions du Plateau-Central, de l’Est, du Centre-Est et
du Sahel enregistrent les taux de bas salaire les plus élevé tandis que celles des Hauts-Bassins et du
Centre-Ouest disposent des plus faibles taux.

Le taux de bas salaire est plus élevé chez les femmes (58,0%) et dans le groupe des individus ayant le
quintile de niveau de vie le plus faible (66,5%).

Tableau 4- 5: Emploi vulnérable, pluriactivité et salarisation des actifs occupés


Proportion Proportion (%) Proportion (%) Salaire Proportion (%)
(%) des des actifs des salariés mensuel des salariés à
Emplois occupés qui ont parmi les actifs moyen des salaire inférieur
vulnérables au moins deux occupés salariés au SMIG
parmi les activités :
actifs pluriactivité
occupés
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 87,2 38,4 10,0 54 439 50,5
Cascades 80,5 17,1 15,5 81 601 47,6
Centre 48,2 11,3 44,8 82 510 37,0
Centre-Est 78,7 30,1 13,9 49 321 64,6
Centre-Nord 76,8 29,2 22,2 47 993 58,6
Centre-Ouest 89,4 57,1 7,7 98 596 29,5
Centre-Sud 90,1 39,6 7,2 63 755 52,8
Est 86,6 23,8 7,6 29 999 75,2
Hauts-Bassins 61,8 27,3 22,7 87 379 26,5
Nord 82,6 38,8 15,1 68 619 48,8
Plateau-Central 82,5 53,1 13,5 30 703 75,5
Sahel 77,9 33,6 20,7 52 537 60,6
Sud-Ouest 87,2 34,2 12,0 83 967 47,1
Genre
Masculin 69,3 34,2 26,1 80 238 38,5
Féminin 80,5 26,1 13,2 52 831 58,0
niveau de vie
Très faible 84,2 34,2 10,8 28 715 66,5
Faible 80,5 33,1 12,2 30 837 65,0
Moyen 82,0 35,0 13,0 35 591 55,7
Elevé 75,0 30,8 19,8 45 945 52,5
Très élevé 59,2 23,3 35,9 110 057 29,5
Milieu de résidence
Urbain 50,6 11,8 42,4 85 520 35,9
Rural 85,0 38,8 10,3 47 515 59,8
Groupe d'âge
15-24 ans 55,5 21,3 29,4 33 148 58,6
25-34 ans 69,5 30,4 26,5 65 218 41,5
35-44 ans 77,2 33,9 18,7 109 909 33,1
45-64 ans 85,9 34,3 11,8 98 101 42,8
65+ ans 95,8 28,0 3,0 28 993 70,1
Niveau d'éducation
Aucun 85,2 33,7 10,8 39 695 56,4
Primaire 66,9 30,3 24,8 45 937 47,2
Postprimaire 52,6 20,3 37,3 58 707 44,9

58
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Proportion Proportion (%) Proportion (%) Salaire Proportion (%)
(%) des des actifs des salariés mensuel des salariés à
Emplois occupés qui ont parmi les actifs moyen des salaire inférieur
vulnérables au moins deux occupés salariés au SMIG
parmi les activités :
actifs pluriactivité
occupés
Secondaire 23,9 16,3 72,6 135 215 22,9
Supérieur 13,6 16,1 82,5 179 414 23,6
National 74,4 30,5 20,2 72 034 44,4

4.9 Sous-utilisation de la main d'œuvre


Le sous-emploi est analysé à travers le sous-emploi visible et le sous-emploi invisible.

Au niveau national, 22,0% des actifs sont sous-employés de manière visible en 2021. Le sous-emploi
visible touche plus les femmes que les hommes. En effet, 23,0% des femmes occupées effectuent moins
de 40h de travail par semaine contre 20,8% des hommes ayant un emploi. Les actifs occupés résidant en
milieu rural sont les plus exposés au sous-emploi visible.

Dans les régions du Centre-Est (30,3%), des Cascades (29,0%) et du Sud-Ouest (27,0%), les actifs
occupés sont plus sous-employés comparativement à ceux des Hauts-Bassins (15,9%), du Centre
(17,6%) et de l’Est (17,7%). Le sous-emploi visible touche plus les individus âgés de 35 à 64 ans. Selon
la catégorie socio-économique, le sous-emploi visible touche les travailleurs familiaux contribuant pour
une entreprise familiale (42%) et les travailleurs pour leur compte propre (41%).

Le taux de sous-emploi invisible s’obtient en rapportant le nombre d’actifs occupés dont le revenu horaire
issu de l’emploi principal au cours du mois de référence est inférieur au SMIG horaire (177,02 FCFA) à la
main d’œuvre active occupée. Contrairement au sous-emploi visible, le niveau du sous-emploi invisible
est moins élevé. Dans l’ensemble, il touche 10,1% des travailleurs en 2021. Les hommes sont plus en
situation de sous-emploi invisible que les femmes. Parmi les femmes actives occupées, seulement 7,8%
d’entre elles ont un revenu inférieur au SMIG (30 684 FCFA). Au niveau des hommes, ce taux est de
12,0%. Le taux de sous-emploi invisible en milieu urbain (18,5%) est trois fois plus élevé qu’en milieu rural
(6,3%). Par rapport à la région de résidence, les régions du Centre (21,1%), du Sahel (12,4%), du Centre-
Nord (12,0%) des Hauts-Bassins (7,2%) sont les plus touchées par le sous-emploi invisible. Le sous-
emploi invisible touche beaucoup plus les individus âgés de 15 à 24 ans.

59
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 4- 6: Taux (%) de sous-emploi visible et invisible par région, sexe, milieu de
résidence, quintile de niveau de vie
Région de résidence Sous-emploi visible Sous-emploi
invisible

Boucle du Mouhoun 23,4 5,8

Cascades 29,0 7,5

Centre 17,6 21,1

Centre-Est 30,3 9,1

Centre-Nord 21,7 12,0

Centre-Ouest 29,4 2,8

Centre-Sud 20,4 3,7

Est 17,7 5,8

Hauts-Bassins 15,9 7,5

Nord 23,6 7,2

Plateau-Central 21,6 11,0

Sahel 20,4 12,4

Sud-Ouest 27,0 6,2

Genre

Masculin 20,8 12,0

Féminin 22,9 7,8

Quintile de niveau de vie

Très faible 19,8 7,9

Faible 22,8 7,5

Moyen 23,4 8,4

Elevé 22,9 10,9

Très élevé 21,0 13,4

Groupe d'âge

15-24 ans 12,3 20,2

25-34 ans 25,4 12,0

35-44 ans 28,1 6,7

45-64 ans 29,7 5,7

65+ ans 19,9 2,4

Catégorie Socioprofessionnel emploi principal

Cadre supérieur 38,9 29,1

Cadre moyen/agent de maîtrise 37,2 15,2

60
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Région de résidence Sous-emploi visible Sous-emploi
invisible

Ouvrier ou employé qualifié 32,6 35,5

Ouvrier ou employé non qualifié 25,0 59,1

Manœuvre, aide-ménagère 39,9 67,7

Stagiaire ou Apprenti rémunéré 28,4 61,7

Stagiaire ou Apprenti non rémunéré 33,8 na

Travailleur Familial contribuant pour 42,0 na


une entreprise familiale

Travailleur pour compte propre 40,7 na

Patron 14,4 na

Milieu de résidence

Urbain 18,7 18,5

Rural 23,3 6,3

National 22,0 10,1

4.10 Chômage du moment


✓ Chômage au sens du BIT
Le chômage touche 1,4% de la population de 15 ans ou plus. Les personnes de cette tranche d’âge qui
résident en milieu urbain (2,7%) sont plus touchées par ce phénomène que celles qui résident en milieu
rural (0,8%).

Au niveau régional, le Centre-Nord (3,0%) et le Centre (2,2%) affichent des niveaux de chômage
relativement plus importants que les autres régions. En dehors de ces deux régions, les Hauts-Bassins
(1,6%), le Plateau central (1,5%) et le Nord (1,4%) présentent des niveaux de chômage au-dessus de
la moyenne nationale. A contrario, les régions du Sud-Ouest (0,4%) et du centre-Ouest (0,4%) sont les
moins touchées par le chômage. Les populations des régions du Centre-Est, des Cascades et du Sahel
sont aussi affectées à moins de 1% par ce phénomène.
Le chômage touche les populations différemment selon le sexe, le niveau d’instruction, l’âge et le niveau
de vie du ménage. Les hommes sont légèrement plus au chômage que les femmes.
Le chômage reste élevé au sein de la population instruite et également parmi les jeunes.
✓ Chômage au sens large
Le chômage au sens large se différencie de celui du BIT par la prise en compte de la main d’œuvre
potentielle, c’est-à-dire, les chômeurs découragés et les chômeurs non disponibles dans la période de
référence. Cet indicateur du chômage est mieux adapté au contexte du Burkina Faso que celui du BIT.
Au niveau national, le chômage au sens large touche 3,9% des personnes de 15 ans ou plus en 2021.
Il touche plus les personnes qui vivent en milieu urbain (7,1%) que celles qui résident en milieu rural
(2,6%).
Les populations des régions du Centre-Nord (7,3%), du Centre (6,8%) et du Plateau central (5,6%) sont
les plus exposées au phénomène. Le niveau de chômage de la région du Centre-Ouest (1,3%) est le
plus bas.

Contrairement au chômage au sens du BIT, le chômage au sens large touche plus les femmes (4,5%)
que les hommes (3,2%). Il augmente avec le niveau d’instruction et atteint 12,7 % pour les personnes
de niveau d’instruction supérieur. Les jeunes de 15-34 ans sont les plus touchés comparativement aux
personnes de 35 ans ou plus. Selon le niveau de vie du ménage, les individus des ménages ayant un
61
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
niveau élevé sont les plus exposés au phénomène avec un taux de chômage estimé à 4,8% (cf.
graphique 4.11).

Graphique 4- 13: Taux de chômage par région

Centre-Nord 3,0 7,3


Centre 2,2 6,8
Hauts-Bassins 1,6 3,8
Plateau-Central 1,5 5,6
Nord 1,4 2,3
National 1,4 3,9
Boucle du Mouhoun 1,0 3,1
Est 1,0 2,0
Sahel 0,7 3,4
Centre-Sud 0,7 3,0
Centre-Est 0,6 2,7
Cascades 0,5 3,6
Centre-Ouest 0,4 1,3
Sud-Ouest 0,4 1,7

Sens large Sens du BIT

Graphique 4- 14: Taux chômage (%) selon le sexe, le milieu de résidence, le niveau
d’instruction, le quintile de bien-être et selon le groupe d’âge
Taux de chômage (%)selon le sexe Taux de chômage (%)selon le milieu
de résidence
7,1
4,5
3,2
2,7 2,6
1,5 1,3
0,8

Masculin Féminin Urbain Rural


Sens du BIT Sens large Sens du BIT Sens large

Taux de chômage (%)selon le groupe d’âge Taux de chômage(%) selon le niveau


d’instruction
65+ ans 0,8
0,1 Superie 12,7
ur 4,6
45-64 ans 2,2
0,5 Second 7,1
aire 3,6
35-44 ans 2,7
1,2 Postpri 5,6
maire 1,7
25-34 ans 5,1
1,8 Primair 4,4
e 1,6
15-24 ans 5,5
1,9 2,8
Aucun 0,9
Sens large Sens du BIT
Sens large

62
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Taux de chômage selon le quintile du bien-être

4,8
4,1 3,9
3,6
3,0

1,5 1,7
1,3 1,3
0,8

Le plus faible 2e quintile 3e quintile 4e quintile Le plus élevé

Sens du BIT Sens large

4.11 Primo-demandeurs d’emploi et anciens actifs occupés


Les primo-demandeurs d’emploi et les anciens actifs occupés sont des catégories de chômeurs. Un
primo-demandeur d’emploi est le chômeur qui recherche son premier emploi, tandis que l’ancien actif
occupé est le chômeur qui a perdu son emploi.

Les demandeurs potentiels d’emploi demeurent majoritairement des primo-demandeurs au niveau


national. En 2021, les primo-demandeurs représentent 77,9% et les anciens actifs demandeurs 22,1%
des demandeurs d’emploi.
La prédominance des primo-demandeurs est valable quel que soit le milieu de résidence, la région
administrative, le sexe, le niveau d’instruction et l’âge. Toutefois, les anciens actifs sont les plus grands
demandeurs d’emplois dans la région du Centre-Nord. En effet, 55,1% des demandeurs dans cette
région sont des anciens actifs. La particularité de cette région peut être due à la perte massive des
emplois dans le secteur agricole à cause de l’insécurité.
La stabilité des emplois se consolide davantage quand le niveau d’instruction est élevé. En effet, au
supérieur, moins de 5% des demandeurs sont des anciens actifs occupés. Par contre, cette catégorie
de demandeurs d’emploi représente 27,7% de l’ensemble des demandeurs pour le groupe des
personnes non instruites.
La proportion des primo-demandeurs diminue avec l’âge. En revanche, celle des anciens occupés
augmente progressivement avec l’âge.

63
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 15: Répartition (%) des demandeurs d'emploi selon leur statut par région,
milieu de résidence

44,9
72,9 74,8 69,4
82,7 88,1 81,9 85,9 88,7 82,1 87,1 90 84,2 92,7
94,4

55,1
27,1 25,2 30,6
17,3 11,9 18,1 14,1 11,3 17,9 12,9 10 15,8 7,3
5,6

Centre-Est
Boucle du Mouhoun
Urbain

Sahel
Centre

Centre-Ouest

Est

Hauts Bassins
Centre-Sud
Cascades

Sud-Ouest
Rural

Nord
Centre-Nord

Plateau-Central
Milieu de Région administrative
résidence

Ancien occupé 22,1 Primo demandeur 77,9

Graphique 4- 16: Répartition (%) des demandeurs d'emploi selon leur statut par sexe,
niveau d’instruction et la tranche d’âge en 2021

48,1
78,7 77,4 72,3 77,9 74,5 63,8
83,3 80,9 95,4 89,3 87,7
51,9
21,3 22,6 27,7 22,1 25,5 36,2
16,7 19,1 4,6 10,7 12,3
Féminin

Primaire

Secondaire

65 ans +
15-24

25-34

35-44

45-64
Post primaire

Supérieur
Masculin

Aucun

Sexe Niveau d'instruction Groupe d'âges

Ancien occupé Primo demandeur

4.12 Aspirations des demandeurs d’emploi


La plupart des chômeurs sont indifférents quant au choix du type d’emploi à exercer dans le futur. En
2021, plus de la moitié des chômeurs (55,3%), sont prêts à accepter n’importe quel type d’emploi offert,
et ce, quel que soit le milieu de résidence, le sexe, le niveau d’instruction et l’âge. Par ailleurs, les
chômeurs de la région du Centre-Nord se démarquent de cette indifférence et aspirent plus à travailler
pour leur propre compte (31,2%), à être un exploitant agricole (30,9%) ou à s’employer dans le privé
(26,8%).
Les chômeurs désirant travailler à leur propre compte dans le secteur non agricole sont plus représentés
dans les régions du Centre-Est (36,2%), du Centre-Nord (31,2%) et du Nord (28,8%). Les personnes
de 45-64 ans (56,4%) aspirent également à ce type d’emploi.
Pour le secteur public, il est relativement préféré par les chômeurs du Centre-Ouest (22,5%) et des
Cascades (16,3%). C’est aussi le cas des chômeurs des niveaux d’instruction secondaire (12,4%) et
du supérieur (35,2%). Le secteur privé, quant à lui, est relativement mieux convoité par les chômeurs
des régions du Centre-Sud (32,4%), du Centre-Nord (26,8%) et des Hauts Bassins (22,8%) que ceux
des autres régions.
64
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 17: Aspirations des chercheurs d'emplois
Salarié Salarié Exploitant Propre compte non
public privé agricole agricole
Indifférent

Ensemble 5,1 14,8 7,4 17,4 55,3

Milieu de résidence

Urbain 7,1 15,2 0,4 13,6 63,7

Rural 2,4 14,3 16,9 22,4 44,0

Région

Boucle du Mouhoun 0,0 0,0 0,0 7,2 92,8

Cascades 16,3 11,7 0,0 1,6 70,4

Centre 5,7 12,4 0,0 17,9 64,1

Centre-Est 2,4 2,4 3,3 36,2 55,8

Centre-Nord 0,0 26,8 30,9 31,2 11,1

Centre-Ouest 22,5 11,6 0,0 18,4 47,6

Centre-Sud 3,1 32,4 0,0 4,6 59,9

Est 9,2 11,9 0,0 11,1 67,8

Hauts Bassins 9,0 22,8 0,0 0,0 68,2

Nord 7,3 6,7 7,0 28,8 50,3

Plateau-Central 0,0 1,9 11,6 18,7 67,7

Sahel 4,4 18,8 4,2 1,3 71,4

Sud-Ouest 3,0 0,0 0,0 4,6 92,3

Sexe

Masculin 5,8 15,9 2,8 15,4 60,1

Féminin 4,5 13,7 11,7 19,3 50,7

Niveau d'instruction

Aucun 0,1 13,0 6,6 26,5 53,8

Primaire 0,0 8,3 23,7 9,9 58,1

Post primaire 3,8 26,1 2,8 21,4 45,8

Secondaire 12,4 11,9 0,0 0,2 75,5

Supérieur 35,2 14,1 0,0 0,0 50,6

Groupe d'âges

15-24 4,0 17,6 5,5 12,6 60,4

25-34 11,1 15,8 1,3 11,0 60,9

35-44 0,4 7,9 24,7 25,5 41,6

45-64 0,0 10,3 5,9 56,4 27,5

65 ans + 4,0 17,6 5,5 12,6 60,4

65
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
4.13 Durée moyenne du chômage
Au Burkina Faso, les personnes en quête d’emploi sont dans le chômage depuis en moyenne 14 mois.
Cette durée vaut 15 mois en milieu urbain contre un an en milieu rural. Au niveau régional, le chômage
est de longue durée dans la région du Sahel avec une moyenne de 39 mois. Par contre, la durée du
chômage est moindre dans les régions de la Boucle du Mouhoun (5,6 mois), du Centre-Est (7 mois) et
du Plateau central (8 mois).
La durée de chômage est plus élevée chez les femmes que chez les hommes. En effet, elle est de 15
mois chez les femmes contre un an chez les hommes. Les chômeurs ayant un niveau d’instruction
secondaire et supérieure sont dans le chômage depuis respectivement 15 et 14 mois ; alors que ceux
de niveau d’instruction primaire y sont depuis moins d’un an.
La durée moyenne de chômage chez les personnes de 65 ans et plus est de 3 ans tandis qu’elle est
moins de 16 mois pour les autres groupes d’âge.

Graphique 4- 18: Durée moyenne du chômage (en mois) par région et milieu de résidence
en 2021
45
39,4
40
35
30
25
20 15 16,7
13,7 12,3 13,8 13,2 12,4 11,9 14,4 12,3 13,3
15 10,3
7,2 8,2
10 5,6
5
0
Cascades
Urbain

Boucle du Mouhoun

Centre

Sahel
Centre-Ouest

Est
Centre-Est

Hauts Bassins
Centre-Sud

Sud-Ouest
Nord
Rural
National

Centre-Nord

Plateau-Central

Milieu de Région administrative


résidence

66
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 4- 19: Durée moyenne du chômage (en mois) par région et milieu de résidence
en 2021
40 36
35
30
25
20 16,1 15,2 17
14,8 15,2 13,8 14,9 14,3 12,2 14,5 13,9 13,4
15 11,9 12,9
9,7 10,9
10
5
0
Féminin

Primaire

Secondaire

65 ans +
15-24

25-34

35-44

45-64
Masculin

Post-primaire

Supérieur

Très pauvre

Niveau de vie moyen


Aucun

Très riche
Pauvre

Riche
Sexe Niveau d'instruction Groupe d'âges Niveau de vie du ménage

Conclusion
L’analyse de l’emploi fait ressortir que 53,1% de la population burkinabè en 2021 ont l’âge de travailler.
La part de cette catégorie de la population en situation d’emploi dans la semaine de référence
représente 53,0%. Quant au chômage, il est un phénomène saisonnier, surtout en milieu rural où
l’agriculture demeure la principale activité. C’est pourquoi il est difficile de comparer les indicateurs sur
ce phénomène d’une enquête à une autre. Le chômage au sens du BIT touche 1,4% des personnes en
âge de travailler.
Le taux de chômage au sens large est plus adapté aux pays en développement comme le Burkina Faso
où la durée moyenne du chômage est de 14 mois au niveau national et de 39 mois pour les chômeurs
de la région du Sahel qui est très élevé par rapport aux autres régions. Les chômeurs utilisent plus leurs
relations personnelles ou l’aide des parents et les démarches personnelles pour chercher de l’emploi.

67
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 5 : SANTÉ GÉNÉRALE

Points clés

Le taux de morbidité des 30 derniers jours : environ une personne sur quatre (28%) souffre d’une
maladie ou a subi une blessure/accident. Parmi ces personnes, 59% ont souffert du paludisme.

Le taux de morbidité sévère des 30 derniers jours :


Parmi les personnes morbides, 6 personnes sur dix (61%) ont été empêchées de mener leurs activités
quotidiennes normales du fait de la maladie.

Taux de consultation :
Une personne morbide sur trois (34,3%) n’a consulté ni un centre de santé ni un guérisseur
traditionnel/marabout.

Taux de satisfaction :
Neuf usagers des services de santé (91,9%) sur dix sont satisfaits ou très satisfaits des
prestations.

Distance parcourue :
Un usager des centres de santé sur cinq (22,1%) a parcouru plus de 5 km pour leur première
consultation.

Assurance maladie :
La couverture de l’assurance maladie est de 0,4%.

Ce chapitre porte sur la santé de la population en 2021. Les données collectées permettent d’apprécier
l’état de santé de la population, la fréquentation des formations sanitaires et les difficultés d’accès, le
niveau de satisfaction des usagers des services de santé, l’accès à l’assurance maladie et les dépenses
de santé.

5.1 Concepts et définitions


Morbidité : la morbidité est l’état de souffrance d’une maladie ou d’une blessure/accident.
Le taux de morbidité des 30 derniers jours est la proportion d’individus qui ont souffert d’une maladie
ou ont subi une blessure/accident au cours des 30 derniers jours ayant précédé le jour de l’enquête.
Morbidité sévère : la morbidité sévère est l’état de souffrance d’une maladie ou d’une blessure/accident
ne permettant pas de mener normalement les activités quotidiennes.
Le taux de morbidité sévère des 30 derniers jours correspond à la proportion d’individus dont une
maladie ou une blessure/accident a empêché de mener normalement les activités quotidiennes au cours
des 30 jours ayant précédé le jour de l’enquête.
Taux de consultation : pour une population donnée, le taux de consultation est la proportion des
individus de cette population ayant consulté un professionnel de la santé ou un guérisseur
traditionnel/marabout au cours d’une période donnée.
Handicap : le handicap est une limitation des possibilités physique, mentale et/ou psychologique d'une
personne, due à une déficience congénitale ou acquise au cours de son existence. Cette limitation des
possibilités empêche la personne de maîtriser tous les aspects de son environnement et des contraintes
de la vie quotidienne. Dans le cas de la présente étude, lorsque les capacités physique, mentale et/ou
psychologique de la personne sont exercées avec beaucoup de difficultés ou ne sont plus du tout

69
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
exercées, on parle de handicap majeur.
Prévalence du handicap : la prévalence du handicap est la proportion des personnes présentant un
handicap dans une population donnée. Pour un type de handicap donné, la prévalence correspond à la
proportion des personnes présentant ce handicap.
Assurance maladie : l'assurance maladie est un terme générique englobant l’ensemble des dispositifs
chargés d'assurer un individu face à des risques liés à la maladie, aux accidents du travail, à l'invalidité,
à la maternité et au décès. Une assurance maladie est contractée auprès d’une compagnie d’assurance
et elle prend généralement en charge les consultations, les examens médicaux, les frais de pharmacie
et les frais d’hospitalisation. L’assurance maladie peut être contractée par l’employeur (Etat, entreprises
publiques, grandes entreprises privées, organismes internationaux) ou par une personne du ménage,
par exemple le chef de ménage.

5.2 Morbidité de la population


Au Burkina Faso, 27,9% de la population souffre d’une maladie ou a subi une blessure/accident. Cette
proportion est en baisse de 1,6 points par rapport à 2018 où elle était de 29,5% (EHCVM 2018).

La morbidité varie selon le milieu de résidence. En effet, la proportion d’individus qui souffrent d’une
maladie ou ont subi une blessure/accident est plus élevée en milieu urbain (29,5%) qu’en milieu rural
(27,3%). Ceci pourrait s’expliquer par le fait que la population urbaine soit plus vulnérable ou par les
différences de perception de la maladie entre les populations urbaines et rurales, les dernières semblant
accordant moins d’attention à certaines situations de maladie.

La morbidité est plus élevée dans les régions du Centre-Est (38,2%), du Centre-Sud (34,8%) et du
Plateau central (31,8%) contrairement à celles des Cascades (16,1%), du Sahel (20,2%) et du Sud-
Ouest (21,9%). La morbidité dans la région du Centre-Est est plus du double de celle des Cascades,
témoignant ainsi des différences notables entre ces régions en matière de santé de la population.

Considérant les groupes d’âges, la morbidité est plus élevée chez les personnes âgées de plus de 60
ans (40,6%) et chez les enfants de moins de 5 ans (36,2%). Les individus âgés de 15 à 24 ans sont les
moins malades. Au-delà de 24 ans, la morbidité augmente avec l’âge.

Par ailleurs, la morbidité touche plus les femmes (29,3%) que les hommes (26,3%). En outre, elle
augmente avec le niveau de vie.

Tableau 5- 1: Taux de morbidité (%) selon certaines caractéristiques


Caractéristiques socio-démographiques Taux de morbidité
Ensemble 27,9
Genre
Masculin 26,3
Féminin 29,3
Milieu
Urbain 29,5
Rural 27,3
Région
Boucle du Mouhoun 24,6
Cascades 16,1
Centre 29,4
Centre-Est 38,2
Centre-Nord 27,3
Centre-Ouest 30,0
Centre-Sud 34,8

70
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 1 : Taux de morbidité (%) selon certaines caractéristiques (suite)
Caractéristiques socio-démographiques Taux de morbidité
Région
Est 27,7
Hauts-Bassins 30,0
Nord 23,5
Plateau-Central 31,8
Sahel 20,2
Sud-Ouest 21,9
Groupe d’âge
Moins de 5 ans 36,2
5-14 ans 24,0
15-24 ans 21,3
25-39 ans 26,7
40-59 ans 31,6
60 et plus 40,6
Niveau de vie
Très pauvre 20,3
Pauvre 23,3
Moyen 27,0
Riche 31,9
Très riche 37,0

5.3 Morbidité sévère


En 2021, 60,6% des personnes morbides ont été incapables de mener leurs activités quotidiennes
normales du fait de la maladie. Cette incapacité a duré moins d’une semaine pour 74,2% et plus de
deux semaines pour 8,8% de ces personnes morbides.

Selon le milieu de résidence, la proportion des personnes morbides qui ont été empêchées de mener
leurs activités quotidiennes normales par la maladie varie peu. Elle est respectivement de 59,0% et
61,2% en milieu urbain et en milieu rural. Pour une même durée d’affectation des activités quotidiennes
par le fait de la maladie, la morbidité sévère varie également peu en fonction du milieu de résidence.

En considérant les régions, la proportion des personnes morbides qui ont été empêchées de mener
leurs activités quotidiennes normales par la maladie varie de 45,8% au Centre-Sud à 69,9% dans le
Centre-Ouest. En tout, sept régions sur les treize ont des proportions supérieures à celle du niveau
national (60,6%). Par ailleurs, la proportion des personnes morbides qui ont été empêchées de mener
leurs activités quotidiennes normales par la maladie durant plus de deux semaines varie de 1,6% dans
la région du Sahel à 11,6% dans la région du Sud-Ouest.

Les personnes morbides âgées de 60 ans et plus (64,9%) sont les plus affectées par l’incapacité de
mener leurs activités quotidiennes normales. Aussi, la proportion des personnes malades dont
l’incapacité de mener normalement l’activité a duré plus d’une semaine augmente avec l’âge, alors que
celle dont l’incapacité a duré moins d’une semaine diminue avec l’âge.

71
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 2: Proportion (%) des personnes morbides dont l'activité est affectée et temps
de l’activité affecté par la maladie selon certaines caractéristiques
Caractéristique Personnes morbides dont Moins d'une Entre une et Plus de deux
sociodémographique l'activité est affectée semaine deux semaines semaines

Ensemble 60,6 74,2 17,0 8,8

Genre

Masculin 60,5 71,4 18 10,6

Féminin 60,6 76,4 16,3 7,3

Milieu

Urbain 59 74 17,8 8,2

Rural 61,2 74,3 16,7 9

Région

Boucle du Mouhoun 59 71,3 20,1 8,6

Cascades 50,9 69,5 21,1 9,4

Centre 55,9 77,6 14,3 8,2

Centre-Est 60,7 80,2 13,2 6,6

Centre-Nord 55,7 73,4 17,5 9,2

Centre-Ouest 69,9 71,2 17,5 11,3

Centre-Sud 45,8 68,7 22 9,3

Est 66,4 71,7 18,5 9,9

Hauts-Bassins 67 69 20,2 10,8

Nord 61,3 75,8 15,2 9

Plateau-Central 61,3 81,5 12,9 5,6

Sahel 60,5 79,5 18,9 1,6

Sud-Ouest 61,8 72,4 16 11,6

Groupe d’âge

Moins de 5 ans 55 89,1 9 1,9

5-14 ans 59,3 85,5 11,8 2,6

15-24 ans 61,7 77,1 14,6 8,3

25-39 ans 61,5 69,4 20,5 10,1

40-59 ans 61,2 62,3 24,4 13,3

60 et plus 64,9 53,5 23,6 22,8

72
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Caractéristique Personnes morbides dont Moins d'une Entre une et Plus de deux
sociodémographique l'activité est affectée semaine deux semaines semaines

Niveau de vie

Très pauvre 56,1 77 16,1 6,9

Pauvre 62,3 77,3 15,7 7,1

Moyen 60,1 73,6 16,7 9,7

Riche 62,5 73,3 17,8 8,9

Très riche 60,4 72,1 17,9 10,0

5.4 Principaux problèmes de santé


La fièvre/paludisme constitue la première cause de morbidité au Burkina Faso. En effet, six personnes
malades sur dix (58,5%) en ont souffert au cours des 30 jours ayant précédé l’enquête. Après la
fièvre/paludisme, les problèmes gastriques (10,6%) et la toux/rhume (9,3%) viennent respectivement
en deuxième et troisième position dans la hiérarchie des maladies déclarées par les enquêtés. Les
autres pathologies telles que la méningite (0,0%), le diabète (0,2%), la fièvre typhoïde (0,4 %), les
complications liées à la grossesse (0,4%), les maux de gorge (0,5 %), l’anémie/drépanocytose (0,6%)
ont été moins fréquentes.

Graphique 5- 1: Proportion (%) de malades par type de maladie déclarée

Fièvre/Paludisme 58,5
Problème d'estomac 10,6
Toux, rhume 9,3
Douleurs/fatigue 5,7
Autre 5,1
Accident/Blessure 1,9
Problème de tension 1,8
Diarrhée 1,6
Maladie des yeux 1,1
Problème de peau 1,1
Problème dentaire 1,1
Anémie/drépanocytose 0,6
Mal de gorge 0,5
Complications liées à grossesse 0,4
Fièvre typhoïde 0,4
Diabète 0,2
Meningite 0,0
0 10 20 30 40 50 60 70

5.5 Consultation dans les formations sanitaires


Cette partie analyse le comportement de la population en cas de maladie ou de problème de santé. Plus
précisément, il s’agit de la recherche de soins par les populations en cas de maladie, du type de
formation sanitaire consulté, des problèmes rencontrés lors des consultations, la satisfaction des
73
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
personnes malades après la consultation, ainsi que des raisons de non-consultation.
Dans la suite de l’analyse, l’accent sera mis sur les consultations dans les centres de santé (y compris
les pharmacies) de type moderne. Les termes « formation sanitaire » ou « centre de santé » leur seront
consacrés.

5.6 Personnes morbides ayant consulté


Une personne a consulté si elle a recherché des soins de santé dans une formation sanitaire ou auprès
d’un guérisseur traditionnel/marabout. Au Burkina Faso, deux personnes morbides sur trois ont consulté
(65,7%). On en déduit que 34,3% des personnes ayant rencontré un problème de santé au cours des
30 derniers jours précédant l’enquête n’ont consulté ni un centre de santé ni un guérisseur
traditionnel/marabout.

Dans toutes les régions, plus de la moitié des personnes morbides ont consulté, à l’exception de la
région du Sahel où le taux de consultation est de 46,4%.

Graphique 5- 2: Proportion (%) des personnes ayant consulté un service de santé ou un


guérisseur (30 derniers jours) selon la région de résidence

Centre-Sud 74,3
Est 72,5
Centre-Nord 72,3
Centre-Ouest 71,8
Centre-Est 70,3
Cascades 67,8
Plateau-Central 67,3
Nord 67,2
Ensemble 65,7
Hauts-Bassins 65,4
Boucle du Mouhoun 62,6
Sud-Ouest 61,5
Centre 54,8
Sahel 46,4
0 10 20 30 40 50 60 70 80

La proportion des personnes morbides qui consultent est plus élevée en milieu rural (67,7%)
qu’en milieu urbain (60,6%).

Le niveau de consultation est plus élevé au sein de la population de moins de 5 ans. En effet,
huit enfants malades âgés de moins de 5 ans sur dix (83,4%) ont été emmenés dans un centre
de santé pour consultation.. Comparé à 2018, ce niveau de consultation des enfants de moins
de 5 ans morbides est en hausse de 8 points et pourrait être attribué à la mise en œuvre de
la politique de gratuité des soins de santé au profit de cette couche de la population depuis
2016. Pour les personnes malades âgées de plus de 60 ans, 59,4% ont consulté.
La proportion des personnes qui consultent pour un problème de santé varie avec le niveau
de vie des ménages d’appartenance des individus. En effet, 62,1% des personnes malades
vivant dans des ménages de niveau de vie très faible consultent pour un problème de santé.
Cette proportion est plus élevée chez les personnes malades relevant des ménages de niveau
de vie élevé (67,7%).

74
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 3: Proportion (%) des personnes ayant consulté un service de santé ou un
guérisseur (30 derniers jours) selon certaines caractéristiques sociodémographiques
Caractéristique sociodémographique Proportion des personnes
morbides ayant consulté
Ensemble 65,7
Milieu de résidence
Urbain 60,6
Rural 67,7
Genre
Masculin 66,3
Féminin 65,2
Groupe d'âge
Moins de 5 ans 83,4
5-14 ans 63,7
15-24 ans 58,6
25-39 ans 62,5
40-59 ans 57,8
60 et plus 59,4
Niveau de vie
Très faible 62,1
Faible 63,9
Moyen 65,8
Elevé 67,7
Très élevé 67,0

5.7 Principales raisons de non-consultation dans les formations


sanitaires
Une partie de la population malade ne consulte pas un service de santé. Elle a plutôt recours pour la
majorité à l’automédication (58,9%). Aussi, 21,7% ne consultent pas par négligence de la maladie
(consultation pas nécessaire) et 13,7% pour des raisons financières.

Quel que soit le milieu de résidence, l’automédication reste la principale cause de non-consultation dans
les formations sanitaires. Elle est plus fréquente en milieu urbain (65,9%) qu’en milieu rural (55,6%).
Cette raison est suivie par la négligence de la maladie (consultation pas nécessaire) aussi bien en zone
urbaine (18,6%) qu’en zone rurale (23,2%). La troisième raison évoquée par 14,6% des malades
n’ayant pas consulté en milieu rural et 11,7% en milieu urbain est le manque d’argent.

Dans toutes les régions, la principale raison de non-consultation est l’automédication à l’exception des
régions du Centre-Nord, du Centre-Sud et du Nord. Cette raison est plus fréquente dans les régions du
Sud-Ouest (69,6%), du Centre-Est (68,7%) et du Centre (66,8%) et moins fréquente dans les régions
du Centre-Nord (26,2%) et du Centre-Sud (43,7%). Le manque d’argent est évoqué par 25,0% des
malades de la région du Nord, 17,9% de ceux du Plateau Central et 17,4% des malades du Centre-
Sud. La négligence de la maladie (consultation pas nécessaire) est évoquée par 42,7% des malades
de la région du Centre-Nord.

Aussi bien les hommes (59,4%) que les femmes (58,5%) malades ont évoqué l’automédication comme
la principale raison de non consultation dans les centres de santé. En outre, 22,1% des hommes
malades et 21,4% femmes avancent que la consultation n’est pas nécessaire pour justifier leur non-
consultation d’un service de santé formel. Par ailleurs, les femmes (14,7%) et les hommes (12,5%)
avancent tous le manque d’argent comme troisième raisons.

L’automédication reste le premier motif de non-consultation des malades, quel que soit le groupe d’âges
75
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
considéré. Concomitamment, les personnes malades considérant que la consultation n’est pas
nécessaire sont les mêmes qui privilégient l’automédication.

L’automédication reste le premier motif de non-consultation aussi bien pour les pauvres que pour les
non pauvres.

Graphique 5- 3: Proportion (%) des personnes malades n'ayant pas consulté selon le
motif de la non-consultation des centres de santé

Automédication 55,6
Pas nécessaire 23,2
Manque d'argent 14,6
Trop éloigné 2
Trop cher 1,2
Refus 1,1
Non satisfait à la dernière consultation 0,6
Pas de confiance 0,6
Autre à préciser 0,5
Attente de rendez-vous 0,2
Service spécialisé non disponible 0,3
Absence de personnel 0,1
Peur du résultat/ traitement 0
0 10 20 30 40 50 60 70

Ensemble Rural Urbain

5.8 Raisons de non consultation des centres de santé selon le type


de maladie
La raison de non-consultation des centres de santé par les personnes malades varie selon le type de
maladie. Toutefois, l’automédication est la principale raison de non-consultation pour la majorité des
maladies.

Outre l’automédication, la perception que la consultation n’est pas nécessaire et le manque d’argent
sont deux autres principales raisons de non consultation de centre de santé. Pour les patients souffrant
du paludisme, la négligence ou la « consultation pas nécessaire » a été évoquée par 21,2% des
malades comme principales raisons de non consultation de centre de santé. Pour les problèmes de
tension, 46,3% des malades concernés évoquent le manque d’argent comme principal motif de non-
consultation. La proportion de malades pratiquant le plus l’automédication sont ceux souffrant d’anémie/
drépanocytose (88,5%). Pour les patients souffrant du paludisme, l’automédication est la principale
raison de non-consultation (64,0%) suivie de la « consultation pas nécessaire » (21,2%) et le manque
d’argent (11,7%). En cas de fièvre typhoïde, un malade sur quatre (27,5%) refuse de consulter.

76
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 4: Proportion (%) des personnes malades n'ayant pas consulté selon les six
principaux motifs de la non consultation des centre de santé selon le type de maladie
Pas Trop Trop Automédication Refus Manque Total
nécessaire cher éloigné d'argent

Fièvre/Paludisme 21,2 1,1 1,3 64,0 0,6 11,7 100,0

Diarrhée 19,9 5,8 2,3 61,9 3,6 6,5 100,0

Accident/Blessure 38,3 0,0 0,0 59,0 0,0 2,7 100,0

Problème dentaire 9,0 6,3 1,9 61,1 0,0 21,8 100,0

Problème de peau 11,7 0,0 0,0 58,2 0,0 30,1 100,0

Maladie des yeux 24,7 1,5 0,0 38,2 3,4 32,2 100,0

Problème de tension 14,0 12,0 0,6 24,4 2,8 46,3 100,0

Fièvre typhoïde 0,0 0,0 1,9 46,1 27,5 24,5 100,0

Problème d'estomac 13,7 1,4 3,0 61,3 1,4 19,2 100,0

Mal de gorge 18,2 4,7 2,7 41,5 0,0 32,8 100,0

Toux, rhume 32,1 0,8 1,1 57,6 0,6 7,8 100,0

Douleurs/fatigue 26,2 0,3 0,9 50,2 2,2 20,2 100,0

Anémie/drépanocytose 8,2 0,0 0,0 88,5 0,0 3,3 100,0

Autre 19,7 0,1 0,1 52,4 2,2 25,4 100,0

5.9 Répartition des consultations selon le type de formations


sanitaires
Au cours des 30 derniers jours précédant l’enquête, les formations sanitaires les plus consultées sont
les centres de santé ruraux (64,4%), les centres de santé urbains (24,5%), et les hôpitaux et cliniques
privés (6,2%). Les moins fréquentées sont les cabinets privés dentaires et ophtalmologiques, avec 0,1%
de consultations reçues.

77
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 5- 4: Proportion des personnes ayant consulté un centre de santé selon le
type de services de santé consultés

70 64,4
60
50
40
30 24,5
20
10 6,2
0,7 0,1 0,5 1,1 0,1 0,1 0,1 0,3 0,3 1,6
0

Cabinet de soins
Centre de santé urbain

Cabinet médical/dentaire/
Case de santé

Centre de santé rural


Autre public

Clinique d'entreprise, autre

tradipraticien/marabout
Pharmacie

Hôpital/Clinique privée
Hôpital national

Consulation à domicile
Hôpital régional (y compris
hôpital de police, militaire)

Chez le guérisseur/
ophtalmologie

privé ou ONG
Service de santé public Service de santé privé

5.10 Personnel de santé consulté


En 2021, huit malades sur dix (85,0%) ont consulté un infirmier/sage-femme. Seulement un malade sur
dix (12,4%) a consulté un médecin généraliste/spécialiste. Ce résultat peut s’expliquer par l’organisation
du système de santé au Burkina qui fait de l’infirmier le personnel le plus représenté dans les formations
sanitaires de base, surtout en milieu rural.

La consultation des infirmiers/sage-femme est plus fréquente en milieu rural (88,8%) qu’en milieu urbain
(73,9%). Quant à la consultation des médecins, elle est plus fréquente en milieu urbain (24,5%) qu’en
milieu rural (8,2%).

Quelle que soit la région, les personnes malades consultent plus le personnel infirmier/sage-femme que
les autres personnels de santé. En comparant les régions, les proportions de malades ayant consulté
un médecin sont plus élevées dans les régions des Cascades (38,5%), du Sahel (28,2%), du Centre
(21,9%), des Hauts-Bassins (18,1%) et du Plateau-Central (15,2%). Le positionnement de la région du
Sahel pourrait se justifier par l’insécurité qui a conduit au déplacement massif des populations vers les
centres urbains. De plus, une grande partie des zones de dénombrement localisées dans la zone rurale
de cette région en proie à l’insécurité ont été remplacées par des zones rurales voisines du centre
urbain. Il en est de même pour la région des Cascades.

Quel que soit le groupe d’âge, au moins 70% des malades ont consulté un infirmier/sage-femme. Par
ailleurs, les médecins ont été plus consultés par les personnes de 60 ans et plus (24,2%).
Les personnes malades avec un niveau de vie très faible consultent plus le personnel infirmier /sage-
femme (92,5%) que les personnes malades avec un niveau de vie très élevé (79,4%).

78
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 5: Personnel de santé consulté selon les caractéristiques
sociodémographique
Caractéristique Médecin Infirmier(è) Aide- Pharm Matr Agent Autre Guériss
sociodémograp Généraliste/sp /Sage- soig acie one techni perso eur/
hique écialistes femme nant que nnel Tradipra
de de ticien/
santé santé Marabou
t
Ensemble 12,4 85,0 0,4 0,1 0 0,1 0,5 1,6
Milieu
résidence
Urbain 24,5 73,9 0,2 0 0 0,1 0,3 1,2
Rural 8,2 88,8 0,5 0,1 0 0,1 0,5 1,7
Région
résidence
Boucle du 12,2 84,2 0 0 0,4 0 0,1 3,1
Mouhoun
Cascades 38,5 58,9 0 0,3 0 0 0 2,3
Centre 21,9 76,3 0,1 0,1 0 0 0,2 1,4
Centre-Est 4,5 89,8 0 0,2 0 0,2 3,4 2
Centre- 8,3 90,8 0,2 0,1 0 0 0 0,7
Nord
Centre- 5,6 90,8 1,9 0 0 0,3 0,4 1
Ouest
Centre- 8 90,6 0,9 0 0 0 0 0,4
Sud
Est 10,5 86,1 0 0 0 0 0,2 3,2
Hauts- 18,1 79,6 1,1 0 0 0 0 1,2
Bassins
Nord 6,3 93,2 0 0 0 0 0 0,4
Plateau- 15,2 83,6 0 0 0 0 0,1 1,1
Central
Sahel 28,2 68,8 0 0,1 0 0 0 3
Sud-Ouest 3,8 94,1 0 0 0 0 0 2,1
Sexe 0 0
Masculin 13 84,4 0,2 0,1 0,1 0 0,5 1,7
Féminin 11,9 85,4 0,5 0,1 0 0,1 0,5 1,6
Groupe d'âge 0 0
Moins de 9,7 89,1 0,3 0 0 0 0,5 0,5
5 ans
5-14 ans 9 89,1 0,3 0 0 0 0,5 1,1
15-24 ans 12,3 84,2 0,8 0,1 0,1 0 0,7 1,9
25-39 ans 14,9 82,2 0,5 0,1 0 0,2 0,3 1,8
40-59 ans 15,4 80,2 0,1 0,2 0,1 0,1 0,4 3,3
60 et plus 24,2 71,3 0,2 0 0 0 0,7 3,6
Niveau de vie
Très faible 5,3 92,5 0,2 0 0 0,1 0,8 1
Faible 10,3 86,9 0,3 0 0,1 0 0,7 1,8
Moyen 9,4 87,3 0,2 0,1 0 0 0,4 2,3
Elevé 13,8 83,6 0,7 0,1 0,1 0 0,4 1,3
Très élevé 18,3 79,4 0,3 0,1 0 0,1 0,3 1,5

79
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
5.11 Satisfaction des usagers des formations sanitaires
Les usagers des services de santé sont, dans leur majorité, très satisfaits ou satisfaits des prestations
reçues lors de leurs premières consultations (91,9%). Cependant, 8,0% des usagers des services de
santé sont peu satisfaits ou pas du tout satisfaits (Tableau 5.6).

Aussi bien en milieu urbain qu’en milieu rural, neuf malades sur dix ayant consulté un centre de santé
sont satisfaits ou très satisfaits. Cependant, 10,3% des usagers des formations sanitaires du milieu rural
et 12,3% de ceux du milieu urbain ne sont pas du tout satisfaits.

Dans toutes les régions, plus de 80% des usagers sont satisfaits ou très satisfaits des prestations de
services dans les formations sanitaires. Six régions (Centre-Est, Centre-Nord, Centre-Sud, Est, Nord et
Plateau-Central) ont des taux de satisfaction supérieurs à celui du niveau national qui est de 91,9%.

Le niveau de satisfaction des prestations de services dans les formations sanitaires diffère peu selon
que l’usager du service soit un homme (92 ,4%) ou une femme (91,6%).
La qualité des prestations de service est indifféremment appréciée selon le groupe d’âge. En effet, quel
que soit le groupe d’âge considéré entre 0 à 59 ans, 90% des usagers sont satisfaits, tandis que 82%
des personnes âgées de 60 ans ou plus sont satisfaites.

Tableau 5- 6: Niveau de satisfaction des personnes ayant consulté un service de santé

Caractéristiques Très Satisfait Peu Pas du


sociodémographique satisfait satisfait tout
satisfait
Ensemble 19 ,3 72 ,6 6 ,9 1 ,1
Genre
Masculin 20 ,0 72 ,4 6 ,6 1 ,0
Féminin 18 ,8 72 ,8 7 ,1 1 ,3
Milieu résidence
Urbain 12 ,3 77 ,5 9 ,4 0 ,9
Rural 21 ,8 71 ,0 6 ,0 1 ,2
Région résidence
Boucle du 30 ,8 59 ,6 8 ,7 0 ,9
Mouhoun
Cascades 9 ,9 79 ,9 9 ,5 0 ,8
Centre 11 ,5 78 ,4 9 ,3 0 ,8
Centre-Est 10 ,2 82 ,4 6 ,2 1 ,1
Centre-Nord 41 ,8 52 ,9 3 ,9 1 ,5
Centre-Ouest 14 ,8 76 ,0 7 ,6 1 ,6
Centre-Sud 13 ,5 79 ,3 5 ,9 1 ,3
Est 31 ,0 62 ,3 4 ,6 2 ,1
Hauts-Bassins 5 ,3 86 ,6 7 ,4 0 ,7
Nord 32 ,2 61 ,3 5 ,8 0 ,7
Plateau-Central 15 ,2 76 ,9 7 ,2 0 ,6
Sahel 8 ,3 81 ,5 9 ,5 0 ,6
Sud-Ouest 18 ,3 73 ,0 7 ,1 1 ,6
Groupe d'âge
Moins de 5 ans 20 ,1 74 ,2 5 ,2 0 ,6
5-14 ans 18 ,4 77 ,2 3 ,6 0 ,7
15-24 ans 21 ,3 71 ,9 6 ,1 0 ,7
25-39 ans 20 ,1 70 ,1 7 ,9 1 ,9

80
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 7: Niveau de satisfaction des personnes ayant consulté un
service de santé (suite)

Caractéristiques Très Satisfait Peu Pas du


sociodémographique satisfait satisfait tout
satisfait
Groupe d'âge
40-59 ans 18 ,0 69 ,0 11 ,1 2 ,0
60 et plus 17 ,8 63 ,8 15 ,8 2 ,6
Niveau de vie
Très pauvre 25 ,8 67 ,2 6 ,2 0 ,8
Pauvre 20 ,9 71 ,3 6 ,7 1 ,1
Moyen 18 ,8 72 ,7 6 ,8 1 ,7
Riche 18 ,3 73 ,9 6 ,8 1 ,0
Très riche 16 ,4 75 ,1 7 ,5 1 ,0

5.12 Niveau de satisfaction des usagers des formations sanitaires


selon le problème de santé
Le niveau de satisfaction des usagers des formations sanitaires dépend de leur problème de santé. En
effet, les patients souffrant de mal de gorge (96,9%), de toux/rhume (95,9%), de fièvre/paludisme
(95,6%), de diarrhée (93,4%), d’accident/blessure (92,8%), de problème d’accouchement ou de
complications liées à grossesse (91,9%) sont les plus satisfaits des services. Quant à ceux qui souffrent
des maladies des yeux, de l’anémie ou de la drépanocytose, plus d’un usager sur quatre sont peu ou
pas satisfaits.

Tableau 5- 8: Proportion (%) des personnes ayant consulté un service de santé par type
de maladie selon le niveau de satisfaction
Très satisfait Satisfait Peu satisfait Pas du tout
satisfait
Fièvre/Paludisme 19 ,4 76 ,2 3 ,8 0 ,6
Diarrhée 15 ,9 77 ,5 6 ,6 0 ,0
Accident/Blessure 37 ,1 55 ,7 4 ,5 2 ,7
Problème dentaire 23 ,3 57 ,2 19 ,3 0 ,3
Problème de peau 10 ,2 71 ,0 16 ,9 1 ,9
Maladie des yeux 12 ,2 61 ,5 23 ,6 2 ,7
Problème de tension 11 ,8 72 ,3 13 ,2 2 ,6
Fièvre typhoïde 6 ,9 71 ,1 17 ,0 5 ,0
Problème d'estomac (maux de 24 ,9 63 ,7 9 ,8 1 ,6
ventre, ulcère, etc.)
Mal de gorge 25 ,1 71 ,8 0 ,8 2 ,3
Toux, rhume 19 ,9 76 ,0 3 ,8 0 ,3
Accouchement/complications liées 17 ,9 74 ,0 7 ,8 0 ,3
à grossesse
Douleurs/fatigue 15 ,4 67 ,5 16 ,1 0 ,9
Anémie/drépanocytose 15 ,1 53 ,5 24 ,7 6 ,7
Autre 12 ,0 62 ,2 20 ,1 5 ,7

5.13 Principaux problèmes rencontrés lors de la consultation


Les principaux problèmes rencontrés par les usagers dans les formations sanitaire sont par ordre

81
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
d’importance, le non-respect des mesures de prévention de la COVID-19 (38,1%), le manque de
médicament (19,5%), la longue attente (17,6%) pour recevoir les soins de santé et la cherté des soins
(16,5%).

Graphique 5- 5: Problèmes de visites (en %) dans les centres de santé

Non respect des mesures COVID 19 38,1


Pas de médicament 19,5
Attente longue 17,6
Trop cher 13,7
Absence du personnel 3,3
Mauvais accueil 2,5
Traitement inéfficace 2,4
Pas de dispositif de lavage des mains 1,8
Etablissement pas propre 0,5
Autres 0,3
Personnel non qualifié 0,3

0 5 10 15 20 25 30 35 40 45

5.14 Distance parcourue pour la première consultation


La norme OMS recommande que les centres de santé respectent une distance maximale de 5 km par
rapport aux domiciles des patients. En 2021, trois quarts des usagers des centres de santé habitent à
moins de 5 km des centres de santé. Cependant 22,1% des usagers résident à plus de 5 km des centres
de santé. Bien que la proportion des usagers habitants à moins de 5 km des centres de santé soit
élevée, des efforts restent à faire pour atteindre la cible fixée par la Politique Nationale de
Développement Sanitaire (PNDS) qui est de rendre accessibles les services de santé à tous les usagers
à moins de 5 km.

La norme est respectée pour 77,5% des malades en milieu urbain, et pour 74,5% des malades en milieu
rural.

La proportion des usagers résidants à plus de 5 km des centres de santé est élevée dans les régions
de l’Est (42,2%), du Plateau-Central (36,5%) et des Cascades (31,5%). Beaucoup d’efforts restent donc
à faire dans les ces régions pour atteindre la cible du PNDS.

82
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 5- 9: Pourcentage des personnes ayant consulté au premier lieu de consultation
selon la distance parcourue
Moins de 1 De 1 à moins de De 2 à moins de De 5 à moins de 10 Km ou plus
Km 2 Km 5 Km 10 Km

Ensemble 17,8 28,9 31,1 14,7 7,4

Milieu résidence

Urbain 17,2 37,5 32,8 10,2 2,3

Rural 18 25,9 30,5 16,3 9,2

Région résidence

Boucle du Mouhoun 19 35,4 33,8 6,5 5,3

Cascades 25,3 21,3 21,9 21,1 10,4

Centre 15,7 31,5 31,1 17,2 4,5

Centre-Est 26,3 26,1 31,9 8,5 7,2

Centre-Nord 16,7 38,9 25,4 6,3 12,6

Centre-Ouest 30,1 25,7 23,7 10,7 9,9

Centre-Sud 19,7 27,1 33,6 14,9 4,6

Est 5,4 21,8 30,6 28 14,2

Hauts-Bassins 15,5 37,7 33,1 9,9 3,8

Nord 15,3 17,5 44,2 20,2 2,9

Plateau-Central 10,3 19,3 34 30,7 5,8

Sahel 21,3 31,2 22 13,3 12,1

Sud-Ouest 17,2 30,5 31,4 15,5 5,4

5.15 Personnes handicapées


En 2021, avoir des difficultés pour « voir, même avec les lunettes » (4,0%) et pour « marcher ou
monter les escaliers » (3,4%) sont les handicaps qui touchent le plus la population Burkinabè. En
outre, moins d’une personne sur cent (0,6%) de la population affirme ne pas pouvoir « voir, même avec
les lunettes » ou pouvoir « marcher ou monter les escaliers ».

Tableau 5- 10: Répartition (%) des personnes par niveau de difficultés vécues selon le
handicap

Accomplir des
Entendre,
Voir, même Marcher ou tâches Communiquer ou se
même avec Se rappeler ou
avec les monter les comme se faire comprendre e
une aide se concentrer
lunettes escaliers laver ou dans sa langue usuelle
auditive
s'habiller

Non, aucune
95 ,2 97 ,7 95 ,2 97 ,6 98 ,3 98 ,9
difficulté
Oui, un peu de
4 ,0 1 ,9 3 ,4 1 ,8 1 ,1 0 ,8
difficultés
Oui, beaucoup de
0 ,6 0 ,4 1 ,3 0 ,5 0 ,5 0 ,2
difficultés
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Ne peut pas du
0 ,1 0 ,1 0 ,1 0 ,1 0 ,1 0 ,2
tout

83
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
5.16 Couverture par une assurance maladie
En 2021 au Burkina Faso, la proportion d’individus ayant une assurance maladie reste très faible (0,4%).
Ainsi, seulement une personne sur deux cent cinquante possède une assurance maladie. Le constat
reste le même quel que soit le sexe. En effet, cette proportion est de 0,5% chez les hommes et de 0,4%
chez les femmes.

L’accès à l’assurance maladie reste limité quel que soit le milieu de résidence. Toutefois, les habitants
du milieu urbain ont plus accès à ce service que ceux résidant en milieu rural. En effet, 1,5% des
habitants du milieu urbain possèdent une assurance maladie contre seulement 0,1 % pour ceux du
milieu rural.

La couverture de l’assurance maladie est plus élevée dans la région du Centre que dans les autres
régions. En effet, exception faite de cette région où le taux de couverture de l’assurance maladie est de
2,2%, toutes les autres ont un taux de couverture inférieur au taux national.

Par ailleurs, 16,5% des personnes ayant une assurance maladie sont assurées par leur employeur. Ce
taux est de 25,4% pour les personnes qui ont bénéficié des programmes de l’État.

Graphique 5- 6 : Couverture des personnes par une assurance maladie et parrainage

50
40,843,4 41,1 Ensemble Urbain Rural
40
29,8
30 25,423,4
21,1
20 14,712,7 16,518,5

10 6,4
0,4 1,5 0,1 1,6 2,5 2
0
Taux de Privé (individuel) Etat/programme Etat employeur Employeur Autre (à préciser)
couverture
Couverture Parrainage

Conclusion
Les données collectées sur la santé des membres du ménage ont permis d’apprécier l’état de santé de
la population, la fréquentation des formations sanitaires, les difficultés d’accès et le niveau de
satisfaction des usagers de services de santé.
De l’analyse de ces données, il ressort que l’état de santé de la population reste préoccupant en 2021.
La morbidité des 30 derniers jours a affecté 27,9% des Burkinabè et 60,6% ont été empêchés de mener
leurs activités de façon normale. Le paludisme, les problèmes respiratoires et les pathologies gastriques
sont les principales causes de cette morbidité. Il ressort que deux personnes malades sur trois ont
consulté un centre de santé.

84
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 6 : EPARGNE ET CRÉDIT

Points clés

Taux de bancarisation : Un adulte sur dix dispose d’au moins un compte de dépôt ou de crédit dans les
banques, les services postaux, les caisses nationales d'épargne, le Trésor ou dans les Systèmes financiers
décentralisés (SFD).

Taux global d’utilisation des services financiers (TGUSF) ou taux d’inclusion financière : Une
personne sur quatre détient un compte dans les banques, les services postaux, les caisses nationales
d’épargne, le Trésor, les institutions de microfinance, ou est titulaire d’un compte de monnaie électronique.

Population de 15 ans ou plus disposant d’une épargne formelle : Quatre adultes de plus de 15 ans sur
dix détenteurs de compte disposent d’une épargne formelle en 2021.

Demande de crédit : La demande de crédits auprès des institutions financières demeure relativement faible
en 2021. Seulement une personne sur cinquante a sollicité un crédit.

Accès aux crédits : Huit demandes de crédit sur dix ont été accordées en 2021 au cours des douze
derniers mois ayant précédé l’enquête. Les hommes (82,0%) accèdent plus aux crédits que les femmes
(74,6%).

Ce chapitre traite de l’épargne et du crédit et concerne les individus âgés de 15 ans ou plus. Il aborde
successivement la définition des concepts utilisés, la possession de compte, la possession d’épargne et le
crédit en faisant ressortir les raisons de non-sollicitation du crédit, les entraves à l’accès au crédit et le montant
nominal des crédits.

6.1 Définitions des concepts


Epargne : c’est la partie du revenu des ménages qui n'est pas consommée pendant une période donnée.
Taux de bancarisation : au sens large, il se définit comme la proportion de la population des 15 ans ou plus
titulaires d’au moins un compte de dépôt ou de crédit dans les banques, les services postaux, les caisses
nationales d'épargne, le Trésor et les Systèmes financiers décentralisés (SFD). En ne prenant en compte que
les banques, les services postaux et les caisses nationales d'épargne, on aboutit à la définition stricte du taux
de bancarisation. Cependant, dans la mesure où le Trésor et les Systèmes financiers décentralisés (SFD) font
partie intégrante du système financier du pays, il est plus judicieux d’appréhender son développement par le
taux de bancarisation au sens large.
Taux global d’utilisation des services financiers (TGUSF) ou taux d’inclusion financière : il représente
la proportion de la population adulte détenant un compte dans les banques, les services postaux, les caisses
nationales d’épargne, le Trésor et les institutions de microfinance, à laquelle s’ajoute celui des titulaires de
comptes de monnaie électronique.

6.2 Possession de compte et d’épargne


Au Burkina Faso, l’épargne peut être formelle ou informelle. L'épargne formelle est collectée par des
institutions financières reconnues par les pouvoirs publics, tandis que le système informel n’est reconnu que
par les différents acteurs. L’indicateur utilisé pour mesurer le niveau d’utilisation des services bancaires et
financiers est le taux de bancarisation. Il permet de rendre compte aussi du développement du système
financier. Il importe de relever que la présente étude ne concerne pas les caisses nationales d’épargne et le
Trésor public.

85
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
6.2.1 Possession de compte
Au Burkina Faso, le taux de bancarisation demeure faible en 2021. Seulement un adulte sur dix dispose d’au
moins un compte de dépôt ou de crédit dans les banques, les services postaux ou dans les Systèmes
financiers décentralisés (SFD).
Le mobile Banking est le service le plus utilisé tant au niveau national (19%), en milieu rural (13%) qu’en milieu
urbain (33%). En 2018, 22% des adultes utilisaient ce service.

Graphique 6- 2: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant d'au


moins un compte par type de compte

2,9
Carte prepayée 0,6
1,3

33,0
Mobile banking 13,4
19,2

8,8
Caisse rural d'épargne, IMF 2,8
4,6

3,0
Poste 0,7
1,4

16,2
Banque classique 2,1
6,2

Possession d'au moins un compte dans une 24,0


5,1
institution financière ou SFD 10,7

0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,0

Urbain Rural National

Le niveau de bancarisation est faible en 2021 (10,7%). Il est encore plus faible en milieu rural (5%)
comparativement au milieu urbain (24%). Aussi, il y a une disparité de la bancarisation selon le genre ; elle
s’élève à 16,4% pour les hommes contre 6,1% pour les femmes.

Graphique 6- 3: Taux de bancarisation par milieu de résidence et par sexe

24,0

16,4

10,7

5,1 6,1

Urbain Rural Masculin Féminin


Milieu de résidence Sexe National

Au Burkina Faso, une personne sur quatre détient un compte dans les banques, les services postaux, les
caisses nationales d’épargne, le Trésor public, les institutions de microfinance, ou est titulaire d’un compte de
monnaie électronique. Les services financiers sont encore plus utilisés en milieu urbain (45%) qu’en milieu
rural (17%).

86
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 6- 4: Taux global d’utilisation des services financiers par région
50
45,0
45
40
34,9
35
30
25,2
25
20 17,0 17,5
15
10
5
0
Urbain Rural Masculin Féminin
Milieu de résidence Sexe National

Des disparités existent entre les régions où le taux global d’utilisation des services financiers varie
de 49% dans la région du Centre à 10% dans la région de l’Est.

Carte 6- 1: Taux global d’utilisation des services financiers par région

6.2.2 Possession d’épargne


Au Burkina Faso, 44% des détenteurs de compte disposent d’une épargne formelle en 2021. Cette proportion
est de 52% en milieu urbain alors qu’elle est de 36% en milieu rural (graphique 6.3). La proportion des
détenteurs disposant d’une épargne est de 54% dans les régions du Centre-Ouest et du Centre et de 21%
dans la région du Centre-Nord (carte 6.2).

87
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 6- 5: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant
d’une épargne formelle
60
51,7
50 48,3
44,0

40 37,2
Pourcentage

35,5

30

20

10

0
Masculin Féminin Urbain Rural
Sexe Milieu de residence National

Carte 6- 2: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant d’une


épargne formelle

La disparité s’observe également selon le sexe et le niveau d’instruction (graphique 6.3). La moitié des
hommes (48,3%) détenant un compte disposent d’une épargne alors que deux femmes sur cinq (37,2%)

88
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
détenant un compte ont une épargne. Les détenteurs de compte de niveau d’instruction supérieur sont ceux
qui épargnent le plus (66%).

Graphique 6- 6 : Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus disposant


d’une épargne formelle par sexe et par niveau d’instruction
65,5

51,2
48,3 47,9
42,8
37,2 38,0

Masculin Féminin Aucun niveau Primaire Post-primaire Secondaire Supérieur


Sexe Niveau d'instruction

6.2.3 Demande de crédit


Au Burkina Faso, la demande de crédits auprès des institutions financières demeure relativement faible en
2021. Seulement une personne sur cinquante a sollicité un crédit. Elle est moins fréquente en milieu rural
(1,9%) et chez les femmes (1,9%).

Graphique 6- 7: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans et plus ayant sollicité


un crédit dans une institution par région et par milieu de résidence et par sexe
4,0

3,5 3,4
3,1
3,0

2,5 2,4

2,0 1,9 1,9

1,5

1,0

0,5

0,0
Masculin Féminin Urbain Rural
Sexe Milieu de residence National

Comparativement aux autres régions, elles sont moins courantes au Sahel (0,7%) et dans la Boucle du
Mouhoun (0,8%).

89
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Carte 6- 3: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans et plus ayant sollicitée un
crédit dans une institution par région

Les entraves à la demande de crédit désignent toutes les raisons évoquées par les personnes pour justifier la
non sollicitation d’un crédit auprès d’une institution financière au cours des 12 derniers mois.
Ainsi, une grande proportion des personnes n’a pas sollicité de crédit auprès des institutions financières pour
plusieurs raisons. La raison la plus citée est la non-nécessité du crédit (31%) suivie de l’incapacité de
rembourser (29%). Les mêmes raisons prévalent selon le milieu de résidence.

90
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 6- 8 : Répartition (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus selon la
raison de non demande de crédit par milieu de résidence

30,5
Pas nécessaire 28,3
36,0
29,4
Pas capable de rembourser 29,3
29,7
18,3
Ne remplit pas les conditions 17,7
19,9
6,4
N'est pas sûr d'en obtenir un 6,5
6,3
8,2
Ne sait pas comment demander 10,1
3,6
1,1
Taux d'intérêts élevés 0,7
2,2
0,5
Autre crédit en cours 0,1
1,3
0,4
Autres raisons 0,4
0,6
5,1
Absence d'institutions de crédit 7,0
0,5

Banque ou institution de crédit inaccessible à 0,1


0,1
cause de la covid19 0,1

0 5 10 15 20 25 30 35 40

National Rural Urbain

6.2.4 Accès aux crédits


L’accès aux crédits renvoie aux demandes de crédit ayant abouti à l’octroi du crédit. Il concerne donc les prêts
accordés sur demande par les établissements financiers formels au cours des 12 derniers mois ayant précédé
l’enquête.
Au Burkina Faso, huit demandes de crédit sur dix ont été accordées en 2021. Les hommes (82,0%) accèdent
plus aux crédits que les femmes (74,6%). Aussi, que ce soit en milieu urbain ou rural, trois demandeurs sur
quatre obtiennent leur crédit.

91
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 6- 9: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus ayant accès au
crédit selon le milieu de résidence et le sexe
100

80,5 82,0
77,6 78,8
80 74,6

60

40

20

0
Urbain Rural Masculin Féminin
Milieu de residence Sexe National

Par contre les disparités entre les régions sont plus prononcées. Pendant que 96 demandeurs sur 100 ont
accès aux crédits dans la région du Centre-Ouest, ils ne sont que 47 sur 100 au Centre-Est.

Graphique 6- 10: Proportion (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus ayant accès
au crédit selon la région de résidence

100 96,1
90,5
81,0 82,1 82,6 83,8
77,7 80,2
80 72,6 75,5

60 55,7
50,4
47,4

40

20

92
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Au Burkina Faso, les demandes de crédits non accordées sont dues à plusieurs raisons. La raison la plus
fréquente tant au niveau national (39%), en milieu urbain (34%) qu’en milieu rural (41%) est l’absence de
garantie.

Graphique 6- 11: Répartition (en pourcentage) de la population de 15 ans ou plus selon la


raison de non accès aux crédits par milieu de résidence

41,4
38,5

33,7

28,7 2…
27,9

13,6
11,9
10,7
9,3 9,9 9,7 8,8
7,9
6,7
4,5 4,8
3,6

Pas de garantie Dossier en cours Autre crédit en Dossier Autres raisons Capacité de
de traitement cours incomplet remboursement
faible

Urbain Rural National

6.2.5 Source de financement des crédits


En 2021, ce sont les banques et les ménages qui ont le plus financé les prêts accordés aux demandeurs. En
effet, respectivement 27% et 25% des demandeurs ont obtenu un prêt auprès de ces sources de financement
(graphique 6.10).
Si, en milieu urbain (54%), les banques ont plus financé les prêts, ce sont les ménages qui ont le plus contribué
dans le financement des prêts en milieu rural (36%). Par ailleurs, pendant que les hommes (34%) ont obtenu
leur crédit auprès des banques, ce sont les caisses rurales et les institutions de microfinance (28%) qui ont le
plus financé les crédits des femmes (graphique 6.11).

93
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 6- 12: Répartition (%) de la population ayant contractée un prêt selon la source du
dernier emprunt par milieu de résidence
60 54,2
50
40 36,1
27,3 25,3 23,7
30
20,7 22,5
20 14,4
9,6 8,9 10,9 10,2
5,7 8,0
10 4,7 3,5 1,9
2,6 3,1 1,7 1,8 1,5 1,0 0,0
0,6 0,0
0,0 0,0
0,0
0,0 0,0
0,0
0,0 0,0
0,0
0,0
0

Urbain Rural National

Graphique 6- 13: Répartition (en pourcentage) de la population ayant contractée un prêt selon
la source du dernier emprunt par sexe
40
34,2
35
30 28,3 27,6

25
20,5 19,2 19,5
20 16,5
15
10,6
10 6,4 5,5
3,7
5 2,3 1,91,6 0,71,4 0,00,0 0,00,0 0,00,0 0,00,0
0

Masculin Féminin

6.2.6 Principales utilisations faites des crédits


Au Burkina Faso, les prêts accordés en 2021 ont principalement servi à l’achat des intrants agricoles (23%)
ou à financer une affaire existante (17%). La consommation du ménage (15%) vient en troisième position de
l’utilisation des emprunts.

94
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
En milieu urbain, l’acquisition des terrains, la construction et la réparation de maison (30%) constituent la
principale utilisation des emprunts, tandis qu’en milieu rural, c’est dans l’achat des intrants que les
bénéficiaires des crédits dépensent le plus.

Graphique 6- 14: Répartition (en pourcentage) de la population selon la principale utilisation du


crédit obtenu par milieu de résidence par milieu de résidence

Intrants agricoles (semences, engrais, aliments 2,9


35,3
pour bétail, etc.) 22,5
Financer affaire existante (équipement, matières 19,8
14,9
premières) 16,9
7,6
Consommation du ménage 20,2
15,2
Acquisition de terrain; Contruction, réparation de 28,9
3,4
maison 13,5
13,1
Démarrer une affaire, entreprise 8,9
10,6
2,9
Santé 9,3
6,7
9,7
Educaton 4,1
6,3
Equipement du ménage (voiture, appareil 10,0
1,5
ménager, etc.) 4,8
3,3
Evènements/ Fêtes 1,1
1,9
1,8
Autre utilisation 1,0
1,3
0,2
Chocs 0,4
0,3
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0 30,0 35,0 40,0

Urbain Rural National

Les hommes et les femmes utilisent principalement leurs crédits dans l’achat des intrants agricoles. Si la
consommation du ménage est la deuxième utilisation des crédits des hommes, les femmes financent en
deuxième lieu une affaire existante avec leurs crédits.

95
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 6- 15: Répartition (en pourcentage) de la population selon la principale utilisation du
crédit obtenu par sexe

Intrants agricoles (semences, engrais, aliments 21,6


pour bétail, etc.) 23,8
Consommation du ménage 19,0
9,1
Acquisition de terrain; Contruction, réparation de 17,8
maison 6,7
Financer affaire existante (équipement, matières 14,7
premières) 20,3
Démarrer une affaire, entreprise 7,9
14,8
Educaton 7,0
5,2
Santé 5,9
8,1
Equipement du ménage (voiture, appareil 4,4
ménager, etc.) 5,6
Autre utilisation 0,8
1,9
Evènements/ Fêtes 0,5
4,2
Chocs 0,4
0,2
0,0 5,0 10,0 15,0 20,0 25,0

Masculin Féminin

6.2.7 Montant nominal du dernier prêt


Au Burkina Faso, le montant nominal moyen du dernier prêt accordé est fonction du niveau de vie. En effet
plus l’individu est non pauvre plus le prêt accordé est élevé. Les 20% des personnes les plus pauvres ont un
prêt nominal moyen de 217330 FCFA tandis que les 20% les plus riches ont un prêt nominal moyen accordé
de 375725 FCFA.

Graphique 6- 16: Répartition du montant nominal moyen (en FCFA) du dernier prêt selon le
niveau de vie

Cinquième quintile 375725,2

Quatrième quintile 292123,8

Troisième quintile 263138,8

Deuxième quintile 233122,8

Premier quintile 217330,5

0 50000 100000 150000 200000 250000 300000 350000 400000

96
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Le montant nominal moyen du dernier prêt varie en fonction de la région. Il est plus élevé dans la région du
Centre (377 960 FCFA) contre 215 000 FCFA dans le Sahel.
Ce montant varie également en fonction du milieu de résidence. En effet, il est plus élevé pour les personnes
vivant en milieu urbain (363 708 FCFA) qu’en milieu rural (266 294 FCFA).

Graphique 6- 17: Montant nominal moyen (en milliers de FCFA) du dernier prêt par région et
par milieu de résidence
377,9609 368,5389
352,7289 363,708
351,8123
332,3516
326,5815 331,7421 330,2888
299,2623 301,3929
278,0323 273,1689 282,2427
266,2948

Sud-Ouest
Cascades

Centre

Urbain
Sahel
Centre-Ouest
Centre-Est

Centre-Sud
Boucle du Mouhou

Est

Hauts-Bassins

Nord
Centre-Nord

Rural
Plateau-Central
Le montant nominal moyen du dernier prêt est plus élevé chez les hommes (345396 FCFA) et augmente avec
le niveau d’instruction.

Graphique 6- 18: Montant nominal moyen (en milliers de FCFA) du dernier prêt par sexe et par
niveau d’instruction

396,3565 400,7623
360,6338
345,3967

296,3255
284,3414
261,0936

Masculin Féminin Aucun niveau Primaire Post-primaire Secondaire Supérieur

Conclusion
Au Burkina Faso, le taux de bancarisation est très faible et les demandes de crédit sont peu fréquentes. Bien
que le taux d’accès aux crédits soit relativement élevé, il existe cependant quelques entraves à l’accès aux
crédits dont la plus fréquente est l’absence de garantie. Les crédits octroyés aux individus sont majoritairement
financés par les banques et les ménages. Les crédits obtenus sont, dans la plupart des cas, utilisés pour
l’achat des intrants agricoles.
Que ce soit dans la possession de compte ou d’épargne, l’accès aux crédits, il existe une disparité entre les
régions d’une part et entre les hommes et les femmes d’autre part. Les femmes épargnent moins que les
hommes et le montant nominal de leur crédit est généralement inférieur à celui des hommes.
97
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 7 : ENTREPRISES FAMILIALES NON AGRICOLES

Points clés

Possession d’une entreprise familiale : La moitié, soit 49,6% des ménages possèdent au moins une
entreprise familiale en 2021.

Effectif total des entreprises familiales non agricoles créées : 2,14 millions créées pour la plupart
sur fonds propres.

Régime des entreprises créées : Elles sont majoritairement informelles (98,9%). Seulement 2,4% des
entreprises créées tiennent une comptabilité écrite, 1,8% disposent d’un numéro IFU et 0,6% ont déclaré
leurs employés à la CNSS. Certaines parmi elles, soit 39,1% fonctionnent de façon irrégulière à cause
du caractère saisonnier des activités qu’elles exercent.

Revenu global généré par ces entreprises familiales non agricoles : Les activités des entreprises
familiales non agricoles ont généré un revenu global de 1 900 milliards de F CFA. Ce revenu est généré
par un nombre moyen de 180 travailleurs pour 100 entreprises familiales non agricoles. Les employés
salariés des entreprises familiales gagnent en moyenne 21 639 F CFA par mois.

Les entreprises familiales non agricoles jouent un rôle important dans l’amélioration des conditions de vie
des ménages au Burkina Faso. Elles permettent aux ménages d’améliorer leurs revenus et d’occuper
leurs membres d’une part et d’autre part de contribuer à la réduction du chômage au sein de la population.
De ce fait, il est important d’analyser les caractéristiques de ce type d’entreprise ainsi que leur impact sur
les conditions socioéconomiques des ménages. C’est pourquoi une importance particulière est accordée
à la thématique « entreprises familiales non agricoles » permettant de faire l’état des lieux de
l’entrepreneuriat des ménages au Burkina Faso en 2021.

7.1 Concepts et définitions


Entreprise familiale non agricole : toute unité de transformation, de commerce ou de service exerçant
dans une branche autre que l’agriculture et dont un ou plusieurs membres du ménage en détiennent tout
ou une partie du capital, de la propriété et/ou du contrôle.
Entreprise individuelle : une entreprise individuelle se définit comme une entreprise familiale dans
laquelle le patron est totalement responsable à titre personnel du patrimoine de l’entreprise.

7.2 Ménages possédant au moins une entreprise familiale non agricole


Le nombre de ménages burkinabè qui possèdent au moins une entreprise familiale non agricole est estimé
à 1,6 million et représente 49,6% de l’ensemble des ménages en 2021. Comparativement à 2018, elle est
en légère amélioration de 0,5 point de pourcentage, malgré le contexte sécuritaire difficile.
La proportion de ménages possédant au moins une entreprise familiale non agricole est plus élevée en
milieu urbain, soit six ménages sur dix (61,6%) en milieu urbain contre quatre ménages sur dix en milieu
rural (44,5%). Entre 2018 et 2021, la proportion a augmenté de 15,6 points de pourcentage en milieu urbain
alors qu’elle est restée constante en milieu rural.
Des disparités sont observées entre les régions en termes de proportion de ménages possédant au moins
une entreprise familiale non agricole. Ainsi, la région du Plateau central possède la proportion la plus élevée
(67,9%) et la région du Sahel la moins élevée (24,2%).

99
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 7- 1: Proportion (%) des ménages possédant au moins une entreprise non agricole
(ENA) par région et par milieu de résidence

100000 89568
90000
80000 73065
Pourcentage

70000
60000
50000
37642
40000
27727
30000 21684 23424
20198
18647 16596 19613
20000
10000 0
0

7040000000

4580000000

7640000000

7780000000

4440000000
189000000000

128000000000

92400000000
61000000000

11000000000
Dépensetotale

188700000000188700000000
Niveaudedésagrégation
Selonlemilieuderésidence
National UrbainRural
Selonlarégionadministrative
BoucleduMouhoun
Cascades Centre
Centre-Est
Centre-Nord
Centre-Ouest
Centre-Sud
derésidence

7.2.1 Démographie des entreprises familiales non agricoles

[Link] Entreprises familiales non agricoles par région et par milieu de résidence selon
le statut de pauvreté au Burkina Faso
Les ménages détiennent 2 140 562 entreprises familiales non agricoles en 2021 dont 61,0% sont en
milieu rural. Cette part importante en milieu rural est proportionnelle au nombre de ménages qui y
résident. Le nombre des entreprises familiales non agricoles a très peu varié entre 2018 et 2021. Il a
augmenté de 3 599 en 2021.
La région du Centre (24,7%) abrite à elle seule, le quart du nombre total des entreprises familiales non
agricoles. Les régions du Sahel et des Cascades détiennent les proportions les plus faibles avec
respectivement 2,2% et 2,9% des entreprises familiales non agricoles du pays.
En termes d’évolution entre 2018 et 2021, la proportion est en baisse de 17,5% dans la Boucle du
Mouhoun, de 40,1% dans les cascades, de 32,3% dans le Centre-Est, de 27,3% à l’Est, de 28,3% dans
les Hauts-Bassins, de 36,4% au Sahel et de 18,8% au Sud-Ouest. Par contre, pour les autres régions, il
est à la hausse. Cette hausse est plus importante dans les régions du Centre-Ouest (58,6%) et du Centre-
Nord (88,7%). Pour la région du Centre, l’augmentation vaut 24,0%.
La grande majorité des entreprises sont détenues par des ménages non pauvres au Burkina Faso. En effet,
sur les 2 140 562 entreprises familiales non agricoles, 73,6% des entreprises sont détenues par des
ménages non pauvres. Cette tendance est confirmée selon le milieu de résidence et la région de résidence
des ménages à l’exception de la région du Sahel où 51,9% des entreprises sont détenues par des ménages
pauvres. Par ailleurs, en milieu urbain le nombre de ménages pauvres propriétaires d’au moins d’une
entreprise non agricole est très faible (seulement 99 591 entreprises sur un total de 834 130 de ce milieu).
La quasi-totalité des entreprises non agricoles sont détenues par les non pauvres dans le milieu urbain
d’une manière générale (environ 88,9%) et plus particulièrement dans la région du centre (91,1%).

100
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 7- 1: Nombre d'entreprises non agricoles par région, milieu de résidence selon le
Statut de pauvreté
Statut de pauvreté
Non pauvre Pauvre Ensemble

Ensemble
1 575 478 565 084 2 140 562
Milieu résidence

Urbain
734 539 99 591 834 130
Rural
840 939 465 493 1 306 432
Région résidence

Boucle du Mouhoun
86 258 55 871 142 129
Cascades
51 749 9 545 61 294
Centre
481 877 46 847 528 723
Centre-Est
109 369 21 713 131 082
Centre-Nord
128 482 64 884 193 366
Centre-Ouest
161 138 74 294 235 432
Centre-Sud
69 863 31 796 101 659
Est
59 434 26 155 85 589
Hauts-Bassins
185 203 49 663 234 866
Nord
68 969 64 758 133 727
Plateau-Central
82 605 57 105 139 710
Sahel
22 717 24 542 47 259
Sud-Ouest
67 815 37 910 105 725

101
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 7- 2: Nombre d'entreprises non agricoles (en millions) par milieu de résidence

1800000 1575478
1600000
1400000
1200000
1000000 840939
734539
800000
565084
600000 465493
400000
200000 99591
0
Ensemble Urbain Rural

Nonpauvre Pauvre

Graphique 7- 3: Nombre d'entreprises familiales non agricoles par région administrative

Sud-Ouest

Sahel

Plateau-Central

Nord

Hauts-Bassins

Est

Centre-Sud

Centre-Ouest

Centre-Nord

Centre-Est

Centre

Cascades

BoucleduMouhoun

0 100000 200000 300000 400000 500000 600000

Pauvre Nonpauvre

[Link] Entreprises familiales non agricoles par sexe, niveau d’instruction, branche
d’activité et quintile de niveau de vie selon le statut de pauvreté au Burkina Faso
Au Burkina Faso, la plupart des entreprises familiales non agricoles sont détenues par des ménages dirigés
par des femmes. En effet, sur 2,14 millions d’entreprises, 1 132 777 soit 52,9% des entreprises appartiennent
aux ménages dirigés par des femmes. Les entreprises familiales non agricoles sont en majorité la propriété
des ménages dirigés par des personnes sans niveau d’instruction (1 484 561, soit 69,4%).
La majorité des entreprises sont détenues par des ménages qui ont un niveau de vie élevé ou très élevé,
quels que soient le sexe, le niveau d’instruction et la branche d’activité du chef de ménage. Le nombre
d’entreprises augmente avec le niveau de vie.

102
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 7- 4: Nombre d'entreprises familiales non agricoles par sexe, niveau d’instruction et
quintile de niveau de vie
1600000 1484561
1400000
1200000 1132777
1004348
1000000
800000 657916
541019
600000 430370
376092
400000 308539
184814 202719
200000 49435 45660
0

Le plus pauvre

Pauvre

Le plus riche
Riche
Masculin

Aucun
Féminin

Superieur
Postprimaire
Primaire

Secondaire

Non pauvre
Sexe Niveau d'instruction du CM Quintile de niveau de vie

Presque la moitié (48,9%) des entreprises familiales non agricoles exercent dans le commerce, suivi des
entreprises exerçant dans les activités de fabrication (23,5%), puis les activités de services personnels
(9,5%). Il s’en suit les activités extractives (5,9%), les activités de construction (5,0%) et les hôtels et
restaurants (4,0%).

Graphique 7- 5: Répartition des entreprises non agricoles selon le type d'activité

Commerce de gros, détail et réparation… 1 047 290


Activités de fabrication 502 950
Activités de services personnels 202 667
Activités extractives 123 746
Construction 106 790
Hôtel et restauration 85 368
Transport, activités des auxiliaires de… 18 017
Activités de santé et d'action sociale 16 999
Immobilier, locations et services aux… 13 139
Activités financières 8 952
Éducation 4 435
Activités récréatives, culturelles et… 4 365
Eau, électricité, gaz 3 670
Activités des ménages en tant… 1 429
Activités des organisations… 243
Activités associatives 233
Assainissement, voirie et gestion des… 87
0 500000 1000000 1500000

103
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
7.2.2 Caractéristiques des entreprises familiales non agricoles
Quatre éléments essentiels permettent de caractériser les entreprises familiales non agricoles : le nombre
moyen d’employés, la principale source de financement au démarrage, la forme juridique et les éléments
d’identification.

[Link] Entreprises familiales non agricoles et nombre moyen d’employés


Une entreprise familiale non agricole au Burkina Faso emploie en moyenne 1,8 personne. Cette moyenne
est de 2 personnes en milieu urbain. Au niveau régional, le nombre moyen d’employés par entreprise varie
de 1,3 correspondant à la région du Centre-Sud à 2,1 personnes pour la Boucle du Mouhoun.

Graphique 7- 6: Nombre moyen d'employés dans les entreprises familiales non agricoles par
région et par milieu de résidence
3 2,1 2 2
Nombre d'employés

1,9 1,7 1,7 1,7 1,9 1,9 1,8 1,7 1,8


2 1,6 1,6 1,5
1,3
2
1
1
0

Urbain
Centre-Ouest

Hauts-Bassins

Rural

National
Centre

Sahel
Centre-Est
Boucle du

Est
Cascades

Centre-Sud

Sud-Ouest
Centre-Nord

Nord

Plateau-Central
Mouhoun

Région administrative Milieu de


résidence

[Link] Entreprises familiales non agricoles selon la principale source de financement


de démarrage
La majorité des entreprises familiales non agricoles fonctionnent sur fonds propre. C’est la source de
financement de 82,5% des entreprises. Il est suivi de l’aide d’un parent au pays (13,6%) et des prêts d’un
autre ménage (1,7%). Les tontines (0,4%) constituent également de plus en plus un mode de financement
des entreprises familiales, bien qu’encore à faible pourcentage. Aussi, quels que soient le milieu de
résidence et la région, le financement sur fonds propre demeure la principale source de financement.

104
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 7- 7: Répartition (en %) des entreprises familiales selon la principale source de
financement de

Fonds propre 82,5

Aide d'un Parent au pays 13,6

Prêt d'un autre ménage 1,7

Prêt bancaire ou IMF 0,6

Aide d'un Parent de… 0,5

Prêt d'une tontine 0,4

Autre 0,3

Prêt/Appui d'une coopérative 0,3

Prêt/Appui d'une ONG 0,1

0 20 40 60 80 100

[Link] Entreprises familiales selon la forme juridique


La quasi-totalité des entreprises familiales non agricoles sont individuelles. Quel que soit le milieu, la région
de résidence, la proportion des entreprises familiales non agricoles individuelles est très élevée.

Tableau 7- 2: Répartition (en %) des entreprises familiales selon la formule juridique par milieu
de résidence, par région, par sexe et alphabétisation du chef de ménage
Coopératives /
Entreprise Groupements
Autre
individuelle d'Intérêts
Economiques
Ensemble 99,0 0,6 0,4
Milieu résidence
Urbain 99,1 0,9 0,0
Rural 98,9 0,4 0,7
Région
administrative
Boucle du
100,0 0,0 0,0
Mouhoun
Cascades 100,0 0,0 0,0
Centre 99,1 0,9 0,0
Centre-Est 98,9 1,1 0,0
Centre-Nord 99,5 0,5 0,0
Centre-Ouest 99,8 0,2 0,0
Centre-Sud 99,9 0,1 0,0
Est 89,1 0,0 10,9
Hauts-Bassins 99,4 0,6 0,0
Nord 97,8 2,2 0,0
Plateau-Central 99,9 0,1 0,0
Sahel 99,5 0,5 0,0
Sud-Ouest 99,9 0,1 0,0

105
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
[Link] Entreprises familiales disposant des éléments d'identification
Les entreprises familiales non agricoles se caractérisent par un niveau de formalisation très faible en
2021. Cela se traduit par la quasi-inexistence de la sécurité sociale pour les employés, le non tenu d’une
comptabilité formelle et la non déclaration de l’entreprise auprès des autorités compétentes,
particulièrement celles fiscales. En effet, seulement 1,8% des entreprises familiales non agricoles
possèdent un numéro d’Identifiant fiscal unique (IFU), 2,4 % tiennent une comptabilité écrite et 0,6%
déclarent tout ou une partie de leur personnel à la CNSS.
Les proportions les plus importantes s’observent en milieu urbain. En effet, 3,6% des entreprises
familiales ont un numéro IFU en milieu urbain contre seulement 0,6% en milieu rural. La région du
Centre se démarque des autres régions avec les proportions les plus élevées en termes de possession
de documents d’identification. Aussi, le niveau d’instruction joue un rôle important dans la possession
de documents d’identification. En effet, 29,7% des entreprises appartenant à des chefs de ménage
ayant un niveau d’instruction supérieur, tiennent une comptabilité écrite, 27,0% possèdent un numéro
IFU et 11,5% ont déclaré à la CNSS leurs employés. Par contre pour les sans niveau d’instruction, ces
indicateurs sont respectivement de 1,0%, 0,4% et 0,1% en 2021.
Selon le sexe, les entreprises familiales appartenant aux hommes (3,7% ont une comptabilité écrite ;
3,3% ont un IFU) sont plus formalisées que celles appartenant aux femmes (1,1% ont une comptabilité
écrite ; 0,5% ont un IFU).

Tableau 7- 3: Proportion (%) d'entreprises familiales non agricoles disposant des éléments
d'identification par milieu de résidence, par région, par sexe et niveau d’instruction du chef de
ménage
Oui, Oui, non Un EF dont
transmis transmis IFU les
e à la e à la employé
DGI DGI s sont
déclarés
à a
CNSS
Ensemble 1,2 1,2 1,8 0,6
Milieu résidence
Urbain 2,4 1,6 3,6 1,3
Rural 0,4 0,9 0,6 0,2
Région
administrative
Boucle du 0,7 0,0 0,8 0,1
Mouhoun
Cascades 0,0 0,3 0,3 0,4
Centre 3,1 1,6 4,2 1,3
Centre-Est 1,2 2,2 1,8 0,6
Centre-Nord 0,2 0,9 0,2 0,2
Centre-Ouest 0,2 0,5 0,8 0,1
Centre-Sud 0,2 1,5 0,5 0,4
Est 0,3 2,2 1,6 0,3
Hauts-Bassins 1,1 1,6 2,4 1,4
Nord 0,4 0,9 0,4 0,9
Plateau-Central 0,2 0,1 0,3 0,0
Sahel 0,4 1,1 0,5 0,0
Sud-Ouest 0,8 1,6 1,1 0,0
Sexe
Masculin 2,1 1,6 3,3 1,2
Féminin 0,4 0,7 0,5 0,1
Niveau d’instruction du CM
Aucun niveau 0,2 0,8 0,4 0,1
Primaire 1,0 1,2 1,9 1,2
Secondaire 1 2,5 3,2 5,3 0,7
Secondaire 2 4,5 1,3 5,5 3,2

106
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Supérieur 24,6 5,1 27, 11,5
0

7.2.3 Raisons de non-fonctionnement continu des entreprises familiales


Toutes les entreprises familiales n’ont pas fonctionné de manière continue au cours de 2021. Ce
disfonctionnement a touché 39,1% des entreprises familiales au niveau national, pour plusieurs raisons.
La principale raison est la saisonnalité des activités de la plupart de ces entreprises. Certaines
entreprises, soit 12,0% l’ont été du fait qu’elles ont été mises en activité au cours de l’année d’enquête.
Le manque de clients, manque de matières premières/problèmes techniques et problèmes de santé
représentent 18,0%. Les entreprises non fonctionnelles en continu pour cause de faillite représentent
1,5%.

Graphique 7- 8: les raisons de non- fonctionnement continu des entreprises familiales

Activité saisonnière 62,4


Créée au cours de l'année 12,0
Manque de clients 6,5
Manque matières 1ères/Problèmes techniques 5,9
Problèmes de Santé 5,6
Autres 3,3
Faillite 1,5
Insécurité, délinquance, banditisme 1,2
Fermée momentanément à cause de la… 0,7
Problèmes d'approvisionnement à cause de la… 0,4
Fermée pour non paiement d'impôts 0,3
Manque main-d'œuvre 0,2
0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0

7.2.4 Problèmes rencontrés par les entreprises familiales non agricoles


Les entreprises familiales non agricoles sont confrontées à plusieurs difficultés de fonctionnement. Parmi celles-
ci, le manque de clientèle et la forte concurrence constituent les principaux problèmes et touchent respectivement
49,7% et 49,5% des entreprises familiales. Les difficultés d'approvisionnement en matières premières (28,8%) et
d’accès au crédit (28,6%) sont aussi évoquées par les entreprises.

107
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 7- 9: Proportion (%) des entreprises familiales non agricoles selon le type de
difficultés vécues

Manque de clientèle pour autres raisons 49,7


Trop de concurrence 49,5
Difficultés d'approvisionnement en matières… 28,8
Difficultés d'accès au crédit 28,6
Manque de place, de local adapté 21,8
Problèmes liés à l'insécurité 20,4
Manque de clientèle à cause de la COVID-19 18,2
Difficultés d'approvisionnement en matières… 13,3
Difficultés d'accès aux équipements 12,3
Problèmes liés à une autre infrastructure (eau,… 10,4
Problèmes d'accès à l'électricité 10,1
Limite des heures d'opérations par les autorités… 9,3
Problèmes de coupures d'électricité 7,4
Augmentation des frais de fonctionnement pour… 4,5
Difficultés de Recrutement de personnel qualifié 3,8
Difficultés techniques de fabrication 3,7
Difficultés techniques de gestion 3,1
Problèmes liés à l'internet 1,1
0 10 20 30 40 50 60

7.2.5 Volume de la main d’œuvre dans les entreprises familiales non agricoles
La plupart des employés dans les entreprises familiales non agricoles sont des travailleurs familiaux. Pour
une estimation de 3,9 millions d’employés, 71,4% sont des travailleurs familiaux. Les entreprises emploient
pour leur fonctionnement 75,7% des travailleurs familiaux du milieu rural et 65,5% de ceux du milieu urbain.
Cette forte représentation des travailleurs familiaux dans les entreprises familiales non agricoles est aussi
observée dans toutes les régions. Ils sont plus utilisés dans les régions du Centre-Sud (87,4%), du Sud-
Ouest (83,7%) et du Plateau-central (83,5%). Cependant, dans les régions du Centre (63,6%), des Hauts-
Bassins (65,7%) et du Sahel (66,9%), le poids de la main d'œuvre familiale reste en dessous de la moyenne
nationale.
Les entreprises dirigées par des femmes emploient plus de travailleurs familiaux que celles dirigées par
des hommes.

Tableau 7- 4: proportion (%) de la main d’œuvre familiale dans la main d’œuvre des entreprises
non agricole par milieu de résidence, région de résidence et sexe
Main Main Poids (%) de
d'œuvre d'œuvre la main
totale familiale d'œuvre
familiale
dans la main
d'œuvre
totale
Ensemble 3 874 217 2 764 536 71,4
Milieu résidence
Urbain 1 637 685 1 072 423 65,5
Rural 2 236 533 1 692 113 75,7
Région résidence
Boucle du Mouhoun 301 381 214 599 71,2
Cascades 118 296 84 249 71,2
Centre 1 064 333 676 785 63,6
Centre-Est 225 246 165 525 73,5
Centre-Nord 318 391 230 791 72,5
108
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Centre-Ouest 412 393 318 281 77,2
Centre-Sud 133 457 116 705 87,4
Est 148 062 104 537 70,6
Hauts-Bassins 439 138 288 518 65,7
Nord 218 860 166 102 75,9
Plateau-Central 211 698 176 861 83,5
Sahel 90 551 60 590 66,9
Sud-Ouest 192 412 160 994 83,7
Sexe
Masculin 3 499 858 2 439 985 69,7
Féminin 374 359 324 551 86,7

7.2.6 Volume des salaires versés par les entreprises familiales non agricoles aux
travailleurs
Les entreprises familiales non agricoles ont versé aux salariés la somme mensuelle de 46,318 milliards
de FCFA. Chaque salarié gagne en moyenne 21 639 FCFA par mois. Ce salaire moyen par mois atteint
34 382 FCFA en milieu urbain contre seulement 13 502 FCFA en milieu rural.
Au niveau régional, les entreprises familiales non agricoles payent relativement mieux les travailleurs
dans les régions du Centre (39 834 FCFA), des Hauts-Bassins (27 651 FCFA) et dans la Boucle du
Mouhoun (27 665 FCFA). Par contre, dans les régions du Centre-Sud (3 912 FCFA) et du Sud-Ouest
(6 910 FCFA) les salaires sont très bas.

Tableau 7- 5: Salaire mensuel moyen dans les entreprises non agricole par région et selon le
milieu de résidence
Milieu résidence Ensemble
Urbain Rural
Ensemble 34 382 13 502 21 639
Région résidence
Boucle du Mouhoun 13 452 29 674 27 665
Cascades 12 801 6 390 8 932
Centre 43 769 24 443 39 834
Centre-Est 11 148 12 028 11 800
Centre-Nord 64 384 12 803 18 311
Centre-Ouest 11 518 17 280 16 144
Centre-Sud 8 160 3 239 3 912
Est 19 713 10 586 12 038
Hauts-Bassins 35 749 9 499 27 651
Nord 12 126 8 768 9 766
Plateau-Central 14 564 9 355 9 894
Sahel 8 400 12 442 11 620
Sud-Ouest 30 495 2 604 6 910

7.2.7 Charges, recettes et EBE des entreprises familiales non agricoles au cours
des 12 derniers mois selon la région de résidence
Les entreprises familiales non agricoles ont généré un excédent brut d’exploitation (EBE) de
2 686 milliards de FCFA. En moyenne, en une année d’exploitation, une entreprise familiale burkinabè
gagne un excédent brut de 1 241 280 FCFA. Cet EBE est estimé à 103 440 FCFA par mois et par
entreprise.
Les entreprises familiales non agricoles exerçant en milieu urbain sont plus rentables que celles du milieu
rural. Celles qui sont en milieu urbain affichent un EBE de 1 728 562 en moyenne par an. Cet EBE est plus
de 2 fois que celui des entreprises qui résident en milieu rural.
Les entreprises familiales non agricoles des régions du Centre et du Centre-Est sont plus rentables
comparativement à celles des autres régions. L’EBE est davantage relativement plus faible pour les
entreprises des régions du Sud-Ouest et du Centre sud.
109
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 7- 6: volume des charges, recettes et EBE des entreprises familiales non agricole par
région
Charge Recette EBE EBE
annuelle annuelle annuel mensuel
moyen moyen moyen moyen
par par par par
entreprise entreprise entreprise entreprise
Ensemble 2 120 914 3 362 194 1 241 280 103 440
Milieu de
résidence
Urbain 3 168 572 4 897 134 1 728 562 144 047
Rural 1 452 006 2 382 167 930 161 77 513
Région
résidence
Boucle du
1 614 376 2 976 952 1 362 576 113 548
Mouhoun
Cascades 657 620 1 230 385 572 765 47 730
Centre 3 124 397 5 150 662 2 026 265 168 855
Centre-
3 698 092 5 797 507 2 099 415 174 951
Est
Centre-
1 304 511 2 031 901 727 390 60 616
Nord
Centre-
1 613 805 2 944 767 1 330 962 110 913
Ouest
Centre-
1 553 976 1 989 471 435 495 36 291
Sud
Est 1 366 825 2 128 966 762 142 63 512
Hauts-
2 514 747 3 531 307 1 016 561 84 713
Bassins
Nord 2 090 100 2 612 798 522 698 43 558
Plateau-
996 759 1 921 583 924 824 77 069
Central
Sahel 1 838 965 2 438 393 599 427 49 952
Sud-
1 230 060 1 722 305 492 246 41 020
Ouest

7.2.8 Charges, recettes et EBE des entreprises familiales non agricoles selon la
branche d’activités
L’ensemble des branches d’activités génèrent des bénéfices. Tout comme en 2018, l’immobilier et la
location de services aux entreprises demeure la branche d’activités la plus rentable des entreprises
familiales avec un EBE annuel moyen estimé à 25,3 millions de FCFA par entreprise. Elle est suivie de
loin par la branche des activités extractives 2,7 millions de FCFA. En plus de ces branches, les branches
« Transport, activités des auxiliaires de transport et communication », « Construction », « Activités
financières », « Éducation », « Activités récréatives, culturelles et sportives » génèrent un EBE annuel
moyen par entreprise supérieur à la moyenne national.
A l’opposé, les activités des branches « Eau, électricité, gaz », « Activités de fabrication » et
« assainissement, voirie et gestion des déchets » sont les moins rentables.

110
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 7- 7: Volume des charges, recettes et EBE des entreprises familiales non agricole par
région
Charge annuelle Recette annuelle EBE annuel EBE mensuel
moyen par moyen par moyen par moyen par
entreprise entreprise entreprise entreprise
Ensemble 2 120 914 3 362 194 1 241 280 103 440
Branche d'activités
Activités extractives 1 738 230 4 412 263 2 674 033 222 836
Activités de fabrication 946 450 1 368 771 422 321 35 193
Eau, électricité, gaz 1 461 870 1 873 370 411 501 34 292
Construction 1 583 722 3 147 674 1 563 952 130 329
Commerce de gros, détail
et réparation de
2 868 514 4 077 986 1 209 472 100 789
véhicules et d'autres
moyens de locomotion
Hôtel et restauration 2 924 358 3 603 019 678 661 56 555
Transport, activités des
auxiliaires de transport et 784 220 2 716 966 1 932 746 161 062
communication
Activités financières 1 201 961 2 928 833 1 726 872 143 906
Immobilier, locations et
8 409 118 33 761 559 25 352 441 2 112 703
services aux entreprises
Éducation 125 379 1 674 491 1 549 111 129 093
Activités de santé et
773 838 1 681 905 908 067 75 672
d'action sociale
Activités récréatives,
24 753 658 26 058 825 1 305 168 108 764
culturelles et sportives
Activités de services
755 099 1 897 796 1 142 697 95 225
personnels
Autres branches
1 594 152 3 126 833 1 532 681 127 723
d'activités

Conclusion
En 2021, 49,6% des ménages disposent d’au moins d’une entreprise familiale non agricole. Ces entreprises,
au nombre de 2,14 millions, ont été créées pour la plupart sur fonds propres des ménages. Elles sont dans
la majorité informelles. Quatre sur dix entreprises familiales fonctionnent de façon discontinue pour cause
principale, le caractère saisonnier de leurs activités.
La COVID-19 intervenue au cours de la période 2020-2021 a entrainé des fermetures momentanées et/ou a
occasionné des problèmes d’approvisionnement de certaines entreprises familiales. Au-delà de la COVID-
19, les difficultés d’approvisionnement en matières premières et d’accès sont à résoudre.
En termes de gains, les activités de ces entreprises familiales non agricoles ont généré un revenu global de
2 638 milliards de F CFA au profit de l’économie nationale.
En tenant compte des résultats, les recommandations suivantes peuvent être formulées à l’endroit des
autorités :
- accompagner les ménages dans la formalisation de leurs entreprises familiales ;
- faciliter l’accès des ménages à des financements préférentiels pour la création et le soutien des
entreprises familiales

111
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 8 : TRANSFERTS MONETAIRES REÇUS PAR LES
MENAGES

Principaux résultats
Transfert reçu :
Trois ménages sur dix ont reçu un transfert monétaire (29,7%).
Provenance des transferts monétaires reçus :
Les transferts monétaires reçus par les ménages en 2021 proviennent en grande partie de la zone UEMOA,
dont un transfert sur cinq de l’intérieur du pays.
Principaux motifs des transferts monétaires reçus :
Le soutien courant est le principal motif des transferts reçus. En effet, plus de 76% des transferts reçus ont
pour principal motif le « soutien courant », quel que soit le milieu de résidence.
Principaux canaux d’envoi des transferts monétaires reçus :
Plus de la moitié des transferts reçus (65,3%) ont été payés en cash.

Ce chapitre analyse les transferts monétaires reçus par les ménages au Burkina Faso en 2021. Il permet
d’appréhender, d’une part, la proportion des ménages concernés par ces mouvements monétaires, et, d’autre
part, les montants ainsi que les lieux de provenance et de destination des différentes transactions.

8.1 Définition de quelques concepts


Transfert monétaire reçu : tout transfert en espèces que le chef d’un ménage ou tout autre membre reçoit
en provenance d’une personne ne faisant pas partie du ménage.

Mobile Banking : système de transfert d’argent à travers les sociétés de téléphonie mobile.

8.2 Ménages et transferts reçus


En 2021 au Burkina, trois ménages sur dix ont reçu un transfert monétaire (29,7%). Cette proportion est plus
élevée en milieu rural (30,3%) qu’en milieu urbain (28,4%). Elle varie également selon les régions de résidence
des ménages qui reçoivent le transfert. En effet, dans la région du Plateau-central, plus de la moitié des
ménages ont reçu des transferts monétaires (51,7%) tandis qu’un ménage sur cinq a reçu un transfert
monétaire dans la région du Sahel (18,2%).

Les ménages dirigés par des femmes ont plus reçu des transferts monétaires que ceux dirigés par des
hommes. En effet, plus de la moitié des ménages dont le chef est une femme (54,1%) ont reçu des transferts
monétaires contre 25,7% pour les ménages dirigés par des hommes. Des disparités s’observent également
selon le statut de pauvreté du ménage et l’âge des chefs de ménages. Les ménages pauvres ont plus reçu
des transferts monétaires (31,2%) que les ménages non pauvres (26,9%). Ceux dont les chefs sont plus âgés
et ceux dont les chefs sont moins âgés ont plus reçu des transferts que les autres ménages. Ainsi, les ménages
dirigés par des personnes âgées de 65 ans ou plus ont le plus reçu de transferts (50,5%) suivis par les
ménages dirigés par des personnes âgées de 15 à 19 ans (47,3%). Par contre, ceux dirigés par des personnes

113
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
de 30 à 34 ans ont le moins reçu des transferts (21,2%). Par ailleurs, la proportion des ménages ayant reçu
des transferts monétaires varie faiblement selon le niveau d’instruction du chef de ménage.

Tableau 8- 1: Proportion des ménages ayant reçu un transfert monétaire


Caractéristique socioéconomique Proportion (%)
National 29,7
Milieu de résidence
Urbain 28,4
Rural 30,3
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 22,1
Cascades 20,0
Centre 25,7
Centre-Est 37,7
Centre-Nord 32,3
Centre-Ouest 41,5
Centre-Sud 38,8
Est 21,5
Hauts Bassins 22,9
Nord 38,0
Plateau-Central 51,7
Sahel 18,2
Sud-Ouest 25,3
Groupe d'âge du CM
15 - 19 ans 47,3
20 - 24 ans 40,2
25 - 29 ans 28,6
30 - 34 ans 21,2
35 - 39 ans 21,8
40 - 44 ans 25,4
45 - 49 ans 25,7
50 - 54 ans 28,7
55 - 59 ans 30,7
60 - 64 ans 37,2
65 ans et plus 50,5
Statut de pauvreté
Pauvre 31,2
Non pauvre 26,9
Sexe du CM
Masculin 25,7
Féminin 54,1
Niveau d'instruction du CM
Aucun 30,0
Primaire 28,9
Post primaire 30,6
Secondaire 28,9
Supérieur 27,0

8.2.1 Provenance des transferts monétaires reçus


Les transferts monétaires reçus par les ménages en 2021 proviennent en grande partie de la zone UEMOA
(67,5%). Au niveau national, un transfert sur cinq provient de l’intérieur du pays. Dans la région du Centre,
neuf transferts sur dix (91,5%) proviennent de la zone UEMOA, dont six de l’intérieur du pays.

114
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 8- 2: Répartition (%) des ménages selon la provenance des transferts monétaires
reçus
UEMOA
Burkina Autres pays
hormis France Autres pays
Faso d'Afrique
Burkina Faso
National 20,3 67,5 10,2 1,8 0,2
Milieu de résidence
Urbain 47,0 43,6 5,2 3,7 0,5
Rural 8,8 77,7 12,4 1,0 0,0
Région
Boucle du
2,9 96,2 0,7 0,0 0,2
Mouhoun
Cascades 7,4 89,0 2,1 1,5 0,0
Centre 60,7 30,8 3,1 4,6 0,8
Centre-Est 2,4 57,3 37,7 2,7 0,0
Centre-Nord 6,2 83,0 10,7 0,1 0,0
Centre-Ouest 11,6 86,9 1,0 0,5 0,0
Centre-Sud 7,9 54,4 35,3 2,5 0,0
Est 10,3 82,9 6,4 0,3 0,0
Hauts Bassins 35,0 60,7 3,4 0,8 0,0
Nord 7,4 90,7 1,8 0,0 0,0
Plateau-Central 10,8 77,3 8,3 3,6 0,0
Sahel 37,8 57,1 5,1 0,0 0,0
Sud-Ouest 6,4 78,9 14,2 0,5 0,0

8.2.2 Principaux motifs des transferts monétaires reçus


Les transferts monétaires constituent une source importante de revenu pour les ménages. Ces transferts
contribuent à améliorer la santé, l’éducation et le bien-être des ménages bénéficiaires. En 2021, le soutien
courant est le principal motif des transferts reçus. En effet, plus de 76% des transferts reçus ont pour principal
motif le « soutien courant », quel que soit le milieu de résidence. Les transferts selon le motif « santé,
maladie » sont plus fréquents en milieu urbain (9,4%) qu’en milieu rural (7,4%).

Tableau 8- 3: Répartition (%) des transferts reçus selon le principal motif


Motif de transferts reçus Urbain Rural Ensemble
Scolarité éducation 5,0 2,3 3,2
Santé maladie 9,4 7,4 8,0
Soutien courant 77,4 76,3 76,6
Appui travaux champs 0,3 5,9 4,2
Appui / démarrage d'une
1,5 0,3 0,7
entreprise agricole
Fêtes/évènements 4,7 5,0 4,4
Achat de terrain 0,1 0,1 0,1
Construction d'une maison 0,4 2,0 1,5
Autre 1,2 0,7 0,9

8.2.3 Principaux canaux d’envoi des transferts monétaires reçus


Au Burkina Faso, le cash est le principal moyen par lequel les transferts monétaires sont effectués en 2021.
En effet, plus de la moitié des transferts reçus (65,3%) ont été payés en cash. Ce même constat s’observe
quel que soit le milieu de résidence. Les autres canaux sont également utilisés dans les deux milieux de
résidence, mais à des proportions plus faibles comparativement au cash. Les canaux les moins utilisés sont
la Poste, le mobile banking et la compensation.

115
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 8- 4: Répartition (%) des ménages selon le principal canal de transferts reçus
Transferts monétaires reçus
Canaux
Ensemble Urbain Rural
Société de transports 25,1 15,3 18,7
Banque 4,1 3,0 3,3
Poste 1,1 0,0 0,4
Mobile Banking 1,1 1,6 1,4
Compensation 1,1 1,6 1,4
Cash 65,3 57,7 60,3
Voyageur 2,0 20,7 14,2
Commerce / fax 0,0 0,0 0,0
Autre 0,2 0,2 0,2

Conclusion
De l’analyse des transferts monétaires reçus par les ménages au Burkina Faso en 2021, il ressort que trois
ménages sur dix ont reçu un transfert monétaire (29,7%) et ces transferts monétaires proviennent en grande
partie de la zone UEMOA, dont un transfert sur cinq de l’intérieur du pays. De plus, le principal motif des
transferts monétaires reçus est le soutien courant (76%). On note en outre que le principal canal d’envoi des
transferts monétaires reçus est le Cash (65,3%).

116
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 9 : CHOCS ET STRATEGIES DE SURVIE DES
MENAGES

Points clés

Prévalence des chocs :


neuf ménages sur dix (88,1%) déclarent avoir subi au moins un choc durant les trois dernières
années précédant l’enquête.

Principaux types de choc au cours des 3 dernières années :


Les trois principaux chocs subis par les ménages sont les prix élevés des produits
alimentaires (58,0%) ; la sécheresse ou pluies irrégulières (40,1%) et les prix élevés des
intrants agricoles (30,0%).

Impact des chocs au cours des 12 mois :


Les ménages ont majoritairement (78%) vu leur revenu baisser suite aux différents chocs
subis pendant les 12 derniers mois.

Prévalence des principales stratégies d’adaptation :


L’utilisation de l’épargne propre (42%), la vente de bétail (8%) et l’aide des parents ou amis
(6%) sont les stratégies les plus utilisées par les ménages pour atténuer les effets des chocs.

Les chocs sont souvent des évènements imprévisibles susceptibles d’impacter le bien-être des
ménages. Des études ont montré que les ménages burkinabè sont fréquemment confrontés à des chocs
d’origines diverses et, pour faire face aux effets négatifs de certains chocs, ils adoptent différentes
stratégies (EMC-2014 ; EHCVM-2018). Le présent chapitre analyse les principaux chocs subis par les
ménages ainsi que leurs stratégies d’adaptation.
Définitions
Chocs :
Prévalence de chocs :

9.1 Chocs au cours des 3 dernières années


Au Burkina Faso, neuf (9) ménages sur dix (10) déclarent avoir subi au moins un choc durant les trois
dernières années précédant l’enquête. Par ailleurs, la prévalence des chocs varie en fonction des
caractéristiques des ménages.

9.1.1 Prévalence des chocs selon le milieu et la région de résidence


La prévalence des chocs est plus marquée dans le milieu rural où 90% des ménages affirment avoir
subi au moins un choc que dans le milieu urbain (82%) (graphique 9.1). Dans toutes les régions, la
prévalence des chocs est très élevée avec au moins huit (8) ménages sur dix (10) qui disent avoir été
affectés par au moins un choc durant les trois dernières années (graphique 9.2).

117
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 9- 1: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières
années selon le milieu de résidence des ménages

90,5
88,1
82,5

National Urbain Rural

Graphique 9- 2: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières


années selon la région de résidence des ménages
98,3
94,1 94,0 93,4 91,2 91,1
88,4 87,1 86,8 84,7 84,5 83,1 82,9

9.1.2 Prévalence des chocs selon le statut de pauvreté et les quintiles de


dépense de consommation des ménages
Les ménages subissent les chocs indifféremment de leur statut de pauvreté et de leur niveau de vie.
En effet, neuf (9) ménages sur dix (10) ont été affectés au moins par un choc. Ceci concerne aussi bien
les ménages pauvres et non pauvres que les ménages des différents quintiles des dépenses par tête.

118
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 9- 3: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières
années selon le statut de pauvreté et les quintiles de dépense des ménages

89,1 90,5
88,1 88,0 87,0 88,6
85,9

Non pauvre Pauvre 1er quintile 2è quintile 3è quintile 4è quintile 5è quintile

9.1.3 Prévalence des chocs selon le sexe du chef de ménage


Les chocs frappent aussi bien les ménages dirigés par des hommes que ceux dirigés par des femmes.
En effet, les ménages dirigés par des hommes (88,3%) et ceux dirigés par des femmes (86,5%) ont
subi au moins un choc au cours des trois dernières années

Graphique 9- 4: Prévalence d’avoir subi au moins un choc au cours des 3 dernières


années selon le sexe du chef de ménage

88,3 86,5

Masculin Féminin

9.1.4 Principaux types de choc au cours des 3 dernières années


Au cours des trois dernières années, les ménages ont subi différents chocs. Ils font face principalement
au prix élevé aussi bien des produits alimentaires (58,0%) que des intrants agricoles (30,0%), aux
sécheresses ou à l’irrégularité des pluies (40,1%), Aussi, ils sont exposés aux taux élevés de maladies
aussi bien des animaux (24,0%) que des cultures (11,0%). Ils subissent également des évènements
malheureux tels que la survenue de maladie grave ou d’un accident dans le ménage (18,0%) ou le
décès d’un de ses membres (10,0%). Ils sont touchés aussi par les inondations (12,0%) et le grand
banditisme (11,0%) à savoir le vol d'argent, de biens, de récolte ou de bétail.

119
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
9.1.5 Prévalence des principaux types de chocs selon le milieu de résidence
Au cours des 3 dernières années, les chocs relatifs aux prix élevés des produits alimentaires sont les
plus fréquents dans les zones urbaines (65%) tout comme dans les zones rurales (55%).
Dans les centres urbains, en dehors du choc relatif aux prix élevés des produits alimentaires les
ménages ont dans une moindre mesure le choc lié à la maladie grave ou à l’accident (16%).
Par contre, certains chocs liés aux activités agrosylvopastorales ont été beaucoup plus ressentis par
les ménages ruraux. Il s’agit de la sécheresse/pluies irrégulières (54%), des prix élevés des intrants
agricoles (39%) et du taux élevé de maladies des animaux (31%).

9.1.6 Prévalence des principaux types de chocs selon le statut de pauvreté


des ménages
Les ménages non pauvres (60%) tout comme les ménages pauvres (54%) ont été plus touchés par les
chocs relatifs aux prix élevés des produits alimentaires.
Le deuxième choc récurrent demeure la sécheresse pluies irrégulières qui affecte aussi bien les
ménages pauvres (54%) que les ménages non pauvres (34%)

9.1.7 Prévalence du choc spécifique « conflit armé/violence/Insécurité »


Depuis la fin de l’année 2015, le climat sécuritaire au Burkina Faso est mis à rude épreuve au regard
de la recrudescence et de la multiplicité des attaques armées perpétrées dans le pays. Ainsi, 6% des
ménages burkinabè ont subi un choc relatif aux conflits armés, à la violence et à l’insécurité au cours
des 3 dernières années. Les régions les plus touchés sont le Sahel (38%), le Centre-Nord (20%), l’Est
(14%) et le Nord (9%).
(Insérer une carte)

Graphique 9- 5: Prévalence d’avoir subi le choc relatif aux conflit armé, à la violence et à
l’insécurité au cours des 3 dernières années
40 37,5
35
30
Pourcentage

25 19,7
20
13,6
15
9,2
10 6,3 7,1
4,5 4,4 2,9
5 1,9 1,6 1,0 1,0 0,9 0,3 0,1
0
Urbain

Centre
Sahel

Centre-Ouest
Est

Centre-Est
Cascades

Sud-Ouest

Centre-Sud

Hauts-Bassins
.

Nord

B. Mouhoum
Rural

Centre-Nord

P.-Central

National Milieu Région résidence


résidence

9.1.8 Impact des chocs au cours des 12 mois

[Link] Impact des chocs survenus durant les 12 derniers mois sur le revenu des
ménages
Les ménages ont majoritairement (78%) vu leur revenu baisser suite aux différents chocs subis pendant
les 12 derniers [Link] contre, 17% des ménages affirment que les chocs n’ont pas eu d’effet sur leur
revenu et 1% ont vu leur revenu augmenté.
120
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
La baisse des revenus suite aux chocs est plus fréquente en zone urbaine (80%) qu’en zone rurale
(73%).
La baisse des revenus ne varie pas en fonction du niveau de bien-être du ménage. En effet, huit (8)
ménages sur dix (10) sont touchés par cette baisse de revenus. Ceci concerne aussi bien les ménages
pauvres que les ménages non pauvres.

[Link] Impact des chocs survenus durant les 12 derniers mois sur les avoirs des
ménages

[Link].1 Les chocs subis au cours des 12 derniers mois entrainent la baisse des avoirs de
70% des ménages touchés.. Cette baisse affecte plus de ménages en milieu
rural (71%) qu’en milieu urbain (63%). Stratégies d’adaptation face aux chocs
subis au cours des 12 derniers mois

Les stratégies d'adaptation représentent l'ensemble des actions mises en œuvre par les ménages pour
faire face aux chocs vécus. Les ménages ont recours à plusieurs stratégies d’adaptation face aux chocs
vécus pendant les 12 derniers mois. L’utilisation de l’épargne propre (42%), la vente de bétail (8%) et
l’aide des parents ou amis (6%) sont les stratégies les plus utilisées par les ménages pour atténuer les
effets des chocs. Par ailleurs, 31% des ménages n’ont pas adopté de stratégies face aux chocs.

[Link].2 Prévalence des principales stratégies d’adaptation selon le milieu de résidence


Pour faire face aux chocs, les ménages touchés ont recours premièrement à l’utilisation de l’épargne
propre en milieu rural (40%) et en milieu urbain (51%). Ils ont par la suite recours à l’aide de parents ou
d'amis (7%) et l’achat d'aliments moins chers (4%) en milieu urbain. Quant au milieu rural, ils ont recours
à la vente de bétail (10%) et à l’aide de parents ou d'amis (5%). Cependant certains ménages n’adoptent
aucune stratégie. C’est le cas de 28% des ménages touchés en milieu urbain et de 31% en milieu rural.

[Link].3 Prévalence des principales stratégies d’adaptation selon le statut de pauvreté des
ménages
Quel que soit le statut de pauvreté, les trois premières stratégies adoptées par les ménages sont les
mêmes : utilisation de son épargne (44% des non pauvres et 39% des pauvres), vente de bétail (30%
des non pauvres et 32% des pauvres) et aide de parents ou d'amis (5% des non pauvres et 6% des
pauvres).

Conclusion
L’analyse des chocs subis par les ménages au cours des trois dernières années révèle qu’environ neuf
(9) ménages sur dix (10) ont au moins été touché par un choc et la prévalence des chocs est plus élevée
en milieu rural (90%) qu’en milieu urbains (82%).

Les chocs les plus fréquents au cours des 3 dernières années sont relatifs aux prix élevés des produits
alimentaires, à la sècheresse ou à l’irrégularité des pluies et aux prix élevé des intrants agricoles.
Quant à la prévalence de choc lié au confits armés, les ménages des régions du Sahel (38%), du Centre-
Nord (20%), de l’Est (14%) et du Nord (9%) sont les plus touchés.
Au cours des 12 derniers mois 78% des ménages ont vu leur revenu baisser suite aux différents chocs
subis. Comme stratégies pour atténuer les effets des chocs les ménage ont eu recours à leur épargne
propre (42%), à la vente de bétail (8%) et à l’aide des parents ou amis (6%).

121
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 10 : AGRICULTURE

Principaux résultats

Mode de gestion et mode d’occupation des parcelles agricoles :


68,3% des parcelles sont gérées collectivement et 68,8% sont occupées par leurs propriétaires en 2021.

Mode d’acquisition des terres agricoles :


Le principal mode d’acquisition des terres agricoles au Burkina Faso en 2021 demeure l’héritage qui
représente 81,2%.

Mode de labour :
Le principal mode utilisé sur les parcelles agricoles en 2021 est le labour attelé (59,4%). Le labour
manuel est pratiqué sur 32,4% des parcelles exploitées et seulement 2,8% des parcelles sont exploitées
par labour motorisé.

Sécurisation foncière :
95,2% des terres agricoles exploitées ne disposent d’aucun document légal en 2021. Seulement 1,8%
ont un titre foncier et 0,3% ont un permis d'exploitation.

Principales cultures pratiquées :


Les trois principales cultures pratiquées en 2021 par les ménages sont : le maïs (17,6%), le sorgho
(17,4%) et le niébé/haricot (16,7%).

Main d’œuvre agricole :


En 2021, près de 90% des ménages utilisent la main d’œuvre familiale pour l’exploitation des parcelles
agricoles. 96,2% de celle-ci est utilisée pour la préparation du sol et les semis, 94,0% pour l’entretien du
sol et 88,3% pour les récoltes.

L’Agriculture regroupe plusieurs branches, dont la production végétale, l’élevage, la pêche et la


sylviculture. Dans ce chapitre, cette activité est circonscrite à la production végétale. Les
caractéristiques des parcelles agricoles, les techniques d’exploitation des parcelles, la main-d’œuvre,
les productions agricoles, la gestion des productions, les conflits sur les parcelles d’exploitation et des
intrants, etc., sont également analysés dans ce chapitre.

10.1 Concepts et définitions


Parcelle : c'est un champ ou une partie d’un champ exploité par un ou plusieurs membres du ménage
et portant une seule culture ou une association de cultures.
La mécanisation agricole : elle désigne un terme plus large qui englobe tout le matériel agricole utilisé
pour la production agricole. L’essentiel dans la mécanisation est que la technologie employée soit
adaptée aux utilisateurs. Ainsi, la mécanisation agricole au sens large, peut être définie comme tout le
matériel agricole employé à des fins agricoles. Elle peut se faire à l’extérieur de la ferme et comprend
dans ce cas tous les travaux d’aménagement et de production à partir des travaux du sol jusqu’à la
récolte. Elle peut aussi se faire à l’intérieur de la ferme et concerne dans ce cas toute la technologie pour
la production animale et les opérations de transformation primaire des produits agricoles. En fonction des
sources d’énergie, on distingue trois formes de mécanisation, à savoir la mécanisation manuelle, la
mécanisation animale et la mécanisation motorisée.
La mécanisation manuelle : elle correspond à l’utilisation de la force musculaire de l’homme moyennant
des outils très simples. Actuellement, elle constitue le niveau de mécanisation le plus répandu dans les
petites exploitations des pays en voie de développement. Elle comprend toute une panoplie d’outils tels
que les machettes et des houes conçues de manière simple et fabriquées localement. Ces outils sont
faciles à fabriquer, à utiliser, à entretenir et à réparer.
123
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
La mécanisation animale : elle correspond à l’emploi de la force animale dans les travaux agricoles à
la place de la force humaine. Le type et la race d’animaux de trait pouvant être utilisés dépendent des
conditions propres à la région. Ils peuvent être des bœufs, des chevaux, des ânes, des mulets ou des
chameaux. Ainsi, l’emploi d’animaux localement adaptés est fortement utilisé compte tenu de leur
capacité d’adaptation au climat et de leur résistance, dans certaines mesures, aux maladies et parasites
locaux.
La mécanisation motorisée : elle correspond à l’utilisation de machines dont les principales sources
d’énergie sont des moteurs à combustion thermique, électrique et parfois d’autres sources d’énergie
telles que les énergies renouvelables. Elle représente le niveau de mécanisation le plus élevé et à plus
forte intensité capitalistique. Son utilisation implique de fortes dépenses aussi bien au niveau de
l’acquisition qu’au niveau du fonctionnement de l’équipement.
Valeur d’usage : le coût d’usage unitaire (coût d’usage par unité de capital) peut être présenté comme
un certain pourcentage du prix d’achat d’un actif neuf, ce pourcentage étant composé de trois éléments
qui s’additionnent approximativement. Ce sont un taux de rendement nominal, un taux d’amortissement
pour un actif neuf et un taux nominal de variation du prix de l’actif. En général, le coût d’usage unitaire
dépend du temps et de l’âge du bien. Il s’applique pendant un exercice donné à un actif d’un âge donné.

10.2 Pratique de l’agriculture


La majorité des ménages burkinabè (68,4%) pratique l’agriculture. Elle est plus pratiquée en milieu rural
(89,5%) qu’en milieu urbain (19,2%). Aussi, 69,2% des ménages dirigés par un homme exercent dans
l’agriculture, contre 63,8% pour les ménages dirigés par une femme.
Dans les régions du Centre-Sud, de l’Est et du Plateau-Central, plus de 90% des ménages sont
agricoles. Par contre, dans le Centre et les Hauts-Bassins, respectivement 13,3% et 55,2% des
ménages exercent dans l’agriculture.
En ce qui concerne le statut de pauvreté, les ménages pauvres sont plus occupés dans l’agriculture
(87,7%) que les non pauvres (58,2%).

Graphique 10- 1: Proportion (en %) de ménages pratiquant l’agriculture selon certaines


caractéristiques
resid e du pauvret

National 68,4
Statut
u Genr de

Pauvre 87,7
é

Non pauvre 58,2


Féminin 63,8
ence CM

Masculin 69,2
Milie

Rural 89,5
Urbain 19,2
Sud-Ouest 81,8
Sahel 68,1
Plateau-Central 90,9
Region residence

Nord 88,1
Hauts-Bassins 55,2
Est 92,1
Centre-Sud 92,6
Centre-Ouest 87,3
Centre-Nord 79,8
Centre-Est 77,6
Centre 13,3
Cascades 78,3
Boucle du Mouhoum 86,6
0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0

10.2.1 Superficies cultivées et cultures pratiquées sur les parcelles


Au total, 7 231 598 hectares de superficies ont été cultivés lors de la campagne agricole 2020-2021,
contre 8 000 000 d’hectares pendant la campagne agricole 2018-2019, toute culture confondue. Il
ressort que 94% des superficies agricoles appartiennent à des ménages résidant en zone rurale. Les
régions de la Boucle du Mouhoun (14%) et des Hauts-Bassins (17%) ont les plus grandes superficies

124
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
agricoles. Seulement 2% des superficies agricoles appartiennent à des ménages résidant dans la région
du Centre.

Graphique 10- 2: Pourcentage de superficie cultivée selon le milieu et la région de


résidence
Rural 94
Urbain 6
Sud-Ouest 6
Sahel 3
Plateau-Central 4
Nord 7
Hauts-Bassins 17
Est 11
Centre-Sud 5
Centre-Ouest 12
Centre-Nord 8
Centre-Est 6
Centre 2
Cascades 7
Boucle du Mouhoum 14
0 20 40 60 80 100

Une forte majorité des superficies agricoles appartient à des ménages dirigés par des hommes (94%).
La proportion est plus élevée pour les superficies agricoles (24%) appartenant aux ménages qui ont un
niveau de vie moyen.

Graphique 10- 3: Pourcentage de superficie cultivée selon le niveau de vie et le sexe du


chef de ménage

Quintile 5 14
Niveau de vie

Quintile 4 23

Quintile 3 24

Quintile 2 22

Quintile 1 18
Genre du

Féminin 6
CM

Masculin 94

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100

10.2.2 Mode de gestion et d’occupation de la parcelle agricole


Le principal mode de gestion demeure la gestion collective (68,3%). En milieu urbain comme en milieu
rural, environs 68% des parcelles agricoles sont gérées collectivement.
En ce qui concerne le mode d’occupation, sur le plan national, les ménages propriétaires terriens sont
les plus nombreux (68,8%), suivis des ménages ayant déclaré qu’ils occupent les terres agricoles en
prêt gratuit (29,9%). Cela reste valable quel que soit le milieu de résidence.

125
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 10- 4: Mode de gestion et mode d’occupation des parcelles agricoles selon
certaines caractéristiques socio-professionnelles
Ensemble Urbain Rural

68,3 68,8 68,3 68,8 69,5


58,3

31,7 36,7
31,7 31,2 29,9 29,5

1 3,50,9 0,3 1,60,2 0 0 0

Individuelle Collective PropriétairePrêt gratuit Fermage Métayage Gage


Mode de gestion Mode d’occupation

10.2.3 Mode d’acquisition des parcelles agricoles


Le principal mode d’acquisition des terres agricoles au Burkina Faso demeure l’héritage qui représente
81,2%. Les achats restent faibles avec moins de 1%.

Graphique 10- 5: Mode d’acquisition des parcelles agricoles selon certaines


caractéristiques socio-professionnelles
National Urbain Rural

81,2 83 81,1

10,8 8,4 10,9


0,9 4,8 0,7 7,1 3,8 7,2

Achat Héritage Mariage Don

10.2.4 Sécurisation foncière des parcelles agricoles


Au Burkina Faso, les terres agricoles sont majoritairement exploitées par des ménages qui ne disposent
d’aucun document légal (95,2%). Seulement 1,8% des parcelles agricoles disposent d’un titre foncier
et 0,3% d’un permis d'exploitation.
L’absence de titre de propriété est plus constatée en milieu rural (95,5%) qu’en milieu urbain (90,3%).
La possession de titre foncier est plus élevée en milieu urbain (5,2%) par rapport au milieu rural (1,7%).

126
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 10- 6: Proportion de ménage selon la possession d’un document officiel
Ensemble Urbain Rural

95,2 95,5
90,3

1,8 5,2 2,4 2,42,4


1,7 0,3 1,40,3 0 0 0 0,2 0,70,2 0 0 0

Titre foncier Permis Convention Procès-verbal Bail Autre Aucun


d'exploitation de vente

10.2.5 Source d’eau des parcelles agricoles


Au vu des défis climatiques dans nos pays, le principal défi de l’agriculture est la maitrise de l’eau.
L’irrigation est une solution privilégiée à la rareté et à l’irrégularité des pluies pour des pays sahéliens
comme le Burkina Faso.
La majorité des ménages (97,0%) pratiquent l’agriculture pluviale. Quel que soit le milieu de résidence,
ce constat reste le même en zone urbaine qu’en zone rurale.
L’irrigation est beaucoup plus pratiquée par 15,2% des ménages agricoles dans la région du Centre.
Par contre, la Boucle du Mouhoun, le Sahel et le Sud-Ouest ne pratiquent presque pas l’irrigation.

Tableau10- 1: Proportion (%) des ménages agricoles selon la principale source d'eau
utilisée dans la parcelle
Pluviale Irrigation, Irrigation Irrigation Marais/ wetlands
propre puits canal ruisseau
Ensemble 97,0 1,4 1,2 0,2 0,1
Milieu de résidence
Urbain 97,0 1,4 1,4 0,2 0,0
Rural 97,0 1,4 1,2 0,2 0,1
Région
Boucle du Mouhoun 99,9 0,0 0,1 0,0 0,0
Cascades 93,1 0,6 4,3 1,4 0,6
Centre 84,7 10,6 3,8 0,7 0,2
Centre-Est 98,8 0,2 0,8 0,1 0,1
Centre-Nord 95,5 1,0 3,1 0,4 0,1
Centre-Ouest 97,1 2,4 0,0 0,1 0,3
Centre-Sud 96,5 0,5 2,7 0,3 0,0
Est 95,6 4,2 0,0 0,1 0,1
Hauts Bassins 98,4 1,3 0,3 0,0 0,0
Nord 97,0 0,9 1,9 0,1 0,2
Plateau-Central 98,9 0,2 0,4 0,5 0,0
Sahel 99,8 0,0 0,2 0,0 0,0
Sud-Ouest 99,8 0,0 0,0 0,0 0,2

127
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 2: Proportion (%) des ménages agricoles selon la principale source d'eau
utilisée dans la parcelle (suite)

Pluviale Irrigation, Irrigation Irrigation Marais/ wetlands


propre puits canal ruisseau
Sexe du CM
Masculin 96,9 1,5 1,3 0,2 0,1
Féminin 97,5 1,1 1,1 0,2 0,1
Niveau de vie du ménage
Non Pauvre 96,1 2,1 1,5 0,2 0,2
Pauvre 98,2 0,6 0,9 0,3 0,1

10.3 Qualité des sols


Une grande partie des parcelles agricoles exploitées (54,8%) ont un sol sableux. Les terres agricoles
argileuses et limoneuses représentent respectivement 23,2% et 13,5% des superficies agricoles
exploitées. Les sols des parcelles en milieu urbain sont plus argileux qu’en milieu rural. Dans toutes les
régions, les sols des parcelles agricoles sont majoritairement de type sableux, sauf dans la région des
Hauts-Bassins, où les sols sont autant sableux qu’argileux.
Sur cinq parcelles agricoles exploitées, trois d’entre elles sont jugées moyennement fertiles par les
exploitants. Les terres jugées de bonne fertilité représentent 21,0% des superficies cultivées. C’est dans
la région des Cascades que les parcelles fertiles sont les plus courantes. En effet, dans cette région,
41,2% des parcelles agricoles sont jugées de « bonne » fertilité par les exploitants. Dans cette région,
les terres agricoles exploitées sont 70,9% sableuses.
On ne note pas de grande différence entre les sols des parcelles en zone rurale qu’en zone urbaine. La
région du Centre-Nord comporte les parcelles dont les sols sont les plus fertiles (53,8%) par rapport aux
autres régions. Celle du Sahel, par contre, a les parcelles dont les sols sont les moins fertiles (7,4%).
La majorité des parcelles agricoles au Burkina Faso sont jugées moyennement fertiles. En effet, 60,7%
des parcelles exploitées par des hommes sont moyennement fertiles contre 68,4% de celles exploitées
par des femmes. Les ménages non pauvres utilisent des parcelles dont les sols sont plus fertiles
(25,9%) que les ménages pauvres (16,5%).

Tableau10- 3: Proportion (%) des parcelles agricoles selon le type de sol et le degré de
fertilité
Type de sol de la parcelle Degré de fertilité de la parcelle

Sableux Limoneux Argileux Glacis Autre Bonne Moyenne Faible

Ensemble 54,8 17,0 21,3 4,3 2,6 21,9 61,6 16,6

Milieu de
résidence

Urbain 44,5 17,9 31,3 4,4 1,9 23,2 62,2 14,6

Rural 55,5 16,9 20,7 4,3 2,6 21,8 61,5 16,7

128
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Type de sol de la parcelle Degré de fertilité de la parcelle

Sableux Limoneux Argileux Glacis Autre Bonne Moyenne Faible Sableux

Région

Boucle du 46,3 31,4 15,1 1,6 5,6 24,0 56,5 19,5

Mouhoun

Cascades 68,5 8,0 23,2 0,2 0,1 17,0 64,7 18,3

Centre 55,4 13,9 27,4 1,0 2,2 26,0 52,8 21,2

Centre-Est 59,9 11,1 24,5 3,0 1,6 21,0 64,6 14,4

Centre-Nord 48,9 14,6 26,6 7,9 1,9 53,8 37,2 9,0

Centre-Ouest 71,5 14,0 7,6 2,2 4,6 10,8 80,4 8,8

Centre-Sud 71,2 16,8 5,7 6,3 0,1 8,7 81,2 10,1

Est 57,2 14,8 26,7 0,3 1,0 11,3 68,4 20,3

Hauts Bassins 41,9 14,7 41,0 0,2 2,3 15,0 70,2 14,8

Nord 41,1 26,9 15,9 12,6 3,6 20,8 60,5 18,6

Plateau-Central 41,8 19,6 28,4 9,3 0,9 24,1 54,0 21,8

Sahel 79,9 0,3 19,7 0,0 0,0 7,4 47,5 45,1

Sud-Ouest 54,0 12,8 24,7 1,2 7,4 21,8 56,6 21,7

Sexe du CM

Masculin 53,9 17,5 21,7 4,3 2,6 22,5 60,7 16,8

Féminin 62,0 12,6 18,7 4,1 2,7 17,0 68,1 14,9

Niveau de vie du
ménage

Non Pauvre 55,7 16,6 21,6 3,4 2,6 25,9 59,8 14,3

Pauvre 53,6 17,4 21,0 5,5 2,5 16,5 64,0 19,5

10.3.1 Types de reliefs des parcelles agricoles


Le relief des parcelles agricoles est en majorité de type plaine (76,7%). Le même relief s’observe en
milieu rural qu’en milieu urbain.
Dans toutes les régions, le relief des parcelles agricoles est de type plaine, sauf dans les régions des
Cascades, du Sahel et du Sud-Ouest où le relief des parcelles est de type pente douce (20% des
parcelles).
Aussi, les ménages dirigés par les femmes produisent plus sur des parcelles dont le relief est de type
plaine (83,4%) contre 75,8% pour les parcelles des ménages dirigés par les hommes. Selon le niveau
de vie, les ménages non pauvres et les ménages pauvres utilisent des parcelles dont le relief est de
type plaine (environ 76%).

129
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 4: Répartition (%) du nombre de parcelles agricoles selon le relief
Colline Plaine Pente Pente Vallée
douce raide
Ensemble 3,1 76,7 12,8 3,2 4,2
Milieu de
résidence
Urbain 4,5 73,1 14,4 3,5 4,4
Rural 3,0 76,9 12,7 3,2 4,2
Région
Boucle du 3,0 65,6 16,1 2,0 13,3
Mouhoun
Cascades 1,9 68,5 23,0 2,7 3,8
Centre 1,1 71,1 14,2 8,9 4,7
Centre- 3,4 82,8 7,7 0,3 5,8
Est
Centre- 7,3 77,1 8,1 1,8 5,7
Nord
Centre- 2,3 89,0 6,3 1,3 1,2
Ouest
Centre- 0,6 73,0 21,2 3,5 1,7
Sud
Est 2,5 69,4 19,0 7,5 1,7
Hauts 1,6 83,8 11,6 0,6 2,5
Bassins
Nord 4,4 79,4 8,2 4,8 3,3
Plateau- 1,7 84,0 7,9 3,5 3,0
Central
Sahel 4,7 72,7 21,7 0,5 0,4
Sud- 1,1 64,9 21,5 8,7 3,7
Ouest
Sexe du
CM
Masculin 3,1 75,8 13,4 3,3 4,4
Féminin 3,2 83,4 8,5 2,4 2,5
Niveau de
vie du
ménage
Non 3,1 76,9 12,4 3,2 4,4
Pauvre
Pauvre 3,1 76,3 13,4 3,2 4,0

10.3.2 Mode de labour


Le labour permet d’accroitre la fertilité des sols, donc contribue à court terme à améliorer le rendement
de de la production sur la parcelle. Le processus de labour requiert des outils, dont certains nécessitent
l’utilisation d’une force manuelle, d’un attelage et/ou d’un moteur.
Le labour attelé demeure le principal mode utilisé sur les parcelles agricoles (59,4%) et seulement 2,8%
des parcelles sont exploitées par labour motorisé.
Le labour manuel est majoritairement utilisé dans l’exploitation des parcelles dans les régions du Sahel
(63,6%), du Centre-Est (51,7%) et du Sud-Ouest (47, 8%).
Sur les parcelles agricoles dont l’exploitant est non pauvre, il est utilisé plus fréquemment le labour
attelé (61,0%) que sur celles qui sont exploitées par un ménage pauvre (57,4%).

130
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 5: Proportion (%) des parcelles agricoles selon le mode de labour du sol
Mode de labour des parcelles
Sans
Manuel Attelé Motorisé Total
labour
Ensemble 5,4 32,4 59,4 2,8 100
Boucle du
8,9 10,0 78,4 2,7 100
Mouhoun
Cascades 6,6 22,4 70,5 0,4 100
Centre 3,8 34,3 58,2 3,7 100
Centre-Est 1,5 51,7 44,1 2,8 100
Centre-Nord 4,6 35,9 59,0 0,6 100
Centre-Ouest 11,4 30,7 56,5 1,4 100
Région résidence Centre-Sud 1,6 24,2 71,8 2,4 100
Est 0,3 31,9 67,7 0,1 100
Hauts-Bassins 4,8 8,3 68,8 18,1 100
Nord 2,6 45,8 50,2 1,4 100
Plateau-Central 2,7 31,6 63,0 2,7 100
Sahel 15,6 63,6 20,7 0,1 100
Sud-Ouest 16,3 47,8 33,1 2,8 100

Urbain 7,7 41,3 39,7 11,2 100


Milieu résidence
Rural 5,2 31,8 60,7 2,3 100

Masculin 5,0 30,6 61,5 2,9 100


Genre du CM
Féminin 8,6 46,7 42,6 2,1 100

Non pauvre 4,7 31,1 61,0 3,2 100


Statut de pauvreté
Pauvre 6,2 34,1 57,4 2,3 100

10.3.3 Conflits sur les parcelles agricoles


Seulement 3,1% des ménages pensent qu’il y a des risques de perdre leurs droits associés à la parcelle
au cours des cinq prochaines années. En milieu urbain, 6,5% des ménages pensent au risque de perdre
les droits et 2,9% en milieu rural. Dans la région du Centre, le risque de perdre les droits d’exploitation
sur une parcelle est plus élevé (10,8%) tandis que dans la région de l’Est, 99,7% des ménages déclarent
n’ayant aucun risque perdre leur droit d’exploitation sur la parcelle. Le risque est plus élevé chez les
ménages pauvres que les ménages non pauvres.

131
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 6: Opinion sur le risque de perdre les droits associés à la parcelle au cours
des cinq prochaines années
Oui NON

Effectif Proportion (%) Effectif Proportion (%)

Ensemble 161831 3,1 5094650 96,9

Milieu de résidence

Urbain 17108 6,5 244768 93,5

Rural 144723 2,9 4849882 97,1

Région

Boucle du Mouhoun 2654 0,5 544406 99,5

Cascades 9971 4,4 218952 95,6

Centre 15096 10,8 125092 89,2

Centre-Est 19805 4,3 440811 95,7

Centre-Nord 23811 4,3 526407 95,7

Centre-Ouest 21764 3,7 562127 96,3

Centre-Sud 20154 6,3 297470 93,7

Est 1891 0,3 631553 99,7

Hauts Bassins 5208 1,4 356569 98,6

Nord 5913 1,1 544792 98,9

Plateau-Central 22518 5,5 385841 94,5

Sahel 3884 2,1 179673 97,9

Sud-Ouest 9164 3,2 280959 96,8

Sexe du CM

Masculin 135433 2,8 4657061 97,2

Féminin 26398 5,7 437589 94,3

Niveau de vie du ménage 126125 4,2 2907297 95,8

Non Pauvre 35707 1,6 2187354 98,4

Pauvre 126125 4,2 2907297 95,8

Selon la source de préoccupation, plus de la moitié des parcelles agricoles (51,4%) sont sujettes à des
conflits liés à l’héritage et 1,8% liés à l’expropriation des bandits et conflits armés. Par milieu de
résidence, les préoccupations liés à l’héritage sont de l’ordre de 47,2% en milieu urbain et 51,9% en
milieu rural. Dans la région de la Boucle du Mouhoun, le risque de conflits lié à l’héritage est le plus
prononcé tandis que ce risque est minoritaire dans la région du Sahel. En effet, la quasi-totalité des
parcelles dans la région de la Boucle du Mouhoun font l’objet de conflits liés à l’héritage alors que dans
la région du Sahel, les ménages ont peur de perdre leurs parcelles agricoles du fait des bandits ou /et
des conflits armés (73,0%).

132
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Les parcelles agricoles détenues par les ménages dirigés par les femmes (69,0%) sont plus
susceptibles aux conflits d’héritage que celles détenues par les ménages dirigés par les hommes
(47,9%).
Les parcelles agricoles des ménages non pauvres font plus l’objet de conflits d’héritage (56,7%) contre
32,5% les ménages pauvres.

Tableau10- 7: Principale source de préoccupation liée à la parcelle agricole


Litige de Propriété liée Propriété liée Propriété Propriété Autre
limites de à l'héritage à la vente expropriation bandits,
terrain conflits
armés

Ensemble 12,6 51,4 4,6 29,7 1,8 12,6

Milieu de résidence

Urbain 11,9 47,2 0,6 40,0 0,5 11,9

Rural 12,7 51,9 5,0 28,4 2,0 12,7

Région

Boucle du 0,0 100,0 0,0 0,0 0,0 0,0


Mouhoun

Cascades 15,6 46,5 29,8 8,1 0,0 15,6

Centre 3,6 10,4 12,4 73,6 0,0 3,6

Centre-Est 15,6 24,9 0,0 59,5 0,0 15,6

Centre-Nord 19,3 71,4 0,0 8,9 0,3 19,3

Centre-Ouest 0,8 55,9 0,0 43,3 0,0 0,8

Centre-Sud 15,6 56,9 5,7 21,8 0,0 15,6

Est 2,1 63,2 0,0 34,7 0,0 2,1

Hauts Bassins 20,1 22,7 0,0 57,1 0,0 20,1

Nord 0,0 52,3 22,0 25,6 0,0 0,0

Plateau- 0,0 97,8 0,4 1,7 0,0 0,0


Central

Sahel 0,0 8,1 0,0 19,0 73,0 0,0

Sud-Ouest 67,6 9,7 0,0 22,7 0,0 67,6

Sexe du CM

Masculin 14,6 47,9 4,2 31,1 2,2 14,6

Féminin 2,4 69,0 6,5 22,1 0,0 2,4

Niveau de vie
du ménage

Non pauvre 10,1 56,7 4,0 29,1 0,1 10,1

Pauvre 21,6 32,5 6,4 31,5 7,9 21,6

133
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
10.3.4 Utilisation de fertilisants et des semences améliorées
Dans la perspective d’optimiser le rendement des cultures, les ménages font recours aux engrais organiques (déchets d’animaux et déchets ménagers), aux
engrais inorganiques (Urée, NPK, Phosphate et DAP), aux semences améliorées ou encore aux produits phytosanitaires (herbicides et pesticides). L’utilisation
de ces fertilisants diffère selon le milieu de résidence, la région ou le statut de pauvreté du ménage.
Les principaux fertilisants des sols sont les engrais inorganiques. Ils sont utilisés par 52,3% des ménages agricoles pour le NPK et 45,7% pour l’Urée. Les
déchets d’animaux sont utilisés par 49,7% des ménages agricoles. Plus de la moitié des ménages agricoles (56,2%) utilisent les herbicides et 21,4% utilisent
les pesticides. Les engrais inorganiques sont les plus utilisées comme principal fertilisant dans les régions des Hauts Bassins (87,3% NPK, 85,6 Urée), du
Centre-Sud (71,9% NPK, 73,8% Urée) et du Sud-Ouest (59,0% NPK, 54,3% Urée).
Sur plus de la moitié des parcelles agricoles des régions du Plateau Central, du Nord et du Sahel, les ménages ont utilisé des déchets d’animaux. Dans les
régions des Hauts-Bassins (93,3%), du Sud-Ouest (81,2%) et du Centre-Sud (72,7%), les ménages utilisent principalement les herbicides pour traiter leurs
parcelles agricoles. Quel que soit le statut de pauvreté de l’exploitant, l’utilisation des engrais inorganiques comme le principal fertilisant demeure prépondérante,
mais elle est moins fréquente sur les parcelles dont l’exploitant est pauvre.

Tableau10- 8: Proportion (%) de ménages utilisant les engrais


Engrais organiques Engrais inorganiques Produits phytosanitaires

Déchets Ordures ménagères Urée Phosphates NPK/Formule DAP et autres Pesticides Produits Produits Autres produits
d'animaux unique engrais phytosanitaires - phytosanitaires - phytosanitaires
inorganiques Herbicides Fongicides

Ensembl 49,7 28,4 45,7 3,6 52,3 2,8 21,8 56,2 5,4 2,9
e

Région résidence

Boucle du 44,8 17,5 60,9 1,3 59,5 2,1 20,5 68 6,8 5,1
Mouhoun

Cascade 35 8,5 84 0,7 86,5 5,8 16,6 92,1 11,4 5,5


s

Centre 63,2 29,2 50,2 5,3 56,1 7 ;2 26,9 37,9 1,2 5,7

Centre- 38,9 25,7 59,8 9,3 47,8 8,9 16,6 64,1 5,1 0,9
Est

134
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 10. 1: Proportion (%) de ménages utilisant les engrais (suite 1)

Engrais organiques Engrais inorganiques Produits phytosanitaires

Déchets Ordures Urée Phosphates NPK/Formule DAP et autres Pesticides Produits Produits Autres
d'animaux ménagères unique engrais phytosanitaire phytosanitaire produits
inorganiques s - Herbicides s -Fongicides phytosanitaire
s

Centre-Nord 77,3 24,4 26,4 6,6 37 2,1 13,4 24,7 2,3 0,4

Centre-Ouest 34 46,1 40,4 2 53 0,6 32,4 67 10,5 4,1

Centre-Sud 52 26,7 73,8 6,9 71,9 2,2 36,5 72,7 9,8 5,6

Est 55,3 29,6 16,7 0,2 27,9 2,8 12,3 44,5 2 3,6

Hauts-Bassins 32 16 85,6 2,8 87,3 0 53,5 93,3 11,5 2,1

Nord 63,2 51,2 27,1 4,3 58,1 1,9 12,9 32,4 0,7 0

Plateau- 72,9 48,5 25,8 5,3 41,7 2 15,2 46 3,2 3,5


Central

Sahel 61,2 17,5 6,4 1,7 6,5 3 7,1 2,3 0,9 0

Sud-Ouest 21,1 11,1 54,3 0 59 0,4 16,3 81,2 3 4,3

Milieu résidence

Urbain 39,7 24 55,7 6,7 51,5 2,5 23,3 51,9 3,9 3

Rural 50,6 28,8 44,8 3,4 52,4 2,8 21,7 56,6 5,5 2,9

Genre du CM

Masculin 52,4 27,9 47,5 3,5 54,8 2,9 22,1 58 5,8 3,1

Féminin 32,2 31,7 34,1 4,4 36,3 2 20,2 44,8 3,2 1,6

135
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 10. 2: Proportion (%) de ménages utilisant les engrais (suite 2)
Engrais organiques Engrais inorganiques Produits phytosanitaires

Déchets Ordures Urée Phosphates NPK/Formule DAP et Pesticides Produits Produits Autres
d'animaux ménagères unique autres phytosanitair phytosanitair produits
engrais es - es - phytosanitair
inorganiques Herbicides Fongicides es

Statut de pauvreté

Non Pauvre 50,9 26,2 53,2 4,5 58,1 3 24 62,5 6,9 3,1

Pauvre 48,3 31 36,4 2,6 45,1 2,6 19,2 48,4 3,5 2,5

Dans l’optique d’améliorer les rendements agricoles, les ménages utilisent des semences améliorées. D’une manière générale, la semence de sorgho est la
plus utilisée avec 57,9% des ménages, suivie de la semence de maïs 57,1%. Dans la région des Hauts-Bassins, zone cotonnière par excellence, 49,2% utilisent
les semences améliorées de coton contre 0% dans les régions du Sahel et du Centre-Nord. Les semences améliorées de maïs sont les plus utilisées dans la
région des Hauts-Bassins avec 92,3% des ménages contre 24% dans la région du Centre-Nord. Les semences améliorées de sorgho sont plus utilisées dans
les régions du Nord, du Centre-Nord et du Plateau Central avec plus de 80% des ménages. Les semences de Niébé/Haricots et les semences d’arachides sont
utilisées par environ 48% des ménages agricoles.

136
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 9: Proportion (%) de ménages utilisant les semences améliorées
Semences
Semences Semences Semences Semences Semences
d'autres
de petit mil de sorgho de maïs de riz de coton
céréales
Ensemble 34,8 57,9 57,1 13 3,9 11,1
Region residence
Boucle du
49,2 58,5 65,4 9,3 0,3 27,8
Mouhoun
Cascades 8,1 14,6 54,5 24,5 5,1 8,9
Centre 17,8 33,8 74,1 5,3 2,5 0
Centre-Est 11 37,6 72,1 32 5,4 5,2
Centre-
48,3 86,9 24 3,1 6,7 0
Nord
Centre-
44,4 70,1 42,6 4,5 4,7 7,8
Ouest
Centre-Sud 26,8 63,1 86,3 35,3 7,8 16,2
Est 37,5 74,8 48,2 3,9 3,4 5,5
Hauts-
9,9 20,7 92,3 24,3 4,6 49,2
Bassins
Nord 47,5 83,8 52,7 10,9 2,9 0
Plateau-
29,2 83,8 52 5,4 4,1 0,9
Central
Sahel 81,6 24,2 11,3 0 0,1 0
Sud-Ouest 24,8 48,2 78,4 14,2 1,1 10,3
Milieu
résidence
Urbain 20,1 30,2 60,2 12,5 3,1 4,3
Rural 36,1 60,5 56,8 13 3,9 11,8
Genre du
CM
Masculin 35,9 58 59,8 13,1 3,7 12,5
Féminin 27,4 57,5 39,2 12,2 4,8 2,1
Statut de
pauvreté
Non Pauvre 32,6 53,6 60,4 16,1 4,9 11
Pauvre 37,4 63,4 53,1 9,2 2,6 11,3

137
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 10: Proportion (%) de ménages utilisant les semences améliorées
Semences Plants Autres
Semences de Semences Plants/boutures
de d'hévéa, seme
haricots/niébé d'arachide de tubercules
sésame de teck nces

Ensemble 15,8 49,9 48 1,7 16,7 15,8

Region residence

Boucle du
18,4 38,8 40,7 0,6 6,2 18,4
Mouhoum
Cascades 12,7 22,9 29,8 2 12,2 12,7
Centre 6 32,4 38,8 7,6 26,9 6
Centre-
10 31,6 47,7 0 16,3 10
Est
Centre-
21,7 83,6 68,8 1,3 25 21,7
Nord
Centre-
22,5 52,9 57,2 0,3 24,1 22,5
Ouest
Centre-
14,4 38,3 57 0,7 32,2 14,4
Sud
Est 25 56,3 43 0,9 22,7 25
Hauts-
6,6 23,2 20,8 5,1 10,6 6,6
Bassins
Nord 11,8 91,3 81,8 3,4 12,1 11,8
Plateau-
27 71,9 58,2 1,3 14,3 27
Central
Sahel 5,8 43,6 16,9 0 3,9 5,8
Sud-
7,9 26,7 31,6 3,4 8 7,9
Ouest
Milieu résidence
Urbain 7,4 38,7 40,4 0,8 14,3 7,4
Rural 16,6 50,9 48,7 1,8 17 16,6
Genre du CM
Masculin 16,8 48,3 45,6 1,8 15,9 16,8
Féminin 9,4 60,1 63,4 1,2 22,1 9,4
Statut de pauvreté
Non
18,6 47,5 50 2 19,6 18,6
Pauvre
Pauvre 12,4 52,8 45,5 1,3 13,2 12,4
Ensemble 15,8 49,9 48 1,7 16,7 15,8
138
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
10.3.5 Principales cultures pratiquées
Au Burkina Faso, le maïs, le sorgho, le niébé/haricot, l’arachide, le mil et le coton sont les principales spéculations produites. En effet, ils représentent
respectivement 17,6%, 17,4%, 16,7%, 15,1%, 10,3% et 3,1% des cultures pratiquées. Le Maïs est plus pratiqué dans les régions du Sud-Ouest (33,3%), des
Hauts Bassins (32,0%) au détriment du fonio et du manioc. Le Mil est plus pratiqué dans le Sahel avec 39,1% des ménages agricoles par contre sa culture est
moins importante dans les régions des cascades et des Hauts-Bassins avec 3,4% des ménages chacune.
Le sorgho et le niébé/haricot sont les cultures de prédilection pour les ménages pauvres. Ainsi, 19,7% des ménages pauvres cultivent le Sorgho et 15,6% le
niébé/haricot. La quasi-totalité de ces ménages n’exploitent pas le souchet ni le manioc.

Tableau10- 11: Proportion (%) des ménages selon la principale culture pratiquée au cours de la campagne 2018-2019
Mil Sorgho Riz Maïs Souchet Blé Fonio Niébé/Haricot Voandzou (pois de terre) Arachide Gombo Oseille Sésame Manioc

National 10,3 17,4 4,7 17,6 0,0 0,1 0,0 16,7 2,0 15,1 2,0 1,0 4,4 0,0

Région résidence

Boucle du Mouhoun 17,5 17,6 2,7 19,7 0,0 0,0 0,4 12,1 1,1 14,0 0,1 0,5 4,5 0,0

Cascades 3,4 5,4 11,5 25,1 0,1 0,0 0,0 9,9 3,0 15,3 0,2 0,6 7,6 0,2

Centre 6,4 16,9 4,3 22,1 0,0 0,9 0,0 12,3 2,0 15,3 1,6 1,0 1,9 0,0

Centre-Est 4,1 14,3 10,7 24,5 0,0 0,0 0,0 12,9 1,0 18,8 2,0 0,3 3,3 0,1

Centre-Nord 12,6 22,9 0,6 3,7 0,0 0,0 0,0 27,6 3,7 16,1 3,7 1,4 4,6 0,0

Centre-Ouest 14,3 21,0 1,3 14,3 0,0 0,0 0,0 15,3 3,2 16,7 0,3 0,5 6,0 0,1

Centre-Sud 6,1 14,9 9,8 20,2 0,0 0,0 0,0 9,5 0,7 14,3 5,2 3,8 3,9 0,0

Est 13,3 21,3 1,6 14,2 0,0 0,0 0,0 16,6 1,0 16,3 4,2 0,2 7,8 0,0

Hauts-Bassins 3,4 7,9 9,1 32,0 0,0 0,0 0,0 9,8 1,9 8,9 1,0 0,9 2,0 0,1

Nord 9,8 20,1 1,9 9,9 0,0 0,8 0,0 27,5 2,1 19,7 1,7 0,9 2,7 0,0

Plateau-Central 8,8 27,1 1,7 11,7 0,0 0,4 0,0 23,9 2,6 14,3 2,5 0,0 5,5 0,0

139
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 10. 3: Proportion (%) des ménages selon la principale culture pratiquée au cours de la campagne 2018-2019 (suite)
Mil Sorgho Riz Maïs Souchet Blé Fonio Niébé/Haricot Voandzou (pois de terre) Arachide Gombo Oseille Sésame Manioc

Sahel 39,4 16,3 0,0 4,2 0,0 0,0 0,0 22,4 2,7 5,7 2,9 2,5 2,5 0,0

Sud-Ouest 10,1 16,0 4,1 33,3 0,2 0,0 0,0 11,0 1,0 11,5 0,3 0,6 2,3 0,0

Milieu résidence

Urbain 10,3 14,7 4,5 20,0 0,0 0,0 0,0 18,4 2,2 17,2 2,1 1,2 3,7 0,1

Rural 10,3 17,9 4,7 17,1 0,0 0,2 0,0 16,3 2,0 14,7 2,0 1,0 4,5 0,0

Genre du CM

Masculin 10,5 17,3 4,7 18,2 0,0 0,2 0,0 16,3 1,8 14,4 1,9 1,0 4,6 0,0

Féminin 8,6 18,3 4,7 13,1 0,1 0,1 0,0 20,0 3,4 20,6 3,4 1,0 2,6 0,0

Statut de pauvreté

Non pauvre 9,5 15,6 5,6 18,6 0,0 0,2 0,0 15,5 2,0 15,5 2,2 0,8 5,0 0,1

Pauvre 11,4 19,7 3,4 16,3 0,0 0,1 0,1 18,3 2,0 14,7 1,9 1,3 3,5 0,0

140
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau10- 12: Proportion (%) des ménages selon la principale culture pratiquée au cours de la campagne 2018-2019

Gingembre
Pomme de

Pastèque
Menthe

(salade)
Epinard

Tomate
Poivron

Piment

Melon
Patate
douce

Laitue
Céleri

Persil

Chou
terre
National 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,3 0,0 0,1 0,0 0,3 0,4

Région résidence

Boucle du Mouhoun 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0

Cascades 0,6 0,0 0,1 0,2 0,0 0,1 0,0 0,0 1,6 0,0 0,0 0,0 0,6 0,5

Centre 0,1 0,0 0,3 0,0 0,1 1,1 0,7 0,3 0,4 0,0 0,1 0,1 0,3 3,2

Centre-Est 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1

Centre-Nord 0,0 0,0 0,5 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,6 0,5

Centre-Ouest 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,0 0,1 0,4 0,1

Centre-Sud 0,0 0,0 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,1 0,9 0,0 0,8 1,0

Est 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1

Hauts-Bassins 0,3 0,0 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1

Nord 0,2 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,1 0,3 0,5

Plateau-Central 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0 0,2 0,4

Sahel 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,6 0,0 0,0

Sud-Ouest 0,0 0,2 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,0

141
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 10. 11: Proportion (%) des ménages selon la principale culture pratiquée au cours de la campagne 2018-2019 (suite)

Gingembre
Pomme de

Pastèque
Menthe

(salade)
Epinard

Tomate
Poivron

Piment

Melon
Patate
douce

Laitue
Céleri

Persil

Chou
terre
Milieu résidence

Urbain 0,2 0,1 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,0 0,1 0,0 0,2 0,2 0,2 0,2

Rural 0,1 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,1 0,0 0,3 0,5

Genre du CM

Masculin 0,1 0,0 0,1 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,3 0,0 0,1 0,0 0,3 0,5

Féminin 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1 0,4 0,1 0,1 0,1 0,0 0,0 0,1 0,1 0,1

Statut de pauvreté

Non pauvre 0,1 0,0 0,1 0,1 0,0 0,1 0,0 0,0 0,3 0,0 0,1 0,0 0,4 0,5

Pauvre 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,2 0,0 0,1 0,0 0,2 0,3

142
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
10.3.6 Principale clientèle
Le marché local est la principale source d’écoulement des produits agricoles avec 62,2% de la
production contre 0,1% de stock dans les banques de céréale. Les principaux clients diffèrent d’une
région à l’autre. Les producteurs de toutes les régions écoulent principalement leurs productions sur le
marché, excepté la région du Nord où les produits agricoles sont plus écoulés aux particuliers ou autres
ménages (50,9%).
Quel que soit le statut de pauvreté du producteur ou le genre du chef du ménage, le marché reste le
principal lieu d’écoulement de la production.

Tableau10- 13: Type de clients ayant acheté les produits agricoles


Marché Ménage/Particulier Coopérative Opérateur privé Etat Banques de
céréales

National 62,2 26,8 3,7 2,7 4,5 0,1

Région résidence

Boucle du 52,5 20,1 12,8 6,4 7,9 0,3


Mouhoun

Cascades 51,3 35,0 3,5 1,7 8,3 0,0

Centre 49,2 46,7 0,0 4,2 0,0 0,0

Centre-Est 65,5 30,5 0,5 3,0 0,5 0,0

Centre-Nord 75,6 24,0 0,0 0,0 0,0 0,3

Centre-Ouest 70,8 25,1 1,4 0,8 1,9 0,0

Centre-Sud 75,7 16,9 5,0 1,3 0,9 0,2

Est 74,9 19,8 1,9 2,4 1,0 0,0

Hauts-Bassins 37,3 34,2 7,1 5,4 15,9 0,0

Nord 42,9 50,9 1,1 5,1 0,0 0,0

Plateau-Central 78,4 18,8 0,5 1,4 1,0 0,0

Sahel 77,8 22,2 0,0 0,0 0,0 0,0

Sud-Ouest 63,9 16,6 1,8 4,1 13,6 0,0

Milieu résidence

Urbain 69,6 26,3 2,1 1,6 0,2 0,2

Rural 61,0 26,8 3,9 2,9 5,2 0,1

Genre du CM

Masculin 60,8 27,1 4,0 3,0 5,0 0,1

Féminin 73,4 24,4 0,6 0,8 0,6 0,3

Statut de
pauvreté

Non Pauvre 64,7 25,4 3,0 3,1 3,7 0,1

Pauvre 58,9 28,6 4,5 2,2 5,7 0,1

143
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
10.3.7 Mode de stockage de la production
Après les récoltes, 29,3% de la production est stockée dans des magasins prévus et 19,3% dans les
greniers à l’intérieur des concessions. Cependant, 28,0% des ménages n’utilisent aucun mode de
stockage pour leur production.
Dans les régions de la Boucle du Mouhoun et du Centre-Nord, aucune méthode de stockage de produits
agricoles n’est utilisée dans près de 46% des ménages agricoles. A l’Est et dans le Plateau Central,
plus de 36% des ménages utilisent les magasins comme principale méthode de stockage de produits
agricoles. De même en milieu urbain comme en milieu rural, plus de 28% des ménages utilisent les
magasins comme méthode de stockage de produits agricoles.

Graphique 10- 7: Mode de stockage des récoltes


35,0
30,0
25,0 29,3 28,0
20,0
15,0 19,3
10,0
5,0 9,1
0,0 5,7 5,1 3,4
Grenier dans Grenier en Magasin Hangar Toit de la Aucune Autres (à
la concession dehors maison méthode de préciser)
stockage

Tableau10- 14: Principale méthode de stockage des produits agricoles


Grenier dans Grenier en Magasin Hangar Toit de la Aucune méthode Autres (à
la concession dehors maison de stockage préciser)

Région résidence

Boucle du Mouhoum 5,8 4,1 20,4 5,8 9,3 46,9 7,6

Cascades 36,9 1,2 26,0 2,8 0,7 23,9 8,5

Centre 6,7 6,7 21,7 1,7 6,7 32,5 24,2

Centre-Est 30,0 7,5 34,0 2,0 0,0 21,5 5,0

Centre-Nord 8,7 9,4 24,0 4,9 2,1 46,3 4,5

Centre-Ouest 14,9 5,8 34,7 1,4 5,8 30,9 6,6

Centre-Sud 27,6 4,4 28,5 4,4 1,3 24,1 9,6

Est 4,3 9,2 39,6 23,7 4,8 9,7 8,7

Hauts-Bassins 20,0 3,7 43,7 5,8 2,7 19,7 4,4

Nord 28,0 9,1 13,1 2,3 4,6 21,1 21,7

Plateau-Central 10,1 8,2 36,5 4,8 1,9 25,0 13,5

Sahel 22,2 11,1 0,0 11,1 0,0 11,1 44,4

Sud-Ouest 23,1 7,1 27,2 4,1 3,0 27,2 8,3

Milieu résidence

Urbain 16,1 3,7 37,1 6,9 5,3 20,5 10,4

Rural 19,8 6,0 28,1 4,8 3,1 29,2 8,9

144
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Grenier dans Grenier en Magasin Hangar Toit de la Aucune méthode Autres (à
la concession dehors maison de stockage préciser)

Genre du CM

Masculin 18,5 5,7 29,9 5,3 3,1 28,6 8,9

Féminin 26,1 6,2 24,9 3,1 5,6 23,2 10,9

Statut de pauvreté

Non pauvre 19,8 5,5 30,8 5,1 3,4 25,7 9,7

Pauvre 18,6 6,0 27,5 5,0 3,4 31,1 8,3

10.3.8 Main d’œuvre Agricole


Durant la campagne agricole 2020/2021, près de 90% des ménages utilisent la main d’œuvre familiale
pour la préparation du sol et des semis, l’entretien du sol et les récoltes et moins de 20% des ménages
mobilisent la main d’œuvre non familiale. Toutes les régions mobilisent plus la main d’œuvre familiale.
La main d’œuvre non familiale est plus utilisée dans les régions des Hauts-Bassins et du Centre-Ouest,
où plus de 40% des ménages utilisent la main d’œuvre non familiale pour l’entretien du sol.

Tableau10- 15: Utilisation de la main d’œuvre familiale et non familiale par type d’activité
durant la campagne agricole 2020/2021
Utilisation de la main-d’œuvre Utilisation de la main-d'œuvre non
familiale pour la période familiale pour la période

Préparation Entretien Récolte Préparation Entretien Récolte


du sol et des du sol du sol et des du sol
sémis sémis

Ensemble 96,2 94,0 88,3 13,7 19,7 16,9

Région Boucle du Mouhoum 98,8 94,6 79,3 12,5 31,7 23,5


résidence
Cascades 92,8 82,7 73,9 17,9 20,6 13,8

Centre 95,2 87,2 84,8 15,2 17,2 17,0

Centre-Est 88,4 85,4 84,8 16,9 19,2 10,6

Centre-Nord 99,2 98,2 96,0 7,7 7,6 9,0

Centre-Ouest 99,0 97,1 90,1 23,6 40,4 36,1

Centre-Sud 98,2 95,0 95,0 14,6 16,4 13,9

Est 99,4 97,9 97,6 5,1 8,5 6,6

Hauts-Bassins 90,1 91,9 85,3 23,2 45,3 23,4

Nord 98,9 97,0 85,4 3,1 3,0 9,7

Plateau-Central 99,4 98,5 98,4 12,3 15,3 13,0

Sahel 85,4 79,3 75,7 8,8 11,7 15,1

Sud-Ouest 88,4 94,5 78,4 32,5 22,4 38,6

Urbain 91,0 85,8 76,7 20,7 21,9 22,0

145
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Utilisation de la main-d’œuvre Utilisation de la main-d'œuvre non
familiale pour la période familiale pour la période

Milieu Rural 96,5 94,5 89,0 13,3 19,6 16,6


residence

Genre du Masculin 96,0 93,8 87,8 13,1 19,3 16,0


CM
Féminin 97,7 95,6 92,6 18,8 23,1 24,5

Statut de Non pauvre 95,0 93,2 86,5 16,1 22,2 18,5


pauvreté
Pauvre 97,7 95,1 90,7 10,5 16,4 14,9

146
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 11: Elevage

Principaux résultats
Ménages pratiquant l’élevage : l’activité d’élevage est pratiquée par 63,2% des ménages
burkinabè en 2021. Cette proportion est en deçà de celle de 2018 avec une baisse de 2,5 points
de pourcentage.
Espèces animales élevées : les espèces animales les plus élevées en 2021 par les ménages
sont : les poulets (74,4%), les chèvres (65,0%) et les moutons (57,7%). Les bœufs sont plus élevés
dans la région du Sahel en 2021 comparativement aux autres régions.
Cheptel : En 2021, le Burkina Faso compte 5,6 millions de têtes de bœufs, 9,9 millions de têtes de
moutons, 10,1 millions de têtes de chèvres, 1 million de porcs et 36,5 millions de têtes de volaille.
Production de viande, lait et œufs : la moitié des ménages éleveurs du Burkina Faso produit de
la viande, et un ménage sur cinq, produit des œufs. La production de lait reste faible (7,4% des
ménages éleveurs) et sa transformation concerne peu de ménages (4,9% des ménages éleveurs).
Charges de l’élevage : l’ensemble des dépenses consenties par les ménages éleveurs s’élève à
plus de 340 milliards de FCFA en 2021. Plus de trois quarts de ce montant est destiné à
l’alimentation du bétail et 16,6% (soit environ 57 milliards de FCFA) à l’achat d’animaux. La
vaccination a coûté plus de 12 milliards de FCFA aux ménages éleveurs.0

Le Burkina Faso est un pays d’agriculture et d’élevage. Pour ce qui concerne les statistiques sur
l’élevage, elles datent de depuis longtemps (ENEC I en 1989 et ENEC II en 2003). L’élevage est, après
l’or et le coton, le troisième produit d’exportation du Burkina Faso. Il contribue à hauteur de 26% aux
recettes d’exportation du pays (Politique Nationale de Développement Durable de l’Elevage au Burkina
Faso 2010 – 2025). L’élevage pratiqué au Burkina Faso par les ménages est en majorité de type
extensif, essentiellement basé sur des parcours naturels.
Dans le cadre de l’EHCVM, pour prendre en compte un secteur important tel l’élevage, les ménages
sélectionnés pour l’enquête ont été soumis à un questionnaire dans lequel figure un module « élevage
». D’où l’objectif de cette partie qui est d’évaluer la contribution de l’élevage en termes d’amélioration
des conditions de vie ménages. Ainsi, si un ménage ou un de ses membres possède ou élève au
moins une espèce animale domestique, qui lui appartient ou qui appartient à un autre ménage, il est
considéré comme un ménage éleveur. Les ressources halieutiques et les animaux de compagnie tels
que le chien ou le chat n’ont pas été pris en compte.

Concepts et définitions3 possède ou élève au moins une espèce d’élevage


domestique, qui lui appartient ou qui appartient à un autre ménage, il est considéré
comme un ménage éleveur.

Eleveur : c’est tout individu qui, au sein d’un ménage, possède ou élève une ou plusieurs
têtes d’une espèce animale domestique quelconque.
Cheptel : c’est l’ensemble des animaux d’élevage d’une exploitation, d’une région ou d’un
pays donné.
Bétail : c’est l’ensemble des animaux d’élevage, exception faite des animaux de basse-cour
et de l’aquaculture. Le bétail au sein d'une ferme formant un troupeau, une troupe ou bande
constitue le fond du cheptel de celle-ci.
Gros bétail : c’est l’ensemble des gros animaux élevés dans un cadre agricole (bovin, cheval,
chameau, âne).
Petit bétail : c’est l’ensemble des petits animaux élevés dans un cadre agricole (mouton,
chèvre, porc).
Bovins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « bœuf ».

147
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Ovins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « moutons ».
Caprins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « chèvres ».
Equins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « chevaux».
Asins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « ânes ».
Camelins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « chameaux ».
Porcins : c’est l’ensemble des animaux communément appelés « cochons ».
Volaille : c’est l’ensemble des oiseaux d’une basse-cour.

11.1 Pratique de l’élevage

11.1.1 Ménages pratiquant l’élevage


Au Burkina Faso, 63,2% des ménages résidant pratiquent l’élevage en 2021. Cette proportion était de
65,7% en 2018.
En milieu rural, quatre ménages sur cinq pratiquent l’élevage. Cette proportion se réduit à un ménage
sur quatre en milieu urbain.
A l’exception de la région du Centre où seulement un ménage sur cinq pratique l’élevage, plus de la
moitié des ménages pratiquent l’élevage dans toutes les régions du Burkina Faso. La pratique de
l’élevage est plus importante parmi les ménages résidant dans les régions du Plateau central (89,0%),
de l’Est (84,6%) et du Centre-Sud (82,6%). Particulièrement, dans la région du Sahel, 72,5% des
ménages pratiquent l’élevage. En 2018, cette proportion y était de 80,3 %. Cette baisse pourrait être
expliquée par la situation sécuritaire difficile de la région.
Les ménages dirigés par les hommes pratiquent plus l’élevage que ceux dirigés par les femmes. Deux
ménages sur trois (66,3%) dirigés par les hommes pratiquent l’élevage. Cette proportion est de 44,2%
pour les ménages dirigés par des femmes.
La pratique de l’élevage repose essentiellement sur des ménages pauvres et dont le dirigeant n’a pas
reçu une instruction dans une structure formelle. En effet, 72,0% des ménages, dont le chef est sans
instruction formelle, pratiquent l’élevage, contre 17,6% pour les ménages dont le chef a un niveau
universitaire en 2021. En 2018, ces proportions étaient respectivement 76,1% et 9,2%.

148
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 11- 1: Proportion (%) des ménages pratiquant l'élevage selon certaines
caractéristiques sociodémographiques

e du Education du 5 quantiles of
Pauvre 79,6
Très pauvre 74,7
pcexp Niveau de vie moyen 72,9
Riche 61,7
Très riche 41,5
Aucun 72,0
Primaire 55,4
CM

Postprimaire 37,8
Secondaire 25,4
Supérieur 17,6
Genr

Masculin 66,3
CM

Féminin 44,2
Plateau-Central 89,0
Est 84,6
Centre-Sud 82,6
Centre-Ouest 78,5
Region residence

Nord 77,4
Centre-Nord 75,6
Boucle du Mouhoum 75,4
Sahel 72,5
Sud-Ouest 71,2
Centre-Est 66,2
Cascades 59,4
Hauts-Bassins 51,2
Centre 19,3
residenc

Rural 79,6
Milieu

Urbain 24,7
e

National 63,2

11.1.2 Elevage des espèces animales


Au Burkina Faso, les espèces animales élevées par le plus de ménages éleveurs sont les poulets
(74,4%), les chèvres (65,0%), et les moutons (57,7%). De plus, au moins un ménage sur trois, élève
des bœufs. Les ménages des zones rurales élèvent plus que ceux du milieu urbain, quelle que soit
l’espèce animale.
Un ménage éleveur sur deux élèvent des bœufs dans les régions du Sahel (59,2%) et des Hauts-
Bassins (49,5%). En outre, trois ménages éleveurs sur quatre élèvent des moutons dans les régions du
Plateau central et du Centre nord. Aussi, dans les régions du Sud-ouest, du Centre-ouest, de l’Est, au
moins quatre ménages éleveurs sur cinq élèvent des poulets.
Aussi, moins le niveau d’instruction du chef de ménage éleveur est élevé et plus il pratique l’élevage
pour toutes les espèces animales, à l’exception de la volaille.
A l’exception des porcs qui sont plus élevés dans les ménages éleveurs dirigés par des femmes (18,6%)
que ceux dirigés par des hommes (9,7%), l’élevage de toutes les autres espèces est plus pratiqué par
les ménages éleveurs dont le chef est un homme.

149
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 11- 1: Proportion (%) des ménages éleveurs par espèce élevée
Bovins Ovins Caprins Asins Porcins Poulets Pintades
(Bœufs) (Moutons) (Chèvres) (anes) (Porcs)

National 33,9 57,7 65,0 19,4 10,6 74,4 20,3

Milieu résidence

Urbain 19,6 47,4 39,9 10,3 9,5 67,6 7,5

Rural 35,8 59,0 68,3 20,6 10,8 75,3 21,9

Région résidence

Boucle du Mouhoun 22,9 52,8 57,2 23,8 7,3 77,0 11,8

Cascades 27,5 66,0 55,7 ,8 1,7 79,1 16,6

Centre 23,1 45,6 43,9 16,7 11,0 72,3 10,5

Centre-Est 29,4 56,2 66,7 23,0 5,7 74,3 22,7

Centre-Nord 32,6 73,6 70,0 24,4 8,9 58,1 17,1

Centre-Ouest 28,5 46,4 69,1 28,6 36,2 84,5 33,0

Centre-Sud 41,0 67,6 65,7 12,3 8,4 79,8 26,7

Est 40,0 69,3 67,2 7,8 9,9 83,7 27,2

Hauts-Bassins 49,5 44,2 51,1 12,6 5,8 78,5 10,8

Nord 26,4 60,9 72,6 25,3 6,8 67,0 14,0

Plateau-Central 41,1 75,4 77,6 20,8 10,9 82,9 31,5

Sahel 59,2 57,2 77,0 34,6 0,0 40,8 13,2

Sud-Ouest 19,3 28,9 63,2 5,4 11,6 86,6 22,8

Genre du CM

Masculin 37,0 59,9 66,0 20,4 9,7 75,8 22,1

Féminin 6,3 37,9 56,6 10,5 18,6 61,6 3,9

Éducation du CM

Aucun 35,4 58,9 67,0 20,0 10,5 74,1 20,6

Primaire 32,8 58,8 63, 19,3 10,3 73,9 19,7

Post primaire 25,6 46,9 53,4 14,9 16,7 74,3 17,1

Secondaire 7,5 43,0 31,6 5,6 4,8 81,6 13,1

Supérieur 13,1 18,2 36,0 12,0 7,9 92,8 27,0

Niveau de vie

Très faible 31,9 53,7 68,8 21,1 10,2 70,0 17,3

Faible 36,9 61,4 66,9 20,9 8,8 75,2 19,3

Moyen 34,3 60,3 69,9 17,3 11,5 77,6 20,6

Elevé 32,4 58,2 66,3 20,4 12,8 73,5 23,6

Très élevé 33,9 54,0 51,8 17,1 9,7 75,3 20,2

150
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
11.1.3 Ménages éleveurs selon le nombre d’espèces animales possédées
Au niveau national, quatre ménages éleveurs sur cinq élèvent aux plus trois espèces animales
différentes. En milieu urbain, presque tous les ménages éleveurs possèdent au plus trois espèces
différentes et trois quarts en possèdent en milieu rural.
Un ménage éleveur sur trois élèves plus de trois espèces animales différentes dans les régions du
Plateau Central, du Centre-Ouest et de l’Est. En revanche, dans les régions du Centre et des Cascades,
la majorité des ménages éleveurs préfèrent élever moins de trois espèces différentes.
Il y a moins de ménages éleveurs, soit moins de 3%, qui élèvent plus de six espèces animales
différentes quelle que soit la région de résidence.

Graphique 11- 2: Proportion (%) des ménages éleveurs selon le nombre d'espèces
animales possédées par région et par milieu de résidence
Au plus 3 espèces 4 à 6 espèces
Centre 96,1 3,6
Cascades 90,5 9,5
Sud-Ouest 88,6 10,8
Hauts-Bassins 88,2 11,6
Boucle du Mouhoum 84,1 15,4
Region residence

Centre-Est 81,3 18,2


Sahel 78,0 20,8
Nord 76,9 22,0
Centre-Nord 75,3 23,5
Centre-Sud 72,6 27,2
Est 69,0 30,3
Centre-Ouest 66,2 31,2
Plateau-Central 58,6 39,9
National
residence

80,9 18,3
Milieu

Rural 74,2 24,7


Urbain 96,6 3,3

Aussi, les ménages éleveurs dirigés par une femme pratiquent un élevage plus homogène que
ceux dirigés par un homme. Selon le niveau de vie des ménages, plus s’il s’améliore, plus les
ménages élèvent peu d’espèces animales différentes.

151
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 11- 2: Proportion (%) des ménages éleveurs selon le nombre d'espèces animales
possédées selon les caractéristiques du ménage
Au plus 3 espèces 4 à 6 espèces Plus de 6 espèces

National 80,9 18,3 0,8

Genre du CM

Masculin 78,5 20,6 0,9

Féminin 95,5 4,5 0,0

Education du CM

Aucun 77,1 22,1 0,8

Primaire 85,1 13,5 1,3

Postprimaire 91,7 7,8 0,6

Secondaire 97,5 2,5 0,0

Supérieur 97,5 2,5 0,0

Niveau de vie

Très faible 79,0 20,7 0,3

Faible 74,7 24,7 0,6

Moyen 76,9 21,8 1,3

Elevé 79,0 20,1 0,9

Très élevé 89,7 9,5 0,8

11.1.4 Effectif du cheptel


Au Burkina Faso, l’effectif des bœufs est estimé à 5,6 millions de têtes en 2021. Cet effectif est très en
deçà de celui de 2018, où le pays comptait environ 8,5 millions de bœufs. Cette diminution pourrait
s’expliquer par la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines régions à forte potentialité
d’élevage, comme la région du Sahel et de l’Est.
La région des Hauts Bassins abrite les plus gros effectifs de bœufs du pays (1,2 millions de têtes). La
région du Sahel, qui autrefois était la région d’élevage par excellence, est placée à la 8ème place en
termes d’effectifs de bœufs.
Les effectifs de bœufs sont concentrés dans des ménages dont le chef est un homme (5,5 millions de
bœufs) et sans instruction (5 millions de bœufs). Aussi, quel que soit le niveau de vie des ménages,
ceux-ci ont des effectifs importants de bœufs.
L’effectif des moutons est de 9,9 millions de têtes. Cet effectif était de 9,6 millions en 2018. Les moutons
sont plus concentrés dans la région de l’Est (1,2 millions de têtes) et la région du Centre-Nord (1 million
de têtes). La région du Sahel a le plus faible effectif de moutons (326 000 têtes) parmi toutes les régions.
Les effectifs de moutons sont concentrés dans des ménages dont le chef est un homme (9,5 millions
de moutons) et ceux dont le chef est sans instruction (8,3 millions de moutons).
Le pays compte 10,1 millions de chèvres, en légère baisse par rapport à 2018 (10,8 millions). Ces
effectifs de chèvres sont plus concentrés dans les régions du Centre-Nord, du Centre-est, de l’Est et du
Centre-Ouest, qui abritent chacune au moins 1 million de têtes. L’élevage des chèvres est également
plus important dans les ménages dirigés par un homme (9,5 millions) et dans ceux dont le chef est sans
instruction (8,5 millions).
L’effectif des porcs est de 1 million. Il était de 1,3 million en 2018. Les porcs sont beaucoup plus
rencontrés dans les régions du Centre-Ouest (320 000), du Centre-Nord (125 000), et du Centre-Est

152
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
(104 000). Les porcs sont beaucoup plus élevés par les ménages dirigés par les hommes, aussi les
ménages dont le niveau d’instruction du chef est bas.
En termes d’effectifs, la volaille est plus nombreuse que les autres types d’animaux. En 2021, le Burkina
Faso compte 36,5 millions de têtes de volaille. Cet effectif était de 32,3 millions de têtes en 2018. Les
régions du Centre, du Centre-Ouest, des Hauts-Bassins, de la Boucle du Mouhoun et de l’Est détiennent
plus de la moitié des effectifs de volaille et concentrent chacune plus de 3 millions de têtes.
Tout comme pour les autres espèces, les ménages dont le chef est un homme, possèdent beaucoup
plus de volailles (35 millions de têtes) que ceux dirigés par des femmes. Aussi, sept volailles sur dix
sont élevées par des ménages dont le chef n’a aucun niveau d’instruction. Enfin, plus le niveau de vie
du ménage devient élevé, plus il possède de la volaille.

Tableau 11- 3: Effectif du cheptel par espèce animale possédée par les ménages selon
caractéristiques socio-démographiques
Bovins Ovins Caprins Porcins
Volaille
(Bœufs) (Moutons) (Chèvres) (Porcs)
National 5 559 733 9 878 247 10 117 462 1 062 285 36 451 892
Milieu résidence
Urbain 438 472 734 812 626 533 142 605 3 402 784
Rural 5 121 261 9 143 435 9 490 929 919 680 33 049 108
Région résidence
Boucle du Mouhoun 620 396 934 608 771 166 50 505 3 228 658
Cascades 377 106 478 466 288 578 15 639 1 733 911
Centre 137 089 465 939 389 903 64 335 4 987 096
Centre-Est 601 310 961 586 1 005 257 103 602 2 749 534
Centre-Nord 271 847 985 700 1 000 875 126 201 2 533 838
Centre-Ouest 557 104 932 819 1 421 770 317 727 4 743 519
Centre-Sud 377 035 810 222 635 646 68 558 2 370 651
Est 487 157 1 208 974 1 008 984 64 769 3 098 234
Hauts-Bassins 1 188 093 822 681 696 390 70 084 3 416 906
Nord 192 587 685 996 915 482 49 212 2 124 631
Plateau-Central 204 864 921 581 857 035 73 835 2 851 130
Sahel 334 331 325 519 597 611 595 801
Sud-Ouest 210 814 344 156 528 765 57 816 2 017 982
Genre du CM
Masculin 5 502 485 9 492 935 9 503 540 923 500 35 005 490
Féminin 57 249 385 312 613 922 138 784 1 446 402
Éducation du CM
Aucun 4 962 734 8 265 200 8 500 785 842 808 26 182 400
Primaire 442 304 1 103 749 1 127 497 121 352 6 773 693
Post primaire 137 035 343 965 335 909 79 669 1 480 440
Secondaire 7 987 136 544 78 886 9 132 784 586
Supérieur 9 673 28 788 74 384 9 323 1 230 773
Niveau de vie
Très faible 853 248 1 658 321 1 915 627 199 690 5 246 637
Faible 1 349 811 2 088 363 2 103 050 168 793 6 209 976
Moyen 1 199 624 2 157 018 2 433 498 224 624 7 173 546
Elevé 1 086 876 2 138 546 2 146 070 247 314 7 680 567
Très élevé 1 070 174 1 835 999 1 519 217 221 864 10 141 166

11.1.5 Gestion et produits du cheptel

[Link] Production de viande, lait et œufs


La moitié des ménages éleveurs du Burkina Faso produit de la viande, et un ménage sur cinq, produit
des œufs. La production de lait reste faible (7,4% des ménages éleveurs), et la transformation de
lait est très rare (4,9% des ménages éleveurs).
La production de viande est plus active dans les régions du Centre-Ouest, du Sud-Ouest et des
Cascades, où 3 ménages éleveurs sur 5 produisent de la viande. Les ménages éleveurs dirigés par
des hommes (51,9%) produisent plus de viande que ceux dirigés par des femmes (28,3%). Dans un

153
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
groupe de 4 ménages dont le chef a un niveau d’instruction supérieur, 3 d’entre eux produisent de
la viande. De plus, l’intensité de production de viande par les ménages augmente avec le niveau de
vie des ménages.
La production de lait est plus fréquente au sein des ménages de la région du Sahel, où un ménage
éleveur sur trois en produit. Les ménages éleveurs des régions des Hauts-Bassins (14,1%) et des
Cascades (10,0%) en produisent également, mais en proportion plus faible. Les ménages éleveurs
des régions du Plateau Central et du Sud-Ouest n’en produisent pratiquement pas. La production de
lait diminue avec le niveau d’études du chef de ménage.
Concernant la transformation de lait, elle est plus présente au sein des ménages éleveurs des
régions du Sud-Ouest (24,6%), du Centre-Ouest (12,5%) et du Sahel (12,4%). Et contrairement à la
production de viande, de lait ou d’œufs où les ménages dirigés par des hommes produisent plus que
ceux dirigés par des femmes, la transformation du lait a un visage féminin : 14,7% des ménages
éleveurs dirigés par des femmes transforment le lait contre 4,6% pour les ménages dirigés par des
hommes. Aussi, les ménages éleveurs de niveau de vie élevé ont plus de facilité pour transformer
le lait.
La production des œufs est plus vulgarisée dans les ménages du Centre-sud (32,8%), de l’Est
(30,9%) et du Sahel (30,0%) que dans les autres régions. Très peu de ménages de la région du Nord
(5,9%) produisent des œufs. Par ailleurs, quel que soit le niveau d’instruction du chef de ménage ou
le niveau de vie du ménage, au moins un ménage sur cinq des ménages de ces groupes produit des
œufs. Toutefois, la production des œufs est plus importante au sein des ménages dont le dirigeant
a un niveau d’étude supérieur (27,5%) et des ménages riches (28,0%).

Tableau 11- 4: Proportion (%) des ménages éleveurs produisant de la viande, du lait et
des œufs selon caractéristiques socio-démographiques
Production de Transformation Production des
Production de lait
viande de lait œufs
National 49,5 7,4 4,9 22,1
Milieu de résidence
Urbain 48,7 6,3 6,1 17,7
Rural 49,6 7,5 4,8 22,7
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 46,7 6,1 0,0 26,4
Cascades 59,1 10,0 3,3 16,9
Centre 56,8 6,5 0,0 26,1
Centre-Est 42,7 7,3 0,0 24,3
Centre-Nord 40,5 5,1 2,4 20,4
Centre-Ouest 63,9 4,3 12,5 16,4
Centre-Sud 45,6 3,2 0,0 32,8
Est 49,4 5,6 0,0 30,9
Hauts-Bassins 47,3 14,1 0,0 18,4
Nord 41,3 1,5 0,0 5,9
Plateau-Central 56,9 ,9 0,0 17,8
Sahel 42,6 34,2 12,4 30,0
Sud-Ouest 61,6 ,9 24,6 24,0
Genre du CM
Masculin 51,9 7,8 4,6 22,8
Féminin 28,3 2,8 14,7 15,0
Éducation du CM
Aucun 49,0 8,4 4,9 21,7
Primaire 51,6 3,0 4,5 24,2
Post primaire 43,6 3,2 4,6 23,3
Secondaire 61,4 1,1 0,0 21,3

154
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Production de Transformation Production des
Production de lait
viande de lait œufs
Supérieur 75,0 0,0 0,0 27,5
Niveau de vie
Très pauvre 46,5 7,2 2,6 22,7
Pauvre 44,3 9,5 3,0 21,0
Niveau de vie moyen 51,8 5,8 2,8 19,8
Riche 52,9 6,6 7,0 20,0
Très riche 52,1 8,2 9,6 28,0

[Link] Soins des animaux


La santé animale occupe une place centrale dans le domaine de l’élevage au Burkina Faso. Dans le
cadre de l’EHCVM, la prise en compte de la santé animale a été analysée à partir des pratiques de la
vaccination du troupeau, le déparasitage des troupeaux et les soins des animaux.
Sur le plan national, 3 ménages éleveurs sur 5, globalement, vaccinent leurs troupeaux. Selon la zone
de résidence, la proportion des ménages éleveurs vaccinant leurs troupeaux est plus élevée en milieu
rural (62,6% contre 55,3% en milieu urbain). Sur le plan régional, la vaccination du troupeau est plus
importante dans la région du Centre-Sud (4 ménages éleveurs sur 5) que dans les autres régions du
pays. En revanche, seul 1 ménage éleveur sur 3 de la région du Sahel vaccine ses troupeaux.
En ce qui concerne le déparasitage des troupeaux, il est pratiqué par 1 ménage éleveur sur 3 au plan
national et quel que soit le milieu de résidence (rural ou urbain). Au niveau des régions, le déparasitage
est pratiqué par 1 ménage éleveur sur 2 dans les régions des Hauts-Bassins et à peu près la même
proportion dans les Cascades. Par contre, la proportion des ménages éleveurs déparasitant leurs
troupeaux est très faible dans la région du Sahel (1 ménage sur 10).
Au niveau des soins des animaux, la proportion des ménages éleveurs est homogène et très faible (un
peu plus de 1 ménage sur 10) au niveau national, en milieu urbain et rural. Toutefois, cette proportion
est plus élevée dans la région des Cascades (1 ménage éleveur sur 3) que dans les autres régions du
pays.

155
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 11- 3: Proportion (%) des ménages éleveurs soignant leurs troupeaux selon la
zone de résidence

Centre-Sud 17,2 33,6 80,3


Hauts-Bassins 22,0 50,8 77,0
Cascades 37,3 48,6 65,4
Est 14,2 34,1 65,1
Nord 6,7 19,8 64,6
Region residence

Plateau-Central 13,9 33,5 64,3


Centre-Nord 10,9 34,6 63,8
Centre-Est 8,2 29,2 63,4
Centre-Ouest 14,0 36,6 59,1
Boucle du Mouhoum 13,3 23,6 55,3
Centre 10,1 31,6 51,3
Sud-Ouest 13,7 26,8 48,8
Sahel 5,4 11,0
34,3
Rural 13,5 31,3 62,6
residence
Milieu

Urbain 13,8 36,0 55,3


National 13,5 31,9 61,7

Soins de troupeaux Déparasitage de troupeaux Vaccination de troupeaux

Selon le genre, la proportion des ménages éleveurs dirigés par un homme qui vaccinent, déparasitent
et soignent leurs troupeaux est plus élevée que ceux dirigés par une femme. En effet, au niveau de la
vaccination, on enregistre 64,3% des ménages éleveurs dirigés par un homme contre 38,2% pour ceux
dont le chef est une femme. Aussi, pour ce qui est de la déparasitassions, on a 33,4% des ménages
éleveurs dirigés par un homme contre 14,2% des ménages éleveurs dirigés par une femme. Enfin, pour
les ménages soignant leurs troupeaux, il ressort une proportion élevée des ménages éleveurs dirigés
par un homme que ceux dirigés par des femmes (respectivement 14,2% et 7,6%).
Selon le niveau d’instruction du chef de ménage, 3 ménages éleveurs sur 4, parmi les ménages dont le
niveau d’instruction du chef a atteint le supérieur, vaccinent plus leurs animaux. Également, 3 ménages
éleveurs sur 5 parmi les ménages dont le niveau d’instruction du chef a atteint le supérieur, déparasitent
plus leurs animaux. Par contre, le niveau d’instruction du chef dans les ménages éleveurs semble ne
pas avoir d’influence sur les soins des animaux.
Plus le ménage éleveur est riche, plus il vaccine, déparasite et soigne son troupeau.

156
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 11- 5: Proportion (%) des ménages éleveurs soignant leurs troupeaux selon
caractéristiques socio-démographiques
Production de Transformation de Production des
Production de lait
viande lait œufs
National 49,5 7,4 4,9 22,1
Milieu de résidence
Urbain 48,7 6,3 6,1 17,7
Rural 49,6 7,5 4,8 22,7
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 46,7 6,1 0,0 26,4
Cascades 59,1 10,0 3,3 16,9
Centre 56,8 6,5 0,0 26,1
Centre-Est 42,7 7,3 0,0 24,3
Centre-Nord 40,5 5,1 2,4 20,4
Centre-Ouest 63,9 4,3 12,5 16,4
Centre-Sud 45,6 3,2 0,0 32,8
Est 49,4 5,6 0,0 30,9
Hauts-Bassins 47,3 14,1 0,0 18,4
Nord 41,3 1,5 0,0 5,9
Plateau-Central 56,9 ,9 0,0 17,8
Sahel 42,6 34,2 12,4 30,0
Sud-Ouest 61,6 ,9 24,6 24,0
Genre du CM
Masculin 51,9 7,8 4,6 22,8
Féminin 28,3 2,8 14,7 15,0
Éducation du CM
Aucun 49,0 8,4 4,9 21,7
Primaire 51,6 3,0 4,5 24,2
Post primaire 43,6 3,2 4,6 23,3
Secondaire 61,4 1,1 0,0 21,3
Supérieur 75,0 0,0 0,0 27,5
Niveau de vie
Très pauvre 46,5 7,2 2,6 22,7
Pauvre 44,3 9,5 3,0 21,0
Niveau de vie moyen 51,8 5,8 2,8 19,8
Riche 52,9 6,6 7,0 20,0
Très riche 52,1 8,2 9,6 28,0

[Link] Charges de l’élevage


Les ménages éleveurs ont supporté plus de 340 milliards de FCFA de charges dans l’élevage
des animaux en 2021, dont 83,4% pour le milieu rural. Plus de trois quarts de ce montant (262
milliards de FCFA) est destiné à l’alimentation du bétail et 16,6% (soit environ 57 milliards de
FCFA) à l’achat d’animaux. La vaccination (3,6% des charges totales) a coûté plus de 12 milliards
de FCFA aux ménages éleveurs.

157
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 11- 4: Charges supportées pour l’élevage des animaux

Eau Vaccination
0,7% 3,6%
Soins Déparasitage
0,5% 1,2%

Alimentation
77,0%
Achat d'animaux
16,6%
Frais sur la
viande
Transport et
0,0%
taxes
0,4%

Les ménages dirigés par des hommes ont dépensé plus de 330 milliards de FCFA pour l’élevage, soit
98% de la charge totale. Aussi, ce sont les ménages dirigés par des personnes sans instruction aucune
qui ont supporté la charge de l’élevage la plus élevée, soit 79% du montant total. Par ailleurs, plus les
ménages sont riches, plus leurs charges est élevée dans la pratique de l’élevage.

Tableau 11- 6: Charge de l’élevage selon certains caractéristiques socio-


démographiques
Charge totale en milliards de FCFA
National 340,7
Milieu de résidence
Urbain 56,4
Rural 284,3
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 20,2
Cascades 9,4
Centre 27,5
Centre-Est 44,8
Centre-Nord 51,1
Centre-Ouest 43,6
Centre-Sud 28, 1
Est 29,7
Hauts-Bassins 30,4
Nord 18,3
Plateau-Central 17,7
Sahel 16,5
Sud-Ouest 3,6
Genre du CM
Masculin 332,6
Féminin 8,1
Éducation du CM
Aucun 267,5
Primaire 44,4
Post primaire 17,2
Secondaire 5,2
Supérieur 6,3
Niveau de vie
Très pauvre 28,8
Pauvre 50,2
Niveau de vie moyen 69,2
Riche 84,1
Très riche 108,3

158
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Conclusion
En baisse de 2,5 points de pourcentage par rapport à 2018, l’activité d’élevage est pratiquée par 63,2%
des ménages burkinabè pour un cheptel estimé à 5,6 millions de têtes de bœufs, 9,9 millions de têtes
de moutons, 10,1 millions de têtes de chèvres, 1 million de porcs et 36,5 millions de têtes de volaille.
On note que la pratique de l’élevage est influencée par les caractéristiques socio-démographiques des
ménages. D’une part, l’élevage est pratiqué majoritairement par les ménages pauvres et dont le
dirigeant n’a pas reçu une instruction dans une structure formelle. Aussi, les ménages dirigés par les
hommes pratiquent plus l’élevage que ceux dirigés par les femmes.
Par ailleurs, l’ensemble des dépenses consenties par les ménages éleveurs s’élève à plus de 340
milliards de FCFA pour plus de trois quarts destinés à l’alimentation du bétail et 16,6% à l’achat
d’animaux.

159
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 12 : LOGEMENT, EAU ET ASSAINISSEMENT

Points clés

Logement : les ménages burkinabè vivent en majorité (59,0%) dans des logements précaires. En
2021, sept ménages sur dix (73,1%) du milieu rural vivent dans des logements construits avec des
matériaux non définitifs. Les régions du Sahel (91,4%), du Nord (84,7%) et du Centre -Nord (77,1%)
enregistrent les proportions de ménages vivant dans des logements précaires les plus élevées.

Accès à l’eau potable : la proportion des ménages ayant l’accès à l’eau potable est de 77,2% au niveau
national. Cependant, huit régions sur les treize ont un taux de couverture inférieur à la moyenne nationale.
Les régions du Sahel (52,5%), du Nord (56,9%) et de la Boucle du Mouhoun (57,6%) ont les faibles taux
d’accès à l’eau potable.

Accès à l’assainissement : en 2021, seulement 15,2% des ménages ont accès à des toilettes
améliorées. En milieu rural, un ménage sur dix (9,2%) utilise des toilettes améliorées. L’utilisation des
fosses modernes pour la gestion des eaux usées dans les ménages est très faible (1,4%). Neuf ménages
sur dix (92,4%) déversent leurs eaux usées dans la nature.
Accès au TIC : les ménages ont très peu accès à internet et aux chaines de télévision en 2021. En
effet, seulement 15,8% des ménages y ont accès. La région du Centre a le taux le plus élevé soit 35,6 %.
Les régions du Sahel (3,5%) et de l’Est (2,8%) ont les plus faibles taux d’accès aux chaines de télévision
par câble satellite ou TNT.
Aussi, seulement 1,4% des ménages sont connectés à internet à travers la fibre optique, l’ADSL, un
modem, une clé internet ou le WIFI. Cette proportion est de 3,8% en milieu urbain et de 0,4% en
milieu rural.

Sources d’éclairage : En 2021, 46,0% des ménages utilisent principalement l’électricité des plaques
solaires comme source d’éclairage. Ils sont 29,0% à faire recours aux lampes à pétrole ou à piles ou
autres. Seulement 16,2% des ménages utilisent l’électricité réseau.

Combustible de cuisson : les ménages utilisent principalement trois combustibles pour la cuisson
dans la cuisine. La majorité (76,5%) des ménages utilisent le bois ; les autres utilisent le gaz (14,6%)
et le charbon de bois (8,5%). En milieu rural, neuf ménages sur dix (94,1%) utilisent le bois comme
combustible pour la cuisine ; toutefois, il y a quelques ménages (3,3%) qui utilisent le gaz.

La qualité des logements est un problématique pris en compte dans les politiques et programmes de
développement au Burkina Faso. Il est nécessaire de disposer des indicateurs qui permettent d’évaluer
la qualité du logement. Dans ce chapitre, les commodités dans les quelles vivent les ménages sont
abordées. Il s’agit essentiellement de l’accès au logement décent, de l’approvisionnement en eau
potable, des modes de gestion des ordures ménagères et eaux usées et les sources d’énergie pour
l’éclairage et la cuisson. Les nouvelles technologies de l’information et de communication y sont
également abordées.

12.1 Définition de quelques concepts :


Pour une bonne compréhension du contenu de ce chapitre, il est utile et nécessaire de définir un certain
nombre de concepts utilisés.
Logement décent : logement dont les principaux matériaux utilisés pour les murs extérieurs, le toit et
le revêtement au sol sont des matériaux définitifs. Sont considérés matériaux définitifs le ciment, le
béton, la pierre de taille, la brique cuite, le banco amélioré ou semi dur, le bac alu, la vitre, la tuile, la
tôle, les carreaux, le marbre.
Logement précaire : logement dont les principaux matériaux utilisés pour les murs extérieurs, le toit et
le revêtement au sol sont des matériaux non définitifs. Sont considérés matériaux non définitifs la pierre
simple (traditionnelle), la paille, le banco, la motte de terre, la bouse d’animaux et la terre battue.
161
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Eau potable : une eau est potable lorsqu’elle est consommable à des fins domestiques sans risque
pour la santé.
Assainissement : c’est le processus visant à maintenir le logement exempt de saleté, d’infection de
maladie, en éliminant les ordures, les eaux usées et excreta.
Toilettes améliorées : les toilettes sont dites améliorées lorsqu’elles permettent une séparation
suffisante des excreta humains et empêchent le contact avec les hommes. Ce sont les WC
interne/externe avec chasse d'eau, WC interne/externe avec chasse manuelle, Latrines VIP (dallées,
ventilées), latrines ECOSAN (dallées, couvertes).

12.2 Situation du logement


Au Burkina Faso, le logement est un droit constitutionnel. Malheureusement, les populations ont
difficilement accès à un logement décent. Cet état est dû principalement aux coûts trop élevés de la
construction par rapport aux revenus des ménages. A cela s’ajoute une offre insuffisante de logements
décents malgré les différents programmes de logement mis en œuvre par l’Etat.
En 2021, les ménages burkinabè vivent en majorité (59,0%) dans des logements précaires. Ces
logements sont construits avec des matériaux non définitifs au niveau soit du mur, soit du toit, soit du
sol.
En milieu rural, les logements précaires sont beaucoup plus fréquents par rapport au milieu urbain. En
effet, sept ménages sur dix (73,1%) du milieu rural vivent dans des logements construits avec des
matériaux non définitifs tandis qu’en milieu urbain, cette proportion est plus faible (26,1%).

Tableau 12- 1: proportion (%) des ménages vivant dans un logement précaire selon le
milieu de résidence
Proportion (%) des ménages
vivant dans un logement précaire
National 59,0
Selon le milieu de résidence
Urbain 26,1
Rural 73,1
Considérant la région de résidence, les régions du Sahel (91,4%), du Nord (84,7%) et du Centre -Nord
(77,1%) enregistrent les proportions de ménages vivant dans des logements précaires les plus élevées.
La région du Centre affiche la proportion la plus faible, suivie de la région des Hauts-Bassins (41,2%)
et de la région du Centre-Est (42,1%). Il faut noter qu’au moins six ménages sur dix vivent dans des
logements précaires dans dix régions du pays.

162
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 12- 1: proportion (%) des ménages vivant dans un logement précaire selon la
région de résidence

100,0 91,3
90,0 84,7
77,1 74,7
80,0 73,6 72,4
70,0 66,4 64,9 64,4 64,4
59,0
60,0
50,0 42,1 41,2
40,0
30,0 26,0

20,0
10,0
0,0

Les ménages vivant dans des maisons individuelles simples en banco sont estimés à 42% et ceux dans
les maisons individuelles en dur 32%. Les maisons modernes (villa) abritent 6% des ménages. Dans
les célibatérium, vit un ménage sur dix (9,7%). Seulement un ménage sur cent vit dans des
immeubles/appartements. En milieu rural, les maisons individuelles simples bâties avec du banco sont
dominants (51%). Les maisons individuelles simples en dur sont plutôt fréquentes en milieu urbain
(43%).

Graphique 12- 2: Répartition des ménages par type de logement selon le milieu de
résidence

51%
43% 42%

32%
28%
22%
15% 17%
9% 11%
8% Urbain
6% 5% 4%3%
2% 1%0%1% 2% 0% Rural
National

163
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
12.3 La promiscuité
La promiscuité est une appréhension du surpeuplement des logements. Elle est importante car elle
détermine l’intimité et donc les éventuels conflits au sein du ménage. Elle est appréciée par le nombre
de personnes vivant dans une pièce. Le ménage vit dans un état de promiscuité lorsque plus de trois
personnes vivent dans une même pièce.
Au Burkina Faso, trois ménages sur dix (28,8%) vivent dans un état de promiscuité en 2021. Cette
proportion est en progression par rapport à l’année 2018 où elle était de 23,2% (EHCVM-2018).
La promiscuité dans les ménages est plus fréquente en milieu rural (32,9%) qu’en milieu urbain (19,2
%). Quel que soit le milieu de résidence, la situation s’est dégradée au cours des trois dernières années.
En effet, elle était de 10,1% en milieu urbain et de 29,2% en milieu rural en 2018 (EHCVM-2018).
Dans les régions du Sahel (52,2%) et de l’Est (44,6%), les ménages sont plus en situation de
promiscuité que ceux des autres régions. Cette situation est moins fréquente dans la région des Hauts-
Bassins (13,3%) par rapport aux autres régions.
Par ailleurs, la promiscuité est moins fréquente chez les ménages dont CM a le niveau d’instruction
supérieur (3,4%). Par contre, pour les ménages dont le CM est sans instruction, un tiers (33,5%) vit
dans un état de promiscuité.

Tableau 12- 2: Proportion (%) des ménages vivant dans la promiscuité selon certaines
caractéristiques socio-économiques
Caractéristiques socio-économiques Proportion (%)
National 28,8
Selon le milieu résidence
Urbain 19,2
Rural 32,9
Selon la région administrative de résidence
Boucle du Mouhoun 17,5
Cascades 18,3
Centre 19,8
Centre-Est 34,9
Centre-Nord 42,7
Centre-Ouest 26,1
Centre-Sud 30,3
Est 44,6
Hauts-Bassins 13,3
Nord 36,8
Plateau-Central 41,6
Sahel 52,2
Sud-Ouest 16,3
Selon le niveau d'instruction du chef de ménage
Aucun 33,5
Primaire 21,2
Post primaire général 22,6
Secondaire général 8,7
Supérieur 3,4

164
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
12.4 Statut d’occupation des logements
Les ménages dans la grande majorité (71,0%) sont propriétaires de leurs logements en 2021. Cette
proportion est en baisse par rapport à 2018 qui était de 74,1%. Cependant la moitié des ménages
(58,8%) déclarent être propriétaires ou copropriétaires de logement mais ne disposent d’aucun
document officiel de propriété. Dans l’ensemble, un ménage sur dix (9,7%) vit en location ; en milieu
urbain, cette proportion est de 26,2% et est en baisse par rapport à celle de 2018 (32,8%).

Graphique 12- 3: Répartition (%) des ménages selon le statut d'occupation du logement

70,0
64,6

60,0
51,5
50,0

40,0 37,0

30,0 26,2

19,5 20,9
20,0
12,0 11,111,610,9
9,4 9,7
10,0 7,3
2,5 2,6
0,9 1,9 0,5
0,0
Propriétaire Propriétaire Copropriétaire Copropriétaire Locataire logé
avec titre ou sans titre ou avec titre ou sans titre ni gratuitement
acte de acte de acte acte /employeur/
propriété propriété parent/
ami/autre

National Urbain Rural

La proportion des ménages disposant de document de propriété varie également selon la région de
résidence. C’est dans la région du centre que cette proportion est la plus élevée ; quatre ménages sur
dix (41,8%) possèdent un titre ou acte de propriété, contre un ménage sur dix dans la région du sud-
ouest. Cinq régions sur treize ont une proportion de ménages possédant un document de propriété
inférieure au niveau national (20,4%).

165
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 12- 3: Répartition (%) des ménages selon le statut d’occupation du logement
Propriétaire Propriétaire Copropriéta Copropriét Locat Logé
avec titre ou sans titre ou ire avec aire sans aire gratuitement/
acte de acte de titre ou titre ni acte employeur/
propriété propriété acte parent/ami/a
utre
National 19,5 51,5 0,9 7,3 9,7 11,1
Selon le milieu de
résidence
Urbain 37,0 20,9 1,9 2,5 26,2 11,6
Rural 12,0 64,6 0,5 9,4 2,6 10,9
Selon la région résidence
Boucle du Mouhoun 9,3 65,7 0,6 7,5 5,8 11,1
Cascades 10,5 60,8 0,9 10,1 11,4 6,3
Centre 41,3 25,1 0,5 2,5 22,0 8,7
Centre-Est 23,9 53,2 0,5 3,0 4,0 15,4
Centre-Nord 14,9 56,3 1,4 5,0 10,8 11,5
Centre-Ouest 14,2 67,1 2,2 8,1 3,8 4,6
Centre-Sud 19,2 52,4 1,1 5,8 2,3 19,2
Est 10,3 74,0 0,1 5,1 2,8 7,6
Hauts-Bassins 15,8 49,7 1,2 2,1 19,1 12,1
Nord 10,3 27,4 2,5 31,5 3,9 24,4
Plateau-Central 26,7 47,4 0,5 10,6 1,9 13,0
Sahel 16,2 57,3 0,2 12,6 3,9 9,8
Sud-Ouest 6,5 75,2 0,4 8,4 6,7 2,8

12.5 Couverture en eau potable


La politique nationale en matière d’eau potable est de satisfaire durablement les besoins en eau de la
population en quantité et en qualité. Elle contribue ainsi à la réalisation des objectifs du développement
durable en son point 6 qui est de garantir l’accès à tous à des services d’approvisionnement en eau et
d’assainissement, et d’assurer une gestion durable en ressources en eau.
L’eau est indispensable pour la vie. Lorsqu’elle est potable, elle peut garantir la santé. L’accès universel
et équitable à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement pour tous d’ici 2030 est le 6e objectif des
ODD.
Au Burkina Faso, la majorité des ménages (77,2%) ont accès à l’eau potable. Cela est dû aux différents
programmes mis en œuvre pour améliorer l’accessibilité à l’eau potable. Les ménages utilisent l’eau de
robinet, de forage, de puits couverts ou encore l’eau en bouteille ou en sachet comme eau de boisson.
En milieu urbain, neuf ménages sur dix (91,3%) ont accès à l’eau potable tandis qu’en milieu rural cette
proportion est de sept ménages sur dix (71,2%). Globalement, plus le niveau d’instruction du CM est
élevé, plus le taux de couverture en eau potable est élevé.

166
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 12- 4: Proportion (%) des ménages qui ont accès à l'eau potable selon le milieu
de résidence et selon le niveau d’instruction du CM
Caractéristiques socio-démographiques Proportion
National 77,2
Selon milieu de résidence
Urbain 91,3
Rural 71,2
Selon le niveau d’instruction du CM
Aucun 74,5
Primaire 77,7
Post primaire général 83,8
Secondaire général 93,2
Supérieur 96,3

Par rapport à la région de résidence, le taux de couverture en eau potable est plus élevé dans les
régions du Plateau-Central (96,7%), du Centre (94,6%) et du Centre-Sud (91,3%). Huit régions ont un
taux de couverture inférieur à la moyenne nationale. Les régions du Sahel (52,5%), du Nord (56,9%) et
de la Boucle du Mouhoun (57,6%) ont les faibles taux d’accès à l’eau potable.

Graphique 12- 4: Proportion (%) des ménages qui ont accès à l'eau potable selon la
région de résidence

120,0

100,0 94,6 96,7


88,4 91,3
82,2
77,2
80,0 73,8 74,2 77,1
69,0 71,6
56,9 57,6
60,0 52,5

40,0

20,0

0,0

12.6 Assainissement
A l’instar de l’eau potable, l’assainissement fait partie du point 6 des ODD. L’assainissement est
appréhendé par la gestion des déchets humains via les toilettes utilisées par les ménages. Il est cerné
également par la gestion des déchets des ménages en l’occurrence l’évacuation des eaux usées et des
ordures ménagères. Il permet de mettre les populations à l’abri des maladies.

167
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
12.6.1 Accès aux toilettes améliorées
L’accès à des toilettes améliorées n’est pas courant dans les ménages. Il est très préoccupant. En 2021,
seulement 15,2% des ménages ont accès à des toilettes améliorées.
En milieu rural, un ménage sur dix (9,2%) utilise des toilettes améliorées tandis qu’en milieu urbain, trois
ménages sur dix (29,3%) en utilisent.
Sept régions sur les treize ont un taux d’accès des ménages aux toilettes améliorées inférieurs à la
moyenne nationale. Les régions du Sahel (3,5%), du Nord (3,7%), du Plateau-Central (5,5%), de l’Est
(5,9%), du Sud-Ouest (6,3%) ont les faibles taux d’accès. La région du Centre détient le taux le plus
élevé soit 31,9%. Elle est suivie de la région des Cascades où le l’accès est de 25,4%. D’énormes
efforts doivent être faits pour l’atteinte des ODD.
Globalement, plus le niveau d’instruction du CM est élevé, plus le taux de couverture en toilettes
améliorées est élevé.

Tableau 12- 5: Proportion (%) des ménages ayant accès à des toilettes améliorées selon
certaines caractéristiques socio-économiques
Caractéristiques socio-démographiques Proportion (%).
National 15,2
Selon le milieu de résidence
Urbain 29,3
Rural 9,2
Selon la région de résidence
Boucle du Mouhoun 15,7
Cascades 25,4
Centre 31,9
Centre-Est 20,1
Centre-Nord 8,5
Centre-Ouest 9,4
Centre-Sud 16,0
Est 5,9
Hauts-Bassins 16,8
Nord 3,7
Plateau-Central 5,5
Sahel 3,5
Sud-Ouest 6,3
Selon le niveau d’instruction du CM
Aucun 10,1
Primaire 17,2
Post primaire général 27,0
Secondaire général 37,6
Supérieur 55,4

12.6.2 Evacuation des eaux usées des ménages


Le mode de d’évacuation des eaux usées des ménages a atteint un niveau inquiétant. Il est de nature
à compromettre la santé humaine, le développement économique et donc susceptible d’annihiler les
efforts en matière de réduction de la pauvreté. Neuf ménages sur dix (92,4%) déversent leurs eaux
usées dans la nature/rue.

168
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Quel que soit le milieu de résidence, la nature/rue demeure le principal recours des ménages lorsqu’ils
veulent se débarrasser des eaux usées. En milieu urbain, la proportion des ménages qui s’y adonnent
est de 87,1%. En milieu rural, elle atteint 94,7% des ménages.

Graphique 12- 5: Proportion (%) des ménages selon le mode d’évacuation des eaux
usées et selon le milieu de résidence
100,0 92,4 94,7
87,1
90,0
80,0
70,0
60,0
50,0
40,0
30,0
20,0
10,0 1,4 3,8 0,4 5,0 7,9 3,8
1,2 1,2 1,1
0,0
Puisard (fosse moderne) Egout Trou dans la parcelle Rue/nature/autre

national Urbain Rural

Dans toutes les régions, les ménages ont la même attitude vis-à-vis de l’évacuation des eaux
usées. En effet, au moins huit ménages sur dix évacuent leurs eaux usées dans la rue/nature.
L’utilisation des fosses modernes pour la gestion des eaux usées dans les ménages est très
faible (1,4%). La région du Centre est celle qui enregistre le taux le plus élevé (5,6%) des
ménages utilisant les fosses modernes. Des actions doivent être faites pour améliorer la
gestion des eaux usées dans les ménages.

Tableau 12- 6: Répartition (%) des ménages selon le mode d’évacuation des eaux usées
dans chaque région de résidence
Puisard (fosse Égout Trou dans la Rue / nature Autres
moderne) parcelle / autre

National 1,4 0,3 5,0 92,4 1,0


Selon le milieu de résidence
Urbain 3,8 0,6 7,9 87,1 0,7
Rural 0,4 0,1 3,8 94,7 1,1
Selon la région résidence
Boucle du Mouhoun 1,8 0,0 3,3 92,7 2,2
Cascades 0,2 0,0 2,5 97,1 0,1
Centre 5,6 1,0 5,8 87,7 0,0
Centre-Est 0,4 0,0 2,4 95,6 1,6
Centre-Nord 0,3 0,0 11,1 83,0 5,6
Centre-Ouest 0,2 0,0 8,9 90,9 0,0
Centre-Sud 1,1 0,0 2,6 96,2 0,1
Est 0,1 0,0 4,1 95,1 0,7
Hauts-Bassins 1,0 0,7 5,6 92,3 0,4
Nord 0,1 0,0 3,2 96,8 0,0
Plateau-Central 0,1 0,0 1,9 97,9 0,2
Sahel 0,1 0,0 1,4 98,5 0,1
Sud-Ouest 0,6 0,0 6,3 92,4 0,7

169
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
12.6.3 Evacuation des ordures ménagères
La majorité des ménages (58,8%) versent les ordures ménagères dans la nature sans aucune
précaution élémentaire en termes d’hygiène. Certains ménages, soit 21,4%, brûlent ou les enterrent
leurs ordures ménagères dans leurs concessions. Un ménage sur cinq (19,7%) fait recours aux
entreprises évoluant dans le ramassage des ordures ou aux dépotoirs publics.
Les attitudes des ménages en termes d’évacuation des ordures ménagères diffèrent selon le milieu de
résidence. En milieu urbain, 44,4% des ménages font recours soit aux sociétés de ramassage, soit aux
dépotoirs publics. Toutefois, il y a toujours un tiers des ménages (33,0%) qui déversent leurs ordures
dans la nature. En milieu rural, les ménages jettent leurs ordures soit dans la nature (69,9%) soit les
brulent ou les enterrent (20,9%) dans leurs concessions.

Graphique 12- 6: Proportion (%) des ménages selon le mode d’évacuation des ordures et
selon le milieu de résidence
80,0
69,9
70,0
58,8
60,0
50,0
40,0 31,8 33,0
30,0
21,4 22,6 20,9
20,0 12,6 12,5
7,2 4,9
10,0 4,3
0,0
Dépotoir public Ramassage Brûlées/enterrées par Dépotoir sauvage/autre
ménage

National Urbain Rural

Les ménages dont le niveau d’instruction du chef de ménage est élevé utilisent plus les services des
sociétés de ramassage des ordures. Les ménages dont les chefs ont un niveau d’instruction supérieur
ont une proportion de 58,1%. Celle des ménages dont le chef a un niveau primaire est de 14,6%. Par
contre les ménages dont le niveau d’instruction du chef de ménage est bas déversent plus les ordures
dans la nature (65,0%).

Tableau 12- 7: Répartition (%) des ménages selon le mode d’évacuation des ordures et
selon le niveau d’instruction du chef de ménage
Niveau Dépotoir public Ramassage Brûlées/ Dépotoir sauvage Total
d’instruction enterrées par /autre
ménage
Aucun 6,9 7,3 20,8 65,0 100,0

Primaire 6,1 14,6 22,3 57,1 100,0

Post primaire 9,2 23,5 26,1 41,3 100,0


général
Secondaire 15,2 31,7 25,3 27,8 100,0
général
Supérieur 7,5 58,1 15,5 18,9 100,0

170
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
12.7 Mode d’éclairage des ménages
L’éclairage du logement est une nécessité. Il est incontestablement un facteur de bien-être ou de confort
pour le ménage. Il contribue également à la sécurité des personnes et des biens du ménage.
En 2021, 46,0% des ménages utilisent principalement l’électricité des plaques solaires comme source
d’éclairage. Ils sont 29,0% à faire recours aux lampes à pétrole ou à piles ou autres. Seulement 16,2%
des ménages utilisent l’électricité réseau.
Dans un pays très ensoleillé, les plaques solaires constituent une solution durable à la rareté de
l’énergie. Les ménages vivant au Burkina Faso s’inscrivent dans cette dynamique. En 2021, quatre
ménages sur dix (36,8%) en milieu urbain utilisent l’électricité des plaques solaires contre un ménage
sur dix (13,5%) en 2018. En milieu rural, cette proportion est d’un ménage sur deux (50,0%) contre un
ménage sur trois (35,6%) en 2018.
Les lampes à pétrole, à piles ou solaires et autres sont très utilisées par les ménages ruraux (37,5%).
L’électricité réseau est la principale source d’éclairage en milieu urbain (42,6%) ; cependant cette
proportion est fortement en baisse par rapport à 2018 (70,0%).

Graphique 12- 7: Proportion (%) des ménages selon la source d’éclairage utilisée

60,0
50,0
50,0 46,0
42,6
40,0 35,7 36,8
29,0
30,0

20,0 16,2
13,5
7,2 8,8
10,0 4,9 3,7
1,5 3,4 0,7
0,0

National Urbain Rural

12.7.1 Combustible de cuisson des ménages


Les ménages utilisent principalement trois combustibles pour la cuisson dans la cuisine. La majorité
(76,5%) des ménages utilisent le bois ; les autres utilisent le gaz (14,6%) et le charbon de bois (8,5%).
En milieu rural, neuf ménages sur dix (94,1%) utilisent le bois comme combustible pour la cuisine.
Toutefois, il y a quelques ménages (3,3%) qui utilisent le gaz. En milieu urbain, les sources de
combustibles sont diversifiées ; même si le gaz est plus utilisé (41,0%), il n’en demeure pas moins que
35,4% des ménages urbains utilisent le bois et 22,8% le charbon de bois.

171
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 12- 8: Proportion des ménages selon le principal combustible utilisé pour la
cuisine

100,0 94,1
76,5
80,0
60,0 41,0
35,4
40,0 22,8
8,5 14,6
20,0 2,3 3,3 0,4 0,7 0,2
0,0
Bois charbon de bois Gaz dechets
d'animaux/autres

National Urbain Rural

12.8 Accès des ménages aux technologies de l’information et de la


communication
Les Technologies de l’information et de la communication (TIC) sont des biens et services qui sont très
utiles aux ménages. Ce sont essentiellement l’internet et la télévision. Elles permettent aux ménages
d’accéder à l’information, à l’instruction, etc. Par ricochet, elles peuvent améliorer leurs conditions de
vie.
Au Burkina Faso, les ménages ont très peu accès aux chaines de télévision par câble, satellite ou TNT
en 2021. En effet, seulement 15,8% des ménages y ont accès. Cette inaccessibilité est encore plus
marquée en milieu rural. Seulement un ménage sur dix a accès aux chaines de télévision en milieu rural
tandis qu’en milieu urbain, un ménage sur trois en a accès. Par ailleurs, l’accessibilité aux chaines de
télévision par câble, satellite ou TNT varie fortement d’une région à une autre. Dix régions sur treize ont
un taux d’accès inférieur à 20,0%. La région du Centre a le taux le plus élevé soit 35,6 %. Les régions
du Sahel et de l’Est ont les plus faibles taux soit respectivement 3,5% et 2,8%.

Tableau 12- 8: Proportion (%) des ménages accès aux chaines de télévision via câble,
satellite, ADSL selon le milieu de résidence
Proportion (%)

National 15,8

Selon le milieu résidence

Urbain 34,7
Rural 7,7
Selon la région résidence
Boucle du Mouhoun 13,9
Cascades 22,8
Centre 35,6
Centre-Est 10,1
Centre-Nord 9,8
Centre-Ouest 19,8
Centre-Sud 8,8
Est 2,8
Hauts-Bassins 17,1
Nord 10,5
Plateau-Central 5,3
Sahel 3,5
Sud-Ouest 9,9
172
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
En 2021, la proportion de la population âgée de quinze ans et plus ayant accès à internet est de 17,7%,
quel que soit le type d’internet utilisé.
Globalement, seulement 1,4% des ménages sont connectés à internet à travers la fibre optique, l’ADSL,
un modem, une clé internet ou le WIFI. Cette proportion est de 3,8% en milieu urbain et de 0,4% en
milieu rural.

Tableau 12- 9: Proportion (%) des ménages connectés à internet à travers la fibre
optique, l’ADSL, un modem, une clé internet ou le WIFI selon le milieu de résidence
Milieu de résidence Proportion (%)
National 1,4
Urbain 3,8
Rural 0,4

Au regard de la situation actuelle et tenant compte de l’importance des TIC, il est indispensable que des
mesures urgentes soient prises par l’État pour promouvoir les TIC dans toutes les localités surtout en
milieu rural.

Conclusion
Le plus grand nombre de ménages vit en milieu rural où l’habitat est caractérisé par la prédominance
des habitations précaires construites à base de matériaux non définitifs. En milieu urbain, le problème
de logement décent se pose également avec acuité surtout avec les ménages à revenus modestes.
L’accès à l’eau, l’hygiène et l’assainissement reste problématique et disparate entre les milieux urbain
et rural. Dans le contexte de changement climatique, les conditions d’accès à l’eau déjà précaires
risquent encore de se dégrader. L’atteinte des objectifs de fin de défécation à l’air libre et l’accès à
l’assainissement domestique restent faibles ; le mode de gestion et de valorisation des eaux usées et
autres déchets reste problématique du fait que ces eaux sont évacuées dans la nature de manière
anarchique. Ce qui est source de pollution de l’environnement et un risque pour l’hygiène publique.
Les plaques solaires constituent la principale source d’énergie pour l’éclairage dans les ménages. En
ce qui concerne l’énergie pour la cuisson, le bois de chauffe demeure la principale source. Ce que qui
reste un danger pour la protection de l’environnement.
Dans un monde où la technologie de l’information et de la communication évolue de façon exponentielle,
la proportion des ménages ayant l’accès à l’internet reste très négligeable.

173
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 13: FILETS SOCIAUX DE SÉCURITÉ

Principaux résultats

Services sociaux de base : Une augmentation de l’offre des services sociaux de base entre 2018
et 2021 est plus marquée en milieu rural qu’en milieu urbain.

Bénéficiaires de programmes de filets sociaux : En 2021, 67% des ménages burkinabè ont
bénéficié d’au moins un programme de filets sociaux.
Programmes bénéficiés : les programmes en faveur de l’éducation et de la santé sont ceux dont
les ménages ont le plus bénéficié.

Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et de la réduction des inégalités et disparités de tout genre,
le gouvernement et ses partenaires ont développé plusieurs initiatives dans l’optique de favoriser
l’accessibilité aux services sociaux de base et à l’emploi des ménages les plus pauvres et les plus
vulnérables. Le Projet filets sociaux est l’une de ces initiatives que le gouvernement a mises en place
avec l’appui de la Banque mondiale.
Ces domaines d’intervention prioritaires sont les transferts monétaires qui constituent l’une des pierres
angulaires des filets sociaux du Burkina Faso et les mesures d’accompagnement dont le but est, entre
autres, d’accroître les possibilités des ménages, de rompre le cycle de transmission intergénérationnelle
de la pauvreté et de réduire l’incidence de la malnutrition.
Le présent chapitre aborde les indicateurs relatifs à l’accès des ménages aux services sociaux du
programme des filets sociaux au niveau national, régional, par milieu et par type de filets sociaux au
cours des 12 derniers mois.
Les programmes de filets sociaux (PFS) pris en compte sont :
- PFS1 : Distribution ou don de vivres (céréales ou farines de céréales) ;
- PFS2 : Distribution ou don de nourriture pour les élèves à l'école ;
- PFS3 : Programme d'Urgence pour le Sahel (PUS)
- PFS4 : Subventions et appuis aux personnes âgées, aux personnes vulnérables ;
- PFS5 : Travaux publics à haute intensité de main-d’œuvre ou Nourriture contre travail (Cash
for Work, HIMO) ;
- PFS6 : Distribution de Supplément alimentaire pour les enfants malnutris (bouillie enrichie,
vitamines, etc.) ;
- PFS7 : Projet Filets Sociaux (PFS) ou de transferts en cash du gouvernement/ONG etc. (Burkin-
naong sa ya, ...) ;
- PFS8 : Gratuité des soins pour les femmes enceintes ;
- PFS9 : Gratuité des soins pour les enfants de moins de 5 ans ;
- PFS10 : Soutien à cause du COVID-19 ;
- PFS11 : Distribution ou don de moustiquaire imprégnée ;
- PFS12 : Prise en charge des frais de scolarité ;
- PFS13 : Distribution ou don de fournitures scolaires ;
- PFS14 : Subventions des vivres à la SONAGESS.

13.1 Couverture des programmes de filets sociaux


Au niveau national, 2 058 786 ménages ont bénéficié d’au moins un programme de filets sociaux en
2021. Suivant le milieu de résidence, la couverture des programmes en milieu rural (1 573 147
ménages) est plus importante, soit plus du triple de celle en milieu urbain (485 639 ménages). Cette
situation s’expliquerait par la mise en œuvre des programmes sociaux au profit des personnes

175
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
déplacées internes, dont l’effectif est passé de 47 8263 en 2018 (EHCVM-2018) à 1 579 9764 en 2021
suite à l’amplification de la crise sécuritaire. On note également la mise en œuvre des programmes de
renforcement de la résilience des populations en 2020 à la suite de l’avènement de la COVID-2019.
Par ailleurs, l’analyse de cette couverture des programmes de filets sociaux selon les régions
administratives révèle des disparités. En effet, on distingue 3 régions (les régions du Centre, des Hauts-
Bassins et du Centre-Ouest) concentrant l’essentiel des bénéficiaires avec plus de 200 000 ménages
bénéficiaires chacune. A l’opposé, on dénombre moins de 100 000 ménages bénéficiaires pour chacune
des régions des Cascades, du Centre-Sud, du Plateau Central et du Sud-Ouest.
Sous l’angle du niveau de vie (les déciles de dépenses de consommation), il est important de noter que
les effectifs des ménages bénéficiaires des programmes de filets sociaux décroit à mesure que le
revenu augmente. En effet, elle passe de 242 401 chez les ménages à très faible revenu (D1) à 130
430 chez les ménages à revenu très élevé (D10).

Tableau 13- 1: Effectifs des ménages ayant bénéficié d'un programme de filets sociaux
selon le milieu de résidence, la région de résidence et le niveau de vie
Ensemble 2 058 786
Milieu de résidence
Urbain 485 639
Rural 1 573 147
Région de résidence
Boucle du Mouhoun 184 000
Cascades 83 943
Centre 250 005
Centre-Est 164 057
Centre-Nord 193 829
Centre-Ouest 210 067
Centre-Sud 94 558
Est 182 411
Hauts Bassins 236 217
Nord 162 279
Plateau-Central 97 904
Sahel 103 839
Sud-Ouest 95 677
Niveau de vie
Decile 1 242 401
Decile 2 230 279
Decile 3 237 622
Decile 4 229 853
Decile 5 219 601
Decile 6 211 982
Decile 7 196 853
Decile 8 191 700
Decile 9 168 066
Decile 10 130 0

13.1.1 Couverture de filets sociaux par type de programme


L’enquête EHCVM 2021 a retenu quatorze (14) programmes de filets sociaux et la part des ménages
ayant bénéficié de chaque programme est calculée.
Les programmes de filets sociaux en faveur de l’éducation et de la santé sont ceux dont les ménages
ont le plus bénéficié en 2021. En effet, la gratuité des soins au profit des enfants de moins de 5 ans (1

3
Chiffres du SP-CONASUR relevés dans le Tableau de bord statistique 2019 de l’action sociale
4
Enregistrement des personnes déplacées internes du Burkina Faso au 31 décembre 2021 du SP-
CONASUR
176
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
342 555 ménages) et la distribution et le don de fournitures scolaires (713 752 ménages) sont les plus
évoqués par les ménages.
Quant aux programmes enregistrant le moins de ménages bénéficiaires (avec moins de 20 000
ménages bénéficiaires chacun), on peut citer les programmes de soutien pour cause de Covid-19 et
celui relatif aux subventions et appuis aux personnes âgées et personnes vulnérables.

Graphique 13- 1: Effectif des ménages bénéficiaires (en milliers) de programme de


filets sociaux selon le type

Conclusion
Les efforts du Gouvernement et de ces partenaires techniques et financiers (PTF) ont permis d’accroitre
l’accessibilité aux services sociaux de base et à l’emploi des ménages les plus pauvres et les plus
vulnérables. Dans le cadre de l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages EHCVM
2021, quatorze (14) programmes de filets sociaux ont été retenus. C’est ainsi qu’on dénombre, en 2021,
2 058 786 ménages bénéficiaires d’au moins un programme de filets de sécurité. Ce niveau de
couverture résulte des mesures gouvernementales de gratuité des soins de santé au profit des enfants
de moins de cinq (05) ans et des femmes enceintes. A cela s’ajoutent les réponses à l’augmentation de
l’effectif des personnes déplacées internes (PDI), suite à l’aggravation de la crise sécuritaire, et l’impact
de la COVID-19..

177
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CHAPITRE 14 : GOUVERNANCE, PAIX ET SÉCURITÉ

Principaux résultats

Au Burkina Faso, quatre personnes sur dix (43,3%) sont plutôt ou très satisfaites du
fonctionnement de la démocratie dans le pays et sept personnes sur dix (72,4%) trouvent que la
démocratie est plutôt un bon système de gouvernance.
Aujourd’hui, l’égalité des chances entre femmes et hommes pour des postes électifs est une
option plutôt partagée par une large partie (72,2%) de la population Burkinabè.

Sur le plan de la gouvernance économique, la grande majorité (87,7%) de la population pense


que la corruption est un problème pour le pays

Sur le plan sécuritaire, la moitié (50,3%) de la population se sent en insécurité quand elle
marche seule dans son quartier/localité après la tombée de la nuit.

La gouvernance, la paix et la sécurité sont des aspects qui sont au cœur des politiques de
développement de nos jours. En effet, l’Objectif 16 des Objectifs de développement durable (ODD)
« Promouvoir l’avènement de sociétés pacifiques et ouvertes à tous… » est consacré à cette
problématique. Afin de mesurer les avancées dans ce domaine, la gouvernance, la paix et la sécurité
sont de plus en plus prises en compte dans les enquêtes ménages à travers une section sous forme
d’enquête d’opinion. Ce chapitre est consacré à l’analyse des indicateurs de la gouvernance, la paix et
la sécurité. Il aborde l’opinion des personnes5 sur la gouvernance, la discrimination et la sécurité dans
le pays.

14.1 Opinion sur le fonctionnement de la démocratie


Au niveau national, quatre personnes sur dix (43,3%) sont plutôt ou très satisfaites du fonctionnement
de la démocratie dans le pays. Ce chiffre est plus élevé dans le milieu rural (46,0%) que dans le milieu
urbain (37,0%).
Dans les régions du Centre-Nord (62,7%) et du Nord (59,8%), six personnes sur dix sont satisfaites du
fonctionnement de la démocratie dans le pays. Par contre dans les régions du Centre (31,1%) et de
l’Est (33,7%), trois personnes sur dix trouvent que le fonctionnement de la démocratie dans le pays est
satisfaisant.
Aussi bien chez les hommes que les femmes, deux personnes sur cinq sont satisfaites du
fonctionnement de la démocratie, soit respectivement 42,9% et 45,3%.

5
Une personne âgée de18 ans et plus est choisie de façon aléatoire dans le ménage pour être le répondant
à la section.
179
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 14- 1: Proportion de personnes ayant exprimé une opinion positive sur le
fonctionnement de la démocratie

Sexe Féminin 45,3

Masculin 42,9
residence

Rural 46,0
Milieu

Urbain 37,0

Centre 31,1

Est 33,7

Sud-Ouest 35,8

Centre-Sud 37,7

Cascades 38,9
Region residence

Plateau-Central 39,2

Sahel 39,8

Centre-Est 41,4

Centre-Ouest 43,0

Boucle du Mouhoum 50,1

Hauts-Bassins 51,2

Nord 59,8

Centre-Nord 62,7
Natio
nal

43,3

0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0

14.2 Opinion sur les types de système politique de gouvernance


Au sein de la population, la démocratie est le système politique de gouvernance le plus souhaité. En
effet, sept personnes sur dix (72,4%) trouvent qu’avoir un système politique démocratique est « plutôt
bon » ou « très bon » pour le pays. En deuxième position, le système politique de gouvernance dans
lequel l’armée dirige le pays est apprécié par 64,8% de la population. Une proportion non négligeable
(36,7%) pense qu’avoir à sa tête un « homme fort » qui n’a pas à se préoccuper du parlement ni des
élections est « plutôt bon » ou « très bon » pour le pays.
Que ce soit selon le sexe, la région ou le milieu de résidence, la démocratie est la plus souhaitée des
systèmes politiques de gouvernance, sauf dans la région de l’Est où un régime militaire (74,8%) est le
plus apprécié et les régions du Centre-Sud (70,3%) et du Sud-Ouest (83,0%) où un système
technocratique est le plus souhaité.

180
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Tableau 14- 1: Proportion de personnes souhaitant les types de systèmes politiques de
gouvernance, en pourcentage
Avoir à sa tête un homme Que ce soient des Que l'armée Avoir un système
fort qui n'a pas à se technocrates, et non des dirige le pays politique
préoccuper du parlement hommes politiques, qui démocratique
ni des élections décident ce qui est bon
pour le pays

Région résidence

Boucle du Mouhoun 27,9 71,0 65,9 70,6

Cascades 51,7 53,8 69,0 66,7

Centre 33,0 59,7 60,4 67,8

Centre-Est 45,7 67,8 66,5 82,2

Centre-Nord 42,7 72,4 74,1 79,9

Centre-Ouest 31,5 60,8 69,9 80,1

Centre-Sud 46,0 70,3 53,4 69,0

Est 44,7 41,2 74,8 57,5

Hauts-Bassins 28,3 72,5 66,7 81,5

Nord 44,2 71,7 62,3 72,0

Plateau-Central 27,6 48,3 60,5 69,0

Sahel 25,4 35,9 43,5 60,4

Sud-Ouest 42,4 83,0 64,8 74,5

Milieu résidence

Urbain 32,6 65,1 62,2 74,2

Rural 38,5 61,7 65,9 71,6

Sexe

Masculin 36,3 62,3 64,6 71,7

Féminin 39,3 65,0 65,7 76,3

National 36,7 62,8 64,8 72,4

14.3 Opinion sur l’existence de discrimination envers les personnes


Au niveau national, la discrimination selon la situation économique est la plus courante. En effet, la
moitié de la population (57,9%) pense que les gens sont discriminés à cause de leur situation
économique(pauvreté). Une proportion non négligeable de la population (33,1%) pense que le
genre/sexe des personnes est un motif de discrimination de ces dernières.
La discrimination selon la situation économique est plus exprimée par les personnes de sexe féminin
(64,0%) que celle de sexe masculin (56,8%). Également, les personnes vivant dans le milieu urbain
(69,5%) sont plus sensibles à ce type de discrimination que celles vivant dans le milieu rural (52,9%).
Dans les régions du Centre et du Centre-Sud, quatre personnes sur cinq pensent que la situation
économique(pauvreté) des individus est un motif de discrimination. Au Sahel et au Sud-Ouest,
respectivement 56,2% et 49,6% des personnes pensent qu’il y a une discrimination selon l’ethnie. Dans
181
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
les régions du Sud-Ouest, du Centre-Sud et du Centre, au moins deux personnes sur cinq affirment
une discrimination selon le genre/sexe. Il en est de même pour le handicap en ce qui concerne les
régions du sud-Ouest (54,6%), de l’Est (45,7%) et du Centre (39,2%).

Tableau 14- 2: Proportion (en %) de personnes ayant affirmé l'existence de discrimination


envers les personnes selon le type de discrimination.
Ethnicité Origine Religion Situation économique Genre/ Handicap
régionale (pauvreté) sexe

Région de résidence

Boucle du Mouhoun 19,5 14,5 12,1 39,9 16,2 19,9

Cascades 32,4 22,4 15,3 75,1 30,7 29,8

Centre 34,1 24,5 32,9 80,5 40,8 39,2

Centre-Est 23,5 11,4 19,6 44,5 28,5 27,6

Centre-Nord 32,3 19,6 21,6 33,9 26,7 16,2

Centre-Ouest 35,3 32,3 31,6 70,4 38,7 34,5

Centre-Sud 31,9 21,3 22,3 82,9 44,2 33,3

Est 19,8 25,6 27,2 52,1 34,4 45,7

Hauts-Bassins 24,0 18,1 13,3 49,4 31,6 35,2

Nord 28,7 15,8 24,9 50,4 29,8 26,3

Plateau-Central 22,1 17,5 23,9 48,2 25,8 15,8

Sahel 56,2 43,2 20,4 50,6 34,6 29,4

Sud-Ouest 49,6 48,8 43,0 74,6 48,9 54,6

Milieu de résidence

Urbain 34,5 24,6 28,2 69,5 36,9 36,1

Rural 28,6 22,4 22,2 52,9 31,5 30,1

Sexe

Masculin 30,2 23,1 23,0 56,8 31,1 31,1

Féminin 31,4 22,4 29,6 64,0 44,3 36,7

National 30,4 23,0 24,0 57,9 33,1 31,9

14.4 Opinion sur l’égalité des chances entre femmes et hommes


L’égalité des chances entre femmes et hommes est une opinion largement partagée dans la population. En
effet, sept personnes sur dix (72,2%) pensent que les femmes et les hommes devraient avoir les mêmes
chances d'être élus à des postes politiques. Cette proportion est plus élevée en milieu urbain (79,0%) qu’en
milieu rural (69,2%). Aussi, les personnes de sexe féminin (82,1%) sont plus favorables à l’égalité des
chances entre les femmes et les hommes que les personnes de sexe masculin (70,3%).
Quatre personnes sur cinq pensent que les femmes devraient avoir les mêmes chances d'être élues à des
postes politiques que les hommes dans les régions du Centre-Nord (87,0%), du Centre (84,2%) et du
Plateau-Central (81,4%). Les populations de ces régions sont plus progressistes en matière d’égalité des
182
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
chances au niveau des postes électifs que celles des régions du Sahel (51,8%), du Centre-Sud (60,0%) et
des Hauts-Bassins (62,5%).

Graphique 14- 2: Proportion (en %) de personnes ayant exprimé une opinion positive sur
l'égalité des chances entre femmes et hommes pour être élu à des postes politiques

Féminin 82,1
nce Sexe

Masculin 70,3
reside
Milieu

Rural 69,2
Urbain 79,0
Sahel 51,8
Centre-Sud 60,0
Hauts-Bassins 62,5
Boucle du Mouhoum 64,4
Region residence

Sud-Ouest 66,8
Centre-Ouest 67,9
Nord 68,3
Cascades 68,5
Est 70,1
Centre-Est 78,8
Plateau-Central 81,4
Centre 84,2
Centre-Nord 87,0
Nat
ion

Region residence
al

72,2
0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0 90,0 100,0

14.5 Opinion sur l’importance de la corruption


La grande majorité de la population est sensible à la question de la corruption dans le pays. En effet,
neuf personnes sur dix (87,7%) pensent que la corruption est un problème pour le pays. Aussi, la
corruption est plus ressentie en milieu urbain (95,2%) que rural (84,5%) bien que restant élevée dans
les deux milieux de résidence.
Une différence d’opinion n’est pas observée selon le sexe des personnes.
Les populations des régions du Centre (97,1%), du Sud-Ouest (95,7%), du Nord (92,1%), des Hauts-
Bassins (91,9%) et du Centre-Nord (91,4%) sont les plus préoccupées par la corruption dans le pays.
Par contre, dans les régions de l’Est (65,8%) et du Sahel (65,2%), les populations sont les moins
préoccupées par le phénomène.

183
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 14- 3: Proportion (en %) de personnes ayant affirmé que la corruption est un
problème pour le pays

Féminin 86,2
Sexe Masculin 88,0
residen
Milieu

Rural 84,5
ce

Urbain 95,2
Sahel 65,2
Est 65,8
Boucle du Mouhoum 84,5
Cascades 87,1
Region residence

Centre-Sud 87,5
Centre-Ouest 87,5
Plateau-Central 88,0
Centre-Est 89,2
Centre-Nord 91,4
Hauts-Bassins 91,9
Nord 92,1
Sud-Ouest 95,7
Centre 97,1
Nat
ion
al

87,7
0,0 20,0 40,0 60,0 80,0 100,0 120,0

14.6 Opinion sur le sentiment de sécurité


Le sentiment de sécurité est mitigé au sein de la population. En effet, une personne sur deux (49,7%) se
sent plutôt ou très en sécurité quand elle marche seule dans son quartier ou sa localité à la tombée de la
nuit. En milieu rural, le sentiment de sécurité semble être plus répandu. La proportion de personnes se
sentant en sécurité (52,9%) y est plus élevée qu’en milieu urbain (42,3%). Cette proportion ne varie pas
sensiblement selon le sexe de la personne.
Les régions du Centre-Ouest (72,9%) , du Centre-Sud (70,3%) et du Centre-Nord (64,4%), ) sont celles
où le pourcentage des personnes se sentant en sécurité est le plus élevé. Par contre, ce chiffre est
moins important dans les régions de l’Est (37,9%), des Cascades (26,8%) et du Sahel (11,8%).

184
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Graphique 14- 4: Proportion (en %) de personnes ayant affirmé se sentir en sécurité en
marchant seul dans la rue après la tombée de la nuit

nce Sexe
Féminin 48,6
reside Masculin 49,9
Milieu

Rural 52,9
Urbain 42,3
Sahel 11,8
Cascades 26,8
Est 37,9
Hauts-Bassins 41,9
Region residence

Centre 43,5
Nord 44,5
Sud-Ouest 50,0
Boucle du Mouhoum 58,2
Centre-Est 58,3
Plateau-Central 60,2
Centre-Nord 64,4
Centre-Sud 70,3
Centre-Ouest 72,9
nal
Na
tio

49,7
0,0 10,0 20,0 30,0 40,0 50,0 60,0 70,0 80,0

Conclusion
Les indicateurs de la gouvernance, de la paix et de la sécurité font ressortir une certaine confiance des
populations à la démocratie, bien que son fonctionnement dans le pays reste décrié. En effet, dans un
climat d’insécurité dans la sous-région ouest-africaine qui aboutit très souvent à des régimes militaires,
la démocratie est encore préférée aux autres systèmes de gouvernance. Aussi, l’environnement social
du pays se caractérise par une discrimination due à la situation économique des personnes, un
sentiment de niveau de corruption non négligeable et un sentiment d’insécurité pour la moitié de la
population lorsqu’il s’agit de se promener seul dans son quartier ou sa localité une fois la nuit tombée.
Dans ce contexte, il est plus qu’urgent de consolider les acquis de la démocratie à travers une
gouvernance vertueuse, la lutte contre la corruption et le renforcement de la lutte contre l’insécurité
dans le pays.

185
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
CONCLUSION GENERALE
La population burkinabè est à majorité féminine (52,1% de femmes) et près de trois personnes sur
quatre (73,9%) vivent en milieu rural. Dans toutes les régions, les ménages sont dans leur majorité
dirigés par des hommes. La taille moyenne des ménages est de 6 personnes. La structure par âge de
la population révèle que la population burkinabè est essentiellement jeune, avec 47,0% de la population
qui a moins de 15 ans. Le niveau d’instruction de la population est encore faible, avec plus de six
personnes sur dix (61,7%) n’ayant aucune instruction. Le mariage est socialement valorisant au sein
de la population burkinabè. Près d’un tiers (33%) de la population de 10 ans ou plus est mariée.
L’analyse de l’emploi fait ressortir qu’un peu plus de la moitié, soit 53,05% de la population burkinabè
en 2021, ont l’âge de travailler. La part de cette catégorie de la population en situation d’emploi dans la
semaine de référence représente 53,03%. Quant au chômage, il est un phénomène saisonnier, surtout
en milieu rural où l’agriculture demeure la principale activité. En se référant à la définition du chômage
du BIT, la prévalence de ce phénomène est de 1,4%. Le taux de chômage au sens large est plus adapté
aux pays en développement comme le Burkina Faso, où la durée moyenne du chômage est de 14 mois
au niveau national et de 39 mois pour les chômeurs de la région du Sahel.
Concernant la santé de la population, il ressort que l’état de santé de la population en 2021 reste
préoccupant en 2021. La morbidité des 30 derniers jours a affecté 27,9% des Burkinabè et 60,6% ont
été empêchés de mener leurs activités de façon normale.
Le taux de bancarisation est très faible et les demandes de crédit sont peu fréquentes. Les crédits
octroyés aux individus sont majoritairement financés par les banques et les ménages, et leurs montants
nominaux ne dépassent généralement pas le seuil de pauvreté qui est de 242 515 FCFA. En 2021,
49,6% des ménages disposent d’au moins d’une entreprise familiale non agricole. Elles sont dans la
majorité informelles. En termes de gains, les activités de ces entreprises familiales non agricoles ont
généré un revenu global de 1 900 milliards de F CFA au profit de l’économie nationale.
Sur la situation du logement, de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement au Burkina Faso en 2021,
plus d’un ménage sur deux vit (59%) dans des logements précaires (avec trois ménages sur dix dans
la promiscuité) ; une grande majorité (77%) des ménages ont accès à l’eau potable et seulement 15%
des ménages ont accès aux toilettes améliorées.
L’analyse des transferts monétaires reçus par les ménages au Burkina Faso en 2021 révèle que trois
ménages sur dix ont reçu un transfert monétaire (29,7%) et ces transferts monétaires proviennent en
grande partie de la zone UEMOA, dont un transfert sur cinq de l’intérieur du pays. Les efforts du
Gouvernement et de ces partenaires techniques et financiers (PTF) ont permis d’accroitre l’accessibilité
aux services sociaux de base et à l’emploi des ménages les plus pauvres et les plus vulnérables, avec
67,03% des ménages ayant bénéficié d’au moins un programme de filets de sécurité en 2021 contre
27,2% en 2018.
Les indicateurs de la gouvernance, de la paix et de la sécurité font ressortir une certaine confiance des
populations à la démocratie, bien que son fonctionnement dans le pays reste décrié. Dans ce contexte,
il est plus qu’urgent de consolider les acquis de la démocratie à travers une gouvernance vertueuse, la
lutte contre la corruption et le renforcement de la lutte contre l’insécurité dans le pays.

187
Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Directeur Général : OUEDRAOGO Boureima

Chef de service : SERME Dramane


Equipe de rédaction : OUEDRAOGO Boureima, GUISSOU Sibi, KONCOBO Zakaria, SERME Dramane, ZARE
Katanabé Mohamed, NIGNAN Gafarou, SANGARE Seydou, OUEDRAOGO Zakaria, TAMINI Edmond Y,
SAWADOGO Kadsongo, ZONGO Beb-zinda, TIENDREBEOGO Paul, COULIBAY Idrissa,
OUEDRAOGO Idrissa, OUEDRAOGO Abdoulaye, RAMDE Jean Marie. OUEDRAOGO Mady, NIANGAO Issaka,
TAPSOBA Théophile.
Lecteurs : GUISSOU Sibi, OUEDRAOGO Mady, COULIBALY Idrissa, BATIONO Jérémie Yiyuréboula,
OUEDRAOGO Abdoulaye.
Relecteurs : OUEDRAOGO Boureima, GUISSOU Sibi, SERME Dramane, KONCOBO Zakaria, SANGARE Seydou,
NIGNAN Gafarou, ZARE Katanabé Mohamed, TAMINI Edmond Y, KAMBOU Didier, OUEDRAOGO Idrissa, RAMDE
Bakary, BATIONO Jérémie, COULIBALY Moumouni, DABIRE W. Gildas, DRABO Goutiri, HIEN Sanson Victor
bountounte, ILBOUDO Abdoul Daouda Aziz, KIENDREBEOGO Sandaogo, KY Kankou Imelda, MARE Rodrigue,
NABIE Binouni, OUEDRAOGO Abdoulaye, OUEDRAOGO Abdoulaye, OUEDRAOGO/ZOUNGRANA P NADIA,
PODA Ansonibè, SAM Abdou Karim, SAWADOGO Kadsongo, SEBEGO Romain, SOUBEIGA Zakaria, TAPSOBA
Théophile, LENE Bobaleme, DIALLO Oumarou TIENDREBEOGO Paul, ZAN [Link], ZANGO W Aimé,
ZOUNGRANA Daouda.

Mise en forme : RAMDE Bakary, OUEDRAOGO Abdoulaye, DABIRE W. Gildas, BATIONO Jérémie.

Réalisé avec l’appui technique et financier de la Banque Mondiale et de la Commission de l’UEMOA à


travers le Programme d’harmonisation et de modernisation des enquêtes sur les Conditions de vie des
ménages (PHMECV).

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Rapport général de l’Enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages
Institut national de la statistique et de la démographie (INSD)
Avenue Pascal ZAGRE, Ouaga 2000
01 B.P : 374 Ouagadougou 01 – Burkina Faso
Tél : (00226) 25 49 85 02 - Fax : (00226) 25 37 62 26
Site internet : [Link] - Email : insd@[Link]

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