Modèles mathématiques en biologie EDO
Modèles mathématiques en biologie EDO
Alexandre VIDAL
2 La théorie de la stabilité 15
2.1 La stabilité structurelle d’un champ de vecteurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.2 La stabilité asymptotique : cas des systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.3 La stabilité d’une solution, le cas d’un point singulier et le théorème de Poincaré-
Lyapunov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4 Fonction de Lyapunov . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2.5 Classification des points singuliers et variétés invariantes . . . . . . . . . . . . . 20
Dans cette première partie du cours, nous nous intéressons aux systèmes dynamiques, ter-
minologie regroupant les systèmes d’équations différentielles ordinaires (EDO) et les systèmes
d’évolution discrets. Les premiers sont de la forme
dx
ẋ = = f (x, t), x ∈ U, t ∈ I,
dt
où U est un ouvert de Rn , I un intervalle de R et f : U × I → Rn est régulière dans un sens à
préciser. Les seconds sont de la forme
x(k+1) = φ(x(k) ), x ∈ U, k ∈ Z,
où U ⊂ Rn et φ : U → U . Il existe un lien étroit entre ces deux types de dynamiques que nous
montrerons et utiliserons dans ce cours.
L’universalité des phénomènes dynamiques intervenant en Physique, en Biologie, en Ecolo-
gie, en Economie, et bien d’autres domaines d’applications fait de ce formalisme un outil puis-
sant pour, entre autres, agréger les connaissances, analyser les comportements dynamiques des
systèmes, prédire leurs comportements en fonction des paramètres. Dans ce cours, nous nous
attacherons à introduire les résultats classiques d’analyse qualitative des systèmes dynamiques
et à illustrer leurs applications à des exemples de modèles en Sciences du Vivant.
1
2CHAPITRE 1. SYSTÈMES DYNAMIQUES ET MODÈLES EN SCIENCES DU VIVANT
Théorème 1. (Cauchy-Lipschitz)
On considère le système différentiel (i.e. équation différentielle multidimensionnelle)
ẋ = f (x, t) (1.1)
où f est continue sur un ouvert Ω = U × I, I intervalle de R, U ⊂ Rn . Soient x0 ∈ U et t0 ∈ I.
Résultat local : Si f est localement lipschitzienne par rapport à x, il existe une unique
solution maximale x(t) de (1.1) vérifiant x(t0 ) = x0 . Son intervalle de définition est un ouvert.
Résultat global : Si f est K-lipschitzienne par rapport à x uniformément en t sur l’intervalle
[t0 − a, t0 + a] ⊂ I. Il existe une unique solution x(t) de (1.1) qui satisfait x(t0 ) = x0 définie
sur [t0 − c, t0 + c] avec c < min(a, 1/K).
Remarque 1. Si f est supposée de classe C 1 sur Ω, alors f satisfait une condition de Lipschitz
locale d’après le théorème des accroissements finis et satisfait donc les hypothèses du théorème
local. De plus, dans ces deux résultats, si f est de classe C k alors la solution du problème de
Cauchy est de classe C k+1 .
Remarque 2. Afin d’alléger la rédaction dans la suite de ce cours, on considérera que la
fonction f définissant les systèmes différentiels du type (1.1) vérifient une condition de Lipschitz
globale en espace sur un ouvert U qu’on ne précisera pas. On se place donc dans le contexte du
théorème de Cauchy-Lipschitz global assurant l’existence d’une unique solution au problème
de Cauchy
ẋ = f (x, t), (1.2)
x(t0 ) = x0 , (1.3)
Lemme 1. (Gronwall)
Soit ϕ une fonction continue, positive, définie sur un intervalle [t0 , t0 + T ]. On suppose qu’il
existe des constantes réelles a, b, c avec a > 0 telles que, pour tout t ∈ [t0 , t0 + T ],
Z t
ϕ(t) ≤ a ϕ(s)ds + b(t − t0 ) + c.
t0
En intégrant,
Z t
b b
ln a ψ(s)ds + + c − ln + c ≤ a(t − t0 )
t0 a a
Z t
b b
=⇒ a ψ(s)ds + + c ≤ + c ea(t−t0 ) .
t0 a a
1.2. FLOT, PORTRAIT DE PHASE, ORBITE 3
de classe C k définie sur U à valeurs dans Rn est appelée un champ de vecteurs de classe C k
sur U . À un tel champ de vecteur, on associe le système différentiel
Un tel système différentiel, dit “autonome”, est un cas particulier de l’équation (1.1) où la
fonction f ne dépend pas explicitement du temps.
4CHAPITRE 1. SYSTÈMES DYNAMIQUES ET MODÈLES EN SCIENCES DU VIVANT
L’ouvert U est appelé l’espace des phases du champ de vecteurs (ou du système différentiel
associé).
De façon générale, on appelle champ de vecteur différentiable un champ de vecteur de classe
C k avec k ≥ 1.
D’après le Théorème 1, pour tout x0 ∈ U , il existe une unique solution maximale x(t) du
problème de Cauchy
ẋ = X(x),
(1.9)
x(0) = x0 .
Notons également que, dans ce contexte, toute condition x(t0 ) = x0 peut être transformée
grâce à une translation évidente de la variable temps en une condition initiale x(0) = x0 .
Définition 2. L’application φt : x0 7→ x(t) qui associe à une donnée initiale x0 la valeur au
temps t de la solution maximale x(t) du problème de Cauchy (1.9) est appelée le flot au temps
t du champ X.
Le flot du champ de vecteurs X est l’application φ qui associe à (t, x0 ) la valeur au temps t
de la solution maximale x(t) du problème de Cauchy (1.9) :
(t, x0 ) 7→ φ(t, x0 ) = φt (x0 ) = x(t).
Si φ est définie pour toute valeur de t ∈ R et tout condition initiale x0 ∈ U , alors le flot est
dit complet.
Définition 3. L’orbite (ou courbe intégrale) Γ du champ de vecteurs X passant par le point
x0 est la courbe différentiable formée des points x(t) de U donnés par la solution de (1.8) avec
donnée initiale x0 . Cette courbe est orientée par le sens de variation de t. En chacun de ses point
x(t), sa tangente est la droite passant par x(t) dirigée par le vecteur X(x(t)). On distingue
éventuellement l’orbite positive Γ+ = {x(t), t ≥ 0} et l’orbite négative Γ− = {x(t), t ≤ 0}.
Corollaire 1. Les orbites du champ de vecteurs X forment une partition de l’espace des
phases U appelé portrait de phase.
Ce corollaire est une conséquence directe de l’unicité de la solution d’un problème de Cau-
chy bien posé et donc du théorème de Cauchy-Lipschitz.
∀x ∈ U, ∀δ > 0, ∃ε > 0, ∀t ∈]0, δ[, ∃t0 ∈]0, ε[, h(φ(t, x)) = ψ(t0 , h(x))
Preuve. Notons φ(t, p) le flot de X et F : (t, x) 7→ φ(t, g(x)) qui envoie les segments de
droites appartenant à l’hyperplan normal à (1, 0, 0, ..., 0) sur les trajectoires de X (i.e. les
compacts inclus dans les orbites). L’application linéaire tangente DF(0) est un isomorphisme
et, d’après le théorème d’inversion locale, F est un difféomorphisme local. Précisément, il
|V
existe un voisinage W = (−ε, +ε)×B de l’origine tel que F̃ = F|W avec V = F (W ) est un
difféomorphisme. En choisissant h = F̃ −1 , on a
∂F (t, u)
h(Σ ∩ V ) = {0}×B et Dh−1
(t,u) .Y (t, u) = = X(F (t, u)) = X(h−1 (t, u)).
∂t
Tous les points d’une même orbite ont les mêmes ensembles α-limite et ω-limite.
Dans le théorème suivant, on peut remplacer ω-limite par α-limite (avec des changements
évidents).
Preuve. Soit une suite de réels (tn ) → +∞. Comme la suite φ(tn , p) est contenue dans un
compact, il existe une sous-suite convergente. Soit q la limite de cette sous-suite, on a q ∈ ω(p)
et ω(p) 6= ∅.
Soit (qn ) une suite de ω(p) qui converge vers un point q. Montrons que q ∈ ω(p). Pour tout
n ∈ N, il existe une suite (tnm )m telle que (φ(tnm , p))m → qn . On choisit m(n) tel que, pour tout
n, tn = tnm(n) > n et d(φ(tn , p), qn ) < n1 . On a d(φ(tn , p), q) → 0 et donc q ∈ ω(p). L’ensemble
ω(p) est un fermé contenu dans un compact, il est donc compact.
L’invariance de ω(p) par le flot est évidente.
Montrons par l’absurde que ω(p) est connexe. Supposons que ω(p) est l’union de deux
fermés disjoints A et B et on pose d = d(A, B). Il existe une suite (t0n ) telle que φ(t0n , p) → a ∈ A
et une autre suite (t00n ) → +∞ telle que φ(t00n , p) → b ∈ B. On peut donc former une nouvelle
suite (tn ) telle que
La fonction f (t) = d(φ(t, p), A) est une fonction continue sur le segment (tn , tn+1 ) qui prend
des valeurs supérieures et inférieures à d/2. D’après le théorème des valeurs intermédiaires, il
existe donc une valeur τn telle que d(φ(τn , p), A) = d/2. On peut extraire de la suite (φ(τn , p))n
une suite convergente de limite q ∗ . On a q ∗ ∈ ω(p) et
d(q ∗ , A) = d/2,
d(q ∗ , B) ≥ d(A, B) − d(q ∗ , A) = d/2.
Définition 9. Une orbite périodique d’un champ de vecteurs X est une orbite {x(t)| t ∈ R}
ne contenant pas de point singulier de X, et telle qu’il existe un réel T > 0 appelé période
vérifiant
∀t ∈ R, x(t + T ) = x(t). (1.10)
Une telle orbite Γ contenant un point x0 est donc entièrement définie par
On suppose ε assez petit tel que Σε ∩ Γ = {x0 }. Alors il existe δ > 0 et une unique fonction
x 7→ τ (x) de classe C k définie sur la partie de Σ suivante
telle que
φτ (x) (x) ∈ Σε .
La fonction τ est appelée fonction temps de premier retour de X sur Σ.
Preuve. Notons ẋ = f (x) le système différentiel associé au champ de vecteurs X.
Soit la fonction de classe C k :
F (T, x0 ) = 0.
De plus,
∂F (T, x0 ) ∂φt
= |t=T (x0 ).f (x0 ) = f (x0 ).f (x0 ) = ||f (x0 )||2 6= 0,
∂t ∂t
puisque x0 ne peut pas être un point singulier. D’après le théorème des fonctions implicites, il
existe une unique fonction τ de classe C k définie sur un voisinage de x0 telle que τ (x0 ) = T et
F (τ (x), x) = 0,
c’est-à-dire
φτ (x) (x) ∈ Σ.
8CHAPITRE 1. SYSTÈMES DYNAMIQUES ET MODÈLES EN SCIENCES DU VIVANT
Définition 11. Un point fixe de l’application Π est un point x tel que F (x) = x. Il correspond
à une orbite T -périodique du flot X. Plus généralement, un point périodique de période n est
un point fixe de l’itéré F n :
F n (x) = x,
qui n’est pas un point fixe de F m pour m < n.
8 8
7 6
4
x
6
2
5
0
4 0 20 40 60 80 100
t
y
3 8
2 6
1 4
y
0 2
0
-1 0 20 40 60 80 100
0 2 4 6 8 t
x
∂f ∂g ∂f ∂g
< 0, < 0, < 0 pour x grand , > 0. (1.15)
∂y ∂y ∂x ∂x
Ces conditions émergent lorsqu’on impose des contraintes naturelles à l’interaction dynamique
entre populations. En effet, les deux premières conditions résultent de l’hypothèse que si le
nombre de prédateurs croît, alors le taux d’accroissement des deux populations décroît. Les
deux dernières conditions suffisent à garantir l’éxistence et l’unicité d’un état d’équilibre où
les deux populations coexistent, i.e. un point singulier de la dynamique dans {x > 0, y > 0}
(la vérification de cette propriété est laissé en exercice).
Un des exemples les plus classiques de modèle de type Kolmogoroff est le modèle introduit
par Robert May en 1972. On l’obtient à partir du modèle de Lotka-Volterra en remplaçant la
croissance exponentielle de la proie en l’absence du prédateur par une croissance dite logistique
(impliquant une saturation asymptotique) et en introduisant un effet de saturation à l’efficacité
du prédateur. Ce modèle s’écrit ainsi
xy
ẋ = ax(1 − x) − b , (1.16)
A+y
xy
ẏ = −cy + d . (1.17)
A+y
10CHAPITRE 1. SYSTÈMES DYNAMIQUES ET MODÈLES EN SCIENCES DU VIVANT
Les solutions strictement positives de cette équations admettent toutes une convergence asymp-
totiques vers K quand t → +∞. On considère des fonctions de réponse de Holling de type
II entre les populations de prédateurs et de proies d’une part, et entre les populations de
surprédateurs et de prédateurs d’autre part. On obtient le système dynamique suivant
X P1 Y
Ẋ = X R 1 − − (1.19)
K S1 + X
P1 X P2 Z
Ẏ = Y E1 − D1 − (1.20)
S1 + X S2 + Y
P2 Y
Ż = Z E2 − D2 (1.21)
S2 + Y
1.3. MODÉLISATION EDO ET SCIENCES DU VIVANT 11
Une très courte introduction à l’électrophysiologie neuronale Les neurones sont des
cellules caractérisées par deux propriétés physiologiques essentielles : l’excitabilité, c’est-à-dire
la capacité de répondre aux stimulations et de convertir celles-ci en impulsions nerveuses, et
la conductivité, c’est-à-dire la capacité de transmettre les impulsions.
Au repos, il existe une différence de potentiel électrique négative (polarisation) entre les
faces intracellulaire et extracellulaire de la membrane du neurone qui enveloppe le corps cel-
lulaire (soma), l’axone et les dendrites. Cette différence de potentiel résulte d’une différence
de concentrations ioniques entre l’intérieur et l’extérieur du neurone due à une perméabilité
sélective (selon les ions) de la membrane.
Cm V̇ = I − IN a − IK − If , (1.22)
IN a = gN a (V − VN a ), (1.23)
IK = gK (V − VK ), (1.24)
If = g f (V − Vf ), (1.25)
complétée par des observations expérimentales fondée sur la méthode du “voltage clamp” :
VN a , VK , Vf , g f sont supposés constants, gN a et gK varient en fonction du temps et de V :
gN a = g N a m3 h, (1.26)
4
gK = gK n , (1.27)
où n(t) est appelée fonction d’activation du potassium, m(t) est appelée la fonction d’activa-
tion du sodium et h(t) mesure l’inactivation du courant sodique. Ces trois fonctions sont les
solutions de :
αm (V ) = 0.1 exp(25−V
25−V
)−1
, αn (V ) = 0.01 exp(10−V
10−V
)−1
, αh (V ) = 0.07 exp( −V
20 ),
10 10
βm (V ) = 4 exp( −V
18 ), βn (V ) = 0.125 exp( −V
80 ), βh (V ) = 1
exp( 30−V )+1
.
10
avec les valeurs de paramètres g N a = 120, g K = 36, g L = 0.3 et les potentiels d’équilibre
VN a = 115, VK = −12, Vf = 10.6.
Un premier succès des équations est de pouvoir, à partir des données expérimentales four-
nies prédire la forme du potentiel d’action et proposer un mécanisme pour sa formation. Si le
potentiel V est légèrement élevé au-dessus de la valeur d’équilibre par un courant appliqué à
l’axone, il revient à l’équilibre. Si l’excitation extérieure est plus forte au-delà d’un certain seuil,
l’activation du sodium m contribue à augmenter le potentiel jusqu’à un maximum puis entrent
en jeu à la fois l’activation du potassium h et la désactivation du sodium n qui ramènent le
potentiel en-dessous de sa position d’équilibre. En-dessous de la valeur d’équilibre, n décroit
et le potentiel revient à sa position d’équilibre permettant au processus de recommencer.
εẋ = −y + 4x − x3 + I, (1.31)
ẏ = a0 x + a1 y + a2 . (1.32)
où a0 > 0, ε > 0 et a1 > 0 sont supposés petits. La cubique y = −x3 + 4x peut être remplacée
par n’importe quelle autre cubique présentant un minimum et un maximum local en x− et
x+ respectivement. Elle peut donc être décomposée en trois branches gauche (x < x− ), milieu
(x ∈ [x− , x+ ]) et droite (x > x+ ).
Supposons que les valeurs des paramètres sont choisis tels qu’il existe trois points singuliers
(intersection de la cubique y = −x3 + 4x + I avec a0 x + a1 y + a2 = 0) : pour a1 petit, l’un
se trouve haut sur la branche gauche, l’autre très haut sur la branche droite et un troisième
14CHAPITRE 1. SYSTÈMES DYNAMIQUES ET MODÈLES EN SCIENCES DU VIVANT
peut être sur n’importe laquelle des trois branches. Pour I en dessous d’un certain seuil Ith ,
on observe une convergence asymptotique de toute les orbites vers ce point singulier. Dès lors
que I dépasse cette valeur seuil, toutes les orbites admettent pour ω-limite la même orbite
périodique.
y
x
Chapitre 2
La théorie de la stabilité
Dans ce chapitre, on s’intéresse aux différentes notions de stabilité rencontrées dans l’ana-
lyse qualitative des systèmes dynamiques.
Définition 12. Un champ de vecteurs X ∈ C 1 (M ) est dit structurellement stable s’il existe ε
tel que tout Y ∈ C 1 (M ) tel que
||X − Y ||1 < ε,
est topologiquement équivalent à X.
La stabilité structurelle signifie que les propriétés topologiques d’un champ de vecteurs
sont préservées si on déforme un peu le champ de vecteurs.
ẋ = A.x, x ∈ Rn ,
15
16 CHAPITRE 2. LA THÉORIE DE LA STABILITÉ
Preuve. Les implications i) =⇒ ii) =⇒ iii) sont évidentes. On peut montrer iii) =⇒ i) par
contraposée. Supposons que A admette une valeur propre λ = a + ib avec a ≥ 0 associé au
vecteur propre u + iv. Choisissons x0 ∈ Vect{u, v} tel que x0 6= 0. Alors lim exp(tA).x0 6= 0,
t→+∞
ce qui contredit l’assertion iii).
On remarque donc que si toutes les valeurs propres de A sont à partie réelles strictement
négatives, toute orbite du système linéaire admet 0 pour ω-limite (i.e. l’unique point singulier
du champ de vecteurs linéaire). Dans les sections suivantes, nous nous employons à généraliser
cette notion de stabilité non seulement pour les points singuliers de systèmes différentiels non
linéaires, mais aussi pour leurs orbites.
ẋ = f (x, t)
est dite stable si, pour tout ε > 0, il existe δ > 0 tel que pour toute solution y(t)
Si, de plus, ||y − x|| → 0 quand t → +∞, la solution est dite asymptotiquement stable.
Remarque 6. Un point singulier d’un champ de vecteur étant une orbite particulière d’un
système différentiel autonome, les notions de stabilité et de stabilité asymptotique peuvent lui
être appliquées.
Théorème 8. (Poincaré-Lyapunov)
Soit le système différentiel
ẋ = Ax + h(x, t), (2.1)
où A ∈ Mn (R), h est continue dans le domaine D = {(x, t)|||x|| ≤ ρ, t ≥ 0} où ρ > 0 et vérifie
||h(x, t)||
→ 0 quand ||x|| → 0 uniformément en t ≥ 0.
||x||
Si toutes les valeurs propres de A sont à partie réelle strictement négative, alors la solution
x = 0 est asymptotiquement stable.
Preuve. Soient m = sup ||h||, c ∈ Rn tel que ||c|| < ρ et d > 0 tel que ||c|| + d ≤ ρ. On a
D
D’après le théorème de Cauchy-Lipschitz, il existe une solution unique x(t) de (2.1) telle que
x(0) = c définie pour t ∈ [0, T ] avec 0 < T < md0 . De plus, la trajectoire x([0, T ]) est incluse
dans la boule ||x|| ≤ ρ.
La solution Y (t) du problème de Cauchy linéaire
Ẏ = A.Y,
Y (0) = In ,
La solution y(t) de
ẏ = A.y,
y(0) = c,
est précisément y = Y.c. Ainsi, il existe a ne dépendant que de la matrice A et que l’on peut
supposer supérieur à 1 tel que
Montrons que si c est suffisamment petit, alors ∀t ∈ [0, T ], ||x(t)|| < 2a||c||.
18 CHAPITRE 2. LA THÉORIE DE LA STABILITÉ
Posons −1
Z +∞
1
ε< ||Y (u)||du
2 0
et η tel que
||x|| ≤ η =⇒ ∀u ∈ [0, T ], ||h(x, u)|| ≤ ε||x||.
On a, pour tout t ∈ [0, T ],
t
1
Z
||x(t)|| ≤ ||y(t)|| + ||Y (t − u)||ε||x(u)||du ≤ a||c|| + max ||x(t)||,
0 2 t∈[0,T ]
et donc
1
||x(t)|| ≤ a||c||.
2
En choisissant le vecteur c tel que
η
||c|| + d < ρ, ||c|| < , 2a||c|| + d < ρ,
2a
alors ||x(T )|| + d < ρ. La solution x(t) se prolonge sur l’intervalle t ∈ [T, 2T ] et satisfait les
mêmes majorations. De proche en proche, on démontre que x(t) existe pour tout t > 0 et
satisfait ||x(t)|| + d < ρ, ce qui montre la stabilité.
Montrons à présent la stabilité asymptotique. Soit λ < 0 supérieur aux parties réelles de
toutes les valeurs propres de A. On considère le changement de fonctions x(t) = z(t)eλt . A
partir de (2.1), on obtient que z est solution de
Si ||z|| ≤ η alors ||eλt z|| ≤ η et donc ||e−λt h(zeλt , t)|| ≤ e−λt ε||zeλt || = ε||z||. Le raisonnement
sur la stabilité peut être appliqué à z puisque les valeurs propres de A − λI ont toutes leur
partie réelle négative. Donc, si z(0) = x(0) est assez petit en norme, z reste bornée et x(t) → 0
quand t → +∞.
ẏ = A(t)y,
est dit réductible (ou la matrice A(t) est dite réductible) au sens de Lyapunov s’il existe un
changement de fonction y = Q(t)x où Q(t) est une matrice dérivable et inversible telle que
qui le ramène à
ẋ = Bx,
où B est une matrice constante.
Le théorème de Poincaré-Lyapunov se généralise immédiatement aux systèmes réductibles.
2.4. FONCTION DE LYAPUNOV 19
G(x0 ) = 0, (2.2)
∀x 6= x0 , G(x) > 0, (2.3)
n
d(G ◦ φ) X ∂G
∀x ∈ V, (x) = fi (x) (x) ≤ 0. (2.4)
dt |t=0 ∂xi
i=1
Sε = {x ∈ Rn |||x − x0 || = ε}
mε = min G(x).
x∈Sε
Comme Sε est compact, la fonction continue G atteint ses bornes sur Sε et mε > 0. Puisque
G est continue et G(x0 ) = 0,
D’après la condition (2.4), la fonction G est décroissante le long des orbites du champ de
vecteurs. On en déduit que
Soit x ∈ B(x0 , δ) et supposons qu’il existe T > 0 telle que |φ(T, x) − x0 | = ε, i.e. φ(T, x) ∈ Sε .
On aurait alors G(φ(T, x)) ≥ mε ce qui contredit le résultat (2.5).
Stabilité asymptotique. Soit une suite (tk )k∈N → +∞. On a (φ(tk , x))k∈N ⊂ B(x0 , ε)
et cette suite possède donc une valeur d’adhérence y0 . Supposons y0 6= x0 . On aurait alors
G(y0 ) > 0. Soient s > s0 > 0 fixés, on a
D’où
G(φ(tk , x)) < G(φ(s + tk , x)) ≤ G(φ(s0 , y0 )),
et en passant à la limite, on obtiendrait la contradiction
On a donc y0 = x0 . Le point x0 est donc l’unique valeur d’adhérence de toute suite (φ(tk , x))k∈N
où (tk )k∈N → +∞, ce qui montre la stabilité asymptotique.
Définition 15. Une fonction G vérifiant les hypothèses (2.2)-(2.3)-(2.4) est appelé une fonc-
tion de Lyapunov du champ de vecteurs.
ẋ = Jf (x̄).x + h(x)
où h est une fonction continue telle que h(x) = O(||x||2 ). Au point singulier x̄, on associe donc
au champ f un champ de vecteurs linéaire ẋ = Jf (x̄).x (appelé champ linéarisé). On classifie
les points singuliers des champs de vecteurs différentiables non linéaires selon les propriétés
du champ de vecteurs linéarisé.
Définition 16. Un point singulier x̄ d’un champ de vecteurs X est dit hyperbolique si toutes
les valeurs propres de la jacobienne associée à X en x̄ sont à partie réelle non nulle.
Remarque 9. La translation de x̄ à l’origine permet de se ramener au cas où l’origine est le
point singulier considéré. Sans perte de généralités, nous ferons cette hypothèse dans la suite
de cette section.
A l’instar du point singulier 0 d’un système différentiel linéaire, il existe des variétés inva-
riantes stable, instable et centrale associées à chaque point singulier d’un système non linéaire.
Le théorème suivant montre l’existence des variétés stable et instable d’un point singulier non
hyperbolique et leur rapport avec les espaces stable et instable du système linéarisé au point
singulier.
2.5. CLASSIFICATION DES POINTS SINGULIERS ET VARIÉTÉS INVARIANTES 21
Théorème 10. Soit un champ de vecteurs C 1 de flot φ(t, x) associé au système différentiel
ẋ = f (x) défini sur un ouvert de Rn contenant 0. On suppose que 0 est un point singulier
hyperbolique et donc que la jacobienne Jf (0) admet
• k valeurs propres de partie réelle strictement négative (λi )ki=1 ,
• n − k valeurs propres de partie réelle strictement positive (λi )ni=k+1 .
On note E s et E u les espaces stables et instables du système linéarisé ẋ = Jf (0).x.
Il existe une variété différentiable W s de dimension k, tangente à E s , invariante par le flot φ
et telle que
∀x0 ∈ W s , lim φt (x0 ) = 0.
t→+∞
Considérons à présent l’équation (2.7) sous forme d’équation intégrale dépendant d’un
paramètre a ∈ Rn :
Z t Z ∞
u(t, a) = U (t)a + U (t − s)h(u(s, a))ds − V (t − s)h(u(s, a))ds (2.10)
0 t
et montrons que cette équation intégrale admet une solution à l’aide du théorème du point
fixe. Toute solution continue de (2.10) est différentiable et solution du système différentiel
(2.7). De plus,
K|a| exp(−αt)
|uj (t, a) − uj+1 (t, a)| ≤ .
2j−1
22 CHAPITRE 2. LA THÉORIE DE LA STABILITÉ
Exemple : dynamique du plan. Si un champ de vecteurs admet un point singulier (x̄, ȳ)
et si sa Jacobienne en ce point a des valeurs propres réelles λ < 0 et µ > 0, les variétés
stables et instables de ce point sont des courbes différentiables passant par (x̄, ȳ). Elles sont
respectivement tangentes aux sous-espaces stables et instables du champ de vecteurs linéarisé,
qui sont engendrés respectivement par un vecteur propre de la jacobienne associé à λ et un
vecteur propre associé à µ. Dans ce cas, le point singulier est appelé col et les deux variétés
stables et instables sont appelées séparatrices du col. Nous décrirons la classification exhaustive
des points singuliers des champ de vecteurs du plan dans une section ultérieure.
Définition 17. Soit un champ de vecteurs du plan et un point singulier de type col. Si les
variétés invariantes du col se prolongent et se recoupent, ce point singulier est appelé point
homocline. Dans ce cas, la partie commune aux variétés stables et instables est appelée une
connexion homocline.
2.5. CLASSIFICATION DES POINTS SINGULIERS ET VARIÉTÉS INVARIANTES 23
où x ∈ Rr , y ∈ Rp , z ∈ Rq , p + q + r = n,
Alors, il existe une variété W c , appelée variété centrale, de dimension r de classe C k−1 invariante
par le flot, tangente au sous-espace y = z = 0.
Remarque 10. Contrairement aux variétés stable et instable, la variété centrale n’est pas
définie de manière unique. Dans le cas où f est de classe C ∞ alors, pour tout r ∈ N, on peut
trouver une variété centrale de classe C r .
y = h1 (x), z = h2 (x).
24 CHAPITRE 2. LA THÉORIE DE LA STABILITÉ
Dh1 (x)[C.x + F (x, h1 (x), h2 (x))] − P.h1 (x) − G(x, h1 (x), h2 (x)) = 0, (2.16)
Dh2 (x)[C.x + F (x, h1 (x), h2 (x))] − Q.h2 (x) − H(x, h1 (x), h2 (x)) = 0. (2.17)
Théorème 14. Sous les hypothèses des théorèmes précédents avec (h1 , h2 ) solution de (2.16)-
(2.17), X est, au voisinage du point singulier, topologiquement conjugué au champ :
Dans ce chapitre, on s’intéresse aux champs de vecteurs du plan de classe C 2 qui sont donc
associés aux systèmes différentiels de la forme
Nous nous restreignons ici à classifier les points singuliers d’un système non-linéaire en
nous appuyant sur la conjugaison C 1 locale du flot à un système linéaire. En ce qui concerne
les points hyperboliques, il s’agit du système linéarisé au point singulier, sous réserve d’une
régularité suffisante du flot posée en hypothèse de tout ce chapitre (classe C 2 ). Il existe des
résultats sous des hypothèses plus faibles qu’on pourra trouver par exemple dans [Wiggins,
1990].
Définition 18. Soit un point singulier hyperbolique du système différentiel (3.1)-(3.2). Soit
λ et µ les valeurs propres (dans C) de la jacobienne associée au champ de vecteurs en ce point
singuliers. On a donc <(λ) 6= 0 et <(µ) 6= 0. Le tableau suivant
• définit la terminologie utilisée pour décrire la nature du point singulier en fonction de
λ et µ (l’entrée en colonne série le cas réel et le cas complexe, l’entrée en ligne série le
nombre de valeurs propres à partie réelles strictement négatives),
• rappelle les dimensions des variétés stables et instables associées au point singulier,
25
26 CHAPITRE 3. CHAMPS DE VECTEURS DU PLAN
Pour les points singuliers non hyperboliques, il n’existe pas de résultats généraux de conju-
gaison topologique du flot avec le linéarisé. Ainsi la classification ne peut être entreprise à
partir des valeurs propres de la jacobienne car le portrait de phase dépend des termes de plus
haut degré dans le développement des fonctions f et g . Cependant, les différents cas de figure
sont connus et sont définis comme suit. Pour chaque type, nous donnons un exemple de champ
de vecteurs pour lequel l’origine est un point singulier non hyperbolique de ce type.
Définition 19. Un secteur de R2 est dit hyperbolique (resp. parabolique, elliptique) s’il est
topologiquement équivalent au secteur montré en (a) (resp. (b), (c)) de la figure ci-dessous.
Le tableau suivant donne des exemples simples de champ de vecteurs du plan dont l’origine
est un type particulier de point non hyperbolique isolé. Le cas du centre-foyer est écrit en
coordonnées polaires pour des questions de commodité.
∞
ẋ = x2
Q
ẋ = y ρ̇ = (ρ − ri ) ẋ = y ẋ = y
i=1
ẏ = −x θ̇ = 1 ẏ = −x3 + 4xy ẏ = y ẏ = x2
(ri ) strictement
décroissante vers 0
Définition 21. Une intégrale première du système différentiel (3.1)-(3.2) est une fonction
différentiable (x, y) 7→ H(x, y) telle que :
∂H ∂H
f (x, y) + g(x, y) = 0.
∂x ∂y
Si une telle intégrale première existe, le système (3.1)-(3.2) est dit conservatif. Dans le cas
contraire, il est dit dissipatif.
Remarque 11. La fonction H peut être interprétée comme une fonction d’énergie du système,
à l’image d’une fonction de Lyapunov. Le terme “système conservatif” s’inspire de la propriété
de conservation de l’énergie le long des orbites du système.
Proposition 1. Un système plan conservatif non trivial, i.e. H est non constante en sa
première et sa seconde variable, admet un continuum d’orbites périodiques.
Définition 22. Le système (3.1)-(3.2) est dit hamiltonien s’il existe une fonction (x, y) 7→
H(x, y) telle que, pour tout (x, y),
∂H ∂H
f (x, y) = et g(x, y) = − .
∂y ∂x
La fonction H est alors une intégrale première et le système est conservatif.
28 CHAPITRE 3. CHAMPS DE VECTEURS DU PLAN
Soit K un compact inclus dans U et γm = {φ(t, m), t ∈ R} une orbite de X telle que la
demi-orbite positive γm + = (φ(t, m), t ≥ 0) ⊂ K. On suppose que ω(m) contient un nombre
fini de points singuliers du champ X. Alors :
i) Si ω(m) ne contient aucun point singulier, ω(m) est une orbite périodique.
ii) Si ω(m) contient des points singuliers et des points réguliers, ω(m) est constitué d’un
ensemble d’orbites et de leurs α- et ω-limites qui sont des points singuliers de X. Dans
ce cas, ω(m) est appelé un graphique.
iii) Si ω(m) ne contient aucun point régulier, ω(m) est un point singulier.
Lemme 2. Soit Σ une section transverse au flot associé à X, γ = {φ(t, q), t ∈ R} une orbite
de X et p ∈ Σ ∩ ω(γ). Il existe une suite φ(τn , q) de points de Σ telle que
Preuve. Soit V un voisinage ouvert de p pour lequel l’application de premier retour sur Σ
associé à X soit bien définie sur V ∩ Σ et τ : V → R l’application temps de premier retour.
Comme p ∈ ω(γ), il existe une suite (tn ) → +∞ telle que (φ(tn , q)) → p. A partir d’un certain
rang, φ(tn , q) ∈ V . Posons
τn = tn + τ (φ(tn , q)).
On a alors
φ(τn , q) = φ(τ (φ(tn , q)), φ(tn , q)) ∈ Σ,
De plus, comme τ est continue,
Lemme 3. Soit Σ une section transverse à X. Une orbite positive γ + (p) = {φ(t, p), t ≥ 0} de
X intersecte Σ en une suite monotone (pi )i∈N .
Supposons p1 < p2 sans perte de généralité. La section Σ étant connexe et transverse au flot
associé à X différentiable, le champ est orienté dans le même sens tout le long de Σ, i.e. en tout
point de la même face de Σ vers l’autre. On considère la courbe de Jordan formée de l’arc p1 p2
de Σ (qui est orientée) et la trajectoire le long du flot reliant p1 et p2 , i.e. {φ(t, p), 0 ≤ t ≤ t1 }.
D’après le théorème de Jordan, cette courbe a un intérieur et un extérieur. L’orbite γ entre
dans l’intérieur du domaine par le segment p1 p2 et ne peut sortir du domaine par la suite. Il
s’ensuit que p1 < p2 < p3 . On termine la démonstration par une récurrence évidente.
Lemme 5. Soit p ∈ U tel que la demi-orbite positive γ + (p) est contenue dans un compact K.
Soit γ une orbite de X contenue dans ω(p). Si ω(γ) contient des points réguliers, alors γ est
une orbite fermée et ω(p) = γ.
Preuve. Soit q ∈ ω(γ) un point régulier. Soit Σ une section transverse au flot qui contient q.
Il existe une suite tn → ∞ telle que γ(tn ) ∈ Σ. Comme γ(tn ) ∈ ω(p), la suite se réduit à un
point d’après le lemme précédent, ce qui montre que l’orbite γ est périodique.
Montrons à présent γ = ω(p). Comme ω(p) est connexe et γ est fermée, il suffit de montrer
que γ est ouvert dans ω(p). Soit p ∈ γ. Soient Vp le voisinage et Σp la section transverse
pour lesquels l’applications de premier retour sur Σp est bien définie. On a bien sûr (Vp ∩
γ) ⊂ (Vp ∩ ω(p)). Montrons l’inclusion inverse par l’absurde. Supposons qu’il existe un point
q 0 ∈ Vp ∩ ω(p) qui n’appartient pas à γ. Puisque ω(p) est invariant par le flot, il existe t ∈ R
tel que φ(t, q 0 ) ∈ ω(p) ∩ Σp et φ(t, q 0 ) 6= p. Ainsi il existe deux points distincts de ω(p) dans
Σp ce Squi est en contradiction avec le lemme précédent. Ainsi Vp ∩ γ = Vp ∩ ω(p). Soit l’ouvert
U= Vp qui vérifie U ∩ ω(p) = U ∩ γ = γ. On a donc γ est ouvert dans ω(p).
p∈γ
31
32 CHAPITRE 4. INTRODUCTION À LA THÉORIE DES BIFURCATIONS
Dans le suite de ce cours, nous présentons les bifurcations les plus simples et les théorèmes
généraux décrivant la structure des champs de vecteurs qui les subissent.
Dans cette section, nous décrivons les bifurcations de codimension 1 dites locales, c’est-à-
dire impliquant une modification des points singuliers du champ de vecteurs. Nous débutons
en donnant un tableau illustrant certaines de ces bifurcations, un déploiement universel en
dimension 1 (resp. 2 en coordonnées polaires pour la bifurcation de Hopf) et un schéma de
l’évolution du portrait de phase en fonction du paramètre de bifurcation λ au voisinage de la
valeur de bifurcation λ = 0.
La bifurcation col-noeud et la bifurcation de Hopf sont les deux bifurcations de points sin-
guliers de codimension 1 dites génériques (cette notion sera précisée dans la suite). Cependant,
d’autres bifurcations non génériques, principalement la bifurcation transcritique et la fourche,
sont importantes pour la compréhension des portraits de phase des modèles en Sciences du
Vivant. A ce titre, nous les présentons également.
ρ̇ = ρ(λ − ρ2 )
ẋ = λ − x2 ẋ = λx − x2 ẋ = λx − x3
θ̇ = 1
x x x y
Supposons que le champ de vecteurs (4.1) admet pour λ = λ0 un point singulier x0 pour
lequel le linéarisé admet une valeur propre nulle simple. Le théorème de la variété centrale
permet de réduire l’étude de ce type de bifurcation à un problème de dimension 1 (i.e. x ∈ R).
4.2. BIFURCATIONS DE POINTS SINGULIERS DE CODIMENSION 1 33
Dx f (x0 , λ0 ) = 0,
Dλ f (x0 , λ0 ) 6= 0.
D’après le théorème des fonctions implicites, le lieu des points d’équilibre de (4.1) quand λ varie
autour de λ0 est une courbe tangente à λ = λ0 . La condition de transversalité supplémentaire
suivante
D2x f (x0 , λ0 )6=0,
implique que la courbe de points d’équilibre a une tangence quadratique avec λ = λ0 et,
localement, se situe donc d’un seul côté de cette droite. Une telle bifurcation peut donc être
interprétée comme la disparition (ou l’apparition selon le sens de variation du paramètre λ) de
deux points singuliers hyperboliques dont les variétés stables sont respectivement de dimension
p et p + 1 et les variétés instables respectivement de dimension n − p et n − p − 1. A la valeur
de bifurcation, localement, il n’existe alors qu’un unique point non hyperbolique pour lequel
le linéarisé admet une seule valeur propre à partie réelle nulle (et qui est alors nécessairement
réelle et donc exactement 0).
Les deux conditions suffisent à l’équivalence topologique de la famille de champs (4.2) avec
ẋ = λ − x2 . Cependant, nous pouvons également formuler les conditions de transversalité pour
un système en dimension n sans utiliser la réduction à la variété centrale.
(SN2) t wD f (x , λ ) 6= 0,
λ 0 0
(SN3) t w(D 2 f (x , λ )(v, v))
x 0 0 6= 0.
Alors, il existe une courbe différentiable de points singuliers (4.1) dans Rn ×R passant par
(x0 , λ0 ) et tangente à l’hyperplan Rn ×{λ0 }. Selon les signes des expressions dans (SN1) et
(SN2), au voisinage de x0 , il n’y a aucun point singulier si λ < λ0 et il y a deux points
singuliers si λ > λ0 . Les deux points singuliers sont hyperboliques et possèdent des variétés
stables de dimension k et k + 1 respectivement. L’ensemble des familles de champs de vecteurs
différentiables qui satisfont les conditions ci-dessus est un ouvert dense de l’espace de Banach
des familles à un paramètre λ de champs de vecteurs différentiables admettant x0 comme point
singulier avec une valeur propre nulle simple en λ = λ0 .
Ainsi, les champs de vecteurs les flots vérifiant les conditions de non-dégénérescence (SN2)-
(SN3) se comportent localement qualitativement comme la famille ẋ = λ−x2 dans la direction
du vecteur propre associé à la valeur propre 0 avec un comportement hyperbolique dans les
directions complémentaires. Ce théorème, en plus de caractériser la bifurcation col-noeud de
façon générale, exprime sa généricité au sens suivant : tout champ de vecteurs à un paramètre
ayant pour une valeur de bifurcation donnée un point d’équilibre avec une valeur propre nulle
peut être perturbé en un champ à un paramètre subissant une bifurcation col-noeud. C’est le
cas des bifurcations transcritique et fourche présentées dans les sous-sections suivantes.
Ce type de bifurcation se rencontre par exemple lorsque, par construction, le système admet
une solution triviale depuis laquelle une bifurcation peut se produire. Ainsi, le déploiement
universel donné dans le tableau en début de section ẋ = λx − x2 admet la solution triviale
x = 0 qui est un point singulier pour toute valeur de λ. Ces point singuliers constitue l’une
des courbes C1 ou C2 . Pour chaque valeur de λ, il existe un autre point singulier x = λ. Il est
évident que :
• pour λ < 0, x = 0 est stable et x = λ est instable,
• pour λ > 0, x = 0 est instable et x = λ est stable,
4.2. BIFURCATIONS DE POINTS SINGULIERS DE CODIMENSION 1 35
Application au modèle de May Nous illustrons deux cas de bifurcation transcritique sur
le même modèle. Tout d’abord, nous décrivons une bifurcation en dimension 1 en considérant
la dynamique de la proie et son évolution en fonction de la densité de prédateurs considéré
comme un paramètre. Ensuite nous considérons le modèle de May en dimension 2 et montrons
qu’une bifurcation transcritique existe également.
Considérons la première équation du modèle de May régissant la dynamique de la popu-
lation de proie quand le nombre de prédateur y est considéré comme un paramètre constant.
Remplaçons donc y par un paramètre ȳ fixé dans (1.16) :
ȳ
ẋ = x a(1 − x) − b , (4.4)
A + ȳ
où a, b, A sont positifs.
Pour toute valeur de ȳ > 0, cette équation admet deux points singuliers, x = 0 et
bȳ
xsȳ = 1 − .
a(A + ȳ)
Ainsi si b > a, pour ȳ = ytrans = aA/(b − a) > 0 ces deux points coïncident (voir Figure 4.1)
et la jacobienne
by
J = a(1 − 2x) −
A+y
évaluée pour ȳ = ytrans en x = xytrans = 0 est nulle.
s
ȳ
ẏ < 0 ẏ > 0
ytrans
0 x
On vérifie facilement que les conditions (T1) à (T4) sont vérifiées et que :
• pour ȳ > ytrans , 0 est attractif et xsȳ est répulsif,
• pour ȳ < ytrans , 0 est répulsif et xsȳ est attractif.
Un tel découplage des variables d’état peut être très informatif sur la structure du flot
complet. Mais bien entendu, on peut également considérer le modèle complet et faire varier
un paramètre choisi. On a déjà montré que (1, 0) est un point singulier et, sous les conditions
b > a et d > cA, il existe un point singulier non trivial dans le quart de plan {x > 0, y > 0}.
Il est alors facile de montrer que pour d supérieur mais proche de cA, le point singulier non
trivial est un noeud attractif et que pour d = cA, le système subit une bifurcation transcritique
où ce point coïncide avec le point singulier (1, 0). Pour d < cA le point non trivial se retrouve
alors dans y < 0 et est un col et le point (1, 0) est un noeud attractif.
Ce changement dans le portrait de phase s’interprète comme une perte de viabilité du sys-
tème écologique : si le taux de mortalité du prédateur c devient trop grand (ou si son efficacité
de prédation devient trop petite), alors la population de prédateur tend vers l’extinction et la
population de proie vers sa représentation maximale. Nous pouvons alors quantifier cette idée
naturelle à l’aide de la droite de bifurcation transcritique dans l’espace de paramètres (c, d) (les
autres paramètres étant supposés constants) dont la traversée correspond à une bifurcation
transcritique. La figure 4.2 illustre le passage de la bifurcation transcritique.
d > cA d = cA d < cA
y y y
x x x
0 0 0
ẋ = 0 Noeud stable
Col
ẏ = 0
Point non hyperbolique
Figure 4.2 – Evolution du portrait de phase du modèle de May localement autour du point
(1, 0) subissant une bifurcation transcritique avec le point singulier non trivial. Panel gauche :
d > cA, (1, 0) est un col et le point non trivial un noeud attractif. Panel central : d = cA,
bifurcation transcritique. Panel droit : d < cA, (1, 0) est devenu stable, le point non trivial est
un col dans y < 0.
4.2. BIFURCATIONS DE POINTS SINGULIERS DE CODIMENSION 1 37
où f est de classe C k . On suppose que x0 est un point singulier de Xλ0 et vérifie les propriétés
suivantes.
(H1) Dx f (x0 , λ0 ) admet une paire simple de valeurs propres imaginaires pures conjuguées et
aucune autre valeur propre à partie réelle nulle.
Alors, dans un voisinage de λ0 , il existe une courbe différentiable (xsλ , λ) où chaque xsλ est un
point singulier de Xλ et passant par (x0 , λ0 ). Dans ce voisinage, les valeurs propres µ(λ) et
¯ de Dx f (xs , λ) varient différentiablement en λ. Si, de plus,
µ(λ) λ
(H2)
d
(<(µ(λ)))|λ=λ0 = d 6= 0
dλ
38 CHAPITRE 4. INTRODUCTION À LA THÉORIE DES BIFURCATIONS
la bifurcation est générique et appelée bifurcation de Hopf. Il existe alors une unique variété
centrale de dimension 3 de
ẋ = f (x, λ), (4.6)
λ̇ = 0 (4.7)
passant par (x0 , λ0 ) et un changement de variables de classe C 3 préservant les hyperplans
λ = cste pour lequel le développement de Taylor à l’ordre 3 sur la variété centrale est donné
par
ẋ = dλx − (ω + cλ)y + (ax + by)(x2 + y 2 ), (4.8)
2 2
ẏ = (ω + cλ)x + dλy + (bx + ay)(x + y ). (4.9)
soit en coordonnées polaires :
ρ̇ = (dλ + aρ2 )ρ, (4.10)
2
θ̇ = ω + cλ + bρ . (4.11)
Si a 6= 0, il existe une famille à un paramètre indexée par λ de cycles limites plongée dans
la variété centrale. Cette famille de cycles limites définit une surface dans la variété centrale
ayant une tangence quadratique avec l’espace propre associé à µ(λ0 ), µ(λ ¯ 0 ). La partie principe
du développement à l’ordre 2 de cette surface coïncide avec le paraboloïde λ = −aρ2 /d. Enfin,
• Si a < 0, les cycles limites sont attractifs et la bifurcation de Hopf est dite surcritique ;
• Si a > 0, les cycles limites sont répulsifs et la bifurcation de Hopf est dite souscritique.
La bifurcation de Hopf surcritique est donc la déstabilisation de la “partie foyer attractif”
d’un point singulier hyperbolique quand les valeurs propres complexes conjuguées associées à
cette partie traversent l’axe imaginaire pures pour la transformée en une “partie foyer répulsif”.
Cette déstabilisation s’accompagne de la naissance d’un cycle limite attractif qui√persiste
localement près de la valeur de bifurcation λ = λ0 et dont le rayon grandit comme λ − λ0 .
Quand la bifurcation est souscritique, il s’agit alors d’une stabilisation de la “partie foyer”
accompagnée de la naissance d’un cycle limite répulsif avec les même propriétés.
La bifurcation de Hopf permet en application aux modèles de sciences du vivant de montrer,
à partir de l’analyse des points singuliers, la naissance de cycle limite quand la valeur d’un
paramètre varie. Bien entendu, on ne peut prédire dans le cas général l’intervalle de valeurs du
paramètre pour lequel ce ciel persiste puisqu’il dépend de la dynamique considérée globalement.
Pour ρ < 1, l’origine est un noeud attractif. Pour ρ = 1, J(0) admet une valeur propre
nulle et les deux autres valeurs propres sont −β et −1 − σ toutes deux négatives. Pour ρ > 1,
l’origine est un col dont la variété instable est de dimension 1 et deux points singuliers non
triviaux apparaissent :
p p
(x, y, z) = ± β(ρ − 1), ± β(ρ − 1), ρ − 1
L’origine subit donc une bifurcation fourche surcritique pour ρ = 1 (la vérification des condi-
tions de transversalité est laissée en exercice).
Pour ρ = ρH , deux bifurcations de Hopf souscritiques se produisent simultanément pour
chacun des points singuliers non triviaux. En effet, les deux valeurs propres sont alors
p
−(σ + β + a) et ± i (2σ(σ + 1)/(σ − β − 1).
et une des hypothèses classiques du modèle de Lorenz est σ > 1 + β. La vérification des
conditions de transversalité est laissée en exercice.
Cette étude de bifurcation introduit les premiers éléments pour la compréhension du por-
trait de phase du modèle de Lorenz. Une étude géométrique des variétés stables et instables
des deux points singuliers non triviaux et de leur enchevêtrement permet alors de décrire la
formation du bien connu attracteur étrange en forme de papillon.
εẋ = −y + 4x − x3 , (4.16)
ẏ = a0 x + a1 y + a2 . (4.17)
Nous nous intéressons tout d’abord au cas où a0 > 0 et a1 [Link] obtient alors la séquence
de bifurcation suivantes, qu’on peut vérifier aisément par le calcul, quand a2 croît :
à la nullcline de x pour une valeur de x > 0. Elle provoquent l’apparition de deux points
singuliers : un col et un noeud stable. Quand a2 < 0 augmente encore, le noeud stable se
rapproche du maximum local de la cubique y = 4x − x3 et devient un foyer attractif. Pour une
valeur de a2 proche de celle pour laquelle ce foyer coïncide avec le sommet local de la cubique,
la bifurcation de Hopf surcritique ce produit, entrainant l’émergence d’un cycle limite stable
et rendant le foyer instable. Ce cycle persiste jusqu’à ce que le foyer approche cette fois-ci le
minimum local de la cubique. Pour une valeur de a2 > 0 proche de celle pour laquelle le foyer
passe ce minimum local, la bifurcation de Hopf surcritique (dite inverse) fait disparaître le
cycle limite et le foyer devient stable. Enfin pour a − 2 croissant encore, le foyer devient un
noeud attractif et disparait par bifurcation col-noeud quand la nullcline de y devient tangente
à la cubique pour une valeur de x < 0.
En considérant d’autres valeurs de paramètres (éventuellement en introduisant des para-
mètres supplémentaires comme l’inflexion de la cubique correspondant à la nullcline de x), bien
d’autres séquences de bifurcations impliquant des bifurcations fourche par exemple. En outre,
la bifurcation de Hopf n’est pas la seule bifurcation par laquel le cycle limite peut disparaître.
Ainsi, même sur un système plan simple, la richesse de comportements peut être expliqué par
l’analyse de bifurcations que nous avons décrites jusqu’ici, mais aussi celle des bifurcations
non locales et de codimension supérieure à 1. La suite de ce cours présente de manière très
succincte quelques unes des bifurcations globales et/ou de codimension supérieure à 1 les plus
couramment rencontrées dans les modèles de Sciences du Vivant.
ρ̇ = λ + (ρ − 1)2 (4.18)
θ̇ = 1 (4.19)
√
Pour λ < 0, ce système admet deux cycles limites ρ = 1 ± −λ, l’un étant attractif et l’autre
répulsif, coïncidant quand λ = 0. Pour λ > 0, il n’y a pas de cycles limite. Cette bifurcation
(globale puisqu’elle ne peut être caractérisée dans un voisinage d’un point) consistant en la
coïncidence et la disparition de deux cycles limites est appelée une bifurcation pli de cycles
limites. Elle peut être étudiée en considérant les points fixes de l’application de premier retour
Π0 bien définie pour λ = 0 sur un voisinage du cycle limite ρ = 1. Cette application peut alors
être plongée dans une famille à un paramètre d’application de premier retour Πλ au voisinage
de λ = 0. Quand λ < 0, on voit apparaître deux points fixes de Πλ correspondant aux cycles
limites du système (4.18), l’un stable, l’autre instable, alors que pour λ > 0, Πλ n’admet aucun
point fixe.
4.3. BIFURCATIONS D’ORBITES PÉRIODIQUES 41
ẋ = f (x, y, µ)
ẏ = g(x, y, µ)
Supposons que l’origine est un col pour µ voisin de 0 et que, pour µ = 0, il existe une orbite
homocline de l’origine. On désigne par λ(µ) et γ(µ), γ(µ) < 0 < λ(µ), les valeurs propres de
la jacobienne évaluée à l’origine. Le théorème de linéarisation permet d’obtenir un système de
coordonnées de classe C 1 dans lequel le flot est linéaire :
ẋ = λ(µ)x
ẏ = γ(µ)y.
Soit Σ = {(x, y) ∈ U | y = h} et Σ1 = {(x, y) ∈ U | x = h} deux sections transverses du flot
définies sur un voisinage de l’origine U suffisamment petit pour que le nouveau système de
coordonnées soit défini sur U . Le flot induit une application T0 : Σ → Σ1 :
!
h
T0 (x, h) = − γ(µ) .
h hx λ(µ)
et une application T1 : Σ1 → Σ
Le nombre δ = −γ(0)/λ(0) est appelé l’indice du col. Alors, si δ > 1 et µ > 0, l’application
de premier retour présente un unique point fixe dans un voisinage de x = 0, dans x > 0, de la
forme
x = a(0)µ + O(µδ ).
Ainsi quand µ varie et traverse 0, un unique cycle limite émerge de la connexion homocline.
Cette bifurcation est appelée une bifurcation homocline.
42 CHAPITRE 4. INTRODUCTION À LA THÉORIE DES BIFURCATIONS
ẋ = y
ẏ = a + by + x2 + xy.
et √
x = x− = − −a, y = 0.
Si a < 0, il y a donc deux points singuliers ; sur l’axe a = 0, il existe un unique point singulier ;
si a > 0, il n’y a aucun point singulier. La jacobienne au voisinage du point singulier (x, 0) est
donné par
0 1
2x b + x
Les valeurs propres λ− − + +
1 , λ2 et λ1 , λ2 correspondant aux deux points singuliers vérifient :
λ2 − (b + x)λ − 2x = 0.
t = ετ, x = ε2 u, y = ε3 v, a = ε4 α, b = ε2 β.
u̇ = v,
v̇ = α + u2 + ε(βv + uv).
ẋ = y
ẏ = a + bx + x2 + xy.
montre l’existence d’une courbe de bifurcations pli (T− et T+ les deux branches de la courbe),
un demi-axe le long duquel se produisent des bifurcations de Hopf surcritiques (H) et une
courbe de bifurcations homoclines (P ) faisant disparaître le cycle limite stable né de la bifur-
cation de Hopf. On obtient alors la partition de l’espace des paramètres représentée dans la
figure suivante avec les notations introduites ci-dessus.
44
INDEX 45
Système autonome, 3
Système conservatif/dissipatif, 27
Système hamiltonien, 27
Variété centrale, 23
Réduction du flot, 23
Variétés stable et instable, 21
46 INDEX
Bibliographie
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