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Nature juridique du titre d'occupation

Le document traite de la nature juridique du titre d'occupation privative du domaine public, en distinguant entre les autorisations administratives et contractuelles, ainsi que leur caractère personnel et non définitif. Il aborde également la pertinence des critères de domanialité publique en France et au Sénégal, ainsi que la distinction entre agents fonctionnaires et non fonctionnaires en droit sénégalais. Enfin, il examine les critères d'identification des fonctionnaires dans les deux pays, mettant en lumière des similitudes et des différences dans leurs statuts respectifs.

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Nature juridique du titre d'occupation

Le document traite de la nature juridique du titre d'occupation privative du domaine public, en distinguant entre les autorisations administratives et contractuelles, ainsi que leur caractère personnel et non définitif. Il aborde également la pertinence des critères de domanialité publique en France et au Sénégal, ainsi que la distinction entre agents fonctionnaires et non fonctionnaires en droit sénégalais. Enfin, il examine les critères d'identification des fonctionnaires dans les deux pays, mettant en lumière des similitudes et des différences dans leurs statuts respectifs.

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exo

Sujet : La nature juridique du titre d’occupation privative du domaine public


Problématique :Quelle est la nature juridique du titre d’occupation privative du domaine
public ?
I- La nature strictement administrative du titre d’occupation privative du domaine public :
A- Les autorisations unilatérales :
-permission de voirie
-autorisation d’occuper (elles sont données par un acte administratif unilatéral)
B-Les autorisations contractuelles :
-concessions et autorisations d’exploitation (article 16 du CDE) -l’article 56 pose le principe
que ce sont des actes administratifs authentiques qui sont dressés par les services des
domaines .
-à cela il faut ajouter l’article 15 de la loi 2021-23 du 02 mars 2021 relative au contrats de
partenariats publics -privé qui dispose :<< lorsqu’un contrat de partenariat public -privé
emporte occupation du domaine public,il donne droit à un titre d’occupation de ce domaine
pour sa durée.>>
II- La nature non patrimoniale du titre d’occupation privative du domaine public :
A-Le caractère personnel du titre d’occupation privative du domaine public : L’autorisation
d’occupation est accordée intitué personnaé, c’est à dire qu’elle est en principe
intransmissible et insuceptible d’être céder dans le cadre d’une transaction commerciale
-les clauses contraires sont considérées comme nulles CE 1985 association Eurolat
-l’occupant du domaine public ne saurait transférer le titre qu’il détient par voie de cession
ou de succession .
Toutefois ce caractère connaît des assouplissements qui confèrent des droits réels à leur
bénéficiaire . A ce titre,on peut citer l’article 15 de la loi n 81-13 du 04 mars 1981 portant
code de l’eau consacre la possibilité d’un droit réel accordé en vue d’une exploitation
agricole,élevage , industrielle ou touristique
-l’article 1 alinéa 5 de la loi 92-63 du 22 décembre 1992 modifiant l’article 3 de la loi du 18
Août 1987 autorisant la création de la société nationale du port autonome de Dakar prévoit
que l’affectattaire exerce les attribues de la propriété sur les constructions autorisées et les
équipements immobilisés . Il en est de même de l’article 16 de la loi relative aux contrats de
partenariat. B-Le caractère non définitif du titre d’occupation privative du domaine public :
-précarité et révocabilité
Le cour suprême dans son arrêt du 28 mai 2020 Mor A et 11 autres c/ commune des Parcelles
assainies a estimé qu’une autorisation administrative d’occupation d’un terrain dépendant du
domaine public de l’état ne confère pas un droit définitif et inattaquable
-il existe cependant des assouplissements au principe à savoir que le retrait ne peut être
prononcé que pour cause d’utilité publique et que l’occupant dans certains situations a droit
au renouvellement . C’est le cas des licences accordées aux opérateurs de
télécommunications à travers la loi n 2011-01 du 24 février 2011 portant code des
télécommunications.

Sujet 2: La pertinence des critères de la domanialité publique en France et au Sénégal


Problématique :Les critères de la domanialité publique permettent -ils d’identifier
suffisamment le domaine public en France et au Sénégal ?
I- Un critère organique distinctement pertinent en France et au Sénégal : A-un critère
englobant en France :
-toutes les personnes publiques peuvent être propriétaire d’un domaine B- Un critère
restrictif au Sénégal :
-seul l’état peut être propriétaire du domaine public
II- Un critère matériel d’application

difficile au Sénégal et en France :


A-le caractère élastique du critère matériel en France :
-l’affectation spéciale
-affectation par anticipation
-affectation indispensable
B-Un critique matériel inopérant au Sénégal :
-maintien de la position de la doctrine du 19em siècle ( nature et destination du bien)

Sujet 1:Domaine public,domaine privé et rentabilité.


Problématique : La rentabilité est-elle une donnée satisfaisante pour la distinction du
domaine privé et du domaine public ?
I- la responsabilité un élément classique de distinction de distinction des deux
domaines
A- l’existence de rentabilité inclinant vers le domaine privé
-finalité économique du domaine privé
-le domaine privé sert à la production de richesse
-conséquence, un régime juridique souple
B- l’absence de rentabilité inclinant vers le domaine public
-Domaine public, un domaine improductif
-finalité d’intérêt général ( égalité,gratuité,inaliénabilité, imprescriptibilité) II- La
rentabilité,élément insuffisant de distinction des deux domaines :
A- La patrimonialisation progressive du domaine public
-valorisation des dépendances du domaine public
-Le domaine public devenu un support d’activités économique :les occupations privatives du
domaine public,( panneaux publicitaires, kiosques, parkings payants etc)
-aujourd’hui sur le domaine public maritime, on observe de grand projets rentables(hotels)
B- l’existence de dépendances du domaine privé exclues du circuit économique
-l’exposé des motifs de la loi portant CDE assigne au domaine privé une finalité d’intérêt
général en ce sens:le domaine privé peut-être le siège d’intérêt général (écoles , hôpitaux,
universités)article 33 CDE
-domaine privé affecté au service public de l’état
-les revenus tirés de l’exploitation du domaine public servent à couvrir les dépenses
publiques

Sujet: Faut-il maintenir la distinction agent fonctionnaire et agent non fonctionnaire en


droit sénégalais ?

On remarque la cocxistence, dans el service de l'Etat, de deux catégorics d'agents: les


fonctionnaires au sens strict du terme soumis au droit de al fonction publique en ce sens
qu'ils sont nommés dans un emploi permanent et titularisés dans un grade de la hiérarchie
administrative, et les agents non fonctionnaires qui ne répondent pas nux critères degages
par
le statut général. Régis par le décret du 12 avril 1974, ils sont considérés comme des salarics
au sens de l'article ° du code du travail.
Ces deux catégories présentent, cependant,des traits communs sur el plan juridique. En cfct,
malgré l'existence des statuts différents, on assiste, de nos jours, à ce qu'on appelic unc
tendance à la « fonctionnarisation » des agents non fonctionnaires.
Dans ce contexte, faut-il maintenir la distinction agent fonctionnaire et agent non
fonctionnaire ?
.I Une distinction encorejustifiée
[Link]èresd'identification différents
Voir les critères d'identification du fonctionnaire, critères législatifs du fonctionnaire:
nomination dans un emploi permanent, titularisation dans un grade.
Les agents non fonctionnaires ne répondent pas à ces critères. Bien que régis par le décret
du 12 avril 1974 qui apparait comme un statut, ils sont considérés comme des salariés au
sens de
l'article 1° du coded u travail.
B. Des situationsjuridiques différentes
Les agents non fonctionnaires sont, à l'égard de l'Administration, dans une situation de droit
privé régie par le Code du travail. L'annexe 1 du décret n° 2002-78 du 29 janvier 2002 fixant
les conditions générales d'emploi et de rémunération des professeurs contractuels
mentionne un contratdetravail entre, le ministre de la fonction publique et les intéressés.
De plus, l'article 10 alinéa 1 de la loi 2022 du 19 avril 2022 modifiant la loi n° 65-51 du 19
juillet 1965 portant code des obligations de l'Administration dispose que « la participation
d'un co-contractant à un service public est réalisésur la base d'un contrat de partenariat
public-privé. Les dispositions du présent article ne concerne pas les contrats d'emploi du
personnel .» Donc, ces contrats en sont'des contrats administratifs. En outre, el décret du 12
avril 1974 fixant le régime spécial applicable aux agents non fonctionnaires de l'Etat
s'applique à tous les agents de l'Etat régis par le code du travail.
Cour Suprême, 23 novembre, 2017, Mouhamadou Moustapha Diop c /ANACIM «le requérant,
agent de l'ANACIM, n'établit pas qu'il a le statut de fonctionnaire; que dès lors, le
contenticus né de ses relations avec son employeur relève de la compétence du tribunal du
travail ». Voir dans le même sens Mbaye Paye C / le Maire de la commune de Hann Bel Air,
Cour Suprême 13 juillet 2017.
II. Une distinctionatténuée
A. Une tendance à l'assimilationdes agents : la fonctionnarisation
Une assimilation que l'on pourrait qualifier d'organique dans la mesure où on note depuis
quelques années ce qu'on pourrait appeler une fonctionnarisation des agents non
fonctionnaires. Ils occupent des emplois permanents. Ils
participent au même titre que les fonctionnaires à l'exécution du service public.
B. Unrapprochementdessituationsjuridiques
Les situations juridiques se rapprochent de plus en plus : identité des obligations,
organisation d'une « carrière » au profit des agents non fonctionnaires, alignement
progressif des situations
juridiques.
Les fonctionnaires sont dans une situation statutaire et réglementaire. Les agents non
fonctionnaires sont dans une situation dite contractuel puisqu'ils sont régis par le code du
travail.
A la vérité, cette distinction n'est pas aussi tranchée qu'on pourrait le penser car il y a un
alignement de la situation des agents non fonctionnaires sur la situation des agents
fonctionnaires. Le décret de 1974 organise en leur faveur une carrière à l'image des
fonctionnaires. Pratiquement, ils ont les mêmes droits et sont soumis aux mêmes
obligations. De plus on note l'existence de garanties disciplinaires matérialisées entre autres
par la mise en place de conseils de discipline en faveur des agents non fonctionnaires des
collectivités
territoriales. Décret n°2012-284 du 17 février 2012 qui prévoit quiune procédure disciplinaire
des agents non fonctionnaires identique à celle des agents fonctionnaires.

Sujet: Les critères d'identification du fonctionnaire en droit sénégalais et français.


Dans l'accomplissement de ses missions, l'Administration emploie un personnel diversifié,
désigné sous l'expression générique d'agent public.
Cette terminologic recouvre plusieurs catégories.
Parmi elles, bien entendu, la catégorie spécifique des fonctionnaires, qu'il convient
d'identifier, aussi bien en droit sénégalais qu'en droit français, à l'aide de critères précis.
Problématique : les critères d'identification sont-ils identiques dans les deux pays ? .I Des
critères fondamentalement identiques
A. La nomination dans un emploi permanent
1. Au Sénégal
L'article 1C du statut général dispose que «le présent statut s'applique aux personnes qui,
nommées dans un emploi permanent, ont été titularisées dans un grade de la hiérarchie des
corps de l'Administration ».
De la même manière, l'article 1° du statut général des fonctionnaires des collectivités locales
précise que « l e présent statut s'applique aux personnes qui, nommées dans un emploi
permanent dans les collectivités locales, ont été titularisées dans un grade de la hiérarchie
de l'administration des collectivités locales » voir également Cours Suprême 12 juillet 2018,
Latyr Diokh / Commune de Mal, où la haute juridiction considère que relèvent du statut
général des fonctionnaires des collectivités territoriales, les personnes nommées dans un
emploi permanent d'un cadre de l'Administration générale, puis titularisées dans un corps de
°1Administration des collectivités territoriales.
2. En France
Le statut des fonctionnaires repose sur quatre lois :
• La loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations;
• La loi du 1 janvier 1984 portant dispositions statuaires relatives à la fonction
publique de l'Etat;

• L a loi du 26 janvier 1984 portant statut de la fonction publique hospitaliere :


• La loi du 09 janvier 1986 portant statut de la fonction publique hospitalière.
il risulte de l'ensemble de ces dispositions que le fonctionnaire est nommé au moyen d'un
aste administratif unilatiral. La'gent recruté par contrat n'est fonctionnaire. La'cte ed
nomination obeit au régime général de l'acte administratifunilatéral.
De plus. l'emploi qu'occupe le fonctionnaire est un emploi permanent. Il a été créé pour
satisfaire un besoin permanent de l'administration, et un besoin temporel ou occasionnel.
La jarisprudence exige aussi une occupation permanente de l'emploi permanent. Voir Conseil
d'Etat, 15 février 1907. Moulie.
Par ailleurs. l'article 2du statut généralde la fonction publique française emploic l'expression
d°' « emploi permanent à temps complet » c'est-à-dire pour exercer les fonctions pendant la
durée légale de travail, c'est-à-dire 35 heures par semaine.
B. Latitularisationdans un grade
soi - Elle in
" l'agent
preetaltitedo
Mentionné par les dispositions précitées. la titularisation est l'élément essentiel qui distingue
les fonctionnaires des agents non fonctionnaires. La titularisation est un acte juridique qui
attribue au fonctionnaire un grade dans la hiérarchie administrative. Elle assure une
protection spéciale à la situation professionnelle du fonctionnaire c'est-à-dire la garantie de
l'emploi. si son emploi est supprimé, il devra être nommé sur autre emploi permanent,
également la garantic d'une progression de carrière. Par la titularisation, le fonctionnaire va
intégrer un corps ou un cadre d'emplois, voir, Conseil d'Etat, 03 décembre 1971, Branger
«Si une personne qui asuccessivement exercé les fonctions desecrétaire général, de
directeur adjoint et de directeur général de la Caisse nationale des marchés de l'Etat n'a pas
été titularisée dans un grade de la hiérarchie des cadres de cette caisse, n'a pas davantage
bénéficié d'une intégration dans un corps de fonctionnaire de l'Etat et si chacun des emplois
occupés à la Caisse nationale lui conférait la qualité de fonctionnaire, celle-ci était liée au
maintien de l'intéressé dans ledit emploi ».

II. Descritères relativement diférents


A. Une exigence d'un emplol à temps completon r a n c e
l'articlo 2 du titro 2 da statut général préciso que lo fonetionnaire ent nomme
dans un « emploi permanent à temps complet ». Cotto expression renvoleen gros, au tompa
de travail dans la fonction publique.
Le temps de travail est défini par ol consol d'Rtat comme «celul mendant lequel l'agent eut
mis d la disposition do l'autorito hiérarchique pour pnrticiper Al'activitó de servico » CM. 1°
juillet 1998, Union syndicale autonome do la lustico. Rec. Lehon p. 265.
La durée du travail a dé fixée d 35 heures par semaine. En offet, l'articlo 14 de al loi n" 98.
461 du 13 juin 1998 d'orientation et d'incitation d la réduction du tempa de travail (dito « Lot
A u b r y l » ) a i n s i q u e l ' a c c o r d s a l o r i a l d u 10 f é v r i e r 1 9 9 8 a p p l i c a b l o a u
x t r o i s f o n c t i o n s publiques ont posé le principo du passago d la semaine des 35 heures
dans la fonction publique, d, partir du I° janvier 2002.
L'exercice des fonctions peut être li temps complet ou dtemps partiel.
La loi de modernisation de la fonction publiquo du 02 février 2007 a eréé deux nouvelles
possibilités pour les agents d'obtenir l'autorisation d'accomplir un servico à temps partiel.
D'abord en cas de reprise d'une entrepriso. Ensuite pour raison thérapeutiquo après six mois
consécutifs de congé de maladie pour une mêmo atlection ou après un congé de longuo
durée.
B. Une différence dans le champ d'application de la titularisation 1. Un champ d'application
relativementlargee nFrance
L'une descaractéristiques du statut français, c'est qu'il est composé de trois textes relatifs
aux trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalidre). Lo champ d'application du
critèro est relativement large, en raison dela diversité des services oùs'opéro la titularisation.
En effet, dans la fonction publique de l'Etat, le fonctionnaire est titularisé dans un grado de la
hiérarchie des administrations de l'Etat, des Etablissements publics et des Autorités
administratives indépendantes. De la mémé manidro, l'articlo 2 du statut do la fonction
publique territoriale dispose que les fonctionnaires sont titularisós dans un grade de la
hiérarchie administrative des communes, des départements, des régions ou de leurs
établissements publics ainsi que des offices publics d'habitation d loyer modéré et des
caisses
de crédit municipal... »
[Link] champ d'applicationrelativementlimitéa uSénégal
Le fonctionnaire est titularisé dans un grade de la hiérarchie des cors de l'Administration.
Le champ d'application est limité car il ne couvre que le corps, un regroupement limité de
vocutio
fonctionnaires ayant aux mêmes grades.
Faut-il maintenir ou supprimer la distinction « domaine public/domaine privé » ?

la problématique «Faut-il maintenir ou supprimer la distinction “domaine public/domaine


privé” ? » est différente de celle-ci : « Le droit positif offre-t-il encore des éléments pour
distinguer utilement le domaine public et le domaine privé de l’État ? » ou « Au regard du
droit positif, est-il nécessaire de maintenir la distinction “domaine public/domaine privé” ? ».

I – La pertinence du maintien de la distinction


A – La dualité des fonctions assignées
→On pouvait également parler de dualité des finalités attribuées aux deux domaines. L’idée
de montrer qu’en principe, la fonction assignée au domaine public n’est pas la même que
celle rattachée au domaine privé. Le domaine public fait l’objet d’un usage désintéressé,
alors que le domaine privé fait l’objet d’un usage marchand. Le domaine public est la partie
des biens qui rappelle la puissance publique ou le service public, tandis que le domaine privé
rappelle que l’État peut se comporter comme un particulier. Le domaine privé est destiné à la
rentabilité, contrairement au domaine public qui est improductif en principe.
→Certaines étudiants ont cru pertinent d’appuyer l’argument de la pertinence de la
distinction en parlant de l’affectation : ils n’ont pas tort. À l’examen, on ne les aurait pas
sanctionnés car ils sont dans le sujet. En revanche, ces éléments sont réservés à la séance
prochaine. Ici, on parle du principe de la distinction « domaine public/domaine privé ». Sur le
principe, pourquoi les distinguer ? La séance suivante, on parlera des critères de la
distinction : comment les distinguer ?
B – La dualité du régime juridique applicable
→Au domaine public, on applique en principe le droit public, à rebours du domaine privé qui
lui est soumis au droit privé. On retiendra ici deux principes fondamentaux qui font toute la
différence entre les régimes juridiques des deux domaine et qui matérialisent la dualité
annoncée dans le titre : le principe d’inaliénabilité et le principe d’imprescriptibilité. Les deux
principes qui ont vu le jour sous la monarchie française à travers respectivement l’Édit de
Moulins (1566) et l’Édit d’avril (1667), sont repris par le Code du domaine de l’État en son
article 9 qui dispose : « le domaine public est inaliénable et imprescriptible. L’inaliénabilité
signifie que, tant qu’il est dans le domaine public, le bien ne peut pas être cédé. Quant à
l’imprescriptibilité, elle protège le domaine public contre l’usucapion qui s’applique en droit
commun. La longue détention par un particulier d’un bien appartenant au domaine public de
l’État ne confère pas un droit de propriété au détenteur. L’État pourra, à tout moment,
reprendre possession de son bien.
→La dualité des régimes juridiques tient aussi à la compétence juridictionnelle. En principe,
lorsqu’un litige résulte de la gestion domaine public, c’est le juge administratif qui est
compétent ; alors qu’une telle compétence relève du juge judiciaire lorsque c’est le domaine
privé qui est en cause.
II – La contestation de l’efficacité de la distinction
A – L’imbrication des fonctions des deux domaines
→Il s’agit de dire que la dualité des fonctions n’est qu’un principe car les domaines
empruntent des deux côtés. D’une part, le domaine privé qui fait l’objet d’une exploitation
patrimoniale peut aussi être affecté au service public en faisant ainsi l’objet d’un usage
désintéressé au même titre que le domaine public. L’article 33 du Code du domaine de l’État
est topique à ce sujet. Selon cette disposition, il existe un domaine privé affecté qui
« comprend les immeubles mis gratuitement à la disposition des services de l’État pour leur
permettre d’assurer leur fonctionnement ».
4

→ D’un autre côté, la politique de mise en valeur du domaine public introduit la logique
marchande dans la gestion de cette catégorie de biens du domaine de l’État que l’on décrit
pourtant comme faisant l’objet d’un usage désintéressé. Au même titre que le domaine privé,
le domaine public répond dans ce cas à une logique économique pure.
B – Le rapprochement des régimes juridiques des deux domaines
→ Une précision s’impose ici dans la mesure où ce qui fait l’essentiel dans la distinction des
régimes qui s’appliquent aux deux domaines demeure : l’inaliénabilité et l’imprescriptibilité
des dépendances du domaine public. En même temps, le domaine public reste soumis
essentiellement aux règles de droit public.
→Cependant, le domaine privé peut se voir appliquer un régime de droit public. Ainsi, les
biens qui sont classés dans le domaine privé affecté au titre de l’article 33 du Code du
domaine de l’État. Parallèlement, le domaine public va se voir greffer des régimes qui
n’étaient connus que du domaine privé: parexemple les droits réels, servitudes.

Sujet: les positions distinctes de disponibilité et de détachement.


I- Deux (2) positions distinctes quant à leur nature
A- La position hors de son cadre dans le détachement
- Le fonctionnaire en détachement ne rompt pas son lien juridique avec l’Administration : il
quitte son cadre d’origine pour intégrer un autre cadre de l’Administration ; l’administration
d’origine peut mettre à tout moment fin au détachement du fonctionnaire.
- A la fin du détachement, le fonctionnaire est réintégré dans son cadre d’origine
B- La position hors cadre dans la disponibilité
- Le fonctionnaire rompt tout lien juridique avec l’Administration : il quitte momentanément la
fonction publique.
- Le fonctionnaire doit solliciter sa réintégration deux (2) mois avant la fin de sa disponibilité.
- En l’absence de demande de réintégration, le fonctionnaire est considéré comme
démissionnaire.

II- Deux (2) positions distinctes quant à leurs effets


A- Le maintien des droits à l’avancement et à la retraite dans le détachement
- Le fonctionnaire détaché conserve ses droits à l’avancement : il peut bénéficier d’une
promotion ; il peut progresser dans sa vie professionnelle en avançant d’échelon et de grade.
- Le fonctionnaire détaché préserve ses droits à la retraite : il continue de cotiser au Fond
National de Retraite ; il part à la retraite dès qu’il atteint la limite d’âge.
B- La cessation des droits à l’avancement et à la retraite dans la disponibilité
- Le fonctionnaire ne peut pas prétendre à l’avancement : il n’est plus rattaché à
l’Administration et ne peut par conséquent prétendre ni à une promotion ni à un avancement
d’échelon ou de grade.
- Le fonctionnaire ne peut pas faire valoir ses droits à la retraite : il ne cotise pas durant les
années de disponibilité et il ne part pas à la retraite quand il atteint la limite d’âge durant la
disponibilité.

Sujet: Utilisation normale et utilisation anormale

Problématique : Existe-t-il une différence entre l’utilisation normale et l’utilisation anormale


du
domaine public ?
I – Deux utilisations de nature différente
A – L’utilisation normale, une utilisation conforme
→On entend par « utilisation normale », l’utilisation collective. La normalité vient du fait qu’il
s’agit du principe : les dépendances du domaine public affectées à l’usage de tous font
l’objet d’un usage collectif en principe. Il s’agit en fait de ce que les articles L.2122-1 du
CGPPP et 20 du CDE appellent « le droit d’usage qui appartient à tous ». Ainsi, l’utilisation
normale, donc collective, est considérée comme une utilisation conforme. Autrement dit, il
s’agit d’un usage qui est conforme à la destination du bien. Par exemple, le conducteur qui
emprunte l’autoroute utilise cette dépendance du domaine conformément à sa destination.
B – L’utilisation anormale, une utilisation compatible
→Quant à l’utilisation anormale, il s’agit de l’utilisation privative. Dans ce cas, le bien n’est
plus accessible à tout le monde ; son utilisation est réservée à une personne, physique ou
morale. La première question qui se pose à celle de l’opportunité de l’utilisation privative du
domaine public. On imagine une dépendance qui est censée être affectée à l’usage de tous
et qui se retrouve mis au profit d’un individu. Par ailleurs, il est tout à fait possible de trouver
une explication valable de cet usage : l’économie, la valorisation du domaine public, etc.
→L’utilisation anormale n’est pas toujours conforme à la destination initial du bien. On prend
l’exemple d’une famille qui occupe la voie publique pour une cérémonie. Dans ce cas, elle
utilise le domaine public pour autre chose (cérémonie) que sa destination (circulation). Pour
autant, quand bien même elle ne serait pas conforme, l’utilisation anormale est compatible
avec la destination du bien. Si l’on reste sur le même exemple, l’occupation momentanée de
la voie publique ne sera pas vue comme une rupture avec la destination du bien. Il y a donc
une compatibilité entre l’utilisation et la destination dans la mesure où l’occupation n’a pas
pour effet de dégrader le bien.
II – Deux utilisations au régime juridique différent
A – Un régime libéral pour l’usage normal
→L’utilisation normal répond d’un régime juridique particulier. D’abord, elle est régie par le
principe de la liberté. En d’autres termes, il ne requiert aucune autorisation. Ensuite, elle
repose sur le principe de l’égalité ; en effet, l’utilisation normale ne discrimine pas entre des
usagers appartenant à la même catégorie. Les usagers se trouvant dans une même situation
doivent se voir reconnaître des droits égaux. Par exemple, un cycliste ne peut utilement
alléguer d’une rupture d’égalité au motif qu’il ne peut pas pédaler sur autoroute. Ce principe
de l’égalité doit cependant être nuancé car il arrive que certaines restrictions portent atteinte
à l’égalité des usagers. À Dakar, par exemple, certains types de véhicules ne peuvent pas
circuler dans le centre-ville (arrêté préfectoral). De même, il fut un moment où il était interdit
aux camions « gros porteurs » d’entrer à Dakar entre 6h et 18h. Enfin, l’utilisation collective
est en principe gratuite. Cependant, cette gratuitement est fortement remise en cause
aujourd’hui. On donnera ici l’exemple de l’autoroute à péage qui fait l’objet d’un usage
collectif, mais dont l’utilisation requiert quand même le versement d’une redevance.

B – Un régime contraignant pour l’usage anormal


→Le régime de l’utilisation anormale – privative – du domaine public au Sénégal tient
essentiellement dans l’article 20 du Code du domaine de l’État (correspondant quant à son
objet à l’article L.2122-1 du CGPPP en France), qui dispose : « nul ne peut, sans autorisation
délivrée par l’autorité compétente, occuper ou exploiter une dépendance du domaine public
ou l’utiliser dans les limites excédant le droit d’usage qui appartient à tous sur les parties de
ce domaine affectées au public ».
→L’occupation privative requiert une autorisation de la part de l’autorité compétente. En
revanche, l’article 15 du décret de 1976 réglementant la vente sur la voie et dans les lieux
publics (décret n° 76-018 du 6 janvier 1976) exempte de cette autorisation les activités de
« vente de journaux, arachides, colas, fleurs et tableaux, ainsi que tous les articles désignés
par arrêté du ministre chargé du commerce ». L’occupation privative se fait aussi en
contrepartie d’une redevance, qu’on appelle la redevance domaniale. Cependant, l’article 18
du CDE exonère de cette redevance les autorisations d’occuper, ainsi que les concessions ou
les autorisations d’exploitation « lorsqu’elles revêtent un caractère prédominant d’utilité
publique ou d’intérêt économique ou social et sous réserve qu’elles ne constituent pas pour
le bénéficiaire une source directe ou indirecte de profits ». Enfin, l’utilisation collective est
discriminant dans la mesure où tous les usagers ne peuvent pas y prétendre. En revanche,
elle doit respecter un certain nombre de règles notamment celles qui garantissent le respect
du droit à la concurrence.

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