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Propriétés et durabilité du béton

L'étude des propriétés du béton nécessite une compréhension approfondie de ses constituants et de leurs effets sur les propriétés à l'état frais et durci, ainsi que sur la durabilité face aux agressions environnementales. Les mécanismes de dégradation, tels que la corrosion des armatures et les effets du gel, sont influencés par des facteurs comme la composition du béton et les conditions d'exposition. Pour améliorer la durabilité, il est crucial d'optimiser la formulation, la conception et la mise en œuvre du béton afin de réduire sa porosité et sa perméabilité.

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Propriétés et durabilité du béton

L'étude des propriétés du béton nécessite une compréhension approfondie de ses constituants et de leurs effets sur les propriétés à l'état frais et durci, ainsi que sur la durabilité face aux agressions environnementales. Les mécanismes de dégradation, tels que la corrosion des armatures et les effets du gel, sont influencés par des facteurs comme la composition du béton et les conditions d'exposition. Pour améliorer la durabilité, il est crucial d'optimiser la formulation, la conception et la mise en œuvre du béton afin de réduire sa porosité et sa perméabilité.

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I- Étude des propriétés du matériau béton

La maîtrise des caractéristiques des bétons à l’état frais comme durci nécessite la
compréhension des rôles joués par chacun de ses constituants. De ce fait, la connaissance
de leurs propriétés physiques, chimiques et mécaniques est nécessaire.

La conception d’un béton passe par la définition des objectifs à atteindre qui prennent en
compte des critères en rapport avec :

• Les propriétés à l’état frais ;


• Les propriétés à l’état durci ;
• Les conditions environnementales (la durabilité du béton formulé).
De ce fait, il convient généralement de trouver la combinaison optimale des constituants
qui après mélange permettra d’obtenir un béton dont les propriétés répondent aux
spécifications du cahier de charges. Cela passe aussi par la vérification des constituants.

 Ouvrabilité
‘’l’ouvrabilité d’un béton est la propriété déterminant l’effort demandé pour manipuler
une certaine quantité de béton frais avec un minimum de perte d’homogénéité’’. On
emploie aussi le terme « consistance » pour désigner la capacité du béton frais à
s’écouler. Elle est conditionnée par la quantité et la viscosité de la pâte comprise dans le
mélange. Plusieurs paramètres modifient ou influencent l’ouvrabilité des bétons :

• Les paramètres intrinsèques aux bétons : constituants utilisés dans la


formulation des bétons
• Les paramètres externes aux bétons : malaxage et les conditions
atmosphériques. Un suivi de l’ouvrabilité des bétons au cours des premières
minutes voire des premières heures caractérise sa durée pratique d’utilisation
(DPU), sa perte d’affaissement en fonction du temps.

 Résistances mécaniques
La résistance à la compression d’un béton est recherchée prioritairement lors de la
formulation et de la fabrication du béton. Pour les bétons courants, cette résistance est
conditionnée principalement par la qualité de la pâte et son adhésion aux granulats ainsi
que par la constitution du squelette granulaire. Une attention particulière doit être portée
aux conditions de maturation pendant le durcissement.

Dans le cas de la résistance à la traction, la qualité des granulats et les conditions de


maturation jouent un rôle important

II- IMPACT DE LENVIRONNEMENT SUR LA DURABILITE


La durabilité directement liée à l’environnement immédiat ou futur des ouvrages est
aujourd’hui le paramètre important à considérer pour optimiser la résistance des bétons
aux influences externes : intempéries, agressivité des sols, atmosphères chimiquement
agressives.

La seule durabilité intrinsèque du béton ne suffit plus à garantir la durée de service de


l’ouvrage. Prescrire un béton durable nécessite donc d’apprécier, dès sa conception,
l’ensemble des contraintes environnementales, des agressions et des attaques potentielles,
qu’il aura à subir pendant toute sa durée de service, et de respecter et mettre en œuvre les
recommandations en vigueur

II 1 Corrosion des armature

Dans des conditions normales, les armatures enrobées d’un béton compact et non fissuré
sont protégées naturellement des risques de corrosion par un phénomène de passivation
qui résulte de la création, à la surface de l’acier, d’une pellicule protectrice Fe 2O3CaO
(dite de passivation).

Cette pellicule est formée par l’action de la chaux libérée par les silicates de calcium sur
l’oxyde de fer. La présence de chaux maintient la basicité du milieu entourant les
armatures (l’hydratation du ciment produit une solution interstitielle basique de pH élevé
de l’ordre de 12 à 13). Les armatures sont protégées tant qu’elles se trouvent dans un
milieu présentant un pH compris entre 9 et 13,5.

Deux principaux phénomènes peuvent dans certaines conditions détruire cette protection
et initier la corrosion des armatures en acier :
– La carbonatation du béton d’enrobage par l’adsorption du gaz carbonique contenu dans
l’atmosphère;
– La pénétration des ions chlorures, jusqu’au niveau des armatures.

La plus ou moins grande rapidité d’action de ces divers phénomènes est fonction de
l’humidité ambiante, de la porosité du béton et de la présence de fissures qui favorisent la
diffusion des gaz ou des liquides agressifs. Le diagnostic des ouvrages affectés par une
détérioration du béton d’enrobage recouvrant les armatures révèle que les dommages
sont dus, dans la grande majorité des cas, à une épaisseur d’enrobage trop mince et/ou à
un béton d’enrobage trop poreux et pas assez résistant.

II -1- 1 – Corrosion par Carbonatation

La carbonatation du béton par le gaz carbonique de l’air (CO 2) est un phénomène naturel
qui n’est pas nocif pour le béton. Au cours de la prise et du durcissement, les ciments se
combinent avec l’eau pour former des produits hydratés de caractère basique. Certains de
ces produits [KOH, NaOH et Ca(OH)2] restent dissous dans la solution aqueuse
interstitielle du béton (dont le pH est compris entre 12 et 13). Le gaz carbonique contenu
dans l’air a tendance à se combiner avec les produits hydratés, en commençant par les
bases alcalines dissoutes dans la solution aqueuse interstitielle, en particulier le Ca(OH) 2,
selon une réaction produisant du carbonate de calcium CaCOCa (OH)2 + CO2 + H2O3:
CaCO3 + 2H2O
Le milieu basique (pH 12 à 13) se trouve progressivement modifié par la neutralisation
de l’alcalinité du ciment pour atteindre un pH de l’ordre de 9, n’assurant plus la
protection des armatures et entraînant une dépassivation de l’acier (destruction de la
couche de passivation), ce qui développe une réaction d’oxydation à la surface des
armatures.

La progression de la carbonatation se fait de l’extérieur de l’ouvrage, en contact avec


l’air ambiant, vers l’intérieur. Dans un premier temps, la vitesse de propagation est
ralentie par la formation des carbonates qui colmatent partiellement la porosité. Elle
diminue donc avec la profondeur atteinte. Dans un second temps, la carbonatation a pour
conséquence une neutralisation (chute du pH de la solution interstitielle) du milieu de
protection des armatures, qui peuvent alors s’oxyder. La cinétique du processus dépend
de la teneur en dioxyde de carbone et de la facilité avec laquelle le gaz carbonique
pénètre dans les pores du béton.

Cette progression est fonction de paramètres liés aux caractéristiques du béton (nature et
dosage du ciment, dosage en eau, porosité et perméabilité) et au milieu environnant.

L’humidité relative de l’air joue en particulier un rôle important : le dosage en ciment


élevé, le rapport eau/ciment faible et la résistance du béton élevée, plus la progression du
front de carbonatation est lente. Tout ce qui conduit à diminuer la porosité du béton
retarde l’échéance de dépassivation de carbonatation est maximale pour une humidité
relative de l’ordre de 60 %, pratiquement nulle en atmosphère sèche ou pour des bétons
complètement saturés en eau.

La cinétique et la profondeur de carbonatation d’un béton sont donc fonction de sa


composition, de sa structure poreuse, de la classe d’exposition et de l’humidité relative
dans laquelle est situé l’ouvrage. Elle dépend aussi de la concentration en dioxyde de
carbone et de la température de l’atmosphère environnant.

II-1-2 Corrosion par Action des chlorures

L’action des chlorures est spécifique à certains environnements dans lesquels peut se
trouver le béton comme les ouvrages soumis aux sels de déverglaçage ou situés en site
maritime (zone de marnage, surfaces soumises aux embruns).
 Effets de la corrosion

Le développement de la corrosion des armatures peut provoquer par gonflement une


poussée sur le béton d’enrobage (les oxydes de fer étant plus volumineux que l’acier, ils
génèrent des contraintes internes dans le béton qui peuvent être supérieures à sa
résistance en traction) et donc une altération de l’aspect extérieur de l’ouvrage
(éclatements localisés, formations de fissures, formations, apparitions en surface de
traces de rouille et éventuellement mise à nu des armatures) entraînant une réduction de
la section efficace de l’armature et de son adhérence au béton.

En règle générale, dans des milieux peu agressifs les enrobages et les caractéristiques des
bétons (compacité, homogénéité, résistance) préconisés sont suffisants pour garantir la
protection naturelle des aciers durant la durée de service escomptée de l’ouvrage.

Toutefois, des défauts d’enrobage, des bétons mal vibrés et de ce fait trop poreux, ou des
milieux très agressifs, risquent de conduire à une dégradation prématurée de l’armature
en acier.

II 2 Mécanismes développés par le gel et les sels de déverglaçage

Les mécanismes de dégradation du béton sont liés à l’alternance de cycles répétés de


phases de gel et de dégel. Le risque de désordres est d’autant plus élevé que le degré de
saturation en eau du béton est important. C’est le cas notamment des parties d’ouvrages
non protégées des intempéries et en contact direct avec des eaux saturées en sel. Une
formulation mal adaptée et une mise en œuvre incorrecte du béton peuvent amplifier les
dégradations. Ce phénomène est aggravé, en surface, par l’application des sels de
déverglaçage (ou fondants routiers), qui engendrent un accroissement des gradients de
concentrations en sels, générant ainsi des pressions osmotiques plus élevées.

Les dégradations occasionnées par le gel peuvent être de deux types :


– Une microfissuration répartie dans la masse du béton (feuilletage parallèle aux parois),
provoquée par un mécanisme de gel interne ;
– Un délitage de la zone superficielle (dégradation superficielle), appelé écaillage, sous
l’effet conjugué des cycles de gel-dégel et des sels de déverglaçage.

Un gradient thermique important au voisinage de la surface, générée par l’application des


sels à titre curatif sur un film de glace, amplifie la dégradation de surface. Ces deux
formes de dégradation peuvent se produire simultanément ou de manière indépendante,
elles peuvent affecter la durabilité de la structure et en particulier la pérennité
architecturale des ouvrages.

II 3 Actions de l’eau de mer sur le béton

Un béton exposé en site maritime peut être l’objet de plusieurs types d’agressions :
– Agressions mécaniques dues à l’action des vagues et des marées, abrasion due aux
chocs des matériaux flottants et érosion due aux effets des vagues ;

– Agressions chimiques dues à l’action des chlorures présents dans l’eau de mer et
des sulfates ;
– agressions climatiques dues aux variations de température et éventuellement à des
phénomènes de gel-dégel.
Les structures situées en site maritime sont exposées à trois types de configurations. Selon
les variations du niveau de la mer, elles peuvent être :
– Continuellement immergées (béton situé sous le niveau de la mer à marée basse), les
bétons situés dans cette zone sont rarement l’objet de dégradations importantes ;
– Continuellement émergées et soumises aux brouillards marins contenant des chlorures,
les bétons situés dans cette zone peuvent subir de légères agressions ;
– Alternativement émergées ou immergées en fonction du niveau de la mer (zones de
marnage déterminées par les niveaux de marée haute et basse) ou soumises aux
éclaboussures provoquées par les vagues, les bétons situés dans cette zone sont les plus
agressés.
Indépendamment de leurs caractéristiques propres, la résistance des bétons est donc
variable en fonction du type d’exposition au milieu marin et du degré d’immersion.

Le béton en présence d’eau de mer est soumis à plusieurs réactions chimiques faisant
intervenir des sulfates, des chlorures et des ions magnésium selon plusieurs mécanismes
(cristallisation de sels expansifs, précipitation de composés insolubles, attaques ioniques,
dissolution de la portlandite, etc.).

Toutefois, des défauts d’enrobage, des bétons mal vibrés et de ce fait trop poreux, ou des
milieux très agressifs, risquent de conduire à une dégradation prématurée de l’armature
en acier.

II 4 - Action des eaux agressives


Un ouvrage peut être soumis à de multiples agressions engendrées par l’action des sels
ou des gaz en solution dans l’eau (eaux souterraines, eaux de mer, pluie, etc.). Les eaux
peuvent être chargées en sels minéraux les plus divers en fonction des sols traversés. Les
milieux les plus agressifs sont soit acides, soit salins (chlorures, nitrates, et surtout
sulfates de sodium, de calcium ou de magnésium).
L’agressivité des milieux dans lesquels peuvent se trouver les ouvrages en béton est liée
à la présence d’eau et à l’aptitude de celle-ci à réagir avec certains minéraux de la
matrice cimentaire du béton.

En effet, les agents agressifs dissous dans l’eau constituent une solution chimiquement
agressive pour le béton qui peut provoquer plusieurs types de phénomènes lorsque la
formulation du béton n’est pas optimisée. Le béton présente un caractère basique élevé
induit par les composés hydratés de la pâte de ciment (la phase interstitielle contenue
dans le béton a un pH très élevé). Il peut donc présenter une certaine réactivité vis-à-vis
des solutions acides telles que les pluies acides, les eaux naturelles chargées en dioxyde
de carbone, les eaux résiduaires, les eaux des industries agroalimentaires ou industrielles
contenant des acides organiques, les eaux chargées en acides minéraux, mais aussi les
eaux pures.

III- Solution pour améliorer la durabilité des matériaux

Les qualités intrinsèques du béton notamment sa compacité et sa perméabilité


conditionnent sa durabilité. Le béton résiste d’autant mieux aux agressions
exterieures que sa porosité et sa perméabilité sont faibles. Les principaux facteurs
prépondérants au niveau de la Formulation d’un béton pour obtenir une compacité
élevée (donc une faible porosité) sont :

– Un dosage en ciment adéquat ;


– Une faible teneur en eau ;
– Une granulométrie comportant des éléments fins, en quantité suffisante pour remplir les
espaces entre les plus gros granulats ;
– L’optimisation de la vibration, du traitement thermique éventuel et de la cure.

Comme autres mesures à adopter pour améliorer la durabilité du matériau béton nous
pouvons citer

 Une formulation adaptée


Un dosage suffisamment élevé en ciment, un rapport E/C faible et le respect des
exigences sur la composition chimique permettent de maîtriser les principales agressions.

 Une conception de l’ouvrage adaptée


L’ouvrage doit être conçu de manière à éviter, dans la mesure du possible, de créer des
zones d’accumulations et de stagnations d’eau et de cheminements préférentiels dus aux
ruissellements.
 Une mise en œuvre soignée
La vibration doit être adaptée et homogène. La cure doit être efficace afin d’éviter en
particulier tout phénomène de dessiccation excessive du béton au jeune âge. La
température et l’humidité relative pendant la mise en œuvre du béton et les jours suivants
sont des paramètres importants conditionnant les performances du béton.

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