Lycée La Prat’s Vendredi 12 décembre 2014
Classe de PT
Épreuve de Mathématiques 4
Durée 4 h
L’usage des calculatrices est interdit.
La présentation, la lisibilité, l’orthographe, la qualité de la rédaction et la précision des raisonnements
entreront pour une part importante dans l’appréciation des copies. En particulier, les résultats non justifiés
ne seront pas pris en compte.
Les candidats sont invités à encadrer les résultats de leurs calculs.
Exercice 1 (PT A 2010, partiel)
Le problème se compose de quatre parties. Les trois premières sont totalement indépendantes entre elles.
La quatrième utilise les résultats des parties précédentes mais peut se traiter en admettant ces résultats.
Si A est une matrice, on note t A sa transposée. Tr (A) désigne la trace de A.
On identifie dans tout ce problème Rn avec l’ensemble des matrices colonnes à n lignes.
On note E ∗ l’espace L (E, R) des formes linéaires sur E. Par exemple Mn (R)∗ sera l’ensemble des applica-
tions linéaire de Mn (R) dans R.
Dans tout le problème, pour A ∈ Mn (R), on considère les applications suivantes :
ϕA : Mn (R) → Mn (R) , τA : Mn (R) → R et γA : Mn (R) → Mn (R)
M 7→ AM M 7→ Tr (AM ) M 7→ AM − M A
Partie 1 (Questions préliminaires)
1) Vérifier que, pour toute matrice A ∈ Mn (R) fixée, les applications ϕA , τA et γA sont linéaires.
2) Donner la dimension de Mn (R) et celle de Mn (R)∗ .
3) Énoncer le théorème de la base incomplète.
1 0 3 0
Partie 2 (Un exemple) !
1 3 0
1 0 3
Dans cette partie, et dans cette partie seulement, on pose A = , et B =
0 2 0 0 2 0
1) La matrice A est-elle diagonalisable ? 0 0 0 2
2) La matrice B est-elle diagonalisable ? Si oui, préciser une base de vecteurs propres.
3) On pose : ! ! ! !
1 0 0 1 0 0 0 0
E11 = E12 = E21 = E22 =
0 0 0 0 1 0 0 1
a) Vérifier que la famille B = (E11 , E12 , E21 , E22 ) est une base de M2 (R).
b) Calculer ϕA (Eij ) pour tout 1 6 i, j 6 2. Donner la matrice de ϕA dans la base B.
c) L’endomorphisme ϕA est-il diagonalisable ? Si oui, préciser ses valeurs propres et une base de
vecteurs propres de ϕA (on rappelle qu’ici un vecteur propre sera une matrice de M2 (R)).
Partie 3 (Réduction de l’endomorphisme ϕA )
On se fixe désormais n ∈ N∗ et A ∈ Mn (R).
1) Soit λ ∈ R tel qu’il existe une matrice M ∈ Mn (R) non nulle vérifiant ϕA (M ) = λM .
Montrer que la matrice A − λIn n’est pas inversible.
1
DST 4
2) Montrer que si λ ∈ R est une valeur propre de ϕA , c’est également une valeur propre de A.
3) Soit µ une valeur propre de A, X un vecteur colonne non nul tel que AX = µX. Soit M une matrice
dont une colonne est égale à X et toutes les autres colonnes sont nulles.
Montrer que M est un vecteur propre de ϕA .
4) Donner l’ensemble des valeurs propres de ϕA .
5) Montrer que si A est diagonalisable, ϕA l’est également (on pourra, à partir d’une base de vecteurs
propres de A, construire une base de vecteurs propres de ϕA ).
Partie 4 (Une caractérisation des matrices nilpotentes)
Soit n ∈ N∗ et A ∈ Mn (R). La matrice A est dite nilpotente s’il existe un entier p tel que Ap = 0.
1) Montrer que si λ est une valeur propre (éventuellement complexe) de A, alors, pour tout k ∈ N∗ , λk
est une valeur propre de Ak .
2) On suppose A nilpotente.
a) Montrer que la seule valeur propre de A est 0.
b) Montrer que Tr A = 0.
3) On suppose toujours A nilpotente.
a) Soit M une matrice telle que AM = M A. Montrer que la matrice AM est encore nilpotente.
b) En déduire que Ker γA ⊂ Ker τA .
On admettra 1 qu’il existe alors w : Mn (R) → R linéaire telle que τA = w ◦ γA .
c) i) Si Eij ∈ Mn (R) est la matrice ayant un 1 en i-ème ligne, j-ème colonne, et 0 ailleurs, et
U = (uij ) ∈ Mn (R) quelconque, calculer le produit U Eij puis Tr (U Eij ).
ii) Montrer que l’application f : Mn (R) → Mn (R)∗ est linéaire et injective.
U 7→ τU
En déduire que f est un isomorphisme.
iii) En déduire qu’il existe une matrice B ∈ Mn (R) telle que τA = τB ◦ γA .
d) Montrer que A = BA − AB.
4) On suppose maintenant qu’il existe une matrice B telle que A = BA − AB.
a) Montrer que, pour tout k ∈ N∗ , BAk − Ak B = kAk .
b) À quelle condition la matrice Ak est-elle un vecteur propre de γB ?
c) En déduire que A est nilpotente.
5) Quelle caractérisation des matrices nilpotentes a-t-on obtenue ?
Exercice 2
Soit E un R-espace vectoriel de dimension 3, de base B = (e1 , e2 , e3 ).
Soit F ⊂ E un plan — un sous-espace vectoriel de dimension 2 — de base (e01 , e02 ).
Soit f ∈ L (E) un endomorphisme de E, de matrice A = Mat (f, B) dans la base B.
1) Équation de F dans la base B.
a) Justifier l’existence de e03 tel que B 0 = (e01 , e02 , e03 ) soit une base de E.
On suppose désormais cette base B 0 construite.
b) Soit P ∈ GL3 (R) la matrice de passage de B à B 0 . Soit x ∈ E, de matrice colonne X dans la
base B et X 0 dans B 0 . Rappeler la formule de changement de bases liant ces différentes matrices.
x01
a1 b1 c1 x1
0
c) On note P −1 0
= a2 b2 c2 , X = x2 et X = x2 .
a b c x3 x03
Donner l’équation liant x03 et x1 , x2 , x3 .
1. Ce théorème de factorisation, présent dans le sujet d’origine, est l’exercice 17 de la feuille d’algèbre linéaire.
2
DST 4
d) Montrer que, pour tout x ∈ E,
x ∈ F ⇐⇒ ax1 + bx2 + cx3 = 0
2) Condition nécessaire et suffisante de stabilité de F par f :
a
Montrons que F est stable par f si et seulement si b est un vecteur propre de t A.
c
a) Supposons F stable par f .
i) Montrer que la matrice A0 de f dans la base B 0 s’écrit :
α1 β1 γ1
A0 = α2 β2 γ2
0 0 γ
!
0 B0 C 0
Dans la suite on notera A = où B 0 ∈ M2,2 (R) et C 0 ∈ M2,1 (R)
0 γ
ii) Montrer que t (P −1 )t A0 = t At (P −1 ).
a
iii) En déduire que b est un vecteur propre de t A.
c
a
b) Réciproquement, supposons que b est un vecteur propre de t A associé à la valeur propre γ.
c
i) Justifier que a b c A = γ a b c .
x1 y1
ii) Soit x ∈ E de matrice colonne X = x2 dans B, et y = f (x) de matrice colonne Y = y2 .
x3 y3
Montrer que ay1 + by2 + cy3 = γ(ax1 + bx2 + cx3 ).
iii) En déduire que F est stable par f .
3) Un exemple. On suppose désormais que f a pour matrice dans la base B :
3 1 2
A = 1 1 0
−1 1 2
a) Déterminer les (ou la) valeur(s) propre(s) de A. A est-elle diagonalisable ? Trigonalisable ?
b) Si M ∈ Mn (R), montrer que M et t M ont les mêmes valeurs propres.
c) Déterminer les sous-espaces vectoriels F de E de dimension 2 stables par f .
d) Déterminer les droites de E stables par f (on justifiera soigneusement).
FIN DE L’ÉPREUVE