LEGISLATION
ET REGLEMENTATION
DOU
ANIERES
INTRODUCTION :
Législation et réglementation douanières 1 K. K. KEDESSIM
Le droit douanier est une branche du droit public qui régit
et réglemente les mouvements de marchandises, de
capitaux et des personnes entre Etats.
Il s’adapte en permanence à l’évolution et aux
changements économiques tant sur la scène internationale
que nationale
CHAPITRE I: LES BASES LEGALES DU DROIT DOUANIER
SECTION 1 : LES SOURCES DU DROIT DOUANIER
Le droit douanier regroupe l’ensemble de dispositions juridiques régissant les
divers champs d’intervention de l’administration des douanes. Ces
dispositions sont constituées de sources législatives, réglementaires,
administratives, conventionnelles et jurisprudentielles.
LES SOURCES LEGISLATIVES :
- LES SOURCES DOUANIERES
Le Code togolais des douanes du 25 juin 2018 détermine les obligations et les
interdictions des agents des douanes et comporte aussi les dispositions
répressives destinées à sanctionner les infractions douanières ;
Le Tarif Extérieur Commun (T.E.C.) de l’UEMOA qui fixe les quotités
applicables aux diverses marchandises au cours de leurs mouvements.
-LES SOURCES NON DOUANIERES
La Douane applique non seulement les dispositions relatives à la
législation douanière, mais aussi d’autres législations ou
règlementations dans le cadre du concours qu’elle prête aux autres
services, soit en matière de perception des droits et taxes, de
vérification et de constatation et, le cas échéant, la poursuite des
infractions à la législation des réglementations ou recouvrement des
amendes et transactions.
LES SOURCES REGLEMENTAIRES :
Elles concernent plusieurs décrets, arrêtés interministériels et arrêtés qui
déterminent les modalités d’application des dispositions du code des
douanes.
Législation et réglementation douanières 2 K. K. KEDESSIM
LES SOURCES ADMINISTRATIVES :
Les circulaires et les notes de service constituent les instructions
administratives élaborées par l’administration des Douanes pour expliquer
des modalités d’application du texte douanier en lui apportant des
éclaircissements.
LES SOURCES CONVENTIONNELLES :
Les conventions auxquelles le Togo a adhérées et les accords ainsi que
traités internationaux qu’il a ratifiés sont applicables dès leur notification à
l’Administration. Il s’agit principalement des conventions douanières tels que :
La convention de la 15/12/1950 portant création du
Conseil de Coopération Douanière (C.C.D.), actuelle
Organisation Mondiale des Douanes (O.M.D.);
La convention douanière du 08/06/1961 relative aux
facilités accordées pour l’importation des marchandises
destinées à être présentées ou utilisées à une exposition,
une foire, un congrès ou une manifestation similaire ;
La convention douanière du 11/06/1968 relative à
l’importation temporaire de matériels scientifiques ;
La convention douanière du 08/06/1970 relative à
l’importation temporaire des matériels pédagogiques ;
La convention douanière du 07/06/1971 relative au
transit international des marchandises (convention I.T.I) ;
La convention internationale du 18/05/1973 pour la
simplification et l’harmonisation des régimes douaniers
(convention de Kyoto), révisée en juin 1999 ;
La convention internationale d’assistance mutuelle
administrative (A.M.A) en vue de prévenir, de rechercher
et de réprimer les infractions douanières (convention de
Nairobi) du 09/06/1977 ;
La convention internationale sur le Système
Harmonisé de désignation et de codification des
marchandises et ses annexes faites à Bruxelles le
14 juin 1983 ;
Législation et réglementation douanières 3 K. K. KEDESSIM
La convention douanière sur le carnet A.T.A. pour
l’importation temporaire de marchandises signée à
Bruxelles en 1961, etc.
LA JURISPRUDENCE :
La jurisprudence constitue une référence non négligeable et utile à la
compréhension de mécanismes juridiques du droit douanier et à l’adaptation
de cette matière au concept national.
Il faut retenir que de nos jours, la Douane doit jouer un rôle économique de
partenariat au service des opérateurs. Elle doit contribuer au développement
de l’économie en encourageant les investissements et en aidant à la
promotion des exportations, etc.
SECTION 2 : LES NOTIONS ELEMENTAIRES DE BASE
1- LE TERRITOIRE DOUANIER :
Le territoire douanier est le territoire où s’appliquent la législation et la
réglementation douanières ; il est assimilé au territoire national y compris
les eaux territoriales, c’est-à-dire l’espace où s’exerce la pleine et entière
souveraineté de l’Etat.
2- LA MARCHANDISE :
Selon le code des douanes, la marchandise est définie comme étant des
produits, objets, animaux et matières de toutes espèces, prohibées ou
non, y compris les stupéfiants et les substances psychotropes ; qu’ils
fassent ou non l’objet d’un commerce licite.
3-L’IMPORTATION :
L’importation des marchandises signifie l’entrée sur le territoire assujetti
de marchandises en provenance de l’étranger ou des zones franches.
Selon le droit douanier, l’opération d’importation n’a lieu qu’au moment où
la marchandise franchit le premier point du territoire assujetti.
S’agissant du transport terrestre, il faut préciser que l’importation est
réalisée au moment où le moyen de transport arrive au premier bureau de
douane.
4-L’EXPORTATION :
C’est l’opération qui consiste à sortir les marchandises du territoire assujetti.
Législation et réglementation douanières 4 K. K. KEDESSIM
5- LA MISE A LA CONSOMMATION :
Selon le code des douanes, la mise à la consommation permet de mettre en
libre pratique sur le territoire assujetti des marchandises importées et ce,
après accomplissement des opérations de dédouanement.
6-LA PROHIBITION :
A l’importation ou à l’exportation, il s’agit de :
-l’interdiction de marchandises à quelque titre que ce soit ;
-la soumission à des restrictions, à des règles de qualité ou de
conditionnement ou à des formalités particulières ;
-la production d’un titre régulier tel que les autorisations administratives,
licences, certificats, relatifs aux marchandises, etc.
Il faut retenir que l’observation des règles portant restrictions d’importation
ou d’exportation lève la prohibition et permettent la réalisation de l’opération
envisagée.
Législation et réglementation douanières 5 K. K. KEDESSIM
CHAPITRE 2 : L’ACTION DE L’ADMINISTRATION
La législation douanière s’applique dans un espace déterminé pour
l’intervention de l’action de l’Administration des douanes.
A cet effet, les agents des douanes sont dotés des droits leur permettant
d’accomplir les missions de l’Administration dans les règles de l’orthodoxie ; ils
ont aussi des obligations auxquelles ils sont tenus de se soumettre .
SECTION 1 : CHAMP D’ACTION DE L’ADMINISTRATION
L’action de l’administration des douanes s’exerce sur l’ensemble du territoire
douanier dans les conditions fixées par la législation en vigueur.
Une zone de surveillance spéciale est organisée le long de la zone terrestre et
maritime. Elle constitue le rayon des douanes.
LE TERRITOIRE DOUANIER :
Le territoire douanier est défini comme étant le territoire national y compris les
eaux territoriales.
On entend par territoire national la portion géographique de la planète sur
laquelle la souveraineté pleine et entière du Togo s’exerce (terre continentale,
îles, eaux maritimes, espace aérien au-dessus dudit territoire).
« La souveraineté de l’Etat togolais s’étend à l’espace aérien ainsi qu’au lit et
sous-sol de la mer dans la limite des eaux territoriales ».
LE TERRITOIRE ASSUJETTI :
Le terme assujetti signifie l’assujettissement, la soumission de l’espace
territorial à la législation et à la réglementation douanières.
Le territoire assujetti est constitué de la partie terrestre du territoire douanier
cependant, la loi douanière a étendu cette définition aux ports, rades, plates-
formes « offshore », dragues et équipements similaires circulant ou opérant
dans les eaux territoriales ainsi que toutes les autres installations situées dans
les eaux territoriales définis par décret, à l’exclusion des zone franches.
Ainsi, l’importation est définie comme étant l’entrée sur le territoire assujetti
des marchandises en provenance de l’étranger ou des zones franches. De
même la notion d’exportation signifie la sortie des marchandises du territoire
assujetti.
Législation et réglementation douanières 6 K. K. KEDESSIM
Les zones franches constituées dans le territoire douanier sont soustraites à
tout ou partie des lois et règlements douaniers, elles ne font pas partie du
territoire assujetti même si elles se trouvent sur ledit territoire.
-LE RAYON DES DOUANES
Le rayon des douanes est constitué par une zone du territoire national
adjacente à la frontière, à l’intérieur de laquelle les mouvements de
marchandises sont soumis à une réglementation spécifique et à des mesures de
contrôle particulières.
Le code des douanes prévoit une zone de surveillance le long des frontières
appelé rayon des douanes, elle comprend une zone maritime et une zone
terrestre.
- La zone maritime du rayon des douanes correspond aux eaux territoriales de
même que la zone contiguë sur une longueur de 24 milles marins.
- La zone terrestre du rayon des douanes s’étend :
- Sur les frontières maritimes, entre le littoral et une ligne tracée à 20km en
deçà du rivage de la mer.
-Sur les frontières terrestres entre la limite du territoire douanier et une
ligne tracée à 20 km en deçà
Ces distances sont calculées à vol d’oiseau.
Les routes, les voies ferrées et les cours d’eaux ainsi que toutes les parties
d’une localité traversée par les lignes de démarcation, sont comprises dans la
zone terrestre du rayon des douanes.
L’intérêt de ce rayon réside dans l’application d’une législation et d’une
réglementation spécifique à cette zone de surveillance spéciale. Il s’agit de
la police de rayon.
POLICE DE RAYON :
C’est l’ensemble des règles et des mesures prises par la douane pour renforcer
le contrôle douanier dans le rayon des douanes.
Les marchandises ne peuvent nullement circuler dans la zone terrestre du rayon
des douanes sans aucun document douanier.
BUREAUX ET POSTES DES DOUANES :
Législation et réglementation douanières 7 K. K. KEDESSIM
Les formalités douanières ne peuvent être accomplies que dans les bureaux de
douane.
Elles peuvent être effectuées, également par Décision du directeur de
l’administration ou de la personne habilitée par lui à cet effet, dans les locaux
professionnels des importateurs ou dans les lieux désignés par ladite Décision.
Si les dispositions du code des douanes ont prévu l’accomplissement des
formalités douanières dans les bureaux de douane, et le dans le but de
rapprocher l’administration des usagers, la législation douanière a
expressément institué la procédure de dédouanement dite à domicile dans
les locaux professionnels des opérateurs et dans les lieux désignés à cet effet.
Cette procédure peut être accordée dans le cadre d’une convention liant
l’entreprise à l’Administration
SECTION 2 : LES DROITS ET LES OBLIGATIONS DES AGENTS
DE L’ADMINISTRATION DES DOUANES.
Eu égard à la législation douanière, l’administration des douanes dispose d’un
pouvoir d’action générale sur l’ensemble du territoire douanier.
Pour assurer sa mission dans les meilleures conditions, le législateur douanier
reconnaît à l’agent de douane des droits et prérogatives d’intervention et
des obligations auxquelles ils sont assujettis dans l’exercice de leurs fonctions
sur l’ensemble du territoire.
A-LES DROITS ET POUVOIRS DES AGENTS DE
L’ADMINISTRATION :
LES DROITS DES AGENTS DOUANIERS :
Conformément au code des douanes, les agents de l’administration sont sous la
sauvegarde de la loi. Il est défendu à toute personne de s’opposer à l’exercice
de leurs fonctions.
Les autorités civiles ou militaires et les agents de la force publique sont tenus à
la première réquisition de prêter mains fortes aux agents de l’administration des
douanes pour l’accomplissement de leurs missions.
Sur toute l’étendue du territoire douanier et dans tous les cas où les Agents de
l’administration de douanes peuvent exercer légalement leurs fonctions, ces
derniers ont droit au port d’un uniforme réglementaire fourni par
l’administration dans les conditions déterminées par voie réglementaire.
.
De même, tous les agents de l’administration ont, pour l’exerce de leurs
fonctions, le droit au port d’une arme réglementaire fournie par l’administration
dans les conditions déterminées par la loi.
Législation et réglementation douanières 8 K. K. KEDESSIM
Ils sont également autorisés à faire usage d’engins et moyens appropriés, tels
que barrières, herses, hérissons et câbles pour immobiliser les moyens de
transport quand les conducteurs ne s’arrêtent pas à leurs sommations.
De même, ils peuvent, pour l’exercice des droits de visites, des vérifications,
des contrôles et des surveillances, utiliser des scellés réglementaires.
LES POUVOIRS DES AGENTS DES DOUANES :
En vue de la recherche de la fraude et pour lutter contre ce fléau, les
agents des douanes peuvent procéder à la visite des marchandises, des moyens
de transport et à celle des personnes, sur l’ensemble du territoire douanier,
dans les conditions fixées par la loi. Tout conducteur de moyens de transport est
tenu de se soumettre aux injonctions de l’administration des douanes.
LA VISITE DES MARCHANDISES
Les agents de l’administration procèdent à l’examen physique des
marchandises à l’importation et à l’exportation, ils ont le droit de contrôler les
marchandises soumises à justification d’origine à l’intérieur du territoire
assujetti et les marchandises désignées par la loi et qui circulent dans le rayon
des douanes.
LA VISITE DES MOYENS DE TRANSPORT :
- LE TRANSPORT PAR VOIE MARITIME :
A l’intérieur de la zone maritime du rayon, les agents de l’administration
peuvent arraisonner et visiter tout navire d’un tonnage égal ou supérieur à
(100) tonneaux de jauge nette.
Les marchandises désignées par Décret ne peuvent se trouver dans la zone
maritime du rayon qu’à bord du navire de faible tonnage, les agents de
l’administration ont le droit de se rendre à bord des navires se trouvant dans la
zone maritime du rayon des douanes, de se faire présenter les documents
attestant le tonnage de ce navire. Ils peuvent également demander l’original du
manifeste sur lequel ils apposent le cachet ou la mention « ne varietur » et
dont ils se font remettre une copie.
Le Code des douanes permet aux agents de l’administration de poursuivre,
même en haute mer, les navires qui n’ont pas obtempéré à leurs sommations et
ne se sont pas arrêtés à leurs injonctions et d’employer tous les moyens
appropriés pour faire arrêter ces navires.
Les agents de l’administration peuvent également monter à bord de tous
bâtiments se trouvant dans les ports, rades ou dans les fleuves et d’y demeurer,
s’ils le jugent nécessaire, jusqu'à leur déchargement ou leur départ.
Législation et réglementation douanières 9 K. K. KEDESSIM
A cette occasion, ils peuvent demander l’ouverture des écoutilles, des chambres
et armoires ainsi que les colis qu’ils désignent pour la visite.
- LE TRANSPORT PAR VOIE TERRESTRE :
Pour lutter contre les différents courants de fraude, les agents des douanes ont
droit au contrôle, à l’intérieur du rayon des douanes, sur certaines catégories de
marchandises soumises à la police du rayon (produits en stock ou en
circulation).
Les agents de douane ont le droit de demander aux détenteurs, transporteurs
des marchandises passibles des droits et taxes, de produire tout document
attestant que ces marchandises ont été régulièrement introduites dans le
territoire assujetti.
-LE CONTROLE DE L’IDENTITE DES PERSONNES
En vertu des dispositions code togolais, les agents de l’Administration peuvent
exiger de contrôler ou de prendre connaissance de l’identité des personnes qui
entrent sur le territoire douanier, qui sortent ou qui circulent dans le rayon des
douanes.
Pour ce faire, ils peuvent exiger la présentation d’une pièce d’ identité.
-DROIT DE PERQUISITION, VISITES DES DOMICILES ET DES
LOCAUX A USAGE PROFESSIONNEL :
Lorsque les indices sérieux laissent présumer la consommation d’une fraude, les
agents de l’administration peuvent effectuer des perquisitions et des visites de
domiciles et locaux à usage professionnel conformément aux conditions fixées
par la loi, pour la recherche des marchandises soumises :
-aux dispositions, en tout lieu du territoire douanier
-à la police du rayon dans toute la zone terrestre du rayon des douanes ;
Toutefois, l’autorisation du Directeur de l’Administration ou de son représentant
n’est pas requise en cas de poursuite à vue.
Pour la recherche des marchandises soumises à la police du rayon, les agents
de l’administration peuvent en cas de poursuite à vue, effectuer leurs
recherches dans les maisons et leurs dépendances situées au-delà de la limite
intérieure de la zone du rayon terrestre et dans lesquelles ils ont vu introduire
les marchandises poursuivies.
Les perquisitions et visites des domiciles et des locaux à usage professionnel
sont soumises aux règles générales ci après :
Législation et réglementation douanières 10 K. K. KEDESSIM
Le consentement de l’occupant des lieux doit être requis avant le
commencement de toute opération de perquisition, cet accord
doit être consigné par écrit ;
A défaut du consentement de l’occupant des lieux à laisser
pratiquer la perquisition, les agents de l’administration sont tenus
de se faire assister d’un officier de police judiciaire. Cette
assistance est requise pour garantir le respect des libertés
individuelles et de l’inviolabilité du domicile ou du local à usage
professionnel. S’il y a refus d’ouverture des portes, les agents de
l’administration peuvent les faire ouvrir en présence d’un officier
de police judiciaire ;
L’officier de police judiciaire, requis par écrit à assister à la
perquisition ou à la visite des domiciles et des locaux à usage
professionnel conformément aux dispositions du code, doit
obtempérer à cette réquisition sans réserve et sans exception y
compris pendant les jours fériés. En cas de refus, il sera passé
outre, mention de l’incident est faite au procès-verbal après
information du Procureur de la République (qui est le Directeur de
la Police judiciaire).
Dans le cadre de leur action de lutte contre la fraude, les agents de douane sont
habilités, conformément aux dispositions, à procéder à la fouille à corps des
personnes. Ce contrôle qui constitue une mesure exceptionnelle, doit être fondé
sur une information précise ou sur la base de fortes présomptions et ne doit en
aucun cas être dictée par une considération autre que celle de la recherche de
la fraude.
Mais lorsque les indices sérieux laissent présumer qu’une personne transporte
des produits stupéfiants dissimulés dans son organisme, les agents de
l’administration peuvent la soumettre à des examens de dépistages après avoir
préalablement obtenu son consentement.
DROIT D’AUDITION :
Les agents de l’administration ont le droit d’auditionner les prévenus ou toutes
autres personnes dont le témoignage est utile à l’établissement des faits
délictueux.
Le droit d’auditionner les prévenus découle des dispositions des articles qui
stipulent que les procès-verbaux reprennent les déclarations éventuelles des
prévenus
DROIT D’ARRESTATION :
En cas de perquisition dans les locaux occupés par une personne
tenue, par la loi, au secret professionnel ; les agents de
Législation et réglementation douanières 11 K. K. KEDESSIM
l’administration prendront toute mesure utile pour que soit
garanti le respect de ce secret professionnel.
Les procès-verbaux d’audition ou de saisie, dressé suite à une
perquisition, mentionnent impérativement l’heure exacte à
laquelle la perquisition à commencé et celle à laquelle elle a pris
fin.
DROIT DE GARDE-A-VUE :
C’est une mesure par laquelle la Douane maintient à sa disposition, dans les
formes et conditions fixées par le Code de Procédure Pénale (CPP) une ou
plusieurs personnes suspectes qui ne font pas encore l’objet ni d’inculpation ni
de détention.
DROIT DE SAISIE :
Les agents verbalisateurs ont le droit de saisir en tout lieu les objets passibles
de confiscation. La saisie peut porter sur la marchandise de fraude, celle
ayant servi à masquer la fraude et le moyen de transport, le cas
échéant. Un procès- verbal de saisie (PVS) est établi à l’occasion.
L’exercice du droit de saisie obéit aux conditions ayant trait notamment à la
qualité du saisissant et à l’objet de la saisie.
S’agissant de la qualité du saisissant, elle résulte des dispositions du Code qui
confère ce droit à l’ensemble des agents verbalisateurs.
Cependant, lorsqu’il s’agit de saisie de documents pratiquée dans le cadre de
l’exercice du droit de communication, seuls les agents ayant au moins le grade
d’inspecteur sont habilités à y procéder.
DROIT DE RETENUE :
En cas de constatation d’une infraction douanière et en vue de garantir le
paiement des pénalités encourues, les agents des douanes peuvent retenir les
moyens de transport et les marchandises litigieuses non passibles de
confiscation. Cette retenue doit être consignée dans un procès-verbal séparé de
celui de la saisie.
S’agissant d’une mesure conservatoire la retenue exercée par le service doit
porter sur la marchandise et le moyen de transport dont la valeur est
proportionnelle au montant des pénalités encourues.
DROIT DE COMMUNICATION :
Le droit de communication est la prérogative qui permet aux agents de douane
d’exiger des personnes physiques ou morales désignées par le Code des
douanes, la communication de tout document intéressant leurs missions en
Législation et réglementation douanières 12 K. K. KEDESSIM
vue d’en prendre connaissance et, le cas échéant de les saisir en
tant que pièces à conviction.
Le refus de communication constitue une infraction à la législation douanière
susceptible de donner lieu à l’application des pénalités prévues par le code des
douanes.
B- OBLIGATIONS DES AGENTS DE L’ADMINISTRATION :
Tout agent de l’administration destitué de son emploi ou qui le
quitte pour quelques raisons que ce soit est tenu de remettre,
immédiatement à cette administration, sa commission
d’emploi, les registres, sceaux, armes, effets et objets
d’équipement dont il avait la charge pour son service et de
rendre ses comptes. Il doit également restituer à
l’administration tous les signes distinctifs de l’uniforme en sa
possession.
CHAPITRE 3 : OBLIGATIONS INHERENTES A LA CONDUITE ET
A LA MISE
EN DOUANE
Législation et réglementation douanières 13 K. K. KEDESSIM
FORMALITES PRELIMINAIRES AU DEDOUANEMENT
Toutes marchandises importées ou destinées à l’exportation doivent
être conduites à la douane en vue d’être soumises aux formalités de
dédouanement. Il s’agit d’une obligation commune à toutes les
opérations de commerce extérieur, mais qui s’applique à des
situations différentes au regard du droit douanier, selon que l’ on se
situe à l’ importation ou à l’ exportation.
Cette obligation obéit à des règles qui s’analysent en trois (03)
notions différentes recouvrant respectivement chacun des stades
auxquelles se trouvent les marchandises depuis leur introduction sur
le territoire douanier à l’importation jusqu’ à leur affectation à une
destination douanière déterminée ou à l’importation pour les
marchandises destinées à quitter le territoire douanier.
Il s’agit des notions suivantes :
L a conduite en douane ;
La mise en douane ;
Les Magasins et Aires de Dédouanement (MAD) où les
marchandises sont placées provisoirement dans l’attente de
leur dédouanement.
SECTION1 : LA CONDUITE EN DOUANE DES MARCHANDISES
-A L’IMPORTATION
La conduite c’est l’ensemble des règles que doivent respecter les
transporteurs. Ces derniers sont tenus de conduire les marchandises
transportées à des lieux bien précis pour l’accomplissement des
formalités douanières.
Ces lieux sont cependant errants en fonction du moyen de transport
utilisé et de la destination des marchandises.
Le code des douanes prévoit un certain nombre de dispositions
destinées à orienter les marchandises importées ou à exporter vers
un bureau de douane quel que soit le mode de transport; par mer,
par terre ou par la voie aérienne.
- PAR LA VOIE MARITIME
a- INSCRIPTION AU MANIFESTE
Législation et réglementation douanières 14 K. K. KEDESSIM
Les marchandises arrivant par mer doivent être inscrites sur le
manifeste commercial du navire ou état général du chargement du
navire.
Ce document est signé par le capitaine de navire, ce dernier doit, à
première réquisition, soumettre l’original du manifeste au visa « ne
varietur » des agents de l’administration qui se rendent à bord et
leur remettre une copie de ce manifeste qui doit mentionner les
indications suivantes :
-L’identification du navire transporteur (nom du navire, pavillon,
jauge, nom de l’exploitant, éventuellement du consignataire
ainsi que le (ou les) port(s) de provenance) ;
-Le manifeste commercial reprend les marchandises
composant la cargaison du navire, à l’exclusion des provisions
de bord et des marchandises de pacotille appartenant à
l’équipage ;
-Pour les navires transportant des voyageurs, soit à titre
principal, soit à titre accessoire, les bagages de cabine ne
doivent pas figurer sur le manifeste commercial ;
-Les numéros des connaissements ;
-Les marques, numéros, espèces et nombre des colis ou, le cas
échéant, l’identification des unités de transport utilisées
(conteneurs, camions, remorques, par exemples) ;
-La nature et le poids brut ainsi que les lieux et dates de
chargements des marchandises.
Le manifeste ne doit comporter ni nature ni surcharge ni
interligne. Les renvois ou apostilles doivent être expressément
approuvés par le signataire, et s’il est rédigé dans une langue
étrangère, le service peut en demander une traduction
authentique.
Lorsque le navire ne transporte aucune marchandise, c’est-à-
dire qu’il est sur lest, le manifeste commercial ne reprend que
l’identification du navire avec mention "néant" inscrite dans
la colonne "nature des marchandises" ou "sur lest".
Les provisions de bord et les marchandises de pacotille font
l’objet de manifestes spéciaux signés également par le
Législation et réglementation douanières 15 K. K. KEDESSIM
capitaine du navire. Ces documents font état de leur nature et
de leurs quantités.
b- NAVIGATION A L’INTERIEUR DE LA ZONE MARITIME DU RAYON DES DOUANES
A l’intérieur de la zone maritime du rayon des douanes, la
circulation, la détention et le jet des marchandises transportées
doivent s’effectuer dans le respect des conditions
réglementaires.
Ainsi, aux termes de la loi douanière, les marchandises ne
peuvent se trouver dans la zone maritime du territoire douanier
qu’à bord de navire d’un tonnage égal ou supérieur à cent
(100) tonneaux de jauge nette qui sont absolument tenus
d’accoster dans un Port muni d’un bureau de douane.
Les jets de la marchandise à la mer sont interdits à l’intérieur
de la zone maritime du rayon des douanes.
Toutefois, en cas de nécessité, le capitaine de navire a le droit
de faire jeter par-dessus bord les marchandises dont le jet est
indispensable au salut de navire.
Dès l’arrivée du navire dans un port, le capitaine doit informer
l’administration du jet des marchandises effectué en précisant
le lieu, le jour, l’heure les circonstances de l’abandon de ces
marchandises.
Ces dispositions ne sont applicables, ni aux marchandises qui
font partie des provisions de bord et n’excèdent pas le
nécessaire, ni aux marchandises qui sont contenues dans les
bagages appartenant à des passagers.
c- LIEUX D’ACCOSTAGE
Sauf dérogation accordée par Décision du directeur de
l’Administration ou en cas de force majeure dument justifié, les
navires ne peuvent accoster que dans les ports pourvus d’un
bureau de douane.
Dans le cas de force majeure, le capitaine du navire ou son
représentant, dûment mandaté, doit en informer, sans délai,
l’administration des douanes en précisant le lieu d’accostage.
Cette obligation est générale et concerne tous les navires,
quelle que soit la navigation pratiquée; commerciale ou de
plaisance. Les navires de pêche sont également soumis à cette
obligation sauf, évidemment, pour les petites embarcations de
Législation et réglementation douanières 16 K. K. KEDESSIM
pêche qui accostent habituellement en des points non pourvus
d’un service de douane.
B-PAR LA VOIE TERRESTRE
a-PRESENTATION DES MARCHANDISES AU PREMIER BUREAU OU POSTE D’ENTREE
Les marchandises importées par la voie terrestre (routes, chemin de
fer) doivent être aussitôt conduites, par un chemin direct, au
premier bureau ou poste de douane d’entrée pour y être déclarées.
Les voies ferrées étant considérée, de droit, comme des chemins
directs.
IL découle de cette obligation, la nécessité, pour l’administration de
fixer les routes légales que les transporteurs de marchandises
importées doivent emprunter pour aller de la frontière politique du
pays jusqu’au premier bureau ou poste de douane d’entrée, de
permettre de mieux canaliser le trafic et d’en faciliter la
surveillance.
C’est l’arrêté du Ministre de l’Economie et des finances qui fixe la
liste des bureaux ou poste de douane ouverts à l’entrée et à la sortie
des marchandises transportées par la voie terrestre en provenance
ou à destination de l’étranger et précise les chemins directs y
conduisant.
b- FEUILLE DE ROUTE, LETTRE DE VOITURE ET AUTRES DOCUMENTS COMMERCIAUX
COUVRANT LE TRANSPORT DES MARCHANDISES.
Tout conducteur de marchandises doit, dès son arrivée aux bureaux
de douane, remettre à l’administration, à titre de Déclaration
Sommaire (DS) une feuille de route.
Les feuilles de routes, lettres de voiture et autres documents
commerciaux établis à l’occasion de transport de marchandises par
les voies terrestres ne sont soumis à aucun formalisme particulier,
ils doivent comporter un certain nombre d’énonciations concernant :
Le transporteur (nom, raison sociale pour les sociétés,
adresse, etc.) ;
Le moyen de transport utilisé (identification) ;
Les marques, numéros, espèces et nombres de colis ;
La nature et le poids brut des marchandises ;
L’expéditeur et le destinataire des marchandises.
C- PAR LA VOIE AERIENNE
Législation et réglementation douanières 17 K. K. KEDESSIM
-Ligne aérienne-aérodromes internationaux.
L’importation des marchandises par voie aérienne devient effective
dès la pénétration de l’aéronef transporteur dans l’espace aérien
situé au dessus du territoire assujetti.
D’autre part, dans le cas de parcours international, les aéronefs
transporteur suivent des routes aériennes déterminées que leur
imposent les règles générales de la sécurité aérienne.
Cependant, les plans de vol peuvent être communiqués au service
des douanes.
Les aéronefs qui effectuent une navigation internationale ne doivent
atterrir que sur un aérodrome international. Des dérogations à cette
dernière règle ont été prévues pour les cas de force majeure,
d’opérations d’assistance ou de sauvegardes.
Par ailleurs, le code des douanes précise que tous déchargements et
jets des marchandises en cours de route, sauf nécessité impérative
imposée par le salut même de l’aéronef, sont interdits.
Dans ce dernier cas, le pilote commandant de bord a le droit de faire
jeter le lest, du carburant, des marchandises et tous autres objets se
trouvant à bord de l’aéronef.
Dès l’arrivée au premier aéroport, le pilote commandant de bord doit
signaler aux agents de l’administration les jets effectués en cours de
vol en précisant aussi exactement que possible, à l’aplomb desquels
se trouvait l’aéronef au moment desdits jets.
Inscription au manifeste
Comme pour les transports maritimes, le fret transporté par aéronef
doit être inscrit sur le manifeste des marchandises signé par le pilote
commandant de bord.
Le manifeste porte les mentions :
-De l’exploitant (ou de propriétaire) ;
- Du numéro de la ligne et de l’immatriculation de l’avion ;
- De la date de vol ;
- Du lieu de chargement ;
- Des numéros des Lettres de Transport Aérien (L.T.A.) ;
- Du nombre de colis ;
- Du lieu de déchargement ;
-Etc.
Les bagages des passagers (bagages à main et bagages de soute)
ne sont pas repris au manifeste.
Législation et réglementation douanières 18 K. K. KEDESSIM
Les pièces de rechange, les équipements et provisions de bord ainsi
que la pacotille, que peuvent détenir l’équipage, n’ont pas à être
manifestés à condition qu’ils restent à bord de l’aéronef.
S’ils venaient à être débarqués, un manifeste spécial est à exiger.
La conduite en douane des envois postaux à
l’importation
Les envois postaux (paquets postaux et colis-postaux) confiés aux
administrations postales étrangères pour être acheminés jusqu'à
leurs destinataires au TOGO sont transportés selon le cas, soit par
mer (Ex messageries postales), par terre, ou par air.
Les colis envoyés par voie postale sont pris en charge par
l’administration des postes et déposés dans des magasins (ou
Centres de tri) sous sa responsabilité.
Section 2 : LA MISE EN DOUANE DES MARCHANDISES A
L’IMPORTATION
La mise en douane à pour objet de permettre au service des
douanes d’identifier, de prendre en charge et de garder sous sa
surveillance les marchandises jusqu’à l’accomplissement des
formalités permettant leur enlèvement.
Elle consiste en l’obligation du dépôt d’une déclaration dite
"déclaration sommaire". Quel que soit le mode de transport ; par
mer ; par terre ou par la voie aérienne.
A-L’importation par la voie maritime
Le capitaine ou son représentant dûment mandaté (consignataire ou
courtier maritime) dépose au bureau de douane une déclaration
sommaire (DS) dans les 24 heures dès l’arrivée du navire dans le
port. Ce délai court depuis l’heure d’arrivée du navire, officiellement
constatée par le service de la capitainerie du Port Autonome
de Lomé (PAL) et inscrite par les agents de l’administration sur les
registres d’entrée et de sortie des navires.
Pour tenir compte de l’encombrement de certains ports, le délai est
décompté à partir du moment où le navire est en situation de
décharger les marchandises. (La mise à quai du navire ou de
toutes autres opérations similaires).
Législation et réglementation douanières 19 K. K. KEDESSIM
Toutefois, le dépôt de la DS peut être effectuée avant l’arrivée du
navire. Dans ce cas, la DS ne produit ses effets qu’à partir de la date
d’arrivée du navire.
Si à l’expiration du délai fixé ou prévu le navire n’est pas arrivé, la
DS déposée par anticipation est annulée par l’administration des
douanes.
Ce délai ne court ni les dimanches, ni les jours fériés. De même, si
ce délai expire pendant la fermeture légale du bureau la DS est
déposée lors de l’ouverture dudit bureau.
A la demande de l’administration des douanes, le capitaine
est tenu :
- D’annexer à la déclaration sommaire les connaissements,
chartes-parties, acte de nationalité du navire et tout autre document
jugé utile ;
- De soumettre à l’examen et aux visas des agents de
l’administration, le journal de bord, qui doit être présenté à
première réquisition.
a-LA DECLARATION SOMMAIRE (DS).
La DS est constituée par la partie du manifeste commercial
concernant les seules marchandises à débarquer dans le port
d’escale.
La déclaration sommaire doit comporter les énonciations suivantes :
1°- Le nom du déclarant ;
2°- Les numéros et dates des connaissements ;
3°- Les marques et numéros, le nombre et l’espèce de colis
pour les marchandises qui ne sont pas transportées en vrac.
4° - La nature et le poids brut des marchandises, les lieux et
dates de leur déchargement ;
5°- Toutes les indications nécessaires à l’identification du
navire transporteur tels que la nationalité et le nom du navire;
6°- La date d’établissement et la DS et la signature du
capitaine ;
7°- La certification par le capitaine de l’exactitude, des
indications y contenues.
Cependant, aucune marchandise ne peut être déchargée ou
transportée qu’avec l’autorisation écrite des agents de
l’administration et qu’en leur présence, les déchargements et
Législation et réglementation douanières 20 K. K. KEDESSIM
transbordements doivent avoir lieu pendant les heures et sous les
conditions fixées par Décision du Directeur de l’administration.
Si le navire ne doit débarquer aucune marchandise ou s’il est "sur
lest", la DS reprend les seules énonciations concernant le navire
ainsi que la mention des marchandises à débarquer "néant" ou "sur
lest".
Dépôt – Enregistrement – rectification de la DS ;
Dépôt et enregistrement manuels dans les bureaux de
douane non informatisés ;
Dépôt par procédé informatique ;
Rectification des énonciations de la déclaration sommaire :
Le déclarant ou son mandataire peut être autorisé, " sans préjudice
des
suites contentieuses éventuelles » à rectifier les énonciations de la
DS.
b-PROVISIONS DE BORDS ET MARCHANDISES –
PACOTILLES APPARTENANT AUX MEMBRES DE
L’EQUIPAGE
Le capitaine ou son représentant dument mandaté doit déclarer par
écrit, dans les 24 heures de l’arrivée du navire, les provisions de
bord et les marchandises de pacotilles appartenant aux membres de
l’équipage.
Les provisions de bords sont constituées de tous les articles
nécessaires aux besoins du navire.
Par pacotilles, on entend les marchandises, objets ou denrées
destinés à l’usage des membres de l’équipage à l’exclusion de leurs
effets personnels.
Les DS des provisions de bords et de la pacotille appartenant aux
membres de l’équipage doivent contenir :
c-Toutes énonciations nécessaires à l’identification du navire ;
d-La nature et les qualités de marchandises détenues à bord ;
e-La date d’établissement des dites déclarations sommaires ;
f-La signature du capitaine ainsi que la certification, par lui de
l’exactitude des énonciations y contenues.
B-L’IMPORTATION PAR LA VOIE TERRESTRE
Législation et réglementation douanières 21 K. K. KEDESSIM
Le conducteur des marchandises doit, dès son arrivée au bureau de
douane, remettre à l’administration, à titre de DS, une « feuille de
route » indiquant les marchandises qu’il transporte.
La DS n’est pas exigée si les marchandises sont déclarées en détail
dès leurs arrivées au bureau de douane.
Les marchandises qui arrivent après la fermeture du bureau de
douane sont déposées, sans frais, dans les dépendances dudit
bureau jusqu’au moment de son ouverture.
Dans ce cas, la DS doit être remise à l’administration dès
l’ouverture du bureau si les marchandises ne sont pas déclarées en
détail immédiatement.
C-L’IMPORTATION PAR LA VOIE AERIENNE :
Dès l’arrivée de l’aéronef, le pilote commandant de bord ou son
représentant dûment mandaté doit déposer au bureau de douane de
l’aérodrome une DS des marchandises à débarquer dans cet
aérodrome. Si l’aéronef arrive avant l’ouverture du bureau, la DS
doit être déposée à l’ouverture dudit bureau.
Toutefois, la DS établie avant l’arrivée de l’aéronef ne produira ses
effets qu’à partir de la date d’arrivée dudit aéronef.
A première réquisition de l’administration, le pilote commandant de
bord doit déposer :
- La traduction de la DS des marchandises à
décharger;
- Les LTA, le carnet de route et tout autre document
de bord nécessaire à l’application des mesures
douanières.
La Déclaration Sommaire (DS).
La DS est constituée par la partie du manifeste concernant
les seules marchandises à décharger. Elle doit comporter
les énonciations suivantes :
- L’identification de l’aéronef transporteur ;
- Les lieux de chargement et de déchargement de
l’aéronef ;
- Les numéros des lettres de transport aérien ;
- Le nombre de colis ;
- La nature et le poids brut des marchandises
transportées ;
- La destination des marchandises.
Législation et réglementation douanières 22 K. K. KEDESSIM
Cette déclaration est datée, signée et certifiée quant à l’exactitude
des énonciations y contenues par le pilote commandant de bord ou
son représentant dûment mandaté.
Aucune forme spéciale n’a été prévue pour cette DS.
Comme en matière de transport maritime le déchargement et le
transbordement des marchandises sont subordonnés à l’autorisation
écrite des agents de l’administration.
SECTION 3 : LA CONDUITE ET LA MISE EN DOUANE DES
MARCHANDISES A L’EXPORTATION.
Les marchandises destinées à être exportées doivent être conduites
à un bureau de douane ou dans des lieux désignés par
l’administration pour être déclarées en détail.
Elles peuvent être d’origine nationale ou étrangère ou mises en libre
pratique sur le territoire assujetti, soit sous régimes économiques.
L’exportateur est libre de choisir le bureau d’exportation, sous
réserve des restrictions éventuelles de compétences propres à
certains bureaux.
Dès lors, et dans la mesure où les prescriptions concernant la
circulation des marchandises dans le rayon douanier terrestre sont
respectées, notamment la possession d’un laissez-passer,
l’acheminement de ces marchandises jusqu’au bureau de
dédouanement n’est soumis à aucune formalité particulière.
a- TRANSPORT PAR VOIE MARITIME :
Toutefois, avant de quitter un port du territoire, le capitaine d’un
navire ou son représentant dûment mandaté doit :
-Soumettre au « visa ne varietur » de l’administration la partie du
manifeste commercial concernant les marchandises embarquées
dans le port d’escale à laquelle doivent être annexés, les
connaissements concernant ces marchandises ;
-Remettre copie de documents à l’administration.
a- transport par voie aérienne :
Sauf autorisation du Directeur de l’administration, tout aéronef
quittant le territoire douanier doit prendre son vol d’un aéroport
ouvert aux trafics aériens internationaux. Avant de quitter cet
Législation et réglementation douanières 23 K. K. KEDESSIM
aéroport, le pilote commandant de bord ou son représentant dûment
mandaté doit :
- Soumettre au visa « ne varietur » de
l’administration, le manifeste des marchandises
chargé audit aéroport ;
- Remettre copie de ce document à
l’administration.
A l’exportation, le dépôt d’une déclaration sommaire n’est pas
exigé. Les marchandises sont déclarées en détail au fur et à
mesure de leur arrivée au bureau d’exportation.
SECTION 4 : LES MAGASINS ET AIRES DE DEDOUANEMENT
(M.A.D).
Au Togo, les MAD ont été institués pour la première fois par le
Décret n° 90-66 du 08 mai 1990
En attendant de recevoir une destination douanière, les
marchandises représentées en douane ne peuvent séjourner que
dans les lieux désignés à cet effet et aux conditions fixées par
l’administration, elles ne peuvent faire l’objet d’aucune manipulation
autres que celles destinées à assurer les conservations en l’état,
sans en modifier la présentation et les caractéristiques. Ces lieux
sont dénommés Magasins et Aires de Dédouanement (MAD).
La création des M.A.D. s’inscrit dans le cadre de l’adaptation des
procédures douanières à l’évolution du Commerce International (CI.),
au développement de la logistique de transports internationaux, en
l’occurrence, le porte-à-porte par le biais du transport terrestre, et a
la nécessité de décongestionner les ports et aéroports pour une
meilleure fluidité et célérité dans le processus de dédouanement.
Les MAD permettent le stockage, à l’importation et à l’exportation,
des marchandises conduites et mises en douane dans des conditions
prévues par la législation et la réglementation douanières.
Les MAD sont ouverts à tout destinataire ou expéditeur de
marchandises en provenance ou à destination de l’étranger.
Ils peuvent être créés aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des
enceintes portuaires ou aéroportuaires.
Le bénéficiaire de l’autorisation d’exploitation de MAD est appelé
exploitant.
CONDITION DE CREATION ET D’EXPLOITATION DES MAD.
*Agrément du régime :
Législation et réglementation douanières 24 K. K. KEDESSIM
La création des MAD est subordonnée à une autorisation
d’administrative (Arrêté du Ministre de l’Economie et des Finances).
Cependant, cette autorisation n’est pas exigée lorsqu’il s’agit des
MAD situés à l’intérieur des enceintes douanières et gérés par des
organismes de droits publics dûment habilités à opérer dans ce
cadre.
*Obligations de l’exploitant
L’exploitation des MAD est subordonnée à l’autorisation de
l’administration qui fixe les modalités de gestions et les règles de
fonctionnement des MAD.
Pour ce faire, l’exploitant du MAD doit :
Souscrire :
- soit : une soumission générale cautionnée en garantie
des droits et taxes ainsi que les pénalités éventuelles.
Le montant de cette soumission est susceptible de
révision à la fin de chaque année en tenant compte du
volume de trafics réalisés ;
- soit toute autre garantie agréée par l’administration ;
Souscrire une assurance pour couvrir les sinistres (vols,
incendies, avarie, explosion, etc.) susceptibles de
survenir aux marchandises stockées dans les MAD ;
Prendre à l’égard de l’administration des douanes la
responsabilité des marchandises placées dans les MAD ;
Recevoir dans les MAD les marchandises dont les
documents de transport sont libellés au nom de
l’exploitant (consignataire) ;
Remettre à l’administration, les marchandises
considérées comme abandonnées dans le MAD après
échéance du délai de séjour réglementaire ;
Présenter à première réquisition des agents de
l’administration des douanes les marchandises stockées
dans les MAD ;
Tenir une comptabilité-matières dans laquelle chaque
lot de marchandises doit faire l’objet d’une ligne
particulière affectée des numéros d’ordre.
Législation et réglementation douanières 25 K. K. KEDESSIM
- MARCHANDISES EXCLUES DES MAD :
Sont exclus des MAD :
- les animaux et marchandises en provenance de pays
contaminées ;
- les stupéfiants et substances psychotropes (Drogues) ;
- les armes de guerre, pièces d’armes et munitions de
guerre autres que celles destinées aux Forces
Armées togolaises;
- les écrits, imprimés, dessins, affiches, gravures,
peintures, photographies, clichés, matrices,
reproductions pornographiques et tous les objets
contraires aux bonnes mœurs ou de nature à troubler
l’ordre public ;
- les produits naturels ou fabriqués portant sur eux-
mêmes, soit sur des emballages une marque de fabrique
ou de commerce, un nom, un signe, une étiquette ou un
motif décoratif, des décorations, armoiries et emblèmes
nationaux ou de nature à faire croire à l’origine togolaise
desdits produits ;
- les marchandises et produits en mauvais état de
conservation ;
L’admission des marchandises dans les MAD est
subordonnée au dépôt préalable d’une Déclaration
Sommaire (DS7) au bureau de douane.
Le service procède en présence de l’exploitant ou de son
mandataire au pointage contradictoire des marchandises. Il
saisit ensuite l’état de dépotage.
*Séjour des marchandises
A L’IMPORT : A L’ENTREE :
A l’origine, la durée de séjour des marchandises dans les MAD est
fixée aujourd’hui à 120 jours.
Sont considérées comme abandonnées en douane, les marchandises
qui, a l’expiration du délai de séjour :
- n’ont pas fait l’objet d’une déclaration en détail leurs
assignant un régime douanier définitif ;
Législation et réglementation douanières 26 K. K. KEDESSIM
- Ayant fait l’objet d’une déclaration en détail (DDU) mais
qui n’ont pas été enlevées dans un délai d’un (01) mois à
compter de la date de son enregistrement et a condition
toutefois que les droits et taxes exigibles n’aient pas été
payés au garantis.
A la sortie :
Les marchandises ne peuvent être enlevées des MAD qu’après
accomplissement des formalités relatives à la DDU leur assignant un
régime douanier suivi, à l’issue de la procédure, de la délivrance, par
le service des douanes, de la main levée sur ces marchandises.
Le service doit apurer la déclaration sommaire (DS7) au fur et à
mesure de l’enlèvement des marchandises.
A l’export :
Les marchandises à l’exportation sont admises dans le M.A.D
et prises en charge sur un régime spécifique. Leur
dédouanement est effectué conformément au régime
d’exportation en vigueur.
CHAPITRE 4 : LA DECLARATION EN DETAIL
DEFINITION :
La déclaration en détail (DDU) est un acte juridique par lequel le
déclarant :
Législation et réglementation douanières 27 K. K. KEDESSIM
- exprime sa volonté d’assigner, aux marchandises
importées ou présentées à l’exportation, un régime
douanier donné ;
- s’engage à accomplir les obligations douanières
découlant de ce régime (paiement des droits et taxes
exigibles, exportation après transformation, etc.) et
- produire tous les documents nécessaires à l’identification
des marchandises et à l’application des mesures
douanières ou autres dont l’administration a la charge.
SECTION1 : GENERALITES
A- CARACTERE DE LA DECLARATION EN DETAIL
-caractère obligatoire de la déclaration en détail :
Toutes les marchandises importées ou présentées à l’exportation
doivent faire l’objet d’une déclaration en détail (DDU) leur assignant
un régime douanier.
L’exonération des droits et taxes ne les dispense pas de cette
obligation.
La déclaration en détail est donc obligatoire, que la marchandise soit
soumise ou non au paiement des droits de taxes de douane.
-Caractère portable de la déclaration en détail :
La déclaration en détail doit être déposée exclusivement dans un
bureau de douane ouvert à l’opération envisagée.
Elle doit être portée par le Déclarant ou son représentant au bureau
compétent et ce, même en cas de dépôt par procédé informatique,
ce qui exclut la voie la postale.
- Caractère écrit de la déclaration en détail :
obligations formelles qui en découlent
La déclaration en détail doit être :
- Faite par écrit :
- Signée par le déclarant ou, le cas échéant le
soumissionnaire ou la caution en cas d’engagements
souscrits. (Cas de régimes économiques en douane).
Législation et réglementation douanières 28 K. K. KEDESSIM
Elle ne peut être rédigée au crayon. Les interlignes ou surcharges ne
sont pas admises. Les ratures et renvois doivent être expressément
approuvés par le signataire.
Les voyageurs et frontaliers peuvent être autorisés à faire une
déclaration verbale.
-Caractère immuable de la déclaration en détail
Après leur enregistrement, ne peuvent plus être modifiées.
L’exactitude ou la fausseté des énonciations est appréciée d’après
ce qui a été déclaré.
L’enregistrement confère à la déclaration en détail un caractère
définitif.
Toutefois, le jour même du dépôt des déclarations et avant le
commencement de la vérification des marchandises, les déclarants
peuvent rectifier, en plus les éléments quantitatifs (valeur, quantité)
les éléments qualitatifs de la déclaration (origine, provenance,
espèce) et ce, avant la délivrance de la mainlevée.
B- LES ELEMENTS D’ASSIETTE DE LA DECLARATION EN
DETAIL
- L’espèce :
L’espèce des marchandises est la dénomination qui leur est
attribuée par le tarif des droits de douane (TEC/CEDEAO).
- Désignation commerciale des marchandises
L’espèce doit être complétée par la dénomination commerciale
usuelle desdites marchandises.
- L’origine :
Sont considérées comme étant originaires d’un pays déterminé, les
marchandises entièrement obtenues dans ce pays.
La déclaration en détail (DDU) doit indiquer :
*Le pays d’origine ;
*La provenance : (à l’importation, la déclaration en détail doit
mentionner le pays de provenance des marchandises) ;
*La destination : (à l’exportation, la déclaration en détail doit
indiquer le pays de destination définitive) et éventuellement le
premier port ou aéroport de destination.
Législation et réglementation douanières 29 K. K. KEDESSIM
- La valeur des marchandises :
A l’importation :
La valeur en douane des marchandises importées est la valeur
transactionnelle, c’est-à-dire le prix effectivement payé ou à payer
pour les marchandises lorsqu’elles sont vendues pour l’exportation à
destination du territoire assujetti après ajustement.
A l’exportation :
La valeur en douane est la valeur au comptant et en gros de la
marchandise au point de sortie et franche des droits et taxes
d’exportation.
- Le poids :
Il est exprimé en kilogrammes et il est déclaré net pour chacune des
espèces de marchandises reprises sur la formule de déclaration.
Quant au poids brut, il est mentionné au niveau des totaux.
- Les documents à annexer à la déclaration en
détail :
-Les factures concernant les marchandises déclarées en détail.
- L’attestation bancaire indiquant le nom de la banque
domiciliataire et le montant en devises facturés, le taux de
change et les références des titres d’importation ;
- Les bons de franchise s’il y a lieu, etc.
- Les autorisations d’importation ou d’exportation spécifiques à
tel ou tel produit levant les prohibitions ou restrictions prévues
par des textes non douaniers (répression des fraudes,
certificats sanitaire, phytosanitaire et vétérinaire, norme
industrielle, etc.) ;
- Titres d’importation ;
- A l’importation :
les titres de transport tels que les connaissements, les lettres
de transport aérien, les Bordereaux de transport aérien, les
lettres de voitures. Lorsque ces titres sont établis au porteur, ils
doivent indiquer le nom du propriétaire des marchandises ou de
son mandataire autorisé à enlever lesdites marchandises ;
- A l’exportation :
Législation et réglementation douanières 30 K. K. KEDESSIM
Les bulletins de mise à quai, de réception ou de dépôt ou tout
autre justificatif de mise en douane en vue de l’exportation des
marchandises ;
- Le certificat d’origine ou tout document en tenant lieu ;
- Les notes de détail qui indiquent par colis le poids, le nombre
et l’espèce des marchandises ; elles sont signées et datées par
le Déclarant et produites pour faciliter et accélérer la
vérification des marchandises.
- Les justificatifs d’inscription au registre du commerce s’il y a
lieu ; etc.
D-FORMES DE LA DECLARATION EN DETAIL
La déclaration peut être écrite, verbale ou faite par tout autre acte
par lequel le Déclarant marque sa volonté de placer les
marchandises sous un régime douanier.
La forme et les énonciations de la déclaration en détail à utiliser
pour la déclaration en douane des marchandises importées ou
présentées à l’exportation, sont définies par un Acte réglementaire
de l’instance communautaire UEMOA et ses textes d’application au
plan national. Il s’agit de déclaration unique des marchandises
(D.D.U).
Cette formule de DDU s’applique à tous les régimes douaniers
d’importation ou d’exportation à l’exclusion des opérations
couvertes par :
Des documents internationaux prévus par des conventions
internationales auxquelles le TOGO a adhéré ;
Des déclarations simplifiées ;
Des déclarations établies sur les modèles prévus par des
actes de l’Union Postale Universelle (U.P.U).
Législation et réglementation douanières 31 K. K. KEDESSIM