Université d’Antananarivo
ECOLE SUPERIEURE DES SCIENCES
AGRONOMIQUES
MENTION SCIENCES ANIMALES
MASTER II- Semestre 9
IMPACT DES PARAMETRES
L’EAU SUR LES
Présenté par : RAKOTONDRAIBE Miaro Andrian-Tahina Abrahama
Promotion : VAHENY Matsioka
Année Universitaire : 2024-202
Table des matières
I. Introduction ......................................................................................................................... 1
II. Les paramètres physico-chimiques dans l’eau .................................................................... 2
1. Température ..................................................................................................................... 2
2. PH .................................................................................................................................... 2
3. Nutriments (Nitrates, Phosphates)................................................................................... 3
4. Oxygène Dissous ............................................................................................................. 3
5. Turbidité .......................................................................................................................... 4
6. Salinité ............................................................................................................................. 4
7. Conductivité .................................................................................................................... 4
8. Polluants (Métaux Lourds, Pesticides) ............................................................................ 5
9. Courant et Turbulence ..................................................................................................... 5
III. Conclusion .......................................................................................................................... 6
IV. Références Bibliographiques .............................................................................................. 6
I. Introduction
Les écosystèmes aquatiques sont des milieux complexes où les interactions entre les
facteurs physico-chimiques et les organismes vivants déterminent la structure et la fonction
des communautés biologiques. Parmi ces organismes, les macrophytes occupent une place
centrale en raison de leur rôle dans la production primaire, la stabilisation des sédiments et
la création d'habitats. Cependant, les changements dans les paramètres physico-chimiques
de l'eau, tels que l'eutrophisation, l'acidification et la pollution, peuvent altérer
significativement la composition et la dynamique des communautés de macrophytes. Par
exemple, l'augmentation des concentrations en nutriments due aux activités agricoles et
urbaines a été identifiée comme un facteur majeur de déclin des macrophytes submergés
dans de nombreux lacs et rivières. Cette étude vise à évaluer l'impact de ces paramètres sur
les macrophytes et à proposer des mesures de gestion adaptées pour préserver ces
écosystèmes fragiles.
Les macrophytes jouent un rôle essentiel dans les écosystèmes aquatiques en fournissant
des habitats, en stabilisant les sédiments et en participant au cycle des nutriments.
Cependant, leur croissance et leur répartition sont fortement influencées par les paramètres
physico-chimiques de l'eau, tels que la température, le pH, les nutriments et la présence de
polluants (Wetzel, 2001). Cette étude vise à évaluer l'impact de ces paramètres sur les
communautés de macrophytes dans un écosystème aquatique spécifique. Les objectifs
incluent l'identification des paramètres clés affectant les macrophytes, l'évaluation des
seuils critiques pour chaque paramètre et la proposition de recommandations pour la gestion
et la conservation des écosystèmes aquatiques. Les résultats de cette étude contribueront à
une meilleure compréhension des interactions entre les macrophytes et leur environnement,
et fourniront des bases scientifiques pour la gestion durable des ressources aquatiques.
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II. Les paramètres physico-chimiques dans l’eau
Les macrophytes, ou plantes aquatiques, jouent un rôle crucial dans les écosystèmes
aquatiques en fournissant de l’oxygène, en réduisant la turbidité de l’eau et en offrant un
habitat pour de nombreuses espèces aquatiques. Cependant, ces plantes sont sensibles aux
paramètres physico-chimiques de l’eau, ce qui peut avoir un impact significatif sur leur
croissance et leur survie.
Les macrophytes ont besoin de certaines conditions pour prospérer, notamment une
température de l’eau adéquate, un pH optimal, une concentration en nutriments suffisante
et une bonne qualité de l’eau en général. Par exemple, une température de l’eau trop élevée
peut entraîner un stress thermique chez les macrophytes, ce qui peut compromettre leur
santé et leur croissance. De même, un pH déséquilibré peut affecter la disponibilité des
nutriments essentiels pour les plantes aquatiques.
1. Température
La température de l’eau est un facteur clé qui influence la physiologie des macrophytes. Ces
plantes aquatiques ont des plages de température optimales pour la photosynthèse, la
respiration et la croissance. Par exemple, certaines espèces comme les Potamogeton
préfèrent des eaux plus fraîches, tandis que d’autres, comme les Ceratophyllum, tolèrent
des températures plus élevées. Des températures trop basses peuvent ralentir le métabolisme
des plantes, réduisant leur croissance, tandis que des températures trop élevées peuvent
provoquer un stress thermique, entraînant une dégradation des protéines et une réduction de
la photosynthèse. De plus, les variations saisonnières de température jouent un rôle dans les
cycles de vie des macrophytes, influençant leur reproduction et leur dormance. Dans un
contexte de changement climatique, l’augmentation des températures de l’eau pourrait
favoriser certaines espèces au détriment d’autres, modifiant ainsi la composition des
écosystèmes aquatiques.
2. PH
Le pH de l’eau détermine l’acidité ou la basicité du milieu, ce qui affecte directement la
disponibilité des nutriments et la toxicité de certains éléments chimiques. Les macrophytes
préfèrent généralement un pH neutre à légèrement alcalin (6,5 – 8,5), car cela favorise la
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disponibilité des nutriments essentiels comme le phosphore et l'azote. Un pH trop acide
(inférieur à 6) peut libérer des métaux lourds comme l’aluminium, qui sont toxiques pour
les plantes. À l’inverse, un pH trop basique (supérieur à 9) peut limiter la disponibilité du
carbone inorganique, essentiel pour la photosynthèse. Les fluctuations rapides du pH,
souvent causées par des activités humaines comme le rejet de produits chimiques, peuvent
stresser les macrophytes et perturber leur croissance.
3. Nutriments (Nitrates, Phosphates)
La concentration en nutriments, tels que le phosphore et l’azote, est également un facteur
déterminant pour la croissance des macrophytes. Un excès de nutriments peut entraîner une
prolifération de plantes aquatiques, en particulier d’espèces envahissantes, ce qui peut
perturber l’équilibre écologique de l’écosystème aquatique. D’autre part, un manque de
nutriments peut limiter la croissance des macrophytes et les rendre plus vulnérables aux
maladies et aux attaques de parasites.
Les nutriments, en particulier les nitrates (NO₃⁻) et les phosphates (PO₄³⁻), sont essentiels à
la croissance des macrophytes. Cependant, un excès de ces nutriments, souvent dû à des
rejets agricoles ou urbains, peut entraîner une eutrophisation. Ce phénomène provoque une
prolifération excessive des macrophytes et des algues, ce qui réduit la lumière disponible
dans l’eau et diminue les niveaux d’oxygène dissous. Cela peut créer des conditions
hypoxiques ou anoxiques, néfastes pour les macrophytes et les autres organismes
aquatiques. Certaines espèces, comme les Lemna (lentilles d’eau), profitent de ces
conditions, tandis que d’autres, comme les Myriophyllum, peuvent être supplantées. Une
gestion équilibrée des nutriments est donc cruciale pour maintenir des écosystèmes
aquatiques sains
4. Oxygène Dissous
L’oxygène dissous est vital pour la respiration des macrophytes, surtout la nuit lorsque la
photosynthèse ne produit pas d’oxygène. Des niveaux adéquats d’oxygène dissous
(généralement supérieurs à 5 mg/L) sont nécessaires pour maintenir les fonctions
métaboliques des plantes. Une diminution de l’oxygène dissous, souvent causée par une
décomposition excessive de matière organique ou une eutrophisation, peut stresser les
macrophytes et réduire leur croissance. Dans les cas extrêmes, un manque d’oxygène peut
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entraîner la mort des plantes et favoriser la dominance d’espèces plus tolérantes aux
conditions anaérobies, comme certaines algues. Les macrophytes jouent également un rôle
important dans la production d’oxygène via la photosynthèse, contribuant ainsi à l’équilibre
de l’écosystème aquatique.
5. Turbidité
La turbidité, qui mesure la clarté de l’eau, affecte directement la pénétration de la lumière,
un facteur essentiel pour la photosynthèse des macrophytes. Une turbidité élevée, souvent
causée par des particules en suspension ou des proliférations d’algues, réduit la quantité de
lumière atteignant les plantes submergées. Cela peut limiter leur croissance et favoriser les
espèces flottantes ou émergentes, comme les Nymphaea (nénuphars), qui ont un accès direct
à la lumière. À long terme, une turbidité persistante peut modifier la composition des
communautés de macrophytes, réduisant la biodiversité et affectant les habitats aquatiques.
La gestion de la turbidité, par exemple en contrôlant l’érosion des sols ou en réduisant les
rejets de nutriments, est donc essentielle pour préserver les écosystèmes aquatiques.
6. Salinité
La salinité, ou concentration en sels dissous, influence l’équilibre osmotique des
macrophytes. Les espèces d’eau douce, comme les Elodea, sont généralement sensibles à
des niveaux élevés de salinité, qui peuvent provoquer un stress osmotique, réduisant leur
capacité à absorber l’eau et les nutriments. En revanche, certaines espèces, comme les
Ruppia, sont adaptées aux environnements saumâtres ou salins. L’augmentation de la
salinité, due à des phénomènes naturels (intrusion d’eau salée) ou anthropiques (rejets
industriels), peut donc modifier la composition des communautés de macrophytes,
favorisant les espèces tolérantes au sel. Cela peut avoir des répercussions sur l’ensemble de
l’écosystème, notamment sur les organismes dépendant des macrophytes pour leur habitat
ou leur nourriture.
7. Conductivité
La conductivité de l’eau est une mesure de sa capacité à conduire le courant électrique, ce
qui est directement lié à la concentration en ions dissous. Une conductivité élevée peut
indiquer une forte concentration en sels, en métaux ou en autres substances dissoutes. Pour
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les macrophytes, une conductivité trop élevée peut perturber l’équilibre ionique des cellules,
affectant leur croissance et leur santé. Par exemple, une eau riche en chlorures ou en sulfates
peut être toxique pour certaines espèces. La conductivité est souvent utilisée comme
indicateur de la qualité de l’eau, car elle reflète la présence de polluants ou de minéraux
dissous. Une gestion attentive de la conductivité est donc nécessaire pour préserver les
écosystèmes aquatiques et les communautés de macrophytes.
8. Polluants (Métaux Lourds, Pesticides)
Les polluants, tels que les métaux lourds (plomb, cadmium, mercure) et les pesticides,
peuvent avoir des effets toxiques sur les macrophytes. Ces substances peuvent inhiber la
photosynthèse, endommager les membranes cellulaires et perturber les processus
métaboliques. Par exemple, le cuivre, bien qu’essentiel à faible dose, devient toxique à des
concentrations élevées, inhibant la croissance des plantes. Les pesticides, comme les
herbicides, peuvent cibler spécifiquement les macrophytes, réduisant leur diversité et leur
abondance. De plus, certains polluants peuvent s’accumuler dans les tissus des plantes
(bioaccumulation), affectant les herbivores et les prédateurs aquatiques. La réduction des
rejets de polluants est donc cruciale pour protéger les macrophytes et les écosystèmes
aquatiques.
9. Courant et Turbulence
Le courant et la turbulence de l’eau influencent la distribution et la croissance des
macrophytes. Un courant fort peut empêcher l’établissement des plantes en déracinant les
jeunes pousses ou en limitant la sédimentation des nutriments. Cependant, un courant
modéré peut être bénéfique en apportant des nutriments et en prévenant l’accumulation de
sédiments. Les espèces comme les Ranunculus sont adaptées aux eaux courantes, tandis que
d’autres, comme les Nuphar, préfèrent les eaux calmes. La turbulence peut également
affecter la disponibilité de la lumière et des gaz dissous, influençant la photosynthèse et la
respiration. La gestion des flux d’eau, par exemple dans les rivières ou les canaux, doit donc
tenir compte des besoins spécifiques des macrophytes pour préserver leur habitat.
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III. Conclusion
Les macrophytes, en tant que composants essentiels des écosystèmes aquatiques, sont
fortement influencés par les paramètres physico-chimiques de l’eau. Cette recherche a
permis de mettre en évidence les impacts significatifs de facteurs tels que la température, le
pH, les nutriments, l’oxygène dissous, la turbidité, la salinité et les polluants sur la
croissance, la répartition et la santé des communautés de macrophytes. Les résultats
montrent que des changements dans ces paramètres, souvent induits par les activités
humaines, peuvent entraîner des déséquilibres écologiques, tels que l’eutrophisation, la
réduction de la biodiversité et la dominance d’espèces tolérantes aux conditions extrêmes.
Les paramètres physico-chimiques de l’eau jouent un rôle central dans la vie des
macrophytes, influençant leur croissance, leur répartition et leur santé. La compréhension
de ces interactions est cruciale pour la gestion durable des écosystèmes aquatiques. Les
recommandations issues de cette étude, telles que la surveillance continue des paramètres
physico-chimiques, la réduction des apports en nutriments et le contrôle de la pollution,
offrent des pistes concrètes pour préserver les macrophytes et les services écosystémiques
qu’ils fournissent. En protégeant ces plantes, nous contribuons non seulement à maintenir
la biodiversité aquatique, mais aussi à assurer la résilience des écosystèmes face aux
changements globaux.
En conclusion, elle souligne l’importance d’une approche intégrée et proactive pour la
conservation des macrophytes et des écosystèmes aquatiques. Les efforts de recherche et de
gestion doivent se poursuivre pour mieux comprendre les dynamiques complexes entre les
macrophytes et leur environnement, et pour mettre en œuvre des stratégies efficaces de
préservation.
IV. Références Bibliographiques
• Bornette, G., & Puijalon, S. (2011). Response of aquatic plants to abiotic factors: a
review. Aquatic Sciences, 73(1), 1-14.
• Hilt, S., & Gross, E. M. (2008). Physiological responses of aquatic plants to
eutrophication. In Ecological adaptations of aquatic plants to environmental stress (pp.
173-194). Springer, Dordrecht.
• Victor Désiré Taffouo, Rhode Adley Ikoli Saya, Lawrence Oben Mbeng, Minette
Tomedi Eyango (2017). "Impacts des caractéristiques physico-chimiques des eaux sur
la distribution du phytoplancton et des macrophytes de la rivière Nkam (Cameroun)".
International Journal of Biological and Chemical Sciences, 11(1), 239-252
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• Wetzel, R. G. (2001). Limnology: Lake and River Ecosystems. Academic Press.