Paramètres réticulocytaires en pharmacie
Paramètres réticulocytaires en pharmacie
MEMBRES DU JURY
M. [Link] PRESIDENT
Professeur d’anesthésie réanimation
Mme N. MESSAOUDI RAPPORTEUR
Professeur d’hématologie biologique
Mme [Link]
Professeur de parasitologie
Mme [Link] JUGES
Professeur de biochimie
Mme [Link] HAMZAOUI
Professeur de microbiologie
DEDICACES
Tout puissant Qui m’a inspiré Qui m’a guidé dans le bon chemin Je vous dois ce que je suisdevenue Louanges
et remerciements Pour votre clémence et miséricorde.
A MA TRES CHERE MERE
Cetravailestlefruitdetesefforts,detonamour,detesprières [Link]éle
meilleurdetoimême à notre éducation et à notre réussite. Puisse le Grand DIEU me permettre de te le rendre
au centuple. Tes peines, tes privations, tes sacrifices n'ont pas de mesure à mes yeux. C'est immense comme si je
m'arrêtais devant la mer, le regard cherchant une limite invisible...Bon DIEU, les mots me manquent. Je
t'admire car tu as eu maintes fois des occasions de t'effondrer mais avec ta force de caractère, tu as toujours su te
relever. Ni le Larousse, nileRobertnemesuffisentpourexprimeràsajustevaleurce quejeressenspourtoi.
Aujourd'huij'aimeraist'offrirla récompense de tes efforts en te disant toute la fierté et le bonheur que j'ai de
t'avoir comme maman chérie...Sois rassurée chèremamandemonindé[Link]
t'accorde longue vie auprès de nous.
A MON TRES CHER PERE
Permets-moidecoulerunelarmedebonheurpourtediremerci [Link] souci majeur est et demeure le bonheur et
la réussite de tes enfants. Ton docteur est enfin là. Tes prières, tes conseils nuit etjour,tarigueurdansnotre
éducation,tonamourdutravail bienfait,tonhonnêteté,tadiscrétion,ettouslessacrifices consentis pour
notre éducation m'ont guidé chaque jour de ma [Link]éladroituremaisaussiàéviterles
solutions de facilité. Ton souci pour ma soutenance depuis tant d'annéesestdevenuréalité.Mercipourceque
tuasfaitettout [Link]'accordesantéet longévitéet qu'ilm'aide àcequeje
puisseaccomplirpleinement [Link]'aipastoujourssu m'exprimer en ces
termes, aujourd'hui j'ai envie de te dire... je t'aime papa. merci de m’avoir donné un magnifique modèle de labeur
etdepersévéranceMercid’avoirtoujoursétélàpourmoi. J’espère que tu trouveras dans ce travail, une infime
partie de ma reconnaissance éternelle.
A MON FRERE, MES SŒURS
Vous avez toujours été près de moi, vous m’avez toujours offert beaucoup de tendresse et d’affection et vous
m’avez toujours épaulée pendant mon parcours estudiantin. Merci, d’avoirmontrétantdecomplaisanceet
deserviabilitéàmonégard. Puisse Allah, le Très-Haut, vous accorder une vie heureuse et un avenir prospère.
A MES GRANDS-PARENTS
Je vous dédie cette thèse en témoignage de gratitude d'estime et d'attachement. Puisse dieu vous accorder
santé, Longue vie et prospérité.
A MES TRES CHERS AMIS
Je ne peux trouver les mots justes et sincères pour vous exprimer mon affection et mes pensées. Vous
êtes pour moi des frères, des sœurs et des amis sur qui je peux compter. En témoignage de la forte
amitié qui nous unit, de l’attachement, des souvenirs de ces années pendant lesquelles nous avons
partagé joies et difficultés, des préparations passées ensemble et de nos disputes parfois, je vous dédie,
chers amis, ce travail signe de l’affection que j’ai pour vous avec tous mes meilleurs vœux de bonheur,
de santé et de réussite. Ensemble, nous avons bâti notre avenir. Après ma famille, vous êtes les
personnes qui comblent mon quotidien et dont j’apprends énormément.
A tous ceux qui ont participé de près ou de loin à la réalisation de cetravail.
A tous ceux qui m’ont transmis leur savoir depuis la maternelle jusqu’à cejour.
Atousceuxconnusouinconnusquivontfeuilleterunjource travail. A tous ceux qui ont pour mission cette
pénible tâche de soulagerl’êtrehumain,d’essayerdeluiprocurerlebien-être physique, psychique et social.
A toutes les personnes malades et qui souffrent, que dieu nous aide à apaiser vos souffrances, que dieu vous
garde et vous accorde des jours meilleurs.
A tous ceux dont l’oubli du nom n’est pas celui du cœur.
REMERCIEMENTS
A notre Maître et Président de Jury, M. [Link] Professeur agrégé en anesthésie
réanimation à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rabat
Nous sommes très honorés de vous avoir comme président du jury de notre thèse. Veuillez, monsieur le
professeur, trouver dans ce travail l’expression de notre sincère considération et de notre profond
respect.
Merci!
A notre Maître et Rapporteur de thèse Mme
[Link], Professeur d’Hématologie biologie à la Faculté de Médecine et de
Pharmacie de Rabat
Mes sincères remerciements viennent en premier lieu à vous Mme. [Link], vous qui m’avez
permis de réaliser à bien cette thèse.
Vos conseils et votre gentillesse m’ont été considérablement précieux.
Vous m’avez toujours réservé un bon accueil malgré vos obligations professionnelles.
Je suis très heureux de pouvoir exprimer ma profonde gratitude pour tous les efforts que vous avez
déployés afin que ce travail puisse aboutir.
Merci !
A notre Maître et Membre du jury,
Mme. [Link] Professeur de Parasitologie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie
de Rabat
Votre assistance parmi les membres du jury de thèse nous honore beaucoup.
Votre sympathie et votre gentillesse nous encouragent et nous incite d’avantage à vouloir puiser de
votre savoir.
Permettez-nous chère professeur de vous exprimer nos remerciements les plus sincères.
Merci !
A notre Maître et Membre du jury,
Mme. [Link] Professeur de Biochimie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de
Rabat
Votre assistance parmi les membres du jury de thèse nous honore beaucoup.
Votre sympathie et votre gentillesse nous encouragent et nous incite d’avantage à vouloir puiser de votre
savoir.
Permettez-nous chère professeur de vous exprimer nos remerciements les plus sincères.
Merci !
A notre Maître et Membre du jury, Mme. [Link] HAMZAOUI Professeur de
Microbiologie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rabat
C’est pour nous un honneur et un grand privilège de vous avoir dans notre jury de thèse.
Merci pour la simplicité que vous avez témoigné en acceptant de siéger parmi notre jury de thèse.
Veuillez trouver dans ce travail, l’expression de notre gratitude et de notre grande estime.
Merci !
LISTE DES ABREVIATIONS
i
LISTE DES ABREVIATIONS
ii
g : gramme
GR : Érythrocyte ou globule rouge (GR)
HAR : High absorbance reticulocyte
HAS : Haute Autorité de Santé
Hb F: Hemoglobine F
Hb: Hemoglobin
HDWr: Reticulocyte hemoglobin distribution width
HFR: High-fluorescence Reticulocyte
HLR: high light scatter reticulocytes
HAR, H-RET%: high adsorbance reticulocytes
Ht: Hématocrite
Hypo-He Hypochromic erythrocytes
IMM%: immature reticulocytes
IPR : Index de production réticulocytaire
IRF: Immature reticulocyte fraction
IRF-D: IRF doubling time
l: Litre
LAR: low absorbance reticulocyte
LFR: Low-fluorescence reticulocyte
LAR, L-RET%: low adsorbance reticulocytes
MAR: Medium absorbance reticulocyte
MCV: Mean corpuscular volume
MDS : syndrome myélodysplasique
MFI : mean fluorescence index
MFR : Medium-fluorescence Reticulocyte
mg : miligramme
MRC : Maladie rénale chronique
MAR ,M-RET%: medium adsorbance reticulocytes),
NCCLS-ICSH: Clinical and Laboratory Standards Institute and International
Council for Standardization in Hematology
iii
PBSCT: Peripheral blood stem cell transplant
PE: proerythroblaste
pg: picogramme
RBC: Red blood cell
RDW: Red cell size distribution width
RDWr : Indice de distribution du volume des reticulocytes
RDWr: Reticulocyte distribution widths
RDWR-CV: reticulocyte distribution width, coefficient of variation
RDWR-SD: reticulocyte distribution width, standard deviation
Ret: Reticulocyte
HFR, RETH%: high fluorescent reticulocytes
RetHb : Hemoglobine réticulocytaire
Ret-He : L’équivalent du contenu réticulocytaire en hémoglobine
LFR, RETL%: low fluorescent reticulocytes
MFR, RETM%: medium fluorescent reticulocytes
RET-Y: Reticulocyte hemoglobin parameter
r-HuEPO: recombinant human erythropoietin
RMI: Reticulocyte maturity index
ROC: Receiver-operator characteristic
RPI: Reticulocyte production index
RsTf: Soluble transferrin receptor
SH : Spherocytose Héréditaire
SS : Lumière diffractée à grand angle (side scattered light)
STfR/F: Soluble transferrin receptor–ferritin index
TNF : Le facteur de nécrose tumorale (Tumor necrosis factor)
VGM : Volume globulaire moyen
VRM, MRV, MCVr : Volume réticulocytaire moyen
VRMR : Degré d’insuffisance
β: beta
iv
LISTE DES ILLUSTRATIONS
v
LISTE DES FIGURES
N° Titre Page
1 Schéma de l’érythropoïèse 6
2 Les stades de l’érythropoïèse 6
3 Les précurseurs érythroïdes 9
Micrographie électronique à balayage montrant des formes de
4 réticulocytes normales ; la membrane lobulaire des réticulocytes 11
est représentée par les flèche
5 Coloration des réticulocytes au bleu de Cresyl brillant 12
6 Schéma des différents stades des réticulocytes 13
Analyse de réticulocytes par diffraction laser, combinée la
7 26
détection de l’ARN par fluorescence ou par absorbance
8 Cytogramme fourni par l’automate Horiba 24
9 Cytogramme fourni par l’automate Sysmex 25
10 Cytogramme founi par l’automate Beckman Coulter 26
11 Schéma général de diagnostic de la carence en fer 38
Relation entre CHr et la probabilité d’une carence martiale ou
12 39
d’une anémie ferriprive
13 Mécanisme de l’anémie des maladies chroniques 43
Différenciation de l’anémie chez les patients atteints de cancer en
14 fonction du fer corporel (RsTf/Log ferritine) et du fer disponible 45
pour l’érythropoïèse (CHr)
Algorithme décisionnel pour différencier une anémie ferriprive,
15 48
inflammatoire et mixte
vi
LISTE DES TABLEAUX
N° Titre Page
1 Tableau récapitulatif des différents paramètres réticulocytaires 19
les principes de mesure des paramètres réticulocytaires sur les
2 27-28
automates disponibles sur le marché
les intervalles de référence des paramètres réticulocytaires chez
3 30
l’adulte en fonction des automates
Les paramètres réticulocytaires mesurés chez des patients avec
4 33
MDS et chez un groupe de témoins
Le résumé des études de la maturité des réticulocytes chez des
5 patients recevant des transplantations de moelle ou des cellules 35
souches
6 Outil de diagnostic de sphérocytose 36
Paramètres utilisés pour le diagnostic de l'anémie ferriprive dans
7 45
l'étude de Markovic et al.
Evolution des différents paramètres biologiques au cours d’une
8 47
anémie ferriprive, inflammatoire et mixte
9 Recapitulatif des applications des parametres reticulocytaires 49
10 Paramètres réticulocytaires chez les sujets non anémiques 50
Proposition de classification des anémies combinant la
11 numération des réticulocytes et les nouveaux indices 51
réticulocytaires
vii
SOMMAIRE
viii
INTRODUCTION…………………………………………………………………………….1
PARTIE I : RAPPEL SUR L’ÉRYTHROPOÏESE ET LES RETICULOCYTES
…………………………………………………………………….…….…………………….. 4
I. Érythropoïèse ……………………………………….......................….……………………..5
A. Définition …………………………………………………….….………………………5
B. Localisation …………………………………………………….….…………………….5
C. Caractères généraux …………………………………………….………….……………5
D. Amplification et maturation ………………………...…………….……………….……7
E. Les différentes cellules de la lignée érythrocytaire ………………………….…………..7
1. Le proérythroblaste ……………………………….…………………......……………8
2. Les érythroblastes basophiles ………………...…………………………..…..………8
3. Les érythroblastes polychromatophiles ………………………………….……….…..8
4. L’érythroblaste acidophile ………...…………………….…………...……………….8
5. Le réticulocyte ………………..………………………………………………………8
6. L’érythrocyte ou le globule rouge ....………………………..………………………..9
II. Le réticulocyte …..………………………………………….……………………….…….10
A. Définition ……………………………………………….………………….…………..10
B. La maturation du réticulocyte en érythrocyte ……………………………..…...………10
C. Mise en évidence ………………………………...…………………..………………...11
D. Classification ………….……………………...……….……………….………………12
PARTIE II : LES PARAMETRES RETICULOCYTAIRES ……..………….……….…14
I. Les paramètres de maturation ..……………………………………………….…………....15
A. L’indice de maturité réticulocytaire (RMI) ……………………………………….…...15
B. La Fraction de réticulocytes immatures (IRF) ………………………………….……...15
C. L’index de production réticulocytaire …………………….………………....………...16
II. Les paramètres volumétriques ……………..………………………..……………….........16
A. Volume réticulocytaire moyen …………………………………..…………...………..16
ix
B. Le degré d’insuffisance (VRMR) ……...……………………………………..………..17
C. L’indice de distribution du volume des réticulocytes (RDWr) ………...……………...17
III. Les paramètres hémoglobiniques ………………………………………………………...17
A. La concentration moyenne d'hémoglobine des réticulocytes (CHCMr) …...………….17
B. Le contenu réticulocytaire en hémoglobine (CHr) ……………………………….…....17
C. L’équivalent du CHr (Ret-He) …………………………….……………….…………..17
D. L’hémoglobine réticulocytaire (retHb) …………...………………………….………...18
E. F-Réticulocyte …………………………..……………………….....................………..18
IV. Les autres paramètres …………………..….…………………………………………….18
PARTIE III : TECHNIQUES DE DETERMINATION DES PARAMETRES
RETICULOCYTAIRES ………………..……………………………….…………….…...20
I. Les principes de l’analyse de réticulocytes ………………………….…………………….21
A. Analyse par impédance …………………………..……………….……………………21
B. Analyse par conductivité ou Courant haute fréquence …………….…………….….....21
C. Détection optique par Cytométrie ……………………………….……………………..21
[Link] diffusion lumineuse ………………….…………………..……………...............21
[Link] fluorescence ………………………………………….…………………………22
3.L’absorption lumineuse ……………………………….…………….……………...23
II. Les principaux graphiques obtenus ………………………….……………………………24
III. Les valeurs de référence ………………………………….…………….………………...29
PARTIE IV : APPLICATIONS DES PARAMETRES RETICULOCYTAIRES
…………………………………………………………….….…………………………….... 31
I. Les paramètres de maturation …………………………….…………….………………….32
A. Dans l’anémie macrocytaire ………………………….………………………………..32
B. Dans la greffe de la moelle osseuse ……………………..……...……………………...34
C. Dans la sphérocytose héréditaire ………………………......…………………...……...36
D. Dans le traitement par l’érythropoïétine …….…………………………………………37
II. Le CHr et Ret-He ……………………………………………………….………………...37
x
A. Dans l’anémie ferriprive ……………………………………………….……………...37
1. Anémie ferriprive chez l’adulte ………………………………….…………………...37
2. Anémie ferriprive chez l’enfant ……………………………………….......................39
[Link] particulier de l’anémie ferriprive de l’insuffisance rénale……………………..…40
B. Dans la surveillance du traitement par l’érythropoïétine recombinante …...……..…... 41
C. Dans l’anémie des maladies chroniques……… ……………………………...…...…...42
D. Les autres intérêts de CHr ………………….………………………………...…..……46
III. Le volume réticulocytaire et degré d’insuffisance …………………………………..…...48
IV. Récapitulatif des applications des paramètres réticulocytaires ……………………..……49
V. Proposition de classification des anémies en fonction des paramètres
réticulocytaires…………………………………………………………..………………...….50
CONCLUSION …………………………………...…………………….…………………...52
RESUMES …………………...……………………...………………….………………….. 54
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES...……………………………..……………….... 58
xi
INRODUCTION
1
Pendant toute la période microscopique de l'histoire, la détermination du nombre des
réticulocytes sanguins étaient exprimés par le pourcentage de réticulocytes au sein de la
population érythrocytaire et leur nombre absolu par microlitre de sang . C’est un examen de
routine réalisé dans le but d’apprécier le caractère régénératif ou non d’une anémie, de suivre
son évolution ou d’évaluer la réponse à un traitement anti-anémique.
Les progrès de la médecine reposent notamment sur la détection précoce des pathologies,
ce qui permet de mettre en place rapidement des traitements et donc d’augmenter les chances
de guérison des patients. Ces progrès sont dus à l’évolution des connaissances médicales et
aux avancées technologiques des appareils de diagnostic. La cytométrie en flux est une
technique d’aide au diagnostic permettant de réaliser des mesures rapides des propriétés
physiques, biologiques, fonctionnelles et biochimiques des particules individuelles se
déplaçant à vitesse rapide au sein d’un milieu liquide. Cette technique est généralement
appliquée à des cellules biologiques y compris les réticulocytes.
La numération automatisée des réticulocytes a gagné progressivement du terrain comme
en témoigne la plupart des analyseurs actuels d'hématologie qui ont introduit cette nouvelle
possibilité dans leurs modèles haut de gamme [1]. Initialement réalisée à l’aide de
cytofluoromètres en flux non spécifiques puis de cytomètres en flux dédiés, la numération
automatisée des réticulocytes est maintenant incluse sous forme de technique soit semi-
automatique soit totalement automatisée [2-6]. Diverses techniques sont utilisées, illustrant le
fait qu'il n'existe pas encore de méthode de référence. Le microscope reste donc un bon
moyen de validation des résultats fournis par les automates[7].
Si le décompte manuel par microscopie optique reste une méthode classique, les méthodes
automatisées développées pendant les deux dernières décennies ont montré leur exactitude,
leur précision et un faible temps de réalision. De plus, divers paramètres dérivés de l’analyse
des réticulocytes (volume, concentration en hémoglobine, niveau de maturité), impossibles à
obtenir par microscopie optique, sont maintenant proposés par tous les automates
d’hématologie cellulaire récents à forte cadence [2-6, 8]. Ces nouveaux paramètres ont suscité
l'intérêt des études concernant leur utilité clinique, leurs interprétations et leurs applications
[9].
2
Les objectifs de notre travail sont :
• Faire connaitre les différents paramètres réticulocytaires disponibles et
actuellement réalisables sur les automates d’hématologie.
• Savoir les interpréter.
• Evaluer, à travers les études publiées, leurs applications actuelles en
pathologie.
3
PARTIE I : RAPPEL SUR L’ÉRYTHROPOÏESE ET LES
RETICULOCYTES
4
I. Érythropoïèse
A. Définition
L’érythropoïèse est l’ensemble des mécanismes qui aboutissent à la formation des globules
rouges et au maintien du nombre de globules rouges et de l’hémoglobine dans les limites
physiologiques.
B. Localisation
Chez l’homme adulte normal, les cellules de la série érythrocytaire se trouvent dans la
moelle osseuse hématopoïétique. Chez le fœtus et dans certains états pathologiques, le foie, la
rate et d’autres organes peuvent aussi présenter une activité érythropoïétique [10].
C. Caractères généraux
L’érythropoïèse est caractérisée par l’engagement de la cellule souche hématopoïétique
multipotente à l’origine de tous les éléments du sang vers un progéniteur érythroïde qui, en se
différenciant, va diminuer ses capacités de prolifération et aboutir à la formation
d’érythrocytes. La lignée érythrocytaire provient d’une cellule souche myéloïde le CFU-
GEMM, qui est ensuite déterminée en BFU-E et en CFU-E. Ce précurseur se différencie à son
tour en proérythroblaste qui se reconnait déjà sous le microscope optique Figure1 [11].
A partir de là, les autres précurseurs érythroïdes (Figure 2) vont se succéder. Ce sont:
• Le proérythroblaste (PE)
• L’érythroblaste basophile (EB)
• L’érythroblaste polychromatophile (EP)
• L’érythroblaste acidophile (EA)
• Le réticulocyte (R)
• L’érythrocyte ou globule rouge
5
Figure 1: Schéma de l’érythropoïèse
6
D. Amplification et maturation
L’érythropoïèse est un processus de maturation cellulaire continue qui résulte de deux
phénomènes normalement synchronisés :
- La maturation nucléaire
- La maturation cytoplasmique avec synthèse de l’hémoglobine. Schématiquement
l’érythropoïèse est divisée en deux étapes :
1-L’érythropoïèse précoce : pendant laquelle une cellule souche hématopoïétique
médullaire restreint sa multipotence et s’engage définitivement dans la voie de la lignée
érythroblastique.
2-L’érythropoïèse tardive : correspond à la phase de maturation terminale de ces
progéniteurs, sous la dépendance de l’érythropoïétine (EPO). Cette phase est marquée à la fois
par l’acquisition des caractéristiques cytologiques et phénotypiques spécifiques de la lignée et
par une expansion massive et finement régulée du compartiment érythroïde jusqu’au stade
réticulocytaire.
Cette maturation a pour principale caractéristique, la production et l’accumulation de
l’hémoglobine, mais s’accompagne également d’un certain nombre de divisions cellulaires
permettant une amplification de la production des cellules [12]. A partir du proérythroblaste,
il y a 4 divisions cellulaires, qui aboutissent donc à la production de 16 cellules adultes. Il y
a 2 mitoses entre le stade de proérythroblaste à érythroblaste basophile, puis les mitoses se
succèdent jusqu’au stade de l’érythroblaste acidophile. A ce stade-là, il n’y a plus de division
cellulaire [11]. Même si l’érythroblaste acidophile ne se divise plus, la maturation se poursuit,
le noyau est expulsé donnant naissance au réticulocyte [11]. Celui-ci reste 24 et 36 heures
dans la moelle osseuse, puis passe dans le sang, où il lui faut environ 24 heures pour se
transformer en globule rouge [10].
E. Les différentes cellules de la lignée érythrocytaire
L’évolution des cellules de la lignée érythroblastique se traduit donc par une modification
morpho-cytologique de la cellule originelle : la taille de son noyau va se réduire pendant
que le cytoplasme va passer d’une coloration basophile à une coloration acidophile,
1
conséquence de l’augmentation de la quantité d’hémoglobine cytoplasmique concomitante à la
perte des ribosomes Figure 3 [12].
1. Le proérythroblaste
C’est la cellule la plus jeune de la lignée érythrocytaire représentant environ 0,5 % des
cellules médullaires. C'est une cellule de grande taille (25 à 28 µm de diamètre), arrondie ou
légèrement ovale, au rapport nucléo-cytoplasmique élevé (autour de 0,8). La chromatine est
fine avec un ou deux nucléoles peu nets. Le cytoplasme est réduit à une mince couronne péri-
nucléaire dont la basophilie intense «bleu de Prusse» est caractéristique [10, 12]. Les contours
du cytoplasme peuvent montrer des expansions.
2. Les érythroblastes basophiles
Ils constituent environ 5% des cellules nucléées de la moelle. Ce stade est caractérisé par la
perte progressive de l’hyperbasophilie du cytoplasme. La taille du noyau est de 15 à 18 µm.
Dans le noyau la chromatine se dispose en mottes sans nucléole. Le cytoplasme présente une
teinte bleu uniforme [10, 12].
3. Les érythroblastes polychromatophiles
La taille se réduit encore (10 à 12 µm). Leur noyau ne représente plus que le quart de la
cellule. Le cytoplasme, dans lequel la concentration d’hémoglobine augmente petit à petit,
prend une série de nuance allant progressivement du bleu au rose [10, 12].
4. L’érythroblaste acidophile
De forme arrondie, cette cellule a une taille de 10µm avec un rapport noyau/cellule <0,5.
Le noyau est rond avec une chromatine très dense dite « picnotique » sans nucléole. Le
cytoplasme est acidophile (rose orangé). Le noyau sera expulsé de la cellule pour donner
naissance au reticulocyte [10, 12].
5. Le réticulocyte
C’est une cellule anuclée, d’environ 8 µm de diamètre, qui possède encore quelques
organites cellulaires, en particuliers les mitochondries et les ribosomes qui sont des complexes
ribonucléoprotéiques faits de composés de protéines et d'ARN. Les ribosomes sont
responsables d’une basophilie discrète et précipitent en présence de colorants dits basiques
comme le bleu de Crésyl brillant. A ce stade, le réticulocyte quitte la moelle osseuse en
2
traversant la paroi d’un capillaire pour gagner la circulation générale [10, 12].
6. L’érythrocyte ou le globule rouge
C’est une cellule anuclée de 7-10µm, discoïde, biconcave avec une zone centrale claire,
dépourvue de noyau et d’organites. Cette cellule contient une importante quantité
d'hémoglobine [10, 12]. Elle a un volume de 83µm3, une surface de 145 µm2 et une épaisseur
de 2.4 µm.
3
II. Le réticulocyte
C’est le professeur Paul Ehrlich qui a décrit les réticulocytes pour la première fois, en 1881,
en révélant leur structure filamenteuse grâce à la coloration supra-vitale. Puis, il faudra
attendre presque 100 ans afin d’avoir une définition uniforme de cette cellule.
A. Définition
Selon le NCCLS (National Committe for Clinical Laboratory Standardisation) un
réticulocyte est un érythrocyte contenant au moins deux particules d’ARN ribosomal pouvant
être mise en évidence au moyen d’une coloration supra-vitale.
B. La maturation du réticulocyte en érythrocyte
C’est donc une cellule anucléée, d’environ 8 µm de diamètre, qui possède encore quelques
organites cellulaires, en particuliers mitochondries et ribosomes. Le réticulocyte est le dernier
stade avant l’hématie. C’est un globule rouge immature. On lui donne ce nom dès le moment
où le noyau est expulsé jusqu’à ce qu’il devienne un érythrocyte, c’est à dire jusqu’à ce que la
cellule prenne la forme biconcave et ne contienne plus aucune organelle [10]. C’est une
cellule très particulière de l’organisme, puisqu’elle séjourne successivement au sein de la
moelle osseuse, puis dans la circulation sanguine [13]. Effectivement, après la perte du
noyau ; le réticulocyte commence sa maturation dans la moelle et y séjourne entre 2 à 3 jours.
Puis, il traverse la paroi endothéliale d’un capillaire d’un sinus de la moelle osseuse et passe
dans la circulation sanguine. De là, il achève sa maturation, la cellule se débarrasse de tous ses
compartiments intra-cellulaires pour prendre l’aspect caractéristique du globule rouge [13].
Sur une période de quelques jours, ils perdent progressivement les organites résiduels,
remodèlent leur membrane et changent de forme. La perte des organelles et autres composants
de la cellule s’effectue par deux processus, par fusion des vésicules avec la membrane
plasmique et externalisation de leur contenu, ainsi que par exocytose du contenu des vacuoles.
Une dégradation rapide des ribosomes et des ARN est observée, accompagnée par un déclin
de la synthèse de l’hème. Plus tardivement, les mitochondries sont éliminées par autophagie
[14, 15].
4
Au cours de sa maturation, le réticulocyte subit des remaniements importants de son
cytosquelette avec une perte des récepteurs à la transferrine et la synthèse des protéines
formant des complexes ternaires avec la Spectrine et l’Actine. Le réticulocyte perd sa forme
irrégulière et rigide due à la forme tubulaire de sa membrane (Figure 4[9]) pour devenir une
cellule discoïde biconcave de plus petite taille. Le squelette membranaire de l’érythrocyte est
organisé en un réseau constitué de courts filaments d’Actine, associés à des molécules
longues et flexibles de Spectrine. Cette organisation confère à la membrane sa force et sa
souplesse nécessaires au maintien de son intégrité dans la circulation sanguine et les micro-
vaisseaux.[16]
C. Mise en évidence
Dans le sang, en microscope optique et sur un frottis coloré au May Grunwald Giemsa, on
ne peut pas différencier les réticulocytes des hématies mis à part la polychromasie qui les
caractérise. Leur numération se fera donc par une coloration spéciale qui permettra d’en
déterminer le pourcentage. La technique traditionnelle utilise un colorant supravital comme le
5
bleu de Crésyl brillant ou le bleu de méthylène nouveau, afin de mettre en évidence l’ARN
ribosomal réticulocytaire. Ces colorations supravitales mettent en évidence une structure
filamenteuse fine à l’intérieur du réticulocyte, cette substance est appelée la substance
granulo-filamenteuse Figure 5
D. Classification
Il est possible de classer les réticulocytes en 4 stades Figure 6 [17] :
• Stade I : la substance granulo-filamenteuse forme un amas dense.
• Stade II : la substance granulo-filamenteuse forme une couronne.
• Stade III : la substance granulo-filamenteuse en forme de couronne se dissout.
• Stade IV : quelques granulations sont colorées.
Ces différents stades peuvent être observés sous le microscope optique ainsi que sur les
graphiques et les valeurs rendues par l’automate de cytométrie de flux. Le comptage des
réticulocytes comprend donc les quatre stades de maturation.
6
Figure 6: Schéma des différents stades des réticulocytes [17].
7
PARTIE II : LES PARAMETRES RETICULOCYTAIRES
8
I. Les paramètres de maturation
A. L’indice de maturité réticulocytaire (RMI)
L’indice de maturation réticulocytaire ou RMI (Reticulocyte Maturity Index) est obtenu
par mesure de la fluorescence après marquage de l’ARN réticulocytaire par un fluorochrome
[18-22] . Le RMI est déterminé dans plusieurs études par l’utilisation de la fraction des
réticulocytes à haute fluorescence qui indique les réticulocytes immatures [18-22].
B. La Fraction de réticulocytes immatures (IRF)
La IRF a été développée par Davis et Spanish Multicentric Study Group for Hematopoietic
Recovery, à côté d'autres chercheurs, pour remplacer RMI [18-22].
L’évaluation de la maturité des réticulocytes à travers l’IRF passe par la mesure de
l'intensité de la fluorescence émise ou la mesure de l'intensité d’absorbance, qui dépendent de
la teneur en ARN [9]. L’intensité de la fluorescence ou de l’absorbance sont de plus en plus
augmentées pour les populations de réticulocytes les plus immatures. Les différentes
populations réticulocytaires sont discriminées, groupées et présentées en fonction de
l’intensité des signaux acquis [9].
Dans une tentative d'harmoniser les résultats obtenus par les différentes méthodes
automatisées du fait de la sensibilité propre vis à vis l'ARN réticulocytaire des colorants ou
marqueurs disponibles, il a été proposé que les instruments qui identifient les 3 populations de
maturité devrait définir l’IRF comme étant la somme des populations de moyenne et de haute
immaturité [23], c’est-à-dire la somme des fractions de réticulocytes de haute et de moyenne
fluorescence ou absorbance [1, 18-22]. :
o Si on utilise la fluorescence comme méthode de marquage : IRF = HFR+MFR
(HFR: High Fluorescence Ratio, MFR: Medium Fluorescence Ratio)
o Si on utilise l’absorbance comme méthode de marquage : IRF= HAR+MAR
(HAR : High Absorbance Ratio, MAR : Medium Absorbance Ratio).
9
C. L’index de production réticulocytaire [24]
C’est le rapport entre :
- l’index réticulocytaire qui est le produit entre le pourcentage des réticulocytes du
patient et son hématocrite en litre/litre (l/l) sur un hématocrite moyen de 0,45 l/l
- et la durée de maturation des réticulocytes du sang périphérique en jours. Ce temps de
maturation est donné dans la littérature et il est fonction du taux d’hémoglobine ou
d’hématocrite.
IPR = = ×
10
B. Le degré d’insuffisance (VRMR)
C’est le rapport VRM/VGM (volume globulaire moyen). Le VRM et le VGM ne peuvent
pas être interprétés indépendamment l’un de l’autre. Ce rapport permet de mieux exploiter les
faibles variations de chacun de ces deux paramètres [26, 27].
C. L’Indice de distribution du volume des réticulocytes (RDWr)
RDWr est un paramètre qui est calculé par les automates et qui représente l'écart-type de la
courbe de distribution des volumes des réticulocytes tels qu'ils ont été mesurés par l'automate.
III. Les paramètres hémoglobiniques
A. La concentration moyenne d'hémoglobine des réticulocytes (CHCMr)
Il représente la quantité moyenne d’hémoglobine (Hb) dans un décilitre (dl) de
réticulocytes. Le CHCMr s’exprime en g d’Hb/dl.
B. Le contenu réticulocytaire en hémoglobine (CHr)
Le contenu réticulocytaire en hémoglobine représente la quantité moyenne d’Hb contenue
dans un réticulocyte, exprimé en pg/cellule [28, 29]. CHr représente la moyenne calculée
automatiquement du contenu en hémoglobine CH (CH= concentration en Hb d’un
réticulocyte × volume d’un réticulocyte) : [5, 30].
La détermination de CHr est basée sur le principe de la diffraction lumineuse [31]. Le CHr
est constant tout au long de la durée de vie des réticulocytes et des érythrocytes [4]. La
mesure de CHr reflète l'apport réel en fer pour l'érythropoïèse et permet de juger la qualité des
globules rouges [32-34].
C. L’équivalent du CHr (Ret-He)
Comme son nom l’indique, ce paramètre a la même définition que le CHr seul diffère la
méthode de calcul. Après un marquage par les fluorochromes l’automate donne un paramètre
en unités arbitraires RET-Y (développé par Sysmex Corporation)[35]. Une transformation
mathématique est appliquée sur RET-Y pour obtenir Ret-He de même unité que le CHr (pg)
0.001×RET-Y
(Ret-He= 5.5569e ) [36, 37].
11
Une très bonne corrélation a été retrouvée entre les mesures du CHr et du RET-He par
rapport à la teneur en Hb des globules rouges matures. CHr et Ret-He permettent d'identifier
les modifications du statut martial de façon précoce [32-40].
D. L’hémoglobine réticulocytaire (retHb)
L’Hb réticulocytaire est exprimée en g/l d’Hb contenue dans les réticulocytes en
circulation. Le retHb est obtenu en multipliant le nombre absolu des réticulocytes et le CHr
[5] : retHb = nombre absolu des réticulocytes × CHr
E. F-Réticulocyte
Les réticulocytes renfermant l’Hb fœtale sont nommés F-réticulocytes. Leur mise en
évidence est réservée aux drépanocytaires et de β thalassémiques afin d’évaluer l’efficacité
des médicaments qui stimulent et augmentent la synthèse de l’Hb F tel que hydroxyurée [5].
IV. Les autres paramètres :
En plus des paramètres sus-cités, d’autres indices réticulocytaires existent. Ils sont
regroupés dans un tableau récapitulatif Tableau 1.
12
Tableau 1: Tableau récapitulatif des différents paramètres réticulocytaires
Paramètres de
RMI, IRF, IPR
maturation
Paramètres
VRM, VRMR, RDWr
volumétriques
Paramètres
CHr ,Ret-He, CHCMr, retHb, F-Reticulocyte
hémoglobiniques
13
PARTIE III : TECHNIQUES DE DETERMINATION DES
PARAMETRES RETICULOCYTAIRES
14
I. Les principes de l’analyse de réticulocytes
La numération des réticulocytes est proposée sur certains automates d’hématologie. Le
décompte est effectué sur sang total anticoagulé par EDTA (acide éthylène diamine tétra-
acétique) après action d'un réactif mettant en évidence l'ARN de réticulocytes tel le bleu de
méthylène [41].
A. Analyse par impédance[7, 42]
Elle utilise le principe Coulter qui nécessite au préalable une sphérisation iso-volumétrique
des réticulocytes. Les cellules mise en suspension dans un liquide conducteur et guidées à
travers un petit orifice cylindrique vont déclencher, lors de leur passage entre deux électrodes
immergées dans ce liquide, une augmentation de la résistance électrique (variation
d'impédance) qui génère une impulsion électrique. Le nombre d'impulsions correspond au
nombre de cellules ayant franchi l'orifice. L’amplitude de l'impulsion est proportionnelle au
volume de la cellule.
B. Analyse par conductivité ou Courant haute fréquence [7, 42]
Un courant de haute fréquence est appliqué simultanément au courant continu sur deux
électrodes. Le passage d'une cellule crée une différence de potentiel qui est fonction du degré
de conductivité cellulaire donnant ainsi des indications sur le contenu réticulocytaire.
C. Détection optique par Cytométrie
1. La diffusion lumineuse
Les cellules en suspension sont acheminées dans une gaine liquide et hydrofocalisée afin de
les aligner. Chaque cellule passe ainsi individuellement devant un faisceau laser dont elle
diffracte la lumière. Les signaux sont recueillis par une optique collectrice, séparés en
fonction de leur longueur d'onde par un système de filtres optiques et parviennent à différents
capteurs [7, 42]. La lumière diffractée peut alors être analysée sous différents angles :
• Aux petits angles, diffusion dans l'axe ou Forward Scatter (FS) :
Lorsqu'une cellule traverse le faisceau lumineux, elle diffuse une partie de la lumière reçue
sur la surface membranaire. Cette lumière de même longueur d'onde que le faisceau
excitateur, est recueillie dans l'axe du faisceau sur une photodiode. Elle est essentiellement
due à la diffraction de la lumière et mesure surtout le volume cellulaire Figure 7 [7, 42].
15
• la diffusion aux grands angles ou Side Scatter (SS) :
Une partie de la lumière du faisceau excitateur, traversant la paroi cellulaire, est à son tour
diffusée par le contenu intra-cellulaire dans toutes les directions de l'espace et recueillie sur
un photomultiplicateur. Cette diffusion est essentiellement due à des phénomènes de
réfraction et de réflexion lumineuse. La mesure de cette lumière renseigne sur l'hétérogénéité
cellulaire. Pour les réticulocytes la quantification de la lumière diffractée aux grands angles
renseigne sur le contenu de réticulocytes en Hb Figure 7 [7, 42].
2. La fluorescence
L’ARN réticulocytaire marqué par un ou plusieurs fluorochromes émet dans toutes les
directions de l'espace une ou des fluorescences de longueur d'onde supérieure à celle du
faisceau excitateur Figure 7. L’intensité de fluorescence émise est proportionnelle à sa
quantité d’ARN marqué. La mesure de l’intensité de fluorescence permet de classer les
réticulocytes en 3 populations de maturation : réticulocytes de haute, moyenne et basse
fluorescence (HFR, MFR, LFR) [7, 42].
16
Figure 7: Analyse de réticulocytes par diffraction laser, combinée la détection de l’ARN par
fluorescence ou par absorbance.
3. L’absorption lumineuse
En marquant l’ARN par un colorant spécifique occasionnant une absorption de la lumière
par les réticulocytes qui le fixent Figure 7. L’ombre portée d'un réticulocyte sphérique,
détectée par une photodiode est proportionnelle à son volume, et la mesure de l’intensité
d’absorption permet de classer les réticulocytes en 3 populations de maturation : réticulocytes
de haute, moyenne et basse absorption (HAR, MAR, LAR) [7, 42]
17
II. Les principaux graphiques obtenus
Les données produites par les automates sont le plus souvent multidimensionnelles et
doivent être affichées de façon efficace et conviviale. Elles le sont en général sous forme
d'histogrammes de distribution mono ou bidimensionnels. Par abus de langage on appelle
simplement histogrammes les histogrammes mono-paramétriques et cytogrammes ou
scattergrammes les histogrammes bi-paramétriques [7].
Les automates qui combinent l’impédance et la fluorescence pour l’analyse des réticulocytes
génèrent des cytogrammes présentant l’intensité de la fluorescence (ARN) sur l'axe des
ordonnées et le volume sur l’axe des abscisses Figure 8 [43].
18
Les automates qui utilisent pour le dénombrement de réticulocytes des techniques de
fluorescence et de diffraction laser génèrent des cytogrammes présentant le volume sur l'axe
des ordonnées et l’intensité de la fluorescence sur l’axe des abscisses Figure 9 [7].
19
Les automates qui utilisent pour le dénombrement de réticulocytes des techniques
d’absorbance et de diffraction laser génèrent des cytogrammes présentant la taille de la cellule
sur l'axe des ordonnées et l’intensité de l’absorption sur l’axe des abscisses Figure 10 [44].
Le Tableau 2 présente les principes de mesure des paramètres réticulocytaires sur les
automates disponibles sur le marché.
20
Tableau 2: les principes de mesure des paramètres réticulocytaires sur les automates disponibles sur le marché [45]
21
Tableau 2 : les principes de mesure des paramètres réticulocytaires sur les automates disponibles sur le marché [45]
22
III. Les valeurs de référence
Les valeurs de référence obtenues à l'aide des méthodes automatisées de fluorescence sont
rapportées comme étant supérieures à celles obtenues en utilisant des
procédés automatisés avec des colorants supra-vitaux [2]. Les intervalles de référence
dépendent des méthodes de mesure et ne sont pas interchangeables ce qui limite le contrôle
des patients dans différents laboratoires [46]. La comparaison des gammes de référence chez
les adultes sur différents automates est présentée sur le Tableau 3 [47-52].
23
Tableau 3: les intervalles de référence des paramètres réticulocytaires chez l’adulte en
fonction des automates [48-53]
Reticulocytes and
Authors Ref Year Company/Instrument
Parameters
CELL PENTA
GEN*S H*3 SE 9500
DYN 4000 120
MCVr (fL) 103.2–126.3
d’Onofrio et al, [52] 1995 25.9–30.6
CHr (pg)
Reticulocytes (109/L) F 21–98 F 24–73 F 22–95 F 19–64 F 16–66
Van den Bossche et M 30–110 M 30–90 M 31-130 M 2–69 M 16–70
al,[53] 2002
IRF 0.14–0.35
ADVIA
LH750 XE 2100
120
Reticulocytes (109/L) 29–146 18–117 30–148 30–111 18–104
GdS-Simel-Emat, 2003 IRF 0.16–0.42 0.19–0.43 0.07– 0.04–0.23 0.01–0.13
data not published MCVr (fL) 91–111 0.19 100–114
CHr (pg) 98–120 28.0–35.1
Noronha and Grotto,[50] Reticulocytes (109/L) 20.5–122.8
2005 IRF 0.01–0.18
Reticulocytes (109/L) 38.3–65.1
Bovy et al,[51] 2005 MCVr (fL) 103.3–109.9
CHr (pg) 32.2–32.8
CELL DYN
Sapphire
Reticulocytes (109/L) 24–106
MCVr (fL) 92–116
Hoffmann et al, [47] 26.0–35.1
2012 MCHr (pg)
MCHCr (g/dL) 27.3–32.5
MCHCr (mmol/L) 16.9–20.1
MCVr (fL) 86.2–102.4
Costa et al,[48] 2012 MCHr (pg) 26.2–31.9
MCHCr (mmol/L) 17.4–19.8
XE 5000
Reticulocytes (109/L) 28–68
Nunes et al.[55] 2014 IRF 0.03–0.14
Ret-He (pg) 32.2–39.2
24
PARTIE IV : APPLICATIONS DES PARAMETRES
RETICULOCYTAIRES
25
I. Les paramètres de maturation
A. Dans l’anémie macrocytaire
Torres Gomez et al. [56] ont mesuré dans leur étude l’IRF, VRM et MFI (mean
fluorescence index) dans le but de tester l'utilité clinique des paramètres de maturation des
réticulocytes dans le diagnostic et le diagnostic différentiel des anémies macrocytaires.
Les échantillons du sang périphérique prélevés chez des donneurs sains, des patients avec
syndrome myélodysplasique (MDS), des patients avec anémie mégaloblastique et chez des
patients avec anémie macrocytaire non mégaloblastique (NMMA).
Les anémies macrocytaires qui sont à l’origine d’une érythropoïèse inefficace (anémie
mégaloblastique et MDS) montrent un nombre de réticulocytes biaisé en faveur d’une fraction
plus immature. Par conséquent, ils ont un grand volume et une teneur en ARN supérieure à
des témoins sains. Le nombre de réticulocytes a été bas pour les deux, avec un volume
significativement large est observé chez les myélodysplasiques à haut risque (127.3 vs. 118.3
fl), et le contenu en ARN est supérieur à celui obtenu chez ANMM (IRF 22.5 vs. 9.1% et MFI
20.5 vs. 12.9). Ceci démontre que la mesure des paramètres de maturation réticulocytaire peut
être un paramètre très utile dans le diagnostic différentiel de l'anémie macrocytaire. La
présence des valeurs extrêmement élevées de l'IRF (> 16%), du MFI (> 18) et du MRV (>
129 fl), écarte le diagnostic de la NMMA. Un MDS sous-jacent devrait donc être recherché
[56].
Sur une correspondance publiée en 2004 [57] et dans le but d’entériner les commentaires de
Torres Gomez et d’insister sur le fait que la mesure de la fraction des réticulocytes immatures
peut être un marqueur de substitution dans le diagnostic des MDS, [Link] a rappelé sa
participation dans une étude en 1994 [58] en vue d’évaluer les fractions de maturation de
réticulocytes, chez un groupe des donneurs sains et un groupe des patients myélodysplasiques
classés selon les critères du groupe FAB (Franco américano britannique).
26
Les résultats obtenus sont : Tableau 4
• Aucune différence significative n'a été observée chez les donneurs sains en ce qui
concerne le sexe.
• Aucune différence n'a été observée entre la valeur absolue des réticulocytes mesurés
chez les patients MDS par rapport aux témoins.
• HFR plus élevé chez les patients atteints de MDS
• Les ratios r présentent des différences statiquement significatives entre les patients
MDS et les donneurs sains (0,25% vs 0,15%)
Les résultats de [Link] viennent soutenir ceux de Torres Gomez, en ajoutant que
malgré la présence de valeur absolue normale des réticulocytes, une fraction immature élevée
pourrait être un indice de substitution pour le dépistage des MDS [57].
Tableau 4: Les paramètres réticulocytaires mesurés chez des patients MDS et chez un groupe
témoin [57]
Réticulocyte
Diagnosis (n) LFR (%) MFR (%) HFR (%) r
(×109/l)
Témoins
Hommes (n=106) 56.4± 18.0 87.2 ± 4.5 11.0 ± 3.8 1.8 ± 3.8 0.15 ± 0.07
Femmes (n=114) 61.5± 40.0 87.3 ± 5.6 11.0 ± 4.3 1.7 ± 1.7 0.15 ± 0.08
MDS (n=70) 46.8 ± 38.0 80.0 ± 8.8 15.0 ± 6.0 5.8 ± 2.3 0.25 ± 0.08
L/M/HFR, low/medium/high fluorescence reticulocytes; r =HFR + MFR÷LFR
27
B. Dans la greffe de la moelle osseuse
Généralement la prise du greffon est définie à partir du premier jour où les polynucléaires
neutrophiles atteignent plus de 500 /mm3 [59]. Des rapports ont été publiés concernant la
valeur potentielle du RMI, HFR, ou IRF pour la détection précoce de la prise du greffon après
transplantation de moelle osseuse ou lors d’une transplantation des cellules souches
périphériques (PBSCT). Sur toutes ses études, les auteurs analysent l’intérêt des indices de
maturation dans la prise précoce des greffons avant l’ascension des neutrophiles [60-68]. Les
résultats de ces études sont présentés dans le Tableau 5.
En cas de transplantation de cellules souches autologues (autoPBSCT), le temps de
doublement de IRF (IRF-D) peut prédire la prise de greffon myéloïde plusieurs jours avant
que le nombre absolu de neutrophiles (ANC) dépasse 0,1×109/l [69-71]. Dans un groupe de
patients subissant PBSCT allogénique (alloPBSCT), l’IRF atteint des valeurs supérieur à 10%
quatre jours avant que ANC dépasse 0.1 ×109/l dans la plupart des cas [72].
L’examen attentif de plusieurs études publiées en matière des paramètres de maturité
réticulocytaire lors de la transplantation de la moelle osseuse (BMT) ou PBSCT, montre la
supériorité de ces indices par rapport à l'ANC mais leurs valeurs cliniques n'est pas encore
établie. Une utilisation généralisée de ces indices n’est pas justifiée en ce moment. Plusieurs
enquêtes fondamentales et cliniques sont nécessaires pour valider la possible utilité clinique
de HFR /IRF [4].
28
Tableau 5 : Le résumé des études de la maturité des réticulocytes chez des patients recevant
des transplantations de moelle ou des cellules souches [4]
Year/ref. Total number of Type of BMT Reticulocyte Time to engraftment Time to engraftment
patients maturity parameter (HFR/RMI/ IRF) days (ANC) days
29
C. Dans la sphérocytose héréditaire
Une étude menée par Mullier et al. [76] montre que l'IRF, en combinaison avec la
numération des réticulocytes, peut être utile dans le diagnostic de la sphérocytose héréditaire
(SH). Un rapport de réticulocytes/IRF supérieur à 7,7 est utilisé comme une condition
préalable pour le dépistage de tous les cas de SH en utilisant un algorithme de diagnostic qui
comprend les érythrocytes microcytaires et les érythrocytes hypochromes. Persijin et al [77]
ont optimisés cet algorithme de diagnostic et l’ont utilisé comme un outil de dépistage de la
SH Tableau 6.
Règles Paramètres
Règle 2 Sévérité
8 g/dl ≤ Hb ≤12 g/dl Hb <8 g/dl
Hb >12 g/dl MicroR ≥3.5% MicroR ≥3.5%
Ret/IRF ≥19.9
MicroR/ Hypo-He ≥2.5 MicroR/ Hypo-He ≥2
Ret:reticulocytes (109 /L), IRF immature reticulocytes fraction (%), SH: sphérocytose Héréditaire,
Hb hemoglobine, MicroR : érythrocytes microcytaires (%), Hypo-He érythrocytes hypochrome
(%)
30
D. Dans le traitement par l’érythropoïétine
Les changements dans l'IRF ont été décrits lors de thérapie à base de l’érythropoïétine
humaine recombinante (r-HuEPO). L’événement précoce qui suit l'administration de r-
HuEPO est la libération dans la circulation périphérique de réticulocytes immatures à forte
intensité de marquage [79].
Une étude de l’administration de r-HuEPO chez des donneurs du sang montre une
augmentation dose-dépendante du nombre absolu de la fraction HRF et du nombre absolu de
réticulocytes [80]. Cependant IRF ne semble pas fournir des informations pertinentes sur
l'équilibre entre le dosage r-HuEPO et la disponibilité du fer [81, 82].
Par conséquent, la plupart des chercheurs considèrent que la régénération de la moelle
osseuse est indiquée par toute valeur d’IRF supérieure à 10% [9]. Les changements que
montrent IRF et HRF pendant la thérapie à base de r-HuEPO, renseignent dans la plupart du
temps sur l’activité érythropoïétique mais ne précise aucune information concernant le
métabolisme de fer [4].
II. Le CHr et Ret-He
A. Dans l’anémie ferriprive
1. Anémie ferriprive chez l’adulte
L’intérêt le plus documenté de ces deux paramètres est la carence en fer. La carence en fer
est la plus fréquente des carences nutritionnelles et toucherait
1 milliard d’individus à travers le monde. Les signes cliniques de la carence en fer sont
frustres et souvent confondus avec les signes d’anémie qui n’est que le stade ultime de la
carence. Ce stade est habituellement précède d’un épuisement des réserves, suivi d’une
érythropoïèse ferriprive aboutissant à l’anémie [83, 84]. L’évaluation du choix des examens
en cas de suspicion en carence en fer a été réalisée par la Haute autorité de santé (HAS) et
confirme que la ferritine doit être dosée en première intention et qu’il ne faut pas doser le fer
sérique seul ni associé à la ferritine si la transferrine n’est pas dosée et le coefficient de
saturation en transferrine (CST) calculé. Il précise également que le récepteur soluble de la
transferrine ne devrait être dosé que dans de rares situations qui relèvent d’une prise en charge
31
spécialisée mais la HAS ne fait aucune mention des paramètres cytologiques CHr et
pourcentage d’érythrocytes hypochromes (% HYPO) dans cette évaluation [84].
Le diagnostic des carences en fer est aisé lorsque la carence est isolée mais plus complexe
en cas de pathologie associée (insuffisance rénale, cancer, maladies inflammatoires). C’est
pourquoi une ferritine normale doit faire doser la protéine C-Réactive (CRP). Pour des valeurs
intermédiaires de ferritine coexistant avec une CRP augmentée, le dosage du récepteur soluble
de la transferrine peut être proposé [85].La valeur de CRP retenue comme témoin d’une
inflammation et par conséquent d’interférence sur la ferritinemie varie selon le contexte
physiopathologique entre 5 et 30 mg/l. La Figure 11 présente un schéma général de
diagnostic de la carence en fer qui montre que la diminution de CHr et l’augmentation du %
HYPO sont d’excellents marqueurs d’érythropoïèse ferriprive mais restent peu réalisés en
pratique courante [78].
32
2. Anémie ferriprive chez l’enfant
Dans une étude de Brugnara et al. portant sur 210 enfants, les auteurs ont évalué le taux du
fer sérique, la transferrine, le CST, la ferritine, le récepteur soluble de la transferrine (RsTf)
et CHr [86]. Parmi les 210 sujets, 43 ont une carence en fer; 24 d'entre eux avaient une
anémie ferriprive. Les résultats statistiques confirment que CHr était le meilleur prédicteur de
la carence en fer et de l'anémie ferriprive. Les sujets avec CHr < 26pg (valeur seuil optimale
calculé à l’aide d’une analyse de sensibilité/spécificité) avaient Hb, MCV (mean cell volume),
MCH (mean cell hemoglobin), fer sérique et le CST baissés, et RDW (Red cell distribution
width) augmenté. Dans cette étude, la probabilité estimée pour une carence en fer était > 90%
avec CHr <20 pg. Quand CHr était proche de 23 à 24 pg, la probabilité d'une carence en fer
était d'environ 50%, puis elle diminue progressivement pour des grandes valeurs en CHr
Figure 12 [86]. Les enfants avec CHr > 29 pg avait pratiquement une probabilité nulle de la
carence en fer.
Figure 12 : Relation entre CHr et la probabilité d’une carence martiale ou d’une anémie
ferriprive [86].
33
Dans une étude scandinave récente [87], le statut de fer a été évalué en utilisant des
paramètres érythrocytaires, y compris le contenu réticulocytes en hémoglobine (CHr), chez
des nourrissons avec un poids de naissance < 3000 g. Les nourrissons dont le poids de
naissance est ≤ 2500 g ont reçu une supplémentation en fer. Malgré le statut faible observé à
l’âge de 6 semaines, les enfants recevant une supplémentation en fer ont montré des valeurs
significativement élevés en Hb et en CHr (Hb : 12.2 g/dl et CHr : 28.3 pg respectivement) à
l’âge de 6 mois, en comparaison avec ceux qui n'ont pas subi une supplémentation en fer, les
valeurs de CHr et Hb ont été basses (CHr : 26.5 pg et Hb : 11.7g/dl).
L’atteinte d’un seuil de 26,9 pg pour le CHr à 4 mois s'est avéré être un prédicteur sensible
pour l'anémie à 6 mois. En conclusion CHr a été confirmé comme un outil utile pour évaluer
le statut de fer chez les nourrissons, et aussi comme un marqueur sensible et spécifique pour
prédire l'anémie. Par conséquence les mesures précoces de Hb réticulocytaire peuvent
prévenir la déficience cognitive chez les enfants [87].
3. Cas particulier de l’anémie ferriprive de l’insuffisance rénale
La carence martiale est un problème clinique important au cours de la maladie rénale
chronique (MRC), liée à de multiples facteurs induits directement ou indirectement par le
dysfonctionnement rénale [88, 89].
Elle est particulièrement présente chez les patients recevant un traitement par agent
stimulant l’érythropoïèse (ASE) du fait de la demande accrue en fer disponible [90], faisant de
celle-ci la principales causes de non-réponse aux ASE [91]. D’où la nécessité de mettre en
point des mesures permettant d’évaluer le statut martial de ces patients.
L’étude de Buttarello et al. [92] a visé l’évaluation du pouvoir prédictif de la carence en fer
des paramètres CHr et Ret-He chez 69 patients présentant une MRC et hémodialysés. Les
valeurs au-dessous de 31,2 pg pour CHr et de 30,6 pg pour Ret-H sont ceux retrouvés par
l’auteur pour prédire la carence en fer.
Dans un objectif de comparer le Ret-He aux autres marqueurs conventionnels dans
l’exploration du déficit en fer et étudier l’évolution de ces différents paramètres durant la
supplémentation en fer, une étude prospective multicentrique [93], menée dans des centres
privés du grand Casablanca, a concerné 32 patients adultes, en hémodialyse périodique,
34
ayant une anémie sous r-HuEPO. Les prélèvements sanguins sont effectués avant la première
séance d’hémodialyse de la semaine puis tous les 15 jours pendant 2 mois. En comparant
d’abord le Ret-He avec la ferritinémie et la saturation de transferrine. Les résultats ont montré
une faible corrélation entre Ret-He et ferritinémie, cette corrélation augmentait avec la baisse
de la ferritinémie. On peut considérer que le Ret-He peut être utile comme indicateur de
déficit en fer. Après supplémentation en fer par voie intraveineuse (Fer IV), il a été observé
une élévation rapide et précoce du Ret-He ainsi que les autres paramètres étudiés. Donc
l’utilisation du Ret-He peut être aussi utile dans le suivi des patients sous r-HuEPO et fer IV.
Selon les recommandations de la Société française de néphrologie, le meilleur marqueur de
carence en fer est le %HYPO avec un seuil de 6 % [78].
B. Dans la surveillance du traitement par l’érythropoïétine
recombinante
Plusieurs rapports ont été publiés sur l'utilisation de la numération des réticulocytes ou
d'autres indices réticulocytaires pour prédire et suivre la réponse à la r-HuEPO. Celle-ci peut
être évaluée par le taux d’Hb et le taux de réticulocytes après 4 semaines de traitement. Un
taux d’Hb > 10 g/l et/ou une valeur absolue de réticulocytes > 40 × 109/l identifie le patient
comme étant un répondeur à la thérapie r-HuEPO [94].
Pour optimiser la réponse à r-HuEPO dans les anémies des maladies chroniques, un apport
optimal de fer pour l’érythropoïèse est essentiel. Sous l’effet de r-HuEPO, le métabolisme du
fer se trouve dans une situation extrêmement dynamique et, même en présence de réserves en
fer disponibles, il existe une insuffisance du fer dédié à l’érythropoïèse conduisant à une
érythropoïèse ferriprive, c’est-à-dire d’un manque de fer fonctionnel [78]. Avant de
commencer un traitement par r-HuEPO, il faudrait idéalement que la ferritine soit > 200 µg/l
de manière à garantir des réserves de fer suffisantes [78]. En phase de correction ou
d’entretien d’un traitement sous r-HuEPO, les variations du métabolisme du fer sont le mieux
révélées par le CHr ou le % HYPO [78].
35
C. Dans l’anémie des maladies chroniques
L’anémie des maladies chroniques (AMC) est une anémie d’origine immunologique,
initialement normochrome puis devenant hypochrome et microcytaire en raison de
l’installation d’anomalies de l’absorption intestinale et du recyclage du fer. En effet, les
cytokines produites conduisent à l’installation d’une anémie résultant de plusieurs
mécanismes [78]. L’interféron gamma, le TNF alpha et l’interleukine 1 répriment la synthèse
de l’EPO, induisant une anémie centrale [78]. L’interleukine 10 stimule la captation du
complexe fer-transferrine par le macrophage et l’interféron gamma inhibe son relargage,
conduisant à une augmentation du fer macrophagique. L’interleukine 6 et le
lipopolysaccharide bactérien stimulent la synthèse hépatique de l’hepcidine, conduisant à une
baisse de l’absorption intestinale du fer et à une rétention du fer macrophagique Figure 13
[78]. Il est important de diagnostiquer une carence en fer associée à ce type d’anémie car il
faut alors administrer du fer, ce qui est contre-indiqué dans l’AMC isolée [95].
36
Figure 13: Mécanismes de l’anémie des maladies chrôniques [96].
37
Le schéma de diagnostique basé sur une ferritine < 30 µg/L permet de poser le diagnostic de
carence en fer au cours de l’AMC avec une sensibilité de 59 % [97]. Par contre quand la
ferritine est normale, les paramètres réticulocytaires à savoir le % HYPO ou CHr est d’un
grand apport. L’élévation du % HYPO au-dessus de 10 % signe la carence absolue en fer ;
tandis que des valeurs entre 5 et 10 % témoigneraient d’un déficit fonctionnel [98]. Un
schéma basé sur le CHr et le rapport RsTf/Log ferritine a été proposé pour le diagnostic et
l’orientation thérapeutique au cours de l’anémie des cancers, la plus fréquente des AMC
Figure 14 [99].
Une étude a été réalisée en 2006 pour évaluer le CHr dans les anémies inflammatoires à côté
des paramètres biologiques usuellement demandés dans ce contexte (fer sérique, ferritine,
CRP, RsTf, RsTf/F) [100] . Les résultats ont montré que les patients présentant une anémie
ferriprive (AF) sans inflammation présentent des valeurs significativement basses en CHr, et
des valeurs significativement hautes en RsTf et RsTf/F par apport à celles trouvées chez le
groupe des témoins et les patients avec AMC Tableau 7. Les patients présentant une AF avec
inflammation associée, le CHr à 28.9 pg présente une grande spécificité à 78.0% et une
sensibilité 90.9%.
Comme le CHr décrit la disponibilité du fer au niveau de la moelle osseuse, une telle
diminution renseigne directement sur une carence fonctionnelle en fer qui peut évoluer vers
une anémie. La concentration en RsTf diminue significativement si une carence en fer vient
s’installer. L’avantage de ces deux paramètres est d’être non influencé par l’inflammation.
Chez des patients avec AF accompagné d’une inflammation en phase aigüe la valeur de CHr
diminue et celle de RsTf augmente, mais pour des patients avec AMC non compliquée, le
CHr et RsTf prennent des valeurs comparables à ceux du groupe témoin. La même
observation a été rapportée dans une étude faite en Arabie Saoudite [101].
Les résultats de cette étude sont compatibles avec les résultats mentionnés dans des
publications d’autres auteurs et incite à adopter le CHr à côté du RsTf comme des nouveaux
outils pour l’identification de la carence en fer et de différenciation entre AF et AMC [102-
106].
38
Figure 14: Différenciation de l’anémie chez les patients atteints de cancer en fonction du fer
corporel (RsTf/Log ferritine) et du fer disponible pour l’érythropoïèse (CHr) [99]
AF (n = 86)
Groupe témoin (n Avec AMC (n =
Paramètres Sans inflammation
= 66) inflammation 32)
(n = 46)
(n =40)
Hb, g/dl 14.3 ± 1.0 9.6 ± 1.8 10.1 ± 1.6 10.7 ± 1.2
MCV, fl 90 ± 4 75 ± 7 78 ± 8 92 ± 10
Fe, µmol/l 19 ± 6 5±2 5±3 9±3
CST,% 31 ± 10 6±3 10 ± 6 17 ± 8
Ferritine, µg/l 113 ± 82 14 ± 4 107 ± 97 244 ± 205
CHr, pg 30.8 ± 1.5 22.0 ± 3.0 23.8 ± 2.4 30.2 ± 1.6
RsTf, mg/l 1.53 ± 0.30 4.36 ± 1.23 3.13 ± 1.11 1.74 ± 0.53
RsTf/F index 0.8 ± 0.3 3.9 ± 1.2 1.8 ± 0.8 0.8 ± 0.3
Hb : hémoglobine, MCV : volume corpusculaire moyen Fe : concentration de fer CST : coefficient de saturation
de la transferrine, CHr : contenu en hémoglobine de réticulocytes, RsTf : récepteur soluble de transferrine.
39
Dans une autre étude réalisée par Julien Celi et al. publiée en 2011, les auteurs ont suivi
l’évolution des différents paramètres biologiques au cours des AF, des anémies
inflammatoires (AI) et des anémies mixtes (AF + AI). Les résultats et l’algorithme proposé
sont présentés sur le Tableau 8 et la Figure 15 [107]. Quand le RsTf est compris entre 1 et 2,
l’apport des index hématologiques, comme le CHr en combinaison avec l’index RsTf, est
important. Il permet d’apporter plus d’informations sur une carence martiale fonctionnelle ou
vraie : Un CHr < 29 pg est en faveur d’une carence vraie (déficit d’hémoglobinisation des
réticulocytes), alors qu’un CHr >29 pg est en faveur d’une anémie ferriprive fonctionnelle [4,
108].
D. Les autres intérêts de CHr
Dans les syndromes thalassémiques : le CHr est diminué dans les syndromes
thalassémiques, de sorte que la réduction de CHr semble être corrélée avec le degré de
déficience dans la synthèse de la chaîne β, et dans d'autres anémies microcytaires induite par
hémoglobinopathies congénitales [109].
Dans la prise médicamenteuse : le CHr est augmenté en cas d’administration
des médicaments induisant une macrocytose transitoire ou permanente, tels que le traitement
chrônique à base d’hydroxyurée [110]. Par conséquent, il est important que les valeurs du
CHr soient interprétés en fonction du contexte clinique, de la notion récente de transfusion
sanguine, de thérapie à base de fer, d’une chimiothérapie, de la présence d’une carence en
vitamine B12 ou en folates, et des résultats de l'analyse de Hb [86].
40
Tableau 8: Evolution des différents paramètres biologiques au cours d’une anémie
ferriprive (AF), inflammatoire (AI) et mixte (AF + AI) [109]
41
Figure 15: Algorithme décisionnel pour différencier une anémie ferriprive,
inflammatoire et mixte [109]
42
La carence en fer peut également être secondaire à une augmentation de la production
endogène de l’EPO, chez des patients avec anémie hémolytique. Dans ces cas, le premier
signal de l'érythropoïèse ferriprive restreinte est une chute rapide du nombre absolu de
réticulocytes, associée à une réduction du VRM et une inversion du rapport VRM/VGM [52].
L’augmentation importante du rapport VRM/VGM par rapport à la normale au cours des
anémies arégénératives est expliquée par le processus de production et de maturation de
réticulocytes au cours de ce type d’anémie. Ce ratio était le plus élevé chez les sujets
présentant une anémie mégaloblastique en raison de la macrocytose. Pour les patients ayant
une anémie ferriprive, on a noté un rapport augmenté [26]. Cette observation a été rapportée
aussi dans l’étude de Christian Villadent qui a noté un ratio élevé chez les sujets dialysés
ayant une ferritinémie diminuée et inversement[111].
Au cours des anémies régénératives, le rapport VRM/VGM était modérément élevé pour les
trois étiologies (Drépanocytose, β-thalassémie et Hémorragie aiguë). Lamchiagdhase et al. ont
étudié ce rapport chez les thalassémiques et ont constaté son augmentation constante après
splénectomie [112].
IV. Récapitulatif des applications des paramètres réticulocytaires
Tableau 9: Récapitulatif des applications des paramètres réticulocytaires
Paramètres Intérêts
L’anémie macrocytaire
La greffe de la moelle osseuse
IRF La sphérocytose héréditaire
Le traitement par l’érythropoïétine
L’anémie ferriprive
La surveillance du traitement par l’érythropoïétine
recombinant
CHr et Ret-He L’anémie des maladies chroniques
Les syndromes thalassémiques
La prise médicamenteuse
43
V. Proposition de classification des anémies en fonction des paramètres
réticulocytaires
Dans une étude réalisée en 2011 sur l’automate Beckman Coulter LH750 [26], les auteurs
ont évalué les paramètres réticulocytaires dans les différents types d’anémies. Les valeurs
normales des paramètres réticulocytaires ont été définies chez un groupe de sujets non
anémiques Tableau 10.
Le Tableau 11 représente une proposition de classification des anémies selon le groupe
d’étude en intérprétant la numération des réticulocytes et les paramètres réticulocytaires.
Cette proposition nécessite d’autres études avec des effectifs importants et utilisant d’autres
automates pour être validée et utilisée en pratique. Ceci sera difficile en l’absence actuelle
d’une standardisation des techniques de détermination des paramètres réticulocytaires.
Paramètres Paramètres de
Paramètres classiques
volumétriques maturation
44
Tableau 11: Proposition de classification des anémies combinant la
numération des réticulocytes et quelques paramètres réticulocytaires [26].
45
CONCLUSION
46
Avec la diversité des analyseurs d'hématologie, plusieurs nouveaux paramètres de
réticulocytes sont maintenant disponibles à côté de leur numération. Ces paramètres
fournissent des informations sur les caractéristiques cellulaires tels que la taille, la
concentration d’hémoglobine, ou le contenu en ARN.
Les techniques utilisées et les valeurs de référence sont différentes en fonction des automates.
Les études réalisées dans ce domaine ont montré l’intérêt discriminatif de ces nouveaux
paramètres dans plusieurs états pathologiques : les anémies, les syndromes myélodysplasiques
mais aussi dans la surveillance des traitements spécifiques comme l’EPO. Les résultats de ces
études doivent être interprétés avec prudence en l’absence de standardisation des techniques
et des valeurs de référence.
Le défi pour les biologistes et les laboratoires est de démontrer l'utilité clinique et la
rentabilité de ces paramètres et d'éduquer les cliniciens au sujet de leur utilisation correcte.
47
RESUMES
48
RESUME
Titre : Les paramètres réticulocytaires : significations et applications
Auteur : Younes Elyoussoufi
Mots clés : Réticulocyte - IRF - CHr - VMR
Le contenu en hémoglobine des réticulocytes est utile pour évaluer la quantité de fer
fonctionnel disponible pour l'érythropoïèse, tandis que le volume de réticulocytes est un
indicateur utile pour le suivi de l’efficacité des traitements des anémies. L’évaluation de ces
différents paramètres réticulocytaires était à la base d’une proposition d’une nouvelle
classification des étiologies des anémies qui nécessite d’autres études et la validation par les
sociétés savantes.
49
SUMMARY
The automation of reticulocyte count has brought precision and speed compared to the
manual technique. The introduction of new reticulocyte index assessing the degree of
maturation of reticulocytes sparked the completion of several studies to determine the
meaning of these parameters and their clinical implications as they are until now
underestimated. Automated analysis has led to a significant advance in reticulocyte counting,
providing the reticulocyte immature reticulocyte fraction (IRF), the reticulocyte volume and
the hemoglobin content and concentration.
IRF assesses reticulocyte maturation by the intensity of the staining that reflects the RNA
content. IRF is a very useful tool in the differential diagnosis of macrocytic anemias, a high
immature fraction could be a surrogate index of myelodysplastic syndromes. In addition, IRF
has been proposed as an early marker of engraftment in bone marrow or hematopoietic stem
cell transplantation and bone marrow regeneration.
Reticulocyte hemoglobin content is useful in assessing the functional iron available for
erythropoiesis, while reticulocyte volume is a useful indicator when monitoring the
therapeutic response of anemias. The evaluation of these parameters reticulocyte was the basis
of a proposal of a new classification of the causes of anemia that requires further study and
validation by learned societies.
50
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ﻗﺴﻢ ﺍﻟﺼﻴﺪﻟﻲ
ﺑﺴﻢ ﺍﷲ ﺍﳊﻤﻦ ﺍﻟﺮﺣﻴﻢ
أ ﺍﻟﻌﻈﻴﻢ
ﺃﻥ ﺃﲜﻞ ﺃﺳﺎﺗﺬﺗﻲ ﺍﻟﺬﻳﻦ ﺗﻌﻠﻤﺖ ﻋﻠﻰ ﺃﻳﺪﻳﻬﻢ ﻣﺒﺎﺩﺉ ﻣﻬﻨﺘﻲ ﻭﺃﻋﺘﺮﻑ ﻟﻬﻢ ﺑﺎﳉﻤﻴﻞ
ﻭﺃﺑﻘﻰ ﺩﻭﻣﺎ ﻭﻓﻴﺎ ﻟﺘﻌﺎﻟﻴﻤﻬﻢ،
ﺃﻥ ﺃﺯﺍﻭﻝ ﻣﻬﻨﺘﻲ ﺑﻮﺍﺯﻉ ﻣﻦ ﺿﻤﻴﺮﻱ ﻟﻤﺎ ﻓﻴﻪ ﺻﺎﱀ ﺍﻟﺼﺤﺔ ﺍﻟﻌﻤﻮﻣﻴﺔ ،ﻭﺃﻥ ﻻ ﺃﻗﺼﺮ
ﺃﺑﺪﺍ ﰲ ﻣﺴﺆﻭﻟﻴﺎﺗﻲ ﻭﻭﺍﺟﺒﺎﺗﻲ ﲡﺎﻩ ﺍﻟﻤﺮﻳﺾ ﻭﻛﺮﺍﻣﺘﻪ ﺍﻹﻧﺴﺎﻧﻴﺔ.
ﺃﻥ ﺃﻟﺘﺰﻡ ﺃﺛﻨﺎﺀ ﻣﻤﺎﺭﺳﺘﻲ ﻟﻠﺼﻴﺪﻟﺔ ﺑﺎﻟﻘﻮﺍﻧﻴﻦ ﺍﻟﻤﻌﻤﻮﻝ ﺑﻬﺎ ﻭﺑﺄﺫﺏ ﺍﻟﺴﻠﻮﻙ ﻭﺍﻟﺸﺮﻑ،
ﻭﻛﺬﺍ ﺑﺎﻻﺳﺘﻘﺎﻣﺔ ﻭﺍﻟﺘﺮﻓﻊ،
ﺃﻥ ﻻ ﺃﻓﺸﻲ ﺍﻷﺳﺮﺍﺭ ﺍﻟﺘﻲ ﻗﺪ ﺗﻌﻬﺪ ﺇﻟﻲ ﺃﻭ ﺍﻟﺘﻲ ﻗﺪ ﺃﻃﻠﻊ ﻋﻠﻴﻬﺎ ﺃﺛﻨﺎﺀ ﺍﻟﻘﻴﺎﻡ ﺑﻤﻬﺎﻣﻲ،
ﻭﺃﻥ ﻻ ﺃﻭﺍﻓﻖ ﻋﻠﻰ ﺍﺳﺘﻌﻤﺎﻝ ﻣﻌﻠﻮﻣﺎﺗﻲ ﻹﻓﺴﺎﺩ ﺍﻷﺧﻼﻕ ﺃﻭ ﺗﺸﺠﻴﻊ ﺍﻷﻋﻤﺎﻝ
ﺍﻹﺟﺮﺍﻣﻴﺔ.
ﻷﺣﻈﻰ ﺑﺘﻘﺪﻳﺮ ﺍﻟﻨﺎﺱ ﺇﻥ ﺃﻧﺎ ﺗﻘﻴﺪﺕ ﺑﻌﻬﻮﺩﻱ ،ﺃﻭ ﺍﺣﺘﻘﺮ ﻣﻦ ﻃﺮﻑ ﺯﻣﻼﺋﻲ ﺇﻥ ﺃﻧﺎ ﻟﻢ
ﺃﻑ ﺑﺎﻟﺘﺰﺍﻣﺎﺗﻲ.
densité humain.
probité et du désintéressement.
criminels.