le temps
Avec le temps qui passe / Ne dit-on pas : Tout casse, tout lasse ! ?
Avec le temps qui passe, / Vois comme nos rêves trépassent,
Comme notre avenir se tasse. / Tout se ratatine,
C'est la Loi divine, / C'est le lot ultime,
Pour chacun d'entre nous, / Le temps est une échéance qui nous rend fous.
Carpe Diem / Répondent certains, / Vivons comme de facétieux lutins,
Conjuguons au présent les lendemains
Et cueillons des brins de folie et des bouquets d'espoir,
Afin d'éviter, avec le temps, de tout peindre en noir !
Le temps qui passe / Creuse rides et sillons
Dans les prés, dans les montagnes et sur nos visages.
Le temps qui passe / Courbe les droites les plus fières
Et alourdit nos pauvres vertèbres.
Mais regarde au fond de tes yeux, / Une étincelle sommeille,
C'est l'enfant qui soudain se réveille, / L'enfant qui se joue de tout,
Du temps qui passe et qui rend fou.
Avec le temps qui passe, / Oui, la sagesse est venue.
Avec le temps qui passe, / Oui, le savoir s'est accru.
Avec le temps qui passe, / Notre amour s'est enraciné.
Avec le temps qui passe, / La jeunesse de nos âmes est restée !
Le temps est vicieux, / Il passe trop vite.
Le temps est menteur, / Il ne donne jamais la bonne heure.
Le temps est assassin, / Il tue les lendemains.
Mais le temps offre un avantage, / Qu'on appelle Le privilège de l'âge,
Enfant, je suis ignorant, / Adulte, je chemine en balbutiant
Et à l'orée de ma vie, je savoure à l'infini.
Le temps passe, / Mais jamais comme il le faut.
C'est un chronomètre incertain, / Qui nous prend en défaut.
Les épreuves s'étirent à l'infini, / Les bonheurs passent, secondes de folie
Et il ne nous reste qu'une poignée de sable pour vivre notre vie.
Le temps court après l'amour, / Mais il nous joue des tours,
Il fuit, comme un oiseau dans la nuit, / Il s'écoule entre nos doigts gourds,
Ses grains alternent les jamais et les toujours
Le temps court et ne nous laisse aucun sursis.