0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
77 vues16 pages

Ancrages pour Béton : Normes et Calculs

Cet article traite des ancrages pour bétons, en se concentrant sur les exigences de calcul, d'exécution et des exemples d'application. Il souligne l'importance de la réglementation européenne pour uniformiser les procédures d'essai et de calcul des ancrages, ainsi que la nécessité d'une évaluation technique pour garantir la sécurité des installations. Enfin, il présente les Eurocodes comme des documents de référence pour le calcul des ancrages structurels.

Transféré par

Abdou
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
77 vues16 pages

Ancrages pour Béton : Normes et Calculs

Cet article traite des ancrages pour bétons, en se concentrant sur les exigences de calcul, d'exécution et des exemples d'application. Il souligne l'importance de la réglementation européenne pour uniformiser les procédures d'essai et de calcul des ancrages, ainsi que la nécessité d'une évaluation technique pour garantir la sécurité des installations. Enfin, il présente les Eurocodes comme des documents de référence pour le calcul des ancrages structurels.

Transféré par

Abdou
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g z i

LES ANCRAGES
a

POUR BÉTONS
2e PARTIE : CALCUL,
EXECUTION ET EXEMPLES
D’APPLICATION
Steven Schaerlaekens, ir., chercheur,
Le premier volet de cet article [10] passait en revue les division Structures, CSTC
différents dispositifs d’ancrage utilisables dans le béton et Piet Vitse, ir. arch., conseiller, direction
la maçonnerie. Si le choix et la mise en œuvre des fixa- Développement & Innovation, CSTC
tions légères sont généralement assurés par le menuisier
ou l’installateur d’équipements techniques sur la foi de son expérience et de son
savoir-faire, les ancrages structurels, en revanche, exigent de tenir compte de
critères de sécurité d’utilisation, pour la détermination desquels les consignes du
fabricant constituaient – jusqu’à aujourd’hui – l’unique recours. Or, depuis peu,
diverses instances européennes tentent d’uniformiser les procédures d’essai et de
calcul pour les ancrages. Le second volet de cet article dresse l’état de la régle-
mentation en la matière; il présente des règles de calcul et de mise en œuvre,
illustrées par quelques exemples d’application courants.

1QUANT
EXIGENCES
AUX
Le large éventail des systè-
mes d’ancrage et de fixa-
Les guides d’agrément européen définissent,
pour chaque type d’ancrage, une procédure
PRODUITS tion s’est traduit, en toute d’évaluation globale, basée sur un nombre re-
logique, par une multitude présentatif d’essais (essais de bon fonctionne-
d’exigences quant aux produits, à laquelle plu- ment sous certaines conditions et essais de
sieurs instances – ISO (Organisation internatio- détermination des charges admissibles).
nale de normalisation), CEN (Comité européen
de normalisation) et EOTA (European Organi-
zati on for Tech nica l Approval s) – tentent A l’heure actuelle, seules les chevilles métalliques pour béton ont
aujourd’hui de mettre bon ordre, en élaborant fait l’objet d’un guide d’agrément :
des prescriptions explicites ou normalisées.  Part 1 Anchors in general
 Part 2 Torque-controlled expansion anchors (chevilles
expansibles à moment contr ôlé, cf. figure 1, p. 12)
Des normes d’essai et des normes de produits  Part 3 Undercut anchors (chevilles à verrouillage de forme,
sont en cours d’élaboration, respectivement au cf. figure 2, p. 12).
sein de l’ISO (international) et du CEN (euro- Deux types de chevilles ont d ’ores et déjà obtenu l’agrément
péen), pour les fixations suivantes : vis, bou- ATE sur la base de ces documents. Les guides applicables aux
lons, écrous, plaques de répartition, chevilles autres chevilles métalliques pour béton (chevilles chimiques
(clavettes, goupilles, ...), rivets (Ø < 20 mm) notamment), aux chevilles en plastique pour béton et maçonne-
et boulons à écrou rivé (Ø > 20 mm). rie ainsi qu’aux chevilles métalliques à injection pour maçonne-
rie devraient être publiés prochainement.
Dans le cadre de l’application de la directive
européenne “Produits de construction” pour la
délivrance de la marque CE, l’EOTA a été C’est essentiellement le guide général des che-
chargé d’établir, pour la plupart des types d’an- villes métalliques pour béton (Part 1) qui re-
crages, des guides d’agrément (ETA Guidelines vêt une importance particulière pour la prati-
ou ETAG), qui serviront de base à l’octroi de que, puisqu’il définit les procédures d’essai et
l’agrément technique européen ATE (Eu- de calcul applicables à ces produits. La métho-
ropean Technical Approval ou ETA) et permet- dologie adoptée sera sans aucun doute trans-
tront d’apposer le label CE, gage de confor- posée aux autres types d’ancrages, ce qui con-
mité à l’ATE. La marque CE atteste que le fère au document non seulement une valeur de
produit satisfait aux normes européennes en référence pour la délivrance de l’ATE aux pro-
vigueur et aux exigences minimales de la duits concernés, mais également un caractère
directive sur les produits de construction normatif pour l’ensemble des fixations. Aussi,
(cf. § 2.1, p. 12). les fabricants tendent à aligner leurs méthodes

[Link] 1/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

11 AUTOMNE 1998

[Link] 2/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i
Fig. 1 Chevilles expansibles à moment contrôlé. Fig. 2 Chevilles à verrouillage de forme.

de calcul, quel que soit le type d’ancrage, sur Nous commentons ci-après les exigences qui
celles du guide européen, ce qui favorisera, à concernent les ancrages (essentiellement les
terme, une certaine harmonisation. points 1, 2, 5 et 6) ainsi que la réglementation
en vigueur dans cette matière. Nous nous éten-
Enfin, il est toujours possible en Belgique – drons plus particulièrement sur la résistance
comme dans d’autres pays européens – d’ob- mécanique et la stabilité des ancrages structu-
tenir un agrément technique (ATG) pour tout rels.
produit utilisé en construction et ne faisant pas
l’objet d’une norme. L’ATG est délivré, après
examen approfondi, par l’Union belge pour 2.2 RESISTANCE MECANIQUE
l’agrément technique dans la construction ET STABILITE
(UBAtc). Au cours des dernières années, quel-
ques fabricants l’ont obtenu pour certains ty- 2.2.1 DOCUMENTS INTERPRETATIFS
pes de fixations, garantissant aux maîtres
d’ouvrage la qualité du produit et son aptitude Les Eurocodes structurels constituent les do-
à se prêter à des usages bien définis dans des cuments de base (interprétatifs) pour le calcul
conditions de sollicitation déterminées. Quant des ouvrages au niveau européen – d’ici quel-
à la qualité de l’exécution même, étant liée à ques années, au niveau national également. En
chaque projet particulier, elle est laissée à l’ap- principe, on peut supposer que le calcul d’un
préciation des partenaires. En pratique, la plu- système de fixation doit se faire conformément
part des agréments sont octroyés “avec certifi- aux Eurocodes correspondants, soit :
cat”, ce qui implique que la conformité des  pour le béton ordinaire, l’Eurocode 2 Par-
produits aux conditions de l’agrément publié tie 1-1, enregistré comme norme belge NBN
fait l’objet d’un contrôle régulier. B 15-002
 pour le béton léger, l’Eurocode 2 Partie 1-4,
non enregistré comme norme belge à ce jour

2 CONCEPTION ET CALCUL
 pour la maçonnerie en éléments de terre
cuite, de béton, de béton cellulaire ou silico-
calcaires, l’Eurocode 6 Partie 1-1, non en-
2.1 EXIGENCES PERFORMANCIELLES registré comme norme belge à ce jour (pro-
visoirement, la norme NBN B 24-301 est
Selon la directive européenne sur les produits toujours d’application).
de construction (DPC, ou CPD pour Construc-
tion Products Directive), les éléments de cons- Ces Eurocodes sont utilisés pour dimension-
truction (y compris les ancrages) sont suppo- ner les éléments dans lesquels sont fixés des
sés répondre à six exigences essentielles : ancrages, autrement dit pour déterminer les
1. résistance mécanique et stabilité effets globaux des efforts transmis par les fixa-
2. sécurité en cas d’incendie tions (charges normales, moments de flexion
3. hygiène, santé et environnement et de torsion, efforts tranchants). Toutefois,
4. sécurité d’utilisation dans bien des cas, cette méthode n’est pas uti-
5. protection contre le bruit lisable et l’on est contraint de raisonner, par
6. économie d’énergie et isolation thermique. exemple, en schématisant les efforts sous forme

12 AUTOMNE 1998

[Link] 3/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i
de treillis isostatiques constitués de bielles rec- Dans ce qui suit, nous examinons la procédure
tilignes transmettant les efforts de compres- instaurée par l’EOTA pour les ancrages struc-
sion au béton et de traction aux armatures. turels dans le béton (ancrages pour charges
lourdes). Stricto sensu, elle ne vise donc que
En pratique, le calcul de l’ancrage lui-même les chevilles expansibles à moment contrôlé et
s’avère un peu plus compliqué. En effet, dans les chevilles à verrouillage de forme (par ex-
ce cas, on est toujours en présence de deux tension, toutefois, elle peut également s’appli-
matériaux au moins (la fixation et son sup- quer aux ancrages incorporés lors du coulage
port), dont les interactions restent encore par- et, en grande partie, aux chevilles chimiques).
fois mal définies. L’état actuel des connais- Diverses valeurs concrètes, indispensables au
sances en matière d’ancrages ne permet pas calcul, doivent encore être empruntées à la
d’expliquer, par une approche théorique, le documentation des fabricants, mais pourront à
mécanisme exact du transfert des charges au l’avenir être reprises des agréments européens
support. En outre, l’Eurocode 2, notamment, ATE.
soutient que le béton soumis à une traction
n’offre aucune résistance, alors qu’il est évi- Les ancrages pour charges lourdes sont, par
dent que tout ancrage induit principalement des définition, des éléments mettant en jeu la sécu-
efforts de traction dans le matériau support. rité des personnes; il y a donc lieu de faire
appel à un ingénieur pour le calcul de leur
C’est pourquoi, aujourd’hui comme par le stabilité.
passé, la capacité portante des ancrages et des
systèmes de fixation est étudiée avant tout de
manière expérimentale. Ces études sont me- 2.2.2 CALCUL DES ANCRAGES
nées essentiellement par les fabricants eux- STRUCTURELS POUR BETON
mêmes, mais aussi par les universités et autres
instituts de recherche. Désormais, les directi- Les ancrages structurels pour béton sont cal-
ves de l’EOTA précisent de manière uniforme culés selon le schéma ci-dessous. Pour aboutir
et cohérente les méthodologies d’essai et le à une solution économique, il est parfois né-
mode de calcul des charges maximales admis- cessaire d’appliquer la procédure plusieurs fois,
sibles sur la base des résultats d’essai. en adaptant la configuration des ancrages.

Choisir la configuration des ancrages :


– type de fixations
– nombre et position
– distances entre axes et aux bords
– dimensions de la plaque d’ancrage, ...

Vérifier l’aptitude de la fixation à l ’usage envisagé

Vérifier distances min. entre axes et aux bords, épaisseur du support, ...

Charges ≤ R ésistance
Sd Rd


CRITERE À VERIFIER
Définir les valeurs de calcul de Définir les modes de rupture Définir les modes de rupture
la charge sur tout le groupe de applicables en traction applicables en cisaillement
fixations pour toutes les combi-
naisons d’actions possibles Pour chaque mode, définir la Pour chaque mode, définir la
résistance caractéristique NRk résistance caractéristique VRk
correspondante : correspondante :
Définir la contrainte maximum
- sur les fixations individ. - sur les fixations individ.
de traction et de cisaillement
- sur le groupe de fixations - sur le groupe de fixations
sur chaque fixation individuelle
pour toutes les combinaisons
d’actions Définir les valeurs de calcul Définir les valeurs de calcul
NRd correspondantes VRd correspondantes


Vérifier les modes de rupture :


– en traction NSd ≤ N Rd
– au cisaillement VSd ≤ V Rd Pas satisfaisant ou solution pas économique 

Vérifier, pour la fixation la plus sol- → recommencer la proc édure


licitée, si le critère de combinaison
(NSd/NRd) + (VSd/VRd) ≤ 1,2

Satisfaisant → fin du calcul

13 AUTOMNE 1998

[Link] 4/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i
Le calcul s’effectue selon la méthode des états intervenir les distances entre axes et par rap-
limites; on vérifie principalement les états li- port aux bords (rupture conique du béton) et
mites ultimes. La résistance d’un ancrage ou d’autres où ce n’est pas le cas (arrachement de
d’un groupe d’ancrages doit être supérieure à la fixation, rupture de l’acier). En général, pour
la charge. les mécanismes de rupture où le béton est dé-
terminant, on utilise des facteurs de réduction
On utilise des valeurs caractéristiques (in- pour tenir compte de l’influence des fixations
dice k) et des valeurs de calcul (indice d). ou groupes de fixations voisins ou encore des
Conformément aux notations préconisées par bords proches, du moins si leur écartement ne
le CEB (Comité euro-international du béton) dépasse pas une valeur critique (voir plus loin).
et l’EOTA, on représente les charges par la De plus, pour éviter le fendage du béton lors
lettre S et les résistances par la lettre R. Par du placement des fixations, il y a lieu de res-
ailleurs, N représente la traction et V le ci- pecter les exigences minimales absolues pour
saillement. les distances entre axes, les distances aux bords
et l’épaisseur du support.
Dans le cas où le déplacement de la fixation
(arrachement hors du trou de forage) est criti- Si la fixation est déterminante pour un mode
que, il convient de contrôler également les états de rupture donné, c’est la fixation la plus
limites de service [4]. sollicitée du groupe qui sera prise en considé-
ration. Pour les mécanismes où le béton est
On vérifie si la résistance est supérieure à la déterminant, on tient compte du groupe de fixa-
charge pour chaque mode de rupture potentiel tions dans son ensemble (du moins si les dis-
et chaque combinaison d’actions potentielle. tances sont telles qu’on peut effectivement
Le mode de rupture (cf. figure 3) est fonction : parler de ‘groupe’). La mise en place de fixa-
 de la force exercée (traction, cisaillement tions groupées est toujours conseillée pour ré-
avec ou sans bras de levier) duire le risque de rupture due à une mise en
 du type de fixation œuvre défectueuse.
 de la configuration (fixations groupées ou à
proximité d’un bord). Le coefficient de sécurité couvrant la rupture
conique, la rupture rétroversive et la rupture
TRACTION CISAILLEMENT des bords du béton est γMc = γ c . γ 1 . γ 2, γc étant
le coefficient de sécurité connu du béton en
compression (1,50), γ1 la distribution de la ré-
sistance du béton en traction (1,20 dans des
conditions de mise en œuvre normales) et γ2
rupture de arrachement rupture de l’acier rupture de l’acier l’incertitude concernant la mise en place. La
l’acier de la fixation (cisaillement (cisaillement
sans levier) avec levier) valeur de γ2 et le coefficient de sécurité vis-à-
vis de la rupture de l’acier sont mentionnés
dans les agréments ATE. Pour les coefficients
de sécurité au fendage (γMsp) et à l’arrachement
fendage rupture conique cassure rétro- cassure d’un (γMp) du béton, on utilise également la valeur
du b éton du b éton versive du béton bord du béton de γMc. Quant aux coefficients de sécurité con-
cernant les actions, ils sont indiqués dans les
Fig. 3 Modes de rupture des ancrages structurels pour béton Eurocodes.
soumis à des efforts de traction ou de cisaillement [2].

Comme précisé ci-avant, ces modes de rupture 2.2.3 CALCUL D’UNE FIXATION OU
s’appliquent aux chevilles expansibles à mo- D’UN GROUPE DE FIXATIONS
ment contrôlé et aux chevilles à verrouillage
de forme pour béton. On peut toutefois admet- Le calcul d’une fixation ou d’un groupe de
tre que tous les modes de rupture sont suscep- fixations comprend quatre phases essentielles.
tibles de se produire également avec les ancra-
ges à tête élargie enrobés lors du coulage. Si
ceux-ci sont situés très près d’un bord, on peut 1. Pour chaque application, il convient de
en outre envisager une rupture latérale du bé- choisir la fixation la plus adaptée.
rupture latérale ton au droit de la tête d’ancrage (voir schéma
du b éton ci-contre). Le support et l’importance des charges à re-
prendre constituent les critères de base pour le
Il existe par ailleurs des mécanismes faisant choix des fixations. Parmi les autres critères,

14 AUTOMNE 1998

[Link] 5/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i
citons notamment : NSd
 la vulnérabilité de l’installation : certaines
fixations supportent moins bien que d’autres MSd
des défauts de montage Fig. 4 Distribution linéaire
 la pose dans la zone tendue ou comprimée de l ’allongement [4].
du béton : il existe aujourd’hui plusieurs D
fixations utilisables dans la zone tendue du ∑M = 0
béton; dans ce cas, on considère que la fis- ∑N = 0
Ts = As . εs . Es
suration (éventuelle) diminue la capacité D = 1/2 . b . x . εc . Ec
Ts1 Ts2
portante. Pour le concepteur, cette applica- b = largeur de la plaque
tion allège considérablement le travail de d’ancrage
calcul, vu la difficulté réelle de démontrer
l’existence d’une zone de compression pure εs1
εs2 x
(notamment en raison de l’action du retrait,
du fluage, des effets de la température); les
εc
chevilles chimiques et les chevilles expan-
sibles à déplacement contrôlé, par exemple, x/3
ne peuvent être installées dans un béton fis-
suré
 l’aptitude de la fixation à résister aux char-
ges dynamiques, qu’elles soient périodiques de l’acier est de 200.000 N/mm2, celui du bé-
(ex. : fixation d’une machine rotative), aléa- ton de 30.000 N/mm2. On ne tient pas compte
toires (action du vent sur l’ancrage des pan- de la contribution des fixations dans la zone
neaux de façade) ou prennent la forme d’un comprimée.
impact (rails de sécurité des autoroutes)
 l’existence de conditions favorisant la cor- Le raisonnement est identique si l’excentricité
rosion est très faible (toutes les fixations restent solli-
 la résistance au feu citées en traction) ou bidirectionnelle. Dans ce
 une distance réduite entre axes ou aux bords. cas, l’axe neutre est incliné par rapport aux
axes principaux de la plaque d’ancrage; la dis-
tance entre les fixations et l’axe neutre est alors
2. Les efforts sur les fixations groupées mesurée perpendiculairement à ce dernier.
doivent être convertis en efforts sur les
fixations les plus sollicitées. Pour calculer l’effort de cisaillement répercuté
par la plaque d’ancrage dans chaque fixation,
Les actions qui s’exercent sur un groupe de il suffit souvent de répartir l’effort total
fixations (charges normales, efforts de cisaille- uniformément entre le nombre de fixations
ment et moments) doivent être réparties en (figure 5 A, p. 16). Si, sous l’effet d’un mo-
actions sur les fixations individuelles. Dans la ment de torsion WSd, l’effort tranchant s’exerce
plupart des cas, le transfert s’effectue par l’in- avec une certaine excentricité, il faut évidem-
termédiaire d’une plaque d’ancrage métallique. ment en tenir compte.
Cette phase du calcul concerne uniquement les
groupes de fixations et les fixations individuel- On déroge à cette règle si la fixation la plus
les montées à distance (voir plus loin). voisine du bord est très proche de ce dernier
(on utilise alors momentanément, en l’absence
Les charges normales et les moments engen- d’ATE, une valeur égale à 60 fois le diamètre,
drent des contraintes de traction dans certaines comme le préconise le CUR) [2], ou si l’ori-
fixations du groupe. On suppose en général fice de la plaque d’ancrage dépasse 1,2 fois le
que la plaque d’ancrage est suffisamment ri- diamètre de la fixation. Dans ces cas, seules
gide pour assurer une distribution élastique les fixations les plus défavorables seront pri-
linéaire de l’allongement (à condition que la ses en compte (figure 5 B, p. 16). Seconde
contrainte dans l’acier de la plaque ne dépasse exception : certaines fixations sont disposées
pas la limite d’élasticité). Tous les ancrages du dans des trous oblongs (figure 5 C, p. 16). Il
groupe doivent évidemment être identiques. s’agit en fait d’un moyen pratique pour éviter
que les fixations situées à proximité des bords
Partant de cette hypothèse, on répartit les ef- ne doivent reprendre toutes les charges. En
forts entre les fixations à l’aide des formules effet, dans ce cas de figure, c’est généralement
mentionnées à la figure 4 (éventuellement par le mode de rupture au bord du béton qui est
itérations successives). En général, le module E déterminant.

15 AUTOMNE 1998

[Link] 6/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i
A. DE MANIÈRE UNIFORME SUR LE NOMBRE DE FIXATIONS Fig. 7 Calcul du moment fléchissant au droit de la
fixations non sollicitées fixation.
VSd
fixations sollicitées A. POSSIBILITÉ DE ROTATION B. PAS DE POSSIBILITÉ DE ROTATION
VSd
VSd VSd

VSd ; ; ; ;

; ; ; ;

; ; ; ;

; ; ; ;

WSd ; ;

a a
l l

B. SUR LES FIXATIONS LES PLUS D ÉFAVORABLES C. SUR LES FIXATIONS


AVEC TROUS OBLONGS

VSd VSd VSd


En cas de porte-à-faux important, la flèche peut
devenir considérable au droit de l’élément à
fixer et doit être calculée ou testée (cas des
parements de façade fixés à une certaine dis-
tance du support).

Fig. 5 Distribution de l’effort de cisaillement.


3. Il y a lieu de vérifier la résistance à
chaque mode de rupture.

Lorsque le montage s’effectue à distance, il Les mécanismes de rupture de l’acier, d’arra-


arrive qu’une fixation ou un groupe de fixa- chement de la fixation (par traction) et de rup-
tions subisse un effort de cisaillement nanti ture de l’acier avec ou sans bras de levier (par
d’un bras de levier. Il en résulte, outre l’effort cisaillement) doivent être vérifiés pour la fixa-
de cisaillement, un moment fléchissant qui doit tion la plus sollicitée. Dans le cas de fixations
être repris par la section d’acier de la fixation. groupées, la fixation la plus sollicitée peut
évidemment être différente selon qu’on ait à
Le bras de levier se calcule comme suit : =
l l faire à une traction ou à un cisaillement. Elle
e + a. A la figure 6 B, où l’élément comporte peut en outre varier en fonction de la combi-
une plaque intermédiaire et un écrou rapportés naison d’actions.
directement contre la surface, la distance a
égale 0. S’il n’y a pas d’écrou ni de plaque Les modes de rupture conique et de rupture
intermédiaire (figure 6 A), le bras de levier est par fendage du béton (en traction) ainsi que les
augmenté d’un demi-diamètre (a = d/2). modes de rupture rétroversive et de rupture
des bords du béton (par cisaillement) doivent
être contrôlés pour l’ensemble du groupe de
A. SANS PLAQUE INTERMÉDIAIRE B. AVEC PLAQUE INTERMÉDIAIRE ET ÉCROU
NI ÉCROU RAPPORTÉS CONTRE LA SURFACE fixations. Comme précisé au début de l’article,
VSd
VSd l’incorporation d’ancrages à tête élargie lors
du coulage fait en outre intervenir un méca-
;
nisme de rupture latérale du béton.
;

d ;

d
;

;
Le guide d’agrément ETAG relatif aux che-
pièce à fixer pièce à villes métalliques pour béton [7] fournit des
fixer
a e e formules détaillées que complètent encore les
l l ouvrages mentionnés en [2] et [4]. Nous citons
ici, à titre d’exemple, les formules de la résis-
Fig. 6 Calcul du bras de levier. tance caractéristique vis-à-vis de deux méca-
nismes de rupture très courants, à savoir :
 rupture conique du béton (en traction) :
Le moment fléchissant sur la fixation est alors NRk,c = N0Rk,c . ψA,N . ψs,N . ψec,N . ψre,N . ψucr,N
calculé comme suit : MSd = VSd . 1/α. La valeur  cassure du bord du béton (par cisaillement) :
de α est fonction du mode d’assemblage de la VRk,c = V0Rk,c.ψA,V.ψh,V.ψs,V.ψec,V.ψα,V. ψucr,V
fixation à la pièce à solidariser (figure 7). Si la
pièce peut subir une rotation (figure 7A), α est Le point de départ du calcul est, selon le cas, la
égal à 1. Si la fixation est, au contraire, parfai- valeur N0Rk,c ou V 0Rk,c, qui représente la résis-
tement encastrée (figure 7B), α est égal à 2. tance caractéristique d’une seule fixation dans

16 AUTOMNE 1998

[Link] 7/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i
la situation “type” : béton fissuré avec distan- scr,N
ces suffisantes entre axes et aux bords, élé-
ment d’épaisseur satisfaisante respectivement
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

N,
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

r
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

c
en cas de rupture conique ou de cassure des s
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

5
,
Situation type A0c,N = scr,N . scr,N
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

0 N,
bords. A ces résistances caractéristiques de r
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

c
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;
N, s
r
c
base correspondent les formules suivantes :
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

s
A0c,N
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

5
,
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

0
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

 pour la rupture conique du béton : c1 0,5scr,N


f
N0Rk,c = 7,2 . fck,cube
0,5
. hef1,5 h
e

N,
r
 pour la cassure des bords du béton :
; ; ; ; ; ; ;

s c ; ; ; ; ; ; ;

5,
c1 s1 0,5scr,N 0
; ; ; ; ; ; ;

V0Rk,c = 0,45 . dnom0,5 . (lf/dnom)0,2 . fck0,5 . c11,5 N,


; ; ; ; ; ; ;

r
Ac,N
; ; ; ; ; ; ;

s c
; ; ; ; ; ; ;

5, ; ; ; ; ; ; ;

N,
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

0
r
; ; ; ; ; ; ;
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

où : ;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

5
,
s
c

Ac,N = (c1 + 0,5 s cr,N) . scr,N


; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

0
fck,cube = résistance caractéristique du béton en ;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

2
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

s
compression, mesurée sur cubes ;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

2
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

f
[N/mm2] ;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
c
h
e

hef = profondeur effective de la fixation (se- Ac,N = (c1 + s1 + 0,5 s cr,N) . (c2 + s2 + 0,5 s cr,N)
lon documentation du fabricant) [mm]
dnom = diamètre nominal de la fixation (selon Fig. 8 Rupture conique du béton.
documentation du fabricant) [mm]
lf = profondeur effective de la fixation en
cas de cisaillement (égale à hef si la sec-
tion n’est pas réduite) [mm] VSd
c1 = distance au bord le plus rapproché
[mm]. c1
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

h ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

Ces formules sont le fruit de recherches expé-


; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

Situation type ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

rimentales approfondies. Les constantes men- 1,5c1 s2 1,5c1

tionnées ici – fonction du type de fixation – VSd Ac,V = h . (1,5 c1 + s + 1,5 c1)
1,5
c1 c
pourront être utilisées jusqu’à ce que soient 1
1
1,5
c
c
publiés les agréments ATE. 1
; ; ; ; ; ; ;

5
,
1 ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ;

Les facteurs ψA,N=Ac,N/A0c,N et ψA,V=Ac,V/A0c,V


;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
;

;
VSd
; ; ; ; ; ; ;

revêtent une grande importance, car ils témoi-


gnent de l’effet dû à la proximité des bords et A0c,V = 1,5 c1 . 3 c 1
c1
d’autres fixations du groupe. Concrètement, on ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

1,5c1
compare la surface du plan de rupture dans la
; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ; ;

situation considérée (ex. : une seule fixation


1,5c1 s2 c2
près d’un bord, groupe de fixations proche ou
éloigné d’un bord, ...) à celle du plan de rup- Ac,V = 1,5 c1 . (1,5 c1 + s2 + c2)
ture d’une seule fixation dans la situation type.
Fig. 9 Cassure d’un bord du béton.
Si les fixations sont très rapprochées, ces va-
leurs ne dépassent généralement pas l’unité; si
elles sont très éloignées les unes des autres et
n’avoisinent pas le bord, les facteurs égalent le et de cisaillement, béton non fissuré, support
nombre de fixations. mince, inclinaison de l’effort de cisaillement
vis-à-vis du bord, ... Ces facteurs sont généra-
Les schémas représentés ci-après montrent lement inférieurs à 1. Pour plus de détails, nous
comment calculer A0c,N, Ac,N, A0c,V et Ac,V dans renvoyons le lecteur à la bibliographie [2, 4, 7].
le cas d’une rupture conique (figure 8) et d’une
rupture du bord du béton (figure 9). Pour les Enfin, on effectuera un contrôle combinant
formules exactes, on consultera la bibliogra- traction et cisaillement, du moins si les efforts
phie [2, 4, 7]. de traction (moments) et de cisaillement s’exer-
cent conjointement sur la fixation. Sous toutes
Les autres valeurs ψ sont des facteurs de cor- les combinaisons d’actions, il convient de vé-
rection qui tiennent compte des différences par rifier l’inéquation suivante pour la fixation la
rapport à la situation type : distances réduites plus sollicitée :
aux bords, excentricité de l’effort de traction (NSd/NRd) + (VSd/VRd) ≤ 1,2.

17 AUTOMNE 1998

[Link] 8/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i

Vu sa complexité, la méthode de calcul de l’EOTA, présentée ci- ture est réellement détaillée comme une arma-
avant, est difficilement applicable sans moyens informatiques. La ture de suspension). Pour les modes de rupture
plupart des fabricants proposeront donc des logiciels de calcul où le béton est déterminant, c’est-à-dire la rup-
pour leurs fixations. Etant donné que certains d’entre eux ont ture conique (en traction) et la rupture ré-
d’ores et déjà diffusé de tels programmes, il y a lieu de s’assu- troversive ou la cassure d’un bord (au cisaille-
rer de leur conformité à la nouvelle donne europ éenne. Quoi ment), il est judicieux de prévoir un minimum
qu’il en soit, des contrôles épisodiques par calcul non informa- d’armatures traversant le plan de rupture cor-
tisé ne nous semblent pas superflus. Le lecteur consultera à cet respondant.
effet les références [4] et [7] en compl ément au présent article.
Précisons enfin que les logiciels de calcul ne portent générale-
ment que sur la phase 3 de la procédure. Une bonne compré- Il est recommandé de prescrire des fixations
hension du fonctionnement de la fixation (surtout en phase 2) et certifiées (bénéficiant d’un agrément ATG ou
des modes de rupture potentiels reste donc essentielle. de la marque CE). Celles-ci ayant fait l’objet
d’essais conformes aux directives de l’EOTA,
elles sont susceptibles d’être calculées selon la
méthode décrite ci-avant, ce qui n’est pas for-
4. Les calculs doivent figurer sur un plan cément le cas pour des fixations non certifiées.
de pose. A défaut, il convient de procéder à des essais
de réception sur le site (cf. § 3, p. 20).
Une fois les fixations choisies et dimension-
nées, on établit un plan de pose à l’intention de
l’exécutant et du fournisseur. Ce document 2.2.4 DURABILITÉ
reprendra au minimum les données suivantes :
 l’emplacement de la fixation dans la struc- Les conditions de pose in situ ne peuvent nuire
ture (avec tolérances de mise en œuvre) à la durabilité de la fixation, au risque de com-
 le nombre de fixations, leur type et éven- promettre la résistance mécanique. Pour éva-
tuellement la qualité de l’acier luer le degré d’agressivité de l’environnement
 la résistance du support vis-à-vis d’un produit de construction et assu-
 l’écartement des fixations et leur distance rer une protection anticorrosion adéquate des
aux bords (avec tolérances positives) chevilles métalliques, on se reportera aux
 le diamètre de forage (éventuellement les recommandations du tableau 1, sauf si le ca-
tolérances ou le matériel de forage), la pro- hier des charges prévoit des exigences plus
fondeur d’ancrage et le moment de serrage. strictes.

A ces informations pourront s’ajouter : Les résines destinées aux chevilles chimiques
 l’épaisseur de la pièce à fixer et le diamètre sont composées d’époxy-acrylate modifié ou
du trou qui y est foré non. Leur adéquation avec le durcisseur et les
 l’épaisseur maximale d’une couche non fillers éventuels permet de limiter à un mini-
porteuse éventuellement située sous l’élé- mum le retrait, le fluage et l’absorption d’eau
ment à fixer et d’assurer une excellente résistance aux alca-
 le type de matériel de forage utilisé lis, aux acides et aux sels.
 la position de la fixation sur l’élément à
ancrer (avec tolérances)
 les exigences relatives aux chevilles chimi- 2.3 RÉSISTANCE AU FEU
ques (délai d’attente, par exemple)
 les instructions spécifiques à l’installation Pour les applications où cette exigence est es-
(si d’application). sentielle (installation de sprinklers, de portes
coupe-feu, ...), on utilisera de préférence des
Les valeurs de calcul fournies par le fabricant fixations ayant subi un test de résistance au feu
concernent normalement un béton âgé de avec l’élément fonctionnel.
28 jours. Si les fixations sont placées et mises
en charge avant ce délai, seule la résistance à L’AR du 19.12.97 (MB du 31.12.97) fixant les
l’âge concerné peut être prise en compte. Les normes de base en matière de prévention con-
essais sur les fixations se font en principe sur tre l’incendie et l’explosion envisage indirec-
du béton non armé. La présence d’une arma- tement les techniques de fixation dans ses dis-
ture à proximité des fixations peut en effet in- positions relatives à la sécurité au feu des élé-
fluencer favorablement leur comportement en ments de construction, en particulier celle des
cas de déplacement de la sollicitation, mais éléments qui font partie d’un compartiment ou
elle ne peut être prise en compte en tant que d’une voie d’évacuation. Les éléments struc-
telle (sauf dans les cas particuliers où l’arma- turaux y sont définis comme des “éléments de

18 AUTOMNE 1998

[Link] 9/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i
Tableau 1 Classes d’exposition et protection anticorrosion minimum des systèmes de fixation.

CLASSE D’EXPOSITION DESCRIPTION & EXEMPLES PROTECTION MINIMUM


1. Environnement sec Int érieur des immeubles d’habitation ou de bu- Galvanisation, 5 à 10 microns (cette couche est
reaux (peut éventuellement être soumis à des toujours présente pour protéger l’acier pendant
conditions plus sévères pendant la construction) le stockage et la manipulation avant installation)
2. Environnement a. sans Intérieur des bâtiments soumis à une humidité Milieu intérieur temporairement humide : galva-
humide gel élevée (ex. : blanchisseries) nisation à chaud, 40 à 45 microns (hot dip galvanised )
Parties extérieures non exposées au gel Milieu intérieur humide en permanence (conden-
Eléments dans un sol non agressif et/ou de l ’eau sation), milieu extérieur : acier inoxydable ordinaire (*)
b. avec Parties intérieures soumises à une humidité Acier inoxydable ordinaire (*)
gel élevée et expos ées au gel
Parties extérieures exposées au gel
Eléments en contact avec un sol non agressif
et/ou de l ’eau, et expos és au gel
[Link] humide avec Parties intérieures et extérieures exposées au gel Acier inoxydable spécial (**)
gel et agents de déverglaçage et aux agents de d éverglaçage
4. Environnement a. sans Eléments totalement ou partiellement immerg és A l ’intérieur : acier inoxydable ordinaire (*)
marin gel dans l’eau de mer ou dans une zone d ’embruns A l’extérieur, dans l’eau de mer ou dans les
Eléments expos és à une atmosphère saturée de zones d’embruns : acier inoxydable sp écial (**)
sel (zone côtière; à l ’intérieur également)
b. avec Mêmes éléments qu’en 4a, mais expos és au gel
gel
5. Environnement a. faible Environnement l égèrement agressif (gaz, liquide Acier inoxydable sp écial (ex. : acier CrNiMo) (**)
présentant ou solide); ex. : piscines couvertes
une agressivité Zone industrielle agressive; ex. : zone portuaire
chimique
b. modérée Milieu moyennement agressif (gaz, liquide, solide)
c. forte Milieu fortement agressif (gaz, liquide ou solide);
ex. : tunnels routiers avec sels de d éverglaçage
(*) Acier inoxydable ordinaire : A1 (1,4305), A2 (1,4391), A4 (1,4401) (voir également la norme NBN EN 10088).
(**) Acier inoxydable spécial : acier CrNi, acier CrNiMo, ...; à d éterminer en concertation avec le fabricant (voir norme NBN EN 10088).

construction assurant la stabilité de l’ensem- fixation


ble ou d’une partie du bâtiment (tels que co-
lonnes, ...) et qui, en cas d’affaissement, don-
nent lieu à un effondrement progressif; ... ”.
matériau antivibratile
éventuel
Hormis les exigences posées aux éléments
structuraux faisant partie d’un compartiment, plaque intermédiaire
il convient d’évaluer les éléments appartenant matériau antivibratile
aux voies d’évacuation (portes coupe-feu, ...)
et aux équipements du bâtiment (conduites, ...),
et d’examiner dans quelle mesure les fixations pièces de fixation
métalliques
peuvent être exposées au feu.

Pour toute application où la résistance au feu


est essentielle, l’élément de construction est : Fig. 10 Technique de
 soit testé en combinaison avec son système fixation anti-chute.
de fixation
 soit muni d’un système de fixation empê- P
chant sa chute en cas de rupture (figure 10)
 soit protégé par un revêtement (panneau,
enduit, peinture, ...) résistant au feu. moindre que celle des éléments environnants,
donnent lieu à des pertes de chaleur supplémen-
taires. La température superficielle au droit du
2.4 ECONOMIE D’ÉNERGIE ET pont thermique peut dès lors être inférieure au
ISOLATION THERMIQUE point de rosée et provoquer une condensation
de la vapeur d’eau.
Les zones où les isolants sont traversés par des
fixations constituent des ponts thermiques, qui, La méthode de calcul définie dans la norme
de par leur résistance thermique nettement EN-ISO 10211-1 (1995) permet d’évaluer aussi

19 AUTOMNE 1998

[Link] 10/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i
bien l’aspect énergétique (pertes de chaleur tout autre élément, la sécurité d’une fixation
supplémentaires) que le risque de condensa- dépend du soin et de la précision apportés à la
tion. mise en œuvre. L’installateur prêtera plus
particulièrement attention aux dispositions sui-
vantes.
2.5 PROTECTION CONTRE LE BRUIT
Dans les éléments de construction devant sa- ❒ En cas de fixation dans le béton armé, ne pas percer les
tisfaire à des exigences en matière de trans- barres d’armature (sauf accord explicite de l’ingénieur
chargé des calculs de stabilité). Cette règle s’applique a
mission du bruit ou des vibrations, les systè-
fortiori aux armatures de pr écontrainte. On peut, le cas
mes de fixation constituent généralement un échéant, localiser les armatures à l ’aide d’un appareil de
point délicat. Ceux-ci sont en effet destinés à mesure électromagnétique (covermeter ou pachomètre).
assurer un assemblage rigide entre deux surfa- ❒ Respecter le diamètre de forage et la profondeur de forage
ces ou deux composants. Or, cet assemblage minimum.
est souvent une source non négligeable de ❒ Nettoyer le trou de forage, par exemple au moyen d ’air
transmission sonore ou vibratoire, avec tous comprimé.
les inconvénients qui en résultent. ❒ Respecter un délai d’attente suffisant dans le cas de chevilles
chimiques.
❒ Resserrer éventuellement les chevilles expansibles apr ès un
Les solutions permettant de réaliser un sys-
certain temps.
tème de fixation isolant vis-à-vis du bruit ou
des vibrations consistent à scinder le système
et à le coupler avec un matériau souple. Deux
solutions sont envisageables : On apportera en outre toute l’attention néces-
 soit intégrer le matériau souple au système saire à la composition de la paroi, surtout lors-
de fixation (figure 10, p. 19, et figure 11); qu’il s’agit d’une maçonnerie. Les enduits et
cette technique est généralement utilisée les isolants ne peuvent en aucun cas servir de
pour fixer des équipements techniques supports de fixation. La profondeur d’ancrage
(ascenseurs, ...) nécessaire doit toujours être respectée.
 soit insérer le matériau souple entre les pa-
rois mêmes; ceci concerne habituellement Il est recommandé de contrôler ultérieurement
les systèmes de fixation d’éléments de gran- la qualité de l’exécution et sa conformité au
de surface (paroi de séparation, socle, ...). plan de pose. Toute anomalie, toute circons-
tance imprévue sera examinée de concert avec
l’ingénieur chargé des calculs de stabilité et le
mm mi fournisseur. Dans ce dernier cas ou, de ma-
60 n.
n. 60
mi mm nière générale, si le souhait en est exprimé, il
matériau
antivibratile est possible de réaliser un essai de traction sur
les fixations mises en œuvre. La figure 12 mon-
tre comment réaliser cet essai in situ.

VUE DE FACE VUE LATÉRALE


fixation dans la
pièce à solidariser pièce de
fixation
métallique

Fig. 12 Sch éma


fixation dans
la paroi de principe d’un
portante hef essai de traction
Fig. 11 Mat ériau souple intégré réalisé sur
au système de fixation. chantier.
≥1,5hef ≥1,5hef

3 MISE EN ŒUVRE La mise en place des fixa-


tions est une des opérations
Le test consiste à exercer un effort de traction
à l’aide d’un vérin hydraulique creux prenant
dont l’importance est la plus sous-estimée dans appui sur le support via un anneau ou des pro-
le processus de construction. Elle doit être réa- filés métalliques. Le tirant est relié par une
lisée conformément au plan de pose et aux charnière à un raccord spécial qui s’accroche
instructions du fournisseur. Bien plus que pour sous la fixation. Ce raccord aura de préférence

20 AUTOMNE 1998

[Link] 11/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i
la même épaisseur et le même diamètre que chaque fixation. Il convient de prévoir deux
l’élément à fixer. En cas de chevilles chimiques fixations pour la reprise des efforts de traction.
à tige filetée, un manchon peut servir de rac- Aussi, la plaque d’ancrage est pourvue de qua-
cord entre l’extrémité filetée et le tirant. tre fixations, dont deux sollicitées en traction.

Si nécessaire, on peut également réaliser a Après avoir choisi le type de fixation, on dé-
posteriori un essai de contrôle par cisaillement finit une configuration en tenant compte des
(excentré ou non). dimensions des montants et en prévoyant une
marge de manœuvre pour le montage. On
Les critères de réception ainsi que les mesures procède ensuite à une vérification en vue de
à prendre en cas de non-conformité seront in- s’assurer que la configuration choisie satisfait
diqués avec précision dans le cahier des char- aux distances minimales absolues entre axes et
ges ou, à défaut, auront été convenus au préa- aux bords, spécifiques du type de fixation
lable entre le maître d’ouvrage, l’ingénieur et choisi.
l’entrepreneur.
Dans notre exemple, nous considérons une
plaque d’ancrage rigide de 15 cm de large et

4 EXEMPLES PRATIQUES
de 17 cm de haut, fixée par quatre chevilles
expansibles Ø 12 (section résistante As =
COURANTS 84,2 mm2) dont l’axe est situé à 3 cm des bords.

4.1 BALUSTRADE L’effort de cisaillement (VSd = 1000 N) peut


être réparti uniformément sur les quatre che-
Dans l’hypothèse d’un support en béton (pour villes, à condition que les trous de la plaque
les supports en bois ou en acier, on se référera d’ancrage ne soient pas trop grands et que les
aux modes de fixation spécifiques à ces maté- chevilles situées dans la partie la plus basse ne
riaux), on rencontre en pratique les modes de soient pas trop près du bord inférieur. Dans le
fixation suivants : cas contraire, on répartit l’effort de cisaille-
 chevilles chimiques ou métalliques (cf. ment sur les chevilles supérieures. L’effort de
l’exemple de calcul ci-après) traction (NSd = 1400 N) et le moment fléchis-
 ancrages incorporés sant (MSd = 1400 N . 1,2 m = 1680 Nm) sont
 fixation dans des percements à remplir ulté- convertis, d’une part, en efforts de traction sur
rieurement de béton ou de mortier. les chevilles supérieures et, d’autre part, en un
effort de compression transmis directement au
Au sujet des charges agissant sur les balustra- support dans la partie inférieure de la plaque
des ainsi que des dimensions des montants et (les fixations en compression ne sont pas pri-
des plaques d’ancrage, le lecteur se référera à ses en compte).
un article paru précédemment dans ce maga-
zine [11]. La figure 13 mentionne une charge On procède ensuite à un calcul itératif sur la
de calcul réaliste applicable aux montants base d’une répartition linéaire de l’allongement
d’une balustrade. (pour autant que l’épaisseur de la plaque soit


suffisante, p. ex. 12 à 15 mm) et des formules
de la figure 4 (p. 15). Après avoir choisi les
1400 N
deux paramètres de base – écrasement du bé-
ton εc en partie basse (allongement négatif) et
hauteur de la zone comprimée x –, on calcule
1000 N
1200 les valeurs suivantes (cf. figure 14, p. 22) :
 la contrainte de compression au bas de l’élé-

 30 90 30
ment en béton : σc = Ec . εc (N/mm2)


30  la résultante des forces de compression :
Fig. 13 Fixation D = 0,5 . x . σ c . 150 (N)
170 50 110
du montant d’une 30  l’allongement de l’acier :
balustrade (cotes 30

en mm). 150 εs = -εc . (170 - 30 - x) / x (mm/mm)


 la contrainte de traction dans les chevilles :
σs = Es . εs (N/mm2)
 la résultante des forces de traction : T=[Link].σs
Le groupe de fixations est sollicité en traction,  le moment fléchissant total par rapport au
en cisaillement et en flexion, ce qui donne lieu centre de la plaque :
à des efforts de cisaillement et de traction sur M = T . (140 - 170/2) - D (170/2 - x/3).

21 AUTOMNE 1998

[Link] 12/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i
a lieu de modifier les paramètres : type de fixa-
T tions (par exemple, distances aux bords moins
MSd εS
critiques), nombre et diamètre des fixations,
0
0
4
7
1
dimensions de la plaque d’ancrage et position
NSd 1
des fixations dans cette dernière.
VSd x x
D x/3
εc
Par contre, si les calculs démontrent qu’aucune
σs
difficulté n’est à craindre pour quel que mode
Fig. 14 Distribution de l’allongement et des contraintes de rupture que ce soit, il est évidemment pos-
dans le groupe de fixations (cotes en mm). sible d’envisager une solution plus économi-
que, notamment en réduisant le diamètre des
chevilles et les dimensions de la plaque d’an-
Vu la sollicitation externe du groupe de fixa- crage.
tions, on doit avoir NRd = T + D = 1400 N et
MRd = M = 1680 Nm. La façon la plus rapide L’optimisation d’un groupe de fixations exige
de satisfaire simultanément aux deux condi- donc de nombreux calculs répétitifs. L’emploi
tions consiste à reporter ces équations simples d’un logiciel revêt évidemment un grand inté-
dans un tableur et à faire varier les paramètres rêt en vue de vérifier les divers modes de rup-
de base. ture pour chaque nouvelle configuration.

Dans cet exemple de calcul, les deux équa-


tions sont satisfaites pour un écrasement du 4.2 POTEAUX D’ÉCLAIRAGE
béton εc = -0,15 ‰ et une hauteur de la zone
comprimée x = 37,2 mm. On a donc : Les poteaux d’éclairage sont souvent fixés dans
σc = -0,00015 . 30000 = -4,5 N/mm2 un support en béton au moyen de chevilles
D = 0,5 . 37,2 . (-4,5) . 150 = -12575 N métalliques pour charges lourdes ou de che-
εs = -εc . (140 - x)/x = 0,415 ‰ villes chimiques. Une autre technique courante
σs = 0,000415 . 200000 = 83,0 N/mm2 consiste à sceller les fixations dans des perce-
T = 2 . 84,2 . 83,0 = 13975 N ments que l’on remplit ensuite de béton, et à
NRd = T + D = 13975 - 12575 = 1400 N ≈ NSd étançonner provisoirement le poteau.
MRd = M = 13975 . (140 - 85) - (-12575) . (85 -
37,2/3) = 1681570 Nmm = 1681,6 Nm ≈ MSd. Les forces dynamiques dues au vent doivent
faire l’objet d’une étude de stabilité particu-
On vérifie ensuite les modes de rupture sui- lière (cf. norme NBN B 03-002-2). L’embase
vants [4, 7] : est soumise aux sollicitations suivantes :
❒ en traction :  effort de compression lié au poids propre
– rupture de l’acier : contrainte de l’acier σs =  moment fléchissant dû au poids propre (sauf
83 N/mm2 si le poteau est parfaitement rectiligne)
– arrachement de la fixation : cf. documenta-  effort de cisaillement sous l’action du vent
tion du fabricant, à défaut d’ATE  moment fléchissant sous l’action du vent.
– rupture conique du béton : cf. § 2.2.3, p. 14
(les deux chevilles sollicitées en traction Le moment fléchissant dû à l’action du vent
sont considérées comme un groupe) (w) peut coïncider avec le moment fléchissant
– rupture par fendage : cf. documentation du dû au poids propre (eg). Etant donné que la
fabricant, à défaut d’ATE direction du moment fléchissant lié au vent est
❒ au cisaillement : variable, il est conseillé d’ancrer le poteau
– rupture de l’acier par cisaillement sans bras d’éclairage dans une plaque symétrique com-
de levier : contrainte de l’acier σ s = portant au moins quatre fixations. Les deux
78,4 N/mm2 combinaisons d’actions suivantes doivent être
– rupture rétroversive du béton : cf. documen- vérifiées dans tous les cas (cf. figure 15) : la
tation du fabricant, à défaut d’ATE charge due au vent suivant l’encorbellement
– cassure des bords : cf. § 2.2.3 (p. 14) éventuel du poteau (A) et la charge résultant
❒ en traction et en cisaillement : critère de du vent, perpendiculaire au poteau (B).
combinaison pour la fixation la plus criti-
que. Contrairement aux balustrades, les groupes de
fixations d’un poteau d’éclairage sont soumis
Si l’évaluation de la résistance aux divers à une charge normale orientée vers le groupe
modes de rupture fait apparaître que la confi- (effort de compression), qui, vu son effet sta-
guration préconisée n’est pas satisfaisante, il y bilisateur, doit être multipliée par un coeffi-

22 AUTOMNE 1998

[Link] 13/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i
A B y
z
Fig. 15
Combinaisons x
Fig. 16 Sch éma
ACTIONS EXTERNES NRd
d’actions sur un de calcul de la
poteau d’éclai- eg
; ; ; ; ; ;

flexion dans deux


w eg ; ; ; ; ; ;

rage (les mo- ; ; ; ; ; ;

directions.
ments sont
; ; ; ; ; ;

w ; ; ; ; ; ;

vectorisés). MRd,x
; ; ; ; ; ;

MRd,y

w = vent
eg = poids propre NSd,eg D
VSd,w NSd,eg MSd,w EFFORTS RÉSISTANTS
l

3
VSd,w n
T3 εc
l

2 ; ; ; ; ; ; b
; ; ; ; ; ;

T1
; ; ; ;

D
; ;

T2
; ; ; ; ; ;

MSd,w l
;
1 ; ; ; ;

a
;

MSd,eg MSd,eg ; ; ; ; ; ;

cient de sécurité de 0,9. Ce faisant, on réduit Choisir une valeur pour les trois variables de base εc, a et b.

aussi le moment fléchissant résultant du poids ❒ Déterminer l’effort global de compression D = a . b . Ec . εc/3.
propre. Puisqu’on ne peut prévoir quel sera ❒ Définir la position du centre de gravité de D (à a/3 et b/3
l’effet prépondérant, il est conseillé de vérifier de l ’axe neutre nn) et sa distance perpendiculairement à
également le calcul avec les effets du poids l’axe neutre nn.
propre multipliés par un coefficient de sécurité ❒ Reporter l’équation de la droite nn dans un système quelcon-
de 1,35. Les efforts de cisaillement et le mo- que de coordonnées, par exemple xyz.
ment fléchissant de l’action du vent sont tou- ❒ Ecrire l’équation des droites perpendiculaires à nn passant
jours multipliés par un coefficient de 1,5. par les fixations sollicitées en traction.
❒ Fixer la distance i entre les fixations de la zone tendue et
 l

l’axe neutre.
La première combinaison (figure 15 A) cor- ❒ Déterminer l’allongement εi, les contraintes σi et les efforts de
respond au calcul de la balustrade effectué au traction Ti des fixations dans la zones tendue.
§ 4.1 (p. 21). L’effort de cisaillement est ré- ❒ Calculer la charge résistante normale NRd = D - Σ (Ti).
parti sur les quatre fixations. La charge nor- ❒ Déterminer les moments fl échissants résistants MRd,x et MRd,y
male externe NSd,eg et les moments fléchissants par rapport au système de coordonnées choisi.
externes MSd,w et M Sd,eg produisent des efforts ❒ Déterminer une nouvelle fois les valeurs de calcul de la
de traction dans les fixations et une zone com- charge NSd,eg, M Sd,w et MSd,eg dans le système de coordonnées
primée sous la plaque d’ancrage. Le choix ju-
xyz : NSd,eg, M Sd,x et MSd,y et les comparer aux valeurs N Rd,
MRd,x et MRd,y.
dicieux de εc et de x permet de déterminer les Adapter, si nécessaire, les valeurs εc, a et b pour une

efforts de traction dans les fixations et la con- nouvelle itération.
trainte maximale de compression dans le bé-
ton.

Dans la seconde combinaison (figure 15 B), le Bien entendu, le recours à un logiciel facilitera
groupe de fixations est soumis à une charge grandement les calculs. Toutefois, la procé-
normale et des moments fléchissants per- dure définie ci-avant doit permettre d’effec-
pendiculaires. Comme au § 4.1, on peut envi- tuer soi-même certaines vérifications dans le
sager une distribution élastique linéaire de cas de grands chantiers.
l’allongement et définir la résistance corres-
pondante du groupe. Vu les deux moments flé-
chissants, l’axe neutre n’est plus parallèle à 4.3 ENSEIGNES PUBLICITAIRES ET
l’un des axes principaux de la plaque d’an- PANNEAUX DE CIRCULATION
crage et la distribution de l’allongement est
définie par trois variables. En cas de rupture de leurs fixations, les ensei-
gnes publicitaires et les panneaux de circula-
Ici aussi, on peut utiliser un tableur pour poser tion représentent un danger réel pour les per-
sous forme paramétrique les équations qui dé- sonnes. Cet exemple concerne une enseigne
crivent le système, bien que cette méthode fixée à l’aide de chevilles métalliques dans un
nécessite davantage de calculs. On peut suivre support en béton.
la procédure décrite ci-après (cf. figure 16).

23 AUTOMNE 1998

[Link] 14/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

m e
a n
g a z i
Les supports en béton autorisent par ailleurs Selon la méthode de calcul à la rupture, la
des fixations par chevilles chimiques ou par charge permanente (poids propre = 3000 N) et
ancrages enrobés; les maçonneries sont aptes à la charge variable (charge provenant du vent =
recevoir des chevilles métalliques, chimiques 2280 N) doivent être multipliées par les coef-
ou en plastique. La méthode de calcul en vi- ficients de sécurité partiels respectivement de
gueur à l’heure actuelle ne s’applique qu’au 1,35 et 1,50, afin d’obtenir des valeurs de cal-
béton; pour les fixations dans la maçonnerie, cul. Pour le groupe de fixations inférieur, le
on consultera la documentation du fabricant. poids propre a probablement un effet stabilisa-
Les enseignes publicitaires et les panneaux de teur (effort de compression); en plus du con-
circulation ne peuvent être fixés uniquement trôle avec le coefficient de 1,35, on effectuera
dans la paroi extérieure d’un mur creux. un contrôle avec le coefficient de 0,90.

Le panneau considéré a une hauteur de 3 m, Les actions résultantes sur les groupes de fixa-
une largeur de 60 cm et est suspendu à 20 cm tions sont représentées à la figure 18. Les mo-
d’un support en béton. Le poids propre s’élève ments fléchissants induits dans les chevilles
à 300 kg ou 3000 N. Cette charge induit un par la charge due au vent sont vectorisés. On
moment fléchissant de 3000 N . 0,5 m = peut faire la somme vectorielle des efforts de
1500 Nm, occasionnant un effort de traction cisaillement et la répartir sur les quatre che-
de 500 N sur le groupe de fixations supérieur villes. Les efforts de traction dans les chevilles
et de 500 N sur le groupe inférieur (figure 17). et la contrainte maximum de compression dans
le béton due à la charge normale et au moment
Selon la norme NBN B 03-002-1, la charge fléchissant sont définis comme au § 4.1. 
due au vent équivaut à la pression dynamique
caractéristique du vent, multipliée par un coef- POIDS PROPRE
ficient de pression : w = cp . qk (N/m2). La ANCRAGE DU HAUT ANCRAGE DU BAS

norme stipule que, pour les “éléments en relief


sur une construction pleine”, le coefficient cp
est égal à 2. Si l’on considère que le panneau
est suspendu à une hauteur de 5 m, qu’il se 500 N
situe dans une zone urbanisée, industrialisée 500 N * 1,35 (0,90)
ou boisée (classe III) et présente une rigidité 1500 N * 1,35 1500 N
* 1,35 * 1,35 (0,90)
suffisante (pas d’effets dynamiques), on a :
qk = qb = 633 N/m2 CHARGE DUE AU VENT
ANCRAGE DU HAUT ANCRAGE DU BAS
et w = 2 . 633 = 1266 N/m2.
1140 N 1140 N
* 1,50 * 1,50
La charge totale due au vent s’élève donc à
3 . 0,6 . 1266 = 2280 N et le moment fléchis-
sant vis-à-vis du support à 2280 N . 0,5 m =
1140 Nm (figure 17).

670 Nm 670 Nm
* 1,50 * 1,50

Fig. 17 Poids propre ; ;


Fig. 18 Efforts exercés sur les chevilles.
; ;

d’un panneau publicitaire


et charge due au vent
(cotes en m).
0,5

3
w = 2280 N
* 1,50

eg = 3000 N
* 1,35
; ;

* 0,90
; ;

0,2 0,6

24 AUTOMNE 1998

[Link] 15/16
2/20/25, 5:31 PM Documents Downloader

S T
C C

PR A T I Q U E m e
a n
g a z i

BIBLIOGRAPHIE

Centre scientifique et technique de la construction


1 Les balcons. Bruxelles, CSTC, Note d’information technique 196, juin 1995.
Civieltechnisch Centrum Uitvoering Research en Regelgeving
2 Korte ankers in beton. Berekening en uitvoering. Gouda, Stichting CUR, CUR-Concept
Aanbeveling 25, 1998.

3 Momentgecontroleerde spreidankers en korte lijmankers in verharde betonconstructies. Gouda,


Civieltechnisch Centrum Uitvoering Research en Regelgeving

Stichting CUR, CUR-Aanbeveling 25, 1991.

4 Design of fastenings in concrete. Design Guide. Parts 1 to 3. Londres, Thomas Telford, CEB-
Comité euro-international du béton

Bulletin 233, 1997.

5 Fastenings to concrete and masonry structures. State of the art report. Londres, Thomas
Comité euro-international du béton

Telford, 1994.

European Organization for Technical Approvals


6 Drafts en Final Drafts van de verschillende ETAG’s. Bruxelles, EOTA, 1997.
European Organization for Technical Approvals
7 Guideline for European Technical Approval of metal anchors for use in concrete. Annex C.
Design methods for anchorages. Bruxelles, EOTA, 1997.

Hordijk D.A. & Sagel R.


8 Korte ankers in beton. Reacties gevraagd op nieuw concept voor CUR-Aanbeveling 25.
’s Hertogenbosch, Cement, n° 2, 1998.

Hordijk D.A., Font Freide J. & Sagel R.


9 Korte ankers in beton (II). Rekenvoorbeelden van op trek belaste ankers. ’s Hertogenbosch,
Cement, n° 5, 1998.

Schaerlaekens S. & Vitse P.


10 Les ancrages pour bétons et maçonneries. 1 ère
partie : description des systèmes. Bruxelles,
CSTC-Magazine, n° 1, 1998.

Van den Bossche T.


11 Stabilité des garde-corps. Calcul pratique selon les STS 54. Bruxelles, CSTC-Magazine,
n° 2, 1996.

25 AUTOMNE 1998

[Link] 16/16

Vous aimerez peut-être aussi