Troisième raison : le droit relève de la culture générale.
Droit familial : le divorce
Il existe deux grandes catégories de divorce :
- Divorce pour désunion irrémédiable. Prévu à l’article 229 du Code Civil.
o §1 : Désunion irrémédiable prouvée par un des époux.
Une désunion est irrémédiable quand elle rend impossible la poursuite de la vie
commune. Un époux qui demande le divorce sur cette base doit apporter la preuve
de l’impossibilité de reprendre la vie commune avec son conjoint. Éléments
concrets : infidélité, coups et blessures, agressivité, jalousie maladive, dépendance à
l’alcool ou aux stupéfiants, harcèlement, etc.
La preuve peut être apportée par toute voie de droit (= n’importe comment, ce n’est
pas le cas dans d’autres procédures). Les modes de preuves sont donc extrêmement
variés :
l’aveu du demandeur ou du défendeur (dans une procédure civile s’articule
sur la position entre deux parties, de demandeur (qui introduit la procédure)
et le défendeur (qui est convoqué)) qui reconnaît par exemple avoir une vie
extraconjugale.
Enquêtes : audition de témoins qui prêtent serment et sont interrogés par le
juge sur des faits précis et dire ce qu’ils en savent.
Attestations : de membres de la famille, d’amis, de voisins,…
Documents : SMS, mails,…
Constat d’adultère : Un époux suspecte l’autre d’avoir une relation
extraconjugale et veut en avoir la preuve absolue. Il dépose une requête au
tribunal de la famille pour avoir l’autorisation de faire ce constat. Le tribunal
rend une ordonnance désignant un huissier de justice qui pourra pénétrer
dans les lieux indiqués par la requête, celui du domicile de la maîtresse par
exemple. Le constat d’adultère ne peut pas avoir lieu entre 21h et 5h.
L’huissier et un agent (+ éventuellement un serrurier) rentrent dans le
logement désigné et fait les constatations d’usage.
Jugement d’un tribunal correctionnel : Notamment dans le cas de coups et
blessures
o §2 : Désunion irrémédiable déduite de l’écoulement d’un délai de séparation ou de
procédure dans l’hypothèse où le divorce est sollicité par les deux époux.
Les deux époux demandent le divorce après une séparation de fait de plus de
six mois. Il leur faut prouver cette séparation avec :
Un extrait du Registre National qui fait apparaître l’endroit de
domiciliation
Un contrat de bail
Des factures
Des attestations
Etc (toute voie de droit sauf aveu)
Les deux époux demandent le divorce sans avoir été séparés de fait depuis
plus de six mois mais avec la volonté de divorcer qui est exprimée à deux
reprises : dans un premier temps lors de la première audience et dans un
deuxième temps à une deuxième audience fixée quand la séparation aura
atteint six mois.
Idem mais la volonté de divorcer est exprimée à une première audience et à
une deuxième audience fixée trois mois après la première.
o §3 : Désunion irrémédiable déduite de l’écoulement d’un délai de séparation ou de
procédure dans l’hypothèse où le divorce est sollicité par un seul des époux.
Un seul époux demande le divorce et apporte la preuve d’une séparation de
faits de plus de douze mois. Voir les modes de preuve §2.
Un seul époux demande le divorce sans démontrer la séparation de faits de
plus de douze mois mais exprime sa volonté de divorcer à deux reprises, lors
de la première audience et à une audience fixée lorsque la séparation de
faits dépassera 12 mois.
Idem mais avec une volonté de divorcer exprimée à une première audience
puis à une deuxième audience fixée douze mois plus tard.
§2, 3 > présumées parce qu’un certain délai se sera écoulé. 2 +- = à 3 sauf que c’est un seul époux qui
demande le divorce
- Divorce par consentement mutuel. Article 230 du Code Civil.
Un divorce par consentement mutuel ressemble au §2 mais sont d’accord par rapport aux
questions périphériques (enfants, biens,…).
Procédure de divorce
Deux procédures :
- Pour l’article 229 : procédure devant le tribunal de la famille (subdivision du tribunal de
première instance ; appel devant la cour d’appel). Les deux parties sont accompagnées
chacune d’un avocat. Les époux ne doivent pas comparaître personnellement (= ils peuvent
être représentés par leur avocat) sauf si le juge l’estime nécessaire (par exemple si le dossier
est flou).
- Pour l’article 230 : les parties doivent s’accorder sur le divorce et ses modalités et rédiger des
conventions de divorce par consentement mutuel, faites en général chez un notaire car la
présence de celui-ci est indispensable si les époux sont propriétaires d’un immeuble, ou alors
par un avocat. Ces conventions doivent être déposées pour homologation au tribunal de la
famille.
Dans les deux cas, pour être divorcés, un jugement doit être prononcé par le tribunal et transcrit
dans les registres de l’État Civil (= la commune doit en avoir trace et en tenir compte), ce qui veut
dire que le jugement doit être signifié par un huissier de justice.
Trois étapes :
- Jugement prononcé
- Signifié par un huissier de justice
- Transcription du jugement par la commune dans les registres de l’état civil.
Avec des enfants
Parallèlement au divorce, les époux doivent régler la situation des enfants, soit devant le tribunal de
la famille (229) soit dans les conventions de DCM (230). Ce qu’on entend par là :
- L’autorité parentale : notion qui englobe le pouvoir de prendre des décisions par rapport à
l’enfant. Par exemple : santé, éducation, scolarité, loisirs, orientation religieuse et
philosophique, … Le code civil prévoit qu’en règle générale l’autorité parentale est exercée
conjointement par le père et la mère lorsqu’ils ne vivent pas ensemble. Ils doivent se mettre
d’accord sur ces questions, sinon c’est le tribunal de la famille qui va trancher, sur base de
l’intérêt de l’enfant.
Un exercice exclusif de l’autorité parental peut être envisagé dans des cas extrêmes (si l’un
des parents a commis des violences, attouchements,…).
- L’hébergement : Le code civil prévoit l’hébergement égalitaire, mais ajoute que le juge peut
choisir une autre formule s’il estime qu’un hébergement non-égalitaire serait plus approprié
pour l’enfant. La doctrine (l’ensemble des contributions de la communauté) et la
jurisprudence (ensemble des décisions de justice) considèrent que durant ses six premières
années, un enfant a davantage besoin de sa mère. Cela veut dire que si les parents se
séparent alors que l’enfant n’a que quelques mois et que le père veut un hébergement
égalitaire, le juge va sans doute refuser et accorder l’hébergement principal à la mère.
Cette décision peut être rejugée plus tard. Il existe une saisine permanente du tribunal de la
famille : il peut toujours être saisi par l’un des parents sur appui de l’évolution de la situation
pour rejuger une décision (c’est différent de l’appel). Lorsqu’un parent ne fait que des visites
(en journée) il a uniquement droit aux relations personnelles.
- La contribution alimentaire : Soit accord, soit le juge tranche. L’hébergement égalitaire ne
dispense pas d’une part contributive. Ressources des parents, besoins de l’enfant et temps
passé chez l’un et l’autre par l’enfant sont nécessaires pour fixer la part contributive.
Indépendamment de son existence et de son montant, il y a des incidences fiscales : celui qui
paye peut déduire 80% de la part contributive de ses impôts. La personne qui perçoit la part
contributive aura souvent fiscalement l’enfant à charge et bénéficiera d’un abattement de
ses impôts et pourra déduire un certain montant de ses impôts. Un avocat spécialisé en droit
familial est absolument nécessaire dans la fixation de ce montant de part contributive.
- Le payement des allocations familiales, qui vont en général à celui qui héberge à titre
principal l’enfant. Dans le cas de l’hébergement égalitaire, elles vont par défaut à la mère. La
mère peut donc en céder une partie au père ou le père réclamer cette partie.
- Frais exceptionnels : Répartition entre les parents.
Avec un immeuble
La pension après divorce