INTRODUCTION
Le Droit du Commerce International peut être défini comme étant l'ensemble
des règles régissant les rapports de commerce dans lesquels intervient un élément
d'extranéité, c'est-à-dire les relations commerciales qui ne se déroulent pas
entièrement dans la sphère économique d'un seul état. Ces rapports sont en principe
des rapports entre particuliers. Ce qui fait du Droit du Commerce international une
branche du Droit International privé.
Mais, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on observe une
implication croissante des Etats et des Organisations Internationales dans le
commerce. Cette intervention des pouvoirs publics place le Droit du Commerce
International, au centre des politiques d'expansion ou de développement
économique et ses dispositions présentent à bien des égards les principales
caractéristiques du Droit Public.
Le Droit du Commerce International reste, cependant, une discipline du
Droit Privé, dans la mesure où il régit essentiellement les intérêts contradictoires
d'opérateurs privés, revendiquant l'application de textes de lois émanent des Etats
où ils sont implantés. Les hypothèses dans lesquelles une telle question se pose en
Droit du Commerce International sont nombreuses.
Par exemple, une société Ghanéenne a vendu du matériel d'équipement
industriel à une société Ivoirienne. La vente a eu lieu au Bénin et le matériel a été
livré au Bénin, une partie du prix devant être payée à Cotonou.
Le matériel se trouve défaillant et l'acheteur veut rompre le contrat et obtenir
la restitution de l'acompte versé. Faut-il appliquer la loi du lieu de la vente ou celle
du domicile des parties ou encore la loi nationale des parties ?
Si l'on retient cette dernière solution, que décider en l'espèce où les deux
parties au contrat sont de nationalité différente ?
Par un autre exemple, un transporteur de marchandises guinéen circulant en
Côte d'Ivoire est victime d'un accident causé par un camion-citerne appartenant à
une société béninoise dont la responsabilité est couverte par une Compagnie
d'assurance béninoise.
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Pour la réparation des préjudices commerciaux et matériels causés, faut-il
appliquer la loi béninoise, loi nationale du responsable ou celle de la victime ou
celle du lieu de l'accident ?
Dans ces situations, on dit qu'il y a conflit de lois, parce que les différents
éléments du rapport juridique se situent dans des Etats différents, en sorte que
plusieurs lois se trouvent avoir vocation à le régir. La question se pose alors de
savoir comment choisir entre elles.
Le Droit du Commerce International fournit les règles pour résoudre ces
genres de litiges. Ces règles émanent tantôt des pouvoirs publics nationaux, tantôt
de la pratique des opérateurs du commerce international, tantôt des organisations
internationales qui proposent des cadres normatifs pour les relations commerciales
internationales.
L'Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce (GATT). Et la
conclusion de l'Uruguay Round ou Cycle de l'Uruguay, avec l'entrée en vigueur de
l'OMC, sont les manifestations de cette volonté de la communauté internationale
de réguler les échanges commerciaux.
CHAPITRE I - LE RECOURS AUX JURIDICTIONS ÉTATIQUES
SECTION I - L'ORGANISATION INTERNATIONALE DU COMMERCE
L'Organisation des Nations Unies s'est impliquée, dès sa création, dans la
régulation des relations économiques internationales qu'elle voit comme un gage
de la coexistence pacifique des Etats. Elle a mis en place, en son sein, des
institutions dont le rôle est de promouvoir au plan mondial le commerce suivant
des règles internationales qu'elle a définies. Il faut également noter le rôle-
important du GATT puis de l'OMC dans la réglementation du Commerce
International.
Dans la même optique, des Organisations Régionales et sous Régionales ont
été créées pour assurer au sein des Etats membres, un certain équilibre dans les
échanges commerciaux entre eux. Il s'agit des regroupements commerciaux par
régions tels que, en Afrique - la CEDEAO : Communauté économique des Etats de
l'Afrique de l'Ouest, la CEMAC (Communauté économique et monétaire de
l'Afrique Centrale), la SADC (South Africain Development Community) ou
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communauté économique et monétaire de l'Afrique australe, la SACU (South
African Customs Union) : Union douanière de l'Afrique australe, le COMESA
(Common Market of East and South Africa) Marché commun de l'Afrique
Orientale et Australe ; en Europe, la CEE et sue le continent américain, l'ALENA
en Amérique du Nord, (Accord de libre-échange Nord Américain) qui veut faciliter
le libre échange des biens, services et capitaux entre les USA, le Canada et le
Mexique ; et en Amérique du Sud, le traité d'Asunción (Paraguay) du 26 mars 1991
a créé le MERCOSUR (Marché Commun du Sud). C'est un marché commun
régional créé entre 4 pays, créant une zone de libre-échange (Argentine, Brésil,
Paraguay, Uruguay, avec l'adhésion du Venezuela en 1995).
On peut relever également des regroupements par produit, tels que l'organisation
des pays producteurs et exportateurs de pétrole (OPEP), l'office international du
café et du cacao (OICC) etc.
PAR I - LES INSTITUTIONS A VOCATION UNIVERSELLE
Dès 1945, on a envisagé, une organisation du commerce concernant tous les
pays du monde, et qui serait, soit directement rattachée à l'Organisation des
Nations Unies, soit inscrite dans une structure autonome.
Ainsi, ont été créées des institutions comme le Conseil Economique et
Social de l'ONU la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le
Développement (la CNUCED Genève 1964) et la Commission des Nations Unies
pour le Droit Commercial International (CNUDCI). Le Conseil Economique et
Social de l'ONU a pour but de mettre en œuvre et coordonner les mesures
économiques et sociales des institutions spécialisées des Nations Unies (OIT,
ONUDI, FIDA).
La CNUCED, est un véritable Forum International qui tend à répondre aux
préoccupations des Etats à faibles revenus par la mise en œuvre des réformes
souhaitées par la majorité de ces pays.
Quant à la CNUDCI, elle poursuit un but d'unification du Droit du
commerce International quant au fond. Elle recherche la mise en place d'un droit
mondial des échanges. Elle est l'une des instances à l'origine de la Convention de
Vienne de 1980 sur la vente internationale de marchandises. Elle s'est également
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attachée à l'arbitrage international dont elle recherche une unification à travers
l'harmonisation des règles internes de procé[Link], ces institutions à caractère
économique, il y a les instances financières. Il s'agit du Fonds Monétaire
International (FMI) et de la Banque Mondiale. Le FMI est crée en 1944 lors de la
conférence de Bretton Woods (New Hampshire, USA).
Il veille à la bonne marche du système monétaire international en favorisant
notamment la coopération monétaire internationale par le mécanisme de la
consultation et de la collaboration ; la promotion de la stabilité des changes,
l'établissement d'un système multilatéral des paiements et transferts en ce qui
concerne les opérations courantes et la réduction des déséquilibres des balances des
paiements des Etats membres.
• Les mécanismes de crédit du FMI permettent aux Etats membres d'avoir accès à
des « tranches de réserves ». Ce sont des tirages automatiques. Ces tranches de
réserve correspondent au quart de la quote-part versée par chaque Etat membre en
devises officielles. En revanche, les « tranches de crédit » correspondent à des
liquidités conditionnelles.
L'Etat demandeur d'une tranche de crédit devra apporter la preuve de la
nécessité d'un tel emprunt en raison des difficultés financières subies. En
contrepartie du crédit accordé, l'Etat membre doit préparer un programme de
stabilisation de sa balance des paiements.
En ce qui concerne les mécanismes de financement, ils sont de plusieurs sortes ;
Il y a d'abord, le mécanisme de financement pour imprévus, le mécanisme de
financement des stocks régulateurs et les facilités d'ajustement structurel qui
fournissent aux Etats à faibles revenus, des prêts assortis de conditions favorables.
La Banque Mondiale possède une structure et des compétences semblables à
celles du FMI. Elle est l'institution principale du financement du développement du
Tiers-monde.
L'action de la Banque Mondiale est connue, grâce à l'activité de ses filiales,
notamment la SFI, L'AID (Agence Internationale de Développement) et L'AMGI
(Agence Multilatérale de Garantie des Investissements).
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PAR II - L'OMC ET LES PRINCIPES DU GATT
L'Organisation Mondiale du Commerce est le fruit d'un long processus qui a
débuté dès après la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre de l'ONU. Les Etats
avaient dans un premier temps envisagé la création de l'OIC (Organisation
Internationale du Commerce), qui serait en matière du commerce, l'équivalent de
l'Organisation Internationale du Travail en matière de travail et de la procédure
sociale.
La Charte de la Havane instituant l'OIC fut adoptée le 24 mars 1948 sous
l'égide des Nations Unies. Mais cette Charte n'est jamais en vigueur. Parallèlement
aux négociations relatives à l'OIC, certains Etats mènent des discussions en dehors
du cadre des Nations Unies depuis 1947 sur les tarifs douaniers et le commerce.
Ces négociations aboutissent à l'adoption en octobre 1947 du General Agreement
on Tarifs and Trade : GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le
commerce, entré en vigueur en 1948.
À partir de 1960, le GATT s'est doté d'un conseil des représentants, chargé
de préparer les réunions des Parties contractantes. Le GATT a été, en effet, un lieu
de négociations permanentes entre Etats. Les négociations ont donné lieu à ce
qu'on appelle les « Rounds » dont les principaux : Kennedy Round (1963-1967), le
Tokyo Round (1973-1979), l'Uruguay Round débuté en 1986. Et c'est ce dernier
qui déboucha, en 1997, sur l'Accord de Marrakech qui créa l'OMC.
Le premier effet de cet accord est l'institutionnalisation du GATT. L'OMC a
pour but de gérer l'ensemble des accords et de contrôler le système de règlement
des différends.
En ce qui concerne le fond, ces accords réaffirment les principes déjà en
vigueur, à savoir les principes du commerce sans discrimination, de l'abaissement
général et progressif des droits de douanes, de la prohibition des restrictions
quantitatives, de la prohibition des subventions à l'exportation et de la
réglementation du dumping.
Le dumping est défini comme le fait d'introduire un produit sur un marché
étranger à un prix inférieur à sa valeur normale. Ce dumping, bien qu'il ne soit pas
condamnable, cause un préjudice à l'Etat importateur, soit en retardant son
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développement soit en rendant difficile la stabilité ou la survie dans le secteur de
production Cet Etat peut mettre en cause des mesures anti-dumping.
L'OMC fonctionne suivant le principe de l'égalité de traitement des produits
et services nationaux et étrangers. Ce principe n'interdit pas aux Etats membres
d'imposer des droits de douane pour les produits et services étrangers.
Il n'interdit pas non plus à chaque Etat membre de fixer d'autres contraintes
ou règles, telles que les règles "de normalisation des produits. Mais en le faisant,
ils doivent respecter le principe de la clause dite de la nation la plus favorisée.
La clause de la nation la plus favorisée instituée est le principe selon lequel
lorsqu'un Etat accorde des préférences à tel ou tel Etat en particulier, il doit les
étendre à tous les autres Etats membres.
La mise en application de tous ces principes peut être dangereuse pour
certains pays économiquement faibles qui ne peuvent soutenir les rigueurs de la
concurrence internationale.
D'autres Etats ont besoin de prendre certaines mesures exceptionnelles de
protection. Pour tenir compte de ces réalités, il est prévu dans l'accord la possibilité
de dispenser un nouvel Etat membre du respect dans l'immédiat de toutes ses
obligations, si le pays considéré est un pays en voie de développement.
Par ailleurs, lorsque certaines importations sont susceptibles de mettre en
danger leur économie nationale, les Etats importateurs peuvent de façon restrictive
et temporaire, prendre des mesures de sauvegarde ou des mesures anti-dumping.
SECTION II - LES SOURCES DU DROIT DU COMMERCE INTERNATIONAL
Le Droit du Commerce International a pour principales sources les
conventions internationales et les usages commerciaux appelés : la Lex Mercatoria.
On peut ajouter à ces sources, les textes de droit interne, applicables aux
relations commerciales internationales, la jurisprudence des juridictions
internationales et celle des juridictions internes établie à partir des décisions
rendues en matière internationale.
PAR I - LES SOURCES INTERNES
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La loi joue un rôle relativement restreint en Droit du Commerce
International. Le texte de base demeure l'article 3 du Code Civil qui énonce les
règles de conflits de lois qui ne trouvent application en Droit du commerce
international qu'en matière de vente immobilière et de mesures d'application
impérative, telles que celles concernant la réglementation des changes, des douanes
et de la fiscalité.
Les dispositions relatives aux conflits de juridictions sont également rares.
Les textes essentiels se réduisent aux seuls articles 14 et 15 du Code civil. La rareté
des sources législatives a donné une large place à la jurisprudence qui a complété
en les appliquant, les dispositions législatives.
PAR II - LES SOURCES INTERNATIONALES
Les conventions internationales sont des outils fréquemment utilisés par les
Etats, car elles n'emportent pas pour eux un abandon de souveraineté à cause de
leur adhésion aux conventions.
De nombreuses conventions internationales ont une influence sur le
commerce international, par exemple celles qui touchent aux conflits de
juridictions. Elles constituent une partie de l'ordre juridique de chacun des Etats
signataires.
Parmi celles-ci, il convient de distinguer d'une part les conventions
bilatérales, tels que les conventions fiscales, les accords d'investissement et
d'établissement, et d'autre part les conventions multilatérales, telle que celle qui
crée l'OHADA qui a abouti depuis le 1er Janvier 1998 à l'unification du droit des
affaires dans les Etats de la Zone Franc.
Un certain nombre de conventions internationales ont une portée générale,
mais elles intéressent partiellement les échanges commerciaux. D'autres, en
revanche, leur sont spécialement consacrées. C'est en particulier le cas pour les
conventions portant sur la compétence juridictionnelle, la vente internationale de
marchandises, le transport, la propriété intellectuelle et l'arbitrage.
PAR III - LA LEX MERCATORIA
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Face aux problèmes spécifiques du commerce international, le droit interne
ne peut toujours pas apporter de solutions satisfaisantes. Les opérateurs du
commerce extérieur ont donc été amené à développer leur propre corps de règles,
appelé Lex Mercatoria qui constitue un troisième ordre juridique dite tiers ordre
juridique qui se situe entre les ordres juridiques nationaux (lois et jurisprudence
internes) et l'ordre juridique international (traités, institutions internationales....)
La Lex Mercatoria est en effet, un ordre juridique en ce qu'elle est reconnue
par de nombreuses juridictions nationales. Mais il s'agit également d'une source
tertiaire, en ce qu'elle ne provient ni des législations nationales, ni des conventions
internationales, ni des jurisprudences des Tribunaux.
La Lex Mercatoria regroupant les « usages et pratiques » du commerce
international ne vise pas à réguler les relations entre les Etats, mais seulement à
rendre plus opérationnels les échanges commerciaux en établissant des règles
uniformes d'exercice de l'activité commerciale par leur efficacité, certaines de ces
règles ont connu un succès important et sont aujourd'hui communément utilisées.
Il s'agit des Incoterms, des Règles et Usances uniformes du Crédit
documentaire et les règlements d'arbitrage.
Les Inconterms sont des termes présentés sous forme d'initiales dans les
contrats. Ils ont pour objet l'organisation précise du transfert des risques entre
vendeur et acheteur et la répartition entre deux du coût du transport et des
formalités administratives (exemple, ventes CIF ou FOB).
Les règles et Usances Uniformes du crédit documentaire sont des règles
régissant l’ouverture de crédit consenti par la Banque de l'acheteur, pour le
paiement d'une transaction spécifique. Cette banque s'engage à payer la somme
d'argent convenue au vendeur, en échange de certains documents représentatifs du
contrat commercial qui prouvent que celui-ci a bien été exécuté.
Les règles régissant le crédit documentaire sont extrêmement précises et
réactualisées très régulièrement par la CCI.
Les règlements d'arbitrage pour les conflits internationaux entre deux parties
prévoient des modèles de règles de procédure pour ces conflits : Ces règles
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concernent la désignation du Tribunal arbitral, la durée et le déroulement de la
procédure arbitrale.