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Arrêts clés du Conseil d'État en droit administratif

Le document présente plusieurs arrêts du Conseil d'État abordant des problématiques juridiques variées, notamment la légalité des actes administratifs, le principe de précaution en matière d'urbanisme, et l'exercice des pouvoirs de police. Il souligne l'importance de la transparence, de la justification des décisions administratives, et de la proportionnalité dans l'exercice des pouvoirs publics. Enfin, il évoque l'évolution du pouvoir du juge administratif, notamment en matière d'abrogation d'actes réglementaires.

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Arrêts clés du Conseil d'État en droit administratif

Le document présente plusieurs arrêts du Conseil d'État abordant des problématiques juridiques variées, notamment la légalité des actes administratifs, le principe de précaution en matière d'urbanisme, et l'exercice des pouvoirs de police. Il souligne l'importance de la transparence, de la justification des décisions administratives, et de la proportionnalité dans l'exercice des pouvoirs publics. Enfin, il évoque l'évolution du pouvoir du juge administratif, notamment en matière d'abrogation d'actes réglementaires.

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Document droit admin séance 3 :

Doc 1 : Résumé de l'arrêt CE, 20 janvier 1988, Commune de Pomerol

Problème juridique : La commune de Pomerol contestait la légalité d'un décret en invoquant


l'incompétence de ses signataires, au motif que le gouvernement avait démissionné avant son
adoption.

Décision du Conseil d'État : Le décret était bien signé par le Premier ministre et contresigné par le
ministre de l'Intérieur. Le CE considère que, malgré la démission du gouvernement, il n’était pas
prouvé que le Président de la République avait déjà mis fin aux fonctions du gouvernement au
moment de la signature du décret.

Doc 2 : arrêt Danthony :

Problème juridique : Quelle est la portée d’une irrégularité affectant une procédure administrative
préalable ?

Décision du Conseil d'État : Toutes les irrégularités procédurales ne rendent pas une décision
administrative illégale. Seules celles qui :
- Ont influencé le sens de la décision,
- Ont privé les intéressés d’une garantie
sont susceptibles d’entraîner son annulation.

Principe dégagé (Jurisprudence Danthony) : Le juge administratif adopte une approche pragmatique
en matière de vice de procédure. Une simple irrégularité formelle ne suffit pas à invalider un acte
administratif, sauf si elle a eu une conséquence substantielle sur la décision finale.

Doc 3 : Résumé de l'arrêt CE, 11 mars 2009, Commune d’Auvers-sur-Oise

Problème juridique : Une décision administrative est-elle légale si elle ne mentionne pas clairement
l’identité de son auteur ?

Décision du Conseil d'État : L'arrêté contesté indiquait uniquement la fonction de son signataire
(maire), sans mentionner son nom et son prénom, et sa signature était illisible. Cette irrégularité
viole l’article 4 de la loi du 12 avril 2000, qui impose que toute décision administrative identifie son
auteur de manière lisible. Par conséquent, cette irrégularité est invocable et entraîne l’annulation de
l'arrêté.

Principe dégagé : Une décision administrative doit comporter de manière lisible le nom, le prénom
et la qualité de son auteur. À défaut, elle est irrégulière et peut être annulée.

Enjeu : Cette décision renforce l’exigence de transparence et de traçabilité dans les actes.

Doc 4 : CE, 19 juillet 2010, Association du quartier « Les Hauts de Choiseul », n°328687

Problème juridique : Le principe de précaution énoncé dans la Charte de l'environnement peut-il


être pris en compte dans l'octroi d'une autorisation d'urbanisme ?

Décision du Conseil d'État : L'article 5 de la Charte de l'environnement impose que les autorités
publiques prennent des mesures préventives lorsque la réalisation d'un dommage grave et
irréversible pour l'environnement pourrait survenir, même si ce dommage reste incertain en raison
des connaissances scientifiques. Ce principe de précaution s'applique dans le cadre de diverses
décisions administratives, y compris l'urbanisme. Le tribunal administratif d’Orléans a commis une
erreur de droit en estimant que ce principe ne s’appliquait pas à l’octroi d’une autorisation
d’urbanisme.

Principe dégagé : Le principe de précaution, tel qu’énoncé dans la Charte de l'environnement, doit
être pris en compte par les autorités administratives lorsqu'elles prennent des décisions susceptibles
d'affecter l'environnement, y compris dans le cadre de l'urbanisme.

Enjeu : Cette décision renforce la nécessité d'intégrer le principe de précaution dans les décisions
administratives liées à l'environnement et l’urbanisme.

Doc 5 : Résumé de l'arrêt CE, 14 janvier 1916, Camino

Problème juridique : Un acte administratif peut-il être fondé sur des faits non établis et non vérifiés,
notamment dans le cadre d’une sanction administrative ?

Décision du Conseil d'État : Le décret mettant fin aux fonctions de M. Treyssac en raison de fautes
graves ne repose pas sur des faits suffisamment établis. Bien que le gouvernement ait invoqué un
rapport de l'inspection générale, les accusations portées contre M. Treyssac n’ont pas été prouvées.
De plus, l’intéressé a été mis hors de cause dans une procédure judiciaire. Le Conseil d'État considère
que la décision aurait pu être différente si seul l’autre motif (relatif au bon fonctionnement du
service) avait été pris en compte.

Principe dégagé : Une décision administrative, en particulier une sanction, doit être fondée sur des
faits établis et vérifiables. Si les motifs invoqués sont incertains ou non prouvés, l'acte peut être
annulé pour illégalité.

Enjeu : Cette décision souligne l'importance d'une justification solide et vérifiable dans les actes
administratifs, en particulier lorsqu'ils ont des conséquences graves, comme une sanction.

Doc 6 : Arrêt Gomel :

Problème juridique : Quelles sont les obligations du constructeur en matière d'alignement, de


nivellement et de conservation des perspectives monumentales lorsqu'il souhaite construire ?

Décision :

Obligations de demande préalable : Selon l'article 3 du décret du 26 mars 1852, tout constructeur
doit demander l'alignement et le nivellement de la voie publique avant de commencer ses travaux et
s'y conformer.

Exigence de plan et de conformité : L'article 4, modifié par la loi du 13 juillet 1911, impose au
constructeur de soumettre à l'administration un plan détaillé de la construction projetée et de se
conformer aux prescriptions visant à garantir la sûreté publique, la salubrité, ainsi que la protection
des perspectives monumentales et des sites.

Pouvoir de l'administration : La loi de 1911 confère également au préfet le pouvoir de refuser un


permis de construire si le projet porte atteinte à une perspective monumentale, tout en prévoyant
un recours possible devant le Conseil d'État pour contester cette décision.
Principe dégagé : Le constructeur doit obtenir l'autorisation préalable des autorités publiques avant
d’entamer toute construction, et se soumettre à des règles précises concernant la sécurité, la
salubrité publique et la préservation des perspectives monumentales. Le non-respect de ces règles
peut entraîner le refus de permis, sauf recours possible devant le Conseil d'État.

Enjeu : La décision met en évidence l'importance de réguler l'urbanisme en tenant compte de


l'intérêt public, de la sécurité et de la préservation du patrimoine.

Doc 7 : Pariset 1875 :

Problème juridique : Le préfet a-t-il agi correctement en fermant une fabrique d'allumettes, en
invoquant les pouvoirs de police sur les établissements dangereux, incommodes et insalubres, alors
que cette décision aurait été prise pour des raisons financières et non pour des raisons de sécurité
publique ?

Décision : Le Conseil d'État juge que le préfet n'a pas utilisé ses pouvoirs de police pour protéger la
sécurité publique, la santé ou la salubrité, mais qu'il a agi pour des raisons financières, en suivant des
instructions du Ministère des finances liées à la loi du 2 août 1872. Il a ainsi détourné les pouvoirs de
police dont il disposait, ce qui rend sa décision illégale. Le sieur X... est donc fondé à demander
l'annulation de l'arrêté.

Principe dégagé : L’utilisation des pouvoirs de police par les autorités publiques doit être justifiée par
l’objectif légitime pour lequel ces pouvoirs ont été conférés, à savoir la sécurité publique et la
salubrité. L’utilisation de ces pouvoirs à des fins autres que celles prévues par la loi (ici pour des
raisons financières) constitue un détournement de pouvoir et entraîne l'annulation de la décision.

Enjeu : Cette décision réaffirme le principe du respect des finalités légales dans l'exercice des
pouvoirs administratifs, en particulier en matière de police administrative.

Doc 8 : Arrêt Gambus 1987 :

Problème juridique : Le juge administratif peut-il intervenir dans l'appréciation des copies d'examen,
notamment lorsqu'il y a une différence de notes entre correcteurs ?

Décision : Le Conseil d'État estime qu'en l'espèce, le jury n'a enfreint aucune règle en ne demandant
pas une troisième correction de la copie de M. Gambus, malgré la différence de notes entre les deux
correcteurs (5/20 et 15/20). Il rappelle que le contrôle du juge administratif ne s'étend pas à
l’appréciation des notes ou à la validité de l'examen, qui relèvent de la compétence du jury.

Principe dégagé : Le juge administratif n'intervient pas dans l'évaluation des copies d'examen ou
dans les décisions prises par un jury, à moins qu'il n'y ait un vice manifeste dans la procédure (tel un
manquement à une règle de droit).

Enjeu : Cet arrêt confirme que l'appréciation du travail des candidats, au regard de la notation ou des
décisions de jury, relève de la compétence des autorités éducatives et non du juge administratif, sauf
en cas de grave irrégularité.

Doc 9 : Benjamin 1933

Problème juridique : Le maire peut-il interdire des conférences publiques en invoquant des risques
de troubles à l'ordre public, tout en respectant la liberté de réunion garantie par la loi ?
Décision : Le Conseil d'État estime que bien que le maire ait des pouvoirs pour maintenir l'ordre
public en vertu de l'article 97 de la loi du 5 avril 1884, il doit concilier l'exercice de ces pouvoirs avec
la liberté de réunion, protégée par les lois du 30 juin 1881 et du 28 mars 1907.

Dans ce cas, le maire a interdit des conférences publiques organisées par le Syndicat d'initiative de
Nevers, arguant qu'elles pouvaient troubler l'ordre public. Cependant, l'instruction a montré que les
risques de troubles invoqués par le maire n'étaient pas suffisamment graves pour justifier
l'interdiction totale des conférences. Le maire aurait pu prendre des mesures de police plus
proportionnées, sans avoir à interdire les conférences. Par conséquent, les arrêtés sont considérés
comme entachés d'excès de pouvoir.

Principe dégagé : L'exercice des pouvoirs de police par les autorités publiques doit être
proportionné aux risques allégués. La liberté de réunion est protégée par la loi, et une restriction à
cette liberté, telle qu'une interdiction de réunion, ne peut être justifiée que si les risques de troubles
à l'ordre public sont graves et avérés.

Enjeu : Cette décision souligne l'importance de respecter la liberté de réunion et de manifestation,


tout en affirmant que les pouvoirs de police, bien qu'étendus, doivent être utilisés de manière
proportionnée et justifiée

DOC 10 :

Problème juridique : Les faits reprochés à un agent public justifient-ils une sanction disciplinaire, et
cette sanction est-elle proportionnée à la gravité des fautes commises ?

Décision : Le Conseil d'État confirme que les faits reprochés à M. B..., à savoir des comportements
sexistes, abus d'autorité et harcèlement moral à l'égard de ses subordonnées, constituent des fautes
graves, justifiant une sanction disciplinaire. M. B... avait régulièrement adressé des remarques à
connotation sexuelle et humilié une subordonnée, ce qui a porté atteinte à la dignité de la fonction
publique et altéré la santé de la personne concernée.

Le juge de l'excès de pouvoir a analysé si les faits étaient correctement qualifiés et si la sanction
(mise à la retraite d'office) était proportionnée à la gravité des faits. En l'occurrence, la sanction était
jugée proportionnée, d'autant plus que M. B... n'a pas mesuré la gravité de ses actes, malgré la
position élevée qu'il occupait. Le Conseil d'État a également précisé que la comparabilité des
sanctions avec d'autres cas similaires était sans incidence sur la légalité de la sanction dans ce cas
spécifique.

Principe dégagé : Une autorité disciplinaire peut prononcer une sanction proportionnée à la gravité
des fautes commises par un agent public, même si d'autres agents ont pu être sanctionnés de
manière moins sévère pour des faits similaires. La nature des faits (harcèlement, abus d'autorité,
atteinte à la dignité de la fonction publique) justifie une sanction stricte.

Enjeu : Cette décision rappelle que la gravité des comportements d'un agent public justifie une
sanction disciplinaire, en particulier lorsqu'ils portent atteinte à la dignité et à la santé des
subordonnés. La proportionnalité de la sanction est essentielle, mais les comparaisons avec d'autres
cas ne sont pas décisives pour juger de sa légalité.

Doc 11 : association des américains accidentels, 2019 :


Problème juridique : Quelle est la portée de l'annulation pour excès de pouvoir d'un refus d'abroger
un acte réglementaire illégal, et dans quelles conditions cette annulation peut-elle être prononcée
par le juge administratif ?

Décision et principe dégagé : L'annulation d'un refus d'abroger un acte réglementaire illégal a pour
effet d'obliger l'autorité compétente à abroger l'acte en question, afin de mettre fin aux atteintes que
son maintien cause à l'ordre juridique.

Si l'illégalité de l'acte a cessé à la date de l'intervention du juge (par un changement de


circonstances), le juge ne peut pas annuler le refus d'abrogation. Cela s'explique par le fait que l'acte
est alors devenu légal, rendant inutile toute abrogation.

Si l'acte est devenu illégal à la date de la décision du juge (en raison d'un changement de
circonstances), le juge doit annuler le refus d'abroger, afin de contraindre l'autorité compétente à

Application : Le juge doit donc examiner les circonstances au moment où il statue pour déterminer si
l'acte est toujours illégal ou si, au contraire, il est devenu conforme à la légalité en raison d'un
changement de situation.

Doc 12 : association des avocats ELENA, 2021 :

Elle permet de créer un nouveau pouvoir au JA qui est le pouvoir d’abrogation juridictionnel d’un acte
admin règlementaire.
Le juge « abroge », normalement ce n’est pas possible.
Mais désormais, c’est possible, le juge peut lui-même abroger sans passer par l’admin.
C’est-à-dire enlever un acte de la HDN mais uniquement pour l’avenir.
C’est un profond changement.

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