Climat de la zone forêt-savane au Cameroun
Climat de la zone forêt-savane au Cameroun
o Savanes periforestieres
1
01
1
Figure 1
Car e phyto9co raph,que
s nplif;êt" du Cameroun
lad ptée de Lelouzry. \'385 ~t de
WilM 19116):
(1) ro'é dense hum,dp
sem IpervireMe ,
(21 fore dense lum,(j~
St' li-déc'c/ue,
13) savares arous·ives et
l, rbepses pu' ores eres;
lSOkm
f4) ~vanes arbon~es et rorêts ~--
cla Iles gljineo-soudélnalSi:S,
(51 steppes sOJdano-sarlêli~1l f.:S
tGI Prairies ln noables, I~ 7[Z]
171 Co tact rorét-s;;vane
(Figure 3). L'une des principales avancées de la savane Il faut souligner toutefois que les principales avan-
vers le sud correspond au ba\jn cc la moyenne S~lnaga cées de la savane vers le sud, celles de la moyenne Sanaga
en amont du confluent du :-lbam, dans un contexte où et du bassin de la Kadéï, correspondent à des revête-
les précipitations moyennt:~ annuelles se réduisent à ments de sols pauvres, sableux ou cuirassés. Tout cela
moins de 1400 mm, et où '>Il compte quatre mois secs. rend complexe l'interprétation des faits.
Plus à l'est, de Bertoua en RC,\, et de Benoua il Doumé Quoiqu'il en soit, bien que les aires de faibles plu-
et même au-delà de la Kadei, la baisse de la pluviométrie viosités coincident avec les avancées de la savane, il faut
jusqu'à moins de 1 500 mm ',m s'accompagne de l'exis- reconnaître que si de nos jours les études indiquent un
tence de vaste~ .;avanes. Plus au sud, un îlot de vaste recul de la savane au profit de la forêt, cela tend à mon-
savane dépasse le quatrième parallèle un peu au nord trer que le climat joue un role moteur au profit de la
d'Akonolinga où la hauteur de la pluviométrie annuelle forêt.
n'atteint pas 1 500 mm a!l Par son appartenance au domaine subéquatorial, la
La zone d'étude correspond donc à un domaine de zone de contact connait quatre saisons: deux saisons des
pluviosité peu différenciée. l.é secteur de mosaique pluies et deux saisons sèches (Figure 4). En effet, la petite
for~l-:,avaneau sud de l'.\damaoua se caractérise par des saison sèche d'été, qui s'affirme nettement dans les
valeurs de pluviosité faible (1 500 mm/an), s'abai.;sant régions forestières du sud-ouest, s'insinue très au nord à
même à moins de 1 400 mm dans la cuvette de la l'abri des crêtes montagneuses occidentales
moyenne Sanaga: '··'angd·ll)lJko l 585 mm, Batare-Oya (Ndikiniméki au nord-est du massif de Ngambé n'enre-
1499 mm, Batouri-ville 1434 mm). Au nord, sur le pla- gistre que 84 mm en juillet, 116 mm en août). Cette petite
teau de l'Adamaoua, les précipitations remontent à saison sèche s'efface quelque peu en direction de l'est tra-
1600 mm/an, voire même 1 700 mm. Cette augmenta- duisant ainsi la dénaturation progressive de l'alizé austral
tion des précipitations pa' {apport à la zone précédente entrainé dans le courant d'ouest et rendu instable par
est la marque propre du relief et de l'altitude. réchauffement sur le continent. Le tracé des isohyètes
Le nombre de jours pluvieux sur J'ensemble du suggère une certaine canalisation par le~ grandes vallées:
domaine se maintient enlre' !50 et 120 jours: (Lomie moyenne Sanaga, axe Nyong- D()umé-I~adeïqui retarde-
147 jours, Nanga-Eboko 13~ jours, Tibati 150 jours) avec rait localement l'évolution. Mais il est certain que la dis-
une évolution spatiale qui rappelle celle de la pluviométrie. position générale du relief vis-à-vis du flux de mousson
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de contact forêt-savane par
~U' I ... ~ ....t ....
la.l.O'''Uhn ~c..tl. IhC•• n rapport aux grands ensembles
morphologiques du sud
Cameroun.
-
Mois pluvieux (50 mm et plus)
2 CJ 7 8ll!J Nombre de mois
10-11 lIIl1llIJ échelle
3-4 CJ 8 fZZ! 0 0 l:§l4-5 10
0 100
12 200
5-6 ë3 9 ~
0 1 !1J!!illiI 6-7 11 1 1
CJ 2-3 08-9 12
Figure 3 Nombre de mois pluvieux ou secs et intensités et durées des fortes chaleurs [nombre de mois dont la moyenne des températures maxima
est égale ou supérieure à 30 'Cl.
1010000 F
~ 12'
~
~
30
O' .~
20
e
r-I 16
Il.
14
;;;::::::::
12
,.
\0
LJ 12
e'
9 50 100 ISOKm
6'
4'
2'
Figure 5 Variablite
des réclpi a ions 10' 12' Il,' 16'
[cor tic,~nts e vallatlOn )
est susceptible en elle-mcme au même type de réparti- de kilomètres, on plonge dans le domaine des pluies
tion par le biais du mécanisme de foehn. Le contraste tenaces et pénétrantes. Evodoula, à l'abri des dernincs
avec l'empire de la mousson n'en e t que plus saisissant. lignes de crêtes qu'entaille la Sanaga, ne recueille que
Le rebord du plateau sud-camerounais de la baie de 48 mm d'eau en juillet ct (i2 mm en août. À 67 km plus
Pana ia au bassin du Mbam prend ainsi toute sa signifi- à l'ouest, Ngambé, dans sa haute vallé s'ouvrant au flux
cation comme frontière climatique. En quelques dizaines de mousson, en est déjà à 340 et 5J 7 mm.
Si on considère à présent le nombre de mois pluvieux longée des précipitations. Ainsi, la zone de contact forêt-
ou secs, référence faite à l'indice de Gnussen : r = 2t (ou savane où s'affirme avec 'igueur [a petite saison si:: he
« p » représente les précipitations et « t » l'~ tèmpéra- d'été est entourée d'une sorte de croissant de forte varia-
tures), on se rend compte que la carte qui en dérive pré- bilité relative au contact à lJ fois de la ZOlle soudanienne
sent' de nombreuses analogies avec la carle de la plu- au nord, de l'empire de la mousson au nord-ouest, et de
viosité moyenne annuelle dont elle accentue de façon l'immense domaine continental où le rythme bimodal
caricaturale certains traits. L'axe des hautes terr s occi- tend à s'effacer à l'est.
dentales ressort avec vigueur, laissant arraraîtrt: a La tendance nette au déficit pluviométrique qu'on
contrario deux zones déficitnir s corre pond;lnt respec- observe dans la z ne de contact comparativement aux
tivement à la plaine du nord et la partie sept 'ntrionale zones qui l'encadrent au nord au sud et à l'ouest est
du plateau sud-Camerounais à mosaïque forêt-savane d'abord redevable au relief. Il est sûr que la topographie
(Figure 3). On ne compte en 010, cnnt' que quatre mois de cuvette et J'abaissement important de l'altitude par
très pluvieux à Meiganga, cinq à Tibati, si. il Banyo. rapport aux haut's terres voi 'ines favorisent l'échauffe-
Ainsi, de part et d'autre de l'Adamaoua $' pposent sans ment et l'évolution dynamique diurnes. De fait, ces
ambiguité le climat tropical à saison pluvi use et à sai- dépressions équatoriales et singulièremt'Ilt c Ile de la
son. èche alternée et k <:Iimat sub quatorial ct équato- moyenne sanaga s'individualisent comme des régions
rial à deux saisons pluvieuses séparées par dl'lLX sai. ons relativement chaudes: les températures moyennes
sèches d'inégale importance. ! 'ékment le plus intéres- annuelles ne descendent guère en dessous de 24 0 ' et
sant est la pelile saison seche des regimes du sud dont excèdent localement 25 nc. L's fortes chaleurs se font
l'ampleur varie dans de forte- proportions. 11 ya lieu de encore plus pesantes en février-mars pendant!esquelles
bien faire la distinction entre le domaine où Id masse les moyennes des maxima peuvent dépasser 31°C, voire
d'air australe anticycloniljue stable et fraichc cst mcore 32 oc.
très nettement individualisée el celui où on n'a plus De la sorte l'ensemble du domaine constltue av("~
affaire qu'à une masse d'air degénérée sur les immensi- l'extrême sud-est du territoire les padic':; les moins tem-
tés forestières du centre-sud et du sud-est. À ['(lUe t l'en- pér-:c':' du plateau ·;ud-camerounais.
chevètrement entre le domaine de mousson et celui du Ainsi deux l}}lC; climatiqu:;s regiun,lux se distin-
régime subéquatorial estompe le l1échissl'lTlent estival guent à l'intérieur du domaine: le climat de cuvette abri-
des pluies el lui substitue un paruxysme d'autant plus tée d'affinité océanique qui caractc'rise la dépression CI'_'
puissant que l'orientation e~t fav mble. Au sud, l'etale- la moyenne San:.lg'l çt du Mbam inférieur à l\.. ;t des
ment des pluies dans l'année est bien le trait spécifique bourrelets montagneux qui Je ':L'parent cles plaines
des régimes méridionaux d'affinité equatoriale même côtières. Il est c,[Link]érisé par dc. précipitations modestes
s'il n'a l'Js partout la même ampleur. JI s'Je enlu' mani- et de fortes chaleurs. Le bassin de la Karl,·, :,c caractérise
festement d'ouest en est. par un climat continc·;1tal Je nuance CLliltinclltale mar-
L'étude de variabilité des précipitations (Figur~ 5) qué par une plus grande fréquence de la brume sèche
indique que celte dernière tend à s'ac:centuer dans les une pluviosité tout à fait honn~"lble alternant avec des
zone; de transition entre cieux lypes de regimes pluvio- séquen,_::c de secheresse :/'vère. Tout cela confirme une
métriques. Le phénomèn traduit un conHit d'influences forte variabilité des types de temps cxpre'.sion d'un cli-
au bilan inévitablement in ~gal d'un .lImée à l'autr.::. n mat aux évoluticw:: brutales de style continental. L'êtude
ett'd les deux rémi ',ions plu iometriques sai~nnnières des clvmps convec:ifs confirme en affinant les disp",;i-
qui sont la marque du rvthme subé'1uatorialtrJduisent tions précédentes.
en fait dans les deux (;1 ,l, position marginale de la zone
concernée cu égards aux processus propres a engendrer Une zone essentiellement
ou à empêcher la pluie. En hiver, cs latitudes peuvent déficitaire sur
subir tour à tour l'effet de rentrée de mousson propice le plan convectif
à l'activité pJuvio-orag use ou celui de pui. santes
décharges boréale imposant momentan~ment le rude La situation aux mois de décembre,
joug de l'harmattan avanl de susciter le cas échéant un janvier et février
retour en force de, précipitations. En été elles connais- L'ensemGle du territoire camerelunais se caractérise par
sent aussi bien des intermèdes de pluies intense. liées à des taux de cOI1\'cc:lion bas: 0 '.10-6 %. À partir de 7 0 -
des lignes de grains que des s 'quenœ par uis prolùngées vers le nord du pays, le ciel est complètement dégagé de
de temps stables dûes à un débordement de ,'alizé aus- nuages froids sur la carte de jéLembre (Figure 6). Cette
tral anticyclonique. La variabilité la plu' fûrte conœrne limite c." situe pratiquement il 6 0"J sur la carte de janvier
la saison sèche hIvernale: la pluviomélrie de décembre mais remonte à 8 ON SIH la carte de février. Ceci indique
et même de janvier peut dépasser occasionnellement que la zone de convergence intertropicale dans son
100 mm à Batouri, à Ndikinimcki, à Doumé, etc. En mouvement nord-sud atteint bien sa limite méridionale
revanche, nulle part on n'a observé une absence com- en janvier ct r,:flInllte immédiatement aprè .. Au-delà de
plète des précipitations en juillet ou en a,)i1t ; les ce mouvement, ce qui est IDtér<.'[Link] sur le:.. trois carle:.,
extrêmes de (c,s deux mois vont de 10 mm à c'est l'allure des iso-valeurs de convection: il": trames
200 mm/mois dans le bassin de la Kadél. L'irrégldarité 3 %,2 0Jc, et 1 % de COI1v'~dioll pa,::.cnt à la limite' méri-
estivale s'exprime plus particulièrement par r \.isl<.:nce dionale des hautes terres du Cameroun apn:"; un décro-
ou non selon les années de périodes d'interruption pro- chement vers le sud bien net sur le méridien 10 °E, et ne
357
illE: 1!lI[ teE '5E
,. 1!lI[ leE t5E
remontent vers le nord que plus à l'est au niveau de la une infime partie du pays au nord de lioN bénéficie
longitude 15 °E. Ce décrochement vers le sud, par rap- encore d'une faible convection.
port au dessin zonal dont on voit les bouts de part et Sur la carte du mois de mars, la zone d'occurrence
d'autre du territoire camerounais notamment sur le variant entre 1 % et 4 % est relativement étroite et dis-
Nigeria et Centrafrique à 7-8 oN, montre bien que les posée suivant une orientation légèrement SE-NW. Sa
hautes terres du Cameroun central influencent l'évolu- limite sud se situe à 7° 5' N sur le méridien 10° E à 7° N
tion de la zone de convergence intertropicale. Elles la sur le méridien 15° E. Les plages comprises entre 6 % et
retiennent plus au sud que sur les pays voisins permet- 12 %, assez rétrécies sur le Nigeria. se déploient large-
tant ainsi à l'air sec saharien de sévir pendant plus long- ment à l'intérieur du Cameroun. En effet, après avoir
temps sur plus des trois cinquièmes du pays et donc traversé la frontière Nigeria-Cameroun aux environs de
anormalement sur la zone de contact forêt-savane. Les 6,5° N, sa limite sud passe à l'est de Foumban dans la
deux types de temps qui prévalent sur l'ensemble du ter- plaine Tikar, suit pratiquement la vallée du Mbam, des-
ritoire camerounais (le type A ou anticyclonique lié à cend jusqu'à Yaoundé qu'elle dépasse légèrement à l'est,
l'harmattan - moins de 1 % de convection - et le type avant de longer la latitude de Lomié jusqu'en
2A (2-4 %), qui est une zone de transition encore mar- Centrafrique où elle remonte jusqu'à 5° N. Au sud de
quée par la présence de la brume sèche et une activité cette limite, la zone de forte convection (12-20 %) se
orageuse diffuse accompagnée de quelques pluies) sont déploie sur le littoral du pays et pousse une apophyse
de nature à favoriser la sécheresse et les feux de brousse jusqu'à 6,so N sur la longitude 10° E. Elle couvre égale-
dans cette zone de contact. ment la zone forestière au sud d'une ligne passant par
Yaoundé-Lomié-Yokadouma. On reconnaît là une
La situation en mars et en novembre adaptation de la convection aux principaux obstacles
Elle correspond à une situation d'intersaison. En mars, orographiques et notamment aux reliefs et escarpements
la zone de convergence intertropicale continue sa côtiers qui bordent les plateaux de l'intérieur.
remontée vers le nord, alors qu'en novembre, on assiste L'orientation nord-sud du trait de côte se conjugue aux
à une situation contraire. Mais dans les deux cas, seule escarpements et reliefs précités pour déterminer l'allure
méridienne des amas convectifs sur toute la côte came- saison .èche du plateau sud-camerounais. La faible
rounaise. Dès que s'estompe cette double inllucnce, la convection est liée à la subsidence anticycloniquc cntre-
bande de forte convection tend à redevenir zonale tenue par l'alizé austral, et par les Ilpwclling intenses en
comme en Afrique occidentale, avec toutefuis cctte dif- cette période de J'année dans le golfe de Guinée,
férence que les amas convectifs gthl r s par la masse d'air
équatorial la font remonter jusqu'à 5° N. La situation aux mois
Sur la carte de novembre, les plages 6-12 % occu- de septembre et octobre
pent souverainement la forêt camerounaise jusqu'à 4- Le mOLs de scptembre montre le recul du déficit méri-
5° ". c'est-à-dire jusqu'à la limite: sud de la lune de dional et l'installation souveraine de la mousson au sud
contact forêt-savane. L'apophyse constaté sur la carte de 8" \J. Dans ce mouvement de retrait nord-sud, le
de mars au niveau du méridien 10° E reste, avec un îlot relief continue de mettre en exergue le maximum
de forte convection sur le mont Caneroun. Toutefois, convectif de l'axe des hautcs terres, et les secteurs de
au contraire de la carte de m~J:"ô, j.; 701e corr<'srondant faible convection, corrc pondant aux dépressions
aux trames 6-12 % s'est rétrécie entre Mbanyo- YZlOundé topographiques. ressortent clairement. La zone de
et Bétaré-Oya, donnant ainsi l'oc':<l~;ion à la zone de contact forêt-savane fait figure de parent pauvre, même
moins de 1 % de convection de: ê'<l.\anCer un peu plus dans ce contexte de forte convection généralisé\:. Les
vers Je sud. types de temps correspondant à cette période de l'an-
Que retenir de tout cela? née,nnt liés à une mou son très épaisse donnant lieu
Nous avons donc en début de saison de' pluies une à de: pluies abondante~ t de longue durée sous un ciel
zone de convergence avec deux branches nettes, e recou- maussade.
pant en V sur le Cameroun méridional. Elle ràèle un De tout ce qui précède, il apparaît que les hautes
cheminement rapide de la mousson vt:r~ l'intérieur du terres de l'ouest du Cameroun sont un domaine privi-
pays suivant l'axe de la Dorsale camerounai e, pénali- légié de forte convection. Celle-ci s'y installe en maître
sant relativement les plateaux intérieurs à mosaïque dès le début de la saison des pluies, et ne les quitte que
forêt-savane. On retrouve des dispositions quasi-sem- plus tard en fin de ',aison, quand le'; (~gions situées à la
blables sur la carte de novembre, aVe.: .:dtc fois une même latitude, mais plus à l'intéri;'llf du pay'., :;ont déjà
masse d'air continental beaucoup plus conquérante sur livrées au souffle chaud et sec de l'harmatlJn. Si pendant
les plateaux intérieurs, et - toujours - une mousson l'hiver borc'al elles marquent la limite sud de J'influence
persistante sur les hautes terre~ et donc sur iC' limites de l'alizé continental, en Juin, Juillet et aoùt, elles blo-
du domaine. quent J'alilé austral dans sa progression vers le nord. Lc~
offensives de l.C:, deux masses d'air sont cependant sus-
La situation en avril et en mai ceptibles de cTc'cr dan, la rcgion de!> défi.:its convectifs
Elle montre, s'il en était c'!lCOre besoin que la l'ursale saisonniers pouvani entrainer de forts déficits pluvio-
Camerounaise reste l'axe privilégié du cheminement de métrigues.
la mousson vers l'intérieur dJ pays, dt sorte qu'i! se crée Ainsi, les champs convectifs mensuels permettent de
au nord du plateau sud-camerounais, c'e<;t-à-dire dans mieux comprendre j'organi;,ation des types de temps sur
la zone de contact forêt-sav~~ne Ull déficit convectif par le territoire camerounais. On retrouve grosso modo les
rapport aux régions environnantes. On voit très bien différent,_" ZOl'tC,: de temps reconnues et leur extension
comment l'apophyse de forte convection se déploie en relative. Le relief constitue cependant un élément per-
arc de cercle conformément à la morphologie de la turbateur fond:tmental qui n'autorise pas aisément la
Dorsale Camerounaise et rejoint la branche méridionale zonalité des phénomènes climatiques tels qu'on les
du V des cartes de mars et de n(ll..:mbre, dan.'. un mou- observe ailleurs en Afrique occidentale. Les versant:; et
vement tournant dans le ."..:,lS J..:: aiguilles d'une montre domaincs sous le \Tilt de ces reliefs et donc la zone di:
sur la carte du mois d'avril. Ainsi s'isole la zone défici- contact forêt-savane et les hautes cimes subissent, même
taire à laquelle nous faisions allu';:01l tantôt. en pleine saison des pluies k~ assauts de l'alizé conti-
nental. Pendant les périodes de faible :lInpleur de mous-
La situation en juin, son, les hauts plateaux du Cameroun central sont
en juillet et en août constamment balayés par des vents secs et violents qui
Les dispositions notées sur les cartes précédentes se cisaillent les têtes des nuages cumuliformes qui Sc for-
maintiennent, avec cette fois l'entrée en jeu d'un élé- ment sur les ver.'ants méridionaux et occidentaux de la
ment nouveau: c'est que le coeur de la convergence est dorsale des hautes terres. C'est d'ailleurs cette protec-
bordée par deux zones de faible convection. La lune de tion orographique qui permet à la mousson de contour-
faible convection méridionale, balaie le littoral ct s'insi- ner cette dorsale dans le sens des aiguilles d'une montre
nue jusqu'au coeur du plateau sud-camerounais. Si, au et de mouiller quasi constamment ,;cs versants nord
sud de Yaoundé, la forêt ombrophile connaît ce déficit alors que les vers;\nts orientaux sont dominés par le
con\'cetif pour la première fois, au nord, 1.1 mne de souftle chaud et sec de l'harmattan. Ainsi s'explique en
contact forêt-savane en est victime pour une deuxième partie la forêt congo-guinéenne et Ic:; savane'. congo-
fois depuis la translation vers le nord de la zone de guinéenne de transition qu'on observe sur .les escarpe-
convergence. En revanche, la dorsale des haulo terres ments de la dépression de la Donga au nord de la dor-
en est une fois de plus épargnée. ette situ, tion corres- sale et la mosaique forêt-savane de ses versants
pond aux types de temps 20, responsables de la petite orientaux.
359.-
Figure 7 Temperature maximale
de surface au Cameroun.
Moyennes de 1986-1994
(Orstom, Lannion, logiciel Triskel).
Les champs moyens mensuels La carte du mois d'avril montre qu'une fois la limite
de tem peratu re de su rface méridionale de la Dorsale Camerounaise traversée, les
bandes thermiques adoptent une disposition zonale sur
La situation en janvier, le plateau de l'Adamaoua qui efface les sinuosités remar-
février et mars quées sur les cartes précédentes. Leur avancée est cepen-
Les cartes montrent la division du pays en deux grandes dant retardée vers l'est du pays, en raison vraisembla-
zones bien distinctes de part et d'autre de la limite sep- blement de la moindre hardiesse de la dorsale qui
tentrionale du plateau de l'Adamaoua (Figure 7). La permet au régime d'est de sévir encore sur la région.
zone nord plus chaude (couleur jaune à marron foncé) Les cartes des mois de mai et juin montrent claire-
correspond au nord du pays dominé par le flux chaud ment qu'une fois l'Adamaoua franchi, la progression des
et sec de 1'harmattan: la température varie entre 39 oC bandes thermiques vers le nord devient très rapide. La
et 50 oc. Le front thermique à 39 oC est discontinu et on zone de fortes températures (+ 39 OC) s'est considéra-
remarque qu'il est plus au sud qu'en janvier. Les iso- blement réduite. Au sud de la limite (30-31 OC) les tem-
thermes 30-31 oC matérialisés par les tons verts pératures plus fraîches indiquent que la saison des pluies
sombres marquent véritablement les limites du est déjà très bien installée. À cette époque de l'année, où
domaine sec. On constate alors que toute la Dorsale la mousson est partout présente sous ces latitudes, les
Camerounaise est drapée par le flux chaud et sec de formations végétales présentent la même signature ther-
1'harmattan qui dessine clairement ses contours. Les mique que la surface de la mer.
isothermes 30-31 oC suscités passent aussi bien sur la
carte de janvier que sur celles de février et de mars, au Les cartes de juillet et d'août
sud des hautes terres. De la cuvette de Mamfe, ils Ces cartes montrent en effet que tout le pays baigne
contournent les massifs du Manengouba, du Koupe du dans une atmosphère humide telle que le montrent les
Nlonako, remontent par la vallée du Mbam, passent températures fraîches un peu partout. Dans ce contexte
par le sud du plateau de l'Adamaoua pour ressortir à d'humidité généralisée les zones basses comme la
l'est du pays au niveau de Batouri. La limite septen- plaine Tikar s'individualisent malgré tout. Il est inté-
trionale de la trame bleue marque aussi la limite nord ressant de remarquer que la zone encre que l'on peut
de la forêt. définitivement considérer comme sous influence de
l'ali.Ié' austral ne déborde que très peu la limite méri- priment le.> ditT~r~'nts élément~ de [a biwphàc, mais
dionale de la dorsale des hault:~ tnrt', jnJiqtl~lnt [Link]- au'si et surtout c HTIme une ressource qu'exploitent ces
rement que Jans le contexte Glmcr,lunai', cet axe de éléments Llablir les budgets et les hilans pour lh~ t..[Uè
hauts reliefs constitue une limite climatiquc fonda- élément par rapport à la ress(\urcc suppose de,; mesur s
mentale. Ceci ne fait que confirmer c' que ,ug~é[Link] fines allant de j'ult 'Ti 'ur e la forêt à la ~aVJIlt:. Il sup'
déjà les cartes de convecti ln. pose qU';l càté de transects habituel' J,; végd<lti Il, on
mette en pJace des uhservatoircs dans Ics411els se retrou-
Les situations en septembre \"cnt tOlites les compétences appelé's à réali';l"!" des
et en octobre études s);nth,4tiqucs '>ur le devenir des éC0,ysll?mcs.
Elles sont pratiquement identiqucs. Le front à 39 uC
refait Stln apparition à [a limite nord du lac l'chad. '[ out Références
le pavs reste dominé l'ar la mou: on humide. Le Llit chollndong, (;. ; [~()nvall )t, j. ; y, lita lIappi, J. 1Y9 .
saillant, c\''it yue la zone Je t mpér;ltllrc cntre 18 et Contacts for<:t-savane dU -'ameroun et
19 0 s'effiloche considérai [ement dans sa (r<lnge nord. Chromolaenll odororara: considérations
Ce qui est normal puisque le fIT a engage son recul vers préliminaires. ]'//ird Intemllliol/lJi \-\N$/lOfJ on
les latitudes meridionales. On voit bien qut' cetl,~ désin- bi%gicol control and /111I1I(1~~t'lIlt"'t oIC!lrot/uJ!aenll
tégration de la trame Hl·Jc vC se fait dl.: l'intérieur du oriororatil. Ahidjan, 12 p.
pays vers la côte, permctttlnt aux haute terres d se COI11- Encyc/upJdiL' rie /(/ rë{lullifJuc II/Ile du ClllllaOUn, 1978.
porter en dernier r mpart. Sur 1 [Link] de l'AJalllaoua, Paris, j:ditiolh /t'UIle: Afri lUI'.
les relid" isolés 'c' lompo!"lent de la rn ~me: Ùlçon d font LelouLC)', R. l'Jo:), ffl/dc ph)'lOgcogmphli]fIr du
figure d'Îlot~ frais rra iks en face Jc' J'avancée de ['air sec Cameroun, Paris, Lachev,lllJer.
saharien désormais proche. Morin, S. 1C)88. 1Liut', terr,,'s ct b,lssins lIt: l' lu ',t-
lamer \lnl: ét Idl: gl.:omorphnlogique, Ilon:leau ,
Les cartes des mois de novembre Université de Bord aux ilL.!. l. 1 190 p.
et de décembre Suchel, j. B. 1988. L s -[Link] Ju Cltnt:rl\un. Th.::sc;
Elles r,'n 'oient aux [Link] de janvier et de février à J'tl,H. Bordt:Jux, Univ<.'rsité dl' [Link] JJI, 3!.
quelques nuances près. On retrouve un front thermique Tsalefac, M. ; lJagorne, D. 1990. Convection, relief et
à jC) 0 ~ très discontinu et Jè~StnJnt une l11.1l"qu terie qui pluviol11étrit' au Can e['(>un. \lcilles climel!ùJII('"
isole des points frais tr" s l'ars traJlli~ant la sensihilite _,rItt:1I i 1(/ II"L'~, 34,
dif(' rentielk des sc)ls :1 la 'échere" c qui, [ll,t,dl " L . rôle Tsalcfae, id. 1991. Convection et formati()TlS véoét<11e~
des hautes krre~ de l'ouest comme dtTnin promontoire au ( all1eroun. Veillc_, cli/lll/liqllC.' .'l/lel/ill/ires, 3'J,
frais et humide .eptentrional et net ~ur la LMte de Nbnga Kam~a, [-, ; Talcfac, :-\'1. ; i\lbanc, . 1994.
dccembre. Au sud, la trame 10-25 oC I11tlll'rialisc une \, ariahilite pluvieuse sur le territoire Camerounais.
masse d'air de la mousson peu épaisse qui mouille Ad', du 7c lJolloquc International cie L.lill1atologie,
encore les hasses pentes Jes reliefs se~'ttntri()l\clL1:-" J\'.Jnt Toulouse.
de . ét,der plus amplement sur le pl,ltl'au sud-
Camerounais et sur le littoral du pay". Lt:s lemperatures
très [l'aiches associées au pas,agt de l'alizé austral ne ~
signalent plus qu'à l'extr~l1Ie sud-ou st du pays.
Conclusion
La combinaison cionnèes c,lIl I.:lltionnell 's, ,1l'flUées
satellitales permet Je m(lntn:r t..[Ul' le L1ntJet forêt-
savane au Cameroun Jéfinit bien un domaine original
marqué par la degradation des conditions climatiques
humides cOll1pal"\~e à celles qui s'observent plus à
l'ouest du pays il la méme latitude. Celle caractéristique,
la zone de contact la doit surtout il sa position au "reux
de l'arc montagneux qui barre lc' lillt [Link] <t k centre du
Cameroun et qui est particuliàcment apte cl t' ',Ispàn
ou à freiner par elfe! Je foehn notamment, les processus
susceptiblcs de d('\elopper les précipitations dont on
connait les rcpercussions .ur la \' ;geLltion. LI progre -
sion de la lorèt sur b savane Cl1nstat('c ré' 'm111cnt par
plusieurs auteurs fL tOll7ey, 1%x; Ach lunJung er Ill,
1993) ne ,embk pas r'l1 ;kr la variabilité a t uelk du Lli-
mat caractérisét" par le tléchis t'mellt général J.: la plu-
viométrie dans la zune d'étude, mai, bien plus ~eS ten-
dances lourdes à J'humidification. Pour trancher ce
difficile probleme, il LlLil considérer le- climat n,In SlèU-
lement comme composante du cadre dan,; le-q Ici s cx-
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terme
r stiers
Les responsables d'édition adressent leurs sincères remerciements à
Christian Levêque, Samy Mankoto, Bernard Riéra et Léo Rona-Beaulieu.
ISBN 92-3-203753-X
Mise en page: Valérie Herman
Impression: Imprimerie Jouve
Photo de couverture: Lac Tabéré, Adamaoua, Cameroun
© UNESCO 2000