Variables Aléatoires Discrètes : Cours Complet
Variables Aléatoires Discrètes : Cours Complet
Cours
Variables aléatoires discrète
Said Hajmi
Classe MP*
Table des matières
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Cours Table des matières
I
Généralités sur les va-
riables aléatoires discrètes
I.1 Langage de base des variables aléatoires
Une variable aléatoire est un nombre dépendant du résultat d’une expérience
aléatoire. L’enjeu est la localisation de ce nombre : déterminer quelles sont ses
chances de tomber sur telle ou telle partie de R. Cette localisation conduit à associer
à toute variable aléatoire une loi de probabilité sur R.
Définition 12.1
Une variable aléatoire ! discrète sur l’espace probabilisable (Ω, A) est une appli-
cation de Ω dans un ensemble quelconque 𝐸 telle que :
1 l’ensemble 𝑋 (Ω) est au plus dénombrable ;
2 pour tout 𝑥 ∈ 𝑋 (Ω), on a 𝑋 −1 ({𝑥 }) ∈ A.
Si 𝐸 ⊂ R, on dit que 𝑋 est une variable aléatoire discrète réelle. Si 𝑋 (Ω) est fini,
on dit que 𝑋 est une variable aléatoire finie.
Proposition 12.1
Soit 𝑋 une variable aléatoire discrète sur(Ω, A), à valeurs dans 𝐸. Alors pour
toute partie 𝐴 de 𝐸, l’ensemble 𝑋 −1 (𝐴) est un événement.
Preuve
𝑋 −1 (𝐴) = 𝑋 −1 (𝐴 ∩ 𝑋 (Ω)) = 𝑥 ∈𝑋 (Ω)∩𝐴 𝑋 −1 ({𝑥 }) est donc un événement comme réunion
S
au plus dénombrable d’événements
Notation
2 Comme pour les variables aléatoires finies, l’événement 𝑋 −1 (𝐴) est noté :
(𝑋 ∈ 𝐴)
(𝑋 ∈ 𝐴) = {𝜔 ∈ Ω, 𝑋 (𝜔) ∈ 𝐴}
Exemple 12.1
A = P(Ω)
muni de la probabilité uniforme Une variable aléatoire sur (Ω, A, 𝑃) est par
exemple :
𝑋 : Ω −→ R
10
𝑤 = (𝑥 1, ..., 𝑥 10 ) ↦−→
P
𝑥𝑘
𝑘=1
ou par exemple
𝑌 : Ω −→ R (
1, s’il existe 𝑘, 𝑥𝑘 = 1
𝑤 = (𝑥 1, ..., 𝑥 10 ) ↦−→
0 sinon
Exercice 12.1
Remarque 12.2
Si 𝑋 est une variable aléatoire, alors
(𝑋 = 𝑥)𝑥 ∈𝑋 (Ω)
est un système complet d’événements.
Proposition 12.2
Si 𝑋 est une variable aléatoire réelle, alors |𝑋 | et 𝑋 2 sont des variables aléatoires.
Preuve
Vient du fait que : (
∅, Si 𝑥 < 0
(|𝑋 | = 𝑥) =
(𝑋 = 𝑥) ∪ (𝑋 = −𝑥) Sinon
et (
∅, si 𝑥 < 0
(𝑋 2 = 𝑥) = √
(|𝑋 | = 𝑥), si 𝑥 > 0
Proposition 12.3
L’ensemble ( V, Ω, A) des variables aléatoires réelles sur (Ω, A) est une R
algèbre.
Preuve
[
(𝜆𝑋 1 + 𝑋 2 = 𝑥) = (𝑋 1 = 𝑦) ∩ (𝑋 2 = 𝑥 − 𝜆𝑦)
𝑦 ∈𝑋 1 (Ω)
Donc (𝜆𝑋 1 + 𝑋 2 = 𝑥) est un événement, puisqu’il s’agit d’une réunion au plus dénombrable
d’événements.
2 2
2 En écrivant 𝑋 1𝑋 2 = (𝑋1 +𝑋2 ) −(𝑋
4
1 −𝑋 2 )
, par ce qui précède et la proposition précédente,
on obtient que 𝑋 1𝑋 2 est une variable aléatoire
Corollaire 12.4
Si (𝑋 1, .., 𝑋𝑘 ) est une famille finie de variables aléatoires réelles définie sur le
même espace probabilisé (Ω, A, 𝑃), alors
𝑘
∑︁ 𝑘
Y
min(𝑋 1, ..., 𝑋𝑘 ), max(𝑋 1, .., 𝑋𝑘 ), 𝑋𝑖 , 𝑋𝑖
𝑖=1 𝑖=1
est une probabilité sur (𝑋 (Ω), P(𝑋 (Ω))), appelée loi de 𝑿 et notée P𝑋 .
Preuve
• L’application P𝑋 est définie sur P(𝑋 (Ω)) et à valeurs dans [0, 1].
• De {𝑋 ∈ 𝑋 (Ω)} = Ω, on déduit 𝑃𝑋 (𝑋 (Ω)) = 1.
• Si (𝐴𝑛 ) est une suite de parties deux a deux disjointes de 𝑋 (Ω), alors les ensembles
{𝑋 ∈ 𝐴𝑛 } sont également deux à deux disjoints et :
( )
[ [
𝑋 ∈ 𝐴𝑛 = {𝑋 ∈ 𝐴𝑛 }
𝑛 ∈N 𝑛 ∈N
On en déduit ! ( )! !
[ [ [
P𝑋 𝐴𝑛 = P 𝑋 ∈ 𝐴𝑛 =P {𝑋 ∈ 𝐴𝑛 }
𝑛 ∈N 𝑛 ∈N 𝑛 ∈N
∑︁ ∑︁
= P ({𝑋 ∈ 𝐴𝑛 }) = P𝑋 (𝐴𝑛 )
𝑛 ∈N 𝑛 ∈N
Remarque 12.3
— L’ensemble 𝑋 (Ω) étant dénombrable, il n’y a aucun inconvénient à le
munir de la tribu P(𝑋 (Ω)).
— Cette probabilité est la probabilité image de P par l’application 𝑋
— Il peut arriver qu’on ne connaisse pas exactement 𝑋 (Ω), mais qu’on
sache seulement a priori qu’il existe un ensemble 𝐸 dénombrable tel
que 𝑋 (Ω) ⊂ 𝐸. Alors la loi de 𝑋 apparaîtra comme une probabilité sur
(𝐸, P(𝐸)) telle que P𝑋 ({𝜔 }) = 0 si 𝜔 ∈ 𝐸\𝑋 (Ω).
Proposition 12.6
Si 𝑋 est une variable aléatoire discrête, alors ∀𝐴 ∈ P(𝑋 (Ω)).
∑︁
𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴) = 𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝐴∩𝑋 (Ω)
𝑝𝑥 = 𝑃 (𝑋 = 𝑥), 𝑥 ∈ 𝑋 (Ω)
Preuve
Nous avons (𝑋 ∈ 𝐴) = (𝑋 ∈ (𝐴 ∩ 𝑋 (𝜔))) = (𝑋 = 𝑥) qui est une réunion au plus
S
𝑥 ∈𝑋 (Ω)∩𝐴
dénombrables d’événements deux à deux incompatibles, par la 𝜎-additivité, on obtient :
∑︁
𝑃 (𝑋 ∈ 𝐴) = 𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝐴∩𝑋 (Ω)
Remarque 12.4
Souvent, on résume la loi de 𝑋 à la famille des probabilités 𝑝𝑥 pour 𝑥 ∈ 𝑋 (Ω)
puisque celles-ci suffisent à déterminer la loi de probabilité de 𝑋 .
Proposition 12.7
Soit 𝐸 un ensemble au plus dénombrable et (𝑝𝑥 )𝑥 ∈𝐸 une famille de réels positifs
tels que 𝑥 ∈𝐸 𝑝𝑥 = 1. Alors il existe un espace probabilisé (Ω, A, P) et une
P
variable aléatoire 𝑋 sur cet espace probabilisé tels que :
𝑋 (Ω) = 𝐸 et ∀𝑥 ∈ 𝐸 P(𝑋 = 𝑥) = 𝑝𝑥 .
Preuve
On prend Ω = 𝐸 et 𝐴 = 𝑃 (𝐸). D’après un théorème du chapitre précédent , il existe une
unique probabilité P sur cet espace probabilisé telle que 𝑃 ({𝑥 }) = 𝑝𝑥 pour tout 𝑥 ∈ 𝐸. On
considere I’application 𝑋 = 𝐼𝑑𝐸 . On a alors 𝑋 (Ω) = 𝐸, donc 𝑋 (Ω) est au plus dénombrable
et, pour tout 𝑥 ∈ 𝐸, 𝑋 −1 ({𝑥 }) = {𝑥 } ∈ A. Donc 𝑋 est une variable aléatoire discrète et pour
tout 𝑥 ∈ 𝐸 :
P(𝑋 = 𝑥) = P 𝑋 −1 ({𝑥 }) = P({𝑥 }) = 𝑝𝑥 −
Remarque 12.5
La loi 𝑃𝑋 détermine la probabilité de chaque événement lié à la variable 𝑋 .
Cependant, la loi 𝑃𝑋 ne suffit pas à déterminer la variable aléatoire 𝑋 .
𝑃𝑋 = 𝑃𝑌 n’implique pas 𝑋 = 𝑌 .
Par exemple , considérons un lancer de deux dés équilibrés. Si 𝑋 et 𝑌 désignent
les valeurs de chaque dé, celles-ci suivent la même loi sans pour autant être
égales.
Exercice 12.2
Montrer que si 𝑋 est une variable aléatoire réelle discrète sur (Ω, 𝑃 (Ω), 𝑃) , et 𝑓
une application de R dans R, on a alors :
∑︁
𝑓 ◦𝑋 = 𝑓 (𝑥)1𝑋 −1 (𝑥)
𝑥 ∈𝑋 (Ω)
solution 12.2, page 61
Définition 12.2
On dit que deux variables aléatoires discrètes 𝑋 et 𝑌 ont même loi si P𝑋 = P𝑌 .
On note alors 𝑋 ∼ 𝑌 .
Si 𝑋 est une variable aléatoire et L est une loi discrète, on note alors 𝑋 ∼ L le
fait que la loi de 𝑋 est L.
Remarque 12.6
— On dit aussi de variables aléatoires de même loi qu’elles sont équidistri-
buées.
— Deux variables aléatoires discrètes 𝑋 et 𝑌 définies sur le même espace
probabilisé (Ω, A, P) ont même loi si, et seulement si, 𝑋 (Ω) = 𝑌 (Ω) et,
pour tout 𝑥 ∈ 𝑋 (Ω), P(𝑋 = 𝑥) = P(𝑌 = 𝑥).
Exercice 12.3
Soit 𝑋 une variable aléatoire réelle sur l’espace probabilisé (Ω, A, P).
1. Calculer lim𝑛→+∞ P(𝑋 6 𝑛). En déduire lim𝑥→+∞ P(𝑋 6 𝑥).
{𝑓 (𝑋 ) = 𝑦} = 𝜔 ∈ Ω | 𝑋 (𝜔) ∈ 𝑓 −1 ({𝑦})
= 𝑋 ∈ 𝑓 −1 ({𝑦}) =
[
{𝑋 = 𝑥 }.
𝑥 ∈𝑓 −1 ( {𝑦 })
L’ensemble 𝑓 −1 ({𝑦}) est au plus dénombrable, car c’est une partie de 𝑋 (Ω). On en déduit
que {𝑓 (𝑋 ) = 𝑦} ∈ A car c’est une union au plus dénombrable d’éléments de A. Ainsi, 𝑓 (𝑋 )
est une variable aléatoire discrète. De plus, puisqu’on a une union au plus dénombrable
d’événements incompatibles :
∑︁
∀𝑦 ∈ 𝑓 (𝑋 )(Ω) P(𝑓 (𝑋 ) = 𝑦) = P(𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝑓 −1 ( {𝑦 })
Proposition 12.9
Si 𝑋 et 𝑌 sont deux variables aléatoires discrètes de même loi et 𝑓 , 𝑔 deux
fonctions, alors 𝑓 (𝑋 ) et 𝑓 (𝑌 ) ont la même loi
Preuve
P(𝑓 (𝑋 ) = 𝑥 0) =
∑︁
P(𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝑓 −1 ( {𝑥 0 })
P(𝑌 = 𝑥 0)
∑︁
=
𝑥 ∈𝑓 −1 ( {𝑥 0 })
= P(𝑓 (𝑌 ) = 𝑥 0)
Remarque 12.7
Une variable aléatoire de Bernoulli est la fonction indicatrice d’un événement
(𝐴 = ”𝑋 = 1”).
Remarque 12.8
Si la variable aléatoire 𝑋 suit la loí géométrique de paramètre 𝑝 ∈]0, 1[ à valeurs
dans N∗ , on a, pour tout entier naturel 𝑘,
P(𝑋 > 𝑘) = 𝑞𝑘 .
Interprétation Ce résultat est tout à fait évident si l’on interprète une loi
géométrique comme le temps d’attente d’un premier succès. L’événement {𝑋 >
𝑘 } " les 𝑘 premières épreuves ont été des échecs ", est de probabilité 𝑞𝑘 .
Proposition 12.10
Soit (𝑋𝑛 )𝑛∈N∗ une suite de variables aléatoires discrètes telles que 𝑋𝑛 suive la loi
binomiale de paramètre (𝑛, 𝑝𝑛 ). On suppose que la suite (𝑛𝑝𝑛 ) converge vers un
réel 𝜆 > 0. Alors, pour tout entier 𝑘 de N, on a :
𝜆𝑘 −𝜆
lim P (𝑋𝑛 = 𝑘) = 𝑒 .
𝑛→+∞ 𝑘!
Preuve
Pour tout entier 𝑘 et pour tout entier 𝑛 > 𝑘, on a :
𝑛 𝑛(𝑛 − 1) · · · (𝑛 − 𝑘 + 1) 𝑘
P (𝑋𝑛 = 𝑘) = 𝑝𝑛𝑘 (1 − 𝑝𝑛 )𝑛−𝑘 = 𝑝𝑛 exp ((𝑛 − 𝑘) ln (1 − 𝑝𝑛 )) .
𝑘 𝑘!
On en déduit : 𝑘
𝑛𝑘 𝜆 −𝜆 −𝜆 𝜆
𝑘
P (𝑋𝑛 = 𝑘) ∼ 𝑒 ∼𝑒 .
𝑘! 𝑛 𝑘!
𝑘
On obtient lim𝑛→+∞ P (𝑋𝑛 = 𝑘) = 𝑒 −𝜆 𝜆𝑘! .
Remarque 12.9
Si la variable aléatoire 𝑋 suit une loi binomiale avec 𝑛 grand et 𝑝 proche de 0
, elle suit approximativement une loi de Poisson de paramètre 𝜆 = 𝑛𝑝. On dit
encore que la loi de Poisson est la loi des événements "rares ". Dans la pratique,
on peut décrire par une loi de Poisson le nombre d’événements d’un certain type
se produisant dans une période de temps donnée, par exemple :
• le nombre de clients se présentant dans un magasin ;
• le nombre de véhicules franchissant un poste de péage ;
• le nombre d’appels reçus par un standard téléphonique.
II
Couples de variables aléatoires
Définition 12.3
Si 𝑋 et 𝑌 sont deux variables aléatoires discrètes sur l’espace probabilisable
(Ω, A), à valeurs respectivement dans 𝐸 et 𝐸 0, l’application :
Ω −→ 𝐸 × 𝐸 0
𝜔 ↦−→ (𝑋 (𝜔), 𝑌 (𝜔))
est appelée couple de variables aléatoires discrètes sur (Ω, A). On note (𝑋, 𝑌 )
ce couple de variables aléatoires.
Si 𝐸 = 𝐸 0 = R, alors (𝑋, 𝑌 ) est appelé un couple de variables aléatoires réelles
discrètes.
Proposition 12.11
— Si 𝑋 et 𝑌 sont deux variables aléatoires discrètes sur l’espace probabili-
sable (Ω, A), à valeurs respectivement dans 𝐸 et 𝐸 0, le couple (𝑋, 𝑌 ) est
une variable aléatoire discrète à valeurs dans 𝐸 × 𝐸 0.
— Réciproquement, toute variable aléatoire discrète sur l’espace probabi-
lisable (Ω, A) à valeurs dans 𝐸 × 𝐸 0 peut s’écrire (𝑋, 𝑌 ) où 𝑋 et 𝑌 sont
des variables aléatoires discrètes à valeurs respectivement dans 𝐸 et 𝐸 0.
Preuve
— Si 𝑋 et 𝑌 sont deux variables aléatoires, l’image (𝑋, 𝑌 ) (Ω) est la partie du produit
cartésien 𝑋 (Ω) × 𝑌 (Ω) formée des couples (𝑋 (𝜔), 𝑌 (𝜔)) où 𝜔 décrit Ω. Le produit
cartésien 𝑋 (Ω) × 𝑌 (Ω) est au plus dénombrable car 𝑋 (Ω) et 𝑌 (Ω) sont au plus
dénombrables. A fortiori, (𝑋, 𝑌 ) (Ω) est au plus dénombrable. Pour tout (𝑥, 𝑦) ∈
(𝑋, 𝑌 ) (Ω), l’ensemble {(𝑋, 𝑌 ) = (𝑥, 𝑦)} = {𝑋 = 𝑥 } ∩ {𝑌 = 𝑦} appartient à A, car
c’est l’intersection de deux éléments de A. Donc (𝑋, 𝑌 ) est une variable aléatoire à
valeurs dans 𝐸 × 𝐸 0.
— Si 𝑍 est une variable aléatoire à valeurs dans 𝐸 × 𝐸 0, on pose 𝑋 = 𝜋 1 (𝑍 ) et 𝑌 = 𝜋2 (𝑍 ),
où 𝜋1 : (𝑥, 𝑦) ↦→ 𝑥 et 𝜋 2 : (𝑥, 𝑦) ↦→ 𝑦 sont les projections canoniques de 𝐸 × 𝐸 0. Alors
𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires discrètes à valeurs respectivement dans 𝐸 et 𝐸 0
et 𝑍 = (𝑋, 𝑌 ).
Proposition 12.12
Soit (𝑋, 𝑌 ) un couple de variables aléatoires discrètes sur l’espace probabilisable
(Ω, A). Alors la famille d’événements :
Remarque 12.10
II découle immédiatement de cette proposition que si (𝑋, 𝑌 ) est un couple de
variables aléatoires sur l’espace probabilisé (Ω, A, P), alors on a :
∑︁
P({𝑋 = 𝑥 } ∩ {𝑌 = 𝑦}) = 1.
(𝑥,𝑦)∈𝑋 (Ω)×𝑌 (Ω)
Définition 12.4
Soit 𝑋 et 𝑌 deux variables aléatoires discrètes sur l’espace probabilisé (Ω, A, P)
à valeurs dans 𝐸 et 𝐸 0 respectivement. La loi conjointe de 𝑋 et 𝑌 est la loi du
couple (𝑋, 𝑌 ).
Remarque 12.11
— La loi de (𝑋, 𝑌 ) est déterminée par la famille :
Exercice 12.7
2 (𝑖 + 𝑗)𝜆𝑖+𝑗
∀(𝑖, 𝑗) ∈ N P({𝑋 = 𝑖} ∩ {𝑌 = 𝑗 }) = 𝑎 .
𝑖!𝑗!
Déterminer la valeur de 𝑎 en fonction de 𝜆.
solution 12.7, page 64
Définition 12.5
Pour tout couple (𝑋, 𝑌 ) de variables aléatoires discrètes, la loi de 𝑋 est appelée
première loi marginale du couple et celle de 𝑌 est appelée deuxième loi marginale
du couple.
Le théorème suivant exprime le fait que l’on peut déduire les loi marginales de
la loi du couple. Pour obtenir une loi marginale, on somme par rapport à l’autre
variable.
Théorème 12.13
Soit (𝑋, 𝑌 ) un couple de variables aléatoires discrètes sur l’espace probabilisé
(Ω, A, P). On dispose des égalités suivantes :
∑︁
∀𝑥 ∈ 𝑋 (Ω) P(𝑋 = 𝑥) = P({𝑋 = 𝑥 } ∩ {𝑌 = 𝑦})
𝑦∈𝑌 (Ω)
∑︁
∀𝑦 ∈ 𝑌 (Ω) P(𝑌 = 𝑦) = P({𝑋 = 𝑥 } ∩ {𝑌 = 𝑦})
𝑥 ∈𝑋 (Ω)
Preuve
Ces égalités résultent de ce que ({𝑌 = 𝑦}) 𝑦 ∈𝑌 (Ω) et ({𝑋 = 𝑥 }) 𝑦 ∈𝑋 (Ω) sont des systèmes
complets d’événements.
Exercice 12.8
Exercice 12.9
Définition 12.6
Soit (𝑋, 𝑌 ) un couple de variables aléatoires discrètes sur un espace probabilisé
(Ω, A, P).
Pour tout 𝑦 de 𝑌 (Ω) tel que P(𝑌 = 𝑦) ≠ 0, la loi conditionnelle de 𝑿 sachant
{𝒀 = 𝒚} est la loi de 𝑋 dans l’espace probabilisé Ω, A, P{𝑌 =𝑦} . Elle est donc
déterminée par la donnée, pour tout 𝑥 ∈ 𝑋 (Ω), de :
Remarque 12.12
— On rappelle que P{𝑌 =𝑦} est la probabilité conditionnelle sachant {𝑌 = 𝑦}.
— Les lois conditionnelles sont des lois de variables aléatoires ; elles en ont
les propriétés.
Exercice 12.10
On reprend l’exemple du couple (𝑋, 𝑌 ) des deux premiers succès dans une suite
d’épreuves de Bernoulli.
Déterminer pour 𝑗 > 2, la loi conditionnelle de 𝑋 sachant {𝑌 = 𝑗 } et pour 𝑖 > 1,
la loi conditionnelle de 𝑌 − 𝑖 sachant {𝑋 = 𝑖}. Commenter.
solution 12.10, page 66
Proposition 12.14
Soit (𝑋, 𝑌 ) un couple de variables aléatoires discrètes sur (Ω, A, P).
On suppose que, pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑋 (Ω) × 𝑌 (Ω), on a P(𝑋 = 𝑥) ≠ 0 et
P(𝑌 = 𝑦) ≠ 0. Alors, pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑋 (Ω) × 𝑌 (Ω) :
Remarque 12.13
Ainsi, connaissant une des lois marginales et la probabilité conditionnelle de
l’autre variable par rapport à celle-ci, on obtient la loi conjointe et la loi marginale
de la deuxième variable.
Exercice 12.11
On peut démontrer, comme dans le cas des couples de variables aléatoires discrètes,
la proposition suivante.
Proposition 12.15
Les 𝑛-uplets de variables aléatoires discrètes, à valeurs respectivement dans
𝐸 1, . . . , 𝐸𝑛 , sont les variables aléatoires discrètes à valeurs dans 𝐸 1 × · · · × 𝐸𝑛 .
Remarque 12.14
Un vecteur aléatoire discret est donc une variable aléatoire à valeurs dans un
espace vectoriel R𝑛 .
Définition 12.8
Soit 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 des variables aléatoires sur l’espace probabilisé (Ω, A, P).
— La loi conjointe de 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 est la loi du 𝑛-uplet (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 ).
— Les lois marginales du 𝑛-uplet (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 ) sont les lois des variables
aléatoires 𝑋 1, 𝑋 2, . . . , 𝑋𝑛 .
Remarque 12.15
Si 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 sont des variables aléatoires discrètes sur l’espace probabilisé
(Ω, A, P), alors la loi conjointe de 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 est déterminée par la donnée, pour
tout (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑛 ) ∈ 𝑋 1 (Ω) × · · · × 𝑋𝑛 (Ω), de :
P ({𝑋 1 = 𝑥 1 } ∩ · · · ∩ {𝑋𝑛 = 𝑥𝑛 }) .
Théorème 12.16
Soit (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 ) un 𝑛-uplet de variables aléatoires sur l’espace probabilisé
(Ω, A, P). Pour tout 𝑘 ∈ È1, 𝑛É et tout 𝑥𝑘 ∈ 𝑋𝑘 (Ω), on a :
∑︁
P (𝑋𝑘 = 𝑥𝑘 ) = P (𝑋 1 = 𝑥 1, . . . , 𝑋𝑘 = 𝑥𝑘 , . . . , 𝑋𝑛 = 𝑥𝑛 ) .
𝑥𝑖 ∈𝑋𝑖 (Ω),𝑖≠𝑘
Preuve
Le (𝑛 − 1)-uplet 𝑍 = (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑘−1, 𝑋𝑘+1, . . . , 𝑋𝑛 ), où figurent toutes les variables aléatoires
sauf 𝑋𝑘 , est une variable aléatoire dont le système complet d’événements associé est :
Exercice 12.12
Exemple 12.2
III
Indépendance de variables aléatoires
Définition 12.9
Deux variables aléatoires discrètes 𝑋 et 𝑌 sur (Ω, A, P) sont dites indépendantes
si, pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑋 (Ω) × 𝑌 (Ω), les événements {𝑋 = 𝑥 } et {𝑌 = 𝑦} sont
indépendants, c’est-à-dire vérifient :
Attention
L’indépendance est une notion qui dépend de la probabilité choisie.
Exemple 12.3
Remarque 12.16
Proposition 12.17
Si 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires discrètes (Ω, A, P), à valeurs dans 𝐸 et 𝐹
respectivement, indépendantes, alors, pour toute partie 𝐴 de 𝐸 et toute partie
𝐵 de 𝐹 , les événements {𝑋 ∈ 𝐴} et {𝑌 ∈ 𝐵} sont indépendants, c’est-à-dire
vérifient :
P({𝑋 ∈ 𝐴} ∩ {𝑌 ∈ 𝐵}) = P(𝑋 ∈ 𝐴)P(𝑌 ∈ 𝐵).
Preuve
Soit 𝐴 ⊂ 𝐸 et 𝐵 ⊂ 𝐹 . Les ensembles 𝑋 (Ω) et 𝑌 (Ω) sont au plus dénombrables, donc il en est
de même de leurs sous-ensembles 𝐴 0 = 𝐴 ∩ 𝑋 (Ω) et 𝐵 0 = 𝐵 ∩ 𝑌 (Ω), puis de 𝐴 0 × 𝐵 [Link] a :
{𝑋 ∈ 𝐴} = {𝑋 ∈ 𝐴 0 } =
[
{𝑋 = 𝑥 }
𝑥 ∈𝐴0
et {𝑌 ∈ 𝐵} = {𝑌 ∈ 𝐵 0 } =
[
{𝑌 = 𝑦}
𝑦 ∈𝐵 0
Comme
∑︁
P(𝑋 ∈ 𝐴) = P(𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝐴0
∑︁
et P(𝑌 ∈ 𝐵) = P(𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝐵 0
on a donc :
P({𝑋 ∈ 𝐴} ∩ {𝑌 ∈ 𝐵}) = P(𝑋 ∈ 𝐴)P(𝑌 ∈ 𝐵).
Proposition 12.18
Soit (𝑋, 𝑌 ) un couple de variables aléatoires discrètes sur l’espace probabilisé
(Ω, A, P). Il y a équivalence entre :
i les variables aléatoires 𝑋 et 𝑌 sont indépendantes ;
P({𝑋 = 𝑥 } ∩ {𝑌 = 𝑦})
P {𝑌 =𝑦 } (𝑋 = 𝑥) =
P(𝑌 = 𝑦)
P(𝑋 = 𝑥)P(𝑌 = 𝑦)
=
P(𝑌 = 𝑦)
= P(𝑋 = 𝑥).
Proposition 12.19
Si 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires discrètes, indépendantes, sur (Ω, A, P)
alors, pour toute fonction 𝑓 définie sur 𝑋 (Ω) et toute fonction 𝑔 définie sur
𝑌 (Ω), les variables aléatoires 𝑓 (𝑋 ) et 𝑔(𝑌 ) sont indépendantes.
Preuve
Pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑓 (𝑋 ) (Ω) × 𝑔(𝑌 ) (Ω), on a, d’après la proposition 12.17 de la page 24 :
Définition 12.11
Les variables aléatoires discrètes 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 sur l’espace probabilisé (Ω, A, P)
sont dites mutuellement indépendantes si,
pour tout (𝑥 1, 𝑥 2, . . . , 𝑥𝑛 ) ∈ 𝑋 1 (Ω) × 𝑋 2 (Ω) × · · · × 𝑋𝑛 (Ω)
Y 𝑛
P ({𝑋 1 = 𝑥 1 } ∩ . . . ∩ {𝑋𝑛 = 𝑥𝑛 }) = P (𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 ) .
𝑖=1
Remarque 12.17
toutes parties 𝐴1 de 𝐸 1, 𝐴2 de 𝐸 2, . . . , 𝐴𝑛 de 𝐸𝑛 :
𝑛
Y
P ({𝑋 1 ∈ 𝐴1 } ∩ . . . ∩ {𝑋𝑛 ∈ 𝐴𝑛 }) = P (𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 ) .
𝑖=1
Preuve
On suppose 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 mutuellement indépendantes. Pour tout 𝑖 ∈ È1, 𝑛É, on considère
𝐴𝑖 ⊂ 𝐸𝑖 et 𝐴𝑖0 = 𝐴𝑖 ∩ 𝑋𝑖 (Ω) ; on écrit :
{𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 } = 𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖0 =
[
{𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 } .
𝑥𝑖 ∈𝐴𝑖0
On obtient :
!
𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖0 =
\ \ [ \
{𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 } = {𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 } .
16𝑖 6𝑛 16𝑖 6𝑛 (𝑥𝑖 ) 1𝜉𝑖 6𝑛 ∈
Q 0 16𝑖 6𝑛
16𝑖 6𝑛 𝐴𝑖
Chaque 𝐴𝑖0 est au plus dénombrable car inclus dans 𝑋𝑖 (Ω) qui est au plus dénombrable.
II en est de même de leur produit. On a donc une réunion dénombrable d’événements
incompatibles. On en déduit :
! !
\ ∑︁ Y
P {𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 } = P {𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 }
16𝑖 6𝑛 (𝑥𝑖 ) 1𝜉𝑖𝜉𝑛 ∈ 𝐴𝑖0 16𝑖 6𝑛
Q
1𝜉𝑖𝜉𝑛
!
∑︁ Y
= P (𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 )
(𝑥𝑖 ) 1𝜉𝑖𝜉𝑛 ∈
Q 0 1𝜉𝑖 6𝑛
1𝜉𝑖𝜉𝑛 𝐴𝑖
!
Y ∑︁ Y
= P (𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 ) = P (𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 )
16𝑖 6𝑛 𝑥𝑖 ∈𝐴𝑖0 16𝑖 6𝑛
Exercice 12.13
Proposition 12.21
Si (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 ) est une famille de variables aléatoires discrètes, mutuellement
indépendantes, de l’espace probabilisé (Ω, A, P), alors toute sous-famille est
formée de variables mutuellement indépendantes.
Preuve
Soit 𝐼 ⊂ [1, 𝑛É et, pour tout 𝑖 ∈ 𝐼 un élément 𝑥𝑖 de 𝑋𝑖 (Ω). On pose 𝐴𝑖 = {𝑥𝑖 } si 𝑖 ∈ 𝐼 et
𝐴𝑖 = 𝐸𝑖 si 𝑖 ∉ 𝐼 . On a alors {𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 } = Ω pour 𝑖 ∉ 𝐼 . On obtient, en utilisant la proposition
12.20
! !
\ \
P {𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 } = P {𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 }
𝑖 ∈𝐼 𝑖 ∈ [1,𝑛É]
Y Y
= P (𝑋𝑖 ∈ 𝐴𝑖 ) = P (𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 ) .
𝑖 ∈ [1,𝑛É 𝑖 ∈𝐼
Corollaire 12.22
Si les variables aléatoires discrètes 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 de l’espace probabilisé (Ω, A, P)
sont mutuellement indépendantes, alors elles sont indépendantes deux à deux.
Attention
Comme dans le cas fini, la réciproque est fausse.
Exercice 12.14
Montrer que des événements 𝐴1, . . . , 𝐴𝑛 d’un espace probabilisé (Ω, A, P) sont
mutuellement indépendants si, et seulement si, les variables aléatoires l𝐴1 , . . . , 1𝐴𝑛
sont mutuellement indépendantes.
solution 12.14, page 69
Remarque 12.18
Si les variables 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 sont mutuellement indépendantes, il existe des fonc-
tions 𝜑 1, . . . , 𝜑𝑛 définies respectivement sur 𝑋 1 (Ω), . . . , 𝑋𝑛 (Ω) telles que, pour
tout (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑛 ) ∈ 𝑋 1 (Ω) × . . . × 𝑋𝑛 (Ω),
𝑛 𝑛
\ Y
P {𝑋𝑖 = 𝑥𝑖 } = 𝜑𝑖 (𝑥𝑖 ) .
𝑖=1 𝑖=1
Remarque 12.19
La proposition précédente se généralise à des variables aléatoires discrètes fonc-
tions de plusieurs variables aléatoires 𝑋𝑘 (pour 1 6 𝑘 6 𝑛 ) par la proposition
suivante.
Proposition 12.24
Si (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛) sont indépendantes, alors les variables aléatoires 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 et
𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 sont indépendantes.
Preuve
pour tout (𝑥 1, . . . , 𝑥𝑛 ) ∈ 𝑋 1 (Ω) × · · · × 𝑋𝑛 (Ω) :
P (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 ) = (𝑥 1, . . . , 𝑥 𝑝 ), (𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 ) = (𝑥 𝑝+1, . . . , 𝑥𝑛 )
= P (𝑋 1 = 𝑥 1, . . . , 𝑋𝑛 = 𝑥𝑛 )
Y𝑛
= P (𝑋𝑘 = 𝑥𝑘 )
𝑘=1
Y𝑝 𝑛
Y
= P (𝑋𝑘 = 𝑥𝑘 ) P (𝑋𝑘 = 𝑥𝑘 )
𝑘=1 𝑘=𝑝+1
= P (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 ) = (𝑥 1, . . . , 𝑥 𝑝 ) P (𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 ) = (𝑥 𝑝+1, . . . , 𝑥𝑛 )
car 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 d’une part, 𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 d’autre part, sont indépendantes.
Proposition 12.25
Soit 𝑋 1, 𝑋 2, . . . , 𝑋𝑛 des variables aléatoires discrètes indépendantes à valeurs
respectivement dans des ensembles 𝐸 1, . . . , 𝐸𝑛 , et 1 6 𝑝 < 𝑛. Si 𝑓 est une
fonction définie sur 𝐸 1 × · · · × 𝐸𝑝 et 𝑔 une fonction définie sur 𝐸𝑝+1 × · · · × 𝐸𝑛 ,
alors 𝑓 𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 et 𝑔 𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 sont indépendantes.
Preuve
(𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 ) sont indépendantes, par la proposition 12.24 les variables 𝑋 = (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 ) et
𝑌 = (𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 ) sont indépendantes, et par la proposition 12.19 de la page 25 𝑓 (𝑋 ) =
𝑓 (𝑋 1, . . . , 𝑋𝑝 ) et 𝑔(𝑌 ) = 𝑔(𝑋𝑝+1, . . . , 𝑋𝑛 ) sont indépendantes.
Remarque 12.20
En particulier, les variables 𝑋 1 + · · · + 𝑋𝑝 et 𝑋𝑝+1 + · · · + 𝑋𝑛 sont indépendantes.
Exemple 12.4
Remarque 12.21
Il suffit de vérifier que, pour tout entier 𝑛, les variables 𝑋 0, . . . , 𝑋𝑛 sont mutuelle-
ment indépendantes. En effet, toute sous-famille finie de (𝑋𝑛 )𝑛∈N est contenue
dans une sous-famille de la forme (𝑋 0, . . . , 𝑋𝑛 ). D’après la proposition 12.21 de la
page 28 , elle est constituée de variables aléatoires mutuellement indépendantes
si les variables 𝑋 0, . . . , 𝑋𝑛 les variables sont mutuellement indépendantes.
Remarque 12.22
Cette défintion se généralise à une famille quelconque de variables aléatoires
(𝑋𝑖 )𝑖∈𝐼 , en disant que les variables aléatoires 𝑋𝑖 , 𝑖 ∈ 𝐼 sont mutuellements
indépendantes si et seulement si ∀𝐽 fini inclus dans 𝐼 , (𝑋𝑖 )𝑖∈𝐽 sont mutuellements
indépendantes.
Si 𝑋𝑖 = (𝑋𝑖(1) , . . . , 𝑋𝑖(𝑑𝑖 ) ) : Ω → R𝑑𝑖 , cette indépendance se traduit par :
Théorème 12.27
Pour toute suite (𝑃𝑛 ) de lois de probabilité discrètes, il existe un espace probabi-
lisé (Ω, A, P) et une suite (𝑋𝑛 ) de variables aléatoires discrètes, indépendantes
sur (Ω, A, P) telle que, pour tout 𝑛 ∈ N, la loi P𝑋𝑛 soit 𝑃𝑛 .
Remarque 12.23
En particulier, si 𝑃 est une loi de probabilité discrète, il existe un espace probabi-
lisé (Ω, A, P) et une suite (𝑋𝑛 ) de variables aléatoires discrètes, indépendantes
sur (Ω, A, P) telle que, pour tout 𝑛 ∈ N, la loi de 𝑋𝑛 soit 𝑃. On parle alors
de suites de variables indépendantes identiquement distribuées (avec parfois
l’abréviation i.i.d.) Une telle suite modélise une suite d’épreuves identiques aux
résultats indépendants.
Exemple 12.5
Remarque 12.24
Ce théorème est d’une grande importance pratique, car comme nous l’avons
signalé dans le chapitre précédent, la construction d’un espace probabilisé mo-
délisant le jeu de pile ou face est très difficile.
Exercice 12.15
Soit (𝑋𝑛 ) une suite de variables aléatoires indépendantes sur l’espace probabilisé
(Ω, A, P), suivant toutes la loi de Bernoulli de paramètre 𝑝 ∈]0, 1[. Pour tout
𝑘 ∈ N∗ , on note 𝑌𝑘 le temps d’attente du 𝑘-ième 1 . On pose 𝑍 1 = 𝑌1 et pour
𝑘 > 2, 𝑍𝑘 = 𝑌𝑘 −𝑌𝑘−1 . Démontrer que (𝑍𝑛 )𝑛∈N∗ est une suite de variables aléatoires
indépendantes, de même loi.
solution 12.15, page 70
IV
Loi de la somme et stabilité
Théorème 12.28
Si (𝑋 1, 𝑋 2 ) est un couple de variables aléatoires réelles indépendantes dont les
lois sont discrètes d’ensembles de valeurs possibles respectifs 𝐷 1 et 𝐷 2 (sous
ensembles de R au plus dénombrables), alors la variable aléatoire
𝑆 = 𝑋1 + 𝑋2
est discrète d’ensemble de valeurs possibles contenu dans
𝑆 = {𝑢 + 𝑣, (𝑢, 𝑣) ∈ 𝐷 1 × 𝐷 2 }
[
𝑃 (𝑋 1 + 𝑋 2 = 𝑠) = 𝑃 ((𝑋 1 + 𝑋 2 = 𝑠) ∩ ( (𝑋 1 = 𝑢))
𝑢 ∈𝐷 1
!
[
= 𝑃 (𝑋 1 = 𝑢, 𝑋 2 = 𝑠 − 𝑢)
𝑢 ∈𝐷 1
∑︁
= 𝑃 (𝑋 1 = 𝑢, 𝑋 2 = 𝑠 − 𝑢)
𝑢 ∈𝐷 1
∑︁
= 𝑃 (𝑋 1 = 𝑢)𝑃 (𝑋 2 = 𝑠 − 𝑢)
𝑢 ∈𝐷 1
Remarque 12.25
Ce théorème peut être vu comme un corollaire du théorème de stabilité de lois
binomiales qui suit.
pendantes, alors
𝑋 + 𝑌 ↩→ B(𝑚 + 𝑛, 𝑝)
Preuve
On utilise le théorème de convolution de variables aléatoires discrèes.
(𝑋 + 𝑌 ) (Ω) ⊂ | [0, 𝑚 + 𝑛] |. Soit 𝑠 ∈ | [0, 𝑚 + 𝑛] |.
𝑛
∑︁
𝑃 (𝑋 + 𝑌 = 𝑠) = 𝑃 (𝑋 = 𝑘, 𝑌 = 𝑠 − 𝑘)
𝑘=0
𝑛
∑︁ 𝑛 𝑘 𝑛−𝑘 𝑚
= 𝑝 (1 − 𝑝) 𝑝 𝑠−𝑘 (1 − 𝑝)𝑚−𝑠+𝑘
𝑘=0 𝑘 𝑠 −𝑘
𝑛 !
∑︁ 𝑛 𝑚
= 𝑝 𝑠 (1 − 𝑝)𝑚+𝑛−𝑠
𝑘=0 𝑘 𝑠 − 𝑘
𝑚 +𝑛 𝑠
= 𝑝 (1 − 𝑝)𝑛+𝑚−𝑠
𝑠
𝑋 + 𝑌 ↩→ P(𝜆 + 𝜇).
Preuve
(𝑋 + 𝑌 ) (Ω) = N. Soit 𝑠 ∈ N.
𝑠
∑︁
𝑃 (𝑋 + 𝑌 = 𝑠) = 𝑃 (𝑋 = 𝑘)𝑃 (𝑌 = 𝑠 − 𝑘)
𝑘=0
𝑠
∑︁ −𝜆 𝜆
𝑘
−𝜇 𝜇𝑠−𝑘
= 𝑒 𝑒
𝑘=0 𝑘! (𝑠 − 𝑘)!
−(𝜆+𝜇) (𝜆 + 𝜇)𝑠
= 𝑒
𝑠!
Donc 𝑋 + 𝑌 ↩→ P(𝜆 + 𝜇).
V
Espérance, moment
Proposition 12.34
si 𝑋 = 𝑎, alors 𝐸 (𝑋 ) = 𝑎.
Preuve
Si 𝑋 = 𝑎, alors 𝑋 (Ω) = {𝑎}.
𝐸 (𝑋 ) = 𝑎𝑃 (𝑋 = 𝑎) = 𝑎.
Proposition 12.35
∀𝐴 ∈ T, 𝐸 (1𝐴 ) = 𝑃 (𝐴).
Preuve
𝑋 = 1𝐴 , donc 𝑋 (Ω) = {0, 1}.
𝐸 (𝑋 ) = 0𝑃 (𝑋 = 0) + 1𝑃 (𝑋 = 1) = 𝑃 (𝐴).
𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥) > 0.
P
Si 𝑋 > 0, les valeurs possibles seront positives, et par suite 𝑥 𝑋 (Ω)
Proposition 12.37
Si 𝑋 une variable aléatoire positive admettant une espérance, alors :
𝐸 (𝑋 ) = 0 si et seulement si (𝑋 = 0 presque surement).
Preuve
• Supposons que 𝑋 = 0 presque surement, c’est à dire que 𝑃 (𝑋 = 0) = 1.
∑︁ ∑︁
𝐸 (𝑋 ) = 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥) = 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝑋 (Ω) 𝑥 ∈𝑋 (Ω)\{0}
Proposition 12.38
Soit 𝑋 ; Ω → N une variable aléatoire discrète. v Alors 𝑋 admet une espénance
si et seulement si la famille
(𝑃 (𝑋 > 𝑛))𝑛∈N
est sommable, et on a
+∞
∑︁
E(𝑋 ) = 𝑃 (𝑋 > 𝑛)
𝑛=0
Preuve
D’après le théorème de Fubini cas particulier des résultats sur les familles sommables), la
somme double 𝑛 ∈N ( 𝑘>𝑛 𝑃 (𝑋 = 𝑘)) converge absolument si et seulement
P P
si la somme
double (obtenue par intervertion de sommation) 𝑘>0 𝑛 ∈𝑁 ,𝑛<𝑘 𝑃 (𝑋 = 𝑘) converge ab-
P P
solument, et alors les deux sommes sont égales. Comme 𝑘>𝑛 𝑃 (𝑋 = 𝑘) = 𝑃 (𝑋 > 𝑛) et
P
V.2 Transferts
Théorème 12.39 de transfert
Si 𝑋 est une variable aléatoire discrète, alors la variable aléatoire 𝑌 = 𝑓 (𝑋 )
admet une espérance si et seulement si la famille (𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝑋 (Ω) est
sommable. Auquel cas :
∑︁
𝐸 (𝑓 (𝑋 )) = 𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝑋 (Ω)
Preuve
Remarquons d’abord que 𝑓 (𝑋 ) (Ω) = {𝑓 (𝑥) : 𝑥 ∈ 𝑋 (Ω)}. Pour tout 𝑦 ∈ 𝑓 (𝑋 ) (Ω), on pose
−1
𝐼 𝑦 = 𝑓 ({𝑦}). Il est simple de voir que 𝐼 𝑦 𝑦 ∈𝑓 (𝑋 ) (Ω) est une partition de 𝑋 (Ω). On a aussi
pour tout 𝑦 ∈ 𝑓 (𝑋 ) (Ω),
∑︁
|𝑦|𝑃 (𝑓 (𝑋 ) = 𝑦) = |𝑓 (𝑥)|𝑃 (𝑋 = 𝑥).
𝑥 ∈𝐼 𝑦
Une application directe du théorème de sommation par paquets montre que la famille
(𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝑋 (Ω) est sommable sì, et seulement si, pour tout 𝑦 ∈ 𝑓 (𝑋 ) (Ω) la famille
(𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝐼 𝑦 est sommable et la famille (|𝑦|𝑃 (𝑓 (𝑋 ) = 𝑦)) 𝑦 ∈𝐼 𝑦 est sommable. Ce qui
montre que la famille (𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝑋 (Ω) est sommable si, et seulement si, 𝑓 (𝑋 ) admet
une espérance finie. Dans ce cas, en appliquant à la famille sommable (𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝑋 (Ω) ,
on obtient :
∑︁ ∑︁ ∑︁
𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥) = 𝑓 (𝑥)𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝑋 (Ω) 𝑦 ∈𝑓 (𝑋 ) (Ω) 𝑥 ∈𝐼 𝑦
∑︁
= 𝑦𝑃 (𝑓 (𝑋 ) = 𝑦) = E(𝑓 (𝑋 ))
𝑦 ∈𝑓 (𝑋 ) (Ω)
Exemple 12.6
Soit 𝑋 une variable aléatoire telle que 𝑋 ∼ G(𝑝), 𝑝 ∈]0, 1[. Alors la variable
aléatoire 𝑋1 admet une espérance finie. En effet, il suffit de montrer la convergence
de la série 𝑛∈N∗ 𝑛1 𝑃 (𝑋 = 𝑛). Pour tout 𝑛 ∈ N∗ ,
P
1 1
𝑃 (𝑋 = 𝑛) = 𝑝 (1 − 𝑝)𝑛−1 .
𝑛 𝑛
P 𝑥𝑛
Comme la série 𝑛 est convergente pour tout 𝑥 ∈] − 1, 1[ et
+∞ 𝑛
∑︁ 𝑥
= − ln(1 − 𝑥)
𝑛=1 𝑛
1
on en déduit que 𝑋 admet une espérance et
+∞
1 ∑︁ 1 ln 𝑝
E = 𝑝 (1 − 𝑝)𝑛−1 = 𝑝 .
𝑋 𝑛=1 𝑛 𝑝 − 1
Remarque 12.26
Avec ce théorème il n’est pas nécessaire de connaitre la loi de 𝑌 .
Proposition 12.41
𝑋 admet une espérance si et seulement si |𝑋 | l’admet. Au quel cas :
|𝐸 (𝑋 )| 6 𝐸 (|𝑋 |)
Preuve
D’après le théorème de transfert appliqué à la fonction 𝑔 : 𝑥 → |𝑥 |, |𝑋 | admet une espérance
si et seulement si la famille (|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥)) est sommable, ce qui coincide exactement avec le
Proposition 12.42
𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires réelles sur l’espace probabilisé (Ω, A, 𝑃).
Si 𝑌 admet une espérance et si |𝑋 | 6 𝑌 alors 𝑋 admet une espérance. Auquel
cas :
|𝐸 (𝑋 )| 6 𝐸 (𝑌 )
Preuve
L’idée est d’utiliser le fait que
∑︁
𝑃 (𝑋 = 𝑥) = 𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝑌 (Ω)
!
∑︁
|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥) = |𝑥 | 𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝑌 (Ω)
∑︁
= |𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝑌 (Ω)
∑︁
6 𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝑌 (Ω)
|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) 6 𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
Sinon on a bien
|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) 6 𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
Montrons maintenant que la famille double (𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)𝑥,𝑦 est sommable.
Pour 𝑦 fixé : (𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)𝑥 est sommable et
∑︁
𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) = 𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦).
𝑥
Par existence de 𝐸 (𝑌 ), la famille
∑︁
( 𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)) 𝑦 = (𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦)) 𝑦
𝑥
est sommable.
Maintenant que la famille (𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)𝑥,𝑦 est sommable, alors la famille ( 𝑦 𝑦𝑃 (𝑋 =
P
𝑥, 𝑌 = 𝑦)𝑥 est sommable, et par conséquent la famille (|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥) l’est aussi. D’où
l’existence de 𝐸 (𝑋 ), et nous avons
∑︁
|𝐸 (𝑋 )| 6 |𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑥 ∈𝑋 (Ω)
∑︁ ∑︁
6 𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑥 ∈𝑋 (Ω) 𝑦 ∈𝑌 (Ω)
∑︁ ∑︁
= 6 𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝑌 (Ω) 𝑥 ∈𝑋 (Ω)
∑︁
= 𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦)
𝑦 ∈𝑌 (Ω)
= 𝐸 (𝑌 )
|𝑥 + 𝜆𝑦|𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) 6 |𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) + |𝜆||𝑦|𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)
On montre séparement que les familles (|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦))𝑥,𝑦 et (|𝑦|𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦))𝑥,𝑦
sont sommables. On applique pour cela le théorème de Fubini pour la sommabilité de famille
double.
Pour 𝑥 fixé (|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦)) 𝑦 sommable et
∑︁
|𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) = |𝑥 |𝑃 (𝑋 = 𝑥)
𝑦
𝐸 (𝑋 ) 6 𝐸 (𝑌 )
Preuve
Se déduit de la positivité de 𝑋 et de la linéarité.
Définition 12.14
Si 𝑋 admet un moment d’ordre 1, on appelle variable centrée associée à 𝑋 la
variable aléatoire centrée
𝑋˜ = 𝑋 − 𝐸 (𝑋 )
Proposition 12.45
(𝑋 1, . . . , 𝑋𝑛 ) une famille de v.a.d indépendantes sur (Ω, A, 𝑃) et non presque
surement nulles. Alors le produit 𝑋 1 · · · 𝑋𝑛 a une espérance si et seulement si
chaque 𝑋 𝑗 a une espérance. Dans ces conditions l’espérance du produit est le
produit des espérances :
IE(𝑋 1 · · · 𝑋𝑛 ) = IE(𝑋 1 ) · · · IE(𝑋𝑛 ).
Preuve
Il suffit de le montrer pour 𝑛 = 2. le cas général s’en déduit par récurrence.
𝑋 , 𝑌 deux variables aléatoires discrètes indépendantes, non presque surement nulles. 𝑋𝑌 =
𝑔(𝑋, 𝑌 ), avec 𝑔 : (𝑥, 𝑦) → 𝑥𝑦.
Pour tout (𝑥, 𝑦) ∈ 𝑋 (Ω) × 𝑌 (Ω),
𝑥𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥, 𝑌 = 𝑦) = 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥)𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦)
c’est donc une famille double à variables séparables, montrons que les familles (𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥
et (𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦)) 𝑦 ne sont pas identiquement nulles. Supposons par l’absurde que par exemple
∀𝑥 ∈ 𝑋 (Ω), 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥) = 0, alors ∀𝑥 ∈ 𝑋 (Ω)\{0}, 𝑃 (𝑋 = 𝑥) = 0, et donc 𝑃 (𝑋 ≠ 0) = 0, ce
qui est absurde.
la famille (𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥)𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦))𝑥,𝑦 est donc sommables si et seulement si (𝑥𝑃 (𝑋 =
𝑥))𝑥 ∈𝑋 (Ω) et (𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦) 𝑦 ∈𝑌 (Ω) le sont c’est à dire 𝑋 et 𝑌 admettent des espérances. Auquel
cas :
∑︁
𝐸 (𝑋𝑌 ) = 𝑥𝑦𝑃 (𝑋 = 𝑥)𝑃 (𝑌 = 𝑦)
𝑥,𝑦
! !
∑︁ ∑︁
= 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥) 𝑦𝑃 (𝑌 = 𝑦)
𝑥 ∈𝑋 (Ω) 𝑦 ∈𝑌 (Ω)
= 𝐸 (𝑋 )𝐸 (𝑌 )
Proposition 12.46
Si la variable aléatoire réelle 𝑋 admet un moment d’ordre 𝑘 ∈ N∗ , alors elle
admet un moment d’ordre 𝑗 pour tout 𝑗 ∈ {1, ..., 𝑘 } ; de même la variable aléatoire
réelle 𝑋 + 𝛼 admet un moment d’ordre 𝑘, pour tout réel 𝛼.
Preuve
Soit 𝑗 6 𝑘, nous avons |𝑋 𝑗 | = |𝑋 | 𝑗 , par le théorème de transfert il suffit de montrer la
sommabilité de
|𝑥 | 𝑗 𝑃 (𝑋 = 𝑥)𝑥 ∈𝑋 (Ω)
On partage 𝑋 (Ω) en les deux paquets :
𝐼 1 = {𝑥 ∈ 𝑋 (Ω), |𝑥 | 6 1}, 𝐼 2 = {𝑥 ∈ 𝑋 (Ω), |𝑥 | > 1}
∀𝑥 ∈ 𝐼 2, |𝑥 | 𝑗 6 |𝑥 |𝑘
Donc (|𝑥 | 𝑗 𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝐼2 est sommable.
∀𝑥 ∈ 𝐼 1, |𝑥 | 6 1, donc |𝑥 | 𝑗 𝑃 (𝑋 = 𝑥) 6 𝑃 (𝑋 = 𝑥), la famille
(𝑃 (𝑋 = 𝑥))𝑥 ∈𝐼1
Définition 12.16
Si la variable aléatoire réelle 𝑋 admet un moment d’ordre 2, on appelle variance
de 𝑋 la quantité
Var(𝑋 ) = 𝐸 ((𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) 2 )
et l’écart type de 𝑋 la racine carrée de la variance :
√︁
𝜎 (𝑋 ) = Var(𝑋 )
Remarque 12.27
La variance est une moyenne de l’écart entre 𝑋 et sa moyenne au carré. Elle
caractérise la dispersion de 𝑋 par rapport à sa moyenne. Pour des raisons d’ho-
mogénéité, on lui préfère souvent dans les applications pratiques l’écart-type.
Var(𝑋 ) = 𝐸 (𝑋 2 ) − (𝐸 (𝑋 )) 2
Preuve
𝐸 ((𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) 2 ) = 𝐸 (𝑋 2 + 2𝐸 (𝑋 )𝑋 + (𝐸 (𝑋 )) 2 )
= 𝐸 (𝑋 2 ) − 2𝐸 (𝑋 )𝐸 (𝑋 ) + (𝐸 (𝑋 )) 2
= 𝐸 (𝑋 2 ) − (𝐸 (𝑋 )) 2
Remarque 12.28
Il sera utile parfois d’écrire la variance de la formule suivante :
𝑉 𝑎𝑟 (𝑋 ) = 𝐸 (𝑋 (𝑋 − 1)) + 𝐸 (𝑋 )(1 − 𝐸 (𝑋 ))
Preuve
Se déduit de la linéarité de l’espérance.
Définition 12.17
Si 𝑋 admet un moment d’ordre 2, on appelle variable centrée réduite associée à
𝑋 la variable aléatoire réelle
(𝑋 − 𝐸 (𝑋 ))
𝑋∗ =
𝜎 (𝑋 )
C’est une variable d’espérance nulle et de variance égale à 1.
Proposition 12.49
Si 𝑋 est une variable aléatoire admettant un moment d’ordre 2, alors :
Var(𝑋 ) = 0 si et seulement si (𝑋 = 𝑎 constante presque surement)
Preuve
Var(𝑋 ) = 𝐸 ((𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) 2 ), d’après un résultat sur l’espérance on aura 𝑋 = 𝐸 (𝑋 ) presque
surement.
Proposition 12.50
Si 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires réelles admettant un moment d’ordre 2,
alors la variable aléatoire 𝑋𝑌 admet une espérance et
(𝐸 (𝑋𝑌 )) 2 6 𝐸 (𝑋 2 )𝐸 (𝑌 2 ) (Cauchy-Schwarz)
𝑉 (𝑆) = 𝐸 ((𝑋 + 𝑌 ) 2 − (𝐸 (𝑋 ) + 𝐸 (𝑌 )) 2 )
= 𝐸 ((𝑋 + 𝑌 ) 2 − (𝐸 (𝑋 ) + 𝐸 (𝑌 )) 2 )
= 𝐸 ((𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) 2 + (𝑌 − 𝐸 (𝑌 )) 2 + 2(𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) (𝑌 − 𝐸 (𝑌 )))
= Var(𝑋 ) + Var(𝑌 ) + 2𝐸 (𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) (𝑌 − 𝐸 (𝑌 ))
Définition 12.18
Si 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires réelles admettant un moment d’ordre 2,
on définit la covariance du couple (𝑋, 𝑌 ) par la formule
𝐶 (𝑋, 𝑌 ) = 𝐸 ((𝑋 − 𝐸 (𝑋 ))(𝑌 − 𝐸 (𝑌 ))) = 𝐸 (𝑋𝑌 ) − 𝐸 (𝑋 )𝐸 (𝑌 ).
Avec cette notation on obtient
Var(𝑋 + 𝑌 ) = 𝑉 (𝑋 ) + 𝑉 (𝑌 ) + 2𝐶 (𝑋, 𝑌 )
Remarque 12.29
La covariance entre les variables 𝑋 et 𝑌 un nombre permettant de quantifier
leurs écarts conjoints par rapport à leurs espérances respectives
Proposition 12.51
Si 𝑋 et 𝑌 sont des variables aléatoires réelles admettant un moment d’ordre 2 et
si ces variables sont indépendantes, leur covariance est nulle.
Auquel cas La variance de la somme est alors la somme des variances.
Preuve
Se déduit de la proposition 2. Les deux varibales sont indépendantes, donc 𝐸 (𝑋𝑌 ) =
𝐸 (𝑋 )𝐸 (𝑌 ), de là on obtient 𝐶 (𝑋, 𝑌 ) = 𝐸 (𝑋𝑌 ) − 𝐸 (𝑋 )𝐸 (𝑌 ) = 0
𝐶 (𝑋, 𝑌 )
𝜌 (𝑋, 𝑌 ) =
𝜎 (𝑋 )𝜎 (𝑌 )
Définition 12.20
Deux variables 𝑋, 𝑌 dont le coefficient de corrélation 𝜌 est nul sont dites décor-
rélées. Ce qui est équivalent à Var(𝑋 + 𝑌 ) = Var(𝑋 ) + Var(𝑌 )
Remarque 12.30
Deux variables indépendantes sont décorrélées. La réciproque est fausse.
Exemple 12.7
Soit 𝑋 qui suit une loi uniforme sur {−1, 0, +1} et 𝑌 définie par 𝑌 = 𝑋 2 . Alors
par le théorème de transfert :
1 1
𝐸 (𝑋𝑌 ) = 𝐸 (𝑋 3 ) = (−1) 3 + = 0
3 3
Proposition 12.52
Le coefficient de corrélation linéaire du couple (𝑋, 𝑌 ) est un élément de l’inter-
valle [−1, 1].
Le cas 𝜌 = 1 équivaut à (𝑌 = 𝛼𝑋 + 𝛽 avec 𝛼 > 0) p.s
le cas 𝜌 = −1 équivaut à (𝑌 = 𝛼𝑋 + 𝛽 avec 𝛼 < 0) p.s
Preuve
Par l’inégalité de Cauchy Schwartz
D’où
|𝜌 (𝑋, 𝑌 )| 6 1
et 𝜌 (𝑋, 𝑌 ) = 1 si et seulement si
√︁ √︁
𝐸 ((𝑋 − 𝐸 (𝑋 ))(𝑌 − 𝐸 (𝑌 ))) = 𝐸 (𝑋 − 𝐸 (𝑋 )) 𝐸 (𝑋 − 𝐸 (𝑋 ))
C’est un cas d’égalité dans l’inégalité de Cauchy-Schwartz. ce qui se traduira de manière
équivalente par le fait que 𝑋 = 𝐸 (𝑋 ) ou il existe 𝛼 > 0 tel que 𝑌 − 𝐸 (𝑌 ) = 𝛼 (𝑋 − 𝐸 (𝑋 )),
C’est à dire encore 𝑋 = 𝐸 (𝑋 ), ou 𝑌 = 𝛼𝑋 + 𝛽.
On fait de même lorsque 𝜌 = −1.
Remarque 12.31
le coefficient de corrélation linéaire qui est une mesure de la direction et de
l’intensité de l’association linéaire entre deux variables.
VI
Inégalités fondamentales
𝐸 (𝑋 )
∀𝛼 > 0, 𝑃 (𝑋 > 𝛼) 6
𝛼
Preuve
𝐸 (𝑋 ) = 𝑥 ∈𝐷 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥) > 𝑥 >𝛼 𝑥𝑃 (𝑋 = 𝑥) > 𝛼𝑃 (𝑋 > 𝛼).
P P
Proposition 12.54
Soit 𝜙 une fonction croissante et positive ou nulle sur l’intervalle I. Soit 𝑌 une
variable aléatoire réelle définie sur un espace probabilisé (Ω, A, 𝑃) , et telle que
𝑌 (Ω) ⊂ 𝐼 Alors
E[𝜙 (𝑌 )]
∀𝑏 ∈ 𝐼, tel que 𝜙 (𝑏) > 0, 𝑃 (𝑌 > 𝑏) 6 𝜙 (𝑏) .
Remarque 12.32
On peut interpreter cette inégalité par le fait que la variance permet de controler
l’ecart entre 𝑋 et 𝐸 (𝑋 ).
Remarque 12.33
Une autre variante de l’inégalité de Bienaymé-Tchebychev est
Var(𝑋 )
𝑃 (|𝑋 − 𝐸 (𝑋 )| 6 𝜀) > 1 −
𝜀2
qui peut s’interpéter par le fait que 𝑋 approche 𝑚 = 𝐸 (𝑋 ) à 𝜀 près avec une
probabailité d’aux moins 1 − Var𝑋
𝜀2
Exemple 12.8
1
𝑃 (|𝑋 − 𝑝 | 6 𝜀) > 1 −
4𝑛𝜀 2
Pour 𝜀 = 10−2 et 𝑛 = 104 , on obtient que 𝑋 = 𝑆
𝑛 est une valeur approchée de 𝑝 à
𝜀 près avec une probabilité supérieure à 34
𝑓 (𝐸 (𝑋 )) 6 𝐸 (𝑓 (𝑥))
Preuve
Posons 𝑚 = 𝐸 (𝑋 ), par convexité de 𝑓 , on a
𝑓 (𝑋 ) > 𝑓 (𝑚) + 𝑓𝑑0 (𝑚) (𝑋 − 𝑚)
en composant par l’espérance et du fait que 𝑋 −𝑚 est centrée, on obtient l’inégalité souhaitée.
Dans cet exercice, (Ω, A, P) désigne un espace de probabilité, et 𝑋, 𝑌, (𝑋𝑖 )𝑖>1 des
variables aléatoires discrètes définies sur (Ω, A, P).
1. Soit 𝜆 > 0. On suppose que E(𝑒 𝜆|𝑌 | ) est finie. Démontrer que, pour tout
𝑎 ∈ R,
P(𝑌 > 𝑎) 6 𝑒 −𝜆𝑎 E 𝑒 𝜆𝑌 .
2. En déduire que
−𝜆𝑎 𝜆𝑌 −𝜆𝑎 −𝜆𝑌
P(|𝑌 | > 𝑎) 6 𝑒 E𝑒 +𝑒 E𝑒 .
(c) Démontrer que si la variable aléatoire 𝑋 prend ses valeurs dans [−1, 1]
et est centrée (c’est-à-dire si E(𝑋 ) = 0), alors on a pour tout 𝜆 > 0
2 2
𝜆 𝜆
E 𝑒 𝜆𝑋 6 exp et E 𝑒 −𝜆𝑋 6 exp .
2 2
Soit (𝑋𝑘 )𝑘 >1 une suite de variables aléatoires mutuellement indépendantes telles
que, pour tout 𝑘 ∈ N∗ , 𝑃 (𝑋𝑘 = 1) = 𝑃 (𝑋𝑘 = −1) = 1/2. Pour 𝑛 dans N∗ on note
P
𝑆𝑛 = 𝑛𝑘=1 𝑋𝑘 .
1. Pour 𝑡 ∈ R, calculer 𝐸 𝑒 𝑡𝑆𝑛 .
2. En déduire que, pour 𝑛 dans N∗ et 𝜆 dans R+ ,
2
−𝜆
𝑃 (|𝑆𝑛 | > 𝜆) 6 2 exp
2𝑛
VII
Fonction génératrice
d’une variable aléatoire
Si 𝑋 est une variable aléatoire à valeurs dans N, alors par convergence de la série
𝑃 (𝑋 = 𝑛) la série entière réelle 𝑃 (𝑋 = 𝑛)𝑡 𝑛 est de rayon de convergence aux
P P
moins égal à 1.
Définition 12.21
𝑋 une variable aléatoire, la somme sur son domaine 𝐷 de convergence de la
série entière de la variable réelle 𝑃 (𝑋 = 𝑛)𝑡 𝑛 associée à la loi de probabilité
P
de 𝑋 s’appelle la fonction génératrice de 𝑋 et se note 𝐺𝑋 .
+∞
∑︁
𝐺𝑋 (𝑡) = 𝑃 (𝑋 = 𝑘)𝑡 𝑘 = 𝐸 (𝑡 𝑋 ), ∀𝑡 ∈ 𝐷
𝑘=0
Proposition 12.57
La série entière définissant 𝐺𝑋 converge normalement sur [−1, 1], 𝐺𝑋 est conti-
nue sur [−1, 1] et de classe 𝐶 ∞ sur ] − 1, 1[.
Preuve
La convergence normale vient de l’inégalité
|𝑃 (𝑋 = 𝑘)𝑡 𝑘 | 6 𝑃 (𝑋 = 𝑘)
et de la convergence de la série 𝑃 (𝑋 = 𝑘), on en déduit la continuité de 𝐺𝑋 . le fait que 𝐺𝑋
P
soit de classe 𝐶 +∞ provient du théorème fondamental des séries entières.
Proposition 12.58
Si 𝑋 une variable aléatoire à valeurs dans N, et 𝐺𝑋 sa fonction génératrice, alors
𝐺𝑋(𝑛) (0)
∀𝑛 ∈ N : 𝑃 (𝑋 = 𝑛) =
𝑛!
Par conséquent La fonction génératrice définit la loi de probabilité
Preuve
Vient de la relation entre les coefficients et la somme d’une série entière.
Lemme 12.59
P
Si 𝑎𝑛 𝑡 𝑛 une série entière associée à une suite à termes positifs et convergente
P
pour 𝑡 = 1, alors sa somme 𝑓 est dérivable en 1 si et seulement si 𝑛𝑎𝑛 converge,
auquel cas :
+∞
0
∑︁
𝑓 (1) = 𝑛𝑎𝑛
𝑛=1
Preuve
⇐=) Soit 𝑅 le rayon de convergence de 𝑎𝑛 𝑡 𝑛 , nous avons 1 ∈ ] − 𝑅, 𝑅 [, Par convergence de
P
P P
𝑎𝑛 on aura la convergence normale de 𝑎𝑛 𝑡 𝑛 , et par conséquent la continuité en 1 de 𝑓 .
+∞
∀𝑡 ∈ 𝐷 (0, 𝑅), 𝑓 0 (𝑡) =
P P
𝑛𝑎𝑛 𝑡 𝑛−1 et par convergence de 𝑛𝑎𝑛 on aura la convergence
𝑛=1
et par le théorème de double limite, lim 𝑓 0 (𝑡) existe et vaut
P 𝑛−1
de normale de 𝑛𝑎𝑛 𝑡
𝑡 →1
+∞
lim 𝑓 0 (𝑡) = 𝑛𝑎𝑛 . Enfin par le théorème de la limite de la dérivée 𝑓 sera dérivable en 1 et
P
𝑡 →1 𝑛=1
+∞
𝑓 0 (1) =
P
𝑛𝑎𝑛 .
𝑛=1
=⇒) Supposons que 𝐺𝑋 est dérivable en 1. pour ℎ > 0 et 𝑁 ∈ N.
𝑓 (1 − ℎ) − 𝑓 (1) ∑︁𝑁
1 − (1 − ℎ)𝑛 𝑛
> 𝑎𝑛 𝑡
−ℎ 𝑛=0 ℎ
En faisant tendre ℎ vers 0. On obtient
𝑁
0
∑︁
𝑓 (1) > 𝑛𝑎𝑛
𝑛=0
P
ceci pour tout 𝑁 , d’où la convergence de la série 𝑛𝑎𝑛
Corollaire 12.60
P
𝑎𝑛 𝑡 𝑛 une série entière associée à une suite à termes positifs et convergente
pour 𝑡 = 1, alors sa somme 𝑓 est deux fois dérivable en 1 si et seulement si
P 2
𝑛 𝑎𝑛 converge, auquel cas :
+∞
00
∑︁
𝑓 (1) = 𝑛(𝑛 − 1)𝑎𝑛
𝑛=0
Preuve
+∞
𝑓 est deux fois dérivable en 1 si et seulement si 𝑓 est dérivable en 1 et 𝑓 0 : 𝑡 → 𝑎𝑛 𝑡 𝑛−1
P
𝑛=1
P
dérivable en 1, le théorème précédent appliqué aussi à la série 𝑛𝑎𝑛 𝑡 , donne 𝑓 est deux
𝑛−1
fois dérivable en 1 si et seulement si 𝑛𝑎𝑛 et 𝑛(𝑛 − 1)𝑎𝑛 convergent ce qui est équivalent
P P
au fait que 𝑛 2𝑎𝑛 converge. (car 0 6 𝑛𝑎𝑛 6 𝑛 2𝑎𝑛 )
P
Proposition 12.61
𝑋 admet un moment d’ordre 2 si et seulement si 𝐺𝑋 admet une dérivée d’ordre
2 en 1 auquel cas :
𝐺𝑋00 (1) = 𝐸 (𝑋 2 ) − 𝐸 (𝑋 )
𝐸 (𝑋 2 ) = 𝐺𝑋0 (1) + 𝐺𝑋00 (1)
var(𝑋 ) = 𝐺𝑋00 (1) + 𝐺𝑋0 (1) − (𝐺𝑋0 (1)) 2
Preuve
On pose 𝑎𝑛 = 𝑃 (𝑋 = 𝑛). 𝑋 admet un moment d’ordre 2 si et seulement si la série 𝑛 2𝑎𝑛
P
converge, ce qui équivaut d’après le corollaire précédent à 𝐺𝑋 est deux fois dérivable en 1,
et auquel cas nous aurons
+∞
𝐺𝑋0 (1) =
∑︁
𝑛𝑃 (𝑋 = 𝑛) = 𝐸 (𝑋 )
𝑛=1
+∞
𝐺𝑋00 (1) 𝑛(𝑛 − 1)𝑃 (𝑋 = 𝑛) = 𝐸 (𝑋 2 ) − 𝐺𝑋0 (1)
∑︁
=
𝑛=1
𝐸 (𝑋 ) = 𝑝, Var(𝑋 ) = 𝑝 − 𝑝 2
Proposition 12.62
Si 𝑋 1, ..., 𝑋𝑛 des variables aléatoires entières indépendantes, alors
𝑛
Y
𝐺 P𝑛 = 𝐺 𝑋𝑖
𝑋𝑖
𝑖=1 𝑖=1
Preuve
𝑛
P
𝑋𝑖
𝐺 P𝑛 (𝑡) = 𝐸 (𝑡 𝑖=1 )
𝑋𝑖
𝑖=1
= 𝐸 (𝑇 𝑋1 𝑡 𝑋2 ...𝑡 𝑋𝑖 )
= 𝐸 (𝑡 𝑋1 )..𝐸 (𝑡 𝑋𝑛 ) (Par indépendantes des variables 𝑡 𝑋𝑖 )
Y𝑛
= 𝐺𝑋𝑖 (𝑡)
𝑖=1
Une fonction génratrice caractérise la loi, on reconnait une loi P(𝜆 + 𝜇).
2 Si 𝑋 et 𝑌 sont deux variables indépendantes suivants respectivement des
loi binômiales B(𝑛 1, 𝑝), B(𝑛 2, 𝑝), alors 𝑋 + 𝑌 ↩→ B(𝑛 1 + 𝑛 2, 𝑝). En effet
Exercice 12.19
Soit ℓ, 𝑚 et 𝑛 des entiers naturels non nuls tels que 𝑛 = ℓ𝑚, ainsi que 𝑋 et 𝑌 des
variables aléatoires indépendantes à valeurs dans N ; on pose 𝑍 = 𝑋 + 𝑌 . On
suppose que 𝑋 suit la loi uniforme sur È0, ℓ − 1É et que 𝑍 suit la loi uniforme
sur È0, 𝑛 − 1]. Déterminer la fonction génératrice de 𝑌 . En déduire la loi de 𝑌 .
solution 12.19, page 73
VIII
Solutions des exercices
On en déduit :
tout 𝑛 ∈ N :
P(𝑋 > 𝑛 + 1) 𝑢𝑛+1
𝑢 1 = P(𝑋 > 𝑛 + 1 | 𝑋 > 𝑛) = =
P(𝑋 > 𝑛) 𝑢𝑛
La suite (𝑢𝑛 ) est géométrique de raison 𝑢 1 , donc 𝑢𝑛 = 𝑢 𝑛1 , pour tout 𝑛 > 1. Cela
reste vrai pour 𝑛 = 0, car
𝑢 0 = P(𝑋 > 0) = 1.
On en déduit, pour tout 𝑛 ∈ N∗ :
On sait que 𝑢 1 ≠ 0. D’autre part, 𝑢 1 ≠ 1, car sinon P(𝑋 = 𝑛) = 0 pour tout 𝑛 > 1,
ce qui est impossible car 𝑋 est à valeurs dans N∗ . Ainsi 1 − 𝑢 1 ∈] 0, 1[ et 𝑋 suit
la loi géométrique de paramètre 1 − 𝑢 1 .
l’événement 𝐻 : " il existe un rang à partir duquel toutes les épreuves donnent
des échecs” qui peut s’écrire 𝐻 = 𝑛∈N 𝑘 >𝑛 𝐴𝑘 . On a, pour tout 𝑛 ∈ N∗ ;
S T
! !
𝑁
𝐴𝑘 = lim 𝑞 𝑁 −𝑛+1 = 0.
\ \
P 𝐴𝑘 = lim P
𝑁 →+∞ 𝑁 →+∞
𝑘 >𝑛 𝑘=𝑛
D’autre part, on a :
+∞ +∞
𝑛(2𝜆)𝑛 (2𝜆)𝑛
= (2𝜆)𝑒 2𝜆 .
∑︁ ∑︁
=
𝑛=0 𝑛! 𝑛=1 (𝑛 − 1)!
𝑒 −2𝜆
et 𝑎 = .
2𝜆
1 1. Soit (𝑖, 𝑗) ∈ N2 . On a :
(
0 si 𝑖 > 𝑗
P({𝑋 = 𝑖} ∩ {𝑌 = 𝑗 }) =
𝑝 2 (1 − 𝑝) 𝑗−2 si 𝑖 < 𝑗
En effet, il faut avoir des succès à la 𝑖-ème et à la 𝑗-ème épreuve et des échecs
jusqu’à la (𝑖 − 1)-ième épreuve et entre la 𝑖-ème et la 𝑗-ème.
2 Pour tout 𝑖 ∈ N∗ , on a :
+∞
∑︁
P(𝑋 = 𝑖) = P({𝑋 = 𝑖} ∩ {𝑌 = 𝑗 })
𝑗=𝑖+1
+∞
𝑝 2 (1 − 𝑝) 𝑗−2
∑︁
=
𝑗=𝑖+1
𝑝 2 (1
− 𝑝)𝑖−1
= = 𝑝 (1 − 𝑝)𝑖−1 .
1 − (1 − 𝑝)
Sans surprise, on trouve que 𝑋 suit une loi géométrique. La variable aléatoire 𝑌
est à valeurs dans [2, +∞[. Pour 𝑗 > 2, on a :
𝑗−1
∑︁
P(𝑌 = 𝑗) = P(𝑋 = 𝑖, 𝑌 = 𝑗)
𝑖=1
𝑗−1
𝑝 2 (1 − 𝑝) 𝑗−2 = ( 𝑗 − 1)𝑝 2 (1 − 𝑝) 𝑗−2
∑︁
=
𝑖=1
La loi conditionnelle de 𝑋 sachant {𝑌 = 𝑗 } est la loi uniforme sur [1, 𝑗 −1]. Le rang
du deuxième tirage étant connu, égal à 𝑗, le premier se répartit uniformément
entre 1 et 𝑗 − 1. Cela reflète l’indépendance des différentes épreuves.
• Pour 𝑖 > 1, on a, pour tout 𝑗 > 1 :
P({𝑌 − 𝑖 = 𝑗 } ∩ {𝑋 = 𝑖})
P(𝑌 − 𝑖 = 𝑗 | 𝑋 = 𝑖) =
P(𝑋 = 𝑖)
P({𝑌 = 𝑖 + 𝑗 } ∩ {𝑋 = 𝑖})
=
P(𝑋 = 𝑖)
𝑝 2 (1 − 𝑝)𝑖+𝑗−2 𝑗−1
= = 𝑝 (1 − 𝑝) .
𝑝 (1 − 𝑝)𝑖−1
La loi conditionnelle de 𝑌 − 𝑖 conditionnelle sachant {𝑋 = 𝑖} est une loi géo-
métrique de paramètre 𝑝. Une fois obtenu le premier succès au rang 𝑖, le temps
d’attente 𝑌 − 𝑖 du succès suivant suit encore une loi géométrique. Cela reflète la
propriété de la loi géométrique d’être sans mémoire.
On obtient :
P(𝑌 = 𝑘) = P(𝑌 > 𝑘) − P(𝑌 > 𝑘 + 1)
𝑛 𝑘−1 𝑛
Y Y
= (1 − 𝑝𝑖 ) 1− (1 − 𝑝𝑖 ) .
𝑖=1 𝑖=1
On obtient :
P(𝑍 = 𝑘) = P(𝑍 6 𝑘) − P(𝑍 6 𝑘 − 1)
Y𝑛 𝑛
Y
𝑘 𝑘−1
= 1 − (1 − 𝑝𝑖 ) − 1 − (1 − 𝑝𝑖 )
𝑖=1 𝑖=1
Y
= P 1𝐴𝑖 = 1
𝑖∈𝐼
Y
= P (𝐴𝑖 ) .
𝑖∈𝐼
et donc :
P (𝑍 1 = 𝑘 1, 𝑍 2 = 𝑘 2, . . . , 𝑍𝑛 = 𝑘𝑛 ) = 𝑝 𝑛𝑞𝑘1 +𝑘2 +...+𝑘𝑛 −𝑛 .
car parmi les variables 𝑋𝑖 pour 1 6 𝑖 6 𝑘 1 + 𝑘 2 + . . . + 𝑘𝑛 , il y en a 𝑛 qui sont
égales à 1 et donc 𝑘 1 + 𝑘 2 + . . . + 𝑘𝑛 − 𝑛 qui sont égales à 0 . On peut réécrire
𝑛
𝑝𝑞𝑘𝑖 −1 .
Y
P (𝑍 1 = 𝑘 1, 𝑍 2 = 𝑘 2, . . . , 𝑍𝑛 = 𝑘𝑛 ) =
𝑖=1
1
𝐸 (𝑋 1 ) =
𝑝
1−𝑝
Var(𝑋 1 ) = 2
𝑝
2
𝑋𝑛 (Ω) = |[𝑛, +∞[∪{0}
On reconnait la loi binomiale B(𝑛 + 𝑘 − 1, 𝑝) qui compte le nombre succés au
cours des 𝑛 + 𝑘 − 1 premières épreuves.
La probabilité cherchée est donc
𝑛 + 𝑘 − 1 𝑛−1
𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛−1
l’événment "𝑋𝑛 = 𝑛 + 𝑘" signifie que l’on a obtenu 𝑛 − 1 succés au cours des
𝑛 + 𝑘 − 1 premiers tirages et le dernier tirage donne aussi un succés, donc
𝑛 + 𝑘 − 1 𝑛−1
𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑛 + 𝑘) = 𝑝 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛−1
𝑛 +𝑘 −1 𝑛
= 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛−1
Partant de la série entière géométrique
+∞
1 ∑︁
= 𝑥𝑘
1 − 𝑥 𝑘=0
En dérivant 𝑟 fois, on obtient : ∀𝑥 ∈] − 1, 1[.
+∞
1 ∑︁ 𝑘 +𝑟 𝑘
= 𝑥
(1 − 𝑥)𝑟 +1 𝑘=𝑟 𝑟
En remplaçant par 𝑥 = 1 − 𝑝, et 𝑟 par 𝑛 − 1, on obtient :
+∞
∑︁ 𝑛 −1+𝑘 1
(1 − 𝑝)𝑘 = 𝑛
𝑘=0 𝑛−1 𝑝
De là on obtient
+∞
∑︁
𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑛 + 𝑘) = 1
𝑘=0
+∞
𝑃 (𝑋𝑛 ) = 1− 𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑘 + 𝑛) = 0.
P
𝑘=0
𝑋𝑛 possède une espérance si et seulement si la série (𝑘 + 𝑛)𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑘 + 𝑛)
P
3
converge (elle est positive).
Or
𝑛 +𝑘 −1 𝑛
(𝑘 + 𝑛)𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑘 + 𝑛) = (𝑘 + 𝑛) 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛−1
𝑛 +𝑘 𝑛
= 𝑛 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛
𝑛 𝑛 + 𝑘 𝑛+1
= 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑝 𝑛
𝑛
= 𝑃 (𝑋𝑛+1 = 𝑛 + 1 + 𝑘)
𝑝
Donc 𝑋𝑛 possède une espérance qui vaut : 𝑛𝑝 .
𝑛−1
4 = 𝑓 (𝑋𝑛 ), avec 𝑓 : 𝑡 → 𝑛−1
𝑋𝑛 −1 𝑡−1 .
D’après le théorème de transfert 𝑓 (𝑋𝑛 ) admet une espérance si et seulement si la
série 𝑓 (𝑘 + 𝑛)𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑘 + 𝑛) converge.
P
Or
𝑛 −1 𝑛 +𝑘 −1 𝑛
𝑓 (𝑘 + 𝑛)𝑃 (𝑋𝑛 = 𝑘 + 𝑛) = 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛 +𝑘 −1 𝑛 −1
𝑛 +𝑘 −2 𝑛
= 𝑝 (1 − 𝑝)𝑘
𝑛−2
= 𝑝𝑃 (𝑋𝑛−1 = 𝑘)
𝐺𝑍 (𝑡) ℓ (𝑡 𝑛 − 1) 𝑡 ℓ𝑚 − 1 1 𝑚−1
∑︁ ℓ𝑖
𝐺𝑌 (𝑡) = = = = 𝑡 .
𝐺𝑋 (𝑡) 𝑛 (𝑡 ℓ − 1) 𝑚 (𝑡 ℓ − 1) 𝑚 𝑖=0
Cette égalité est encore valable pour 𝑡 = 1 par continuité. On en déduit que P(𝑌 =
ℓ𝑖) = 𝑚1 , pour tout 𝑖 ∈ È0, 𝑚 − 1]. Ainsi 𝑌 suit la loi uniforme sur {0, ℓ, 2ℓ, . . . , (𝑚−
1)ℓ }.