Les MICROZYMAS – selon le Pr Antoine Béchamp
Matière organique et matière organisée
Il est important de bien faire la distinction entre ces deux appellations. La matière organique est de la
matière minérale, chimique, caractérisée uniquement par le fait qu’elle comporte des atomes de carbone.
La matière organisée, quant à elle, est la matière vivante.
Il faut savoir que bien longtemps, les philosophes, les théologiens et les scientifiques ont cru que la ma-
tière organique pouvait engendrer la vie. Ils pensaient que de la terre humide – réchauffée au soleil –
engendrait les êtres vivants, au moins les plus élémentaires, à savoir les micro-organismes. On nomme
cette conception :
– la génération spontanée ou équivoque,
– la spontéparité,
– l’hétérogénie.
St Thomas d’Aquin lui-même croyait à la génération
spontanée. Le poète Lucrèce, 95 ans avant notre ère,
avait chanté la maternité de la terre, se situant dans un
système cosmogonique où la terre – centre du monde –
se peuple de végétaux, d’animaux, et finit par enfanter
l’homme lui-même. Cette théorie était celle admise par
Aristote, Pline, et bien des savants de l’époque de Bé-
champ.
Au 19ème siècle, beaucoup de savants veulent éradiquer
la notion de Créateur et d’intelligence originelle. Repre-
nant les théories de Darwin, la créature serait le résultat
accidentel de l’association de divers composants. Un
peu comme si l’on mettait dans une boite tous les com- Charles Darwin, naturaliste, champion de
posants d’une voiture et qu’avec le temps, des se- l’évolutionnisme et de la génération spontanée.
cousses, l’influence de rayonnements divers, on retrou-
verait un jour une voiture en état de rouler.
Aujourd’hui, tous les savants sont unanimes pour rejeter cette hypothèse. Pourtant, notre paradigme
biologique et médical moderne repose toujours sur ce concept.
Ces théories sont en effet tout à fait compatibles avec nos croyances actuelles autour de la maladie : elle
serait la résultante d’une agression par un microorganisme extérieur, ou par un désordre accidentel dans
le fonctionnement de cet organisme, puisque celui-ci ne fonctionnerait que par hasard, un peu comme
s’il était en équilibre sur une corde raide et risquait à tout moment de chuter d’un côté ou de l’autre. Il
est clair que si la création est le fruit d’un « accident », un autre accident peut engendrer son dysfonc-
tionnement et sa disparition.
Et qu’en est-il alors de la finalité du vivant et de la création ? À quoi bon ? À ce sujet, je ne peux que
vous inviter à visionner le film réalisé avec mon épouse, Brigitte, sur LE SENS DE LA VIE (voir
notre site : [Link]).
Après des années à réfléchir et à explorer le vivant, Béchamp en est arrivé à cette conclusion :
« Il n’y a qu’une chimie. La matière n’est douée que d’activité chimique et physique. Il n’y
a pas de matière organique par essence : toute matière est minérale. Ce qu’on appelle ma-
tière organique n’est que de la matière minérale dont le carbone fait nécessairement par-
tie constituante.
La matière organique, chimiquement constituée, est profondément distincte de la matière
organisée.
Alain Scohy, docteur en médecine, scohy@[Link], [Link]
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Les MICROZYMAS – selon le Pr Antoine Béchamp
Le chimiste peut, par synthèse, former de la matière organique ; il est impuissant pour
l’organiser : il ne peut créer une cellule.
La faculté d’organiser la matière réside primordialement dans des organismes vivants
préexistants. Dans les êtres organisés, les divers appareils de l’organisme sont les lieux où
s’accomplissent les mutations de la matière organique, organisée ou non ; et ces mutations
se font selon les lois ordinaires de la chimie. »
La cristallographie
Nous savons que toute substance est constituée d’atomes agglutinés se-
lon une certaine architecture spatiale. Il en est de même pour les subs-
tances organiques – c’est-à-dire des substances contenant des atomes de
CARBONE.
Cette disposition spatiale va être à la base de l’un des outils utilisés par
Béchamp pour explorer le vivant : la déviation de la lumière polarisée
vers la droite ou vers la gauche en fonction de cette structure spatiale.
En traversant des liquides contenant des substances organiques en dis-
solution, la lumière polarisée tourne à droite (la substance est dite dex-
trogyre), à gauche (la substance est dite lévogyre), ou des deux côtés à la
fois (la substance est dite racémique).
Cette découverte – la CRISTALLOGRAPHIE – a été faite par un chi-
miste et atomiste du 19ème siècle, Auguste Laurent. Elle permet de dé- Auguste Laurent (1807-1853),
montrer qu’il y a eu ou non une modification de la structure spatiale de qui a découvert la
la substance étudiée. cristallographie.
Les premiers pas de Béchamp dans l’exploration de la matière
organisée
Béchamp commence à étudier la question à partir de 1854. Il recherche les causes de l’inversion de la
lumière polarisée – en apparence spontanée – pour le sucre de canne qui est du saccharose dextrogyre.
Une fois hydrolysé et transformé en un mélange de glucose et de fructose, il devient lévogyre. Béchamp
démontre que cette transformation est liée à l’action de moisissures venues coloniser son eau sucrée,
transportées par les poussières de l’air. Les autres chercheurs de l’époque pensaient que la présence de
ces moisissures était accidentelle et sans conséquence.
Très vite, Béchamp cherche à comprendre l’origine de ces moisissures et leur rôle dans le mécanisme
d’inversion. Il va poursuivre ses expériences pendant six années consécutives ! C’est ainsi qu’il parvient
à démontrer que certaines substances antiseptiques, comme l’acide phénique ou la créosote, interdisent
l’apparition de ces moisissures, et donc l’hydrolyse. Il veille soigneusement dans ses expériences à élimi-
ner toute présence de substance albuminoïde (provenant de bactéries par exemple) que l’on peut déce-
ler facilement.
Et il démontre que lorsque le sucre s’hydrolyse, il y a eu préalablement apparition de substance albumi-
noïde apportées par les moisissures : le mélange a été contaminé par voie aérienne.
Il travaille sur diverses moisissures, avec des résultats qui peuvent varier légèrement d’un type de moi-
sissure à l’autre. (La levure de bière semble bien devoir être assimilée à une moisissure particulière).
Alain Scohy, docteur en médecine, scohy@[Link], [Link]
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Les MICROZYMAS – selon le Pr Antoine Béchamp
Il parvient à isoler le ferment soluble en cause (enzyme ou zymase) et à étudier ses diverses propriétés.
Il constate en particulier qu’il est détruit par l’ébullition et n’est pas de nature albuminoïde. Il est tout à
fait comparable à d’autres ferments solubles connus à cette époque, comme la diastase, la synaptase, la
pepsine.
Il donne à ce ferment soluble de la moisissure ou de la levure le nom de zythozymase. Et il fait la dif-
férence entre ce ferment soluble et les êtres organisés : « Il n’y a pas d’exception : tout ce qui vit
est organisé, et tout ce qui est organisé est insoluble. » Il démontre – entre autres choses – la ré-
alité des membranes cellulaires et bactériennes qui peuvent laisser passer des matières solubles mais
sont de véritables limites dans l’espace, et caractérisent ce qui est insoluble !
C’est donc déjà un travail considérable qui permet de clarifier la réalité du vivant :
• La source des fermentations,
• La notion de contagion pour des substrats non « organisés » comme des jus de fruits ou des
soupes de légumes par exemple.
Et c’est là où la situation se complexifie de manière étonnante : il est surpris de constater que dans cer-
tains cas, l’inversion du sucre se produit sans présence de moisissure !
« Il y avait quelquefois telle de mes solutions sucrées où le sucre se transformait sans que je
visse apparaître de moisissure proprement dite : j’étais fort surpris. Je donnais mon atten-
tion au très léger dépôt, le plus souvent blanc, qui se trouvait au fond des flacons où l’in-
terversion s’opérait sans cause apparente. Or, en examinant attentivement ce dépôt, sou-
vent insignifiant, à un grossissement suffisant, je reconnus que c’étaient de petits corps,
plus petits que tout ce que j’avais vu jusque-là. Recueillant autant que je le pouvais de ces
petits corps, je constatai qu’ils étaient azotés (substance albuminoïde), et qu’ils pouvaient,
étant isolés et remis dans l’eau sucrée, l’intervertir et agir comme ferments.
C’est à la recherche de leur nature, de leur origine et de leurs propriétés que j’ai consacré
plus de vingt ans de ma vie. Ces petits corps étaient des microzymas. »
À suivre !
Ci-dessous, une photographie au microscope à fond clair d’un jus de fruit.
Les petites sphères sont des microzymas.
Alain Scohy, docteur en médecine, scohy@[Link], [Link]
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