Gestion des Ressources Halieutiques à Kédia
Gestion des Ressources Halieutiques à Kédia
UNIVERSITY OF DSCHANG
Soumis par :
Matricule : 01A095
Décembre 2007
Soumis par :
TEFANG TCHOMFANG Amandine
Matricule : 01A095
Superviseur Encadreur
Dr KAMGA André M. FONGANG Guillaume
Chargé de cours Agro- sociologue
Université de Dschang Directeur du SAILD-Appui
Décembre 2007
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page iii
REMERCIEMENTS
Le présent mémoire n’aurait certainement pas été réalisé sans la contribution des
personnes à qui j’adresse ma profonde gratitude. Cette reconnaissance s’adresse à :
- Dr. Kamga André pour avoir accepté de superviser ce travail en dépit de ses
multiples occupations, pour les conseils, l’encouragement et la patience dans
les lectures et les corrections ;
- M. Fongang Guillaume pour avoir suivi ce stage, pour les entretiens
édifiants, pour les lectures et la pertinence des corrections apportées à ce
mémoire ;
- M. Michel Havard et Dr. Bidzanga Emmanuel pour l’attention particulière
accordée au déroulement harmonieux et pour les corrections et suggestions
pertinentes apportées à ce document.
- Les enseignants de la FASA particulièrement à ceux de l’option économie et
sociologie rurales.
- Tous les habitants de Kédia qui se sont volontiers prêtés aux enquêtes dans
la réalisation de cette étude ;
- Maman Rose pour l’hébergement et la restauration tout au long de notre
séjour dans la localité.
- M djeunou samuel et papa lucien pour leur soutien.
- Ntonga Diady Aloys Aristide pour l’amélioration du présent document.
- M Bayiya, M Ambassa, Wanie, Nanga, Ndangellah, Mbarga, Mongono,
Onana, Mgom, Hamid, mes compagnons de stage, pour tous les moments et
les réflexions que nous avons partagés ensemble ;
- Les familles Sukem à Dschang et Sayou à Bafoussam pour l’hospitalité,
l’encadrement et le soutien tout au long de cette période de formation à la
Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles de l’Université de Dschang ;
- Cathy, Cyrille, Gérard, Modeste, Anne, Gaétan, Eudoxie, Jacqueline,
Herve, Ledoux, Laurence, Michel pour leurs soutiens et leurs
encouragements.
- Mes frères et Sœurs Francis, Bruno, Thierry, Joël, Armand, Pélagie,
Nathalie, Marie, Sandrine, Gaëlle, Nadège, Océane, Paule et tous les
membres de la chorale Roi David de Dschang.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page iv
TABLE DE MATIERE
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page v
3.4. Démarche d’enquête............................................................................................................. 22
3.4.1. Outils de collecte des données........................................................................................ 22
3.4.2. Choix et taille de l’échantillon .......................................................................................... 22
3.5. Analyse des données ........................................................................................................... 23
3.5.1. Traitement des données .................................................................................................. 23
3.5.2. Technique d’analyse des données .................................................................................. 23
CHAPITRE 4. RESULTATS ............................................................................................................ 24
4.1. Historique des pratiques et modes d’organisation de la pêche à Kédia ........................ 24
4.1.1. Historique des pratiques de pêche .................................................................................. 24
4.2. Etat de lieux des ressources halieutiques ......................................................................... 27
4.2.1. Sources d’approvisionnement des ressources halieutiques ........................................... 27
4.2.2. Caractéristiques socio-économiques des pêcheurs ........................................................ 29
4.3. Les techniques, engins et périodes de pêche ................................................................... 30
4.3.1. Les engins de pêche........................................................................................................ 30
4.3.2. Provenance des engins de pêche ................................................................................... 34
4.3.3. Période de pêche............................................................................................................. 35
4.4. Produits halieutiques de Kédia ........................................................................................... 36
4.4.1. Espèces de poissons retrouvées à Kédia ....................................................................... 36
4.4.2. Dynamique du poisson .................................................................................................... 37
4.4.3. Difficultés rencontrées dans l’activité de pêche............................................................... 37
4.5. Dynamiques organisationnelles autour de la pêche......................................................... 38
4.5.1. Les hommes qui pêchent seuls à l’épervier .................................................................... 38
4.5.2. Les hommes qui pêchent seuls aux filets dormants........................................................ 39
4.5.3. Les hommes jeunes qui pêchent au filet dormant et à la canne ..................................... 39
4.5.4. La pêche de couple au filet dormant ............................................................................... 39
4.5.5. Les groupes de femmes qui pêchent au barrage de terre .............................................. 39
4.5.6. Les femmes et les enfants qui pêchent au barrage de terre ........................................... 39
4.6. Appréciation de la disponibilité de la ressource par les pêcheurs de kédia.................. 40
4.7. Perspective d’action collective de gestion des ressources halieutiques....................... 40
4.7.1. Action collective de Kédia................................................................................................ 40
4.7.2. Problématique d’action collective de gestion des ressources halieutiques..................... 42
4.8. Validation des hypothèses de l’étude................................................................................. 43
CHAPITRE 5. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS............................................................. 44
5.1. Conclusion............................................................................................................................. 44
5.2. Recommandations ................................................................................................................ 44
BIBLIOGRAPHIE .................................................................................................................................. 45
ANNEXE 1. QUESTIONNAIRE A ADRESSER AUX PECHEURS ...................................................... 47
ANNEXE 2. GUIDE D’ENTRETIEN ...................................................................................................... 50
ANNEXE 3. LOI PORTANT REGIME DES FORETS, DE LA FAUNE ET DE LA PECHE ................. 51
ANNEXE 4. INSTITUTIONS IMPLIQUEES DANS LA PECHE AU CAMEROUN ............................... 52
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page vi
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 1: Pourcentage des constituants halieutiques........................................................................... 1
Tableau 2: Evolution de la production halieutique (en tonnes) ............................................................. 11
Tableau 3: Evaluation des unités majeures des sols de la région: ....................................................... 17
Tableau 4: grandes étapes dans l'histoire de la pêche ........................................................................ 24
Tableau 5: historique des étangs .......................................................................................................... 26
Tableau 6: Apport respectif des différentes sources d'approvisionnement en poisson ........................ 28
Tableau 7. Répartition des pêcheurs enquêtés en fonction de l’âge .................................................... 29
Tableau 8. Statut social des pêcheurs .................................................................................................. 30
Tableau 9: répartition des engins de pêche en fonction des périodes d'utilisation............................... 31
Tableau 10. Coûts des différents engins de pêche............................................................................... 35
Tableau 11. Espèces de poissons retrouvées dans les eaux (rivière et cours d’eau) de Kédia........... 37
Tableau 12. Prix de vente de poissons par espèce .............................................................................. 37
Tableau 13. Problèmes rencontrés par les pêcheurs ........................................................................... 38
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page vii
LISTE DES SIGLES
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page viii
RESUME
La présente étude sur la pratique de la pêche et l’action collective en matière de gestion des
ressources halieutiques dans le village de Kédia, province du Centre du Cameroun a été
menée du 1er Avril au 8 Décembre 2007 dans le cadre du projet Promotion du
Développement Durable dans les systèmes de Recherche Agricole du Sud (DURAS) à la
demande des populations du village. Ces populations, constatant une baisse importante des
ressources halieutiques, recherchent des solutions permettant leur conservation. Cette étude
avait pour objectif global l’analyse des pratiques des paysans dans l’activité de pêche afin de
relever les problèmes que pose la gestion des ressources halieutiques dans le village. Plus
spécifiquement, il s’agit de faire une analyse historique et actuelle des pratiques et modes
d’organisations communautaires visant à préserver les ressources halieutiques, d’analyser
les pratiques et stratégies de pêche développées par les paysans; et proposer des
perspectives d’action envisageable; clarifier le concept d’action collective, ses conditions
d’émergence, de viabilité. Pour mener cette étude un questionnaire et un guide d’entretien
ont été administrés à trente et vingt personnes respectivement. Les résultats ont été
analysés à l’aide des logiciels SPSS et EXCEL. Cette enquête a révélé que la pêche à Kédia
est une activité secondaire pour tous les pêcheurs de la localité (100%). Elle a montré que
les engins de pêche diffèrent en fonction du genre : les hommes utilisent principalement
l’épervier (76,4%) , le barrage de filet (40%), les femmes (23% de l’échantillon) pratiquent le
barrage de terre tandis que les enfants utilisent plutôt la canne. Le barrage de terre et
l’utilisation des filets à petites mailles (inférieur à trois doigts) sont néfastes à la production
aquatique car ils permettent la capture de poissons immatures. Il ressort également de cette
étude que la mise sur pied d’une action collective pour la gestion d’une telle ressource ne
peut se faire qu’à travers la co-gestion entre l’Etat et les populations riveraines car les cours
d’eau et fleuve font partie du domaine public de l’Etat. Ces résultats suggèrent au projet
DURAS d’apporter un appui technique sur la pisciculture et de sensibiliser davantage les
populations sur les impacts environnementaux de l’utilisation des engins de pêche non
réglementaires ; au gouvernement de veiller à l’application de la réglementation en vigueur
et favoriser la mise en œuvre de mesures favorisant la conservation des ressources
halieutiques ; aux populations de Kédia de réduire la pression exercée sur la ressource
halieutique dans la rivière en mettant en place une réglementation de la pêche (création
d’une zone de réserve dans laquelle l’activité de pêche sera strictement interdite,
établissement d’un calendrier de pêche pour les zones non réservées). Les populations
proposent de relancer la pisciculture.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page ix
ABSTRACT
The present study on the practice of fishing and the collective action as regards stock of
management of halieutics resources in the village of Kédia, in the Centre province of
Cameroon was made during the 1st April to the 8 December 2007. It was undertaken within
the framework of the DURAS project at the request of the populations of the village. These
populations, noting an important decrease in the halieutics resources, seek solutions
allowing their conservation. This study had as objectives to analyse peasants practices in the
activity of fishing in order to solve the problems raised by the stock management halieutics
resources in the village. More specifically, it is a question of making a historical and current
analysis of practices and community modes of organizations aiming at preserving the
halieutics resources; to analyze the practices and strategies of fishings developed by the
peasants; and to propose prospects for possible action; to clarify the concept of collective
action, its conditions of emergence, viability, the factors and determinants of their dynamic.
To undertake this study a questionnaire and a check list were administered on thirty and
twenty people respectively. The results were analyzed using SPSS and EXCEL. This
investigation revealed that fishing in Kédia is a secondary activity for the old, young and the
adults. It shows that the machines of fishing differ according to gender: the men use mainly
the sparrowhawk (76,4%) and the stopping of net system (40%), the women (23%) practise
the ground stopping system while the children use the cane rather. The ground stopping and
the use of the nets with small meshs (lower than three fingers) are harmful to fish production
because they allowed the capture of small fish. It also arises that the setting-up of a
collective action for the management of such a resource can be done only through
coadministration between the State and the local populations because the streams and rivers
belonging to the public domain of the State. These results suggest to DURAS project to bring
a technical support on pisciculture and to sensitize the populations on the environmental
impacts of the use of the nonlawful engin for fishing. The Cameroonian government and its
dismemberments must take care of the application of the regulation in force, and support the
implementation of measures supporting the conservation of the halieutics resources. The
populations of Kédia, must seek to reduce the pressure exerted on the halieutics resources
in the river by setting up a regulation of fishing (creation of a zone of reserve in which the
activity of fishing will be strictly prohibited, establishment of a calendar of fishing for the zone
which is not reserved). Kedia populations propose to start again pisciculture.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page x
CHAPITRE 1. INTRODUCTION
1.1. Contexte
L’agriculture a été pendant longtemps pour de nombreux pays en développement la principale source
de revenus et le moteur de la croissance économique (Barnes, 1991). Malgré la réduction de son
importance relative depuis les indépendances, le secteur rural reste le secteur clé de l’économie
camerounaise tant pour sa contribution au PIB que pour les effets d’entraînement sur les autres
secteurs (SDSR, 2006). Selon les données de l’Institut National de Statistiques (INS), le PIB agricole
a été évalué à 1587 Milliards de FCFA en 2004, soit un peu plus de 20% du PIB en 2002. Le secteur
agricole est le premier employeur au Cameroun avec 59% de la population active (DSDR, 2006).
Selon la FAO (1994), le Cameroun fait partie des pays d’Afrique subsaharienne dont les économies
sont fortement tributaires des exportations agricoles. Dans ces pays, les exportations des produits
issus de l’agriculture, de la pêche et des forêts représentent 20% ou plus des recettes d’exportations
totales. Le poisson contribue à 54% de la consommation nationale de protéine animale (Pouomogne,
2005). Il contient en particulier par rapport à la viande de bœuf et d’autres sources de protéines
d’origine animale, une proportion beaucoup plus élevée d’acide gras poly insaturés. Ces derniers
composés facilitent la purification du sang des graisses saturées nocives comme le cholestérol
responsable de la plupart de cas d’hypertension artérielle (PNVRA, 2003).
La chair du poisson est un produit diététique de grande valeur calorifique, facilement digestible et
immédiatement utilisable par le corps humain. De plus son rendement en protéine animale est de 17 à
20 %. Elle contient certains aminoacides semblables à ceux des homéothermes, c’est une source de
vitamines et de minéraux tels que le calcium, le fer, le potassium. Cette chaire possède des acides
gras qui assurent la protection contre certaines maladies rénales.
Le tableau 1 fait une comparaison entre la viande rouge (viande de bœuf) et la chaire de poisson.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 1
1.2. Problématique
Le milieu écologique de la forêt humide est le lieu privilégié pour le développement des cultures
pérennes (cacao, première culture de rente, puis café, palmier à huile, hévéa, cocotier, oranger).
Celles-ci sont soumises aux fluctuations des cours mondiaux. Les plantations de cacaoyers
vieillissantes voient leurs rendements baisser considérablement, en raison de la disparition de la
« rente forêt » et d’une pression parasitaire accrue.
Face à cette situation, les agriculteurs diversifient les cultures et /ou leurs activités. Ils profitent
notamment des opportunités offertes par la demande urbaine croissante et le développement des
marchés locaux et régionaux. Ces stratégies visent la sécurisation des revenus, mais accroissent la
compétition sur les ressources naturelles (terres disponibles pour les cultures vivrières, forêt
résiduelles, bas-fond, eaux) Ceci entraîne une destruction progressive de la forêt et peut entraîner
l’assèchement des cours d’eau. Au cours des 30 dernières années, les pêches mondiales sont
devenues un secteur dynamique de l’industrie alimentaire, conditionné par le marché. Les Etats
côtiers se sont efforcés de tirer partie des nouvelles opportunités en investissant dans des
technologies modernes de capture et de transformation du poisson en réponse à la demande
internationale croissante du poisson et des produits de pêche. Cependant, à la fin des années 1980, il
est apparu clairement que les ressources halieutiques ne pouvaient plus supporter une exploitation si
rapide et souvent sans contrôle et que de nouvelles approches au développement des pêches qui
préconisaient l’utilisation durable des ressources s’imposaient avec urgence. Mais comme le signale
Mohamadou et al en 2006, la situation a empiré par la suite car beaucoup d’acteurs du secteur ont été
marginalisés par ces changements.
Le village Kédia n’échappe pas à ce phénomène. Lors de la restitution le 5 Avril 2007 des résultats
des différentes études menées dans ce village en 2006, les responsables de groupements présents
ont mentionné que le village avait en projet la réglementation des activités de pêche afin de faire face
à la diminution graduelle des ressources halieutiques. Ils ont exprimé leurs inquiétudes en ces
termes : « nos eaux ne contiennent plus autant de poissons que par le passé, pourtant la population
est de plus en plus croissante et le village voisin ne rencontre pas le même problème ». Les
différentes études menées et l’entretien avec les paysans du village ressortent comme priorités la
gestion communautaire des ressources naturelles dont font partie les produits halieutiques. Elles
posent en filigrane la question d’action collective à mener par les populations en vue de réglementer
l’accès et l’exploitation durable des ressources halieutiques, ce qui suscite les questionnements
suivants :
- Quelle est la situation passée et actuelle de la pêche et des étangs dans le village ?
- Quelles sont les pratiques de pêches des populations de Kédia ?
- En quoi les pratiques actuelles constituent elles une menace pour la durabilité de l’activité de
pêche ?
- Quels sont les modes organisationnels mis en place par les populations pour préserver les
ressources halieutiques au fil des années ?
- Quels sont les avis et les propositions des paysans en matière de réglementation de la pêche
dans un but de conservation des ressources ?
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 2
1.4. Hypothèses de l’étude
Cette section présente les différentes hypothèses qui serviront de fils conducteurs à cette étude et
aiderons à atteindre les différents objectifs fixés.
Sur le plan pratique, cette étude aura un apport pour différents groupes cibles :
• les populations de Kédia ;
• le gouvernement camerounais ;
• le projet DURAS ;
• les acteurs au développement.
Pour les populations de Kédia, elle leur permettra de mieux comprendre les facteurs qui contribuent à
la réussite d’une action collective et ainsi de mieux conduire ses différentes actions. Pour l’activité de
pêche, elle permettra de voir quels problèmes pose la gestion d’une telle ressource et d’envisager
ainsi des mesures conséquentes.
Pour le gouvernement Camerounais, la présente étude permettra d’évaluer les difficultés que
rencontrent les paysans dans la gestion des ressources dont ils sont en partie garants.
Pour le projet DURAS, elle permettra de mieux s’outiller pour accompagner les paysans dans le
processus de mise sur pied d’une réglementation pour la gestion durable des ressources halieutiques,
l’une des principales sources des protéines animales à Kédia.
Pour les acteurs du développement, la présente étude leur permettra de connaître quels types de
problèmes les paysans rencontrent dans l’activité de pêche et savoir comment mieux les
accompagner dans la réglementation de cette activité.
La manière par laquelle le type d’enquêtés a été choisi constitue une première limite. Il n’a pas été
possible de sélectionner les pêcheurs qui représentaient la diversité des modes de pêche pratiquée
dans la localité. Ainsi, la pêche est pratiquée par les jeunes de moins de 12 ans qui n’ont pas pu nous
expliquer leurs techniques. Pour les comprendre, nous nous sommes appuyés sur les dires des
parents.
L’analyse du discours utilisée constitue une seconde limite. En effet, seules les affirmations et
réponses des pêcheurs ont été prises en compte, car nous n’avons pas pu voir comment les outils de
pêche sont utilisés ; la période d’enquête n’étant pas propice à l’activité de pêche. Nous avons alors
cherché à comprendre le déroulement de la pêche, à simuler cette activité en appui à l’analyse des
entretiens.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 3
1.6.2. Limites liées à la période de collecte des données
A Kédia, les pêcheurs sont tous des agriculteurs. De ce fait, ils ont des emplois du temps très
chargés, et la période arrêtée pour la collecte des données a coïncidé avec la période de récolte des
arachides et du concombre. Il a donc fallu s’adapter à leur disponibilité et il a parfois été difficile de
réaliser les entretiens dans de bonnes conditions.
Il ne nous a pas été possible d’avoir autant d’entretiens que prévus dans le dernier quartier de Kédia
(Koyoko) ; car il n’était pas possible de s’y rendre la nuit.
Enfin, la collecte des données ayant débuté le 17 juillet, période pendant laquelle la campagne pour
les élections municipales et législatives battait son plein, les populations à enquêter étaient moins
disponibles.
L’indisponibilité du matériel d’enregistrement des entretiens les premiers jours de notre séjour sur le
terrain nous a contraint à commencer les enquêtes par une prise de notes exclusivement. Ce qui fait
que certaines informations auraient pu être négligées ou omises.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 4
CHAPITRE 2. REVUE DE LA LITTERATURE
La clarification conceptuelle des principaux termes clés relatifs au thème de l’étude permet de mieux
préciser les thèmes et activités de cette étude. La revue de la littérature permet de faire le point sur
les connaissances disponibles relatives au thème, mais aussi sur celles de la zone d’étude.
2.1.1. La pêche
Dans cette étude, la pêche sera considérée comme l’art de capturer les produits des eaux (rivière et
ruisseaux) et sera considéré comme pêcheur toute personne qui capture les produits des eaux que ce
soit à but lucratif ou non.
2.1.2. Pratiques
Les pratiques sont fonctions d’un objectif que l’agriculteur s’est fixé au préalable (Jouve, 1997). C’est
une adaptation des techniques aux contraintes du milieu et aux moyens mobilisables par l’agriculture.
C’est une manière d’agir particulière à chaque producteur dans son contexte. Les pratiques
innovantes quant à elles sont des pratiques qui viennent provoquer des changements d’attitudes et de
comportement vis-à-vis d’une situation à laquelle toute la communauté a été habituée. Elle peut
perturber la stabilité d’un milieu donné. Dans notre étude, les pratiques sont la mise en œuvre des
méthodes et des techniques utilisées par les pêcheurs pour capturer les ressources halieutiques.
Les ressources sont l’ensemble des moyens dont on dispose pour réaliser les objectifs définis (Foko,
1998). Pour Faucheux et Noël (1995) repris par Touré Bokar (2001) les ressources naturelles sont
l’ensemble des biens qui ne sont pas productibles par l’homme. Mercoiret (1992) repris par Touré
Bokar (2001) définit les ressources naturelles comme les éléments du milieu physique que les
hommes et les sociétés utilisent et dans lesquels ils puisent pour satisfaire directement ou
indirectement leurs besoins alimentaires, domestiques, et monétaires. Cette définition sera retenue
dans le cadre de cette étude.
Les ressources halieutiques désignent au sens de la loi n° 94/01 du 20 janvier 1994, (Recueil des
textes régissant l’élevage, les pêches et les industries animales, 1994 du Cameroun) les poissons,
crustacés, mollusques et les algues issues de la mer, des eaux saumâtres et des eaux douces y
compris les organismes vivants appartenant à des espèces sédentaires dans ce milieu. Dans cette
étude seront considérés comme ressources halieutiques, tous produits des eaux (rivière et cours
d’eau) faisant objet d’exploitation à travers la pêche.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 5
2.1.5. Gestion
Le terme gestion a fait l’objet de plusieurs définitions, certaines simples d’autres complexes (Foko,
1998). Selon le même auteur, nous pouvons retenir comme définition simple celle qui définit la gestion
comme étant l’art de combiner les ressources pour atteindre un but et comme définition complexe,
celle-ci : la gestion est un processus spécifique consistant en activités de planification, d’organisation,
d’impulsion et de contrôle pour déterminer et atteindre des objectifs grâce à la mise en œuvre des
ressources diverses (humaines, matérielles, financières disponibles).
Dans le cadre de cette étude, est désigné sous le terme gestion l’ensemble des méthodes et
pratiques mises en œuvre pour exploiter et conserver les produits des eaux principalement ceux de la
rivière et les cours d’eau.
2.1.6. Durabilité
Le terme «durabilité» qui est aujourd’hui largement utilisé dans les milieux de développement signifie
d’après le dictionnaire Larousse (1991): «la continuité d’un effort, la capacité de pouvoir durer et de
ne pas chuter». D’après Gordon (1984), dans les pays en voie de développement, la durabilité de la
production agricole doit inclure le choix des formes d’agriculture qui augmentent les motivations
réelles des petits paysans car selon lui, les techniques de production qui sont non durables sont une
violation de l’équité inter-générationnelle, et sont de ce fait une violation de l’éthique du but de
l’agriculture. La définition du dictionnaire Larousse (1991) sera retenue dans cette étude.
Apres avoir fait un point sur les définitions de l’action collective par différents auteurs, nous
aborderons ensuite les conditions d’émergence et de viabilité d’une action collective.
Le terme action collective revêt plusieurs dimensions. Les ouvrages de synthèse qui l’utilisent pour
proposer des analyses sur les mobilisations recourent à des sous titres tels que «lutter ensemble» ou
«mobilisations et organisations des minorités actives» (Neveu, 2005). Le même auteur identifie
l’action collective aux situations dans lesquelles se manifestent des convergences entre une pluralité
d’agents sociaux. Pour Filleule et Pechu (1993), l’action collective est entendue comme «toute action
concertée de un ou plusieurs groupe(s) cherchant à faire triompher des fins partagées».
Dans l’analyse des dispositifs agri environnement réunissant plusieurs acteurs, Fongang (2004)
recourt au concept de dispositif territorial qui peut être considéré comme une variante d’action
collective. Il le définit comme «toute dynamique impliquant les acteurs appartenant à un même
territoire, engagé dans un processus de définition à leur échelle de politique ou de choix concernant le
présent et /ou l’avenir du territoire».
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 6
d’autre part le comportement collectif est considéré comme étant différent du comportement individuel
ordinaire.
Par la suite, un courant sociologique anglo-saxon a interprété l’action collective en terme de frustration
relative. Un autre courant d’analyse propose une interprétation de l’action collective en terme de
mobilisation des ressources.
Pour Dutay (2005), le sens de l’action collective n’est pas transmissible d’un individu à un autre, il «se
construit avec les outils du développement local ; se trouve en marchant».
Les conditions d’émergences d’une action collective varient d’un auteur à un autre. Pour certains,
seule la frustration causée par un sentiment d’aliénation justifierait l’émergence d’une action collective.
Pour d’autres, l’émergence d’une action collective est le fruit de l’imitation.
Selon Trom (2001), toutes «les actions à plusieurs» semblent recouvrir des actions structurées
renvoyant à des situations où chacun contribue de manière différente à une même fin en se
soumettant à une même règle, en interagissant, en se coordonnant et en adoptant une perspective de
réciprocité. D’après Trom, les conditions de viabilité d’une action collective sont : des règles établies
pour tous, la coordination et l’interaction entre les différents membres.
Scieurs (2005) dans les nouvelles sociologies, mentionne que les individus sont appelés à se mouvoir
au sein des scènes multiples de la vie quotidienne, à travers des logiques d’action diverses, sont
confrontés à des expériences plurielles et mobilisent donc des aspects différents, voire
contradictoires, de leurs personnes. Trois concepts clés sont utilisés pour opérer cette analyse
organisationnelle en profondeur, à savoir : la convention, le réseau, et les logiques d’action.
Une convention se décrit par des exigences (la régularité du comportement, un ensemble de
préférence et des attentes réciproques et correspondantes) qui doivent être publiquement reconnues.
La paternité de ce concept est accordée à David Lewis (2005) ; pour lui, les interactions sociales ne
sont ni le fruit de relation de pouvoir, ni le produit institutionnalisé de principes universels. Elles sont
coordonnées par des conventions qui se définissent par une régularité R, dans le comportement des
membres d’une population donnée P, placés dans une situation récurrente S, et ce pour autant que
les six conditions suivantes soient satisfaites :
• chacun se conforme aux règles ;
• chacun croit que les autres se conforment aux règles ;
• cette croyance que les autres se conforment aux règles, donne à chacun une bonne et décisive
raison de se conformer lui-même ;
• chacun préfère une conformité générale aux règles plutôt qu’une conformité légèrement moindre
que générale ;
• la régularité R n’est pas la seule régularité possible satisfaisant les deux dernières conditions ;
• les conditions précédentes (chacun se conforme à la régularité, et cette régularité n’est pas la
seule régularité possible) sont connaissances communes.
Le réseau est une forme structurant les relations de l’organisation avec un environnement mêlé. Ce
concept est aussi utilisé pour comprendre les rapports sociaux et la manière dont l’action collective
organisée se construit. Deux approches théoriques sont présentées ici :
• la première s’intéresse à la traduction et aux dispositions dynamiques qui accompagnent le
processus d’innovation dans les organisations ;
• la seconde fait référence à un courant de la nouvelle socio-économie autour de la notion
d’encastrement.
Les chercheurs qui ont convenu que l’organisation n’est pas uniquement un lieu de pouvoir ont orienté
leurs investigations sur l’entreprise à travers «la compréhension de la manière dont se constitue une
logique d’action collective et quelles ressources celle-ci doit mobiliser et stabiliser».
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 7
Logique d’action : c’est l’association entre l’acteur et la situation d’action. Les fonctions théoriques des
logiques d’action sont nombreuses et couvrent des relations de sens entre les éléments constitutifs de
l’organisation. Les fonctions théoriques des logiques d’action sont :
• la comparaison entre objectifs ;
• la comparaison entre les buts de l’entreprise et les contraintes externes telles qu’elles résultent du
principe de fonctionnement des divers systèmes économiques ;
• la fixation d’une relation intelligible entre l’organisation et les membres qui en font partie ;
• les logiques d’action sont aussi des principes d’action en vertu desquels les individus et les
groupes organisent leurs attitudes et comportements ;
• les logiques d’action doivent permettre d’évaluer les conséquences économiques d’objectifs
professionnels et sociaux ; elles assurent un lien indispensable entre les buts collectifs et les buts
privés dans la mesure où ces derniers constituent une certaine solution aux exigences
économiques ;
• les niveaux de références auxquels se situent les logiques d’action ; c’est-à-dire la signification
sociale des objectifs, ont leurs répercutions sur les comportements organisationnels : rigidité -
flexibilité, utopie - réalisme, négociation - conflit.
En conclusion, les conditions de viabilité d’une action collective selon Scieur (2005) sont la
convention, le réseau, et les logiques d’action.
Fongang (2004) s’intéresse aux conditions de viabilité des dispositifs territoriaux qui, comme souligné
plus haut, peuvent être considérés comme une variante d’action collective mobilisant des acteurs d’un
territoire engagé dans la définition de règles commune. L’auteur évoque cinq conditions nécessaires
au bon fonctionnement de dispositifs de concertation :
Animation
Pour qu’un dispositif soit viable, il est nécessaire qu’il y’ait un ou des acteurs qui l’impulsent et
l’animent. Il s’agit de mobiliser les personnes concernées et de créer les conditions de leurs
participations, de veiller à la mobilisation des ressources nécessaires, de créer les conditions
optimales de fonctionnement, d’effectuer un suivi du dispositif c’est à dire de veiller à ce que celui-ci
puisse remplir sa fonction et au besoin l’adapter. L’animateur doit être légitime et reconnu comme tel
pour trouver le répondant nécessaire au niveau des parties prenantes.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 8
2.2.3. Revue relative aux ressources halieutiques
L’importance du secteur de la pêche dans les pays de l’Atlantique Centre Est n’est plus à démontrer.
Au Cameroun, la pêche est à la fois, une source de revenus pour le pays, source d’emploi et
contribue à plus de 46% aux besoins nutritionnels des populations en protéines animales (Djama et
Abo’o, 1999). On estime que 2/3 de la population tire une partie de ses revenus des activités
d’élevage et de pêche.
• Consommation
La consommation de viandes/volailles et produits de la pêche est en augmentation constante, compte
tenu de l’accroissement démographique et de l’urbanisation rapide (Mohamadou et al., 2006). Ces
auteurs mentionnent que le poisson est consommé pratiquement dans toutes les régions et de fait
constitue une source importante de protéines animales accessibles à presque toutes les couches
sociales des populations urbaines et rurales. La consommation par habitant varie avec les localités,
elle est de 28 kg/an dans les zones côtières et 8 kg/an à l’intérieur du continent (Djama et Abo’o,
1999). Ils pensent que cette situation s’expliquerait par une mauvaise organisation des circuits de
distribution et de commercialisation. Ce secteur de vente et de distribution est presque exclusivement
entre les mains des femmes. Le poisson est consommé sous toutes les formes, frais ou fumé.
Le Cameroun importe également du poisson pour plus de 60.000 tonnes chaque année pour couvrir
en partie le déficit non couvert par la production nationale.
• Emploi
L’activité de pêche emploie près de 200.000 personnes dont 62,5% proviennent de la pêche
artisanale (maritime et continentale) soit plus de 5% de la population du pays (Mohamadou et al.,
2006). Dans les régions côtières, c’est presque tout le monde qui dépend des activités de la pêche. La
pêche y est un mode de vie, un héritage socio-culturel.
Le revenu moyen annuel des pêcheurs était inférieur au seuil de pauvreté. Il se situe à 121.844 FCFA
pour les pêcheurs et 100.442 FCFA pour les mareyeurs, commerçants, etc. Le seuil de pauvreté est
de 238.000 FCFA par équivalent adulte et par an au Cameroun en 2001. Ces personnes pauvres ne
sont pas capables de disposer de 637 FCFA par jour pour vivre convenablement, c’est-à-dire se
nourrir et subvenir aux besoins essentiels non alimentaires. (Ngok et al., 2005).
• Source de devises
Les crevettes constituent la principale ressource halieutique exportée au Cameroun. Ces exportations
s’élevaient à plus de US$ 10.000.000 dans les années 1990. Environ 53.000 tonnes de poisson sont
exportées de façon informelle, vers le Nigeria chaque année, soit une valeur marchande de US $
44.000.000 (Djama et Abo’o, 1999).
Le secteur de la pêche contribue pour 1,1% du produit national brut du Cameroun soit 5,2% du produit
intérieur brut. (Source : [Link], site de la Zone Franche, 15 juin 2007).
2.2.4. Production
On distingue selon les moyens mis en œuvre pour l’obtention des ressources halieutiques la pêche
artisanale ou traditionnelle, la pêche sportive, la pêche scientifique, la pêche industrielle, la pêche
semi industrielle (Recueil des textes régissant l’élevage les pêches et les industries animales, 1994 du
Cameroun). Le même ouvrage définit ces différentes pêches:
La pêche artisanale ou traditionnelle est celle pratiquée au moyen de matériels ou
d’embarcations de conception ancienne ;
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 9
• pirogues traditionnelles ou engins assimilés se déplaçant à l’aide de voile, de pagaies ou
propulsés par un moteur hors-bord de moins de 30 KW ;
• barques, petit bateaux, cordiers, navire de faible tirant d’eau de moins 10 tonnes de jauge
brute ;
La pêche sportive est celle pratiquée par les amateurs notamment à la ligne, par plongée sous
marine faisant appel à des moyens autorisés par l’administration chargée de la pêche ;
La pêche scientifique est celle pratiquée uniquement à des fins de recherche par des
institutions ou de personnes dûment habilitées ;
La pêche industrielle désigne celle pratiquée notamment au large et donnant lieu à des
captures conservées en cales réfrigérées ou sous forme de produits congelés ;
La pêche semi industrielle est celle pratiquée dans le domaine public fluvial au moyen
d’embarcation de moins de 10 tonneaux de jauge et d’engins de même nature que celle utilisés
pour la pêche industrielle .
Djama et Abo’o, (1999) par contre distinguent le sous-secteur de la pêche maritime lui-même divisé
en pêches industrielle et artisanale et le sous-secteur de la pêche continentale.
- La pêche maritime
Pêche industrielle
Les espèces cibles de la pêche industrielle font partie de la communauté des sciaenidae, dont les
principales sont : Pseudotolithus typus, P. senegalensis, P. elongatus, Sphyraena piscatorium,
Brachydeuterus auritus, Galeoides decadactylus, Pentanemus quinquarius, etc. En terme de
biodiversité, chaque coup de chalut contient au moins 20 espèces différentes de poisson.
La tendance générale de l’évolution des captures et de la prise par unité d’effort est à la baisse. En
effet, en 1970 le Cameroun a produit 18.800 tonnes de poisson pour 2.200 jours de mer. En 1984, les
statistiques enregistrées font état d’une production de 12.500 tonnes pour 3.400 jours de mer. En
1996, cette production est passée à 9.000 tonnes pour plus de 4.000 jours de mer.
Pêche artisanale
Comme Lawson l’a fait remarquer, on ne peut parler de pêche dans les pays en voie de
développement sans parler de la pêche artisanale, ceci à cause de l’importance de celle-ci dans la
provision d’emplois, de sécurité alimentaire et de commerce (Djama, 1991).
La pêche artisanale au Cameroun est surtout pratiquée par les populations rurales (Ngok et al, 2005).
Elle occupe 25.000 pêcheurs répartis dans plus de 300 campements le long de la côte. Ces pêcheurs
utilisent deux types de pirogues à savoir : des pirogues monoxyles très souvent de 4 à 7 m de long, et
des pirogues en planches de 7 à 10 m de long. Dans les monoxyles on utilise des pagaies comme
instruments de propulsion, alors que des moteurs hors-bord de 8 à 15 kw sont utilisés dans les
pirogues en planche.
La pêche artisanale cible à la fois les poissons demersaux et les petits pélagiques qui sont de la
famille des Clupeidae (Sardinelle maderensis, Ilisha africana et Ethmalosa fimbriata). Les poissons
demersaux sont des familles de Sciaenidae et Palaemonidae (Nematopalaemon hastatus). Les
poissons demersaux sont capturés par des filets maillant de fond, alors que les petits pélagiques sont
capturés par des filets maillants de surface dérivant ou calés.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 10
En général, les captures augmentent avec l’effort. Les estimations actuelles font état d’environ 53.000
tonnes par an. On observe cependant des fluctuations d’année en année. Mais étant donné la nature
de la ressource qui est surtout faite de bancs de petits pélagiques, on ne saurait dire avec certitude si
la ressource est surexploitée ou pas.
- La pêche continentale
La pêche continentale se pratique dans les lacs et les grands cours d’eaux. C’est une pêche à la fois
lucrative et de subsistance. Les statistiques de captures donnent une production moyenne de 60.000
tonnes par an.
- Intervenants
Il sera difficile ici d’avancer un chiffre du nombre des intervenants, dans la mesure où cette activité se
fait dans la majorité des cas à temps partiel par des paysans qui sont soit des agriculteurs et/ou des
éleveurs. Par ailleurs les pêcheurs professionnels sont très mobiles à tel point qu’on ne peut fixer leur
nombre.
[Link]. Aménagement
a) Législation
La législation des pêches au Cameroun s’appuie sur deux principes fondamentaux : la conservation
de la ressource et la protection de l’environnement aquatique.
Conservation de la ressource
Dans le cas de la conservation de la ressource, des mesures strictes sont prises à l’encontre du
chalutage côtier (moins de 3 milles de la côte), ainsi que l’utilisation des engins de capture avec des
petits maillages. Cependant, l’application des mesures prises rencontre des difficultés à cause du
manque de financement.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 11
Protection de l’écosystème aquatique
La législation actuelle interdit de verser des produits polluants dans l’environnement aquatique,
surtout des effluents industriels, agricoles et domestiques.
b) Mécanisme institutionnel
Plusieurs ministères sont impliqués dans le secteur de la pêche au Cameroun, il s’agit du Ministère de
l’Elevage, des Pêches et Industries Animales (MINEPIA), le Ministère de la Recherche Scientifique et
de l’Innovation (MINRESI), le Ministère des Transports (MINTRANS) et le Ministère de
l’Environnement et de la protection de la nature pour ne citer que ceux-là.
Le Ministère de l’Elevage des Pêches et Industries Animales définit et met en œuvre la politique
gouvernementale en matière de développement de la pêche et de l’aquaculture à travers la Direction
des pêches. Pour réaliser cette mission, certains organes ont été créés au sein du Ministère à savoir :
la Mission de Développement de la Pêche Artisanale Maritime et la Caisse de Développement de la
Pêche Maritime.
Le Ministère des Transports est responsable de la législation sur les transports maritimes. Pour la
sécurité en mer, le ministère définit les types de bateaux et pirogues utilisables dans le pays.
Le Ministère de l’Environnement et de la protection de la nature établit des normes et le suivi
environnemental des activités dans le pays.
Actuellement, il n’existe pas à proprement dit, une structure inter institutionnelle effective de gestion
des ressources halieutiques. Ceci se traduit à la fois par une duplication des responsabilités, une
utilisation approximative des compétences, une mauvaise répartition des ressources financières et
des conflits d’autorité.
Le secteur post capture de la pêche englobe les activités qui se produisent depuis la capture jusqu’à
la consommation ou l’utilisation finale des produits de la pêche (Mohamadou et al, 2006). Ces
différentes activités sont confinées dans la figure 1 ci-dessous.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 12
Source : Mohamadou et al, 2006
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 13
CHAPITRE 3. METHODOLOGIE
Cette section présente la démarche méthodologique utilisée pour mener à bien cette étude. La
première partie est relative à la présentation générale de la zone d’étude, suivie respectivement des
sections source des données, échantillonnage, traitement et techniques d’analyse utilisée.
Au cours d’une réunion du comité local de coordination du projet DURAS effectuée à Nkolbisson-
Yaoundé dans le cadre des travaux de lancement dudit projet de recherche en décembre 2005, deux
sites principaux ont été retenus, à savoir :
• l’arrondissement de Bokito ; près de Bafia dans le département du Mbam et Inoubou (les villages
Bakoa et Kédia en particulier), à environ 155 km au nord-ouest de Yaoundé ; et
• l’arrondissement d’Akonolinga dans le département du Nyong et Mfoumou (les villages Ndibidjeng
et Mvan-Mvognyengue en particulier) , à environ 120 km au sud-ouest de Yaoundé.
Ces lieux avaient été choisis en fonction des zones d’intervention communes des différents
partenaires du projet parmi lesquels l’IRAD, le CIRAD, le SAILD, l’ADEAC, SOS Vert, mais aussi en
fonction d’un accès facilité tout au long de l’année et de quelques caractéristiques différenciées tel
que la facilité d’accès aux moyens de transport public en tout temps, bien que difficile par endroits en
période de pluies (mars à juin). La présente étude est menée à Kédia (carte 1) suite à la sollicitation
des populations de ce village.
Le village Kédia est situé dans l’arrondissement de Bokito, département du Mbam et Inoubou et dans
la province du centre.
Les coordonnées géographiques de Bokito sont 4°30 de latitude et 11°04 de longitude. Bokito se
trouve dans une zone de transition forêt savane caractérisée par des savanes herbeuses à Imperata
cylindrica, et des galeries forestières semi caducifoliées anthropisées à travers l’agriculture. On y note
un dynamisme autour des cultures pérennes (cacaoyer principalement) et du vivrier marchand (maïs,
plantain, igname, etc.).
L’altitude moyenne est d’environ 650 m à Bokito, le soubassement de la surface inférieure est d’âge
précambrien et se compose essentiellement de roches cristallines (granites, gneiss, micaschistes), qui
ont subit un aplanissement très poussé, responsable d’un relief peu marqué.
Au nord dans la zone de Bokito, le fleuve Sanaga a creusé une vaste plaine basse d’une altitude
moyenne de 450 m. Selon Sanctoir (1995), l’origine de cette dépression peut s’expliquer par un
changement du niveau de base du fleuve, qui aurait provoqué une reprise de l’érosion régressive.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 14
Carte 1: Localisation du village Kédia
Source : Cahiers agricultures, 2007
[Link]. Hydrographie
Sanctoir (1995) rapporte que les fleuves et rivières de Bokito appartiennent au grand bassin versant
de la Sanaga. Ces cours d’eau forment un chevelu hydrographique très dense, favorisé par une
pluviométrie abondante, ainsi que l’imperméabilité du soubassement cristallin. Le réseau
hydrographique apparaît confus, formé d’une multitude de petites vallées ramifiées dont les têtes se
touchent presque. L’absence de hiérarchisation traduit l’insignifiance de l’érosion fluviatile dans les
roches résistantes, phénomène propre au cours d’eau équatoriaux. Ces cours d’eau coulent d’Est en
Ouest en direction de la mer. Leurs affluents suivent deux directions privilégiées ; NE – SW pour ceux
de la rive droite ; NW – SE pour ceux de la rive gauche. En dehors de ce schéma, le réseau manifeste
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 15
une étroite soumission aux contraintes de la géologie. Les tracés apparaissent très irréguliers aux
chutes de Nachtigal, un bassin de 65 000 km² dont le site de Bokito ne comprend qu’une faible partie.
La courbe de variation des débits mensuels des cours d’eau permet de les classer selon deux
régimes hydrologiques (Sanctoir, 1995) :
• Le régime équatorial de transition, représenté par le Nyong, mais aussi par certains affluents de la
rive gauche de la Sanaga. La durée de la saison sèche de juillet-août diminue très vite quant on
remonte vers le nord : l’étiage correspondant est donc moins important. La saison sèche dure
beaucoup plus longtemps au détriment de la grande saison des pluies. Les périodes de crue sont
inégales. Sur les grands bassins, elles commencent en mars – avril, mais sont moins fortes qu’en
novembre ;
• Le régime tropical de transition est celui du fleuve Sanaga qui traverse des régions beaucoup
moins arrosées (1650 mm de pluie par an, en moyenne, sur le bassin versant). La courbe des
débits ne comporte qu’une période de basses eaux, de décembre à mars. Les crues débutent
avec les pluies, en avril, et croissent jusqu’en octobre.
Le régime hydrologique influence le niveau des lacs, des fleuves et de ses affluents. Et influence de
ce fait les activités de pêche car les activités sont moins intenses en périodes de crue.
Le climat équatorial chaud et très pluvieux a orienté l’altération des matériaux originels vers une
pédogenèse de type ferralitique où tous les éléments de la roche mère sont hydrolysés et la plus
grande partie des bases exportées. Les éléments résiduels (quartz, kaolinite, hydroxydes de fer)
forment l’essentiel du sol. Les caractéristiques physiques et hydrauliques de ces sols révèlent
l’existence d’un arrangement zonal dû au climat et à l’activité humaine. Le sud humide et couvert par
une forêt dense toujours verte contraste avec le nord, plus sec et couvert par la savane et des
galeries forestières (Humbel, 1974).
Les sols de ce domaine présentent des différences mineures sur le plan de leur minéralogie et de leur
structure. Les horizons de surface ont généralement une teneur en argile faible et les teneurs en
matière organique ne sont pas homogènes. La capacité d’échange cationique (CEC) de ces sols est
généralement basse à cause du taux de lessivage élevé, ce qui justifie leur pauvreté en éléments
minéraux dans l’ensemble (Humbel, 1974 ; Van Ranst, 1983). Des zones humides du sud vers les
zones beaucoup plus contrastées du nord, les modifications apparentes des sols relèvent du
changement de couleur du jaune au rouge. Cependant, Humbel (1974) ne lie pas ce changement de
couleur au climat et à la végétation. Une évaluation de la FAO (1997) des unités majeures de ces sols
indique qu’ils sont propices à une large gamme de cultures (Tableau 3).
Des plaines faiblement ondulées se sont développées le long de la Sanaga. Elles sont recouvertes
d’une végétation forestière domestiquée et de nombreuses cultures arbustives (cacaoyer). Les sols
sont moyennement désaturés, souvent hydromorphes en profondeur et de faciès jaune. Ils sont
relativement épais, sans horizon d’altération. Au contraire des sols jaunes ferralitiques très désaturés,
leurs propriétés physiques sont favorables aux cultures arbustives, comme aux cultures vivrières ou
maraîchères lorsque la nappe n’est pas trop proche de la surface. Toutefois, les sols plus mal drainés
engendrent un microclimat très humide. Enfin, les sols hydromorphes recouvrent des superficies non
négligeables le long des cours d’eau et pourrait être utilisé pour la construction des étangs.
Les sols du site de Bokito appartiennent à la classe des sols ferralitiques faiblement et moyennement
désaturés (Vallerie, 1995). Ces sols sont peu profonds (100 à 150 cm au-dessus de l’horizon
d’altération), faiblement désaturés, et présentent à leur partie supérieure un horizon clair plus ou
moins sableux. Le potentiel chimique de ces sols est beaucoup plus favorable que celui des sols
ferralitiques typiques. La nappe phréatique peut remonter assez haut dans le sol et gêner certaines
cultures arbustives pour lesquelles il faudra rechercher les zones les mieux drainées. Des essais
d’agriculture pourraient être effectués sur les deux unités.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 16
Des plaines faiblement ondulées se sont développées le long de la Sanaga. Elles sont recouvertes
d’une végétation forestière domestiquée et de nombreuses cultures arbustives (cacaoyer). Les sols
sont moyennement désaturés, souvent hydromorphes en profondeur et de faciès jaune. Ils sont
relativement épais, sans horizon d’altération. Au contraire des sols jaunes ferralitiques très désaturés,
leurs propriétés physiques sont favorables aux cultures arbustives, comme aux cultures vivrières ou
maraîchères lorsque la nappe n’est pas trop proche de la surface. Toutefois, les sols plus mal drainés
engendrent un microclimat très humide. Aussi, la lutte phytosanitaire devra être renforcée en
particulier dans les cacaoyères. Enfin, les sols hydromorphes recouvrent des superficies non
négligeables le long des cours d’eau et leur mise en valeur implique la culture sur billons ou planches
bien surélevés.
[Link]. Végétation
Le site de Bokito est dominé par une végétation caractéristique du secteur Guineo-Soudanien, à
prédominance de savane arbustive Annona senegalensis, Bridelia ferrugina et Terminalia
glaucescens.
Les savanes péri - forestières arbustives à Annona senegalensis et à Bridelia ferrugina. Ce type de
formation succède généralement aux savanes à Imperata cylindrica. Cette graminée a un
recouvrement important qui peut atteindre 75% tandis que les Adropogonées, en particulier
Hyparrhenia diplandra, grâce aux feux, s’installent progressivement jusqu’à atteindre un recouvrement
de 50% par endroits. Ces savanes primitivement herbeuses se parsèment d’arbustes très dispersés
appartenant en majorité à Annona senegalis et Bridelia ferrugina. On rencontre aussi, plus ou moins
sporadiquement, Albizia adianthifolia, Albizia glaberrima, Albizia zygia (ces trois Mimosacees
traduisent une tendance à la reforestation), Crossopteryx febrifuga, Cussonia arborea, Dichrostachys
cinerea, Markhamia tomentosa, Nauclea latifolia, Vitex doniana… (Pour liste exhaustive, voir
Letouzey, 1985). Les Combretums sermenteux des savanes à Imperata cylindrica sont ici aussi
présents. Cette strate ligneuse n’est jamais très dense et sa hauteur atteint rarement 3 m (Villiers,
1995).
Les savanes périforestières arbustives à Terminalia glaucescens. Elles ne sont pas densément
boisées. La strate arbustive atteint seulement 20%. La strate ligneuse ne dépasse pas une hauteur de
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 17
10 m. Terminalia glaucescens est l’espèce la plus abondante de ce type de savane. Outre les
espèces signalées pour les savanes arbustives à Annona senegalensis et à Bredelia ferrugina, on
peut aussi rencontrer Lannea barteri, Albizia coriaria, Albizia malacophylla var. ugandensi, Bridelia
ndellensis, Ficus exasperata, Gardenia ternifolia, Vitex madiensis… (pour liste exhaustive, voir
Letouzey, 1985). Le tapis herbacé est composé pour une grande part d’Imperata cylindrica avec
d’autres espèces du même genre. Il peut atteindre une hauteur de 3 m.
Bokito est essentiellement peuplé par les yambassa qui seraient des migrants Tikars venus du
plateau de l’Adamaoua. Le village Kédia bénéficie des infrastructures sociales telles qu’une école
primaire publique à cycle complet et l’électrification villageoise (AES-Sonel). Un Centre d’Education et
d’Action Communautaire (CEAC), structure du Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural
(MINADER) basé à Kédia a pour mission d’assurer la formation et l’encadrement des acteurs ruraux
des villages Kédia et Bakoa dans l’identification, l’initiation, la conception et le montage des activités
de développement communautaires (champs communautaires, forages, moulins à céréales) ainsi que
l’exécution et la mise en place des projets générateurs de revenus.
La faillite suivie de la disparition des sociétés coopératives (structures de l’Etat) a entraîné dans la
zone l’émergence des organisations paysannes (groupes d’initiatives communes – GICs). Les
principales missions dévolues à ces GICs sont l’encadrement des paysans (surtout des
cacaoculteurs) dans la conduite de leur(s) plantation(s) et l’organisation des marchés. En amont de
ces organisations paysannes se trouve l’union des groupes d’initiatives communes.
La majorité des projets de développement en cours dans les sites d’intervention du projet Duras
bénéficient pour l’essentiel des financements des fonds PPTE (Tableau 4) et sont généralement
supervisés par les services de vulgarisation du MINADER. Dans l’arrondissement de Bokito, ces
projets concernent principalement les systèmes de culture à base du cacaoyer, ainsi que
l’organisation de la filière cacao.
Ava (2005) rapporte que Bokito connaît une dynamique de plantation, une diversité de cultures et une
diversification des activités menées par les communautés locales. Le même auteur affirme que ces
activités, reçoivent l’appui des projets de développement et/ou de recherche cités plus haut et sont
généralement coordonnées sur le terrain par des associations de développement, des organisations
paysannes, des coopératives ou alors des ONGs.
Autrefois le processus de recherche ne prenait pas en compte les besoins des paysans, ceci avait
pour conséquence la non adoption de certaines innovations résultant de la recherche scientifique. Les
nouveaux défis de la recherche ont consisté à l’introduction des concepts de participation et de
partenariat pour le développement rural. Il s’agit pour les chercheurs d’associer les populations rurales
et les connaissances paysannes dans toutes les phases du développement agricole. Cette nouvelle
considération a pour objectif de créer un milieu d’échanges entre les connaissances scientifiques et
les connaissances endogènes ou locales. De plus en plus, la recherche implique les paysans dans le
processus de recherche et s’attèle à travailler davantage sur les thématiques qui intéressent ces
derniers.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 18
Le projet «Promotion du Développement Durable dans les systèmes de recherche Agricole du Sud
(DURAS)», a pour but de contribuer au renforcement des investissements et à l’amélioration du
potentiel scientifique des partenaires des pays du sud dans la recherche agronomique pour un
développement durable particulièrement en Afrique, au Proche-Orient et dans certaines zones d’Asie.
Ce projet mobilise des équipes de recherche de différents pays notamment du Cameroun, du Ghana,
de Guinée, du Mali, du Tchad, du Bénin, d’Afrique du Sud, d’Ouganda, de France, des paysans et
leurs organisations et des structures d’appui au développement.
L’initiative «innovation et savoirs paysans dans les pratiques de gestion des écosystèmes forestiers
humides d’Afrique de l’ouest et du centre : diversification des systèmes d’exploitation associant
cultures pérennes et vivrières» s’inscrit dans ce cadre. Elle ambitionne l’amélioration de la gestion
durable des écosystèmes cultivés en zones forestières humides par un ensemble de méthodes,
d’appui conseil et d’apprentissage participatif des producteurs, en repérant, en accompagnant et en
valorisant les innovations paysannes.
Au Cameroun, ce projet, a pour proposant principal l’IRAD et pour partenaires les équipes de
chercheurs des trois pays d’Afrique de l’ouest et du centre (Cameroun, Ghana, Guinée), du CIRAD,
de structures de développement, d’ONG, et d’organisations paysannes. C’est ainsi qu’il permet une
plus grande implication des acteurs comme partenaire de la recherche, et le renforcement des
partenariats interinstitutionnels et entre pays ; et la constitution d’un réseau de chercheurs travaillant
sur les mêmes problématiques dans les environnements semblables : l’écosystème forestier.
En effet, les écosystèmes forestiers du Cameroun, du Ghana et de Guinée sont en voie d’évolution
rapide en raison de la pression démographique et du phénomène de «front pionnier». Dans ces pays,
sont cultivées des cultures pérennes soumises aux fluctuations des cours mondiaux. Ces milieux sont
caractérisés par la baisse de la fertilité des sols, des rendements et la fluctuation des prix des
produits, les agriculteurs diversifient donc leurs activités et accroissent les superficies cultivées en vue
d’assurer la sécurité alimentaire de leurs familles et de maintenir un niveau de revenu satisfaisant.
Mais ces stratégies accroissent la compétition sur les ressources, peuvent être source de conflits
entre les communautés villageoises, opérateurs des filières et entre générations, et posent à terme la
question de durabilité des écosystèmes exploités
Les différentes activités menées au Cameroun dans le cadre de ce projet sont les activités de
recherches et les actions avec les paysans.
Les principales pratiques de gestion des écosystèmes dans le site d’Akonolinga sont les suivantes : la
préparation du terrain pour le semis ; le renouvellement de la fertilité des sols cultivés ou le maintien
de la productivité des sols cultivés à travers la pratique de la jachère, la pratique de succession de
culture et de rotation de culture ou l’enfouissement des débris végétaux ; le drainage ; l’utilisation des
intrants agricole tels que les engrais les produits phytosanitaires (Angemba, 2006).
Certaines pratiques ont des effets néfastes sur l’exploitation durable des ressources naturelles.
L’exploitation forestière non contrôlée entraîne la déforestation continue, ceci a pour conséquence le
dessèchement des cours d’eau et donc une raréfaction des produits halieutiques. L’agriculture
itinérante sur brûlis est à l’origine de la dégradation des minéraux du sol. L’agriculture pratiquée dans
les zones marécageuses détruit l’habitât naturel de certaines espèces animales. Les pratiques de
chasse et de pêche non contrôlées, et l’exploitation abusive des Produits Forestiers Non Ligneux
(PFNL) ont un effet néfaste sur la faune (terrestre et aquatique) et la flore.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 19
D’autres pratiques ont des effets durables sur l’exploitation des ressources naturelles. La jachère
permet la régénération de la fertilité des sols et freine l’érosion. Le système de reboisement
(introduction des arbres fruitiers dans les plantations) permet la conservation forestière (Ndifon, 2006).
Les moyens de subsistance à Bokito et à Akonolinga sont assurés par l’agriculture, l’élevage, la pêche
artisanale, l’exploitation des produits forestiers et la chasse. Les pratiques de ces populations sont
principalement déterminées par la pauvreté, la disponibilité des ressources exploitées et la culture.
Elles sont plus ou moins destructrices dans la gestion de l’écosystème. Elles ne peuvent pas assurer
la préservation des ressources naturelles. Il est nécessaire de trouver un compromis entre la
satisfaction des besoins et la gestion durable de l’écosystème.
Que restera t’il des ressources naturelles de Bokito et Akonolinga si effectivement aucune action n’est
menée par les populations pour leurs conservations et leurs durabilités.
Les réseaux de création des innovations ont été identifiés à Bokito par Mangwi, (2006) tout comme à
Akonolinga par Tchatchoua (2006). Il s’agit des structures et organisations gouvernementales et des
ONGs (MINADER, SODECAO, SAILD), mais aussi des vendeurs d’intrants agricoles ; les
organisations paysannes, les confédérations des organisations paysannes ou les regroupements à
caractère social (tontines, cotisations, groupes religieux) ; et les innovations endogènes, entendues
comme les innovations générées par les adaptations que les agriculteurs opèrent pour résoudre des
problèmes pratiques avec les moyens dont ils disposent.
Au fil des années, une série d’acteurs externes ou de facilitateurs sont arrivés dans la région. Certains
sont toujours présents pour diffuser les innovations agricoles. Il y a six occasions de partage du savoir
agricole : les sessions de formations des agriculteurs, la radio à travers des émissions spécialisées,
les causeries à l’Eglise, au cours des rencontres sportives, dans les lieux sociaux, au sein des
groupes de travail. Les facteurs qui influencent l’adoption des innovations à Akonolinga et à Bokito
sont : le besoin des ménages d’augmenter la production, donc le revenu ; l’envie de faire mieux que le
voisin en copiant ce que l’on juge positif dans son exploitation agricole ; la diversification des sources
de revenus suite à la chute drastique des cours des cultures de rentes sur le marché ; l’envie de
réduire les pertes post-récolte ; et l’accès aux intrants agricoles et au crédit. Ces études ne se sont
pas intéressées aux innovations en matière de ressources naturelles.
L’agriculture et l’élevage sont pratiqués de manière extensive par les exploitations agricoles à Bokito
et à Akonolinga. Ces exploitations agricoles sont nombreuses, de petite taille, possèdent peu
d’animaux et obtiennent des rendements faibles pour les principales cultures.
Dans le contexte actuel en évolution rapide, les ménages agricoles modifient progressivement la
manière de gérer leurs exploitations, avec l’appui des organismes privés, publics et parapublics.
L’adoption de certaines innovations à l’instar de la cacaoculture en extension qui conduit à une
modification du paysage agraire. On assiste aujourd’hui à une course vers la création de nouvelles
cacaoyères. Les critères (type de culture pratiquée, utilisation des engrais chimiques et des produits
vétérinaires) ont permis d’identifier cinq systèmes de cultures, à Bokito par Maguip, (2006). Il
s’agit successivement: i) les systèmes de cultures à base de taro, ii) à base de maïs, iii) à base
d’igname, iv) à base de cacao sous forêt v) et à base de cacao en savane. A Akonolinga par contre
trois systèmes de production ont été identifiés par Kouayep (2006) : la culture arborescente/arborée
(cacao, café et palmier à huile), la culture itinérante sur brûlis (les champs à base du macabo, du
plantain, de pistache, d'arachide et du manioc) et l'élevage (poulets, porcs, chèvres et moutons).
Dans ces deux sites, les agriculteurs font face à beaucoup de contraintes notamment dans les
domaines de l’agriculture et de l’élevage tant au niveau de la production qu’au niveau de la
commercialisation. Les facteurs qui ont un impact sur la production agricole dans la région incluent les
facteurs coutumiers (accueil et dot), la quantité du produit sur le marché, les intermédiaires, la main
d’œuvre, les moyens de transport, l'âge du champ, les membres de l'association paysanne, les
épargnes et le taux d'intérêt. L'emplacement des champs a aussi évolué dans le temps. Celui-ci est
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 20
passé de derrière les maisons (système de bocage) à environ 7 km dans la forêt (système d'opened
field).
Ces travaux confirment que les ménages agricoles modifient progressivement la manière de gérer
leurs exploitations et adoptent des innovations pour s’adapter à un contexte en évolution. Des efforts
importants doivent être faits au niveau des paysans, des acteurs du développement pour améliorer les
conditions de vie des paysans de Bakoa et Kédia à travers la mécanisation de leur agriculture et une
exploitation rationnelle des ressources naturelles.
En lien avec les objectifs du projet DURAS et la sollicitation des populations de Kédia, la dynamique
territoriale d’utilisation des ressources apparaît comme un thème majeur, qui sera abordé au travers
des pratiques mises en œuvre par les communautés et les adaptations des règles d’usage
communautaire dans les domaines de la pêche et de la pisciculture.
Elles proviennent des documents relatifs à la notion d’action collective et des documents relatifs aux
ressources halieutiques. Les documents portant principalement sur Kédia permettront de connaître les
modes de pêche, la réglementation en vigueur s’il en existe. Ces données proviennent des mémoires
de fin d’étude, des documents des différents partenaires du projet DURAS, des rapports de recherche
et d’activités et de livres, des différentes bibliothèques de Dschang et de Yaoundé (Centre de
documentation du CRESA, Bibliothèque de l’IRAD, CDDR…), ainsi que d’internet.
Elles proviennent des entretiens auprès des habitants du village principalement, les patriarches, le
chef du village, le délégué d’arrondissement du MINEPIA de Bokito et les pêcheurs.
Ces données ont été collectées sur le terrain à partir d’un guide d’entretien administré aux personnes
ressources en fonction du type d’information recherchée (voir détails en annexe) et d’un questionnaire
administré de manière aléatoire aux pêcheurs de Kédia. Avant d’être administré aux enquêtés un test,
réalisé au cours des cinq premiers jours passés à Kédia auprès de 10 pêcheurs (5 pour le guide et 5
pour le questionnaire), a permis de s’assurer que le guide d’entretien et le questionnaire permettaient
de traiter le thème. Au terme de ce test, le questionnaire a subi une légère modification. De plus, nous
avons recueilli plusieurs autres informations à partir de l’observation directe et des causeries auprès
de 10 anciens et autres membres de la communauté.
i. Le guide d’entretien
L’entretien est élaboré autour d’une liste de points précis relatifs au thème de l’étude. Cette méthode a
été choisie parce que le projet DURAS, dans le cadre du thème de cette étude, vise la description des
pratiques utilisées dans l’activité de pêche et leurs impacts sur les ressources halieutiques. D’après
Quivy et Campenhoudt (1995), les principaux avantages de l’entretien sont :
a. le degré de profondeur des éléments d’analyse recueillis ;
b. la souplesse et la faible directivité du dispositif qui permet de récolter les témoignages et les
interprétations des interlocuteurs en respectant leurs propres cadres de références : leur langage et
leurs catégories mentales.
ii. Le questionnaire
Le questionnaire a été conçu en vu d’avoir des informations relatives à la perception de chaque
pêcheur, ainsi que de connaître leurs avis en matière de réglementation pour une durabilité de la
ressource halieutique
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 21
3.4. Démarche d’enquête
Deux types d’enquêtes ont été utilisées dans le cadre de cette étude : les enquêtes qualitatives et les
enquêtes quantitatives.
Les enquêtes qualitatives visaient à amener l’enquêté à s’exprimer sans être orienté, à s’exprimer
selon un discours construit par lui avec donc comme avantage d’être plus explicatif et plus
compréhensif des phénomènes
Les enquêtes quantitatives quant à elles ont été utilisées afin d’avoir la perception des acteurs de la
pêche de la disponibilité de la ressource, ainsi que les causes de cette état de chose et avoir leur
opinion quant aux solutions qui peuvent être adoptées pour résoudre ce problème.
Le questionnaire a été administré de manière aléatoire aux personnes des deux sexes, d’âge compris
entre 15 et 60 ans et de toute catégorie sociale qui pratiquent la pêche dans le village. Afin d’avoir les
informations qui permettraient d’obtenir la diversité des techniques de pêche utilisées dans le village,
l’administration du guide d’entretien s’est effectuée sur la base des connaissances des enquêtés dans
le domaine (personnes pratiquant la pêche depuis au moins deux ans) de la pêche et sur l’âge
(personnes de plus de 50ans) pour l’obtention des informations concernant l’historique de la pêche.
De ce fait le choix des enquêtés était orienté.
La taille de notre échantillon (30 pêcheurs) pour l’administration du questionnaire a été déterminée par
une enquête préliminaire sur le terrain. En effet selon les personnes ressources telles que le chef du
village et les chefs des quartiers, il a été établi que le village comptait environ 100 pêcheurs, le
questionnaire a été administré à 30% d’entre eux.
Des entretiens auprès de 10 pêcheurs expérimentés ont permis de réaliser un transect recoupant les
zones de pêche dans le village ainsi que la description détaillée des outils et modes de pêche utilisés
dans le village.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 22
Des entretiens auprès de 10 patriarches de Kédia ont permis de faire l’historique de la pêche et de la
pisciculture dans le village. La réglementation prévue par la loi a été obtenue auprès du délégué
d’arrondissement du MINEPIA de Bokito et à la direction des pêches de Yaoundé.
Les enquêtes de terrain se sont étalées sur six semaines, du 17 juillet au 30 août 2007 (six
semaines).
Les activités de collecte des informations ont consisté à : cibler les personnes à enquêter sur la base
des connaissances de pêche, prendre des rendez-vous avec des pêcheurs, et effectuer des
entretiens de 40 à 60 minutes environ. Ces entretiens étaient effectués dans un cadre relativement
calme afin d’obtenir un enregistrement pouvant rendre la transcription possible sans grandes
difficultés. L’observation directe et des causeries avec quelques pêcheurs et responsables ont permis
de mieux cerner les informations reçues.
Les données secondaires ont été restituées dans des tableaux, figures et des commentaires. En ce
qui concerne les données primaires, nous avons procédé à la transcription des entretiens enregistrés
et à la codification lors du dépouillement manuel du questionnaire.
L’analyse des données primaires de cette étude a été effectuée par une technique d’analyse de
contenu du discours de l’enquêté(e). En vue de réaliser l’un des objectifs spécifiques de notre étude à
savoir faire un historique de la pêche et des étangs dans le village. La méthode retenue dans cette
étude est celle de l’analyse thématique et celle de l’analyse descriptive. Les analyses thématiques
essaient principalement de mettre en évidence les représentations sociales ou les jugements des
enquêtés à partir d’un examen de certains éléments constitutifs du discours. L’analyse descriptive
s’est déroulée en deux phases :
- le passage en revue des questionnaires dans le but d’éliminer ceux qui n’étaient pas
convenablement remplis ;
- la codification et l’insertion des variables (sexe, situation matrimoniale, âge, engin de pêche
utilisé…) dans le logiciel Statistical Package of Social Sciences (SPSS). Ces données ont été
traitées à l’aide des logiciels SPSS, et EXCEL pour l’obtention des fréquences et des moyennes.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 23
CHAPITRE 4. RESULTATS
Les habitants de Kédia viennent de la tribu Ma’ala de l’arrondissement de Bokito. Cette tribu est à
l’origine, un noyau composé de quatre frères constituant 4 clans qui seraient venus du pays Bassa
«Ndog'makan» (tribu guerrière) un peu plus au sud de la région. Ils se seraient installés dans l’actuel
site du village Yangben. Quand le groupe des 4 frères (Kédia, Bégny, Bokito et Edjiolomo) se
disloque, chacun prend une direction, tandis que le clan Kédia décide de rester sur place à Yangben.
Le clan Bégny sous la houlette du patriarche Mbélémpéléké viendra comploter avec les populations
autochtones de Yangben pour exterminer le clan Kédia. Après plusieurs péripéties le clan Kédia, sous
la conduite de l’un de ses patriarches Kioyo, lui-même dirigé par un serpent mythique serait parti de
ce site pour se fixer dans l’espace territorial actuel (Yomyétouké).
La pêche se faisait dans les cours d’eau par barrage par tous les pêcheurs du village ; les branches et
tiges d’arbres étaient coupées pour faire la barrière, on y ajoutait des palmes tressées. Sous ce
barrage on mettait des nasses et la récolte pouvait se faire le soir ou le matin.
La pêche dans le cours d’eau était organisée par le chef de famille tous les trois ans environ de
plusieurs manières :
- les hommes allaient chercher soit l’écorce d’un arbre appelé « ketomb » localement, soit une liane
du nom de kilound en langue locale, et une herbe appelée goma en yambassa qu’ils remettaient
aux femmes qui les pilaient avec de la terre. La pâte obtenue, versée où la pêche devait se
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 24
dérouler avait pour rôle d’asphyxier le poisson à 100 m à la ronde tout au plus. La capture se
faisait à la main ;
- dans la nuit, les hommes utilisaient également des brindilles d’arbres qu’ils entassaient, y
mettaient du feu et l’utilisaient comme lampe torche pour éclairer la surface de l’eau ; et une fois le
poisson en surface, ils le capturaient à l’aide de la machette.
En 1932, les colons allemands ont introduit les filets notamment l’épervier dans la localité. Ce filet était
lancé dans la zone de pêche et au bout de 5 min, il était ramené et le poisson était décroché du filet.
Ce filet a considérablement facilité l’activité de pêche car en quelques minutes on peut avoir du
poisson ; or avant cette période il fallait se mobiliser toute une journée pour avoir du poisson. Par la
suite les kédians ont commencé à tisser en groupe les filets. Dans les années 1940 est apparu le filet
de barrage.
Pendant cette période, les mêmes outils que ceux des années 1930 étaient utilisés. La manière de
tisser les mailles ainsi que le nombre de personnes impliquées dans cette activité a diminué.
Maintenant un seul individu peut tisser le filet car le matériel utilisé est de type moderne. En effet,
autrefois, les bambous limés étaient utilisés maintenant on utilise plutôt des crochets et des grosses
aiguilles. Pourtant dans les années 1930, il fallait un groupe d’au moins cinq personnes pour le faire.
La possession d’un filet n’était donc pas aisée, ceci limitait donc le nombre de personnes impliquées
dans l’activité de pêche. De nos jours, il existe des personnes spécialisées dans le tissage des filets,
on peut soit passer la commande, soit acheter en boutique.
La pêche est pratiquée à Kédia par 35% de la population (Ndifon, 2006). Dans les années 1900,
Tcho, dernier héritier de la famille détentrice de la rivière lors du partage des « acquis », décida de
s’en aller du village. Il légua une partie de la rivière à la famille qui l’a aujourd’hui (celle du chef
supérieur de Kédia) et confia l’autre à son ami «Mosso» pour qu’il la vende. Le cadet de Mosso
décida d’acquérir la portion de rivière qui restait et versa à Tcho ce qu’il lui demandait. Mais il
manquait six chèvres. Tcho demanda à son ami Mosso de rester récupérer ses six chèvres, ce qui n’a
jamais été fait jusqu’à ce jour. Lorsque le cadet de Mosso organisait la pêche, tous les pêcheurs lui
remettaient leurs prises. Il prenait une part et remettait le reste aux pêcheurs. Seul Mosso ne donnait
rien à son cadet qui lui devait encore six chèvres.
Les deux propriétaires du cours d’eau compris dans le site d’implantation du village Kédia étaient
garants de leurs portions respectives de cours d’eau. Personne n’y pêchait sans leur accord.
Afin de posséder une zone de pêche personnelle, les populations se sont lancées dans l’activité
piscicole. De nos jours les activités de pêche dans le principal cours d’eau ne sont pas réglementées
à Kédia. Or la réglementation vise à régulariser les prises et à maintenir la production à un niveau
acceptable. Ceci entraîne une forte pression sur les ressources halieutiques et même l’utilisation
d’engins de pêche incompatibles avec une gestion durable de ces ressources, en l’occurrence
l’utilisation des produits toxiques. L’arrêt de la réglementation survenu dans les années 1970 donne la
latitude à tout le monde de pratiquer la pêche où et quand il en a envie. Car désormais le cours d’eau
appartient au domaine public de l’Etat. En effet, la législation de 1974 à réalisé un élargissement
considérable de l’assiette des domaines publics et privés de l’Etat. Contrairement à la formulation de
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 25
l’article 20 du décret-loi du 9 janvier 1963 qui parlait simplement des terrains urbains et ruraux,
l’ordonnance de 1974 parle désormais des biens meubles et des biens immeubles, qui par nature ou
par destination sont affectés soit à l’usage direct du public, soit aux services publics. Au terme de
l’article 3 de l’ordonnance 74-2 le domaine public comprend le domaine public maritime, le domaine
public fluvial et le domaine public terrestre et aérien. Le domaine public fluvial est constitué par les
marécages, à l’exception des plantations aménagées, des lacs, des étangs naturels et des lagunes,
des cours d’eaux navigables ou flottantes ainsi que des cours d’eaux ni navigables ni flottantes.
La pisciculture est également une activité ancienne à Kédia, mais son origine exacte n’est pas connue
par les habitants du village. Dans les années 1870-1880, les populations se sont rendues compte que
lors des inondations, on retrouvait le poisson partout dans les champs, alors qu’il était impossible
d’aller en prélever à la rivière. Ils ont cherché un moyen de conserver ce poisson venu de la rivière
afin de pouvoir le consommer plus tard. C’est ainsi que leur est venue l’idée de creuser des fosses
(étangs) d’environ 5 m x 5 m x 1 m. Ces étangs étaient creusés dans les bas-fonds, et en saison de
pluie la rivière était inondée et s’y écoulait en y entraînant du poisson.
Afin de posséder eux aussi un lieu dans lequel elles pourront pêcher lorsqu’elles en auraient envie,
certaines familles ont creusé des étangs. La possession d’un étang était un prestige familial ; mais
elles n’y apportaient aucun soin. Ainsi le nombre d’étang est passé de 5 à 20 environ. De temps à
autre, elles déversaient les résidus d’aliments dans ces étangs, et lors de la récole elles remettaient à
l’eau tous les alevins (petits poissons).
Pendant cette période, les pisciculteurs continuent leurs activités champêtres sans s’occuper des
étangs. En effet, pour certains, c’était la rivière qui fournissait le poisson qu’ils pêchaient dans leurs
étangs. Pour d’autres, ces poissons provenaient des grenouilles Goliath qui pondaient les œufs et
après éclosion de ces œufs on obtenait des silures. Ceux qui avaient cette vision des choses ne
tuaient pas les grenouilles Goliath lors de la récolte.
Les agents du poste forestier de Bokito approvisionnaient Kédia en alevins et apportaient également
un appui technique aux pisciculteurs. Les espèces qu’ils apportaient étaient principalement les silures
et les populations ne les achetaient pas. Ces alevins étaient distribués. Ces agents montraient
également aux pisciculteurs comment poursuivre une activité piscicole notamment dans l’entretien à
apporter aux étangs.
Après la crise économique survenue à la fin des années 80, les agents du poste forestier de Bokito
ont arrêté leurs activités sur le terrain ; et de ce fait les populations n’ont plus eu d’alevins et de
support technique. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’activité piscicole est presque inexistante
dans la localité. De plus, les étangs appartiennent à la famille. Lorsque le chef de famille mourrait
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 26
sans laisser de successeur, aucun membre de la famille ne se décidait à prendre la responsabilité des
biens de la famille. Les étangs étaient ainsi abandonnés. Avant les années 1990, on retrouvait à
Kédia environs 20 étangs opérationnels, aujourd’hui ils sont tous abandonnés.
De nos jours la rareté du poisson dans les cours d’eau et dans la rivière suscite un regain d’intérêt
pour la pisciculture. C’est ainsi que des jeunes ont creusé des étangs, malgré le fait qu’ils ne
connaissent pas comment mener à bien cette activité. Ils se contentent de mener la pisciculture
comme le faisait leurs parents. Ils capturent dans la rivière principalement des alevins de silure qu’ils
introduisent dans leurs étangs.
[Link]. Récolte
La récolte dans les étangs se déroulait en saison sèche, lorsqu’on apercevait les silures en surface.
Après deux ou trois années (période de temps nécessaire à l’obtention d’une bonne production
notamment des silures d’environ cinq kilogrammes) le propriétaire organisait la récolte. Toute la
journée les membres de la famille et leurs amis étaient mobilisés ; les femmes et les enfants
vidangeaient l’étang à l’aide des assiettes ou des calebasses, les hommes utilisaient des arcs pour
attraper le poisson tandis que les femmes utilisaient des paniers. A la fin, les produits de la pêche
étaient partagés à toutes les personnes présentes.
Les ressources halieutiques de Kédia proviennent soit de la pêche dans la rivière® ou les ruisseaux
(r) (carte 2) soit de la récolte des étangs (Tableau 6).
Pikind Bounyongo )
(r
(Forêt) Faléa
(r ) Kignogne
olo
onk (Forêt)
N Bodjiong (r)
Biki
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Boutouké
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Forêt galerie
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 27
Tableau 6: Apport respectif des différentes sources d'approvisionnement en poisson
source pourcentage
Rivière 80%
ruisseaux 15%
étangs 5%
La principale source d’approvisionnement en ressource halieutique à Kédia est la rivière (80%) car
elle est la seule source exploitable et exploitée toute l’année.
La pêche s’effectue à Kédia dans la rivière et les ruisseaux saisonniers qui alimentent la rivière.
Différents engins de pêche y sont utilisés. La pêche, pratiquée par 94% des personnes interrogées, se
déroule aussi bien en saison sèche qu’en saison de pluie. Dans les zones de profondeurs, le poisson
est nettement plus abondant, mais seules 3.3% des personnes interrogées y pêchent à cause des
risques d’accident et de noyade. Dans les ruisseaux, on retrouve uniquement des fretins.
Les étangs traditionnels existent à Kédia depuis les années 1890, ils sont un patrimoine familial. A ce
titre, ils constituent le lieu de conservation de certains symboles traditionnels ou «totem» de la famille
et la récolte individuelle y est strictement interdite. Ces étangs ont pour principale caractéristique des
surfaces relativement petites (20 à 40 m2) et le manque d’entretien. Ces étangs sont construits dans
les champs et sont entourés d’arbres. La pêche, généralement annuelle, y est strictement effectuée
par les membres de la famille parce que selon la tradition, aucun membre externe à la famille ne peut
y accéder par crainte de représailles des forces mystiques qui s’y trouvent. Ces étangs sont
abandonnés soit à cause du problème de succession, soit à cause de la pénibilité de leur entretien,
soit encore à cause de la possibilité d’avoir du maquereau provenant de Bafia, à portée de main sans
dépenser autant d’énergie que demanderait le suivi d’un étang. Les produits de ces étangs sont
destinés à l’autoconsommation. La récolte ne s’y effectue plus par crainte de la malédiction.
Les «étangs» individuels étangs sont les «puits» aménagés dans le lit des ruisseaux saisonniers. Ils
sont l’œuvre d’initiatives individuelles et ne sont pas le lieu de conservation de valeurs traditionnelles.
Ces puits atteignent parfois 5 m de profondeur et plus d’un mètre de diamètre. Ces étangs sont plus
ou moins entretenus et ne disposent pas de structures de sécurité. La décision de récolter le poisson
relève du propriétaire du puit en fonction des quantités de poisson qui s’y trouvent. Les pisciculteurs
ont des paramètres tels que la couleur de l’eau et les bruits que font les poissons pour évaluer cette
densité. En effet plus les poissons sont nombreux, plus l’eau est boueuse car ils bougent trop et font
beaucoup de bruit. Ces étangs ne sont plus aussi fructueux que par le passé à cause des vols. Les
premières années, la récolte donnait environ 100.000 FCFA, mais maintenant il est difficile d’avoir
50.000 FCFA. Le produit de pêche est destiné à l’autoconsommation et à la vente.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 28
4.2.2. Caractéristiques socio-économiques des pêcheurs
Le tableau 7 indique que les enquêtés ont été classés en fonction du groupe d’âge.
La pêche à Kédia est effectuée par des personnes de toutes les classes d’âge mais surtout par celle
des 36-45 ans car cette activité nécessite une force physique importante. Les pêcheurs dont la classe
d’âge est compris entre 46 à 55 sont moins nombreux que ceux de 56 ans et plus parce que les
individus de 46 à 55 ans sont plus impliqués dans les activités champêtres que les individus de la
dernière classe qui, pratiquent la pêche comme activité de distraction ; ils y passent donc beaucoup
de temps n’ayant presque plus rien d’autre à faire. La pêche est également pratiquée par les enfants
de moins de 15 ans. Ces derniers n’étant pas capable d’expliquer ce qu’ils font, nous n’avons pas pu
les intégrer dans notre échantillon.
La pêche est pratiquée surtout par les hommes (77% des enquêtés contre 23% des femmes), qui
utilisent en fonction des périodes l’épervier, le barrage de filet, les hameçons et les nasses. Car les
femmes sont plus impliquées dans les activités champêtres. Les femmes pratiquent la pêche par
barrage de terre.
La figure2 présente la distribution de fréquence des enquêtés en fonction de leur niveau d’éducation
(du primaire sans CEP au supérieur).
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 29
n 'a ja m a is é té à l'é c o le
p rim a ire s a n s C E P E
3% 3% 3% p rim a ire a ve c C E P E
24%
34%
s e c o n d a ire a ve c B E P C
20% s e c o n d a ire a ve c B E P C
13%
B AC
e n s e ig n e m e n t
s u p é rie u r
La pêche est pratiquée à 93% par des hommes et des femmes mariés ; parce qu’ils ont plus de
responsabilités que les célibataires (3%).
Les personnes qui pratiquent la pêche à Kédia ont été classées en fonction du statut social (tableau
6).
La pêche à Kédia est pratiquée par toutes les classes sociales. Les pêcheurs se retrouvent plus dans
les catégories chef de famille, leader de groupes et associations. Les chefs de familles pratiquent le
plus la pêche. Ceci pourrait s’expliquer par le fait que cette catégorie a plus de responsabilité que les
autres. Il n’existe aucune différence dans la manière et le matériel utilisé pour pêcher par les
différentes classes sociales.
La pêche est pratiquée à l’aide de différents engins de pêche, entendu par l’article 111 du recueil de
texte régissant l’élevage, la pêche et les industries animales comme tout outil ou appareil permettant
de capturer, ramasser ou récolter les animaux et plantes aquatiques. Les engins de pêche utilisés
sont : l’épervier, le barrage (de filet, traditionnel et de terre), les hameçons (petits fers de forme
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 30
crochue sur lesquels les appâts sont accrochés) pour la pêche à la canne ou à la ligne, les nasses, et
les paniers. Ces engins sont confinés dans le tableau 5.
Les individus pratiquant la pêche traditionnelle de nos jours sont de plus en plus rares et ils n’ont pas
fait partis de notre échantillon.
[Link]. Epervier
L’épervier comprend le fil de bordure, dont la grosseur varie suivant le type de tramails utilisés. Les
tramails sont tissés localement ou achetés en boutiques. Ces derniers sont tissés par des maliens.
Le rouleau de fil utilisé pour les tramails maliens est fait de nylon tandis que celui fait localement est
en coton. Le fil est placé au sommet et en bas des tramails. Tout ceci est surmonté d’un plomb
(provenant des déchets de métallurgie) matériau lourd permettant au filet d’aller en profondeur. Ces
filets sont généralement à petites et attrapent donc toutes les espèces de poissons de taille et de
poids variables (aussi bien les gros que les petits poissons)
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 31
les capitaines, les carpes, les fretins, les sardines, les poissons vipères. L’épervier n’est pas un engin
sélectif. Néanmoins si la taille des mailles est grande (supérieure à trois doigts), les fretins pourront
traverser et assurer ainsi la production future.
Le filet de barrage a la même constitution que le filet épervier. Le fil de bordure est présent aussi bien
au dessus qu’en dessous des tramails et il est de forme rectangulaire d’environ 5 m de largeur et
10 m de long.
La pêche par barrage de filet pratiquée par 40 % des enquêtés, consiste à barrer la rivière dans un
coin où le courant est assez fort. Pour le faire, on attache un bout du fil de bordure du filet à un coin
de la rivière et on se déplace pour attacher l’autre bout à un autre coin de la rivière. La barrière ainsi
formée constitue un obstacle à la circulation du poisson qui ne peut plus ni évoluer ni se retourner et
on vient vérifier la prise après quelques heures, voire le lendemain.
Tout comme l’épervier, le barrage n’est pas sélectif, il attrape les mêmes espèces que l’épervier et
entraîne donc des conséquences similaires.
Cet engin est utilisé toute l’année. Mais en fonction des périodes dans l’année, les pêcheurs utilisent
des filets de maillage différent.
Cette technique de pêche est uniquement pratiquée en groupe par les femmes et souvent quelques
enfants au cours de la grande saison sèche (décembre à février). Cette période correspond à l'étiage
des cours d'eau et elle coïncide avec la période de moindre travail pour les femmes, car pendant ce
temps, les futurs champs sont en cours de défrichage par les hommes. Le barrage de terre est un
enclos généralement de forme circulaire monté à l’aide des mottes de terres et soutenu par des
pierres.
La technique consiste à créer des barrières perpendiculaires au cours d’eau avec des mottes de terre.
La pêche par barrage de terre consiste à faire des mottes de terre qu’on installe au bord de la rivière.
En effet la veille du jour de pêche, on fait une prospection pour détecter les coins où il y a beaucoup
de poissons. Ce sont des coins noirs, calmes, en bordure de la rivière. Une fois arrivé sur la zone de
pêche le lendemain, on taille les herbes dans la zone à barrer s’il y en a trop. Avec de la terre, on fait
le barrage et on le soutient avec des pierres, puis à l’aide des assiettes, on vidange cette zone.
Ensuite on pile l’écorce du «ketomb» qu’on mélange à de la terre noire, ce mélange est versé dans le
barrage, il a pour effet de piquer les yeux des poissons et à l’aide du panier les femmes peuvent
ramasser le poisson. Les enfants le font avec les mains. Ce type de pêche est pratiqué environ trois
fois par semaine pendant une demi-journée. La quantité de poisson prise est suffisante pour tout au
plus deux repas (2 à 3 Kg/ femme). Ce barrage pourrait être plus sélectif que les premiers car la
capture se fait à la main. Malheureusement, ce type de pêche se déroule généralement avec des
enfants et lorsque ces derniers voient des fretins, ils les capturent également.
Le barrage traditionnel est un barrage constitué à l’aide des troncs, des branches, des tiges d’arbres
et des palmes. Sous ce barrage, on installe des nasses. Pendant les périodes de crue, le poisson se
déplace au gré des courants. Lorsqu’il arrive au niveau des barrages, il est bloqué. Puis, il pénètre
dans la nasse et ne peut plus en sortir. Ce barrage a des effets identiques à celui du barrage de filet.
Elle se pratique deux à trois fois par semaine, du mois de mars au mois de novembre, au moment des
pleines eaux. Elle est réservée aux jeunes hommes. Les cannes sont des tiges de raphia du fait de
leur souplesse et de leur résistance. L’extrémité basale est taillée en biseau afin de bien s’implanter
dans le sol. Au fur et à mesure que cette canne s’use, son extrémité est coupée à la machette. Ce qui
fait que la taille des cannes est très variée. À l’autre bout, une ligne (ficelle et hameçon) est installée.
Les éléments constitutifs de la ligne sont renouvelés toutes les années.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 32
En début d’après-midi, les pêcheurs vont chercher les appâts dans les détritus de nourriture ou au
bord des cours d’eau (escargots, fretin, vers de terre …). En fin d’après-midi, les pêcheurs vont
installer les cannes au bord des cours d’eau après avoir placé les appâts sur les hameçons. Ensuite,
ils surveillent les cannes pendant environ deux heures afin de relever les prises.
L’espèce capturée est principalement les silures, de poids supérieur à 1 Kg l’un. Cette technique de
pêche est donc suffisamment sélective pour assurer le renouvellement de la production car ici les
alevins ne sont pas capturés et l’espèce la plus retrouvée dans les eaux est le silure.
Les nasses sont utilisées par 6.7% des personnes interrogées. Ce sont des sortes de panier de forme
conique tissés à l’aide des palmes de raphia ou de fer et de filet. Celles utilisées à Kédia sont
traditionnelles (fabriquées uniquement à base de matériaux locaux). Généralement, les nasses sont fixées
dans les herbes ou sous le barrage traditionnel en période de hautes eaux (septembre à octobre) sont placées
sous le barrage et lorsque le poisson y pénètre, il ne peut plus en sortir. On peut donc venir le
capturer. Tout ce qui est emporté par l’eau entre dans les nasses et le pêcheur fait le tri en fonction de
ce qui l’intéresse. De ce fait toutes les espèces de poisson sont donc capturées. La nasse n’est pas
un engin sélectif.
Les paniers sont des outils fabriqués à base de palmes de raphia, souvent remplacés par des
passoires. Ils sont utilisés par les femmes pour ramasser les poissons après les avoir asphyxiés avec
un mélange de plantes (ketomb) et de pierre pilée.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 33
[Link]. Le piégeage
La pêche à hameçon par «piégeage» consiste à faire un enclos au bort de l’eau avec une seule
ouverture servant d’entrée et de sortie. Au dessus de cette ouverture, on installe un fermoir qui pourra
descendre sous la poussée du poisson. Au milieu de cet enclos on installe un hameçon (photo 5)
avec des appâts (vers de terre, escargot…). Lorsque le poisson pénètre dans l’enclos, le fermoir
descend et le poisson se retrouve prisonnier, on peut alors le récupérer. L’espèce la plus attrapée par
cet engin est le silure.
[Link]. L’arc
L’arc est un outil constitué de flèche, de canne et de fil. Le fil est attaché de part et d’autre de la tige.
La pêche à l’arc est pratiquée en saison sèche car il faut se déplacer dans l’eau, être à l’affût et une
fois que le poisson remonte à la surface à la recherche du soleil, on le vise avec la flèche. Les
poissons pêchés sont principalement les gros poissons (poids minimum de 2 Kg). Cet engin est donc
sélectif en terme de poids de capture car les petits poissons ne sont pas capturés.
D’une manière générale, les pêcheurs guidés par le souci de répondre aux besoins alimentaires
immédiats de leur famille ou par l’appât de gain font usage des engins peu sélectifs ou prohibés
capturant au hasard toutes les espèces de poissons, de taille variées. Ainsi, certains pêcheurs, (en
majorité les enfants et les jeunes), utilisent parfois les produits toxiques (insecticide) pour pêcher,
engin de pêche strictement interdit par la réglementation en vigueur au Cameroun. D’autres ne
remettent pas les alevins dans l’eau ; ceci a un effet néfaste sur le renouvellement de la ressource en
poisson.
L’introduction des filets dans les années 1930 par les colons Allemands a considérablement facilité
l’activité de pêche. Car l’installation d’un barrage traditionnel nécessitait une main d’œuvre
considérable et beaucoup de temps (environ 1 heure). Avec le filet il ne faut pas plus de 5 minutes
pour l’installer ou le lancer. Ceci a encouragé les populations à s’intéresser davantage à l’activité de
pêche avec pour conséquence l’augmentation des personnes impliquées dans cette activité. Mais ceci
entraîne t’il forcement une surpêche qui pourrait expliquer la diminution du poisson comme constaté
par les populations de Kédia ?
Par ailleurs, les normes de filets ne sont pas vérifiées par les agents du MINEPIA, ni par la population
riveraine contrairement à Yorro où les pêcheurs se surveillent mutuellement. De ce fait certains
pêcheurs utilisent les filets à petites mailles (inférieur à 3 doigts) qui attrapent les alevins, ce qui a
pour conséquence de réduire le potentiel de production, car une réduction d’alevins (fretins) limite la
production.
La technique de barrage de terre utilisée par les femmes a parfois un effet néfaste sur la ressource
halieutique. En effet certaines femmes choisissent des coins où les poissons aiment trouver refuge.
De ce fait elles détruisent tout ce qui s’y trouve y compris les œufs. En effet, la fraie dans les cours
d’eau a lieu le long des rives, là où les herbes ou les racines des arbres fournissent des abris et des
supports pour des œufs. Les engins de pêche tels que l’épervier (celui-ci est généralement à petites
mailles) et le barrage traditionnel à la nasse entraînent également la réduction de la production ; car
ces engins attrapent tout ce qui circule, ils ne sont pas sélectifs et ne permettent donc pas le
renouvellement de la ressource. Les engins de pêche sélectifs utilisés à Kédia sont les filets dormant
de 4 et 5 doigts, et la canne car ces engins laissent traverser les petits poissons et n’attrapent que les
gros.
Les engins de pêche sont fabriqués à base de matériaux locaux ou importés. L’obtention d’engin de
pêche de fabrication moderne peut se faire soit par achat dans des magasins soit par commande
auprès des tisserands du village.
Les engins de pêche achetés Kédia sont l’épervier, le barrage de filet, la canne, le piégeage. Le coût
de ces différents engins est confiné dans le tableau 10.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 34
Tableau 10. Coûts des différents engins de pêche
Type de Quantité Coût unitaire Coût total Coût total
constituant
pêche nécessaire (FCFA) (FCFA) matériel
- fil 1m 150 150
- flotteur - -
Canne 2.650
- tige de palmier Environ 1m50 - -
- hameçon 100 25 2.500
- fil de bordure 15m 150 2.250
- plomb 2 Kg 3.500 7.000
épervier 18.250
- bobine de fil 1 bobine 4.000 4.000
- main d’œuvre 1 personne 5.000 5.000
- fil de bordure 15m 150 2.250
- plomb 1 Kg 3.500 3.500
barrage 18.750
- bobine de fil 2 bobines 4.000 8.000
- main d’œuvre 1 personne 5.000 5.000
- hameçon 100 25
piégeage 2.500 2.500
- piquet - -
L’engin le plus coûteux est le filet de barrage, suivi de l’épervier. Parmi les différents engins, le plus
utilisé est l’épervier, suivi de la barrière ; or la barrière attrape tout et ne laisse rien traverser ceci a
pour effet la capture des poissons immatures.
Les activités de pêche se déroulent à tout moment dans le village ; seuls les engins de pêche utilisés
ainsi que l’intensité de cette activité varient. En effet, il existe des périodes où les activités champêtres
sont intenses et la pêche est reléguée au second plan. Il en est de même pendant les saisons de
pluies car les risques de noyades sont élevés.
Période de l’année
Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Engins
épervier
Nasse
Barrage de filet
Barrage de terre
Panier
Canne
Gibecières
Palmes tressées
Arc
barrage de terre
Panier
Canne
Epervier
Gibecière
Nasse
palmes tressées
barrage de filet
arc
Figure 3 : Chronogramme des activités de pêche en fonction des différents engins utilisés
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 35
La figure 3 ci-dessus montre que
- en juillet et août, la pêche se fait par barrage dans les marigots. Les femmes vidangent la zone
barrée et ramassent du poisson après la vidange de la zone qu’elles cernent ;
- en septembre, les inondations empêchent ce type de pêche; en fin Janvier, on utilise des remèdes
pour pêcher : on pile les plantes (ketomb, komo, eloung) qu’on répand dans l’eau. Les femmes
utilisent les paniers et les hommes plutôt une gibecière; en février, lorsque l’eau est chaude, on
utilise des nasses après avoir barré la rivière à l’aide des palmes tressées ;
- en septembre-octobre, on fait la barrière avec un filet à grosses mailles (4 et 5 doigts) pour
attraper les gros poissons (capitaine et silure). On utilise les filets à petites mailles (1,5 et 2 doigts)
pour attraper tous les poissons aussi bien les gros que les petits.
Dans le but de la préservation des ressources halieutiques, la loi de 1994 prévoit que des restrictions
peuvent être apportées à l’exercice du droit de pêche, y compris pour la pêche traditionnelle. Cette
restriction est fixée soit par arrêté ministériel, soit par les populations riveraines. Malheureusement les
populations de Kédia ne tiennent pas compte de cette loi puisque le chronogramme des activités de
pêche ci-dessus montre que la pêche se déroule pendant toute l’année, mais avec des intensités
différentes. Ceci en fonction du rythme hydrologique (périodes de basses ou de hautes eaux) et des
activités champêtres.
7% poisson
poisson et crocodile
Dans la rivière, on retrouve les espèces de poissons à peau nue appartenant au sous ordre des
siluroïdées et communément appelés «silure» et les poissons à peau écailleuse. Dans ce second
groupe, on rencontre de nombreuses espèces appartenant au genre Parophiocephalus ou poisson
vipère ainsi que d’autres espèces (Tableau 11) et dans les étangs, on ne trouve que les silures.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 36
Tableau 11. Espèces de poissons retrouvées dans les eaux (rivière et cours d’eau) de Kédia
Nom Nom en langue
Nom scientifique Brève description
commun locale
Corps allongé à section sphérique
Clarias pachynema Silure Moutak Couleur noire
Peau lisse dépourvue d’écailles
Cyprinus carpio Carpe Pissas Ecailles cycloïdes
Lates niloticus Capitaine Gonds Peau écailleuse
Fretin Pinang Petits poissons parfois immatures
Sadinella
Sardine Ouno- Peau écailleuse de taille et de poids variable
madagascarensis
Poisson
Parachanna obscura Nbong Ecailles cycloïdes à aspect zébré
vipère
Ces espèces de poissons sont destinées à 73% à la consommation familiale. 20% de pêcheurs
vendent l’excédent de leur prise. Seuls 7% de pêcheurs pêchent principalement pour la vente.
La dynamique du poisson est entendue ici comme l’ensemble des formes sous lesquelles le poisson
peut être consommé ou vendu.
Les espèces de poissons pêchées dans les eaux de Kédia sont acheminées respectivement à Bokito
et Kédia fumées ou frais. Le poisson frais est vendu de porte en porte dans le village dès le retour de
la rivière.
La pêche à Kédia est également une activité génératrice de revenus. C’est ainsi que certaines
espèces de poissons sont vendues dans le village à l’état frais. Les prix pratiqués par espèces sont
confinés dans le tableau 12 ci-dessous.
Le poisson est fumé par des pêcheurs qui passent toute la nuit à la rivière. Le séchage leur permet
d’étaler la vente sur plusieurs jours (3 à 4 jours).
La pratique de la pêche est une activité qui ne se déroule pas sans risque. A Kédia les problèmes
majeurs rencontrés par les pêcheurs sont les accidents sur les pierres, sur les coquilles d’escargot,
les huîtres, les bouteilles cassées, les risques de noyade en saison de pluie, car le niveau d’eau est
très élevé et seul un bon nageur doit s’aventurer dans la rivière, et enfin, les morsures de serpent.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 37
Tableau 13. Problèmes rencontrés par les pêcheurs
Problèmes rencontrés par les pêcheurs Fréquence Pourcentage
morsures de serpent 5 17
blessures sur les pierres 3 10
blessures (machette et pierre) et morsure de serpent 1 3
morsure de serpent, blessure sur des pierres et la toxicité 3 10
toxicité 1 3
morsures de serpent et blessures sur les pierres 15 50
aucun 2 7
Groupes de Femmes et
Couple Jeunes hommes
femmes enfants
10 kg 6 kg 6 kg 12 kg 2 à 3 kg
Diminution
Diminution de Diminution des effectifs de
de la
la ressource reproducteurs
resso urce
Cette pêche s’effectue pendant les mois de décembre et de janvier par les hommes (25 à 50 ans).
Mais les hommes jeunes l’utilisent plus car son utilisation nécessite assez de force physique ; ce filet
est généralement de petites mailles. La taille des mailles alliée à la force physique de ces jeunes
entraînent une réduction considérable des poissons dans la rivière car cette engin capture les silures,
les fretins, les carpes, les capitaines, les poissons vipères de toutes les tailles destinées à la
consommation familiale ; seul l’excédent de capture est vendu. Cette pêche a donc un effet tragique
sur la gestion durable des ressources halieutiques.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 38
4.5.2. Les hommes qui pêchent seuls aux filets dormants
Ce type de pêche s’effectue de décembre à août par les hommes. Les espèces pêchées sont les
carpes, les silures, les poissons vipères, les capitaines de toutes les tailles et de tous les poids, Ce
type de pêche n’assure pas le renouvellement des ressources halieutiques car le barrage n’est pas un
engin sélectif.
Pendant les mois de septembre à novembre car les risques d’inondations sont élevés, les hommes
jeunes se regroupent en groupe de quatre environ pour pêcher au filet dormant ou à l’hameçon. Cette
pêche peut être libérale ou soudée. Lorsqu’elle est libérale, les membres fixent une heure de départ et
choisissent le lieu de pêche. Mais chacun apporte son matériel, installe son filet s’il est question de la
pêche par filet. S’il s’agit de la pêche par hameçon, chacun place ses hameçons, installe ses appâts
et les vérifie de temps à autre. Le retour s’effectue ensemble, chacun rentre chez soi avec sa prise.
Lorsque la pêche est groupée et soudée le matériel provient uniquement de certains membres du
groupe. Le départ et le retour s’effectuent ensemble. Le partage des tâches est équitable entre les
différents membres du groupe. Si les pêcheurs sont au nombre de quatre, ils vont se diviser en
groupe de deux pour attacher le filet de part et d’autre de la rivière pour la pêche au filet. Pour les
hameçons, deux personnes se chargent de l’installation des hameçons et les deux autres se chargent
d’y accrocher les appâts A la fin de la journée la récolte est partagée. Les espèces pêchées capturées
sont les carpes, les capitaines et les silures de poids supérieur à 2 kg. Ces poissons sont
généralement destinés à l’autoconsommation. Ce type de pêche favorise le renouvellement de la
ressource car les petits poissons ne sont pas capturés .
La pêche de couple (un homme et une femme ou deux hommes) se fait par barrage au filet pendant la
saison sèche car la traversée de l’eau se fait à pied. Dans ce cas, une personne (femme ou homme)
arrête le filet à un bout de la rivière et l’autre personne arrête l’autre bout. Une fois le filet
suffisamment tendu, les deux personnes l’attachent à un support au bord de la rivière. Le couple peut
ensuite retourner à la maison et revenir soit tous deux le lendemain soit une seule personne pour
récupérer la prise. Cette prise est constituée des différentes espèces retrouvées dans la rivière. Le
barrage ne permet à aucune espèce de traverser. Il n’est donc pas sélectif et ne peut de se faire pas
assurer le renouvellement de la ressource en poisson ;
Les femmes effectuent ce type de pêche pendant la saison sèche dans les ruisseaux et la rivière. La
distribution des tâches ne se fait pas, toutes les activités s’effectuent ensemble : fabrication des
mottes de terre, désherbage de la zone de pêche, barrage, vidange ramassage. Les espèces
pêchées sont principalement les silures dans les ruisseaux et les carpes, capitaines, silures, poissons
vipères dans la rivière. Cette pêche assure le renouvellement des ressources halieutiques car le
ramassage du poisson s’effectue à la main ou au panier. Les femmes ne ramassent que les poissons
de taille commerciale (supérieure à 250g).
Cette pêche s’effectue également en saison sèche par une femme et ses enfants. Ce qui le différencie
du précédent est la distribution des tâches. Ici, les enfants se chargent de la fabrication des mottes de
terres et pilent les écorces d’arbres qui seront répandues dans l’eau. Pendant ce temps, la maman se
charge du désherbage de la zone de pêche. La vidange de la zone cernée et le ramassage du
poisson se font ensemble. Les enfants ramassent tout ce qu’ils trouvent contrairement à la maman qui
ne ramasse que les gros poissons. Ceci entraîne la réduction des alevins et de ce diminue la
production future.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 39
4.6. Appréciation de la disponibilité de la ressource par les pêcheurs de
kédia
Seuls les habitants pratiquant la pêche depuis au moins 10 ans (90 % de l’échantillon) trouvent que la
quantité de poissons dans les eaux de Kédia est en diminution constante à cause de l’utilisation des
produits toxiques pour pêcher et à la non existence des pêcheurs qualifiés. C’est la raison pour
laquelle les habitants de ce village ont décidé de mettre sur pied une réglementation pour la pêche.
Ceux qui pratiquent la pêche depuis moins de 2 ans ne trouvent pas qu’il y’a un changement dans la
disponibilité de cette ressource (10%).
Contrairement à ce qui se passe à Yoro et Yangben, villages voisins, les activités de pêche dans le
principal cours d’eau ne sont pas réglementées à Kédia. Ce qui entraîne une forte pression sur les
ressources halieutiques, d’où la disparition de certaines espèces de poisson telles que les disques et
la diminution des fretins. La diminution des fretins dans la rivière est également due à l’apparition du
poisson vipère qui se nourrit principalement des petits poissons. Pourtant, là où les activités de pêche
sont réglementées, la pêche constitue une source importante de revenus, d’où la nécessité de mettre
sur pied des groupes structurés impliqués dans la gestion des secteurs d’activité permettant d’obtenir
des produits halieutiques et de conserver la ressource.
Les habitants de Kédia sont pour la plupart (83%) impliqués dans un ou plusieurs mouvements
associatifs légalisés ou non. Les associations légalisées sont des GICs, et des unions et les
associations non légalisées sont les groupes de travail, les tontines, les groupes religieux. Mangwi
(2006) y a dénombré des associations formelles et informelles.
- Groupes religieux : 80% de la population de Kédia sont chrétiennes tandis que 20 % sont
animistes. Il existe différentes religions chrétiennes à Kédia et chacune possède des
associations :
o association de l’Eglise catholique romaine ;
o association de l’Eglise Presbytérienne Camerounaise (EPC) ;
o associations des Adventistes du septième jour.
- Les associations de quartiers : l’adhésion à l’une ou l’autre association de quartiers est libre et
principalement basée sur les liens d’affinité et d’amitié. La bonne marche de ces groupes est
assurée par des mesures disciplinaires qui varient d’un groupe à un autre.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 40
Les tontines
Dans les tontines, les adhérents sont des jeunes dont l’âge varie entre 20 et 49 ans. Les plus âgés
préfèrent ne plus adhérer car ils n’ont plus les moyens physiques (force) et financiers (cotisations)
pour respecter les clauses de ce type d’association.
Ces groupes, organisations non légalisées, ont pour objectifs l’entraide et la vente de la main
d’œuvre. Ils accomplissent les travaux champêtres à tour de rôle chez les différents membres du
groupe. Le membre qui accueille le groupe doit le nourrir. Ce type d’association vend sa force de
travail ; le prix de ce service varie selon les groupes de 2000 à 5000 FCFA l’heure selon le nombre de
personnes qui travaillent.
Les groupes formels de Kédia sont les Groupes d’Initiative Commune (GIC) pour les ventes groupées
de cacao et de maïs, et aussi les achats des intrants, eux-mêmes dépendant d’unions.
GICs de cacao
Seuls les hommes sont impliqués dans la culture du cacaoyer. Ceci est dû au mode d’accès au
foncier car les femmes ont juste un droit d’usage sur les terres qu’elles occupent, et à la tradition, car
dans la société traditionnelle, seuls les hommes doivent produire les cultures de rente. Avec l’achat
groupé des intrants et la vente du cacao des membres par les GICs, les membres espèrent recevoir
un meilleur prix de leurs produits et des intrants (engrais principalement). Ils pensent que le GIC est le
meilleur moyen de garder de l’argent pour les prochaines campagnes.
GICs de maïs
Les femmes sont plus impliquées dans la culture de maïs que les hommes. Certains de ces GICs
(cacao et maïs) sont réunis au sein de l’union des fédérations.
Les populations de Kédia adhèrent à des associations surtout les GICs pour défendre leurs intérêts et
surtout jouir des avantages que confèrent le groupe : achat des intrants à des prix relativement bas,
obtention des meilleurs prix de leurs produits car la vente des produits est groupée, ou encore
bénéficier de l’entraide. Ces différentes associations dénotent de la capacité et de la volonté des
populations à se rassembler pour atteindre des objectifs communs. La bonne marche de ces groupes
est assurée par des mesures disciplinaires telles que les amendes qui varient en fonction de la gravité
de la faute. Elles peuvent être payées en espèce ou en nature. Les personnes qui refusent de payer
leurs amendes se voient souvent confisquer soit leurs volailles (poules), soit leurs animaux (chèvres).
Mais il n’existe aucune association pour la gestion de la pêche.
Les populations de Kédia sont impliquées dans des associations multiples, formelles ou non, mais
elles n’ont pas d’activités dans le domaine de la pêche et de la gestion des ressources halieutiques.
Néanmoins cette aptitude à travailler ensemble pourrait être utilisée comme support pour la mise sur
pied d’une action collective de gestion des ressources halieutiques. La formation des groupes de
travaux pour la construction des étangs pourraient faciliter ou motiver les populations à avoir leurs
propres étangs et ne plus avoir à acheter ou voler le poisson dans celui des autres. En effet, certains
ne se lancent pas dans cette activité parce qu’ils trouvent que la création d’un étang nécessite
beaucoup d’efforts physiques. La seule action engagée dans le domaine des ressources halieutiques
est la création d’un puit pour l’élevage du poisson à l’initiative du propriétaire de l’étang. Ce dernier a
sollicité l’aide d’un groupe de travail dans lequel il est membre. Ceci pourrait être encouragé et
institutionnalisé dans la mesure où la première récolte de ce puit a généré des revenus de près de
100.000 FCFA. Or cette récolte se déroule une fois par an. Ce qui est peu pour apporter une
contribution véritable au revenu de la famille. La création de deux ou trois autres étangs
supplémentaires chez chaque pisciculteur permettrait d’avoir trois ou quatre récoltes/an, soit un
revenu de 300.000 à 400.000 FCFA, sous réserves de pouvoir facilement commercialiser les
poissons. Concernant la rivière, pendant les mois de septembre, octobre, et début décembre le
nombre de pêcheurs est réduit car le niveau d’eau est élevé, et la quantité de poisson pêchée génère
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 41
un revenu de près de 200.000 FCFA pour un pêcheur ce qui est supérieur au revenu annuel moyen
des pêcheurs dans le pays (121.844 FCFA). Alors, la fixation d’un temps d’arrêt de l’activité de pêche
permettrait la reconstitution du potentiel halieutique et de ce fait l’augmentation des revenus générés
par les produits halieutiques et par conséquent la réduction de la pression exercée sur les autres
ressources naturelles notamment la forêt et la savane pour la création de nouvelles plantations
cacaoyères. L’accent devra être mis sur l’organisation sociale car seul le chef du village et les
notables sont capables de prendre et faire appliquer de telles décisions pour que les populations les
respectent. C’est par respect pour le chef et les notables que les populations de Yorro ne s’avisent
pas à pêcher dans les zones interdites. Pour eux le chef est la plus haute autorité du village et on lui
doit soumission et obéissance. A Kédia par contre, le chef est généralement hors du village et les
notables ne peuvent agir que dans leurs quartiers respectifs et ils n’ont pas la même autorité. Alors
une décision prise pour tout le village se verra respectée par certains du fait de leur respect pour leur
notable et d’autres ne la respecteront pas, car ils n’y voient aucune contrainte. Or pour David Lewis
(2005) pour qu’une action collective soit efficace il faudrait que chacun se conforme aux règles. Chose
qui n’est pas facile dans le cas des ressources halieutiques à cause de la « tragédie de la ressource
commune ». La ressource commune ne fait l’objet d’aucune notion d’équité ou de reproduction.
L’organisation d’action collective pour la gestion des ressources naturelles, principalement l’eau n’est
pas aisée. Cette ressource est un bien public, collectif. Alors pour réussir une telle action il faudrait
que chaque membre de la collectivité y trouve un intérêt. Ce qui n’est pas toujours le cas. Pourtant
Filleule et Pechu (1993) affirment qu’une action collective est menée par des individus ou des groupes
d’individus cherchant à faire triompher des fins partagées. Certains n’ont besoin de l’eau que pour
laver leurs produits agricoles, ce qui perturbe les poissons et les font fuir.
D’un autre côté les pêcheurs voudraient bien que l’eau puisse rester inutilisée pendant une certaine
période pour permettre la reconstitution du potentiel aquatique. L’eau est une ressource qui évolue,
qui se déplace. Alors l’utilisation des pesticides à Yangben par exemple aura des répercutions graves
sur le potentiel halieutique à Kédia. Alors, face à cette situation, seul le recourt aux autorités
compétentes pourront réduire ce type d’action nocive aux produits des eaux.
Afin de gérer de manière durable les ressources halieutiques à Kédia, il faudrait des solutions
techniques et organisationnelles.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 42
Sur le plan organisationnel, nous proposons de former un comité de gestion constitué d’un chef de
quartier, de 4 pêcheurs à raison d’un pêcheur par quartier, de 2 notables, d’un représentant du
MINEPIA et du sous-préfet ou son représentant. Ce comité sera chargé du suivi et de la mise sur pied
des règles d’accès aux ressources halieutiques et devra définir et appliquer des sanctions pour les
contrevenants afin d’assurer la conservation et la gestion de cette ressource. Cette proposition de
Comité devra être discutée avec les populations de Kédia sur tous ses aspects (constitution,
composition, fonctionnement, etc.).
Les populations pensent que seule la création d’une réserve où la pratique de la pêche sera
strictement interdite pourrait permettre la reconstitution du potentiel halieutique et qu’il faudrait par
ailleurs relancer l’activité piscicole en rendant disponible l’acquisition des alevins d’une part et d’autres
parts en orientant les groupes de travaux dans la construction des étangs. Les populations demeurent
convaincues que seule l’utilisation des fétiches par le chef et les notables empêcheront les uns et les
autres de pêcher dans cette zone. De ce fait certaines pratiques relevant de la coutume mériteraient
d’être comprises par tous là où cela est nécessaire, ou appliquées là où cela s’impose pour une
gestion durable des ressources halieutiques en voie de diminution constante.
Les populations ayant une croyance extrême en la tradition, l’utilisation des fétiches dans la zone de
réserve serait nécessaire pour empêcher les récalcitrants à y pêcher.
Hypothèse 1 : «La pratique de l’activité de pêche est faite de manière anarchique, ne respecte
aucune règle » est vérifiée. Les entretiens menés auprès des anciens et des pêcheurs de Kédia
montrent que l’activité de pêche est libre depuis les années 1970, chacun pêche où et quand il en a
envie
Hypothèse 2 : «L’engin de pêche utilisé à Kédia est fonction du genre » est vérifiée. Diverses
techniques de pêche sont observées à Kédia, principalement l’épervier, le barrage de filet et de terre
et la canne. Seul le barrage de terre est pratiqué par les femmes. Les hommes quant à eux
s’adonnent principalement à l’épervier et au barrage de filet et les enfants pratiquent uniquement la
pêche à la canne.
Hypothèse 3: «Aucune action collective n’est menée à Kédia pour la gestion des ressources
halieutiques » est vérifiée. Les populations de Kédia sont impliquées dans diverses actions
communautaires telles que le nettoyage des points d’eau et des routes, la construction des forages,
ceci sous le couvert d’organisations réglementées ou non. Mais, aucune de ces associations ne
s’intéresse à la pêche.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 43
CHAPITRE 5. CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS
5.1. Conclusion
A Kédia, les ressources halieutiques proviennent des étangs, de la rivière et des ruisseaux
saisonniers qui alimentent la rivière. La principale ressource halieutique exploitée est le poisson
notamment les silures, les carpes, les capitaines, les poissons vipères, les fretins. Son exploitation de
plus en plus accrue entraîne une réduction considérable de son potentiel. Les techniques et engins de
pêche développés par les pêcheurs sont la pêche au barrage (traditionnel, de terre et de filet),
l’épervier, et quelques fois l’utilisation des pesticides. L’utilisation de tel ou tel engin de pêche est
principalement fonction du niveau de l’eau donc des saisons climatiques et du genre. Certaines
techniques sont néfastes à l’accroissement du potentiel halieutique notamment le barrage de terre et
l’utilisation des filets à petites mailles (inférieur à 3 doigts), ainsi que l’utilisation des produits toxiques.
Depuis les années 1970, la réglementation de l’activité de pêche n’est plus appliquée. Chacun pêche
quand il veut, comme il veut, où il veut. Il s’en suit une diversification des pratiques de pêche qui se
traduit par une pression croissante sur les ressources halieutiques dont le renouvellement n’est plus
assuré, et dont les stocks sont en constante diminution. Ces évolutions sont constatées par les
tranches les plus âgées de la population, alors que les plus jeunes ne voient aucun changement. Et
jusqu’à présent, aucune action concrète visant à changer cette évolution n’a été initiée.
Aucune association ne s’intéresse à la pêche. Pourtant, la majorité des populations de Kédia sont
membres de nombreuses associations et groupes pour différentes activités (religieuses, agriculture,
entraide, aides diverses).
5.2. Recommandations
Au terme de cette étude, quelques recommandations sont faites aux acteurs qui s’intéressent à la
pêche et à la conservation des ressources naturelles à Kédia. Ces acteurs comprennent le projet
DURAS, les populations de Kédia et le gouvernement camerounais.
Au projet DURAS
Au gouvernement camerounais
D’élaborer des textes clairs mettant l’accent sur la conservation du patrimoine halieutique ;
D’encadrer les personnes qui pratiquent la pêche avec les agents du ministère de l’élevage, des
pêches et des industries animales par l’organisation des séminaires ;
L’autorité compétente notamment le sous préfet, d’aider les populations dans la conservation des
ressources en faisant respecter les sanctions prévues par la loi aux personnes qui ne s’y
conforment pas.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 44
Aux acteurs du développement
Les acteurs du développement doivent apporter un soutien aussi bien matériel que technologique aux
populations de Kédia. Ils doivent guider les pisciculteurs dans les techniques d’approvisionnement en
alevins et organiser des campagnes de formation de ces derniers.
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Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 46
ANNEXE 1. QUESTIONNAIRE A ADRESSER AUX
PECHEURS
UNIVERSITE DE DSCHANG (FASA)
PRATIQUE DE LA PÊCHE ET PROBLEMATIQUE D’ACTION COLLECTIVE DE GESTION DES
RESSOURCES HALIEUTIQUES A KEDIA
Ce questionnaire est établi pour recueillir des données sur la pratique de la pêche et les perspectives
d’actions collectives de gestion des ressources halieutique à Kedia. Les données recueillies serviront
à écrire un mémoire en vue de l’obtention du diplôme d’ingénieur agronome. Ces informations seront
strictement confidentielles.
Nom de l’enquêté
Sexe
1- Masculin 2- Féminin
Age
1-Entre 15à 25ans 4-Entre 46 à 55 ans
2-Entre26 à 35 ans 5-Entre 56 et plus
3-Entre36 à 45 ans
Statut matrimonial :
1-Marié(e) 3-Divorcé(e)
2-Célibataire 4-Veuf (ve)
Activité principale
1-Agriculture 5- chasse
2- pêche 6-Autre (à préciser)
3-Fonctionnaire 7- élevage
4-Retraite 8- commerce
8- Statut « social »
1-Chef de famille 4-Leader religieux
2-Chef de quartier 5-Simple membre de la communauté
3-Leader d’un groupe ou d’une association 6-Autres (à préciser)
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 47
SECTION B : Pratique de la pêche
23- connaissez vous les noms des espèces que vous pêchez ?
1-oui 2- non
24- Si oui, nom scientifique et/ou vernaculaire
Nom scientifique Nom vernaculaire
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 48
29- Si non pourquoi ?
32- Que faut il faire pour que les eaux de Kédia regorgent toujours d’autant de poisson pour les
générations futures ?
37- existe-t-il des structures qui viennent travailler avec vous dans le domaine de la pêche ?
1-oui 2- non
40- que pensez vous d’une perspective d’action collective pour réglementer la pêche dans la rivière ?
50- Quelles sont les différentes actions menées au sein de cette organisation ?
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 49
ANNEXE 2. GUIDE D’ENTRETIEN
INTRODUCTION
CONSIGNE INITIALE
Vous intervenez dans le village et vous avez été désigné comme personne / organisation ressource
en ce qui concerne les informations sur la gestion des ressources halieutiques, pouvez vous nous dire
quelles sont les espèces qui intéressent le plus les habitants de Kédia et les actions qu’ils mènent en
vue de leurs durabilités.
Autorités traditionnelles
Quelles sont les zones possibles de pêche dans le village ?
Comment voyez l’activité de pêche dans ce village
Par qui sont gérées les activités de pêche dans le village ?
Selon vous est ce que dans l’avenir l’on arrivera toujours à pêcher comme par le passé
Que pensez vous qu’il faille faire pour s’assurer que l’on aura toujours de bonnes récolte de pêche
Sexe et age
Appartenance à un groupement ou organisation
Si oui groupement ou organisation.
Si oui poste de responsabilité
Si oui depuis combien de temps
A combien d’organisation avez-vous déjà adhéré
Pour quelle cause
Avez-vous été satisfait
Si non à quoi vous attendiez vous
Depuis combien de temps résider vous au village
CLOTURE DE L’ENTRETIEN
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 50
ANNEXE 3. LOI PORTANT REGIME DES FORETS, DE LA
FAUNE ET DE LA PECHE
Loi n° 94/01 du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche;
Loi 2000/017 du 19 décembre 2000 portant réglementation de l’inspection sanitaire vétérinaire ;
Décret n° 95/413/PM du 20 juin 1995 fixant certaines modalités d’application du régime de la pêche ;
Décret n°2001/416/PM du 30 juillet 2001 modifiant et complétant certaines dispositions du décret
n°94/413/Pm du 20 juin 1995 fixant certaines modalités d’application du régime de la pêche;
Décret no 2002/071/PM du 17 janvier 2002 fixant les normes exigées pour le conditionnement et le
transport des produits de la pêche sur toute l’étendue du territoire camerounais y compris les eaux
territoriales du Cameroun;
Décret no 2000/980/PM du 08 décembre 2000 relatif au programme de sécurisation des recettes de
l’élevage et des pêches dont l’objectif est la maîtrise de l’assiette et du recouvrement des taxes
applicables aux activités des productions animales et halieutiques, du suivi du paiement desdites
taxes, ainsi que du reversement des sommes collectées, de la lutte contre la fraude et l’évasion
fiscale;
Arrêté no 0003 /MINEPIA du 01 août 2001 fixant les modalités de classement des établissements de
traitement des produits de pêche et d’exploitation des espèces ornementales, notamment en ses
articles 2 et 3. D’autres textes pertinents incluent :
Arrêté no 0021/MINEPIA du 11avril 2002 fixant les modalités d’inspection des navires de pêche
industrielle, d’observateur scientifique et de surveillance des activités de pêche;
Arrêté no 0002/MINEPIA du 1er août 2001 fixant les modalités de protection des ressources
halieutiques;
Décision no 098 / MINEPIA du 13 novembre 2003 portant fixation des limites maximales de certains
contaminants minéraux dans les denrées alimentaires; Décision no 099 / MINEPIA du 13 novembre
2003 portant fixation des normes des sulfites utilisées comme additifs dans les denrées alimentaires;
Décision no 100 / MINEPIA du 13 novembre 2003 portant définition des critères de qualité des eaux
utilisées dans le traitement des produits de la pêche et de l’aquaculture;
Récemment, le document d’avant-projet de la loi portant régime de la pêche vient d’être validé au
cours d’un atelier national organisé par la Direction des Pêches du Ministère de l’Elevage, des Pêches
et des Industries Animales et la FAO à Yaoundé. Le cadre stratégique pour un développement
durable de l’aquaculture au Cameroun, également élaboré avec le concours de la FAO, a été validé à
Yaoundé en décembre 2003.
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 51
ANNEXE 4. INSTITUTIONS IMPLIQUEES DANS LA PECHE
AU CAMEROUN
Tefang Tchomfang Amandine Flaure, Mémoire FASA, Université Dschang, 2007 page 52