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Introduction aux Institutions Politiques Comparées

Le document présente un cours sur les institutions politiques comparées, abordant des concepts clés tels que l'institution, le régime politique et la culture politique. Il souligne l'importance de l'analyse comparative dans l'étude des systèmes politiques, en tenant compte des interactions sociales et des préjugés idéologiques. Enfin, il explore les institutions politiques en Occident et en Afrique, ainsi que les différentes classifications des régimes politiques.

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Introduction aux Institutions Politiques Comparées

Le document présente un cours sur les institutions politiques comparées, abordant des concepts clés tels que l'institution, le régime politique et la culture politique. Il souligne l'importance de l'analyse comparative dans l'étude des systèmes politiques, en tenant compte des interactions sociales et des préjugés idéologiques. Enfin, il explore les institutions politiques en Occident et en Afrique, ainsi que les différentes classifications des régimes politiques.

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Prof.

Paul KIEMDE

Cours : INSTITUTIONS POLITIQUES


COMPAREES

Séance 1 : 20/04/2010

Bibliographie
Ouvrages généraux :

 Bernard Badié et Guy Hermet, La politique comparée, édition Armand Polin,


Paris 2001
 Dalloz et Quentin, Transition démographique africaine, édition Cartalla, Paris,
2001
 Bernard Dolez, Institutions Politiques, édition Lithec
 Jean Dubois de Gaudusson, Gérard Conac et Christine Dessouches, Les
Constitutions africaines, éditions française et Groenland de Belgique
 Philippe Lavaux, Les Grand - 1 -es Démographies Contemporaines
 Paul Leroy, Les Régimes Politiques du Monde Contemporain, Presse Universitaire
de Grenoble
 Yves Meny, Politiques Comparées, 1995
 Jean Luc Quermonne, Les Systèmes Politiques des Etats Libéraux
 Daniel Louis Seiler, La Politique Comparée, éd. Armand Polin, 1982
 Daniel Louis Seiler, Comportement Politique Comparée, Economica, 1985

-1-
Introduction générale
Définitions des concepts (institutions, système politique) et approche de l’analyse
comparée.

I. Les notions
Le vocable Institutions Politiques Comparées (IPC) fait appel à un certains
nombres de notions qu’il convient de préciser.

1. L’institution
L’institution est concept qui traduit une pensée, une idée. Selon Jacques Cadart,
l’institution c’est ce qui est établie de manière durable, permanente, en vertu de l’union
des volontés individuelles agissant pour une entreprise commune. L’élément volonté
humaine distingue l’institution de ce qui est une donnée de la nature. Le concept
d’institution recouvre deux aspects : l’institution organe et l’institution mécanisme.
Par exemple, la famille, le gouvernement, le parlement, les partis politiques,
etc. sont des institutions organes. Par contre les institutions mécanismes sont les
règles auxquelles obéissent les organes, les règles de fonctionnement des organes.
Ainsi, les constitutions, le mariage, la circoncision et l’excision sont des
institutions mécanismes même si cette dernière est interdite.
Les deux aspects de l’institution se trouvent souvent imbriqués. La commune par
exemple est une institution organe qui comprend le maire, les conseillers, les
commissions, etc. La commune est aussi une institution mécanisme en tant que
règle ou idée d’autonomie propre à ce type d’organes.
Il y a plusieurs types d’institutions. Elle peut être qualifiée de juridique, de
religieuse, de politique, etc.
L’institution politique désignerait l’institution relative à l’Etat ou au
pouvoir qui dirige dans l’Etat. L’institution politique est ce qui est relatif au pouvoir,
au gouvernement des hommes. L’Etat est une institution politique qui exprime une
organisation des hommes sur un territoire. Mais l’Etat est aussi une idée, une abstraction,
un objet artificiel qui se traduit par des règles et des organes.
Si l’on entend ainsi l’institution, le domaine d’étude des Institutions
Politiques rejoint l’objet d’étude de la Science Politique. Les 2 termes se
rapprochent sauf que le terme Institutions Politiques semble viser la Science
Politique axée sur l’étude des règles juridiques. En effet, on peut être tourné l’étude
de l’Etat, du pouvoir, c'est-à-dire des règles juridiques d’agencements et de
fonctionnement des organisations politiques et leurs pratiques. Mais, l’étude peut aussi
être tournée vers les phénomènes sociaux qui se manifestent dans la société
(exemple : le comportement électoral).

2. Le régime politique et le système politique


Le système politique est un ensemble des interactions constatées au sein d’une
société. On peut dire aussi que cette expression désigne les institutions politiques
plongées dans un environnement.
Dans ce sens, le système politique, l’étude des institutions politiques doit
prendre en compte la société globale.
Le régime politique est la résultante du système tel qu’il fonctionne et non pas
tel que décrit. Les constitutions créent des institutions et des règles de fonctionnement.
Mais, l’observation détachée du fonctionnement de ces institutions peut permettre de les
classer en régimes politiques différents, selon le résultat des interactions dans le
fonctionnement.
Ainsi, l’observation aboutit à faire des distinctions en régime parlementaire,
présidentiel, semi-présidentiel, d’assemblée, selon les déplacements du centre de
pouvoir. Il y a toujours un décalage entre le régime entre le régime tel qu’il existe, et le
régime tel qu’il devait être selon la constitution.

3. La culture politique

-2-
Les sociétés ont leurs histoires, leurs expériences dur l’organisation politique,
leurs différenciations sociales, etc. Ces facteurs jouent sur les réactions politiques, les
lignes de pensée, les rapports politiques. Ces facteurs constituent la culture politique.
La culture politique peut être saisie à travers un certain nombre d’aspects. Par
exemple, dans le rapport avec le vote, qui est un mode de désignation des gouvernants,
on peut se demander comment votent les hommes et les femmes et votent-ils pour tel
homme ou tel parti ?
Dans la question de la légitimité du pouvoir, les hommes peuvent être attachés à
la monarchie ou à la république, on peut se demander pourquoi cette différence ? La
culture politique n’est pas immuable, elle change, elle évolue. De plus, dans un Etat, on
peut distinguer des sous cultures des différences de réactions face au politique. Des
phénomènes comme la personnalisation du pouvoir, la multiplication du nombre de partis
politiques, ou la réduction du nombre de partis, peuvent tenir à des facteurs
conjoncturels ou à des tendances lourdes venant de la culture politique. La culture
politique fait partie de l’environnement du système politique. Elle pose le problème des
instruments de l’analyse comparée.

4. Le concept de politique
C’est le mode de gouvernement d’un Etat. Ce concept date des cités grecques
mais a été redécouvert et employé dans ce sens actuel à partir du 18ème siècle. C’est à
partir du 18ème siècle qu’apparaît une opinion publique sur le gouvernement de l’Etat.
Avant cette période, les questions du gouvernement étaient l’apanage d’un groupe
restreint. Dans le mode gouvernement monarchique, le pouvoir apparaissait comme
naturel. C’est à partir de ce moment que les gens prennent conscience n’était pas un
ordre naturel que l’on avait à respecter, mais un ordre construit qui a son histoire,
qu’apparaît la politique comme science de gouverner les Etats. En ce sens, on peut
considérer que les régimes jusqu’au 18ème siècle étaient apolitiques.
L’irruption de l’opinion avec l’apparition du système représentatif et du
système électif est à l’origine de la politique dans son sens actuel.
La naissance de l’opinion publique pose à son tour le problème de la légitimité du
régime politique. La question de la légitimité est différente de celle de la légalité.
La légitimité est le fait pour un régime d’être accepté par l’opinion. La
légalité est un élément de la légitimité mais légalité et légitimité peuvent se compléter ou
entrer en conflit. Les éléments constitutifs de la légitimité peuvent varier selon l’âge, le
sexe, l’origine, la culture, la richesse, et ces éléments font l’objet d’une redéfinition
permanente. Par exemple il y avait deux légitimités concurrentes au 19ème siècle, la
légitimité populaire et la légitimité monarchique. Aujourd’hui, la grande majorité
des pouvoirs politiques se fondent sur le soutient populaire. La démocratie est devenue le
fondement par excellence de la légitimité.

-3-
II. Les instruments de l’approche comparée
L’approche comparée pose d’abord des problèmes pratiques c'est-à-dire des
problèmes de langues, problèmes de fiabilité et d’objectivité liés aux collectes des
informations, etc. Mais elle pose surtout des problèmes méthodologiques. A cet égard, il y
a eut une évolution de l’objet de l’étude comparée. On ne s’intéresse plus exclusivement
à la pensée politique ou aux institutions gouvernementales. L’analyse comparée s’élargit
à celle des systèmes politiques, c'est-à-dire à l’étude de toutes les structures et de tous
les phénomènes qui jouent sur la décision politique.
L’étude des institutions politiques de pays étrangers ou d’autres continents peut
poser des problèmes méthodologiques en raison notamment des interférences des
préjugés idéologiques. Par exemple les discours sur le totalitarisme où la bureaucratie en
ce qui concerne les Etats socialistes. De même, l’étude des systèmes politiques des Etats
du tiers monde repose sur les entraves à l’instauration de la démocratie dans les
moindres mécanismes appliqués à l’Occident.
Certaines techniques sont utilisées dans l’étude comparée en essayant de se
détacher des préjugés. C’est le cas de la typologie ou de recours au type idéal. La
typologie consiste à comparer plusieurs phénomènes appartenant au même genre. On en
recourt au type idéal qui est une expérience de pensées. Cette expérience consiste à
considérer un objet d’analyse dans ses traits purs, dans sa logique propre. Aristote donne
une classification des systèmes politiques dans l’antiquité qui est considérée comme
scientifique, dans son ouvrage La Politique. Aristote distingue les démocraties
systèmes dans lesquels c’est la majorité qui gouverne, les oligarchies et la monarchie
et la tyrannie. Pour faire cette classification, il part de deux critères : la coutume et la
limitation du pouvoir.
La coutume est constituée de règles posées par le passé qui s’imposent comme
obligatoires.
La limitation du pouvoir veut dire que certains gouvernants peuvent faire ce
que bon leur semble, alors que d’autres ne le peuvent.
A partir de ces 2 critères on peut établir 4 possibilités :

- Pouvoir coutumier et limité


- Pouvoir coutumier et non limité
- Pouvoir non coutumier et limité
- Pouvoir non coutumier et non limité

Chapitre 1 : Les institutions dans l’Occident


Chapitre 2 : Les institutions politiques en Afrique
Chapitre 3 : Les Etats exemple socialistes d’Europe

-4-
Chapitre 1 : Les Institutions Politiques des démocraties
Occidentales
Les Institutions Politiques sont la résultante de conception idéologique sur le rôle
de l’Etat et du pouvoir de la société. Sur ce point, on apposait de manière classique la
conception libérale et la conception socialiste ou marxiste de l’Etat. L’opposition
entre pays à démocratie libérale et pays à régime de démocratie populaire n’existe
pratiquement plus. Mais cette opposition n’en subsiste pas moins sur le plan idéologique
ne serait ce qu’à travers des partis politiques. Il convient de ce fait de situer les bases
communes de cette démocratie libérale avant d’examiner les institutions qui en sont
issues.
La conception libérale du pouvoir politique trouve son origine dans la pensée
chrétienne. Celle-ci considère que l’homme a été créé à l’image de Dieu et lui accorde
une situation privilégiée (les droits personnels considérés comme des droits naturels).
Cette théorie de droit naturel a été reprise au 18ème siècle par les penseurs et laïcisée
sous la forme de droits individuels fondamentaux. La priorité donnée aux droits de
l’homme (droits naturels) amène les libéraux à considérer le pouvoir politique comme un
phénomène second ce qui veut dire que le pouvoir politique est indispensable à la société
mais il constitue une menace pour les droits naturels individuels. Pour limiter cette
menace, l’Etat incarnant le pouvoir politique doit être freiné, limité. Ainsi, l’Etat doit
s’abstenir d’intervenir dans certains domaines, celui de l’économie notamment. L’Etat est
conçu, vu comme un Etat gendarme chargé du maintien de l’ordre. Un des moyens pour
garantir l’abstention de l’Etat, cette limitation de l’Etat, est d’adopter une structure
étatique qui affaiblisse le pouvoir. Le moyen par excellence pour ce faire est le principe
de séparation des pouvoirs qui est devenu la base du constitutionnalisme libérale et de la
démocratie. Il s’agit donc de limiter le pouvoir de chaque organe de l’Etat et de limiter le
pouvoir de l’Etat au sein de la société. Selon Jean Luc Guermonne, cinq traits
caractérisent la démocratie occidentale :

- Le choix des gouvernants par des élections libres (liberté de


candidature, de scrutin,…)
- L’exercice du gouvernement par la majorité
- L’obligation de respecter l’opposition
- Le respect de la constitution par les pouvoirs publics
- La garantie des droits fondamentaux des citoyens

En partant de la même base du principe de séparation des pouvoirs, la mise en


œuvre va donner lieu à une diversité de régimes politiques.

-5-
Section 1 : La classification des régimes politiques
1er critère : en fonction de l’aménagement des institutions

La classification des régimes politique peut se faire sur la base d’une organisation
constitutionnelle. Mais cette base vient compléter par la prise en compte du phénomène
des parties politiques, pour le critère de l’intervention des citoyens.

Paragraphe 1 : La classification selon l’organisation constitutionnelle


L’organisation constitutionnelle des Etats libéraux repose sur la séparation
souple ou collaboration des pouvoirs, la séparation rigide ou la confusion des
pouvoirs.

A. Les régimes de confusion des pouvoirs


L’expression confusion des pouvoirs peut renvoyer à deux données historiques
différentes : le régime monarchique et le régime d’Assemblée. Mais elle peut
renvoyer aussi à des régimes politiques contemporains, notamment du tiers monde.

1. La monarchie absolue
La monarchie absolue illustre le régime de confusion des pouvoirs contre
lequel a été opposé le principe de séparation des pouvoirs. La confusion des pouvoirs
dans la monarchie absolue résulte du fait que les fonctions législative, exécutive et
juridictionnelle sont exercées par le même organe, le monarque.

2. Le régime d’Assemblée
Le régime d’Assemblée est issu du débat sur le gouvernement démocratique
notamment sur les places respectives du législatif et de l’exécutif.
L’aménagement constitutionnel peut consacrer la toute puissance d’une
Assemblée plus ou moins large. L’exécutif est rigoureusement cantonné dans l’exécution
de la volonté du parlement. L’histoire constitutionnelle française donne l’exemple d’un tel
régime avec la convention issu de la constitution du 24 juin 1793. L’exemple
contemporain de ce régime est celui de la Suisse, où le régime institué par la
constitution de 1874 est qualifié de régime d’Assemblée. Dans ce régime, le conseil
fédéral, exécutif directorial ou directoire, est théoriquement sans volonté propre et
se borne à exécuter la volonté des Conseils de l’Assemblée fédérale. Mais comme la
forme Confédérale, la forme de régime d’Assemblée n’est plus qu’un leurre.

3. La confusion des pouvoir en faveur de l’exécutif


La confusion des pouvoirs, dans le système constitutionnel, peut s’établir en
faveur de l’exécutif. Cette confusion fait aussi venir une pratique contraire à la lettre de
la constitution. La confusion peut aussi venir d’une constitution qui distingue les pouvoirs
et les organes mais aménage la primauté de l’exécutif. C’était le cas surtout dans le tiers
monde. Depuis les années 1990, même dans les Etats du tiers monde, les mécanismes
constitutionnels ne tendent plus formellement à la confusion des pouvoirs.

-6-
B. Les régimes de séparations tranchées des pouvoirs
Ces régimes résultent d’une interprétation du principe de séparation des pouvoirs
dans sa rigueur. C'est-à-dire distinction entre les fonctions et les organes qui les
exercent, spécialisation des fonctions et autonomie des organes. Par spécialisation des
fonctions, on entend que chaque fonction de l’Etat est attribuée à un organe qui ne peut
accomplir que les actes qui relèvent de cette fonction. Ce système de séparation rigide a
eu des applications historiques dans certains régimes de monarchie limitée où il s’agissait
notamment de retirer certaines fonctions au monarque. La constitution française de
1791 fournit une illustration. Dans cette constitution le roi n’a aucun moyen de pression
sur l’assemblée car il ne pouvait la dissoudre ni l’ajournée. Il ne pouvait pas prendre ses
ministres parmi les députés ni les anciens députés. Les constitutions britanniques et
suédoises ont eu recours à ce procédé de limitation rigide.

C. Les régimes de séparation souple des pouvoirs


Les régimes de séparation souple ou de collaboration des pouvoirs proviennent
d’une interprétation du principe de la séparation des pouvoirs. Ces régimes reposent
aussi sur la séparation des pouvoirs, mais les organes de l’Etat doivent collaborer. La
séparation des fonctions est conçue et vue comme relative. L’exécutif a l’initiative de lois
sous forme de projet de loi. La séparation des pouvoirs et leur autonomie peuvent
résulter aussi de ce que chacun a un pouvoir non pas seulement d’empêcher mais de
contrainte sur l’autre par la voie de dissolution et de révocation. Ce système est illustré
par le régime dit parlementaire. Cette appellation vient de ce que le parlement était la
plaque tournante. Le régime parlementaire va lui-même se différencier en régime
parlementaire moniste ou en régime parlementaire dualiste ou en régime semi
présidentialiste.
L’appellation de régime présidentialiste sera particulièrement réservée avec une
connotation péjorative aux régimes dans lesquels un déséquilibre prononcé se produit en
faveur du président. Mais le déséquilibre est le lot de tous les montages constitutionnels
parce que tout montage est souvent en décalage avec le réel.

Paragraphe 2 : La classification selon les systèmes de partis


En Europe Occidentale, il y a une différenciation forte des régimes parlementaires
selon les systèmes de partis politiques. Il y a 3 sortes de systèmes de partis :
- Le système à parti unique
- Le système politique à bipartisme
- Le système ou régime politique à multipartisme

1. Les régimes politiques au parti unique


Les régimes politiques à parti unique s’opposent aux régimes de pluralisme
politique. Les régimes de politique unitaire se caractérise par l’existence en droit et en
fait d’un parti qui monopolise le pouvoir.
Le parti unique est dans certains cas censé traduire l’unité nationale ou d’œuvrer
à cette unité.
Les régimes politiques unitaires peuvent être de deux types :

- Régimes politiques totalitaires


- Régimes politiques autoritaires

Le régime totalitaire est celui qui prétend faire triompher une idéologie par des
moyens révolutionnaires. Par exemple dans les ex-Etats socialistes, le régime
entendait réaliser un projet de société, celui qui assure la domination transitoire du
prolétariat sur la bourgeoisie en entendant la disparition des classes sociales. La
caractéristique du régime totalitaire est de ne pas tolérer la contestation, la remise
en cause de son propre projet de société.
Les partis uniques mettent en place des moyens de prestations par l’engagement
idéologique de la population, le monopole des moyens de communication, la répression
des idées ou des courants divergents.
Ces entreprises idéologiques ont souvent aboutit à la négation des libertés et des
droits fondamentaux de l’homme. De manière plus abstraite, le totalitarisme est

-7-
l’entreprise consistant à vouloir imposé une seule ligne de croyance, de pensée et de
comportement à l’ensemble de la société.
On ne peut lutter contre cette propension que par la tolérance.
A la différence des régimes totalitaires, les régimes autoritaires n’ont pas pour
ambition d’imposer une idéologie. Ce sont des régimes dans lesquels le pouvoir est
monopolisé par un homme ou par une oligarchie partisane ou non partisane. Les pays du
tiers monde fournissent des exemples de régimes autoritaires sans ambitions
idéologiques totalitaires. Dans les années 70, les pays d’Europe de l’Ouest étaient dirigés
par des régimes autoritaires (Grèce, Espagne, Portugal).

2. Les régimes politiques à bipartisme


Les régimes politiques où prévaut le bipartisme sont des régimes pluralistes en ce
sens que le multipartisme en est la base. L’existence de deux partis politiques qui
atteignent le pouvoir ou bipartisme est le résultat de caractéristiques nationales
particulières d’une culture politique et aussi d’un mode de scrutin, le scrutin
majoritaire.
Généralement, il n’y a pas seulement deux partis politiques qui existent mais les
autres partis drainent peut d’électeurs et sont en plus écrasés par le mode de scrutin. Le
fait que seulement deux partis politiques monopolisent le champ influe sur le
fonctionnement de l’organisation constitutionnelle. C’est le cas en Espagne, en Grande
Bretagne ou aux Etats-Unis d'Amérique.

-8-
3. Les régimes politiques à multipartismes
Multipartisme et bipartisme font parti du pluralisme politique. Le pluralisme se
définit comme l’acceptation de la compétition entre plusieurs partis politiques pour la
conquête et l’exercice du pouvoir politique dans un Etat. Il repose sur l’acceptation d’une
société plurielle dans laquelle les différences de pensées, d’idéologies, de religions
peuvent s’exprimer. La différence entre multipartisme et bipartisme ne provient pas de
restrictions juridiques mais d’une situation de fait résultant de plusieurs facteurs dont le
système électoral.
Alors que le bipartisme désigne la situation où durablement deux partis
politiques alternent au pouvoir, le multipartisme désigne la situation où une multitude
de partis politiques participent aux élections, en provoquant des incertitudes sur la
possibilité pour un seul parti d’avoir la majorité absolue au parlement et de pouvoir
gouverner seul.
Le multipartisme conduit fréquemment à des gouvernements de coalition parce
que souvent le parti majoritaire au parlement n’obtient pas la majorité absolue. Ce
système conduit souvent à l’instabilité gouvernementale. Mais quelquefois le
multipartisme peut s’accompagner par domination d’un parti politique pendant un certain
temps.

Paragraphe 3 : La classification selon l’intervention des citoyens


La démocratie suppose la participation des citoyens à la décision sur les affaires
politiques. Le niveau de la participation ou les formes de cette participation peuvent être
des indices de bon ou de mauvais fonctionnement de la démocratie. La question de la
participation vient d’une interrogation sur la qualité de la démocratie.
La démocratie se définit d’abord par ses formules institutionnelles et ses
procédures consistant au respect par les acteurs politiques des règles de jeu communes.
Une fois les éléments institutionnels remplis (c'est-à-dire une constitution
garantissant les droits fondamentaux, et la procédure de désignation des gouvernants
par élections), l’attention se rapporte sur la qualité du vécu démocratique, notamment
sur la participation réelle des citoyens aux débats politiques.
La première forme de participation est individuelle et concerne l’exercice du
droit de vote. Deux autres formes de participation que nous pouvons privilégier sont le
référendum et l’action des groupes de pression.

1. Le référendum
Il est considéré comme un mécanisme de démocratie semi-directe. C’est une
procédure par laquelle le peuple intervient dans l’adoption d’une décision.
Mais, le référendum peut être consultatif ou délibératif.
Il est consultatif lorsque le peuple est appelé à donner son opinion.
Il est délibératif lorsque le peuple est appelé à prendre directement la décision.
Certains font la distinction en partant de l’objet du référendum, entre le
référendum normatif et le référendum d’arbitrage.
Le référendum normatif est celui qui intervient dans le domaine
constitutionnel pour l’adoption ou la révision de la constitution, ou qui intervient dans
le domaine législatif, pour ratifier, confirmer ou refuser un texte. Il peut aussi être
utilisé pour l’abrogation d’une loi.
Le référendum d’arbitrage est celui qui amène le peuple à trancher un conflit
apparu dans le fonctionnement de l’Etat.
Le référendum permet de palier l’impossibilité d’appliquer la démocratie directe
(avoir une démocratie non médiatisée par les représentants). En ce sens, il est un
complément au système de démocratie représentative. Toutefois, le référendum a été
pendant longtemps tenu en défaveur pour plusieurs raisons :
- La crainte du conservatisme ou de la versatilité du peuple
- La crainte de révéler un désaccord profond entre le peuple et ses élus
- La crainte d’une dénaturation du référendum en plébiscite

Le référendum peut être prévu dans les textes constitutionnels de manière plus ou
moins large selon l’objet et selon les organes qui en ont l’initiative.
Selon l’objet, le référendum peut être constitutionnel ou législatif, normatif
ou délibératif ou consultatif.

-9-
Selon l’initiative, celle-ci peut être accordée au gouvernement, au parlement
et/ou à une fraction du peuple.
Le recours au référendum s’est accru ces dernières années en Europe.

2. Les groupes de pression


La démocratie est aussi appréciée à l’étalon du dynamisme de ce que l’on appelle
la société civile. La société civile désigne la diversité des organisations situées entre la
famille et l’Etat en dehors des partis politiques qui sont considérés comme relevant du
champ politique. Le citoyen participe à la vie publique non pas seulement en votant mais
aussi à travers des canaux tels que les associations, les syndicats, les clubs, les amicales,
etc. Ces divers organismes peuvent avoir pour objet affiché ou non affiché d’exercer des
pressions sur les pouvoirs publics, sur les partis politiques et les décideurs de manière
générale, etc. Les modalités d’exercice des pressions peuvent différer. Par exemple le
lobbying, campagne de presse, manifestation publiques, etc.
Les groupes de pression peuvent se situer explicitement sur le terrain politique ou
sur un terrain économique, culturel, sportif ou de loisirs. Toutes ces organisations sont
amenées plus ou moins fréquemment à interpeller le pouvoir politique. Elles constituent
en cela un autre canal d’expression du citoyen. Ces organisations peuvent, dans leurs
méthodes et/ou dans leurs buts, volontairement ou involontairement, viser à renforcer la
démocratie libérale ou au contraire, viser à l’éprouver, à la faire rompre, en la mettant
dans l’alternative de tolérer les diverses formes de ménages ou d’être en contradiction
avec ces principes de tolérance.
L’opposition entre société civile et société politique est heuristique, mais en partie
factice. L’aspect positif de cette opposition est de permettre de mesurer le degré
d’expression plurielle et les canaux de participation des citoyens à la vie publique de
manière collective. L’aspect trompeur de cette opposition est de présenter les partis
politiques et les institutions de l’Etat comme les seuls sièges du politique dans une
connotation positive.

- 10 -
Section II : Le régime parlementaire
La plupart des Etats libéraux appliquent le régime parlementaire dit de séparation
souple ou de collaboration des pouvoirs, mais ces régimes fonctionnent dans le cadre soit
d’un parlementarisme majoritaire, soit d’un parlementarisme non majoritaire.

Paragraphe 1 : Le parlementarisme majoritaire


Le qualificatif de majoritaire indique que les institutions fonctionnent dans le cadre
d’élections qui dégagent une majorité de gouvernement en faveur d’un parti politique. On
a deux exemples illustratifs : le bipartisme parfait (en Grande Bretagne) et le bipartisme
imparfait (en RFA).

A. L’exemple de bipartisme parfait : La Grande Bretagne


La Grande Bretagne est le modèle du parlementarisme majoritaire. Elle
connaît un régime de type parlementaire en ce sens que le chef de l’Etat est un
monarque mais le pouvoir est entre les mains du parlement, constitué de deux
chambres : la chambre des communes (avec 651 membres environ) et la chambre
des Lords. C’est le modèle de régime parlementaire marqué par la position
constitutionnelle prééminente du parlement. Le caractère parlementaire du régime se
traduit par : la responsabilité du cabinet (gouvernement) devant le parlement, le
droit de dissolution (qui appartient au 1er Ministre), et en second lieu, le caractère du
parlementarisme moniste, en ce sens que le pouvoir appartient au 1 er Ministre qui ne
répond que devant la chambre des communes.
Le caractère du parlementarisme majoritaire est le produit du mode de scrutin :
- Le scrutin majoritaire à un tour qui maintient deux parties en compétition
pour la formation du gouvernement, en éliminant les autres partis du parlement. Dans ce
mode de scrutin, est déclaré élu celui qui a obtenu le plus grand nombre de voies. Dans
sa signification, le vote n’a pas pour objet de faire connaître ses opinions, mais de
désigner des gouvernants. La Grande Bretagne a toujours connu ce mode de scrutin, de
bipartisme depuis le 17ème siècle.
En réalité, il y a plusieurs partis politiques en Grande Bretagne dont certains sont
représentés dans les assemblées locales. A part le parti conservateur et le parti
travailliste, il y a le parti libéral qui est représenté au parlement et des partis
nationalistes. Mais ces partis n’arrivent pas à avoir de représentation significative au
parlement malgré un nombre important de voix aux élections. L’intérêt de ce mode de
scrutin est double. D’abord il assure une majorité au parlement en faveur d’un parti
politique. Ensuite, il assure une clarté dans ka désignation du 1 er ministre et une stabilité
gouvernementale est assurée par l’existence d’une majorité au parlement par la
discipline traditionnelle au sein des partis et par le facteur popularité du 1 er ministre. Ce
système est en vigueur depuis des siècles et a connu des effets perturbateurs qui l’ont
ébranlé sans parvenir à la mettre en cause. Par exemple en 1974 où aucun des deux
partis n’avait la majorité absolue pour constituer un gouvernement. En 1981, avec la
scission (division) au sein du parti travailliste et la création de la SDR qui ont donné les
élections de 1983.

- 11 -
B. L’exemple de bipartisme imparfait : la RFA
La RFA offre l’exemple d’un bipartisme dit imparfait. Deux partis politiques
s’alternent au pouvoir mais souvent dans une coalition avec un troisième parti.
La constitution de 1949 promulguée qui s’applique à l’Allemagne réunifiée prévoit
un régime parlementaire avec les traits suivants :
 Un parlement composé de 2 chambres :
 Le Bundestag (ou Chambre basse) représentant la population qui
comprend 672 membres élus pour 4 ans.
 Et le Bundesrat ou Conseils des Etats qui comprend 68 membres
désignés par le gouvernement des Länders (16 Etats fédérés)
proportionnellement à la population.
 Un exécutif comprenant un chef d’Etat sans pouvoir et qui est le président
fédéral, élu pour 5 ans par un collège composé de parlementaires des 2
chambres et de délégués élus par la législature des Länders et un Chancelier
ou 1er ministre élu par le Bundestag sur proposition du président.
La constitution reconnaît le multipartisme qui a évolué vers le bipartisme à
partir des élections de 1953 et de 1957 par l’élimination des autres partis qui ont été
absorbés par les 2 grands partis. Les 3 partis qui participaient régulièrement au
gouvernement sont : la CDU/CSU (Union Chrétienne Démocrate et Union Chrétienne
Sociale), le SPD (Parti Social Démocrate) et le FDP (Parti Libéral Allemand).

Il y a plusieurs autres partis politiques qui sont restés longtemps sans


représentants au parlement (le parti communiste interdit par le conseil constitutionnel,
les partis de l’extrême droite, les partis bavarois, le parti des réfugiés,…).
Plus tard apparaîtront d’autres partis qui seront représentés au parlement. C’est le
cas des verts, le PDS (issu du parti communiste de l’ex RDA).
Le mode de scrutin est un scrutin mixte à la fois proportionnelle et
majoritaire. Le caractère mixte du scrutin est illustré par les faits suivants :
- L’électeur à 2 voix et 2 votes : il vote pour choisir un député et pour exprimer
sa préférence pour un parti.
- Une moitié des députés élus dans chaque Länd est désignée au scrutin
majoritaire à un tour.
- Une autre moitié est élue à la représentation proportionnelle.

Ce mode de scrutin comporte 2 collectifs qui permettent d’éliminer les extrêmes.


Pour être représenté au parlement, le parti politique doit soit obtenir 3 sièges directs
pour l’usage des 1ères voix des électeurs, soit obtenir pour l’ensemble du pays 5% des
suffrages exprimés pour l’usage des 2ndes voix des électeurs.
Ce système produit des effets qui se rapprochent du bipartisme mais il n’assure
pas toujours une majorité au parlement en faveur d’un parti.
Par exemple, aux élections de 2002, le SDP avait obtenu 38,5% des voix et 248
sièges, les verts avaient 8,5% des voix avec 55 sièges.
L’avantage de ce système électoral est que le choix du chancelier est dicté par les
élections car le président propose le chef du parti vainqueur pour former un
gouvernement. Souvent, le vainqueur faute de pouvoir former un gouvernement
homogène est appelé à former un gouvernement de coalition. Ce système où deux partis
s’alternent au pouvoir, seul ou après coalition, a connu des perturbations en ce sens qu’il
arrive qu’aucun des 2 partis n’obtiennent une majorité franche. Ainsi, en 1961, le
chancelier Adenauer a dû faire alliance avec le SPD mais un an après, il s’est retiré du
gouvernement et les deux partis ont dû recourir à ce qu’on a appelé compromis
historique en formant une grande coalition CDU/SPD dans le style gouvernement
d’union nationale. La situation a été quasiment le même après les élections législatives
de septembre 2005. Les deux partis ont dû encore recourir à un compromis en forme
de gouvernement d’union nationale.

Paragraphe 2 : Le parlementarisme non majoritaire


La plupart des Etats européens, surtout ceux du Sud, connaissent un
parlementarisme non majoritaire.

A. Les traits du régime parlementaire non majoritaire

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L’expression parlementariste non majoritaire signifie qu’il est rare qu’un parti
obtienne une majorité absolue qui lui permette de former un gouvernement homogène
sans recourir à une coalition de gouvernement. Cette situation s’explique par le nombre
déterminable des partis représentés au parlement.

1. Le nombre de partis représentés au parlement


Contrairement au régime de bipartisme où l’électorat est concentré autour de 2
partis, et dans lequel 3 ou 4 partis obtiennent des sièges au parlement, contrairement à
ce régime, les régimes non parlementaires connaissent la représentation de plus
d’une dizaine de partis à l’Assemblée.
Par exemple, la France comptait, lors des élections législatives de 2007, 16 partis
politiques représentés au parlement auquel il faut ajouter les partis régionaux.
Cette situation explique un second trait : la fréquence des gouvernement de
coalition.

2. La fréquence des gouvernements de coalition


Lorsque l’élection se traduit par un dénombrement d’opinions qui n’exprime pas
un choix de programme politique ou de société, les partis qui ont obtenus le plus grand
nombre de sièges sont contraints de recourir à des alliances pour former un
gouvernement. Le chef d’Etat désignera celui qui peut constituer les alliances, lui
donnant la majorité au gouvernement. Exemple : en Belgique.
Beaucoup d’auteurs critiques ces gouvernements en dehors de la volonté des
électeurs par tractation entre les Etats-majors des partis politiques. La logique du mode
de scrutin peut conduire à former des alliances. Exemple : l’adoption d’une
représentation proportionnelle intégrale met la priorité sur le dénombrement d’opinions
et non pas sur la possibilité de former un gouvernement homogène.

3. Instabilité gouvernementale
Elle est la conséquence des gouvernements de coalition lorsqu’un seul parti
dispose d’une majorité absolue, il applique son programme de gouvernement et cherche
aussi à se maintenir en développant une discipline au sein du parti.
Dans un gouvernement de coalition ou d’alliance après le laborieux compromis sur
le programme de gouvernement, il est encore plus difficile d’établir la discipline et la
solidarité devant les difficultés de mise en œuvre.
La menace de retrait est toujours suspendue sur la tête du gouvernement et
l’empêche d’entreprendre des réformes hardies. Certains collectifs ont pourtant été
imaginés pour lutter contre l’instabilité gouvernementale, mais ces collectifs ne peuvent
pas jouer car ce sont des mécanismes qui ne sont pas destinés à faire face à des
dissensions (discordes) entre alliers.
Par exemple, beaucoup de constitutions ont adopté les traits du régime
parlementaire rationalisé qui vise à limiter les possibilités de mise en jeu de la
responsabilité politique gouvernementale.

- 13 -
B. Exemple de régime parlementaire non majoritaire

1. L’exemple de l’Italie
La constitution du 29 décembre 1947 établit un régime parlementaire marqué
par les faits suivants :
- D’abord un parlement bicaméral comprenant la chambre des députés et le
sénat. Les deux chambres n’ont pas le même pouvoir bien que leurs membres
soient élus selon des régimes électoraux très proches.
- Un exécutif dualiste comprenant un président élu au suffrage indirect par un
collège composé des députés, des sénateurs et quelques représentants des
Régions et un 1er ministre ou président du conseil désigné par le Chef de l’Etat. Le
président n’est pas l’organe actif de l’exécutif, mais il dispose de quelques
pouvoirs réels dont le pouvoir de dissoudre le parlement après avoir entendu les 2
chambres et le pouvoir de désigner le premier ministre. Le gouvernement dirigé
par le 1er ministre doit être investi par le parlement par un veto de confiance. Le
gouvernement est responsable devant le parlement.

Le mode de scrutin pour les élections législatives était la représentation


proportionnelle sans collectifs notables. Ce mode de scrutin produit une
représentation parlementaire sans majorité ferme. Par exemple, en 1992 plus de 12
partis étaient représentés au Parlement. Deux partis politiques obtenaient régulièrement
les plus gros scores. Le parti communiste avait 25% des voix, et le parti
démocratique chrétien avait 40% de voix.
La démocratie chrétienne qui faisait figure de parti dominant était amenée à
composer le gouvernement par des coalitions. Elle a été permanente au gouvernement
sur plus de 40 ans. Ce parti était lui-même mené par des factions internes. Cette division
était favorisée par le système de vote au parlement qui empêchait d’appliquer la
discipline des partis. Les victoires S. Berlusconi en 1994 et d’une coalition de centre
gauche dirigé par Romano Prodi en 1996, ont rompu avec la domination de la
démocratie chrétienne sans sortir des cycles de gouvernement de coalition.
Le changement du système politique et le renouvellement de la classe politique
ont été favorisés par une modification du système électoral en 1993 à la suite d’un
référendum organisé en 1991.
La Représentation proportionnelle a été remplacée par un scrutin
majoritaire à un tour avec un collectif proportionnel, ce qui en fait un scrutin
mixte.
Ce mode de scrutin, en plus des affaires « opération mains propres », a
entraîné la disparition du parti démocratique chrétien et de son protagoniste le parti
communiste italien. Mais en 2006, Berlusconi est revenu sur le mode du scrutin en
réintroduisant la représentation proportionnelle.

2. L’exemple de la Belgique
Le Royaume de Belgique est un autre cas de régime parlementaire marqué par
une certaine permanence du gouvernement de coalition autour de trois grands partis
traditionnels : démocratie chrétienne, parti libéral et parti socialiste.
La constitution établit une monarchie parlementaire mais le système politique
s’est complexifié entre flamands et wallons, avec une petite minorité
germanophone. Le pays a glissé progressivement de l’Etat unitaire vers un Etat
fédéral. Les querelles linguistiques ou nationalistes ont aussi entraîné la division des
grands partis en deux branches flamand et wallons auxquelles s’ajoutent une multitude
d’autres formations, par exemple les écologistes, l’extrême droite, les nationalistes
et les socialistes.
Le système électoral est la représentation proportionnelle qui favorise la
représentation au parlement de plus de 10 partis politiques.
Il en résulte qu’après chaque élection, il faut pour le parti ou la personne
pressentie pour le poste de 1 er ministre, engager de nombreuses tractations pour former
le gouvernement. Les coalitions gouvernementales sont extrêmement fragiles et la
démission d’un ministre allié nécessite souvent des élections anticipées.
Si en théorie le gouvernement est responsable devant le parlement, la réalité est
que son sort dépend de la majorité des Etats-majors des partis politiques. Les Etats-

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majors font et défont les gouvernements sans avoir à passer par des motions de censure
ou des votes de défiance devant la chambre des représentants.
Dans ce contexte, le roi qui propose le 1er ministre désigne la personnalité qui peut
réaliser la coalition du gouvernement, mais pas nécessairement le leader du parti qui a le
plus grand nombre de députés.

3. L’exemple des Pays-Bas


Les Pays-bas sont dans une situation similaire à celle de la Belgique, les querelles
linguistiques en moins. La constitution établit une monarchie parlementaire avec un
parlement appelé Etats généraux composée de 2 chambres appelées la 1ère chambre
et la 2ème chambre.
Un exécutif bicéphale composé du monarque qui a un rôle purement
représentatif et d’un 1er ministre responsable devant le parlement.
La vie politique est marquée par un multipartisme intégral dans lequel émerge
3 grands partis : les démocrates chrétiens, le parti socialiste et le parti libéral. Ces
3 partis réunissent en général 80% des sièges et des voix, sans qu’aucun d’eux ne
puissent obtenir une majorité au gouvernement. La formation de coalition devient le
mode habituel de gouvernement. Cette alliance nécessite souvent d’énormes
négociations et un programme de gouvernement.

4. L’exemple de la France
Le régime politique français est dans une position intermédiaire entre les pays à
régime multipartiste marqué par l’instabilité gouvernementale et les pays dont la vie
politique est marquée par un bipartisme à grande stabilité gouvernementale. Ce régime
présente de grandes originalités dans l’ossature constitutionnelle.
Le 1er trait de particularité est constitué par le régime constitutionnel, lequel a été
établit par la constitution. La constitution de 1958 institue un régime parlementaire
assez classique avec un parlement composé de 2 chambres : le Sénat et l’Assemblée
Nationale. Un exécutif bicéphale comprenant un président et un 1er ministre
responsable uniquement devant l’Assemblée Nationale. Les mesures de rationalisation du
régime parlementaire ainsi que les pouvoirs donnés au président ne signalent pas la
nature du régime parlementaire.
Par contre, la révision constitutionnelle réalisée par référendum le 6 novembre
1962 par référendum pour permettre l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel, va
considérablement modifier le régime. Par exemple, les quelques pouvoirs conférés au
chef de l’Etat vont pouvoir être réinterprétés dans un sens extensif, c'est-à-dire, en
considérant qu’ils sont des pouvoirs propres.
Après cette révision, on considère que le régime politique a changé et est devenu
à la fois mi-parlementaire et mi-présidentiel. La constitution révisée institue une
nouvelle catégorie politique, le régime semi-présidentiel.
Le 2nd trait de particularité provient du fonctionnement du régime dans
l’existence d’une majorité stable, malgré le foisonnement des partis politique. Cette
stabilité est surtout due au mode de scrutin, le scrutin majoritaire à 2 tours.
Ce mode de scrutin, sans éliminer les extrêmes, favorise les grands partis
politiques. Ainsi, de 1958-1981, il a existé une majorité stable de gouvernement autour
du mouvement gaulliste (UDR) allié aux Républicains Indépendants (RI) de Valéry
Giscard d’Estaing. Mais la perte de la présidence par l’UDR au profit de Valéry en
1974 annonçait déjà une recomposition des forces politiques. Cette recomposition était
d’autant plus visible que les partis de gauche s’organisaient dans un programme
commun de la gauche signé en 1972 par le Parti Socialiste (PS) de François
Mitterrand, le Parti Communiste Français (PCF), le Parti Socialiste Unifié (PSU) de
Michelle Rocard, le Mouvement des Radicaux de Gauche (MGR).
La recomposition progressive de la vie politique à partir de 1958 se traduisait par
l’existence de 4 grands partis et 2 blocs plus ou moins nettement définis :
 A droite, le parti gaulliste (UDR et UDF) et leurs alliés.
 A gauche, le parti socialiste et le parti communiste et leurs alliés.
C’est ce qu’on qualifie de multipartisme bipolaire reposant sur un parti ayant la
majorité stable.

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Le jeu politique s’est organisé autour d’une majorité présidentielle, c'est-à-dire
une alliance de partis qui soutiennent l’action du président de la république, celui-ci étant
devenu le noyau du régime à la place du 1er ministre.
Le mode de scrutin, le scrutin majoritaire uninominal à 2 tours oblige les
partis politiques et les candidats à la présidence à se ménager des alliances.
Au 2nd tour, du fait de l’élimination des candidats moins bien placés, les 2
candidats venant en tête doivent compter sur des rapports des voix des électeurs des
candidats éliminés.
Ce mode scrutin pousse à la formation de 2 pôles par proximité sans obliger les
partis à se fondre en bipartisme.
A partir de 1986, le système politique français a révélé ses limites avec le
phénomène de la cohabitation. Ce terme désigne la situation où, le chef de l’Etat et le
1er ministre ne sont plus du même bord politique. C’est une situation où la majorité
parlementaire ne coïncide plus avec la majorité présidentielle. Ainsi, en 1986, le
président était de gauche et le 1 er ministre de droite. Il en fut de même en 1993. Par
contre, en 1997, le président était de droite et le 1er ministre de gauche.
Cet exemple français montre combien le fonctionnement du régime parlementaire
ou semi-parlementaire est tributaire (lié) du fait majoritaire, c'est-à-dire qu’il faut qu’un
parti politique obtienne une majorité au parlement et de préférence une majorité
absolue.
Le système politique français semble évoluer vers un bipartisme imparfait, au lieu
du multipartisme bipolaire avec une opposition entre le PS (parti socialiste) à gauche et
l’héritier gaulliste (l’UMP, l’Union pour un Mouvement Populaire) à droite.

1958-1968 : De Gaule (UDR)


Droite 1969-1974 : Georges Pompidou (UDR)
1974-1981 : Giscard d’Estaing (RI + UDR)
1981-1987 : François Mitterrand (PS)
Socialiste gauche 1987-1995 : François Mitterrand (PS), début de la
cohabitation avec Jacques Chirac (UMP)
1995-2002 : Jacques Chirac (UMP)
Droite 2002-2007 : Jacques Chirac (UMP)
2007-… : Nicolas Sarkozy (UMP)

Cette évolution est favorisée par la perte de l’influence électorale du parti


communiste français. Mais certaines données empêchent la constitution d’un bipartisme
parfait ou imparfait. C’est le maintien à droite d’un parti centriste c'est-à-dire l’UDF (ex
RI) puis Modem de François Bayrou qui est assez fort et d’une extrême droite
composé d’une assise électorale significative (le Front National). Et à gauche, la
montée forcée des écologistes et le maintien d’une position électorale significative du
parti communiste.

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Section 3 : Le régime présidentiel : Le modèle américain
Le régime politique des Etats-Unis d'Amérique est marqué d’une très grande
originalité et l’on peut dire qu’il est unique en son genre. Le caractère de modèle unique
tient à plusieurs facteurs :
 Le caractère fédéral de l’Etat qui intervient dans le jeu d’équilibre des
pouvoirs.
 La fonction de super puissance qui fait que ce pays influence les autres
puisqu’il n’est influencé par les institutions d’aucun pays.
 La prospérité économique du pays qui fait que le système économique
et politique n’est pas remis en cause malgré des inégalités criardes.
 Le système partisan est un bipartisme, comme en Grande Bretagne,
mais qui fonctionne de manière souple.
 Un système électoral qui soutient le bipartisme et qui donne aux
élections présidentielles, le caractère d’une élection au suffrage universel
direct.
 La capacité d’adaptation de la constitution à l’évolution de la société
et des idées par des amendements peu nombreux.
La constitution a été adoptée le 17 septembre 1787 et est entrée en vigueur le
1er janvier 1788.

Paragraphe 1 : Le système de parti politique


A l’instar de la Grande Bretagne, les Etats-Unis d'Amérique connaissent un
bipartisme qui est encore plus marqué qu’en Grande Bretagne. Le jeu politique est
toujours marqué par l’alternance entre le parti démocrate (âne) et le parti républicain
(éléphant).
La spécificité du bipartisme relève de plusieurs traits dont les principaux sont
l’idéologie et le mode de fonctionnement des partis politiques.

1. Sur le plan idéologique


Le bipartisme américain n’est pas traversé par les fractures idéologiques plus ou
moins observées entre socialistes et conservateurs libéraux comme en Europe.
Les partis communistes et socialistes ont tenté de s’y greffer en vain. Il y a eu
certes la répression du parti communiste, mais ce n’est pas l’élément fondamental.
Aux Etats-Unis d'Amérique, les revendications et particularismes sont portés non
pas par les partis politiques mais par des groupes de pressions.
Certes, les démocrates sont présentés comme étant plus de gauche, un parti plus
social que les républicains, taxés de conservateurs et de libéraux. Mais il s’agit en réalité
d’une catégorisation européenne. Chaque partie est traversée par des différences de
sensibilités et de doctrine. Le libéralisme économique et le capitalisme sont largement
acceptés comme bases de la société.

2. Sur le plan des fonctionnements des partis


Les 2 partis sont caractérisés par une souplesse de fonctionnement et par
l’absence de discipline.
La souplesse de fonctionnement se remarque par l’absence d’un appareil
puissant au niveau central. Les partis ont une assise locale, c'est-à-dire dans chaque Etat.
Au niveau fédéral ou central, il y a certes un comité national à la tête de chaque parti,
mais cet organe est sans grands pouvoirs. Une convention nationale se tient tous les 4
ans, mais il s’agit d’un forum et non pas une véritable assemblée nationale décisionnelle
qui dicte une politique à suivre. Les partis politiques jouent beaucoup plus un rôle de
sélection de leaders et de clubs électoraux qu’une fonction programmatique.
L’indiscipline des partis politiques se constate dans l’expression des diversités
des sensibilités au sein de chaque parti.
Elle est favorisée par le système électoral qui fait que l’élection des
parlementaires ne dépend pas des leaders du parti.
Par exemple, un sénateur ne doit pas son mandat au leader du parti même s’il
est président en exercice. L’élection présidentielle n’entraîne pas d’effets sur les autres
élections. Le système électoral et le système majoritaire de listes assurent la domination
des 2 partis, si bien que les campagnes électorales ne reposent pas sur une opposition

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idéologique, mais sur des programmes pragmatiques destinés à maintenir l’électorat
traditionnel et à convaincre de nouveaux électeurs.

Paragraphe 2 : La stabilité absolue de l’exécutif


L’attrait du régime présidentiel américain est dû à la stabilité de l’exécutif. Celui-ci
est monocéphale et irresponsable devant le parlement.

1. Le monocéphalisme de l’exécutif
Le président incarne à lui seul, tout l’exécutif, il n’y a pas de dualisme entre
président et ministre. Il choisit librement ses ministres qui sont ses collaborateurs. Les
ministres ne sont pas choisis parce qu’ils sont leaders de partis politiques ou des
représentants d’ailes de tendance d’un parti politique. Seul le vice président est choisi en
tant que leader pouvant faire gagner le ticket président.
La seule limite aux libres choix des ministres est la nécessité d’approbation du
Sénat ou la nomination à certains hauts postes (FMI, chef de la CIA, du FBI). Il n’y a
pas de gouvernement mais un cabinet.
Le président est tout puissant et cette puissance est favorisée par sa désignation
au suffrage universel, juridiquement indirect mais en fait, quasiment direct.
Les éléments de sa puissance sont :
 Il détient un pouvoir réglementaire.
 Il est chef de l’administration.
 Il est responsable de la politique étrangère.
 Il est le commandant en chef des armées.
 Ses Secrétaires d’Etat sont révocables à tout moment.
Le président est élu par un collège d’électeurs présidentiels de 538 membres
correspondant au nombre des membres du congrès.
Les candidats sont désignés au sein des 2 partis politiques soit par des primaires,
soit par des caucus selon la procédure retenue dans chaque Etat. La phase finale dans
chaque parti est la réunion d’une convention en juillet-août pour investir le candidat.
Les élections primaires consistent à faire intervenir les électeurs d’un parti dans la
sélection des candidats à la candidature. Ces primaires peuvent être fermés ou
ouvertes. Elles sont fermées si les électeurs doivent déclarer préalablement leur
appartenance au parti. Elles sont ouvertes si les électeurs peuvent prendre part au vote,
pour tous ceux qui le veulent et le peuvent. Elles sont semi-ouvertes si, peuvent y
prendre part tous ceux qui veulent participer au vote.
Les caucus sont en principe les assemblées d’adhérents du parti. Les adhérents
se réunissent en Assemblée pour désigner le candidat.
La particularité de ces 2 formes, est que lors des élections primaires ou de ces
assemblées (caucus), il est élu par des délégués à la convention qui doivent élire le
candidat. Chaque candidat se bat pour réélire le plus grand nombre de délégués élus en
son nom. Mais il y a aussi les supers délégués constitués des élus et des cadres de parti
qui participent à la convention en étant libre de leur vote. Dans la mesure où chacun se
présente au choix comme étant délégué au nom d’un candidat, le choix des délégués
indique déjà qui sera choisi comme candidat au nom du parti. Il revient donc à la
convention du parti qui est une réunion des délégués de choisir le candidat du parti. Le
président du parti choisit son colistier c'est-à-dire le candidat à la vice présidence. Le
président en exercice, s’il se représente, est en principe dispenser de faire les primaires.
L’élection du président des Etats-Unis d'Amérique se présente comme une
compétition entre les 2 candidats des 2 partis. Mais un candidat peut présenter en
indépendant par le dépôt de pétition dans un cadre des Etats.
Le président est élu au scrutin de la liste majoritaire à un tour. Les grands
électeurs se réunissent le mardi qui suit après le 1er lundi de novembre pour élire le
président. Cette réunion est en principe formelle parce que l’on sait, au vue des résultats
des élections des grands électeurs, quel est le candidat qui est élu.
En résumé, la logique de ce système peut se présenter comme suit :
 Ce sont les Etats qui élisent leur président.
 Chaque Etat désigne ses mandataires pour aller à l’élection du président.
 Pour désigner ses mandataires, chaque Etat organise des votes au scrutin
majoritaire de liste.
 Les membres de la liste élus par l’Etat ont un mandat impératif.

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En cas d’égalité, il revient au Congrès de désigner le président.
L’avantage du système est que le président élu est désigné comme élu au
suffrage universel. Il a la légitimité d’un président élu au suffrage universel.

2. L’irresponsabilité du président devant le parlement


La constitution garantit au président l’irresponsabilité politique devant les
Chambres du Congrès. Les Chambres ne disposent ni de la motion de censure, ni du
vote de défiance pouvant entraîner la démission du président. De plus, le président
dispose du droit de veto qui est un moyen de se défendre face au parlement. Mais les
situations d’affront entre le président et le Congrès sont rares.
Le président est non seulement irresponsable mais il a aussi la garantie de
déterminer et de conduire sa politique sous réserve d’obtenir le veto de son budget et
des crédits spéciaux nécessaires.

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Chapitre 2 : Les institutions politiques en Afrique
L’étude des institutions politiques des Etats africains doit être replacée dans le
contexte spécifique de ce continent.
L’Afrique est composée d’une cinquantaine d’Etats ayant accédés à
l’indépendance très récemment. L’Afrique fait partie de ce que l’on a appelé pays du
tiers monde. Les pays du tiers monde étaient composés d’Etats venus tard sur l’arène
mondiale parce qu’ils étaient colonisés, dominés par les pays européens et d’Amérique
du Nord. Le système socialiste et le système libéral étaient les deux modèles
d’institution politique qui s’offraient à eux après la 2 nde Guerre Mondiale. Au départ, les
Etats du tiers monde notamment ceux d’Amérique latine et d’Afrique se doteront
d’institutions de type libéral de forme parlementaire ou présidentiel.
Les principes du gouvernement démocratique seront ainsi consacrés par emprunt
culturel des élites et par rejet des institutions politiques, sociales et traditionnelles. C’est
après la 2nde guerre mondiale que l’on verra se développer des emprunts du système
socialiste ou de tendances socialistes.
Dans l’ensemble, si le modèle de démocratie libérale était dominant, il était
manifeste qu’il y avait des difficultés d’application de ce modèle. Cette inadaptation avait
conduit à un rejet du système parlementaire aussi bien en Amérique latine qu’en Afrique.
Ce rejet se traduisait par l’adoption du régime de type présidentialiste inspiré du
régime présidentiel américain ou du régime parlementaire rationalisé. Certains des pays
du tiers monde avaient prétendu rejeter à la fois les deux modèles. Exemple : la Libye
(partant de source coranique avec la troisième voix).

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