Produits financiers et taux d'intérêt
Produits financiers et taux d'intérêt
Dans ce chapitre, nous introduisons les principaux produits existant en finance, leur valorisation et leur
actualisation. Dans toute la suite, le temps sera mesuré en fractions d’années,.
1 Actualisation
Rappel. On considère un actif financier de valeur Vt ou tout instant t ∈ [0, T ] (ou t ∈ J0, T K si l’on travaille
à temps discret). Alors, entre deux instants s et t, s < t,
— le rendement de l’actif vaut, Rs,t = V t−VVs
s
;
— l’intérêt porté par l’actif vaut Is,t = Vt − Vs = Vs Rs,t . La valeur de l’actif à t est donnée par la relation-
clé :
Vt = Vs (1 + Rs,t ). (1)
a
t
Vt = V0 1 + r0,t .
e
e
3. taux exponentiel, noté r0,t , si 1 + R0,t = etr0,t , et l’on a donc
e
Vt = V0 etr0,t .
1
e Ln(1+R0,t )
Or si le rendement était induit par un taux exponentiel on aurait aussi r0,t = t , ce qui montre
e a
que que l’on a aussi r0,t ≂ r0,t . En revanche, pour un taux actuarielde 10%, on remarque qu’il y a
une différence non négligeable entre le taux actuariel et le taux proportionnel correspondant au même
rendement.
6. Usuellement, on tient compte des années bisextiles dans l’expression des taux. Par exemple on obtient un
résultant différent en plaçant 50ke le 22/12/2002 à 10% à échéance le 22/03/2003 et si on place la même
somme le 22/12/2003 à échéaance le 22/03/2004 à 10 %. On exprime sous la forme nb où n =nombre de
jours et b = base 365 ou 366.
0 t
Figure 1 – Flux sortant à 0, entrant à t : on a prêté une somme N à 0 (flux sortant), et on a reçu un retour
sur investissement à t (flux entrant).
0 t
Figure 2 – Flux entrant à 0, sortant à t : on a emprunté une somme N à 0 (flux entrant), et on a payé un
remboursement à l’instant t (flux sortant).
Définition 3. On fixe une date t > 0 et un rendement R0,t pour le numéraire entre 0 et t, c’est-à-dire, N
unités de numéraire placées à 0 valent N (1 + R0,t ) à t. Ce rendement peut être induit par un taux proportionnel,
actuariel ou exponentiel. Ce taux est alors appelé taux du marché, il est connu à l’instant 0 et ne dépend que
de t. Le facteur d’actualisation correspondant est le coefficient
1
ρ0,t = ·
1 + R0,t
2
N p
N (1 + tr0,t )
0 t
N a
N (1 + r0,t )t
0 t
N e
N etr0,t
0 t
Figure 3 – On a placé une somme N à 0 (flux sortant), et on a reçu un retour sur investissement à t corres-
pondant à un taux proportionnel (haut), actuariel (milieu) et exponentiel (bas).
Définition 4. Soit T > 0, et DT un ensemble de dates de [0,T ]. La courbe des taux correspondante à DT est
la donnée des (ρ0,t , t ∈ DT ).
Exemple 1. un tableau de la courbe des taux Euribor donne la valeur des (ρ0,t , t ∈ DT ) pour T = 1 an, et DT
= 1 mois, 3 mois, 6 mois, 10 mois.
Remarque 2. Si le type de taux (proportionnel, actuariel ou exponentiel) qui induit le rendement est fixé, il
a
est équivalent de se donner les (ρ0,t , t ∈ DT ) et les (r0,T , t ∈ DT ), si c’est par exemple un taux actuariel.
Le facteur d’actualisation forward ρ0,t1 ,t2 peut être vu comme une anticipation vue de 0, de ce que sera le
facteur d’actualisation entre t1 et t2 . Par ailleurs, le rendement forward satisfait clairement
Suivant que le type de taux qui induit les rendements, on peut définir naturellement les taux forward corres-
pondants,
Définition 6. Soient deux dates 0 < t1 < t2 .
a
— Le taux actuariel forward r0,t1 ,t2
entre t1 et t2 est défini par la relation
a
(1 + r0,t1 ,t2
)t1 −t2 = (1 + R0,t1 ,t2 ).
3
p
— Le taux proportionnel forward r0,t1 ,t2
entre t1 et t2 est défini par
p
R0,t1 ,t2 = (t2 − t1 )r0,t1 ,t2
.
En particulier, dans le cas de taux proportionnels on peut facilement montrer que pour tous 0 < t1 < t2 ,
p ρ0,t1
(t2 − t1 )r0,t1 ,t2
= − 1, (2)
ρ0,t2
voir l’Exercice 12 de la feuille de TD 2.
1 ρ0,t1
Remarque 3. Pour tout 0 < t1 < t2 , on a ρ0,t1 ,t2 −1= ρ0,t2 − 1.
Remarque 4. Une courbe des taux croissante amène à anticiper une hausse future des taux. En effet (par
a a a a
exemple dans le cas de taux actuariels), si r0,t2
> r0,t1
, alors r0,t1 ,t2
> r0,t2
, autrement dit, le taux à 1 mois
dans 1 mois est plus grand que le taux à 2 mois, puisque
a
(1 + r0,t )t2 a
(1 + r0,t )t2
a
(1 + r0,t1 ,t2
)t2 −t1 = 2
a )t1 > 2 a
a )t1 = (1 + r0,t2 )
t2 −t1
,
(1 + r0,t1
(1 + r0,t2
2 Opportunité d’arbitrage
Nous allons maintenant formaliser l’idée d’opportunité d’arbitrage, déjà abordée précédemment de manière
intuitive. Dans la suite, on modélise l’incertitude sur le prix des actifs risqués considérés par un espace de
probabilité (Ω, F, P). Pour un événément A ⊂ F, on notera “A p.s.” pour “A se produit presque-sûrement”, soit
P (A) = 1.
Définition 9. On dit qu’il existe une Opportunité d’Arbitrage (OA) sur [0, T ] si il existe un portefeuille de
valeurs (Vt , t ∈ [0, T ]) tel que
1. V0 = 0 ;
2. ∀t ∈ [0, T ], Vt ≥ 0 p.s. ;
3. P (VT > 0) > 0.
En d’autres termes, une OA est un portefeuille initialement vide, qui sans jamais être à découvert, peut
possiblement rapporter un flux positif à maturité. En d’autres termes, on peut (avec probabilité positive) créer
de la valeur à partir du vide.
4
Définition 10. On dira que le marché est dans l’absence d’Opportunité d’Arbitrage (absence d’OA) si il
n’existe pas de portefeuille vérifiant une OA.
Remarque 6. Un placement de numéraire n’est en aucun cas une OA, puisqu’il a une valeur initiale positive.
Proposition 1. On fait l’hypothèse d’absence d’OA. Pour tout couple d’actifs de valeurs respectives Vt1 , t ∈ [0, T ]
et Vt2 , t ∈ [0, T ] ,
1. VT1 ≥ VT2 p.s. =⇒ Vt1 ≥ Vt2 , ∀t ∈ [0, T ], p.s. ;
2. VT1 = VT2 p.s. =⇒ Vt1 = Vt2 ∀t ∈ [0, T ], p.s..
Démonstration. On commence par montrer la première assertion. On suppose que P VT1 ≥ VT2 = 1. Supposons
qu’à un certain instant (discret) t ∈ J0, T − 1K, on a P Vt1 < Vt2 > 0. On constitue alors à t, le portefeuille
suivant :
— Sur l’événement {Vt1 < Vt2 }c , le portefeuille est vide (valeur 0) ;
— Sur l’événement {0 < Vt1 < Vt2 }, on fixe
Vt1
< α < 1, et θ := (1 − α)Vt1 Vt2 ,
Vt2
on contracte une dette de (−Vt1 ) d’actif 2, et on achète une quantité (αVt2 ) d’actif 1 et une quantité θ
de numéraire ;
— Sur l’événement 0 = Vt1 < Vt2 , on contracte une dette de 1 part d’actif 2, une part d’actif 1 et Vt2 de
numéraire.
Ce portefeuille constitue alors une opportunité d’arbitrage entre t et T . En effet, sur {Vt1 < Vt2 } ∩ {Vt1 > 0} la
valeur du portefeuille à t est
Wt = θ − Vt1 Vt2 + αVt2 Vt1 = 0,
et la valeur à T est
D’un autre côté, sur {0 < Vt1 < Vt2 } la valeur de portefeuille à t est
et la valeur à T est
On a donc P (Wt = 0) = 1 et
P (WT > 0) =P {WT > 0} ∩ {0 < Vt1 < Vt2 } + P {WT > 0} ∩ {0 = Vt1 < Vt2 }
>0,
puisque P 0 < Vt1 < Vt2 ou P 0 = Vt1 < Vt2 sont nécessairement positifs. Le portefeuille constitue bien une
opportunité d’arbitrage.
3 Les obligations
Définition 11. Une obligation est un prêt donnant lieu à des remboursements par coupons. Le prêteur prête
à l’emprunteur un capital P à t = 0. En contrepartie, l’emprunteur s’engage à verser au prêteur aux dates
t1 < t2 < · · · < tn , des sommes C1 , ..., Cn appellées coupons ou annuités. Figure 4 en montre les flux du point
de vue de l’emprunteur. Les paramètres de l’obligation sont donc (P, t1 , . . . , tn , C1 , . . . , Cn ), et sont fixés à t = 0.
Pn
En général, P n’est pas égal à la somme des remboursements, i.e. on n’a pas P = i=1 Ci .
5
P
C1 C2 C3 Cn
...
0 t1 t2 t3 tn = T
Figure 4 – Les flux d’une obligation de paramètres (P, t1 , . . . , tn , C1 , . . . , Cn ), du point de vue de l’emprunteur.
P
I1 I2 I3 In + R
...
0 t1 t2 t3 tn = T
Figure 5 – Les flux d’une obligation à l’échéance de paramètres (P, t1 , . . . , tn , I1 , . . . , In , R), du point de vue
de l’emprunteur.
6
Pn f est strictement décroissante sur R+. De plus, f est clairement continue sur R+ et l’on a f (0) =
Donc
i=1 Ii + R et lim f (x) = 0. Le théorème des valeurs intermédiaires conclut la preuve avec (4).
x→+∞
Remarque 7. Comme f est strictement décroissante, si r1 < r2 , alors P1 = f (r1 ) > f (r2 ) = P2 . Donc
l’obligation de taux r1 est plus avantageuse pour l’emprunteur que celle de taux r2 : en effet, on peut emprunter
plus de liquidités avec les mêmes conditions de remboursement, puisque les paramètres R, Ii et ti , i ∈ J1, nK,
induisent la même fonction f .
En pratique, on choisit souvent les dates de flux régulièrement espacées dans le temps. i.e., il existe ∆t > 0
tel que pour tout i ∈ J0, n − 1K,
ti+1 − ti = ∆t .
Définition 13. Dans le contexte de pas de temps constant ∆t , pour tout i ∈ J1, nK, le taux facial τti à ti de
l’obligation à l’échéance de paramètres (P, t1 , . . . , tn , I1 , . . . , In , .) est défini par la relation
Ii = P ∆t τti .
Comme les coupons correspondent à des versement d’intérêts, on a bien pour tout i ∈ J1, nK,
et l’on peut interpréter le taux facial de la façon suivante : du point de vue du prêteur , le placement de la
somme P (toujours intégralement due par l’emprunteur à ce stade) rapporte, entre ti−1 et ti , l’intérêt Iti−1 ,ti
induit par un taux proportionnel τti .
Proposition 3. Supposons que la valeur de remboursement égale le capital emprunté, i.e., R = P , que les
coupons soient constants et versés tous les ans, i.e., pour tout i ∈ J1, nK, Ii = C et ti = i∆t = i. Alors, le taux
actuariel de l’obligation est donné par
C
r= · (7)
P
Démonstration. En spécialisant (8) dans ce contexte, nous obtenons que
n n i
X C P X 1 P
P = i
+ n
=C + ·
i=1
(1 + r) (1 + r) i=1
1+r (1 + r)n
On a donc
n+1
1 1
1
Xn
1
i
1+r − 1+r
P 1− =C =C
(1 + r)n 1
1 + r 1 −
i=1 1+r
n+1
1 1
(1 + r) 1+r − 1+r C
1
=C = 1− ,
r r (1 + r)n
7
Proposition 4. Soit l’obligation à l’échéance de paramètres (P, t1 , . . . , tn , C1 , . . . , Cn ). On suppose toujours que
la valeur prêtée est inférieure ou égale à la valeur totale de remboursement, i.e.,
n
X
P ≤ Ci .
i=1
Dans le cas classique où la valeur de remboursement total égale le capital emprunté, et en supposant un pas de
temps constant égal à 1, le taux actuariel a une interprétation simple, comme le montre le résultat ci-dessous.
i.e., les intérêts sont obtenus en multipliant le taux constant α par le capital restant dû juste avant la
date de paiement.
Alors on a α = r : le taux constant α est nécessairement le taux actuariel de l’obligation.
Démonstration. Commençons par remarquer que pour tout i ∈ J1, nK,
i−1
X n
X i−1
X n
X
Pi = P − Ak = Al − Ak = Ak ,
k=1 l=1 k=1 k=i
où l’on a utilisé (9) pour i = n dans la deuxième égalité. La relation (Qn−1 ) est donc vérifiée.
8
Supposons maintenant que pour un certain ℓ ≤ n − 2, (Qℓ+1 ) soit vraie. On a en d’autres termes,
n ℓ+1 n
X Ck X Ck X Aj
k
= k
+
(1 + α) (1 + α) (1 + α)ℓ+1
k=1 k=1 j=ℓ+2
ℓ n
X Ck 1 X
= + Cℓ+1 + Aj
(1 + α)k (1 + α)ℓ+1
k=1 j=ℓ+2
ℓ n n
X Ck 1 X X
= + Aℓ+1 + α Al + Aj
(1 + α)k (1 + α)ℓ+1
k=1 l=ℓ+1 j=ℓ+2
ℓ n
X Ck 1 X
= + (1 + α) Aj
(1 + α)k (1 + α)ℓ+1
k=1 j=ℓ+1
ℓ n
X Ck X Aj
= + ,
(1 + α)k (1 + α)ℓ
k=1 j=ℓ+1
où l’on a utilisé (9) au rang i = ℓ + 1 dans la troisième égalité. Ceci montre (Qℓ ) au rang ℓ. La relation (Qℓ ) est
donc vérifiée pour tout ℓ ∈ J1, n − 1K. Appliquons cette relation pour ℓ = 1. Nous obtenons
n n
X Ck C1 X Aj
k
= +
(1 + α) (1 + α) j=2 (1 + α)
k=1
n
1 X
= C1 + Aj
1+α j=2
n n n
1 X X X
= A1 + α Ak + Aj = Ak = P,
1+α j=2
k=1 k=1
en utilisant encore (9) dans la troisième égalité. Cette dernière relation implique que α = r par le résultat
d’unicité de la Proposition 4.
Sous les hypothèses de la Proposition 5, le taux actuariel équivalent a donc une interprétation très simple :
à chaque période, l’intérêt versé égale ce taux fois le capital restant dû.
Remarque 9. Pour une obligation à l’échéance, on a :
— Pour tout i ∈ J1, n − 1K, Ai = 0 et donc Ci = Ii et Pi = P ;
— An = R, et donc Cn = R + In et Pn = P .
Il est alors immédiat de voir que la Proposition 5 généralise la Proposition 3 au cas d’une obligation générale.
La valeur de marché est donc la VAN des coupons versés du point de vue du prêteur, c’est-à-dire, la valeur
à 0 des flux entrants qu’il recevra. Comme l’obligation coûte de fait P au prêteur, en général P = Vm (ce que
rapportera un produit, vu d’aujourd’hui, doit être égal à ce qu’il faut débourser pour l’acquérir aujourd’hui,
sinon il y a une opportunité d’arbitrage). En pratique, néanmoins, on peut avoir P < Vm (i.e. le coût effectif du
produit pour le prêteur est moins élevé que sa VAN), si on estime qu’il y a un risque de défaut, i.e., l’emprunteur
risque d’arrêter de rembourser son prêt (en raison d’une faillite, par exemple).
Définition 16. Pour tout t ≥ 0, Le zéro coupon de maturité t est l’obligation qui ne reverse qu’un seul coupon
C1 = 1 à t1 = t. Voir la figure 6. La valeur de marché d’un zéro-coupon est donc
B(0, t) := Vm = C1 ρ0,t1 = ρ0,t . (11)
Avec (11), (10) devient donc
k
X
Vm = Ci B(0, ti ).
i=1
9
B(0, t) 1
0 t
4 Les swaps
Dans un swap (“échange”, ou “troc”), on ne considère plus un prêteur et un emprunteur mais deux contre-
parties qui échangent quelque chose à t = 0.
3. À s1 , . . . , sm le payeur reçoit des intérêts variables (calculés par exemple à partir de l’Euribor) donnés
par
CVsj = P ∆sj rsj−1 ,sj , j ∈ J1, mK,
où pour tout j, rsj−1 ,sj est le taux d’intérêt proportionnel (inconnu à t = 0, et donc aléatoire) qui aura
cours pour l’Euribor à la date du sj−1 , à échéance sj . En pratique, on estimera rsj−1 ,sj par le taux
proportionnel forward correspondant r0,sj−1 ,sj .
En particulier, il est classique de suppose que les pas de temps soient constant, et donc que
Proposition 6. On fait l’hypothèse d’un pas de temps constant (en t et en s) et d’une échéance commune
T = n∆t = m∆s . Alors,
10
1. Du point de vue du payeur, la VAN du swap est
n
!
X
VAN = P 1 − ρ0,T − r∆t ρ0,ti .
i=1
Ensuite, pour tout j ∈ J1, mK on estime CVsj , qui est inconnu, par
ρ0,sj−1
CVsj = P ∆s r0,sj−1 ,sj = P
d −1 ,
ρ0,sj
où l’on a utilisé (2) dans la deuxième égalité. On estime alors la VAN des flux variables par
m
X
[ variable = CVs1 ρ0,s1 +
VAN ds ρ0,s
CV j j
j=2
m
1 X ρ0,sj−1
=P − 1 ρ0,s1 + R − 1 ρ0,sj
ρ0,s1 j=2
ρ0,s1
= P (1 − ρ0,s1 + ρ0,s2 − ρ0,s2 + ρ0,s3 · · · − ρ0,sm ) = P (1 − ρ0,sm ) = P (1 − ρ0,T ).
5 Les options
On fixe un sous-jacent (action, obligation, bon du trésor, taux de change, ...) dont on note St la valeur à
tout instant t ≥ 0 donné.
Définition 17. Un actif conditionnel de maturité T sur le sous-jacent de prix (St , t ∈ [0, T ]) est un actif
financier de valeur V0 à t = 0 et qui libérera le flux VT , fonction de ST à l’instant t = T .
11
Démonstration. On est dans l’alternative suivante,
— Si ST < K, A n’empoche rien,
— Si ST ≥ K, A achète une unité de sous-jacent au prix K, et peut la revendre immédiatement à sa valeur
de marché ST . Il réalise donc le bénéfice ST − K.
Dans tous les cas, A réalise le bénéfice (ST − K)+ .
Remarque 10. En général les options sont contractées pour des quantités importantes de sous-jacent. Le flux
à T n’est pas pas borné, et quand St >> K on parle d’effet levier puisque le bénéfice pour A peut être très
important.
12
5.4 Options composites
Comme on l’a vu, le flux libéré par une option d’achat n’est pas borné - d’où un risque important pour le
vendeur V (effet levier). Pour limiter ce phénomène, on peut souscrire à des portefeuilles composites formé de
plusieurs puts/calls,
Définition 20 (Bull Spread). Un Bull Spread (BS) est un portefeuille composé d’un call de maturité T et de
prix d’exercice K, et d’une dette en call de maturité T de prix d’exercice K ′ , K ′ > K. Les deux options ont
donc la même maturité, et sont établies sur le même sous-jacent. On dit alors que l’acheteur est long sur la
première option et court (short) sur la deuxième.
Le détenteur du BS est dans l’alternative suivante :
— Si ST < K, il ne se passe rien ;
— Si K ≤ ST < K ′ , alors il joue le rôle de A dans la première option, i.e., il achète au prix K une unité de
valeur ST ;
— Si K ′ ≤ ST , alors il joue le rôle de A dans la première et de B dans la deuxième , i.e. il achète une unité
au prix K et en vend une au prix K ′ .
Définition 21 (Spread Butterfly). Un Spread Butterfly (SB) est un portefeuille composé d’un call de prix
K1 + K2
d’exercice K1 , un call de prix d’exercice K2 , et d’une dette sur 2 calls de prix d’exercice K3 , où K3 >
2
avec K1 < K3 < K2 . Toutes les options ont la même maturité T , et sont établies à partir du même sous-jacent.
Remarquons que A possède alors la somme ST − F à T , puisqu’il a dépensé F pour un produit qui vaut ST .
Cette quantité peut être négative.
Remarque 11. On définit de la même façon un contrat futur sur des devises. Par exemple, on se met d’accord
que A achètera à T un dollar pour une valeur en euros fixée au temps 0.
Proposition 9. Sous l’hypothèse d’absence d’OA, le prix d’exercice du contrat futur est donné par
S0
F = ,
ρ0,T
VT1 = ST
VT2 = F + (ST − F ) = ST .
En appliquant encore une fois la Proposition 1, on obtient en particulier que V01 = V02 , soit S0 = F ρ0,T , d’où le
résultat.
13