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Voltaire et l'esclavage dans Candide

Dans le chapitre 19 de 'Candide', Voltaire dénonce l'esclavage à travers la rencontre entre Candide et un esclave noir à Surinam, mettant en lumière la cruauté et l'inhumanité du système esclavagiste. La description sobre de l'esclave, ainsi que son discours résigné, soulignent la brutalité de son traitement et l'hypocrisie des valeurs religieuses et sociales de l'époque. Ce chapitre marque un tournant dans l'évolution de Candide, qui commence à rejeter l'optimisme de Pangloss face à cette réalité tragique.

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Voltaire et l'esclavage dans Candide

Dans le chapitre 19 de 'Candide', Voltaire dénonce l'esclavage à travers la rencontre entre Candide et un esclave noir à Surinam, mettant en lumière la cruauté et l'inhumanité du système esclavagiste. La description sobre de l'esclave, ainsi que son discours résigné, soulignent la brutalité de son traitement et l'hypocrisie des valeurs religieuses et sociales de l'époque. Ce chapitre marque un tournant dans l'évolution de Candide, qui commence à rejeter l'optimisme de Pangloss face à cette réalité tragique.

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Candide, le nègre de surinam, chap XIX

Introduction :
Dans votre introduction :
1 – Evoquez Voltaire en l’inscrivant dans le siècle des Lumières
2 – Présentez Candide
3 – Situez le passage à étudier dans l’oeuvre (chapitre 19 : Candide et Cacambo quittent le
pays d’Eldorado avec le projet de retrouver Cunégonde. Mais en faisant route vers Surinam,
colonie hollandaise située en Guyane, ils rencontrent un esclave noir).
4 – Rappelez votre problématique et lisez le texte.
5 – Annoncez le plan de votre lecture analytique.

Questions possibles sur le chapitre 19 de Candide :


♦ Quels sont les procédés utilisés par Voltaire pour dénoncer l’esclavage ?
♦ Voltaire cherche-t’il à convaincre ou à persuader ?
♦ Que critique Voltaire dans ce chapitre 19 de Candide ?
♦ Commentez les registres présents dans ce passage.

I – La sobriété de la description de l’esclave

A – La sobriété du portrait
Alors que le chapitre 18 de Candide consacré à L’Eldorado s’achevait sur le mot « félicité »,
Candide rencontre dès le début du chapitre 19 un esclave dans un état lamentable. Cette
rencontre produit un contraste saisissant et replonge le héros dans la cruelle réalité.
On aurait pu s’attendre à une description chargée d’émotion, mais le portrait de l’esclave reste
sobre. Seuls quelques détails marquants sont rapportés, l’émotion du narrateur étant
concentrée dans l’adjectif « pauvre ».
La sobriété de la description fait ressortir le pathétique de la scène :
‘Ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de son
habit, c’est à dire d’un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la
jambe gauche et la main droite. »
Le narrateur juxtapose les descriptions vestimentaires et celles des mutilations en mettant ces
deux faits sur le même plan (d’autant plus que l’absence de vêtements est évoquée avant les
mutilations). Cette juxtaposition des faits sans aucune hiérarchisation fait ressortir l’horreur
de la situation. La nudité de l’esclave est mise en relief par le restrictif « ne…que » (« n‘ayant
plus que la moitié de son habit ») et par la rectification ironique apportée par le narrateur : « la
moitié de son habit, c’est à dire d’un caleçon ». Alors que le lecteur imagine d’abord un habit
complet, le narrateur réduit ce dernier à presque rien (un caleçon), soulignant que le nègre de
surinam est en réalité pratiquement nu.

B – Les explications résignées de l’esclave


L’esclave se contente de renseigner Candide de façon calme et résignée. A la question émue
et indignée de Candide, il répond de façon purement informative.
Il évoque l’usage : « Quand nous travaillons aux sucreries et que la meule nous attrape le
doigt, on nous coupe la main; et quand nous voulons nous enfuir, on nous coupe la jambe. »
Voltaire n’a pas inventé ces châtiments corporels. Certaines expressions sont reprises presque
mot pour mot du code Noir en vigueur à l’époque. Le code noir prescrivait qu’un esclave
devait recevoir deux habits de toile par an et que l’esclave fugitif avait le « jarret coupé ».
L’expression « c’est l’usage » ainsi que l’emploi du présent de vérité générale suggère une
logique de répétition. L’esclave n’a fait que se soumettre à la loi.
L’emploi du pronom impersonnel « on » renforce l’universalité de ce traitement horrible.
L’esclave n’est pas victime d’un maître particulièrement cruel : c’est l’ensemble des maîtres,
de façon indifférenciée, qui applique ces règles impitoyables.
La juxtaposition des faits et de leur conséquence, mise en relief par un parallélisme de
construction, fait ressortir leur brutalité des châtiments :
« Quand nous…on nous coupe…quand nous…..on nous coupe ». Cette répétition ôte tout
caractère exceptionnel à ces châtiments cruels. Le nègre de Surinam ne se plaint pas. Il
évoque sa situation sans pathos et sans animosité envers son maître. Ce discours résigné fait
ressortir la brutalité du traitement qui lui est infligé.

II – L’infamie de la traite des noirs

A – La logique économique de l’esclavage


La logique économique de l’esclavage est dénoncée par Voltaire dans ce chapitre 19. Ce
dernier campe des personnages stéréotypés : le bourreau cruel, M. Vanderdendur et l’esclave,
victime impuissante.
Le nom « Vanderdendur » est un nom portrait qui réduit le négociant à sa caractéristique
principale : celle d’être un vendeur qui a la dent dure. L’allitération en « d » contenue dans
son nom le présente d’emblée comme un être cruel et antipathique (le « d » est une consonne
occlusive aux sonorités dures)
Voltaire crée un contraste saisissant entre le traitement de l’esclave et la finalité de
l’esclavage : « c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe ».
Voltaire joue sur le double sens du mot prix. Les européens sont en effet intéressés par le prix
commercial du sucre, mais ce prix commercial se fait au prix d’un sacrifice humain pour les
esclaves. La noblesse européenne est donc dans le viseur de Voltaire qui établit un lien de
cause à effet entre leurs exigences (un prix bas du sucre) et la traite infamante des esclaves.
Le discours de l’esclave dénonce également les marchands qui trompent les familles noires.
L’esclave rencontré par Candide a ainsi été vendu par sa famille dix patagons, somme
dérisoire, mais les trafiquants n’ont pas hésité à faire croire à sa famille qu’elle s’était enrichie
(« tu fais par là la fortune de ton père et de ta mère ») et à les endormir avec des promesses
trompeuses (« ils te feront vivre heureux » : le futur de l’indicatif met en exergue les fausses
promesses).

B – L’hypocrisie de la religion
A travers le discours de l’esclave, Voltaire dresse une critique sévère de l’Eglise catholique.
Il met à jour le paradoxe hypocrite qui consiste à convertir les noirs et à prétendre qu’ils sont
égaux aux blancs alors que dans les faits, ils sont traités comme des animaux.
L’énumération grotesque d’animaux met en exergue l’injustice qui est faite aux noirs, encore
moins bien traités que des bêtes. Cette injustice est soulignée par l’hyperbole « mille fois
moins malheureux que nous » :
« Les chiens, les singes et les perroquets sont mille fois moins malheureux
que nous ».
L’esclave énonce un syllogisme perturbant : la religion catholique enseigne que tous les
hommes sont enfants d’Adam; les Noirs sont donc les cousins germains des Blancs, par
conséquents les Noirs devraient être traités par les Blancs comme des frères.
Le nègre de Surinam met en relief la profonde contradiction de la religion catholique et révèle
l’hypocrisie des blancs qui n’appliquent pas la religion qu’ils enseignent.
Les « fétiches » sont des objets matériels adorés mais désignent ici les prêtres de la religion
catholique. A travers ce terme, Voltaire se moque des prêtres.
III – L’évolution de Candide

A – Une critique de l’optimisme


L’optimisme prôné par Pangloss est dénoncé subtilement dans ce chapitre 19 de Candide.
Tout d’abord, ce chapitre 19 suit immédiatement le chapitre 18 relatif à L’Eldorado. Le
contraste entre la misère de l’esclave et les richesses, la paix, l’harmonie d‘Eldorado éclate de
façon encore plus saisissante.
Ensuite, l’esclave retranscrit le discours que lui a tenu sa mère lorsqu’elle l’a vendu aux
esclavagistes. Or ce discours ressemble en tout point à celui de Pangloss :
« Mon cher enfant, bénis nos fétiches, adore les toujours, ils te feront vivre heureux; tu as
l’honneur d’être esclave de nos seigneurs les blancs, et tu fais par là la fortune de ton père et
de ta mère. »
Tout comme Pangloss prêche l’acceptation de l’ordre établi comme « le meilleur des mondes
possibles », la mère de l’esclave fait de leur condition misérable un « honneur ».

B – Le changement de Candide
Ce spectacle pathétique émeut profondément Candide qui s’exclame à la vue de l’esclave : «
Eh ! Mon Dieu ! Lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l’état horrible
où je te vois ? ».
Cette réaction ne surprend guère de la part de Candide, personnage bon et empathique.
L’intensité de son émotion est soulignée par la ponctuation expressive (exclamations et
interrogations) et l’adjectif « horrible ».
Le discours du nègre va produire un effet très fort sur candide. Pour la première fois dans le
conte philosophique, Candide critique les enseignements de Pangloss :
« O Pangloss ! S’écria Candide, tu n’avais pas deviné cette abomination; C’en est fait, il
faudra qu’à la fin je renonce à ton optimisme. »L’adjectif possessif « ton » (« ton optimisme
») implique le recul de Candide par rapport à la philosophie de Pangloss qu’il ne fait plus
sienne et commence même à mépriser.
Enfin, à Cacambo qui lui demande naïvement « qu’est-ce qu’optimisme ? », Candide dépeint
une maladie : « Hélas ! […] C’est la rage de soutenir que tout est bien quand on est mal. »

Conclusion :
Dans ce chapitre 19 de Candide, Voltaire met à jour le caractère ignoble et infamant de
l’esclavagisme. En mêlant descriptions pathétiques et ironie, il s’évertue à secouer la bonne
conscience des Européens.
La rencontre avec le nègre de Surinam est également l’occasion de dénoncer l’optimisme de
Pangloss.
Ce chapitre 19 marque une étape décisive dans l’évolution de Candide : pour la première fois,
il rejette les enseignements de Pangloss et fait preuve d’un certain pessimisme.
Ce texte s’inscrit dans le combat des philosophes des Lumières contre l’intolérance et
l’injustice. On ne peut s’empêcher, à la lecture du chapitre 19 de Candide, de penser aux
arguments avancés contre l’esclavage par Montesquieu dans L’esprit des Lois (« De
l’esclavage des nègres », L’Esprit des lois, XV,
Autre plan possible : Comment Voltaire fait-il un blâme de
l’esclavage à travers ce texte?

I - Un constat
Le récit de la rencontre avec le nègre est fait par le narrateur qui semble ne pas prendre partie
et donner les choses telles quelles se sont passées.
Les paroles de l'esclave ont cette même tonalité d'acceptation de son sort en fonction d'une
même réglementation.

a) Un constat dans le récit


- Le " ils " désigne Candide et son valet Cacambo. Rencontre de trois personnages, Candide et
Cacambo en mouvement et le nègre qui est étendu par terre. Il y a donc opposition entre
liberté de mouvement des uns et immobilité de l'autre.
- La présentation du nègre est faite sans apitoiement d'abord à travers des détails
vestimentaires " la moitié de son habit " puis indication de sa mutilation. Tout est mis sur le
même plan.

b) Constat dans les paroles de l'esclave


- Affirmation d'une attitude de soumission, de passivité "j'attends mon maître"
- Explication calme et détaillée de " l'usage ". Symétrie de la construction de la phrase et
résultat obtenu sans aucune émotion.
- La constat n'est pas seulement de sa situation personnelle mais il établit l'histoire de tous les
esclaves. Cependant après la parole résignée de l'esclave, le nègre va donner la parole à sa
mère (Rappel des propos de sa mère en employant le style direct).

c) Cependant, présence d'une parole vivante, la mère au style direct. Ce n'est pas un
constat, c'est un rappel émouvant du passé.

II - L'ironie

Cette ironie se révèle dans le décalage entre la l'objectivité du constat et l'horreur de la


situation décrite.
- Dans la logique de l'usage.
- Dans la relation établie entre l'esclave et l'économie.

a) Une priorité aberrante, l'accent est mis sur " l'absence de la moitié de l'habit ".
Il y a là une distorsion ironique qui insiste sur la situation réelle de l'esclave.

b) L'ironie apparaît aussi dans le choix de certains termes à double sens " fameux " différent
au terme valorisant illustre, célèbre : il est dépréciatif. Vandedendur est rendu célèbre par sa
cruauté.

c) Insistance détachée sur les closes du contrat établit par l'usage (= mutilation
systématique) " je me suis trouvé dans les deux cas ". C'est un formalisme administratif que
met en relief Voltaire par le ton faussement détaché, l'horreur n'en n'est que plus perceptible.

d) Relation entre l'esclave et le sucre. Raccourci efficace " c'est à ce prix que vous manger
du sucre en Europe ". Ici aussi distorsion, décalage entre notion de plaisir en Europe et vie
inhumaine pour les esclaves.
e) Insistance sur l'hypocrisie des prêtres.
Le mot "fétiche" est une impropriété de terme afin d'éviter la censure.
Voltaire met en évidence la contradiction " nous sommes tous enfants… " alors qu'on pratique
l'esclavage. Cette contradiction trahit l'hypocrisie des prêtres.

III - Les différents éléments de la dénonciation

L'émotion de Candide souligne l'horreur de l'état dans lequel se trouve l'esclave et cette
horreur ne peut inspirer que de la pitié. Voltaire fait ainsi appel à la sensibilité de son héros et
à travers lui à celle du lecteur.

a) Pourquoi dénoncer l'esclavage


- parce que l'esclavage est un traitement dégradant
- dégradation sur le plan social, l'esclavage est la propriété d'un autre homme.
- dégradation sur le plan moral et spirituel : la langue, la religion.

b) Dénonciation de l'illusion Optimiste qui conduit à l'esclavage à cause de l'attitude de sa


mère. L'esclave renverse même le système des valeurs fondamentales : Esclave = honneur. Il
est recommandé par la mère.

c) Dénonciation de l'esclavage qui est un système brutal et cruel parce qu'il exploite la
souffrance pour la plaisir de quelques privilégiés : " c'est à ce prix ….. en Europe ".

Quelques figures de style à éventuellement commenter :


Voltaire montre l'horreur de
l'esclavagisme : on mutile pour faire
Ironie (l.15) "C'est à ce prix que vous mangez
baisser le prix du sucre
Euphémisme du sucre en Europe "
->argument déjà prit par
Montesquieu
Voltaire met en valeur les
(l.5) "mon dieu" (l.18) "bénit" (l ;20)
Champ lexical de contradictions entre les fondements
"seigneur" (l.27) "Adam" (l.29)
l'Eglise de la religion et le traitement des
"fétiches"
noirs.
Patronyme à Vanderdendur, libraire hollandais,
double sens avec lequel Voltaire s'est accroché.
(l.9) " Venderdendur "
Allitération "Vendeur à la dent dure" souligne le
Assonance caractère cruel du négociant.
(l.7) "maître" "Venderdendur" (l.8) Forte présence du négociant
Champ lexical
"négociant" (l ;19) "fétiches" (l.20) exprime la domination du blanc
du négociant
"seigneur" (l.21) "Les blancs" sur le noir ; à l'époque.
(l.19) "ils te feront vivre heureux" <->
Contradiction entre les idées de leurs
Paradoxe (l.13-14) "attrape le doigt coupe la
parents et le traitement du nègre.
main, on s'enfuie coupe la jambe"

Voltaire fait passer à travers le nègre un message très fort. Il montre bien les difficultés
rencontrées par les esclaves.
(l.2) "moitié habit" (l.4) "pauvre
Citation péjorative, Nègre dénigré ? emploi
Homme" (l.3-11) "caleçon de toile" (l.6)
vision réductrice. d'adjectifs péjoratifs.
"état horrible"
(l.2) "n'ayant plus" (l ;17) "ma mère me Traite des noirs
Litote
vendit dix écus patagons" (l.3-11) "un En ce temps-là , la toile était faite
Ton implicite
caleçon de toile" pour envelopper la marchandise.
Enumération (l.23) " les singes , les chiens , les Les noirs sont moins bien traités
perroquets " (l ;24) "sont mille fois plus que les animaux qui eux sont
Litote heureux que nous" respecté pour leur obéissance.
(l.29 à 30) "Or vous m'avouerez qu'on ne
Cela montre qu'un noir n'est pas
Ironie peut pas en user d'une manière plus
respecté en tant qu'homme .
horrible avec ses parents"
(l .12à14) "quand la meule nous attrape
Code noir de 1685
le doigt on nous coupe la main , quand
Parallélisme Cela va à l'encontre des préceptes
nous voulons nous enfuir on nous coupe
de la bible
la jambe"
Répétition Voltaire insiste une fois de plus
(l ;1,8,10) "le nègre"
expressive sur le thème de l'esclavage.

La vision du noir est très sombre, morbide. On se demande comment ils font pour vivre.

Conclusion :

Cet extrait de Candide est basé sur le constat de l'infamie de la traite négrière. Il décrit de
manière authentique la cruauté des négociants. Au premier abord, le fait que le point de vue
soit externe tend à nous faire penser que le constat est neutre. L'étude de ce texte nous montre
que c'est Voltaire qui s'exprime à travers le nègre. C'est pourquoi on peut dénoter de l'ironie,
notamment quand Voltaire traite de la religion. Comme nous l'avons dit auparavant, le constat
paraît neutre. Pourtant la description très crue de la mutilation des nègres et du négoce de
ceux-ci suscite un sentiment de révolte et d'indignation chez le lecteur. Toutes les figures de
style montrent une très bonne organisation du texte. C'est pourquoi nous pouvons déduire que
ce texte participe fortement au combat de Voltaire contre l'intolérance et l'injustice.

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