Thème: La nomenclature bud-
gétaire
Présenté par :
DEMBA KEÏTA
Sekou bougadary Traore
NOUHOUM MARADOU
Fatoumata Dia
Awa Keïta
Yacouba THIERO
Sali Nantoumé
Souleymane Daou
Awa keita
Awa Ba
Alimata Traoré
Alpha Dia
Labassy Ouare
Modibo Coulibaly
Youba Traoré
Mahalmadane Touré
La nomenclature budgétaire est un outil fondamental dans la gestion
des finances publiques. Elle désigne l’ensemble des règles et classifica-
tions utilisées pour organiser et structurer les dépenses et recettes de
l’État, des collectivités publiques et des organismes publics. Véritable
instrument de transparence et de contrôle, elle permet non seulement
d’assurer une allocation efficace des ressources publiques, mais aussi
de garantir la traçabilité et la rigueur dans la gestion des fonds publics.
Le Budget Citoyen 2024 met en lumière l’importance de cet outil pour
expliquer aux citoyens les allocations budgétaires et les priorités gouver-
nementales.
Cependant, la complexité de cette nomenclature, souvent perçue
comme un langage technique réservé aux spécialistes, suscite des dé-
bats sur sa compréhension et son efficacité. Dans un contexte où les
exigences de performance et de responsabilité sont de plus en plus
fortes, il devient crucial de se pencher sur l’évolution de la nomenclature
budgétaire, ses enjeux, ainsi que ses limites et ses perspectives d’adap-
tation aux réalités économiques et sociales contemporaines. Dès lors, il
convient de se demander : en quoi la nomenclature budgétaire contri-
bue-t-elle à la bonne gestion des finances publiques et quelles sont les
principales difficultés qu’elle soulève ?
La nomenclature budgétaire un pilier de la transparence et de l’efficacité
de la gestion publique au Mali.
Elle joue un rôle fondamental en permettant de structurer les recettes et
les dépenses de l’État de manière ordonnée et compréhensible. Cet ou-
til constitue également une base essentielle pour le suivi, le contrôle et
l’évaluation des politiques publiques dans un pays confronté à des défis
complexes, comme la lutte contre la pauvreté, le financement des infra-
structures, ou encore la stabilisation politique et sécuritaire.
Dans ce contexte, nous explorerons d’abord les principes et objectifs de
la nomenclature budgétaire au Mali, avant d’en examiner les limites et
les défis, ainsi que les pistes pour son amélioration.
Le Mali, comme de nombreux pays, a mis en place une nomenclature
budgétaire pour structurer son budget national, optimiser l’utilisation de
ses ressources et assurer la bonne gouvernance.
Dont les objectifs sont
-La clarification des dépenses et recettes : Elle permet une classification
claire des dépenses et recettes de l’État, ce qui facilite la compréhen-
sion du budget par les citoyens et les institutions.
-Suivi et contrôle budgétaire : En offrant un cadre structuré pour les opé-
rations budgétaires, elle facilite les contrôles internes et externes, assu-
rant que l’argent public est utilisé conformément aux prévisions.
-Planification efficace : La nomenclature permet de prévoir et d’allouer
les ressources nécessaires à chaque secteur d’activité de l’État, comme
l’éducation, la santé, ou l’infrastructure.
-Conformité aux standards internationaux : La nomenclature budgétaire
au Mali suit des normes qui sont en accord avec les principes du
Système Comptable de l’État (SCE), harmonisés avec les normes inter-
nationales de gestion financière publique.
Cependant La nomenclature budgétaire au Mali se compose de plu-
sieurs niveaux de classification qui permettent de structurer le budget de
manière détaillée :
-Les chapitres : Les chapitres sont les divisions principales du budget,
représentant des catégories globales de dépenses ou de recettes. Par
exemple, un chapitre peut être consacré aux « Dépenses de fonctionne-
ment » (salaires, fournitures) ou aux « Investissements publics » (infra-
structures, équipements).
-Les articles : Chaque chapitre est subdivisé en articles, qui détaillent
des catégories spécifiques de dépenses ou de recettes. Par exemple,
dans un chapitre sur les dépenses de fonctionnement, un article pourrait
être consacré aux « salaires des fonctionnaires », tandis qu’un autre
pourrait concerner les « dépenses liées aux transports ».
-Les sections : Certaines nomenclatures, comme celle utilisée par l’État
malien, peuvent inclure des sections distinctes pour les dépenses et les
recettes, ce qui permet de suivre séparément l’origine et l’utilisation des
fonds publics.
-Les programmes et actions : La nomenclature budgétaire au Mali re-
pose également sur un système de programmes et d’actions. Un pro-
gramme représente une politique publique spécifique (par exemple, un
programme pour l’éducation ou un programme pour la sécurité), et
chaque programme est divisé en actions précises qui en permettent la
mise en œuvre (construction d’écoles, formation des enseignants, etc.).
De plus la nomenclature budgétaire malienne repose sur des bases juri-
diques solides, notamment les directives de l’UEMOA et des lois natio-
nales, comme le décret n°2014-0694 portant nomenclature budgétaire
de l’État. Ses objectifs sont multiples.
D’abord une structuration claire des finances publiques
La nomenclature budgétaire établit une classification rigoureuse des re-
cettes et des dépenses, permettant une meilleure compréhension des
flux financiers de l’État.
Recettes :
Les recettes de l’État malien sont divisées en recettes intérieures (im-
pôts, taxes, dividendes) et recettes extérieures (dons, annulations de
dettes). En 2024, les recettes intérieures atteignent 2 296,3 milliards
FCFA, représentant 96 % des ressources totales, avec une contribution
importante des recettes fiscales (2 071,4 milliards FCFA).
Dépenses :
Les dépenses sont classées selon leur nature :
Dépenses courantes (67,9 % du budget général en 2024), incluant les
salaires des fonctionnaires et les transferts sociaux.
Dépenses en capital (24 %), destinées à financer des infrastructures
comme les routes ou les hôpitaux.
Frais financiers (7,6 %), couvrant les intérêts de la dette.
Ce découpage facilite l’analyse des priorités nationales. Par exemple, le
Mali consacre 18,2 % de son budget 2024 à l’éducation et 14,9 % à la
défense, reflétant les besoins en sécurité et en développement humain.
La transparence est un objectif central de la nomenclature budgétaire,
comme en témoigne l’élaboration du Budget Citoyen 2024, qui simplifie
les informations pour les rendre accessibles au grand public. Cet effort
s’inscrit dans la loi n°2013-031 sur la transparence dans la gestion des
finances publiques, qui exige que les citoyens soient informés de ma-
nière régulière et compréhensible.
Le Budget Citoyen explique, par exemple, que les principaux revenus
fiscaux proviennent des impôts directs et des taxes sur la valeur ajoutée
(TVA), tandis que les dépenses sont orientées vers des secteurs priori-
taires comme la santé ou l’éducation.
Depuis la mise en œuvre du budget-programme en 2017, la nomencla-
ture budgétaire lie chaque dépense à des objectifs mesurables. En
2024, le budget est structuré autour de 139 programmes, 328 actions et
1 177 indicateurs de performance. Cette approche permet de suivre l’im-
pact des investissements, comme le Programme d’urgence routier
(14,225 milliards FCFA) ou le Projet d’amélioration du secteur d’électrici-
té (23 milliards FCFA).
Voici un exemple simplifié de la nomenclature budgétaire au Mali :
• Chapitre 01 : Dépenses de personnel
• Article 01.01 : Salaires des fonctionnaires
• Article 01.02 : Primes et indemnités
• Article 01.03 : Contributions à la retraite
• Chapitre 02 : Dépenses de fonctionnement
• Article 02.01 : Achats de fournitures
• Article 02.02 : Entretien et maintenance des équipements
• Chapitre 03 : Investissements publics
• Article 03.01 : Construction d’infrastructures (routes, ponts)
• Article 03.02 : Achat d’équipements lourds (machines,
véhicules)
• Chapitre 04 : Recettes fiscales
• Article 04.01 : Impôt sur le revenu
• Article 04.02 : Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)
• Article 04.03 : Taxes douanières
Ce système permet une ventilation claire des ressources et une affecta-
tion précise des dépenses, ce qui facilite le suivi et le contrôle malgré
ses atouts, la nomenclature budgétaire malienne rencontre des difficul-
tés qui limitent son efficacité.
Outils associés à la nomenclature budgétaire au Mali
La nomenclature budgétaire du Mali est soutenue par plusieurs outils et
systèmes permettant de gérer et de suivre le budget de manière efficace
:
• SIGFIP (Système Intégré de Gestion des Finances Pu-
bliques) : C’est un outil informatique essentiel qui aide à l’élaboration, à
l’exécution et au suivi des finances publiques au Mali. Il permet de gérer
les dépenses et recettes selon la nomenclature budgétaire.
• Le Plan Comptable de l’État (PCE) : Il définit les règles comp-
tables applicables aux opérations financières de l’État et s’assure que la
nomenclature budgétaire est respectée lors de l’enregistrement des
opérations comptables.
Bien que la nomenclature budgétaire au Mali joue un rôle crucial dans la
gestion des finances publiques, plusieurs défis subsistent :
• Manque de ressources humaines qualifiées : La mise en
œuvre efficace de la nomenclature nécessite une formation continue
des agents publics afin de garantir une bonne gestion des finances pu-
bliques.
• Fraude et détournement de fonds : Malgré les efforts de
transparence, la fraude et la corruption restent des défis majeurs, né-
cessitant une vigilance accrue des autorités compétentes.
• Adaptation aux nouvelles technologies : Le Mali fait face à un
retard dans l’adoption complète de technologies modernes de gestion fi-
nancière, ce qui limite l’efficacité de la nomenclature budgétaire.
- Suivi des dépenses dans un contexte de crise : Le pays tra-
verse une période de crise sécuritaire et économique, ce qui complique
la gestion des dépenses publiques et la mise en œuvre des pro-
grammes budgétaires.
De plus les documents budgétaires, bien qu’enrichis par des outils
comme le Budget Citoyen, restent souvent complexes et techniques.
Par exemple, des notions comme “dotations budgétaires” ou “pro-
grammes de comptes spéciaux du Trésor” nécessitent une expertise, li-
mitant ainsi la participation citoyenne.
Cette complexité affecte également les parlementaires, qui doivent exa-
miner les budgets en détail mais manquent parfois des ressources né-
cessaires pour effectuer un contrôle rigoureux.
Rigidité face aux priorités modernes
La nomenclature actuelle segmente les dépenses par secteur (santé,
éducation, défense) mais peine à intégrer des enjeux transversaux
comme la transition écologique. Par exemple, les dépenses liées au dé-
veloppement durable sont dispersées dans plusieurs catégories, ce qui
complique leur suivi.
Manque de transparence dans certaines pratiques
Certaines pratiques financières, comme les reports budgétaires ou l’utili-
sation des fonds spéciaux, réduisent la transparence. En 2024, les
comptes spéciaux du Trésor enregistrent une baisse de 38,44 %, sou-
vent liée à des ajustements comptables peu accessibles au grand pu-
blic.
Défis technologiques et organisationnels
La modernisation des outils de gestion budgétaire reste un défi. Bien
que des systèmes comme SIGTAS (gestion fiscale) soient en place,
l’automatisation complète du suivi budgétaire est encore incomplète.
Cela limite l’analyse en temps réel et l’identification des anomalies finan-
cières.
Pour renforcer l’efficacité de la nomenclature budgétaire, plusieurs amé-
liorations peuvent être envisagées :
• Simplification et pédagogie : Développer davantage d’outils
comme le Budget Citoyen et organiser des formations pour les parle-
mentaires et les citoyens afin de démystifier les concepts budgétaires.
• Flexibilité : Introduire des classifications transversales pour
mieux suivre des priorités comme la transition écologique ou l’égalité de
genre.
• Renforcement technologique : Intégrer des outils numériques
avancés pour l’analyse et le suivi des finances publiques, comme l’intel-
ligence artificielle pour détecter les incohérences.
• Transparence accrue : Publier des rapports détaillés sur les
comptes spéciaux et renforcer les audits indépendants pour éviter les
pratiques opaques.
En conclusion la nomenclature budgétaire est un outil clé pour structu-
rer, analyser et communiquer les finances publiques au Mali. Elle reflète
les priorités du gouvernement et constitue un levier pour la transparence
et la redevabilité. Cependant, ses limites, notamment en termes de com-
plexité et de flexibilité, montrent qu’elle doit évoluer pour répondre aux
besoins contemporains.
Avec des réformes adaptées, elle pourrait devenir un pilier encore plus
fort de la bonne gouvernance, favorisant une gestion publique efficace
et inclusive. Ces efforts contribueront à renforcer la confiance des ci-
toyens et des partenaires internationaux dans la gestion financière du
Mali, tout en soutenant le développement durable et la stabilité du
[Link] permet une meilleure organisation des dépenses et recettes,
assurant ainsi la transparence et la responsabilité dans l’utilisation des
fonds publics.
Cependant, des efforts sont nécessaires pour renforcer la capacité des
institutions financières, moderniser les outils de gestion et lutter contre
la corruption, afin d’assurer une gestion optimale des ressources pu-
bliques dans le pays.
Le renforcement de la gouvernance budgétaire au Mali, en particulier
grâce à l’adoption de nouvelles technologies et à la formation des ac-
teurs publics, pourrait contribuer à une gestion plus efficace des fi-
nances de l’État et à la réalisation des objectifs de développement du
pays.
Dans quelle mesure les principes de la nomenclature budgétaire pour-
raient-ils être appliqués à la gestion financière des entreprises privées
ou des organisations internationales ?