Université de Strasbourg
M1 Topologie algébrique
P. Guillot, bureau 314, guillot@[Link]
Topologie algébrique – exercices
1. Sur le chapitre 1
Exercice 1. Montrer que deux intervalles ouverts non-vides de R sont toujours homéomorphes. On
pourra commencer par montrer que la relation « être homéomorphe » est une relation d’équivalence.
Exercice 2. 1. Soit Y un espace topologique, et X ⊂ Y . Montrer que l’ensemble des parties
de X de la forme U ∩ X, où U est ouvert dans Y , est une topologie sur X.
2. Si Y est en fait un espace métrique, montrer que la topologie induite sur X (comme dans
la question précédente) est tout simplement celle donnée par la restriction de la distance
de Y .
Exercice 3. Soit Y un espace métrique et X ⊂ Y une partie compacte. Montrer directement, en
utilisant des suites, que X est fermée dans Y .
Exercice 4. Soit X un espace topologique compact. Montrer que :
1. Si F ⊂ X est fermé, alors F est compact ;
2. Si f : X −→ Y est continue, alors f (X) est compact (pour la topologie induite par Y ).
On pourra le faire pour des espaces métriques d’abord, puis passer au cas général.
Exercice 5. Écrire les 26 lettres de l’alphabet, vues comme des parties de R2 , et repérer lesquelles
sont homéomorphes (la réponse dépend de votre écriture).
Vous pourrez ensuite essayer de regrouper les lettres par type d’homotopie (après avoir lu le
passage correspondant). Pour démontrer que deux lettres n’ont pas le même type d’homotopie,
vous allez parfois trouver qu’il est difficile d’être rigoureux. Les outils des chapitres suivants, et le
groupe fondamental en particulier, vous permettront de terminer ce travail.
Exercice 6. Soit U un ouvert de Rn contenant 0 et étoilé en 0, c’est-à-dire que pour tout u ∈ U ,
on a [0, u] ⊂ U . Montrer par des exemples qu’un rayon émanant de 0 peut intersecter ∂U en
plusieurs points, et que ∂U n’est pas forcément homéomorphe à S n−1 .
Exercice 7 (Le lemme du recollement). Soit X et Y des espaces topologiques. On suppose
que X = A ∪ B, et que f : X −→ Y est une fonction dont la restriction à A ou à B est continue.
1. Si A et B sont tous les deux ouverts, montrer que f est continue sur X.
2. Même chose en supposant que A et B sont tous les deux fermés.
3. Même chose avec A ouvert et B fermé ?
Exercice 8. En discutant des homotopies, nous avons parlé de X × [0, 1], et sous-entendu que
c’était un espace topologique. Selon ce que vous avez fait précisément en L3, c’est peut-être plus ou
moins évident, donc voici un exercice pour éclaircir les choses.
Soit X et Y des espaces topologiques. On définit une topologie sur X × Y en déclarant que Ω ⊂
X × Y est ouvert si et seulement si c’est une union d’ensembles de la forme U × V , avec U ouvert
dans X et V ouvert dans Y .
1. Vérifier que c’est bien une topologie.
2. Si X et Y sont des espaces métriques, proposer plusieurs distances « naturelles » sur X × Y ,
et vérifier qu’elles donnent toutes la même topologie, qui est celle ci-dessus.
3. Vérifier que les projections p : X × Y −→ X, p(x, y) = x et q : X × Y −→ Y , q(x, y) = y,
sont continues.
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4. Vérifier que, si Z est un autre espace topologique et si f : Z −→ X × Y est une fonction,
alors f est continue si et seulement si p ◦ f et q ◦ f sont continues.
Exercice 9 (La projection stéréographique). Sur la sphère S n ⊂ Rn+1 , nous appellerons
« pôle nord » le point N = (0, 0, . . . , 0, 1) et « pôle sud » le point S = (0, 0, · · · , 0, −1). Compléter
l’esquisse suivante. Soit P le plan tangent à S n dans Rn+1 , passant par le « pôle sud » ; tirer
une droite passant par le « pôle nord » et par un point x de la sphère, alors elle coupe P en un
point p(x). Ceci donne un homéomorphisme S n − {N } −→ P ∼ = Rn , que l’on appelle la projection
stéréographique.
Exercice 10. Trouver une partie de R3 homéomorphe à S 1 × S 1 .
Exercice 11. Soit A ⊂ R2 l’union du cercle de centre x1 = (0, 0) et de rayon 1 et du cercle de
centre x2 = (2, 0) et de rayon 1 (qui est tangent au précédent). Par ailleurs soit X = R2 − {x1 , x2 }.
Montrer par un dessin qu’il existe une rétraction de X sur A.
Exercice 12. Soit T = R2 /Z2 le tore, comme dans le cours. On note
A = {(x, y) | x ∈ Z ou y ∈ Z} ⊂ R2 ,
et
1 1
C= (n + , m + ) | n, m ∈ Z ⊂ R2 .
2 2
1. Montrer par un dessin qu’il existe une rétraction de R2 − C sur A, qui est compatible avec
l’action de Z2 .
2. Soit p : R2 −→ T l’application quotient. À l’aide de la question précédente, décrire le type
d’homotopie de T − p(C) le mieux possible.
Exercice 13 (Le plan projectif réel). Soit I l’identité de Rn+1 . Le groupe à deux éléments G =
{±I} agit sur la sphère S n , et on note RP n := S n /G. Cet espace est appelé l’espace projectif réel
de dimension n, et pour n = 2, on dit que RP 2 est plan projectif réel. On voit aussi souvent la
notation Pn (R), mais pas dans les livres de topologie.
1. Montrer que l’action de G est discrète.
2. Trouver un domaine fondamental. Pour n = 2, utiliser ce domaine pour montrer que l’on
peut penser à RP 2 comme à un carré sur lequel on a fait des identifications au bord (un
peu comme le tore).
Exercice 14 (La bouteille de Klein). Soit G le sous-groupe du groupe de toutes les isométries
de R2 engendré par α et β, où
α(x, y) = (x + 1, y)
et
β(x, y) = (1 − x, y + 1) .
1. Montrer que β −1 αβ = α−1 .
2. Montrer que tout élément de G s’écrit αn β m avec n et m uniques. En fait G est un produit
semi-direct Z o Z, si vous savez ce que c’est.
3. Montrer que l’action est fermée.
2
4. Montrer que U = ]0, 1[ est un domaine fondamental.
5. Décrire K = R2 /G de la manière la plus concrète possible. Là encore, on montrera que l’on
peut penser à cet espace comme à un carré avec des identifications au bord.
L’espace K est appelé la bouteille de Klein.
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2. Sur le chapitre 2
Exercice 15. 1. Utiliser la « projection stéréographique » (voir l’exercice 9) pour montrer le
fait suivant. Soit N = (0, 0, . . . , 1) le « pôle nord » dans S n ⊂ Rn+1 ; il existe un homéo-
morphisme
f : Rn −→ S n − {N }
avec la propriété que f (x) tend vers N à mesure que kxk tend vers +∞.
2. En déduire que B n /S n−1 est homéomorphe à S n .
Exercice 16. Reprendre les lettres de l’alphabet comme dans l’exercice 5. À partir de chaque
lettre, écraser successivement plusieurs parties contractiles jusqu’à obtenir un espace homéomorphe
à l’union de n cercles tous tangents en un même point (on parle souvent de « bouquet de cercles »).
Dans la suite, nous montrerons que l’entier n détermine complètement le type d’homotopie d’un
tel bouquet, et donc nous aurons complètement classifié les lettres de l’alphabet à homotopie près.
Question ouverte : imaginer un énoncé plus général, concernant les espaces topologiques qu’on
peut décrire comme des « graphes » (on vous laisse aussi imaginer une définition), et leur type
d’homotopie ; démontrer cet énoncé par récurrence sur le nombre de sommets.
3. Sur le chapitre 3
Exercice 17. Montrer que c ? e ' c, pour tout chemin c, où e est le chemin constant en c(1) (c’est
une propriété énoncée sans démonstration dans le cours).
Exercice 18. Soit X connexe par arcs. On dit que X est simplement connexe lorsque π1 (X) = 1.
Montrer qu’il y a équivalence entre
1. X est simplement connexe,
2. si c1 et c2 sont des chemins quelconques (pas forcément des lacets !) dans X, tels que c1 (0) =
c2 (0) et c1 (1) = c2 (1), alors c1 ' c2 rel {0, 1}.
Exercice 19. Soit X « l’espace en forme de 8 », formé de deux cercles tangents.
1. Trouver deux applications continues ι1 , ι2 : S 1 −→ X, et deux autres p1 , p2 : X −→ S 1 ,
telles que pi ◦ ιj est un homéomorphisme si i = j, mais est constante si i =
6 j.
2. En déduire une propriété algébrique du groupe π1 (X) qui montre qu’il n’est pas trivial, et
pas isomorphe à Z non plus. Énoncer des conséquences pour le type d’homotopie de X.
Exercice 20. Soit X un espace tel que X = U ∪ V avec U et V ouverts et simplement connexes,
et U ∩ V connexe par arcs. On choisit un point x0 ∈ U ∩ V , et tous les lacets considérés ci-dessous
sont basés en x0 .
1. Montrer, en utilisant un argument de compacité, que pour tout chemin c dans X, il existe
une subdivision t0 = 1 < t1 < t2 < · · · < tn = 1 de [0, 1] telle que c([ti , ti+1 ]) ⊂ U
ou c([ti , ti+1 ]) ⊂ V .
2. Montrer qu’un lacet c quelconque dans X est homotope à un lacet dans U ∩ V .
3. Conclure que X est simplement connexe.
On appelle ce résultat le « théorème spécial de Van Kampen », cas particulier du théorème
de Van Kampen traité dans le chapitre.
4. Montrer que, pour n ≥ 2, la sphère S n est simplement connexe. Commenter.
Exercice 21. Soit X un espace, et p et q deux chemins entre x0 et x1 . Comparer les isomor-
phismes hp et hq . En déduire en particulier que, si π1 (X) est abélien, alors hp = hq .
Tous les groupes π1 (X, x), à mesure que x varie, sont alors canoniquement isomorphes, contrai-
rement au cas général.
Exercice 22. Soit G un groupe. On appelle sous-groupe dérivé de G, et on note G0 , le sous-
groupe engendré par toutes les expressions de la forme aba−1 b−1 , pour a, b ∈ G (qu’on appelle des
commutateurs).
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1. Montrer que, si φ : G −→ H est un homomorphisme, alors φ(G0 ) ⊂ H 0 . En déduire que G0
est distingué dans G.
2. On note Gab = G/G0 . Montrer que Gab est abélien. On l’appelle l’abélianisé de G.
3. Montrer que φ : G −→ H induit φab : Gab −→ H ab .
4. Montrer que, si φ : G −→ A est un homomorphisme avec A abélien, alors il existe φ : Gab −→
A tel que φ = φ ◦ p, où p : G −→ Gab est l’application canonique.
5. Pour G = S3 , le groupe symétrique sur 3 éléments, décrire Gab .
Exercice 23. Cet exercice utilise les deux précédents.
Soit X connexe par arcs. On pose
H1 (X, x0 ) := π1 (X, x0 )ab .
Montrer que si x1 ∈ X, alors il existe un isomorphisme canonique
hx0 ,x1 : H1 (X, x0 ) ∼
= H1 (X, x1 ) .
On peut alors, sans faire un abus de notation trop dangereux, noter simplement H1 (X). Ce groupe
abélien est appelé le premier groupe d’homologie de X.
Exercice 24. Trouver un isomorphisme entre π1 (X, x0 ) × π1 (Y, y0 ) et π1 (X × Y, (x0 , y0 )). En
déduire une description du groupe fondamental du tore.
Plus difficile : il y a deux projections pX : X × Y −→ X et pY : X × Y −→ Y , ainsi que deux
inclusions ιX : X −→ X × Y , ιX (x) = (x, y0 ), et ιY : Y −→ X → Y , ιY (y) = (x0 , y). Exprimer
l’isomorphisme ci-dessus, ainsi que son inverse, à partir des homomorphismes induits par ces quatre
applications.
Exercice 25. 1. On suppose que Γ est un ensemble avec deux lois de groupe, notées · et ?, et
vérifiant
(α · β) ? (γ · δ) = (α ? γ) · (β ? δ) ,
pour tout α, β, γ, δ ∈ G. On suppose de plus que les deux lois de groupe ont le même élément
neutre.
Montrer alors que les deux lois coïncident, et sont commutatives.
2. On suppose que G est un groupe topologique, c’est-à-dire que G est un groupe, et simul-
tanément G est un espace topologique, de sorte que la multiplication (x, y) 7→ x · y est
une application continue G × G −→ G, et l’application G −→ G donnée par x 7→ x−1 est
également continue.
On peut penser à G = C∗ , ou G = GLn (C), ou à certains sous-groupes de ce dernier
comme Un ou O(n), etc.
À l’aide de la question précédente, montrer que π1 (G, 1) est abélien (où 1 est l’élément
neutre), et qu’en plus on a deux définitions possibles de la loi de groupe.
4. Sur le chapitre 4
Exercice 26. Soit p : E → X un revêtement, avec X connexe. Montrer que si p−1 (x0 ) est fini pour
un x0 ∈ X, alors p−1 (x) est fini pour tous les x ∈ X, de même cardinalité.
Si cette cardinalité est n, on dit alors que p est un revêtement à n feuillets, ou de degré n.
Exercice 27. Vérifier que la composition d’un revêtement et d’un homéomorphisme est un revê-
tement. La composition de deux revêtements est-elle un revêtement ?
Attention, tel quel c’est plus difficile qu’il n’y paraît. Mais en ajoutant une certaine hypothèse
qu’on vous laisse deviner, la réponse est beaucoup plus claire.
Exercice 28. Soit p : E −→ X un revêtement, où X est un espace topologique quelconque.
Soit Y ⊂ X. Montrer que l’application p−1 (Y ) −→ Y obtenue par restriction est un revêtement
de Y .
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Exercice 29. Donner un exemple d’espace qui est localement connexe mais pas connexe, puis un
exemple d’espace qui est connexe mais pas localement connexe.
Exercice 30. Montrer que, si X est localement connexe et connexe, alors il est connexe par arcs.
Exercice 31. Vérifier que, si p : E −→ X est un revêtement, alors X est localement connexe
⇐⇒ E est localement connexe.
Exercice 32. Soit p : E −→ X avec E et X connexes et localement connexes. On choisit x0 ∈ X
et e ∈ p−1 (x0 ). Montrer que l’homomorphisme
p∗ : π1 (E, e) −→ π1 (X, x0 )
est injectif.
C’est aussi un lemme du chapitre suivant.
Exercice 33. Un caractère de S 1 est par définition un homomorphisme continu S 1 −→ S 1 . On
va déterminer tous les caractères possibles. Notons p : R −→ S 1 pour le revêtement usuel p(x) =
exp(2iπx).
1. Soit χ : S 1 −→ S 1 un caractère. Montrer qu’il existe une application continue χ̃ : R −→ R
telle que p ◦ χ̃ = χ̃ ◦ p, qui est unique si on impose la condition χ̃(0) = 0.
2. Montrer que χ̃ est un homomorphisme de groupes abéliens.
3. En déduire qu’il existe un entier n ∈ Z tel que χ̃(x) = nx pour tout x ∈ R.
4. Finalement, conclure que χ(z) = z n pour tout z ∈ S 1 .
Exercice 34. Reprendre l’exercice 13 avec ses notations.
1. Décrire π1 (RP n ) pour n ≥ 2. Que dire pour n = 1 ?
2. Soit γ un chemin quelconque du pôle sud au pôle nord dans S n (pour n ≥ 2). Montrer que
l’image γ de γ dans RP 2 est un générateur de π1 (RP 2 ), et expliquer « géométriquement »
pourquoi γ ? γ est trivial.
Exercice 35. 1. Pour k ∈ Z, on considère l’espace Sk2 ⊂ R3 défini par
2 3 1
Sk = p ∈ R tels que kp − (k, 0, 0)k = ,
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où k · k est la norme euclidienne. Ensuite on pose
[
Xn = Sk2 .
−n≤k≤n
Faire un dessin de Xn , puis calculer le groupe π1 (Xn ), pour tout n ≥ 0.
2. On pose [ [
X∞ = Xn = Sk2 .
n∈Z k∈Z
Montrer que le groupe π1 (X∞ ) est trivial.
3. On fait agir le groupe Z sur X∞ par
n · (x, y, z) = (n + x, y, z) .
Montrer que cette action est discrète, puis calculer π1 (X∞ /Z).
4. Trouver un domaine fondamental pour l’action. En déduire que X∞ /Z est compact, et faire
un dessin.
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5. Sur le chapitre 5
Les derniers exercices sont plus difficiles.
Exercice 36 (revêtements réguliers). Dans cet exercice, nous allons étudier les revêtements
qui correspondent aux sous-groupes distingués du groupe fondamental. On dit qu’ils sont réguliers
ou galoisiens. Pour le résoudre il faut être un peu à l’aise avec les actions de groupes, et ceci dépend
fortement de ce que vous avez vu en L3. Certains étudiants pourraient préférer attendre d’avoir lu
la partie sur les « G-ensembles », dans le chapitre suivant, avant d’attaquer l’exercice.
Soit donc X connexe et localement contractile, et p : E −→ X un revêtement avec E connexe.
On choisit x0 ∈ X, on écrit π = π1 (X, x0T ) et H = p∗ (π1 (E, e)) pour un e ∈ p−1 (x0 ) (donc H est
un groupe de C(p)). Enfin, on note H0 = g∈π gHg −1 .
1. Montrer que H0 est le plus grand sous-groupe de H qui est distingué dans π, puis que
l’action de monodromie de π sur p−1 (x0 ) se factorise par π := π/H0 .
2. Montrer que le groupe des permutations de p−1 (x0 ) qui commutent avec l’action de mono-
dromie s’identifie à Gal(p).
Indications : puisque l’action de monodromie est transitive, une telle permutation φ : p−1 (x0 ) −→
p−1 (x0 ) est entièrement déterminée par φ(e). On commencera par montrer que l’on peut
écrire φ(e) = e · g où gHg −1 = H. Appliquer alors le théorème du relèvement.
3. Montrer que les conditions suivantes sont équivalentes :
(a) H est distingué dans π ;
(b) H = H0 ;
(c) le groupe π agit librement sur p−1 (x0 ) ;
(d) le groupe Gal(p) agit transitivement sur p−1 (x0 ).
Montrer que, quand ces conditions sont remplies, les groupes Gal(p) et π sont isomorphes.
Si de plus p est un revêtement de degré fini n (c’est-à-dire si p−1 (x0 ) est un ensemble fini
de cardinal n), montrer que les conditions précédentes sont également équivalentes à :
(e) π est d’ordre n ;
(f) Gal(p) est d’ordre n ;
(g) π et Gal(p) sont isomorphes.
Indications : dans le premier groupe de conditions, tout est élémentaire sauf (c) =⇒ (d).
Voici des conseils, qui vont également rendre plus claire la condition (g).
Puisque π agit transitivement, la condition (c) signifie que p−1 (x0 ) peut s’identifier à π lui-
même avec son action par multiplication à droite ; de même, puisque Gal(p) agit librement,
la condition (d) signifie que p−1 (x0 ) s’identifie à Gal(p) avec son action par multiplication
à gauche. On sera donc bien avisé de commencer par le petit lemme suivant : soit G un
groupe qui agit sur lui-même par multiplication (à gauche ou à droite), alors le groupe des
permutations qui commutent avec cette action est isomorphe à G. Et bien sûr on a aussi la
question précédente.
Exercice 37. Démontrer la proposition 5.4.3. On commencera par donner une définition (combina-
toire) de ce qu’est un graphe orienté Γ – essentiellement un ensemble de sommets et un ensemble
d’arêtes, qui ont chacune un début et une fin. Puis on donnera la définition d’un espace topo-
logique |Γ| associé à Γ, et pour ceci, le plus naturel reste d’utiliser la topologie quotient (pour
exprimer |Γ| comme une union de copies de l’intervalle [0, 1] sur lesquels on fait des recollements).
Quand les définitions sont bien posées, l’esquisse de démonstration qui est donnée ci-dessus
dans le chapitre devient presque une démontration complète. Mais ceux d’entre vous qui voudront
rédiger tous les détails vont être surpris par la longueur des arguments.
Exercice 38. Montrer la proposition 5.4.4. Il est essentiel d’avoir résolu l’exercice 36 d’abord !