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Débats politiques et sociaux expliqués

Un débat politique et social est une discussion organisée sur des thèmes liés à la société et aux affaires publiques, impliquant divers acteurs. La sociologie des controverses étudie comment ces débats émergent et leurs impacts sur la société, en mettant l'accent sur la construction sociale des problèmes politiques. Les problèmes politiques ne sont pas intrinsèques mais résultent de perceptions et d'actions collectives, influencées par des normes sociales et des mobilisations d'acteurs.

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Débats politiques et sociaux expliqués

Un débat politique et social est une discussion organisée sur des thèmes liés à la société et aux affaires publiques, impliquant divers acteurs. La sociologie des controverses étudie comment ces débats émergent et leurs impacts sur la société, en mettant l'accent sur la construction sociale des problèmes politiques. Les problèmes politiques ne sont pas intrinsèques mais résultent de perceptions et d'actions collectives, influencées par des normes sociales et des mobilisations d'acteurs.

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Qu’est ce qu’un débat politique et social ?

Cela va nous amener à la sociologie des controverses et des pragmatismes et à savoir ce


qu’est un problème politique et social.

I. Termes du sujet
- Un débat est une discussion, souvent organisée, autour d’un thème.
- Le mot social se rapporte à la société, est social ce qui concerne la société, les relations entre
les membres de la société et les conditions de vie des membres de la société.
- La politique renvoie aux affaires de la citée, aux affaires publiques ou au gouvernement de la
société.
- Un débat politique et social serait donc une discussion concernant la société et les affaires
publiques.
- Un GRAND débat politique et social pourrait être un débat impliquant de nombreux acteurs.
- On emploie souvent le terme de controverse et de problème politique. On distingue
- Les controverses scientifiques qui se déroulent dans un espace relativement clos dans
lequel on retrouve les experts du domaine. (Yves Gingras). Ces controverses se
limitent donc à un domaine d’expertise.
- Les controverses publiques qui font intervenir une diversité d’acteurs, des experts,
des responsables politiques, des journalistes et d’autres.

II. Controverse et pragmatique


- Le terme de controverse montre bien la dimension conflictuelle d’un débat. Un domaine
existe pour étudier les controverses : la sociologie des controverses. Ce courant s’inspire de
la sociologique pragmatique. A l’origine le pragmatisme est un courant philosophique né à la
fin du 19e siècle, ce courant avait comme ligne de conduite qu’une idée « n’est pas vraie ou
fausse en soit » mais la pertinence d’une idée se juge à sa capacité à être appliquer et à
produire des effets.
- Le pragmatisme dit qu’on privilégie l’observation des faits plutôt que la théorie. Ce courant
s’est développé en France à partir des années 1980 avec Luc Boltanski et Laurent Thevenot
(google). Ce courant repose sur plusieurs principes dont deux principaux.
- Principe d’indétermination: la réalité sociale n’est pas fixe, ie, les controverses
créent des moments d’instabilité qui peuvent conduire à une transformation de l’ordre
social, de la société. Les périodes de controverses sont des périodes durant lesquels
les pratiques, les rapports sociaux et les croyances des individus peuvent changer.
- Principe de symétrie: Cela impose aux chercheurs d’explorer tous les champs de la
controverse et les raisons de tous les acteurs. On doit donc s’intéresser au point de
vue de tous, sans partir du principe qu’un camp à raison.
- La sociologie des controverses étudie notamment :
- Comment naissent les controverses ? Souvent dans des milieux professionnels
restreints mais deviennent publiques par la suites.
- Quels sont les effets sur la société ?

III. Qu’est ce qu’un problème politique ?


- Il n’existe pas de problème de base politique et d’autre de base non politique, au contraire,
toute question de société peut être politisée.
Elles suscitent alors des débats et des mobilisations contradictoires si
visible que le pouvoir politique ne peut ou ne veut plus l’ignorer
Philippe Braud
- Pendant longtemps la condition féminine était une sphère privée, jusqu’à ce que les groupes féministes
se mobilisent pour rendre politique ce sujet et aujourd’hui est un domaine de la politique. Des femmes
prennent des actions, des lois sont votées etc... Ainsi la condition féminine est devenue un problème
politique.
- L’environnement est aussi devenu un problème politique à la suite de mai 68 et en 71 quand a été créé
le ministère de la protection de la nature et de l’environnement, avant ca l’environnement n’était pas
un problème politique alors même que la question de l’activité économique sur l’environnement se pose
depuis plus longtemps.
- Il ne suffit pas qu’un problème existe pour être un problème politique. Cette approche des
problèmes politiques comme étant construits socialement à été développé par un sociologue
américain dans les années 1960 Howard Becker.

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Pour comprendre concrètement un problème social il faut savoir comment
il a été amené à être défini comme un problème social.
Howard Becker
- Cette approche constructiviste a constitué une rupture par rapport à la conception
objectiviste et fonctionnaliste selon laquelle les problèmes existeraient de manière objective.
Et que ces problèmes nécessiteraient par nature une intervention publique.
- Une autre approche est celle de Robert King Merton, il voyait dans tout problème politique,
une difficulté de fonctionnement de la société. Dans cette perspective le sociologue est vu
comme le technicien sensé définir le fonctionnement optimal de la société, élaborer un
diagnostic en repérant où et comment la société existante s’écarte du modèle optimal, et
finalement proposer une thérapie pour améliorer le fonctionnement social. Et il distinguait 3
types de problèmes
- Les problèmes manifestes: reconnus par les sociologues et les acteurs de la société
- Les problèmes latents: problème qui existe sans que les acteurs en ait conscience
- Les problèmes faux: les acteurs le ressentent et verbalisent mais n’ont pas de
fondement objectifs
- L’approche constructiviste met l’accent sur les processus par lequel les questions sont
construites comme des problèmes politiques. Et cette approche est divisée en science
politique et en sociologie.
- Cela ne veut pas dire que les problèmes sont construits sans raison. Il existe des
phénomènes concrets (vieillissement de la population, séisme ...) mais quand on parle de problème
politique cela renvoie aussi à la perception du problème par les acteurs et à leur action à ce
sujet, notamment l’action de l’état mais aussi celle d’autres acteurs.
- Les phénomènes concrets peuvent contribuer à la conception d’un problème politique. Une
catastrophe naturelle peut pousser à se poser la question du réchauffement climatique.
- Néanmoins le sociologue français Jean-Gustave Padioleau « les problèmes politiques ne sont
pas des réalités sociales mais des constructions sociales » et le fait qu’un phénomène soit
construit comme un problème dépend des connaissances qu’ont les acteurs à son sujet et
des croyances qui se partage autour de ce sujet.
- En ce qui concerne les croyances, une situation peut être définie comme
problématique quand il y a un écart entre ce qui est, ce qui pourrait être et ce qui
devrait être.
- Le chômage, une partie de la population est sans emploi, alors que tout le monde
devrait avoir un emploi, et on croit qu’il existe des solutions au chômage. La pollution,
le nombre de femmes députées etc..
- Ce qui explique que certains problèmes ne sont pas politiques comme la
météo, on ne peut rien y changer.
- Il y a une évolution, aujourd’hui certains problèmes sont considérés comme tels de
nos jours mais ne l’étaient pas avant car on ne pensait pas qu’ils pouvaient être
modifié par une action humaine.
- Joseph Gusfield en 1981 « La culture des problèmes politiques ». La question de la conduite
en état d’ivresse est devenue un problème dans les années 1950-80.
- Pendant longtemps les usagers de la route ont accepté l’idée que les accidents de la route
étaient un prix à payer.
- C’est seulement à partir des années 1960 qu’on considère que ce n’est pas une fatalité et qu’on
peut luter contre la sécurité routière grâce à des actions préventives et répressives.
- Vincent Dubois ajoute un autre élément important, politiste français. Selon lui il faut 3
conditions pour qu’un phénomène soit construit comme un problème politique.
- Un niveau de connaissance suffisant, c’est le rôle des médias dans la diffusion de
l’information et donc de la connaissance.
- La mobilisation d’acteurs différents, on ne doit pas toujours voir dans les actions
des acteurs un calcul d’intérêt, conscient ou non, ni des stratégies pour accroitre le
profit matériel ou symbolique et donc ils ont des idéaux, un sens de la justice.
- L’existence de certaines normes sociales, c’est à partir de ces normes qu’une
situation est perçue comme un problème. Par exemple le travail des enfants n’est pas
problématique si l’éducation n’est pas une norme
- Quand un problème donne lieu à une politique publique, une intervention d’autorité investie
du pouvoir gouvernemental, on parlera de problème publique. On dit que ce problème est
mise à l’agenda.
- On peut donc considérer qu’il y a deux phases.

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- La phase de problématisation : le problème est perçu et qualifié comme tel, et
durant laquelle les acteurs se mobilisent pour faire réagir la société.
- La phase de publicisation : lorsque le problème est inscrit à l’agenda public donnant
lieu à des actions politiques.
- Parfois ces deux phases peuvent être plus ou moins simultanées, parfois la publicisation du
problème peut prendre du temps (ex SIDA). Dans ce cas le suffixe -tion renvoie à des
processus, ce ne sont pas des problèmes politiques par essence mais ils sont construits
comme tels après un processus. Ce sont le produit d’action et interaction de différents
acteurs sociaux : mobilisation d’acteurs, ces acteurs peuvent être de différents types (partis
politiques, médias, syndicats, groupes d’intérêts qui visent à influencer l’opinion publiques, des experts, des
mouvements religieux etc...) ces acteurs peuvent être qualifiés d’entrepreneurs politiques.
- En s’emparant de ces problèmes, les acteurs mettent en avant une vision particulière de la
société et une certaine conception des problèmes à traiter ainsi que souvent des solutions
spécifiques, des instruments d’actions qui sont selon eux judicieux, adaptés. Il n’existe donc
pas UNE vision univoque de tel ou tel problème. Les acteurs sont souvent en compétition
quand à l’existence du problème, à la conception du problème, et aux solutions. Dans ce cas
la sociologie pragmatique incite à ne pas se focaliser à une seule vision, (symétrie) mais de
regarder toutes les solutions proposées mais non pas seulement celle adoptée finalement.
Cela peut donc entrainer des conflits mais aussi des coopérations entre différents acteurs et
cela peut varier dans le temps selon les acteurs mobilisés.
- C’est ce qu’a montré la politiste Laurie Boussaguet à propos de la pédophilie.
- Dans les années 70-80 la mobilisation d’action féministe et de professionnelles
concernant les enfants victimes de pédophilie a fait émerger cela comme un problème
public. Cela était d’abord vu comme un problème d’inceste, de protection d’enfants
ainsi que des soins pour la victime.
- Dans les années 90, en particulier en conséquence de l’affaire Dutroux, la mobilisation
des familles des victimes a modifié la conception dominante de ce problème. La
visibilité des abus sexuels sur mineur conduit en dehors du cadre familial sont certes
moins nombreux mais ont gagné le devant de la scène. Et dans ce contexte la lutte
contre la récidive à alors été mise au premier plan. Depuis c’est plus envisagé comme
un traitement pénal, plus que comme un traitement des victimes.
- La science politique peut être considérée comme les processus de politisation des problèmes
et l’étude de ces problèmes. Elle dénaturalise les problèmes politiques en démontrant qu’ils
ne sont pas naturels mais construits. La science politique étudie les débats et les avis des
acteurs autour de certaines thématiques.
- Pour autant on parle de sciences politiques au pluriel car elles se sont construites à partir
d’autres disciplines sociales, le droit, la philosophie, l’histoire, la sociologie et l’économie. En
particulier l’histoire et la sociologie des controverses, ce qui explique quand et comment une
controverse est apparue, une solution apportée et choisie.

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