La biodiversité englobe toutes les espèces vivantes sur la Terre, leur relation
entre elles ainsi que les différents gènes, écosystèmes et espèces. La nature peut
se remettre de changements qui surviennent puisqu'elle est composée d'une
grande diversité d'organismes vivants.
Quels sont les trois niveaux de la biodiversité ?
La biodiversité peut être pensée selon trois paliers : la génétique, les espèces et
les écosystèmes. Ce découpage facilite la recherche, autant sur le plan théorique
qu'expérimental. Le niveau spécifique (de l'espèce) est le plus étudié car il est le
plus facile à aborder.
C'est quoi la biodiversité génétique ?
Définition : La variété et les différents types de gènes au sein d'une espèce ou
d'une population. La diversité génétique est en réalité une forme
de biodiversité.
La biodiversité : présentation et enjeux
Le mot biodiversité est la contraction de biologique et diversité. Que cache
cette notion apparue dans les années 1980 ? Pourquoi dit-on que la
biodiversité est menacée ou qu’il y a une érosion de la biodiversité ? En
quoi sommes-nous concernés ? Quelles sont les politiques entreprises par la
France ?
La biodiversité, qu’est-ce que c’est ?
Une notion complexe mais indispensable
L’usage du mot biodiversité est relativement récent mais la biodiversité, elle, est
très ancienne. La diversité biologique actuelle est le produit de la longue et lente
évolution du monde vivant sur l’ensemble de la planète, les premiers organismes
vivants connus datant de près de 3,5 milliards d’années.
La biodiversité, c'est le tissu vivant de notre planète. Cela recouvre l’ensemble
des milieux naturels et des formes de vie (plantes, animaux, champignons,
bactéries, etc.) ainsi que toutes les relations et interactions qui existent, d’une
part, entre les organismes vivants eux-mêmes, d’autre part, entre ces organismes
et leurs milieux de vie. Nous autres, humains, appartenons à une espèce – Homo
sapiens – qui constitue l’un des fils de ce tissu.
La notion même de biodiversité est complexe, car elle comprend trois niveaux
interdépendants :
la diversité des milieux de vie à toutes les échelles : des océans, prairies,
forêts… au contenu des cellules (pensons aux parasites qui peuvent y
vivre) en passant par la mare au fond de son jardin ou les espaces
végétalisés en ville ;
la diversité des espèces (y compris l’espèce humaine) qui vivent dans ces
milieux, qui sont en relation les unes avec les autres (prédation,
coopération…) et avec leurs milieux de vie ;
la diversité des individus au sein de chaque espèce : autrement dit, nous
sommes tous différents ! Les scientifiques parlent de diversité génétique
pour ce troisième niveau.
Étudier la biodiversité, c’est chercher à mieux comprendre les liens et les
interactions qui existent dans le monde vivant.
La biodiversité au cœur de nos vies
La biodiversité est une bibliothèque de connaissances et d’innovations
technologiques, comme le bio mimétisme.
La biodiversité offre des biens irremplaçables et indispensables à notre quotidien
: l’oxygène, la nourriture, les médicaments et de nombreuses matières premières
(bois, fibres telles que laine, coton, chanvre…).
Lorsqu’ils sont en bon état, les milieux naturels et les espèces nous rendent aussi
de nombreux services, par exemple :
des animaux, en particulier des insectes, assurent la pollinisation d’une
multitude de végétaux. Sans pollinisation, la plupart des fruits et légumes
disparaîtraient des étalages ;
des espèces, comme le ver de terre, contribuent à la fertilité des sols ;
les végétaux, en particulier dans les milieux humides, contribuent à une
épuration naturelle de l’eau en y puisant les éléments nécessaires à leur
croissance ;
les tourbières sont des puits à carbone (stockage naturel) ;
les milieux humides protègent contre l'érosion du littoral, atténuent
l'intensité des crues et des inondations… contribuant à lutter contre les
effets du changement climatique ;
les milieux naturels et les espaces végétalisés dans les villes structurent
nos paysages et améliorent notre cadre de vie, nous offrant autant de lieux
pour se ressourcer, se promener, s’émerveiller…
En quoi la biodiversité est-elle menacée ?
Un constat inquiétant
Environ 1,8 million d’espèces différentes ont été décrites sur notre planète, dont
280 000 dans les mers et les océans. Les spécialistes estiment que 5 à 100
millions d’espèces peuplent notre planète alors qu’ils décrivent, chaque année,
de l’ordre de 15 000 espèces nouvelles. Le travail de recensement est donc loin
d’être terminé.
Or, dans le même temps, les experts indiquent que la moitié des espèces
vivantes pourrait disparaître d’ici un siècle, compte tenu du rythme actuel de
leur disparition, 100 à 1000 fois supérieur au taux naturel d’extinction. Certains
scientifiques parlent d’ailleurs d’un processus en cours vers une sixième
extinction de masse des espèces, la dernière en date étant celle des dinosaures, il
y a 65 millions d’années. Mais la crise actuelle est beaucoup plus rapide
(l’extinction des dinosaures s’est étalée sur plusieurs centaines de milliers
d’années) et elle est quasi exclusivement liée aux activités humaines. L’Union
internationale pour la conservation de la nature (UICN) propose un inventaire
mondial de l'état de conservation des espèces, la Liste rouge mondiale des
espèces menacées. En 2018, 28 % des 96 951 espèces étudiées sont menacées,
dont 40 % des amphibiens, 25 % des mammifères, 14 % des oiseaux, 31 % des
requins et raies, 34 % des conifères…
Les milieux naturels sont également fragilisés ou détruits par les activités
humaines : par exemple, plus de 35 % des milieux humides littoraux et
continentaux ont disparu depuis 1970 dans le monde. Autre illustration : au
rythme actuel de la déforestation, les forêts tropicales pourraient disparaître d'ici
50 à 70 ans.
La liste rouge mondiale des espèces menacées de l'Union internationale
pour la conservation de la nature
Les causes de l’érosion de la biodiversité
Certaines causes naturelles peuvent expliquer la disparition d’espèces ou de
milieux naturels, mais le rythme d’érosion actuel est largement attribuable aux
activités humaines. Cinq causes majeures d’atteinte à la biodiversité sont
identifiées :
la destruction et la fragmentation des milieux naturels liées, notamment, à
l’urbanisation et au développement des infrastructures de transport ;
la surexploitation d’espèces sauvages : surpêche, déforestation,
braconnage… ;
les pollutions de l’eau, des sols et de l’air ;
le changement climatique qui peut s’ajouter aux autres causes et les
aggraver. Il contribue à modifier les conditions de vie des espèces, les
forçant à migrer ou à adapter leur mode de vie, ce que toutes ne sont pas
capables de faire ;
l’introduction d’espèces exotiques envahissantes.
Les causes se conjuguent fréquemment. Par exemple, les récifs coralliens ont
fortement régressé dans certaines régions à cause de la pêche intensive, du
changement climatique et des pollutions marines.
Climat et biodiversité
Le changement climatique est une réalité à laquelle nous sommes confrontés.
Quels sont les liens entre climat et biodiversité ? Quelles sont les conséquences
du changement climatique sur la biodiversité en France ? Comment la
biodiversité nous aide-t-elle à lutter contre les effets du changement climatique ?
La biodiversité et le climat ont une longue histoire commune qui remonte à
l’apparition de la vie, il y a 3,5 milliards d’années. Les variations du climat ont
modifié les zones de vie des espèces et la structure des communautés
biologiques, des paysages et des zones biogéographiques. Ces variations sont
responsables de la disparition et de l’apparition d’innombrables espèces, comme
des transformations des sociétés humaines.
À l’inverse, la biodiversité influence directement le climat au niveau local
(humidité, température…). Elle agit sur les grands cycles biogéochimiques (eau,
CO2, etc.) dont dépend la régulation du climat mondial. Par exemple, les plantes
absorbent du CO2 et produisent de l’oxygène : c’est ainsi que certaines régions
du monde très riches en biodiversité, comme l’Amazonie, jouent un rôle
fondamental dans la régulation du climat. La relation entre climat et biodiversité
est donc complexe. Modifier l’un a des conséquences sur l’autre et vice-versa.
Le changement climatique actuel, majoritairement imputable aux activités
humaines, se déroule sur un laps de temps très court à l’échelle des temps
géologiques, dans un contexte où nous exerçons d’autres pressions majeures sur
la biodiversité. Il modifie d’ores et déjà les interactions entre les espèces et leurs
milieux de vie dans les écosystèmes. Pour un réchauffement mondial de 2 à
3 °C, les experts prévoient une augmentation du risque de disparition pour 20 à
30 % des espèces animales et végétales.
Le changement climatique affecte la biodiversité
On constate le déplacement des espèces et des habitats plus au nord ou vers des
altitudes plus élevées, ce qui va modifier profondément les écosystèmes et les
paysages. La vitesse du changement étant en outre supérieure à la capacité de
migration de nombre d’espèces, celles qui ne pourront pas s’adapter sont
menacées.
La hausse des températures réduit la rigueur climatique, allonge les périodes de
végétation et modifie le comportement de migrateurs. Par exemple, les dates de
floraison et de récolte pour les arbres fruitiers et les vignes sont avancées. Ces
phénomènes peuvent rompre les synchronisations temporelles, par exemple
entre la période de reproduction d’espèces et le développement saisonnier des
végétaux dont ils se nourrissent ou entre le développement des proies et celui
des prédateurs. La baisse de la rigueur climatique est également favorable au
développement de ravageurs des peuplements forestiers.
La hausse des températures des eaux modifie la répartition des populations de
poissons. Si les tendances actuelles étaient amenées à se poursuivre, le saumon
pourrait ne plus être présent dans l’Adour, la Garonne, les bassins bretons et
normands. Le réchauffement et l’eutrophisation des eaux de surface vont
probablement augmenter la fréquence et le nombre d’aires propices à la
multiplication massive de micro-organismes, ce qui peut contaminer des
productions conchylicoles.
L’acidification des eaux, liée à l’absorption du carbone atmosphérique,
modifiera les comportements de certains poissons vis-à-vis de leurs prédateurs
ainsi que la productivité du plancton. L’acidification des océans est également
dommageable à la construction et à la survie des récifs coralliens, ainsi qu’à
l’ensemble des organismes marins à coquille calcaire.
Enfin, l’élévation du niveau de la mer pourra modifier les phénomènes d’érosion
côtière. L’anthropisation de ces zones risque d’empêcher la migration
progressive de certaines espèces littorales, faute d’espaces de repli à coloniser.
[Infographie] Les impacts du changement climatique sur la biodiversité
La biodiversité influence le changement climatique
Les écosystèmes modifiés par le changement climatique influent à leur tour sur
le climat local et mondial. Par exemple, en modifiant l’absorption et l’émission
des gaz à effet de serre : l’agriculture, en particulier grâce aux haies, et la
sylviculture (forêts) peuvent être des puits de carbone ; à l’inverse, le dégel
progressif du permafrost (sols gelés des régions arctiques) devrait libérer de
grandes quantités de carbone et de méthane. La biodiversité peut donc
contribuer à augmenter ou à diminuer les émissions de gaz à effet de serre
responsables du réchauffement climatique.
INFOGRAPHIE - Pourquoi cultiver en agroforesterie ?
[Infographie] Pourquoi cultiver en agroforesterie ?
Afficher la version texte de l'infographie
La biodiversité nous rend également de nombreux services en contribuant à
l’atténuation des effets du changement climatique, comme la protection contre
l’érosion du littoral, l’atténuation de l’intensité des crues et des inondations, etc.
C’est pourquoi elle constitue un thème important du plan national d’adaptation
au changement climatique.
La biodiversité en France
[Vidéo] La biodiversité en France
Afficher la version texte de la vidéo
Un patrimoine naturel d’une grande richesse
La France possède un patrimoine naturel exceptionnel : avec la métropole et les
territoires outre-mer, elle est présente sur deux continents et dans tous les
océans, sauf l'Arctique. C’est le 2e espace maritime du monde avec plus de 10
millions de km² sous sa juridiction. Plus de 180 000 espèces sont recensées en
métropole et outre-mer, soit 10 % des espèces connues sur la planète. De l'ordre
de 600 nouvelles espèces sont découvertes chaque année.
Aussi bien en métropole...
Les experts ont défini, en Europe, plusieurs zones principales de répartition des
êtres vivants, appelées zones biogéographiques. Le territoire métropolitain abrite
des écosystèmes très variés au sein de quatre de ces zones européennes : alpine,
continentale, atlantique et méditerranéenne. Il faut également souligner que la
Méditerranée est l’un des 36 points chauds de la biodiversité aujourd’hui
reconnus dans le monde, ces points chauds étant des régions très riches en
espèces mais également très menacées. L’Hexagone occupe la première place en
Europe pour la diversité des amphibiens, des oiseaux et des mammifères.
... qu'outre-mer
Outre-mer, la majorité des territoires français (Nouvelle-Calédonie, La Réunion,
Mayotte, Guadeloupe, Martinique, Polynésie et Wallis-et-Futuna) sont situés
dans quatre points chaud de la biodiversité. Quant à la Guyane, elle est au cœur
de l’un des derniers grands massifs forestiers de la planète, l’Amazonie. La
France est aussi le seul pays au monde à posséder des récifs coralliens dans trois
océans : 10 % des récifs coralliens de la planète sont situés dans les eaux sous
juridiction française de onze territoires d’outre-mer.
Les Terres australes et antarctiques françaises, situées dans l’hémisphère sud,
disposent d’écosystèmes terrestres et marins exceptionnels et abritent des
espèces animales et végétales adaptées à des climats extrêmes. Les populations
d’oiseaux y sont particulièrement importantes (manchot empereur, albatros
d’Amsterdam, sternes, pétrels…). Dans tous ces territoires, certaines espèces ne
sont présentes dans aucune autre région du monde. C'est ce que l'on appelle des
espèces endémiques et l'outre-mer concentre 83 % des espèces endémiques
françaises, soit 16 264 espèces.
[Carte] Les territoires français et les points chauds de la biodiversité
(PDF - 420.46 Ko)
Les points chauds de la biodiversité sont des régions très riches en
espèces, mais également très menacées. Les territoires français se trouvent
dans cinq d’entre eux : bassin méditerranéen, Antilles, Polynésie,
Nouvelle-Calédonie et océan Indien.
Un patrimoine naturel menacé
En dépit des politiques et des actions entreprises pour préserver la biodiversité,
celle-ci s’érode en France, comme en témoignent ces indicateurs :
sur l’ensemble du territoire national, environ 590 000 ha de milieux
naturels et de terrains agricoles ont été artificialisés entre 2006 et 2015,
remplacés par des routes, habitations, zones d’activités, parkings... Cela
équivaut à la superficie d’un département comme la Seine-et-Marne ;
68 % des habitats menacés au niveau européen sont présents en France
métropolitaine ;
la France se situe parmi les dix pays abritant le plus grand nombre
d’espèces mondialement menacées (soit 1301 espèces), selon la Liste
rouge des espèces menacées 2018 ;
la Liste rouge des espèces menacées en France montre une aggravation de
la situation des 125 mammifères recensés dans l’Hexagone : 33 % des
espèces terrestres et 32 % des espèces marines apparaissent menacées ou
quasi menacées en 2017, contre respectivement 23 % et 25 % en 2009 ;
22 % des oiseaux communs spécialistes ont disparu de métropole entre
1989 et 2017 (-33 % dans les milieux agricoles, -30 % dans les milieux
bâtis et -3 % dans les milieux forestiers) ;
38 % des chauves-souris ont disparu en métropole entre 2006 et 2016 ;
29 % des sites suivis en outre-mer montrent une perte de surface de
coraux vivants en 2017.
La connaissance de la biodiversité
La connaissance de la biodiversité est un enjeu majeur. De sa qualité dépend la
compréhension des phénomènes et des évolutions et donc l’efficacité des actions
mises en œuvre en faveur de la biodiversité. Le travail de collecte de données
sur les espèces et les habitats est une tâche continue qui s’appuie sur de
nombreux programmes. Par exemple, la poursuite de l’inventaire des zones
naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF), initié en
1982 avec la mise en place de la méthode d’inventaire continu, le lancement de
grands programmes de connaissance comme la cartographie nationale des
habitats naturels (CarHAB), qui vise la production d'une carte au 1/25 000 des
habitats naturels et des végétations de l'Hexagone.
Autre exemple qui permet à chacun de contribuer aux connaissances : le
développement des observatoires naturalistes s’appuyant sur les sciences
participatives, comme le Vigie-nature porté par le Muséum national d'histoire
naturelle. Les sciences participatives sont des programmes de collecte
d'informations impliquant une participation du public dans le cadre d'une
démarche scientifique.
Citons aussi l’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), initié en 2003 :
sous la responsabilité scientifique du Muséum national d’histoire naturelle,
l’INPN fournit les données de synthèse nécessaires à l’expertise, à l’élaboration
de stratégies de conservation et à la diffusion d’informations sur le patrimoine
naturel français (espèces, milieux naturels et patrimoine géologique).
Depuis 2012, l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) propose des
indicateurs pour éclairer des questions de société concernant la biodiversité. En
décembre 2018, le service de la donnée et des études statistiques du ministère,
en partenariat avec l’Agence française pour la biodiversité a publié une sélection
de 27 indicateurs de l'ONB. Ce recueil présente l’état et l’évolution des
écosystèmes, des habitats et des espèces françaises, ainsi que les pressions
majeures que les activités humaines font peser sur la biodiversité. Il aborde aussi
l’implication de la société pour répondre aux enjeux de préservation de ce
patrimoine naturel.
Le site de l'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN)
Le site de Vigie-nature, programme de sciences participatives porté par le
Muséum national d'histoire naturelle
Datalab n°48 - Biodiversité : les chiffres clés, édition 2018 (PDF - 3.26
Mo)
À partir d’une sélection de 27 indicateurs issus de l'Observatoire national
de la biodiversité (ONB), ce recueil présente l’état et l’évolution des
écosystèmes, des habitats et des espèces, les pressions majeures et la
mobilisation de la société.
[Vidéo] À la découverte de la biodiversité en ville et des initiatives de sciences
participatives"
Afficher la version texte de la vidéo
La biodiversité au cœur des politiques publiques
Une prise de conscience dès le XIXesiècle.
La richesse du patrimoine naturel français et les menaces qui pèsent sur son
devenir confèrent à la France une responsabilité particulière en matière de
biodiversité.
À la fin du XIXe siècle, des artistes et des gens de lettres prirent conscience de
la valeur patrimoniale et de la fragilité des paysages naturels. Alliés à divers
mouvements d’opinion opposés aux excès de l’industrialisation, ils favorisèrent
l’émergence d’une législation sur la protection des monuments naturels et des
sites. Une première loi fut adoptée en 1906, modifiée et complétée par la loi du
2 mai 1930 et aujourd’hui incluse au code de l’environnement. La législation
s’intéresse aux monuments naturels et aux sites « dont la conservation ou la
préservation présente, au point de vue artistique, historique, scientifique,
légendaire ou pittoresque, un intérêt général ».
Il faut attendre le début des années 1960 pour que l’intérêt écologique de la
protection des espèces sauvages et de leurs milieux de vie, ou habitats, soit
reconnu explicitement dans les textes législatifs, avec la loi sur les parcs
nationaux et la création de la première réserve naturelle en 1961. La création du
ministère de l’environnement en 1971 et le vote de la loi sur la protection de la
nature de 1976 permettent à la France de se doter progressivement d’une
politique cohérente de sauvegarde de ce qui sera nommé, plus tardivement, la
biodiversité.
Une stratégie nationale pour la biodiversité
Depuis 2004, la stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) est la
concrétisation de l’engagement français au titre de la Convention sur la diversité
biologique, la France inscrivant ses actions en faveur de la biodiversité dans le
cadre de ses engagements internationaux et européens ainsi que d’accords
régionaux et de programmes multilatéraux.
La loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages
En août 2016, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages dote la France de principe renforcés, d’outils nouveaux et de nouvelles
mesures pour répondre aux enjeux d’érosion de la biodiversité et de dérèglement
climatique. Cette loi créée l’Agence française pour la biodiversité, un
interlocuteur privilégié pour accompagner les acteurs de la biodiversité et de
l’aménagement du territoire.
Le Plan biodiversité
Avec le Plan biodiversité du 4 juillet 2018, l’État se mobilise avec les
collectivités, les ONG, les acteurs socio-économiques et les citoyens pour un
objectif commun : préserver la biodiversité parce qu’elle nous protège. Ce plan
interministériel a pour objectif la réduction à zéro de la perte nette de
biodiversité, mais aussi la mise en œuvre accélérée de la stratégie nationale pour
la biodiversité. Il s’agit d’embarquer la société française dans une mobilisation
collective et d’accompagner les changements nécessaires, autour de cinq enjeux
principaux : limiter la consommation d’espaces et préserver les milieux,
protéger les écosystèmes et certaines espèces emblématiques et menacées,
préserver la mer et le littoral, prendre en compte le lien entre santé et
environnement et permettre la transition de nos modèles de production et de
consommation.
Comme elle l’a fait sur le climat, la France souhaite aussi proposer un leadership
mondial sur les questions de biodiversité et les inscrire au sommet des agendas
européen et international. L’accueil de la séance plénière de la Plateforme
intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services
écosystémiques (IPBES) à Paris, en avril 2019, et du 7e Congrès mondial de la
nature de l’UICN à Marseille, en juin 2020, sont deux événements majeurs de
cette mobilisation, avant la COP 15 de la Convention sur la diversité biologique
(CDB) en Chine, fin 2020. Cette conférence représente une échéance politique
où le cadre stratégique mondial de la biodiversité (adopté en 2010) sera
renouvelé.
Un panel d'outil en faveur de la biodiversité
La gestion et la protection des milieux naturels, de la flore et de la faune
reposent sur un large éventail d’outils, parmi lesquels les plans nationaux
d’action en faveur des espèces menacées les aires protégées terrestres et marines
(parcs nationaux, parcs naturels marins, réserves naturelles, etc.). Ces outils
permettent d’adapter les réponses à la diversité des enjeux et des problématiques
rencontrés sur le terrain et peuvent s’articuler pour renforcer l’efficacité de la
gestion et de la protection. Tous statuts confondus, les aires protégées
françaises couvrent, en avril 2019, environ 21 % des terres et 22 % des eaux
françaises.
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Biodiversité, tous vivants !
Quelques dates concernant la préservation de la biodiversité en France
2018 : lancement du Plan biodiversité à l'occasion du premier comité
interministériel pour la biodiversité
2016 : loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des
paysages
2007 : la loi Grenelle I instaure dans le droit français la création de la
trame verte et bleue. La trame verte et bleueprend en compte le
fonctionnement écologique des écosystèmes et des espèces dans
l’aménagement du territoire, et s’appuie sur la biodiversité dite ordinaire.
2006 : loi relative aux parcs nationaux, aux parcs naturels marins et aux
parcs naturels régionaux.
2004 : adoption de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2004-2010.
Après cette première phase 2004-2010, une deuxième phase 2011-2020
est en cours.
1996 : lancement des premiers plans nationaux d’action en faveur des
espèces menacées, qui visent à définir les actions nécessaires à la
conservation et à la restauration des espèces les plus menacées.
1993 : loi sur la protection et la mise en valeur des paysages, dite loi
paysage, qui vise à protéger et mettre en valeur les paysages qu'ils soient
naturels, urbains, ruraux, banals ou exceptionnels.
1976 : loi sur la protection de la nature, l’un des grands textes fondateurs
du droit de l’environnement.
1960 : loi relative à la création de parcs nationaux.
1930 : loi ayant pour objet de réorganiser la protection des monuments
naturels et des sites de caractère artistique, historique, scientifique,
légendaire ou pittoresque.
1906 : loi organisant la protection des sites et monuments naturels de
caractère artistique.
Pour aller plus loin
[webzine] Changeons de regard sur la biodiversité
[dossier web] Les insectes pollinisateurs nous en mettent plein la vue
[Brochure] La biodiversité s'explique (PDF - 3.19 Mo)
La biodiversité, c'est quoi ? En quoi est-elle menacée ? Quelle est la
situation en France (métropole et outre-mer) ? Climat-biodiversité, quelles
relations ? Quelles sont les politiques menées en France ? Une brochure
qui explique la biodiversité.
[Brochure] La biodiversité se raconte, tome 1 (PDF - 3.68 Mo)
Savez-vous que le fil de l’araignée est plus résistant que l’acier ?
Connaissez-vous les arbres qui produisent naturellement du savon ? Cette
brochure réunit une sélection de 14 histoires pour découvrir la
biodiversité.
[Brochure] La biodiversité se raconte, tome 2 (PDF - 5.66 Mo)
Interactions dans le monde vivant, évolution des espèces, liens entre
agriculture et biodiversité... Cette brochure réunit une sélection de 13
histoires pour mieux comprendre la biodiversité.
[Brochure] Rencontre avec les pollinisateurs (PDF - 2.02 Mo)
La pollinisation, qu'est-ce que c'est ? Qui sont les pollinisateurs ? Quelles
relations entretiennent-ils avec les plantes à fleurs ? Autant de questions
(et bien d’autres) auxquelles cette brochure apporte des réponses.
[Infographie] La mer au-delà de la plage (PDF - 2.48 Mo)
La mer couvrent 70 % de la surface du globe. Cette infographie invite à
découvrir les immensités océaniques, au-delà de la plage !
[Affiche] Mieux connaître les amis du jardinier (PDF - 1.61 Mo)
Partons à la découverte d'espèces qui aident à lutter contre les maladies et
les ravageurs sans avoir recours aux pesticides, qui interviennent dans la
pollinisation et la formation de nos fruits et légumes et qui contribuent à
la qualité du sol.
Focus Ressources naturelles - Rapport sur l’état de l’environnement en
France - Édition 2019
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