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Instrumentation Endodontique Essentielle

Le document traite de l'instrumentation endodontique, en détaillant les outils utilisés pour le traitement des pathologies pulpaires, notamment les instruments rotatifs et non rotatifs. Il explique les caractéristiques et l'utilisation des fraises, forets, limes et broches, ainsi que les matériaux utilisés pour leur fabrication. Enfin, il aborde les normes ISO concernant les dimensions, la conicité et les codes couleurs des instruments endodontiques.

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Instrumentation Endodontique Essentielle

Le document traite de l'instrumentation endodontique, en détaillant les outils utilisés pour le traitement des pathologies pulpaires, notamment les instruments rotatifs et non rotatifs. Il explique les caractéristiques et l'utilisation des fraises, forets, limes et broches, ainsi que les matériaux utilisés pour leur fabrication. Enfin, il aborde les normes ISO concernant les dimensions, la conicité et les codes couleurs des instruments endodontiques.

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ENDO COURS 2 : INSTRUMENTATION ENDODONTIQUE

Intro : Le terme Endodontie vient du grec endo qui signifie «à l’intérieur» et odont qui signifie «dent». Les
thérapeutiques endodontiques consistent donc au traitement du «contenu» de la dent
L'endodonte est constitué de la dentine et de la pulpe.
Le traitement endodontique est un acte chirurgical à part entière traitant les pathologies pulpaires et leurs
complications périapicales. Le TE s’exerce lorsque le traitement conservateur de la pulpe n’est plus possible ; il
faut alors « dépulper » c’est à dire pratiquer une Pulpo/Pulpectomie (traitement invasif).
L'objectif est d'éliminer le tissu pulpaire inflammatoire et/ou la flore bactérienne par une mise en forme
physico-chimique contrôlée afin de permettre l'obturation tridimentionnelle du système endocanalaire.

INSTRUMENTATION POUR LA CAVITE D’ACCES

 Instruments rotatifs :
- les fraises montées sur turbine
- les fraises montées sur contre-angle (bague bleue ou rouge)
 les forets de Gates
 Instruments non rotatifscomme les inserts ultrasonores. Leur interet est qu’ils sont moins agressifs, ils
permettent un dégagement du champ visuel, économie tissulaire, et utilisent une action vibratoire
plutot qu’une action rotative.

Attention : sur contre angle rouge, on peut poser les mêmes fraises que sur turbine.

INSTRUMENTATION POUR LA CAVITE D’ACCES : LES INTRUMENTS ROTATIFS

- les fraises montées sur turbine


- les fraises montées sur contre-angle (bague bleue ou rouge)

a) Les fraises diamantées et les fraises multi-lames.


• Les fraises diamantées :
 présentent un revêtement abrasif
 sont utilisées sur turbine ou sur contre-angle (bague rouge)
 actifs sur toute leur surface
 Grains moyens donc fraies avec bague bleue ou verte.
 Diamètre 0,10 pour les incisives inf et prémolaires supérieures - 0,14 (les plus utilisées, pour
toutes les dents, - et 0,16
 role :
 pénétration initiale dans les tissus durs : son action abrasive (grosse granulation)
facilite l’éviction d’émail et détacher et évacuer la dentine
 L’élargissement de la cavité et obtenir des parois lisses lors de la finition. Sa pointe
est active et ne doit pas agir sur le plancher de la cavité.

• Les fraises multi-lames (endofraises) comme ENDO Z s’utilisent


 sur turbine / contre angle rouge / contre angle à bague bleue
 Elle est cylindroconique multilamellaire, et s’utilise par mouvements de latéralité.
 role :
 élargir la cavité d’accès et procéder à la finition de ses parois. L’endo-Z a une pointe non
active (émoussée) qui permet de garder la morphologie originelle du plancher pulpaire sans
risque de perforation, donc d’éliminer le toit de la chambre sans perforer.
 Utile aussi pour la finition des parois de la cavité d’accès.

1
• Les fraises boules montées sur contre-angle bleu :
 Ce sont des fraises qui peuvent avoir de long col, ce qui permet un dégagement du champ
visuel. (Pour exemple, la fraise de type « LN » en Carbure de Tungstène à un très long col.)
 Role : vont servir à éliminer la totalité du plafond pulpaire et des récessis (surplombs à
l’entrée des canaux) qui bloquent l’entrée des limes.

b) Les forets de Gates

 sont montées sur contre angle à bague bleue mais peuvent s’utiliser sur contre angle réducteur.
 possédent 3 lames sur une partie active courte de 2,5 à 4,5 mm de longueur variant avec le diamètre
de l'instrument : no 1 (0,5 mm), no 2 (0,7 mm), no 3 (0,9 mm), no 4 (1,1 mm). Peut s’utiliser en série
croissante 2>3>4 ou décroissante, et en TP on conseille de façon décroissante.
 La pointe des forets de Gates est non travaillante pour éviter les fausses routes et les perforations
dans le canal. On travaille dans le 1/3 coronaire mais pas plus loin.
 Rôle : elles servent à éliminer la contre dépouille à l’entrée des canaux, à mettre en continuité les
parois de la cavité d’accès et les parois canalaires. Le but est d’introduire la lime dans le canal en
respectant la trajectoire, sans modifier la forme du canal. Pour un meilleur accès, il faut à chaque fois
écarter les récessions qui se trouvent sur les bords du canal, pour atteindre la partie apicale du canal.
 Attention, ne jamais utiliser les forets au-delà du tiers moyen
 Les forets s’utilisent en traction et de latéralité le long des parois (Pas de pression verticale !), en
appuyant sur les parois externes de la cavité, pour élargir le canal. Ainsi on élargit l’accès dans la
partie apicale.

Ensuite, il faut contrôler l’accès et la préparation de la cavité, avec des instruments non rotatifs :
AUTRES INSTRUMENTS NON ROTATIFS

c) Pointage des orifices canalaires: se fait avec les sondes


 DG16 (sonde double à 2 angulations différentes) rigidité ++
Pour repérer les entrées (pointage des entrées) canalaires. La sonde a 2 parties
actives avec deux angulations différentes. Elle est plus rigide que la sonde
dentaire d’examen et plus courte que la sonde de Rhein.

 de Rhein (sonde unique relativement longue) : permet de repérer l’entrée


canalaire

d) Controle du suppresion du toit de la chambre pulpaire


 est fait par la palpation avec la sonde DG 17, qui a un crochet en bout, en baionnette.
 On l’introduit jusqu’au niveau de la cavité d’accès et on tire tout le long de la parois. Si ça accroche, il
faut continuer à éliminer le toit de la chambre pulpaire. Si ça glisse bien, c’est qu’on a bien supprimé
tout.

Récap :
- Fraise boule diamantée sur turbine
- On avance jusqu’à toucher les crones pulpaires. On a l’impression de tomber dans le vide.

2
- On réalise ensuite la cavité d’accès et on la finit avec la fraise Endo-Z.

INSTRUMENTS DE PREPARATION CANALAIRE

I – INSTRUMENTS MANUELS : GENERALITES

Classiquement, il existe 3 grands types d’instruments endodontiques manuels. Ils présentent chacun un profil
caractéristique associé à une action donnée :

-les limes de Kerr


-Les limes de type Hedström (qu i signifie Sapin)
-Les broches

Lime H ou Hedstrom ou racleur : signifie “sapin” comme la forme de sa partie active


Certains instruments sont utilisés à toutes les étapes d’une préparation canalaire tel que les limes K (du
cathétérisme à l’élargissement). D’autres sont plus spécifiques (l’élargissement canalaire uniquement, pour
les broches et les limes H). Ils présentent des variations importantes par leur section transversale, leur profil de
lame, leur procédé de fabrication, la nature de l’alliage utilisé mais ils respectent toutes les normes ISO
(Organisation de standard international) avec une conicité régulière de 2%

II – L’ALLIAGE UTILISE

L’alliage est soit en acier inoxydable soit en Nickel-Titane (propriétés)

• Les aciers inoxydables


 sont des groupes de métaux à base de fer contenant au moins 10 % de chrome. La présence
du chrome comme élément d’addition permet la création d’une barrière invisible d’oxyde de
chrome qui protège le fer contre la plupart des corrosions.
 Il faut les pré courber avant introduction dans le canal pour respecter la forme du canal, les
courbures, et pour supprimer la mémoire élastique.

• Les alliages Ni-Ti utilisés appartiennent à la famille des alliages à mémoire de forme (AMF) . NITIFLEX
 Les AMF exhibent des comportements mécaniques tout à fait particuliers
 superélastique. : L’instrument revient à la forme initiale même après l’introduction dans le
canal, sans autre déformation, lorsque les forces de déformation s’arrêtent. Il ne faut pas
précourber. Une déformation de 10% est totalement révrsible, alors qu’avec un alliage en
acier, une déformation de plus de 1% dépasse la limite élastique et entraine une déformation
plastique / permanente.
 Flexibilité / souplesse, il peut se laisser courber sous l’action d’une force beaucoup plus
grande que celle des instruments en inox. (4 fois plus).
 Mémoire de forme : retrouve sa forme initiale par réchauffement.
 permet de mieux respecter la trajectoire canalaire
 La composition chimique des alliages NI TI allie 50 % de nickel et 50 % de titane
 Ils sont plus résistants aux mouvements horaires et anti-horaires que ceux en inox mais leur
efficacité de coupe est réduite.

III – LE SYMBOLE

3
Chaque instrument à un symbole qui permet de les reconnaître
facilement et rapidement (inscrits sur le manche ou sur l’emballage). Le
symbole ne correspond pas a la section de l’instrument !!!! ++

Rond = broche
Carré = limes K
Triangle = limes H

IV – LES LONGUEURS

Les longueurs de ces instruments varient : 21mm ( molaires, petites racines), 25mm, 28mm, et 31mm (canine).
Cette longueur part de la base du manche et va jusqu’à la pointe.
Quelque soit la longueur de l’instrument la partie active fait toujours 16mm !
La différence est donnée par la longueur de la tige.

Un instrument endo est formé de 3 partie :


 Le manche en métal ou plastique et permet la prise/préhension manuelle de l’instrument
 La tige est fixée dans le manche : c’est l’ébauche du fil métallique à partir duquel est fabriquée la
partie active de l’instrument. Elle a un anneau en caoutchouc comme repère pour les mesures pour
l’orientation des courbures. Normalement les stop ont une encoche qui nous aide a repérer les
entrées canalaires.
 La partie travaillante est situé dans le prolongement de la tige

Les différentes longueur sont sécéctionnés en fonction de la dent a traiter autrement dit de
la longueur pré existente sur la radio pré-op. Par exemple, pour les dents postérieures, il est
préférables d’utiliser des limes de longueur plus courte car ouverture de bouche limitée.

A propos du stop siliconé : c’est un repère pour les mesures et c’est également un repère
pour l’orientation des courbures
(trait noir sur rondelle ou encoche, repérage dans l’espace)

V – LE DIAMETRE

A chaque couleur correspond un diamètre particulier. Le


diamètre d’un instrument indique la dimension de la section
transversale en un point donné:
- à la pointe de l’instrument D1; > le plus important, qui
donne le numéro de l’instrument.
- à la transition tige-lame active est D2.
Ces diamètres sont exprimés en 100emes de millimètre et vont de 6/100e mm à
140/100e mm : cela confère le numéro à l’instrument.
Exemple : la lime 10 correspond à 10/100ème de mm de diamètre.

VI - CODES COULEURS

4
DEF = Le code de couleur ISO associé à chaque instrument ayant un diamètre D1, une couleur , celle ci se
retrouve sur le manche de l’instrument permettant ainsi de le reconnaitre facilement. Alors la couleur des
manches des instruments indiquent le diamètre à la pointe D1.

Seuls les 3 instruments de plus faible diamètre ont une couleur


n’entrant pas dans une série de couleur répétitive :
06 ® rose 08 ® grise 10 ® violette
D1=6/100 8/100 10/100
Pour les diamètres supérieurs  série de couleurs répétitive :
blanc – jaune – rouge – bleu – vert – noir
Lime de 15 ® Blanc
20 ® Jaune
25 ® Rouge
30 ® Bleu progresse de 5 en 5/100 jusqu’à 55. A partir de 60,
35 ® Vert on monte de 10 en 10.
40 ® Noir

Présentations commerciales :
- soit des boites de 6 instruments identiques
- soit des boites assorties

VII – LA CONICITE

Tous les instruments respectant la norme ISO ont une conicité de 2 %, c’est-à-dire une augmentation de
diamètre de 2 centièmes de millimètre par millimètre de lame active. La progression uniforme assure une
conicité constante. Donc pour une lime de 20, à une distance de 1 mm du bout de la lime, le diamètre est de
22, à 2 mm du bout, le diamètre est de 24.

La différence de diamètre entre d2 et d1 reste inchangée, quel que soit l’instrument : D2 = D1+ (16 x 2%)
D2-D1 = longueue de la partie active x conicité.
Exemple si longueur 16 > 16x2 = 32

Il existe aussi des instruments avec une conicité majorée, supérieure à 2%, constante également, qui traduit
une augmentation régulière du diamètre de la pointe vers la base de la partie active.
Exemple pour une lime de 30 conicité 2% > D16 = D0 + (longueur x conicité) = 30+(16x2) = 62/100eme de mm.
Exemple pour une lime de 30 conicité 6% > D16 = D0 + (longueur x conicité) = 30+(16x6) = 126/100eme de
mm.
Donc plus la conicité est grande, plus le diamètre de la lime est grand.
Plus on augmente la conicité, plus le nombre d’instruments diminue.

VIII – LES PROCEDES DE FABRICATION

2 techniques de fabrication: soit par rectification et vrillage, soit par usinage.

5
Fabrication des limes K et des broches.

Résumé : : une matrice profilée quadrangulaire (blancks) à ébauche de section carrée,


triangulaire, conique à torision de l’ébauche dans le sens anti horaire à Obtention d’une
série de spires sens horaires avec extrémités tranchantes (lames),

La section est carrée ou triangulaire définit globalement la quantité de métal et donc


influence sur la flexibilité, la résistance, l’évacuation des débris.

 section carrée qui présente une bonne résistance à la torsion mais une faible
capacité d’élimination des débris du fait de la compacité de l’instrument.
 section triangulaire qui assure une plus grande flexibilité et une meilleure
élimination des débris par augmentation des espaces libres interspires.

++ Les limes K ont un nombre de spires plus important ++, donc un pas entre les spires plus petit, par rapport
aux broches qui sont comme les limes H mais plus longues.
Les lames fabriquées par torsion sont plus fexibles et plus résistantes, mais avec l’utilisation elles se
despiralisent. Avantage = on peut facilement le repérer et il faut donc jeter l’instrument.

Important : Les lames fabriquées par torsion ne sont actives que dans un mouvement de rotation horaire. Elles
se brisent 2 fois plus facilement si elles sont utilisées dans le sens anti horaire. Donc lorsqu’un instrument est
coincé dans un canal radiculaire, il ne faut surtout pas le dévisser mais continuer à tourner dans le sens horaire
en le retirant.

Fabrication des limes H.

 Il s’agit d’un procédé par usinage. L’ébauche du métal est taillée et non pas tordue.
 L’usinage se fait à partir d’une matrice d’acier cylindrique, ce qui entraine une lime
en forme de sapin inversé. La profondeur de coupe est en rapport avec la fragilité
de l’instrument.
 La section est dite en « goutte d’eau ».
 Il s’agit d’instruments très fragiles notamment ceux de faible calibre et la façon de les utiliser est
différente. Moins résistants à la rupture que les instruments fabriqués par rectification / torsion.
 Ce sont des instruments efficaces en coupe mais agressifs (risque de faire des bouchons car ils vont
éliminer plus de dentine donc faire plus de copeaux !). On les appelle les racleurs.
 Ce sont des intruments qui travaillent en traction. Jamais en rotation. Les instruments usinés ont
moins de resistance à la rupture par rotation que ceux de même taille obtenus par torsion.

IX : LES ANGLES

a) Angle d’hélice
• C’est l’angle existant entre l’axe de l’instrument et l’axe des spires. Il est
proportionnel au nombre de spires/mm et diminue avec le diamètre de
l’instrument.
• 20° pour les broches
• 40°pour les limes K
• 60°pour les limes H

Conséquences sur la dynamique instrumentale :


 Angle faible = efficace en rotation (broches)
 Angle important = efficace en traction (limes H)

6
 Les limes K ayant un angle d’hélice se situant entre celui des broches et
celuides limes H, on devra alors combiner les mouvements de rotation puis
detraction.

b) Angle de transition.
• Il s’agit d’un angle aigu se situant entre la facette de la pointe et la naissance de
la première lame.
• Conséquences : Plus il est aigu plus on risque de créer des encoches dans la
dentine.. Ce phénomène peut déterminer une modification de trajectoire
canalaire avec la formation d’une butée. C’est pourquoi les instruments mis
sur le marché comportent un angle de transition nul qui est complètement
supprimé alors une pointe de guide modifiée.

c) Angle de coupe ou angle d’attaque


• Il traduit l’inclinaison de la partie tranchante par rapport à la surface à attaquer. Il dépend donc de la
trajectoire de l’instrument et est à corréler avec la surface de contact.

• 3 possibilités :
 Angle de coupe POSITIF (inférieur à 90°) > efficace en coupe mais
génère beaucoup de copeaux. Si l'angle de coupe est positif,
l'instrument fonctionne réellement comme un rasoir à la surface de la
dentine et risque de s’enfoncer dans la dentine. Il se produit alors un
effet de vissage. Son utilisation est rare et s’utilise surtout comme racleur.
 Angle de coupe NUL (égal à 90°)
 Angle de coupe NEGATIF (supérieur à 90°).

L’instrument idéal doit avoir un angle de coupe neutre ou légèrement positif pour avoir une efficacité
maximale.

On parle d’instruments :
- non coupants ou passifs quand ils ont un méplat radian et un angle de coupe neutre
ou négatif
- coupants ou actifs quand il n'y a pas de méplat radian et que l'angle de coupe est
positif.

d) Angle à la pointe

C'est l'angle formé par les pans de l'extrémité de la lame.


A l'origine, l'angle de la pointe des instruments de type K était de
75±15 degrés. L'angle de pointe est responsable de la modification
de la trajectoire canalaire et c'est pourquoi il a été transformé en
l'émoussant sur les nouveaux instruments .
Le principe de cette conception est de guider l’instrument dans la
courbure du canal plutôt que de travailler seulement aux dépens
de la paroi externe de canal.
La pointe de la lime K ou de la broche est active aussi bien lors d’un
mouvement axial que d’un mouvement de rotation en créant une encoche aux dépens de la dentine
pariétale. Certains instruments ont de ce fait une pointe qui a été modifiée : les départs d’arêtes
agressifs de la pointe pyramidale sont émoussés pour être non actifs.
INSTRUMENTATION POUR LA CAVITE D’ACCES
LES INSTRUMENTS MANUELS : CARACTERISTIQUES

7
LIME K

 Cet instrument normalise ISO est fabrique classiquement par torsion, sur le champ, d’une matrice profilée
quandrangulaire d’acier inoxydable. Cette torsion est importante et donne un pas serré à la lime
 Il peut présenter selon les marques deux sections en fonction du diamètre pour préserver une bonne
flexibilité:
 De 06 à 20 /100ème de mm , section carrée qui présente une bonne résistance à la torsion mais
une faible capacité d’élimination des débris du fait de la compacité de l’instrument.
 De 25 à 140 /100ème de mm, section triangulaire qui assure une plus grande flexibilité et une
meilleure élimination des débris par augmentation des espaces libres interspires.

 Les angles de coupe et d’hélice sont respectivement de 45 ° et de 40°. L’utilisation de ces limes s’effectue
principalement en traction et/ou rotation. C’est une rotation horaire d’un huitième de tour +va-vient =>
sont employées pour l’élargissement.
 Les limes K restent des instruments rigides, par conséquent plus efficaces en pénétration. C’est pourquoi
les limes K sont très fréquemment utilisées lors de la préparation canalaire, particulièrement dans les
phases de repérage et de perméabilisation, dont elles restent les instruments de choix.

• L’utilisation dévolue à la lime K est : pénétration initiale, curetage pariétal et élargissement canalaire.

Elle est efficace dans les mouvements de va-et vient au contact des parois dentinaires qui aboutissent à
l’élargissement du canal. Elle possède également une efficacité mais plus restreinte dans les mouvements de
rotation.
Les instruments qui presenteraient à l’usage un changement visible dans l’ordonnacement des spires sont à
éliminer immédiatement pour éviter les fractures.

Quelques défauts :
 Dans un canal fin, un instrument de petit diamètre faussé va se tordre a la pointe : il faut le jeter
 La pénétration initiale des canaux rétrécis obligeant à des mouvements de rotation dans le canal
pour réduire le nombre des contacts entre les lames et la dentine. C’est la suppression de ces
interférences de proche en proche qui permettra la progression de l’intrument en direction apicale.
Ce mouvement de rotation de 45° dans un sens et en sens inverse ne sont pas favorable pour un
instrument obtenu par torsion. Celui-ci aura la tendance à se fracturer s’il est forcé dans le sens
inverse d’une montre.
 Petit diamètre = usage unique !

LIME H : LIME DE HEDSTROM

 Cet instrument a été élaboré pour pallier et développer la phase opératoire mal réalisée par la lime K :
l’élargissement canalaire.
 La lime H présente une section ronde avec un angle d’hélice d’environ 60°.
 La lime H n’est efficace que par des mouvements de traction (inefficace en poussée).
 L’angle d’attaque des lames est très acéré et proche de 90° (arêtes actives aggressives).
 La lime H suit toujours l’action d’une lime K de même diamètre quand elle doit surfacer le canal sur toute
la longueur précedemment préparée.
 Ce sont des instruments très flexibles dans les petits diamètres du fait de leur forte découpe (point faible à
la jonction de chaque cône), et il faut éliminer tous les instruments présentant en cours d’utilisation une
déformation abrupte d’une portion active par rapport au grand axe.
 Si cet instrument est utilisé en rotation dans le sens horaire, avec la pointe bloquée dans le canal, il y a
risque de vissage et de fracture quasi immédiate.
 Attention à la jonction entre chaque cônes et la partie active de l’instrument.

8
BROCHES

 C’est aussi un instrument normalisé qui peut être fabriqué par torsion d’une matrice profilée triangulaire
d’acier inoxydable. Cette torsion est plus modérée que pour la lime K et cela donne à la broche un aspect
moins compact et avec un pas plus long.
 La broche présente une section triangulaire dans la plupart des marques, ce qui lui assure une grande
flexibilité et une bonne élimination des débris par les espaces libres interspires.
 La broche est amenée au contact des parois , une légère poussée en direction apicale engage les lames et
une rotation d’un quart de tour dans le sens des aiguilles d’une montre suivie de la traction en direction
coronaire permet une action efficace d’élimination de copeaux dentinaires .
 Il s’agit d’un instrument de faible encombrement, adapté à l’élimination de déchets organiques et
minéraux pendant les phases terminales de préparation et de finition, ainsi qu’aux retraitements
endodontiques.

LE CLEAN GRIP

• Il s’agit de la petite boite bleue ronde. Il faut la remplir d’hypochlorite et la recouvrir avec la
compresse. Il sert au nettoyage de l’instrument et à la désinfection de la partie active après chaque
manipulation.

Aiguille de taille 27 Gauges (= 40/100 mm) à ouverture latérale.

INSTRUMENTATION MANUELLE POUR L’OBTURATION

1) Les spreader

Pour une utilisation latérale à froid de la gutta percha :


 les spreader à manche court (les finger spreaders) : avec 3 parties,
manche tige et partie active.
La partie active est conique, effilée, pointue.
Les FS sont plutot préférés pour :
- La précision de leur emploi dans les canaux
- Le contrôle de la force exercée
- La perception de la résistance rencontrée

Ils ont une longueur de 21, 25 mm et Ils présentent au niveau de leur


manche des anneaux de coloration (différence de diamètres : Jaune – Rouge – Bleu – Vert)
A : bague jaune 30/100 (canal très fin)
B : bague rouge 40/100 (canal fin)
C : bague bleue 50/100 (canal large)
D : bague verte 60/100 (canal très large)
Chez Kerr Hawe les spreders existent en 6 tailles (XF blanc, FF jaune, MF rouge, F bleu, FM vert, M noir).
Ils sont confectionnés

9
en acier NI-Ti et peuvent
- alors se courber pendant le compactage
- en alliage mixte (NiTi dans la partie apicale et en acier dans la partie coronaire).

On réalise des mouvements rotatoires et on presse la gutta en direction apicale, contre les parois du canal
radiculaire. On ne doit pas forcer le spreader pendant le compactage, parce que cela peut entrainer une
fratcure radiculaire.

 les spreaders à manche long : ils sont très maniables, en particulier pour le compactage des sytèmes
canalaires au niveau des postérieures dont l’accès est difficile.

2) Les pluggers
Pour une condensation verticale à chaud de gutta percha.
 plugger à manche court (Finger plugger).
Bout plat, bout mousse.

 plugger à manche long (coloré, rond, lisse).


Existe en fouloir double ou simple.

Le code de couleur est le suivant :


- le jaune de diamètre 50/100 (0,5mm)
- le rouge 70/100 (0,7mm)
- le bleu 90/100 (0,9mm)
- le vert 110/100 (1mm)
Longueur: 21,25,28 mm.
Le numéro est la diamètre au niveau du bout.
La longueur est deux cotés est différente.

Les fouloirs doubles possèdent :


- un coté fouloir gradué de 5 en 5 mm, pour contrôle s’enfoncement dans le canal, et a un bout plat. Ils
permettent d’exercer une pression verticale sur la gutta, mais ne doivent jamais être chauffés !!!! ++
- un coté réchauffeur avec un bout pointue non gradué pour sectionner les cônes à l’entrée canalaire.
On chauffe l’extrémité coronaire du cone de gutta préalablement ajusté dans le canal, et on retire des
petites masses de gutta qui sont en surplus.

3) Les bourre-pâtes (LENTULLO)


Instrument rotatif, utilisé sur CA bleu à vitesse lente (1000 à 4000 tours/min). Il tourne
uniquement dans le sens horaire. Son utilisation est réservée à la mise en place de médication
temporaire comme la pate d’hydroxyde de calcium.
Il existe 4 diamètres > 1 = extra fin 2 = fin 3= moyen 4 = gros
Il existe 3 longueurs > 17mm = court 21mm = long 25mm = extra long

On l’introduit dans le canal, jusqu’à la longueur convenable sans rotation. Le but est que
l’instrument, avec sa pate d’obturation, ne doit pas etre coincée entre les parois du canal.
Ensuite, on démarre le micromoteur et le lentullo sera retiré avec un mouvement circulaire, de
sorte à ce que la pâte s’applique sur les parois. Le dépassement apical de la pate d’obturation
est très fréquent quand on n’a pas de stop apical.

10
1. Cavité de délinéation : forme de contour de la cavité idéale

C’est la «cavité d’accès », à partir du point


d’élection de la trépanation, dans l’axe de la
dent, dans les limites correspondant à
l’anatomie supposée de la chambre pulpaire
pour les monoradiculées et à la position
supposée des cornes pulpaires pour les
multiradiculées, sur une profondeur d’environ
3 mm (fraise sur turbine)

Incisives : forme de triangle base incisisal


Canines et PM : ovalaire vestibulo-lingual
Molaires maxillaires : Quadrilataire
losangique ou triangulaire
Molaires mandibulaires : Quadrilataire trapézoïdale

2. L’approfondissement de la cavité de délinéation en suivant le grand axe de la couronne

fraise turbine diamantée

3. Trépanation du plafond pulpaire

Effraction ponctuelle du plafond et création d'un tunnel


débouchant à l'intérieur de la chambre*
 recherche de la corne pulpaire la plus volumineuse
 au moyen d’une fraise ronde à col long sur contre-angle à vitesse lente

4. Ablation totale du plafond pulpaire

Elimination par traction du plafond pulpaire pour mettre les parois camérales dans le prolongement des
parois canalaires.

Il se fait avec la même fraise**/la fraise conique multilames à pointe mousse


Cette technique seule évite tout risque de lésion du plancher pulpaire. Sur le même principe, des fraises
coniques diamantées toujours à bout lisse, montées sur turbine, donnent d’excellents résultats rapides
 Recherche et élimination des recessus=> la sonde 17
 l’élimination à la fraise ronde

5. Nettoyage de la chambre pulpaire

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• avec un excavateur.
• Le rinçage avec de l'hypochlorite de Na
• Le séchage met en évidence les ≠ couleurs*

6. Repérage des entrées canalaires

• la perméabilité de l’entrée des différents canaux est testée par une lime type K n°08 ou 10, sur 1 à 2 mm
• - nouvelle irrigation : détersion + aspiration
• - remplir la cavité de ClONa

Extension CA
 L’orientation des canaux peut conduire à augmenter l’extension de la cavité car l’action ultérieure des
instruments ne devra pas etre genee par les bords d’émail. Cette extension se fera a la demande et le
plus souvent
 Vers le bords incisif pour les canunes e incisibes
 V-L pour les prémolaires
 M-V pour les molaires

7. Elargissement des entrées canalaires

• Elargissement des entrées canalaires: à la jonction de la


cavité d’accès et de l’entrée du canal*
Cette étape a toujours lieu après le cathétérisme initial !!

La réalisation de la cavité d’accès repose sur:


 les connaissances anatomiques du praticien et
 une analyse clinique
 RX

Connaissance anatomique
 La cavité d’accès sera toujours située sur les faces orales des monoradiculées et sur la face occlusale
des dents cuspidées.
 La chambre pulpaire : se trouve toujours au centre de la couronne et se situe en général dans le 1/3
cervical de la couronne dentaire
 Le plancher pulpaire est toujours situé 1 ou 2mm plus apicalement que le collet anatomique et le
canal radiculaire est toujours au centre de la racine (UNIQUEMENT SUR PLURIRADICULE)

Analyse clinique
 La morphologie de la couronne dentaire est à étudier afin de réaliser la formede contour idéale.
 Homothétie entre la morphologie coronaire externe et morphologie pulpaire coronaire
 Le grand axe de la dent doit guider l’utilisation des instruments rotatifs.
 L’axe entre la couronne dentaire et la racine est aussi variable. (PM mandibulaire)

Analyse radiographique
 Evaluer la distance entre la chambre pulpaire et la face occlusale
 Evaluer le volume pulpaire
 Examen de la morphologie canalaire
 Trajectoire
 Nombre de canaux
 Rayon de courbure
 Emplacement de la courbure

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