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Postulats de la mécanique quantique

Le document présente un cours de Mécanique Quantique 2, structuré autour des postulats fondamentaux de la mécanique quantique, des problèmes à une dimension, et du moment cinétique. Les postulats décrivent la nature des états quantiques, les observables, les mesures, et l'évolution temporelle des systèmes quantiques. Chaque section aborde des concepts clés et des applications mathématiques, fournissant une base solide pour comprendre la mécanique quantique.
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Postulats de la mécanique quantique

Le document présente un cours de Mécanique Quantique 2, structuré autour des postulats fondamentaux de la mécanique quantique, des problèmes à une dimension, et du moment cinétique. Les postulats décrivent la nature des états quantiques, les observables, les mesures, et l'évolution temporelle des systèmes quantiques. Chaque section aborde des concepts clés et des applications mathématiques, fournissant une base solide pour comprendre la mécanique quantique.
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Université de Nouakchott Al-Aasriya A. U.

: 2020-2021
Faculté des Sciences et Techniques Filières : PF (S6)
Département de Physique

Mécanique quantique 2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA†


e-mail : [Link]@[Link]
Table des matières

I Postulats de la mécanique quantique 1


I.1 Postulats de la mécanique quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
I.2 Description de l’état d’un système . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
I.3 Observables et opérateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
I.4 Mesure en mécanique quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
I.5 Evolution dans le temps de l’état du système . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
I.6 Symétries et lois de conservation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
I.7 Limite classique de la mécanique quantique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

II Problèmes à une dimension 31


II.1 Propriétés du mouvement à une dimension . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
II.2 Particule libre : états continus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
II.3 Marche de potentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
II.4 Puits et barrière de potentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
II.5 Puits de potentiel carré infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
II.6 Puits de potentiel carré fini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
II.7 Oscillateur harmonique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

III Moment cinétique 77


III.1 Moment cinétique orbital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
III.2 Formalisme général du moment cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
III.3 Représentation matricielle du moment cinétique . . . . . . . . . . . . . . . 86
III.4 Représentation géométrique du moment cinétique . . . . . . . . . . . . . . 87
III.5 Moment cinétique de spin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
III.6 Fonctions d’onde du moment cinétique orbital . . . . . . . . . . . . . . . . . 97

iii
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre I

Postulats de la mécanique quantique

Le formalisme de la mécanique quantique est basé sur un certain nombre de postulats.


Ces postulats reposent à leur tour sur un large éventail d’observations expérimentales ;
les idées physiques sous-jacentes de ces observations expérimentales ont été brièvement
mentionnées dans [MQ1]. Dans ce chapitre, nous présentons une discussion formelle
de ces postulats, et comment ils peuvent être utilisés pour extraire des informations
quantitatives sur les microsystèmes physiques.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Ces postulats sont issus de l’expérience et ne peuvent pas être démontrés. Ils repré-
sentent l’ensemble minimal d’hypothèses nécessaires pour développer la théorie de la
mécanique quantique. Mais comment savoir si ces postulats sont valides ? La validité de
ces postulats ne peut pas être déterminée directement ; seule une proposition inductive
indirecte est possible. Pour cela, il faut se tourner vers la théorie construite à partir de ces
postulats : si la théorie fonctionne, les postulats seront valables ; sinon ils n’auront aucun
sens. La théorie quantique non seulement fonctionne, mais fonctionne extrêmement bien,
et cela représente sa justification expérimentale. Elle donne des prédictions, qualitatives
et quantitatives, très fiables ; c’est-à-dire qu’ils ont été vérifiées par une riche collection
d’expériences. Ainsi, le pouvoir de prédiction précise de la théorie quantique fournit une
preuve irréfutable de la validité des postulats sur lesquels la théorie est construite.

I.1 Postulats de la mécanique quantique


Selon la mécanique classique, l’état d’une particule est spécifié, à tout instant t, par
deux variables dynamiques fondamentales : la position r (t ) et l’impulsion p(t ). Toute
autre grandeur physique, pertinente pour le système, peut être calculée en fonction de
ces deux variables dynamiques. De plus, connaissant ces variables à un instant t , nous
pouvons prédire, en utilisant par exemple les équations canoniques de Hamilton-Jacobin :

d x ∂H dp ∂H
= , =− , (I.1)
dt ∂p dt ∂x

les valeurs de ces variables à tout instant ultérieur t ′ .


Les contreparties en mécanique quantique de ces idées sont spécifiées par des postu-
lats, qui nous permettent de comprendre :

1
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

1. Comment un état quantique est décrit mathématiquement à un instant t donné.


2. Comment calculer les différentes grandeurs physiques à partir de cet état quantique,
et
3. Connaître l’état du système à un instant t , comment retrouver l’état à un instant
ultérieur t ′ ; c’est-à-dire, comment décrire l’évolution temporelle d’un système.
Les réponses à ces questions sont fournies par les cinq postulats suivants.

Postulat 1: état du système

A un instant t fixé, l’état d’un système physique isolé est défini par la donnée d’un ket
|ψ(t )〉, dit vecteur d’état, appartenant à un espace de Hilbert H appelé espace des
états. Ainsi toute superposition des vecteurs d’état est aussi un vecteur d’état.

Postulat 2: observables et opérateurs


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

A toute grandeur physique mesurable A , appelée une observable (ou variable dyna-
mique), est associé un opérateur hermitique  dont les valeurs propres forment une
base complète.

Postulat 3: mesure et valeurs propres des opérateurs

La mesure d’une grandeur physique A peut être représentée par l’action de l’opéra-
teur  dans sur le vecteur d’état |ψ(t )〉. Cette mesure ne peut donner comme résultat
qu’une des valeurs propres, a n de l’opérateur Â. Si le système était initialement dans
l’état |ψ(t )〉 et si le résultat de mesure de A est a n , alors immédiatement après la
mesure le système se trouve dans l’état |ψn 〉

Â|ψ(t )〉 = a n |ψn 〉 (I.2)

où a n = 〈ψn |ψ(t )〉. Notons que a n est la composante de |ψ(t )〉 lorsqu’on le projette
sur le vecteur propre |ψn 〉 a .
a. Puisque
X les vecteurs propres
X de l’opérateur  forment une base complète on peut écrire : |ψ(t )〉 =
Î|ψ(t )〉 = |ψn 〉〈ψn |ψ(t )〉 = a n |ψn 〉 et on a donc : a n = 〈ψ(t )|ψn 〉.
n n

Postulat 4: caractère probabiliste des résultats de mesures

• Spectre discret : Lorsqu’on mesure l’observable (ou grandeur physique) A sur un


système dans l’état |ψ〉, la probabilité P (a n ) d’obtenir comme résultat la valeur

2
I.1. Postulats de la mécanique quantique

propre non dégénérée a n de l’opérateur  correspondante est :

¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
|a n |2
P n (a n ) = = (I.3)
〈ψ|ψ〉 〈ψ|ψ〉

où |u n 〉 est l’état propre de l’opérateur  avec la valeur propre a n . Si la valeur propre


a n est dégénérée, la probabilité P n devient :

Pg n ¯¯ i ¯2 Pg n ¯¯ (i ) ¯¯2
〈u |ψ〉¯
i =1 n i =1 ¯a n ¯ (I.4)
P n (a n ) = =
〈ψ|ψ〉 〈ψ|ψ〉

où g n est le degré de dégénérescence de a n . La mesure change l’état du système |ψ〉


en |u n 〉. Si le système est initialement dans un état propre, |u n 〉, de  associé à la
valeur propre a n (i.e. Â|u n 〉 = a n |u n 〉), la mesure de l’observable A fournit comme
résultat la valeur propre correspondante a n avec la probabilité P n (a n ) = 1.
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• Spectre continu : Lorsqu’on mesure la grandeur physique A sur un système dans


l’état |ψ〉, la probabilité d P (α) d’obtenir un résultat compris entre α et α + d α vaut :

¯ψ(α)¯2
¯〈v α |ψ〉¯2
¯ ¯ ¯ ¯
d P (α) = ρ(α)d α , ρ(α) = = R +∞ ¯ (I.5)
〈ψ|ψ〉 ¯ψ(α′ )¯2 d α′
¯
−∞

où |v α 〉 est le vecteur propre correspondant à la valeur propre α de l’opérateur Â


associée à A . Par exemple la densite de probabilite de trouver une particule entre x
et x + d x est :
¯2
d P (x) ¯ψ(x)¯
¯
= . (I.6)
dx 〈ψ|ψ〉

Postulat 5: Évolution dans le temps du système

L’évolution dans le temps du vecteur d’état |ψ(t )〉 est régie par l’équation de Schrö-
dinger dépendant du temps :

d
iħ |ψ(t )〉 = Ĥ(t ) |ψ(t )〉 (I.7)
dt

où Ĥ(t ) est l’opérateur hamiltonien associé à l’énergie totale du système.

Ces postulats se classent en deux catégories :


(1) Les quatre premiers décrivent le système à un instant donné.

3
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

(2) Le cinquième montre comment cette description évolue dans le temps.

I.2 Description de l’état d’un système


Pour décrire un système en mécanique quantique, nous utilisons une entité mathé-
matique (une fonction complexe) appartenant à un espace de Hilbert, le vecteur d’état
|ψ(t )〉, qui contient toutes les informations, dont nous avons besoin, sur le système et à
partir desquelles toutes les grandeurs physiques peuvent être calculées. Comme expliqué
au chapitre 3 de [MQ1], le vecteur d’état |ψ(t )〉 peut être représenté de deux façons :
• par une fonction d’onde dans l’espace des positions ψ(⃗
r , t ) = 〈⃗
r |ψ(t )〉
• par une fonction d’onde dans l’espace des impulsions ψ(⃗
p , t ) = 〈⃗
p |ψ(t )〉
Ainsi, par exemple, en mécanique quantique pour décrire l’état d’une particule unidi-
mensionnelle on utilise une fonction complexe ψ(x, t ) au lieu de deux nombres réels (x, p)
(de l’espace des phases) utilisés en physique classique.
Les fonctions d’onde à utiliser ne sont que celles qui correspondent à des systèmes phy-
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

siques. Quelles sont les conditions mathématiques requises pour qu’une fonction d’onde
représente un système physique ? Les fonctions d’onde ψ(x) physiquement acceptables
doivent, ainsi que leurs premières dérivées d ψ(x)/d t , être finies, continues et univaluées
(à valeurs uniques) en tout point de l’espace.

Densité de probabilité
r , t )|2 , possède un sens phy-
Qu’en est-t-il de la fonction ? Seul son module carré, |ψ(⃗
sique. Selon l’interprétation probabiliste de Born le module carré de ψ(⃗
r , t ),

¯2
P (⃗
r , t ) = ¯ψ(⃗
¯
r , t )¯ (I.8)

est la densité de probabilité de présence ; c’est-à-dire la probabilité pour que la particule


soit trouvée, à l’instant t , dans l’élément de volume d 3 r entre⃗
r et⃗
r +d⃗
r . Alors, la probabilité
totale de trouver la particule dans tout l’espace étant égale à 1 :

Z
¯2
Z +∞ Z +∞ Z +∞ ¯ ¯2
r , t )¯ d 3 r =
¯ψ(⃗ ¯ψ(⃗
¯
dx dy r , t )¯ d z = 1 (I.9)
−∞ −∞ −∞

Une fonction d’onde satisfait


h¯ à la¯relation
i (I.9) est dite normalisée. Notons que la dimension
2
p
de ψ(⃗
r ) est 1/ L3 , d’où ¯ψ(⃗ r )¯ = 1/L3 où L est la dimension d’une longueur. Notons
r , t ) et e i α ψ(⃗
aussi que les fonctions d’onde ψ(⃗ r , t ), où α est un nombre réel, représentent
le même état (c’est-à-dire que la fonction d’onde ψ(⃗
r , t ) est définie à une phase près).

4
I.3. Observables et opérateurs

Principe de superposition
L’état d’un système n’est pas nécessairement représenté par une seule fonction d’onde ;
il peut être représenté par une superposition de deux ou plusieurs fonctions d’onde. Un
exemple du monde macroscopique est une corde vibrante ; son état peut être représenté
par une seule onde ou par la superposition (combinaison linéaire) de nombreuses ondes.
Si ψ1 (⃗
r , t ) et ψ2 (⃗
r , t ) satisfont séparément l’équation de Schrödinger, alors la fonction
d’onde ψ(⃗
r , t ) = c 1 ψ1 (⃗
r , t ) + c 2 ψ2 (⃗
r , t ) satisfait aussi l’équation (linéaire) de Schrödinger
(c 1 et c 2 sont des nombres complexes). Alors le principe de superposition stipule en général
que, la superposition linéaire de plusieurs fonctions d’onde (décrivant les états différents
possibles du système) donne une nouvelle fonction d’onde représentant un état physique
possible du système :

X
|ψ〉 = c n |u n 〉 (I.10)
n

où les c n sont des nombres complexes. La quantité


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¯ ¯2
P = ¯ c n |u n 〉¯¯
¯X ¯
¯ (I.11)
n

représente la probabilité de la superposition (I.10). Lorsque les vecteurs d’état |u n 〉 sont


mutuellement orthonormés, la probabilité (I.11) devient égale à la somme des probabilités
individuelles :

¯ ¯2
P = ¯ c n |u n 〉¯¯ = |c n |2 = P 1 + P 2 + P 3 + · · ·
¯X ¯ X
¯ (I.12)
n n

avec P k = |c k |2 est la probabilité de trouver le système dans l’état |u k 〉.

I.3 Observables et opérateurs


Une observable est une variable dynamique qui peut être mesurée ; les variables
dynamiques les plus utilisées en mécanique classique sont : la position, l’impulsion, le
moment cinétique et l’énergie. Comment représenter mathématiquement ces variables,
entre autres, en mécanique quantique ?
Selon le deuxième postulat, à chaque observable physique est associé un opérateur
hermitique. Dans le chapitre 4 de [MQ1], nous avons vu que la représentation position de
l’opérateur impulsion est donnée dans l’espace unidimensionnel par P̂ = −i ħ∂/∂x et dans
Pˆ = −i ħ⃗
l’espace tridimensionnel par ⃗ ∇.

5
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

⃗ ) peut être "quantifiée" ou bien rendue une fonction


r ,p
En général, toute fonction f (⃗
d’opérateurs en remplaçant ⃗ ⃗ par leurs opérateurs correspondants :
r et p

f (⃗
r ,p ˆ ,⃗
⃗ ) −→ F(⃗
R Pˆ ) = F(⃗
ˆ , −i ħ⃗
R ∇) (I.13)

ou f (x, p) → F(X̂, −i ħ∂/∂x). Par exemple l’hamiltonien

1 2
H = T+V = ⃗ + V(⃗
p r ,t) (I.14)
2m

est décrit dans la représentation position par l’opérateur :

1 ˆ2 ˆ ħ2 2 ˆ ,t)
Ĥ = ⃗ ⃗
P + V̂(R , t ) = − ∇ + V̂(⃗
R (I.15)
2m 2m

où ∇2 ≡ ∆ est l’opérateur laplacien qui est donné en coordonnées cartésiennes par ∇2 =


∂2 /∂x 2 + ∂2 /∂y 2 + ∂2 /∂z 2 .
ˆ ,t)
Comme l’opérateur impulsion P̂ est hermitique, l’opérateur Ĥ est hermitique si V̂(⃗
R
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est une fonction réelle. D’ou le spectre (l’ensemble des valeurs propres) de Ĥ est réel.
Ce spectre peut être discret, continu ou les deux à la fois. Dans le cas des états liés,
l’hamiltonien a un spectre discret de valeurs et un spectre continu pour les états non
liés. En général, un opérateur a un spectre lié ou non lié de la même manière que la
ˆ et ⃗
variable classique correspondante a des orbites liées ou non liées. Quant à ⃗
R ˆ ils ont
P,
des spectres continus, car ⃗ ⃗ peuvent prendre un continuum de valeurs.
r et p
Selon le Postulat 5 l’énergie totale E des systèmes dépendants du temps est associée à
l’opérateur :


Ĥ = i ħ (I.16)
∂t

Ceci peut être interprétée comme suit : la fonction d’onde d’une particule libre d’impulsion
⃗ et d’énergie totale E est donnée par l’onde plane suivante :
p

r , t ) = Ae i (⃗p ·⃗r −Et )/ħ


ψ(⃗ (I.17)

où A est une constante. La dérivée par rapport au temps de ψ(⃗


r , t ) donne alors ;

ψ(⃗
r ,t)
iħ r ,t)
= Eψ(⃗ (I.18)
dt

d’où l’énergie totale E est la valeur propre de l’opérateur Ĥ, (I.16).


Pour l’opérateur impulsion ⃗ ˆ son équation aux valeurs propres,
P,

ˆ r ) = −i ħ⃗

Pψ(⃗ ∇ψ(⃗ ⃗ ψ(⃗
r )=p r) (I.19)

6
I.4. Mesure en mécanique quantique

donne la fonction propre ψ(⃗ ⃗ telle que la quantité


r ) correspondante à la valeur propre p
¯2
⃗ dans l’élément
¯
p |ψ〉¯ représente la probabilité de trouver la particule d’impulsion p
¯〈⃗
de volume d 3 r centré autour du point ⃗
r . La solution de l’équation aux valeurs propres
(I.19) est

r , t ) = Ae i p⃗·⃗r /ħ
ψ(⃗ (I.20)

⃗ = ħ⃗
où A est une constante de normalisation. Comme p k est la valeur propre de l’opérateur
ˆ

P, la fonction propre (I.20) peut s’écrit :


r , t ) = Ae i k·⃗r
ψ(⃗ (I.21)

et l’équation aux valeurs propres (I.19) devient donc :

ˆ r ) = ħ⃗

Pψ(⃗ k ψ(⃗
r) (I.22)
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En résumé, il y a une correspondance biunivoque entre les observables et les opérateurs,


voir le tableau I.1.

Observable Opérateur correspondant


r ⃗


p Pˆ = −i ħ⃗
⃗ ∇
1 2 ħ2 2
T= p T̂ = − ∇
2m 2m
p2 ħ2 2 ˆ ,t)
E= r ,t)
+ V(⃗ Ĥ = − ∇ + V̂(⃗
R
2m 2m
⃗L =⃗
r ∧p⃗ ˆ ˆ ∧⃗
⃗L = −i ħ⃗
R ∇

TABLEAU I.1 – Des observables et leurs opérateurs correspondants

I.4 Mesure en mécanique quantique


La mécanique quantique s’intéresse au résultat de mesure ; elle ne dit rien de ce qui
pourrait se passer dans le monde physique en dehors du contexte de la mesure. L’accent
est donc mis sur la mesure.

Comment les mesures perturbent les systèmes


En physique classique, il est possible d’effectuer des mesures sur un système sans le
perturber de manière significative. En mécanique quantique, cependant, le processus

7
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

de mesure perturbe considérablement le système. Lors de la réalisation de mesures sur


des systèmes classiques, cette perturbation existe, mais elle est suffisamment petite pour
pouvoir être négligée. Cependant, dans les systèmes atomiques et subatomiques la mesure
induit des perturbations non négligeables ou importantes.
À titre d’illustration, considérons une expérience qui mesure la position de l’électron de
l’atome d’hydrogène. Pour cela, nous devons bombarder l’électron avec un rayonnement
électromagnétique (photons). Si nous voulons déterminer la position avec précision, la
longueur d’onde du rayonnement doit être suffisamment courte. L’orbite électronique
étant de l’ordre de 10−10 m, il faut utiliser un rayonnement dont la longueur d’onde est
inférieure à 10−10 m. Autrement dit, nous devons bombarder l’électron par des photons
d’énergies supérieures à :

8
c −34 3 × 10
hν = h = 6, 626 × 10 ∼ 10−16 = 19, 878 × 10−16 J ∼ 1040 eV (I.23)
λ 10 −10

Lorsque de tels photons frappent l’électron, non seulement ils le perturbent, mais ils le
font complètement éjecter hors de son orbite ; rappelons que l’énergie d’ionisation de
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l’atome d’hydrogène est d’environ 13, 5 eV. Alors, le simple fait de mesurer la position de
l’électron le perturbe beaucoup.
Examinons maintenant le concept général de mesure en mécanique quantique. La
mesure modifie généralement l’état du système. En théorie, nous pouvons représenter
l’appareil de mesure par un opérateur de sorte que, après avoir effectué la mesure, le
système sera dans l’un des états propres de l’opérateur. Considérons un système dans
un état |ψ〉. Avant la mesure d’une observable A l’état |ψ〉 peut être représenté par une
superposition linéaire d’états propres |u n 〉 de l’opérateur  correspondant à A :
X X
|ψ〉 = Î|ψ〉 = |u n 〉〈u n |ψ〉 = c n |u n 〉 (I.24)
n n

Mais selon le Postulat 4 la mesure de A change l’état du système |ψ〉 en l’un des états
propres |u n 〉 de  et le résultat de la mesure est la valeur propre a n . La seule exception à
cette règle est lorsque le système est initialement dans l’un des états propres de l’observable
subissant la mesure. Par exemple, si le système est dans l’état propre |u n 〉, une mesure de
l’observable A donne avec certitude (c’est-à-dire avec une probabilité = 1) la valeur a n
sans changer l’état |u n 〉.
Avant une mesure, on ne sait pas à l’avance de façon certaine dans quel état propre,
parmi les différents états |u n 〉, le système sera après la mesure ; le résultat ne peut être que
probabiliste. Le Postulat 4 stipule que la probabilité de trouver le système dans l’un des
états propres non dégénéré |u n 〉 est donnée par :

¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
Pn = (I.25)
〈ψ|ψ〉

Notons que la fonction d’onde ne prédit pas le résultat d’une mesure individuelle ; elle

8
I.4. Mesure en mécanique quantique

¯ ¯2
détermine plutôt la distribution de probabilité ¯〈ψ|ψ〉¯ des mesures effectuées sur un
grand nombre de systèmes identiques, tous dans le même état.

Valeurs moyennes
Considérons un système quantique dans un état |ψ〉 quelconque. La valeur moyenne,
notée 〈Â〉ψ , d’une observable A est donnée par :

〈ψ|Â|ψ〉
〈Â〉ψ = (I.26)
〈ψ|ψ〉

Par exemple l’énergie d’un système est donnée par la valeur moyenne de l’hamiltonien
E = 〈Ĥ〉ψ = 〈ψ|Ĥ|ψ〉/〈ψ|ψ〉
La valeur moyenne 〈Â〉ψ représente essentiellement, la moyenne des résultats de me-
sure de  sur l’état |ψ〉. Pour voir cela, on utilise l’ensemble complet des vecteurs propres
{|u n 〉} de  comme une base discrète (rappelons que  est diagonal dans cette base), nous
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pouvons réécrire 〈Â〉ψ comme suit :

〈ψ|ÎÂÎ|ψ〉 1 X
〈Â〉ψ = = 〈ψ|u n 〉〈u n |Â|u m 〉〈u m |ψ〉
〈ψ|ψ〉 〈ψ|ψ〉 nm
1 X 1 X
= 〈ψ|u n 〉(a m δmn )〈u m |ψ〉 = a n 〈u n |ψ〉⋆ 〈u n |ψ〉
〈ψ|ψ〉 nm 〈ψ|ψ〉 n
X ¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
= an (I.27)
n 〈ψ|ψ〉

où on a utilisé la relation 〈u n |Â|u m 〉 = a m δnm (voir la relation (IV.66) de [MQ1]). Puisque la


¯2
quantité ¯〈u n |ψ〉¯ /〈ψ|ψ〉 donne la probabilité P n de trouver, comme résultat de la mesure
¯

de A , la valeur a n , on peut interpréter 〈Â〉ψ comme la moyenne d’une série de mesures de


A :

¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
an P n
X X
〈Â〉ψ = an = (I.28)
n 〈ψ|ψ〉 n

Alors la valeur propre d’une observable est obtenue en ajoutant les produits de chaque
valeur propre possible a n par sa probabilité correspondante P n .
Notons que la formule (I.28), établie pour la base discrète {|u i 〉}, peut être généralisée
au cas d’une base continue {|w α 〉} comme suit :
R +∞ ¯ ¯2
−∞ a ψ(a) d a
¯ ¯ Z +∞
〈Â〉ψ = R +∞ ¯ = a d P (a) (I.29)
¯ψ(a)¯2 d a
¯
−∞
−∞

Physiquement, la valeur moyenne d’une observable A s’obtient comme suit : on prépare


un grand nombre de systèmes identiques tous dans l’état |ψ〉, puis on mesure l’observable

9
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

A de chacun de ces systèmes. Ceci donne les valeurs a 1 , a 2 , . . . , a k , . . . avec des probabilités
respectivement P 1 , P 2 , . . . , P k , . . . , la valeur moyenne de toutes ces mesures effectuées
sur ces systèmes identiques est dite valeur moyenne de  par rapport à l’état |ψ〉.
Notons que le fait d’obtenir des différents résultats de mesure de la même observable
sur des systèmes préparés de façon identique est en contradiction avec la physique clas-
sique ; dans celle-ci ces mesures doivent donner le même résultat. Alors en mécanique
quantique on peut prédire que la probabilité de trouver une certaine valeur d’une obser-
vable.

Ensembles complets d’observables qui commutent (E.C.O.C.)


Deux observables A et B sont dites compatibles si leurs opérateurs correspondants
commutent, [Â, B̂] = 0. Lorsque les opérateurs associés aux observables ne commutent pas
entre eux, ces dernières sont dites incompatibles.
Dans ce qui suit, nous allons étudier la mesure de deux observables A et B sur un
système donné. On a vu que la mesure perturbe généralement le système, alors le résultat
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de les mesures de A et B dépend de l’ordre dans lequel ces mesures sont effectuées. Si on
mesure d’abord A puis, aussitôt après, B (avant que le système ait eu le temps d’évoluer)
on obtient en général des résultats différents de ceux obtenus en mesurant d’abord B puis,
aussitôt après, A . Comment cela se passe-t-il ?
Pour clarifier ce point, considérons deux opérateurs  et B̂ qui ne commutent pas et
on suppose que le système est initialement dans l’état propre |u n(a) 〉 de Â, la mesure de A
donne avec certitude la valeur a n , car Â|u n(a) 〉 = a n |u n(a) 〉 Si on mesure maintenant B, le
système sera après cette mesure dans l’un des états propres, |u n(b)
′ 〉, de B̂ et si on mesure à

nouveau A on obtient une valeur différent de a n . Quel est le résultat de la dernière mesure
de A ? Nous ne pouvons pas répondre à cette question avec certitude ; seul un résultat
probabiliste est possible. Pour cela, on doit écrire les états propres de B̂ en fonction de ceux
de B̂, et donner donc une réponse probabiliste quant à la valeur de la mesure A . Donc, si
 et B̂ ne commutent pas, ils ne peuvent pas être mesurés simultanément ; c’est-à-dire que
l’ordre dans lequel ils sont mesurés est important.
Que se passe-t-il lorsque  et B̂ commutent ? Nous pouvons montrer que dans ce cas
les résultats de leurs mesures ne dépendront pas de l’ordre dans lequel ils sont mesurés.

Théorème 4.1

Si deux observables sont compatibles, leurs opérateurs correspondants possèdent un


ensemble d’états propres communs (ou simultanés) (ce théorème est valide pour les
états propres dégénérés et non dégénérés).

10
I.4. Mesure en mécanique quantique

Démonstration 4.1

Nous nous limiterons ici au cas non dégénéré. Soient A et B deux observables
compatibles, [Â, B̂] = 0, et |u n 〉 un état propre non dégénéré de Â, Â|u n 〉 = a n |u n 〉,

〈u p |[Â, B̂]|u n 〉 = 〈u p |ÂB̂|u n 〉 − 〈u p |B̂Â|u n 〉 = (a p⋆ − a n ) 〈u p |B̂|u n 〉


!
= (a p − a n ) 〈u p |B̂|u n 〉 = 0 (I.30)

Alors 〈u p |B̂|u n 〉 = 0 sauf si a p = a n ; c’est à dire

〈u p |B̂|u n 〉 = 〈u n |B̂|u p 〉 ∼ δnp (I.31)

Alors |u n 〉 est un état propre commun (ou simultané) à Â et B̂.

On note les états propres communs à Â et B̂ par |u n(a)


1
, u n(b)
2
〉, alors on a
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Â|u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 = a n1 |u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 (I.32)
B̂|u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 = b n2 |u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 (I.33)

On peut généraliser le Théorème 4.1 au cas de plusieurs observables compatibles 1 A ,


B, C , . . . . Ces observables compatibles possèdent un ensemble complet d’états propres
communs :

|u n 〉 = |u n(a)
1
, u n(b)
2
, u n(c)3 , . . . 〉 (I.34)

les conditions d’orthonormalisation et de fermeture sont données par :

· · · |u n(a) , u n(b) , u n(c)3 , . . . 〉〈u n(a) , u n(b) , u n(c)3 , . . . | = 1


X XXX
|u n 〉〈u n | = 1 2 1 2
(I.35)
n n1 n2 n3

〈u n ′ |u n 〉 = 〈u n(a) (b) (c) (a) (b) (c)


′ , u n ′ , u n ′ , . . . |u n 1 , u n 2 , u n 3 , . . . 〉 = δn ′ n = δn ′ n 1 δn ′ n 2 δn ′ n 3 · · · (I.36)
1 2 3 1 2 3

Montrons maintenant pourquoi l’ordre dans lequel nous effectuons les mesures de deux
observables compatibles A et B est sans importance.
En mesurant d’abord A , on trouve une valeur a n et l’état du système après la mesure
est l’un des états propres de Â, mais selon le Théorème 4.1 cet état propre est aussi un état
propre de B̂. Alors, la mesure de B (immédiatement après la mesure de A ) donne avec
certitude b n sans modifier l’état du système. De cette façon, si on mesure à nouveau A ,
nous obtenons avec certitude la même valeur initiale a n . De même, une autre mesure de B
donnera b n et laissera le système dans le même état propre commun à Â et B̂. Alors, si deux
observables A et B sont compatibles, et si le système est initialement dans un état propre
de l’un de ses opérateurs correspondants, leurs mesures donnent des valeurs (valeurs
1. C’est-à-dire commutent deux à deux.

11
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

propres) précises et ne dépendent pas de l’ordre dans lequel on les effectue. Dans ce cas,
on dit alors que A et B sont mesurables simultanément. Les observables compatibles
peuvent donc être mesurées simultanément avec une précision arbitraire ; mais pas les
observables incompatibles.
Soit A une observable représentée par un opérateur  agissant dans l’espace de Hilbert
H , Lorsque aucune des valeurs propres de  n’est dégénérée, cette base propre est unique,
à un facteur multiplicatif près. Que se passe-t-il si l’opérateur  a des valeurs propres
dégénérées ? Dans ce cas la connaissance d’une valeur propre ne suffit plus à caractériser
l’état du système ; puisqu’aux valeurs propres dégénérées correspondent plusieurs vec-
teurs indépendants. Soit alors B̂ un autre opérateur qui commute avec Â. On peut former
une base orthonormée de vecteurs propres communs à Â et B̂. Si cette base n’est pas
unique, c’est-à-dire s’il y a des couples de valeurs propres (a n1 , b n2 ), auxquelles correspond
plusieurs vecteurs de base de l’espace des états H . Pour résoudre cette dégénérescence,
nous pouvons introduire un troisième opérateur Ĉ qui commute avec  et B̂ ; alors nous
pouvons construire un ensemble d’états propres communs à Â, B̂ et Ĉ qui est complet.
Si la dégénérescence n’est pas encore levée (c’est-à-dire s’il y a toujours des couples de
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

valeurs propres (a n1 , b n2 ), auxquelles correspondent plusieurs vecteurs de base de l’espace


des états H ), nous pouvons introduire un quatrième opérateur D̂ commutant avec les
trois opérateurs précédents, puis chercher leurs états propres communs qui forment un
ensemble complet de l’espace de Hilbert. en procédant de la même manière on obtient
finalement tous les opérateurs qui commutent deux à deux et dont l’ensemble d’états
propres communs est complet de l’espace des états H . Cet ensemble d’opérateurs ob-
tenues forment ce qu’on appelle un Ensemble Complet d’Observables qui Commutent
(ECOC). C’est alors seulement qu’il sera possible de spécifier sans ambiguïté l’état du
système, car les états propres communs d’un ECOC sont déterminés de manière unique et
formeront un ensemble complet (rappelons qu’un ensemble complet de vecteurs propres
d’un opérateur est une base).

Définition 4.1

On dit qu’un ensemble d’opérateurs hermitiques, A , B, C , . . . , forment un E.C.O.C si


ces opérateurs commutent deux à deux et l’ensemble de ses états propres communs
est complet et non dégénéré (c’est-à-dire unique).

L’ensemble complet d’observables qui commutent peut parfois être composé d’un seul
opérateur. Tout opérateur dont tous les valeurs propres sont non-dégénérées constitue à
lui seul un E.C.O.C.. Par exemple l’opérateur X̂ pour une particule à 1-dimension et sans
spin est un E.C.O.C.. L’opérateur P̂ de cette particule est aussi un E.C.O.C., mais X̂ et P̂ ne
forment pas un E.C.O.C. car ils ne commutent pas. En résumé, lorsqu’un opérateur donné,
disons Â, est dégénéré, la fonction d’onde ne peut être déterminée de manière unique que
si nous introduisons un ou plusieurs opérateurs supplémentaires pour former un E.C.O.C..

12
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système

Mesure et relations d’incertitude


Nous savons que 2 :

1 ¯¯ £
∆A∆B ≥
¤¯
〈 Â, B̂ 〉¯ (I.37)
2
q
où ∆A = 〈Â2 〉 − 〈Â〉2
Comme Illustration de la relation précédente on considère la mesure simultanée des
observables de position X̂ et d’impulsion P̂. Ces observables sont incompatibles, leur
mesure simultanée avec une précision infinie n’est pas possible ; c’est-à-dire, puisque
[X̂, P̂] = i ħ il n’existe aucun état propre commun à X̂ et P̂. Dans le cas des opérateurs X̂ et P̂
la relation (I.37) donne

1 1 ħ
∆X̂∆P̂ ≥ |〈i ħ〉| = |i ħ| =⇒ ∆X̂∆P̂ ≥ (I.38)
2 2 2

Cette condition montre que la position et l’impulsion d’un système microscopique ne


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

peuvent pas être mesurées à la fois avec une précision infinie (certitude). Si la position est
mesurée avec une incertitude ∆x, l’incertitude associée à la mesure de son impulsion ne
peut pas être inférieure à ħ/2∆x. Cela est dû au fait que si on mesure d’abord la position,
on perturbe le système en changeant son état en un état propre de l’opérateur position ;
si on mesure ensuite l’impulsion le système sera projeté dans l’un des états propres de
l’opérateur impulsion.

I.5 Evolution dans le temps de l’état du système

Opérateur d’évolution temporelle


Nous allons examiner ici comment les états quantiques évoluent dans le temps. Autre-
ment dit, étant donné l’état initial ψ(t 0 ), comment peut-on trouver l’état ψ(t ) à un instant
ultérieur t ? Les deux états peuvent être liés au moyen d’un opérateur linéaire Û(t , t 0 ) tel
que :

|ψ(t )〉 = Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 (avec t > t 0 ) (I.39)

où Û(t , t 0 ) est appelé opérateur d’évolution. A partir de l’équation (I.39) on remarque que
si t = t 0 on a :

|ψ(t 0 )〉 = Û(t 0 , t 0 )|ψ(t 0 )〉 ⇒ Û(t 0 , t 0 ) = Î (I.40)

où Î est l’opérateur identité.


2. voir l’équation (III.100) de [MQ1].

13
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

Pour déterminer l’expression de Û(t , t 0 ) on substitue la formule (I.39) dans l’équation


de Schrödinger (I.7) :

d ¡ ¢ ¡ ¢
iħ Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 = Ĥ Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 (I.41)
dt
d Û(t , t 0 )
⇒ iħ |ψ(t 0 )〉 = ĤÛ(t , t 0 ) |ψ(t 0 )〉
dt
d Û(t , t 0 ) i
⇒ = − ĤÛ(t , t 0 ) (I.42)
dt ħ

La solution de l’équation différentielle précédente dépend du fait que l’hamiltonien dé-


pendant ou non du temps. Nous nous limitons au cas de Ĥ indépendant du temps, dans
ce cas la solution de (I.42) est
Z t d Û(t , t 0 )
i
Z t
i
= − Ĥ d t =⇒ ln[Û(t , t 0 )] − ln[Û(t 0 , t 0 )] = − Ĥ(t − t 0 )
t 0 Û(t , t 0 ) ħ t0 ħ
i i
⇒ ln[Û(t , t 0 )] = − Ĥ(t − t 0 ) =⇒ Û(t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) (I.43)
ħ
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où on a utilisé (I.42) ; ln(U(t 0 , t 0 )) = ln(Î) = 0. En résumé, nous avons :

i i
Û(t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) , |ψ(t )〉 = e − ħ Ĥ(t −t0 ) |ψ(t 0 )〉 (I.44)

Notons que l’opérateur Û(t , t 0 ) est unitaire. En effet nous avons


³ i ´† i
³ i ´−1
Û † (t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) = e + ħ Ĥ(t −t0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) = Û −1 (t , t 0 )

ou
i i
Û(t , t 0 )Û † (t , t 0 ) = Û(t , t 0 )Û −1 (t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) e + ħ Ĥ(t −t0 ) = Î. (I.45)

États stationnaires : potentiels indépendants du temps


Dans la représentation position, l’équation de Schrödinger dépendante du temps (I.7)
pour une particule de masse m se déplaçant dans un potentiel dépendant du temps V̂(⃗
r ,t)
peut s’écrire comme suit :

∂Ψ(⃗
r ,t) ħ2 2
iħ =− ∇ Ψ(⃗
r , t ) + V̂(⃗
r , t )Ψ(⃗
r ,t) (I.46)
∂t 2m

On considère maintenant le cas particulier où le potentiel est indépendant du temps :


r , t ) = V̂(⃗
V̂(⃗ r ). Dans ce cas l’hamiltonien est indépendant du temps et donc l’équation de
Schrödinger a des solutions séparables, c’est-à-dire de la forme :

Ψ(⃗
r , t ) = ψ(⃗
r )χ(t ) (I.47)

14
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système

En Substituant (I.47) dans (I.46) et divisant les deux côtés par ψ(⃗
r )χ(t ), on obtient

1 ∂χ(t ) ħ2 2
µ ¶
1
iħ = − ∇ ψ(⃗
r ) + V̂(⃗
r) (I.48)
χ(t ) ∂t ψ(⃗
r ) 2m

Comme membre de gauche ne dépend que de t seul et le membre de droite ne dépend que
de ⃗
r seul. L’égalité n’est possible que si chacune de ces fonctions est en fait une constante,
r )). On peut
que nous désignons par E, a la dimension de l’énergie (la dimension de V̂(⃗
donc décomposer (I.48) en deux équations différentielles distinctes, l’une dépendant
uniquement du temps,

∂χ(t )
iħ = Eχ(t ) (I.49)
∂t

et l’autre dépendant uniquement de ⃗


r,

ħ2 2
· ¸
− r ) ψ(⃗
∇ + V̂(⃗ r ) = Eψ(⃗
r) (I.50)
2m
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Celle-ci est connue sous le nom d’équation de Schrödinger indépendante du temps pour
une particule de masse m se déplaçant dans un potentiel indépendant du temps V̂(⃗
r ).
Les solutions de l’équation (I.49) peuvent être écrites sous la forme : χ(t ) = exp(−i Et /ħ).
D’où la fonction d’onde (I.47) devient :

Ψ(⃗ r ) e −i Et /ħ
r , t ) = ψ(⃗ (I.51)

Cette solution particulière de l’équation de Schrödinger pour un potentiel indépendant du


temps, (I.46), est appelée un état stationnaire. Pourquoi cet état est dit stationnaire ? La
raison en est évidente : la densité de probabilité de cet état est stationnaire, c’est-à-dire ne
dépend pas du temps :
¯ ¯2 ¯ ¯2
r , t )|2 = ¯ψ(⃗
|Ψ(⃗ r ) e −i Et /ħ ¯ = ¯ψ(⃗
r )¯ (I.52)
¯ ¯

Notons que l’énergie d’un tel état (i.e. état stationnaire) est bien définie E = hν (état propre
de l’énergie).
En résumé, les états stationnaires, qui sont donnés par les solutions de (I.50), n’existent
que pour les potentiels indépendants du temps. L’ensemble des niveaux d’énergie qui
sont des solutions à cette équation sont appelés le spectre d’énergie du système. Les états
correspondant aux spectres discrets et continus sont dits respectivement liés et non liés.
La solution la plus générale de l’équation de Schrödinger dépendante du temps (I.46)
peut être écrite en termes d’états stationnaires ψn (⃗
r ) exp(−i En t /ħ),

Ψ(⃗ r ) e −i En t /ħ
c n ψn (⃗
X
r ,t) = (I.53)
n

15
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

Z
avec c n = 〈ψn |Ψ(t = 0)〉 = ψ⋆ r ) d 3 r . L’état Ψ(⃗
r )ψ(⃗
n (⃗ r , t ) n’est pas un état stationnaire, car
une superposition linéaire d’états stationnaires n’est pas nécessairement un état station-
naire.
Les équations de Schrödinger dépendante et indépendante du temps à une dimension
sont données par (voir (I.46) et (I.50)) :

∂Ψ(⃗
r ,t) ħ2 2
iħ =− ∇ Ψ(⃗
r , t ) + V̂(⃗
r , t )Ψ(⃗
r ,t) (I.54)
∂t 2m

ħ2 2
· ¸
− r ) ψ(⃗
∇ + V̂(⃗ r ) = Eψ(⃗
r) (I.55)
2m

Équation de Schrödinger et paquet d’ondes


Nous savons que le paquet d’ondes représentant une particule d’énergie E et d’impul-
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sion p se déplaçant dans un potentiel V est donné par 3 :

1
Z +∞ i ¡
· ¸
Ψ(x, t ) = p φ̃(p) exp
¢
px − Et d p
2πħ −∞ ħ
Z +∞ µ 2
i p
· µ ¶ ¶¸
1
=p φ̃(p) exp px − +V t dp (I.56)
2πħ −∞ ħ 2m

rappelons que les paquets d’ondes unifient les propriétés corpusculaires (E et p) et on-
dulatoires (k et ω) des particules : k = p/ħ, ħω = E = p 2 /(2m) + V. La dérivée partielle par
rapport au temps de (I.56) donne :


· µ 2
+∞ µ 2
i p i p
¶¸ · µ ¶ ¶¸
1
Z
Ψ(x, t ) = p φ̃(p) + V exp − px − +V t dp
∂t 2πħ
−∞ ħ 2m ħ 2m

Z +∞ µ 2 µ 2
p i p
¶ · µ ¶ ¶¸
1
⇒ i ħ Ψ(x, t ) = p φ̃(p) + V exp − px − +V t dp (I.57)
∂t 2πħ −∞ 2m ħ 2m

puisque p 2 /(2m) = −(ħ2 /2m)∂2 /∂x 2 ; il est indépendant de p. Alors en supposant que V
µ 2
p

est indépendant de p on peut sortir le terme + V de l’intégrale et on obtient :
2m

∂ ħ2 2
Z +∞ µ 2
i p
µ ¶ · µ ¶ ¶¸
1
i ħ Ψ(x, t ) = − ∇ +V p φ̃(p) exp − px − +V t dp (I.58)
∂t 2m 2πħ −∞ ħ 2m

ce qu’on peut l’écrire sous la forme :

∂ ħ2 2
µ ¶
i ħ Ψ(x, t ) = − ∇ + V Ψ(x, t ) (I.59)
∂t 2m
3. Voir l’équation II.39 de [MQ1]

16
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système

cette équation n’est autre que l’équation de Schrödinger (I.54) et elle est valable pour des
potentiels dépendant de x, V = V(x). Alors on a obtenu l’équation de Schrödinger à partie
du paquet d’ondes.

Conservation de la probabilité
Puisque l’opérateur hamiltonien est hermitique, on peut montrer que la norme 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉,
qui est donnée dans la position par
Z
〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = r , t )|2 d 3 r
|Ψ(⃗ (I.60)

est indépendante du temps. Cela signifie que si le vecteur d’état |Ψ(t )〉 est normalisé à
l’instant zéro, 〈Ψ(t = 0)|Ψ(t = 0)〉 = 1, il conserve à tout instant t sa norme ; 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = 1.
On va voir que ceci est une conséquence directe de l’herméticité de Ĥ.
Pour montrer que 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 est constante, il suffit de montrer que sa dérivée par
rapport au temps est nulle. La dérivée par rapport au temps de 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 est
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

d d d
µ ¶ µ ¶
〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 (I.61)
dt dt dt

En utilisant l’équation (I.7) nous avons

d i
|Ψ(t )〉 = − Ĥ |ψ(t )〉 (I.62)
dt ħ
¶†
d d i
µ
〈Ψ(t )| = |Ψ(t )〉 = 〈Ψ(t )|Ĥ† (I.63)
dt dt ħ

en substituant les équations (I.62) et (I.63) dans (I.61) on obtient :

d i i
µ ¶ µ ¶

〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = 〈Ψ(t )|Ĥ |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| − Ĥ |ψ(t )〉
dt ħ ħ
i ³ ´
= 〈Ψ(t )|Ĥ† |Ψ(t )〉 − 〈Ψ(t )|Ĥ|ψ(t )〉
ħ
=0 (I.64)

car Ĥ† = Ĥ. Alors la densité de probabilité 〈Ψ|Ψ〉 n’évolue pas au cours du temps (indépen-
dante du temps).
Dans ce qui suit, nous allons calculer la densité de probabilité dans la représentation
position. Pour faire cela, on utilise l’équation de Schrödinger dépendante du temps (I.54) :

∂Ψ(⃗
r ,t) ħ2 2
iħ =− ∇ Ψ(⃗
r , t ) + V̂(⃗
r , t )Ψ(⃗
r ,t) (I.65)
∂t 2m

17
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

et sa conjuguée complexe

∂Ψ⋆ (⃗
r ,t) ħ2 2 ⋆
−i ħ =− ∇ Ψ (⃗ r , t )Ψ⋆ (⃗
r , t ) + V̂(⃗ r ,t) (I.66)
∂t 2m

En multipliant les deux côtés de (I.65) par Ψ⋆ (⃗


r , t ) et les deux côtés de (I.66) par Ψ(⃗
r , t ) et
en soustrayant les deux équations obtenues, on trouve :

∂Ψ(⃗
r ,t) ∂Ψ⋆ (⃗
r ,t) ħ2 ⋆
i ħΨ⋆ (⃗
r ,t) + i ħΨ(⃗
r ,t) =− Ψ (⃗ r , t )∇2 Ψ(⃗r , t ) + Ψ⋆ (⃗r , t )V̂(⃗r , t )Ψ(⃗
r ,t)
∂t ∂t 2m
ħ2
+ r , t )∇2 Ψ⋆ (⃗
Ψ(⃗ r , t ) − Ψ(⃗r , t )V̂(⃗r , t )Ψ⋆ (⃗r ,t)
2m

ce qui donne :

∂ £ ⋆ ħ2 £ ⋆
Ψ (⃗ r , t )∇2 Ψ(⃗
Ψ (⃗ r , t )∇2 Ψ⋆ (⃗
r , t ) − Ψ(⃗
¤ ¤
iħ r , t )Ψ(⃗
r ,t) = − r ,t) (I.67)
∂t 2m

On peut réécrire l’équation précédente comme suit :


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

∂ £ ⋆ ¤ iħ £ ¤ iħ £
Ψ (⃗ Ψ(⃗r , t )∇2 Ψ⋆ (⃗ −Ψ⋆ (⃗ r , t )∇2 Ψ(⃗
¤
r , t )Ψ(⃗ r ,t) + r ,t) + r ,t) = 0
∂t 2m 2m
∂ £ ⋆ ¤ iħ h £ i
Ψ (⃗ ⃗∇ Ψ(⃗ r , t )⃗∇Ψ⋆ (⃗ r ,t) − ⃗ r , t )⃗∇Ψ⋆ (⃗
¤
⇒ r , t )Ψ(⃗ r ,t) + ∇Ψ(⃗ r ,t)
∂t 2m
iħ h i
⃗ ⃗ ⃗ ⃗
£ ⋆ ⋆
−∇ Ψ (⃗
¤
+ r , t )∇Ψ(⃗ r , t ) + ∇Ψ (⃗ r , t )∇Ψ(⃗ r ,t) = 0
2m
∂ £ ⋆ iħ £
½ ¾
Ψ (⃗ ⃗ Ψ(⃗ ⋆ ⋆
r , t ) − Ψ (⃗
¤ ¤
⇒ r , t )Ψ(⃗ r ,t) +∇ r , t )∇Ψ (⃗ r , t )∇Ψ(⃗ r ,t) = 0
∂t 2m
| {z }
∂ρ(⃗
r ,t ) ⃗ ⃗
≡ ∂t +∇·J(⃗ r ,t )

Alors nous avons,

∂ρ(⃗
r ,t)
∇ ·⃗J(⃗
+⃗ r ,t) = 0 (I.68)
∂t

avec ρ et⃗J sont données par :

iħ £
r , t ) = Ψ⋆ (⃗
ρ(⃗ r , t ) , ⃗J(⃗ r , t )⃗
Ψ(⃗ ∇Ψ⋆ (⃗ r , t )⃗
r , t ) − Ψ⋆ (⃗
¤
r , t )Ψ(⃗ r ,t) = r ,t)
∇Ψ(⃗ (I.69)
2m

ρ est appelé la densité de probabilité, tandis que⃗J est la densité de courant de probabilité,
ou simplement la densité de courant. Par analogie avec la conservation des charges en
électrodynamique, l’équation (I.68) décrit la conservation de la probabilité.
On peut écrire ρ(⃗
r , t ) comme suit :

ρ(⃗
r , t ) = 〈Ψ(t )|⃗
r 〉〈⃗
r |Ψ(t )〉 = 〈⃗
r |Ψ(t )〉〈Ψ(t )|⃗
r 〉 ≡ 〈⃗
r |ρ̂(t )|⃗
r〉 (I.70)

18
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système

avec 4

ρ̂(t ) = |Ψ(t )〉〈Ψ(t )| (I.71)

est appelé opérateur densité.


Pour décrire l’évolution dans le temps de ρ̂(t ), on utilise l’équation (I.39) et sa complexe
hermitique, 〈ψ(t )| = 〈ψ(t 0 )|Û † (t , t 0 ), comme suit :

ρ̂(t ) = |Ψ(t )〉〈Ψ(t )| = Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 〈ψ(t 0 )|Û † (t , t 0 ) = Û(t , t 0 )ρ̂(t 0 )Û † (t , t 0 ) (I.72)

Évolution temporelle des valeurs moyennes


Nous allons maintenant étudier l’évolution de la valeur moyenne d’un opérateur li-
néaire Â. Si le système est dans état |Ψ(t )〉 normalisé, la valeur moyenne (I.26) devient :

〈Â〉Ψ = 〈Ψ(t )|Â|Ψ(t )〉 (I.73)


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

En utilisant les équations (I.62) et (I.63), on a :

d d ∂ d
µ ¶ µ ¶
〈Â〉Ψ = 〈Ψ(t )| |Â|Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )|Â| |Ψ(t )〉
dt dt ∂t dt
i ³ ´ ∂Â
= − 〈Ψ(t )| ÂĤ − Ĥ† Â |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 (I.74)
ħ ∂t
1 £ ¤ ∂Â
= 〈Ψ(t )| Â , Ĥ |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 (I.75)
iħ ∂t

Alors nous avons

d 1 £ ∂Â
(I.76)
¤
〈Â〉 = 〈 Â , Ĥ 〉 + 〈 〉
dt iħ ∂t

Deux résultats importants découlent de cette relation : premièrement, si l’observable Â


ne dépend pas explicitement du temps, le terme ∂Â/∂t est nulle, donc le taux de variation
£ ¤
de la valeur moyenne de  est donné par 〈  , Ĥ 〉Ψ /i ħ. Deuxièmement, si l’observable
Â, en plus que ne dépendre pas explicitement du temps, commute avec l’hamiltonien,
la quantité d (〈Â〉Ψ )/d t est alors nulle ; dans ce cas valeur moyenne est constante dans le
temps. Donc, si  commute avec l’hamiltonien et ne dépend pas du temps, on dit que
l’observable A est une constante du mouvement ; autrement dit, la valeur moyenne d’un
opérateur qui ne dépend pas du temps et qui commute avec l’hamiltonien ne varie pas
4. L’équation (I.70) est la représentation position de ρ̂(t ) comme l’indique l’équation (IV.100) de [MQ1].

19
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

dans le temps :

∂ d
(I.77)
£ ¤
Si Ĥ , Â = 0 et = 0 =⇒ 〈Â〉 = 0 =⇒ 〈Â〉 = constante.
∂t dt

Par exemple, l’énergie, l’impulsion et le moment cinétique d’un système isolé sont conser-
vées : d 〈Ĥ〉/d t = 0, d 〈P̂〉/d t = 0 et d 〈L̂〉/d t = 0. Ceci implique que les valeurs moyennes de
Ĥ, P̂ et L̂ sont constantes.
Calculons, à titre d’exemple, l’évolution au cours du temps de la valeur moyenne de
l’opérateur densité (I.71) ; ρ̂(t ) = |Ψ(t )〉〈Ψ(t )|. A partir de l’équation (I.7) on a :

∂ρ̂(t ) ∂ ∂
µ ¶ µ ¶
= |Ψ(t )〉 〈Ψ(t )| + |Ψ(t )〉 〈Ψ(t )|
∂t ∂t ∂t
µ ¶
(I.7) 1 1 †
= Ĥ |ψ(t )〉〈Ψ(t )| + |Ψ(t )〉 − 〈Ψ(t )|Ĥ
iħ iħ
1 1 1 £
= Ĥ ρ̂ − ρ̂ Ĥ = − ρ̂ , Ĥ
¤
(I.78)
iħ iħ iħ
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

En substituant la relation précédente dans (I.76) on obtient :

d 1 £ ∂ρ̂(t )
〈ρ̂(t )〉Ψ = 〈 ρ̂(t ) , Ĥ 〉Ψ + 〈
¤
〉Ψ
dt iħ ∂t
(I.7) 1 £ 1 £
〈 ρ̂(t ) , Ĥ 〉Ψ + 〈− ρ̂ , Ĥ 〉Ψ
¤ ¤
=
iħ iħ
=0 (I.79)

Alors l’opérateur densité est une constante du mouvement. En effet on peut aisément
montrer que :

〈 ρ̂ , Ĥ 〉Ψ = 〈Ψ(t )| ρ̂Ĥ − Ĥρ̂ |Ψ(t )〉


£ ¤ ¡ ¢

= 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉〈Ψ(t )|Ĥ|Ψ(t )〉 − 〈Ψ(t )|Ĥ|Ψ(t )〉〈Ψ(t )|Ψ(t )〉


=0 (I.80)

et il découle des équations (I.78) et (I.80) que d (〈ρ̂(t )〉Ψ )/d t = 0.

Enfin, on note que les constantes du mouvement ne sont que des observables qui
commutent avec Ĥ. On peut donc mesurer simultanément, et avec une précision arbitraire,
ces constantes du mouvements et Ĥ. Si le système possède un ECOC, il y a autant de
ceux-ci que le nombre total de constantes du mouvement.

I.6 Symétries et lois de conservation


On s’intéresse ici aux symétries qui laissent invariant l’hamiltonien d’un système isolé.
On va montrer que "à chacune de ces symétries correspond une observable qui est une

20
I.6. Symétries et lois de conservation

constante du mouvement 5 . Nous nous limitons aux cas des translations temporelle et
spatiale. Rappelons que, en mécanique analytique (physique classique), l’invariance du la-
grangien d’un système sous les translations spatiale et temporelle implique respectivement
la conservation de l’impulsion et de l’énergie.

Transformation unitaire infinitésimale


on a vu dans le cours de la mécanique quantique I (voir le chapitre III de [MQ1]) que
les transformés d’un vecteur |ψ〉 et d’un opérateur  par une transformation unitaire
infinitésimale Uε (Ĝ) = Î + i εĜ sont donnés par :

|ψ′ 〉 = Uε |ψ〉 = Î + i εĜ |ψ〉 = |ψ〉 + δ|ψ〉


¡ ¢
(I.81)
Â′ = Uε  Uε† = Î + i εĜ  Π− i εĜ ≃  + i ε[Ĝ, Â]
¡ ¢ ¡ ¢
(I.82)

où Ĝ et ε sont respectivement le générateur et le paramètre de la transformation.


Nous allons considérer maintenant deux exemples des transformations unitaires infini-
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

tésimales : translations temporelles et translations spatiales.

Translations temporelles : Ĝ = Ĥ/ħ

En faisant agir Ûδt (Ĥ) = Î + (i /ħ)δt Ĥ sur un état |ψ(t )〉 on obtient :

i i
µ ¶ µ ¶
Î + δt Ĥ |ψ(t )〉 = |ψ(t )〉 + δt Ĥ|ψ(t )〉 (I.83)
ħ ħ

mais d’après l’équation (I.7) on a : Ĥ(t )|ψ(t )〉 = (i ħ ∂/∂t )|ψ(t )〉, ce qui donne :

i i ∂|ψ(t )〉
µ ¶ µ ¶µ ¶
Î + δt Ĥ |ψ(t )〉 = |ψ(t )〉 + δt i ħ
ħ ħ ∂t
∂|ψ(t )〉
= |ψ(t )〉 − δt (I.84)
∂t

Alors on a :

i ∂|ψ(t )〉
µ ¶
Î + δt Ĥ |ψ(t )〉 = |ψ(t )〉 − δt ≃ |ψ(t − δt )〉 (I.85)
ħ ∂t

car |ψ(t )〉 − δt ∂|ψ(t )〉/∂t sont seulement les termes d’ordre zéro et un en δt de |ψ(t − δt )〉
(les termes d’ordre supérieure à un sont négligeables car δt est très petit). L’équation
(I.85) montre que l’application de Ûδt (Ĥ) à un état |ψ(t )〉 donne l’état |ψ(t − δt )〉 qui n’est
autre que la translation temporelle de |ψ(t )〉 d’une quantité δt . Alors le générateur de la
translation temporelle Ûδt (Ĥ) = Î + (i /ħ)δt Ĥ est l’opérateur hamiltonien Ĥ. Notons que
cette translation préserve la forme globale de l’état |ψ(t )〉 ; ceci est simplement translatée
dans le temps par δt .
5. Comme stipule le théorème de Noether.

21
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

Translations Spatiales : Ĝ = P̂x /ħ

L’application de Ûε (P̂x ) = Î + (i /ħ)εP̂x à la fonction d’onde dans l’espace des positions,
ψ(x) = 〈x|ψ〉, donne :

i i
µ ¶ µ ¶
Î + εP̂x ψ(x) = ψ(x) + ε P̂x ψ(x) (I.86)
ħ ħ

mais on sait que (voir le tableau I.1) : P̂x = −i ħ∂/∂x, donc en utilisant le développement de
Taylor de la fonction ψ(x + ϵ) :

∂ψ(x)
ψ(x + ε) = ψ(x) + ε + O(ε2 ) (I.87)
∂x

on a :

i i ∂ψ(x)
µ ¶ µ ¶µ ¶
Î + εP̂x ψ(x) = ψ(x) + ε −i ħ
ħ ħ ∂x
∂ψ(x)
= ψ(x) + ε
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

∂x
(I.87)
≃ ψ(x + ε, t ) (I.88)

Alors on a :

i ∂ψ(x)
µ ¶
Î + εP̂x ψ(x) = ψ(x) + ε ≃ ψ(x + ε) (I.89)
ħ ∂x

Alors l’application de Ûε (P̂x ) à une fonction d’onde ψ(x) donne la fonction d’onde ψ(x + ε)
qui n’est autre que la translation spatiale de ψ(x) d’une quantité ε (On peut voir à partir de
cet exemple la signification physique des paramètres des transformations ε).
En utilisant la relation [X̂, P̂x ] = i ħ, nous déduisons de l’équation (I.82) que l’opérateur
position X̂ se transforme comme suit :

i i i
µ ¶ µ ¶

X̂ = Î + εP̂x X̂ Î − εP̂x ≃ X̂ + ε[P̂x , X̂]
ħ ħ ħ
i
= X̂ + ε (−i ħ) = X̂ + ε (I.90)
ħ

Les relations (I.89) et (I.90) montrent que l’opérateur impulsion, P̂x , dans la formule
Î + (i /ħ)εP̂x est le générateur d’une translation spatiale infinitésimale.

Transformations unitaires finies


On sait qu’une transformation unitaire finie peut être construite en effectuant successi-
vement des transformations infinitésimales (voir le chapitre III de [MQ1]). Par exemple,
on peut générer une translation temporelle finie, par l’application successive N fois d’une

22
I.6. Symétries et lois de conservation

seule translation temporelle infinitésimale du paramètre τ/N :

i τ N i
µ ¶ · ¸
Ûτ (Ĥ) = lim 1 + Ĥ = exp τĤ (I.91)
N→∞ ħN ħ

où l’opérateur hamiltonien Ĥ est le générateur des translations temporelles finies. Notons


que nous avons déjà rencontré un exemple de transformation unitaire finie : l’opérateur
i
d’évolution dans le temps (I.44), Û(t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) , représente une translation temporelle
finie dont le générateur est Ĥ.
Par analogie avec (I.85), nous pouvons montrer que l’application de Ûτ (Ĥ) à l’état
|ψ(t )〉 donne :

i
·¸
Ûτ (Ĥ)|ψ(t )〉 = exp τĤ |ψ(t )〉 = |ψ(t − τ)〉 (I.92)
ħ

où |ψ(t − δt )〉 est simplement la translation temporelle de |ψ(t )〉.


De ⃗ˆ
· même, ¸ nous pouvons déduire de l’équation (I.89) que l’application de Û⃗a (P) =
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

i
exp ⃗ Pˆ à une fonction d’onde ψ(⃗
a ·⃗ r ), translate celle-ci dans l’espace par le vecteur ⃗a:
ħ

i
· ¸
ˆ
Û⃗a (⃗ r ) = exp ⃗
P)ψ(⃗ ˆ
a ·⃗
P ψ(⃗ r +⃗
r ) = ψ(⃗ a) (I.93)
ħ

ˆ on utilise la formule
Pour calculer le transformé de l’opérateur vecteur position, ⃗
R,
suivante (voir la relation (III.174) de [MQ1]) :

(i α)2 (i α)3
Â′ = e i αĜ Âe −i αĜ = Â + i α [Ĝ, Â] +
[Ĝ, [Ĝ, Â]] + [Ĝ, [Ĝ, [Ĝ, Â]]] + · · · (I.94)
2! 3!

i
· ¸
ˆ

l’application de la relation précédente pour Û⃗a (P) = exp ⃗ ⃗ˆ
a · P donne :
ħ

i i ˆ+[i ⃗
· ¸ · ¸
ˆ
⃗ ′
R = exp ⃗ ⃗ˆ ˆ

a · P R exp − ⃗ ˆ
a · P =⃗
⃗ R ˆ⃗
a ·⃗
P, ˆ +0
R]
ħ ħ ħ
ˆ+ i⃗
≃⃗
R a (−i ħ) = ⃗ˆ +⃗
R a (I.95)
ħ

où on a utilisé la relation [⃗ ˆ⃗
a ·⃗
P, ˆ = −i ħ⃗
R] ˆ [⃗
a et le fait que [⃗
P, ˆ⃗
P, ˆ = [⃗
R]] ˆ −i ħ] = 0. Les relations
P,
i
· ¸
⃗ˆ
(I.93) et (I.95) montrent que l’opérateur impulsion, P, dans la formule exp ⃗ ⃗ˆ
a · P est le
ħ
générateur des translations spatiales finies.

Symétries et lois de conservation


Nous allons maintenant montrer que toute invariance de Ĥ est liée à une loi de conser-
vation.

23
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

D’après l’équation (I.94), l’hamiltonien du système se transforme sous une transforma-


tion unitaire exp[i αĜ] comme suit :

(i α)2 (i α)3
Ĥ′ = e i αĜ Ĥe −i αĜ = Â + i α [Ĝ, Ĥ] + [Ĝ, [Ĝ, Ĥ]] + [Ĝ, [Ĝ, [Ĝ, Ĥ]]] + · · · (I.96)
2! 3!

On sait que (Voir l’équation (III.103) de [MQ1]) : [Ĥ, Ĝ] = 0 ⇒ [Ĥ, exp(Ĝ)], alors si Ĥ
commute avec Ĝ, il commute également avec la transformation unitaire Ûα (Ĝ) = exp[i αĜ].
Ceci implique qu’il est invariant sous la transformation Ûα (Ĝ) car :

Ĥ′ = e i αĜ Ĥe −i αĜ = e i αĜ e −i αĜ Ĥ = Ĥ (I.97)

D’autre part, si l’opérateur Ĝ, en plus qu’il vérifie [Ĝ, Ĥ] = 0, ne dépend pas explicitement
du temps, il y a une loi de conservation : il découle de l’équation (I.76) que Ĝ est une
constante du mouvement. en effet :

d 1 £ ∂Ĝ
(I.98)
¤
〈Ĝ〉 = 〈 Ĝ , Ĥ 〉 + 〈 〉 = 0
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

dt iħ ∂t

Dans ce cas on dit que Ĝ est conservé.


Alors on peut conclure que : chaque fois que l’hamiltonien est invariant sous une
transformation unitaire, le générateur de celle-ci est conservé. On peut dire, en géné-
ral, qu’à chaque invariance de l’hamiltonien sous une symétrie, correspond une loi de
conservation.

Conservation d’énergie et d’impulsion

Considérons deux applications intéressantes concernant l’invariance de l’hamiltonien


d’un système isolé par rapport aux translations temporelle et d’espace. Tout d’abord,
considérons les translations temporelles, elles sont, comme le montre (I.44), générées
dans le cas des hamiltoniens indépendants du temps par l’opérateur d’évolution Û(t , t 0 ) =
exp[−i (t − t 0 )Ĥ/ħ]. Puisque Ĥ commute avec le générateur des translations temporelles
(qui est Ĥ lui-même), il est invariant sous les translations temporelles. Comme Ĥ est
invariant sous les translations temporelles, l’énergie d’un système isolé est conservée.
Notons que l’invariance du système sous les translations temporelles signifie qu’il y a une
symétrie d’homogénéité du temps. L’homogénéité du temps implique que l’état translaté
dans le temps ψ(t − τ) satisfait, comme ψ(t ), l’équation de Schrödinger.
La deuxième application concerne les translations d’espace, ou les transformations
i
· ¸
ˆ = exp ⃗
sous Û⃗a (⃗
P) Pˆ d’un système isolé. La quantité de mouvement est invariante
a ·⃗
ħ
ˆ et l’opérateur position se transforme selon (I.95) :
sous Û⃗a (⃗
P)

Pˆ ′ = ⃗
⃗ Pˆ , ⃗
ˆ ′ =⃗
R ˆ
R (I.99)

24
I.6. Symétries et lois de conservation

Par exemple, comme l’hamiltonien d’une particule libre ne dépend pas des coordonnées, il
ˆ = 0. L’hamiltonien est alors invariant sous les translations
commute avec l’impulsion [Ĥ,⃗
P]
d’espace car

i i i i
µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶

Ĥ = exp ⃗ ⃗ˆ
a · P Ĥ exp ⃗ ⃗ˆ
a · P = exp ⃗ ⃗ˆ
a · P exp ⃗ ⃗ˆ
a · P Ĥ = Ĥ (I.100)
ħ ħ ħ ħ

ˆ = 0 et que l’opérateur impulsion ne dépend pas explicitement du temps,


Puisque [Ĥ,⃗
P]
nous déduisons de (I.76) que P̂ est une constante du mouvement, car

d ˆ 1 hˆ i Pˆ
∂⃗
〈⃗
P〉 = 〈 ⃗P , Ĥ 〉 + 〈 〉 = 0 (I.101)
dt iħ ∂t

ˆ = 0, l’hamiltonien sera invariant sous les translations spatiales et la quantité


Donc, si [Ĥ,⃗
P]
de mouvement sera conservée. Le cas plus général où l’impulsion est une constante du
mouvement est fourni par un système isolé, car son impulsion totale est conservée. Notons
que l’invariance du système sous les translations spatiales signifie qu’il y a une symétrie
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

d’homogénéité de l’espace. L’homogénéité de l’espace implique que la fonction d’onde


r +⃗
translatée dans l’espace ψ(⃗ a ) satisfait, comme ψ(⃗
r ), l’équation de Schrödinger.
En résumé, la symétrie de l’homogénéité temporelle donne lieu à la conservation de
l’énergie, tandis que l’homogénéité de l’espace donne lieu à la conservation de la quantité
de mouvement.

Opérateur parité

Jusqu’à présent nous n’avons considérée que des transformations unitaires continues
(les translations temporelles et d’espace). Nous allons considérer maintenant une transfor-
mation unitaire discrète : la parité. La transformation de parité consiste à inverser le signe
des coordonnées : ⃗r → −⃗r et donc

Π̂ψ(⃗
r ) = ψ(−⃗
r) (I.102)

la parité est conservée et donc une constante du mouvement si l’opérateur parité Π̂


commute avec l’hamiltonien du système,

[Ĥ, Π̂] = 0 (I.103)

Dans ce cas, l’hamiltonien et l’opérateur parité ont des états propres communs. Par
exemple, les fonctions d’onde d’une particule se déplaçant dans un potentiel symétrique,
r ) = V̂(−⃗
V̂(⃗ r ), ont des parités définies : elles ne peuvent être que paires ou impaires. De
même, nous pouvons constater que la parité d’un système isolé est une constante du
mouvement.

25
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

I.7 Limite classique de la mécanique quantique

Crochets de Poisson et commutateurs


nous allons utiliser l’évolution des observables dans le temps, pour établir un lien entre
les mécaniques quantique et classique,
En mécanique hamiltonienne (classique) l’état d’un système est caractérisé par les
2N variables, dites canoniques, (q i , p i ) (avec i = 1, 2, . . . N), où les q i et p i sont appelées,
respectivement, les coordonnées généralisées et les moments conjugués. A cet état du
système correspond un point (q i , p i ) dans un espace multi-dimensionnel de dimension
2N appelé espace des phases. La dynamique du système est déterminée par les équations
de Hamilton suivantes :

d qi ∂H d pi ∂H
= , =− (I.104)
dt ∂p i dt ∂q i


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

H = H(⃗
q1 , . . . , ⃗ ⃗1 , . . . , p
qN , p ⃗N ) (I.105)

est l’hamiltonien total du système. Une observable physique est une fonction A (q i , p i , t )
de l’espace des phases, donc sa différentielle est :

N µ ∂A ∂A

∂A
dA =
X
d qk + d pk + dt, (I.106)
k=1 ∂q k ∂p k ∂t

On peut trouver l’expression de la dérivée totale de A à partir de l’équation précédente ;

dA N µ ∂A d q ∂A d p k ∂A

X k
= + + , (I.107)
dt k=1 ∂q k d t ∂p k d t ∂t

en remplaçant maintenant les d q k /d t et d p k /d t par leurs expressions données en (I.104)


on obtient

dA N µ ∂A ∂H ∂A ∂H ∂A

X
= − + ,
dt k=1 ∂q k ∂p k ∂p k ∂q k ∂t
∂A
≡ {A , H} + (I.108)
∂t

avec

XN µ ∂A ∂H ∂A ∂H

{A , H} = − (I.109)
k=1 ∂q k ∂p k ∂p k ∂q k

est dite crochet de Poisson pour A et H. Alors l’évolution temporelle d’une observable

26
I.7. Limite classique de la mécanique quantique

A est régie en mécanique hamiltonienne par l’équation (I.109). et si A ne dépend pas


explicitement de t on a (car ∂A /∂t = 0) : d A /d t = {A , H}. Ainsi si A vérifie d A /d t = 0 ou
{A , H} = 0 on dit qu’elle est une constante du mouvement.
En général le crochet de Poisson de deux variables dynamiques (observables) A et B
est
N µ ∂A ∂B ∂A ∂B

{A , B} =
X
− (I.110)
k=1 ∂q k ∂p k ∂p k ∂q k

et comme les variables q k et p k sont indépendantes les unes des autres on a :

q j , pk = δ j k
© ª © ª © ª
q j , qk = 0 , p j , pk = 0 , (I.111)

On peut aisément vérifier que les crochets de Poisson ont les propriétés suivantes :
1. antisymétrie :

{A , B} = − {B , A }
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

(I.112)

2. bilinéarité

{αA , B} = α {A , B} A , βB = β {A , B}
© ª
, (I.113)

3. de conjugué complexe :

{A , B}⋆ = B ⋆ , A ⋆
© ª
(I.114)

4. distributivité :

{A , BC } = {A , B} C + B {A , C } , {A B , C } = A {B , C } + {A , C } B (I.115)

5. obéit à l’identité de Jacobi :

{A , {B , C }} + {B , {C , A }} + {C , {A , B}} = 0 (I.116)

6. vérifie :

A , B n = nBn−1 {A , B}
© n
A , B = nAn−1 {A , B}
© ª ª
, (I.117)

qui peut être démontrée en utilisant la formule : d f n (x)/d x = n f n−1 d f (x)/d x.


Ces propriétés ressemblent à celles des commutateurs en mécanique quantique (voir
les équations (III.79)-(III.86) de [MQ1]).

27
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

En comparant la relation classique (I.108) avec sa contrepartie quantique (I.76),

d 1 £ ∂Â
(I.118)
¤
〈Â〉 = 〈 Â , Ĥ 〉 + 〈 〉
dt iħ ∂t

on voit qu’elles ne sont identiques que si on fait la correspondance suivante :

1 £
 , Ĥ ←→ {A , B}classique
¤
(I.119)

Notons que les expressions de la mécanique classique peuvent être obtenues à partir de
leurs contreparties quantiques, mais l’inverse n’est pas possible. Autrement dit, la division
des expressions de la mécanique quantique par i ħ conduit à leurs analogues classiques,
mais la multiplication des expressions de la mécanique classique par i ħ ne donne pas
forcement leurs analogues quantiques.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Théorème d’Ehrenfest
Si la mécanique quantique dois être plus générale que la mécanique classique, elle doit
contenir la mécanique classique comme une limite. Pour illustrer cette idée, on compare
l’évolution temporelle des valeurs moyennes des opérateurs position et impulsion, ⃗ ˆ et ⃗
R Pˆ
ˆ ), avec leurs contreparties classiques.
d’une particule se déplaçant dans un potentiel V̂(⃗
R
Comme la position et l’impulsion ne dépendent pas explicitement du temps on a
ˆ
〈∂⃗
R/∂t 〉 = 0 et 〈∂⃗ˆ
P/∂t 〉 = 0. Alors en insérant Ĥ = ⃗ Pˆ 2 /2m + V̂(⃗
ˆ , t ) dans l’équation (I.76) et
R
ˆ commute avec V̂(⃗
utilisant le fait que ⃗
R ˆ , t ), on peut écrire :
R

d ˆ 1 hˆ i 1 1 h ˆ ˆ 2i 1 hˆ ˆ ,t) 〉
i
〈⃗
R〉 = 〈 ⃗ R , Ĥ 〉 = 〈⃗R,⃗P 〉+ 〈 ⃗ R , V̂(⃗
R
dt iħ i ħ 2m iħ
1 1 ˆ hˆ ˆi hˆ ˆi ˆ 1 1 ˆ = 1 〈⃗
ˆ
= 〈⃗P ⃗R,⃗P + ⃗ R,⃗P ⃗P〉 + 0 = × 2i ħ × 〈⃗P〉 P〉 (I.120)
i ħ 2m i ħ 2m m
d ˆ 1 hˆ i 1 1 h ˆ ˆ 2i 1 hˆ ˆ ,t) 〉
i
〈⃗
P〉 = 〈 ⃗ P , Ĥ 〉 = 〈⃗P ,⃗
P 〉+ 〈 ⃗ P , V̂(⃗
R
dt iħ i ħ 2m iħ
1 ˆ , t )〉 = −〈⃗ ˆ , t )〉
= 0 + 〈−i ħ ⃗ ∇V̂(⃗R ∇V̂(⃗R (I.121)

où on a utilisé les relations (voir les équations (IV.140) et (IV.142) de [MQ1]) :

ˆ ,⃗
Pˆ = i ħ , Pˆ , V̂(⃗
ˆ , t ) = −i ħ ⃗ ˆ ,t)
h i h i

R ⃗ R ∇V̂(⃗
R (I.122)

Alors on a :

d ˆ 1 ˆ
〈⃗
R〉 = 〈⃗
P〉 (I.123)
dt m
d ˆ ˆ , t )〉
〈⃗ ∇V̂(⃗
P〉 = −〈⃗ R (I.124)
dt

28
I.7. Limite classique de la mécanique quantique

Les deux relations précédentes (I.123) et (I.124), exprimant l’évolution dans le temps des
valeurs moyennes des opérateurs position et impulsion et sont connues sous le nom de
théorème d’Ehrenfest, ou équations d’Ehrenfest. Leurs formes rappellent les équations de
Hamilton-Jacobi de la mécanique classique,

d⃗
r ⃗
p ⃗
dp
= , = −⃗ r)
∇V(⃗ (I.125)
dt m dt

Pour une particule de masse m, de position ⃗ ⃗, d’après les équations (I.125)


r et d’impulsion p
on a,

d 2⃗
r
m 2 = −⃗ r ) ≡ ⃗F
∇V(⃗ (I.126)
dt

qui n’est autre que la deuxième loi de Newton.


On note que les équations d’Ehrenfest (I.123) et (I.124) ne contient pas ħ et établissent
un lien entre les mécaniques quantique et classique. Dans ce contexte, on peut voir le
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

déplacement du centre du paquet d’ondes comme le mouvement d’une particule classique


r ).
soumise à un potentiel V(⃗

Mécaniques quantique et classique,


Dans le chapitre 1 de [MQ1], nous nous sommes concentrés principalement sur les
observations expérimentales qui confirment l’échec de la physique classique au niveau mi-
croscopique. Nous devons cependant garder à l’esprit que la physique classique fonctionne
parfaitement bien dans le monde macroscopique. Ainsi, si la théorie de la mécanique quan-
tique doit être considérée comme une généralisation de la physique classique, elle doit
produire des résultats précis non seulement à l’échelle microscopique mais aussi à la limite
classique.
Pour répondre à la question de savoir quand une description classique est assez bonne
ou quand une description quantique devient obligatoire ? On compare la taille des quanti-
tés du système qui ont la dimension de l’action 6 avec la constante de Planck h. Comme le
montre l’équation (I.119), les relations quantiques sont caractérisées par leur dépendance
de la constante de Planck h, nous pouvons affirmer que si la valeur de l’action d’un système
est très grande par rapport à h, ce système peut être décrit avec une bonne précision par la
physique classique. Sinon, l’utilisation d’une description quantique devient inévitable.
Une autre façon équivalente de définir la limite classique consiste à utiliser la "lon-
gueur". Étant donné que λ = h/p, le monde classique peut être spécifié par la limite λ → 0.
Cela signifie que, lorsque la longueur d’onde de Broglie d’un système est très petite par
rapport à sa taille, le système peut être décrit, avec une bonne précision, par la physique
classique. .
6. c’est aussi la dimension de h : [S] = [h] = [E][T].

29
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique

En résumé, la limite classique peut être décrite comme la limite h → 0 ou, de façon équi-
valente, comme la limite λ → 0. Dans ces limites, les résultats de la mécanique quantique
devraient être similaires à ceux de la physique classique :

lim mécanique quantique −→


h→0 (I.127)
mécanique classique
lim mécanique quantique −→ mécanique classique
λ→0 (I.128)

La mécanique classique peut ainsi être considérée comme la limite à longueur d’onde
courte de la mécanique quantique. De cette façon, la mécanique quantique contient la
mécanique classique comme cas limite. Ainsi, dans la limite h → 0 ou λ → 0, les grandeurs
dynamiques quantiques devraient avoir, comme proposé par Bohr, une correspondance
univoque avec leurs contreparties classiques. C’est l’essence du principe de correspon-
dance.
Mais comment concilier, dans la limite classique, la nature probabiliste de la mécanique
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

quantique avec le déterminisme de la physique classique ? La réponse est tout simplement


parce que les fluctuations quantiques deviennent négligeables lorsque h → 0, car dans
cette limite les inégalités (d’incertitude) de Heisenberg deviennent des égalités (donc des
certitude) ; par exemple lorsque h → 0, les fluctuations de la position et de l’impulsion
deviennent nulles, ∆x → 0 et ∆p → 0 et la position et l’impulsion peuvent être alors
mesurées simultanément avec une précision arbitraire. Cela implique que les évaluations
probabilistes des grandeurs dynamiques par la mécanique quantique doivent faire place à
des calculs exacts (de la mécanique classique).

30
Chapitre II

Problèmes à une dimension

L’objectif de ce chapitre est de donner des appliquons de l’équation de Schrödinger à


des problèmes physiques à une dimension. Ces problèmes sont intéressants car il existe de
nombreux phénomènes physiques dont le mouvement est unidimensionnel. L’application
de l’équation de Schrödinger à des problèmes unidimensionnels nous permet de comparer
les prédictions de la mécanique classique avec celles de la mécanique quantique dans un
cadre simple.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

L’équation de Schrödinger décrivant la dynamique d’une particule microscopique de


masse m dans un potentiel unidimensionnel indépendant du temps V(x) est donnée par
(voir l’équation (I.55)) :

ħ2 ∂2
· ¸
− + V̂(x) ψ(x) = Eψ(x) (II.1)
2m ∂x 2

où E est l’énergie totale de la particule. Les solutions de cette équation donnent les valeurs
propres d’énergie autorisées, En , et les fonctions d’onde correspondantes ψn (x). Pour
résoudre cette équation aux dérivées partielles, nous devons spécifier le potentiel V(x)
ainsi que les conditions aux bords ; celles-ci peuvent être obtenues à partir des exigences
physiques sur le système.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent(voir l’équation (I.51)) , que les solutions de
l’équation de Schrödinger pour des potentiels indépendants du temps sont les états dites
stationnaires,

Ψ(x, t ) = ψ(x) e −i Et /ħ (II.2)

dont la densité de probabilité est stationnaire, c’est-à-dire ne dépend pas du temps. Rap-
p
pelons que l’état ψ(x) a la dimension de 1/ L, où L est une longueur. Par conséquent, la
dimension de |ψ|2 est 1/L.
Nous allons donner des propriétés générales du mouvement unidimensionnel et discu-
tons l’aspect symétrique des solutions. Dans le reste du chapitre nous appliquons l’équa-
tion de Schrödinger à divers potentiels unidimensionnels : une particule libre, marche de
potentiel, les puits de potentiel fini et infini et l’oscillateur harmonique.

31
Chapitre II. Problèmes à une dimension

II.1 Propriétés du mouvement à une dimension


Pour étudier les propriétés dynamiques d’une seule particule se déplaçant dans un
potentiel unidimensionnel, considérons un potentiel V(x) suffisamment général pour
permettre l’illustration de toutes les caractéristiques cherchées. Un tel potentiel est illustré
sur la figure II.1 ; il est fini lorsque x → ±∞, V(−∞) = V1 et V(+∞) = V2 avec V1 est plus
petit que V2 , et il a un minimum, Vmi n . En particulier, nous voulons étudier les conditions
dans lesquelles se produisent des spectres discrets et continus. Comme le caractère des
états est complètement déterminé par la taille de l’énergie du système, nous examinerons
séparément les cas où l’énergie est plus petite ou plus grande que le potentiel.

Etats continus
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Etats continus

F IGURE II.1 – Forme d’un potentiel général

Spectre discret (États liés)


Les états liés se produisent chaque fois que la particule ne peut pas s’éloigne à l’infini,
C’est-à-dire que la particule confinée dans une région finie de l’espace qui est délimitée
par deux points tournants. Dans cette région, l’équation de Schrödinger n’admet que des
solutions discrètes. le puits de potentiel carré infini et l’oscillateur harmonique sont des
exemples typiques d’états liés.
Dans le potentiel de la figure II.1, le mouvement de la particule est limité par les points
de retournement classiques x 1 et x 2 lorsque l’énergie de la particule se situe entre Vmin et
V1 :

Vmin < E < V1 (II.3)

Les états correspondant à cette région d’énergie sont appelés les états liés. Ils sont définis
comme des états dont les fonctions d’onde sont finies (ou nulles) lorsque x → ±∞ ; les
états liés ont généralement des énergies inférieures au potentiel E < V. Pour avoir des
états liés, le potentiel V(x) doit posséder au moins un minimum inférieur à V1 (c’est-à-dire

32
II.1. Propriétés du mouvement à une dimension

Vmin < V1 ). Le spectre d’énergie des états liés est discret. Nous devons utiliser les conditions
aux bords pour trouver la fonction d’onde et l’énergie.
Nous présentons maintenant deux théorèmes qui sont particulièrement intéressants
pour l’étude des états liés.

Théorème 1.1

Les niveaux d’énergie des états liés (discrets) de tout mouvement à une dimension,
sont discrets et non dégénérés.

Théorème 1.2

La fonction d’onde Ψn (x) d’un système d’état lié à une dimension possède n nœuds
(c’est-à-dire que Ψn (x) s’annule n fois) si n = 0 correspond à l’état fondamental (l’état
d’énergie minimale) et n − 1 nœuds si n = 1 correspond à l’état fondamental.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Spectre continu (États non liés)


Les états non liés (dits aussi états de diffusion) apparaissent lorsque la particule n’est
pas confinée dans une région finie de l’espace par le potentiel ; un exemple typique est la
particule libre. Pour le potentiel représenté sur la figure II.1, il y a deux régions d’énergie
où la particule n’est pas confinée : V1 < E < V2 et E > V2 .

• Cas V1 < E < V2 :

Dans ce cas, le mouvement de la particule n’est infini que lorsque x = −∞ ; c’est-


à-dire que la particule peut se déplacer entre x = x 3 et x → −∞, où x 3 est un point
de retournement classique. Le spectre d’énergie est continu et aucune des valeurs
propres de l’énergie n’est dégénérée. La non dégénérescence peut être démontrée
comme suit : étant donné que l’équation de Schrödinger (II.1) est une équation
différentielle de second ordre, elle possède, dans ce cas, deux solutions linéairement
indépendantes, mais seule l’une d’elles est physiquement acceptable. La solution
est oscillatoire pour x ≤ x 3 et une exponentielle décroissante pour x > x 3 de sorte
qu’elle est finie (zéro) à x → ∞, car les solutions divergentes ne sont pas physiques.

• Cas V1 < E < V2 :

Le spectre d’énergie est continu et le mouvement de la particule est infini dans


les deux directions de l’axe des x (c’est-à-dire lorsque x → ±∞). Tous les niveaux
d’énergie de ce spectre sont doublement dégénérés. Pour voir cela, notons que la
solution générale de (II.1) est une combinaison linéaire de deux solutions oscilla-
toires indépendantes, l’une s’éloigne vers la gauche et l’autre vers la droite. Dans

33
Chapitre II. Problèmes à une dimension

le cas non dégénéré précédent, l’une des deux solutions est exclue car elle diverge
lorsque x → +∞.

Contrairement aux états liés, Les états non liés ne peuvent pas être normalisés et on ne
peut pas utiliser les conditions aux bords.

spectre mixte
Les potentiels confinant la particule dans région où seules certaines énergies sont
permises, donnent naissance à des spectres mixtes ; le mouvement de la particule pour
de tels potentiels est limité à certaines valeurs d’énergie. Par exemple, pour le potentiel
illustré sur la figure II.1, si l’énergie de la particule est comprise entre Vmin < E < V1 , la
particule est dans un état lié (confiné) et son spectre d’énergie est discret, mais si E < V2 ,
La particule est dans un état lié et le spectre d’énergie est continu (si V1 < E < V2 , l’état de
la particule n’est non lié que le long de la direction x = −∞). Les spectres associés à un
puits de potentiel carré infini et à un potentiel de Coulomb (ou moléculaire) sont des
exemples typique des spectres mixtes.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Potentiels symétriques et parité


La plupart des potentiels utilisés pour décrire le monde microscopique sont symé-
triques par rapport à l’inversion de l’espace, V(x) = V(−x). Cette symétrie introduit des qui
conduisent à des simplifications dans les calculs.
Lorsque V(x) est pair, l’hamiltonien correspondant, H = −(h 2 /2m)d 2 /d x 2 + V̂(x), est
également pair. On sait que (voir l’équation (IV.159) de [MQ1] les opérateurs pairs com-
mutent avec l’opérateur parité ; ils admettent donc une base propre commune avec lui.
Considérons les deux cas suivants relatifs aux spectres dégénérés et non dégénérés de
cet hamiltonien :

• Spectre non dégénéré

Nous considérons d’abord le cas particulier où les valeurs propres de l’hamiltonien


correspondant à ce potentiel symétrique ne sont pas dégénérées. Selon le Théo-
rème 1.1, cet hamiltonien décrit des états liés. On sait qu’un opérateur pair non
dégénéré, admet les mêmes états propres que l’opérateur parité (car ils commutent).
Puisque les états propres de l’opérateur parité ont une parité définie, les états propres
liés d’une particule se déplaçant dans un potentiel symétrique unidimensionnel
ont une parité définie ; c’est-à-dire ils sont soit pairs, soit impairs :

V̂(−x) = V̂(x) =⇒ ψ(−x) = ±ψ(x) (II.4)

• Spectre dégénéré

34
II.2. Particule libre : états continus

Si le spectre de l’hamiltonien correspondant à un potentiel symétrique est dégénéré,


les états propres ne sont exprimés qu’en termes d’états pairs et impairs. Autrement
dit, les états propres n’ont pas de parité définie.

Résumé : Les différentes propriétés du mouvement unidimensionnel discutées dans cette


section peuvent être résumées comme suit :
• Dans le cas des états liés, le spectre d’énergie est discret et non dégénéré.
• La fonction d’onde dans un état lié ψn (x) possède : (a) n nœuds si n = 0 correspond
à l’état fondamental et (b) (n − 1) nœuds si n = 1 correspond à l’état fondamental.
• Les fonctions propres de l’état lié dans un potentiel pair ont une parité bien définie.
• Les fonctions propres d’un spectre dégénéré dans un potentiel pair n’ont pas de
parité définie

II.2 Particule libre : états continus


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Le cas d’une particule libre, est le problème unidimensionnel le plus simple ; il corres-
pond à V(x) = 0 pour toute les valeurs de x. Dans ce cas, l’équation de Schrödinger (II.1)
devient ;

ħ2 ∂2 ψ(x) ∂
µ 2 ¶
2
− = Eψ(x) =⇒ + k ψ(x) = 0 (II.5)
2m ∂x 2 ∂x 2

2mE
k= (II.6)
ħ2

est le nombre d’onde. L’équation différentielle (II.5) admet comme solution la combinaison
linéaire de deux ondes planes indépendantes ψ± (x) = exp[±i kx] :

ψk (x) = A+ e i kx + A− e −i kx (II.7)

où A− et A+ sont deux constantes arbitraires. La fonction d’onde complète est donc donnée
par l’état stationnaire :

ψk (x) = A+ e i (kx−ωt ) + A− e −i (kx+ωt )


2 2
= A+ e i (kx−ħk t /2m)
+ A− e −i (kx+ħk t /2m)
(II.8)

car ω = E/ħ = ħk 2 /2m. Le premier terme, Ψ+ (x, t ) = A+ e i (kx−ωt ) , représente une onde
se propageant dans le sens des x croissants (vers la droite), tandis que le second terme,
Ψ− (x, t ) = A− e −i (kx+ωt ) , représente une onde se déplaçant dans le sens des x décroissants
(vers la gauche). Les intensités de ces ondes sont données respectivement par |A+ |2 et |A− |2 .
Notons que les ondes Ψ+ (x, t ) et Ψ− (x, t ) sont associées respectivement à une particule

35
Chapitre II. Problèmes à une dimension

libre se déplaçant vers la droite et vers la gauche d’impulsion et d’énergie bien définies :
p ± = ±ħk et E = ħ2 k 2 /2m. Ceci est due au fait qu’en l’absence de conditions aux bords,
il n’y a pas de restrictions sur k ou sur E ; toutes les valeurs donnent des solutions de
l’équation.
Le problème de la particule libre est est, mathématiquement, simple à résoudre, il
présente cependant quelques subtilités physiques. Discutons brièvement trois de ces
subtilités. Tout d’abord, les densités de probabilité correspondant à ces solutions

P ± = |Ψ± (x, t )|2 = |A± |2 (II.9)

sont constantes ; elles ne dépendent ni de x ni de t . Cela est dû à la perte complète d’infor-


mations sur la position et le temps pour un état avec des valeurs d’impulsion p ± = ±ħk et
d’énergie E = ħ2 k 2 /2m déterminées avec une précision absolue et donc ∆p = ∆E = 0. En
effet, ceci implique qu’il doit y avoir une incertitude maximale sur sa position et la durée
de mesure ; ∆x → ∞ et ∆t → ∞. La seconde subtilité tient à une contradiction apparente
entre la vitesse de l’onde et celle de la particule à laquelle l’onde est associée. La vitesse
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

des ondes planes Ψ± (x, t ) est donnée par

ω E ħk 2 /2m ħk
v onde = = = = (II.10)
k ħk k 2m

Par contre, la vitesse classique 1 de la particule est donnée par

p ħk
v classique = = = 2v onde (II.11)
m m

Cela signifie que la particule se déplace deux fois plus vite que l’onde qui la représente !
Troisièmement, la fonction d’onde n’est pas normalisable :
Z +∞ Z +∞
Ψ⋆
± (x, t )Ψ± (x, t )d x = |A± | 2
dx → ∞ (II.12)
−∞ −∞

Les solutions Ψ± (x, t ) ne sont donc pas physiques ; car les fonctions d’onde physiques
doivent être de carrés intégrables. Le problème vient du fait qu’une particule libre ne peut
pas avoir des valeurs d’impulsion et d’énergie précisément définies.
Compte tenu des trois subtilités décrites ci-dessus, les solutions de l’équation de
Schrödinger (II.5) qui sont physiquement acceptables ne peuvent pas être des ondes
planes. Au lieu de cela, nous pouvons construire des solutions physiques au moyen d’une
superposition linéaire d’ondes planes. La réponse est fournie par les paquets d’onde (voir
d Ψ+
1. On pose A+ = 1, comme = i k exp[i (kx − ωt )]Ψ+ = i kΨ+ , la vitesse classique est associée avec le
dx
iħ d Ψ⋆ d Ψ+ iħ p
· ¸
ħk
flux (ou la densité de courant) comme suit : J+ = Ψ+ +
− Ψ⋆
+ = (−2i k)|Ψ+ |2 = = =
2m dx dx 2m m m
v classique .

36
II.3. Marche de potentiel

le chapitre II de [MQ1]) :

1
Z +∞
ψ(x, t ) = p φ(k)e i (kx−ωt ) d k (II.13)
2π −∞

où φ(k), qui représente l’amplitude du paquet d’ondes, est la transformée de Fourier de


ψ0 (x) :

1
Z +∞
φ(k) = p ψ(x, 0)e −i kx d x (II.14)
2π −∞

La solution du paquet d’ondes résout et évite toutes les subtilités soulevées ci-dessus.
Premièrement, l’impulsion, la position et l’énergie de la particule ne sont plus connus avec
certitude ; seuls des résultats probabilistes, de leurs valeurs, sont possibles. Deuxièmement,
on sait que 2 le paquet d’onde (II.13) et la particule se déplacent avec la même vitesse
v g = p/m = d (ω)/d k, appelée la vitesse de groupe. Troisièmement, le paquet d’onde (II.13)
est normalisable.
Pour résumer, une particule libre ne peut pas être représentée par une seule onde plane
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

(monochromatique) ; elle doit être plutôt représentée par un paquet d’ondes. Les solutions
physiques de l’équation de Schrödinger sont donc données par des paquets d’ondes et
non par des solutions stationnaires.

II.3 Marche de potentiel


Un autre problème simple d’une particule qui est libre partout, mais au-delà d’un point
particulier, disons x = 0, le potentiel augmente fortement (c’est-à-dire qu’il devient répulsif
ou attractif ). Un potentiel de ce type est appelé la marche de potentiel (voir la figure II.2) :

 0, si x < 0
V(x) = (II.15)
 V , si x ≥ 0
0

Dans ce problème, on essaye d’analyser la dynamique d’un flux de particules 3 se déplaçant


de gauche à droite. Nous allons considérer deux cas, selon que l’énergie de la particule
(incidente) est plus grande ou plus petite que la hauteur de la marche de potentiel V0 .
2. Voir le chapitre II de [MQ1].
3. Toutes ces particules ayant la même masse m et se déplaçant avec la même vitesse.

37
Chapitre II. Problèmes à une dimension

F IGURE II.2 – Marche de potentiel et les directions de propagation des ondes incidentes,
réfléchies et transmises, puis leurs densités de probabilité |ψ(x)|2 lorsque E > V0 et E < V0 .
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

(a) Case E > V0

Les particules sont libres dans la région x < 0 et soumises à un potentiel répulsif V0 qui
commence en x = 0 et reste plat (constant) dans la région x > 0. Analysons la dynamique
de ce flux de particules dans le cadre, tout d’abord, de la mécanique classique puis de la
mécanique quantique.
Traitement classique : les particules se rapprochent de la marche (ou la barrière) de
p
potentiel de la gauche et ont une impulsion constante p = 2mE. Lorsque ces particules
pénètrent dans la région x ≥ 0, où le potentiel est maintenant V = V0 , elles ralentissent
p
jusqu’à son impulsion devient 2m(E − V0 ) ; elles gardent ensuite cette valeur d’impulsion
lors de son déplacement vers la droite. Puisque les particules ont suffisamment d’énergie
pour pénétrer dans la région x ≥ 0, elle y aura une transmission totale : toutes les particules
émergent vers la droite avec une énergie cinétique (plus petite) E − V0 . Il s’agit alors d’un
simple problème de diffusion unidimensionnel.
Traitement quantique : la dynamique de la particule est régie par l’équation de Schrö-
dinger, qui est donnée dans ces deux régions par (II.5)

d2
µ ¶
2
+ k 1 ψ1 (x) = 0 , (x < 0) (II.16)
d x2
µ 2
d

2
+ k 2 ψ2 (x) = 0 , (x > 0) (II.17)
d x2

avec

2mE 2m(E − V0 )
k 12 = , k 22 = (II.18)
ħ2 ħ2

38
II.3. Marche de potentiel

Les solutions les plus générales de ces deux équations sont les ondes planes suivantes :

ψ1 (x) = Ae i k1 x + Be −i k1 x (x < 0), (II.19)


i k2 x −i k 2 x
ψ2 (x) = Ce + De (x > 0), (II.20)

où A exp[i k 1 x] et C exp[i k 2 x] représentent des ondes se propageant dans le sens des x


croissants (vers la droite) tandis que B exp[−i k 1 x] et D exp[−i k 2 x] sont des ondes se pro-
pageant dans le sens des x décroissants (vers la gauche). Nous nous intéressons au cas où
les ondes-particules se propageant dans le direction Ox vers la droite et et arrivent en x = 0
sur une marche de potentiel : elles doivent être réfléchies ou transmises en x = 0. Comme
aucune onde n’est réfléchie vers la région située à gauche de x = 0, la constante D doit
être nulle. Ainsi, comme nous avons affaire à des états stationnaires, la fonction d’onde
complète est donc donnée par :

 ψ1 (x)e −i ωt

= Ae i (k1 x−ωt ) + Be −i (k1 x+ωt ) si x < 0
Ψ(x, t ) = (II.21)
 ψ (x)e −i ωt = Ce i (k2 x−ωt ) si x ≥ 0
2
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où exp[i (k 1 x − ωt )], exp[−i (k 1 x + ωt )] et exp[i (k 2 x − ωt )] représentent respectivement les


ondes incidentes, réfléchies et transmises ; ils se déplacent vers la droite, la gauche et
la droite,respectivement (voir la figure II.2). Notons que la densité de probabilité |ψ(x)|2
illustrée sur le graphique en bas à gauche de la figure II.2 est une droite pour x > 0, car
|ψ2 (x)|2 = C exp[i (k 2 x − ωt )] = |C|2 .
Considérons maintenant les coefficients de réflexion, R, et celui de transmission, T,
définis par les rapports suivants :

densité de courant réfléchi Jréfléchi Jtransmis


R= = , T= (II.22)
densité de courant incident Jincident Jincident

R représente le rapport entre le faisceau incident et le faisceau réfléchi, tandis que T est
le rapport entre le faisceau transmis et le faisceau incident. Pour calculer R et T on a
besoin des expressions des densités Jréfléchi , Jincident et Jtransmis . Puisque l’onde incidente
est ψi (x) = Ae i k1 x , la densité de courant incident (ou flux incident) :

d ψ⋆
" #
iħ (x) d ψ (x) iħ
Jincident = ψi (x) i
− ψ⋆
i (x)
i
= (−2i k 1 )|ψi (x)|2
2m dx dx 2m
ħk 1 2
= |A| (II.23)
m

De même, puisque les ondes réfléchie et transmise sont respectivement ψr (x) = Be −i k1 x et


ψt (x) = Ce i k2 x on a

ħk 1 2 ħk 2 2
Jréfléchi = |B| , Jtransmis = − |C| (II.24)
m m

39
Chapitre II. Problèmes à une dimension

En substituant les formules (II.23) et (II.24) dans (II.22), on obtient

ħk 1
m |B|
2
|B|2 − ħk 2
m |C|
2
k 2 |C|2
R= = , T= =− (II.25)
ħk 1 2 |A|2 ħk 1 2 k 1 |A|2
m |A| m |A|

Alors le calcul de R et T revient à la détermination des constantes B et C. Pour cela, nous


devons utiliser les conditions aux bords auxquelles est soumise la fonction d’onde en x = 0.
Puisque la fonction d’onde et sa dérivée première sont continues en x = 0 on a

d ψ1 (0) d ψ2 (0)
ψ1 (0) = ψ2 (0) , = (II.26)
dx dx

En remplaçant ψ1 (0) et ψ2 (0) par ses expressions (II.19) et (II.20) on trouve (avec D = 0) :

A+B = C , k 1 (A − B) = k 2 C (II.27)

En multipliant la première équation de (II.27) par k 1 , puis ajoutant et retranchant l’équa-


tion obtenue et la deuxième équation de (II.27) on trouve
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2k 1 B = (k 1 − k 2 )C (II.28)
2k 1 A = (k 1 + k 2 )C (II.29)

Ce qui donne :

k1 − k2 2k 1
B= A , C= A (II.30)
k1 + k2 k1 + k2

où l’expression de B est obtenue par le quotient de (II.28) par (II.29) tandis que celle de C
découle directement de (II.29). Quant à la constante A, on peut la déterminer à partir de la
condition de normalisation de la fonction d’onde, mais nous n’en avons pas besoin ici, car
R et T sont exprimés en termes des rapports. En substituant (II.30) dans (II.25) on obtient

|B|2 ¯¯ k 1 − k 2 ¯¯2 (k 1 − k 2 )2 (1 − K )2
¯ ¯
R= = = = (II.31)
|A|2 ¯ k 1 + k 2 ¯ (k 1 + k 2 )2 (1 + K )2
k 2 |C|2 k 2 |C|2 ¯¯ 2k 1 ¯¯2
¯ ¯
4k 1 k 2 4K
T=− =− = = (II.32)
k 1 |A| 2 2
k 1 |A| k 1 + k 2
¯ ¯ (k 1 + k 2 )2 (1 + K )2
p
avec K = k 2 /k 1 = 1 − V0 /E. La somme de R et T est égale à un, R + T = 1, comme il se
doit (car il est certain que la particule est soit transmise, soit réfléchie).
Contrairement à la mécanique classique, qui prévoit que toute les particules rebon-
dissent sur la marche de potentiel (c’est-a-dire qu’il y a une transmission totale), l’équation
(II.31) montre qu’en mécanique quantique le coefficient de réflexion R n’est pas nul : il y a
des particules qui se réfléchissent malgré le fait que leurs énergies soient supérieures que
la hauteur de la marche de potentiel V0 . Notons que cet effet doit être lié au comportement
ondulatoire des particules.

40
II.3. Marche de potentiel

D’après (II.31), nous voyons que lorsque E devient de plus en plus petit, T devient
également de plus en plus petit, de sorte que lorsque E = V0 , le coefficient de transmission
p
T devient nul et R = 1. Par contre, quand E ≫ V0 , on a K = 1 − V0 /E ≃ 1 ; d’où R = 0 et
T = 1. Cela est attendu car, lorsque les particules incidentes ont des énergies très élevées, la
marche de potentiel est si faible qu’il ne produit aucun effet notable sur leur mouvement.

Remarque : signification physique des conditions aux bords

Tout au long de cette section, nous aurons besoin des conditions aux bords auxquelles
la fonction d’onde et sa dérivée première sont soumises, comme dans l’équation (II.26).
Quelle est la physique sous-jacente derrière ces conditions de continuité ? En effet, nous
pouvons faire deux observations :
1) Étant donné que la densité de probabilité |ψ(x)|2 de trouver la particule dans une
petite région varie continuellement d’un point à un autre, la fonction d’onde ψ(x)
doit donc être une fonction continue de x. Alors, comme le montre (II.26), nous
devons avoir ψ1 (0) = ψ2 (0)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2) Étant donné que l’impulsion de la particule, P̂ψ(x) = −i ħd ψ(x)/d x, doit être une
fonction continue de x lorsque la particule se déplace de gauche à droite, la première
dérivée de la fonction d’onde, d ψ(x)/d x, doit également être une fonction continue
de x, notamment en x = 0. Par conséquent, comme le montre (II.26), nous devons
avoir d ψ1 (0)/d x = d ψ2 (0)/d x.

(b) Case E < V0

Traitement classique : les particules arrivent sur la marche de potentiel venant de la


p
gauche (avec des impulsions p = 2mE), elles s’arrêtent en x = 0 puis réfléchissent vers la
gauche avec les mêmes modules d’impulsions. Aucune des particules ne pénètrera dans la
région située à droite de la barrière x = 0 ; il y a une réflexion totale des particules.
Traitement quantique : l’équation de Schrödinger et la fonction d’onde dans la région
x < 0 sont respectivement données par (II.16) et (II.19). Mais pour x > 0, l’équation de
Schrödinger est donnée par

d2
µ ¶
′2
− k 2 ψ2 (x) = 0 (II.33)
d x2

2
avec k ′ 2 = 2m(V0 − E)/ħ2 . La solution de l’équation précédente est

′ ′
ψ2 (x) = Ce −k2 x + De k2 x (x ≥ 0) (II.34)

41
Chapitre II. Problèmes à une dimension


Puisque la fonction d’onde doit être finie partout et le fait que le terme e k2 x diverge lorsque
x → ∞, la constante D doit être nulle. D’où, la fonction d’onde complète est

 Ae i (k1 x−ωt ) + Be −i (k1 x+ωt ) si x < 0
Ψ(x, t ) = (II.35)
 Ce −k 2′ x
e −i ωt si x ≥ 0

Calculons maintenant, comme nous l’avons fait dans le cas précédent, les coefficients de
réflexion R et de transmission T. Notons d’abord que le coefficient de transmission de
la fonction d’onde transmise ψt (x) = C exp[−k 2 x] est nul. En effet, comme ψt (x) est une
fonction purement réelle, ψ⋆
t (x) = ψt (x), on a :

iħ d ψ⋆t (x) d ψt (x)


· ¸

Jtransmis = ψt (x) − ψt (x)
2m dx dx
iħ d ψ (x) d ψ (x)
· ¸
t t
= ψt (x) − ψt =0 (II.36)
2m dx dx

Par conséquent le coefficient de réflexion doit être égal à un, R = 1. On peut obtenir ce
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

résultat en imposant les conditions de continuité en x = 0 pour (II.19) et (II.34) (où D = 0) :

ψ1 (0) = ψ2 (0) ⇒A + B = C (II.37)


d ψ1 (0) d ψ2 (0)
= ⇒A(i k 1 ) + B(−i k 1 ) = C(−k 2′ ) (II.38)
dx dx

En multipliant (II.37) par i k 1 puis ajoutant et retranchant l’équation obtenue et l’équation


(II.38), on trouve :

2i k 1 A = C(i k 1 − k 2′ ) (II.39)
2i k 1 B = (i k 1 + k 2′ )C (II.40)

ce qui donne :

2i k 1 2k 1 i k 1 + k 2′ k 1 − i k 2′
C= ′ A= A , B= A= A (II.41)
i k1 − k2 k 1 + i k 2′ i k 1 − k 2′ k 1 + i k 2′

où l’expression de C découle directement de (II.39), tandis que celle de B est obtenue par
la division de (II.40) par (II.39). Par conséquent, on a
¯2 2
|B|2 ¯¯ k 1 − i k 2′ ¯¯ k 12 + k 2′
¯
R= = = =1 (II.42)
|A|2 ¯ k 1 + i k 2′ ¯ k2 + k′ 2 1 2

Alors on a une réflexion totale comme le cas classique.


Il y a cependant une différence entre les traitements classique et quantique : en mé-
canique classique, comme on l’avait déjà mentionné, aucune des particules ne peut se
déplacer dans la région x > 0. En mécanique quantique, par contre, la probabilité que la
fonction d’onde pénètre dans la région (classiquement interdite) x > 0 est non nulle. Pour

42
II.4. Puits et barrière de potentiel

voir cela, notons que la densité de probabilité relative,

′ (II.41) 4k 12 |A|2 ′
P (x) = |ψt (x)|2 = |C|2 e −2k2 x = e −2k2 x (II.43)
k 12 + k 2′ 2

a une valeur appréciable près de x = 0 et décroît exponentiellement pour les grandes


valeurs de x ; le comportement de la densité de probabilité est illustré sur la figure II.2.

II.4 Puits et barrière de potentiel


Considérons un faisceau de particules de masse m envoyées de la gauche et arrivent
sur une barrière de potentiel :


 0 si x < 0


V(x) = V0 si 0 ≥ x ≥ a (II.44)



0 si x > a

Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Ce potentiel, répulsif, ne possède aucun état lié (voir la figure II.3). Il s’agit ici, comme
dans le cas de la marche de potentiel, d’un problème de diffusion unidimensionnel.
Considérons à nouveau les deux cas suivants, qui correspondent aux énergies des
particules qui sont respectivement plus grandes et plus petites que la barrière de potentiel.

Le cas E > V0
Traitement classique : les particules arrivent sur la barrière de potentiel venant de la
p
gauche avec une impulsion constante, p 1 = 2mE, lorsqu’elles pénètrent dans la région
p
0 ̸= x ̸= a, elles sont décelées jusqu’à ce que leur impulsion devient p 2 = 2m(E − V0 ). Ils
maintiendront l’impulsion p 2 jusqu’à ce qu’elles atteignent le point x = a. Puis, dès qu’elles
passeront au-delà du point x = a, elles accéléreront jusqu’à ce que leur impulsion devient
p
p 2 = 2mE et maintiendront cette valeur d’impulsion dans toute la région x > a. Étant
donné que les particules ont suffisamment d’énergie pour traverser la barrière, aucune
d’elles ne sera réfléchie, c’est-à-dire toutes les particules émergeront du côté droit de x > a ;
il s’agit d’une transmission totale.
Traitement quantique : On peut aisément déduire l’étude quantique de la barrière de
potentiel à partir du traitement de la marche de potentiel présenté dans la section précé-
dente. Il est important de mentionner que la fonction d’onde présente un comportement
oscillatoire dans les trois régions ; son amplitude diminue à chaque fois que la particule

43
Chapitre II. Problèmes à une dimension

pénètre dans une nouvelle région (voir la figure II.3) :

ψ1 (x) = Ae i k1 x + Be −i k1 x


 si x ≤ 0


ψ(x) = ψ2 (x) = Ce i k2 x + De −i k2 x si 0 < x < a (II.45)


ψ2 (x) = Ee i k1 x

si x ≥ a


p q
k1 = 2mE/ħ2 , k2 = 2m(E − V0 )/ħ2 (II.46)

Les constantes B, C, D et E peuvent s’exprimer en fonction de A à l’aide des conditions aux


bords : les fonctions ψ(x) et d ψ(x)/d x doivent être continues respectivement aux points
x = 0 et x = a.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

F IGURE II.3 – Barrière de potentiel et les directions de propagation des ondes incidentes,
réfléchies et transmises, puis leurs densités de probabilité |ψ(x)|2 lorsque E > V0 et E < V0 .

d ψ1 (0) d ψ2 (0)
ψ1 (0) = ψ2 (0) , = (II.47)
dx dx
d ψ2 (a) d ψ3 (a)
ψ2 (a) = ψ3 (a) , = (II.48)
dx dx

Ce qui donne

A+B = C+D , i k 1 (A − B) = i k 2 (C − D) (II.49)


³ ´
Ce i k2 a + De −i k2 a = Ee i k1 a , i k 2 Ce i k2 a − De −i k2 a = i k 1 Ee i k1 a (II.50)

44
II.4. Puits et barrière de potentiel

et donc

A + B =C + D (II.51)
k2
A−B = (C − D) (II.52)
k1
Ce i k2 a + De −i k2 a =Ee i k1 a (II.53)
k 1 i k1 a
Ce i k2 a − De −i k2 a = Ee (II.54)
k2

En ajoutant et retranchant (II.51) et (II.52) et en faisant la même chose pour (II.53) et (II.54)
on obtient

k2 k2
µ ¶ µ ¶
2A = 1 + C+ 1− D (II.55)
k1 k1
k2 k2
µ ¶ µ ¶
2B = 1 − C+ 1+ D (II.56)
k1 k1
k1
µ ¶
2C = 1 + Ee i a(k1 −k2 ) (II.57)
k2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

k1
µ ¶
2D = 1 − Ee i a(k1 +k2 ) (II.58)
k2

En substituant (II.57) et (II.58) dans (II.55)

k2 k1 k2 k1
µ ¶µ ¶ µ ¶µ ¶
1 i a(k 1 −k 2 ) 1
A = 1+ 1+ Ee + 1− 1− Ee i a(k1 +k2 ) (II.59)
4 k1 k2 4 k1 k2

ceci donne
h i−1
E = 4k 1 k 2 Ae −i k1 a (k 1 + k 2 )2 e −i k2 a − (k 1 − k 2 )2 e i k2 a
¤−1
= 4k 1 k 2 Ae −i k1 a 4k 1 k 2 cos(k 2 a) − 2i (k 12 + k 22 ) sin(k 2 a)
£
(II.60)

Alors le coefficient de transmission est


¯ ¯2
k 1 |E|2 ¯¯ 4k 1 k 2 Ae −i k1 a ¯
T= =
¯
k 1 |A|2 ¯ 4k 1 k 2 cos(k 2 a) − 2i (k 12 + k 22 ) sin(k 2 a) ¯
¯ ¯

16k 12 k 22
=
16k 12 k 22 cos2 (k 2 a) + 4(k 12 + k 22 )2 sin2 (k 2 a)
k 12 k 22
=
k 12 k 22 (1 − sin2 (k 2 a)) + 14 (k 14 + k 24 + 2k 12 k 22 ) sin2 (k 2 a)
k 12 k 22
=
k 12 k 22 + 14 (k 14 + k 24 + 2k 12 k 22 − 4k 12 k 22 ) sin2 (k 2 a)
" #−1
1 (k 12 − k 22 )2 2
= 1+ sin (k 2 a)
4 k 12 k 22

45
Chapitre II. Problèmes à une dimension

" #−1
1 V02 2
q p
= 1+ sin (a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1) (II.61)
4 E(E − V0 )

où on a utilisé (II.46) et le fait que


à !2
k 12 − k 22 V02
= (II.62)
k1 k2 E(E − V0 )

En utilisant la notation suivante

E
q
λ=a 2mV0 /ħ2 , ε= (II.63)
V0

on peut réécrire (II.61) comme suit :


¸−1
p
·
1
T = 1+ sin2 (λ ε − 1) (II.64)
4ε(ε − 1)

De même on peut montrer que


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

¸−1 p
sin2 (λ ε − 1)
·
4ε(ε − 1)
R = 1+ p = p (II.65)
sin2 (λ ε − 1) sin2 (λ ε − 1) + 4ε(ε − 1)

En effet, en substituant (II.57) et (II.58) dans (II.56)

k2 k1 k2 k1
µ ¶µ ¶ µ ¶µ ¶
1 i a(k 1 −k 2 ) 1
B = 1+ 1− Ee + 1− 1+ Ee i a(k1 +k2 )
4 k1 k2 4 k1 k2
1 h i
= (k 1 + k 2 ) (k 2 − k 1 ) Ee i a(k1 −k2 ) + (k 1 − k 2 ) (k 2 + k 1 ) Ee i a(k1 +k2 )
4k 1 k 2
1 ¢ h i
e i ak1 k 12 − k 22 E e i ak2 − e −i ak2
¡
=
4k 1 k 2
à !
i i ak1 k 12 − k 22
= e sin(ak 2 ) E (II.66)
2 k1 k2

d’où on a
¯ Ã ! ¯2 " Ã !2 #
|B|2 ¯¯ i i ak1 k 12 − k 22 E ¯¯ 1 k 12 − k 22
R= =¯ e sin(ak 2 ) ¯ = sin2 (ak 2 ) T
|A|2 ¯ 2 k1 k2 A¯ 4 k1 k2
" #
1 V02 2
q p
= sin (a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1)
4 E(E − V0 )
" #−1
1 V02 q
sin2 (a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1)
p
1+
4 E(E − V0 )
 −1
· ¸−1
4E(E − V0 ) 4ε(ε − 1)
= 1+
 ³ p p ´  = 1+ p (II.67)
V02 sin2 a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1 sin2 (λ ε − 1)

46
II.4. Puits et barrière de potentiel

où on utilisé les équations (II.46), (II.61) , (II.62) et (II.63).

Cas particuliers

• Si E ≫ V0 , et donc ε ≫ 1, le coefficient de transmission T devient asymptotiquement


égal à un, T ≃ 1 et R ≃ 0. Alors, à des énergies très élevées et une barrière de potentiel
faible, les particules ne e ressentent pas l’effet de la barrière ; c’est-à-dire nous avons
une transmission totale.
p p
• Nous avons également une transmission totale lorsque sin(λ ε − 1) = 0 ou λ ε − 1 =
nπ. Comme le montre la figure II.4, on a toujours une transmission totale, T(εn ) = 1,
lorsque εn = En /V0 = n 2 π2 ħ2 /(2ma 2 V0 ) + 1 ou bien lorsque l’énergie incidente de la
particule est En = V0 + n 2 π2 ħ2 /(2ma 2 ) avec n = 1, 2, 3 . . . . Les maxima du coefficient
de transmission coïncident avec les valeurs propres d’énergie du puits de potentiel
carré infini ; ces maxima sont dites "les résonances". Ce phénomène de résonance,
qui ne se produit pas en physique classique, résulte d’une interférence constructive
entre les ondes incidente et réfléchie.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

F IGURE II.4 – Les coefficients de transmission de la barrière de potentiel, TB (ε) et du puis


de potentiel, TW (ε).

p
• Dans la limite ε → 1 on a sin(λ ε − 1) ∼ ε − 1. Alors les équations (II.64) et (II.65)
deviennent
¶−1 ¶−1
ma 2 V0 2ħ2
µ µ
T = 1+ , R = 1+ (II.68)
2ħ2 ma 2 V0

Barrière de potentiel (V0 < 0)

Le coefficient de transmission (II.64) a été dérivé donné pour le cas où V0 > 0, c’est-à-
dire pour une barrière de potentiel. En suivant la même procédure qui a conduit à (II.64),
nous pouvons montrer que le coefficient de transmission pour un puits de potentiel fini,
V0 < 0, est donné par
¸−1
p
·
1
TW = 1 + sin2 (λ ε + 1) (II.69)
4ε(ε − 1)

47
Chapitre II. Problèmes à une dimension

q
où ε = E/|V0 | et λ = a 2m|V0 |/ħ2 . Notons qu’on aura toujours une transmission totale
p p
lorsque sin2 (λ ε + 1) (ou λ ε + 1 = nπ). Comme le montre la figure II.4, on a toujours une
transmission totale, TW (εn ) = 1, lorsque εn = n 2 π2 ħ2 /(2ma 2 ) − |V0 | avec n = 1, 2, 3, . . . .

Le cas E < V0 : effet tunnel


En physique classique, on s’attendrait à avoir une réflexion totale : chaque particule qui
arrive à la barrière (en x = 0) sera réfléchie ; aucune particule ne peut pénétrer la barrière,
où elle aurait une énergie cinétique négative.
Nous allons maintenant montrer que les prédictions de la mécanique quantique
diffèrent fortement de celles classiques, car la fonction d’onde n’est pas nulle au-delà de
la barrière. Les solutions de l’équation de Schrödinger dans les trois régions donnent des
expressions similaires à (II.45) sauf que ψ2 (x) = C exp[i k 2 x] + D exp[−i k 2 x] est remplacer
par ψ2 (x) = C exp[k 2 x] + D exp[−k 2 x],

ψ1 (x) = Ae i k1 x + Be −i k1 x

 si x ≤ 0
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA




ψ(x) = ψ2 (x) = Ce k2 x + De −k2 x si 0 < x < a (II.70)


ψ2 (x) = Ee i k1 x

si x ≥ a

p q
où k 1 = 2mE/ħ2 et k 2 = 2m(E − V0 )/ħ2 . Le comportement de la densité de probabilité
correspondant à cette fonction d’onde devrait, comme le montre la figure II.3, osciller dans
les régions x < 0 et x > a et décroître exponentiellement pour 0 ≤ x ≤ a.
Pour trouver les expressions des coefficients de réflexion et de transmission,

|B|2 |E|2
R= , T= (II.71)
|A|2 |A|2

il suffit d’exprimer B et E en fonction de A. Les conditions de continuité de la fonction


d’onde et sa dérivée aux points x = 0 et x = a donnent :

A+B = C+D (II.72)


i k 1 (A − B) = k 2 (C − D) (II.73)
Ce k2 a + De −k2 a = Ee i k1 a (II.74)
³ ´
k 2 Ce k2 a − De −k2 a = i k 1 Ee i k1 a (II.75)

Les deux dernières équations conduisent aux expressions de C et D suivantes,

k 1 (i k1 −k2 )a k 1 (i k1 +k2 )a
µ ¶ µ ¶
E E
C= 1+i e , D= 1−i e (II.76)
2 k2 2 k2

48
II.4. Puits et barrière de potentiel

En insérant ces deux expressions dans les deux équations (II.72) et (II.73) et en divisant par
A, on obtient

k1
· ¸
B E i k1 a
1+ = e cosh(k 2 a) − i sinh(k 2 a) (II.77)
A A k2
k1
· ¸
B E i k1 a
1− = e cosh(k 2 a) + i sinh(k 2 a) (II.78)
A A k2

En résolvant ces deux équations pour obtenir B/A et E/A, on trouve,


" #−1
B k 12 + k 22 k 22 − k 12
= −i sinh(k 2 a) 2 cosh(k 2 a) + i sinh(k 2 a) (II.79)
A k1 k2 k1 k2
" #−1
2 2
E k − k
= 2e −i k1 a 2 cosh(k 2 a) + i 2 1
sinh(k 2 a) (II.80)
A k1 k2

Alors les coefficients R et T, (II.71), deviennent :


!2 #−1
2 2
à " à !
k 12 + k 22 2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

|B|2 k − k
R= = sinh2 (k 2 a) 4 cosh2 (k 2 a) + 1 2
sinh2 (k 2 a) (II.81)
|A|2 k1 k2 k1 k2
#−1
2 2
" Ã !
2
|E|2 k − k
T= = 4 4 cosh2 (k 2 a) + 1 2
sinh2 (k 2 a) (II.82)
|A|2 k1 k2

On peut aussi écrire T en fonction de R


à !2
1 k 12 + k 22
R= T sinh2 (k 2 a) (II.83)
4 k1 k2

Ainsi, en utilisant la relation

cosh2 (α) − sinh2 (α) = 1 (II.84)

on peut réécrire l’équation (II.82) comme suit


" Ã !2 #−1
2 1 k 12 − k 22 2
T = 1 + sinh (k 2 a) + sinh (k 2 a)
4 k1 k2
" Ã ¡ 2 ¢2 ! #−1 " Ã ¢2 ! #−1
k 1 − k 22 4k 12 k 22 + k 12 − k 22
¡
2 2
= 1+ 1+ sinh (k 2 a) = 1+ sinh (k 2 a)
4k 12 k 22 4k 12 k 22
" Ã !2 #−1
1 k 12 + k 22
= 1+ sinh2 (k 2 a) (II.85)
4 k1 k2

Notons que T est fini. Cela signifie que la probabilité de transmission des particules dans
la région x ≥ a n’est pas nulle (en physique classique, cependant, aucune particule ne
peut pénétrer dans la région x ≥ 0). Il s’agit d’un effet purement quantique qui est dû à

49
Chapitre II. Problèmes à une dimension

l’aspect ondulatoire des objets microscopiques ; il est connu sous le nom de "effet tunnel" :
les objets quantiques peuvent traverser des barrières classiquement interdites. Cet effet
de pénétration de barrière a des applications importantes dans diverses branches de
la physique moderne : la physique des particules, la physique nucléaire, dispositifs à
semi-conducteurs, etc.
Ainsi, puisque
à !2
k 12 + k 22 V02
µ ¶2
V0
= p = (II.86)
k1 k2 E(V0 − E) E(V0 − E)

on peut réécrire (II.83) et (II.85) comme suit,

1 V02 T ³ap ´
R= sinh2 2m(V0 − E) (II.87)
4 E(V0 − E) ħ
´ −1
" #
2
1 V0 2 a
³ p
T = 1+ sinh 2m(V0 − E) (II.88)
4 E(V0 − E) ħ
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

ou bien

T ³ p ´
R= sinh2 λ 1 − ε (II.89)
4ε(1 − ε)
·
1 ³ p ´¸−1
2
T = 1+ sinh λ 1 − ε (II.90)
4ε(1 − ε)
q
où ε = E/|V0 | et λ = a 2m|V0 |/ħ2 .

Cas particuliers
p ³ p ´ 1 ³ p ´
• Si E ≪ V0 , donc ε ≪ 1 ou λ 1 − ε ≫ 1, on peut écrire sinh λ 1 − ε = exp λ 1 − ε .
2
On peut ainsi montrer que le coefficient de transmission (II.90) devient asymptoti-
quement égal à

½
1
µ
1 h p i¶2 ¾−1 h p i
T≃ exp λ 1 − ε = 16ε(1 − ε) exp −2λ 1 − ε
4ε(1 − ε) 2
µ ¶
16E E h p i
= 1− exp (−2a/ħ) 2m(V0 − E) (II.91)
V0 V0

Cela montre que le coefficient de transmission n’est pas, comme il devrait être
classiquement, nul, mais a plutôt une valeur finie. Donc, en mécanique quantique, il
y a un tunnel fini au-delà de la barrière, x > a.
• Lorsque E ≃ V0 , donc ε ≃ 1, on peut vérifier que (II.89) et (II.90) conduisent avec les
relations (II.68)
• En prenant la limite classique ħ → 0, les coefficients (II.89) et (II.90) se réduisent aux
ceux classiques : R → 1 et T → 0.

50
II.4. Puits et barrière de potentiel

Effet tunnel
En général, l’effet tunnel consiste en la propagation d’une particule à travers une région
où l’énergie de la particule est inférieure à l’énergie potentielle E < V(x). En mécanique
classique cette région, définie par x 1 < x < x 2 (figure II.5(a)), est interdite à la particule
où son énergie cinétique serait négative ; les points x = x 1 et x = x 2 sont connus comme
les points de retournement classiques. En mécanique quantique, cependant, puisque les
particules ont un caractère ondulatoire, elles peuvent traverser la barrière.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

F IGURE II.5 – (a) Effet tunnel though a potential barrier. (b) Approximation of a smoothly
varying potential V(x) by square barriers barrière de potentiel, TB (ε) et du puis de
potentiel, TW (ε).

Comme le montre l’exemple de la barrière carrée, la particule a une probabilité finie


d’emprunter un tunnel pour traverser la barrière ; l’expression analytique (II.90) donne la
probabilité d’"emprunter le tunnel". Cependant, les expressions analytiques ne peuvent
pas être obtenues pour des potentiels avec une dépendance spatiale arbitraire. Dans de
tels cas, il faut utiliser des approximations. La méthode de Wentzel–Kramers–Brillouin
(WKB) fournit l’une des méthodes d’approximation les plus utiles. Nous montrerons que
le coefficient de transmission d’une barrière de potentiel V(x) est donné par

2 x2 p
· Z ¸
T ∼ exp − d x 2m [V(x) − E] (II.92)
ħ x1

Nous pouvons obtenir cette relation au moyen d’une approximation très grossière. Pour
cela, nous devons simplement prendre la région classiquement interdite x 1 < x < x 2
(figure II.5(b)) et la diviser en une série de petits intervalles ∆x i . Si ∆x i est suffisamment
petit, nous pouvons approximer le potentiel V(x i ) à chaque point x i par une barrière
de potentiel carrée. Ainsi, nous pouvons utiliser (II.91) pour calculer la probabilité de
transmission correspondant à V(x i ),

2∆x i x2 p
· Z ¸
Ti ∼ exp − d x 2m [V(x i ) − E] (II.93)
ħ x1

51
Chapitre II. Problèmes à une dimension

L’approximation conduisant à cette relation n’est valide que si le potentiel V(x) est une
fonction lisse et variant lentement en fonction de x,

N
Y N
Y
·
2∆x i x2 p
Z ¸
T = lim Ti ∼ lim exp − d x 2m [V(x i ) − E]
N→∞ i =1 N→∞ i =1 ħ x1
" #
2 N Z x2 p
∆x i
X
= exp − lim d x 2m [V(x i ) − E]
ħ ∆xi →0 i =1 x1
2 x2 p
· Z ¸
−→ exp − d x 2m [V(x) − E] . (II.94)
ħ x1

II.5 Puits de potentiel carré infini

Puits de potentiel Asymétrique


Considérons une particule de masse m qui ne peut se déplacer que à l’intérieur d’un
puits de potentiel asymétrique infiniment profond (c’est-à-dire V0 = ∞)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA



 −∞ si x < 0


V(x) = 0 si 0 ≥ x ≥ a (II.95)



+∞ si x > a

Classiquement, la particule reste confinée à l’intérieur du puits ; c’est-à-dire elle effectue


p
des aller-retours dans le puits, avec un impulsion constant p = ± 2mE.
Quantiquement, nous nous attendons à ce que cette particule n’ait que des solutions
d’états liés et un spectre d’énergie non dégénéré discret. Puisque V(x) est infini en dehors
de la région 0 ≤ x ≤ a, la fonction d’onde de la particule doit être nulle en dehors du puis.
On ne peut donc chercher des solutions qu’à l’intérieur du puits

d 2 ψ(x)
+ k 2 ψ(x) = 0 (II.96)
d x2

avec k 2 = 2mE/ħ2 ; les solutions sont :

ψ(x) = A′ e i kx + B′ e −i kx =⇒ ψ(x) = A sin(kx) + B cos(kx) (II.97)

La fonction d’onde s’annule sur les murs situés aux abscisses 0 et a ; ψ(0) = ψ(a) = 0. La
condition ψ(0) = A sin(0) + B cos(0) = B = 0 donne donc B = 0, alors pour la condition
ψ(a) = A sin(ka) + 0 × cos(ka) = 0 implique que ka = 0 + nπ = c’est-à-dire

ka = nπ (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.98)

52
II.5. Puits de potentiel carré infini

La condition précédente implique que l’expression de l’énergie est

ħ2 2 ħ2 π2 2
En = k = n (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.99)
2m n 2ma 2

L’énergie est quantifiée ; seules certaines valeurs sont autorisées. Cela est attendu car
les états d’une particule qui est confinée dans une région limitée de l’espace sont des
états liés et le spectre d’énergie est discret. Ceci contraste fortement avec la physique
classique où l’énergie de la particule, donnée par E = p 2 /(2m) prend n’importe quelle
valeur ; c’est-à-dire l’énergie en mécanique classique évolue d’une manière continu.
Comme le montre l’équation (II.5) la différence d’énergie entre deux niveaux successifs
n’est pas constante. En effet

ħ2 π2
En+1 − En = 2
[(n + 1)2 − n 2 ] ∼ 2n + 1 (II.100)
2ma

il dépend donc de n. Alors on a


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

En+1 − En 2n + 1
= (II.101)
En n2

Dans la limite classique n → ∞,

En+1 − En 2n + 1 1
lim = lim 2
= lim = 0, (II.102)
n→∞ En n→∞ n n→∞ n

les niveaux deviennent très proches les uns des autres qu’ils sont pratiquement indiscer-
nables (donc l’énergie n’est plus discrète).
Puisque B = 0 et k n = nπ/a, l’équation (II.97) implique que : ψn (x) = A sin(nπx/a). On
peut choisir la constante A, pour que ψn (x) soit normalisable
Z a Z a ³ nπ ´ 1h a ³ ´i
2 2
1= |ψn (x)| d x = |A| sin2 x d x = |A|2 a − cos(0) − cos(2nπ)
0 0 a 2 nπ
r
2
=⇒ A = (II.103)
a

où on a utilisé le fait que sin2 (x) = (1 − cos(2x)) /2. donc

r ³ nπ ´
2
ψn (x) = sin x (n = 1, 2, 3, . . . ) (II.104)
a a

les premières fonctions sont représentées dans la figure II.6.

53
Chapitre II. Problèmes à une dimension

F IGURE II.6
p – Les trois plus bas états d’un puits de potentiel infini,
ψn (x) = 2/a sin(nπx/a) ; les états ψn+1 (x) et ψn (x) sont respectivement pairs et impairs
par rapport à x = a/2.

La solution de l’équation de Schrödinger indépendante du temps nous a donc donné


l’énergie (II.5) et la fonction d’onde (II.104). Il existe alors une série infinie de niveaux
d’énergie discrets correspondant aux valeurs entières positives du nombre quantique n.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Il est clair que n = 0 donne un résultat inintéressant : psi 0 (x) = 0 et E0 = 0 ; plus tard,
nous examinerons plus en détail les implications physiques de cela. Ainsi, l’énergie la
plus basse, ou énergie d’état fondamental, correspond à n = 1 ; c’est E1 = ħ2 π2 /(2ma 2 ).
Ceci est, comme nous allons expliquer plus loin, appelée aussi l’énergie du point zéro,
car il n’y a aucun état d’énergie nulle. Les états correspondant à n = 2, 3, 4, . . . sont appelés
les états excités ; leurs énergies sont données par En = n 2 E1 . Comme mentionné dans le
Théorème 1.2, chaque fonction ψn (x) a n −1 nœuds. La figure II.6 montre que les fonctions
ψ2n+1 (x) sont paires tandis que les fonctions ψ2n (x) sont impaires par rapport au centre
du puits de potentiel. Notons qu’aucun des niveaux d’énergie n’est dégénéré (il n’y a
qu’une seule fonction propre pour chaque niveau d’énergie) et que les fonctions d’onde
correspondent aux niveaux d’énergie différents sont orthogonales :
Z 2
ψ⋆
m ψn (x)d x = δmn (II.105)
0

Puisque nous nous intéressons aux états stationnaires et En = n 2 E1 , les solutions les plus
générales de l’équation de Schrödinger dépendante du temps sont données par

∞ ∞
r ³ nπx ´
−i En t /ħ 2 X
Ψ(x, t ) = ψn (x) e e −i E1 t /ħ
X
= sin (II.106)
n=1 a n=1 a

Énergie du point zéro

Examinons maintenant pourquoi il n’y a aucun état d’énergie nulle pour un puits de
potentiel carré. Si la particule a une énergie nulle, elle sera au repos à l’intérieur du puits,
ce qui viole les inégalités d’incertitude de Heisenberg. En localisant ou en confinant la
particule dans une région limitée de l’espace, elle acquiert une impulsion finie conduisant

54
II.5. Puits de potentiel carré infini

à une énergie cinétique minimale. C’est-à-dire que la localisation du mouvement de la


particule vers 0 ≤ x ≤ a implique une incertitude sur la position d’ordre Del ax ∼ a qui,
selon les inégalités d’incertitude, conduit à une incertitude sur l’impulsion minimale
∆p ∼ ħa et cela à son tour conduit à une énergie cinétique minimale d’ordre ħ2 /(2ma 2 ).
Ceci est en accord qualitatif avec la valeur exacte E1 = π2 ħ2 /(2ma2).
Notons que, comme l’incertitude sur l’impulsion est inversement proportionnelle
à la largeur du puits, ∆p ∼ ħa, si la largeur diminue (c’est-à-dire que la position des
particules est confinée de plus en plus), l’incertitude sur P̂ augmentera. Cela fait que
la particule se déplace de plus en plus vite, donc l’énergie du point zéro augmentera
également. Inversement, si la largeur du puits augmente, l’énergie du point zéro diminue,
mais elle ne s’annule jamais.
L’énergie du point zéro reflète donc la nécessité d’un mouvement minimum d’une
particule dû à la localisation. L’énergie du point zéro se produit dans tous les potentiels
d’états liés. Dans le cas des potentiels d’états liés, l’état d’énergie le plus bas a une énergie
qui est supérieure au minimum de l’énergie potentielle. Ceci contraste fortement avec
la mécanique classique, où l’énergie la plus faible possible est égale à la valeur minimale
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

de l’énergie potentielle, avec une énergie cinétique nulle. En mécanique quantique, ce-
pendant, l’état le plus bas ne minimise pas le potentiel seul, mais s’applique à la somme
des énergies cinétique et potentielle, ce qui conduit à un état fondamental fini ou à une
énergie du point zéro. Ce concept a des conséquences physiques de grande envergure
dans le domaine du monde microscopique. Par exemple, sans le mouvement du point
zéro, les atomes ne seraient pas stables, car les électrons tomberaient sur les noyaux. C’est
également l’énergie du point zéro qui empêche l’hélium de geler à très basse température.
L’exemple suivant montre que l’énergie du point zéro est également présente dans
les systèmes macroscopiques, mais elle est infiniment petite. Dans le cas des systèmes
microscopiques, cependant, il a une taille non négligeable.

Puits de potentiel symétrique


Que se passe-t-il si le potentiel (II.95) est translatée vers la gauche par la distance a/2
pour devenir symétrique ?


 −∞ si x < −a/2


V(x) = 0 si −a/2 ≥ x ≥ a/2 (II.107)



+∞ si x > a/2

Premièrement : on s’attendrait à ce que le spectre d’énergie (II.5) ne soit pas affecté par
cette translation, car l’hamiltonien est invariant sous les translations spatiales ; comme il
ne contient qu’une partie cinétique, il commute avec l’impulsion de la particule, [Ĥ , P̂] = 0.
Le spectre d’énergie est discret et non dégénéré.

55
Chapitre II. Problèmes à une dimension

Deuxièmement : comme nous l’avons déjà vu au début de ce chapitre, pour les poten-
tiels symétriques, V(−x) = V(x), la fonction d’onde des états liés doit être paire ou impaire.
La fonction d’onde correspondant au potentiel (II.109) peut s’écrire comme suit :
 r h nπ i
2
cos x (n = 1, 3, 5, 7, . . . )
r 

2 h nπ ³ a ´i 
ψn (x) = sin x+ = ra a (II.108)
a a 2  2 h nπ i
sin x (n = 2, 4, 6, 8, . . . )


a a

Alors les fonctions d’onde correspondant aux nombres quantiques n impairs, n = 1, 3, 5, 7, . . . ,


sont des fonctions symétriques, ψ(−x) = ψ(x), tandis que celles correspondant aux nombres
quantiques n pairs, n = 2, 4, 6, 8, . . . , sont des fonctions antisymétriques, ψ(−x) = −ψ(x).

II.6 Puits de potentiel carré fini


On considère une particule se déplaçant dans le potentiel symétrique suivant :
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA



 −V0 si x < −a/2


V(x) = 0 si −a/2 ≥ x ≥ a/2 (II.109)



+V0 si x > a/2

Les deux cas physiquement intéressants sont E > V0 et E < V0 (voir la figure II.7). on
s’attendrait à ce que les solutions produisent un spectre d’énergie continu et doublement
dégénéré pour E > V0 et un spectre discret non dégénéré pour 0 < E < V0 .

F IGURE II.7 – Le puits de potentiel carré fini et les directions de propagation des ondes
incidente, réfléchie et transmise lorsque E > V0 et 0 < E < V0 .

États de diffusion (E > V0 )


Traitement classique : si la particule arrivent sur le puis de potentiel venant de la
p
gauche avec une impulsion constante, p 1 = 2m(E − V0 ), elle va déceler lorsqu’elles pé-
p
nètrent dans la région −a/2 ̸= x ̸= a/2, jusqu’à ce que son impulsion devient p 2 = 2m(E).
Ensuite, dès qu’elle passera au-delà du point x = a, elle décéléra jusqu’à ce que son impul-
sion devient p1 et maintiendront cette valeur d’impulsion dans toute la région x > a. Étant

56
II.6. Puits de potentiel carré fini

donné que toutes les particules ont suffisamment d’énergie pour traverser le puis, aucune
d’elles ne sera réfléchie, on a donc T = 1 et R = 0.
Traitement quantique : comme nous l’avons fait pour les cas de la marche et de la
barrière de potentiel, nous pouvons vérifier que nous obtenons un coefficient de réflexion
fini. La solution est simple à obtenir ; suivez simplement les étapes des deux sections
précédentes. La fonction d’onde est oscillatoire dans les trois régions (voir la figure II.7).

États liés (0 < E < V0 )


Classiquement, la particule reste confinée dans le puits ; c’est-à-dire elle effectue des
p
aller-retours dans le puits, avec un impulsion constant p = ± 2mE.
Quantiquement, les solutions de l’équation de Schrödinger sont inintéressantes car on
s’attend à ce qu’elles donnent un spectre d’énergie continu et des fonctions d’onde qui est
une exponentielle décroissante dans les régions x < −a/2 et x > a/2 mais oscillatoire pour
−a/2 ≤ x ≤ a/2. Dans ces trois régions l’équation de Schrödinger peut s’écrit comme suit :

d2
µ ¶
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2
− k 1 ψ1 (x) = 0 (si x < −a/2) (II.110)
d x2
µ 2
d

2
+ k 2 ψ2 (x) = 0 (si −a/2 ≤ x ≤ a/2) (II.111)
d x2
µ 2
d

2
− k 1 ψ3 (x) = 0 (si x > a/2) (II.112)
d x2

avec
q p
k1 = 2m(V0 − E)/ħ2 , k2 = 2mE/ħ2 (II.113)

En éliminant les solutions physiquement non acceptables, qui croissent exponentiellement


pour les grandes valeurs de |x|, la solution de l’équation dans les régions x < −a/2 et
x > a/2 peut s’écrire comme suit :

ψ1 (x) = Ae k1 x (si x < −a/2) (II.114)

ψ3 (x) = De −k1 x (si x > a/2) (II.115)

Comme mentionné dans (II.4), étant donné que les états propres liés correspondent aux
hamiltoniens unidimensionnels symétriques sont paires ou impaires par rapport à l’inver-
sion de l’espace, les solutions des équations (II.110)-(II.112) sont alors soit antisymétriques
(impaires) : 


 Ae k1 x , x < −a/2

ψa (x) = C sin(k 2 x), −a/2 ≤ x ≤ a/2 (II.116)


De −k1 x ,

x > a/2

57
Chapitre II. Problèmes à une dimension

soit symétriques (paires) :





 Ae k1 x , x < −a/2

ψs (x) = B cos(k 2 x), −a/2 ≤ x ≤ a/2 (II.117)


De −k1 x ,

x > a/2

Pour déterminer les valeurs propres, on utilise la condition de continuité des fonctions
d’onde ψa (x) et ψs (x) et leurs dérivées aux points x = ±a/2 :

Ae −ak1 /2 = C sin(−ak 2 /2) , C sin(ak 2 /2) = De ak1 /2


Ae −ak1 /2 = C cos(−ak 2 /2) , C cos(ak 2 /2) = De ak1 /2
(II.118)
k 1 Ae −ak1 /2 = Ck 2 cos(−ak 2 /2) , Ck 2 cos(ak 2 /2) = −Dk 1 e ak1 /2
k 1 Ae −ak1 /2 = −Ck 2 sin(−ak 2 /2) , −Ck 2 sin(ak 2 /2) = −Dk 1 e ak1 /2

En divisant la troisième équation par la première on trouve :

k 1 Ae −ak1 /2 Ck 2 cos(−ak 2 /2)


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

= =⇒ k 1 = k 2 cot(−ak 2 /2) (II.119)


Ae −ak1 /2 C sin(−ak 2 /2)

et la division de la quatrième équation par la seconde donne :

k 1 Ae −ak1 /2 −Ck 2 sin(−ak 2 /2)


= =⇒ k 1 = −k 2 tan(−ak 2 /2) (II.120)
Ae −ak1 /2 C cos(−ak 2 /2)

Les équations transcendantes (II.119) et (II.120) ne peuvent pas être résolues directement ;
nous pouvons cependant les résoudre graphiquement ou numériquement. Pour résoudre
graphiquement ces équations, il suffit de substituer (II.113) dans (II.119) et (II.120) pour
réécrire celles-ci sous la forme suggestive suivante :
q
−αn cot αn = R2 − α2n (pour les états pairs) (II.121)
q
−αn tan αn = R2 − α2n (pour les états impairs) (II.122)
q q
avec αn = k 2 a/2 = ma 2 En /(2ħ2 ) et R = ma 2 V0 /(2ħ2 ). Les membres de gauche et de
droite des équations (II.121) et (II.122) sont respectivementq des fonctions trigonomé-
triques (−αn cot αn et −αn tan αn ) et un cercle de rayon R ( R2 − α2n ). Alors la solution est
q
l’intersection du cercle R2 − α2n avec les courbes d’équations −αn cot αn et −αn tan αn
(figure II.8). Les solutions forment un ensemble discret. Comme illustré sur la figure II.8,
l’intersection du petit cercle avec la courbe αn tan αn donne un seul état lié : n = 0, tandis
que l’intersection du grand cercle avec αn tan αn donne deux états liés : n = 0, 2, et son
intersection avec αn cot αn donne deux autres états liés : n = 1, 3.

58
II.6. Puits de potentiel carré fini

F IGURE II.8 – Solutions


q graphiques du puits de potentiel carré fini : elles sont données par
les intersections de R2 − α2n avec −αn cot αn et −αn tan αn , où
q q
αn = k 2 a/2 = ma 2 En /(2ħ2 ) et R = ma 2 V0 /(2ħ2 ).
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Le nombre de solutionsqdépend de R, qui à son tour dépend de la profondeur du puis


V0 et sa largeur a ; car R = ma 2 V0 /(2ħ2 ). Il y a autant plus de solutions que le puits est
plus profond et plus large (ou la valeur de R est plus grande). Notons qu’il existe toujours
au moins un état lié (c’est-à-dire une intersection), quelle que soit la valeur de V0 . Lorsque

π ³ π ´2 2ħ2
0<R< ou 0 < V0 < (II.123)
2 2 ma 2

il n’y a qu’un seul état lié correspondant à n = 0 (voir la figure II.8) ; c’est l’état fondamental
et il est pair. Ensuite, lorsque

π ³ π ´2 2ħ2
2 2ħ
2
<R<π ou < V0 < π (II.124)
2 2 ma 2 ma 2

il n’y deux états liés : un état pair (l’état fondamental) correspondant à n = 0 et le premier
état impair correspond à n = 1. Si maintenant
µ ¶2
3π 22ħ2 3π 2ħ2
π<R< ou π < V0 < (II.125)
2 ma 2 2 ma 2

il existe trois états liés : l’état fondamental (état pair) correspondant à n = 0, le premier état
excité (état impair) correspond à n = 1 et le second état excité (état pair) correspondant à
n = 2. En général, la largeur du puits pour laquelle il y a n états permis est

nπ ³ π ´2 2ħ2
R= ou V0 = n2 (II.126)
2 2 ma 2

Le spectre se compose donc d’un ensemble d’états alternativement pairs et impairs : l’état
le plus bas, l’état fondamental, est pair, l’état suivant (premier état excité) est impair, et

59
Chapitre II. Problèmes à une dimension

ainsi de suite.

Dans la limite V0 → ∞, le rayon R du cercle devient infini et le cercle intersecte alors


avec les courbes d’équations −αn cot αn et −αn tan αn au point asymptote αn = nπ/2. En
effet lorsque V0 → ∞ on a

2n + 1
tan αn → ∞ =⇒ αn = π (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.127)
2
cot αn → ∞ =⇒ αn = nπ (n = 1, 2, 3, . . . ) (II.128)

En combinant les deux équations précédentes on obtient


αn = (n = 1, 2, 3, . . . ) (II.129)
2
q
Comme αn = ma 2 En /(2ħ2 ), on voit qu’on retrouve l’expression (II.5) du puis infini

mħ2 a 2 En ³ nπ ´2 π2 ħ2 2
(αn )2 = = −→ En = n (II.130)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2 2 2ma 2

II.7 Oscillateur harmonique


L’oscillateur harmonique est l’un des rares problèmes qui sont importants pour toutes
les branches de la physique. Il fournit un modèle utile pour une variété de phénomènes
vibrationnels rencontrés, par exemple, en mécanique classique, électrodynamique, méca-
nique statistique, physique du solide, physique atomique, physique nucléaire et physique
des particules. En mécanique quantique, il sert d’outil précieux pour illustrer les concepts
de base et le formalisme de cette théorie.
L’hamiltonien d’une particule de masse m qui oscille avec une pulsation (fréquence
angulaire) ω sous l’influence d’un potentiel harmonique unidimensionnel est

P̂ 2 1
Ĥ = + mω2 X̂ 2 (II.131)
2m 2

Le problème est de savoir comment trouver les valeurs et états propres de l’énergie de
cet hamiltonien. Ce problème peut être étudié au moyen de deux méthodes distinctes.
La première méthode, appelée la méthode analytique, consiste à résoudre l’équation de
Schrödinger indépendante du temps pour l’hamiltonien (II.131). La deuxième méthode,
appelée la méthode algébrique, ne traite pas la résolution de l’équation de Schrödinger,
mais plutôt une algèbre des opérateurs impliquant des opérateurs appelés les opérateurs
de création et d’annihilation ou les opérateurs d’échelle ; cette méthode est essentielle-
ment une formulation matricielle, car elle exprime les différentes quantités en termes de
matrices. Dans notre présentation, nous allons adopter la deuxième méthode, car elle est
plus simple que la solution de l’équation de Schrödinger. Contrairement aux exemples vus
1
jusqu’à présent, la résolution de l’équation de Schrödinger pour le potentiel V(x) = mωx 2
2
60
II.7. Oscillateur harmonique

n’est pas une tâche facile. Avant d’aborder la deuxième méthode, on donne les étapes prin-
cipales de la première méthode.

Bref aperçu de la méthode analytique

Cette approche consiste à utiliser la méthode des séries de puissances pour résoudre
l’équation différentielle (de Schrödinger) suivante :

ħ2 d 2 ψ(x) 1
− + mωx 2 ψ(x) = Eψ(x) (II.132)
2m d x 2 2

qui peut se réduire à


à !
d 2 ψ(x) 2mE x 2
+ + 4 ψ(x) = ψ(x) (II.133)
d x2 ħ2 x0
p
où x 04 = ħ/mω est une constante qui a la dimension d’une longueur ; il définit, comme
on le verra plus loin, l’échelle de la longueur de l’oscillateur.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Les résolutions d’équations différentielles comme (II.133) ont été établis par les ma-
thématiciens bien avant le développement de la mécanique quantique (les solutions
s’expriment en termes de fonctions spéciales, dites les polynômes d’Hermite). Comme
(II.133) contient le terme x 2 ψ(x) que nous cherchions une solution de type gaussien :
ψ(x) = f (x) exp(−x 2 /2x 02 ) où f (x) est fonction de x. En insérant cette fonction d’essai dans
(II.133), nous obtenons une équation différentielle pour f (x). Cette nouvelle équation
différentielle peut être résolue en développant f (x) en série de puissances de x (c’est-à-dire

a n x n , où a n sont des coefficients), qui, lorsqu’elle est insérée dans l’équation
X
f (x) =
n=0
différentielle, conduit à une relation de récurrence. En exigeant que la série de puissances
de x se termine à une valeur finie de n (parce que la fonction d’onde ψ(x) doit être finie
partout, notamment lorsque x → ∞), la relation par récurrence donne les valeurs propres
d’énergie suivantes :
µ ¶
1
En = n + ħω (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.134)
2

on remarque que les valeurs propres précédentes, En , sont discrètes (ou quantifiées).
Après quelques calculs, nous pouvons montrer que les fonctions d’onde physiquement
acceptables et vérifiant l’équation (II.133) sont données par :

x
µ ¶
1 −x 2 /2x 02
ψn (x) = pp e Hn (II.135)
π2n n!x 0 x0

où Hn (y) sont des polynômes d’ordre n appelés les polynômes d’Hermite ;


n
2 d 2
Hn y = (−1)n e y e −y
¡ ¢
n
(II.136)
dy

61
Chapitre II. Problèmes à une dimension

il en découle que les premiers polynômes sont :

H0 (y) = 1, H1 (y) = 2y
2
H2 (y) = 4y − 2, H3 (y) = 8y 3 − 12y (II.137)
4 2 5 3
H4 (y) = 16y − 48y + 12, H5 (y) = 32y − 160y + 120y

Nous allons donner les interprétations physiques des résultats de l’oscillateur harmonique
lorsque nous étudierons la deuxième méthode.

Méthode algébrique

Montrons maintenant comment résoudre l’équation aux valeurs propres de l’oscillateur


harmonique en utilisant la méthode algébrique. Pour ce faire, on doit réécrire l’hamiltonien
p
(II.131) en termes des deux opérateurs hermitiques sans dimension, P = P̂/ mħω et
p
X = X̂ mω/ħ :

ħω 2
Ĥ = (X + P 2 ) (II.138)
2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

puis introduire deux opérateurs sans dimension mais non hermitiques :

1 1
â = p (X + i P) , â † = p (X − i P) (II.139)
2 2

La signification physique des opérateurs â et â † sera donnée plus loin. Notons que

1 1
â † â = (X − i P)(X + i P) = [X 2 + P 2 + i (XP − PX)]
2 2
1 2 2 i
= (X + P ) + [X , P] (II.140)
2 2

En utilisant [X̂ , P̂] = i ħ, nous pouvons vérifier que le commutateur de X avec P est
p
mω/ħ 1
[X , P] = p [X̂ , P̂] = (i ħ) = i (II.141)
mħω ħ

Alors l’équation (II.140) devient

1 1
â † â = (X 2 + P 2 ) − (II.142)
2 2

Ce qui donne

1 2 1
(X + P 2 ) = â † â + (II.143)
2 2

62
II.7. Oscillateur harmonique

En substituant l’équation précédente dans (II.138) on trouve,

µ ¶ µ ¶
1
† 1
Ĥ = ħω â â + = ħω N̂ + avec N̂ = â † â (II.144)
2 2

où l’opérateur N̂ est hermitique 4 et connu sous le nom d’opérateur nombre de particules.


Calculons maintenant le commutateur suivant
h i 1 i i i i
â , â † = [X + i P , X − i P] = − [X , P] + [P , X] = − (i ) + (−i ) = 1 (II.145)
2 2 2 2 2

où on a utilisé la relation (II.141) et [X , X] = [P , P] = 0. Donc on a

h i
â , â † = 1 (II.146)

Valeurs propres de l’énergie


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

Notons que l’opérateur Ĥ, qui est donné par l’équation (II.144), commute avec N̂, car il
est linéaire en N̂. Alors, Ĥ et N̂ possèdent un ensemble d’états propres communs, qu’on les
note par |n〉,

N̂|n〉 = n|n〉 (II.147)


Ĥ|n〉 = En |n〉 (II.148)

les états |n〉 sont appelés les états propres d’énergie. En combinant les équations (II.144) et
(II.148), nous obtenons les valeurs propres d’énergie :
¶µ µ ¶
1 1 !
Ĥ|n〉 = ħω N̂ + |n〉 = ħω n + |n〉 = En |n〉
2 2
µ ¶
1
=⇒ En = ħω n + (II.149)
2

Nous allons montrer plus loin que n est un entier positif ; il ne peut pas prendre de valeurs
négatives.
Nous pouvons maintenant donner la signification physique des opérateurs â, â † et
N̂. Premièrement, nous avons besoin des deux commutateurs suivants (ils découlent de
(II.144) et (II.146)) :
· µ ¶¸
† 1 h i
= ħω â , â † â = ħωâ
£ ¤
â , Ĥ = ħω â , â â + (II.150)
2
· µ ¶¸
h

i
† † 1 h i
â , Ĥ = ħω â , â â + = ħωâ † â † , â = −ħωâ †
2
4. Car N̂† = (â † â)† = â † â = N̂

63
Chapitre II. Problèmes à une dimension

En utilisant les équations (II.148) et (II.150) on obtient


¡ £ ¤¢
Ĥ (â|n〉) = â Ĥ − â , Ĥ |n〉 = (En − ħω) (â|n〉) (II.151)
³ ´ ³ h i´ ³ ´
Ĥ â † |n〉 = â † Ĥ − â † , Ĥ |n〉 = (En + ħω) â † |n〉 (II.152)

Alors â|n〉 et â † |n〉 sont états propres de Ĥ associées aux valeurs propres En −ħω et En +ħω,
respectivement. Donc l’action de l’opérateur â (resp. â † ) sur |n〉 consiste en une diminution
(resp. augmentation) de l’énergie En par un quantum d’énergie ħω. Par conséquent, â
et â † sont dites opérateurs d’échelle, ils sont connus aussi sous les noms d’opérateur
d’annihilation et d’opérateur de création, respectivement.
Cherchons maintenant comment les opérateurs â et â † agissent sur les kets |n〉. Comme
â et â † ne commutent pas avec l’opérateur N̂, les kets |n〉 ne sont ni vecteurs propres de â
ni de â † . En utilisant la relation (II.146) on a

h i
N̂ , â † = â †
£ ¤
N̂ , â = −â , (II.153)
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En effet :
¤ h i h i
N̂ , â = â † â , â = â † [â , â] + â † , â â
£

= 0 − â = −â (II.154)
h i h i h i h i
N̂ , â † = â † â , â † = â † â , â † + â † , â † â

= â † + 0 = â † (II.155)

Alors on a
h i
N̂ = â N̂ − â , N̂ = â † (N̂ + 1)
† † †
£ ¤
N̂â = â N̂ − â , N̂ = â(N̂ − 1) , (II.156)

Donc les relations (II.147) et (II.156) impliquent que


¡ ¢
N̂ (â|n〉) = â(N̂ − 1) |n〉 = (â(n − 1)) |n〉 = (n − 1) (â|n〉) , (II.157)
³ ´ ³ ´ ³ ´ ³ ´
N̂ â † |n〉 = â † (N̂ + 1) |n〉 = â † (n + 1) |n〉 = (n + 1) â † |n〉 , (II.158)

ce qui démontre que â|n〉 et â † |n〉 sont vecteurs propres de N̂, avec les valeurs propres
n − 1 et n + 1, respectivement. Ceci implique que l’application des opérateurs â et â † sur
|n〉, respectivement, diminue et augmente n d’une unité. Alors l’action des opérateurs
â et â † sur |n〉 génère les nouveaux états |n − 1〉 et |n + 1〉, respectivement. Il découle de
l’équation (II.158) que :

â|n〉 = c n |n − 1〉 ⇒ 〈n|â † = (â|n〉)† = c n⋆ 〈n − 1| (II.159)

64
II.7. Oscillateur harmonique

où c n est une constante qu’on peut déterminer en exigeant la normalisation des états |n〉
pour toutes les valeurs de n. En utilisant les équations (II.147) et (II.159) on a :

(II.147)
〈n|â † â|n〉 = 〈n|N̂|n〉 = n 〈n|n〉 = n (II.160)
(II.159)
〈n|â † â|n〉 = |c n |2 〈n − 1|n − 1〉 = |c n |2 (II.161)

Ce qui implique que

|â|n〉|2 = n = |c n |2 ≥ 0 (II.162)

Comme la norme est définie positive, n est toujours positif ou nul. En substituant (II.162)
dans 5 (II.159) :
p
â|n〉 = n |n − 1〉. (II.163)

Alors l’application répétée de â sur |n〉 donne une série de vecteurs propres de N̂ : |n − 1〉,
|n − 2〉, |n − 3〉, . . .correspondant aux valeurs propres n − 1, n − 2, n − 3, . . ., respectivement.
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Puisque n ≥ 0 et â|0〉 = 0, cette série doit être terminée à n = 0 ; cela est vrai seulement
si nous commençons par une valeur entière de n. En effet, si nous appliquions m fois
l’opérateur â sur un état |n〉, puisque m est un entier vérifiant l’inégalité n − 1 ≤ m ≤ n,
on a n−n + 1 ≥ n−m ≥ n−n ; c’est-à-dire 0 ≤ n − m ≤ 1, alors l’application de â sur l’état
obtenue 6 donne le vecteur |n − m − 1〉 dont la valeur propre (n − m − 1) est négative car
−1 ≤ n − m − 1 ≤ 0 et ceci est en contradiction avec (II.162).
Nous allons maintenant répéter le raisonnement au-dessus mais pour â † . D’après
l’équation (II.158) on peut écrire
´†

³
â † |n〉 = c n′ |n + 1〉 ⇒ 〈n|â = â † |n〉 = c n′ 〈n + 1| (II.164)

En utilisant les équations (II.147) et (II.159) on a :


h i
(II.146)&(II.147)
〈n|â â † |n〉 = 〈n|â † â − â † , â |n〉 = 〈n|N̂ + 1|n〉

= (n + 1) 〈n|n〉 = n + 1 (II.165)
(II.164)
〈n|â â † |n〉 = |c n′ |2 〈n + 1|n + 1〉 = |c n′ |2 (II.166)

On voit donc que

|â † |n〉|2 = n + 1 = |c n′ |2 > 0 (II.167)


q p
5. On choisit Cn d’être réelle : c n = c n⋆ et donc c n = c n2 = n.
6. Comme n − m ≥ 0 et la série doit se terminer à n = 0, on doit continuer l’application de â.

65
Chapitre II. Problèmes à une dimension

Comme n est positif ou nul, la norme de â † |n〉 est toujours strictement positive (ne s’annule
jamais). En substituant (II.162) dans(II.164) :
p
â † |n〉 = n + 1 |n + 1〉. (II.168)

Donc l’application répétée de â † sur |n〉 donne une série de vecteurs propres de N̂ : |n + 1〉,
|n + 2〉, |n + 3〉, . . .correspondant aux valeurs propres n + 1, n + 2, n + 3, . . ., respectivement.
Puisque n est un nombre entier positif, le spectre d’energie d’un oscillateur harmonique
(II.149) est discret :
µ ¶
1
En = n + ħω (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.169)
2

Cette expression est similaire à celle obtenue à partir de la première méthode (voir l’équa-
tion (II.134)). Le spectre d’énergie de l’oscillateur harmonique est constitué de niveaux
d’énergie également espacés : En+1 −En = ħω. Il s’agit de la célèbre idée de "quanta" d’éner-
gie de Planck ; l’énergie du rayonnement émis par les charges oscillantes (provenant des
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parois intérieures de la cavité) ne doit provenir que de "quanta" qui sont des multiples
entiers de ħν, qui a conduit, comme mentionné au chapitre 1 de [MQ1], à la naissance de
la mécanique quantique.
Comme prévu, pour les états liés des potentiels unidimensionnels, le spectre d’énergie
(II.169) est à la fois discret et non dégénéré. Encore une fois, comme dans le cas du puits
de potentiel carré infini, nous avons le phénomène de l’énergie du point zéro : le vecteur
|0〉 est associé à la plus petite valeur de N̂ (c’est-à-dire n mi n = 0), donc également de
l’énergie, Emi n = ħω/2. |0〉 est appelé l’état fondamental 7 de Ĥ et ħω/2 est dite l’énergie
du point zéro. L’énergie du point zéro des systèmes à états liés ne peut pas être nulle, sinon
elles violeraient les relations d’incertitudes. Par exemple, pour l’oscillateur harmonique
l’énergie minimale classique correspond à x = 0 et p = 0 ; c’est-à-dire il n’y aurait pas
d’oscillations dans ce cas. Cela implique que nous connaissions avec certitude à la fois
(simultanément) la position et l’impulsion du système. Ceci est en contradiction avec la
relation d’incertitude ∆x∆p x ≥ ħ/2.

États propres de l’énergie


En utilisant l’équation (II.168), on peut exprimer les différent états propres |n〉 en terme
de l’état fondamental |0〉 comme suit :

|1〉 = â † |0〉 (II.170)


1 1 ³ ´2
|2〉 = p â † |1〉 = p â † |0〉 (II.171)
2 2
1 † 1 ³ † ´3
|3〉 = p â |2〉 = p â |0〉 (II.172)
3 3!
7. Les autres états (i.e. |n〉 avec n ̸= 0) sont appelés les états excités.

66
II.7. Oscillateur harmonique

..
.
1 1 ³ † ´n
|n〉 = p â † |n − 1〉 = p â |0〉 (II.173)
n n!

Pour obtenir un état excité quelconque |n〉 on doit appliquer successivement n fois l’opé-
rateur â † sur l’état fondamental |0〉.
Notons que puisque Ĥ est hermitique et aucune de ses valeurs propres n’est dégénérée,
les vecteurs propres correspondant à deux valeurs propres différentes sont orthogonaux :

〈n ′ |n〉 = δn ′ ,n (II.174)

Ainsi les états propres |0〉, |1〉, |2〉, |3〉, . . ., |n〉 sont des vecteurs propres communs à Ĥ et N̂ ;
l’ensemble de vecteurs {|n〉} constitue une base orthonormée complète :

+∞
〈n ′ |n〉 = δn ′ ,n
X
, |n〉〈n| = 1 (II.175)
n=0
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États propres dans l’espace des positions


Commençons par exprimer l’état fondamental |0〉 dans la représentation position. Les
autres états excités sont obtenues en agissant successivement â † sur |0〉.
p p
Les expressions des l’opérateur P = P̂/ mħωet X = X̂ mω/ħ dans la représentation
position sont

p 1
X = X̂ mω/ħ = X̂ (II.176)
x0
P̂ −i ħ d d
P= p =p = −i x 0 (II.177)
mħω mħω d x dx
p
avec x 0 = ħ/(mω) est une constante de dimension d’une longueur. Alors Les expressions
des opérateurs â et â † , (II.139), sont données par :

2 d
µ ¶
1 1
â = p (X + i P) = p X̂ + x 0 (II.178)
2 2 x0 dx
2 d
µ ¶
† 1 1
â = p (X − i P) = p X̂ − x 0 (II.179)
2 2 x0 dx

En utilisant (II.178) et le fait que â|0〉 = 0 on a

d 2 d
µ ¶ µ ¶
1 1
〈x|â|0〉 = p 〈x| X̂ + x 02
|0〉 = p x + x0 〈x|0〉
2 x0 dx 2 x0 dx
2 d ψ0 (x) !
µ ¶
1
=p xψ0 (x) + x 0 =0 (II.180)
2 x0 dx

67
Chapitre II. Problèmes à une dimension

où ψ0 (x) ≡ 〈x|0〉 est la fonction d’onde de l’état fondamental dans la représentation posi-
tion. L’égalité (II.180) donne l’équation différentielle suivante

d ψ0 (x) x d ψ0 (x) 1
=− ψ0 (x) ou =− xd x (II.181)
dx x 02 ψ0 (x) x 02

dont la solution est


à !
1 2 x2
ln[ψ0 (x)] = − x + cste ⇒ ψ0 (x) = A exp − (II.182)
2x 02 2x 02

avec A est une constante de normalisation ; on peut la déterminer à l’aide de la condition


de normalisation de ψ0 (x) :
¯ Ã !¯2
+∞ +∞ x 2 ¯¯
Z Z ¯
¯2
d x ¯ψ0 (x)¯ =
¯
1= d x ¯A exp − 2 ¯
¯
−∞ −∞ ¯ 2x ¯ 0
à !
+∞ 2 p
x
Z
= |A|2 d x exp − = |A|2 x 02 π (II.183)
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−∞ x 02

+∞ π
r
p
Z q
où on a utilisé l’intégrale gaussienne d x exp[−αx] = . D’où on a A = 1/ x 0 π.
−∞ α
Donc la fonction d’onde normalisée est
à !
1 x2
ψ0 (x) = p p exp − 2 (II.184)
x0 π 2x 0

Il s’agit d’une fonction gaussienne.


On peut obtenir les fonctions d’onde des les états excités en appliquant successivement
l’opérateur â † sur l’état fondamental. Par exemple, le premier état excité est obtenu en
appliquant une seule fois l’opérateurâ † de (II.179) sur l’état fondamental :

d
µ ¶
† 1
〈x|1〉 = 〈x|â |0〉 = p x − x 02 〈x|0〉
2 x0 dx
2 d
µ ¶
1
=p x − x0 ψ0 (x)
2 x0 dx
p
1 2
=p (2x) ψ0 (x) = x ψ0 (x) (II.185)
2 x0 x0

c’est-à-dire
p s à !
2 2 x2
ψ1 (x) ≡ 〈x|1〉 = x ψ0 (x) = p x exp − 2 (II.186)
x0 x 03 π 2x 0

car d ψ0 (x)/d x = −xψ0 (x)/x 02 .

68
II.7. Oscillateur harmonique

Les fonctions d’ondes de deuxième et troisième états excités s’obtiennent en appliquant


successivement l’opérateur â † deux et trois fois, respectivement, sur l’état fondamental :
¶2 µ ¶2
2 d
µ
1 ³ † ´2 1 1
〈x|2〉 = 〈x| p â |0〉 = p p x − x0 ψ0 (x) (II.187)
2! 2! 2 x0 dx
¶3 µ ¶3
2 d
µ
1 ³ † ´3 1 1
〈x|3〉 = 〈x| p â |0〉 = p p x − x0 ψ0 (x) (II.188)
3! 3! 2 x0 dx

Alors on a besoin des expressions suivantes :


¶2
d d d
µ µ ¶µ ¶
x − x 02 ψ0 (x) = x − x 02 x − x 02
ψ0 (x)
dx dx dx
d ψ0 (x) d ¡ d 2 ψ0 (x)
= x 2 ψ0 (x) − xx 02 − x 02 xψ0 (x) + x 04
¢

à dx !d x à d x 2!
2
x x
= x 2 ψ0 (x) − xx 02 − 2 ψ0 (x) − x 02 ψ0 (x) − 2 ψ0 (x)
x0 x0
à !
1 x2
+ x 04 − 2 ψ0 (x) + 4 ψ0 (x)
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x0 x0
= 4x 2 ψ0 (x) − 2x 02 ψ0 (x)
¶3
2 d 2 d 2 d 2 d
µ µ ¶µ ¶µ ¶
x − x0 ψ0 (x) = x − x 0 x − x0 x − x0 ψ0 (x)
dx dx dx dx
2 d ψ0 (x) d2 ¡ d 3 ψ0 (x)
µ ¶
3 2
= x ψ0 (x) − 3x x 0 + 3x 04 2 xψ0 (x) − x 06
¢
dx dx d x3
à ! à !
3
x 3x x
= x 3 ψ0 (x) − 3x 2 x 02 − 2 ψ0 (x) + 3x 04 − 2 ψ0 (x) + 4 ψ0 (x)
x0 x0 x0
à !
6 3x x3
− x 0 4 ψ0 (x) − 6 ψ0 (x)
x0 x0
= x 3 ψ0 (x) + 3x 3 ψ0 (x) − 9xx 02 ψ0 (x) + 3x 3 ψ0 (x)
− 3xx 02 ψ0 (x) + x 3 ψ0 (x)
= 8x 3 ψ0 (x) − 12xx 02 ψ0 (x) (II.189)

où on a utilisé

d x
µ ¶
ψ0 (x) = − 2 ψ0 (x)
dx x0
¶2
d x2
µ
1
ψ0 (x) = − 2 ψ0 (x) + 4 ψ0 (x)
dx x0 x0
¶3 Ã ! Ã !
d x x x2 x
µ
1
ψ0 (x) = − 2 − 2 ψ0 (x) + +2 4 ψ0 (x) + 4 − 2 ψ0 (x)
dx x0 x0 x0 x0 x0
3x x3
= ψ (x) −
4 0
ψ0 (x)
x0 x 06

69
Chapitre II. Problèmes à une dimension

d ¡ x2
xψ0 (x) = ψ0 (x) − 2 ψ0 (x)
¢
dx x0
à !
d2 ¡ d x2 x 2x x2 x
ψ ψ ψ ψ ψ0 (x)
¢
xψ 0 (x) = 0 (x) − 0 (x) = − 0 (x) − 0 (x) +
d x2 dx x 02 x 02 x 02 x 02 x 02
3x x3
=− ψ (x) +
2 0
ψ0 (x)
x0 x 04

D’où les équations (II.187) et (II.188) deviennent :


¶2 Ã !
2
x
µ
1 1 ¡ 2 1
4x − 2x 02 p p exp − 2
¢
〈x|2〉 = p p
2! 2 x0 x0 π 2x 0
à ! à !
1 2x 2 x2
=p p 2
− 1 exp − (II.190)
2 πx 0 x 0 2x 02
¶3 Ã !
2
x
µ
1 1 ¡ 3 1
8x − 12xx 02 p p exp − 2
¢
〈x|3〉 = p p
3! 2 x0 x0 π 2x 0
à ! à !
1 2x 3 3x x2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

=p p 3
− exp − 2 (II.191)
3 πx 0 x 0 x0 2x 0

Alors
à ! à !
1 2x 2 x2
ψ2 (x) = p p 2
− 1 exp − 2 (II.192)
2 πx 0 x 0 2x
à ! à 0 !
1 2x 3 3x x2
ψ3 (x) = p p 3
− exp − (II.193)
3 πx 0 x 0 x0 2x 02

De même, en utilisant (II.173), (II.179) et (II.184), nous pouvons facilement déduire l’état
propre de l’énergie du nième état excité :
¶n µ ¶n
2 d
µ
1 ³ † ´n 1 1
〈x|n〉 = 〈x| p â |0〉 = p p x − x0 ψ0 (x) (II.194)
n! n! 2 x0 dx

qu’on peut le réécrire comme suit :

¶n à !
d x2
µ
1 1
ψn (x) = pp n+1
x − x 02 exp − (II.195)
π 2n n! x0 dx 2x 02

Fonctions d’onde de l’oscillateur harmonique et polynômes d’Hermite

A ce niveau, nous pouvons montrer que la fonction d’onde (II.195) dérivée de la mé-
thode algébrique est similaire à celle obtenue avec la première méthode (II.135). Pour voir
cela, nous devons simplement utiliser l’identité suivante :

1 d 1 d
µ ¶
−αx 2 2
e x− e αx = − (II.196)
2α d x 2α d x

70
II.7. Oscillateur harmonique

avec α est une constante. En effet, on considère une fonction d’essai F(x), on a

αx 2
à !
1 d 2 de
µ ¶
2 2 1
e −αx x− e αx F(x) = xF(x) − e −αx F(x)
2α d x 2α dx
1 −αx 2 d F(x) αx 2
µ ¶
− e e
2α dx
1 d F(x)
µ ¶
= xF(x) − xF(x) −
2α d x
1 d
=− F(x)
2α d x

Alors en posant α = 1/2x 02 nous avons :

d d
µ ¶
−x 2 /2x 02 2 2
e x − x 02 e x /2x0 = −x 02 (II.197)
dx dx

L’application n fois de l’opérateur précédent donne :


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

d 2 d 2 d
µ ¶ µ ¶ µ ¶
−x 2 /2x 02 x 2 /2x 02 −x 2 /2x 02 x 2 /2x 02 −x 2 /2x 02 2 2
e x − x 02
e e x − x0 e ··· e x − x0 e x /2x0
dx dx dx
d d d
µ ¶µ ¶ µ ¶
= −x 02 −x 02 · · · −x 02
dx dx dx
¶n
d dn
µ
2 2 2 2
⇒e −x /2x0 x − x 02 e x /2x0 = (−1)n (x 02 )n n (II.198)
dx dx

En multipliant l’équation précédente à droite par exp −x 2 /x 02 et à gauche par exp x 2 /2x 02
¡ ¢ ¡ ¢

on obtient
¶n
d d n −x 2 /x 2
µ
2
/2x 02 2
/2x 02
x − x 02 e −x = (−1)n (x 02 )n e x e 0 (II.199)
dx d xn

On peut réécrire le membre de droite de l’équation précédente comme suit :

d n −x 2 /x 2 dn
· ¸
2
/2x 02 2 2 2 2
−x 2 /x 02
(−1)n (x 02 )n e x e 0 = (x )n e −x /2x 0 (−1)n (x )n e x /x 0 (x )−n
0 0 0 e
d xn d (x/x 0 )n
n
2 d
· ¸
2 2 2
= (x 0 )n e −x /2x0 (−1)n e y n
e −y
dy
2
/2x 02
= (x 0 )n e −x Hn (y) (II.200)

avec y = x/x 0 et Hn (y) sont les polynômes d’Hermite (II.136)

2 d n −y 2
Hn (y) = (−1)n e y e . (II.201)
d yn

Notons que puisque

2 dn 2
Hn (−y) = (−1)n e y n
e −y = (−1)n Hn (y), (II.202)
d (−y)

71
Chapitre II. Problèmes à une dimension

les polynômes H2n (y) et H2n+1 (y) sont respectivement pairs et impairs.
En substituant (II.200) dans (II.199) on trouve
¶n
d x
µ µ ¶
−x 2 /2x 02 n −x 2 /2x 02
x − x 02 e = (x 0 ) e Hn (II.203)
dx x0

En reportant l’équation précédente dans (II.195) on a

x
µ ¶
1 −x 2 /2x 02
ψn (x) = pp e Hn (II.204)
π2n n!x 0 x0

Remarque

Cette fonction d’onde est paire (resp. impaire) si n l’est aussi. En fait, les fonctions
ψ2n (x) sont paires (c’est-à-dire ψ2n (−x) = ψ2n (x)) et ψ2n+1 (x) sont impaires (c’est-à-dire
ψ2n+1 (−x) = −ψ2n+1 (x)) puisque, comme le montre l’équation (II.137), les polynômes
d’Hermite H2n (x) et H2n+1 (x) sont respectivement pairs et impairs. C’est attendu parce
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que, comme mentionné dans la section II.1, les fonctions d’onde des potentiels pairs
unidimensionnels ont une parité définie. La figure II.9 montre les formes des premières
fonctions d’onde.

F IGURE II.9 – Formes des trois premières fonctions d’onde de l’oscillateur harmonique

Représentations matricielles des différents opérateurs

¶ µ
′ ′ 1
〈n |N̂|n〉 = n δn ′ ,n , 〈n |Ĥ|n〉 = ħω n + δn ′ ,n (II.205)
2

c’est-à-dire
   
0 0 0 ··· 1 0 0 ···
0 1 0 · · ·  0 3 0 · · ·
   
′ ħω 
N̂ = 
  , Ĥ = 〈n |Ĥ|n〉 =   (II.206)
0 0 2 · · ·  0 0 5s
2  · · ·


.. .. .. . . .. .. .. ..
. . . . . . . .

72
II.7. Oscillateur harmonique

Comme aucun des opérateurs â, â † , X̂ et P̂ ne commute avec N̂, aucun d’eux n’est
simultanément diagonalisable avec N̂. Les éléments des matrices représentant â et â †
peuvent être obtenus à l’aide des équations (II.163) et (II.168) ;
p p
〈n ′ |â|n〉 = n δn ′ ,n−1 , 〈n ′ |â † |n〉 = n + 1 δn ′ ,n+1 (II.207)

c’est-à-dire
 p   
0 1 0 0 ··· 0 0 0 0 ···
 p  p 
0 0 2 0 · · ·  1 0 0 0 · · ·
 p   p 
â = 0 0 0 3 · · · , â † =  0 2 0 0 · · · (II.208)
 


  p 

0 0 0 0 · · ·  0 0 3 0 · · ·
.. .. .. .. .. .. .. .. . .
   
..
. . . . . . . . . .

Cherchons maintenant la représentation N 8 des opérateurs X̂ et P̂. A partir de (II.139)


on a :
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s
1 ³ ´ ħ ³ ´
X = p â + â † ⇒ X̂ = â + â †
2 2mω
s
1 ³ ´ mħω ³ † ´
P = p â − â † ⇒ P̂ = i â − â (II.209)
i 2 2

leurs éléments des matrices sont donnés par


s
ħ ³p p ´
〈n ′ |X̂|n〉 = nδn ′ ,n−1 + n + 1δn ′ ,n+1 (II.210)
2mω
s
mħω ³ p p ´
〈n ′ |P̂|n〉 = i − nδn ′ ,n−1 + n + 1δn ′ ,n+1 (II.211)
2

c’est-à-dire
 p 
0 1 0 0 ···
p p 
s  1 0 2 0 · · ·
ħ  0 p p 
X̂ = 2 0 3 · · · (II.212)

2mω  p 

 0 0 3 0 · · ·
.. .. .. ..
 
..
. . . . .
 p 
0 − 1 0 0 ···
p p 
s  1 0 − 2 0 · · ·
mħω 
 0 p p 
P̂ = i 2 0 − 3 · · · (II.213)
2 
 p 

 0 0 3 0 · · ·
.. .. .. ..
 
..
. . . . .

8. C’est-à-dire la représentation discrète {|n〉} des états propres de N̂.

73
Chapitre II. Problèmes à une dimension

A partir des expressions (II.212) et (II.213) on voit que : X̂ † = X̂ = X̂ ⋆ et P̂ † = P̂ = −P̂ ⋆ .


Notons finalement que les états propres sont représentées par des matrices colonnes :
       
1 0 0 0
       
0  1  0 0
       
|0〉 = 0 , |1〉 = 0 , |2〉 = 1 , |3〉 = 0 , . . . (II.214)
       
       
0  0  0 1
.. .. .. ..
       
. . . .

L’ensemble des états propres {|n〉} constitue effectivement une base orthonormée com-
plète.

Valeurs moyennes des différents opérateurs


2 2
Nous allons maintenant calculer les valeurs moyennes
h i de X̂ et P̂ dans la représenta-
tion N. En utilisant le fait que â â † + â † â = 2â † â − â † , â = 2â † â + 1 et (II.209) on a :
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ħ ³ 2 ´ ħ ³ 2 ´
X̂ 2 = â + (â † )2 + â † â + â † â = â + (â † )2 + 2â † â + 1 (II.215)
2mω 2mω
2 mħω ³
2 † 2 † †
´ mħω ³ 2 † 2 †
´
P̂ = − â + (â ) − â â − â â = − â + (â ) − 2â â − 1 (II.216)
2 2

Donc on a besoin des expressions suivantes :

〈n|(â † )2 |n〉 ∼ 〈n|â † |n + 1〉 ∼ 〈n|n + 2〉 = 0 (II.217)


2
〈n|â |n〉 ∼ 〈n|â|n − 1〉 ∼ 〈n|n − 2〉 = 0 (II.218)

〈n|â â|n〉 = 〈n|N̂|n〉 = n〈n|n〉 = n (II.219)

d’où nous avons

ħ ³ ´ ħ
〈n|X̂ 2 |n〉 == 〈n| â 2 + (â † )2 + 2â † â + 1 |n〉 = (2n + 1) (II.220)
2mω 2mω
mħω ³ ´ mħω
〈n|P̂ 2 |n〉 = − 〈n| â 2 + (â † )2 − 2â † â − 1 |n〉 = (2n + 1) (II.221)
2 2

A partir des deux équations précédentes on peut aisément montrer que les valeurs moyennes
des énergies cinétique et potentielle sont égales et donc chacune d’elles est égale à la moitié
de la valeur moyenne de l’énergie totale :

mω2 1 1
〈n|X̂ 2 |n〉 = 〈n|P̂ 2 |n〉 = 〈n|Ĥ|n〉 (II.222)
2 2m 2

qui est connue sous le nome de "théorème du viriel".


On peut facilement calculer le produit ∆x∆p à partir des équations (II.220) et (II.221).
En effet, les formules (II.210) et (II.211) montrent que 〈X̂〉 ≡ 〈n|X̂|n〉 = 0 et 〈P̂〉 ≡ 〈n|P̂|n〉 = 0,

74
II.7. Oscillateur harmonique

d’où :
s
ħ
q q
∆x = 〈X̂ 2 〉 − 〈X̂〉2 = 〈X̂ 2 〉 = (2n + 1) (II.223)
2mω
s
mħω
q q
∆p = 〈P̂ 2 〉 − 〈P̂〉2 = 〈P̂ 2 〉 = (2n + 1) (II.224)
2

ce qui donne
µ ¶
1 ħ
∆x∆p = n + ħ ⇒ ∆x∆p ≥ (II.225)
2 2

car n ≥ 0. Alors l’inégalité d’incertitude de Heisenberg est vérifiée.


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75
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre III

Moment cinétique

Après avoir traité des problèmes unidimensionnels au chapitre précédent, nous devons
traiter des problèmes tridimensionnels. Cependant, l’étude des systèmes tridimensionnels,
tels que les atomes, ne peut pas être réalisé à moins que nous commencions par l’étude du
formalisme du moment cinétique.
Le moment cinétique est aussi important en mécanique classique qu’en mécanique
quantique. Il est particulièrement utile pour l’étude de la dynamique des systèmes qui
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se déplacent sous l’influence de potentiels à symétrie sphérique (ou centraux), V(⃗


r) =
V(r ), car les moments cinétiques orbitaux de ces systèmes sont conservés. Par exemple,
l’une des pierres angulaires du modèle de Bohr de l’atome d’hydrogène (où l’électron se
déplace dans le potentiel coulombien du proton, un potentiel central) est basée sur la
quantification du moment cinétique. De plus, le moment cinétique joue un rôle essentiel
dans la description des rotations moléculaires, le mouvement des électrons dans les atomes
et le mouvement des nucléons dans les noyaux. La théorie quantique du moment cinétique
est donc importante pour étudier les systèmes moléculaires, atomiques et nucléaires.
Dans ce chapitre, nous allons considérer le formalisme général du moment cinétique.
Nous examinerons les différentes propriétés de l’opérateur moment cinétique, puis nous
allons déterminer ses valeurs et états propres. Enfin, nous appliquerons ce formalisme à la
détermination des valeurs et vecteurs propres des moments cinétiques de spin et orbital.

III.1 Moment cinétique orbital


En mécanique classique, le moment cinétique d’une particule de position ⃗
r et d’impul-
⃗ est défini par :
sion p

⃗L =⃗ ⃗ = (y p x − xp y )⃗
r ∧p j + (xp y − y p x )⃗
i + (zp x − xp z )⃗ k (III.1)

où on a choisi le système de coordonnées cartésiennes. Pour obtenir l’expression de


l’opérateur moment cinétique ⃗L,ˆ on utilise le principe de correspondance ; c’est-à-dire on

remplace ⃗ ⃗ par leurs opérateurs correspondants, ⃗


r et p Rˆ et ⃗
Pˆ = −i ħ⃗
∇, respectivement :

⃗Lˆ = ⃗
ˆ ∧⃗
R Pˆ = −i ħ⃗
ˆ ∧⃗
R ∇ (III.2)

77
Chapitre III. Moment cinétique

Alors les composantes de ⃗Lˆ dans le système de coordonnées cartésiennes sont :

∂ ∂
µ ¶
L̂ x = Ŷ P̂z − ẐP̂ y = −i ħ Ŷ − Ẑ (III.3)
∂z ∂y
∂ ∂
µ ¶
L̂ y = ẐP̂x − X̂ P̂z = −i ħ Ẑ − X̂ (III.4)
∂x ∂z
∂ ∂
µ ¶
L̂ z = X̂ P̂ y − Ŷ P̂x = −i ħ X̂ − Ŷ (III.5)
∂y ∂x

Il est évident que le moment cinétique n’existe pas dans un espace à une dimension.
Notons que les composantes L̂ x , L̂ y , L̂ z et

L̂2 = L̂2x + L̂2y + L̂2z (III.6)

sont hermitiques.

Relations de commutation
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Comme [R̂i , R̂ j ] = 0, [P̂i , P̂ j ] = 0 et [R̂i , P̂ j ] = i ħδi j , avec i , j = x, y, z, on a


£ ¤ £ ¤
L̂ x , L̂ y = Ŷ P̂z − ẐP̂ y , ẐP̂x − X̂ P̂z
£ ¤ £ ¤ £ ¤ £ ¤
= Ŷ P̂z , ẐP̂x − ẐP̂ y , ẐP̂x + Ŷ P̂z , −X̂ P̂z − ẐP̂ y , −X̂ P̂z
£ ¤ £ ¤ ¡ ¢
= Ŷ P̂z , Ẑ P̂x + 0 + 0 + X̂ Ẑ, P̂z P̂ y = −i ħŶ P̂x + i ħX̂ P̂ y = i ħ X̂ P̂ y − Ŷ P̂x
= i ħL̂ z (III.7)

De même façon on peut montrer les autres relations de commutation. Or, on peut les
z
déduire par la permutation cyclique des composantes x y z : x y,

£ ¤ £ ¤ £ ¤
L̂ x , L̂ y = i ħL̂ z , L̂ y , L̂ z = i ħL̂ x , L̂ z , L̂ x = i ħL̂ y (III.8)

Alors, les opérateurs L̂ x , L̂ y et L̂ z ne peuvent pas être mesurés simultanément avec une
précision arbitraire car ils ne sont pas compatibles.
Notons que les relations de commutation (III.8) ont été obtenues en exprimant le mo-
ment cinétique orbital dans la représentation position, mais comme ce sont des relations
entre des opérateurs, elles doivent être valides dans toutes les autres représentations. Dans
la section suivante, nous allons considérer le formalisme général du moment cinétique ;
c’est-à-dire sans spécifier une représentation particulière.

III.2 Formalisme général du moment cinétique


On introduit maintenant un opérateur moment cinétique général⃗ˆJ dont les compo-
santes Ĵx , Ĵ y et Ĵz vérifient, par définition, les relations de commutation suivantes (chacun

78
III.2. Formalisme général du moment cinétique

des opérateurs Ĵx , Ĵ y et Ĵz commute évidemment avec lui-même) :


£ ¤ £ ¤ £ ¤
Ĵx , Ĵ y = i ħĴz , Ĵ y , Ĵz = i ħĴx , Ĵz , Ĵx = i ħĴ y (III.9)

ou

⃗ˆJ ∧⃗ˆJ = i ħ⃗ˆJ (III.10)

Puisque les opérateurs Ĵx , Ĵ y et Ĵz ne sont pas compatibles, ils ne peuvent pas être simul-
tanément diagonalisables ; c’est-à-dire ils ne possèdent pas un ensemble d’états propres
communs. L’opérateur associé au carré du moment cinétique,

⃗ˆJ 2 = Ĵx2 + Ĵ2y + Ĵz2 (III.11)

est un opérateur scalaire. Alors il commutent avec Ĵx , Ĵ y et Ĵz .

⃗ˆJ 2 , Ĵk = 0
h i
(avec k = x, y, z) (III.12)
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En effet, par exemple, si on pose j = x on

⃗ˆJ 2 , Ĵx = Ĵx2 + Ĵ2y + Ĵz2 , Ĵx


h i h i

£ ¤ £ ¤ £ ¤ £ ¤
= 0 + Ĵ y Ĵ y , Ĵx + Ĵ y , Ĵx Ĵ y + Ĵz Ĵz , Ĵx + Ĵz , Ĵx Ĵz
= −i ħ(Ĵ y Ĵz + Ĵz Ĵ y ) + i ħ(Ĵz Ĵ y + Ĵ y Ĵz )
=0 (III.13)

où on a utilisé la relation (III.9). Notons que les opérateurs Ĵx , Ĵ y , Ĵz et⃗ˆJ 2 sont hermitiques
et leurs valeurs propres sont donc réelles.

États et valeurs propres de l’opérateur moment cinétique

Comme⃗ˆJ 2 commute avec Ĵx , Ĵ y , Ĵz et⃗ˆJ 2 , chacune des composantes des trois compo-
santes de ⃗J peut séparément être diagonalisée simultanément avec ⃗ˆJ 2 (et ils ont donc
un ensemble d’états propres communs). Mais, puisque Ĵx , Ĵ y et Ĵz ne commutent pas les
uns avec les autres, il est impossible de mesurer simultanément les trois composantes
d’un moment cinétique⃗J ; par contre,⃗ˆJ 2 et une composante quelconque de⃗J peuvent être
diagonalisés simultanément. Par convention on choisit la composante 1 Jz .
Cherchons maintenant les états propres communs à⃗ˆJ 2 et Ĵz , et leurs valeurs propres
correspondantes. Notons les états propres communs par |α, β〉 et les valeurs propres de⃗ˆJ 2

1. C’est juste une convention et il n’y a pas de direction privilégiée ; au lieu de⃗ˆJ 2 et Ĵz on peut choisir⃗ˆJ 2 et
Ĵx ou⃗ˆJ 2 et Ĵ y .

79
Chapitre III. Moment cinétique

et Ĵz par ħ2 α et ħβ, respectivement. Alors on a

⃗ˆJ 2 |α, β〉 = ħ2 α|α, β〉 (III.14)


Ĵz |α, β〉 = ħβ|α, β〉 (III.15)

où on a introduit le facteur ħ pour rendre α et β sans dimension 2 . Pour simplifier le calcul,


on suppose que ces états propres sont orthonormés,

〈α′ , β′ |α, β〉 = δα′ ,α δβ′ ,β (III.16)

Il est commode d’introduire les opérateurs d’échelle Ĵ+ Ĵ− , qui jouent des rôles similaires
aux opérateurs création et annihilation, â et â † , qu’on a défini dans l’étude de l’oscillateur
harmonique ;

Ĵ± = Ĵx ± i Ĵ y (III.17)

† †
Ceci implique que Ĵ+ = Ĵ− et Ĵ− = Ĵ+ . D’après l’équation (III.17) on a
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1 1
Ĵx = (Ĵ+ + Ĵ− ) , Ĵ y = (Ĵ+ − Ĵ− ) (III.18)
2 2i

D’où on a

1 2 1 2
Ĵx2 = (Ĵ+ 2
+ Ĵ− + Ĵ+ Ĵ− + Ĵ− Ĵ+ ) , Ĵ2y = − (Ĵ+ 2
+ Ĵ− − Ĵ+ Ĵ− − Ĵ− Ĵ+ ) (III.19)
4 4

En utilisant (III.9) on trouve les relations de commutation suivantes

⃗ˆJ 2 , Ĵ± = 0 ,
h i £ ¤ £ ¤
Ĵ+ , Ĵ− = 2ħĴz , Ĵz , Ĵ± = ±ħĴ± (III.20)

De plus, Ĵ+ et Ĵ− satisfont

Ĵ+ Ĵ− = Ĵx2 + Ĵ2y + ħĴz =⃗ˆJ2 − Ĵz2 + ħĴz (III.21)

Ĵ− Ĵ+ = Ĵx2 + Ĵ2y − ħĴz =⃗ˆJ2 − Ĵz2 − ħĴz (III.22)

Les équations précédente conduisent à

⃗ˆJ 2 = Ĵ± Ĵ∓ + Ĵz2 ∓ ħĴz (III.23)

Il découle de l’équation précédente que


⃗ˆJ 2 = Ĵ+ Ĵ− + Ĵ− Ĵ+ + Ĵz2
¢
(III.24)
2

2. Par exemple, les relations de commutation (III.9) montre que [⃗ˆJ] = [ħ] = [E][T].

80
III.2. Formalisme général du moment cinétique

Cherchons comment les opérateurs Ĵ± agissent sur les kets |α, β〉. Tout d’abord, puisque
les opérateurs Ĵ± ne commutent pas avec Ĵz , les kets |α, β〉 ne sont pas des états propres de
Ĵ± . En utilisant la relation (III.20) on a,

Ĵz Ĵ± |α, β〉 = Ĵ± Ĵz − Ĵ± , Ĵz |α, β〉 = Ĵ± Ĵz ± ħĴ± |α, β〉
¡ ¢ ¡ £ ¤¢ ¡ ¢

= ħ(β ± 1) Ĵ± |α, β〉


¡ ¢
(III.25)

où on a utilisé les relations (III.20) et (III.15). D’où les kets Ĵ± |α, β〉 sont des états propres
¡ ¢

de Ĵz associées aux valeurs propres ħ(β ± 1). De plus,

⃗ˆJ 2 Ĵ± |α, β〉 = Ĵ±⃗ˆJ 2 − Ĵ± ,⃗ˆJ 2 |α, β〉 = ħ2 αĴ± + 0 |α, β〉


¡ ¢ ³ h i´ ¡ ¢

= ħ2 α Ĵ± |α, β〉
¡ ¢
(III.26)

où on a utilisé les relations (III.20) et (III.15). Alors Ĵ± |α, β〉 sont aussi des états propres de
¡ ¢

⃗ˆJ 2 associés aux valeurs propres ħ2 α.


Les équations (III.25) et (III.26) montrent que les opérateurs J± ne changent pas le
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nombre quantique α, mais font croître ou décroitre β d’une unité. Alors Ĵ± |α, β〉 est propor-
tionnel à |α, β ± 1〉 :

±
Ĵ± |α, β〉 = Cαβ |α, β ± 1〉 (III.27)

±
avec Cαβ sont des constantes que l’on calculera.
Notons que pour une valeur propre donnée de ⃗ˆJ 2 , il existe une valeur maximale du
nombre quantique β. Ceci est due au fait que l’opérateur ⃗ˆJ 2 − Ĵz2 est positif ; car les les
éléments de matrice⃗ˆJ 2 − Ĵ2 = Ĵ2 + Ĵ2 sont ≥ 0. Alors on a
z x y

〈α, β|⃗ˆJ 2 − Ĵz2 |α, β〉 = ħ2 (α − β2 ) ≥ 0 =⇒ α ≥ β2 (III.28)

Comme il y a une valeur maximale, βmax , il doit exister un état |α, βmax 〉 tel que :

Ĵ+ |α, βmax 〉 = 0 (III.29)

L’équation précédente implique que Ĵ− Ĵ+ |α, βmax 〉 = 0. Compte tenu de ceci et l’équation
(III.22), Ĵ− Ĵ+ =⃗ˆJ2 − Ĵz2 − ħĴz , on a :

0 = Ĵ− Ĵ+ |α, βmax 〉 = ⃗ˆJ2 − Ĵz2 − ħĴz |α, βmax 〉


³ ´

(III.14)&(III.15) ¡ 2
ħ α − (ħβmax )2 − ħ(ħβmax ) |α, βmax 〉
¢
= (III.30)

D’où

α = βmax (βmax + 1) (III.31)

81
Chapitre III. Moment cinétique

Après l’application successive de l’opérateur Ĵ− , n-fois, sur |α, βmax 〉, il doit exister une
valeur minimale, βmin , tel que :

Ĵ− |α, βmin 〉 = 0 (III.32)

Ceci implique que Ĵ+ Ĵ− |α, βmin 〉 = 0. En utilisant l’équation (III.21), Ĵ+ Ĵ− =⃗ˆJ2 + Ĵz2 − ħĴz , on
a:

0 = Ĵ+ Ĵ− |α, βmin 〉 = ⃗ˆJ2 − Ĵz2 + ħĴz |α, βmin 〉


³ ´

(III.14)&(III.15) ¡ 2
ħ α − (ħβmin )2 + ħ(ħβmin ) |α, βmin 〉
¢
= (III.33)

D’où

α = βmin (βmin − 1) (III.34)

En comparant les équations (III.31) et (III.35), on voit que :


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βmax (βmax + 1) = − −βmin ((−βmin ) + 1)


£ ¤

=⇒ βmax = −βmin (III.35)

Puisque |α, βmin 〉 s’obtient par l’application successive n-fois de Ĵ− , , sur |α, βmax 〉 on a

n
|α, βmin 〉 = J− |α, βmax 〉 ∼ |α, βmax − n〉 (III.36)

et donc

βmax = βmin + n (III.37)

Alors les équations (III.25) et (III.38) donnent,

n
βmax = (III.38)
2

Puisque n est un nombre entier, βmax ne peut prendre que des valeurs entières (si n est pair)
ou demi-entières (si n est impair).
Il est commode d’utiliser les notations j et m au lieu de β et βmax , respectivement :

n
j = βmax = , m=β (III.39)
2

D’où les valeurs propres (III.31) de⃗ˆJ 2 deviennent,

α = j ( j + 1) (III.40)

82
III.2. Formalisme général du moment cinétique

Comme βmax = −βmin et n est un nombre positif, les valeurs de m sont comprises entre − j
et + j :

−j ≤ m ≤ +j (III.41)

On conclut alors que les kets | j , m〉 sont des états propres communs à⃗ˆJ 2 et Ĵz associés
aux valeurs propres ħ2 j ( j + 1) et ħm, respectivement.

⃗ˆJ 2 | j , m〉 = ħ2 j ( j + 1) | j , m〉 et Ĵz | j , m〉 = ħm | j , m〉 (III.42)

avec j = 0, 1/2, 1, 3/2, 2, . . . et m = − j , −( j − 1), . . . , j − 1, j . Alors pour chaque valeur de j il


correspond 2 j + 1 valeurs de m. Par exemple :

1 1 1 1
j= → m = − ,+ (2 × + 1 = 2 valeurs)
2 2 2 2
j =1 → m = −1, 0, +1 (2 × 1 + 1 = 3 valeurs) (III.43)
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5 5 3 1 1 3 5 5
j= → m = − ,− ,− , ,+ ,+ (2 × + 1 = 6 valeurs)
2 2 2 2 2 2 2 2

Les valeurs de j sont soit entières, soit demi-entières. Nous remarquons que les spectres
des opérateurs⃗ˆJ 2 et Ĵz sont discrets. Puisque les états propres associées aux valeurs propres
différentes sont orthogonaux et les spectres sont discrets, la condition d’orthonormalisa-
tion est

〈 j ′ , m ′ | j , m〉 = δ j ′ , j δm ′ ,m (III.44)

© ª
Déterminons maintenant les valeurs propres des opérateurs Ĵ± , dans la base | j , m〉 .
Notons que les kets | j , m〉 ne sont pas des vecteurs propres de Ĵ± . On peut réécrire l’équa-
tion (III.27) comme suit :

Ĵ± | j , m〉 = C±j m | j , m ± 1〉 (III.45)

Nous allons maintenant calculer C+j m puis nous en déduirons les C−j m . En utilisant les
équations (III.44) et (III.45) on a
¢† ¡ ¢ (III.45)
〈 j , m|Ĵ− Ĵ+ | j , m〉 = Ĵ+ | j , m〉 Ĵ+ | j , m〉 = |C+j m |2 〈 j , m + 1| j , m + 1〉
¡

(III.44)
= |C+j m |2 (III.46)

Mais d’après l’équation (III.22) on a Ĵ− Ĵ+ =⃗ˆJ2 − Ĵz2 − ħĴz ,

〈 j , m|Ĵ− Ĵ+ | j , m〉 = 〈 j , m|⃗ˆJ2 − Ĵz2 − ħĴz | j , m〉


(III.42)
= (ħ2 j ( j + 1) − (ħm)2 − ħ(ħm))〈 j , m| j , m〉

83
Chapitre III. Moment cinétique

(III.44) 2 £ ¤
= ħ j ( j + 1) − m(m + 1) (III.47)

A partir des équations (III.46) et (III.47) on trouve l’expression de C+j m , à une phase près,
suivante :

C+j m = ħ j ( j + 1) − m(m + 1)
p
(III.48)

De même, on peut calculer aussi C−j m ;

¢† ¡ ¢ (III.45)
〈 j , m|Ĵ+ Ĵ− | j , m〉 = Ĵ− | j , m〉 Ĵ− | j , m〉 = |C−j m |2 〈 j , m − 1| j , m − 1〉
¡

(III.44)
= |C−j m |2 (III.49)

〈 j , m|Ĵ+ Ĵ− | j , m〉 = 〈 j , m|⃗ˆJ2 − Ĵz2 + ħĴz | j , m〉


(III.21)

(III.42)
= (ħ2 j ( j + 1) − (ħm)2 + ħ(ħm))〈 j , m| j , m〉
(III.44) 2 £ ¤
= ħ j ( j + 1) − m(m − 1) (III.50)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

D’où on a (à une phase près aussi) :

C−j m = ħ j ( j + 1) − m(m − 1)
p
(III.51)

Alors les états propres de Ĵ± sont

p
Ĵ± | j , m〉 = ħ j ( j + 1) − m(m ± 1) | j , m ± 1〉 (III.52)

ou 3

p
Ĵ± | j , m〉 = ħ ( j ∓ m)( j ± m + 1) | j , m ± 1〉 (III.53)

Donc nous avons

(III.18) 1
Ĵx | j , m〉 = (Ĵ+ + Ĵ− )| j , m〉
2
(III.53) ħ p
h p i
= ( j − m)( j + m + 1) | j , m + 1〉 + ( j + m)( j − m + 1) | j , m − 1〉 (III.54)
2
(III.18) 1
Ĵ y | j , m〉 = + (Ĵ+ − Ĵ− )| j , m〉
2i
(III.53) ħ p
h p i
= ( j − m)( j + m + 1) | j , m + 1〉 − ( j + m)( j − m + 1) | j , m − 1〉 (III.55)
2i
3. En effet ( j ∓ m)( j ± m + 1) = j ( j ± m + 1) ∓ m( j ± m + 1) = j ( j + 1) + ± j m + ∓m(±m + 1) ∓ m j = j ( j +
1) − m(m ∓ 1) car (− ∓ ±1) = 1.

84
III.2. Formalisme général du moment cinétique

On en déduit que les valeurs moyennes de Ĵx et Ĵ y sont nulles

ħp 0
〈 j , m|Ĵx | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) 〈 j , m| j , m + 1〉
2
ħp 0
+ ( j + m)( j − m + 1) 〈 j , m| j , m − 1〉
2
=0 (III.56)
ħp 0
〈 j , m|Ĵ y | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) 〈 j , m| j , m + 1〉
2i
ħp 0
− ( j + m)( j − m + 1) 〈 j , m| j , m − 1〉
2i
=0 (III.57)

Ce résultat est dû au fait que

〈Ĵ+ 〉 = 〈 j , m|Ĵ+ | j , m〉 ∼ 〈 j , m| j , m + 1〉 = 0 (III.58)


〈Ĵ− 〉 = 〈 j , m|Ĵ− | j , m〉 ∼ 〈 j , m| j , m − 1〉 = 0 (III.59)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

De plus on a

2 2
〈Ĵ+ 〉 = 〈 j , m|Ĵ+ | j , m〉 ∼ 〈 j , m| j , m + 2〉 = 0 (III.60)
2 2
〈Ĵ− 〉 = 〈 j , m|Ĵ− | j , m〉 ∼ 〈 j , m| j , m − 2〉 = 0 (III.61)

D’où nous avons,

1 ¢2
〈 j , m|Ĵx2 | j , m〉 = 〈 j , m| Ĵ+ + Ĵ− | j , m〉
¡
4
1¡ 2 2
¢
= 〈Ĵ+ 〉 + 〈Ĵ− 〉 + 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 + 〈Ĵ− Ĵ+ 〉
4
1¡ ¢
= 0 + 0 + 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 + 〈Ĵ− Ĵ+ 〉 (III.62)
4
2 1 ¡ ¢2
〈 j , m|Ĵ y | j , m〉 = − 〈 j , m| Ĵ+ − Ĵ− | j , m〉
4
1¡ 2 2
¢
= − 〈Ĵ+ 〉 + 〈Ĵ− 〉 − 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 − 〈Ĵ− Ĵ+ 〉
4
1¡ ¢
= − 0 + 0 − 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 − 〈Ĵ− Ĵ+ 〉 (III.63)
4

Ce qui implique que

1
〈Ĵx2 〉 = 〈Ĵ2y 〉 = 〈Ĵ+ Ĵ− + Ĵ− Ĵ+ 〉 (III.64)
4
1
〈⃗ˆJ2 − Ĵz2 〉 = ħ2 j ( j + 1) − m(m − 1) + ħ2 j ( j + 1) − m(m + 1)
(III.47)&(III.50) £ ¤ £ ¤
=
2

ħ ¤
= j ( j + 1) − m (III.65)
2

85
Chapitre III. Moment cinétique

On conclut donc que

1 ħ2 £
〈Ĵx2 〉 = 〈Ĵ2y 〉 = 〈⃗ˆJ2 − Ĵz2 〉 = (III.66)
¤
j ( j + 1) − m
2 2

III.3 Représentation matricielle du moment cinétique


Le formalisme développé dans la section précédente est général et indépendant de
toute représentation particulière. Il existe de nombreuses façons de représenter les opéra-
teurs de moment cinétique et leurs états propres. Dans la présente section, nous allons
construire la représentation matricielle du moment cinétique. Ceci est réalisé en dévelop-
pant les opérateurs et leurs états propres sur une base discrète. Nous verrons plus loin
comment représenter le moment cinétique orbital dans la représentation position.
Comme⃗ˆJ2 et Ĵ commutent, l’ensemble de leurs états propres communs | j , m〉 forme
z
une base ; ceci est discrète, orthonormée et complète. Pour une valeur donnée de j , la
condition d’orthonormalisation de cette base est donnée par (III.44), tandis que la condi-
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

tion de fermeture est exprimée comme suit :

+j
X
| j , m〉 | j , m〉 = Î (III.67)
m=− j

Les opérateurs ⃗ˆJ2 et Ĵz sont diagonaux dans la dans la base | j , m〉 constituée de leurs
© ª

vecteurs propres communs,

〈 j ′ , m ′ |⃗ˆJ 2 | j , m〉 = ħ2 j ( j + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m (III.68)
〈 j ′ , m ′ |Ĵz | j , m〉 = ħm δ j ′ , j δm ′ ,m (III.69)

Alors les matrices représentant⃗ˆJ2 et Ĵz dans la base propre | j , m〉 sont diagonales et leurs
© ª

éléments diagonaux valent ħ2 j ( j + 1) et ħm, respectivement.


Comme les opérateurs Ĵ± ne commutent pas avec Ĵz , ils sont représentés, dans la base
© ª
| j , m〉 , par des matrices non-diagonales,

〈 j ′ , m ′ |Ĵ± | j , m〉 = ħ j ( j + 1) − m(m ± 1) δ j ′ , j δm ′ ,m±1


p
(III.70)

Les matrices représentatives les opérateurs Ĵx et opérateurs Ĵx sont obtenues à l’aide des
équations (III.54) et (III.55) ;

ħ hp
〈 j ′ , m ′ |Ĵx | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m+1
2 i
+ ( j + m)( j − m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m−1
p
(III.71)
ħ hp
〈 j ′ , m ′ |Ĵ y | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m+1
2

86
III.4. Représentation géométrique du moment cinétique

i
− ( j + m)( j − m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m−1
p
(III.72)

III.4 Représentation géométrique du moment cinétique


Il s’agit ici de la relation entre le moment cinétique et sa composante dans la direc-
tionsur Oz ; cette relation peut être représentée géométriquement comme suit : pour une
valeur fixe de j , le moment cinétique total⃗ˆJ peut être représenté
q par un vecteur dont la
longueur, comme le montre la figure III.1, est donnée par 〈⃗ˆJ 2 〉 = ħ j ( j + 1) et sa compo-
p

sante sur Oz est 〈Ĵz 〉 = ħm. Puisque Ĵx et Ĵ y ne sont pas séparément bien définis, seule leur
somme Ĵ2 + Ĵ2 =⃗ˆJ 2 − Ĵ2 , qui est située dans le plan x y, est bien définie. En termes classiques,
x y z
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

F IGURE III.1 – Représentation géométrique du moment cinétique⃗ˆJ : le vecteur⃗ˆJ tournant


le long de la surface d’un cône par rapport à son axe ; la hauteur du cône est égale mħ ;
c’est la projection de⃗ˆJ sur l’axe du cône. L’extrémité de⃗ˆJ, qui est située dans le plan Ĵz Ĵx y ,
p
décrit un cercle de rayon ħ j ( j + 1)

on peut représenter graphiquement⃗ˆJ par un vecteur, dont l’extrémité décrit un cercle de


p
rayon ħ j ( j + 1), tournant le long de la surface d’un cône de demi-angle
à !
m
θ = cos−1 p (III.73)
j ( j + 1)

de telle sorte que sa projection le long de l’axe Oz soit toujours mħ 4 . Notons que puisque
m prend les valeurs discrètes m = − j , − j + 1, . . . , + j − 1, + j , l’angle θ est quantifié. En effet
l’angle θ ne peut prendre que les 2 j + 1 valeurs discrètes suivantes :
à ! à ! à !
−j −j +1 + j − 1
θ = cos−1 p , cos−1 p , . . . , cos−1 p ,
j ( j + 1) j ( j + 1) j ( j + 1)
q à !
ˆ m
4. Puisque⃗J · ⃗ 〈⃗J 〉 × 1 × cos θ = ħ j ( j + 1) p
p
k= 2 = mħ.
j ( j + 1)

87
Chapitre III. Moment cinétique

à !
+j
cos−1 p , (III.74)
j ( j + 1)

Puisque toutes les orientations de⃗ˆJ sur la surface du cône sont également susceptibles, les
projections de⃗ˆJ sur les axes Ox et Oy ont des valeurs moyennes nulles :

〈Jx 〉 = 〈Jx 〉 = 0. (III.75)

A titre d’exemple, la représentation graphique de j = 2 est illustrée sur la figure III.2.


Comme le montre l’équation (III.74), l’angle θ prend des valeurs discrets. En effet si j = 0,
les valeurs possibles de m sont m = −2, −1, 0, +1, +2 et donc

θ = −35, 26° , −65, 91° , 90° , 65, 91° , 35, 26° (III.76)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

F IGURE III.2 – Représentation géométrique du moment p p j = 2 pour l’état |2, m〉


cinétique
avec m = −2, −1, µ0, +1,¶ +2. Le rayon du cercle est ħ 2(2 + 1) = 6 ħ. Chaque vecteur fait
m
l’angle θ = cos−1 p avec l’axe Oz.
6

III.5 Moment cinétique de spin

Mise en évidence expérimentale du spin


L’existence de spin a été confirmée expérimentalement par Otto Stern et Walther
Gerlach en 1922 en utilisant des atomes d’argent (Ag). L’atome d’argent a 47 électrons ;
46 d’entre ayant une distribution de charges qui a une symétrie sphérique et le 47i ème
électron, dit de valence, occupe une orbite 5s. Dans leur état fondamental les atomes
d’argent ont un moment magnétique orbital : l = 0 (puisque l’électron de la cinquième
couche est dans un état 5s). Dans l’expérience Stern–Gerlach, des atomes d’argent étaient

88
III.5. Moment cinétique de spin

chauffées dans un four et s’en échappaient, ils passent alors par un collimateurs qui les
éliminés tous sauf un étroit faisceau. Ce denier passait alors dans un champ magnétique
inhomogène (ou non uniforme i.e. dépend de z). Supposons, par souci d’argument, que le
champ est orienté dans la direction z.
En physique classique : l’énergie potentielle due au couplage des atomes du faisceau
avec le champ magnétique est V = −⃗ µ ·⃗
B. Alors le faisceau subit à la force qui dérive du
potentiel précédent : ⃗F = −⃗
∇V = d V/d z = µz d B/d z. Les atomes seront donc déviés vers
le haut ou vers le bas selon la valeur de µ pour chaque atome. Comme nous supposons
que les atomes ont des moments magnétiques orientés de façon aléatoire, on attendra
donc à voir une distribution continue sur l’écran de visualisation (c’est-à-dire une seule
tache), qui est symétrique par rapport à la direction non déviée, z = 0. Selon la mécanique
ondulatoire de Schrödinger, cependant, si les atomes ont un moment cinétique orbital
l on a µz = µB m l (ou µB est une constante), on attendra alors à voir 2l + 1 raies discrets
(qui est un nombre impaire) sur l’écran de visualisation. Supposons que les atomes du
faisceau soient dans leur état fondamental l = 0, il n’y aurait qu’une seule tache sur l’écran
(car il y a une valeur de m ; m = 0), et si l’électron de la cinquième couche était dans un
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

état 5p (l = 1), nous nous attendrions à voir trois taches (car m = −1, 0, +1). Mais Stern
et Gerlach observèrent, comme le montre la figure III.3(a), seulement deux taches (ou
raies) distinctes ! Alors le faisceau ne se comporte ni selon les prédictions de la physique
classique ni selon celles de la théorie ondulatoire de Schrödinger. Ce résultat a également
été observé pour les atomes d’hydrogène dans leur état fondamental (l = 0), où aucune
division du faisceau n’est attendue car m = 0.

prédiction
classique faisceau d’atomes
ce qui a été
d’argent
observé

four

fentes colli-
matrices
écran de
champ magnétique inhomogène
visualisation

F IGURE III.3 – (a) Expérience de Stern-Gerlach : lorsque un faisceau d’atomes d’argent


passe à travers un champ magnétique inhomogène crée par deux aimants (pôles Nord et
Sud), il se divise en deux deux composantes différentes correspondent aux spin-up et
1 1
spin-down. (b) Représentation graphique de spin- (c’est-à-dire j = ) : l’extrémité de ⃗ S
r 2 2
1 1 p
décrit un cercle de rayon |⃗S| = ħ ( + 1) = ħ 3/2.
2 2

89
Chapitre III. Moment cinétique

Pour éclaircir ce mystère, Goudsmit et Uhlenberk ont postulé en 1925 qu’en plus de
son moment cinétique orbital, l’électron possède un moment cinétique intrinsèque qui,
contrairement au moment cinétique orbital, n’a rien à voir avec les degrés de liberté
spatiaux. Par analogie avec le mouvement de la Terre, qui consiste en un mouvement
orbital autour du Soleil et un mouvement de rotation interne autour de son axe (appelé
en anglais "spining motion"), l’électron (et toutes les particules microscopiques) peut
également être considéré comme ayant, en plus de son mouvement orbital autour du
noyau, une sorte de mouvement de rotation interne ou intrinsèque. Ce degré de liberté
intrinsèque porte le nom évocateur de moment cinétique de spin (en anglais "to spin" :
tourner sur soi-même) ou plus simplement le spin. Il faut cependant garder à l’esprit que
l’électron reste jusqu’à présent une particule élémentaire, il faut faire preuve de prudence
lorsque l’on essaie de relier le spin de l’électron à un mouvement de rotation interne ou
intrinsèque (internal or intrinsic spinning motion). Le moment cinétique de spin d’une
particule ne dépend pas de ses degrés de liberté spatiaux. Alors le spin est un concept
purement quantique (c’est-à-dire sans analogue classique) et contrairement au moment
cinétique orbital, il ne peut pas être décrit par un opérateur différentiel.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

En électromagnétisme classique, le moment magnétique orbital est donné par :

q

µL = ⃗L, (III.77)
2mc

où ⃗L est le moment cinétique orbital de la particule, m est sa masse, et c est la vitesse de la


µ et ⃗L ont le même sens, si la charge
lumière dans le vide. Comme le montre la figure III.4(a),⃗
q de la particule est positive, pour une particule de charge négative le moment magnétique
µ est de sens opposé au moment cinétique orbital ⃗L. Par exemple pour l’électron ⃗
⃗ µL =
−e⃗L/(2m e c).

F IGURE III.4 – (a) Le moment magnétique orbital d’une charge positive q. (b) Lorsqu’un
champ magnétique externe est appliqué, le moment magnétique orbital tourne autour de
celui.

De même, si nous effectuons une analyse classique et imaginons l’électron comme une

90
III.5. Moment cinétique de spin

charge sphérique tournant sur lui-même, alors nous obtenons un moment magnétique
µS = −e⃗
intrinsèque ou de spin, ⃗ S/(2m e c). Cette dérivation classique de ⃗
µS est tout à fait
erronée, car l’électron ne peut pas être considéré comme une sphère en rotation sur lui-
même. En fait, il se trouve que le moment magnétique de spin de l’électron est le double
de son expression classique. Bien que le moment magnétique de spin ne puisse pas être
dérivé de façon classique, comme ce que nous pourrions faire pour le moment magnétique
orbital, mais on peut plutôt le postulé par analogie avec (III.77) :

e

µS = −g S ⃗
S, (III.78)
2m e c

où g S est dit le facteur de Landé ou rapport gyromagnétique de l’électron ; sa valeur


expérimentale est g S = 2 (ce facteur peut être calculé en utilisant la théorie relativiste de
l’électron de Dirac).
Considérons un électron placé dans un champ magnétique inhomogène, ⃗
B. Une force
sera exercée sur le moment intrinsèque de l’électron (le spin) ; dont la direction et l’ampli-
tude dépendent de l’orientation relative du champ et du dipôle. Cette force a tendance
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

à aligner ⃗ µS le long de ⃗B, produisant un mouvement de précession de ⃗ µS autour de ⃗ B


(figure III.4(b)). Par exemple, si ⃗ ⃗
µ est parallèle à B, l’électron se déplacera dans la direction
S
µS est antiparallèle à ⃗
dans laquelle le champ augmente. Inversement si ⃗ B, l’électron se
déplacera dans la direction suivant laquelle le champ diminue. Pour les atomes de type
hydrogène (tels que l’argent) qui sont dans leur état fondamental, le moment cinétique
orbital sera nul ; par conséquent, le moment dipolaire de l’atome sera entièrement dû au
spin de l’électron de valence (pour l’argent le spin des 46 premiers électrons s’annulent et
donc le spin total de cet atome est égal à celui du 47i ème électron ; j = 1/2).
Le faisceau atomique déviait donc selon l’orientation du spin de l’électron. Comme,
expérimentalement, le faisceau se divise en deux, le spin de l’électron ne doit avoir que deux
orientations possibles par rapport au champ magnétique : soit parallèle soit antiparallèle.
Par analogie avec le moment cinétique orbital d’une particule, qui est caractérisé
par deux nombres quantiques - le nombre quantique azimutal l et le nombre quantique
magnétique m l (avec m l == −l , −l + 1, . . . , +l − 1, +l ) - le moment cinétique de spin est
également caractérisé par deux nombres quantiques : le spin s et sa projection m s sur
l’axe Oz (la direction du champ magnétique) ; m s = −s, −s + 1, . . . , +s − 1, +s, qui s’appelle
le nombre quantique magnétique de spin. Étant donné que seulement deux taches ont été
observées dans l’expérience de Stern–Gerlach, nous devons avoir 2s + 1 = 2 ; les nombres
1 1
quantiques de l’électron doivent alors être s = et m s = ± .
2 2
Il se trouve que dans la nature chaque particule fondamentale a un spin spécifique.
Certaines particules ont des spins entiers s = 0, 1, 2 (les mésons π (ou pions) ont un spin
1 3 5
s = 0, les photons ont un spin s = 1, etc.) et d’autres ont des spins demi-entiers s = , ,
2 2 2
1 3
(les électrons, les protons et les neutrons ont un spin s = , les deltas ont un spin s = ,
2 2
etc.). Les particules qui ont des spins demi-entiers sont appelées les fermions (quarks,

91
Chapitre III. Moment cinétique

électrons, protons, neutrons, etc.) et celles avec des spins entiers sont appelées les bosons
(pions, photons, gravitons, etc.).
En plus de confirmer l’existence du spin et de le mesurer, l’expérience Stern–Gerlach
offre un certain nombre d’autres utilisations importantes de la mécanique quantique.
Premièrement, en montrant qu’un faisceau se divise en un ensemble des taches discrètes
plutôt qu’en une seule tache continue, il fournit une confirmation supplémentaire de
l’hypothèse quantique concernant le caractère discret du monde microphysique. L’ex-
périence de Stern–Gerlach s’avère également être une technique pour préparer l’état
quantique. Supposons que nous voulons préparer un faisceau d’atomes de spin-up ; nous
envoyons simplement un faisceau non polarisé à travers un aimant inhomogène, puis
nous collectons le faisceau souhaité et éliminons l’autre. L’expérience de Stern–Gerlach
peut également être utilisée pour déterminer le moment cinétique total d’un atome qui
est, dans le cas où l ̸= 0, donné par la somme des moments cinétiques orbital et de spin :
⃗J = ⃗L +⃗
S.

Théorie générale du spin


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

La théorie du spin est identique à la théorie générale du moment cinétique (sec-


tion III.2). Par analogie avec le vecteur du moment cinétique⃗ˆJ, le spin est aussi représenté
Sˆ dont les composantes Ŝ x , Ŝ y et Ŝ z obéissent aux mêmes relations que les
par un vecteur ⃗
composantes Ĵx , Ĵ y et Ĵz de⃗ˆJ :
£ ¤ £ ¤ £ ¤
Ŝ x , Ŝ y = i ħŜ z , Ŝ y , Ŝ z = i ħŜ x , Ŝ z , Ŝ x = i ħŜ y (III.79)

Sˆ 2 commute avec Ŝ z ; d’où ils possèdent un ensemble d’états propres communs


De plus, ⃗

Sˆ 2 |s, m s 〉 = ħ2 s(s + 1)|s, m s 〉


⃗ (III.80)
Ŝ z |s, m s 〉 = ħm s |s, m s 〉

avec m s = −s, −s + 1, . . . , s − 1, s. De même , on a


p
Ŝ ± |s, m s 〉 = ħ s(s + 1) − m s (m s ± 1) |s, m s ± 1〉 (III.81)

avec Ŝ ± = Ŝ x ± i Ŝ y et

1 ³ ˆ2 ´ ħ2 £
〈Ŝ 2x 〉 = 〈Ŝ 2y 〉 = 〈⃗
S − 〈Ŝ 2z 〉 = s(s + 1) − m s2
¤
(III.82)
2 2

avec 〈Â〉 désigne 〈Â〉 = 〈s, m s |Â|s, m s 〉


Les états propres de spin, , forment une base orthonormée complète ;

s
〈s ′ , m s′ |s, m s 〉 = δs ′ ,s δm s′ ,m s
X
, |s, m s 〉〈s, m s | = I (III.83)
m s =−s

92
III.5. Moment cinétique de spin

avec I est la matrice identité.

Spin 1/2 et matrices de Pauli


1
Pour une particule de spin- le nombre quantique m prend seulement deux valeurs ;
2
1 1
m s = − , . La particule peut donc se trouver dans l’un des deux états suivants : |s, m s 〉 =
¯ À 2¯ 2 À
¯1 1 ¯1 1
¯ , ⃗ˆ 2
¯ 2 2 , ¯ 2 , − 2 . Les valeurs propres de S et Ŝ z sont données par :
¯

¯ À ¯ À
ˆ ¯1 1 3 ¯1 1
⃗ 2
S ¯¯ , ± 2
= ħ ¯¯ , ± (III.84)
2 2 4 2 2
¯ À ¯ À
¯1 1 1 ¯1 1
¯
Ŝ z ¯ , ±
¯ = ± ħ¯ , ±
2 2 2 2 2

Alors, le spin peut être représenté graphiquement, comme le montre la figure III.3(b),
p p
par un vecteur de longueur |⃗S| = 3ħ/2 dont l’extrémité décrit un cercle de rayon 3ħ/2
tournant le long de la surface d’un cône de demi-angle
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

µ ¶ Ã ! Ã !
−1 |m s | −1 ħ/2 −1 1
θ = cos p = cos pp = cos pp = 54, 73° (III.85)
s(s + 1) 3ħ/2 3

Sˆ le long de l’axe Oz ne donne que deux valeurs ±ħ/2 correspondent aux


La projection de ⃗
spins up et down.
Étudions maintenant la représentation matricielle du spin s = 1/2. En utilisant (III.68)
Sˆ 2 et Ŝ z dans la base {|s, m s 〉} par les matrices
et (III.69) on peut représenter les opérateurs ⃗
suivantes :
¿ ¯ ¯ À ¯ ¯ ¿ À
1 1 ¯¯ ˆ 2 ¯¯ 1 1 1 ¯¯ ˆ 2 ¯¯ 1 1
1
, ⃗S , ⃗S ,−,
2 2¯ ¯2 2 2¯ ¯2 2  2
à !
 3ħ2 1 0

ˆ
⃗ 2
S =

(III.86)
À = 4 0 1

¿ ¯ ¯ À ¿ ¯ ¯
 1 1¯ ˆ 2 ¯1 1 1 1¯ ˆ 2 ¯1 1 
, − ¯¯⃗ ,− ⃗
¯ ¯
S ¯¯ , S ,−
2 2 2 2 2 2¯ ¯2 2
¿ ¯ ¯ À ¿ ¯ ¯ À
1 1 ¯¯ ¯¯ 1 1 1 1 ¯¯ ¯¯ 1 1
 2 , 2 ¯ Ŝ z ¯ 2 , 2 , Ŝ z , −
2 2¯ ¯2 2 
à !
  ħ 1 0
Ŝ z = 
¿ ¯ ¯ À ¿ ¯ ¯ À = 2 0 −1
 (III.87)
 1 1¯ ¯1 1 1 1 ¯¯ ¯¯ 1 1 
, − ¯¯ Ŝ z ¯¯ , , − Ŝ z , −
2 2 2 2 2 2¯ ¯2 2

Les matrices Ŝ + et Ŝ − peuvent être déduites de l’équation (III.70) :


à ! à !
0 1 0 0
Ŝ + = ħ , Ŝ − = ħ (III.88)
0 0 1 0

93
Chapitre III. Moment cinétique

1¡ ¢ i¡ ¢
et puisque Ŝ x = Ŝ + + Ŝ − et Ŝ y = − Ŝ + − Ŝ − , on a :
2 2
à ! à !
ħ 0 1 ħ 0 −i
Ŝ x = , Ŝ y = (III.89)
2 1 0 2 i 0

Sˆ 2 et Ŝ z sont exprimés en fonction de deux matrices colonnes


Les états propres communs à ⃗
appelées spineurs,
¯ À Ã ! ¯ À Ã !
¯1 1 1 ¯1 1 0
¯ , , ¯ ,− (III.90)
¯2 2 = 0 ¯2 2 = 1

On peut aisément montrer que les vecteurs propres précédents forment une base ortho-
normée
¿ ¯ À ³ Ã !
1
1 ¯¯ 1 1 ´ 1
, , = 1 0 =1 (III.91)
2
2¯ 2 2 0
à !
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

¿ ¯ À ³
1 1 ¯¯ 1 1 ´ 0
,− ,− = 0 1 =1 (III.92)
2 2¯ 2 2 1
¿ ¯ À ³ Ã !
1 1 ¯¯ 1 1 ´ 0
, ,− = 1 0 =0 (III.93)
2 2¯ 2 2 1
¿ ¯ À ³ Ã !
1 1 ¯¯ 1 1 ´ 1
,− , = 0 1 =0 (III.94)
2 2¯ 2 2 0
(III.95)

et complète

1 ¯ À¿ ¯ ¯ À¿ ¯ ¯ À¿ ¯
X 2 ¯1 1 ¯ ¯1 1 1 1 ¯ ¯1 1 1 1 ¯
¯ , ms , m s ¯¯ = ¯¯ , − , − ¯¯ + ¯¯ , , ¯¯
¯2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
m s =− 12
à ! à ! à ! à !
0 ³ ´ 1 ³ ´ 0 0 1 0
= 0 1 + 1 0 = + =I (III.96)
1 0 0 1 0 0

Cherchons maintenant les vecteurs propres de Ŝ x et Ŝ y . Notons tout d’abord que les
vecteurs de base {|s, m s 〉} ne sont ni vecteurs propres de Ŝ x ni de Ŝ y . Cependant les vecteurs
propres de Ŝ x et Ŝ y peuvent être peut être exprimés en terme de |s, m s 〉 comme suit :
·¯ À ¯ À¸
1 ¯¯ 1 1 ¯1 1
|ψx 〉± = p ¯ , ± ¯¯ , − (III.97)
2 2 2 2 2
¯
·¯ À À¸
1 ¯¯ 1 1 ¯1 1
|ψ y 〉± = p ¯ , ±i ¯ , −
¯ (III.98)
2 2 2 2 2

94
III.5. Moment cinétique de spin

les équations aux valeurs propres de Ŝ x et Ŝ y sont donc donnée par :

ħ ħ
Ŝ x |ψx 〉± = ± |ψx 〉± , Ŝ y |ψ y 〉± = ± |ψ y 〉± (III.99)
2 2

Matrices de Pauli
1
Lorsque s = il est commode d’introduire les matrices de Pauli σx , σ y et σz qui sont
2
Sˆ comme suit :
reliés au vecteur de spin ⃗

ħ
Sˆ = ⃗
⃗ σ (III.100)
2

Alors les équations (III.87), (III.89) et (III.100) donnent,


à ! à ! à !
0 1 0 −i 1 0
σx = , σy = , σz = (III.101)
1 0 i 0 0 −1
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Ces matrices satisfassent aux équations suivantes

σ2j = I ( j = x, y, z) (III.102)
σ j σk + σk σ j = 0 ( j ̸= k) (III.103)

On peut réécrire les équations précédentes sous la forme d’une relation d’anticommuta-
tion ;

σ j , σk = 2Îδ j ,k
© ª
(III.104)

On peut vérifier que les matrices de Pauli satisfont aussi les relations de commutation
suivante :

σ j , σk = 2i ε j kl σl
£ ¤
(III.105)

où ε j kl est le tenseur antisymétrique de Levi-Civita ;



 1,
 si i j k est une permutation paire de x, y, z
ε j kl = −1, si i j k est une permutation impaire de x, y, z (III.106)

0, si deux indices de i j k sont identiques

Les trois équations, (III.102), (III.103) et (III.105), peuvent être condensées en une seule ;

σ j σk = δ j ,k + i ε j kl σl
X
(III.107)
l

95
Chapitre III. Moment cinétique

D’après la relation précédente, on remarque que pour tous vecteurs ⃗


A et ⃗
B qui commutent
avec ⃗
σ, on a

(⃗ σ)(⃗
A ·⃗ B ·⃗ A ·⃗)I + i⃗
σ) = (⃗ σ · (⃗
A ∧⃗
B) (III.108)

où I est la matrice identité. Les matrices de Pauli ont les propriétés suivantes :

σ†j = σ j , Tr(σ j ) = 0 , det (σ j ) = −1 ( j = x, y, z) (III.109)

En utilisant les relations σx σ y = i σz et σ2z = I, on a,

σx σ y σz = i I (III.110)

Il découle de la relation de commutation (III.105)

e i ασ j = I cos(α) + i σ j sin(α) ( j = x, y, z) (III.111)


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

où I est la matrice identité et α est une constante réelle arbitraire.

Remarques

• Comme le spin est indépendant des degrés de liberté externes (position ou impul-
sion), les composantes Ŝ x , Ŝ y et Ŝ z de l’opérateur de spin commutent avec tous les
opérateurs externes (ou orbitaux), notamment le moment angulaire orbital ⃗Lˆ ;, les
opérateurs position et impulsion ; ⃗ ˆ et ⃗
R Pˆ :
£ ¤ £ ¤ £ ¤
Ŝ j , L̂k = 0 , Ŝ j , R̂k = 0 , Ŝ j , P̂k = 0 ( j , k = x, y, z) (III.112)

• La fonction d’onde totale |Ψ〉 d’un système de spin s est constituée d’un produit de
deux parties : une partie orbitale |ψ〉 et une partie spin |s, m s 〉 :

|Ψ〉 = |ψ〉|s, m s 〉 (III.113)

Ce produit des degrés de liberté orbitaux (d’espace) et de spin n’est pas un produit
au sens usuel, mais plutôt un produit direct ou tensoriel. Dans un espace à trois
dimensions, les quatre nombres quantiques n, l , m l et m s sont nécessaires pour
décrire complètement l’état d’un électron se déplaçant dans un champ central ; sa
fonction d’onde est donnée par :

Ψnl ml m s (⃗
r ) = ψnl ml (⃗
r )|s, m s 〉 (III.114)

Comme l’opérateur de spin (dit opérateur interne) ne dépendant pas des degrés de
liberté externes, il n’agit que sur la partie de spin (degrés de liberté internes) |s, m s 〉
et laisse la fonction d’onde ψnl ml (⃗
r ) invariante. Réciproquement, les opérateurs

96
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

ˆ ⃗
externes ⃗L, ˆ et ⃗
R Pˆ agissent seulement sur la partie orbitale ψnl ml (⃗
r ), et laissent |s, m s 〉
invariante. Pour les particules de spin-1/2, la fonction d’onde totale correspondant
aux cas de spin-up et spin-down s’exprimée respectivement en termes de spineurs :
à ! à !
1 ψnl ml (⃗
r)
Ψnl ml 1 (⃗
r ) = ψnl ml (⃗
r) = (III.115)
2 0 0
à ! à !
0 0
r ) = ψnl ml (⃗
Ψnl ml − 1 (⃗ r) = . (III.116)
2 1 ψnl ml (⃗
r)

III.6 Fonctions d’onde du moment cinétique orbital


Nous abordons dans cette section la représentation du moment cinétique orbital
dans l’espace des postions. nous choisissons le système des coordonnées sphériques et
désignons par |l , m〉 les états propres communs à L̂ et ⃗Lˆ 2 ; z

⃗Lˆ 2 |l , m〉 = ħ2 l (l + 1)|l , m〉 (III.117)


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⃗Lˆ z |l , m〉 = ħm|l , m〉 (III.118)

Les opérateurs L̂ z , ⃗Lˆ 2 et L̂± dont les composantes cartésiennes sont données par (III.3)-
(III.5) peuvent s’exprimer en coordonnées sphériques comme suit :


L̂ z = −i ħ (III.119)
∂ϕ
1 ∂ ∂ ∂2
· µ ¶ ¸
1
⃗Lˆ 2 = −ħ2 sin θ + (III.120)
sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2
±i ϕ ∂ cos θ ∂
· ¸
L̂± = L̂ x ± i L̂ y = ±ħe ±i (III.121)
∂θ sin θ ∂ϕ

puisque les opérateurs L̂ z et ⃗Lˆ ne dépendent que des angles θ et ϕ, leurs états propres ne
dépendent aussi que de θ et ϕ. Notons les états propres communs à L̂ z et ⃗Lˆ 2 comme suit 5

〈θϕ|l , m〉 = Ylm (θ, ϕ) (III.122)

où Ylm (θ, ϕ) sont des fonctions continues, de θ et ϕ, appelée les harmoniques sphériques.
On peut réécrire les états propres des équations (III.117) et (III.118) comme suit :

⃗Lˆ 2 Y m (θ, ϕ) = ħ2 l (l + 1)Y m (θ, ϕ) (III.123)


l l

5. où |θϕ〉 désigne l’état angulaire de la particule localisée dans la direction (θ, ϕ) c’est-à-dire l’analogue
sur la sphère de l’état |x〉 décrivant l’état localisé dans R.

97
Chapitre III. Moment cinétique

⃗Lˆ z Y m (θ, ϕ) = ħmY m (θ, ϕ) (III.124)


l l

Puisque L̂ z ne dépend que de ϕ, comme le montre (III.119), les équations (III.123) et


(III.124) montrent que les fonctions Ylm (θ, ϕ) sont séparables ;

Ylm (θ, ϕ) = f lm (θ)Φm (ϕ) (III.125)

On peut vérifier que


p
L̂± Ylm (θ, ϕ) = l (l + 1) − m(m ± 1) Ylm±1 (θ, ϕ) (III.126)

Vecteurs et Valeurs propres de L̂ z


En substituant (III.125) dans (III.124) on obtient

L̂ z f lm (θ)Φm (ϕ) = mħ f lm (θ)Φm (ϕ) (III.127)


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en remplaçant L̂ z par son expression (III.119), L̂ z = −i ħ∂/∂ϕ, on a

∂Φm (ϕ)
−i ħ f lm (θ) = mħ f lm (θ)Φm (ϕ) (III.128)
∂ϕ
d Φm (ϕ)
⇒ m = i md ϕ (III.129)
Φ (ϕ)
⇒ ln[Φm (ϕ)] = i mϕ + constante ⇒ Φm (ϕ) = C e i mϕ (III.130)

où C est une constante. Pour déterminer la constante C, on utilise la condition de normali-


sation,
Z 2π ′ ′
d ϕ Φm⋆ (ϕ) Φm (ϕ) = δm,m (III.131)
0

En effet, la substitution de (III.130) dans (III.131) donne,


Z 2π
2 i (m ′ −m) ′ ′
|C| e d ϕ = |C|2 e i (m −m) 2π = δm,m
0
m=m ′ 1
=⇒ C = p (III.132)

Alors (III.130) devient,

1
Φm (ϕ) = p e i mϕ (III.133)

98
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

Pour que la fonction Φm (ϕ) soit univaluée (à valeurs uniques), elle doit être périodique
dans ϑ et de période 2π ;

Φm (ϕ + 2π) = Φm (ϕ) ⇒ e i m(ϕ+2π) = e i mϕ ⇒ e i m(2π) = 1 (III.134)

Alors les seules valeurs possibles pour m sont les nombres entiers 6 , et la valeur moyenne
de L̂ z est donc

l z ≡ 〈l , m|L̂ z |l , m〉 = mħ , m = 0, ±1, ±2, ±3, . . . , ±l (III.135)

On en déduit que m peut prendre toutes les valeurs entières comprises entre −l et l :

m = −l , −(l − 1), −(l − 2), . . . , −2, −1, 0, 1, 2, . . . , l − 2, l − 1, l (III.136)

En conséquence, le nombre quantique l doit également être un entier. Ceci est attendu,
car le moment cinétique orbital doit avoir des valeurs entières.
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Vecteurs propres de ⃗Lˆ 2


L’objectif de cette sous-section est de déterminer les fonctions propres f lm (θ) de ⃗Lˆ 2 .
Dans ce but, nous allons utiliser deux méthodes différentes : en premier lieu, nous allons
mettre en jeu des équations différentielles et donner f lm (θ) en termes des fonctions bien
connues de Legendre associées, et utiliserons ensuite une méthode algébrique portant
sur les opérateurs L̂± et nous permettra de construire explicitement les harmoniques
sphériques Ylm (θ, ϕ).

Première méthode pour déterminer les vecteurs propres de ⃗Lˆ 2

En agissant par ⃗Lˆ 2 , (III.120), sur l’état les états propres

(III.133) 1
Ylm (θ, ϕ) = f lm (θ)Φm (ϕ) = p f lm (θ) e i mϕ (III.137)

Ceci, avec l’équation (III.123), donne :

ħ2 1 ∂ ∂ ∂2
· µ ¶ ¸
1
⃗Lˆ 2 Y m (θ, ϕ) (III.120)&(III.137)
= −p sin θ + f m (θ) e i mϕ
l
2π sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2 l
(III.123) 2 ħ2 l (l + 1) m
= ħ l (l + 1)Ylm (θ, ϕ) = p f l (θ) e i mϕ (III.138)

6. Il ne peut pas prendre des valeurs demi-entiers car par exemple m = 1/2 donne : e i π = −1 ̸= 1.

99
Chapitre III. Moment cinétique

L’équation précédente implique que,

ħ2 1 d d m2 ħ2 l (l + 1) m
· µ ¶ ¸
− p e i mϕ sin θ − f l
m
(θ) = p f l (θ) e i mϕ (III.139)
sin θ d θ dθ sin θ
2
2π 2π

qu’on peut la réécrire comme suit :

1 d d f lm (θ) m2
µ ¶ · ¸
sin θ + l (l + 1) − f m (θ) = 0 (III.140)
sin θ d θ dθ sin2 θ l

L’équation précédente est connue sous le nome de l’équation différentielle de Legendre.


Les solutions de (III.140) s’expriment en termes des fonctions de Legendre Plm (cos θ) ;

f lm (θ) = Cl ,m Plm (cos θ) (III.141)

où Plm (cos θ) sont définies par

d |m|
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Plm (x) = (1 − x 2 )|m|/2 Pl (x) (III.142)


d x |m|

où Pl (x) est le polynôme de Legendre de degré l en x, qui est défini par la formule de
Rodrigues suivante :

1 dl
Pl (x) = (x 2 − 1)l . (III.143)
2l l ! d x l

On remarque que

Pl−m (x) = Plm (x) (III.144)

Il découle de (III.143) que les premiers polynômes de Legendre sont :

1 d (x 2 − 1)
P0 (x) = 1, P1 (x) = = x,
2 dx
1 d 2 (x 2 − 1)2 1 2 1 d 3 (x 2 − 1)3 1 (III.145)
P2 (x) = = (3x − 1), P 3 (x) = = (5x 3 − 3x)
8 d x2 2 48 d x3 2
1 1
P4 (x) = (35x 4 − 30x 2 + 3), P5 (x) = (63x 5 − 70x 3 + 15x)
8 8

Les polynômes de Legendre vérifient la relation de fermeture (ou complétion) suivante

1X ∞
(2l + 1)Pl (x ′ )Pl (x) = δ(x − x ′ ) (III.146)
2 l =0

100
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

D’après la relation (III.143) on a

Pl (−x) = (−1)l Pl (x) (III.147)

De même, les premières fonctions de Legendre associées sont :


p
P11 (x) = 1 − x 2,
p
P21 (x) = 3x 1 − x 2, P22 (x) = 3(1 − x 2 ), (III.148)
3 p
P31 (x) = (5x 2 − 1) 1 − x 2 , P32 (x) = 15x(1 − x 2 ), P33 (x) = 15(1 − x 2 )3/2
2

où Pl0 (x) = Pl (x), avec l = 0, 1, 2, 3, . . . . Les premiers polynômes de Legendre et leurs fonc-
tions de Legendre associées sont donnés dans le tableau III.1

Polynômes de Legendre Fonctions de Legendre associées


p
P0 (cos θ) = 1 P11 (cos θ) = 1 − cos2 θ
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p
P1 (cos θ) = cos θ P21 (cos θ) = 3 cos θ 1 − cos2 θ
1 P22 (cos θ) = 3(1 − cos2 θ)
P2 (cos θ) = (3 cos2 θ − 1)
2
1 3 p
P3 (cos θ) = (5 cos3 θ − 3 cos) P31 (cos θ) = (5 cos2 θ − 1) 1 − cos2 θ
2 2
1
P4 (cos θ) = (35 cos4 θ − 30 cos2 θ + 3) P32 (cos θ) = 15 cos θ (1 − cos2 θ)
8
1 P33 (cos θ) = 15(1 − cos2 θ)3/2
P5 (cos θ) = (63 cos5 θ − 70 cos3 θ + 15 cos θ)
8

TABLEAU III.1 – Premiers polynômes de Legendre et leurs fonctions de Legendre associées

Notons que

Plm (−x) = (−1)l +m Pl (x) (III.149)

La constante Cl ,m de (III.143) peut être déterminée à l’aide de la condition d’orthonormali-


sation,
Z 2π Z π
′ ′
〈l , m |l , m〉 = dϕ d θ sin θ 〈l ′ , m ′ |θϕ〉〈θϕ|l , m〉 = δl ′ ,l δm ′ ,m (III.150)
0 0

En utilisant (III.122) on peut écrire l’équation précédente comme suit

Z 2π Z π
d θ sin θ Ylm′ ⋆ (θ, ϕ)Ylm (θ, ϕ) = δl ′ ,l δm ′ ,m

dϕ (III.151)
0 0

l’équation précédente est dite la condition de normalisation des harmoniques sphériques.

101
Chapitre III. Moment cinétique

En utilisant l’expression (III.122) de Ylm (θ, ϕ) et l’équation (III.141) on obtient,

π π
2π 2π
¯ ¯2
¯ 1
Z Z Z Z
dϕ d θ sin θ |Ylm⋆ (θ, ϕ)|2 dϕ m
d θ sin θ ¯¯ p Cl ,m Pl (cos θ) e i mϕ
¯
= ¯ =1

¯
0 0 0 0
Z π
|Cl ,m |2 2π
Z
¯2
dϕ d θ sin θ ¯Plm (cos θ)¯ = 1
¯
⇒ (III.152)
2π 0 0

D’après la théorie des fonctions de Legendre associées on a,


Z π 2 (l + m)!
d θ sin θ Plm (cos θ)Plm′ (cos θ) = δl ,l ′ (III.153)
0 2l + 1 (l − m)!

L’équation précédente est dite la condition de normalisation des fonctions de Legendre


associées. En combinant les deux équations, (III.152) et (III.153) (pour l = l ′ ) on trouve
l’expression de la constante

|Cl ,m |2
Z 2π ¯ m
Z π
¯2 |Cl ,m |2
µ
2 (l + m)!

dϕ d θ sin θ Pl (cos θ) =
¯ ¯ ( 2π ) =1
2π 0 0 2π 2l + 1 (l − m)!
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s
2l + 1 (l − m)!
=⇒ Cl ,m = (−1)m (m ≥ 0) (III.154)
2 (l + m)!

En substituant cette équation dans (III.141) on obtient les états propres de ⃗Lˆ 2 ;

s
2l + 1 (l − m)! m
f lm (θ) = (−1)m P (cos θ) (III.155)
2 (l + m)! l

En reportant (III.133) et (III.155) dans (III.125), on obtient finalement les états propres
communs à L̂ z et ⃗Lˆ 2 :
s
1 2l + 1 (l − m)! m
Ylm (θ, ϕ) = (−1)m p P (cos θ)e i mϕ
2π 2 (l + m)! l
s
2l + 1 (l − m)! m
⇒ Y m (θ, ϕ) = (−1)m P (cos θ)e i mϕ (III.156)
l
4π (l + m)! l

Ces fonctions sont appelées harmoniques sphériques normalisées.

Seconde méthode pour déterminer les vecteurs propres de ⃗Lˆ 2

La deuxième méthode porte sur la construction directe de Yll (θ, ϕ) ; elle commence par
le cas m max = l (c’est la valeur maximale de m). Par analogie avec l’algèbre du moment
cinétique général, développée dans la section précédente, l’action de L̂+ sur |l , l 〉 donne

102
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

zéro :

〈θϕ|L̂+ |l , l 〉 = L̂+ Y l l l (θ, ϕ) = 0, (III.157)

car |l , l 〉 = |l , m max 〉 st l’état maximal.


En utilisant l’expression (III.121) de L̂+ en coordonnées sphériques, on peut réécrire
(III.157) comme suit :

ħe i ϕ ∂ ∂
· ¸
p + i cot θ f ll (θ)e i l ϕ = 0 (III.158)
2π ∂θ ∂ϕ

Ce qui donne

i ϕ d f l (θ)
" #
ħe
eilϕ p l
+ i cot θ(i l ) f ll (θ) = 0
2π d θ
d
· ¸
⇒ − l cot θ f ll (θ) = 0 (III.159)

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l
d sin θ d f l (θ)
⇒l = l ⇒ l ln[sin θ] = ln[ f ll ] + cste
sin θ f l (θ)

=⇒ f ll = Cl sinl θ (III.160)

car cot θ = cos θ/ sin θ = (d sin θ/d θ)/ sin θ, où Cl est une constante que l’on peut détermi-
ner à partir de la condition de normalisation (III.151) de

Cl
Yll (θ, ϕ) = p e i l ϕ sinl θ (III.161)

c’est-à-dire
Z 2π Z π Z π
1= dϕ d θ sin θ Ylm⋆ (θ, ϕ)Ylm (θ, ϕ) = |Cl |2 d θ sin(θ) sin2l (θ) (III.162)
0 0 0

pθ. Par exemple,


Le calcul se simplifie si on effectue le changement de variable v ≡ cos
puisque cos(0) = 1, cos(π) = −1 et d θ = (d v/d θ)d θ = − sin(θ)d v = − 1 − v 2 d v, nous
avons
Z π Z −1 Z 1
sin(θ)d θ → − dv = dv (III.163)
0 1 −1

Mais au lieu d’introduire Z v, il est commode d’utiliser la notation cos(θ) ;


Z le nouveau variable
1 1
c’est-à-dire on écrit d cos θ au lieu de d v.
−1 −1

103
Chapitre III. Moment cinétique

En effet, en utilisant la formule 7

1 22l +1 (l !)2
Z
(1 − x 2 )l d x = (III.164)
−1 (2l + 1)!

et le changement de variable au-dessus on a


Z π Z 1 22l +1 (l !)2
l
2
d θ sin(θ) (sin θ) = (1 − v 2 )l d v = (III.165)
0 −1 (2l + 1)!

Alors (III.162) devient


s s
22l +1 (l !)2 (2l + 1)! 1 (2l + 1)!
1 = |Cl |2 =⇒ |Cl | = = (III.166)
(2l + 1)! 22l +1 (l !)2 2l l ! 2

Par convention on choisit la phase de C égale 8 à (−1)l ;


s
(−1)l (2l + 1)!
Cl = (III.167)
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2l l ! 2

Par analogie avec (III.52), l’action de L̂− sur Ylm (θ, ϕ) est donnée par :
p
L̂− Ylm (θ, ϕ) = ħ l (l + 1) − m(m − 1)Ylm−1 (θ, ϕ)
ou (III.168)
p
L̂− Ylm (θ, ϕ) = ħ (l + m)(l − m + 1)Ylm−1 (θ, ϕ)

Ce qui donne pour m = l ,


p
L̂− Yll (θ, ϕ) = ħ 2l Yll −1 (θ, ϕ) (III.169)

D’autre part en utilisant (III.121), (III.161) et (III.167) on a :

∂ cos θ ∂
· ¸
(III.121)&(III.161) Cl
L̂− Yll (θ, ϕ) = −ħe −i ϕ −i p e i l ϕ sinl θ
∂θ sin θ ∂ϕ 2π
s
l
d cos θ d
· ¸
(III.167) (−1) (2l + 1)! −i ϕ
= ħ l e − +i e i l ϕ sinl θ
2 l! 4π dθ sin θ d ϕ
s
(−1)l (2l + 1)! i ϕ(l −1) d cos θ
· ¸
=ħ l e − −l sinl θ (III.170)
2 l! 4π dθ sin θ

7. On peut aisément monter cette formule par récurrence, cf. Claude Cohen-Tannoudji, Bernard Diu,
Franck Laloë, Mécanique quantique. Tome I, CNRS Éditions (2018), page 712.
8. Ce choix est motivé par le fait que Yl0 obtenue par l’application successive de l’opérateur L̂− au même
signe que le polynôme de Legendre Pl (cos θ) dont la phase est déterminée par Pl (1) = 1 (cf. la sous-section
suivante).

104
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

Mais pour une fonction quelconque F(θ) on a :

d h l
i 1 d h l
i
(sin θ) F(θ) = − (sin θ) F(θ)
d cos θ sin θ ·dθ
l d
¸
1 l −1
=− (sin θ) F(θ) + l cos θ (sin θ) F(θ)
sin θ dθ
d cos θ
· ¸
l −1
= (sin θ) − −l F(θ) (III.171)
dθ sin θ

où on a utilisé

d dθ d 1 d 1 d
= = d cos θ
=− (III.172)
d cos θ d cos θ d θ dθ sin θ d θ

Donc l’équation (III.170) devient :


s
(−1)l (2l + 1)! i ϕ(l −1) 1 d h i
L̂− Yll (θ, ϕ) = ħ e (sin θ)l
(sin θ) l
2l l ! 4π (sin θ)l −1 d cos θ
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

s
(−1)l (2l + 1)! i (l −1)ϕ d h i
=ħ e (sin θ)1−l (sin θ)2l (III.173)
2l l ! 4π d cos θ

On peut aussi montrer que


s
(l + m)!(2l )! m
L̂l−−m Yll (θ, ϕ) = ħl −m Yl (θ, ϕ) (III.174)
(l − m)!

En effet, en utilisant (III.168) on a :

p p
L̂− Yll (θ, ϕ) = ħ l (l + 1) − l (l − 1)Yll −1 = ħ 2l Yll −1
p p p
L̂2− Yll (θ, ϕ) ≡ (L̂− ◦ L̂− )Yll (θ, ϕ) = ħ 2l L̂− Yll −1 = ħ2 2l 2(2l − 1) Yll −2
p p p
L̂3− Yll (θ, ϕ) = ħ3 2l 2(2l − 1) 3(2l − 2) Yll −3
..
.
p p p p
L̂k− Yll (θ, ϕ) = ħk 1(2l ) 2(2l − 1) 3(2l − 2) · · · k(2l − k + 1) Yll −k
s
k!(2l )! l −k
= ħk Y (III.175)
(2l − k)! l

Alors en posant k = l − m on trouve


s s
(l − m)!(2l )! l −(l −m) (l − m)!(2l )! m
L̂l−−m Yll (θ, ϕ) = ħl −m Yl = ħl −m Yl (III.176)
(2l − (l − m))! (l + m)!
s
1 (l + m)!
⇒ Ylm = l −m L̂l −m Yll (θ, ϕ) (III.177)
ħ (l − m)!(2l )! −

105
Chapitre III. Moment cinétique

D’autre part on a
s
l
k (−1) (2l + 1)! i (l −k)ϕ 1 dk h i
L̂k− Yll (θ, ϕ) = (ħ) e (sin θ)2l
(III.178)
2l l ! 4π (sin θ)l −k d (cos θ)k

En effet pour k = 1 on a
s
l
(−1) (2l + 1)! i (l −1)ϕ 1 d h i
L̂− Yll (θ, ϕ) = ħ e (sin θ)2l
(III.179)
2l l ! 4π sinl −1 θ d (cos θ)

qui est, d’après (III.173), vraie. Supposons maintenant qu’elle est vraie pour k = n,
s
(−1)l (2l + 1)! i (l −n)ϕ 1 dn h i
L̂n− Yll (θ, ϕ) = (ħ)n l e (sin θ)2l
(III.180)
2 l! 4π (sin θ)l −n d (cos θ)n

et nous montrons que


s
l
n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ 1 d n+1 h i
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

L̂n+1 l
− Yl (θ, ϕ) = (ħ) e (sin θ)2l
2l l ! 4π (sin θ)l −n−1 d (cos θ)n+1
(III.181)

En effet

L̂n+1 l n l
− Yl (θ, ϕ) = L̂− L̂− Yl (θ, ϕ)
s
l
∂ cos θ ∂
· ¸
(−1) (2l + 1)!
= −ħe −i ϕ −i (ħ)n l
∂θ sin θ ∂ϕ 2 l! 4π
n
1 d h i
e i (l −n)ϕ (sin θ)2l
(sin θ) l −n d (cos θ) n
s
l
(2l + 1)! i (l −n−1)ϕ d cos θ
· ¸
n+1 (−1)
= −(ħ) e −i (i (l − n))
2l l ! 4π dθ sin θ
1 dn h
2l
i
(sin θ)
(sin θ)l −n d (cos θ)n
s (µ
l
(l − n) cos θ dn

n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ
h
2l
i
= −(ħ) e − (sin θ)
2l l ! 4π (sin θ)l −n+1 d (cos θ)n
)
1 d dn h
2l
i cos θ 1 dn h
2l
i
+ (sin θ) + (l − n) (sin θ)
(sin θ)l −n d θ d (cos θ)n sin θ (sin θ)l −n d (cos θ)n
s
l
d dn
½ i¾
n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ 1 h
2l
= −(ħ) e (sin θ)
2l l ! 4π (sin θ)l −n d θ d (cos θ)n
s
l
(−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ
= −(ħ)n+1 l e
2 l! 4π
d dn
½ µ ¶ i¾
1 h
2l
− sin(θ) (sin θ)
(sin θ)l −n d cos θ d (cos θ)n

106
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

s
l
d n+1
½ i¾
n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ 1 h
2l
= (ħ) e (sin θ)
2l l ! 4π (sin θ)l −n d (cos θ)n+1
(III.182)

Donc en posant k = l − m l’équation (III.178) devient :


s
l
(−1) (2l + 1)! i mϕ 1 d l −m h i
L̂l−−m Yll (θ, ϕ) = (ħ)l −m e (sin θ) 2l
(III.183)
2l l ! 4π (sin θ)m d (cos θ)l −m

En substituant (III.183) dans (III.178) on a


s s
(l + m)! (−1)l (2l + 1)! i mϕ 1 d l −m h i
Ylm = e (sin θ) 2l
(III.184)
(l − m)!(2l )! 2l l ! 4π (sin θ)m d (cos θ)l −m

qu’on peut l’écrire comme suit :

s
(−1)l (2l + 1)! (l + m)! i mϕ 1 d l −m
Ylm (θ, ϕ) = e (sin θ)2l (III.185)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

2l l ! 4π (l − m)! sinm θ d (cos θ)l −m

Propriétés des harmoniques sphériques


Comme les harmoniques sphériques sont des fonctions propres communes à ⃗Lˆ 2 et
elles sont, comme l’indique (III.151), orthonormées, elles forment une base orthonormées
de l’espace de Hilbert des fonctions, des variables θ et ϕ, de carrés intégrables. La relation
de fermeture (ou complétion) ;

l
X
|l , m〉〈l , m| = 1 (III.186)
m=−l

ou

〈θϕ|l , m〉〈l , m|θ′ ϕ′ 〉 = Ylm⋆ (θ′ , ϕ′ )Ylm (θ, ϕ) = δ(cos θ − cos θ′ ) δ(ϕ − ϕ′ )
X
m
δ(θ − θ′ )
= δ(ϕ − ϕ′ ) (III.187)
sin θ

Signalons quelques propriétés importantes des harmoniques sphériques : elles sont des
fonctions complexes ; leurs complexes conjuguées sont données par :

£ m ¤⋆
Yl (θ, ϕ) = (−1)m Yl−m (θ, ϕ) (III.188)

On peut vérifier que Ylm (θ, ϕ) sont des vecteurs propres de l’opérateur parité Π̂ associés
aux valeurs propres (−1)l :

Π̂Ylm = Ylm (π − θ, ϕ + π) = (−1)l Ylm (θ, ϕ) (III.189)

107
Chapitre III. Moment cinétique


puisque la réflexion par rapport à l’origine, ⃗ r , correspond à r ′ = r , θ′ = π − θ et ϕ′ =
r =⃗

π + ϕ, qui conduit à Plm (cos θ) = Plm (− cos θ) = (−1)l +m Plm (cos θ) et e i mϕ = e i mπ e i mϕ =
(−1)m e i mϕ .
On peut relier les harmoniques sphériques avec les polynômes de Legendre en, tout
simplement, posant m = 0. L’équation (III.185) donne
s
l
(III.185) (−1) (2l + 1)! dl
Yl0 (θ, ϕ) = (sin θ)2l
2l l ! 4π d (cos θ)l
s
(III.167) 2l + 1 0
= P (cos θ) (III.190)
4π l

Alors
s s
(−1)l (2l + 1) dl 2l + 1
Yl0 (θ, ϕ) = (sin θ)2l = Pl (cos θ) (III.191)
2l l ! 4π d (cos θ)l 4π

avec
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

1 dl
Pl (cos θ) = (sin θ)2l (III.192)
2l l ! d (cos θ)l

car (sin θ)2l = (sin2 θ)l = (1 − cos θ)l . A partir de l’expression de Ylm on peut vérifier que :

s
(2l + 1)
Ylm (0, ϕ) = δm,0 (III.193)

Ylm (θ, ϕ) Ylm (x, y, z)


1 1
Y00 (θ, ϕ) = p Y00 (x, y, z) = p
r4π r4π
0 3 0 3 z
Y1 (θ, ϕ) = cos θ Y1 (x, y, z) =
r4π r4π r
3 ±i ϕ 3 x ±i y
Y1±1 (θ, ϕ) = e sin θ Y1±1 (x, y, z) =
8π 8π r
2
−r2
r
5 3z
r
5
Y20 (θ, ϕ) = (3 cos2 θ − 1) Y20 (x, y, z) =
16π 16π
r r2
15 (x ± i y)z
r
15 ±i ϕ
Y2±1 (θ, ϕ) = ∓ e cos θ sin θ Y2±1 (x, y, z) = ∓
8π r2
r 8π 2
y 2 ± 2i x y)
r
15 ±2i ϕ 2 15 (x −
Y2±2 (θ, ϕ) = e sin θ Y2±2 (x, y, z) =
32π 32π r2

TABLEAU III.2 – Les harmoniques sphériques et leurs expressions en coordonnées


sphériques

108
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital

Harmoniques sphériques en coordonnées cartésiennes

Notons que les harmoniques sphériques peuvent s’exprimer en coordonnées carté-


siennes. En effet, on sait que :

x y z
sin θ cos ϕ = , sin θ sin ϕ = , sin θ cos ϕ = (III.194)
r r r
r
3
En substituant cos θ = z/r dans Y10 (θ, ϕ) = cos θ on obtient,

r
3 z
Y10 (x, y, z) = p (III.195)
4π x 2 + y 2 + z 2

en utilisant (III.194), sin θ cos ϕ = x/r et sin θ sin ϕ = y/r on a

(x ± i y)
= sin θ cos ϕ ± i sin θ sin ϕ = sin θe ±i ϕ (III.196)
r

en substituant l’équation précédente dans Y1±1 (x, y, z) = 3/(8π) sin θe ±i ϕ , on trouve


Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA

r
3 x ±i y
Y1±1 (x, y, z) = ∓ . (III.197)
8π r

109

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