Postulats de la mécanique quantique
Postulats de la mécanique quantique
: 2020-2021
Faculté des Sciences et Techniques Filières : PF (S6)
Département de Physique
Mécanique quantique 2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA†
†
e-mail : [Link]@[Link]
Table des matières
iii
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre I
Ces postulats sont issus de l’expérience et ne peuvent pas être démontrés. Ils repré-
sentent l’ensemble minimal d’hypothèses nécessaires pour développer la théorie de la
mécanique quantique. Mais comment savoir si ces postulats sont valides ? La validité de
ces postulats ne peut pas être déterminée directement ; seule une proposition inductive
indirecte est possible. Pour cela, il faut se tourner vers la théorie construite à partir de ces
postulats : si la théorie fonctionne, les postulats seront valables ; sinon ils n’auront aucun
sens. La théorie quantique non seulement fonctionne, mais fonctionne extrêmement bien,
et cela représente sa justification expérimentale. Elle donne des prédictions, qualitatives
et quantitatives, très fiables ; c’est-à-dire qu’ils ont été vérifiées par une riche collection
d’expériences. Ainsi, le pouvoir de prédiction précise de la théorie quantique fournit une
preuve irréfutable de la validité des postulats sur lesquels la théorie est construite.
d x ∂H dp ∂H
= , =− , (I.1)
dt ∂p dt ∂x
1
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
A un instant t fixé, l’état d’un système physique isolé est défini par la donnée d’un ket
|ψ(t )〉, dit vecteur d’état, appartenant à un espace de Hilbert H appelé espace des
états. Ainsi toute superposition des vecteurs d’état est aussi un vecteur d’état.
A toute grandeur physique mesurable A , appelée une observable (ou variable dyna-
mique), est associé un opérateur hermitique  dont les valeurs propres forment une
base complète.
La mesure d’une grandeur physique A peut être représentée par l’action de l’opéra-
teur  dans sur le vecteur d’état |ψ(t )〉. Cette mesure ne peut donner comme résultat
qu’une des valeurs propres, a n de l’opérateur Â. Si le système était initialement dans
l’état |ψ(t )〉 et si le résultat de mesure de A est a n , alors immédiatement après la
mesure le système se trouve dans l’état |ψn 〉
où a n = 〈ψn |ψ(t )〉. Notons que a n est la composante de |ψ(t )〉 lorsqu’on le projette
sur le vecteur propre |ψn 〉 a .
a. Puisque
X les vecteurs propres
X de l’opérateur  forment une base complète on peut écrire : |ψ(t )〉 =
Î|ψ(t )〉 = |ψn 〉〈ψn |ψ(t )〉 = a n |ψn 〉 et on a donc : a n = 〈ψ(t )|ψn 〉.
n n
2
I.1. Postulats de la mécanique quantique
¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
|a n |2
P n (a n ) = = (I.3)
〈ψ|ψ〉 〈ψ|ψ〉
Pg n ¯¯ i ¯2 Pg n ¯¯ (i ) ¯¯2
〈u |ψ〉¯
i =1 n i =1 ¯a n ¯ (I.4)
P n (a n ) = =
〈ψ|ψ〉 〈ψ|ψ〉
¯ψ(α)¯2
¯〈v α |ψ〉¯2
¯ ¯ ¯ ¯
d P (α) = ρ(α)d α , ρ(α) = = R +∞ ¯ (I.5)
〈ψ|ψ〉 ¯ψ(α′ )¯2 d α′
¯
−∞
L’évolution dans le temps du vecteur d’état |ψ(t )〉 est régie par l’équation de Schrö-
dinger dépendant du temps :
d
iħ |ψ(t )〉 = Ĥ(t ) |ψ(t )〉 (I.7)
dt
3
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
siques. Quelles sont les conditions mathématiques requises pour qu’une fonction d’onde
représente un système physique ? Les fonctions d’onde ψ(x) physiquement acceptables
doivent, ainsi que leurs premières dérivées d ψ(x)/d t , être finies, continues et univaluées
(à valeurs uniques) en tout point de l’espace.
Densité de probabilité
r , t )|2 , possède un sens phy-
Qu’en est-t-il de la fonction ? Seul son module carré, |ψ(⃗
sique. Selon l’interprétation probabiliste de Born le module carré de ψ(⃗
r , t ),
¯2
P (⃗
r , t ) = ¯ψ(⃗
¯
r , t )¯ (I.8)
Z
¯2
Z +∞ Z +∞ Z +∞ ¯ ¯2
r , t )¯ d 3 r =
¯ψ(⃗ ¯ψ(⃗
¯
dx dy r , t )¯ d z = 1 (I.9)
−∞ −∞ −∞
4
I.3. Observables et opérateurs
Principe de superposition
L’état d’un système n’est pas nécessairement représenté par une seule fonction d’onde ;
il peut être représenté par une superposition de deux ou plusieurs fonctions d’onde. Un
exemple du monde macroscopique est une corde vibrante ; son état peut être représenté
par une seule onde ou par la superposition (combinaison linéaire) de nombreuses ondes.
Si ψ1 (⃗
r , t ) et ψ2 (⃗
r , t ) satisfont séparément l’équation de Schrödinger, alors la fonction
d’onde ψ(⃗
r , t ) = c 1 ψ1 (⃗
r , t ) + c 2 ψ2 (⃗
r , t ) satisfait aussi l’équation (linéaire) de Schrödinger
(c 1 et c 2 sont des nombres complexes). Alors le principe de superposition stipule en général
que, la superposition linéaire de plusieurs fonctions d’onde (décrivant les états différents
possibles du système) donne une nouvelle fonction d’onde représentant un état physique
possible du système :
X
|ψ〉 = c n |u n 〉 (I.10)
n
¯ ¯2
P = ¯ c n |u n 〉¯¯
¯X ¯
¯ (I.11)
n
¯ ¯2
P = ¯ c n |u n 〉¯¯ = |c n |2 = P 1 + P 2 + P 3 + · · ·
¯X ¯ X
¯ (I.12)
n n
5
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
f (⃗
r ,p ˆ ,⃗
⃗ ) −→ F(⃗
R Pˆ ) = F(⃗
ˆ , −i ħ⃗
R ∇) (I.13)
1 2
H = T+V = ⃗ + V(⃗
p r ,t) (I.14)
2m
1 ˆ2 ˆ ħ2 2 ˆ ,t)
Ĥ = ⃗ ⃗
P + V̂(R , t ) = − ∇ + V̂(⃗
R (I.15)
2m 2m
est une fonction réelle. D’ou le spectre (l’ensemble des valeurs propres) de Ĥ est réel.
Ce spectre peut être discret, continu ou les deux à la fois. Dans le cas des états liés,
l’hamiltonien a un spectre discret de valeurs et un spectre continu pour les états non
liés. En général, un opérateur a un spectre lié ou non lié de la même manière que la
ˆ et ⃗
variable classique correspondante a des orbites liées ou non liées. Quant à ⃗
R ˆ ils ont
P,
des spectres continus, car ⃗ ⃗ peuvent prendre un continuum de valeurs.
r et p
Selon le Postulat 5 l’énergie totale E des systèmes dépendants du temps est associée à
l’opérateur :
∂
Ĥ = i ħ (I.16)
∂t
Ceci peut être interprétée comme suit : la fonction d’onde d’une particule libre d’impulsion
⃗ et d’énergie totale E est donnée par l’onde plane suivante :
p
ψ(⃗
r ,t)
iħ r ,t)
= Eψ(⃗ (I.18)
dt
ˆ r ) = −i ħ⃗
⃗
Pψ(⃗ ∇ψ(⃗ ⃗ ψ(⃗
r )=p r) (I.19)
6
I.4. Mesure en mécanique quantique
r , t ) = Ae i p⃗·⃗r /ħ
ψ(⃗ (I.20)
⃗ = ħ⃗
où A est une constante de normalisation. Comme p k est la valeur propre de l’opérateur
ˆ
⃗
P, la fonction propre (I.20) peut s’écrit :
⃗
r , t ) = Ae i k·⃗r
ψ(⃗ (I.21)
ˆ r ) = ħ⃗
⃗
Pψ(⃗ k ψ(⃗
r) (I.22)
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⃗
r ⃗
Rˆ
⃗
p Pˆ = −i ħ⃗
⃗ ∇
1 2 ħ2 2
T= p T̂ = − ∇
2m 2m
p2 ħ2 2 ˆ ,t)
E= r ,t)
+ V(⃗ Ĥ = − ∇ + V̂(⃗
R
2m 2m
⃗L =⃗
r ∧p⃗ ˆ ˆ ∧⃗
⃗L = −i ħ⃗
R ∇
7
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
8
c −34 3 × 10
hν = h = 6, 626 × 10 ∼ 10−16 = 19, 878 × 10−16 J ∼ 1040 eV (I.23)
λ 10 −10
Lorsque de tels photons frappent l’électron, non seulement ils le perturbent, mais ils le
font complètement éjecter hors de son orbite ; rappelons que l’énergie d’ionisation de
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l’atome d’hydrogène est d’environ 13, 5 eV. Alors, le simple fait de mesurer la position de
l’électron le perturbe beaucoup.
Examinons maintenant le concept général de mesure en mécanique quantique. La
mesure modifie généralement l’état du système. En théorie, nous pouvons représenter
l’appareil de mesure par un opérateur de sorte que, après avoir effectué la mesure, le
système sera dans l’un des états propres de l’opérateur. Considérons un système dans
un état |ψ〉. Avant la mesure d’une observable A l’état |ψ〉 peut être représenté par une
superposition linéaire d’états propres |u n 〉 de l’opérateur  correspondant à A :
X X
|ψ〉 = Î|ψ〉 = |u n 〉〈u n |ψ〉 = c n |u n 〉 (I.24)
n n
Mais selon le Postulat 4 la mesure de A change l’état du système |ψ〉 en l’un des états
propres |u n 〉 de  et le résultat de la mesure est la valeur propre a n . La seule exception à
cette règle est lorsque le système est initialement dans l’un des états propres de l’observable
subissant la mesure. Par exemple, si le système est dans l’état propre |u n 〉, une mesure de
l’observable A donne avec certitude (c’est-à-dire avec une probabilité = 1) la valeur a n
sans changer l’état |u n 〉.
Avant une mesure, on ne sait pas à l’avance de façon certaine dans quel état propre,
parmi les différents états |u n 〉, le système sera après la mesure ; le résultat ne peut être que
probabiliste. Le Postulat 4 stipule que la probabilité de trouver le système dans l’un des
états propres non dégénéré |u n 〉 est donnée par :
¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
Pn = (I.25)
〈ψ|ψ〉
Notons que la fonction d’onde ne prédit pas le résultat d’une mesure individuelle ; elle
8
I.4. Mesure en mécanique quantique
¯ ¯2
détermine plutôt la distribution de probabilité ¯〈ψ|ψ〉¯ des mesures effectuées sur un
grand nombre de systèmes identiques, tous dans le même état.
Valeurs moyennes
Considérons un système quantique dans un état |ψ〉 quelconque. La valeur moyenne,
notée 〈Â〉ψ , d’une observable A est donnée par :
〈ψ|Â|ψ〉
〈Â〉ψ = (I.26)
〈ψ|ψ〉
Par exemple l’énergie d’un système est donnée par la valeur moyenne de l’hamiltonien
E = 〈Ĥ〉ψ = 〈ψ|Ĥ|ψ〉/〈ψ|ψ〉
La valeur moyenne 〈Â〉ψ représente essentiellement, la moyenne des résultats de me-
sure de  sur l’état |ψ〉. Pour voir cela, on utilise l’ensemble complet des vecteurs propres
{|u n 〉} de  comme une base discrète (rappelons que  est diagonal dans cette base), nous
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〈ψ|ÎÂÎ|ψ〉 1 X
〈Â〉ψ = = 〈ψ|u n 〉〈u n |Â|u m 〉〈u m |ψ〉
〈ψ|ψ〉 〈ψ|ψ〉 nm
1 X 1 X
= 〈ψ|u n 〉(a m δmn )〈u m |ψ〉 = a n 〈u n |ψ〉⋆ 〈u n |ψ〉
〈ψ|ψ〉 nm 〈ψ|ψ〉 n
X ¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
= an (I.27)
n 〈ψ|ψ〉
¯〈u n |ψ〉¯2
¯ ¯
an P n
X X
〈Â〉ψ = an = (I.28)
n 〈ψ|ψ〉 n
Alors la valeur propre d’une observable est obtenue en ajoutant les produits de chaque
valeur propre possible a n par sa probabilité correspondante P n .
Notons que la formule (I.28), établie pour la base discrète {|u i 〉}, peut être généralisée
au cas d’une base continue {|w α 〉} comme suit :
R +∞ ¯ ¯2
−∞ a ψ(a) d a
¯ ¯ Z +∞
〈Â〉ψ = R +∞ ¯ = a d P (a) (I.29)
¯ψ(a)¯2 d a
¯
−∞
−∞
9
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
A de chacun de ces systèmes. Ceci donne les valeurs a 1 , a 2 , . . . , a k , . . . avec des probabilités
respectivement P 1 , P 2 , . . . , P k , . . . , la valeur moyenne de toutes ces mesures effectuées
sur ces systèmes identiques est dite valeur moyenne de  par rapport à l’état |ψ〉.
Notons que le fait d’obtenir des différents résultats de mesure de la même observable
sur des systèmes préparés de façon identique est en contradiction avec la physique clas-
sique ; dans celle-ci ces mesures doivent donner le même résultat. Alors en mécanique
quantique on peut prédire que la probabilité de trouver une certaine valeur d’une obser-
vable.
de les mesures de A et B dépend de l’ordre dans lequel ces mesures sont effectuées. Si on
mesure d’abord A puis, aussitôt après, B (avant que le système ait eu le temps d’évoluer)
on obtient en général des résultats différents de ceux obtenus en mesurant d’abord B puis,
aussitôt après, A . Comment cela se passe-t-il ?
Pour clarifier ce point, considérons deux opérateurs  et B̂ qui ne commutent pas et
on suppose que le système est initialement dans l’état propre |u n(a) 〉 de Â, la mesure de A
donne avec certitude la valeur a n , car Â|u n(a) 〉 = a n |u n(a) 〉 Si on mesure maintenant B, le
système sera après cette mesure dans l’un des états propres, |u n(b)
′ 〉, de B̂ et si on mesure à
nouveau A on obtient une valeur différent de a n . Quel est le résultat de la dernière mesure
de A ? Nous ne pouvons pas répondre à cette question avec certitude ; seul un résultat
probabiliste est possible. Pour cela, on doit écrire les états propres de B̂ en fonction de ceux
de B̂, et donner donc une réponse probabiliste quant à la valeur de la mesure A . Donc, si
 et B̂ ne commutent pas, ils ne peuvent pas être mesurés simultanément ; c’est-à-dire que
l’ordre dans lequel ils sont mesurés est important.
Que se passe-t-il lorsque  et B̂ commutent ? Nous pouvons montrer que dans ce cas
les résultats de leurs mesures ne dépendront pas de l’ordre dans lequel ils sont mesurés.
Théorème 4.1
10
I.4. Mesure en mécanique quantique
Démonstration 4.1
Nous nous limiterons ici au cas non dégénéré. Soient A et B deux observables
compatibles, [Â, B̂] = 0, et |u n 〉 un état propre non dégénéré de Â, Â|u n 〉 = a n |u n 〉,
Â|u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 = a n1 |u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 (I.32)
B̂|u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 = b n2 |u n(a)
1
, u n(b)
2
〉 (I.33)
|u n 〉 = |u n(a)
1
, u n(b)
2
, u n(c)3 , . . . 〉 (I.34)
Montrons maintenant pourquoi l’ordre dans lequel nous effectuons les mesures de deux
observables compatibles A et B est sans importance.
En mesurant d’abord A , on trouve une valeur a n et l’état du système après la mesure
est l’un des états propres de Â, mais selon le Théorème 4.1 cet état propre est aussi un état
propre de B̂. Alors, la mesure de B (immédiatement après la mesure de A ) donne avec
certitude b n sans modifier l’état du système. De cette façon, si on mesure à nouveau A ,
nous obtenons avec certitude la même valeur initiale a n . De même, une autre mesure de B
donnera b n et laissera le système dans le même état propre commun à Â et B̂. Alors, si deux
observables A et B sont compatibles, et si le système est initialement dans un état propre
de l’un de ses opérateurs correspondants, leurs mesures donnent des valeurs (valeurs
1. C’est-à-dire commutent deux à deux.
11
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
propres) précises et ne dépendent pas de l’ordre dans lequel on les effectue. Dans ce cas,
on dit alors que A et B sont mesurables simultanément. Les observables compatibles
peuvent donc être mesurées simultanément avec une précision arbitraire ; mais pas les
observables incompatibles.
Soit A une observable représentée par un opérateur  agissant dans l’espace de Hilbert
H , Lorsque aucune des valeurs propres de  n’est dégénérée, cette base propre est unique,
à un facteur multiplicatif près. Que se passe-t-il si l’opérateur  a des valeurs propres
dégénérées ? Dans ce cas la connaissance d’une valeur propre ne suffit plus à caractériser
l’état du système ; puisqu’aux valeurs propres dégénérées correspondent plusieurs vec-
teurs indépendants. Soit alors B̂ un autre opérateur qui commute avec Â. On peut former
une base orthonormée de vecteurs propres communs à Â et B̂. Si cette base n’est pas
unique, c’est-à-dire s’il y a des couples de valeurs propres (a n1 , b n2 ), auxquelles correspond
plusieurs vecteurs de base de l’espace des états H . Pour résoudre cette dégénérescence,
nous pouvons introduire un troisième opérateur Ĉ qui commute avec  et B̂ ; alors nous
pouvons construire un ensemble d’états propres communs à Â, B̂ et Ĉ qui est complet.
Si la dégénérescence n’est pas encore levée (c’est-à-dire s’il y a toujours des couples de
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Définition 4.1
L’ensemble complet d’observables qui commutent peut parfois être composé d’un seul
opérateur. Tout opérateur dont tous les valeurs propres sont non-dégénérées constitue à
lui seul un E.C.O.C.. Par exemple l’opérateur X̂ pour une particule à 1-dimension et sans
spin est un E.C.O.C.. L’opérateur P̂ de cette particule est aussi un E.C.O.C., mais X̂ et P̂ ne
forment pas un E.C.O.C. car ils ne commutent pas. En résumé, lorsqu’un opérateur donné,
disons Â, est dégénéré, la fonction d’onde ne peut être déterminée de manière unique que
si nous introduisons un ou plusieurs opérateurs supplémentaires pour former un E.C.O.C..
12
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système
1 ¯¯ £
∆A∆B ≥
¤¯
〈 Â, B̂ 〉¯ (I.37)
2
q
où ∆A = 〈Â2 〉 − 〈Â〉2
Comme Illustration de la relation précédente on considère la mesure simultanée des
observables de position X̂ et d’impulsion P̂. Ces observables sont incompatibles, leur
mesure simultanée avec une précision infinie n’est pas possible ; c’est-à-dire, puisque
[X̂, P̂] = i ħ il n’existe aucun état propre commun à X̂ et P̂. Dans le cas des opérateurs X̂ et P̂
la relation (I.37) donne
1 1 ħ
∆X̂∆P̂ ≥ |〈i ħ〉| = |i ħ| =⇒ ∆X̂∆P̂ ≥ (I.38)
2 2 2
peuvent pas être mesurées à la fois avec une précision infinie (certitude). Si la position est
mesurée avec une incertitude ∆x, l’incertitude associée à la mesure de son impulsion ne
peut pas être inférieure à ħ/2∆x. Cela est dû au fait que si on mesure d’abord la position,
on perturbe le système en changeant son état en un état propre de l’opérateur position ;
si on mesure ensuite l’impulsion le système sera projeté dans l’un des états propres de
l’opérateur impulsion.
où Û(t , t 0 ) est appelé opérateur d’évolution. A partir de l’équation (I.39) on remarque que
si t = t 0 on a :
13
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
d ¡ ¢ ¡ ¢
iħ Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 = Ĥ Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 (I.41)
dt
d Û(t , t 0 )
⇒ iħ |ψ(t 0 )〉 = ĤÛ(t , t 0 ) |ψ(t 0 )〉
dt
d Û(t , t 0 ) i
⇒ = − ĤÛ(t , t 0 ) (I.42)
dt ħ
i i
Û(t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) , |ψ(t )〉 = e − ħ Ĥ(t −t0 ) |ψ(t 0 )〉 (I.44)
ou
i i
Û(t , t 0 )Û † (t , t 0 ) = Û(t , t 0 )Û −1 (t , t 0 ) = e − ħ Ĥ(t −t0 ) e + ħ Ĥ(t −t0 ) = Î. (I.45)
∂Ψ(⃗
r ,t) ħ2 2
iħ =− ∇ Ψ(⃗
r , t ) + V̂(⃗
r , t )Ψ(⃗
r ,t) (I.46)
∂t 2m
Ψ(⃗
r , t ) = ψ(⃗
r )χ(t ) (I.47)
14
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système
En Substituant (I.47) dans (I.46) et divisant les deux côtés par ψ(⃗
r )χ(t ), on obtient
1 ∂χ(t ) ħ2 2
µ ¶
1
iħ = − ∇ ψ(⃗
r ) + V̂(⃗
r) (I.48)
χ(t ) ∂t ψ(⃗
r ) 2m
Comme membre de gauche ne dépend que de t seul et le membre de droite ne dépend que
de ⃗
r seul. L’égalité n’est possible que si chacune de ces fonctions est en fait une constante,
r )). On peut
que nous désignons par E, a la dimension de l’énergie (la dimension de V̂(⃗
donc décomposer (I.48) en deux équations différentielles distinctes, l’une dépendant
uniquement du temps,
∂χ(t )
iħ = Eχ(t ) (I.49)
∂t
ħ2 2
· ¸
− r ) ψ(⃗
∇ + V̂(⃗ r ) = Eψ(⃗
r) (I.50)
2m
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Celle-ci est connue sous le nom d’équation de Schrödinger indépendante du temps pour
une particule de masse m se déplaçant dans un potentiel indépendant du temps V̂(⃗
r ).
Les solutions de l’équation (I.49) peuvent être écrites sous la forme : χ(t ) = exp(−i Et /ħ).
D’où la fonction d’onde (I.47) devient :
Ψ(⃗ r ) e −i Et /ħ
r , t ) = ψ(⃗ (I.51)
Notons que l’énergie d’un tel état (i.e. état stationnaire) est bien définie E = hν (état propre
de l’énergie).
En résumé, les états stationnaires, qui sont donnés par les solutions de (I.50), n’existent
que pour les potentiels indépendants du temps. L’ensemble des niveaux d’énergie qui
sont des solutions à cette équation sont appelés le spectre d’énergie du système. Les états
correspondant aux spectres discrets et continus sont dits respectivement liés et non liés.
La solution la plus générale de l’équation de Schrödinger dépendante du temps (I.46)
peut être écrite en termes d’états stationnaires ψn (⃗
r ) exp(−i En t /ħ),
Ψ(⃗ r ) e −i En t /ħ
c n ψn (⃗
X
r ,t) = (I.53)
n
15
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
Z
avec c n = 〈ψn |Ψ(t = 0)〉 = ψ⋆ r ) d 3 r . L’état Ψ(⃗
r )ψ(⃗
n (⃗ r , t ) n’est pas un état stationnaire, car
une superposition linéaire d’états stationnaires n’est pas nécessairement un état station-
naire.
Les équations de Schrödinger dépendante et indépendante du temps à une dimension
sont données par (voir (I.46) et (I.50)) :
∂Ψ(⃗
r ,t) ħ2 2
iħ =− ∇ Ψ(⃗
r , t ) + V̂(⃗
r , t )Ψ(⃗
r ,t) (I.54)
∂t 2m
ħ2 2
· ¸
− r ) ψ(⃗
∇ + V̂(⃗ r ) = Eψ(⃗
r) (I.55)
2m
1
Z +∞ i ¡
· ¸
Ψ(x, t ) = p φ̃(p) exp
¢
px − Et d p
2πħ −∞ ħ
Z +∞ µ 2
i p
· µ ¶ ¶¸
1
=p φ̃(p) exp px − +V t dp (I.56)
2πħ −∞ ħ 2m
rappelons que les paquets d’ondes unifient les propriétés corpusculaires (E et p) et on-
dulatoires (k et ω) des particules : k = p/ħ, ħω = E = p 2 /(2m) + V. La dérivée partielle par
rapport au temps de (I.56) donne :
∂
· µ 2
+∞ µ 2
i p i p
¶¸ · µ ¶ ¶¸
1
Z
Ψ(x, t ) = p φ̃(p) + V exp − px − +V t dp
∂t 2πħ
−∞ ħ 2m ħ 2m
∂
Z +∞ µ 2 µ 2
p i p
¶ · µ ¶ ¶¸
1
⇒ i ħ Ψ(x, t ) = p φ̃(p) + V exp − px − +V t dp (I.57)
∂t 2πħ −∞ 2m ħ 2m
puisque p 2 /(2m) = −(ħ2 /2m)∂2 /∂x 2 ; il est indépendant de p. Alors en supposant que V
µ 2
p
¶
est indépendant de p on peut sortir le terme + V de l’intégrale et on obtient :
2m
∂ ħ2 2
Z +∞ µ 2
i p
µ ¶ · µ ¶ ¶¸
1
i ħ Ψ(x, t ) = − ∇ +V p φ̃(p) exp − px − +V t dp (I.58)
∂t 2m 2πħ −∞ ħ 2m
∂ ħ2 2
µ ¶
i ħ Ψ(x, t ) = − ∇ + V Ψ(x, t ) (I.59)
∂t 2m
3. Voir l’équation II.39 de [MQ1]
16
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système
cette équation n’est autre que l’équation de Schrödinger (I.54) et elle est valable pour des
potentiels dépendant de x, V = V(x). Alors on a obtenu l’équation de Schrödinger à partie
du paquet d’ondes.
Conservation de la probabilité
Puisque l’opérateur hamiltonien est hermitique, on peut montrer que la norme 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉,
qui est donnée dans la position par
Z
〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = r , t )|2 d 3 r
|Ψ(⃗ (I.60)
est indépendante du temps. Cela signifie que si le vecteur d’état |Ψ(t )〉 est normalisé à
l’instant zéro, 〈Ψ(t = 0)|Ψ(t = 0)〉 = 1, il conserve à tout instant t sa norme ; 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = 1.
On va voir que ceci est une conséquence directe de l’herméticité de Ĥ.
Pour montrer que 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 est constante, il suffit de montrer que sa dérivée par
rapport au temps est nulle. La dérivée par rapport au temps de 〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 est
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
d d d
µ ¶ µ ¶
〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 (I.61)
dt dt dt
d i
|Ψ(t )〉 = − Ĥ |ψ(t )〉 (I.62)
dt ħ
¶†
d d i
µ
〈Ψ(t )| = |Ψ(t )〉 = 〈Ψ(t )|Ĥ† (I.63)
dt dt ħ
d i i
µ ¶ µ ¶
†
〈Ψ(t )|Ψ(t )〉 = 〈Ψ(t )|Ĥ |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| − Ĥ |ψ(t )〉
dt ħ ħ
i ³ ´
= 〈Ψ(t )|Ĥ† |Ψ(t )〉 − 〈Ψ(t )|Ĥ|ψ(t )〉
ħ
=0 (I.64)
car Ĥ† = Ĥ. Alors la densité de probabilité 〈Ψ|Ψ〉 n’évolue pas au cours du temps (indépen-
dante du temps).
Dans ce qui suit, nous allons calculer la densité de probabilité dans la représentation
position. Pour faire cela, on utilise l’équation de Schrödinger dépendante du temps (I.54) :
∂Ψ(⃗
r ,t) ħ2 2
iħ =− ∇ Ψ(⃗
r , t ) + V̂(⃗
r , t )Ψ(⃗
r ,t) (I.65)
∂t 2m
17
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
et sa conjuguée complexe
∂Ψ⋆ (⃗
r ,t) ħ2 2 ⋆
−i ħ =− ∇ Ψ (⃗ r , t )Ψ⋆ (⃗
r , t ) + V̂(⃗ r ,t) (I.66)
∂t 2m
∂Ψ(⃗
r ,t) ∂Ψ⋆ (⃗
r ,t) ħ2 ⋆
i ħΨ⋆ (⃗
r ,t) + i ħΨ(⃗
r ,t) =− Ψ (⃗ r , t )∇2 Ψ(⃗r , t ) + Ψ⋆ (⃗r , t )V̂(⃗r , t )Ψ(⃗
r ,t)
∂t ∂t 2m
ħ2
+ r , t )∇2 Ψ⋆ (⃗
Ψ(⃗ r , t ) − Ψ(⃗r , t )V̂(⃗r , t )Ψ⋆ (⃗r ,t)
2m
ce qui donne :
∂ £ ⋆ ħ2 £ ⋆
Ψ (⃗ r , t )∇2 Ψ(⃗
Ψ (⃗ r , t )∇2 Ψ⋆ (⃗
r , t ) − Ψ(⃗
¤ ¤
iħ r , t )Ψ(⃗
r ,t) = − r ,t) (I.67)
∂t 2m
∂ £ ⋆ ¤ iħ £ ¤ iħ £
Ψ (⃗ Ψ(⃗r , t )∇2 Ψ⋆ (⃗ −Ψ⋆ (⃗ r , t )∇2 Ψ(⃗
¤
r , t )Ψ(⃗ r ,t) + r ,t) + r ,t) = 0
∂t 2m 2m
∂ £ ⋆ ¤ iħ h £ i
Ψ (⃗ ⃗∇ Ψ(⃗ r , t )⃗∇Ψ⋆ (⃗ r ,t) − ⃗ r , t )⃗∇Ψ⋆ (⃗
¤
⇒ r , t )Ψ(⃗ r ,t) + ∇Ψ(⃗ r ,t)
∂t 2m
iħ h i
⃗ ⃗ ⃗ ⃗
£ ⋆ ⋆
−∇ Ψ (⃗
¤
+ r , t )∇Ψ(⃗ r , t ) + ∇Ψ (⃗ r , t )∇Ψ(⃗ r ,t) = 0
2m
∂ £ ⋆ iħ £
½ ¾
Ψ (⃗ ⃗ Ψ(⃗ ⋆ ⋆
r , t ) − Ψ (⃗
¤ ¤
⇒ r , t )Ψ(⃗ r ,t) +∇ r , t )∇Ψ (⃗ r , t )∇Ψ(⃗ r ,t) = 0
∂t 2m
| {z }
∂ρ(⃗
r ,t ) ⃗ ⃗
≡ ∂t +∇·J(⃗ r ,t )
∂ρ(⃗
r ,t)
∇ ·⃗J(⃗
+⃗ r ,t) = 0 (I.68)
∂t
iħ £
r , t ) = Ψ⋆ (⃗
ρ(⃗ r , t ) , ⃗J(⃗ r , t )⃗
Ψ(⃗ ∇Ψ⋆ (⃗ r , t )⃗
r , t ) − Ψ⋆ (⃗
¤
r , t )Ψ(⃗ r ,t) = r ,t)
∇Ψ(⃗ (I.69)
2m
ρ est appelé la densité de probabilité, tandis que⃗J est la densité de courant de probabilité,
ou simplement la densité de courant. Par analogie avec la conservation des charges en
électrodynamique, l’équation (I.68) décrit la conservation de la probabilité.
On peut écrire ρ(⃗
r , t ) comme suit :
ρ(⃗
r , t ) = 〈Ψ(t )|⃗
r 〉〈⃗
r |Ψ(t )〉 = 〈⃗
r |Ψ(t )〉〈Ψ(t )|⃗
r 〉 ≡ 〈⃗
r |ρ̂(t )|⃗
r〉 (I.70)
18
I.5. Evolution dans le temps de l’état du système
avec 4
ρ̂(t ) = |Ψ(t )〉〈Ψ(t )| = Û(t , t 0 )|ψ(t 0 )〉 〈ψ(t 0 )|Û † (t , t 0 ) = Û(t , t 0 )ρ̂(t 0 )Û † (t , t 0 ) (I.72)
d d ∂ d
µ ¶ µ ¶
〈Â〉Ψ = 〈Ψ(t )| |Â|Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )|Â| |Ψ(t )〉
dt dt ∂t dt
i ³ ´ ∂Â
= − 〈Ψ(t )| ÂĤ − Ĥ† Â |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 (I.74)
ħ ∂t
1 £ ¤ ∂Â
= 〈Ψ(t )| Â , Ĥ |Ψ(t )〉 + 〈Ψ(t )| |Ψ(t )〉 (I.75)
iħ ∂t
d 1 £ ∂Â
(I.76)
¤
〈Â〉 = 〈 Â , Ĥ 〉 + 〈 〉
dt iħ ∂t
19
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
dans le temps :
∂ d
(I.77)
£ ¤
Si Ĥ , Â = 0 et = 0 =⇒ 〈Â〉 = 0 =⇒ 〈Â〉 = constante.
∂t dt
Par exemple, l’énergie, l’impulsion et le moment cinétique d’un système isolé sont conser-
vées : d 〈Ĥ〉/d t = 0, d 〈P̂〉/d t = 0 et d 〈L̂〉/d t = 0. Ceci implique que les valeurs moyennes de
Ĥ, P̂ et L̂ sont constantes.
Calculons, à titre d’exemple, l’évolution au cours du temps de la valeur moyenne de
l’opérateur densité (I.71) ; ρ̂(t ) = |Ψ(t )〉〈Ψ(t )|. A partir de l’équation (I.7) on a :
∂ρ̂(t ) ∂ ∂
µ ¶ µ ¶
= |Ψ(t )〉 〈Ψ(t )| + |Ψ(t )〉 〈Ψ(t )|
∂t ∂t ∂t
µ ¶
(I.7) 1 1 †
= Ĥ |ψ(t )〉〈Ψ(t )| + |Ψ(t )〉 − 〈Ψ(t )|Ĥ
iħ iħ
1 1 1 £
= Ĥ ρ̂ − ρ̂ Ĥ = − ρ̂ , Ĥ
¤
(I.78)
iħ iħ iħ
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
d 1 £ ∂ρ̂(t )
〈ρ̂(t )〉Ψ = 〈 ρ̂(t ) , Ĥ 〉Ψ + 〈
¤
〉Ψ
dt iħ ∂t
(I.7) 1 £ 1 £
〈 ρ̂(t ) , Ĥ 〉Ψ + 〈− ρ̂ , Ĥ 〉Ψ
¤ ¤
=
iħ iħ
=0 (I.79)
Alors l’opérateur densité est une constante du mouvement. En effet on peut aisément
montrer que :
Enfin, on note que les constantes du mouvement ne sont que des observables qui
commutent avec Ĥ. On peut donc mesurer simultanément, et avec une précision arbitraire,
ces constantes du mouvements et Ĥ. Si le système possède un ECOC, il y a autant de
ceux-ci que le nombre total de constantes du mouvement.
20
I.6. Symétries et lois de conservation
constante du mouvement 5 . Nous nous limitons aux cas des translations temporelle et
spatiale. Rappelons que, en mécanique analytique (physique classique), l’invariance du la-
grangien d’un système sous les translations spatiale et temporelle implique respectivement
la conservation de l’impulsion et de l’énergie.
i i
µ ¶ µ ¶
Î + δt Ĥ |ψ(t )〉 = |ψ(t )〉 + δt Ĥ|ψ(t )〉 (I.83)
ħ ħ
mais d’après l’équation (I.7) on a : Ĥ(t )|ψ(t )〉 = (i ħ ∂/∂t )|ψ(t )〉, ce qui donne :
i i ∂|ψ(t )〉
µ ¶ µ ¶µ ¶
Î + δt Ĥ |ψ(t )〉 = |ψ(t )〉 + δt i ħ
ħ ħ ∂t
∂|ψ(t )〉
= |ψ(t )〉 − δt (I.84)
∂t
Alors on a :
i ∂|ψ(t )〉
µ ¶
Î + δt Ĥ |ψ(t )〉 = |ψ(t )〉 − δt ≃ |ψ(t − δt )〉 (I.85)
ħ ∂t
car |ψ(t )〉 − δt ∂|ψ(t )〉/∂t sont seulement les termes d’ordre zéro et un en δt de |ψ(t − δt )〉
(les termes d’ordre supérieure à un sont négligeables car δt est très petit). L’équation
(I.85) montre que l’application de Ûδt (Ĥ) à un état |ψ(t )〉 donne l’état |ψ(t − δt )〉 qui n’est
autre que la translation temporelle de |ψ(t )〉 d’une quantité δt . Alors le générateur de la
translation temporelle Ûδt (Ĥ) = Î + (i /ħ)δt Ĥ est l’opérateur hamiltonien Ĥ. Notons que
cette translation préserve la forme globale de l’état |ψ(t )〉 ; ceci est simplement translatée
dans le temps par δt .
5. Comme stipule le théorème de Noether.
21
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
L’application de Ûε (P̂x ) = Î + (i /ħ)εP̂x à la fonction d’onde dans l’espace des positions,
ψ(x) = 〈x|ψ〉, donne :
i i
µ ¶ µ ¶
Î + εP̂x ψ(x) = ψ(x) + ε P̂x ψ(x) (I.86)
ħ ħ
mais on sait que (voir le tableau I.1) : P̂x = −i ħ∂/∂x, donc en utilisant le développement de
Taylor de la fonction ψ(x + ϵ) :
∂ψ(x)
ψ(x + ε) = ψ(x) + ε + O(ε2 ) (I.87)
∂x
on a :
i i ∂ψ(x)
µ ¶ µ ¶µ ¶
Î + εP̂x ψ(x) = ψ(x) + ε −i ħ
ħ ħ ∂x
∂ψ(x)
= ψ(x) + ε
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
∂x
(I.87)
≃ ψ(x + ε, t ) (I.88)
Alors on a :
i ∂ψ(x)
µ ¶
Î + εP̂x ψ(x) = ψ(x) + ε ≃ ψ(x + ε) (I.89)
ħ ∂x
Alors l’application de Ûε (P̂x ) à une fonction d’onde ψ(x) donne la fonction d’onde ψ(x + ε)
qui n’est autre que la translation spatiale de ψ(x) d’une quantité ε (On peut voir à partir de
cet exemple la signification physique des paramètres des transformations ε).
En utilisant la relation [X̂, P̂x ] = i ħ, nous déduisons de l’équation (I.82) que l’opérateur
position X̂ se transforme comme suit :
i i i
µ ¶ µ ¶
′
X̂ = Î + εP̂x X̂ Î − εP̂x ≃ X̂ + ε[P̂x , X̂]
ħ ħ ħ
i
= X̂ + ε (−i ħ) = X̂ + ε (I.90)
ħ
Les relations (I.89) et (I.90) montrent que l’opérateur impulsion, P̂x , dans la formule
Î + (i /ħ)εP̂x est le générateur d’une translation spatiale infinitésimale.
22
I.6. Symétries et lois de conservation
i τ N i
µ ¶ · ¸
Ûτ (Ĥ) = lim 1 + Ĥ = exp τĤ (I.91)
N→∞ ħN ħ
i
·¸
Ûτ (Ĥ)|ψ(t )〉 = exp τĤ |ψ(t )〉 = |ψ(t − τ)〉 (I.92)
ħ
i
exp ⃗ Pˆ à une fonction d’onde ψ(⃗
a ·⃗ r ), translate celle-ci dans l’espace par le vecteur ⃗a:
ħ
i
· ¸
ˆ
Û⃗a (⃗ r ) = exp ⃗
P)ψ(⃗ ˆ
a ·⃗
P ψ(⃗ r +⃗
r ) = ψ(⃗ a) (I.93)
ħ
ˆ on utilise la formule
Pour calculer le transformé de l’opérateur vecteur position, ⃗
R,
suivante (voir la relation (III.174) de [MQ1]) :
(i α)2 (i α)3
Â′ = e i αĜ Âe −i αĜ = Â + i α [Ĝ, Â] +
[Ĝ, [Ĝ, Â]] + [Ĝ, [Ĝ, [Ĝ, Â]]] + · · · (I.94)
2! 3!
i
· ¸
ˆ
⃗
l’application de la relation précédente pour Û⃗a (P) = exp ⃗ ⃗ˆ
a · P donne :
ħ
i i ˆ+[i ⃗
· ¸ · ¸
ˆ
⃗ ′
R = exp ⃗ ⃗ˆ ˆ
⃗
a · P R exp − ⃗ ˆ
a · P =⃗
⃗ R ˆ⃗
a ·⃗
P, ˆ +0
R]
ħ ħ ħ
ˆ+ i⃗
≃⃗
R a (−i ħ) = ⃗ˆ +⃗
R a (I.95)
ħ
où on a utilisé la relation [⃗ ˆ⃗
a ·⃗
P, ˆ = −i ħ⃗
R] ˆ [⃗
a et le fait que [⃗
P, ˆ⃗
P, ˆ = [⃗
R]] ˆ −i ħ] = 0. Les relations
P,
i
· ¸
⃗ˆ
(I.93) et (I.95) montrent que l’opérateur impulsion, P, dans la formule exp ⃗ ⃗ˆ
a · P est le
ħ
générateur des translations spatiales finies.
23
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
(i α)2 (i α)3
Ĥ′ = e i αĜ Ĥe −i αĜ = Â + i α [Ĝ, Ĥ] + [Ĝ, [Ĝ, Ĥ]] + [Ĝ, [Ĝ, [Ĝ, Ĥ]]] + · · · (I.96)
2! 3!
On sait que (Voir l’équation (III.103) de [MQ1]) : [Ĥ, Ĝ] = 0 ⇒ [Ĥ, exp(Ĝ)], alors si Ĥ
commute avec Ĝ, il commute également avec la transformation unitaire Ûα (Ĝ) = exp[i αĜ].
Ceci implique qu’il est invariant sous la transformation Ûα (Ĝ) car :
D’autre part, si l’opérateur Ĝ, en plus qu’il vérifie [Ĝ, Ĥ] = 0, ne dépend pas explicitement
du temps, il y a une loi de conservation : il découle de l’équation (I.76) que Ĝ est une
constante du mouvement. en effet :
d 1 £ ∂Ĝ
(I.98)
¤
〈Ĝ〉 = 〈 Ĝ , Ĥ 〉 + 〈 〉 = 0
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dt iħ ∂t
Pˆ ′ = ⃗
⃗ Pˆ , ⃗
ˆ ′ =⃗
R ˆ
R (I.99)
24
I.6. Symétries et lois de conservation
Par exemple, comme l’hamiltonien d’une particule libre ne dépend pas des coordonnées, il
ˆ = 0. L’hamiltonien est alors invariant sous les translations
commute avec l’impulsion [Ĥ,⃗
P]
d’espace car
i i i i
µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶
′
Ĥ = exp ⃗ ⃗ˆ
a · P Ĥ exp ⃗ ⃗ˆ
a · P = exp ⃗ ⃗ˆ
a · P exp ⃗ ⃗ˆ
a · P Ĥ = Ĥ (I.100)
ħ ħ ħ ħ
d ˆ 1 hˆ i Pˆ
∂⃗
〈⃗
P〉 = 〈 ⃗P , Ĥ 〉 + 〈 〉 = 0 (I.101)
dt iħ ∂t
Opérateur parité
Jusqu’à présent nous n’avons considérée que des transformations unitaires continues
(les translations temporelles et d’espace). Nous allons considérer maintenant une transfor-
mation unitaire discrète : la parité. La transformation de parité consiste à inverser le signe
des coordonnées : ⃗r → −⃗r et donc
Π̂ψ(⃗
r ) = ψ(−⃗
r) (I.102)
Dans ce cas, l’hamiltonien et l’opérateur parité ont des états propres communs. Par
exemple, les fonctions d’onde d’une particule se déplaçant dans un potentiel symétrique,
r ) = V̂(−⃗
V̂(⃗ r ), ont des parités définies : elles ne peuvent être que paires ou impaires. De
même, nous pouvons constater que la parité d’un système isolé est une constante du
mouvement.
25
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
d qi ∂H d pi ∂H
= , =− (I.104)
dt ∂p i dt ∂q i
où
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H = H(⃗
q1 , . . . , ⃗ ⃗1 , . . . , p
qN , p ⃗N ) (I.105)
est l’hamiltonien total du système. Une observable physique est une fonction A (q i , p i , t )
de l’espace des phases, donc sa différentielle est :
N µ ∂A ∂A
¶
∂A
dA =
X
d qk + d pk + dt, (I.106)
k=1 ∂q k ∂p k ∂t
dA N µ ∂A d q ∂A d p k ∂A
¶
X k
= + + , (I.107)
dt k=1 ∂q k d t ∂p k d t ∂t
dA N µ ∂A ∂H ∂A ∂H ∂A
¶
X
= − + ,
dt k=1 ∂q k ∂p k ∂p k ∂q k ∂t
∂A
≡ {A , H} + (I.108)
∂t
avec
XN µ ∂A ∂H ∂A ∂H
¶
{A , H} = − (I.109)
k=1 ∂q k ∂p k ∂p k ∂q k
est dite crochet de Poisson pour A et H. Alors l’évolution temporelle d’une observable
26
I.7. Limite classique de la mécanique quantique
q j , pk = δ j k
© ª © ª © ª
q j , qk = 0 , p j , pk = 0 , (I.111)
On peut aisément vérifier que les crochets de Poisson ont les propriétés suivantes :
1. antisymétrie :
{A , B} = − {B , A }
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
(I.112)
2. bilinéarité
{αA , B} = α {A , B} A , βB = β {A , B}
© ª
, (I.113)
3. de conjugué complexe :
{A , B}⋆ = B ⋆ , A ⋆
© ª
(I.114)
4. distributivité :
{A , BC } = {A , B} C + B {A , C } , {A B , C } = A {B , C } + {A , C } B (I.115)
{A , {B , C }} + {B , {C , A }} + {C , {A , B}} = 0 (I.116)
6. vérifie :
A , B n = nBn−1 {A , B}
© n
A , B = nAn−1 {A , B}
© ª ª
, (I.117)
27
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
d 1 £ ∂Â
(I.118)
¤
〈Â〉 = 〈 Â , Ĥ 〉 + 〈 〉
dt iħ ∂t
1 £
 , Ĥ ←→ {A , B}classique
¤
(I.119)
iħ
Notons que les expressions de la mécanique classique peuvent être obtenues à partir de
leurs contreparties quantiques, mais l’inverse n’est pas possible. Autrement dit, la division
des expressions de la mécanique quantique par i ħ conduit à leurs analogues classiques,
mais la multiplication des expressions de la mécanique classique par i ħ ne donne pas
forcement leurs analogues quantiques.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Théorème d’Ehrenfest
Si la mécanique quantique dois être plus générale que la mécanique classique, elle doit
contenir la mécanique classique comme une limite. Pour illustrer cette idée, on compare
l’évolution temporelle des valeurs moyennes des opérateurs position et impulsion, ⃗ ˆ et ⃗
R Pˆ
ˆ ), avec leurs contreparties classiques.
d’une particule se déplaçant dans un potentiel V̂(⃗
R
Comme la position et l’impulsion ne dépendent pas explicitement du temps on a
ˆ
〈∂⃗
R/∂t 〉 = 0 et 〈∂⃗ˆ
P/∂t 〉 = 0. Alors en insérant Ĥ = ⃗ Pˆ 2 /2m + V̂(⃗
ˆ , t ) dans l’équation (I.76) et
R
ˆ commute avec V̂(⃗
utilisant le fait que ⃗
R ˆ , t ), on peut écrire :
R
d ˆ 1 hˆ i 1 1 h ˆ ˆ 2i 1 hˆ ˆ ,t) 〉
i
〈⃗
R〉 = 〈 ⃗ R , Ĥ 〉 = 〈⃗R,⃗P 〉+ 〈 ⃗ R , V̂(⃗
R
dt iħ i ħ 2m iħ
1 1 ˆ hˆ ˆi hˆ ˆi ˆ 1 1 ˆ = 1 〈⃗
ˆ
= 〈⃗P ⃗R,⃗P + ⃗ R,⃗P ⃗P〉 + 0 = × 2i ħ × 〈⃗P〉 P〉 (I.120)
i ħ 2m i ħ 2m m
d ˆ 1 hˆ i 1 1 h ˆ ˆ 2i 1 hˆ ˆ ,t) 〉
i
〈⃗
P〉 = 〈 ⃗ P , Ĥ 〉 = 〈⃗P ,⃗
P 〉+ 〈 ⃗ P , V̂(⃗
R
dt iħ i ħ 2m iħ
1 ˆ , t )〉 = −〈⃗ ˆ , t )〉
= 0 + 〈−i ħ ⃗ ∇V̂(⃗R ∇V̂(⃗R (I.121)
iħ
ˆ ,⃗
Pˆ = i ħ , Pˆ , V̂(⃗
ˆ , t ) = −i ħ ⃗ ˆ ,t)
h i h i
⃗
R ⃗ R ∇V̂(⃗
R (I.122)
Alors on a :
d ˆ 1 ˆ
〈⃗
R〉 = 〈⃗
P〉 (I.123)
dt m
d ˆ ˆ , t )〉
〈⃗ ∇V̂(⃗
P〉 = −〈⃗ R (I.124)
dt
28
I.7. Limite classique de la mécanique quantique
Les deux relations précédentes (I.123) et (I.124), exprimant l’évolution dans le temps des
valeurs moyennes des opérateurs position et impulsion et sont connues sous le nom de
théorème d’Ehrenfest, ou équations d’Ehrenfest. Leurs formes rappellent les équations de
Hamilton-Jacobi de la mécanique classique,
d⃗
r ⃗
p ⃗
dp
= , = −⃗ r)
∇V(⃗ (I.125)
dt m dt
d 2⃗
r
m 2 = −⃗ r ) ≡ ⃗F
∇V(⃗ (I.126)
dt
29
Chapitre I. Postulats de la mécanique quantique
En résumé, la limite classique peut être décrite comme la limite h → 0 ou, de façon équi-
valente, comme la limite λ → 0. Dans ces limites, les résultats de la mécanique quantique
devraient être similaires à ceux de la physique classique :
La mécanique classique peut ainsi être considérée comme la limite à longueur d’onde
courte de la mécanique quantique. De cette façon, la mécanique quantique contient la
mécanique classique comme cas limite. Ainsi, dans la limite h → 0 ou λ → 0, les grandeurs
dynamiques quantiques devraient avoir, comme proposé par Bohr, une correspondance
univoque avec leurs contreparties classiques. C’est l’essence du principe de correspon-
dance.
Mais comment concilier, dans la limite classique, la nature probabiliste de la mécanique
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
30
Chapitre II
ħ2 ∂2
· ¸
− + V̂(x) ψ(x) = Eψ(x) (II.1)
2m ∂x 2
où E est l’énergie totale de la particule. Les solutions de cette équation donnent les valeurs
propres d’énergie autorisées, En , et les fonctions d’onde correspondantes ψn (x). Pour
résoudre cette équation aux dérivées partielles, nous devons spécifier le potentiel V(x)
ainsi que les conditions aux bords ; celles-ci peuvent être obtenues à partir des exigences
physiques sur le système.
Nous avons vu, dans le chapitre précédent(voir l’équation (I.51)) , que les solutions de
l’équation de Schrödinger pour des potentiels indépendants du temps sont les états dites
stationnaires,
dont la densité de probabilité est stationnaire, c’est-à-dire ne dépend pas du temps. Rap-
p
pelons que l’état ψ(x) a la dimension de 1/ L, où L est une longueur. Par conséquent, la
dimension de |ψ|2 est 1/L.
Nous allons donner des propriétés générales du mouvement unidimensionnel et discu-
tons l’aspect symétrique des solutions. Dans le reste du chapitre nous appliquons l’équa-
tion de Schrödinger à divers potentiels unidimensionnels : une particule libre, marche de
potentiel, les puits de potentiel fini et infini et l’oscillateur harmonique.
31
Chapitre II. Problèmes à une dimension
Etats continus
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Etats continus
Les états correspondant à cette région d’énergie sont appelés les états liés. Ils sont définis
comme des états dont les fonctions d’onde sont finies (ou nulles) lorsque x → ±∞ ; les
états liés ont généralement des énergies inférieures au potentiel E < V. Pour avoir des
états liés, le potentiel V(x) doit posséder au moins un minimum inférieur à V1 (c’est-à-dire
32
II.1. Propriétés du mouvement à une dimension
Vmin < V1 ). Le spectre d’énergie des états liés est discret. Nous devons utiliser les conditions
aux bords pour trouver la fonction d’onde et l’énergie.
Nous présentons maintenant deux théorèmes qui sont particulièrement intéressants
pour l’étude des états liés.
Théorème 1.1
Les niveaux d’énergie des états liés (discrets) de tout mouvement à une dimension,
sont discrets et non dégénérés.
Théorème 1.2
La fonction d’onde Ψn (x) d’un système d’état lié à une dimension possède n nœuds
(c’est-à-dire que Ψn (x) s’annule n fois) si n = 0 correspond à l’état fondamental (l’état
d’énergie minimale) et n − 1 nœuds si n = 1 correspond à l’état fondamental.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
33
Chapitre II. Problèmes à une dimension
le cas non dégénéré précédent, l’une des deux solutions est exclue car elle diverge
lorsque x → +∞.
Contrairement aux états liés, Les états non liés ne peuvent pas être normalisés et on ne
peut pas utiliser les conditions aux bords.
spectre mixte
Les potentiels confinant la particule dans région où seules certaines énergies sont
permises, donnent naissance à des spectres mixtes ; le mouvement de la particule pour
de tels potentiels est limité à certaines valeurs d’énergie. Par exemple, pour le potentiel
illustré sur la figure II.1, si l’énergie de la particule est comprise entre Vmin < E < V1 , la
particule est dans un état lié (confiné) et son spectre d’énergie est discret, mais si E < V2 ,
La particule est dans un état lié et le spectre d’énergie est continu (si V1 < E < V2 , l’état de
la particule n’est non lié que le long de la direction x = −∞). Les spectres associés à un
puits de potentiel carré infini et à un potentiel de Coulomb (ou moléculaire) sont des
exemples typique des spectres mixtes.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
• Spectre dégénéré
34
II.2. Particule libre : états continus
Le cas d’une particule libre, est le problème unidimensionnel le plus simple ; il corres-
pond à V(x) = 0 pour toute les valeurs de x. Dans ce cas, l’équation de Schrödinger (II.1)
devient ;
ħ2 ∂2 ψ(x) ∂
µ 2 ¶
2
− = Eψ(x) =⇒ + k ψ(x) = 0 (II.5)
2m ∂x 2 ∂x 2
où
2mE
k= (II.6)
ħ2
est le nombre d’onde. L’équation différentielle (II.5) admet comme solution la combinaison
linéaire de deux ondes planes indépendantes ψ± (x) = exp[±i kx] :
ψk (x) = A+ e i kx + A− e −i kx (II.7)
où A− et A+ sont deux constantes arbitraires. La fonction d’onde complète est donc donnée
par l’état stationnaire :
car ω = E/ħ = ħk 2 /2m. Le premier terme, Ψ+ (x, t ) = A+ e i (kx−ωt ) , représente une onde
se propageant dans le sens des x croissants (vers la droite), tandis que le second terme,
Ψ− (x, t ) = A− e −i (kx+ωt ) , représente une onde se déplaçant dans le sens des x décroissants
(vers la gauche). Les intensités de ces ondes sont données respectivement par |A+ |2 et |A− |2 .
Notons que les ondes Ψ+ (x, t ) et Ψ− (x, t ) sont associées respectivement à une particule
35
Chapitre II. Problèmes à une dimension
libre se déplaçant vers la droite et vers la gauche d’impulsion et d’énergie bien définies :
p ± = ±ħk et E = ħ2 k 2 /2m. Ceci est due au fait qu’en l’absence de conditions aux bords,
il n’y a pas de restrictions sur k ou sur E ; toutes les valeurs donnent des solutions de
l’équation.
Le problème de la particule libre est est, mathématiquement, simple à résoudre, il
présente cependant quelques subtilités physiques. Discutons brièvement trois de ces
subtilités. Tout d’abord, les densités de probabilité correspondant à ces solutions
ω E ħk 2 /2m ħk
v onde = = = = (II.10)
k ħk k 2m
p ħk
v classique = = = 2v onde (II.11)
m m
Cela signifie que la particule se déplace deux fois plus vite que l’onde qui la représente !
Troisièmement, la fonction d’onde n’est pas normalisable :
Z +∞ Z +∞
Ψ⋆
± (x, t )Ψ± (x, t )d x = |A± | 2
dx → ∞ (II.12)
−∞ −∞
Les solutions Ψ± (x, t ) ne sont donc pas physiques ; car les fonctions d’onde physiques
doivent être de carrés intégrables. Le problème vient du fait qu’une particule libre ne peut
pas avoir des valeurs d’impulsion et d’énergie précisément définies.
Compte tenu des trois subtilités décrites ci-dessus, les solutions de l’équation de
Schrödinger (II.5) qui sont physiquement acceptables ne peuvent pas être des ondes
planes. Au lieu de cela, nous pouvons construire des solutions physiques au moyen d’une
superposition linéaire d’ondes planes. La réponse est fournie par les paquets d’onde (voir
d Ψ+
1. On pose A+ = 1, comme = i k exp[i (kx − ωt )]Ψ+ = i kΨ+ , la vitesse classique est associée avec le
dx
iħ d Ψ⋆ d Ψ+ iħ p
· ¸
ħk
flux (ou la densité de courant) comme suit : J+ = Ψ+ +
− Ψ⋆
+ = (−2i k)|Ψ+ |2 = = =
2m dx dx 2m m m
v classique .
36
II.3. Marche de potentiel
le chapitre II de [MQ1]) :
1
Z +∞
ψ(x, t ) = p φ(k)e i (kx−ωt ) d k (II.13)
2π −∞
1
Z +∞
φ(k) = p ψ(x, 0)e −i kx d x (II.14)
2π −∞
La solution du paquet d’ondes résout et évite toutes les subtilités soulevées ci-dessus.
Premièrement, l’impulsion, la position et l’énergie de la particule ne sont plus connus avec
certitude ; seuls des résultats probabilistes, de leurs valeurs, sont possibles. Deuxièmement,
on sait que 2 le paquet d’onde (II.13) et la particule se déplacent avec la même vitesse
v g = p/m = d (ω)/d k, appelée la vitesse de groupe. Troisièmement, le paquet d’onde (II.13)
est normalisable.
Pour résumer, une particule libre ne peut pas être représentée par une seule onde plane
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
(monochromatique) ; elle doit être plutôt représentée par un paquet d’ondes. Les solutions
physiques de l’équation de Schrödinger sont donc données par des paquets d’ondes et
non par des solutions stationnaires.
37
Chapitre II. Problèmes à une dimension
F IGURE II.2 – Marche de potentiel et les directions de propagation des ondes incidentes,
réfléchies et transmises, puis leurs densités de probabilité |ψ(x)|2 lorsque E > V0 et E < V0 .
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Les particules sont libres dans la région x < 0 et soumises à un potentiel répulsif V0 qui
commence en x = 0 et reste plat (constant) dans la région x > 0. Analysons la dynamique
de ce flux de particules dans le cadre, tout d’abord, de la mécanique classique puis de la
mécanique quantique.
Traitement classique : les particules se rapprochent de la marche (ou la barrière) de
p
potentiel de la gauche et ont une impulsion constante p = 2mE. Lorsque ces particules
pénètrent dans la région x ≥ 0, où le potentiel est maintenant V = V0 , elles ralentissent
p
jusqu’à son impulsion devient 2m(E − V0 ) ; elles gardent ensuite cette valeur d’impulsion
lors de son déplacement vers la droite. Puisque les particules ont suffisamment d’énergie
pour pénétrer dans la région x ≥ 0, elle y aura une transmission totale : toutes les particules
émergent vers la droite avec une énergie cinétique (plus petite) E − V0 . Il s’agit alors d’un
simple problème de diffusion unidimensionnel.
Traitement quantique : la dynamique de la particule est régie par l’équation de Schrö-
dinger, qui est donnée dans ces deux régions par (II.5)
d2
µ ¶
2
+ k 1 ψ1 (x) = 0 , (x < 0) (II.16)
d x2
µ 2
d
¶
2
+ k 2 ψ2 (x) = 0 , (x > 0) (II.17)
d x2
avec
2mE 2m(E − V0 )
k 12 = , k 22 = (II.18)
ħ2 ħ2
38
II.3. Marche de potentiel
Les solutions les plus générales de ces deux équations sont les ondes planes suivantes :
ψ1 (x)e −i ωt
= Ae i (k1 x−ωt ) + Be −i (k1 x+ωt ) si x < 0
Ψ(x, t ) = (II.21)
ψ (x)e −i ωt = Ce i (k2 x−ωt ) si x ≥ 0
2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
R représente le rapport entre le faisceau incident et le faisceau réfléchi, tandis que T est
le rapport entre le faisceau transmis et le faisceau incident. Pour calculer R et T on a
besoin des expressions des densités Jréfléchi , Jincident et Jtransmis . Puisque l’onde incidente
est ψi (x) = Ae i k1 x , la densité de courant incident (ou flux incident) :
d ψ⋆
" #
iħ (x) d ψ (x) iħ
Jincident = ψi (x) i
− ψ⋆
i (x)
i
= (−2i k 1 )|ψi (x)|2
2m dx dx 2m
ħk 1 2
= |A| (II.23)
m
ħk 1 2 ħk 2 2
Jréfléchi = |B| , Jtransmis = − |C| (II.24)
m m
39
Chapitre II. Problèmes à une dimension
ħk 1
m |B|
2
|B|2 − ħk 2
m |C|
2
k 2 |C|2
R= = , T= =− (II.25)
ħk 1 2 |A|2 ħk 1 2 k 1 |A|2
m |A| m |A|
d ψ1 (0) d ψ2 (0)
ψ1 (0) = ψ2 (0) , = (II.26)
dx dx
En remplaçant ψ1 (0) et ψ2 (0) par ses expressions (II.19) et (II.20) on trouve (avec D = 0) :
A+B = C , k 1 (A − B) = k 2 C (II.27)
2k 1 B = (k 1 − k 2 )C (II.28)
2k 1 A = (k 1 + k 2 )C (II.29)
Ce qui donne :
k1 − k2 2k 1
B= A , C= A (II.30)
k1 + k2 k1 + k2
où l’expression de B est obtenue par le quotient de (II.28) par (II.29) tandis que celle de C
découle directement de (II.29). Quant à la constante A, on peut la déterminer à partir de la
condition de normalisation de la fonction d’onde, mais nous n’en avons pas besoin ici, car
R et T sont exprimés en termes des rapports. En substituant (II.30) dans (II.25) on obtient
|B|2 ¯¯ k 1 − k 2 ¯¯2 (k 1 − k 2 )2 (1 − K )2
¯ ¯
R= = = = (II.31)
|A|2 ¯ k 1 + k 2 ¯ (k 1 + k 2 )2 (1 + K )2
k 2 |C|2 k 2 |C|2 ¯¯ 2k 1 ¯¯2
¯ ¯
4k 1 k 2 4K
T=− =− = = (II.32)
k 1 |A| 2 2
k 1 |A| k 1 + k 2
¯ ¯ (k 1 + k 2 )2 (1 + K )2
p
avec K = k 2 /k 1 = 1 − V0 /E. La somme de R et T est égale à un, R + T = 1, comme il se
doit (car il est certain que la particule est soit transmise, soit réfléchie).
Contrairement à la mécanique classique, qui prévoit que toute les particules rebon-
dissent sur la marche de potentiel (c’est-a-dire qu’il y a une transmission totale), l’équation
(II.31) montre qu’en mécanique quantique le coefficient de réflexion R n’est pas nul : il y a
des particules qui se réfléchissent malgré le fait que leurs énergies soient supérieures que
la hauteur de la marche de potentiel V0 . Notons que cet effet doit être lié au comportement
ondulatoire des particules.
40
II.3. Marche de potentiel
D’après (II.31), nous voyons que lorsque E devient de plus en plus petit, T devient
également de plus en plus petit, de sorte que lorsque E = V0 , le coefficient de transmission
p
T devient nul et R = 1. Par contre, quand E ≫ V0 , on a K = 1 − V0 /E ≃ 1 ; d’où R = 0 et
T = 1. Cela est attendu car, lorsque les particules incidentes ont des énergies très élevées, la
marche de potentiel est si faible qu’il ne produit aucun effet notable sur leur mouvement.
Tout au long de cette section, nous aurons besoin des conditions aux bords auxquelles
la fonction d’onde et sa dérivée première sont soumises, comme dans l’équation (II.26).
Quelle est la physique sous-jacente derrière ces conditions de continuité ? En effet, nous
pouvons faire deux observations :
1) Étant donné que la densité de probabilité |ψ(x)|2 de trouver la particule dans une
petite région varie continuellement d’un point à un autre, la fonction d’onde ψ(x)
doit donc être une fonction continue de x. Alors, comme le montre (II.26), nous
devons avoir ψ1 (0) = ψ2 (0)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
2) Étant donné que l’impulsion de la particule, P̂ψ(x) = −i ħd ψ(x)/d x, doit être une
fonction continue de x lorsque la particule se déplace de gauche à droite, la première
dérivée de la fonction d’onde, d ψ(x)/d x, doit également être une fonction continue
de x, notamment en x = 0. Par conséquent, comme le montre (II.26), nous devons
avoir d ψ1 (0)/d x = d ψ2 (0)/d x.
d2
µ ¶
′2
− k 2 ψ2 (x) = 0 (II.33)
d x2
2
avec k ′ 2 = 2m(V0 − E)/ħ2 . La solution de l’équation précédente est
′ ′
ψ2 (x) = Ce −k2 x + De k2 x (x ≥ 0) (II.34)
41
Chapitre II. Problèmes à une dimension
′
Puisque la fonction d’onde doit être finie partout et le fait que le terme e k2 x diverge lorsque
x → ∞, la constante D doit être nulle. D’où, la fonction d’onde complète est
Ae i (k1 x−ωt ) + Be −i (k1 x+ωt ) si x < 0
Ψ(x, t ) = (II.35)
Ce −k 2′ x
e −i ωt si x ≥ 0
Calculons maintenant, comme nous l’avons fait dans le cas précédent, les coefficients de
réflexion R et de transmission T. Notons d’abord que le coefficient de transmission de
la fonction d’onde transmise ψt (x) = C exp[−k 2 x] est nul. En effet, comme ψt (x) est une
fonction purement réelle, ψ⋆
t (x) = ψt (x), on a :
Par conséquent le coefficient de réflexion doit être égal à un, R = 1. On peut obtenir ce
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
2i k 1 A = C(i k 1 − k 2′ ) (II.39)
2i k 1 B = (i k 1 + k 2′ )C (II.40)
ce qui donne :
2i k 1 2k 1 i k 1 + k 2′ k 1 − i k 2′
C= ′ A= A , B= A= A (II.41)
i k1 − k2 k 1 + i k 2′ i k 1 − k 2′ k 1 + i k 2′
où l’expression de C découle directement de (II.39), tandis que celle de B est obtenue par
la division de (II.40) par (II.39). Par conséquent, on a
¯2 2
|B|2 ¯¯ k 1 − i k 2′ ¯¯ k 12 + k 2′
¯
R= = = =1 (II.42)
|A|2 ¯ k 1 + i k 2′ ¯ k2 + k′ 2 1 2
42
II.4. Puits et barrière de potentiel
′ (II.41) 4k 12 |A|2 ′
P (x) = |ψt (x)|2 = |C|2 e −2k2 x = e −2k2 x (II.43)
k 12 + k 2′ 2
Ce potentiel, répulsif, ne possède aucun état lié (voir la figure II.3). Il s’agit ici, comme
dans le cas de la marche de potentiel, d’un problème de diffusion unidimensionnel.
Considérons à nouveau les deux cas suivants, qui correspondent aux énergies des
particules qui sont respectivement plus grandes et plus petites que la barrière de potentiel.
Le cas E > V0
Traitement classique : les particules arrivent sur la barrière de potentiel venant de la
p
gauche avec une impulsion constante, p 1 = 2mE, lorsqu’elles pénètrent dans la région
p
0 ̸= x ̸= a, elles sont décelées jusqu’à ce que leur impulsion devient p 2 = 2m(E − V0 ). Ils
maintiendront l’impulsion p 2 jusqu’à ce qu’elles atteignent le point x = a. Puis, dès qu’elles
passeront au-delà du point x = a, elles accéléreront jusqu’à ce que leur impulsion devient
p
p 2 = 2mE et maintiendront cette valeur d’impulsion dans toute la région x > a. Étant
donné que les particules ont suffisamment d’énergie pour traverser la barrière, aucune
d’elles ne sera réfléchie, c’est-à-dire toutes les particules émergeront du côté droit de x > a ;
il s’agit d’une transmission totale.
Traitement quantique : On peut aisément déduire l’étude quantique de la barrière de
potentiel à partir du traitement de la marche de potentiel présenté dans la section précé-
dente. Il est important de mentionner que la fonction d’onde présente un comportement
oscillatoire dans les trois régions ; son amplitude diminue à chaque fois que la particule
43
Chapitre II. Problèmes à une dimension
ψ1 (x) = Ae i k1 x + Be −i k1 x
si x ≤ 0
ψ(x) = ψ2 (x) = Ce i k2 x + De −i k2 x si 0 < x < a (II.45)
ψ2 (x) = Ee i k1 x
si x ≥ a
où
p q
k1 = 2mE/ħ2 , k2 = 2m(E − V0 )/ħ2 (II.46)
F IGURE II.3 – Barrière de potentiel et les directions de propagation des ondes incidentes,
réfléchies et transmises, puis leurs densités de probabilité |ψ(x)|2 lorsque E > V0 et E < V0 .
d ψ1 (0) d ψ2 (0)
ψ1 (0) = ψ2 (0) , = (II.47)
dx dx
d ψ2 (a) d ψ3 (a)
ψ2 (a) = ψ3 (a) , = (II.48)
dx dx
Ce qui donne
44
II.4. Puits et barrière de potentiel
et donc
A + B =C + D (II.51)
k2
A−B = (C − D) (II.52)
k1
Ce i k2 a + De −i k2 a =Ee i k1 a (II.53)
k 1 i k1 a
Ce i k2 a − De −i k2 a = Ee (II.54)
k2
En ajoutant et retranchant (II.51) et (II.52) et en faisant la même chose pour (II.53) et (II.54)
on obtient
k2 k2
µ ¶ µ ¶
2A = 1 + C+ 1− D (II.55)
k1 k1
k2 k2
µ ¶ µ ¶
2B = 1 − C+ 1+ D (II.56)
k1 k1
k1
µ ¶
2C = 1 + Ee i a(k1 −k2 ) (II.57)
k2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
k1
µ ¶
2D = 1 − Ee i a(k1 +k2 ) (II.58)
k2
k2 k1 k2 k1
µ ¶µ ¶ µ ¶µ ¶
1 i a(k 1 −k 2 ) 1
A = 1+ 1+ Ee + 1− 1− Ee i a(k1 +k2 ) (II.59)
4 k1 k2 4 k1 k2
ceci donne
h i−1
E = 4k 1 k 2 Ae −i k1 a (k 1 + k 2 )2 e −i k2 a − (k 1 − k 2 )2 e i k2 a
¤−1
= 4k 1 k 2 Ae −i k1 a 4k 1 k 2 cos(k 2 a) − 2i (k 12 + k 22 ) sin(k 2 a)
£
(II.60)
16k 12 k 22
=
16k 12 k 22 cos2 (k 2 a) + 4(k 12 + k 22 )2 sin2 (k 2 a)
k 12 k 22
=
k 12 k 22 (1 − sin2 (k 2 a)) + 14 (k 14 + k 24 + 2k 12 k 22 ) sin2 (k 2 a)
k 12 k 22
=
k 12 k 22 + 14 (k 14 + k 24 + 2k 12 k 22 − 4k 12 k 22 ) sin2 (k 2 a)
" #−1
1 (k 12 − k 22 )2 2
= 1+ sin (k 2 a)
4 k 12 k 22
45
Chapitre II. Problèmes à une dimension
" #−1
1 V02 2
q p
= 1+ sin (a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1) (II.61)
4 E(E − V0 )
E
q
λ=a 2mV0 /ħ2 , ε= (II.63)
V0
¸−1 p
sin2 (λ ε − 1)
·
4ε(ε − 1)
R = 1+ p = p (II.65)
sin2 (λ ε − 1) sin2 (λ ε − 1) + 4ε(ε − 1)
k2 k1 k2 k1
µ ¶µ ¶ µ ¶µ ¶
1 i a(k 1 −k 2 ) 1
B = 1+ 1− Ee + 1− 1+ Ee i a(k1 +k2 )
4 k1 k2 4 k1 k2
1 h i
= (k 1 + k 2 ) (k 2 − k 1 ) Ee i a(k1 −k2 ) + (k 1 − k 2 ) (k 2 + k 1 ) Ee i a(k1 +k2 )
4k 1 k 2
1 ¢ h i
e i ak1 k 12 − k 22 E e i ak2 − e −i ak2
¡
=
4k 1 k 2
à !
i i ak1 k 12 − k 22
= e sin(ak 2 ) E (II.66)
2 k1 k2
d’où on a
¯ Ã ! ¯2 " Ã !2 #
|B|2 ¯¯ i i ak1 k 12 − k 22 E ¯¯ 1 k 12 − k 22
R= =¯ e sin(ak 2 ) ¯ = sin2 (ak 2 ) T
|A|2 ¯ 2 k1 k2 A¯ 4 k1 k2
" #
1 V02 2
q p
= sin (a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1)
4 E(E − V0 )
" #−1
1 V02 q
sin2 (a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1)
p
1+
4 E(E − V0 )
−1
· ¸−1
4E(E − V0 ) 4ε(ε − 1)
= 1+
³ p p ´ = 1+ p (II.67)
V02 sin2 a 2mV0 /ħ2 E/V0 − 1 sin2 (λ ε − 1)
46
II.4. Puits et barrière de potentiel
Cas particuliers
p
• Dans la limite ε → 1 on a sin(λ ε − 1) ∼ ε − 1. Alors les équations (II.64) et (II.65)
deviennent
¶−1 ¶−1
ma 2 V0 2ħ2
µ µ
T = 1+ , R = 1+ (II.68)
2ħ2 ma 2 V0
Le coefficient de transmission (II.64) a été dérivé donné pour le cas où V0 > 0, c’est-à-
dire pour une barrière de potentiel. En suivant la même procédure qui a conduit à (II.64),
nous pouvons montrer que le coefficient de transmission pour un puits de potentiel fini,
V0 < 0, est donné par
¸−1
p
·
1
TW = 1 + sin2 (λ ε + 1) (II.69)
4ε(ε − 1)
47
Chapitre II. Problèmes à une dimension
q
où ε = E/|V0 | et λ = a 2m|V0 |/ħ2 . Notons qu’on aura toujours une transmission totale
p p
lorsque sin2 (λ ε + 1) (ou λ ε + 1 = nπ). Comme le montre la figure II.4, on a toujours une
transmission totale, TW (εn ) = 1, lorsque εn = n 2 π2 ħ2 /(2ma 2 ) − |V0 | avec n = 1, 2, 3, . . . .
ψ1 (x) = Ae i k1 x + Be −i k1 x
si x ≤ 0
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
ψ(x) = ψ2 (x) = Ce k2 x + De −k2 x si 0 < x < a (II.70)
ψ2 (x) = Ee i k1 x
si x ≥ a
p q
où k 1 = 2mE/ħ2 et k 2 = 2m(E − V0 )/ħ2 . Le comportement de la densité de probabilité
correspondant à cette fonction d’onde devrait, comme le montre la figure II.3, osciller dans
les régions x < 0 et x > a et décroître exponentiellement pour 0 ≤ x ≤ a.
Pour trouver les expressions des coefficients de réflexion et de transmission,
|B|2 |E|2
R= , T= (II.71)
|A|2 |A|2
k 1 (i k1 −k2 )a k 1 (i k1 +k2 )a
µ ¶ µ ¶
E E
C= 1+i e , D= 1−i e (II.76)
2 k2 2 k2
48
II.4. Puits et barrière de potentiel
En insérant ces deux expressions dans les deux équations (II.72) et (II.73) et en divisant par
A, on obtient
k1
· ¸
B E i k1 a
1+ = e cosh(k 2 a) − i sinh(k 2 a) (II.77)
A A k2
k1
· ¸
B E i k1 a
1− = e cosh(k 2 a) + i sinh(k 2 a) (II.78)
A A k2
|B|2 k − k
R= = sinh2 (k 2 a) 4 cosh2 (k 2 a) + 1 2
sinh2 (k 2 a) (II.81)
|A|2 k1 k2 k1 k2
#−1
2 2
" Ã !
2
|E|2 k − k
T= = 4 4 cosh2 (k 2 a) + 1 2
sinh2 (k 2 a) (II.82)
|A|2 k1 k2
Notons que T est fini. Cela signifie que la probabilité de transmission des particules dans
la région x ≥ a n’est pas nulle (en physique classique, cependant, aucune particule ne
peut pénétrer dans la région x ≥ 0). Il s’agit d’un effet purement quantique qui est dû à
49
Chapitre II. Problèmes à une dimension
l’aspect ondulatoire des objets microscopiques ; il est connu sous le nom de "effet tunnel" :
les objets quantiques peuvent traverser des barrières classiquement interdites. Cet effet
de pénétration de barrière a des applications importantes dans diverses branches de
la physique moderne : la physique des particules, la physique nucléaire, dispositifs à
semi-conducteurs, etc.
Ainsi, puisque
à !2
k 12 + k 22 V02
µ ¶2
V0
= p = (II.86)
k1 k2 E(V0 − E) E(V0 − E)
1 V02 T ³ap ´
R= sinh2 2m(V0 − E) (II.87)
4 E(V0 − E) ħ
´ −1
" #
2
1 V0 2 a
³ p
T = 1+ sinh 2m(V0 − E) (II.88)
4 E(V0 − E) ħ
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ou bien
T ³ p ´
R= sinh2 λ 1 − ε (II.89)
4ε(1 − ε)
·
1 ³ p ´¸−1
2
T = 1+ sinh λ 1 − ε (II.90)
4ε(1 − ε)
q
où ε = E/|V0 | et λ = a 2m|V0 |/ħ2 .
Cas particuliers
p ³ p ´ 1 ³ p ´
• Si E ≪ V0 , donc ε ≪ 1 ou λ 1 − ε ≫ 1, on peut écrire sinh λ 1 − ε = exp λ 1 − ε .
2
On peut ainsi montrer que le coefficient de transmission (II.90) devient asymptoti-
quement égal à
½
1
µ
1 h p i¶2 ¾−1 h p i
T≃ exp λ 1 − ε = 16ε(1 − ε) exp −2λ 1 − ε
4ε(1 − ε) 2
µ ¶
16E E h p i
= 1− exp (−2a/ħ) 2m(V0 − E) (II.91)
V0 V0
Cela montre que le coefficient de transmission n’est pas, comme il devrait être
classiquement, nul, mais a plutôt une valeur finie. Donc, en mécanique quantique, il
y a un tunnel fini au-delà de la barrière, x > a.
• Lorsque E ≃ V0 , donc ε ≃ 1, on peut vérifier que (II.89) et (II.90) conduisent avec les
relations (II.68)
• En prenant la limite classique ħ → 0, les coefficients (II.89) et (II.90) se réduisent aux
ceux classiques : R → 1 et T → 0.
50
II.4. Puits et barrière de potentiel
Effet tunnel
En général, l’effet tunnel consiste en la propagation d’une particule à travers une région
où l’énergie de la particule est inférieure à l’énergie potentielle E < V(x). En mécanique
classique cette région, définie par x 1 < x < x 2 (figure II.5(a)), est interdite à la particule
où son énergie cinétique serait négative ; les points x = x 1 et x = x 2 sont connus comme
les points de retournement classiques. En mécanique quantique, cependant, puisque les
particules ont un caractère ondulatoire, elles peuvent traverser la barrière.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
F IGURE II.5 – (a) Effet tunnel though a potential barrier. (b) Approximation of a smoothly
varying potential V(x) by square barriers barrière de potentiel, TB (ε) et du puis de
potentiel, TW (ε).
2 x2 p
· Z ¸
T ∼ exp − d x 2m [V(x) − E] (II.92)
ħ x1
Nous pouvons obtenir cette relation au moyen d’une approximation très grossière. Pour
cela, nous devons simplement prendre la région classiquement interdite x 1 < x < x 2
(figure II.5(b)) et la diviser en une série de petits intervalles ∆x i . Si ∆x i est suffisamment
petit, nous pouvons approximer le potentiel V(x i ) à chaque point x i par une barrière
de potentiel carrée. Ainsi, nous pouvons utiliser (II.91) pour calculer la probabilité de
transmission correspondant à V(x i ),
2∆x i x2 p
· Z ¸
Ti ∼ exp − d x 2m [V(x i ) − E] (II.93)
ħ x1
51
Chapitre II. Problèmes à une dimension
L’approximation conduisant à cette relation n’est valide que si le potentiel V(x) est une
fonction lisse et variant lentement en fonction de x,
N
Y N
Y
·
2∆x i x2 p
Z ¸
T = lim Ti ∼ lim exp − d x 2m [V(x i ) − E]
N→∞ i =1 N→∞ i =1 ħ x1
" #
2 N Z x2 p
∆x i
X
= exp − lim d x 2m [V(x i ) − E]
ħ ∆xi →0 i =1 x1
2 x2 p
· Z ¸
−→ exp − d x 2m [V(x) − E] . (II.94)
ħ x1
−∞ si x < 0
V(x) = 0 si 0 ≥ x ≥ a (II.95)
+∞ si x > a
d 2 ψ(x)
+ k 2 ψ(x) = 0 (II.96)
d x2
La fonction d’onde s’annule sur les murs situés aux abscisses 0 et a ; ψ(0) = ψ(a) = 0. La
condition ψ(0) = A sin(0) + B cos(0) = B = 0 donne donc B = 0, alors pour la condition
ψ(a) = A sin(ka) + 0 × cos(ka) = 0 implique que ka = 0 + nπ = c’est-à-dire
ka = nπ (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.98)
52
II.5. Puits de potentiel carré infini
ħ2 2 ħ2 π2 2
En = k = n (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.99)
2m n 2ma 2
L’énergie est quantifiée ; seules certaines valeurs sont autorisées. Cela est attendu car
les états d’une particule qui est confinée dans une région limitée de l’espace sont des
états liés et le spectre d’énergie est discret. Ceci contraste fortement avec la physique
classique où l’énergie de la particule, donnée par E = p 2 /(2m) prend n’importe quelle
valeur ; c’est-à-dire l’énergie en mécanique classique évolue d’une manière continu.
Comme le montre l’équation (II.5) la différence d’énergie entre deux niveaux successifs
n’est pas constante. En effet
ħ2 π2
En+1 − En = 2
[(n + 1)2 − n 2 ] ∼ 2n + 1 (II.100)
2ma
En+1 − En 2n + 1
= (II.101)
En n2
En+1 − En 2n + 1 1
lim = lim 2
= lim = 0, (II.102)
n→∞ En n→∞ n n→∞ n
les niveaux deviennent très proches les uns des autres qu’ils sont pratiquement indiscer-
nables (donc l’énergie n’est plus discrète).
Puisque B = 0 et k n = nπ/a, l’équation (II.97) implique que : ψn (x) = A sin(nπx/a). On
peut choisir la constante A, pour que ψn (x) soit normalisable
Z a Z a ³ nπ ´ 1h a ³ ´i
2 2
1= |ψn (x)| d x = |A| sin2 x d x = |A|2 a − cos(0) − cos(2nπ)
0 0 a 2 nπ
r
2
=⇒ A = (II.103)
a
r ³ nπ ´
2
ψn (x) = sin x (n = 1, 2, 3, . . . ) (II.104)
a a
53
Chapitre II. Problèmes à une dimension
F IGURE II.6
p – Les trois plus bas états d’un puits de potentiel infini,
ψn (x) = 2/a sin(nπx/a) ; les états ψn+1 (x) et ψn (x) sont respectivement pairs et impairs
par rapport à x = a/2.
Il est clair que n = 0 donne un résultat inintéressant : psi 0 (x) = 0 et E0 = 0 ; plus tard,
nous examinerons plus en détail les implications physiques de cela. Ainsi, l’énergie la
plus basse, ou énergie d’état fondamental, correspond à n = 1 ; c’est E1 = ħ2 π2 /(2ma 2 ).
Ceci est, comme nous allons expliquer plus loin, appelée aussi l’énergie du point zéro,
car il n’y a aucun état d’énergie nulle. Les états correspondant à n = 2, 3, 4, . . . sont appelés
les états excités ; leurs énergies sont données par En = n 2 E1 . Comme mentionné dans le
Théorème 1.2, chaque fonction ψn (x) a n −1 nœuds. La figure II.6 montre que les fonctions
ψ2n+1 (x) sont paires tandis que les fonctions ψ2n (x) sont impaires par rapport au centre
du puits de potentiel. Notons qu’aucun des niveaux d’énergie n’est dégénéré (il n’y a
qu’une seule fonction propre pour chaque niveau d’énergie) et que les fonctions d’onde
correspondent aux niveaux d’énergie différents sont orthogonales :
Z 2
ψ⋆
m ψn (x)d x = δmn (II.105)
0
Puisque nous nous intéressons aux états stationnaires et En = n 2 E1 , les solutions les plus
générales de l’équation de Schrödinger dépendante du temps sont données par
∞ ∞
r ³ nπx ´
−i En t /ħ 2 X
Ψ(x, t ) = ψn (x) e e −i E1 t /ħ
X
= sin (II.106)
n=1 a n=1 a
Examinons maintenant pourquoi il n’y a aucun état d’énergie nulle pour un puits de
potentiel carré. Si la particule a une énergie nulle, elle sera au repos à l’intérieur du puits,
ce qui viole les inégalités d’incertitude de Heisenberg. En localisant ou en confinant la
particule dans une région limitée de l’espace, elle acquiert une impulsion finie conduisant
54
II.5. Puits de potentiel carré infini
de l’énergie potentielle, avec une énergie cinétique nulle. En mécanique quantique, ce-
pendant, l’état le plus bas ne minimise pas le potentiel seul, mais s’applique à la somme
des énergies cinétique et potentielle, ce qui conduit à un état fondamental fini ou à une
énergie du point zéro. Ce concept a des conséquences physiques de grande envergure
dans le domaine du monde microscopique. Par exemple, sans le mouvement du point
zéro, les atomes ne seraient pas stables, car les électrons tomberaient sur les noyaux. C’est
également l’énergie du point zéro qui empêche l’hélium de geler à très basse température.
L’exemple suivant montre que l’énergie du point zéro est également présente dans
les systèmes macroscopiques, mais elle est infiniment petite. Dans le cas des systèmes
microscopiques, cependant, il a une taille non négligeable.
Premièrement : on s’attendrait à ce que le spectre d’énergie (II.5) ne soit pas affecté par
cette translation, car l’hamiltonien est invariant sous les translations spatiales ; comme il
ne contient qu’une partie cinétique, il commute avec l’impulsion de la particule, [Ĥ , P̂] = 0.
Le spectre d’énergie est discret et non dégénéré.
55
Chapitre II. Problèmes à une dimension
Deuxièmement : comme nous l’avons déjà vu au début de ce chapitre, pour les poten-
tiels symétriques, V(−x) = V(x), la fonction d’onde des états liés doit être paire ou impaire.
La fonction d’onde correspondant au potentiel (II.109) peut s’écrire comme suit :
r h nπ i
2
cos x (n = 1, 3, 5, 7, . . . )
r
2 h nπ ³ a ´i
ψn (x) = sin x+ = ra a (II.108)
a a 2 2 h nπ i
sin x (n = 2, 4, 6, 8, . . . )
a a
−V0 si x < −a/2
V(x) = 0 si −a/2 ≥ x ≥ a/2 (II.109)
+V0 si x > a/2
Les deux cas physiquement intéressants sont E > V0 et E < V0 (voir la figure II.7). on
s’attendrait à ce que les solutions produisent un spectre d’énergie continu et doublement
dégénéré pour E > V0 et un spectre discret non dégénéré pour 0 < E < V0 .
F IGURE II.7 – Le puits de potentiel carré fini et les directions de propagation des ondes
incidente, réfléchie et transmise lorsque E > V0 et 0 < E < V0 .
56
II.6. Puits de potentiel carré fini
donné que toutes les particules ont suffisamment d’énergie pour traverser le puis, aucune
d’elles ne sera réfléchie, on a donc T = 1 et R = 0.
Traitement quantique : comme nous l’avons fait pour les cas de la marche et de la
barrière de potentiel, nous pouvons vérifier que nous obtenons un coefficient de réflexion
fini. La solution est simple à obtenir ; suivez simplement les étapes des deux sections
précédentes. La fonction d’onde est oscillatoire dans les trois régions (voir la figure II.7).
d2
µ ¶
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
2
− k 1 ψ1 (x) = 0 (si x < −a/2) (II.110)
d x2
µ 2
d
¶
2
+ k 2 ψ2 (x) = 0 (si −a/2 ≤ x ≤ a/2) (II.111)
d x2
µ 2
d
¶
2
− k 1 ψ3 (x) = 0 (si x > a/2) (II.112)
d x2
avec
q p
k1 = 2m(V0 − E)/ħ2 , k2 = 2mE/ħ2 (II.113)
Comme mentionné dans (II.4), étant donné que les états propres liés correspondent aux
hamiltoniens unidimensionnels symétriques sont paires ou impaires par rapport à l’inver-
sion de l’espace, les solutions des équations (II.110)-(II.112) sont alors soit antisymétriques
(impaires) :
Ae k1 x , x < −a/2
ψa (x) = C sin(k 2 x), −a/2 ≤ x ≤ a/2 (II.116)
De −k1 x ,
x > a/2
57
Chapitre II. Problèmes à une dimension
Pour déterminer les valeurs propres, on utilise la condition de continuité des fonctions
d’onde ψa (x) et ψs (x) et leurs dérivées aux points x = ±a/2 :
Les équations transcendantes (II.119) et (II.120) ne peuvent pas être résolues directement ;
nous pouvons cependant les résoudre graphiquement ou numériquement. Pour résoudre
graphiquement ces équations, il suffit de substituer (II.113) dans (II.119) et (II.120) pour
réécrire celles-ci sous la forme suggestive suivante :
q
−αn cot αn = R2 − α2n (pour les états pairs) (II.121)
q
−αn tan αn = R2 − α2n (pour les états impairs) (II.122)
q q
avec αn = k 2 a/2 = ma 2 En /(2ħ2 ) et R = ma 2 V0 /(2ħ2 ). Les membres de gauche et de
droite des équations (II.121) et (II.122) sont respectivementq des fonctions trigonomé-
triques (−αn cot αn et −αn tan αn ) et un cercle de rayon R ( R2 − α2n ). Alors la solution est
q
l’intersection du cercle R2 − α2n avec les courbes d’équations −αn cot αn et −αn tan αn
(figure II.8). Les solutions forment un ensemble discret. Comme illustré sur la figure II.8,
l’intersection du petit cercle avec la courbe αn tan αn donne un seul état lié : n = 0, tandis
que l’intersection du grand cercle avec αn tan αn donne deux états liés : n = 0, 2, et son
intersection avec αn cot αn donne deux autres états liés : n = 1, 3.
58
II.6. Puits de potentiel carré fini
π ³ π ´2 2ħ2
0<R< ou 0 < V0 < (II.123)
2 2 ma 2
il n’y a qu’un seul état lié correspondant à n = 0 (voir la figure II.8) ; c’est l’état fondamental
et il est pair. Ensuite, lorsque
π ³ π ´2 2ħ2
2 2ħ
2
<R<π ou < V0 < π (II.124)
2 2 ma 2 ma 2
il n’y deux états liés : un état pair (l’état fondamental) correspondant à n = 0 et le premier
état impair correspond à n = 1. Si maintenant
µ ¶2
3π 22ħ2 3π 2ħ2
π<R< ou π < V0 < (II.125)
2 ma 2 2 ma 2
il existe trois états liés : l’état fondamental (état pair) correspondant à n = 0, le premier état
excité (état impair) correspond à n = 1 et le second état excité (état pair) correspondant à
n = 2. En général, la largeur du puits pour laquelle il y a n états permis est
nπ ³ π ´2 2ħ2
R= ou V0 = n2 (II.126)
2 2 ma 2
Le spectre se compose donc d’un ensemble d’états alternativement pairs et impairs : l’état
le plus bas, l’état fondamental, est pair, l’état suivant (premier état excité) est impair, et
59
Chapitre II. Problèmes à une dimension
ainsi de suite.
2n + 1
tan αn → ∞ =⇒ αn = π (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.127)
2
cot αn → ∞ =⇒ αn = nπ (n = 1, 2, 3, . . . ) (II.128)
nπ
αn = (n = 1, 2, 3, . . . ) (II.129)
2
q
Comme αn = ma 2 En /(2ħ2 ), on voit qu’on retrouve l’expression (II.5) du puis infini
mħ2 a 2 En ³ nπ ´2 π2 ħ2 2
(αn )2 = = −→ En = n (II.130)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
2 2 2ma 2
P̂ 2 1
Ĥ = + mω2 X̂ 2 (II.131)
2m 2
Le problème est de savoir comment trouver les valeurs et états propres de l’énergie de
cet hamiltonien. Ce problème peut être étudié au moyen de deux méthodes distinctes.
La première méthode, appelée la méthode analytique, consiste à résoudre l’équation de
Schrödinger indépendante du temps pour l’hamiltonien (II.131). La deuxième méthode,
appelée la méthode algébrique, ne traite pas la résolution de l’équation de Schrödinger,
mais plutôt une algèbre des opérateurs impliquant des opérateurs appelés les opérateurs
de création et d’annihilation ou les opérateurs d’échelle ; cette méthode est essentielle-
ment une formulation matricielle, car elle exprime les différentes quantités en termes de
matrices. Dans notre présentation, nous allons adopter la deuxième méthode, car elle est
plus simple que la solution de l’équation de Schrödinger. Contrairement aux exemples vus
1
jusqu’à présent, la résolution de l’équation de Schrödinger pour le potentiel V(x) = mωx 2
2
60
II.7. Oscillateur harmonique
n’est pas une tâche facile. Avant d’aborder la deuxième méthode, on donne les étapes prin-
cipales de la première méthode.
Cette approche consiste à utiliser la méthode des séries de puissances pour résoudre
l’équation différentielle (de Schrödinger) suivante :
ħ2 d 2 ψ(x) 1
− + mωx 2 ψ(x) = Eψ(x) (II.132)
2m d x 2 2
Les résolutions d’équations différentielles comme (II.133) ont été établis par les ma-
thématiciens bien avant le développement de la mécanique quantique (les solutions
s’expriment en termes de fonctions spéciales, dites les polynômes d’Hermite). Comme
(II.133) contient le terme x 2 ψ(x) que nous cherchions une solution de type gaussien :
ψ(x) = f (x) exp(−x 2 /2x 02 ) où f (x) est fonction de x. En insérant cette fonction d’essai dans
(II.133), nous obtenons une équation différentielle pour f (x). Cette nouvelle équation
différentielle peut être résolue en développant f (x) en série de puissances de x (c’est-à-dire
∞
a n x n , où a n sont des coefficients), qui, lorsqu’elle est insérée dans l’équation
X
f (x) =
n=0
différentielle, conduit à une relation de récurrence. En exigeant que la série de puissances
de x se termine à une valeur finie de n (parce que la fonction d’onde ψ(x) doit être finie
partout, notamment lorsque x → ∞), la relation par récurrence donne les valeurs propres
d’énergie suivantes :
µ ¶
1
En = n + ħω (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.134)
2
on remarque que les valeurs propres précédentes, En , sont discrètes (ou quantifiées).
Après quelques calculs, nous pouvons montrer que les fonctions d’onde physiquement
acceptables et vérifiant l’équation (II.133) sont données par :
x
µ ¶
1 −x 2 /2x 02
ψn (x) = pp e Hn (II.135)
π2n n!x 0 x0
61
Chapitre II. Problèmes à une dimension
H0 (y) = 1, H1 (y) = 2y
2
H2 (y) = 4y − 2, H3 (y) = 8y 3 − 12y (II.137)
4 2 5 3
H4 (y) = 16y − 48y + 12, H5 (y) = 32y − 160y + 120y
Nous allons donner les interprétations physiques des résultats de l’oscillateur harmonique
lorsque nous étudierons la deuxième méthode.
Méthode algébrique
ħω 2
Ĥ = (X + P 2 ) (II.138)
2
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
1 1
â = p (X + i P) , â † = p (X − i P) (II.139)
2 2
La signification physique des opérateurs â et â † sera donnée plus loin. Notons que
1 1
â † â = (X − i P)(X + i P) = [X 2 + P 2 + i (XP − PX)]
2 2
1 2 2 i
= (X + P ) + [X , P] (II.140)
2 2
En utilisant [X̂ , P̂] = i ħ, nous pouvons vérifier que le commutateur de X avec P est
p
mω/ħ 1
[X , P] = p [X̂ , P̂] = (i ħ) = i (II.141)
mħω ħ
1 1
â † â = (X 2 + P 2 ) − (II.142)
2 2
Ce qui donne
1 2 1
(X + P 2 ) = â † â + (II.143)
2 2
62
II.7. Oscillateur harmonique
µ ¶ µ ¶
1
† 1
Ĥ = ħω â â + = ħω N̂ + avec N̂ = â † â (II.144)
2 2
h i
â , â † = 1 (II.146)
Notons que l’opérateur Ĥ, qui est donné par l’équation (II.144), commute avec N̂, car il
est linéaire en N̂. Alors, Ĥ et N̂ possèdent un ensemble d’états propres communs, qu’on les
note par |n〉,
les états |n〉 sont appelés les états propres d’énergie. En combinant les équations (II.144) et
(II.148), nous obtenons les valeurs propres d’énergie :
¶µ µ ¶
1 1 !
Ĥ|n〉 = ħω N̂ + |n〉 = ħω n + |n〉 = En |n〉
2 2
µ ¶
1
=⇒ En = ħω n + (II.149)
2
Nous allons montrer plus loin que n est un entier positif ; il ne peut pas prendre de valeurs
négatives.
Nous pouvons maintenant donner la signification physique des opérateurs â, â † et
N̂. Premièrement, nous avons besoin des deux commutateurs suivants (ils découlent de
(II.144) et (II.146)) :
· µ ¶¸
† 1 h i
= ħω â , â † â = ħωâ
£ ¤
â , Ĥ = ħω â , â â + (II.150)
2
· µ ¶¸
h
†
i
† † 1 h i
â , Ĥ = ħω â , â â + = ħωâ † â † , â = −ħωâ †
2
4. Car N̂† = (â † â)† = â † â = N̂
63
Chapitre II. Problèmes à une dimension
Alors â|n〉 et â † |n〉 sont états propres de Ĥ associées aux valeurs propres En −ħω et En +ħω,
respectivement. Donc l’action de l’opérateur â (resp. â † ) sur |n〉 consiste en une diminution
(resp. augmentation) de l’énergie En par un quantum d’énergie ħω. Par conséquent, â
et â † sont dites opérateurs d’échelle, ils sont connus aussi sous les noms d’opérateur
d’annihilation et d’opérateur de création, respectivement.
Cherchons maintenant comment les opérateurs â et â † agissent sur les kets |n〉. Comme
â et â † ne commutent pas avec l’opérateur N̂, les kets |n〉 ne sont ni vecteurs propres de â
ni de â † . En utilisant la relation (II.146) on a
h i
N̂ , â † = â †
£ ¤
N̂ , â = −â , (II.153)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
En effet :
¤ h i h i
N̂ , â = â † â , â = â † [â , â] + â † , â â
£
= 0 − â = −â (II.154)
h i h i h i h i
N̂ , â † = â † â , â † = â † â , â † + â † , â † â
= â † + 0 = â † (II.155)
Alors on a
h i
N̂ = â N̂ − â , N̂ = â † (N̂ + 1)
† † †
£ ¤
N̂â = â N̂ − â , N̂ = â(N̂ − 1) , (II.156)
ce qui démontre que â|n〉 et â † |n〉 sont vecteurs propres de N̂, avec les valeurs propres
n − 1 et n + 1, respectivement. Ceci implique que l’application des opérateurs â et â † sur
|n〉, respectivement, diminue et augmente n d’une unité. Alors l’action des opérateurs
â et â † sur |n〉 génère les nouveaux états |n − 1〉 et |n + 1〉, respectivement. Il découle de
l’équation (II.158) que :
64
II.7. Oscillateur harmonique
où c n est une constante qu’on peut déterminer en exigeant la normalisation des états |n〉
pour toutes les valeurs de n. En utilisant les équations (II.147) et (II.159) on a :
(II.147)
〈n|â † â|n〉 = 〈n|N̂|n〉 = n 〈n|n〉 = n (II.160)
(II.159)
〈n|â † â|n〉 = |c n |2 〈n − 1|n − 1〉 = |c n |2 (II.161)
|â|n〉|2 = n = |c n |2 ≥ 0 (II.162)
Comme la norme est définie positive, n est toujours positif ou nul. En substituant (II.162)
dans 5 (II.159) :
p
â|n〉 = n |n − 1〉. (II.163)
Alors l’application répétée de â sur |n〉 donne une série de vecteurs propres de N̂ : |n − 1〉,
|n − 2〉, |n − 3〉, . . .correspondant aux valeurs propres n − 1, n − 2, n − 3, . . ., respectivement.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Puisque n ≥ 0 et â|0〉 = 0, cette série doit être terminée à n = 0 ; cela est vrai seulement
si nous commençons par une valeur entière de n. En effet, si nous appliquions m fois
l’opérateur â sur un état |n〉, puisque m est un entier vérifiant l’inégalité n − 1 ≤ m ≤ n,
on a n−n + 1 ≥ n−m ≥ n−n ; c’est-à-dire 0 ≤ n − m ≤ 1, alors l’application de â sur l’état
obtenue 6 donne le vecteur |n − m − 1〉 dont la valeur propre (n − m − 1) est négative car
−1 ≤ n − m − 1 ≤ 0 et ceci est en contradiction avec (II.162).
Nous allons maintenant répéter le raisonnement au-dessus mais pour â † . D’après
l’équation (II.158) on peut écrire
´†
⋆
³
â † |n〉 = c n′ |n + 1〉 ⇒ 〈n|â = â † |n〉 = c n′ 〈n + 1| (II.164)
= (n + 1) 〈n|n〉 = n + 1 (II.165)
(II.164)
〈n|â â † |n〉 = |c n′ |2 〈n + 1|n + 1〉 = |c n′ |2 (II.166)
65
Chapitre II. Problèmes à une dimension
Comme n est positif ou nul, la norme de â † |n〉 est toujours strictement positive (ne s’annule
jamais). En substituant (II.162) dans(II.164) :
p
â † |n〉 = n + 1 |n + 1〉. (II.168)
Donc l’application répétée de â † sur |n〉 donne une série de vecteurs propres de N̂ : |n + 1〉,
|n + 2〉, |n + 3〉, . . .correspondant aux valeurs propres n + 1, n + 2, n + 3, . . ., respectivement.
Puisque n est un nombre entier positif, le spectre d’energie d’un oscillateur harmonique
(II.149) est discret :
µ ¶
1
En = n + ħω (n = 0, 1, 2, 3, . . . ) (II.169)
2
Cette expression est similaire à celle obtenue à partir de la première méthode (voir l’équa-
tion (II.134)). Le spectre d’énergie de l’oscillateur harmonique est constitué de niveaux
d’énergie également espacés : En+1 −En = ħω. Il s’agit de la célèbre idée de "quanta" d’éner-
gie de Planck ; l’énergie du rayonnement émis par les charges oscillantes (provenant des
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
parois intérieures de la cavité) ne doit provenir que de "quanta" qui sont des multiples
entiers de ħν, qui a conduit, comme mentionné au chapitre 1 de [MQ1], à la naissance de
la mécanique quantique.
Comme prévu, pour les états liés des potentiels unidimensionnels, le spectre d’énergie
(II.169) est à la fois discret et non dégénéré. Encore une fois, comme dans le cas du puits
de potentiel carré infini, nous avons le phénomène de l’énergie du point zéro : le vecteur
|0〉 est associé à la plus petite valeur de N̂ (c’est-à-dire n mi n = 0), donc également de
l’énergie, Emi n = ħω/2. |0〉 est appelé l’état fondamental 7 de Ĥ et ħω/2 est dite l’énergie
du point zéro. L’énergie du point zéro des systèmes à états liés ne peut pas être nulle, sinon
elles violeraient les relations d’incertitudes. Par exemple, pour l’oscillateur harmonique
l’énergie minimale classique correspond à x = 0 et p = 0 ; c’est-à-dire il n’y aurait pas
d’oscillations dans ce cas. Cela implique que nous connaissions avec certitude à la fois
(simultanément) la position et l’impulsion du système. Ceci est en contradiction avec la
relation d’incertitude ∆x∆p x ≥ ħ/2.
66
II.7. Oscillateur harmonique
..
.
1 1 ³ † ´n
|n〉 = p â † |n − 1〉 = p â |0〉 (II.173)
n n!
Pour obtenir un état excité quelconque |n〉 on doit appliquer successivement n fois l’opé-
rateur â † sur l’état fondamental |0〉.
Notons que puisque Ĥ est hermitique et aucune de ses valeurs propres n’est dégénérée,
les vecteurs propres correspondant à deux valeurs propres différentes sont orthogonaux :
〈n ′ |n〉 = δn ′ ,n (II.174)
Ainsi les états propres |0〉, |1〉, |2〉, |3〉, . . ., |n〉 sont des vecteurs propres communs à Ĥ et N̂ ;
l’ensemble de vecteurs {|n〉} constitue une base orthonormée complète :
+∞
〈n ′ |n〉 = δn ′ ,n
X
, |n〉〈n| = 1 (II.175)
n=0
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p 1
X = X̂ mω/ħ = X̂ (II.176)
x0
P̂ −i ħ d d
P= p =p = −i x 0 (II.177)
mħω mħω d x dx
p
avec x 0 = ħ/(mω) est une constante de dimension d’une longueur. Alors Les expressions
des opérateurs â et â † , (II.139), sont données par :
2 d
µ ¶
1 1
â = p (X + i P) = p X̂ + x 0 (II.178)
2 2 x0 dx
2 d
µ ¶
† 1 1
â = p (X − i P) = p X̂ − x 0 (II.179)
2 2 x0 dx
d 2 d
µ ¶ µ ¶
1 1
〈x|â|0〉 = p 〈x| X̂ + x 02
|0〉 = p x + x0 〈x|0〉
2 x0 dx 2 x0 dx
2 d ψ0 (x) !
µ ¶
1
=p xψ0 (x) + x 0 =0 (II.180)
2 x0 dx
67
Chapitre II. Problèmes à une dimension
où ψ0 (x) ≡ 〈x|0〉 est la fonction d’onde de l’état fondamental dans la représentation posi-
tion. L’égalité (II.180) donne l’équation différentielle suivante
d ψ0 (x) x d ψ0 (x) 1
=− ψ0 (x) ou =− xd x (II.181)
dx x 02 ψ0 (x) x 02
−∞ x 02
+∞ π
r
p
Z q
où on a utilisé l’intégrale gaussienne d x exp[−αx] = . D’où on a A = 1/ x 0 π.
−∞ α
Donc la fonction d’onde normalisée est
à !
1 x2
ψ0 (x) = p p exp − 2 (II.184)
x0 π 2x 0
d
µ ¶
† 1
〈x|1〉 = 〈x|â |0〉 = p x − x 02 〈x|0〉
2 x0 dx
2 d
µ ¶
1
=p x − x0 ψ0 (x)
2 x0 dx
p
1 2
=p (2x) ψ0 (x) = x ψ0 (x) (II.185)
2 x0 x0
c’est-à-dire
p s à !
2 2 x2
ψ1 (x) ≡ 〈x|1〉 = x ψ0 (x) = p x exp − 2 (II.186)
x0 x 03 π 2x 0
68
II.7. Oscillateur harmonique
à dx !d x à d x 2!
2
x x
= x 2 ψ0 (x) − xx 02 − 2 ψ0 (x) − x 02 ψ0 (x) − 2 ψ0 (x)
x0 x0
à !
1 x2
+ x 04 − 2 ψ0 (x) + 4 ψ0 (x)
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x0 x0
= 4x 2 ψ0 (x) − 2x 02 ψ0 (x)
¶3
2 d 2 d 2 d 2 d
µ µ ¶µ ¶µ ¶
x − x0 ψ0 (x) = x − x 0 x − x0 x − x0 ψ0 (x)
dx dx dx dx
2 d ψ0 (x) d2 ¡ d 3 ψ0 (x)
µ ¶
3 2
= x ψ0 (x) − 3x x 0 + 3x 04 2 xψ0 (x) − x 06
¢
dx dx d x3
à ! à !
3
x 3x x
= x 3 ψ0 (x) − 3x 2 x 02 − 2 ψ0 (x) + 3x 04 − 2 ψ0 (x) + 4 ψ0 (x)
x0 x0 x0
à !
6 3x x3
− x 0 4 ψ0 (x) − 6 ψ0 (x)
x0 x0
= x 3 ψ0 (x) + 3x 3 ψ0 (x) − 9xx 02 ψ0 (x) + 3x 3 ψ0 (x)
− 3xx 02 ψ0 (x) + x 3 ψ0 (x)
= 8x 3 ψ0 (x) − 12xx 02 ψ0 (x) (II.189)
où on a utilisé
d x
µ ¶
ψ0 (x) = − 2 ψ0 (x)
dx x0
¶2
d x2
µ
1
ψ0 (x) = − 2 ψ0 (x) + 4 ψ0 (x)
dx x0 x0
¶3 Ã ! Ã !
d x x x2 x
µ
1
ψ0 (x) = − 2 − 2 ψ0 (x) + +2 4 ψ0 (x) + 4 − 2 ψ0 (x)
dx x0 x0 x0 x0 x0
3x x3
= ψ (x) −
4 0
ψ0 (x)
x0 x 06
69
Chapitre II. Problèmes à une dimension
d ¡ x2
xψ0 (x) = ψ0 (x) − 2 ψ0 (x)
¢
dx x0
à !
d2 ¡ d x2 x 2x x2 x
ψ ψ ψ ψ ψ0 (x)
¢
xψ 0 (x) = 0 (x) − 0 (x) = − 0 (x) − 0 (x) +
d x2 dx x 02 x 02 x 02 x 02 x 02
3x x3
=− ψ (x) +
2 0
ψ0 (x)
x0 x 04
=p p 3
− exp − 2 (II.191)
3 πx 0 x 0 x0 2x 0
Alors
à ! à !
1 2x 2 x2
ψ2 (x) = p p 2
− 1 exp − 2 (II.192)
2 πx 0 x 0 2x
à ! à 0 !
1 2x 3 3x x2
ψ3 (x) = p p 3
− exp − (II.193)
3 πx 0 x 0 x0 2x 02
De même, en utilisant (II.173), (II.179) et (II.184), nous pouvons facilement déduire l’état
propre de l’énergie du nième état excité :
¶n µ ¶n
2 d
µ
1 ³ † ´n 1 1
〈x|n〉 = 〈x| p â |0〉 = p p x − x0 ψ0 (x) (II.194)
n! n! 2 x0 dx
¶n à !
d x2
µ
1 1
ψn (x) = pp n+1
x − x 02 exp − (II.195)
π 2n n! x0 dx 2x 02
A ce niveau, nous pouvons montrer que la fonction d’onde (II.195) dérivée de la mé-
thode algébrique est similaire à celle obtenue avec la première méthode (II.135). Pour voir
cela, nous devons simplement utiliser l’identité suivante :
1 d 1 d
µ ¶
−αx 2 2
e x− e αx = − (II.196)
2α d x 2α d x
70
II.7. Oscillateur harmonique
avec α est une constante. En effet, on considère une fonction d’essai F(x), on a
αx 2
à !
1 d 2 de
µ ¶
2 2 1
e −αx x− e αx F(x) = xF(x) − e −αx F(x)
2α d x 2α dx
1 −αx 2 d F(x) αx 2
µ ¶
− e e
2α dx
1 d F(x)
µ ¶
= xF(x) − xF(x) −
2α d x
1 d
=− F(x)
2α d x
d d
µ ¶
−x 2 /2x 02 2 2
e x − x 02 e x /2x0 = −x 02 (II.197)
dx dx
d 2 d 2 d
µ ¶ µ ¶ µ ¶
−x 2 /2x 02 x 2 /2x 02 −x 2 /2x 02 x 2 /2x 02 −x 2 /2x 02 2 2
e x − x 02
e e x − x0 e ··· e x − x0 e x /2x0
dx dx dx
d d d
µ ¶µ ¶ µ ¶
= −x 02 −x 02 · · · −x 02
dx dx dx
¶n
d dn
µ
2 2 2 2
⇒e −x /2x0 x − x 02 e x /2x0 = (−1)n (x 02 )n n (II.198)
dx dx
En multipliant l’équation précédente à droite par exp −x 2 /x 02 et à gauche par exp x 2 /2x 02
¡ ¢ ¡ ¢
on obtient
¶n
d d n −x 2 /x 2
µ
2
/2x 02 2
/2x 02
x − x 02 e −x = (−1)n (x 02 )n e x e 0 (II.199)
dx d xn
d n −x 2 /x 2 dn
· ¸
2
/2x 02 2 2 2 2
−x 2 /x 02
(−1)n (x 02 )n e x e 0 = (x )n e −x /2x 0 (−1)n (x )n e x /x 0 (x )−n
0 0 0 e
d xn d (x/x 0 )n
n
2 d
· ¸
2 2 2
= (x 0 )n e −x /2x0 (−1)n e y n
e −y
dy
2
/2x 02
= (x 0 )n e −x Hn (y) (II.200)
2 d n −y 2
Hn (y) = (−1)n e y e . (II.201)
d yn
2 dn 2
Hn (−y) = (−1)n e y n
e −y = (−1)n Hn (y), (II.202)
d (−y)
71
Chapitre II. Problèmes à une dimension
les polynômes H2n (y) et H2n+1 (y) sont respectivement pairs et impairs.
En substituant (II.200) dans (II.199) on trouve
¶n
d x
µ µ ¶
−x 2 /2x 02 n −x 2 /2x 02
x − x 02 e = (x 0 ) e Hn (II.203)
dx x0
x
µ ¶
1 −x 2 /2x 02
ψn (x) = pp e Hn (II.204)
π2n n!x 0 x0
Remarque
Cette fonction d’onde est paire (resp. impaire) si n l’est aussi. En fait, les fonctions
ψ2n (x) sont paires (c’est-à-dire ψ2n (−x) = ψ2n (x)) et ψ2n+1 (x) sont impaires (c’est-à-dire
ψ2n+1 (−x) = −ψ2n+1 (x)) puisque, comme le montre l’équation (II.137), les polynômes
d’Hermite H2n (x) et H2n+1 (x) sont respectivement pairs et impairs. C’est attendu parce
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
que, comme mentionné dans la section II.1, les fonctions d’onde des potentiels pairs
unidimensionnels ont une parité définie. La figure II.9 montre les formes des premières
fonctions d’onde.
F IGURE II.9 – Formes des trois premières fonctions d’onde de l’oscillateur harmonique
¶ µ
′ ′ 1
〈n |N̂|n〉 = n δn ′ ,n , 〈n |Ĥ|n〉 = ħω n + δn ′ ,n (II.205)
2
c’est-à-dire
0 0 0 ··· 1 0 0 ···
0 1 0 · · · 0 3 0 · · ·
′ ħω
N̂ =
, Ĥ = 〈n |Ĥ|n〉 = (II.206)
0 0 2 · · · 0 0 5s
2 · · ·
.. .. .. . . .. .. .. ..
. . . . . . . .
72
II.7. Oscillateur harmonique
Comme aucun des opérateurs â, â † , X̂ et P̂ ne commute avec N̂, aucun d’eux n’est
simultanément diagonalisable avec N̂. Les éléments des matrices représentant â et â †
peuvent être obtenus à l’aide des équations (II.163) et (II.168) ;
p p
〈n ′ |â|n〉 = n δn ′ ,n−1 , 〈n ′ |â † |n〉 = n + 1 δn ′ ,n+1 (II.207)
c’est-à-dire
p
0 1 0 0 ··· 0 0 0 0 ···
p p
0 0 2 0 · · · 1 0 0 0 · · ·
p p
â = 0 0 0 3 · · · , â † = 0 2 0 0 · · · (II.208)
p
0 0 0 0 · · · 0 0 3 0 · · ·
.. .. .. .. .. .. .. .. . .
..
. . . . . . . . . .
s
1 ³ ´ ħ ³ ´
X = p â + â † ⇒ X̂ = â + â †
2 2mω
s
1 ³ ´ mħω ³ † ´
P = p â − â † ⇒ P̂ = i â − â (II.209)
i 2 2
c’est-à-dire
p
0 1 0 0 ···
p p
s 1 0 2 0 · · ·
ħ 0 p p
X̂ = 2 0 3 · · · (II.212)
2mω p
0 0 3 0 · · ·
.. .. .. ..
..
. . . . .
p
0 − 1 0 0 ···
p p
s 1 0 − 2 0 · · ·
mħω
0 p p
P̂ = i 2 0 − 3 · · · (II.213)
2
p
0 0 3 0 · · ·
.. .. .. ..
..
. . . . .
73
Chapitre II. Problèmes à une dimension
L’ensemble des états propres {|n〉} constitue effectivement une base orthonormée com-
plète.
ħ ³ 2 ´ ħ ³ 2 ´
X̂ 2 = â + (â † )2 + â † â + â † â = â + (â † )2 + 2â † â + 1 (II.215)
2mω 2mω
2 mħω ³
2 † 2 † †
´ mħω ³ 2 † 2 †
´
P̂ = − â + (â ) − â â − â â = − â + (â ) − 2â â − 1 (II.216)
2 2
ħ ³ ´ ħ
〈n|X̂ 2 |n〉 == 〈n| â 2 + (â † )2 + 2â † â + 1 |n〉 = (2n + 1) (II.220)
2mω 2mω
mħω ³ ´ mħω
〈n|P̂ 2 |n〉 = − 〈n| â 2 + (â † )2 − 2â † â − 1 |n〉 = (2n + 1) (II.221)
2 2
A partir des deux équations précédentes on peut aisément montrer que les valeurs moyennes
des énergies cinétique et potentielle sont égales et donc chacune d’elles est égale à la moitié
de la valeur moyenne de l’énergie totale :
mω2 1 1
〈n|X̂ 2 |n〉 = 〈n|P̂ 2 |n〉 = 〈n|Ĥ|n〉 (II.222)
2 2m 2
74
II.7. Oscillateur harmonique
d’où :
s
ħ
q q
∆x = 〈X̂ 2 〉 − 〈X̂〉2 = 〈X̂ 2 〉 = (2n + 1) (II.223)
2mω
s
mħω
q q
∆p = 〈P̂ 2 〉 − 〈P̂〉2 = 〈P̂ 2 〉 = (2n + 1) (II.224)
2
ce qui donne
µ ¶
1 ħ
∆x∆p = n + ħ ⇒ ∆x∆p ≥ (II.225)
2 2
75
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
Chapitre III
Moment cinétique
Après avoir traité des problèmes unidimensionnels au chapitre précédent, nous devons
traiter des problèmes tridimensionnels. Cependant, l’étude des systèmes tridimensionnels,
tels que les atomes, ne peut pas être réalisé à moins que nous commencions par l’étude du
formalisme du moment cinétique.
Le moment cinétique est aussi important en mécanique classique qu’en mécanique
quantique. Il est particulièrement utile pour l’étude de la dynamique des systèmes qui
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
⃗L =⃗ ⃗ = (y p x − xp y )⃗
r ∧p j + (xp y − y p x )⃗
i + (zp x − xp z )⃗ k (III.1)
⃗Lˆ = ⃗
ˆ ∧⃗
R Pˆ = −i ħ⃗
ˆ ∧⃗
R ∇ (III.2)
77
Chapitre III. Moment cinétique
∂ ∂
µ ¶
L̂ x = Ŷ P̂z − ẐP̂ y = −i ħ Ŷ − Ẑ (III.3)
∂z ∂y
∂ ∂
µ ¶
L̂ y = ẐP̂x − X̂ P̂z = −i ħ Ẑ − X̂ (III.4)
∂x ∂z
∂ ∂
µ ¶
L̂ z = X̂ P̂ y − Ŷ P̂x = −i ħ X̂ − Ŷ (III.5)
∂y ∂x
Il est évident que le moment cinétique n’existe pas dans un espace à une dimension.
Notons que les composantes L̂ x , L̂ y , L̂ z et
sont hermitiques.
Relations de commutation
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
De même façon on peut montrer les autres relations de commutation. Or, on peut les
z
déduire par la permutation cyclique des composantes x y z : x y,
£ ¤ £ ¤ £ ¤
L̂ x , L̂ y = i ħL̂ z , L̂ y , L̂ z = i ħL̂ x , L̂ z , L̂ x = i ħL̂ y (III.8)
Alors, les opérateurs L̂ x , L̂ y et L̂ z ne peuvent pas être mesurés simultanément avec une
précision arbitraire car ils ne sont pas compatibles.
Notons que les relations de commutation (III.8) ont été obtenues en exprimant le mo-
ment cinétique orbital dans la représentation position, mais comme ce sont des relations
entre des opérateurs, elles doivent être valides dans toutes les autres représentations. Dans
la section suivante, nous allons considérer le formalisme général du moment cinétique ;
c’est-à-dire sans spécifier une représentation particulière.
78
III.2. Formalisme général du moment cinétique
ou
Puisque les opérateurs Ĵx , Ĵ y et Ĵz ne sont pas compatibles, ils ne peuvent pas être simul-
tanément diagonalisables ; c’est-à-dire ils ne possèdent pas un ensemble d’états propres
communs. L’opérateur associé au carré du moment cinétique,
⃗ˆJ 2 , Ĵk = 0
h i
(avec k = x, y, z) (III.12)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
£ ¤ £ ¤ £ ¤ £ ¤
= 0 + Ĵ y Ĵ y , Ĵx + Ĵ y , Ĵx Ĵ y + Ĵz Ĵz , Ĵx + Ĵz , Ĵx Ĵz
= −i ħ(Ĵ y Ĵz + Ĵz Ĵ y ) + i ħ(Ĵz Ĵ y + Ĵ y Ĵz )
=0 (III.13)
où on a utilisé la relation (III.9). Notons que les opérateurs Ĵx , Ĵ y , Ĵz et⃗ˆJ 2 sont hermitiques
et leurs valeurs propres sont donc réelles.
Comme⃗ˆJ 2 commute avec Ĵx , Ĵ y , Ĵz et⃗ˆJ 2 , chacune des composantes des trois compo-
santes de ⃗J peut séparément être diagonalisée simultanément avec ⃗ˆJ 2 (et ils ont donc
un ensemble d’états propres communs). Mais, puisque Ĵx , Ĵ y et Ĵz ne commutent pas les
uns avec les autres, il est impossible de mesurer simultanément les trois composantes
d’un moment cinétique⃗J ; par contre,⃗ˆJ 2 et une composante quelconque de⃗J peuvent être
diagonalisés simultanément. Par convention on choisit la composante 1 Jz .
Cherchons maintenant les états propres communs à⃗ˆJ 2 et Ĵz , et leurs valeurs propres
correspondantes. Notons les états propres communs par |α, β〉 et les valeurs propres de⃗ˆJ 2
1. C’est juste une convention et il n’y a pas de direction privilégiée ; au lieu de⃗ˆJ 2 et Ĵz on peut choisir⃗ˆJ 2 et
Ĵx ou⃗ˆJ 2 et Ĵ y .
79
Chapitre III. Moment cinétique
Il est commode d’introduire les opérateurs d’échelle Ĵ+ Ĵ− , qui jouent des rôles similaires
aux opérateurs création et annihilation, â et â † , qu’on a défini dans l’étude de l’oscillateur
harmonique ;
† †
Ceci implique que Ĵ+ = Ĵ− et Ĵ− = Ĵ+ . D’après l’équation (III.17) on a
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
1 1
Ĵx = (Ĵ+ + Ĵ− ) , Ĵ y = (Ĵ+ − Ĵ− ) (III.18)
2 2i
D’où on a
1 2 1 2
Ĵx2 = (Ĵ+ 2
+ Ĵ− + Ĵ+ Ĵ− + Ĵ− Ĵ+ ) , Ĵ2y = − (Ĵ+ 2
+ Ĵ− − Ĵ+ Ĵ− − Ĵ− Ĵ+ ) (III.19)
4 4
⃗ˆJ 2 , Ĵ± = 0 ,
h i £ ¤ £ ¤
Ĵ+ , Ĵ− = 2ħĴz , Ĵz , Ĵ± = ±ħĴ± (III.20)
1¡
⃗ˆJ 2 = Ĵ+ Ĵ− + Ĵ− Ĵ+ + Ĵz2
¢
(III.24)
2
2. Par exemple, les relations de commutation (III.9) montre que [⃗ˆJ] = [ħ] = [E][T].
80
III.2. Formalisme général du moment cinétique
Cherchons comment les opérateurs Ĵ± agissent sur les kets |α, β〉. Tout d’abord, puisque
les opérateurs Ĵ± ne commutent pas avec Ĵz , les kets |α, β〉 ne sont pas des états propres de
Ĵ± . En utilisant la relation (III.20) on a,
Ĵz Ĵ± |α, β〉 = Ĵ± Ĵz − Ĵ± , Ĵz |α, β〉 = Ĵ± Ĵz ± ħĴ± |α, β〉
¡ ¢ ¡ £ ¤¢ ¡ ¢
où on a utilisé les relations (III.20) et (III.15). D’où les kets Ĵ± |α, β〉 sont des états propres
¡ ¢
= ħ2 α Ĵ± |α, β〉
¡ ¢
(III.26)
où on a utilisé les relations (III.20) et (III.15). Alors Ĵ± |α, β〉 sont aussi des états propres de
¡ ¢
nombre quantique α, mais font croître ou décroitre β d’une unité. Alors Ĵ± |α, β〉 est propor-
tionnel à |α, β ± 1〉 :
±
Ĵ± |α, β〉 = Cαβ |α, β ± 1〉 (III.27)
±
avec Cαβ sont des constantes que l’on calculera.
Notons que pour une valeur propre donnée de ⃗ˆJ 2 , il existe une valeur maximale du
nombre quantique β. Ceci est due au fait que l’opérateur ⃗ˆJ 2 − Ĵz2 est positif ; car les les
éléments de matrice⃗ˆJ 2 − Ĵ2 = Ĵ2 + Ĵ2 sont ≥ 0. Alors on a
z x y
Comme il y a une valeur maximale, βmax , il doit exister un état |α, βmax 〉 tel que :
L’équation précédente implique que Ĵ− Ĵ+ |α, βmax 〉 = 0. Compte tenu de ceci et l’équation
(III.22), Ĵ− Ĵ+ =⃗ˆJ2 − Ĵz2 − ħĴz , on a :
(III.14)&(III.15) ¡ 2
ħ α − (ħβmax )2 − ħ(ħβmax ) |α, βmax 〉
¢
= (III.30)
D’où
81
Chapitre III. Moment cinétique
Après l’application successive de l’opérateur Ĵ− , n-fois, sur |α, βmax 〉, il doit exister une
valeur minimale, βmin , tel que :
Ceci implique que Ĵ+ Ĵ− |α, βmin 〉 = 0. En utilisant l’équation (III.21), Ĵ+ Ĵ− =⃗ˆJ2 + Ĵz2 − ħĴz , on
a:
(III.14)&(III.15) ¡ 2
ħ α − (ħβmin )2 + ħ(ħβmin ) |α, βmin 〉
¢
= (III.33)
D’où
Puisque |α, βmin 〉 s’obtient par l’application successive n-fois de Ĵ− , , sur |α, βmax 〉 on a
n
|α, βmin 〉 = J− |α, βmax 〉 ∼ |α, βmax − n〉 (III.36)
et donc
n
βmax = (III.38)
2
Puisque n est un nombre entier, βmax ne peut prendre que des valeurs entières (si n est pair)
ou demi-entières (si n est impair).
Il est commode d’utiliser les notations j et m au lieu de β et βmax , respectivement :
n
j = βmax = , m=β (III.39)
2
α = j ( j + 1) (III.40)
82
III.2. Formalisme général du moment cinétique
Comme βmax = −βmin et n est un nombre positif, les valeurs de m sont comprises entre − j
et + j :
−j ≤ m ≤ +j (III.41)
On conclut alors que les kets | j , m〉 sont des états propres communs à⃗ˆJ 2 et Ĵz associés
aux valeurs propres ħ2 j ( j + 1) et ħm, respectivement.
1 1 1 1
j= → m = − ,+ (2 × + 1 = 2 valeurs)
2 2 2 2
j =1 → m = −1, 0, +1 (2 × 1 + 1 = 3 valeurs) (III.43)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
5 5 3 1 1 3 5 5
j= → m = − ,− ,− , ,+ ,+ (2 × + 1 = 6 valeurs)
2 2 2 2 2 2 2 2
Les valeurs de j sont soit entières, soit demi-entières. Nous remarquons que les spectres
des opérateurs⃗ˆJ 2 et Ĵz sont discrets. Puisque les états propres associées aux valeurs propres
différentes sont orthogonaux et les spectres sont discrets, la condition d’orthonormalisa-
tion est
〈 j ′ , m ′ | j , m〉 = δ j ′ , j δm ′ ,m (III.44)
© ª
Déterminons maintenant les valeurs propres des opérateurs Ĵ± , dans la base | j , m〉 .
Notons que les kets | j , m〉 ne sont pas des vecteurs propres de Ĵ± . On peut réécrire l’équa-
tion (III.27) comme suit :
Nous allons maintenant calculer C+j m puis nous en déduirons les C−j m . En utilisant les
équations (III.44) et (III.45) on a
¢† ¡ ¢ (III.45)
〈 j , m|Ĵ− Ĵ+ | j , m〉 = Ĵ+ | j , m〉 Ĵ+ | j , m〉 = |C+j m |2 〈 j , m + 1| j , m + 1〉
¡
(III.44)
= |C+j m |2 (III.46)
83
Chapitre III. Moment cinétique
(III.44) 2 £ ¤
= ħ j ( j + 1) − m(m + 1) (III.47)
A partir des équations (III.46) et (III.47) on trouve l’expression de C+j m , à une phase près,
suivante :
C+j m = ħ j ( j + 1) − m(m + 1)
p
(III.48)
¢† ¡ ¢ (III.45)
〈 j , m|Ĵ+ Ĵ− | j , m〉 = Ĵ− | j , m〉 Ĵ− | j , m〉 = |C−j m |2 〈 j , m − 1| j , m − 1〉
¡
(III.44)
= |C−j m |2 (III.49)
(III.42)
= (ħ2 j ( j + 1) − (ħm)2 + ħ(ħm))〈 j , m| j , m〉
(III.44) 2 £ ¤
= ħ j ( j + 1) − m(m − 1) (III.50)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
C−j m = ħ j ( j + 1) − m(m − 1)
p
(III.51)
p
Ĵ± | j , m〉 = ħ j ( j + 1) − m(m ± 1) | j , m ± 1〉 (III.52)
ou 3
p
Ĵ± | j , m〉 = ħ ( j ∓ m)( j ± m + 1) | j , m ± 1〉 (III.53)
(III.18) 1
Ĵx | j , m〉 = (Ĵ+ + Ĵ− )| j , m〉
2
(III.53) ħ p
h p i
= ( j − m)( j + m + 1) | j , m + 1〉 + ( j + m)( j − m + 1) | j , m − 1〉 (III.54)
2
(III.18) 1
Ĵ y | j , m〉 = + (Ĵ+ − Ĵ− )| j , m〉
2i
(III.53) ħ p
h p i
= ( j − m)( j + m + 1) | j , m + 1〉 − ( j + m)( j − m + 1) | j , m − 1〉 (III.55)
2i
3. En effet ( j ∓ m)( j ± m + 1) = j ( j ± m + 1) ∓ m( j ± m + 1) = j ( j + 1) + ± j m + ∓m(±m + 1) ∓ m j = j ( j +
1) − m(m ∓ 1) car (− ∓ ±1) = 1.
84
III.2. Formalisme général du moment cinétique
ħp 0
〈 j , m|Ĵx | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) 〈 j , m| j , m + 1〉
2
ħp 0
+ ( j + m)( j − m + 1) 〈 j , m| j , m − 1〉
2
=0 (III.56)
ħp 0
〈 j , m|Ĵ y | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) 〈 j , m| j , m + 1〉
2i
ħp 0
− ( j + m)( j − m + 1) 〈 j , m| j , m − 1〉
2i
=0 (III.57)
De plus on a
2 2
〈Ĵ+ 〉 = 〈 j , m|Ĵ+ | j , m〉 ∼ 〈 j , m| j , m + 2〉 = 0 (III.60)
2 2
〈Ĵ− 〉 = 〈 j , m|Ĵ− | j , m〉 ∼ 〈 j , m| j , m − 2〉 = 0 (III.61)
1 ¢2
〈 j , m|Ĵx2 | j , m〉 = 〈 j , m| Ĵ+ + Ĵ− | j , m〉
¡
4
1¡ 2 2
¢
= 〈Ĵ+ 〉 + 〈Ĵ− 〉 + 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 + 〈Ĵ− Ĵ+ 〉
4
1¡ ¢
= 0 + 0 + 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 + 〈Ĵ− Ĵ+ 〉 (III.62)
4
2 1 ¡ ¢2
〈 j , m|Ĵ y | j , m〉 = − 〈 j , m| Ĵ+ − Ĵ− | j , m〉
4
1¡ 2 2
¢
= − 〈Ĵ+ 〉 + 〈Ĵ− 〉 − 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 − 〈Ĵ− Ĵ+ 〉
4
1¡ ¢
= − 0 + 0 − 〈Ĵ+ Ĵ− 〉 − 〈Ĵ− Ĵ+ 〉 (III.63)
4
1
〈Ĵx2 〉 = 〈Ĵ2y 〉 = 〈Ĵ+ Ĵ− + Ĵ− Ĵ+ 〉 (III.64)
4
1
〈⃗ˆJ2 − Ĵz2 〉 = ħ2 j ( j + 1) − m(m − 1) + ħ2 j ( j + 1) − m(m + 1)
(III.47)&(III.50) £ ¤ £ ¤
=
2
2£
ħ ¤
= j ( j + 1) − m (III.65)
2
85
Chapitre III. Moment cinétique
1 ħ2 £
〈Ĵx2 〉 = 〈Ĵ2y 〉 = 〈⃗ˆJ2 − Ĵz2 〉 = (III.66)
¤
j ( j + 1) − m
2 2
+j
X
| j , m〉 | j , m〉 = Î (III.67)
m=− j
Les opérateurs ⃗ˆJ2 et Ĵz sont diagonaux dans la dans la base | j , m〉 constituée de leurs
© ª
〈 j ′ , m ′ |⃗ˆJ 2 | j , m〉 = ħ2 j ( j + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m (III.68)
〈 j ′ , m ′ |Ĵz | j , m〉 = ħm δ j ′ , j δm ′ ,m (III.69)
Alors les matrices représentant⃗ˆJ2 et Ĵz dans la base propre | j , m〉 sont diagonales et leurs
© ª
Les matrices représentatives les opérateurs Ĵx et opérateurs Ĵx sont obtenues à l’aide des
équations (III.54) et (III.55) ;
ħ hp
〈 j ′ , m ′ |Ĵx | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m+1
2 i
+ ( j + m)( j − m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m−1
p
(III.71)
ħ hp
〈 j ′ , m ′ |Ĵ y | j , m〉 = ( j − m)( j + m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m+1
2
86
III.4. Représentation géométrique du moment cinétique
i
− ( j + m)( j − m + 1) δ j ′ , j δm ′ ,m−1
p
(III.72)
sante sur Oz est 〈Ĵz 〉 = ħm. Puisque Ĵx et Ĵ y ne sont pas séparément bien définis, seule leur
somme Ĵ2 + Ĵ2 =⃗ˆJ 2 − Ĵ2 , qui est située dans le plan x y, est bien définie. En termes classiques,
x y z
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
de telle sorte que sa projection le long de l’axe Oz soit toujours mħ 4 . Notons que puisque
m prend les valeurs discrètes m = − j , − j + 1, . . . , + j − 1, + j , l’angle θ est quantifié. En effet
l’angle θ ne peut prendre que les 2 j + 1 valeurs discrètes suivantes :
à ! à ! à !
−j −j +1 + j − 1
θ = cos−1 p , cos−1 p , . . . , cos−1 p ,
j ( j + 1) j ( j + 1) j ( j + 1)
q à !
ˆ m
4. Puisque⃗J · ⃗ 〈⃗J 〉 × 1 × cos θ = ħ j ( j + 1) p
p
k= 2 = mħ.
j ( j + 1)
87
Chapitre III. Moment cinétique
à !
+j
cos−1 p , (III.74)
j ( j + 1)
Puisque toutes les orientations de⃗ˆJ sur la surface du cône sont également susceptibles, les
projections de⃗ˆJ sur les axes Ox et Oy ont des valeurs moyennes nulles :
θ = −35, 26° , −65, 91° , 90° , 65, 91° , 35, 26° (III.76)
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
88
III.5. Moment cinétique de spin
chauffées dans un four et s’en échappaient, ils passent alors par un collimateurs qui les
éliminés tous sauf un étroit faisceau. Ce denier passait alors dans un champ magnétique
inhomogène (ou non uniforme i.e. dépend de z). Supposons, par souci d’argument, que le
champ est orienté dans la direction z.
En physique classique : l’énergie potentielle due au couplage des atomes du faisceau
avec le champ magnétique est V = −⃗ µ ·⃗
B. Alors le faisceau subit à la force qui dérive du
potentiel précédent : ⃗F = −⃗
∇V = d V/d z = µz d B/d z. Les atomes seront donc déviés vers
le haut ou vers le bas selon la valeur de µ pour chaque atome. Comme nous supposons
que les atomes ont des moments magnétiques orientés de façon aléatoire, on attendra
donc à voir une distribution continue sur l’écran de visualisation (c’est-à-dire une seule
tache), qui est symétrique par rapport à la direction non déviée, z = 0. Selon la mécanique
ondulatoire de Schrödinger, cependant, si les atomes ont un moment cinétique orbital
l on a µz = µB m l (ou µB est une constante), on attendra alors à voir 2l + 1 raies discrets
(qui est un nombre impaire) sur l’écran de visualisation. Supposons que les atomes du
faisceau soient dans leur état fondamental l = 0, il n’y aurait qu’une seule tache sur l’écran
(car il y a une valeur de m ; m = 0), et si l’électron de la cinquième couche était dans un
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
état 5p (l = 1), nous nous attendrions à voir trois taches (car m = −1, 0, +1). Mais Stern
et Gerlach observèrent, comme le montre la figure III.3(a), seulement deux taches (ou
raies) distinctes ! Alors le faisceau ne se comporte ni selon les prédictions de la physique
classique ni selon celles de la théorie ondulatoire de Schrödinger. Ce résultat a également
été observé pour les atomes d’hydrogène dans leur état fondamental (l = 0), où aucune
division du faisceau n’est attendue car m = 0.
prédiction
classique faisceau d’atomes
ce qui a été
d’argent
observé
four
fentes colli-
matrices
écran de
champ magnétique inhomogène
visualisation
89
Chapitre III. Moment cinétique
Pour éclaircir ce mystère, Goudsmit et Uhlenberk ont postulé en 1925 qu’en plus de
son moment cinétique orbital, l’électron possède un moment cinétique intrinsèque qui,
contrairement au moment cinétique orbital, n’a rien à voir avec les degrés de liberté
spatiaux. Par analogie avec le mouvement de la Terre, qui consiste en un mouvement
orbital autour du Soleil et un mouvement de rotation interne autour de son axe (appelé
en anglais "spining motion"), l’électron (et toutes les particules microscopiques) peut
également être considéré comme ayant, en plus de son mouvement orbital autour du
noyau, une sorte de mouvement de rotation interne ou intrinsèque. Ce degré de liberté
intrinsèque porte le nom évocateur de moment cinétique de spin (en anglais "to spin" :
tourner sur soi-même) ou plus simplement le spin. Il faut cependant garder à l’esprit que
l’électron reste jusqu’à présent une particule élémentaire, il faut faire preuve de prudence
lorsque l’on essaie de relier le spin de l’électron à un mouvement de rotation interne ou
intrinsèque (internal or intrinsic spinning motion). Le moment cinétique de spin d’une
particule ne dépend pas de ses degrés de liberté spatiaux. Alors le spin est un concept
purement quantique (c’est-à-dire sans analogue classique) et contrairement au moment
cinétique orbital, il ne peut pas être décrit par un opérateur différentiel.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
q
⃗
µL = ⃗L, (III.77)
2mc
F IGURE III.4 – (a) Le moment magnétique orbital d’une charge positive q. (b) Lorsqu’un
champ magnétique externe est appliqué, le moment magnétique orbital tourne autour de
celui.
De même, si nous effectuons une analyse classique et imaginons l’électron comme une
90
III.5. Moment cinétique de spin
charge sphérique tournant sur lui-même, alors nous obtenons un moment magnétique
µS = −e⃗
intrinsèque ou de spin, ⃗ S/(2m e c). Cette dérivation classique de ⃗
µS est tout à fait
erronée, car l’électron ne peut pas être considéré comme une sphère en rotation sur lui-
même. En fait, il se trouve que le moment magnétique de spin de l’électron est le double
de son expression classique. Bien que le moment magnétique de spin ne puisse pas être
dérivé de façon classique, comme ce que nous pourrions faire pour le moment magnétique
orbital, mais on peut plutôt le postulé par analogie avec (III.77) :
e
⃗
µS = −g S ⃗
S, (III.78)
2m e c
91
Chapitre III. Moment cinétique
électrons, protons, neutrons, etc.) et celles avec des spins entiers sont appelées les bosons
(pions, photons, gravitons, etc.).
En plus de confirmer l’existence du spin et de le mesurer, l’expérience Stern–Gerlach
offre un certain nombre d’autres utilisations importantes de la mécanique quantique.
Premièrement, en montrant qu’un faisceau se divise en un ensemble des taches discrètes
plutôt qu’en une seule tache continue, il fournit une confirmation supplémentaire de
l’hypothèse quantique concernant le caractère discret du monde microphysique. L’ex-
périence de Stern–Gerlach s’avère également être une technique pour préparer l’état
quantique. Supposons que nous voulons préparer un faisceau d’atomes de spin-up ; nous
envoyons simplement un faisceau non polarisé à travers un aimant inhomogène, puis
nous collectons le faisceau souhaité et éliminons l’autre. L’expérience de Stern–Gerlach
peut également être utilisée pour déterminer le moment cinétique total d’un atome qui
est, dans le cas où l ̸= 0, donné par la somme des moments cinétiques orbital et de spin :
⃗J = ⃗L +⃗
S.
avec Ŝ ± = Ŝ x ± i Ŝ y et
1 ³ ˆ2 ´ ħ2 £
〈Ŝ 2x 〉 = 〈Ŝ 2y 〉 = 〈⃗
S − 〈Ŝ 2z 〉 = s(s + 1) − m s2
¤
(III.82)
2 2
s
〈s ′ , m s′ |s, m s 〉 = δs ′ ,s δm s′ ,m s
X
, |s, m s 〉〈s, m s | = I (III.83)
m s =−s
92
III.5. Moment cinétique de spin
¯ À ¯ À
ˆ ¯1 1 3 ¯1 1
⃗ 2
S ¯¯ , ± 2
= ħ ¯¯ , ± (III.84)
2 2 4 2 2
¯ À ¯ À
¯1 1 1 ¯1 1
¯
Ŝ z ¯ , ±
¯ = ± ħ¯ , ±
2 2 2 2 2
Alors, le spin peut être représenté graphiquement, comme le montre la figure III.3(b),
p p
par un vecteur de longueur |⃗S| = 3ħ/2 dont l’extrémité décrit un cercle de rayon 3ħ/2
tournant le long de la surface d’un cône de demi-angle
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
µ ¶ Ã ! Ã !
−1 |m s | −1 ħ/2 −1 1
θ = cos p = cos pp = cos pp = 54, 73° (III.85)
s(s + 1) 3ħ/2 3
93
Chapitre III. Moment cinétique
1¡ ¢ i¡ ¢
et puisque Ŝ x = Ŝ + + Ŝ − et Ŝ y = − Ŝ + − Ŝ − , on a :
2 2
à ! à !
ħ 0 1 ħ 0 −i
Ŝ x = , Ŝ y = (III.89)
2 1 0 2 i 0
On peut aisément montrer que les vecteurs propres précédents forment une base ortho-
normée
¿ ¯ À ³ Ã !
1
1 ¯¯ 1 1 ´ 1
, , = 1 0 =1 (III.91)
2
2¯ 2 2 0
à !
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
¿ ¯ À ³
1 1 ¯¯ 1 1 ´ 0
,− ,− = 0 1 =1 (III.92)
2 2¯ 2 2 1
¿ ¯ À ³ Ã !
1 1 ¯¯ 1 1 ´ 0
, ,− = 1 0 =0 (III.93)
2 2¯ 2 2 1
¿ ¯ À ³ Ã !
1 1 ¯¯ 1 1 ´ 1
,− , = 0 1 =0 (III.94)
2 2¯ 2 2 0
(III.95)
et complète
1 ¯ À¿ ¯ ¯ À¿ ¯ ¯ À¿ ¯
X 2 ¯1 1 ¯ ¯1 1 1 1 ¯ ¯1 1 1 1 ¯
¯ , ms , m s ¯¯ = ¯¯ , − , − ¯¯ + ¯¯ , , ¯¯
¯2 2 2 2 2 2 2 2 2 2
m s =− 12
à ! à ! à ! à !
0 ³ ´ 1 ³ ´ 0 0 1 0
= 0 1 + 1 0 = + =I (III.96)
1 0 0 1 0 0
Cherchons maintenant les vecteurs propres de Ŝ x et Ŝ y . Notons tout d’abord que les
vecteurs de base {|s, m s 〉} ne sont ni vecteurs propres de Ŝ x ni de Ŝ y . Cependant les vecteurs
propres de Ŝ x et Ŝ y peuvent être peut être exprimés en terme de |s, m s 〉 comme suit :
·¯ À ¯ À¸
1 ¯¯ 1 1 ¯1 1
|ψx 〉± = p ¯ , ± ¯¯ , − (III.97)
2 2 2 2 2
¯
·¯ À À¸
1 ¯¯ 1 1 ¯1 1
|ψ y 〉± = p ¯ , ±i ¯ , −
¯ (III.98)
2 2 2 2 2
94
III.5. Moment cinétique de spin
ħ ħ
Ŝ x |ψx 〉± = ± |ψx 〉± , Ŝ y |ψ y 〉± = ± |ψ y 〉± (III.99)
2 2
Matrices de Pauli
1
Lorsque s = il est commode d’introduire les matrices de Pauli σx , σ y et σz qui sont
2
Sˆ comme suit :
reliés au vecteur de spin ⃗
ħ
Sˆ = ⃗
⃗ σ (III.100)
2
σ2j = I ( j = x, y, z) (III.102)
σ j σk + σk σ j = 0 ( j ̸= k) (III.103)
On peut réécrire les équations précédentes sous la forme d’une relation d’anticommuta-
tion ;
σ j , σk = 2Îδ j ,k
© ª
(III.104)
On peut vérifier que les matrices de Pauli satisfont aussi les relations de commutation
suivante :
σ j , σk = 2i ε j kl σl
£ ¤
(III.105)
Les trois équations, (III.102), (III.103) et (III.105), peuvent être condensées en une seule ;
σ j σk = δ j ,k + i ε j kl σl
X
(III.107)
l
95
Chapitre III. Moment cinétique
(⃗ σ)(⃗
A ·⃗ B ·⃗ A ·⃗)I + i⃗
σ) = (⃗ σ · (⃗
A ∧⃗
B) (III.108)
où I est la matrice identité. Les matrices de Pauli ont les propriétés suivantes :
σx σ y σz = i I (III.110)
Remarques
• Comme le spin est indépendant des degrés de liberté externes (position ou impul-
sion), les composantes Ŝ x , Ŝ y et Ŝ z de l’opérateur de spin commutent avec tous les
opérateurs externes (ou orbitaux), notamment le moment angulaire orbital ⃗Lˆ ;, les
opérateurs position et impulsion ; ⃗ ˆ et ⃗
R Pˆ :
£ ¤ £ ¤ £ ¤
Ŝ j , L̂k = 0 , Ŝ j , R̂k = 0 , Ŝ j , P̂k = 0 ( j , k = x, y, z) (III.112)
• La fonction d’onde totale |Ψ〉 d’un système de spin s est constituée d’un produit de
deux parties : une partie orbitale |ψ〉 et une partie spin |s, m s 〉 :
Ce produit des degrés de liberté orbitaux (d’espace) et de spin n’est pas un produit
au sens usuel, mais plutôt un produit direct ou tensoriel. Dans un espace à trois
dimensions, les quatre nombres quantiques n, l , m l et m s sont nécessaires pour
décrire complètement l’état d’un électron se déplaçant dans un champ central ; sa
fonction d’onde est donnée par :
Ψnl ml m s (⃗
r ) = ψnl ml (⃗
r )|s, m s 〉 (III.114)
Comme l’opérateur de spin (dit opérateur interne) ne dépendant pas des degrés de
liberté externes, il n’agit que sur la partie de spin (degrés de liberté internes) |s, m s 〉
et laisse la fonction d’onde ψnl ml (⃗
r ) invariante. Réciproquement, les opérateurs
96
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
ˆ ⃗
externes ⃗L, ˆ et ⃗
R Pˆ agissent seulement sur la partie orbitale ψnl ml (⃗
r ), et laissent |s, m s 〉
invariante. Pour les particules de spin-1/2, la fonction d’onde totale correspondant
aux cas de spin-up et spin-down s’exprimée respectivement en termes de spineurs :
à ! à !
1 ψnl ml (⃗
r)
Ψnl ml 1 (⃗
r ) = ψnl ml (⃗
r) = (III.115)
2 0 0
à ! à !
0 0
r ) = ψnl ml (⃗
Ψnl ml − 1 (⃗ r) = . (III.116)
2 1 ψnl ml (⃗
r)
Les opérateurs L̂ z , ⃗Lˆ 2 et L̂± dont les composantes cartésiennes sont données par (III.3)-
(III.5) peuvent s’exprimer en coordonnées sphériques comme suit :
∂
L̂ z = −i ħ (III.119)
∂ϕ
1 ∂ ∂ ∂2
· µ ¶ ¸
1
⃗Lˆ 2 = −ħ2 sin θ + (III.120)
sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2
±i ϕ ∂ cos θ ∂
· ¸
L̂± = L̂ x ± i L̂ y = ±ħe ±i (III.121)
∂θ sin θ ∂ϕ
puisque les opérateurs L̂ z et ⃗Lˆ ne dépendent que des angles θ et ϕ, leurs états propres ne
dépendent aussi que de θ et ϕ. Notons les états propres communs à L̂ z et ⃗Lˆ 2 comme suit 5
où Ylm (θ, ϕ) sont des fonctions continues, de θ et ϕ, appelée les harmoniques sphériques.
On peut réécrire les états propres des équations (III.117) et (III.118) comme suit :
5. où |θϕ〉 désigne l’état angulaire de la particule localisée dans la direction (θ, ϕ) c’est-à-dire l’analogue
sur la sphère de l’état |x〉 décrivant l’état localisé dans R.
97
Chapitre III. Moment cinétique
∂Φm (ϕ)
−i ħ f lm (θ) = mħ f lm (θ)Φm (ϕ) (III.128)
∂ϕ
d Φm (ϕ)
⇒ m = i md ϕ (III.129)
Φ (ϕ)
⇒ ln[Φm (ϕ)] = i mϕ + constante ⇒ Φm (ϕ) = C e i mϕ (III.130)
1
Φm (ϕ) = p e i mϕ (III.133)
2π
98
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
Pour que la fonction Φm (ϕ) soit univaluée (à valeurs uniques), elle doit être périodique
dans ϑ et de période 2π ;
Alors les seules valeurs possibles pour m sont les nombres entiers 6 , et la valeur moyenne
de L̂ z est donc
On en déduit que m peut prendre toutes les valeurs entières comprises entre −l et l :
En conséquence, le nombre quantique l doit également être un entier. Ceci est attendu,
car le moment cinétique orbital doit avoir des valeurs entières.
Dr. Mohamed Vall MOULAYE ABDELLA
(III.133) 1
Ylm (θ, ϕ) = f lm (θ)Φm (ϕ) = p f lm (θ) e i mϕ (III.137)
2π
ħ2 1 ∂ ∂ ∂2
· µ ¶ ¸
1
⃗Lˆ 2 Y m (θ, ϕ) (III.120)&(III.137)
= −p sin θ + f m (θ) e i mϕ
l
2π sin θ ∂θ ∂θ sin2 θ ∂ϕ2 l
(III.123) 2 ħ2 l (l + 1) m
= ħ l (l + 1)Ylm (θ, ϕ) = p f l (θ) e i mϕ (III.138)
2π
6. Il ne peut pas prendre des valeurs demi-entiers car par exemple m = 1/2 donne : e i π = −1 ̸= 1.
99
Chapitre III. Moment cinétique
ħ2 1 d d m2 ħ2 l (l + 1) m
· µ ¶ ¸
− p e i mϕ sin θ − f l
m
(θ) = p f l (θ) e i mϕ (III.139)
sin θ d θ dθ sin θ
2
2π 2π
1 d d f lm (θ) m2
µ ¶ · ¸
sin θ + l (l + 1) − f m (θ) = 0 (III.140)
sin θ d θ dθ sin2 θ l
d |m|
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où Pl (x) est le polynôme de Legendre de degré l en x, qui est défini par la formule de
Rodrigues suivante :
1 dl
Pl (x) = (x 2 − 1)l . (III.143)
2l l ! d x l
On remarque que
1 d (x 2 − 1)
P0 (x) = 1, P1 (x) = = x,
2 dx
1 d 2 (x 2 − 1)2 1 2 1 d 3 (x 2 − 1)3 1 (III.145)
P2 (x) = = (3x − 1), P 3 (x) = = (5x 3 − 3x)
8 d x2 2 48 d x3 2
1 1
P4 (x) = (35x 4 − 30x 2 + 3), P5 (x) = (63x 5 − 70x 3 + 15x)
8 8
1X ∞
(2l + 1)Pl (x ′ )Pl (x) = δ(x − x ′ ) (III.146)
2 l =0
100
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
où Pl0 (x) = Pl (x), avec l = 0, 1, 2, 3, . . . . Les premiers polynômes de Legendre et leurs fonc-
tions de Legendre associées sont donnés dans le tableau III.1
p
P1 (cos θ) = cos θ P21 (cos θ) = 3 cos θ 1 − cos2 θ
1 P22 (cos θ) = 3(1 − cos2 θ)
P2 (cos θ) = (3 cos2 θ − 1)
2
1 3 p
P3 (cos θ) = (5 cos3 θ − 3 cos) P31 (cos θ) = (5 cos2 θ − 1) 1 − cos2 θ
2 2
1
P4 (cos θ) = (35 cos4 θ − 30 cos2 θ + 3) P32 (cos θ) = 15 cos θ (1 − cos2 θ)
8
1 P33 (cos θ) = 15(1 − cos2 θ)3/2
P5 (cos θ) = (63 cos5 θ − 70 cos3 θ + 15 cos θ)
8
Notons que
Z 2π Z π
d θ sin θ Ylm′ ⋆ (θ, ϕ)Ylm (θ, ϕ) = δl ′ ,l δm ′ ,m
′
dϕ (III.151)
0 0
101
Chapitre III. Moment cinétique
π π
2π 2π
¯ ¯2
¯ 1
Z Z Z Z
dϕ d θ sin θ |Ylm⋆ (θ, ϕ)|2 dϕ m
d θ sin θ ¯¯ p Cl ,m Pl (cos θ) e i mϕ
¯
= ¯ =1
2π
¯
0 0 0 0
Z π
|Cl ,m |2 2π
Z
¯2
dϕ d θ sin θ ¯Plm (cos θ)¯ = 1
¯
⇒ (III.152)
2π 0 0
|Cl ,m |2
Z 2π ¯ m
Z π
¯2 |Cl ,m |2
µ
2 (l + m)!
¶
dϕ d θ sin θ Pl (cos θ) =
¯ ¯ ( 2π ) =1
2π 0 0 2π 2l + 1 (l − m)!
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s
2l + 1 (l − m)!
=⇒ Cl ,m = (−1)m (m ≥ 0) (III.154)
2 (l + m)!
En substituant cette équation dans (III.141) on obtient les états propres de ⃗Lˆ 2 ;
s
2l + 1 (l − m)! m
f lm (θ) = (−1)m P (cos θ) (III.155)
2 (l + m)! l
En reportant (III.133) et (III.155) dans (III.125), on obtient finalement les états propres
communs à L̂ z et ⃗Lˆ 2 :
s
1 2l + 1 (l − m)! m
Ylm (θ, ϕ) = (−1)m p P (cos θ)e i mϕ
2π 2 (l + m)! l
s
2l + 1 (l − m)! m
⇒ Y m (θ, ϕ) = (−1)m P (cos θ)e i mϕ (III.156)
l
4π (l + m)! l
La deuxième méthode porte sur la construction directe de Yll (θ, ϕ) ; elle commence par
le cas m max = l (c’est la valeur maximale de m). Par analogie avec l’algèbre du moment
cinétique général, développée dans la section précédente, l’action de L̂+ sur |l , l 〉 donne
102
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
zéro :
ħe i ϕ ∂ ∂
· ¸
p + i cot θ f ll (θ)e i l ϕ = 0 (III.158)
2π ∂θ ∂ϕ
Ce qui donne
i ϕ d f l (θ)
" #
ħe
eilϕ p l
+ i cot θ(i l ) f ll (θ) = 0
2π d θ
d
· ¸
⇒ − l cot θ f ll (θ) = 0 (III.159)
dθ
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l
d sin θ d f l (θ)
⇒l = l ⇒ l ln[sin θ] = ln[ f ll ] + cste
sin θ f l (θ)
=⇒ f ll = Cl sinl θ (III.160)
car cot θ = cos θ/ sin θ = (d sin θ/d θ)/ sin θ, où Cl est une constante que l’on peut détermi-
ner à partir de la condition de normalisation (III.151) de
Cl
Yll (θ, ϕ) = p e i l ϕ sinl θ (III.161)
2π
c’est-à-dire
Z 2π Z π Z π
1= dϕ d θ sin θ Ylm⋆ (θ, ϕ)Ylm (θ, ϕ) = |Cl |2 d θ sin(θ) sin2l (θ) (III.162)
0 0 0
103
Chapitre III. Moment cinétique
1 22l +1 (l !)2
Z
(1 − x 2 )l d x = (III.164)
−1 (2l + 1)!
2l l ! 2
Par analogie avec (III.52), l’action de L̂− sur Ylm (θ, ϕ) est donnée par :
p
L̂− Ylm (θ, ϕ) = ħ l (l + 1) − m(m − 1)Ylm−1 (θ, ϕ)
ou (III.168)
p
L̂− Ylm (θ, ϕ) = ħ (l + m)(l − m + 1)Ylm−1 (θ, ϕ)
∂ cos θ ∂
· ¸
(III.121)&(III.161) Cl
L̂− Yll (θ, ϕ) = −ħe −i ϕ −i p e i l ϕ sinl θ
∂θ sin θ ∂ϕ 2π
s
l
d cos θ d
· ¸
(III.167) (−1) (2l + 1)! −i ϕ
= ħ l e − +i e i l ϕ sinl θ
2 l! 4π dθ sin θ d ϕ
s
(−1)l (2l + 1)! i ϕ(l −1) d cos θ
· ¸
=ħ l e − −l sinl θ (III.170)
2 l! 4π dθ sin θ
7. On peut aisément monter cette formule par récurrence, cf. Claude Cohen-Tannoudji, Bernard Diu,
Franck Laloë, Mécanique quantique. Tome I, CNRS Éditions (2018), page 712.
8. Ce choix est motivé par le fait que Yl0 obtenue par l’application successive de l’opérateur L̂− au même
signe que le polynôme de Legendre Pl (cos θ) dont la phase est déterminée par Pl (1) = 1 (cf. la sous-section
suivante).
104
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
d h l
i 1 d h l
i
(sin θ) F(θ) = − (sin θ) F(θ)
d cos θ sin θ ·dθ
l d
¸
1 l −1
=− (sin θ) F(θ) + l cos θ (sin θ) F(θ)
sin θ dθ
d cos θ
· ¸
l −1
= (sin θ) − −l F(θ) (III.171)
dθ sin θ
où on a utilisé
d dθ d 1 d 1 d
= = d cos θ
=− (III.172)
d cos θ d cos θ d θ dθ sin θ d θ
dθ
s
(−1)l (2l + 1)! i (l −1)ϕ d h i
=ħ e (sin θ)1−l (sin θ)2l (III.173)
2l l ! 4π d cos θ
p p
L̂− Yll (θ, ϕ) = ħ l (l + 1) − l (l − 1)Yll −1 = ħ 2l Yll −1
p p p
L̂2− Yll (θ, ϕ) ≡ (L̂− ◦ L̂− )Yll (θ, ϕ) = ħ 2l L̂− Yll −1 = ħ2 2l 2(2l − 1) Yll −2
p p p
L̂3− Yll (θ, ϕ) = ħ3 2l 2(2l − 1) 3(2l − 2) Yll −3
..
.
p p p p
L̂k− Yll (θ, ϕ) = ħk 1(2l ) 2(2l − 1) 3(2l − 2) · · · k(2l − k + 1) Yll −k
s
k!(2l )! l −k
= ħk Y (III.175)
(2l − k)! l
105
Chapitre III. Moment cinétique
D’autre part on a
s
l
k (−1) (2l + 1)! i (l −k)ϕ 1 dk h i
L̂k− Yll (θ, ϕ) = (ħ) e (sin θ)2l
(III.178)
2l l ! 4π (sin θ)l −k d (cos θ)k
En effet pour k = 1 on a
s
l
(−1) (2l + 1)! i (l −1)ϕ 1 d h i
L̂− Yll (θ, ϕ) = ħ e (sin θ)2l
(III.179)
2l l ! 4π sinl −1 θ d (cos θ)
qui est, d’après (III.173), vraie. Supposons maintenant qu’elle est vraie pour k = n,
s
(−1)l (2l + 1)! i (l −n)ϕ 1 dn h i
L̂n− Yll (θ, ϕ) = (ħ)n l e (sin θ)2l
(III.180)
2 l! 4π (sin θ)l −n d (cos θ)n
L̂n+1 l
− Yl (θ, ϕ) = (ħ) e (sin θ)2l
2l l ! 4π (sin θ)l −n−1 d (cos θ)n+1
(III.181)
En effet
L̂n+1 l n l
− Yl (θ, ϕ) = L̂− L̂− Yl (θ, ϕ)
s
l
∂ cos θ ∂
· ¸
(−1) (2l + 1)!
= −ħe −i ϕ −i (ħ)n l
∂θ sin θ ∂ϕ 2 l! 4π
n
1 d h i
e i (l −n)ϕ (sin θ)2l
(sin θ) l −n d (cos θ) n
s
l
(2l + 1)! i (l −n−1)ϕ d cos θ
· ¸
n+1 (−1)
= −(ħ) e −i (i (l − n))
2l l ! 4π dθ sin θ
1 dn h
2l
i
(sin θ)
(sin θ)l −n d (cos θ)n
s (µ
l
(l − n) cos θ dn
¶
n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ
h
2l
i
= −(ħ) e − (sin θ)
2l l ! 4π (sin θ)l −n+1 d (cos θ)n
)
1 d dn h
2l
i cos θ 1 dn h
2l
i
+ (sin θ) + (l − n) (sin θ)
(sin θ)l −n d θ d (cos θ)n sin θ (sin θ)l −n d (cos θ)n
s
l
d dn
½ i¾
n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ 1 h
2l
= −(ħ) e (sin θ)
2l l ! 4π (sin θ)l −n d θ d (cos θ)n
s
l
(−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ
= −(ħ)n+1 l e
2 l! 4π
d dn
½ µ ¶ i¾
1 h
2l
− sin(θ) (sin θ)
(sin θ)l −n d cos θ d (cos θ)n
106
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
s
l
d n+1
½ i¾
n+1 (−1) (2l + 1)! i (l −n−1)ϕ 1 h
2l
= (ħ) e (sin θ)
2l l ! 4π (sin θ)l −n d (cos θ)n+1
(III.182)
s
(−1)l (2l + 1)! (l + m)! i mϕ 1 d l −m
Ylm (θ, ϕ) = e (sin θ)2l (III.185)
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l
X
|l , m〉〈l , m| = 1 (III.186)
m=−l
ou
〈θϕ|l , m〉〈l , m|θ′ ϕ′ 〉 = Ylm⋆ (θ′ , ϕ′ )Ylm (θ, ϕ) = δ(cos θ − cos θ′ ) δ(ϕ − ϕ′ )
X
m
δ(θ − θ′ )
= δ(ϕ − ϕ′ ) (III.187)
sin θ
Signalons quelques propriétés importantes des harmoniques sphériques : elles sont des
fonctions complexes ; leurs complexes conjuguées sont données par :
£ m ¤⋆
Yl (θ, ϕ) = (−1)m Yl−m (θ, ϕ) (III.188)
On peut vérifier que Ylm (θ, ϕ) sont des vecteurs propres de l’opérateur parité Π̂ associés
aux valeurs propres (−1)l :
107
Chapitre III. Moment cinétique
′
puisque la réflexion par rapport à l’origine, ⃗ r , correspond à r ′ = r , θ′ = π − θ et ϕ′ =
r =⃗
′
π + ϕ, qui conduit à Plm (cos θ) = Plm (− cos θ) = (−1)l +m Plm (cos θ) et e i mϕ = e i mπ e i mϕ =
(−1)m e i mϕ .
On peut relier les harmoniques sphériques avec les polynômes de Legendre en, tout
simplement, posant m = 0. L’équation (III.185) donne
s
l
(III.185) (−1) (2l + 1)! dl
Yl0 (θ, ϕ) = (sin θ)2l
2l l ! 4π d (cos θ)l
s
(III.167) 2l + 1 0
= P (cos θ) (III.190)
4π l
Alors
s s
(−1)l (2l + 1) dl 2l + 1
Yl0 (θ, ϕ) = (sin θ)2l = Pl (cos θ) (III.191)
2l l ! 4π d (cos θ)l 4π
avec
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1 dl
Pl (cos θ) = (sin θ)2l (III.192)
2l l ! d (cos θ)l
car (sin θ)2l = (sin2 θ)l = (1 − cos θ)l . A partir de l’expression de Ylm on peut vérifier que :
s
(2l + 1)
Ylm (0, ϕ) = δm,0 (III.193)
4π
108
III.6. Fonctions d’onde du moment cinétique orbital
x y z
sin θ cos ϕ = , sin θ sin ϕ = , sin θ cos ϕ = (III.194)
r r r
r
3
En substituant cos θ = z/r dans Y10 (θ, ϕ) = cos θ on obtient,
4π
r
3 z
Y10 (x, y, z) = p (III.195)
4π x 2 + y 2 + z 2
(x ± i y)
= sin θ cos ϕ ± i sin θ sin ϕ = sin θe ±i ϕ (III.196)
r
r
3 x ±i y
Y1±1 (x, y, z) = ∓ . (III.197)
8π r
109