METHODOLOGIE DE L’EXPLICATION DE TEXTE (= SUJET 3)
CONSIGNES (MINIMALES)
# Le texte proposé sera précédé des instructions suivantes : « Vous expliquerez le texte
suivant ».
# Suivent le texte puis le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage dont le texte est extrait, et l’année
de sa rédaction ou de sa publication (lorsqu’elle est connue)
# Enfin, il est (parfois) précisé que : « La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas
requise, il faut et il suffit que l’explication rende compte par la compréhension précise du
texte du problème dont il est question. »
LA DOCTRINE DE L’AUTEUR
Cela signifie que si le texte proposé est un texte de Platon (ou de qui que ce soit), il n’est pas
question de faire tout un exposé sur la doctrine platonicienne (ou autre). On n’attend pas d’un
élève de Terminale qu’il connaisse précisément la doctrine de Platon.
L’objectif est d’expliquer convenablement ce texte-là, qui a été choisi de façon à être
compréhensible par tout élève qui a correctement travaillé pendant l’année, sans qu’il ait
besoin de savoir ce que Platon a pu écrire par ailleurs.
S’il le sait, et que cela permet d’éclairer certains points dans le texte, libre à lui d’utiliser ses
connaissances préalables : cela constituera un bonus. Mais s’il ne le sait pas, ce n’est en rien
un malus.
OBJECTIF PRINCIPAL
Il s’agit d’abord de comprendre précisément le texte de telle sorte qu’on puisse rendre compte
du problème philosophique dont il est question dans ce texte, problème philosophique qui
est abordé et traité par l’auteur, c’est-à-dire pour lequel l’auteur va offrir une réponse
spécifique, et va défendre une thèse particulière.
# Problème philosophique = une question contenant une ou plusieurs notions philosophiques
au programme.
# Thèse = idée principale du texte = réponse de l’auteur à la question qu’il se pose.
Il s’agit donc bien avant tout d’expliquer un texte. Cela signifie que l’objet de toute votre
attention doit être le texte.
L’objectif premier, sinon exclusif, est d’expliciter, de clarifier le sens du texte – l’essentiel
comme le détail.
CE QU’IL FAUT A TOUT PRIX EVITER
L’explication de texte ne doit donc pas se servir du texte comme d’un prétexte pour discuter
d’un thème. Il ne s’agit pas de lire le texte, d’y retrouver un thème ou une notion, puis d’oublier
le texte afin de développer des considérations générales autour de la notion. Il n’est pas
question de proposer un petit essai ou une petite dissertation autour du thème abordé par
l’auteur, en laissant le texte de côté.
Il n’est pas question non plus de produire des explications portant sur la forme du texte (figures
de style, fonction grammaticale de tel ou tel terme, etc). C’est le fond qui doit être expliqué,
pas la forme.
CE QUI N’EST PAS OBLIGATOIRE, MAIS VIVEMENT CONSEILLÉ
Après avoir expliqué aussi exhaustivement que possible le texte, il est permis, sans que cela
soit obligatoire, d’en proposer un commentaire – soit dans une seconde partie, soit en
conclusion. Commenter un texte revient à ajouter un certain nombre de considérations et
références extérieures au texte lui-même, à débattre de sa thèse à l’aide d’arguments et
d’auteurs autres.
Il est possible aussi de procéder simultanément à l’explication et au commentaire du texte. Si
c’est réussi, c’est mieux. Mais c’est plus risqué et plus difficile à faire.
STRUCTURE GLOBALE DE L’EXPLICATION DE TEXTE
Une bonne explication de texte doit comporter trois ou quatre temps :
# une introduction, dont la fonction est d’indiquer au correcteur que l’on a compris l’essentiel
du propos de l’auteur.
# une explication linéaire et exhaustive, dont la fonction est de montrer au correcteur que l’on
a compris le texte dans ses moindres détails.
# un commentaire éventuel, plus bref, portant sur la thèse du texte (et/ou ses arguments,
et/ou ses présupposés, et/ou ses implications) et consistant pour l’essentiel à débattre de sa
pertinence et de son importance.
# une conclusion, qui correspond soit à une synthèse de l’explication et du commentaire
antérieurs, soit à un résumé de l’explication suivi d’un bref commentaire.
PRESENTATION GLOBALE
Il est impératif de sauter une ou deux lignes entre chacun des trois/quatre blocs composant
le devoir, mais jamais ailleurs.
Au sein de chaque bloc, il s’agira d’aller à la ligne lorsque cela s’impose.
Par exemple, l’introduction devra être composée de trois paragraphes distincts.
L’explication devra comporter autant de paragraphes qu’il y a de parties (et/ou de sous-
parties) dans le texte.
Le commentaire devra comporter deux ou trois paragraphes, en fonction du nombre
d’arguments qui pourront être mobilisés pour ou contre sa thèse.
UNE BONNE INTRODUCTION COMPORTE:
# la restitution du problème philosophique que l’auteur s’efforce de résoudre. Il s’agit d’une
question, le plus souvent implicite, portant sur une ou plusieurs notions philosophiques au
programme. Il est conseillé d’en proposer au moins deux formulations différentes. Elle peut
être précédée – ou non – d’une brève accroche visant à en dégager les enjeux.
# la restitution de la thèse du texte, c’est-à-dire de l’idée principale du texte : il s’agit de la
réponse de l’auteur à la question qu’il se pose. Là encore, il est conseillé d’en proposerau moins
deux formulations différentes.
# une brève mention (facultative) d’éléments biographiques ou doctrinaux relatifs à l’auteur
du texte, s’ils permettent d’éclairer le texte.
# la restitution du plan du texte, c’est-à-dire à la fois de sa structure argumentative et de son
contenu brièvement résumé. Cette restitution doit être fluide, et ne doit pas mentionner
laborieusement des numéros de lignes (« La première partie du texte commence à la ligne 1
et s’achève à la ligne 8… » : ce genre de formulation est prohibé).
UNE BONNE EXPLICATION …
# doit être linéaire, mais fluide.
Nul besoin d’expliquer toutes les phrases successivement dans l’ordre où elles se présentent.
Nul besoin non plus de citer toutes les phrases les unes après les autres avant de les expliquer
une à une. Il s’agit plutôt d’expliquer successivement les différents moments du texte (trois, le
plus souvent…), en ne citant que les formules les plus importantes ou les plus difficiles.
Citer exhaustivement le texte sera perçu comme un artifice, une stratégie maladroite de
remplissage.
# doit dégager l’implicite, les sous-entendus, les présupposés, les implications du propos de
l’auteur.
# doit définir précisément les termes ambigus ou techniques.
# doit mettre en évidence la logique du texte, sans jamais perdre de vue la thèse du texte.
Le texte entier doit être lu à la lumière de la thèse que l’auteur cherche à défendre.
# ne doit pas délayer inutilement le propos par des remarques portant sur la forme, le style,
la fonction grammaticale des termes, etc. Ce qui importe, c’est de clarifier le sens du texte, le
« fond », sans s’attarder sur la « forme ».
UN BON COMMENTAIRE…
# doit débattre précisément de la thèse du texte, et non pas restituer aveuglément un cours
portant sur le thème/notion centrale du texte.
Si le texte porte sur la vérité, il ne s’agit donc pas de restituer tout ce que l’on sait sur cette
notion, mais de débattre de ce que l’auteur du texte a à dire à propos de cette notion en
mobilisant d’autres arguments que ceux du texte.
# peut mobiliser d’autres auteurs que l’auteur du texte, auteurs connus de vous, dont les
thèses ou les arguments sont susceptibles de renforcer ou d’affaiblir la thèse du texte.
# doit être plus bref et plus ramassé que l’explication elle-même.
UNE BONNE CONCLUSION…
# est une bonne synthèse de l’explication (et du commentaire éventuel), qui résume sans
répéter, en variant le vocabulaire, pour ne pas lasser.
# comporte un bref commentaire, si aucun commentaire n’a été proposé auparavant.
# comporte une ouverture (facultative). Le texte répond à un problème philosophique, mais
cette réponse est susceptible de déboucher elle-même sur un nouveau problème
philosophique, logiquement postérieur à celui que l’auteur s’est employé à résoudre.
Mais l’identifier correctement est difficile, et plutôt que de poser n’importe quelle question
« au petit bonheur la chance » en guise d’ouverture, il vaut mieux n’en poser aucune.