Chapitre 11
S TRUCTURES ALGÉBRIQUES
Mohamed TARQI
Table des matières
1 Lois de compositions 1
1.1 Loi de composition interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Commutativité et associativité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.3 Éléments réguliers. Élément neutre. Éléments symétrisables . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2 Groupes 3
2.1 Définitions des groupes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.2 Règles de calcul dans un groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.3 Sous-groupes d’un groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.4 Intersection de sous-groupes. Sous-groupe engendré par une partie . . . . . . . . . . . . . 5
2.5 Groupe monogène. Groupe cyclique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
3 Morphismes de groupes 6
4 Anneaux et corps 8
4.1 Structure d’anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4.2 Règles de calcul dans un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
4.3 Sous-anneau d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.4 Structure d’un corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
4.5 Corps des fractions d’un anneau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
• • • • • • • • ••
1 Lois de compositions
1.1 Loi de composition interne
Définition 1.1 Soit E un ensemble non vide, une loi de composition sur E est une application de E 2 dans E. À
un couple (x, y) d’éléments de E, elle fait correspondre un élément appelé composé de x et de y et noté x | y ( lire
x truc y ).
En général on note un ensemble E, muni d’une loi |, par (E, |)
Remarques :
1. En général, on emploie exprès un symbole n’ayant aucune définition mathématique préalable ; en
peut employer aussi ⊥ ( antitruc), ∗,...
1
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2. Lorsque la loi est l’addition, le composé de x et y se note x + y et s’appelle somme de x et y ; lorsque
la loi est la multiplication le composé de x et y s’appelle produit de x et y et se note xy ( ou parfois
x.y )
Exemples :
1. Dans l’ensemble P(E) des parties d’un ensemble E, la réunion ∪ et l’intersection ∩ sont des lois
composition internes.
2. Sur l’ensemble des applications dans un ensemble E dans lui même, l’application qu’à tout couple
(f, g) associé l’application composée g ◦ f est une loi de composition interne.
3. Dans R, l’application qui à tout couple (x, y) associé le nombre x + iy (i2 = 1) n’est pas une loi de
composition interne, de même, dans N, l’application qui à tout couple (x, y) associé x − y n’est pas
une loi de composition interne.
1.2 Commutativité et associativité
Soit (E, |) un ensemble muni d’une loi |. En général il n’y pas aucune raison pour que x | y = y | x ou
bien (x | y) | z = x | (y | z).
Définition 1.2 On dit que des éléments x et y de E commutent si x | y = y | x. Si cette propriété est satisfaite
pour tout couple (x, y) de E, on dit que la loi est commutative.
Définition 1.3 On dit que la loi est associative si pour tout triplet (x, y, z) d’éléments de E, (x|y)|z = x|(y|z).
La valeur commune des deux membres se note x | y | z.
Exemples :
1. Sur l’ensemble P(E) des parties d’un ensemble E, la réunion ∪ et l’intersection ∩ sont toutes deux
commutatives est associatives.
2. Sur l’ensemble des applications dans un ensemble E dans lui même, le composé des applications
est associative, mais elle n’est pas commutative dans le cas général.
Notations : Soient E un ensemble, | ou . ou + une loi de composition interne associative dans E, n ∈R,
a1 , a2 , ..., an ∈ E, a ∈ E. On note
n
Q n
P
|ni=1 ai = a1 | a2 | ... | an , ai = a1 a2 ...an , ai = a1 + a2 + ... + an
i=1 i=1
| {z }, na = a
an = aa...a | +a+
{z... + a}
n fois n fois
en particulier : a1 = a.
1.3 Éléments réguliers. Élément neutre. Éléments symétrisables
E un ensemble non vide muni d’une loi de composition interne |
Définition 1.4 On dit qu’un élément a de E est régulier, ou simplifiable si pour tout couple (x, y) d’éléments de
E:
a | x = a | y =⇒ x = y
et si de même
x | a = y | a =⇒ x = y
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Remarque : a est régulier si et seulement si les deux applications x −→ a | x et x −→ x | a sont
injectives.
Définition 1.5 On dit qu’un élément e de E est élément neutre si pour tout élément x de E, x | e = e | x = x.
Proposition 1.1 Si la loi est | admet un élément neutre elle est unique.
Démonstration : Soit en effet ω un deuxième élément neutre, donc e | ω = e, de même puisque e
élément neutre e | ω = ω, par suite ω = e. u
t
Exemples :
1. Dans P(E), le vide est un élément neutre pour la réunion la partie pleine E est élément neutre
pour l’intersection.
2. Dans l’ensemble des applications dans un ensemble E dans lui même, l’application identique IE
est élément neutre pour la composition des applications.
Définition 1.6 Soit E un ensemble muni d’un loi de composition interne | admettant un élément neutre e. On
dit qu’un élément x de E est symétrisable ou inversible s’il existe un élément y de E tel que :
x|y =y|x=e
.
Proposition 1.2 Si (E, T ) est associatif, un tel élémnt y, s’il existe est unique ; on l’appelle le sy-
métrique de x.
0 0 0
Démonstration : Soit en effet y un élément de E tel que x | y = y | x = e. Par suite :
0 0
y | (x | y ) = (y | x) | y
0
= e|y
0
= y
0
Ainsi y = y u
t
Remarques et exemples :
Dans l’ensemble des applications dans un ensemble E dans lui même, les éléments symétrisables ne sont
autres que les applications inversibles.
D’une manière général, lorsque la loi est noté multiplicativement, les éléments symétrisables sont dites
inversibles ; le symétrique d’un élément x s’appelle alors inverse de x et se note x−1 . Lorsque la loi est
noté additivement, l’élément neutre se note 0, le symétrique d’un élément x s’appelle opposé de x et se
note −x.
2 Groupes
2.1 Définitions des groupes
Définition 2.1 On dit que (G, |) est un groupe s’il satisfait au trois conditions suivantes :
1. la loi est associative ;
2. il existe un élément neutre ;
3. tout élément de G est symétrisable.
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Remarque : La loi n’est pas nécessairement supposée commutative. Un groupe dont la loi est commu-
tative est appelé groupe commutatif ou abélien.
Exemples :
1. (Z, +), (Q, +), (R, +) et (C, +) sont des groupes additifs commutatifs.
2. (Q∗ , ×), (R∗ , ×) et (C∗ , ×) sont des groupes multiplicatifs commutatifs.
Exemple fondamental : Soit E un ensemble et τE l’ensemble de ces permutations ( c’est à dire des
bijections de E dans E ).
Munissons τE de la loi de composition des applications à savoir :
(f, g) 7−→ f ◦ g
muni de cette loi, τE est un groupe, appelé groupe symétrique de E.
2.2 Règles de calcul dans un groupe
Proposition 2.1 Soit G un groupe noté multiplicativement, a et b des éléments de G. Considérons
l’équation ax = b (1) où x est inconnu de G. Cette équation admet une solution et une seule,
x0 = a−1 b.
Démonstration :
ax = b ⇐⇒ a−1 (ax) = a−1 b
soit, compte tenu de l’associatovité ;
(a−1 a)x = a−1 b
ou encore, puisque
a−1 a = e, ex = a−1 b
Soit enfin x = a−1 b.
Inversement, l’élément x0 = a−1 b est effectivement solution de (1), en effet :
ax0 = a(a−1 )b = aa−1 b = b
u
t
Remarques :
1. De même l’équation xa = b admet une solution et une seule, à savoir : x0 = ba−1 .
2. Si G un groupe commutatif, noté additivement, l’équation a+x = b admet une et une seule solution
x = b − a.
2.3 Sous-groupes d’un groupe
Soit (G, |) un groupe, cherchons les parties de G possédant les mêmes propriétés que G.
Définition 2.2 Soit (E, |) un ensemble muni d’une loi de composition interne. Un partie F est dite stable par |
si pour tout couple (x, y) de F , x | y ∈ F .
Définition 2.3 Soit G un groupe. On dit qu’une partie H de G est un sous-groupe de G si elle est stable et si
munie de la loi de composition induite par celle de G, H est un groupe.
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Exemple : Sous-groupes du groupe additif Z.
Soit H un sous-groupe de Z, non réduit à zéro, donc il contient un élément n 6= 0, H contient aussi −n,
donc H contient des entiers strictement positifs ; leur ensemble a donc un plus petit élément, soit a.
Pour tout x ∈ H, il existe (q, r) couple d’entiers tels que
x = aq + r et 0 ≤ r < a
x et a appartenant à H, il en est de même de aq et de r = x − aq, a étant le plus petit entier de H
strictement positif, donc r = 0 et x = aq, d’où
Proposition 2.2 Les sous-groupes de Z sont les ensembles aZ.
Soit H un sous-groupe d’un groupe G de neutre e.
• Soit ω l’élément neutre de H et e l’élément neutre de G, alors ωω = ω et par suite eω = ωω, comme
l’élément ω est régulier, nous en déduisons que ω = e.
• Soit x un élément de H et y son symétrique dans H, donc on la relation :
xy = yx = ω = e.
Ainsi y n’est autre que le symétrique de x dans G.
• Réciproquement, soit H une partie de G telle que :
e ∈ H et ∀x ∈ H, x−1 ∈ H
alors H est un sous-groupe de G. En effet les conditions 1) 2) et 3) de la définition d’un groupe sont
satisfaites.
Proposition 2.3 Pour qu’une partie non vide H d’un groupe G soit un sous groupe de G, il faut et
suffit que, pour tout couple (x, y) d’éléments de H, xy −1 ∈ H.
Démonstration : Si H est un sous-groupe, l’inverse d’un élément y de H appartient ,nécessairement à
H, la partie H étant stable, le produit xy −1 appartient à H.
Réciproquement, supposons cette condition satisfaite. Puisque H est non vide, il existe au moins un
élément x de H, alors xx−1 = e ∈ H.
Soit y ∈ H, alors ey −1 = y −1 ∈ H. Enfin, soit (x, y) un couple d’éléments de H ; alors y −1 ∈ H et
x(y −1 )−1 = xy ∈ H. Ainsi la partie H est stable. u
t
Exemples :
1. Pour tout groupe G, G lui même et {e}, e élément neutre de G, sont des sous-groupes de G.
2. Soit τE le groupe des permutations d’un ensemble E. Soit Hx = {σ ∈ τE /σ(x) = x}, avec x ∈ E,
Hx est un sous-groupe de τE , en effet, IE ∈ τE puisque IE (x) = x et pour tout couple (σ, %) de Hx ,
σ%−1 (x) = σ(x) = x, donc σ%−1 ∈ Hx .
2.4 Intersection de sous-groupes. Sous-groupe engendré par une partie
Proposition 2.4 L’intersection de deux sous-groupes d’un groupe G est un sous-groupe de G.
Démonstration : Soient H1 et H2 deux sous-groupes d’un groupe G.
• e ∈ H1 ∩ H2 puisque e ∈ H1 et H2 .
• Soit (x, y) un couple de H1 ∩ H2 , alors xy −1 ∈ H1 et xy −1 ∈ H2 , donc xy −1 ∈ H1 ∩ H2 . u
t
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T
Remarque : Soit (Hi )i∈I une famille de sous-groupes d’un groupe G, alors Hi est un sous-groupe
i∈I
de G.
Proposition 2.5 (et définition )Soit A une partie non vide d’un groupe G, l’intersection de tous les
sous-groupes de G contenant A est un sous-groupe de G, on l’appelle sous-groupe engendré par
la partie A.
Exercice : Décrire les éléments d’un sous-groupe engendré par une partie A d’un groupe G.
2.5 Groupe monogène. Groupe cyclique
Définition 2.4 Un groupe ayant une partie génératrice réduite à un élément est dit monogène. Un groupe cyclique
est tout groupe monogène et fini, on le note (a).
Exemple : (Z,+) est un groupe monogène, dont un générateur est 1 ( ou -1 ).
Définition 2.5 Soit G un groupe, d’élément neutre e, et a un élément de G. Si le groupe engendré par a est fini
son cardinal est appelé ordre de a dans G et noté w(a).
3 Morphismes de groupes
Définition 3.1 Soient (G, >) et (G0 , ⊥) des groupes. On dit qu’une application f de G dans G0 est un morphisme
de groupes si pour tout couple (x, y) d’éléments de G,
f (x>y) = f (x)⊥f (y)
Si f est bijective, on dit que f est un un isomorphisme de G
Un homomorphisme de G dans lui même est un endomorphisme de G et un isomorphisme de G dans G est un
automorphisme de G.
Proposition 3.1 Si f est un homomorphisme de G, d’élément neutre e, dans un groupe G0 ,d’élément
neutre e0 , alors
e0 = f (e) et ∀x ∈ G, f (x−1 ) = [f (x)]−1 .
Démonstration : ∀ x ∈ G, f (x) = f (xe) = f (x)f (e) = f (ex) = f (e)f (x), donc f (e) = e0 .
d’autre par
e0 = f (e) = f (xx−1 ) = f (x)f (x−1 ) = f (x−1 )f (x)
alors f (x−1 ) = [f (x)]−1 . u
t
Proposition 3.2 Soient G et G0 des groupes et f un morphisme de G dans G0 . L’image par f de tout
sous-groupe H de G est un sous-groupe de G0 .
Démonstration : D’abord e0 = f (e) ∈ f (H). Soit (x0 , y 0 ) coupled’éléments de f (H), alors il existe un
couple (x, y) d’éléments de H tel que : x0 = f (x) et y 0 = f (y), donc x0 y 0−1 = f (x)f (y −1 ) = f (xy −1 ) ∈
f (H). u
t
0
En particulier, f (G) est un sous-groupe de G ; on l’appelle image de f et on la note Im(f ).
Proposition 3.3 Soient G et G0 des groupes et f un morphisme de G dans G0 . L’image réciproque
par f de tout sous-groupe H 0 de G0 est un sous-groupe de G.
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Démonstration : • f (e) = ∈ H 0 =⇒ e = f −1 (e0 ) ∈ H
• Soit (x, y) ∈ f −1 (H), alors f (x) et f (y) appartient à H 0 , donc f (x)f (y)−1 = f (xy −1 ) ∈ H 0 . u
t
0 0
En particulier, l’image réciproque du sous-groupe {e } de G est un sous-groupe de G ; on l’appelle noyau
de f et on le note ker f .
Proposition 3.4 Pour que le morphisme f soit injectif, il faut et il suffit que ker f = {e}.
Démonstration : Soient x, y des éléments de G tels que f (x) = f (y), alors
f (xy −1 ) = f (x)f (y)−1 = f (x)f (x)−1 = e0
et par suite xy −1 ∈ ker f = {e}, c’est-à-dire xy −1 = e ou encore x = y.
Réciproquement, si le morphisme f est injectif, alors
∀x ∈ G, f (x) = f (e) =⇒ x = e
d’où ker f = {e}. u
t
En pratique pour montrer qu’un morphisme est injectif, il faut et il suffit de montrer que l’équation
f (x) = e0 admet pour seule solution x = e.
Théorème 3.1 La bijection réciproque d’un isomorphisme de groupe est un isomorphisme.
Démonstration : C’est évident.
Exemple : Soit a ∈R∗+ \{1}.
f : (R, +) −→ (R∗+ , ×)
x 7−→ ax
est un isomorphisme de groupes. En particulier
f : (R, +) −→ (R∗+ , ×)
x 7−→ ex
et un isomorphisme de groupe et son isomorphisme réciproque est :
f −1 : (R∗+ , ×) −→ (R, +)
x 7−→ ln x
Proposition 3.5 Soit (G, .) un groupe, de neutre e. Soit a ∈ G, l’application f définie de Z dans G
par : f (m) = am est un homomorphisme de groupes.
L’image de f n’est autre que le sous-groupe (a) de G engendré par a. De plus il existe un unique
n ∈R∗ tel que ker f = nZ.
Démonstration : On a : ∀m, p ∈Z, f (mp) = am+p = am ap = f (m)f (p). D’autre par ker f est un sous-
groupe de Z, donc de la forme nZ. u
t
1er Cas : Si ker f = {0}, f est injective, ceci implique ∀ m, p ∈Z, m 6= p =⇒ am 6= ap , donc (a) = {am /m ∈
Z} est infini.
2e Cas : Si ker f = nZ, avec n 6= 0.
∀ m ∈Z, am = e ⇐⇒ m ∈ nZ ⇐⇒ ∃k ∈Z/m = kn.
Soit m ∈Z, il existe k ∈Z, tel que m = kn + r et 0 ≤ r < n donc
am = (an )k ar = ar
donc on déduit que
(a) = {ak /0 ≤ k ≤ n − 1}
Conclusion : n n’est autre que le cardinal de (a), c’est-à-dire l’ordre de a, donc c’est le plus petit entier
strictement positif vérifiant an = e.
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Exemple fondamental : Soit n ∈R∗ , on note Un = {s ∈ C / z n = 1} ( les éléments sont appelés racines
nièmes de l’unité ) (Un , ×) est un sous-groupe de (C, ×), on a :
2iπ
Un = {(e n )k / 0 ≤ k ≤ n − 1}
= {wk / 0 ≤ k ≤ n − 1}
= {1, w, w2 , ..., wn−1 }
2iπ
avec w = e n . Un est un groupe cyclique d’ordre n.
4 Anneaux et corps
4.1 Structure d’anneau
Définition 4.1 On appelle anneau ensemble A muni de deux lois de composition internes, notées additivement et
multiplicativement, satisfaisant aux conditions suivantes :
1. (A, +) est un groupe commutatif.
2. la multiplication est associative et distributive par rapport à l’addition.
3. il existe un élément neutre pour ×, noté 1A
Les anneaux dont la loi × est commutative sont appelés anneaux commutatifs.
Exemples :
1. Soit G un groupe additif à un seul élément, noté 0, muni de la multiplication définie par 0.0 = 0, G
est un anneau commutatif, unitaire. L’élément unité est évidement égal à 0.
2. (Z, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des anneaux commutatifs.
3. Voici maintenant un exemple fondamental d’anneau construit à partir d’un autre anneau : Soit E
un ensemble et A anneau. On munit l’ensemble F(E, A) des applications de E dans A des deux
lois de compositions :
(f, g) 7−→ f + g et (f, g) 7−→ f g
où pour tout élément x de E,
(f + g)(x) = f (x) + g(x) et (f g)(x) = f (x)g(x)
Alors F(E, A) est un anneau commutatif unitaire d’élément unite l’application identique.
4. Soit E un ensemble non vide, (P(E), 4, ∩) est un anneau commutatif.
Remarques : Soit RI l’anneau des applications de l’intervalle I dans R. On sait, si I non réduit à 0, qu’il
existe des applications non nulles dont le produit est nul. Par exemple les applications χ{a} et χ{b} ( a
et b deux éléments distincts de I ) sont non nuls, mais leur produit est 0. Ceci nous conduit à poser la
définition suivante :
Définition 4.2 Lorsqu’il existe dans un anneau des éléments a, b tels que :
a 6= 0, b 6= 0 et ab = 0
on dit que a et b sont des diviseurs de 0.
On appelle anneau d’intégrité ou anneau intègre un anneau commutatif, non réduit à 0 et dépourvu de diviseurs
de 0.
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Exemples :
1. (Z, +, ×), (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des anneaux intègres.
2. Soit E un ensemble non vide. L’anneau (P(E), 4, ∩) n’est pas intègre ( ∀X ∈ P(E), X ∩ X = ∅).
Proposition 4.1 Soit A un anneau non nul. On note A∗ l’ensemble des éléments inversibles pour
le produit. A∗ est un groupe pour la loi ×.
Démonstration : • 1A ∈ A∗ , car 1A 1A = 1A
• Soient x et y in A∗ , alors il existe x0 et y 0 ∈ A∗ tels que xx0 = 1A et yy 0 = 1A , donc xy 0 (xy 0 )0 = xy 0 yx0 =
x1A x0 = xx0 = 1A =⇒ xy 0 ∈ A∗ . u
t
Exemples :
1. Z = {1, −1}
2. Soit A = RR l’anneau des fonctions de R dans R. A∗ c’est l’ensemble des fonctions qui ne s’annulent
jamais, l’inverse de f est f1 .
4.2 Règles de calcul dans un anneau
Soit A un anneau. Pour tout triplet (x, y, z) d’éléments de A.
x(z − y) = xz − xy
en effet :
x(z − y) + xy = x[(z − y) + y] = xz
ou encore
x(z − y) = xz − xy
en particulier si z = y = 0 on obtient x.0 = 0.x = 0.
Théorème 4.1 Soit A un anneau, alors pour tout couple (a, b) d’éléments de A tels que ab = ba on
a:
p=n
X
∀n ∈ N∗ , (a + b)n = {pn ap bn−p
p=0
et
k=n−1
X
an − bn = (a − b) an−1−k bk .
k=0
En particulier : ∀q ∈ A, ∀n ∈R∗ ,
k=n−1
X
n
1 − q = (1 − q) qk
k=0
k=n−1
P
On en déduit que si q n = 0, 1 − q est inversible et (1 − q)−1 = qk .
k=0
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4.3 Sous-anneau d’un anneau
Définition 4.3 Soit A un anneau. On dit qu’une partie B de A est un sous-anneau de A si elle satisfait aux
conditions suivantes :
1. 1 ∈ B ;
2. (B, +) est un sous-groupe de (A, +) ;
3. B est stable par la multiplication.
Définition 4.4 (A, +, ×) et (A0 , +, ×) deux anneaux. On dit qu’une application f : A −→ A0 est un morphisme
d’anneaux si les conditions suivantes sont satisfaites :
1. ∀(x, y) ∈ A2 , f (x + y) = f (x) + f (y) ;
2. ∀(x, y) ∈ A2 , f (x × y) = f (x) × f (y) ;
3. f (1A ) = 1A0 .
On note ker f = {a ∈ A/f (a) = 0A0 }.
4.4 Structure d’un corps
Définition 4.5 On dit qu’un anneau K est un corps s’il n’est pas réduit à {0} et si tout élément non nul de K est
inversible pour le produit.
Exemples :
1. (Q, +, ×), (R, +, ×) et (C, +, ×) sont des des corps commutatifs.
2. (Z, +, ×) n’est pas un corps.
Rm Tout corps est intègre, en effet soit a, b tel que ab = 0, si a 6= 0, alors a−1 ab = a−1 0 = 0, donc b = 0.
Sous-corps d’un corps
Définition 4.6 Soit K un corps. On dit qu’une partie K0 de K est un sous-corps de K si elle stable par les deux
lois de compositions sur K et si, munie des lois induites par celles de K, K0 est corps.
Proposition 4.2 K’ est un sous-corps de K si, et seulement si,
1. 1 ∈K’ ;
2. ∀a, b ∈K’, a − b ∈K’ ;
3. ∀a, b ∈K’ avec b 6= 0, ab−1 ∈K’.
Exercice d’application
: Soit K l’ensemble des matrices carrées d’ordre 2 réelles de la forme M (x, y) =
x y
. Montrer que (K, +, ×) est un corps commutatif.
−y x + y
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Solution :
1 0
1. K est une partie non vide de M2 (R) ( I2 = ∈ K ), stable par addition et multiplication, en
0 1
effet :
x y x0 y0
Soit M (x, y) = et M (x0 , y 0 )
= deux éléments de K
−y x + y −y 0 x0 + y 0
x + x0 y + y0 X Y
• M + M0 = = , avec X = x + x0 et Y = y + y 0 , donc
−y − y 0 x + x0 + y + y 0 −Y X + Y
M +M ∈K 0
X Y
• De même M M 0 = avec X = xx0 − yy 0 et Y = xy 0 − yx0 + yy 0 , donc M M 0 ∈ K
−Y X +Y
2. Montrons que (K, +, ×) est un anneau unitaire commutatif.
x y
• (K, +) est un sous-groupe de M2 (R)), en effet, soit M (x, y) = et M (x0 , y 0 ) =
−y x + y
0
x y0
deux éléments de K
−y 0 x0 + y 0
0 x − x0 y − y0 X Y
M −M = = , avec X = x − x0 et Y = y − y 0 , donc
−y + y 0 x − x0 + y − y 0 −Y X + Y
M − M 0 ∈ K et par conséquent (K, +) est un sous-groupe de M2 (R)).
• Comme la multiplication des matrices est associative dans M2 (R)), il est de même dans la partie
K, de même la multiplication est distributive par rapport à l’addition dans (K, +, ×).
• On vérifie que ∀M, M 0 ∈ K, M M 0 = M 0 M
Conclusion : (K, +, ×) est un anneau commutatif unitaire.
3.
Pour conclure, ∗
il reste à vérifier que chaque élément de K est inversible
dans K.Soit M (a, b) =
a b x y
un élément inversible de K, alors il existe M 0 (x, y) = de K tel que
−b a + b −y x + y
M M 0 = I, ceci est équivalent au système
ax − by = 1
bx + (a + b)y = 0
4 = a2 + b2 + ab et on a : (a, b) 6= (0, 0) ⇐⇒ a2 + b2 + ab > 0. D’où chaque élément non nul de K
est inversible, donc (K, +, ×) est un corps commutatif.
Définition 4.7 Une application f entre deux corps (K, +, ×) et (K0 , +, ×) est un morphisme de corps si et seule-
ment si c’est un morphisme d’anneaux.
4.5 Corps des fractions d’un anneau
Soit A un anneau, cherchons un corps K tel que A soit un sous-anneau de K. D’autre part A, sous-anneau
de K, devra être dépourvu de diviseurs de zéro. Nous allons voir une construction générale qui permet
de construire un corps à partir d’un anneau.
Soit (A, +, ×) un anneau. Sur l’ensemble A × A∗ , on définit une relation par :
∀((a, b), (a0 , b0 )) ∈ A × A∗ , (a, b)R(a0 , b0 ) ⇐⇒ a × b0 = a0 × b
On vérifie que R est une relation d’équivalence sur A × A∗ . On note K l’ensemble des classes d’équiva-
lences de cette relation. Un élément k ∈K est donc la classe d’un couple (a, b) ∈ A × A∗ , et on note cette
classe
a
k=
b
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C HAPITRE 11 S TRUCTURES ALGÉBRIQUES
Sur l’ensemble K, on définit deux lois notées (+) et (×). Soient k = cl(a, b) et k 0 = cl(a0 , b0 ) ∈K deux
classes d’équivalences de représentants (a, b) et (a0 , b). On note :
a a0 a×b0 +b×a0
k + k 0 = cl(a × b0 + b × a0 , b × b0 ) tel que b + b0 = b×b0
a a0 a×a0
k × k 0 = cl(a × a0 , b × b0 ) tel que b × b0 = b×b0
et on vérifie que ces classes sont indépendantes des représentants (a, b) ∈ k et (a0 , b0 ) ∈ k0 choisis.
on montre aussi que (K, +, ×) est un corps commutatif, appelé corps des fractions de l’anneau (A, +, ×).
De plus en peut prolonger l’anneau A dans le corps K, à l’aide de l’injection :
φ : A −→ K
a 7−→ cl(a, 1)
Théorème 4.2 Soient (A, +, ×) un anneau intègre. Il existe un corps (K, +, ×) unique à un isomor-
phisme près, tel que A est un sous-anneau de K et tel que
K = {ab−1 / a, b ∈ A, b 6= 0}
On dit que K est le corps des fractions de la’anneau intègre A.
Exemple : Le corps (Q, +, ×) c’est le corps de fractions de l’anneau intègre (Z, +, ×).
• • • • • • • • ••
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