Phonologie générative
La
La phonologie générative est née officiellement en 1968, avec la publication par
Noam Chomsky et Morris Halle de l’ouvrage intitulé The Sound Pattern of English.
Cet
Cet ouvrage est la première tentative de théorisation globale en phonologie
générative.
SPE
SPE est un ensemble de règles formelles, de représentations et de mesures
d’évaluation des grammaires.
Le modèle SPE constitue une véritable rupture par rapport aux approches
phonologiques précédentes.
Son
Son programme ambitieux consiste à déterminer:
Dans quelle mesure les systèmes phonologiques des langues du monde se
ressemblent?
Introduction
Avec
Avec l’avènement de la phonologie générative :
l’introduction des règles et des représentations phonologiques.
phonologiques
Une
Une représentation phonologique est organisée autour de deux axes de
production de la parole:
l’axe syntagmatique qui donne l’ordre de succession des éléments
l’axe paradigmatique qui donne la composition interne des matrices
segmentales.
Introduction
La représentation du mot [bato] « bateau », par exemple, sera comme suit :
b a t o
+cons - cons +cons -cons
-voc +voc -voc +voc
-cont +bas -cont -bas
+lab
Les phonèmes ne sont pas les constituants
ultimes des représentations phonologiques,
mais les traits.
Les traits
Chaque
Chaque matrice de traits est constituée de traits binaires qui définissent le segment.
Certains traits sont distinctifs, d’autres redondants.
redondants
L’adoption
L’adoption des traits est due à trois considérations :
1. Etant donné que l’inventaire phonémique diffère d’une langue à l’autre, il est
difficile d’envisager une théorie universelle basée sur les phonèmes.
2. Il est souvent plus économique de représenter un trait (dans une règle par
exemple) qu’un phonème ou un groupe de phonèmes.
3. Le recours aux traits est nécessaire pour l’expression de certaines généralisations
ou de certaines règles phonologiques.
Phonème et traits
Le phonème : un faisceau de traits distinctifs (des éléments différentiels et
simultanés)
Le
Le système des phonèmes est aperçu comme étant un réseau de traits distinctifs
organisés en oppositions binaires.
Les
Les éléments constitutifs des phonèmes se présentent sous forme d’oppositions
binaires (ex : [-voisé]/ [+voisé]).
Traits & analyse phonologique
l’intérêt des traits pour l’analyse phonologique réside dans:
1. Leur capacité à décrire adéquatement la structure interne des segments : un
segment est une matrice de traits.
2. Leur capacité à caractériser des classes naturelles de segments :
les fricatives [+cont],
les occlusives [-cont],
les sonantes [+son].
Traits & analyse phonologique
3. Leur capacité à décrire toutes les oppositions rencontrées dans les langues du
monde (ex. voisé/non-voisé)
voisé) et ainsi les inventaires de segments de ces
langues.
4. Leur capacité à définir les systèmes phonologiques en termes phonétiques: chaque
trait correspond à une réalité phonétique (ex. voisé : vibration des cordes
vocales).
5. Leur capacité à produire de réelles généralisations :
• des processus,
• la structure des langues,
• l’organisation du langage humain (l’économie, la simplification des
descriptions).
Traits & analyse phonologique
L’inventaire
L’inventaire des trais distinctifs est présumé universel.
Tous
Tous les humains ont le même dispositif audio-phonatoire.
audio
Chaque
Chaque langue sélectionne un nombre limité de traits dans cet inventaire.
Certains
Certains traits sont sélectionnés par toutes les langues (ex : [±haut], [±sonant],
[±voisé]).
Tous les traits distinctifs sont binaires (modèle classique).
Chaque trait définit deux classes naturelles de segments.
segments
La Théorie des traits
Les traits sont des propriétés des sons de la parole.
Ils renvoient aux configurations
configuration articulatoires qui sont
linguistiquement significatives.
On isole les traits en opposant
ant le phonème en question aux
autres phonèmes de la langue. Le /b/ français, par exemple :
/b/ ~ /p/ : le voisement est phonologiquement distinctif pour /b/
/b/ ~ /m/ : l’oralité est un aspect phonologiquement distinctif pour /b/
/b/ ~ /d/ : lieu d’articulation labial est distinctif pour /b/
Fonctions des traits
1. Fonction lexicale : ils permettent d’opposer des mots.
Si deux sons s’opposent minimalement dans une langue, alors un
trait doit être posé pour rendre compte de cette différence.
ex. /t/ et /d/ en français : <tire> vs. <dire>
/t/ et /tʰ/ en népalais : titʰi ‘condition’ vs. tʰiti ‘date’
2. Fonction phonologique : ils définissent les classes naturelles
Si un processus phonologique s’applique à une classe de sons, alors
ces sons doivent avoir quelque chose en commun.
ex. L’aspiration en anglais pour /p, t, k/
* [b d g] # (mais pas [b m l])
Organisation des traits
• Traditionnellement, on définit un phonème comme un
ensemble (ou une matrice) de traits distinctifs (Chomsky &
Hallé, 1968).
[i] = + haut [u] = + haut
(- bas) (- bas)
- arrière + arrière
- arrondi + arrondi
• Cette organisation des traits a été remise en cause. Des
processus communs et très généraux sont difficiles à
formaliser si les traits sont organisés en ensembles non
structurés.
Classe Naturelle
Données de la langue chamorro
gume « maison » i gime « la maison »
tomu « genou » i temu « le genou »
lahi « mâle » i læhi « le mâle »
gwihen« poisson » i gwihen « le poisson »
pecu « poitrine » i pecu « la poitrine »
læki « non mot » i læki « non mot »
Pourquoi seul le groupement [u, o, a] alterne ?
D’autres sous-ensembles sont logiquement possibles
[i, o, æ] ou [u, e, a], et pourtant n’apparaissent jamais
dans une alternance.
Classe Naturelle
[u, o, a] forme une classe naturelle = des segments [+ arrière]
[i, e, æ] forme une autre classe naturelle = des segments [----arrière]
i e æ u o a
haut + -- -- + - --
bas -- -- + -- -- +
arrondi -- -- -- + + --
arrière -- -- -- + + +
Classe Naturelle
i e æ u o a
haut + - - + - -
bas - - + - - +
arrière - - - + + +
Il est désormais possible de formaliser la notion de « distance
phonologique »
On commence à comprendre pourquoi certains groupements de
segments sont plus naturels que d’autres.
On peut rendre compte de manière simple des alternances
phonologiques : cohérence interne d’une alternance
V V
[ + arrière] [ - arrière] [- arrière] C 0
Fonctions des traits
a. Distinguer les unités sous-jacentes
jacentes.
b. Définir les classes naturelles.
c. Permettre un lien optimal avec le composant phonétique.
d. Exprimer les contraintes phonotactiques.
Éliminez dans chaque groupe l’élément intrus pour former
une classe naturelle :
1. p t f k
2. p b d g
3. b s f v p
4. i u y e
Fonctions des traits
a. Distinguer les unités sous----jacentes.
jacentes.
b. Définir les classes naturelles.
c. Permettre un lien optimal avec le composant phonétique.
d. Exprimer les contraintes phonotactiques.
En anglais certains segments peuvent apparaître devant [sp, st, sk]
dans la même syllabe. Caractérisez ces segments à l’aide d’un seul trait
distinctif sur la base des données suivantes :
skip sprei spi:k
stop skju:d skrap
skwad sprein streit
stæk sku:l split
Valeurs des traits
Les traits au sein d’un même système peuvent être binaires ou
unaires.
Un trait binaire a soit la valeur ‘+’ soit la valeur ‘--’.Aussi bien
le groupe de segments ayant la valeur ‘+’ que le groupe ayant la
valeur ‘--’forment une classe naturelle (e.g. /p, t, k/ sont [ --voisé]
et /b, d, g/ sont [+ voisé])
Un trait unaire n’a pas de valeur ‘+’ ou ‘--’.Il définit
uniquement la classe des segments qui possèdent ce trait. (e.g.
[LABIAL] fait référence aux segments labiaux et on ne peut
exprimer de généralisations impliquant tous les segments non
labiaux.)
Organisation des traits
Les traits sont généralement re egroupés par classes :
1. Les traits de classes majeueures,
2. Les traits laryngaux,
3. Les traits de mode d’arti ticulation,
4. Les traits de lieu d’articul
culation,
5. Les traits de la masse de e la langue (traits vocaliques).
Les traits que nous utilisons sont assez proches de ceux proposés par
Chomsky & Halle (SPE, 1968), modifiés entre autres par Halle &
Clemen
ents (1983).
Traits de classe majeure
[+ /- consonantique] : Permet de distinguer les consonnes des voyelles et semi-voyelles
[+ /- sonant] : Permet de distinguer les obstruantes des autres segments.
[- son] = constriction suffisamment étroite pour permettre une augmentation
importante dela pression intraorale.
[+ /- approximant] : Permet de distinguer les nasales des autres sonantes.
[+approx] sont produits avecune constriction du conduit vocal moins grande que celle
requise pour produire dela friction
[consonantique] [sonant] [approximant]
Voyelle/ Semi-voyelles - + +
Liquides + + +
Nasales + + -
Obstruantes + - -
Comment distinguer les voyelles des semi-voyelles ?
Traits laryngaux
Les traits laryngaux définissent les dimensions phonétiques suivantes:
- Le voisement [+ / - voisé]
- L’aspiration [+ / - glotte ouverte] (spread glottis)
- La glottalisation [+ /- glotte resserrée]
Français :
pas vs. bas [-/+ voisé]
Mandarin :
kʰan « voir » vs. kan «faire » [+ /- glotte ouverte]
Nootka :
pa « partir » vs. Pʕ a « abandonner
a » [-/+ glotte resserrée]
Comment définir les occlusives labiales du Hindi ?
pal pʰal bal bʰal
«prendre soin » «couteau » «cheveux » « devant »
Traits laryngaux
Consonnes [+voisé] : avec vibration des cordes vocales
ex.: /b/ /d/ /m/ /l/ /z/ /ʒ/
mollement mi-ouvertes
resserrées mi-mollement resserrées
Consonnes [- voisé] : écoulement libre de l’air sans vibration des
cordes vocales
ex.: /p/ /t/ /s/ /ʃ/
ouvertes plus ouvertes
Traits laryngaux
Modèle de Halle & Stevens (1971)
p ph b bh pʕ
Glotte ouverte - + - + -
Glotte resserrée - - - - +
Cordes vocales lâches - - + + -
Cordes vocales tendues + + - - +
Traits de lieu
Les 4 traits unaires spécifiant les différents lieux d’articulation :
• [ LABIAL ] : Définit les segments produits avec les lèvres, comme [b, f, m].
Certains parmi ces segments peuvent être spécifiés par le trait [+/- arrondi]
[e.g. bʷ].
• [ C O R O N A L ] : Définit les segments produits avec l’apex ou la pointe de la
langue. Les segments [CORONAL] sont spécifiés pour les traits [+/- antérieur] et
[+/- strident].
• [ D O R S A L ] : Segments produits avec le dos de la langue. Il permet de distinguer
les vélaires [k, g, etc.] et les uvulaires [q, ʁ] des autres segments. Ces segments
sont aussi spécifiés pour les traits de la masse de langue (voir plus loin).
• [ R A D I C A L ] : appelé aussi [PHARYNGAL], il définit les segments articulés avec la
racine de la langue [e.g. /ħ, ʕ / en arabe).
Traits de mode
Il y’a quatre traits de mode :
• [ +/ - continu] : permet de distinguer les occlusives des fricatives
(voir lecas dela latérale).
•[ + / - nasal] : permet de distinguer les consonnes et les voyelles
nasales de tous les autres segments.
•[ +/ - strident] : n’est pertinent que pour les obstruantes. Les
segments [+ strident] se caractérisent par un bruit de friction plus
intense [e.g. s, ʃ, ʒ] (caractérise les contextes d’insertion de/əə/ anglais (avec CORONAL),
distingue les fricatives bilabiales des labiodentales en ewe)
• [ +/ - latéral] : permet de distinguer la latéral / l / de / r / .
Traits de la masse de la langue
La masse de la langue peut se déplacer dans deux dimensions :
1 Verticalement : de bas en haut
2 Horizontalement : d’avant en arrière
Trois positions distinctes sur l’axe
vertical :
1. [+ haut] [-bas]
2 2. [- haut] [- bas]
3. [- haut] [ + bas]
Deux positions sur l’axe horizontal :
1 1. [+ arrière]
2. [- arrière]
Le trait [arrondi]
Le trait [ + arrondi] : Ce trait spécifie les voyelles produites avec la
protrusion des lèvres en avant et l’arrondissement
arrondissement de l’orifice labial.
Voyelles étirées Voyelles arrondies
[- arrondi] [ + arrondi]
/i/ /y/
Le trait [nasal]
[+ nasal] : La position du velum (et donc l’ouverture ou non du
passage velopharyngé) détermine la nasalité de la voyelle.
Rappel
1. Si deux sons s’opposent minimalement dans une langue, alors un trait doit
être posé pour rendre compte de cette différence.
2. Si un processus phonologique s’applique à une classe de sons, alors
ces sons doivent avoir quelque chose en commun.
3. Les points 1 & 2 fournissent les arguments majeurs en faveur de la Théorie
des Traits Distinctifs.
4. Chaque segment est défini comme un ensemble de traits distinctifs = une
matrice de traits (comme un gâteau et ses ingrédients).
5. Les traits peuvent être définis comme des propriétés phonétiques qui
combinent pour former un son de la langue (ou comme instructions aux
articulateurs nécessaires pour produire un son)
La redondance
La
La redondance est une autre notion (en plus de la binarité des trais) empruntée par
Jakobson à la théorie de la communication.
L’analyse
L’analyse phonologique se donne pour tache d’éliminer systématiquement toute
redondance, elle fournit nécessairement une solution optimale et sans ambiguïté.
Ce
Ce qui constitue un trait distinctif dans une langue peut correspondre à un
trait redondant dans une autre.
Certaines
Certaines valeurs de traits en impliquent d’autres.
Il
Il existe des lois d’implications universelles ou quasi-universelles;
quasi
ex: dans certaines langues toutes les voyelles postérieures sont automatiquement
arrondies
Traits distinctifs et redondance
Certaines
Certaines valeurs de traits (informations phonologiques, spécifiques) s’avèrent
prédictibles à partir d’autres valeurs (spécifications) de traits. mais certaines sont
redondantes du point de vue phonologique.
Ex1:: une voyelle spécifiée [+haut] sera toujours également spécifiée [-bas]
[ (valable
pour toutes les langues).
Il y a une explication articulatoire à cela : une voyelle ne peut être réalisée en haut et
en bas dans le conduit vocal. Il s’agit d’une incompatibilité articulatoire.
EX2:: une voyelle spécifiée [+bas] sera toujours spécifiée [-haut]
[ (valable pour
toutes les langues). Il s’agit du même type d’incompatibilité articulatoire
Ex3:: L’état naturel des sonantes (nasales, liquide approximantes et voyelles) est
d’être voisé.
De manière très générale, [+sonant]] implique donc [+voisé].
Il y a une explication auditive à cela : il s’agit de segments caractérisés par des
résonances.
Pour
Pour que ces résonances soient bien audibles, bien perceptibles, il faut que les
cordes vocales vibrent et renforcent ces résonances.
Attention, l’inverse n’est pas vrai. La spécification [+voisé] n’implique pas
automatiquement [+sonant].
Souvent
Souvent donc, des spécifications (valeurs) de traits sont prédictibles à partir
d’autres spécifications.
Dans le système consonantique français : au sein de la classe des obstruantes,
le trait [±voisé] est distinctif : p/b ; t/d ; k/g ; s/z ; S/ӡ.
CeCe même trait est redondant pour la classe des sonantes: sonantes on peut prédire à
partir de [+sonant]] que ces consonnes sont [+voisé] : m ; n ; l ; r ; w ; j.
Les processus phonologiques
Les processus phonologiques constituent un phénomène universel ; il n’existe pas
de langue sans processus phonologiques.
Les
Les langues se dotent de cette souplesse de fonctionnement : elles sont faites
pour être parlées (c’est-à-dire,
dire, pour faire face aux contraintes articulatoires, aux
contraintes auditives (ex. augmenter les contrastes), aux contraintes temporelles (ex.
compacter) ;
Dans
Dans la mesure où les variations se produisent généralement à l’intérieur de
certains domaines, elles renforcent la cohérence de ces domaines.
L’objectif
L’objectif du phonologue est d’énoncer des généralisations à propos de ces
processus et d’en rendre compte de la meilleure façon qui soit.
1. L’assimilation
Sa fonction générale est de:
diminuer le contraste entre segments,
compacter
compacter / compresser les informations sonores,
lisser les transitions,
réorganiser du point de vue temporel.
1.1 La palatalisation
1. (russe)
[ʹstol] table (nominatif sing.)
[ʹvkus] goût
[ʹdar] don
[ʹdom] maison
[ʹbomba] bombe
[ʹstoʹlʲe] table (locative sing.)
[ʹvkusʲen] goûteux
[ʹdaʹrʲit donner
[ʹdoʹmʲisko] cabane
[ʹbomʹbʲit] bombarder
La
La première partie contient des mots au nominatif et dans la deuxième partie, on a introduit
le suffixe indiquant le locatif.
L’ajout
L’ajout de ce suffixe qui commence soit par la voyelle [i] soit par [e] a provoqué un
changement dans la dernière consonne du mot, noté par [ʲ] et qui indique le processus de la
palatalisation
Processus : la palatalisation des consonnes devant les voyelles (suffixales, ici) antérieures
hautes et moyennes-supérieures:
supérieures: les consonnes acquièrent une propriété (i.e. le caractère
palatal) de ces voyelles (assimilation régressive).
1.2 Palatalisation et labialisation
(nupe. Afrique de l’Ouest)
[ega] étranger [egʲi] enfant [egʲe] bière
[egʷu] boue [egʷo] herbe
Processus : La palatalisation des consonnes devant les voyelles antérieures et la
labialisation (noté par « ʷ ») des consonnes devant les voyelles arrondies
(postérieures) : les consonnes acquièrent des propriétés vocaliques (assimilation
régressive).
N.B.. La voyelle /a/ du « nupe » ne déclenche ni palatalisation ni labialisation
1.5 L’harmonie vocalique
(Turc)
[diS] dent [diSim
diSim] ma dent
[ev] maison [evim]] ma maison
[g0z] œil [g0zym] mon œil
[gyl] rose [gylym
gylym] ma rose
[kol] bras [kolum
kolum] mon bras
Processus : l’harmonie vocalique (assimilation à distance) : harmonisation des
voyelles suffixales (traits [±arrière] et [± rond] (assimilation progressive).
N.B. L’harmonie consonantique existe aussi dans certaines langues. L’assimilation
se fait entre segments adjacents (avant ou après),
l’harmonie se dit quand les segments subissant l’assimilation se trouvent séparés
par un autre élément (ils ne sont pas contigus).
Le corpus tiré du turc contient 2 colonnes:
1ère colonne: les noms
2ème colonne: les mêmes noms avec un suffixe indiquant le possessif.
Ce
Ce suffixe est composé d’une voyelle et d’une consonne [m], cette voyelle change
selon la voyelle qui se trouve dans le nom :
le
le suffixe réalise un [i] si la voyelle du radical est soit [i] ou [e],
il
il réalise [y] si la voyelle du radical est [0] et
il
il réalise [u] si la voyelle du radical est soit [u] ou [o].
4. La suppression, l’élision
8. (français)
[ləgaʁ7] le garçon
[lafij] la fille
[lami] l’ami
[lami] l’amie
Processus : élision, suppression de la voyelle à la frontière entre deux morphèmes,
dont le second commence par une voyelle (élision vocalique).
La voyelle du déterminant, « le » et « la », disparait lorsque le nom qui suit
commence par une voyelle.
. (Français)
[pətitami] petit ami [pətigaʁs7] petit garçon
[gʁozami] gros ami [gʁogaʁs7] gros garçon
[tʁopetʁwa] trop étroit tʁolaʁʒ
tʁolaʁʒ] trop large
[tʁɛzetʁwa] très étroit [tʁɛlaʁʒ
tʁɛlaʁʒ] très large
Processus : suppression de la consonne finale devant consonne en position initiale de
mot (élision consonantique).
LaLa dernière consonne de l’adjectif et de l’adverbe disparait lorsque le nom ou
l’adjectif qui suit commence par une consonne (elle reste lorsque le mot commence
par une voyelle).
La représentation formelle des processus phonologiques
Règles
Règles phonologiques qui servent à formuler des processus phonologiques comme
l’assimilation, l’épenthèse, l’élision…..
En
En phonologie générative, on ne note que la ligne de transformation, de dérivation
donc on aura une seule ligne au lieu de deux
Sii en phonologie structuraliste on notait le phonème, en phonologie générative on
note les traits distinctifs nécessaires pour définir le segment en question, par rapport
aux autres segments de la langue et on ne note que le trait qui a changé.
Par exemple au lieu de dire : b p / s
On mettra :
-son [-voisé] / [-voisé]
voisé]
- cont
LAB
Dans le tableau des traits, sept consonnes qui ont le trait [LABIAL] : [p] ; [b] ; [f] ;
[v] ; [m] ; [w] et [H].
En mettant [-son],
son], on élimine d’emblée [m] ; [w] et [H], car ces trois derniers
segments sont [+son].
En mettant [-cont], on élimine [f] et [v] car ils sont [+cont].
[+ Il reste alors [p] et [b] ;
nous savons que ce qui les distingue c’est le voisement.
Pour dire [b], il suffit de mettre [+voisé] et de la sorte la matrice que nous avons mis
ci-dessus
dessus indiquera exclusivement [b] et non pas [p].
Cependant, si je n’ai pas mis le trait [+voisé], c’est en application du principe de la
redondance. En effet, la partie : [-voisé]
voisé] de la règle signifie devient [-voisé].
[
De ce fait, on peut en déduire qu’un son qui devient [-voisé]
[ est un son qui est à la
base [+voisé].
Le voisement
[-son] [+voisé] / V__V
Une règle qui exprime un processus qui est assez fréquent dans les langues du monde
Le voisement d’une consonne obstruante lorsque cette dernière se trouve entre deux
voyelles, i.e. en position intervocalique.
L’élision
C Ø / V __C
+nas +nas
Une règle qui exprime un processus qui consiste à effacer un segment (ou un trait) :
La suppression (élision) d’une consonne nasale lorsque cette dernière se trouve
entre une voyelle nasale (ou nasalisée) et une consonne quelle qu’en soit la nature.
NB : à ne pas confondre le symbole « ensemble vide » avec le symbole de la
voyelle moyenne-supérieure
supérieure arrondie antérieure [ø].