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Fonctions essentielles du rein

Le chapitre sur la physiologie rénale décrit l'anatomie et la vascularisation des reins, ainsi que leurs fonctions essentielles telles que l'épuration, la régulation et la production hormonale. Il détaille également le processus de filtration glomérulaire, la relation entre le débit sanguin rénal et le débit de filtration, ainsi que la traversée tubulaire qui modifie la composition de l'urine. Enfin, il aborde les différentes étapes de formation de l'urine au niveau des néphrons, en mettant l'accent sur les mécanismes de réabsorption et de sécrétion dans les différents segments du tubule rénal.
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Fonctions essentielles du rein

Le chapitre sur la physiologie rénale décrit l'anatomie et la vascularisation des reins, ainsi que leurs fonctions essentielles telles que l'épuration, la régulation et la production hormonale. Il détaille également le processus de filtration glomérulaire, la relation entre le débit sanguin rénal et le débit de filtration, ainsi que la traversée tubulaire qui modifie la composition de l'urine. Enfin, il aborde les différentes étapes de formation de l'urine au niveau des néphrons, en mettant l'accent sur les mécanismes de réabsorption et de sécrétion dans les différents segments du tubule rénal.
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Université d’Antananarivo

ECOLE NORMALE SUPÉRIEURE


DOMAINE : SCIENCES NATURELLES
EC2 : Grandes fonctions physiologiques animales

CHAPITRE II : PHYSIOLOGIE RENALE

I-INTRODUCTION
II-LA FILTRATION GLOMERULAIRE
III-LA TRAVERSEE TUBULAIRE
IV-FONCTION ENDOCRINE DU REIN
V-DIVERS
VI-DIURETIQUES

Prof : Eric RAMANANTSOA


I-INTRODUCTION :

A-Anatomie :

Le rein est un organe extrêmement important dont les fonctions principales sont la
désintoxication, la régulation et la production.

Les reins sont des organes pairs situés de part et d’autre de la colonne vertébrale, depuis le
niveau de la 11ème vertèbre dorsale jusqu’à la 2ème vertèbre lombaire. Chez l’adulte, chaque rein
pèse environ 150 g. Ils mesurent de 9 à 13 cm.

Image montrant la position du rein

Au-dessus des reins se trouvent les glandes surrénales. Leur nom n’évoque toutefois que leur
proximité spatiale, car leur fonction est complètement différente de celle des reins.

Le rein comporte de la zone externe appelée cortex rénal et de la zone interne appelée médulla
rénale.
Image montrant la partie corticale et médullaire du rein

B-Vascularisation rénale

Pour assurer leur rôle de régulation du milieu intérieur, les reins reçoivent une vascularisation
importante à partir de l’aorte abdominale, via les artères rénales. Le drainage veineux se fait
vers la veine cave inférieure, via les veines rénales. La circulation rénale est régulée par le
système nerveux autonome.
Image montrant la vascularisation rénale

La circulation rénale est organisée d’une façon très hiérarchisée. L’artère rénale entre par le hile
et se divise en artères interlobaires, qui donnent ensuite naissance aux artères arquées,
cheminant au niveau de la médullaire externe. Les artères arquées donnent ensuite les artères
interlobulaires qui remontent à travers la capsule rénale, en se divisant en route pour former les
artérioles afférentes de la capsule de Bowman. Les artérioles afférentes donnent naissance aux
capillaires glomérulaires au sein de la capsule de Bowman, qu’ils quitteront après s’être réunis
en artérioles efférentes.

Les artérioles efférentes du cortex externe donnent naissance à un réseau très riche de capillaires
irriguant les capillaires péritubulaires. Le sang des capillaires péritubulaires irrigue tout d’abord
les veines stellaires et, de là, les veines radiales corticales et les veines arquées. Par contraste,
les artérioles efférentes situées tout près de la médullaire donnent naissance à une série de
vaisseaux droits, appelés vasa recta descendants, qui permettent l’irrigation des régions
médullaires. Le sang des vasa recta ascendants s’écoule dans les veines arquées.
Image montrant la microcirculation rénale

C-Fonction des reins :

Les reins sont les organes d’élimination les plus importants du corps :

● Épuration : élimination des produits métaboliques provenant du sang (créatinine, urée,


acide urique) et des médicaments, de drogues et/ou leurs métabolites).
● Régulation :

-Excrétion de sodium et d’eau avec régulation de la rétention d’eau, de la pression sanguine et


les électrolytes (sels)

-L'équilibre acides/bases.

● Production : synthèse des hormones et des enzymes :

-Rénine : le système rénine-angiotensine régule la tension artérielle

-Érythropoïétine : facteur de croissance de l’érythropoïèse.

-Prostaglandines.
D-Unité fonctionnelle du rein

Le néphron est l’unité fonctionnelle du rein qui en renferme des millions. Il se comporte d’un
glomérule et d’un système tubulaire (le tube contourné proximal, le tube contourné distal et
l’anse de Henlé). Le tubule est composé de différents segments spécialisés, qui permettent la
modification de composition de l’ultrafiltrat glomérulaire (par phénomène de sécrétion et de
réabsorption entre le fluide tubulaire et les capillaires), aboutissant à l’urine définitive. Le
contrôle de ces échanges est assuré par des hormones et des médiateurs, d’origine systémique
ou locale. Par ses fonctions exocrines et endocrines, le rein joue un rôle essentiel dans
l’homéostasie du milieu intérieur.

Image montrant le néphron

II-LA FILTRATION GLOMÉRULAIRE :

A-Barrière de filtration glomérulaire :

Le glomérule est le peloton capillaire qui est couvert par la capsule de Bowman et qui se trouve
dans le cortex rénal.
Image montrant le glomérule

La barrière de filtration glomérulaire est composée de 3 couches : l’endothélium, la membrane


basale et l’épithélium urinaire (pédicelle de podocyte). Cette paroi possède une forte
perméabilité, mais elle est sélective :

-Elle possède des pores de huit nanomètres de diamètres, ce qui empêche les plus grosses
molécules de la traverser. C’est la sélectivité de taille.

-Elle possède des polyanions, surtout au niveau de la membrane basale, constituée d’un
arrangement de collagène et de protéoglycanes. Ceux-ci ont pour effet d’attirer davantage les
molécules chargées positivement, tandis que les molécules possédant une charge négative ne
sont pas filtrées. C’est ce qui permet à l’albumine, qui a un diamètre de six nanomètres et donc
est suffisament petite pour traverser les pores de la membrane, de demeurer dans le plasma
sanguin en raison de sa charge négative. C’est la sélectivité de charge.

Ces deux formes de sélectivités constituent le coefficient de filtration glomérulaire qui est
différent pour chaque substance.

Image montrant la barrière de filtration glomérulaire


Les faibles quantités de protéines plasmatiques qui échappent à ces barrières sont réabsorbées
par endocytose en au niveau du tube proximal.

B-Relation entre Débit Sanguin Rénal (DSR) et Débit de Filtration Glomérulaire (DFG) :

Le débit sanguin rénal (DSR) représente 20 à 25 % du débit cardiaque et est transmis en quasi-
totalité aux glomérules. Ceci correspond à environ 1 L/min soit un débit plasmatique rénal
d’environ 600 ml/min, réparti sur les deux reins. Le pourcentage du débit plasmatique rénal
(DPR) qui est filtré (fraction de filtration=DFG/DPR) est de l’ordre de 20%. Le Débit de
Filtration Glomérulaire est donc d’environ 20% x 600 ml/mn soit 180L/j).

Le DFG et le DSR restent stables pour des variations de la pression artérielle de 80 à 160 mmHg.
En dessous de 80 mmHg, ces débits diminuent de façon monotone en proportion avec la
diminution de la pression de perfusion rénale. A noter également que la résistance artériolaire
afférente augmente proportionnellement avec la pression de perfusion rénale : ce processus
traduit l’autorégulation myogénique.

C-Pression nette de filtration (PNF)

Le coefficient de filtration glomérulaire est un facteur important pour déterminer le taux de


filtration glomérulaire (TFG), qui est le produit du coefficient de filtration (Kf) et de la pression
nette de filtration.

La pression nette de filtration, quant à elle, dépend des forces de Starling :

-La pression oncotique de l’espace de Bowman (où circule le filtrat) augmente la pression de
filtration, mais en pratique, elle est toujours nulle puisqu’il y a absence de protéines dans cet
espace.

-La pression hydrostatique dans l’espace de Bowman diminue la pression de filtration. Cela se
produit s’il y a obstruction des voies urinaires, par exemple par un calcul.

-La pression oncotique capillaire diminue la pression de filtration. Cela se produit quand le
volume sanguin est moins abondant et que la proportion de protéines augmente. La proportion
de protéines augmente également à mesure que le plasma circule dans le capillaire, puisque le
plasma est absorbé, mais pas les protéines, ce qui fait que la filtration est plus importante au
début qu’à la fin du trajet.

-La pression hydrostatique capillaire dépend du débit sanguin rénal, qui peut être augmenté par
vasodilatation de l’artériole afférente (celle qui se rend au rein), par des médiateurs comme le
monoxyde d’azote, les prostaglandines, etc. Certaines conditions, comme la grossesse ou
l’obésité, augmente le débit sanguin rénal. La pression hydrostatique capillaire dépend aussi de
la pression générée par la vasoconstriction de l’artériole efférente (qui sort du glomérule).
Certains médiateurs, comme l’angiotensine, constrictent cette artériole, entraînant une
congestion au niveau du glomérule et augmentant ainsi la pression hydrostatique. Donc, une
augmentation de pression hydrostatique peut être causée soit par une augmentation du sang qui
arrive au glomérule, soit par une diminution du sang qui sort du glomérule, et cette
augmentation de pression entraîne une augmentation de la filtration.

Figure montrant la pression nette de filtration


III-LA TRAVERSÉE TUBULAIRE

A-Organisation du tubule rénal :

Le tubule rénal se compose de quatre segments : le tube contourné proximal, l’anse de Henlé,
le tube contourné distal et le tube collecteur. Ces différents segments sont spécialisés pour
permettre la modification de composition de l’ultrafiltrat glomérulaire (par phénomène de
sécrétion et de réabsorption entre le fluide tubulaire et les capillaires), afin d’aboutir à l’urine
définitive.

La formation de l’urine résulte de la succession de phénomènes d’échanges de solvant ou de


solutés entre le fluide tubulaire et le capillaire péritubulaire, à travers des épithéliums
spécialisés. Les échanges se font diversement par les voies trans- et paracellulaires, et sont
assurés par des systèmes de transport spécifiques, fonctionnant grâce aux gradients chimiques
ou électriques générés par l’activité de la NaK-ATPase, ou directement par l’hydrolyse de
l’ATP. Tout au long du néphron, la majeure partie de la consommation d’oxygène du rein est
dédiée à la réabsorption du sodium qui sert de « force motrice » à la réabsorption ou à la
sécrétion d’autres électrolytes ou substances (acides aminés, glucose…).
Figure montrant l’épithélium du tubule rénal

B-Les étapes de la formation de l’urine

1-Le tube Proximal (TCP)

Le tube proximal réabsorbe la majeure partie de l’eau et des solutés filtrés, de manière iso-
osmotique. Ce sont environ 70 % de l’eau, du sodium, du potassium et du phosphate, 80 % des
bicarbonates et 100 % du glucose et des acides aminés filtrés, qui sont réabsorbés dans ce
segment. Le tube proximal joue aussi un rôle clé dans la sécrétion d’ions H+ et de son tampon
urinaire, l’ammoniaque. Il est formé de cellules polygonales une bordure en brosse apicale, sur
laquelle les transporteurs sont présents, et une membrane basolatérale ayant de profondes
invaginations entourant un dense réseau de mitochondries produisant l’ATP nécessaire au
fonctionnement de la Na+-K+-ATPase. Cette enzyme, présente dans la membrane basolatérale
des cellules tubulaires rénales, permet de maintenir un gradient électrochimique favorable à
l’entrée du sodium (Na+) dans les cellules, en expulsant trois ions Na+ intracellulaires dans le
milieu interstitiel en échange de deux ions potassium (K+) prélevés dans le milieu interstitiel et
transportés dans le cytosol. Ce gradient permet l’entrée de sodium à travers la membrane apicale
des cellules tubulaires. Comme le montre la figure ci-dessous, dans le tubule proximal, la
principale voie d’entrée du sodium (90 %) est constituée par un échangeur Na+/H+ (NHE3) qui
permet également la sécrétion luminale d’ions H+. Le sodium entre également dans ces cellules
par de nombreux cotransporteurs couplés aux ions Na+, comme les cotransporteurs Na+-glucose
(SGLT1 et 2), Na+-phosphate (NaPi2a et 2c), Na+-sulfate (NaSi), etc.

La réabsorption du Ca++ à ce niveau est passive, elle suit celle du Na+ et de l’eau et représente
65% du calcium filtré. Il y a une forte corrélation entre l’état d’hydratation extracellulaire et la
réabsorption de calcium à ce niveau, du fait des variations de transport du sodium.

Dans cette partie du néphron, il existe une réabsorption importante d’acide urique, via des
transporteurs spécifiques.

2-Anse de Henlé

L’anse de Henlé, qui fait suite au tube proximal, se caractérise par les perméabilités différentes
de ses branches descendante et ascendante. La branche descendante réabsorbe 20 % de l’eau
filtrée par le glomérule, mais elle est imperméable aux solutés. Sa branche ascendante, qui
réabsorbe 15 % du sodium filtré, est perméable aux ions, mais imperméable à l’eau. C’est cette
perméabilité différente des branches ascendante et descendante de l’anse de Henlé qui est à la
base de la production du gradient osmotique cortico-papillaire permettant la conservation de
l’eau en émettant une urine concentrée. Les cellules de la branche ascendante large de l’anse de
Henlé réabsorbent le sodium par un cotransporteur Na+-K+-2Cl- apical (NKCC2). C’est ce
cotransporteur qui est inhibé par les diurétiques dits « de l’anse », dont le chef de file est le
furosémide. Le chlore sort ensuite de la cellule par un canal anionique CIC-Kb ou un
cotransporteur KCl, tous deux basolatéraux. Le potassium entrant dans la cellule par
l’intermédiaire de NKCC2 est ensuite recyclé dans la lumière tubulaire par un canal potassique
(ROMK), ce qui génère un potentiel électrique transépithélial positif responsable de la
réabsorption paracellulaire de cations surtout divalents, comme Ca2+ et Mg2+, mais aussi
monovalents, comme Na+ et K+.

3-Tube contourné distal (TCD)

Le tube contourné distal est le siège de la réabsorption (jusqu’à 5 %) du sodium filtré par
l’intermédiaire d’un cotransporteur NaCl (NCC), inhibé par les diurétiques thiazidiques. Le
chlore quitte la cellule par un canal anionique CIC-Kb basolatéral.

Dans le tube distal, le Ca++ est réabsorbé de façon active par voie transcellulaire par le canal
épithélial au CaECaC (ou TRPV5), il est séquestré dans la cellule et finalement transporté au
pôle baso-latéral par une Ca++-ATPase ou un échangeur Ca++-Na+.
4-Canal collecteur

Le système collecteur réabsorbe jusqu’à 4 % du sodium filtré, par l’intermédiaire de ses cellules
principales qui réabsorbent le sodium via un canal sodique apical (ENaC), cible des diurétiques
épargneurs de potassium, comme l’amiloride. Ces cellules sécrètent également du potassium
par l’intermédiaire des canaux potassiques ROMK et BK. Les canaux de type ROMK sont
l’objet de multiples régulations, notamment des protéines kinases ou des protéines
phosphatases, alors que les canaux BK sont principalement négatifs, du fait de la soustraction
de cations de la lumière tubulaire. Cette électronégativité luminale favorise la sécrétion de
potassium par les canaux potassiques apicaux. La réabsorption de sodium et la sécrétion de
potassium sont ainsi couplées dans le système collecteur.

Le canal collecteur assure également l’homéostasie des H+ et donc la régulation de l’équilibre


acido-basique, en assurant une sécrétion nette de protons H+ dans le fluide tubulaire par les
cellules intercalaires de type A (le TCP n’assurant que la réabsorption des bicarbonates filtrés
par le glomérule, sans excrétion nette d’H+).

L’excrétion d’H+ par le canal collecteur se fait :

-soit minoritairement sous forme d’H+ libre (le pH urinaire normal est acide, entre 5 et 6, mais
peut varier de 4,5 à 8).

-soit pris en charge par des accepteurs de protons acides tels le phosphate (acidité titrable) et
surtout sous forme d’ion ammonium.
C’est dans cette partie du néphron que se fait l’ajustement final de l’excrétât urinaire aux entrées
(fonction d’homéostasie), sous la dépendance de diverses influences hormonales.

A la différence des diurétiques agissant plus en amont dans le tubule, les diurétiques inhibant
ce canal n’augmentent pas la sécrétion de potassium et sont dits « épargneurs de potassium »
(ils sont même à risque d’hyperkaliémie).

Remarque :

-L’ajustement final de la composition de l’urine est réalisé dans le segment distal sensible à
l’aldostérone, qui inclut le tube contourné distal et le système collecteur. La réabsorption de
sodium prédomine dans le tube distal si le potassium doit être épargné, ou dans le système
collecteur si le potassium doit être sécrété.

-L’ADH est une hormone produite dans l’hypothalamus et stockée dans l’hypophyse. Le rôle
de l’ADH est de contrôler la perte d’eau par les reins (diurèse) afin de maintenir normal le taux
de sodium dans le sang. Autrement dit, l’ADH permet la réabsorption de l’eau par le tube
collecteur. Lorsque le taux de sodium s’élève, l’ADH est sécrétée pour limiter la perte d’eau
par les reins, ce qui donne une urine foncée.
IV-FONCTIONS ENDOCRINES DU REIN

De nombreuses substances à activité biologique sont synthétisées dans le rein et exercent un


effet soit paracrine (fonctions de transport, d’activités métaboliques, ou de la croissance des
cellules rénales) soit systémiques (endocrine).

A-Vitamine D

La forme active de la vitamine D (calcitriol) est produite dans les cellules tubulaires proximales,
à partir de son précurseur hépatique, la 25 (OH) vitamine D3, sous l’effet de la 1-alpha-
hydroxylase (enzyme présente au niveau des cellules tubulaires). L’activité de cette enzyme est
augmentée par la PTH (hormone parathyroïdienne). La forme active de la vitamine D augmente
l’absorption digestive et rénale de calcium et l’absorption intestinale de phosphate.

B-Érythropoïétine (EPO)

C’est une glycoprotéine produite par des cellules interstitielles péritubulaires fibroblastiques en
réponse aux variations de la pression partielle tissulaire en O2 (oxygénodépendante). En
particulier, la formation d’EPO est stimulée par la baisse du taux d’oxygène circulant dans les
artères rénales ou lors d’une baisse significative du nombre des érythrocytes parvenant au
niveau du rein (hémorragie, hémolyse, etc.). L’EPO agit alors comme un facteur de croissance
hématopoïétique et stimule la synthèse des globules rouges au niveau de la moelle osseuse, afin
de permettre à l’organisme de s’adapter à différentes situations physiologiques, en régulant le
stock des globules rouges et de l’hémoglobine sanguine.

C-Système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA)

La rénine, sécrétée au niveau de l’appareil juxta-glomérulaire en réponse aux variations de la


volémie, active par protéolyse l’angiotensinogène circulant d’origine hépatique ; l’enzyme de
conversion transforme l’angiotensine I libérée en angiotensine II.

L’angiotensine II exerce des effets vasoconstricteurs puissants (via son récepteur AT1) et
stimule la sécrétion cortico-surrénale d’aldostérone, favorisant la rétention de Na et la sécrétion
de K+ et de H+.

Les stimuli de la sécrétion de rénine sont :

-l’hypovolémie ou la baisse de la pression artérielle ;

-le système nerveux sympathique ;


-l’augmentation de la concentration en chlorure de sodium au niveau de la macula densa
(=feedback tubulo-glomérulaire).

-L’inhibition du SRAA par des médicaments agissant à différents niveaux de la cascade


d’activation est largement utilisée en clinique (HTA, insuffisance cardiaque, progression des
néphropathies).

V-DIVERS

-L’endothéline est un peptide produit dans le rein par les cellules endothéliales, les cellules
mésangiales et tubulaires ; c’est le plus puissant peptide vasoconstricteur connu.

-Prostaglandines PG ; le principal effet des PG est de moduler l’action de certaines hormones


sur l’hémodynamique rénale ou les transports tubulaires. Les PG sont surtout produites par les
cellules du canal collecteur médullaire et les cellules interstitielles, et à un moindre degré dans
le cortex par les cellules mésangiales et artériolaires glomérulaires.

Certains sont :

⮚ Vasodilatatrices et hypotensives (prostacycline) ;


⮚ D’autres ont un effet vasoconstricteur (thromboxane).

-Des facteurs de croissance (Epidermal growth factor, HGF, IGF-1) sont produits dans le rein ;
ils interviennent dans la croissance des cellules tubulaires.

-Système kinine-kallicréine rénal : les kinines sont vasodilatatrices et augmentent le débit


sanguin rénal mais diminuent les résistances rénales et ne modifient pas la filtration
glomérulaire. Les effets des kinines sont potentialisés par les inhibiteurs de l’enzyme de
conversion qui empêchent leur dégradation.

-Catabolisme rénal des hormones peptidiques :

⮚ Les peptides et petites protéines filtrées sont dégradés par les cellules tubulaires. Ce
catabolisme tubulaire participe à la régulation de l’activité hormonale ; il permet aussi
d’éviter la perte nette d’acides aminés qui résulterait de leur fuite urinaire ;
⮚ La concentration plasmatique de certaines hormones polypeptidiques (insuline) peut
ainsi s’élever au cours d’une insuffisance rénale, par suite d’une augmentation de leur
durée de vie.
VI-DIURÉTIQUES
A-Généralité
Urine : ce qui reste du filtrat après traitement par les cellules tubulaires

Urine=eau + déchets (azotés) + sels + substances inutiles pour l’organisme (créatinine, déchets
azotés…).

Un diurétique est une substance qui entraîne une augmentation de la sécrétion urinaire et qui
peut être utilisée notamment pour traiter l’hypertension artérielle, l’insuffisance cardiaque,
certains œdèmes, l’hypertension portale.

Certaines de ces substances sont utilisées comme médicaments : elles inhibent la réabsorption
rénale des ions sodium et entraînent une augmentation de l’élimination urinaire en eau et en
sodium.

Les autres sont qualifiées de substances à effet diurétique : théobromine, théophylline, caféine,
alcool.

B-Types de diurétiques:

-Inhibiteur de l’anhydrase carbonique (acétazolamide) : L’anhydrase carbonique est une


métalloprotéine à zinc activant l’hydratation du CO2 en acide carbonique selon la réaction :

Les inhibiteurs de l’anhydrase carbonique ont un effet diurétique car cela diminue la
concentration des ions HCO3- et H+. Cette inhibition conduit à l’élimination urinaire de
bicarbonate et de potassium éliminé à la place des protons (et l’urine devient alcaline).
L’élimination urinaire de chlorure diminue au détriment de l’élimination de bicarbonate.
L’élimination urinaire du sodium augmente modérément.

-Diurétique osmotique (mannitol, glycérol) : le terme de diurétique osmotique s’applique à des


substances qui sont librement filtrées par le glomérule et ne sont pas réabsorbées par le tubule
rénal. Au niveau du tube proximal, il y a réabsorption active des sels et réabsorption passive de
l’eau pour conserver un équilibre iso-osmotique avec celui du plasma. La présence d’une
concentration importante d’un diurétique osmotique dans la lumière du néphron augmente
l’osmolarité et diminue la réabsorption de l’eau et des électrolytes.

-Diurétique de l’anse (bumétanide, furosémide) : elles inhibent le co-transport Na-K-2Cl

Les diurétiques de l’anse, en inhibant la réabsorption de Na dans l’anse de Henlé, limite


l’établissement du gradient de concentration cortico-papillaire et donc la capacité du rein à
concentrer les urines (altération du pouvoir de concentration).

-Diurétique thiazidiques: elles inhibent le co-transport NaCl au niveau du TCD

Ces diurétiques thiazidiques limitent la capacité du rein à diluer les urines (trouble des fonctions
de dilution), exposant au risque d’hyponatrémie en cas d’apports hydriques élevés.

-Les Épargneurs de potassium (amiloride, spironolactone) : elles inhibent le canal sodium


(ENac) au niveau du tube collecteur et donc, n’augmentent pas la sécrétion de potassium.
BIBLIOGRAPHIE :

BELONCLE F., ASFAR P., RADERMACHER P., LEROLLE (2014)

La modification du débit sanguin rénal influe-t-elle sur le débit de filtration glomérulaire ?

Réanim., 23 : 352-358

BENSOUNA, 2018-2019

Relations structure-fonctions

Université Kasdi Merbah-Ouargla-Faculté de Médecine.

BIGNON Y., 2017

Physiologie et Physiopathologie des transports transépithéliaux du tubule proximal.

Thèse de doctorat de l’université Pierre et Marie Curie

DAHAMI Z., AMRANI D. E., BIBORCHI H.

Les reins

Faculté de médecine et de pharmacie-Marrakech

DUSSAULE J. C., FLAMANT M.,

Fonction rénale

Principes essentiels de physiologie

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