0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
99 vues4 pages

Réforme du Code Minier en RDC 2024

Le document traite de la réforme du secteur minier en République Démocratique du Congo, soulignant les enjeux de gouvernance et les efforts pour améliorer la consultation des communautés locales et la gestion des ressources. Il évoque également le projet PROMINES, qui vise à renforcer la gouvernance minière et à intégrer les intérêts des populations autochtones, notamment les pygmées, dans les processus décisionnels. Enfin, il aborde les défis liés à la corruption et à la mauvaise gestion des revenus miniers, tout en proposant des recommandations pour une meilleure transparence et une participation des communautés locales.

Transféré par

Serge
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
99 vues4 pages

Réforme du Code Minier en RDC 2024

Le document traite de la réforme du secteur minier en République Démocratique du Congo, soulignant les enjeux de gouvernance et les efforts pour améliorer la consultation des communautés locales et la gestion des ressources. Il évoque également le projet PROMINES, qui vise à renforcer la gouvernance minière et à intégrer les intérêts des populations autochtones, notamment les pygmées, dans les processus décisionnels. Enfin, il aborde les défis liés à la corruption et à la mauvaise gestion des revenus miniers, tout en proposant des recommandations pour une meilleure transparence et une participation des communautés locales.

Transféré par

Serge
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Claire Levacher GITPA Février 2012

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Principales ressources minières en RDC

Marie Mazalto « La réforme du secteur minier en République démocratique du Congo : enjeux de gouvernance et
perspectives de reconstruction », Afrique contemporaine 3/2008 (n° 227), p. 53‐80.
[Link]/revue‐afrique‐contemporaine‐2008‐3‐page‐[Link].

1
Claire Levacher GITPA Février 2012

Evolution de la règlementation minière

La réforme du Code minier de la RDC a débuté dès 2002 avec notamment des procédures en vue de
la consultation des communautés locales avant le début des travaux d’exploitation. Lors de l’examen des
demandes de permis d’exploitation, ces consultations se tiennent généralement dans le cadre des
discussions sur les études d’impact environnemental et les plans de gestion de l’environnement de
l’entreprise. Le rapport de la Banque Mondiale (BM) de 2008 souligne cependant que très peu de
consultations sérieuses se sont tenues depuis le vote de ce nouveau Code, notant toutefois que ce
processus tend à s’améliorer, avec l’aide d’ONG et le soutien financier de l’USAID et d’autres bailleurs
de fonds pour des projets visant l’amélioration de la gouvernance minière. La BM considère qu’il revient
à l’Etat de définir précisément les règles à suivre en matière de consultations et d’en faire un préalable
indispensable à toute attribution de droits miniers. De même, elle engage le pays à mettre en place des
mécanismes pour la répartition et la gestion des retombées économiques vers les communautés locales.
Le Code minier recommande la rétrocession de 25% et 15% des redevances minières aux provinces et
aux communautés locales mais si ces revenus génèrent des recettes elles sont bien souvent mal gérées,
appropriées par la hiérarchie en place, suscitant de nouvelles inégalités. Celles-ci sont également
alimentées par des problèmes de logement, de corruption, et la hausse des prix. Le rapport de la BM
propose un plan d’action global pour les années 2009 à 2013, comprenant des mesures à court, moyen et
long terme concernant l’accroissement des recettes fiscales, l’amélioration du cadre d’investissement, de
la gouvernance du secteur, le renforcement des institutions de l’Etat et l’amélioration de leurs capacités,
l’amélioration des conditions de l’exploitation minière artisanale, la résolution des problèmes
environnementaux et sociaux.
Par ailleurs, en 2007, le gouvernement a adopté un contrat de gouvernance établissant la
prééminence du droit comme pilier central de la bonne gouvernance, dont les aspects essentiels sont le
respect des droits de propriété et l’inviolabilité des contrats. Cette décision est saluée par la Banque
Mondiale qui note dans son rapport l’importance des pratiques de corruption, de malversations, de
détournements financiers et de fraudes dans le secteur minier congolais. Une Commission
interministérielle a été instituée en mai 2007 pour la relecture d’une soixantaine de contrats liant des
entreprises publiques aux sociétés privées. Si cette démarche a donné lieu à un rapport en mars 2008, il
apparaît que certaines des révisions de ces contrats n’aurait pas été effectuée avec sérieux et que nombre
d’informations sont restées opaques, notamment vis-à-vis des services gouvernementaux impliqués dans
la collecte et le suivi des redevances et taxes dues à l’Etat.
C’est conformément aux recommandations de la Banque Mondiale que la République
Démocratique du Congo, a adopté en février 2010, un projet de gouvernance du secteur minier
(PROMINES) visant au développement du secteur minier en RDC, à l’amélioration de sa gouvernance et
au développement durable au niveau national, provincial et local. Le projet PROMINES est l’outil de
mise en œuvre jusqu’en 2015 de la politique gouvernementale en matière d’exploitation minière. Il
comprend 6 composantes: 1) le renforcement des dispositifs de base pour l’accès aux ressources, 2) le
renforcement de la capacité de gestion du secteur minier, 3) le renforcement de la capacité de perception
des impôts et des taxes, 4) l’appui à la rétrocession des revenus et le déblocage des financements, 5)
l’amélioration de la capacité à assurer un développement économique durable, 6) le pilotage, la gestion et
le suivi-évaluation du projet. Le projet est géré sous couvert des procédures de la Banque Mondiale et
applique ses politiques de sauvegarde parmi lesquelles l’OP 4.10, consacrée aux peuples autochtones.

2
Claire Levacher GITPA Février 2012

Le Ministère de l’Environnement, Conservation de la Nature et Tourisme de la RDC a ainsi soutenu


l’initiative de construire une « Stratégie Nationale pour les Peuples Autochtones Pygmées », dont le
processus participatif a été validé en juin 2009, puis par la Banque Mondiale sous la forme du Cadre de
Politique pour les Peuples Autochtones (CPPA).
Le CPPA a été élaboré en vue d’établir un rapport des impacts spécifiques de l’activité minière sur les
pygmées, et fait des recommandations pour chacune des composantes du projet PROMINES afin
d’assurer la prise en compte de l’intérêt des pygmées à tous les niveaux où ils peuvent subir l’impact des
activités minières. Cela suppose qu’ils soient bien informées de la législation et des dispositions les
concernant mais également qu’ils soient organisés de manière à proposer des interlocuteurs lors de
négociations et pour profiter des avantages qu’elles rapportent. Le CCPA prévoit des moyens spécifiques
au renforcement des capacités des pygmées en matière d’informations sur les lois, d’appui institutionnel,
de formation, de création d’organisations.
Les pygmées ne possèdent pas les terres dans lesquelles ils détiennent simplement des droits de
chasse, non reconnus par l’Etat. La mine ne leur rapporte pas les dividendes auxquels peuvent prétendre
les détenteurs de ces droits. Un ensemble de mesures est donc préconisé pour atténuer les impacts de
l’industrie minière sur ces populations : 1) Participation à l’établissement de la stratégie de
développement du secteur minier, à l’élaboration du cadre légal et règlementaire à la retouche du Code
Minier et sa « mise en cohérence avec la nouvelle loi sur l’environnement », implication dans
l’élaboration des campagnes d’information et de
La Constitution interdit vulgarisation, plans de formation aux métiers de la mine. 2)
formellement toute discrimination Intégration de la problématique socio-environnementale et
fondée sur l’origine, la situation prenant en compte les pygmées dans les programmes de
sociale ou matérielle, l’apparence formation, participation des pygmées aux organismes de
raciale et ethnique (articles 12, protection de l’environnement, financement de services
13,51). Elle n’écarte pas la sociaux. 3) Participation des communautés pygmées à
possibilité de distinguer les l’évaluation stratégique environnementale et sociale du
minorités, voir même de les secteur minier, à l’identification des sites pollués, dans
promouvoir. Les pygmées sont l’élaboration d’un schéma d’aménagement du territoire,
considérés comme les seuls pouvant
analyse par les organisations pygmées des recommandations concernant l’exploitation artisanale,
être
réflexion qualifiés
sur de
les possibilités «d’emplois
peuples et de création d’activités connexes, appui à l’organisation des
autochtones
pygmées dans »la planification
dans le senset de la
la gestion des finances publiques locales, et intégration de dispositions
DDPA, depour
spécifiques la définition établie
les pygmées en par la d’éducation et de santé. 4) Intégration d’indicateurs pour les
matière
Commission
pygmées dans lesAfricaine des socio-environnementaux
indicateurs Droits de du projet.
l’Homme
Enfin, en et 2011,
des Peuples
la RDC sur s’est les
associé avec le Congo-Brazzaville, la Côte d’Ivoire, le Ghana, la
populations autochtones,
Guinée-Conakry, le Libéria, leetMali,
de la Sierra Léone et les Etats-Unis à la signature de la Déclaration de
Banquequi
Conakry Mondiale.
fait suiteLe
auCode forestier
Séminaire Régional sur l’Exploitation des Ressources Naturelles et les Droits
desdeCommunautés
2002 ainsi que la signature
Riveraines, tenuparà Conakry du 13 au 15 mars 2011, à l’initiative du Centre du
l’Etat deInternational
Commerce la DDPA pourenle Développement
2007 (CECIDE) et Global Rights. Cette déclaration formule
unfavorisent
certain désormais
nombre dela recommandations
défense et la vis-à-vis des gouvernement concernant l’implication des
promotion des
communautés droitsdans
locales autochtones.
la négociation des contrats d’exploitation, la mise en place de campagne
d’informations et la participation des communautés aux études d’impact, le respect des lois et de
meilleures pratiques vis-à-vis des déplacements de population et des dépossessions de terres, le
rétablissement, le respect des droits de l’homme, la garantie d’un recours en cas de violation de ces
derniers, le renforcement des mécanismes de résolution de conflits ; des compagnies minières sur le
respect des termes des contrats et des législations nationales et internationales, des droits de l’homme,
l’adhésion au processus d’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) ; aux
3
Claire Levacher GITPA Février 2012

institutions financières de ne pas appuyer les compagnies ne se conformant à ces standards, de veiller aux
respects et à l’application des droits de l’homme et de l’environnement par les gouvernements et les
compagnies ; aux organisations de la société civile sur la mise en place de lieux de dialogues entre les
Etats, les entreprises et les communautés, sur la création d’un réseau de soutien et de défense des intérêts
des communautés, la création de comité de surveillance et d’information sur les droits communautaires, la
lutte contre la corruption et le renforcement du plaidoyer dans la mise en œuvre de normes et mécanismes
se rapportant aux droits des communautés riveraines des sites d’exploitation.

Sources :

[Link]
1156955107170/[Link]
[Link]/2010/CPPA_Promines_9fevrier2010.pdf
[Link]
[Link]

Voir la Déclaration de Conakry :

[Link]

Vous aimerez peut-être aussi