Sociologie contemporaine
Introduction
Les sciences humaines et sociales en général, la sociologie en particulier, sont des
sciences évolutives du fait de la spécificité de leurs objets d’étude. Elles sont consacrées à
l’étude et à la production des connaissances sur l’être humain, sur sa personne, sur sa
personnalité, sur son environnement, sur ses relations, etc. Or, l’homme évolue dans le temps
et dans l’espace. Il change de comportements, de façons d’agir et de penser, selon les époques
et ses milieux de vie. Les sciences humaines et sociales devraient suivre cette évolution.
Ainsi à l’Antiquité, marquée par les philosophies sociales et politiques, les réflexions
sur la société tournaient autour de l’établissement des meilleures règles d’organisation et de
fonctionnement de la société. Avec cette philosophie normative et spéculative, les penseurs
(Socrate, Héraclite, Platon, Xénophon, Gorgias, etc.) idéalisaient un type de société et
réfléchissaient sur l’établissement d’un modèle de société dans lequel il ferait mieux de vivre.
C’est dans ce sens que Platon propose dans La République le type idéal de l’homme qui doit
gouverner la cité.
A l’époque médiévale, nous notons une philosophie sociale qualifiée de théologique.
Les penseurs se réfèrent aux enseignements des religions, particulièrement des religions
révélées, pour réformer les sociétés humaines. On parle ainsi de philosophie juive, de l’islam
oriental, etc. C’est dans ce sillage que s’inscrivent les écrits de saint Augustin dans De doctrina
christiana, de saint-Thomas d’Aquin, de Jacques-Bénigne Bossuet. Mais au 14ème siècle
apparait Abderrahmane Ibn Khaldoun, né le 27 mai 1332 et décédé le 17 mars 1406. Il était à
la fois un historien, un géographe, un économiste, un homme d’Etat et un précurseur de la
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sociologie positive. Contrairement à ses prédécesseurs, il faisait une description objective des
monarchies arabes et déterminait les rapports entre l’organisation de la vie sociale, les structures
sociales et les formes de la vie politique.
Les précurseurs de la sociologie positive, apparus à partir à partir du 16ème siècle ont
continué sur la même lancée qu’Ibn Khaldoun. C’est le cas de Nicolas Machiavel, de Jean-
Antoine-Nicolas Caritat de Condorcet (né le 17 septembre 1743- décédé le 29 mars 1794), de
Pierre Guillaume Frédéric Le Play (né le 11 avril 1806- décédé le 5 avril 1882), de Claude-
Henry de Rouvroy, comte de Saint-Simon (1760-1825), de Henry de Tourville (1842-1903),
d’Auguste Comte (1798-1857), d’Herbert Spencer (né le 27 avril 1820- décédé le 8 décembre
1903), de Charles Joseph Félicien Pariset (né le 22 mai 1807- décédé le 15 juin 1886), etc. Ils
ont pris le contrepied de la pensée médiévale qui était davantage théologique et philosophique.
Ils ont observé les mutations sociopolitiques européennes de la manière la plus froide. Dans un
premier temps, ils ont interrogé les fondements de l’ordre social, développant une critique de
l’ordre social et politique et cherchant à réorganiser le système social sur la base de la science
et de l’industrie. A partir de la fin du 18ème siècle, les précurseurs de la sociologie se sont
intéressé aux mutations des sociétés capitalistes ou industrielles façonnées par les révolutions
industrielle et française. Ainsi, dit-on, pour reprendre Jean Duvignaud, que la sociologie fille
des révolutions (industrielle et française).
Les fondateurs de la sociologie scientifique qui ont émergé à la fin du 19ème siècle, Emile
Durkheim (1858-1917), Max Weber (1864-1920), Vilfrédo Pareto (1848-1923), Ferdinand
Tönnies (1855-1936), etc. s’inscrivent dans cette perspective de compréhension des mutations
des sociétés dominées par le capitalisme et l’industrie. Ils ont voulu saisir le fonctionnement et
les transformations politiques, sociales et économiques des sociétés modernes. Ils ont voulu
apporter des réponses aux troubles sociaux que traverse l’Europe. La sociologie apparait alors
comme une façon de répondre aux troubles sociaux, politiques et économiques qui poussent les
hommes à s’interroger sur les représentations de la vie sociale. La sociologie apparaissait ainsi
jusqu’aux années 1970 où il est noté un nouveau style de penser et de nouvelles façons
d’interroger le monde social. Certains sociologues enquêtent sur l’univers des sciences et des
techniques, c’est à dire sur les méthodes utilisées pour la production du savoir. D’autres rejettent
l’usage excessif des statistiques des statistiques pour réfléchir sur la manière dont les données
statistiques sont produites. Une autre catégorie de chercheurs entreprend de faire des critiques
qui sont formulées au quotidien dans les institutions et les entreprises. D’autres sociologues
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théorisent et se spécialisent dans les sociologies particulières : la sociologie du travail, la
sociologie des organisations, la sociologie politique, la sociologie des religions. C’est ce qui
nous pousse à parler de la sociologie contemporaine qui est l’objet de ce présent cours.
Le cours est subdivisé en cinq (5) chapitres. Le chapitre 1 porte sur la sociologie
française contemporaine. Le chapitre 2 est intitulé la sociologie américaine. Le chapitre 3 est
consacré à la sociologie allemande contemporaine. Le chapitre 4 porte sur la sociologie
pragmatique. Le dernier chapitre traite des champs de recherche de la sociologie
contemporaine.
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