Structures en bois
1
Contexte environnemental
La seule production de ciment, ingrédient
clé du béton, génère 7 % des émissions
mondiales de dioxyde de carbone (CO2)
Le développement durable est « un
développement qui répond aux besoins
du présent sans compromettre la
capacité des générations futures à Enjeux sociaux Enjeux économiques
• Ressources et
répondre aux leurs » • Confort
filières locales
• Santé
• Maitrise des coûts
• Cadre de vie
Enjeux environnementaux
• Climat
• Energie
• Ressources naturelles
Le développement durable est la notion qui définit le besoin de transition et
de changement dont a besoin notre planète et ses habitants pour vivre dans
un monde plus équitable, en bonne santé et en respectant l’environnement
Table des matières
PARTIE 1 : LE MATÉRIAU BOIS
1 : Les arbres, la forêt, le contexte de la production du bois
2 : Bref historique de la construction en bois
3 : Avantages et inconvénients du bois dans la construction
4 : Anatomie du bois
5 : Le bois, la température et l'eau
6 : Durabilité du bois : préservation, finition, conception
7 : Caractéristiques mécaniques du bois
2
1 : Les arbres, la forêt, le contexte de
la production du bois
5
Le bois compense l'effet de serre O2 + H2O
• Pour pousser, l'arbre stocke le carbone (transpiration)
provenant du CO2 de l'air (photosynthèse)
+H2O
1,5 t de CO2 → 1 t de bois + 1,1 t de O2
CO2
• Cette fonction est capitale pour
l'environnement : les océans (phytoplancton)
et les forêts sont les deux "stockeurs"
principaux de CO2
• Un hêtre de 25 m de hauteur libère chaque jour la H2O + sels
quantité d'O2 que respirent 3 personnes (par jour) minéraux
Ressource écologique
• Le bois utilisé dans la construction constitue un stockage utile de CO2
• Non exploité, le bois pourrit sur place et restitue le CO2 à l'atmosphère, sauf
une partie de celui enfoui dans le sol (racines) qui est en partie minéralisé par
dégradation anaérobie et constitue aussi un stockage utile de CO2 6
Le bois compense l'effet de serre O2 + H2O
• Pour pousser, l'arbre stocke le carbone (transpiration)
provenant du CO2 de l'air (photosynthèse)
+H2O
1,5 t de CO2 → 1 t de bois + 1,1 t de O2
CO2
Il faut empêcher
• Cette fonction la déforestation
est capitale pour car les arbres sont :
- Une source
l'environnement de production
: les océans d'O2
(phytoplancton)
- Un
et les forêts moyen
sont de stockage
les deux permanent de CO2 dans le bois
"stockeurs"
- Un
principaux moyen
de CO 2 de stockage permanent de C dans le sol
L'utilisation
• Un hêtre de 25 m dedu hauteur
bois, notamment dansjour
libère chaque la construction,
la est
pertinente car il constitue aussi un moyen de stockage H
du2OCO
+ sels
quantité d'O2 que respirent 3 personnes (par jour) 2.
minéraux
Ceci ne peut s'envisager que si les forêts sont gérées et
• Le boisreplantées afin
utilisé dans la de maintenir constitue
construction ou mieux,unaugmenter
stockage la surface
utile de CO2 (après
mondiale
démolition de forêts.
de l'ouvrage en fin de vie, le CO2 est restitué à l'atmosphère par
différents processus)
• Non exploité, le bois pourrit sur place et restitue le CO2 à l'atmosphère, sauf
une partie de celui enfoui dans le sol (racines) qui est en partie minéralisé par
dégradation anaérobie et constitue aussi un stockage utile de CO2 6
La gestion des forêts
Réflexion démarrée dans
les années 1970 et
développée/planifiée à un
niveau international (crise
pétrolière, catastrophes
écologiques, exploitation
abusive des forêts
tropicales..) :
1987: rapport Brundtland (Nations Unies), « Répondre aux besoins du
présent sans pour autant compromettre la capacité des générations futures
de répondre à leurs propres besoins »
1992: sommet « Planète Terre » à Rio
1993 et 1998: Helsinki et Lisbonne (protection des forêts européennes)
1997: conférence de Kyoto
2002: sommet de Johannesburg
2015: COP 21 Paris………
7
La certification par écolabels
Garantir que le bois acheté est bien originaire d'une forêt gérée de manière
"durable". Ces écolabels n'ont pas tous le même degré d'exigence
Création en 1993 de l'ONG "FSC=Forest Création en 1997 d'un label plus
Stewardship Council", qui a permis de adapté au mode de production de
donner un cadre commun applicable forêts plus morcelées et diversifiées,
tant aux grandes forêts tempérées que que l'on rencontre davantage en
tropicales ou boréales, en définissant Europe : PEFC=Pan European Forest
10 grands principes de gestion Certification Scheme
8
Les forêts du monde
Source : [Link] 9
Répartition des forêts
dans le monde
Ci-contre : superficie de
forêts, en millions de
km2), par continent, avec
pourcentage de
couverture du territoire
(FAO 2010/Houtinfobois)
Superficie (millions d’ha)
Ci-contre : 8 pays
Pays Taux de boisement
possèdent chacun
Terres Forêts
Russie 1 707 809 47,33%
plus de cent millions
Brésil 351 520 61,01%
Canada 997 310 31,10%
d'ha de forêts et
Etats-Unis 962 304 31,57% ensemble plus de 63
Chine 960 207 21,55%
R.D. Congo 234 154 65,73% % des forêts du
Australie 768 150 19,29%
Indonésie 181 94 49,53% monde
Ensemble des 8 pays 6 660 2 543 33,26%
Reste du Monde 6 913,6 1 4B5 21,46%
(Houtinfobois, 2014)
10
Répartition des forêts en France (Chiffres 2016)
• En France, 30 % de la superficie totale est couverte de forêts
• En France, le pourcentage de feuillus s'élève à 67 % et 33 % de résineux
• Le volume annuel des
prélèvements s’élève
pour la France à 41,4
(Mm³) en moyenne sur
les années 2005-2013
11
Les essences principales en France
Ce sont principalement les résineux, et en particulier l'Epicéa, qui est utilisé dans
le domaine de la construction. Il possède en effet 2 avantages : croissance rapide,
troncs droits et longs (sciage facile)
Feuillus
25 m
Hêtre Chêne Châtaigner Épicéa Sapin pectiné pin Douglas
(100 à 150 ans) (150 à 250 ans) (18 à 60 ans) (50 à 120 ans) (70 à 90 ans) Sylvestre (50 à 80 ans) (80 à 100 ans)
(400 ans) (500 à 1000 ans) (500 ans) (200 ans...) (500 ans) (800 ans) (300 ans)
Entre parenthèses : âge d'exploitation idéal (***) et ordre de grandeur de la durée de vie en l'absence de
sylviculture (***)
12
Le hêtre
Utilisation :
Menuiserie
intérieure,
parquets,
planchers,
placage,
objets cintrés
ou tournés,
jouets,
traverses,...et
de plus en plus
en structure
Le chêne
Utilisation :
Menuiserie
intérieure,
parquets,
planchers,
placage,
charpente,
tonnellerie,
piquets,
bateaux,
traverses,
bardage,...
Le châtaignier
Utilisation :
Structure,
Bardage,
Aménagement
intérieur
Aménagement
extérieur
15
L'épicéa
(Sapin de Noël)
Utilisation :
Charpente,
structure/ossatures,
mobilier, plancher,
contreplaqué,
Lambris,
bardages extérieurs (si traitement),
bateaux, piquets (si traitement),
terrasses (si traitement),
lutherie,
palettes/emballages,..
.
Le sapin pectiné
Utilisation :
Charpente,
Menuiserie,
Excellent contreplaqué
mince
Emballage,
La décoration.
17
Le pin sylvestre
(=sapin rouge du
Utilisation :
charpentes,
menuiserie intérieure,
planchers,
parquets,
placage,
châssis,
bardages,…..
Le douglas (=Oregon Pine)
Utilisation :
charpentes, menuiserie intérieure
planchers, parquets, placage,
structures et ouvrage d’art,
châssis, bardages, objets divers,…
Un peu de vocabulaire...
• Tronc : partie d'un arbre
comprise entre les racines et la
naissance des branches maîtresses
• Grume : tronc abattu,
ébranché, écimé
• Billon : morceau de grume
• Rondin : billon de petit diamètre
• Souche : base de l'arbre, y compris ses racines. C'est ce qui reste dans le sol
quand l'arbre a été abattu et évacué
• Houppier : ensemble des branches, des rameaux, du feuillage au-dessus de la
première couronne de grosses branches
• Charpentière : une branche principale de grosse taille
• Nœud : partie de la branche englobée dans le bois
20
La filière bois
21
Pont de Lucerne en Suisse : construit en 1333, il
est le plus vieux pont en bois couvert d'Europe.
2 : Bref historique de la Il a une longueur de 204 m. Dans la nuit du 17
au 18 août 1993, un incendie probablement dû
à une cigarette le détruit. Les habitants,
construction en bois
incrédules, observent la destruction du symbole
de leur ville. Il sera reconstruit à l'identique.
Des années 60 à nos jours : de la renaissance au renouveau
Sea Ranch Houses (USA,
1968, MLTW)
Les colles performantes, l'essor du
Halles de Courtrai lamellé-collé, l'invention de nouveaux
1968 assemblages, les possibilités de
préfabrication, l'image « durable » du
bois, ainsi que quelques réalisations
marquantes d'architectes et Marché couvert à Gand -1964
d'ingénieurs font germer un nouveau Portée de 98m!
souffle au bois dans la construction
Quelques réalisations contemporaines
parmi beaucoup d'autres...
Les Docks Libres d'Ywood à Marseille
(13) - Le plus haut immeuble de
bureaux en bois de France. (6
niveaux, 3850 m2 SHON)
Metz'In Restaurant
universitaire à Metz
Technopole
(Suite du transparent précédent)
Maison en ossature
bois sur deux niveaux
2015, 2 niveaux
ESPACE CULTUREL ET DE
LOISIRS - ECL - le 25 de la Vallée
Chaville 92
2015, 2100 m2
(Suite du transparent précédent)
CENTRE POMPIDOU-
METZ:
La structure de la
charpente est faite de
bois lamellé-collé 2010
3 : Avantages et inconvénients du
bois dans la construction
Les avantages du bois
• Recyclable : réutilisation des éléments, compostage, brûlage
• Renouvelable naturellement : la graine plantée, la nature fait le reste...
• Ecobilan positif : source d'oxygène et permet un stockage de CO2
• Peu énergivore : sa production ainsi que sa transformation consomment
relativement peu d'énergie (30 fois moins que l'acier).
• Aspect chaleureux, surtout en intérieur
• Bon rapport (résistance)/(poids propre)
• Plus résistant au feu que l'acier...mais moins que le béton : la vitesse de
carbonisation étant lente, le bois intact sous la couche de charbon de bois
conserve ses propriétés mécaniques et continue à assurer sa fonction portante
• Isolant thermiquement : une cloison à ossature bois de 16 cm équivaut en
isolation à un mur en briques d'un mètre d'épaisseur.
• Maniable, léger et préfabricable
Les inconvénients du bois
• Sensible au pourrissement, à certaines maladies, à certains insectes. Sa mise en
œuvre doit être bien réfléchie et maîtrisée : donc, nécessité d'une construction
avec des détails d'architecture et de structure soignés, accompagnée de bonnes
prescriptions de préservation, sous peine d'être peu durable dans le temps
• Les caractéristiques mécaniques sont très anisotropes, ce qui en fait un
matériau particulièrement difficile à maîtriser d'un point de vue du calcul et
conception...peu de bureaux d'études maîtrisent le domaine !
• Les assemblages sont souvent mixtes, avec de l'acier : ils sont complexes à
calculer et leur conception est délicate
• Le bois possède des défauts naturels, comme les nœuds et les fentes, qui
doivent soit être pris en compte dans la conception et le calcul, soit être éliminés
ou mieux répartis, par exemple en utilisant du lamellé-collé
• Aspect visuel parfois mauvais lorsque le bois est mal mis en œuvre
• Le bois peut être aussi glissant que la glace (en plancher extérieur par exemple)
Les inconvénients du bois
On l'aura compris, le bois est un
matériau fantastique, mais il ne peut
être durable dans le temps QUE s'il %
est accompagné d'une conception
irréprochable (géométrie, détails
(d'assembllage, liaisons avec les
fondations, évacuation des eaux,...),
d'un calcul précis, de prescriptions
adéquates (protection, imprégnation,
finition,...), d'une mise en oeuvre
irréprochable...et d'un entretien
régulier!
4 :Anatomie du bois
Coupe transversale dans un tronc ou une branche
Duramen (s'il est coloré), bois dit « parfait »
(terme général): rôle de soutien
mécanique. C'est la zone ayant les
meilleures caractéristiques de durabilité
(bois de coeur, inactif et qui se durcit au
cours du temps)
Aubier (bois fonctionnel) : épais de
quelques cm, constitué de cellules
vivantes récemment formées. Sensible
aux champignons et insectes mais
facilement imprégnable. La sève brute
y circule.
Cambium : tissu très fin (quelques
microns) permettant la croissance en
épaisseur. Vers l'intérieur, il produit
l'aubier. Vers l'extérieur, il produit le
Sur certains arbres, liber
les différentes zones
Liber (=écorce interne) : par où circule la
sont clairement
sève descendante (nourricière).
visibles. Sur d'autres
comme l'épicéa, elles Ecorce (=écorce externe) : bois mort
le sont moins. protégeant l'intérieur (rôle de protection)
Croissance de l'arbre et composition chimique
La composition varie très peu d'une
essence à l'autre :
- C : 50%
- O : 43%
- H : 6%
- N, minéraux divers : 1%
Ces éléments se combinent pour
former 3 types de "macropolymères"
- Cellulose : 40...50%
- Hémi-cellulose : 25.40% L'âge réel de l'arbre est identifiable
- Lignine : 20.35% seulement à la base du tronc
Le bois se développe différemment d’une année à l’autre selon les
conditions environnementales qu’il subit.
Pendant un cycle annuel, on distingue le développement
du bois de printemps suivi par celui du bois d’été. La
croissance du bois diffère donc d’une région à l’autre,
d’une espèce à l’autre, et d’une année à l’autre.
La variabilité géométrique du bois est identifiée à
plusieurs échelles : l’échelle macroscopique, l’échelle
microscopique et l’échelle des parois cellulaires.
Le tronc, à partir duquel on peut extraire des planches qui sont
elles-mêmes formées de cellules. Ces dernières sont formées de
parois cellulaires et de porosité. Les parois cellulaires sont Structure anatomique du bois avec les grandeurs
composées de microfibrilles, qui sont constituées à la base de caractéristiques de chaque échelle
molécules chimiques
A part cette grande variabilité qui concerne la croissance du bois, ce dernier présente
une anisotropie géométrique évidente. Celle-ci engendre à son tour une anisotropie
par rapport aux propriétés de transferts et aux propriétés mécaniques du bois.
Les résineux Cellules appelées trachéides, //à l'axe de l'arbre (longueur
de quelques mm, largeur de ±0,05 mm, section ±carrée).
(= conifères) Elles sont discontinues et placées en recouvrement les
unes au dessus des autres
1 cerne (=1 an de croissance)
Les trachéides présentent de minces parois
cellulaires, et des cavités de grands
diamètres, appelées lumens Directio
Bois initial (printemps),
servant de transport de sève n
Direction
radiale
longitudinal
e
Bois final
(été),
servant de Direction
support tangentiell
mécanique e
Ponctuations aréolées = ouvertures Canal avec
transversales reliant les fibres résine
verticales et permettant par Rayons ligneux
exemple l'imprégnation avec des (=parenchyme)
produits de préservation
1 à 5 mm
®0 0 ©
Coupe
verticale dans
une trachéide
Epicéa (résineux) : vues au microscope électronique
Cellules appelées vaisseaux, //à l'axe de l'arbre et mises bout
Les feuillus à bout, les unes après les autres (longueur de ±1 mm, section
Direction ±ronde). Trachéides, comme pour les résineux
longitudinale (appelée fibre pour les feuillus)
1 cerne (=1 an de croissance)
Direction
radiale
Les rayons ligneux sont
plus abondants chez les
feuillus, ce qui leur
confère de meilleures
caractéristiques Direction
mécaniques tangentiell
transversales e
Rayons ligneux
(=parenchime)
Chênes vues au microscope électronique
Parenchyme
(radial)
Trachéides
pleines
(verticales)
Vaisseau
(vertical) Coupe
verticale
Coupe tangentielle
horizontale (tangente aux
(± tronc) cernes)
Quelles différences entre le résineux et le feuillus ?
• Les résineux sont apparus il y a 350 millions d'années, alors que les feuillus
sont plus récents et datent d'il y a 150 millions d'années
• Les résineux comptent un nombre assez limité d'espèces (±500), alors que la
diversité est beaucoup plus grande (500x) chez les feuillus
• Poids volumique : celui des résineux est globalement inférieur à celui des
feuillus (sauf quelques exceptions comme le peuplier), chez qui il varie très fort
d'une espèce à l'autre, alors qu'il est uniforme pour les résineux
• Chez les résineux, les fonctions de transport de sève et de soutien mécanique
sont assurés par les mêmes cellules (trachéides), alors que chez les feuillus, ces 2
fonctions sont assurées par 2 types de cellules : des vaisseaux, s'étendant des
racines aux feuilles, pour le transport de sève, et des trachéides, mais pleines, pour le
soutien mécanique
Vues
microscopiques
comparées
résineux-feuillus
(coupes ꓕ tronc)
Epicéa (résineux)
Les arbres à porosité diffuse forment des vaisseaux à
peu près du même diamètre radial tout au long de la
saison de croissance.
Hêtre, érable, tilleul,... (feuillus à
porosité diffuse : vaisseaux
uniformément répartis)
Les arbres à porosité annulaire, les récipients posés au début de la
saison de croissance sont beaucoup plus gros que les récipients
suivants posés à la fin de la saison (ou anneau).
Chêne, frêne,. (feuillu à
porosité annulaire : vaisseaux
concentrés dans le bois de
printemps)
5 : Le bois, la température et l'eau
Rappels : humidité de l'air
• Teneur en eau (ou rapport de mélange) [g/kg] : rapport entre la masse de
vapeur d'eau et la masse d'air sec
• Humidité absolue [g/m3] = masse de vapeur d'eau par m3 d'air humide
• Humidité absolue de saturation [g/m3] = masse
de vapeur d'eau maximale que peut contenir 1 m3
d'air humide. Elle dépend à la fois de la pression
atmosphérique et de la température ambiante. A
saturation, un léger refroidissement ou une légère
augmentation de pression liquéfie une certaine
quantité de vapeur
• Humidité relative φ [%] = rapport entre l'humidité absolue et l'humidité
absolue de saturation pour une T° et une pression atmosphérique donnée :
Humidité absolue [g / m ]
φ= [%]
Humidité absolue de saturation [g / m ]
Rappel : diagramme de l'air humide (diagramme de Mollier)
(ci-dessous : valable pour patm=101325 Pa)
Les 3 eaux du bois
Le bois sur pied est constitué en majorité :
• D'eau libre, contenue à l'intérieur des
pores (= trachéides pour les résineux et Coupe transversale dans du balsa :
nombreux pores
vaisseaux pour les feuillus)
• De lignine, hémicellulose et surtout de
cellulose, ayant une forte propension à se
lier aux molécules d'eau (groupements
hydroxydes OH). Cette eau s'appelle eau
liée. On peut l'extraire par séchage sans
altérer les propriétés intrinsèques du bois
• D'eau de constitution, chimiquement liée et appartenant à la matière organique
elle-même. Elle ne peut en sortir sans altération et destruction du bois
On appelle MASSE ANHYDRE (M0 ) la masse d'un bois dont on a extrait l'eau libre et
l'eau liée entièrement
Taux d'hygroscopie w du bois (=teneur en eau)
Masse humide − Masse anhydre M0
𝑤=
Masse anhydre M0 [%]
w=30% → masse d'eau = 0,3 x masse de bois sec
w=100% → masse d'eau = masse de bois sec
w=200% → masse d'eau = 2 x masse de bois sec
La plupart des feuillus : w=80...100%
Résineux : w=100...150%
Au moment de l'abattage :
Peuplier : w jusqu'à 200%
Balsa : w jusqu'à 500%
Etapes de séchage (naturel ou forcé) du bois après abattage :
• Perte de l'eau libre, (on atteint w=30% pour quasiment toutes les essences).
L'évacuation n'a pratiquement aucune incidence ni sur les propriétés mécaniques
ni sur le volume
• Ensuite, perte de l'eau liée (w=30...15...0%), jusqu'à une stabilisation à un w
d'équilibre hygroscopique qui dépend de l'humidité de l'air et de la T°, mais peu
du type de bois. Ici, grandes variations de volume (retrait ou gonflement)!
w =0% w =30% w >30%
Pour w < 30%, l’eau liée localisée dans le fibres du bois induit des variations dimensionnelles,
tandis que pour w > 30%, l’eau libre remplit les pores mais n’induit plus de variations dimensionnelles.
L'équilibre hygroscopique entre le bois et l'air ambiant
• La température influence (un)
peu l'équilibre
• Le taux d'hygroscopie du bois
peut se mesurer au moyen d'un
hygromètre, qui mesure la
résistivité du bois entre 2
électrodes qui y sont enfoncées
Valeurs usuelles de φ à l'EXTERIEUR Valeurs usuelles de φ à l'INTERIEUR
T°=20°C, φ=70% → w=13 Mise en œuvre T°=20°C, φ=70% → w=13 Mise en œuvre
Eté : Eté :
% du bois % du bois
T°=0°C, φ =85% → w=19 conseillée à T°=20°C, φ=35% → w=7 conseillée à
Hiver : Hiver :
% w=16% % w=10%
Les éléments d'une structure en bois subissent des variations d'humidité continues
L'humidité diffère suivant la partie considérée : parties plus ou moins exposées aux variations de l'humidité
Quelques règles de bonne pratique
Sachant que plus la différence entre le w du bois et le φ de l'air, lors de la
construction, est importante, plus les variations dimensionnelles seront
grandes , il convient de :
• Ne mettre en œuvre que du bois pour lequel
l'eau libre a été totalement évacuée (w<30%)
par séchage naturel ou en autoclave (ci-contre)
• Entreposer le bois sur le lieu de la construction
pendant plusieurs mois afin que l'équilibre se
crée avant mise en œuvre
• Mesurer le taux hygrométrique du bois lors de
la mise en œuvre, de manière à ce qu'il soit le
plus en équilibre possible avec le φ ambiant
moyen (voir page suivante)
• Concevoir les détails d'assemblage et d'architecture de manière à autoriser
les variations dimensionnelles
• Evaluer par calcul la valeur des variations dimensionnelles
Quelques règles de bonne pratique (suite)
Teneur en eau moyenne de la section
La colonne « valeur Situation des éléments Valeur moyenne Variations
[%] [%]
moyenne » du tableau Eléments protégés contre les intempéries:
ci-contre donne les - dans des locaux bien aérés, chauffés en hiver
- dans des locaux bien aérés, peu chauffés en hiver
9
12
±3
±3
valeurs recommandées - dans des locaux bien aérés, non chauffés
- sous des abris à l’air libre
15
17
±3
±5
du taux Eléments partiellement protégés contre les intempéries
-petites sections (par ex. revêtements de façade avec ou
hygroscopique w du sans traitement de surface)
- absorbant fortement le rayonnement 15 ±5
bois lors de sa mise en - absorbant faiblement le rayonnement 17 ±4
- sections moyennes (par ex. éléments de balcon sous toit)
œuvre - absorbant fortement le rayonnement 13 ±4
- absorbant faiblement le rayonnement 16 ±4
Eléments directement exposés aux intempéries
- fortes sections (par ex. bois de charpente sans traitement
superficiel étanche)
- en moyenne 18 ±6
- en surface 20 ±8
Eléments humides
- dans des locaux humides, mal ventilés 24% jusqu’à saturation
Eléments immergés au-delà de la saturation des fibres
Emploi T aux d’humidité
Le marquage CE des bois sciés à usage
Charpente traditionnelle et fermettes 15% ≤ H% ≤ 22%
structural assure que, pour un taux Bois de construction (M.O.B.) H% ≤ 18%
Autre
hygrométrique de 20 %, la classe de source :
Menuiserie extérieure I5% ≤ H% ≤ 18%
Charpente lamellée collée H% ≤ 13%
résistance (C24, D30, ...) sera celle qui Charpente apparente en intérieur 10% ≤ H% ≤ 13%
est annoncée Menuiserie intérieure et parquet 8% ≤ H% ≤ 12%
Les trois directions de référence
Le mode de croissance de l’arbre fait du bois un matériau « orienté » dans lequel on
distingue 3 directions
▪ Direction longitudinale L : axe du tronc (de la branche, de la
racine)
▪ Direction tangentielle T : tangente aux cernes de croissance
▪ Direction radiale R : perpendiculaire aux directions L et T, elle
passe par le centre biologique de l’arbre (qui n’est pas
forcément le centre géométrique)
L’anisotropie : Les propriétés physiques et mécaniques du bois ne sont pas les
mêmes selon la direction.
Par exemple, quand le bois sèche, le retrait est :
- faible dans la direction longitudinale
- important dans la directioon tangenielle
- deux fois moins important dans la direction radiale que dans la direction tangentielle
Axe
Quantification des variations dimensionnelles
• Plus un bois est dense, plus il contient de la
matière cellulosique, plus il est susceptible de
fixer (ou libérer) de l'eau, plus les variations
dimensionnelles seront grandes
• Comme le retrait tangentiel est plus
important que le retrait radial, des
fentes radiales apparaissent lorsqu'un
bois sèche sous forme de bois rend
→ apparition de contraintes
internes
Bois rond de hêtre présentant des
fentes de séchage
•Les variations longitudinales sont
toujours négligeables, alors que les
variations radiales et tangentielles
sont très grandes
Quantification des variations dimensionnelles (suite)
Coefficient de retrait ou gonflement moyen β [%/%]
tangentiel radial longitudinal
β Epicéa 0,37 0,19 0,01
∆𝐿 = ∗ ∆𝑤 ∗ 𝐿 Pin 0,32 0,19 0,01
100 Mélèze 0,44 0,24 0,01
Hêtre 0,38 0,22 0,01
Chêne 0,32 0,19 0,01
Valeurs de φ à l'INTERIEUR
Exemple : parquet en • Mise en œuvre T°=20°C, 9 =70% → Mise en
chêne constitué de Eté : w=13 % œuvre
du parquet à
lamelles parallèles du bois
w=10% conseillée à
placées entre 2 murs Hiver : T°=20°C,
w=7 %
9=35% →
w=10%
espacés de 5m :
• En été : w=13%, en hiver : w=7%, soit des écarts
de 3% par rapport à la situation de pose.
Les variation de longueur sont donc de
0.19
Cas 1 (radial) : ∆𝐿 = ∗ 3 ∗ 5000 = 28,5 𝑚𝑚
100
0.32
Cas 2 (tang) : ∆𝐿 = ∗ 3 ∗ 5000 = 48 𝑚𝑚
100
Influence du type de débitage (sciage) : petites planches
L'anisotropie de retrait va engendrer des déformations non
homogènes dans la section et introduire des défauts géométriques. - Respecter des temps de séchage suffisants et
stocker les bois de façon à limiter leur déformation
Influence du type de débitage (sciage) : gros éléments
Ci-contre : pratiquer des
entailles de retrait pour
éviter une fissuration
anarchique (dès l'abattage,
avant que le bois ne
commence à sécher)
Poids volumique du bois (à sec (w=0%) : ρ0, humide : ρ w)
• Le poids volumique spécifique de la matière
qui compose le bois sec (w=0%) est invariable Poids volumique apparent ρ 0
selon les espèces (15 kN/m3) [kN/m3] (bois sec, w=0%)
Peuplier 2,7...3,5...4,5
• Selon la nature des cellules, la porosité et Epicéa 3,5...4,2...5,0
l'hygroscopie, le poids volumique réel varie, Douglas 3,2...4,7...7,3
Pin 4,4...5,1...5,8
surtout pour les feuillus, entre 1 kN/m3 (balsa) Mélèze 6,1...6,4...6,7
et 13 kN/m3 pour les bois les plus lourds (bois Hêtre 6,4...6,8...7,2
exotiques comme l'amourette) Chêne 6,0...7,0...7,7
• + le poids volumique est élevé, plus les caractéristiques mécaniques sont bonnes
• Le poids volumique est
soit exprimé à sec (ρ 0 pour
Grande distribution des valeurs du poids
w=0%) soit, souvent, pour
volumique (w=0%), dépendant du climat et
w=12...15%. Ils sont peu
de nombreux autres facteurs
différents, car, si le bois
humide est plus lourd, il est
aussi plus volumineux (5 à
7% d'écart)
Dilatation thermique du bois
Variation dimensionnelle d'un élément
de longueur L soumis à un ΔT : ∆𝐿 = 𝛼 ∗ ∆𝑇 ∗ 𝐿 [mm]
𝛼 [mm/mm/°C]
Sens
tangentiel : 25.10-6...60.10-6
Bois Sens radial : 15.10-6...45.10-6
Sens
longitudinal : 3.10-6...6.10-6
Acier 12.10-6
béton
12.10-6
Souvent, on néglige les dilatations thermiques du bois car Les variations
dimensionnelles sont souvent absorbées dans les jeux des assemblages
6 : Durabilité du bois Préservation,
finition, conception
Les organismes xylophages : les champignons
• Très nombreuses variétés parfois
difficiles à diagnostiquer : mérule, Poria
de Vaillant, Coniophora,...
• Deux grandes catégories :
- ceux qui détruisent le bois et qui
altèrent ses propriétés mécaniques
- ceux qui décolorent le bois et La redoutable mérule peut anéantir une
altèrent son esthétique (bleuissement) structure en bois en quelques mois
• L'apparition et le développement nécessitent plusieurs conditions :
- infection par des spores amenés par l'air, par des chaussures,...
- taux d'hygroscopie du bois supérieur à w=22% (c-à-d ϕ>85%). Le bois
présent à l'intérieur d'un bâtiment bien construit et entretenu n'est
donc en principe pas exposé au développement des champignons
- apport en O2 suffisant (champignons=organismes aérobies) : le bois
totalement immergé n'est pas sensible aux champignons (Venise)
- températures favorables (mais déjà à partir de 5° pour la mérule)
Un cas de pourriture du bois : la Tour de Gedinne
Construite en 2001, démolie
en 2008 à cause de la
pourriture du douglas,
reconstruite en 2012 en acier
Les organismes xylophages : les larves d'insectes
• Nombreuses espèces : capricorne,
petite vrillette (qui attaque les meubles
et le papier des livres), grande vrillette
(appelée aussi « horloge de la mort),
Lyctus, termites (signalées en
France),...
Larve de capricorne, pouvant vivre + de 10 ans dans
• 3 catégories : un bois sec et le dévorer sans signe visible à
l'extérieur (uniquement les résineux)
- celles qui s'attaquent au bois sur pied
- celles qui ne s'attaquent qu'au bois humide
et/ou déjà attaqué par un champignon,
et qui jouent un rôle important dans le cycle naturel des forêts
- celles qui s'attaquent au bois sec, donc les plus dangereuses : en particulier
le capricorne (s'attaquant surtout à l'aubier des résineux) et la petite vrillette
• Le développement du capricorne et de la petite vrillette est favorisé si :
- t° moyennes > 10° (idéal à 23° pour petite vrillette et 30° pour capricorne)
- taux d'hygroscopie w du bois > 10% et le pire à 25...35%
La durabilité naturelle de certaines essences de bois
• Quelle que soit l'essence de bois, l'aubier est peu durable
• Par contre, le duramen (hors cœur) de certaines essences peut naturellement
présenter, grâce à sa composition chimique, une grande durabilité (voir tableau
ci-dessous, pour les bois de régions tempérées). Cette propriété s'associe
généralement à une différence de couleur marquée entre aubier et duramen
• Certaines essences tropicales (azobé, padouk, ...) peuvent présenter des
durabilités exceptionnelles (> 50 ans, même exposées aux intempéries)
Sans contact avec le sol, Sans contact avec le sol,
Durabilité Au contact du sol
exposé aux intempéries partiellement exposé aux
intempéries
robinier, chêne, chataigner,
durabilité jusqu'à robinier, chêne, chataigner,
robinier, chêne, chataigner thuya géant, cèdre, mélèze,
10 ans thuya géant, cèdre, douglas
douglas, pins
durabilité jusqu'à
robinier idem sauf douglas idem sauf pins
20 ans
durabilité > 20
- idem sauf douglas idem sauf douglas et pins
ans
Les traitements chimiques pour la préservation du bois
• La durabilité du bois peut-être très Bois recouvert d'une
lasure de finition
fortement augmentée par un traitement
chimique
• Il existe de nombreux produits pouvant être
appliqués par des procédés très différents :
- les produits : sels métalliques ou dérivés organiques
- les procédés : badigeonnage, pulvérisation,
trempage, autoclavage, injection
• Un produit de finition (lasure ou peinture) est un bon complément
aux bois ayant une durabilité naturelle élevée et permet :
- de conserver l'aspect du bois et/ou le mettre en
valeur (pigments, produits de protection contre les UV,...)
- de limiter les échanges d'humidité avec l'air et les variations dimensionnelles
(liants résineux, produits hydrofuges,...)
- de limiter (mais pas supprimer!) les attaques des champignons et insectes
(fongicides et anti-bleuissement)
• Un produit de préservation doit être prévu, en plus, pour les bois moins durables.
Il est introduit en profondeur et protège durablement contre les champignons et
insectes. Sa pénétration dépend de nombreux facteurs, dont la porosité du bois
Classes de service définies par l'Eurocode 5
Une classe de service "croissante" correspond à des ouvrages de plus en plus
susceptibles d'être exposés à des attaques d'organismes xylophages :
• Classe 1 : ouvrages protégés des intempéries
(ni eau, ni vapeur d'eau). Structure internes des
habitations ou bâtiments (sauf salles de bain et
douches). T°>20°C et ϕ>65% ne sont dépassés
que quelques semaines par an
• Classe 2 : ouvrages partiellement protégés des intempéries
(contact exceptionnel avec eau et vapeur d'eau).
Hangars ouverts, entrepôts, abris de bus,....
T°>20°C et ϕ >85% ne sont dépassés
que quelques semaines par an
Classe 3 : ouvrages exposés aux intempéries
(contact avec eau et vapeur d'eau). Ponts,
passerelles, terrasses, garde-corps,...
Quelques règles élémentaires
de conception
• Utiliser du bois sec et sain et rédiger
correctement les cahiers des charges (classe de
service et code d'homologation appropriés)
Pied de poteau avec pied métallique
• Choisir des sections de bois suffisantes
Barrière jmmmâ
• Eviter tout contact du bois avec le sol, d'étanchéité
détacher du sol les pieds de poteaux
• Prévoir une barrière d'étanchéité pour
éviter les remontées d'eau par capillarité et les
stagnations d'eau
• Aérer les sous-sols, prévoir une lame d'air
ventilée derrière les bardages et placer des
grilles anti-insectes aux entrées et sorties des
espaces ventilés
• Eviter des éléments en bois debout exposés
à la pluie, protéger les assemblages, bien
réfléchir l'évacuation des eaux de pluie
Grille de ventilation pour bardage
Quelques règles élémentaires de conception :
protection du bois debout
Quelques règles élémentaires de conceptionprotection du bois debout (suite)
En angle de
bardage
rentrant
En débord de
toiture
En angle de
bardage
saillant
Quelques règles
élémentaires de
conception : parois en OSSATURE
ossature bois Panneau de
contreventement
Ossature
secondaire
Parement intérieur
Pare-vapeur
- (Pare-pluie)
Isolation
Parement
extérieur
Rejet d'eau
Soubassement
traditionnel
7 : Caractéristiques mécaniques du bois
Les défauts
dans le bois
Les contraintes
internes dues à une
croissance
particulière dans
certains arbres
(hêtre, robinier,...)
Ci-contre : tranche
de robinier
Les fentes dues à : séchage naturel ou forcé, ouverte lors du
gel lorsque les arbres sont sur pied, sciage, à cause des
tronçonnage et abatage, tempêtes, contraintes
débitage des grumes dans des bois avec internes
contraintes internes (hêtre, robinier,...)
Rappel : notion de résistance caractéristique fk
• Lors d'une campagne d'essais (de traction ou de compression ou...) en
laboratoire sur un grand nombre d'échantillons, les résultats peuvent être
représentés par une courbe de Gauss
• La résistance caractéristique est celle qui est dépassée par 95% des échantillons
• Si la disparité
des résultats est grande (courbe très étalée), la
résistance caractéristique peut être bien
inférieure à la résistance moyenne (pour l'acier,
par exemple, la disparité est très faible,
contrairement au bois)
• De nombreuses expériences en
laboratoire montrent que pour le bois,
les courbes ne sont pas symétriques
Approche qualitative (bois sec sans défauts)
Comportement Comportement Comportement Comportement
Elastique fragile Elasto-plastique Elasto-plastique Fragile
(rupture par (rupture par (rupture par
décollement puis écrasement des décollement des fibres)
flambement des fibres) fibres)
Source (figures) : [Link]
Compression ou traction oblique
La Résistance en compression ou
traction dans une direction oblique
par rapport au sens des fibres est
donnée par la formule de [Hagen,
Hankinson et Kollmann] :
Compression oblique
Traction oblique :
(déjà une diminution de 50% pour α=10° !!) :
Approche qualitative (bois sec sans défauts)
ft,0,k >
Traction | | aux
fibres :
Comportement
Elastique fragile Elasto-plastique
(rupture par décollement
puis flambement des
fibres)
Source (figures) : [Link]
Approche qualitative (bois sec sans défauts)
Pour du bois de structure, de
taille plus grande que les
échantillons de labo, la
présence de nœuds et les
déviations, même légères, des
fibres par rapport à l'axe de
l'élément provoquent une très
forte réduction de ft,0,k. Ceci
explique que les valeurs de
ft,0,k prescrites par l'EC5 pour
les bois de structure sont
globalem ent inférieures aux
valeurs de fc,0,k
Source (figures) : [Link]
Résistance à la flexion fk
• On supposera que les fibres sont placées selon l'axe de la poutre, écartant la
situation peu pertinente d'une poutre constituée de fibres ꓕ à l'axe de la poutre
• La résistance en flexion fm est une résistance fictive découlant d'un
comportement global (fibres à la fois en traction et en compression)
• Pour la plupart des bois utilisés en structure, on a : ft,0,k < fc,0, k < fm,k
Etant donné la variation triangulaire des contraintes en flexion, la présence des
nœuds est moins préjudiciable en flexion qu'en traction pure : les contraintes
peuvent être déviées (et donc augmenter localement près des noeuds) sans
préjudice pour la résistance. Ceci explique pourquoi la résistance à la flexion est
plus grande que la résistance à la traction du même élément s'il était tendu sur
toute sa section
Comportement en flexion jusqu'à rupture
Lorsque le moment
M augmente :
Début de plastification de la zone comprimée, impliquant :
• Une augmentation de la hauteur comprimée, afin de compenser la
contrainte maximale qui stagne et d'augmenter l'effort de
compression résultant
• Descente de l'axe neutre et diminution de la zone en traction
• Augmentation des contraintes de traction jusqu'à rupture fragile
Résistance au cisaillement fv,k
La résistance au cisaillement
longitudinal est plus faible que la
résistance au cisaillement transversal
et sera donc la seule considérée (cf
principe de réciprocité des contraintes
tangentielles, cours de mécanique des
structures : l'une ne peut exister sans
l'autre)
Source (figures) : [Link]
Classement (=tri) du bois de structure après sciage
• La grande dispersion des caractéristiques mécaniques des bois sciés
nécessite un classement, un tri, dont l'objectif est de répartir les éléments
en différentes catégories de qualité mécanique croissante
• Classement visuel (par des hommes, donc ne garantit pas un classement
convenable), en fonction de paramètres observables, comme :
• Les nœuds (taille, répartition, quantité,...)
• Le mode de débit (bois de cœur, bois avec
trop d'aubier, ...)
• L'inclinaison des fibres
• L'épaisseur des cernes
• La courbure de l'élément
Rem : Le poids volumique n'intervient pas
• Classement automatique non destructif (par des machines) :
- Essai mécanique avec une mesure de déformation sous charge
- Essai ultrasonique (vitesse de propagation liée à E et ρ)
• Le classement visuel « voit » les défauts, …alors que le classement
automatique « voit » les qualités…
Classement (=tri) du bois de structure après sciage
Directive Européenne 89/106/CEE "Matériaux de
Construction" visant à certifier pour le client final
un certain niveau de sécurité et de fiabilité des
produits
Classement visuel NF B 52-001 et NF EN 1912
Classement machine NF EN 14081-4 et NF EN 338
Classes de qualité NF EN 338:
Résineux
C18 : Charpente traditionnelle
C24 : Charpente industrielle et lamellé-collé
C30 : Charpente lamellé-collé à haute
performance
Valeurs caractéristiques prescrites par la norme
NF EN338
Valeurs caractéristiques prescrites par la norme
NF EN338
Evolution des résistances caractéristiques [Mpa] en
fonction de la masse volumique caractéristique (kg/m3)
Le lamellé-collé (industrialisation au début du 20eme S)
• Le bois lamellé-collé est constitué de planches
sechées (w<15%), purgées de leurs défauts, puis
rabotées, aboutées et collées par pressage
(...1m...5m... de longueur)
• Les avantages sont nombreux :
- Les nœuds (taille, répartition, quantité,.)
- Caractéristiques mécaniques plus homogènes
- Formes quelconques
- Grandes longueurs (...30m...60m)
- Grandes hauteurs (...2m...2,5m)
- Moins de gaspillage du bois
Quelques ouvrages en lamellé-collé
i
Valeurs caractéristiques prescrites par la NF EN 14080
(Bois lamellé collé homogène)
• La résistance du BLC est
déterminée par la classe du bois
constitutif et la résistance des
aboutages, qui constituent des
zones de faiblesse
• Le BLC homogène est constitué
de planches en C24 ou C30 ou
C40,...identiques de bas en haut
• Le BLC panaché est une
variante dans laquelle on place des
planches de meilleure qualité au
niveau des fibres inférieures et
supérieures (GL24c à GL36c, dont
les valeurs caractéristiques sont
aussi bonnes en flexion)
Influence de l'humidité et du temps sur les fk et E
E0,k (MPa)
wbois (%) wbois (%)
L'humidité (et donc la classe de service) a une influence importante à la fois
sur les résistances caractéristiques fk et les modules d'élasticité E du bois
La durée d'application des charges influence la flèche :
Tableau défini dans l’EC5
Classe de
durée de Durée de la charge Exemple
charge
Permanente >10 ans Poids propre
Long terme 6 mois→1 an Stockage
Charges
Moyen terme 1 semaine→6 mois d'exploitation
Court terme <1 semaine Neige
Vent,
Instantanée Instantanée
action accidentelle
RAPPEL : Classes de service définies par l'Eurocode 5
Une classe de service "croissante" correspond à des ouvrages de plus en plus
susceptibles d'être exposés à des attaques d'organismes xylophages :
• Classe 1 : ouvrages protégés des intempéries
(ni eau, ni vapeur d'eau). Structure internes des
habitations ou bâtiments (sauf salles de bain et
douches). T°>20°C et ϕ>65% ne sont dépassés
que quelques semaines par an
• Classe 2 : ouvrages partiellement protégés des intempéries
(contact exceptionnel avec eau et vapeur d'eau).
Hangars ouverts, entrepôts, abris de bus,....
T°>20°C et ϕ >85% ne sont dépassés que quelques
semaines par an
Classe 3 : ouvrages exposés aux intempéries
(contact avec eau et vapeur d'eau). Ponts,
passerelles, terrasses, garde-corps,...
Coefficient réducteur kmod pour les résistances caract.
Tableau défini dans l'ECS Coefficients kmod associés
Classe de
Classe de Classe de Classe de
durée de Durée de la charge Exemple
service 1 service 2 service 3
charge
Permanente >10 ans Poids propre 0,6 0,6 0,5
Long terme 6 mois→1 an Stockage 0,7 0,7 0,55
Moyen terme 1 semaine→6 mois Charges 0,8 0,8 0,65
d'exploitation
Court terme <1 semaine Neige 0,9 0,9 0,7
Vent,
Instantanée Instantanée action 1,1 1,1 0,9
accidentelle
Le tableau ci-dessus, extrait de l'EC5, donne les valeurs du coefficient réducteur kmod à
appliquer sur les résistances caractéristiques (bois brut et BLC) en fonction de la classe
de service (1, 2 ou 3) et du temps d'application de la charge. Il en résulte une valeur
plus petite à considérer pour les calculs, donnée par la relation :
γm est le coefficient de sécurité qui englobe les autres
incertitudes (modélisation, construction, etc.). (γm =1,3 pour le
bois brut et 1,25 pour le BLC).
Remarque importante : dans le cas d'une combinaison de cas de charges, c'est la
charge de plus courte durée qui est considérée pour la détermination de kmod
Coefficient favorable kh pour des petites hauteurs de section
« L'effet volume » est un principe, qui consiste à considérer que, plus un élément est
petit, moins il est susceptible de comporter des défauts. L'EC5 autorise donc à
augmenter fm,k et ft,0,k pour des éléments dont la section a une hauteur inférieure à
celle prescrite pour les essais de détermination des résistances caractéristiques en
laboratoire (15 cm pour le bois massif et 60 cm pour le BLC)
Coefficients correctifs kdef et Ψ2 pour les flèches à long terme
(fluage) (voir partie 2 pour détails)
Le fluage est dû aux charges permanentes G, mais
aussi à la fraction Ψ2 Q des charges variables qui Valeurs de y2 pour les bâtiments
s'applique de manière cumulée pendant une Type d'action variable Y2
partie de la vie de l'ouvrage 0,3
Charges d'exploitation (habitations et bureaux)
Charges d'exploitations (lieux de
Ψ2 : égal à 1 pour les charges permanentes, qui rassemblement et magasins) 0,6
ont un effet prépondérant sur le fluage. Stockage 0,8
Pour les charges d'exploitation, il ne dépend que Charges de véhicules jusqu'à 160 kN 0,3 ou 0,6
du temps d'application et est, évidemment, Neige 0
toujours <1 : Vent 0
Température (hors incendie) 0
Valeurs de kdef (EC5)
Kdef : caractérise la propension au fluage, ne dépend
que de l'hygrométrie, donc de la classe de service, et Classe de Classe de Classe de
service 1 service 2 service 3
s'applique de la même façon aux charges
permanentes et variables 0,6 0,8 2
Influence de la T° sur les caractéristiques du bois
La T° influence fort les caractéristiques mécaniques du bois, MAIS :
L'effet du séchage compense en bonne partie (voire totalement) l'effet de la T°,
que l'on considère donc comme négligeable dans la plupart des cas.
dans ce cours...
.La masse volumique est utilisée dans certains cas,
avec comme unités les kg/m3
.Le poids volumique est aussi utilisé avec comme
unités les kN/m3 (en particulier pour les calculs de
résistance pour lesquels le Newton est utilisé (N))
Facteurs de conversion :
1 kg/m3 = 9,81 N/m3 = 9,81.10-3 kN/m3 ≈10-2 kN/m3
1 kN/m3 = 1000 N/m3 = 101,9 kg/m3 ≈ 100 kg/m3
4
•Les documents à consulter dans le domaine de la construction bois sont :
DTU 31.1 : Charpente et escaliers en bois.
•DTU 31.2: Construction des maisons et bâtiments à ossature en bois
•DTU 31.3 : Charpentes en bois assemblées par connecteurs métalliques ou
goussets.
•DTU 36.1 - Travaux de bâtiment - Menuiseries en bois
•DTU 41.2 - Travaux de bâtiment - Revêtements extérieurs en bois
•DTU 43.4 : Toiture en panneaux avec revêtement d’étanchéité
•Norme EN 14250 : Exigences des produits relatives aux éléments de structures
préfabriquées utilisant les connecteurs à plaque métallique, applicable pour la
mise en œuvre des fermettes
•Norme EN 335 – durabilité du bois et des matériaux dérivés du bois.
•Agrément Technique Européen (poutre en I)
•Règles CB 71 : Règles de calcul et de conception des charpentes en bois
•Eurocode 5 : calcul des structures en bois.
•NF P 92-703: Règles bois feu 88 - Méthode de justification par le calcul de la
résistance au feu des structures en bois
•
•Autres documents :
Règles professionnelles Constructions en
Bois Massif - AFCOBOIS / IRABOIS
•Règles acoustiques NRA
•
A ces normes il convient d’ajouter certains
textes exclusivement français :
B52-001 - Règles d’utilisation du bois dans
la construction, classement visuel pour
l’emploi en structure des principales
essences résineuses et feuillues
•P21-400 - Bois de structures et produits à
base de bois – classe de résistance et
contraintes admissibles associées
•Cahier des règles professionnelles des
couvertures en bardeaux de bois
Certains DTU sont actuellement en cours
de révision. Cette refonte prend en compte
l'Eurocode 5.