0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues5 pages

Compétences du Secrétaire général ONU

Le document traite des compétences du Secrétaire général des Nations Unies, en mettant en lumière son rôle dans la négociation de la libération de détenus par la République populaire de Chine, ainsi que les implications politiques de ses fonctions. Il souligne que, bien que la Charte confère principalement des fonctions administratives au Secrétaire général, des situations ont conduit à une politisation de son rôle. En conclusion, le texte appelle à une approche prudente et discrète du Secrétaire général, afin de préserver son impartialité et d'éviter des tâches incompatibles avec ses fonctions.

Transféré par

akremifafa709
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
6 vues5 pages

Compétences du Secrétaire général ONU

Le document traite des compétences du Secrétaire général des Nations Unies, en mettant en lumière son rôle dans la négociation de la libération de détenus par la République populaire de Chine, ainsi que les implications politiques de ses fonctions. Il souligne que, bien que la Charte confère principalement des fonctions administratives au Secrétaire général, des situations ont conduit à une politisation de son rôle. En conclusion, le texte appelle à une approche prudente et discrète du Secrétaire général, afin de préserver son impartialité et d'éviter des tâches incompatibles avec ses fonctions.

Transféré par

akremifafa709
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Annuaire français de droit

international

Les compétences du Secrétaire général


Monsieur Georges Fischer

Citer ce document / Cite this document :

Fischer Georges. Les compétences du Secrétaire général. In: Annuaire français de droit international, volume 1, 1955. pp.
345-348;

doi : [Link]

[Link]

Fichier pdf généré le 04/04/2018


ORGANISATION DES NATIONS UNIES 345

En conclusion il apparaît que : a) le Conseil économique et social est


compétent pour admettre, au sein des commissions régionales, des Etats
non membres de l'O.N.U. et pour leur accorder la plénitude des droits
attachés à la qualité de membre de ces commissions; b) en se prononçant
sur l'admission, au sein de ces commissions, d'Etats non membres de
l'O.N.U., le Conseil ne devrait pas tenir compte des critères établis par
l'article 4 de la Charte; c) en raison de considérations juridiques et dans
l'intérêt de la coopération économique européenne, la possibilité de participer aux
travaux de la C.E.E. devrait être offerte aux deux gouvernements allemands
avec lesquels d'ailleurs tous les autres pays européens entretiennent des
relations commerciales.
Georges Fischer.

LES COMPÉTENCES DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL

1° On sait qu'un certain nombre de membres des forces du


Commandement des Nations Unies, qualifiés d'espions par les autorités de la
République populaire chinoise, ont été condamnés et détenus par celles-ci.
Saisie par les Etats-Unis, l'Assemblée générale a estimé que ces mesures
constituaient une violation de la convention d'armistice de Corée (1). Elle
a chargé le Secrétaire général de chercher à obtenir, au nom des Nations
Unies, la mise en liberté des détenus, en employant, à cet effet, les moyens
qu'il jugerait appropriés (2). A la suite de l'adoption de cette résolution, le
Secrétaire général s'est rendu à Pékin et ses négociations avec le
gouvernement de la République populaire semblent avoir eu, à terme, des
résultats heureux (8).
Rappelons que c'est la Commission militaire d'armistice qui est
compétente en ce qui concerne l'interprétation de la convention d'armistice.
Cependant, en l'occurrence, l'Assemblée s'est déclarée compétente, le
gouvernement de la République populaire ayant, semble-t-il, refusé que
la question fût soumise à la Commission (4). Mais pour qu'elle pût
utilement exercer ses compétences, l'Assemblée aurait dû entendre les deux

(1) Doc. O.N.U., S/3079.


(2) Résolution 906 (IX); 9e session, Annexes au point 72 de l'ordre du jour; 505e à 509®
séances plénières; v. aussi Revue des Nations Unies, décembre 1954, pp. 84-90; rapport
annuel du Secrétaire général à la 10e session de l'Assemblée, pp. xn, 13-15.
(3) Y. rapport du Secrétaire général du 12 septembre 1955, communiqué de presse n° 91
du même jour du Centre d'Information de l'O.N.U. à Paris. Il nous semble cependant
que ces résultats sont dus plutôt à l'évolution générale vers la détente de la situation
internationale. Toujours est-il qu'au moment où la résolution 906 a été adoptée, on pouvait
légitimement craindre (et plusieurs délégués ont fait écho à ces craintes) qu'elle fût
inopérante et même nuisible.
(4) Les pays de l'Est ont affirmé que la République populaire de Chine n'était pas
partie à la Convention d'armistice. Quoi qu'il en soit, plusieurs délégations, et notamment
celle de la Suède, ont déclaré que la compétence de l'Assemblée en la matière était pour
le moins douteuse et ont regretté que tous les moyens n'aient pas été utilisés pour régler
le différend au sein de la Commission militaire d'armistice.
346 ORGANISATIONS INTERNATIONALES GÉNÉRALES

parties (ce qu'elle ne voulait pas faire pour des raisons que l'on connaît) (5),
et émettre ensuite une recommandation ayant quelque chance d'être
appliquée. Elle a dû donc charger le Secrétaire général de négocier avec un
gouvernement qu'elle ne reconnaît pas. Ce dernier s'est vu, de la sorte,
attribuer d'importants pouvoirs politiques. Nous allons examiner cette
évolution par rapport aux dispositions de la Charte et à la pratique de
l'Organisation.
2° Dans son ensemble, la Charte confère au Secrétaire général, « le
plus haut fonctionnaire de l'Organisation » , des fonctions administratives (6).
L'article 99 reflète une conception légèrement différente. On pourrait y
trouver la source d'un droit d'initiative politique (7). Il nous semble
cependant que l'on a attribué une importance exagérée à cette disposition dont
on ne trouve pas l'équivalent dans le Pacte de la S.D.N. (8).
En effet, il nous semble qu'en vertu de l'article 99, le Secrétaire
général est simplement appelé à faire bénéficier le Conseil de Sécurité des
renseignements qu'il a pu obtenir en tant que chef de l'Administration
internationale. Les travaux préparatoires confirment cette manière de voir
et montrent que les auteurs de la Charte étaient peu enclins à accorder
des fonctions politiques au Secrétaire général. Ainsi, à San Francisco, un
premier projet de rapport mentionnait, au sujet de l'article 98 : « toutes
les fonctions du Secrétariat dans le domaine politique aussi bien
qu'administratif. » Ce passage ne figure plus dans le rapport définitif, certains
Etats ayant protesté contre l'attribution au Secrétariat de fonctions
politiques. D'autre part suivant le projet original de l'article 97, le Secrétaire
général devait être « élu » . Ce dernier terme fut remplacé par « nommé »
pour marquer le caractère administratif des fonctions du Secrétaire
général (9). Des propositions tendant à rendre obligatoire pour le Secrétaire
général l'exercice des compétences prévues à l'article 99 furent rejetées
à San Francisco, Le même sort fut réservé à un amendement visant à
élargir l'article 99 de manière que le Secrétaire général dispose des mêmes
droits à l'égard de l'Assemblée que ceux qui lui sont reconnus à l'égard
du Conseil de Sécurité. On a estimé que la composition et le mode de
votation particulier du Conseil de Sécurité constituaient une garantie
suffisante contre des actions hâtives ou irréfléchies du Secrétaire général (10).

(5) Rappelons cependant que le Conseil de Sécurité avait décidé, le 29 septembre 1950
et le 31 janvier 1955, d'inviter le Gouvernement de la République populaire à se faire
représenter aux séances du Conseil consacrées à l'examen de la question de Formose.
(6) Art. 12 (2), 20, 97, 98, 101.
(7) Rousseau, Droit international public, p. 202; Guggenheim, Traité de droit
international public, t. I, pp. 544-45.
(8) Tout le monde admet que le Secrétaire général de la S.D.N. ne possédait que des
fonctions administratives. Cependant l'Assemblée de la S.D.N., par ses résolutions des
10 déc. 1920 et 4 octobre 1921, avait attribué à ce dernier des pouvoirs qui rappellent ceux
de l'article 99 de la Charte : Schwebel, The Secretary general of the U.N., his political
powers and practice, 1952, pp. 230-231.
(9) U.N.C.I.O., vol. 7, pp. 64-65, 397-407, 559.
(10) Kelsen, The law of the V.N., p. 302.
ORGANISATION DES NATIONS UNIES 347

En ce qui concerne la Commission préparatoire des Nations Unies, elle


a déclaré, dans son rapport, que la responsabilité conférée au Secrétaire
général par l'article 99 exigerait de sa part « l'exercice des plus hautes
qualités de jugement politique, de tact et d'intégrité » (11).
La pratique de l'Organisation, du moins pendant les sept premières
années, dénote, aussi bien de la part des organes délibérants que de celle
du titulaire du poste, une conception plutôt politique des fonctions du
Secrétaire général (12). Ainsi, par exemple, ce dernier réclame, dès 1946,
des pouvoirs en matière d'enquête, qui sont réservés, par l'article 34 de la
Charte, au Conseil de Sécurité (13). L'Assemblée générale lui confie en
1950 des fonctions politico-militaires en vertu d'une résolution qui
constitue, en fait, un amendement de la Charte et qui a rencontré l'opposition
acharnée de la minorité (14).
Signalons encore une décision du Conseil économique et social qui
présente certaines analogies avec la résolution de l'Assemblée que nous
commentons. Le Conseil, en 1950, a chargé le Secrétaire général de prendre
certaines mesures en ce qui concerne les survivants des camps de
concentration allemands. Il pouvait notamment, en vertu de cette résolution,
intervenir dans les négociations qui avaient lieu, au sujet de cette question,
entre la Commission interalliée de contrôle et le gouvernement fédéral
allemand (15). Mais en réalité il s'agissait, dans ce cas, d'une question qui
ne comportait pas de répercussions politiques. D'autre part, les
négociations entre les parties intéressées n'étaient pas interrompues. Enfin, la
résolution précitée fut adoptée à la demande de la France et avec le
consentement des Etats-Unis et du Royaume-Uni, qui assumaient à l'époque
la responsabilité des relations internationales du gouvernement fédéral.
3° II apparaît donc que, malgré une certaine « politisation » des
fonctions du Secrétaire général, la décision prise par l'Assemblée, à sa
neuvième session, se caractérise par sa nouveauté et son originalité. Cependant,
il faut bien comprendre qu'elle dénote l'impasse où sont arrivés les organes
délibérants de l'O.N.U. Décidés à ignorer le gouvernement de la
République populaire de Chine et le principe de l'effectivité, ces organes peuvent
difficilement accomplir leurs fonctions. Le recours au Secrétaire général
constitue donc un expédient et traduit la faiblesse actuelle de l'Organisation.
En réalité, le Secrétaire général doit sauvegarder, même au prix de
sacrifices et de renoncements, son impartialité et sa neutralité. Il peut et
même doit jouer un certain rôle diplomatique, mais dans les coulisses, à

(11) PC/20, pp. 86-87.


(12) Cf. Schwebel, op. cit., passim.
(13) Cf. Kelsen, op. cit., p. 304; Goodrich and Hambro, Charter of the U.N.,
Commentary and Documents, p. 503.
(14) La résolution 377 (V) dite Union pour la paix, décide notamment que le Secrétaire
général fournit les cadres d'experts militaires, avec l'approbation de la Commission des
mesures collectives. Et pourtant, l'Assemblée a limité les pouvoirs du Secrétaire général
dans un domaine purement administratif, tel que celui concernant l'élaboration, par
l'Organisation de règlements exécutoires, en vertu de la section 8 de l'accord relatif au siège
de l'O.N.U. : résolutions 481 (V) et 604 (VI); 5e session, Annexes, point 55 de l'ordre du jour.
(15) Résolution 305 (XI) et C.E.S., Il» session, 388e séance.
348 ORGANISATIONS INTERNATIONALES GÉNÉRALES
l'abri d'une publicité toujours néfaste, et sans jamais se faire le porte-
parole d'une majorité changeante. En effet, dans les conditions actuelles,
tenant compte du rapport des forces et de la division de la société
internationale, les questions litigieuses ne peuvent se régler par des voies
majoritaires, mais par des compromis satisfaisants pour tous.
Le Secrétaire général est bien placé pour contribuer à la poursuite
de cet objectif, à condition qu'il agisse avec prudence et effacement et que
les organes délibérants évitent de lui confier des tâches incompatibles avec
ce que devraient être la véritable nature et les cadres de ses fonctions.
D'ailleurs le deuxième Secrétaire général a, il y a quelque temps déjà,
estimé que le plus haut fonctionnaire des Nations Unies et le Secrétariat
ne doivent pas devenir une force politique, mais des conseillers effacés et
discrets de tous les gouvernements Membres de l'Organisation (16).

Georges Fischer.

L'ÉVOLUTION DELA QUESTION DU DÉSARMEMENT

L'échec de la récente conférence de Genève de novembre 1955


n'autorise malheureusement pas de tenter autre chose qu'une mise au point des
travaux en cours sur le désarmement. L'espoir était sans doute trop grand
au lendemain de la conférence des quatre chefs de gouvernement. Prendre
conscience des progrès réalisés et des difficultés encore à vaincre est
cependant nécessaire dans une question qui intéresse le sort de l'humanité
tout entière.
Avoir son armée et ses armes est longtemps apparu comme la marque
tangible de l'indépendance : « ultima ratio régis » marquait-on sur les
canons du Roi. Deux guerres mondiales ont fait réfléchir sur les
inconvénients d'une compétence souveraine et inconditionnée des Etats en la
matière. D'abord, et pour l'opinion publique, l'apparition de coalitions
mondiales et d'armes de destruction de masses et à longue distance, écrasant
civils et militaires, hommes, femmes et enfants, fait réclamer l'arrêt de la
course aux armements et même le désarmement comme condition de la paix :
on a calculé que, si cent millions de bombes « classiques » d'une tonne —
28,5 par victime — auraient été « nécessaires » pour pratiquement détruire
toute la population de la France, six mille bombes atomiques du type
Hiroshima auraient suffi, et maintenant quinze bombes thermonucléaires :
100.000.000, 6.000, 15, cette progression traduit l'évolution dé la technique
de l'horreur. Les gouvernements ne peuvent rester insensibles à cette pré-

(16) Communiqué de presse O.N.U. du 14 septembre 1953.

Vous aimerez peut-être aussi